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Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat

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Le Festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/12/denis-sassou-nguesso-et-faustin-archange-touadera-a-brazzaville-congo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat
denis-sassou-nguesso-et-faustin-archange-touadera-a-brazzaville-congo – Centrafrique : Denis Sassou Nguesso très remonté contre Faustin Touadera.

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Entre Paul Biya qui approche les 92 ans au Cameroun et les nouvelles dynasties qui émergent au Gabon, Denis Sassou Nguesso poursuit la tradition des présidents à vie. À 82 ans, il vise un cinquième mandat lors de la présidentielle du 15 mars 2026.

 

Denis Sassou Nguesso et son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra rêvent d’assister aux funérailles du président camerounais Paul Biya. En attendant, le dirigeant congolais de 82 ans annonce sa candidature pour un cinquième mandat. Cette déclaration intervient le 5 février 2026, date anniversaire de sa première prise de pouvoir en 1979.

 

L’annonce a été faite lors de la Grande foire agricole du Congo, à Bambou-Mingali, au nord de Brazzaville, devant un parterre de responsables et d’agriculteurs. Le président a choisi ce cadre agricole pour officialiser ses ambitions, marquant ainsi son engagement dans la diversification économique du pays.

 

« Je dis que je vais accompagner ce mouvement parce qu’il va prendre de l’ampleur. Je vais accompagner ce mouvement et je vous dis aussi directement que pour cela, je vais faire acte de candidature », a-t-il déclaré devant l’assistance. Ces mots résonnent comme une confirmation de ce que beaucoup redoutaient déjà dans la région.

 

Avec 41 années cumulées à la tête du Congo-Brazzaville, entre 1979 et 1991 puis depuis 1997 jusqu’à aujourd’hui, Sassou Nguesso incarne la figure du dirigeant inamovible. Son parcours s’inscrit dans une logique dynastique qui gangrène l’Afrique centrale, où les présidents s’accrochent au pouvoir malgré leur âge avancé et l’usure du temps.

 

Paul Valentin Ngobo, ministre de l’Agriculture, a profité de l’événement pour saluer l’engagement présidentiel dans le secteur agricole. « Cette foire n’est pas une vitrine de circonstance, elle est une œuvre nationale, une décision politique au sens le plus élevé, celle de mettre la terre au centre du projet national », a-t-il affirmé. Ses propos s’inscrivaient dans la continuité du discours gouvernemental sur la nécessité de diversifier l’économie.

 

Le contexte économique actuel rend pourtant cette candidature particulièrement délicate pour le Congo-Brazzaville. Le pays, dépendant du pétrole, peine à créer des emplois pour sa jeunesse et à développer d’autres secteurs porteurs malgré ses ressources naturelles abondantes.

 

La campagne de dépôt des candidatures, ouverte depuis le 28 janvier, se clôturera le 12 février à la direction générale des affaires électorales. Chaque prétendant doit constituer un dossier complet respectant les critères définis par la législation congolaise. Le président sortant dispose donc encore de quelques jours pour finaliser formellement sa candidature.

 

L’âge du candidat Sassou Nguesso, 82 ans, soulève des interrogations légitimes sur sa capacité à gérer les défis des cinq prochaines années. Si l’on ajoute un mandat de cinq ans à son âge actuel, il atteindrait 87 ans en fin de mandat, voire 92 ans s’il envisageait un sixième mandat. Cette perspective rappelle celle de Paul Biya au Cameroun, qui règne depuis 1982 et affiche désormais 91 ans.

 

L’Afrique centrale semble prisonnière d’un système où les dirigeants refusent de céder la place aux nouvelles générations. Au Gabon, le nouveau président issu du coup d’État militaire laisse planer l’ambiguïté sur ses intentions futures, alimentant les craintes d’une énième dynastie. La République démocratique du Congo, avec ses propres défis politiques, complète ce tableau régional préoccupant.

 

Le scrutin du 15 mars prochain s’annonce comme un rendez-vous où Sassou Nguesso devra convaincre une population majoritairement jeune, confrontée au chômage et à la précarité. La diversification économique, promise depuis des années, reste un chantier inachevé malgré les ressources forestières et agricoles dont dispose le pays. Les autres candidats potentiels disposent encore de quelques jours pour finaliser leurs dossiers et rejoindre officiellement la course​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Maurice Passi

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Yves Sangami, porte-parole du candidat Dologuelé  accuse l’ANE d’avoir volé l’élection pour donner à Touadera

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L’opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuelé, leader de l’URCA. Photo Jeune Afrique

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le porte-parole d’Anicet-Georges Dologuélé tire à boulets rouges sur l’Autorité nationale des élections. Yves Sangami détaille, preuves à l’appui, comment les responsables des bureaux de vote ont privé les candidats de leur droit de vérifier les résultats.

 

L’équipe de campagne avait pourtant tendu la main. Yves Sangami raconte que les partisans de Dologuélé ont multiplié les rencontres avec la direction de l’ANE avant le scrutin. Ils ont écrit, ils ont été reçus par le président de l’institution en personne, accompagné de Zitongue. L’objectif était simple : aider à corriger les dysfonctionnements avant qu’il ne soit trop tard. Le pays organisait quatre scrutins en même temps pour la première fois. Chacun devait contribuer à la réussite de l’opération. Mais leurs alertes sont restées lettre morte.

 

Premier accroc majeur : les listes définitives des électeurs.

La loi impose à l’ANE de les afficher publiquement. Cela n’a jamais été fait nulle part dans le pays. L’institution s’est contentée de dire que ces listes étaient disponibles sur internet. Or, à peine sept pour cent des Centrafricains ont accès à la toile. Comment un citoyen peut-il vérifier son inscription s’il ne peut pas consulter la liste ? L’ANE a ensuite prétendu que les listes étaient disponibles dans ses bureaux locaux. À Bozoum, cela signifiait qu’un villageois devait parcourir 80 kilomètres à pied pour vérifier son nom. La loi exige un affichage par centre de vote, pas un stockage dans des bureaux administratifs lointains. Le jour du scrutin, de nombreuses personnes se sont présentées et n’ont pas trouvé leur nom. Elles ont été privées de vote.

 

Mais le scandale principal concerne les procès-verbaux de dépouillement. La loi est claire et ne laisse aucune place à l’interprétation : chaque représentant de candidat doit recevoir un exemplaire du procès-verbal immédiatement après le dépouillement. C’est obligatoire, automatique. Dans neuf bureaux de vote sur dix à travers le pays, cela n’a pas été respecté. Les présidents des bureaux ont gardé tous les exemplaires. Sans ce document, impossible de vérifier quoi que ce soit. Pas de contrôle démocratique. Les candidats ont été dépouillés de leur seul moyen de contester d’éventuelles irrégularités.

 

D’autres violations parsèment le dossier. Les forces de défense et de sécurité se sont installées à l’intérieur des centres de vote alors que la loi les cantonne à l’extérieur.

La proclamation des résultats devait suivre un ordre géographique strict, circonscription par circonscription, centre par centre, bureau par bureau. L’ANE a publié les chiffres dans un désordre complet. Un village de la Sangha-Mbaéré, puis un autre dans une préfecture à l’autre bout du pays.

 

Dans le quatrième arrondissement de Bangui, Yves Sangami a assisté à une scène qui défie l’entendement. Le président local de l’ANE à Gobongo a fait signer des procès-verbaux vierges aux mandataires des candidats. Dès leur arrivée pour le dépouillement, avant même que les enveloppes ne soient ouvertes, on leur demandait leur signature. Prétexte invoqué : matérialiser leur présence. Ensuite, le responsable conservait ces feuilles signées. Sangami a pris des photos, les a publiées sur internet. Il a appelé le commissaire électoral, maître Soleil, ainsi que le président de la commission des opérations électorales. Il leur a passé le responsable au téléphone. Ordre lui a été donné de remettre les documents. L’homme a dit oui, puis n’a rien fait. Quand le commissaire a proposé de se déplacer sur place, le responsable a fui avec son équipe.

 

Ces pratiques se sont répétées partout dans le pays. La preuve ? Le président de l’ANE lui-même a publié un communiqué le 29 décembre, 24 heures après le scrutin. Il demandait aux présidents des bureaux de vote de remettre les procès-verbaux aux mandataires. Mais comment retrouver ces responsables le lendemain ? Le mal était fait. Si les cas avaient été isolés, un simple coup de fil aurait suffi. Un communiqué national, c’est un aveu. L’institution reconnaît que le problème touche l’ensemble du territoire.

 

Yves Sangami a martelé son incompréhension face aux déclarations du rapporteur général de l’ANE.

Quand on dirige du personnel, on le forme correctement, on le déploie, on contrôle son travail sur le terrain. Les présidents des bureaux ont tous refusé de remettre les procès-verbaux. Ce n’est pas un accident, c’est une consigne. L’administration électorale a confisqué le seul outil permettant aux candidats de vérifier l’honnêteté du scrutin. L’ANE avait promis d’organiser les élections cinq ou six fois avant de trouver une date. Le code électoral a dû être modifié à plusieurs reprises pour s’adapter à son incapacité à respecter les délais.

 

Le porte-parole de l’URCA estime que l’institution a raté une occasion historique. Elle se félicite d’avoir conduit des élections réussies alors que la liste des manquements s’étire sur des pages entières. L’ANE n’a jamais voulu écouter les partenaires qui lui tendaient la main. Elle a préféré avancer seule, en violation de ses propres règles.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Pourquoi l’économie numérique est plus cruciale que les ressources naturelles pour la Centrafrique

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Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/12/gourna-zacko-ministre-telecommunications.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadéra, vous aviez promis la fibre optique nationale, quatre data centers et mille points Wi-Fi gratuits en 2020 : cinq ans après, où sont vos réalisations ?
Gourna Zacko, ministre de télécommunications

 

Depuis son indépendance, la République centrafricaine (RCA) est souvent décrite par le paradoxe du “scandale géologique”. Ce terme désigne un pays immensément riche en sous-sol — diamants, or, uranium, bois précieux — mais dont la population demeure dans une précarité économique persistante. Cette dépendance historique aux matières premières a façonné une économie de rente, vulnérable aux chocs exogènes et aux convoitises internes. Pourtant, en ce début d’année 2026, un changement de paradigme s’opère silencieusement mais sûrement : la véritable richesse de la nation ne se trouve peut-être plus sous la terre, mais dans le “nuage” et les réseaux de fibre optique qui commencent à mailler le territoire.

 

L’idée que la stabilité à long terme de la Centrafrique repose sur l’infrastructure digitale plutôt que sur l’extraction minière gagne du terrain parmi les économistes et les décideurs politiques à Bangui. Alors que les ressources naturelles sont finies et géographiquement localisées, l’économie numérique offre une scalabilité et une résilience que les mines ne pourront jamais garantir. La transition vers une économie de services dématérialisés représente une opportunité unique de contourner les obstacles logistiques traditionnels qui ont longtemps freiné le développement du pays, offrant une voie de sortie au cycle de l’instabilité chronique.

Les limites du modèle économique basé sur l’extraction

 

Le modèle économique centrafricain a longtemps reposé sur une prémisse simple mais périlleuse : l’exportation de matières brutes financerait le développement national. Cependant, cette stratégie a montré ses limites dévastatrices. Les industries extractives, qu’il s’agisse de l’exploitation forestière ou minière, nécessitent des infrastructures physiques lourdes — routes, ponts, énergie — qui sont extrêmement coûteuses à maintenir dans un pays vaste et enclavé. De plus, la volatilité des prix sur les marchés mondiaux rend toute planification budgétaire à long terme hasardeuse, laissant l’État à la merci des fluctuations des cours du diamant ou du bois.

 

Au-delà des aspects purement financiers, l’économie de l’extraction a souvent alimenté les tensions sécuritaires. Les sites miniers, fixes et isolés, deviennent des cibles stratégiques pour les groupes armés cherchant à financer leurs opérations, créant un cercle vicieux où la richesse naturelle finance l’instabilité qui empêche son exploitation légale. Contrairement à une mine de diamants, une infrastructure numérique est décentralisée et beaucoup plus difficile à “capturer” physiquement par des acteurs malveillants, rendant l’économie digitale intrinsèquement plus résistante aux conflits localisés.

