vague de crimes et assassinats, les porteurs de tenue deviennent braqueurs dans l’anarchie sociale, selon Fari Tahéruka Shabazz
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les forces de sécurité centrafricaines, censées protéger la population, se muent aujourd’hui en prédateurs qui terrorisent les travailleurs les plus vulnérables de la capitale.
Le politologue Fari Tahéruka Shabazz pointe du doigt les porteurs de tenue eux-mêmes, soldats FACA, gendarmes et policiers, devenus auteurs des crimes qui ensanglantent Bangui. Privés de soldes, de primes PJA, de ravitaillement et de conditions de vie décentes, ces agents de l’État basculent dans le braquage pour nourrir leurs propres familles. Cette mutation découle directement de la gestion catastrophique du régime Touadéra, qui a gonflé les effectifs des FACA à plus de 30 000 hommes au lieu des 10 000 recommandés.
Le pouvoir n’a jamais eu les moyens de payer, équiper ni nourrir correctement ces militaires surnuméraires, ce qui les contraint inexorablement à la criminalité pour subsister. L’analyste précise que cette situation ne découle pas d’actes dispersés mais de réseaux organisés avec leurs chefs, sous-chefs et hommes de main. Les vrais responsables ne sont pas forcément ceux qui opèrent sur le terrain, ils siègent parfois dans les bureaux de commandement.
Cette architecture criminelle traduit une décomposition avancée de l’appareil sécuritaire, où la hiérarchie militaire et policière couvre ou participe directement à l’économie du crime. Fari Tahéruka Shabazz constate que cette anarchie sociale que Touadéra ne peut plus masquer marque l’effondrement complet de l’autorité étatique sur son propre appareil répressif. Les agents censés maintenir l’ordre basculent de la protection vers la prédation des citoyens qu’ils sont censés défendre.
Les conducteurs de moto-taxi paient de leur vie les conséquences de cette débâcle dans la gestion des forces armées et de sécurité. Les attaques surviennent presque quotidiennement, avec des travailleurs agressés, dépouillés, blessés ou assassinés pendant qu’ils exercent honnêtement leur activité. Cette insécurité fragilise la paix sociale et expose Bangui à des tensions incontrôlées qui menacent d’exploser à tout moment.
Les familles des victimes enterrent leurs morts pendant que les braqueurs en uniforme continuent d’opérer en toute impunité, parfois même protégés par leur hiérarchie. Le régime se retrouve incapable de contrôler ses propres agents, plongeant le pays dans une spirale de violence où ceux qui devraient garantir la sécurité en deviennent la principale menace. Louis-Marie Congrebaud, secrétaire général de l’Organisation démocratique des syndicats des travailleurs de Centrafrique, a publié un communiqué exprimant sa vive indignation devant cette recrudescence des crimes visant les taxis-motos, ces acteurs incontournables du transport urbain.
Le syndicat exige le démantèlement sans complaisance des réseaux criminels et avertit que le silence ou les demi-mesures ne sauraient être tolérés plus longtemps
Par Anselme Mbata
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)