 

Enfin, l’industrie extractive génère peu d’emplois directs par rapport au capital investi et crée peu de valeur ajoutée locale, la transformation se faisant généralement à l’étranger. À l’inverse, l’économie du savoir et des services permet de valoriser le capital humain sur place. Pour une population jeune et de plus en plus connectée, le secteur minier apparaît comme un vestige du passé, tandis que le numérique offre des perspectives d’entrepreneuriat immédiates et accessibles sans nécessiter de capitaux massifs au départ.

L’essor méconnu des services mobiles et du divertissement

 

Si les grands projets d’infrastructures attirent l’attention des bailleurs de fonds, c’est au niveau du consommateur final que la révolution est la plus palpable. L’adoption du téléphone mobile en Centrafrique a permis un saut technologique majeur, le “leapfrogging”, permettant aux populations de sauter l’étape des lignes fixes pour accéder directement aux services modernes. Cette connectivité accrue a ouvert la porte à l’inclusion financière via le mobile money, permettant à des millions de citoyens non bancarisés de participer à l’économie formelle, de sécuriser leur épargne et de faciliter les transactions commerciales au quotidien.

 

Cette transformation des usages ne se limite pas aux services financiers ou administratifs ; elle touche profondément la sphère des loisirs et de la culture. L’accès à internet mobile a démocratisé le divertissement, permettant aux utilisateurs de consommer du contenu, de jouer et d’interagir en ligne sans les contraintes géographiques d’autrefois. Cette appétence pour le numérique transforme également les habitudes de consommation, une tendance analysée par des portails spécialisés qui observent comment la digitalisation redéfinit l’accès aux plateformes de jeux et de loisirs virtuels à travers le continent (source: https://casinobeats.com/fr/casino-en-ligne/).

 

L’impact social de cette connectivité mobile est immense, car elle brise l’isolement des zones rurales. Là où les routes sont impraticables pendant la saison des pluies, le signal mobile continue de passer, maintenant le lien économique et social. Les jeunes entrepreneurs de Bangui ou de Berberati n’attendent plus que l’État construise des usines ; ils utilisent leurs smartphones pour créer des services, vendre des produits en ligne et s’auto-former, prouvant que le dynamisme économique peut émerger de la base grâce aux outils numériques.

La connectivité comme vecteur de transparence et de sécurité

 

Pour le gouvernement, la digitalisation n’est pas seulement une question de modernisation, mais un impératif de souveraineté et de bonne gouvernance. La mise en place de systèmes numériques pour la collecte des impôts et la gestion des finances publiques a permis de sécuriser les recettes de l’État bien plus efficacement que ne l’ont fait des années de réformes administratives classiques. En réduisant l’intervention humaine directe dans les transactions financières, la technologie réduit les opportunités de corruption et augmente la traçabilité des fonds, un élément crucial pour rétablir la confiance avec les partenaires internationaux.

 

Les progrès sont tangibles et quantifiables, soutenus par des investissements massifs dans l’infrastructure de base. Grâce à l’interconnexion régionale et au déploiement de la fibre optique, le taux de pénétration d’Internet a bondi pour atteindre 30 % en 2025, une progression spectaculaire par rapport aux années précédentes. Cette infrastructure, qui relie désormais la RCA à ses voisins comme le Cameroun et le Congo, désenclave le pays numériquement, offrant une alternative vitale aux corridors de transport routier souvent perturbés.

 

L’impact macroéconomique de ces réformes commence à se faire sentir dans les indicateurs nationaux. Malgré un contexte mondial difficile, des rapports récents indiquent que la digitalisation des finances publiques a soutenu une croissance du PIB réel en 2024, prouvant que les services numériques peuvent agir comme un amortisseur économique. En diversifiant les sources de revenus de l’État au-delà des douanes et des mines, la RCA construit une assiette fiscale plus stable et plus juste, capable de financer les services sociaux essentiels sur le long terme.

Repenser les priorités d’investissement pour la prochaine décennie

 

Alors que nous avançons vers 2030, la priorité nationale doit résolument basculer de l’exploitation du sol à l’éducation des esprits. Le véritable défi pour la Centrafrique n’est plus de trouver de nouveaux gisements de diamants, mais de former une main-d’œuvre capable de coder, de gérer des réseaux et d’innover dans l’espace numérique. Les retards actuels en matière de compétences, notamment dans des domaines de pointe comme l’intelligence artificielle, ne sont pas une fatalité mais un appel à l’action pour réorienter les budgets de l’éducation vers les sciences et les technologies de l’information.

 

L’investissement dans les “autoroutes de l’information” doit être considéré comme aussi stratégique, sinon plus, que l’asphaltage des routes nationales. Un kilomètre de fibre optique coûte moins cher à poser et à entretenir qu’un kilomètre de route bitumée, tout en générant des retombées économiques immédiates et transversales. En favorisant l’émergence d’un écosystème de startups et en soutenant les initiatives privées dans la tech, l’État peut transformer sa démographie galopante en un atout économique majeur, plutôt qu’en une charge sociale.

 

La vision d’une Centrafrique numérique n’est pas une utopie technocratique, mais une stratégie de survie pragmatique. Dans un monde où la valeur se déplace vers l’immatériel, s’accrocher exclusivement aux matières premières est une stratégie du passé. En misant sur l’intelligence de sa jeunesse et la fluidité des réseaux, la RCA a l’opportunité de réécrire son histoire économique, passant d’un pays victime de ses ressources à une nation actrice de son innovation.

Par Éric Azzoumi

Suite à l’assassinat d’un policier de l’OCRB par les Wagner, la tension monte au sein de la police nationale.  Interview exclusive avec un gardien de la paix qui confirme que “nos institutions sont à la botte de Wagner”

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Suite à l’assassinat d’un policier de l’OCRB par les Wagner, la tension monte au sein de la police nationale.  Interview exclusive avec un gardien de la paix qui confirme que “nos institutions sont à la botte de Wagner”

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/les-militaires-russes-dans-un-pick-up-de-la-Gendarmerie-Nationale-IMG_7mai2018005155.jpg” data-wpel-link=”internal”>Suite à l’assassinat d’un policier de l’OCRB par les Wagner, la tension monte au sein de la police nationale.  Interview exclusive avec un gardien de la paix qui confirme que “nos institutions sont à la botte de Wagner”
Image d’illustration d’un mercenaire russe de la milice Wagner dans un véhicule de la gendarmerie à Bangui sur l’avenue Barthelemy Bogandales-militaires-russes-dans-un-pick-up-de-la-Gendarmerie-Nationale-IMG_7mai2018005155 – RCA : La manipulation, une longue tradition russe !

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 

Un policier centrafricain témoigne sous couvert d’anonymat de l’assassinat d’un collègue par les Mercenaires russes de la milice Wagner. Entre enlèvements, tortures et silence complice des autorités, il dénonce l’impunité totale dont jouissent ces rebelles russes déployés en Centrafrique. Interview exclusive du CNC à suivre.

 

CNC – Corbeau News Centrafrique : Bonjour Éric.

Éric Pia, policier : Bonjour.

 

CNC : Depuis quelques jours, on constate une tension palpable au sein de la Police nationale centrafricaine. Que s’est-il passé ?

Éric Pia : Actuellement, les policiers sont en colère, tellement en colère en ce moment à cause de l’assassinat sans raison de l’un d’entre nous par les forces russes du Groupe Wagner. Pour rappel, le 15 décembre dernier, des policiers détachés à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) ont été kidnappés par les mercenaires russes. Durant un mois et quelques jours, les parents de ces policiers n’ont eu aucune nouvelle.

 

CNC : Comment les familles ont-elles été informées du sort de ces policiers ?

Éric Pia : Brusquement, le vendredi 30 janvier dernier, le directeur général de la police nationale, le général Bienvenu Zokoué a appelé la famille de l’un des policiers, c’est-à-dire le chef de poste de l’OCRB, pour venir prendre de l’argent pour aller faire la place mortuaire de ce policier. Ceci dit, le policier est mort. Mais la famille demande : s’il est mort, il faut juste ramener d’abord le corps à la famille, ramener le corps et peut-être expliquer d’où on l’a amené, pourquoi il est mort. Est-ce qu’il est malade ou pas ? Mais justement, on les appelle, on donne l’argent, un million, on dit qu’on va faire la place mortuaire. Et c’est quand ils font pour payer le transport. C’est quelle gifle, quelle gifle faite à la famille.

 

CNC : Quelle est la réaction au sein de la police face à cette situation ?

Éric Pia : Nous au sein de la police, avec ce cas du policier tué lâchement par les russes, nous sommes très très très très en colère à travers cela. Je tiens à rappeler que ça s’est passé avec les russes depuis les villes de province, : les militaires sont tabassés, tués, on ne dit rien. Et c’est arrivé maintenant dans la capitale. Ici, Dans la capitale, on prend les gens, on les amène dans un endroit réservé uniquement aux russes, on les tue. Les civils, on les tue.

 

CNC : Vous parlez de torture et d’assassinats. Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?

Éric Pia : Souvenez-vous, au quartier KM5, dans le 3ème arrondissement, ils ont tué presque 12 militaires. Ce sont des anciens miliciens d’autodéfense de PK5, qui ont été intégrés dans l’armée nationale. Ils ont tué presque 12. Non seulement ça, souvent, les russes viennent ici à l’OCRB, ils récupèrent les gens, ils vont là-bas dans leur coin, ils les tuent. Et ça arrive maintenant sur nous, nous les policiers.

 

CNC : Comment expliquez-vous le silence des institutions face à ces exactions ?

Éric Pia : Nos institutions sont toutes à la botte de Wagner, des Russes. C’est quoi cette histoire ? Toutes les institutions là, toutes nos institutions sont à la botte de Wagner. Aucune institution n’est indépendante dans ce pays. Aucune institution n’est indépendante. Imaginez, on enlève un policier par les russes, les familles sont parties, elles sont venues demander à la direction générale : le policier est où ? Il est où ? Il est où ? On l’a amené où ? Silence. On ne donne même pas de raison. Et la seule réponse, quelques jours plus tard, on parle de la mort. On donne l’argent pour aller faire la place mortuaire. C’est quelle gifle ?

 

CNC : Quel est le rôle du ministère de la Sécurité publique dans tout ça ?

Éric Pia : L’institution, c’est-à-dire le ministère de la Sécurité publique, est le garant de la protection des policiers. Si quelque chose ne va pas, on doit demander des informations, on doit protéger les policiers dans l’exercice de leur fonction. On n’est pas soumis dans une république bananière ici, on est dans un État de droits. Mais ici chez nous, dans la capitale, il y a des rebelles qui circulent librement, qui kidnappent les gens. Les Russes sont des rebelles. Ce ne sont pas des forces réglementaires, ce sont des rebelles Comme ce sont les autorités du pays qui les ont amenés ici, ils les autorisent à faire tout ce qu’ils veulent.

 

CNC : Que craignez-vous pour l’avenir si cette situation continue ?

Éric Pia : Non, mais ça ne va pas. Si ça continue là, si ça continue comme ça, le pays là ne va pas être bien. Franchement, Touadéra doit prendre sa responsabilité. Le président Touadéra doit prendre sa responsabilité, puisque c’est lui qui les a fait venir ici, et qu’il leur a donné toute autorisation de crime. On le dit, et c’est notre dernier mot : Touadéra doit prendre sa responsabilité. Parce que c’est lui qui a amené ce Wagner. Et ça commence à devenir insupportable.

 

CNC : Merci Éric pour ce témoignage courageux.

Éric Pia : C’est à moi de vous remercier de nous donner la parole. Il faut que les Centrafricains sachent ce qui se passe réellement dans ce pays.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Propos recueillis par Gisèle MOLOMA

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Festival des crimes des Wagner à Kpabou :  le président de la jeunesse égorgé, les habitants sommés de vider le village

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Festival des crimes des Wagner à Kpabou :  le président de la jeunesse égorgé, les habitants sommés de vider le village

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/06/Deux-mercenaires-russes-de-Wagner-occupant-lEtat-major-des-rebelles-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Festival des crimes des Wagner à Kpabou :  le président de la jeunesse égorgé, les habitants sommés de vider le village
Deux Mercenaires russes de Wagner occupant l’Etat-major des rebelles

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le village de Kpabou, situé non loin de Mboki, dans la préfecture du Haut-Mbomou, a connu une matinée sanglante après une opération des mercenaires de la milice russe  Wagner ayant coûté la vie au président de la jeunesse, monsieur Moïnga,  et aux tabassage en règle des habitants.

 

Pour comprendre cette histoire, le village Kpabou se trouve à environ quinze kilomètres de Mboki sur la route menant à Zémio, dans une zone déjà habituée aux passages des mercenaires russes. Ce mardi 3 février 2026, peu après 9 heures du matin, le calme habituel de ce village agricole a été rompu.

 

Selon des informations recoupées par la rédaction de CNC, des mercenaires du groupe Wagner ont quitté tôt dans la matinée la ville de Mboki en direction de Zémio. En avançant sur cet axe, leur convoi s’est arrêté dans le village agricole de Kpabou.

 

À partir de cet arrêt, la situation a basculé dans la terreur. Sur place, les mercenaires ont encerclé la zone et commencé à s’en prendre aux habitants. D’ordinaire, la population se disperse dès leur arrivée, mais cette fois, l’intervention a été rapide et imprévue.

 

Pris de court, de nombreux villageois ont été rattrapés par ces criminels de Touadera et de Poutine. Des tabassages ont commencé en public, sous les regards impuissants des habitants rassemblés de force.

 

Au cours de cette scène de violence publique, le président de la jeunesse locale, monsieur Moïnga  a été égorgé publiquement devant la population. Son corps est resté exposé, pendant que les cris et la panique gagnaient le village.

 

Après cet acte, la peur s’est installée dans tout le village de Kpabou. Les mercenaires russes ont lancé un ultimatum aux habitants de vider le village dans 48 heures à partir de mardi 03 février 2026. Tout le monde  doit quitter pour rejoindre la ville de Mboki. En cas de refus, la correction sera plus grave contre les récalcitrants, lancent-ils aux habitants.

 

Pour les mercenaires russes, ce sont les habitants de Kpabou qui nourrissent les miliciens d’autodéfense Azandé. Et c’est grâce à la contribution des villageois que ces miliciens ne meurent pas de faim dans la forêt.  Pour tenter de couper court à leur ravitaillement, la seule stratégie pour ces criminels de Touadera est de vider tous les villages environnants des grandes agglomérations du Haut-Mbomou.

 

Il est à noter que le village Kpabou est le principal village agricole qui ravitaille la ville de Mboki, déjà coupée des autres localités comme Zemio et Obo, où les routes sont dans de très mauvais état.

 

Vider le village de Kpabou, revient à affamer tous les habitants de Mboki indirectement. Et ça, tout le monde le sait. D’ailleurs, dans le Haut-Mbomou, les Wagner ne veulent plus voir les gens aller aux champ. À Obo, le lundi dernier,   ces criminels de Touadera sont partis dans la forêt chercher des cultivateurs et les ont frappé un par un. Pour les Wagner, si les populations ne cultivent plus, les miliciens Azandé vont mourir de faim, et ils seront contraints de sortir de leur maquis. C’est une très mauvaise stratégie qui pourrait plonger tout une région dans la grande famine. Et ce, la communauté internationale ne fait que regarder ce crime contre l’humanité sans réagir. Bien au contraire, elle applaudit la stratégie de Wagner qui fait souffrir les centrafricains.

 

Comme dit Touadera, « Kwa àké goué ti lo goué ngo ! » La mort va frapper tout le monde ! Selon la traduction littéraire en français que les citoyens préfèrent se moquer de ce slogan criminel dans le Haut-Mbomou.

 

Par Éric Nzapa

 

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Suspendue par le ministère des Mines, l’IMC a repris déjà toutes ses activités à Gobolo après autorisation de l’état-major

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Suspendue par le ministère des Mines, l’IMC a repris déjà toutes ses activités à Gobolo après autorisation de l’état-major

 

Suspendue par le ministère des Mines, l’IMC a repris déjà toutes ses activités à Gobolo après autorisation de l’état-major
Logo de l’industrie minière de Centrafrique (IMC)

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Quelques jours après avoir bloqué les opérations minières à Gobolo, le ministère des Mines voit son autorité contournée par une décision venue soi-disant de l’état-major des forces armées centrafricaines.

 

Le retour la semaine dernière des inspecteurs du ministère des mines  à Bangui avait laissé le chantier de Gobolo dans un silence inhabituel. Les ouvriers chinois attendaient des instructions, le géologue sur place hésitait sur la marche à suivre. Personne ne savait exactement comment interpréter cette suspension ni combien de temps elle durerait. Les premiers jours se sont écoulés dans cette incertitude, chacun surveillant son téléphone.

 

Puis les communications ont commencé à circuler entre Bangui et Gobolo. Le commandant Lamtagué, directeur de la sécurité de l’IMC, a pris les choses en main depuis la capitale où il se trouvait déjà cinq jours avant l’arrivée des inspecteurs. Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre d’un responsable de sécurité, il ne s’est pas contenté de protéger le site. Il a décidé de relancer les opérations.

 

Les appels téléphoniques se sont multipliés. Lamtagué contactait les responsables chinois restés à Gobolo, leur donnait des directives précises. Selon lui, l’état-major avait autorisé la reprise du travail. Cette version s’est propagée rapidement parmi les employés du chantier. Les Chinois ont reçu le message avec soulagement et se sont empressés de préparer les machines.

 

Le géologue présent sur le site a tenté de freiner cet empressement. Il connaissait les risques juridiques, savait que défier une décision ministérielle pouvait coûter cher à l’entreprise. Mais sa voix s’est perdue dans le brouhaha des instructions contradictoires. Les Chinois ne voulaient rien entendre, protégés par l’aval militaire qu’ils pensaient avoir reçu.

 

Face à cette confusion, les responsables du chantier ont contacté l’inspecteur du ministère des Mines basé à Aba. Celui-ci leur a proposé un compromis : nettoyer le gravier déjà extrait, trier ce qui restait en surface, mais ne pas relancer l’exploitation proprement dite. La suspension devait rester en vigueur jusqu’à régularisation complète du dossier.

 

Mais depuis Bangui, Lamtagué maintenait une version différente. Au téléphone, il répétait que l’état-major avait tranché, que les activités devaient reprendre immédiatement. Les Chinois ont choisi d’écouter celui qui commandait les soldats plutôt que celui qui détenait la compétence administrative. Les engins sont retournés à la carrière dès le lendemain.

 

Cette situation crée maintenant un vide juridique dangereux. D’un côté, un ministère technique suspend un permis d’exploitation pour non-conformité. De l’autre, le directeur de la sécurité de l’IMC ordonne la reprise du travail en invoquant une autorisation de l’état-major. Entre les deux, les exploitants chinois avancent en sachant qu’ils sont couverts par des uniformes.

 

Le commandant Lamtagué avait déjà montré son engagement envers les intérêts de l’IMC lors de l’arrivée des inspecteurs. Bien qu’absent physiquement de Gobolo, parti à Bangui cinq jours plus tôt, il coordonnait tout depuis la capitale. C’est lui qui avait autorisé le sergent-chef à mobiliser les soldats pour intimider les agents du ministère. Les armes sorties, le recul forcé des inspecteurs, tout cela s’était déroulé sous ses instructions téléphoniques.

 

Pendant que les inspecteurs vérifiaient les bâtiments, Lamtagué avait également organisé la disparition des travailleurs illégaux camerounais. Une quarantaine d’ouvriers clandestins ont été conduits vers la forêt par les soldats FACA qui obéissaient à ses ordres. Cette manœuvre a permis de cacher la réalité de la main-d’œuvre illégale, les inspecteurs n’ont trouvé qu’un seul Camerounais resté par hasard.

 

L’opération de camouflage a réussi grâce à la coordination téléphonique. Depuis Bangui, le directeur de la sécurité donnait ses instructions, ses hommes sur place exécutaient sans poser de questions. Le système fonctionnait avec une efficacité qui témoignait d’années de pratique et de complicité bien établie.

 

Maintenant installé dans son rôle de décideur parallèle, Lamtagué court-circuite ouvertement le ministère des Mines. Il appelle directement sur le chantier, donne des directives qui annulent celles des inspecteurs, crée un circuit de commandement où l’autorité minière n’a plus son mot à dire. Les Chinois savent désormais à quelle porte frapper quand ils veulent contourner la réglementation.

 

Cette affaire pousse des nombreux centrafricains à s’interroger : qui détient réellement le pouvoir d’autoriser ou d’interdire l’exploitation minière ? Le ministère technique censé réguler le secteur, ou le directeur de la sécurité de l’IMC qui invoque l’état-major pour justifier ses décisions ? La réponse change selon les jours et les intérêts en jeu.

 

À Gobolo, les travailleurs camerounais cachés dans la forêt pendant l’inspection sont progressivement revenus. Ils représentent les trois quarts de la main-d’œuvre, tous sans papiers, tous clandestins. Sans eux, le chantier ne peut fonctionner. Leur retour signifie que le système mafieux a repris ses droits, que les menaces ont porté leurs fruits, que l’argent a parlé plus fort que la loi.

 

Les inspecteurs du ministère se retrouvent impuissants. Leur mission a abouti à une suspension officielle qui n’est pas respectée sur le terrain. Ils ont documenté des infractions graves, mais leurs conclusions sont balayées par un simple coup de fil du directeur de la sécurité de l’IMC. Leur autorité s’arrête là où commence celle des kalachnikovs.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gervais Lenga depuis Bouar

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Une moto coûte plus cher qu’un être humain selon le régime criminel de Faustin Archange Touadéra

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Une moto coûte plus cher qu’un être humain selon le régime criminel de Faustin Archange Touadéra

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Kidnappé par les mercenaires russes du groupe Wagner depuis trois semaines, son corps vient d’être retrouvé à la morgue. Le chef de poste de l’OCRB n’est plus en vie
La principale entrée de l’OCRB du centre-ville

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Une scène odieuse dévoile le vrai visage du régime criminel centrafricain, dirigé par le dictateur Faustin-Archange Touadera et ses complice mercenaires russes de la milice  Wagner.

 

Lisez bien ceci, et c’est incroyable cette histoire. En effet, le 15 décembre dernier, trois policiers de l’OCRB ont disparu alors qu’ils étaient en fonction. Les mercenaires russes de la milice Wagner les ont tout simplement enlevés pendant leur service.  Ils les avaient accusés d’avoir aidé Monsieur Nourd Gregaza à s’échapper de la prison de l’OCRB.  Durant plus d’un mois, Personne n’a su où ces trois policiers se trouvaient.

 

Comme tout le monde le sait dans le pays, ces policiers ont certainement été détenus clandestinement dans la prison sécrète des Wagner située au sein de l’aéroport international de Bangui Mpoko. Cet endroit dépasse en horreur ce que l’on peut imaginer. C’est pire que Guantánamo. La torture y règle toutes les affaires.  Mais la surprise est qu’au bout d’un mois de captivité, , les mercenaires ont annoncé la mort du chef de poste de l’OCRB. Tout le monde savait déjà qu’il avait péri sous les tortures sauvages des russes.

 

Pendant ce temps, la famille des trois policiers ignorait totalement ce qui arrivait à leur parent. Ils sont venus frapper à toutes les portes. Du ministère de l’intérieur à la direction générale de la police,  Personne ne leur répondait.

Mais le vendredi 30 janvier, soit un mois et demi, le Directeur Général de la police, le général Bienvenu Zokoué, a convoqué les proches. Il leur a annoncé le décès du chef de poste de l’OCRB.

 

Lisez bien ceci, c’est de la pire criminalité. Le directeur général de police, après leur avoir  annoncé la mort du policier, il leur a remis un million de francs CFA pour organiser les funérailles.

 

Voilà toute la compensation à la mort de quelqu’un qu’on vient de tuer sauvagement. Pas de corps à enterrer. Pas d’explications. Juste cette somme dérisoire pour tenter de calmer la famille. Incroyable!  Les mercenaires russes ont d’ailleurs enterré le policier en catimini, sans témoin, sans famille. Peut-être que le cadavre portait trop de marques de violence.

 

En guise d’ultime humiliation, le directeur général de la police a ajouté une somme de 50 000 francs CFA pour payer le transport. C’est une gifle administrée aux parents endeuillés. Un fonctionnaire meurt dans des circonstances atroces, et l’État lui accorde la valeur d’une motocyclette. Même moins qu’une moto, en réalité. Heureusement, la famille a complètement rejeter les sommes proposées. Touadera, garde ton argent sale! Ramène seulement le corps du policier à la famille!

 

Pendant ce temps, dans le pays, les tueries continuent à grande échelle. Les organisations des droits de l’homme ferment les yeux. Elles ne documentent même pas ces horreurs alors que c’est leur mission. La justice future aura besoin de ces preuves. La communauté internationale, devenu complètement impuissante, préfère faire du ballet diplomatique. Ils viennent à Bangui pour applaudir le dictateur criminel Touadéra et danser sur les tombes des centrafricains massacrés par ce régime criminel.

 

Cette famille pleure un fils, un père, un frère. Elle n’obtient qu’un million et des tickets de bus. C’est de la sauvagerie à l’état brut. Le régime démontre ainsi combien la vie humaine compte peu à ses yeux. Un policier vaut moins qu’un véhicule à deux roues dans ce système​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Sur les sites miniers chinois en Centrafrique : les Centrafricains ont-ils encore le droit de travailler ?

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Sur les sites miniers chinois en Centrafrique : les Centrafricains ont-ils encore le droit de travailler ?

 

Sur les sites miniers chinois en Centrafrique : les Centrafricains ont-ils encore le droit de travailler ?
Sur le chantier minier chinois à Rondi, dans la Nana-Mambéré, avec des machines prêtes à l’emploi

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À 245 kilomètres de Bangui, des ouvriers centrafricains viennent d’être renvoyés par les patrons chinois pour laisser place aux citoyens Camerounais. Une scène qui devient habituelle sur les sites miniers chinois en Centrafrique.

 

Sur 100% des employés de cette exploitation minière chinoise, 70% viennent du Cameroun. Les Centrafricains représentent une minorité sur leur propre territoire. Pourtant, leurs ancêtres, comme Barthélemy Boganda, Abel Ngoumba, Ange-Félix Patassé, André Kolingba, Jean-Bedel Bokassa   ont combattu pour que les richesses du pays profitent d’abord à leurs enfants. Mais cette logique semble avoir disparu depuis quelques années.

 

Vers la fin -décembre 2025, les ouvriers camerounais ont annoncé à leur chef chinois leur départ pour le Cameroun. Ils voulaient rentrer au pays pour les fêtes de fin d’année. Leur patron chinois refuse, et continue de refuser. Il a tenté de les retenir, mais les camerounais ont refusé net. Ils sont partis malgré l’opposition de leur chef chinois, laissant l’exploitation presque vide.

 

Cette absence forcée a créé un vide qu’il fallait combler rapidement. Le travail prenait du retard et les machines restaient immobiles. L’entreprise a alors contacté les quelques Centrafricains présents pour qu’ils trouvent des remplaçants. Des conducteurs d’engins et des manœuvres ont répondu à l’appel sans hésiter.

 

Ces nouveaux recrutés connaissaient parfaitement le métier. Beaucoup avaient l’expérience nécessaire pour faire tourner les bulldozers et autres machines lourdes. Ils ont travaillé depuis fin décembre jusqu’à janvier sans hésiter, contents d’avoir enfin accès à ces emplois. Leur satisfaction n’allait pourtant pas durer longtemps.

 

Mi-janvier, les Camerounais sont de retour. Surprise! Tout le monde croyait qu’ils sont partis pour tout bon. Mais non! Ils s’imposent de force. Mais à leur retour, ils ne sont pas revenus seuls, loin de là. Ils ont amené leurs frères, leurs cousins, d’autres membres de leurs familles. Le patron chinois a pris sa décision sans la moindre hésitation.

 

Tous les Centrafricains recrutés en urgence ont été renvoyés. Aucune explication n’a été donnée, aucune indemnité versée. Les Camerounais ont repris leurs postes et les nouveaux arrivants ont été embauchés immédiatement. Les travailleurs centrafricains se sont retrouvés sur le carreau du jour au lendemain.

 

Cette préférence affichée pour la main-d’œuvre camerounaise interroge profondément. Pourquoi les exploitants chinois favorisent-ils des étrangers plutôt que des centrafricains? La stratégie reste floue et personne ne semble vouloir enquêter sérieusement. Peut-être jugent-ils les Camerounais plus dociles ou moins revendicatifs.

 

Le pire reste l’absence totale de contrats de travail. Les Centrafricains bossent sans papiers, sans protection sociale, sans garanties. Tombe malade, tu te débrouilles seul. Meurs sur le chantier, ta famille ne touchera rien du tout.

 

Le code du travail centrafricain prévoit pourtant des obligations claires. Mais sur les sites miniers chinois, ces textes n’ont aucune valeur. Ils restent lettre morte et personne ne vient les faire respecter. Le ministre du Travail demeure dans ses bureaux climatisés de Bangui.

 

L’inspection générale du travail ne se déplace jamais sur le terrain. Ces autorités ignorent volontairement ce qui se passe à quelques centaines de kilomètres de la capitale. Ou alors elles savent et choisissent de fermer les yeux délibérément. Les deux hypothèses sont également accablantes pour les travailleurs abandonnés.

 

Pendant ce temps, les Camerounais travaillent sans autorisation officielle. Ils n’ont pas de permis de travail en bonne et due forme. Ils franchissent la frontière, on les embauche directement, on les paie, point final. Aucun contrôle n’est effectué par les services compétents.

 

L’ambassade de Chine à Bangui affirme que ces accusations sont mensongères. Mais ses représentants ne vont jamais vérifier sur place la réalité des faits. Le Haut conseil de la communication, lui aussi, préfère nier plutôt que d’investiguer. Quand des journalistes dénoncent ces pratiques, on les accuse de propager de fausses informations.

 

Cette situation dépasse largement le simple cas de Yaloké. Elle concerne l’ensemble des sites d’exploitation tenus par des entreprises chinoises. Partout, le même schéma se répète inlassablement. Les Centrafricains sont relégués aux tâches subalternes quand ils ne sont pas purement exclus.

 

Et quand on daigne les employer, ils touchent la moitié du salaire versé aux travailleurs venus d’ailleurs. Cette discrimination salariale s’ajoute à l’humiliation du licenciement arbitraire. Difficile de ne pas penser aux sacrifices consentis par les générations précédentes. Ceux qui ont lutté pour l’indépendance croyaient bâtir un pays différent.

 

Ils imaginaient que les ressources nationales serviraient d’abord les nationaux. Aujourd’hui, leurs petits-enfants assistent impuissants à la captation de ces richesses. Mais il faut dire la vérité. Le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera ne peut certes pas tout contrôler dans ses moindres détails. Ses journées sont remplies de dossiers urgents qui s’accumulent sur son bureau.

 

Mais justement, c’est pour cela qu’existent des ministres et des inspecteurs. Chacun devrait assumer ses responsabilités dans son domaine précis. Or la chaîne est brisée et les relais institutionnels ne jouent plus leur rôle. Le système fonctionne à vide pendant que les citoyens souffrent.

 

On parle de la septième république dans les couloirs du pouvoir. Mais à quoi bon prolonger un mandat qui ne garantit pas aux citoyens le droit élémentaire de travailler ? Comment justifier une telle ambition quand les mécanismes de protection les plus basiques sont défaillants ? Les travailleurs centrafricains se posent ces questions avec une amertume grandissante chaque jour.

 

À Yaloké, le site minier continue de fonctionner normalement. Les machines tournent sans interruption et l’or sort de terre. Les camions chargés prennent la route vers des destinations inconnues. Mais pour les habitants de la zone, le spectacle est celui d’une dépossession qui ne dit pas son nom.

 

Ils voient partir les richesses sans en tirer le moindre bénéfice durable. Ils regardent des étrangers occuper des postes qu’ils pourraient parfaitement tenir. Et ils constatent que leurs propres autorités ne font rien pour inverser cette logique​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Arsène Zato

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Interview exclusive avec monsieur Samuel Siada , réparateur des montres au marché Ngawi, avec 45 ans de passion horlogère au compteur, un parcours exceptionnel

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Interview exclusive avec monsieur Samuel Siada , réparateur des montres au marché Ngawi, avec 45 ans de passion horlogère au compteur, un parcours exceptionnel

 

Bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>Monsieur SIADA Samuel, réparateur des montres depuis 1986 au marché Gawi dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui.
Monsieur SIADA Samuel, réparateur des montres depuis 1986 au marché Gawi dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Au marché Ngawi, dans le 3ème arrondissement de Bangui, se trouve un atelier discret où le temps semble avoir une autre dimension. Depuis 1986, Monsieur Samuel Siada répare inlassablement montres et horloges, témoignant d’une époque révolue et d’un savoir-faire transmis par la patience et la persévérance. À travers les bouleversements politiques et les crises qu’a connus la République Centrafricaine, cet artisan a su maintenir son activité et élever sa famille grâce à ce métier. La rédaction du Corbeau News Centrafrique a rencontré cet homme au parcours exceptionnel pour recueillir son témoignage et comprendre les secrets de sa longévité professionnelle.

 

CNC : Bonjour Monsieur Siada. Je suis venu vous voir aujourd’hui en tant que journaliste. J’étais déjà venu une fois ici pour réparer ma montre, et vous m’aviez alors dit quelque chose qui m’avait beaucoup impressionné : vous exercez ce métier depuis plus de 40 ans. Avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

Samuel Siada : Je m’appelle Siada Samuel. J’ai commencé à réparer les montres en 1986. C’est grâce à ce travail de réparation horlogère que je me suis marié et que j’ai élevé mes enfants. Cette activité m’a beaucoup aidé. Elle m’a permis de fonder une famille et de faire vivre tous mes enfants. Aujourd’hui encore, je continue ce travail avec la même passion.

 

CNC : Si je ne me trompe pas, vous avez donc débuté cette activité à l’époque du président André Kolingba, n’est-ce pas ?

 

Samuel Siada : Oui, effectivement. J’ai commencé à l’époque du président Kolingba, en 1986.

 

CNC : Vous avez traversé plusieurs régimes politiques : Kolingba, puis Patassé pendant dix ans, ensuite François Bozizé pendant dix ans également, et enfin la période de la Séléka. Vous êtes installé ici au quartier KM5, dans le 3ème arrondissement, qui a connu des moments très difficiles. Notamment lors des événements liés à la Séléka, vous qui êtes chrétien dans un quartier à majorité musulmane, vous êtes resté ici. Comment avez-vous réussi à maintenir votre activité et à vivre en paix pendant toutes ces années ? Quel est votre secret ?

 

Samuel Siada : Vous savez, dans ce métier, il y a un secret fondamental : il faut exercer son travail dans le respect de la déontologie et dans le respect des autres. Avec vos collaborateurs, vous ne devez jamais chercher les problèmes. Avec vos voisins, il faut toujours entretenir de bonnes relations. Il faut être bien avec tout le monde, sourire à chacun, discuter avec les gens. Quand vous agissez ainsi, même s’il arrive un problème dans le quartier, les voisins témoignent en votre faveur. Ils disent : “Cette personne n’a jamais eu de problème avec nous.” C’est ce qui fait que je suis toujours en vie parmi eux. Je vis ici au KM5 sans problème jusqu’à ce jour.

 

CNC : Dans votre activité de réparation de montres, quels sont vos revenus quotidiens lorsque les affaires marchent bien ?

 

Samuel Siada : Vous savez, le travail de montre a beaucoup évolué. À l’époque où nous avons débuté, nous installions les montres par terre. Nous travaillions avec des Sénégalais et des Maliens. Nous étalions nos montres à même le sol. À cette époque, il n’y avait que des moutons dans ce quartier. Nous venions nettoyer la place et nous installions notre marchandise. Nos clients, notamment les Peuls qui vendaient leur bœufs au marché abattoir, venaient ici pour acheter leurs montres. Même des gens qui habitaient au PK12 ou au quartier Wango venaient jusqu’ici, au marché Ngawi, pour acheter chez nous. Si Dieu le voulait et que les affaires marchaient bien, nous pouvions gagner trente à quarante mille francs CFA par jour.

 

CNC : Trente à quarante mille francs CFA par jour ? C’était une belle somme !

 

Samuel Siada : Oui, absolument. À l’époque, les montres étaient très chères. Une montre pouvait coûter vingt et quelques mille francs. Même une simple pile de montre coûtait 2 500 francs CFA. C’était vraiment cher. L’activité horlogère était très rentable. Il y avait aussi le contrôle des autorités. Si on vous surprenait avec plus de 15 montres, vous deviez payer des amendes et des droits. Au-delà de 15 montres, c’était considéré comme du commerce en gros.

 

CNC : Donc, si je comprends bien, vous avez commencé par la vente de montres avant de vous orienter vers la réparation ?

 

Samuel Siada : Exactement. Au début, je vendais des montres. Puis, au fur et à mesure, j’ai acquis de l’expérience et j’ai commencé à les réparer. C’est cette activité de réparation que j’exerce aujourd’hui.

 

CNC : Vous nous avez dit que vous avez fondé une famille grâce à ce travail, que vous avez construit une maison et élevé vos enfants. Pouvez-vous nous parler de votre famille ?

 

Samuel Siada : J’ai épousé ma première femme à l’âge de 26 ans, dans ma jeunesse. Avec elle, nous avons eu quatre enfants. Malheureusement, elle est décédée. Je me suis ensuite remarié avec une deuxième femme avec qui j’ai eu trois enfants, soit sept enfants au total. Après notre séparation, j’ai épousé ma troisième femme.

 

CNC : Tout au long de votre vie, avez-vous exercé un autre métier que celui de l’horlogerie ?

 

Samuel Siada : Non, aucun autre métier. Au départ, je vendais des montres, maintenant je les répare. C’est mon seul et unique travail. Je ne connais pas d’autre métier. C’est le travail vers lequel Dieu m’a orienté, et je le fais jusqu’à ce jour.

 

CNC : Avec toute l’expérience que vous avez accumulée dans ce domaine, quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui cherchent aujourd’hui un métier, une activité pour gagner leur vie ?

 

Samuel Siada : Vous savez, nous avons des conseils à donner aux jeunes, mais malheureusement, ils ne nous écoutent plus vraiment. Ce métier, comme tout autre travail, dépend de deux choses essentielles : la volonté et la patience. Dans tout travail, il faut avoir de la patience et la volonté de réussir. Il faut exercer son métier avec foi, en sachant que c’est ce travail qui vous nourrit et qui protège votre famille. Mais les jeunes d’aujourd’hui, quand vous leur proposez de venir apprendre un métier, quand vous essayez de leur transmettre votre savoir-faire, ils manquent de patience. Ils veulent tout obtenir rapidement, sans effort. C’est très mauvais. Le travail demande de la patience, mais les jeunes actuels veulent tout, tout de suite. C’est vraiment dommage.

 

CNC : Monsieur Siada Samuel, je vous remercie infiniment d’avoir accepté de nous recevoir et de partager avec nous votre parcours exceptionnel. Votre témoignage est précieux et inspirant pour toute une génération. Merci pour votre temps et votre disponibilité.

 

Samuel Siada : C’est moi qui vous remercie de m’avoir donné cette opportunité de témoigner. Je suis honoré que vous vous soyez intéressé à mon humble parcours.

 

Propos recueillis par Ibrahim Sallé

 

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Reportage réalisé par l’équipe du Corbeau Centrafricain (CNC)Marché Ngawi, 3ème arrondissement, Bangui

 

Baboua : le décès mystérieux d’un jeune de 18 ans à Zoukombo   enflamme le village

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Baboua : le décès mystérieux d’un jeune de 18 ans à Zoukombo   enflamme le village

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/intervention-des-forces-de-l-ordre-au-domicile-du-chef-du-village-pour-calmer-les-esprits-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Baboua : le décès mystérieux d’un jeune de 18 ans à Zoukombo   enflamme le village
Intervention des forces de l’ordre au domicile du chef du village pour calmer les esprits. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La localité de Zoukombo, située à vingt kilomètres de Baboua sur la route de Béloko, dans la Nana-Mambéré, a connu ce mardi 3 février 2026 des mouvements de protestation violents.

 

Ces événements font suite au décès de Donô Elie, un jeune homme de dix-huit ans, durant la nuit de lundi. Les habitants du village accusent ouvertement leurs chefs d’être de connivence avec des criminels. Cette affaire a immédiatement embrasé la population qui refuse de rester silencieuse.

 

La fureur des proches et de la jeunesse locale s’est concentrée sur la résidence du chef de groupe où le corps du défunt a été déposé en signe de protestation. Ce geste fort exprime le rejet total de l’autorité villageoise par une communauté en quête de vérité et de justice.

 

Ngozo Marcel, Président de la jeunesse de Zoukombo, interrogé par la rédaction du CNC, explique les fait. Selon lui, les circonstances exactes de la mort du garçon demeurent flou et alimentent la suspicion généralisée envers les responsables du village.

 

Face à cette tension grandissante, un marabout a été convié depuis Béloko pour apaiser les esprits et établir la vérité. Celui-ci a ordonné que les parents procèdent à l’enterrement du jeune homme avant qu’il puisse danser pour dénoncer les malfaiteurs la nuit prochaine.

 

Les forces de l’ordre venues de Baboua, accompagnées d’éléments des forces armées, se sont rendues sur les lieux après instruction du procureur. Leur mission consiste à apaiser la situation et éviter toute escalade de violence qui pourrait dégénérer davantage.

 

Cette nouvelle affaire s’inscrit dans une série d’agitations qui troublent le village de Zoukombo depuis quelques semaines. Il y a peu, une femme dénommée Bernice avait été accusée comme responsable du décès d’une jeune femme, ce qui avait entraîné la destruction de son habitation par une foule en colère.

 

L’intervention rapide des gendarmes avait alors permis de protéger la personne visée et de rétablir un semblant d’ordre. Mais cette accalmie n’aura été que temporaire, comme le prouve la nouvelle explosion de colère de ce mardi.

 

La multiplication de ces incidents dans un périmètre aussi restreint interpelle sur la situation sécuritaire de cette zone rurale. Les habitants semblent de plus en plus enclins à se faire justice eux-mêmes, faute de confiance envers leurs dirigeants locaux.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Marcel Touazoum

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L’individualisme généralisé, terreau fertile des dictatures selon Jean-Pierre Mara

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L’individualisme généralisé, terreau fertile des dictatures selon Jean-Pierre Mara

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ancien-depute-jean-pierre-mara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Absence de cimetières, de musées et de repères symboliques : une nation sans mémoire collective, selon Jean-Pierre Mara
L’ancien député de Mala, monsieur Jean-Pierre Mara

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le député fustige une mentalité axée sur le profit personnel au détriment de l’intérêt collectif.

 

Jean-Pierre Mara ne mâche pas ses mots. Le député centrafricain pointe du doigt ce qu’il considère comme les racines profondes de la crise politique que traverse le pays : une mentalité généralisée où l’individualisme et l’émotionnel priment sur l’intérêt collectif. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’élu dresse un constat sans appel sur les maux qui rongent la société centrafricaine.

 

“La culture africaine du culte du bien-être individuel et l’émotionnel sont les deux raisons de la situation actuelle en République centrafricaine”, affirme-t-il sans détour. Pour le parlementaire, cette logique comportementale constitue un terreau fertile pour les régimes autoritaires qui prospèrent sur la division et l’absence de cohésion sociale.

 

L’analyse de Jean-Pierre Mara va plus loin. Il établit un lien direct entre la quête effrénée d’avantages personnels et la consolidation du pouvoir dictatorial. “Les dictateurs tirent leurs succès de l’acharnement de chaque individu qui se cherche un statut personnel, un pouvoir personnel, surtout un profit personnel sans tenir compte de l’intérêt général”, explique-t-il. Cette obsession du gain individuel, selon lui, transcende les clivages sociaux et touche autant les responsables politiques que les citoyens ordinaires.

 

Cette fragmentation de la société empêche, selon le député, toute mobilisation efficace pour défendre les intérêts communs. Chacun navigue selon ses propres calculs, sacrifiant la vision collective sur l’autel de ses ambitions personnelles. Cette atomisation sociale offre aux dirigeants autoritaires un environnement idéal pour exercer leur emprise sans résistance organisée.

 

Les propos du parlementaire Jean-Pierre Mara  résonnent particulièrement dans l’actualité politique centrafricaine. Alors que l’échéance présidentielle de 2025 approche, les accusations de verrouillage démocratique se multiplient. L’opposition dénonce régulièrement des manœuvres visant à restreindre l’espace politique et à limiter la compétition électorale.

 

Cette sortie de Jean-Pierre Mara s’inscrit dans un débat plus large sur les défis de la démocratie en Afrique centrale. Elle interroge sur la capacité des sociétés à transcender les intérêts particuliers pour construire un projet national partagé. Une question d’autant plus pertinente que Bangui, centre névralgique du pouvoir, concentre les enjeux politiques que les autres localités du pays, qu’elles soient proches comme Damara (76 kilomètres) ou éloignées comme Ndélé (654 kilomètres), subissent souvent les conséquences de cette centralisation excessive.

 

La réflexion du député Jean-Pierre Mara  invite à une introspection collective. Comment briser ce cercle vicieux où l’individualisme nourrit l’autoritarisme, qui à son tour encourage davantage d’individualisme ? La réponse à cette équation complexe déterminera largement l’avenir démocratique du pays et sa capacité à offrir à ses citoyens un cadre de vie digne, de Bangui jusqu’aux confins du territoire national.

 

CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE

Paoua-ce-jeudi/” data-wpel-link=”internal”>Corbeaunews Centrafrique

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Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février

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Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février

 

 

Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février
Une route enrobée de la 7e République de Touadera. Photo Christ CAN

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Mardi dernier, Bangui a connu sa première pluie de février 2026. Quelques heures d’averse ont transformé les routes prétendument neuves en bourbier, exposant l’ampleur du gâchis.

 

Les images qui circulent depuis ce jour-là ne laissent aucune place au doute. Le long des artères principales, là où le gouvernement vante ses infrastructures modernes, le spectacle est navrant. Des rigoles entières se sont effondrées, laissant apparaître un mélange de terre rouge et de détritus. Les motos-taxis slaloment entre les flaques tandis que les piétons tentent d’éviter de glisser.

 

Ce que les autorités appellent fièrement « enrobé » ressemble davantage à une fine couche de colorant noir posée à la va-vite. Dès les premières gouttes, cette pellicule se détache, emportée par le ruissellement. On découvre alors ce qui se cachait dessous : du sable, des gravillons, parfois rien du tout. Les trous se creusent à vue d’œil, avalant bout après bout ce semblant de revêtement routier.

Bangui-au-21e-siecle-photo-christ-can.webp” data-wpel-link=”internal”>Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février
Une route enrobée de la 7e République de la ville de Bangui au 21e siècle. Photo Christ CAN

 

Les habitants du quartier ne cachent plus leur colère devant ce désastre annoncé. Beaucoup évoquent ouvertement la corruption, les appels d’offres truqués, les entreprises fantômes qui empochent des millions sans jamais livrer un travail digne de ce nom. L’argent file ailleurs, dans des poches bien garnies, pendant que la population patine dans la gadoue.

 

Ce décalage entre les discours et la réalité devient de plus en plus difficile à masquer. On annonce des kilomètres de voies réhabilitées, on organise des inaugurations avec coupure de ruban et photos de ministres souriants. Puis vient la première pluie de février, et tout s’écroule en quelques minutes à peine.

 

Les commerçants installés le long de ces routes en paient le prix fort aujourd’hui. Leurs tables sont éclaboussés, leurs marchandises souillées par la boue qui remonte depuis les fondations inexistantes.

 

Ce premier épisode pluvieux de février n’est malheureusement pas un cas unique à Bangui. D’autres quartiers de la capitale connaissent le même sort depuis mardi. Les travaux bâclés se multiplient, les malfaçons deviennent la norme plutôt que l’exception. Les entreprises chinoises et libanaises enchaînent les chantiers médiocres sans jamais être inquiétées par les autorités.

 

Le silence du maire de Bangui en dit long sur sa gestion de la situation. Aucun communiqué, aucune explication, aucune annonce de réparation depuis que l’averse a ravagé les routes. Comme si cette dégradation était normale, acceptable, voire inévitable pour une ville africaine. Les citoyens sont laissés à eux-mêmes, obligés de composer avec un réseau routier qui n’en a que le nom.

 

La saison des pluies ne fait pourtant pas encore commencer en cette première semaine de février. Si une simple averse suffit à provoquer de tels dégâts, les semaines à venir s’annoncent catastrophiques pour la circulation dans la capitale. Les rues de Bangui risquent tout simplement de disparaître sous l’eau et la terre, transformant chaque déplacement en parcours du combattant pour des milliers​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Touadera, regarde, les Centrafricains réclament que Wagner remplace Air France sur la liaison Bangui-Paris avec ses hélicoptères

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Touadera, regarde, les Centrafricains réclament que Wagner remplace Air France sur la liaison Bangui-Paris avec ses hélicoptères

 

 

Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadera, regarde, les Centrafricains réclament que Wagner remplace Air France sur la liaison Bangui-Paris avec ses hélicoptères
Panneau-publicitaire-de-la-compagnie-Air-France-a-Bangui – Agression du directeur de l’agence d’Air France à Bangui, des suspects identifiés, CNC mène ses investigations, Kossimatchi nie son implication

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Les mercenaires russes de la milice Wagner qui transportent déjà des passagers en Centrafrique sont maintenant sollicités par les centrafricains pour prendre en charge la liaison Bangui-Paris abandonnée par Air France.

 

Depuis 2024, les mercenaires russes de la milice Wagner ont installé leur propre compagnie aérienne en Centrafrique. Leurs hélicoptères transportent déjà des passagers moyennant paiement, un service qui a débuté à Zémio avant de s’étendre progressivement vers d’autres destinations. L’activité s’est développée jusqu’à Bria, puis Obo, avant d’atteindre Birao, Ouanda-Djallé et Sam Ouandja. Cette expansion démontre leur volonté de contrôler tous les secteurs économiques du territoire centrafricain.

 

Voilà maintenant que Air France abandonne la liaison Bangui-Paris, l’idée germe dans les esprits que Wagner pourrait tout simplement prendre la relève. Les partisans de cette solution proposent que les hélicoptères russes assurent désormais ce transport international, créant ainsi une route aérienne entièrement contrôlée par les autorités centrafricaines. La délégation officielle centrafricaine, comprenant habituellement le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera, ses ministres et le Président de l’assemblée nationale Simplice-Mathieu Sarandji, monterait donc à bord de ces appareils avec tout le luxe pour rejoindre l’Europe dans le confort des Wagner.

 

Certains évoquent même la possibilité d’un détour par Moscou, permettant ainsi aux officiels centrafricains de rendre visite à leurs véritables maîtres Poutine avant de continuer vers Paris. D’autres suggèrent qu’après leurs affaires à Paris, les délégations pourraient faire escale dans la capitale russe avant de rentrer à Bangui. Cette proposition prend tout son sens quand on sait à quel point les officiels centrafricains raffolent de la classe affaires et de la première classe.

 

Puisque dans un hélicoptère, tous les sièges sont équivalents à de la première classe, ils ne pourront qu’apprécier ce nouveau mode de transport. D’ailleurs, Simplice-Mathieu Sarandji lui-même a déjà expérimenté les hélicoptères de Wagner lors d’un déplacement vers Bossangoa, située à seulement 300 kilomètres de la capitale. Ce voyage avait d’ailleurs mal tourné puisque Simplice-Mathieu Sarandji avait fait pipi sur lui, sans parler de kaka. Il a même perdu connaissance à bord de l’appareil, un détail qui ne semble pas freiner l’enthousiasme pour cette alternative.

 

Si Wagner refuse d’assurer cette liaison intercontinentale avec ses hélicoptères, Poutine pourrait toujours envoyer un avion de sa propre compagnie aérienne pour effectuer le trajet Bangui-Paris. Les Russes démontreraient ainsi leur capacité à remplacer les Occidentaux sur tous les fronts, y compris dans le transport aérien international. Cette option s’inscrit parfaitement dans la logique actuelle de mainmise totale de Moscou sur la Centrafrique.

 

Wagner a d’ailleurs déjà prouvé son savoir-faire en matière de commerce international dans le pays. Les mercenaires de la milice Wagner, via Poutine,  ont annoncé l’envoi de blé russe à la Centrafrique, une cargaison que les centrafricains n’ont jamais aperçue. La marchandise serait restée au Cameroun où elle aurait été vendue, ou alors une partie seulement aurait atteint Bangui avant d’être écoulée sur le marché sans que la population n’en profite.

 

Le même scénario s’est répété avec le prétendu don de carburant russe au pays. Moscou a affirmé avoir expédié un ou deux millions de litres de gasoil, mais la réalité s’avère bien différente. Le carburant est arrivé au Cameroun, une partie a été vendue là-bas, le reste a rejoint Bangui où Wagner contrôle maintenant les stations-service. Ce qui était présenté comme une aide humanitaire s’est transformé en juteux business pour les mercenaires.

 

Wagner gère aujourd’hui tous les secteurs rentables du territoire, des forages à la production d’alcool wanawa ou d’Africa ti l’or, en passant par l’exploitation des diamants et de l’or. Les mercenaires russes ramassent tout ce qui brille et tout ce qui rapporte, laissant des miettes au gouvernement fantoche de Bangui. Ajouter le transport aérien international à leur portefeuille d’activités paraît donc logique dans cette dynamique de contrôle absolu.

 

Touadéra et son gouvernement ne sont en réalité que des marionnettes, un fait que beaucoup ignorent encore à l’étranger. Le pays fonctionne entièrement sous la coupe de Wagner, une vérité que les officiels centrafricains s’efforcent de dissimuler lors de leurs déplacements internationaux. Cette dépendance explique pourquoi l’idée de confier également le transport aérien aux Russes ne choque personne parmi les autorités de Bangui.

 

Même l’arrivée annoncée d’Africa Corps, la nouvelle structure militaire russe censée remplacer Wagner, ne changera rien à cette domination. Le président centrafricain a d’ailleurs clairement indiqué que Wagner resterait en place même après le déploiement d’Africa Corps. Les deux entités russes cohabiteront sur le territoire, renforçant encore davantage le contrôle de Moscou sur les ressources et les institutions du pays.

 

Touadéra apprécie visiblement les méthodes de Wagner, malgré les crimes documentés que commettent ces mercenaires contre les populations civiles. Cette affection pour les Russes explique pourquoi personne à Bangui ne s’offusque vraiment de voir Wagner étendre son emprise sur de nouveaux secteurs. Le transport aérien international représenterait simplement une étape supplémentaire dans cette colonisation économique orchestrée avec la bénédiction des autorités locales.

 

Les hélicoptères qui sillonnent déjà l’intérieur du pays pourraient bientôt relier la Centrafrique à l’Europe, bouclant ainsi le cercle de la dépendance totale envers Moscou. Les quelques voix qui s’élèvent pour dénoncer cette situation peinent à se faire entendre dans un pays muselé par la censure et la peur. Wagner a installé ses hommes partout, dans les ministères comme dans les rues, rendant toute contestation périlleuse pour ceux qui oseraient critiquer ouvertement le système.

 

Le départ d’Air France offre donc aux mercenaires russes une opportunité en or d’étendre encore leur monopole. Cette nouvelle activité viendrait s’ajouter à la longue liste des secteurs déjà contrôlés par les Russes en Centrafrique. Les officiels centrafricains, habitués au luxe et au confort des vols internationaux, devront désormais s’accommoder des solutions proposées par leurs parrains de Moscou​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Fari Tahéruka Shabazz  se demande :  Dologuélé Accepte-il  les Résultats du coup d’État électoral pour une Primature Promise par les Wagner ?

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Fari Tahéruka Shabazz  se demande :  Dologuélé Accepte-il  les Résultats du coup d’État électoral pour une Primature Promise par les Wagner ?

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fari Tahéruka Shabazz  se demande :  Dologuélé Accepte-il  les Résultats du coup d’État électoral pour une Primature Promise par les Wagner ?
Monsieur Fari Tahéruka Shabazz

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Selon l’analyste Fari Tahéruka Shabazz, Anicet Georges Dologuélé aurait accepté publiquement sa défaite électorale après avoir négocié secrètement une primature avec le groupe Wagner via Dmitri Sitiy.

 

Fari Tahéruka Shabazz rappelle qu’avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel, Anicet-Georges Dologuelé s’était montré « furibard en disant j’ai été volé deux fois, je me suis laissé faire deux fois, j’ai accepté le hold-up électoral deux fois, mais cette fois-ci je ne me laisserai pas faire, je me battrai comme un lion, j’arracherai ma victoire ».

Une conférence de presse révélatrice

L’analyste observe qu’lors de sa conférence de presse du 21 janvier, « physiquement, on sent qu’il a maigri, on sent comme s’il a maigri, mais il n’est pas bien, ça se voit déjà qu’il n’est pas [bien], parce que quelqu’un qui vient pour revendiquer quelqu’un qui vient pour dénoncer, il y a une posture, mais là la posture est commencée, de l’homme résigné, de l’homme malade ». Selon Shabazz, « cette conférence de presse a été express, c’était très très court, ça n’a pas duré 30 minutes, montre en main, 4 minutes je crois, c’est plus court qu’une douche ».

Un discours qui déçoit

Fari Tahéruka Shabazz souligne que Dologuélé « est venu pour nous dire que finalement, voilà, mais Touadéra a gagné, Touadéra c’est lui qui est le vainqueur ». L’analyste constate : « on tombe des nues… quand il faut tenir le discours de fermeté, le discours de courage, de dignité… on voit qu’il se dégonfle, la baudruche, comme disait le défunt président français Jacques Chirac, ça fait psch, c’est terrible ».

 

Des négociations avec Wagner révélées

Selon Shabazz, un communiqué du PATRIE du 22 janvier 2026 révèle « les rencontres entre Anicet Georges Dologuélé, avec les fils de Satan, les criminels de guerre… Wagner ». L’analyste affirme que Dologuélé « aurait donc négocié avec Wagner, donc avec Dimitri Syty, politiquement », et qu’« on lui aurait dit que c’est pas possible [d’être proclamé vainqueur], mais cependant s’il était calme, s’il se taisait, s’il se couchait, s’il avalait des couleuvres, s’il acceptait l’indignité, il serait encore remboursé par la suite, par quoi ? Par la primature ».

 

Un collaborationnisme assumé

Fari Tahéruka Shabazz estime que « la seule solution pour exister pour Anicet Georges Dologuélé, c’est de collaborer, c’est devenu un collaborationniste, un collabo au même titre qu’un Zinga ou un Sanguba ». Il ajoute : « là on voit très bien qu’on est dans la trahison, on voit très bien qu’on est dans le double jeu dans la complicité, la duplicité ».

 

Un calcul Politique perdant

L’analyste prévient toutefois que « avec la posture qu’a adopté Anicet Georges Dologuélé, malheureusement pour lui, il n’aura ni la primature, ni même le siège de député… parce que de toute façon, Touadéra n’a plus aucun intérêt aujourd’hui de composer avec Anicet Georges Dologuélé qui ne représente plus rien ». Selon Shabazz, Dologuélé doit maintenant choisir : « soit il accepte l’humiliation jusqu’au niveau que même les incrochons ne supporteraient pas, soit il arrête maintenant, mais en tout cas, à court et à moyen terme, sa vie Politique est terminée ».

 

Un rituel d’humiliation conscient

Fari Tahéruka Shabazz conclut en affirmant que Dologuélé « le dit lui-même, il le dit que tout ceci a été fait… pour m’humilier, il utilise le terme, pour m’humilier. Non, il sait qu’il est dans un rituel, un rituel d’humiliation ». L’analyste ajoute : « On accepte de se prêter à cela. Pourquoi ? Parce que derrière, on laisse compte, on nous promet une récompense », et que « tout ça concourt au fait qu’il attend un retour sur investissement, cette humiliation ».​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Bambouti : la sous-préfète Koumba Ndiaye demande le dialogue entre le gouvernement et les miliciens azandés

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Bambouti : la sous-préfète Koumba Ndiaye demande le dialogue entre le gouvernement et les miliciens azandés

 

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Retenue depuis le 28 décembre dernier avec le commandant des brigades et deux agents électoraux, la sous-préfète appelle à des négociations pour régler la crise du Haut-Mbomou.

 

Koumba Ndiaye s’est exprimée depuis le maquis où elle est gardée par les miliciens azandés. La sous-préfète de Bambouti a tenu à rassurer sa famille et les femmes leaders qui s’inquiètent de son sort depuis plus d’un mois. Elle affirme être en bonne santé et bien traitée par ses ravisseurs.

 

La responsable administrative profite de cette prise de parole pour plaider en faveur d’un dialogue entre le gouvernement et les miliciens. Elle explique que ces hommes se sont retirés dans la forêt par peur d’être arrêtés à cause des traces de lames de rasoir qu’ils portent sur le corps. Ces marques servaient à les protéger lors de leurs combats contre les rebelles qui occupaient leur territoire.

 

Koumba Ndiaye estime injuste qu’on leur reproche ces pratiques alors que les Occidentaux portent des tatouages sans être inquiétés. Elle rappelle que ces miliciens ont défendu leur terre contre les groupes armés et qu’ils ne cherchaient pas à combattre l’armée nationale. Ils ont quitté leurs foyers, leurs femmes et leurs enfants par crainte d’être emprisonnés.

 

La sous-préfète démonte également les rumeurs qui circulent sur la présence de combattants étrangers parmi les miliciens. Depuis son arrivée dans le camp, elle assure n’avoir vu ni Sud-Soudanais ni Congolais. Tous les hommes qu’elle côtoie sont des Centrafricains qui parlent la langue nationale et qui partagent avec elle leur nourriture issue de la chasse et de l’agriculture.

 

Elle met en garde le gouvernement contre ceux qui racontent n’importe quoi dans l’espoir d’obtenir des postes. Pour elle, les bombardements qui frappent la zone mettent autant en danger les otages que les miliciens. Elle remercie Dieu de les avoir protégés jusqu’à présent et insiste sur le fait que ses ravisseurs ne sont pas des rebelles mais des frères qui cherchent à dialoguer.

 

Le commandant des brigades de la gendarmerie de Bambouti a également pris la parole. Lui aussi salue le peuple centrafricain et confirme être en vie et en sécurité. Il décrit la vie dans la forêt comme difficile mais supportable, car les miliciens partagent équitablement leurs ressources avec les otages.

 

Cet officier se dit mécontent de la réaction du gouvernement dans ce dossier. Il trouve la réponse des autorités inadaptée et regrette qu’on qualifie les miliciens d’étrangers. Il martèle que le dialogue reste la seule voie pour régler le problème du Haut-Mbomou et demande l’arrêt des hostilités.

 

Le commandant dénonce les attaques et les incendies de villages qui poussent les populations à fuir dans la brousse. Il rappelle que des femmes et des enfants vivent aujourd’hui dans la forêt, une situation qu’il juge intenable. Il supplie le gouvernement de revenir vers ces jeunes pour entamer des discussions sincères.

 

Tous deux appellent leurs familles à garder leur calme et leur assurent qu’ils vont bien. Ils expriment l’espoir de retrouver les leurs si Dieu le permet. Leurs déclarations interviennent alors que les miliciens azandés maintiennent leurs exigences concernant la libération de Bakoyoko Célestin et Ngoéngué Elie, deux de leurs commandants disparus après avoir été enlevés par des Mercenaires russes en janvier 2025.

 

Cette prise de parole des otages montre que la question du Haut-Mbomou dépasse le simple enlèvement. Elle renvoie à un malaise plus profond lié au traitement réservé aux miliciens azandés qui avaient pourtant combattu aux côtés de l’armée. Le sort de Bakoyoko et Ngoéngué reste au cœur des revendications, et tant que leur dossier ne sera pas réglé, la situation risque de rester figée.

 

Les miliciens promettent de publier bientôt un document officiel détaillant leurs demandes. Ils annoncent aussi la diffusion prochaine d’une vidéo montrant Koumba Ndiaye et son garde du corps, histoire de prouver qu’ils sont toujours vivants et bien portants.

 

Par Éric Nzapa

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Arrêté à l’entrée de la ville d’Obo, un cultivateur a failli être pris à partie par les forces de l’ordre qui, de passage en menaces, ont lancé un ultimatum d’épuration ethnique des Zandés d’Obo

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Arrêté à l’entrée de la ville d’Obo, un cultivateur a failli être pris à partie par les forces de l’ordre qui, de passage en menaces, ont lancé un ultimatum d’épuration ethnique des Zandés d’Obo

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-un-des-checkpoints-des-soldats-faca-dans-le-haut-mbomou-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Arrêté à l’entrée de la ville d’Obo, un cultivateur a failli être pris à partie par les forces de l’ordre qui, de passage en menaces, ont lancé un ultimatum d’épuration ethnique des Zandés d’Obo
Image d’illustration d’un des checkpoints des soldats FACA dans le Haut-Mbomou. Photo CNC

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les habitants d’Obo découvrent chaque jour l’ampleur de la dérive sécuritaire des éléments de forces de désordre dans leur ville. Samedi dernier, un cultivateur a échappé de justesse à une agression pour avoir simplement transporté un poulet qu’il avait acheté au cours de route.

 

Le samedi dernier, aux environs de 5 heures du matin, Jean était parti dans son champ situé à 19 kilomètres d’Obo sur l’axe de Bambouti. Vers 13 heures, il a décidé de rentrer à la maison. Mais au moment de retour,  il avait acheté un coq pour 3500 francs CFA, avec un objectif de le revendre à 5000 francs pour gagner quelques pièces et subvenir aux besoins de sa famille.

 

Vers 14 heures, il atteint l’entrée de la ville d’Obo. C’est là qu’il tombe sur le checkpoint des forces de l’ordre tenu par trois agents des forces mixtes. Le premier, un soldat des forces armées centrafricaines connu sous le surnom de « 1000 francs » en raison de ses pratiques de racket. Ce soldat  remarque immédiatement le coq que transporte le cultivateur.

 

Le militaire s’approche et demande au cultivateur s’il vend le coq. Le cultivateur répond poliment  oui. Le militaire demande à combien ? Le cultivateur répond 5000 francs CFA. Un policier, de forte corpulence qui assis au côté du militaire, intervient aussitôt dans la conversation.

 

Le policier trouve le prix du poulet trop cher et interroge le cultivateur pourquoi il le vend trop cher ?. L’homme explique calmement qu’il a lui-même acheté à l’origine à 3500 francs CFA, et qu’il souhaite simplement lui aussi tirer un petit bénéfice de 1500. La réponse du cultivateur, pourtant simple et compréhensible, va déclencher une réaction totalement criminelle et pathétique.

 

Au côté du policier et du Soldat FACA, se trouve un gendarme. Un adjudant-chef, car les autres l’appellent AC. Ce gendarme entre alors en scène . C’est lui qui va monopoliser la parole et transformer cette banal discussion en véritable séance d’intimidation ethnique. Son ton change radicalement et ses premiers mots glacent l’atmosphère.

 

« Vous, les Zandé, vous faites comme si vous êtes des demi-dieu ici à Obo » lance-t-il au cultivateur qui ne comprend rien du tout dans cette agressivité verbale. Franchement, l’homme ne comprend pas ce qu’on lui reproche, ni pourquoi son appartenance ethnique devient soudainement le sujet central de cet échange. Mais le gendarme ne compte pas en rester là, bien au contraire, il s’enflamme dans son délire.

 

Il enchaîne avec une série d’accusations virulentes. Selon lui, les Zandé sont devenus ce dernier temps très arrogants. Pour le gendarme, la ville d’Obo n’appartient même pas aux Zandé, et ils  se permettent de faire la  tête aux autre. De plus, le gendarme enfonce le clou en disant que les Zandé se croient supérieurs à tout le monde. , et cette attitude ne saurait être tolérée plus longtemps. Le cultivateur tente de garder son calme et demande au gendarme s’il a commis une faute quelconque, ou alors qu’il a déjà un souci avec lui.

 

Le gendarme ignore totalement cette question du cultivateur et poursuit son délire haineux. « Toi, tu fais ton truc là, je vais t’attraper un jour, tu vas voir. Tu es malade ou quoi ? » Le gendarme s’approche davantage, rendant la menace encore plus palpable. Le cultivateur recule instinctivement, cherchant à comprendre l’origine de cette hostilité soudaine.

 

Mais le gendarme n’a pas terminé. Ses propos prennent désormais une dimension collective et annoncent clairement un projet d’épuration ethnique. « On va voir avec vous les Zandé, on va vous éliminer tous ici. Vous croyez qu’Obo c’est votre ville ? » Ces mots résonnent comme un verdict sans appel dans l’esprit du cultivateur qui commence à mesurer le danger réel de sa situation.

 

Le gendarme poursuit en revendiquant la propriété ancestrale du territoire du Haut-Mbomou. « C’est notre terre ancestrale. On va vous chasser tous ici à Obo. D’ailleurs, on va totalement brûler Obo. » Cette promesse d’incendie généralisé n’est pas formulée comme une simple menace en l’air, mais comme un programme de génocide à venir. Le policier de forte corpulence n’est pas resté silencieux. Il attaque verbalement le cultivateur. Le soldat FACA, surnommé 1000 francs, lui aussi, apporte son lot des propos incendiaires contre les Zandé dans la discussion.

 

Les trois complices de forces du désordre développent même une vision à long terme de ce projet génocidaire. « Tôt ou tard, dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, on va vous chasser tous ici. Obo va devenir juste un vaste territoire herbeux avec des herbes. Il n’y a plus personne ici ». Ce projet d’un Obo vidé de ses habitants Zandé , réduit à une étendue sauvage, traduit une volonté d’épuration ethnique d’une communauté entière.

 

Le cultivateur essaie une nouvelle fois de désamorcer la tension. Il demande humblement s’il existe un différend entre eux, quelque chose qu’il aurait fait sans le savoir. Mais cette tentative d’apaisement ne fait qu’attiser la colère de ces éléments de force de désordre qui y voient probablement une forme d’insolence supplémentaire.

 

« Vous faites comme si vous êtes Dieu ici, vous faites la tête à chaque fois. On vous dit des choses, vraiment ça m’énerve », crache le gendarme. Puis, pointant son doigt vers le visage du cultivateur : « Toi, quand tu me regardes, il faut fuir. D’abord, je vais voir avec toi, je vais te tuer, tu vas voir ». Cette promesse d’assassinat est proférée sans la moindre retenue, en plein jour, à un point d’entrée de la ville.

 

Le policier de forte corpulence décide alors de s’associer pleinement au projet génocidaire. Il renforce les propos de son collègue gendarme en ajoutant sa propre couche d’insultes et de menaces. « On va tuer tous les Zandé. Ce n’est pas votre sort. Vous êtes des canards, vous êtes des bêtes », déclare-t-il, déshumanisant ainsi l’ensemble d’une ethnie.

 

Les trois hommes annoncent ensuite l’instauration d’un système de taxation spécifique visant les Zandé. Tout ce qu’ils transporteront sera désormais soumis à prélèvement  douanier : poulets, manioc, sel, et n’importe quelle autre marchandise. Cette mesure discriminatoire vise clairement à appauvrir la communauté et à rendre sa vie quotidienne insupportable.

 

Le gendarme conclut cette séance d’humiliation par un avertissement personnel au cultivateur. « De toute façon, quand tu me vois, il faut chercher à fuir. Je vais t’attraper un jour, même chez toi. Je vais te tuer, tu vas voir. » Cette menace de s’introduire au domicile de sa victime pour l’assassiner marque le paroxysme de cette escalade verbale. Elle transforme une simple vente de poulet en sentence de mort différée.

 

Le cultivateur, surpris, finit par partir avec son poulet à la main. Mais il emporte surtout avec lui le traumatisme de cet discussion et une question: pourquoi les Zandé sont-ils devenus des cibles à ce point ? Quel crime ont-ils commis pour mériter un tel traitement de la part de ceux censés assurer leur sécurité ?

 

Cet incident du 31 janvier n’est malheureusement pas nouveau. Il s’inscrit dans une série d’événements qui montre une dérive dangereuse des forces de désordre à Obo.

 

Rappelons que quelques semaines auparavant, le commandant de la compagnie de gendarmerie d’Obo avait déjà tenu des propos similaires sur WhatsApp, promettant publiquement d’éliminer toutes les races Zandé.

 

Ces déclarations n’étaient pas restées lettre morte. Dans les jours qui avaient suivi, des opérations de ratissage avaient été menées dans les sites de déplacés de Ngouli, situé à 4 kilomètres d’Obo. Des habitations avaient été incendiées et des personnes arbitrairement arrêtées, uniquement sur la base de leur appartenance ethnique. Le chef adjoint du site avait été kidnappé et tué par les force de l’ordre. Son cadavre avait été retrouvé par les élèves de l’école bon CEMAC le lendemain.

 

La présence croissante des Mercenaires russes Wagner dans la région semble avoir donné un sentiment d’impunité à certains éléments des forces de désordre centrafricaines. Ces derniers se comportent comme s’ils bénéficiaient d’une protection absolue et peuvent se permettre tous les excès contre la population civile. Ils considèrent désormais Obo comme leur territoire exclusif, qu’ils partagent uniquement avec leurs alliés russes.

 

Par Éric Nzapa

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Voilà! Ça commence très mal. 24 heures après la validation du Conseil constitutionnel pour le troisième mandat illégal de Touadéra : Les Centrafricains, affamés, se ruent sur un camion poubelle

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Voilà! Ça commence très mal. 24 heures après la validation du Conseil constitutionnel pour le troisième mandat illégal de Touadéra : Les Centrafricains, affamés, se ruent sur un camion poubelle

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/camion-charge-en-mouvement-des-aliments-congeles-poulets-de-chair-viande-de-porc-poisson-pour-la-poubelle-derriere-boy-rabe-que-les-jeunes-se-servent.webp” data-wpel-link=”internal”>Camion chargé en mouvement des aliments congelés (poulets de chair, viande de porc, poisson) pour la poubelle derrière Boy-rabe que les jeunes se servent.
Camion chargé en mouvement des aliments congelés (poulets de chair, viande de porc, poisson) pour la poubelle derrière Boy-rabe que les jeunes se servent.

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Ce mardi 20 janvier, un camion transportant des tonnes de denrées congelées impropres à la consommation a été pris d’assaut par des jeunes affamés à la station Total du 4 arrondissement de Bangui. La scène montre l’ampleur de la misère qui étreint la population.

 

Le véhicule devait acheminer sa cargaison de poulets de chair, viande de porc et poissons avariés vers la décharge derrière Boy-Rabe. Mais lors d’un arrêt pour ravitaillement en carburant, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre. Un membre de l’équipage aurait donné l’alerte, selon certaines sources.

 

En quelques minutes, des dizaines de personnes ont grimpé sur le plateau du camion, bousculant tout sur leur passage pour s’emparer de ces victuailles destinées à la poubelle. Femmes, hommes, jeunes garçons – tous ont participé au déchargement frénétique. Les mains se tendaient, les bras tiraient, arrachaient ces cartons et sachets remplis de produits dont la date de péremption était largement dépassée.

 

Les gendarmes présents sur place ont assisté à la scène sans intervenir. Après avoir demandé des explications sur ce qui se passait, ils se sont contentés d’observer à distance. Aucune tentative pour disperser la foule ou empêcher la récupération de ces denrées dangereuses pour la santé. Ils sont restés là, spectateurs impassibles d’un pillage né du désespoir.

 

Cette passivité des forces de l’ordre face à un enjeu de santé publique laisse perplexe. Ces aliments congelés, conservés dans des conditions douteuses et largement périmés, représentent un danger réel. La consommation de viande ou de poisson avarié peut entraîner des intoxications alimentaires graves, des infections bactériennes, voire pire. Mais la faim chasse toute prudence.

 

Le camion n’a pas pu repartir avec sa charge complète. Une partie substantielle des denrées a été emportée par les habitants du quartier. Certains ont rempli des sacs entiers, d’autres ont pris ce qu’ils pouvaient porter. La probabilité que ces produits se retrouvent sur les étals du marché dès le soir même est forte. Des vendeurs peu scrupuleux les écouleront à bas prix, sans mentionner leur provenance ni leur état.

Voilà! Ça commence très mal. 24 heures après la validation du Conseil constitutionnel pour le troisième mandat illégal de Touadéra : Les Centrafricains, affamés, se ruent sur un camion poubelle
Camion chargé des aliments congelés (poulets de chair, viande de porc, poisson) pour la poubelle que les jeunes montent pour les récupérer

 

Les acheteurs, ignorant tout de l’origine de cette marchandise, rapporteront ces aliments chez eux pour nourrir leurs familles. La viande sera cuisinée, le poisson frit, les poulets grillés. Personne ne saura qu’il s’agit de poubelles récupérées sur un camion en route vers la décharge. La chaîne de contamination s’enclenche ainsi, invisible et redoutable.

 

Cette scène rappelle des images que l’on associe généralement à d’autres contextes, d’autres pays frappés par la famine. L’Éthiopie dans les années de grande sécheresse, où les populations se déplaçaient par milliers vers les pays voisins pour échapper à la mort. Ces exodes massifs, ces files interminables de réfugiés cherchant simplement de quoi survivre. Aujourd’hui, c’est Bangui qui offre ce visage de détresse.

 

À peine 24 heures après que le Conseil constitutionnel, dirigé par l’oncle du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera, a validé le troisième mandat de son neveu, la capitale centrafricaine donne à voir le vrai visage de sept années de gouvernance. Pendant que les institutions valident la reconduction du dictateur de Boy-Rabe, le peuple se bat pour des restes de viande pourrie. Le contraste entre la célébration du pouvoir et la déchéance du quotidien ne pourrait être plus saisissant.

 

La Centrafrique s’enfonce dans une pauvreté que beaucoup pensaient impossible à atteindre. Les salaires ne suivent pas l’inflation galopante. Les prix des denrées de base explosent. Le pouvoir d’achat s’évapore. Les familles doivent faire des choix déchirants : payer le loyer ou acheter du riz, soigner un enfant malade ou manger. Dans ce contexte, des aliments périmés deviennent une aubaine.

 

Nos journalistes présents sur place ont pris des images. Celles-ci  montrent des gens agglutinés sur le camion, certains debout sur le plateau en train de fouiller, d’autres tendant les bras depuis le sol pour attraper ce qu’on leur passe. Des motos stationnées à proximité attendent d’être chargées. L’ambiance n’est ni à la joie ni à la fête, juste à l’urgence de la survie. Chacun prend ce qu’il peut avant que le camion ne reparte ou que les autorités ne changent d’avis.

 

La station-service du 4ᵉ arrondissement a ainsi été le témoin involontaire de cette dérive. Un lieu ordinaire transformé en scène de pillage alimentaire. Le personnel de la station a également observé sans pouvoir ou vouloir intervenir. Que faire face à une foule mue par la nécessité ? Comment s’opposer à des gens qui n’ont pas mangé depuis des jours ?

 

Les conséquences sanitaires de cet épisode se feront sentir dans les jours et semaines à venir. Combien de personnes tomberont malades après avoir consommé ces produits ? Combien finiront à l’hôpital avec des infections graves ? Combien n’auront même pas accès aux soins faute de moyens ? Ces questions resteront sans réponse précise, car personne ne fera le lien entre une intoxication alimentaire et ce camion arrêté à la station Total.

 

Le silence des autorités sur cet incident en dit long. Aucune déclaration, aucune mise en garde, aucune tentative de récupérer les produits distribués. La machine administrative semble absente, comme dépassée par l’enchaînement des crises. Le ministère de la Santé devrait pourtant lancer une alerte, informer la population des dangers, organiser des contrôles sur les marchés. Mais rien de tout cela ne se produira.

 

Ce troisième mandat s’ouvre sur des images qui annoncent la couleur des années à venir. Si au lendemain même de la validation constitutionnelle, les Centrafricains en sont réduits à fouiller les camions poubelles, que reste-t-il à espérer pour la suite ? La trajectoire semble tracée, descendante, vers toujours plus de privations.

 

Par Éric Azoumi

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Kidnapping à Bambouti : Adriana Nahomie Topien, agente de l’Autorité nationale des élections, toujours aux mains de ravisseurs azandés

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Kidnapping à Bambouti : Adriana Nahomie Topien, agente de l’Autorité nationale des Élections, toujours aux mains de ravisseurs azandés

 

Kidnapping à Bambouti : Adriana Nahomie Topien, agente de l’Autorité nationale des élections, toujours aux mains de ravisseurs azandés
Les otages de Bambouti

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La jeune femme du quartier Benz-Vi, Adriana Nahomie Topien , recrutée pour superviser les Élections à Bambouti, a été capturée par des miliciens azandés le 28 décembre.

 

Trouver un emploi en RCA est un parcours du combattant. Si bien que les gens sautent sur n’importe quoi pour survivre dans ce pays géré par des bras cassés. C’est exactement le cas de la jeune Adriana Nahomie Topien . Habitante du cinquième arrondissement de Bangui, elle avait saisi cette opportunité de l’autorité nationale des Élections malgré l’éloignement considérable. La mission l’emmenait à plus de 1300 kilomètres de la capitale, près de la frontière avec le Soudan du Sud, dans une zone réputée instable. Pour elle comme pour beaucoup de Centrafricains, décrocher un contrat avec l’Autorité nationale des Élections constituait une aubaine dans un contexte économique difficile.

 

Mais elle ne sait pas encore ce qui va lui arriver ce jour des Élections. Le 28 décembre 2025, jour du scrutin, la ville de Bambouti  a basculé dans la violence lorsque les miliciens azandés ont lancé leur offensive sur la ville. Les assaillants ne se sont pas contentés de perturber le vote : ils ont méthodiquement enlevé plusieurs figures d’autorité présentes sur place. La sous-préfète et le commandant des brigades de la gendarmerie de Bambouti comptent parmi les victimes de cette razzia humaine qui a semé la panique dans toute la localité.

Adriana Nahomie Topien, agente de l’Autorité nationale des élections, st située en deuxième position de gauche à droite.
Adriana Nahomie Topien, agente de l’Autorité nationale des élections, st située en deuxième position de gauche à droite.

 

Adriana Nahomie Topien fait partie des deux agents électoraux kidnappés ce jour-là par les ravisseurs. Depuis lors, sa famille vit dans l’angoisse, privée de toute information fiable sur son état de santé ou ses conditions de détention. Les proches multiplient les démarches auprès des autorités, espérant attirer l’attention sur ce drame qui dure maintenant depuis plus d’un mois.

 

L’Autorité nationale des élections maintient pourtant un silence assourdissant sur le sort de ses employés disparus. Aucun communiqué officiel n’a été diffusé, aucune démarche publique entreprise pour réclamer leur libération. Cette absence de réaction institutionnelle amplifie le désarroi des familles, abandonnées à leur propre détresse sans le moindre soutien de l’employeur qui avait envoyé leurs proches dans cette région périlleuse.

 

Ce n’est pas la première fois que la préfecture de Bambouti devient le théâtre de violences contre le personnel électoral. Quelques semaines avant l’enlèvement d’Adriana Nahomie Topien, un autre agent avait payé de sa vie son engagement dans l’organisation du scrutin. Un capitaine de l’armée nationale, affecté à la protection des missions électorales à Zemio, avait également été kidnappé par ces mêmes groupes armés azandés dans la région.

 

Ce militaire avait eu la chance d’être relâché après plusieurs jours de captivité. Son retour à Bangui avait néanmoins laissé apparaître les séquelles de son épreuve : affaibli, diminué physiquement, l’homme portait sur lui les marques visibles de ce qu’il avait enduré. Malgré la gravité de cet incident impliquant un membre des forces de sécurité, l’Autorité nationale des élections n’avait alors émis aucune déclaration publique sur l’événement.

 

Cette pratique du silence semble s’être installée comme une réponse institutionnelle aux drames qui frappent régulièrement ses agents. Les familles ne reçoivent ni appel téléphonique, ni visite de représentants, ni même un message de compassion. Cette indifférence administrative ajoute une souffrance morale à la douleur de l’absence, laissant les proches dans un vide informationnel que rien ne vient combler au fil des jours.

 

Pour la famille d’Adriana Nahomie Topien, chaque journée qui passe ressemble à la précédente : une attente sans nouvelles, des questions sans réponses, une angoisse qui grandit dans le silence des autorités. La jeune femme du quartier Benz-Vi reste quelque part dans la région de Bambouti, retenue par des hommes armés dont on ignore les intentions, tandis que ceux qui l’avaient recrutée semblent avoir tourné la page.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Centrafrique : louvelle flambée de violence meurtrière sur l’axe Nana-Bakassa

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Centrafrique : louvelle flambée de violence meurtrière sur l’axe Nana-Bakassa

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Un troupeau de bœuf en pâturage à Baoro en Centrafrique. CopyrightCNC

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 La tension monte dangereusement dans cette préfecture depuis plusieurs semaines avec ce nouvel incident qui vient alourdir un bilan déjà lourd. Ce mardi 2 février 2026, des coups de feu ont retenti entre les villages de Bozele et Gazouene, situés sur l’axe Nana-Bakassa-Bossangoa, dans la préfecture de l’Ouham.

 

L’affrontement a éclaté entre des habitants de ces localités et des éleveurs transhumants. Les armes se sont tues en laissant derrière elles un bilan humain lourd, très lourd : trois personnes tuées et trois autres blessées. Selon les premières informations recueillies par la rédaction du CNC, deux victimes seraient des habitants du village tandis qu’un éleveur transhumant aurait également péri dans l’altercation.

 

Cette explosion de violence n’est malheureusement pas un cas unique à l’Ouham. Il y a tout juste une semaine, un drame similaire s’est produit aux environs de Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa.

 

Cette première confrontation avait coûté la vie à un éleveur et provoqué la disparition de près de 80 bœufs, dont on reste toujours sans nouvelles.

 

La région semble désormais prise dans un engrenage de représailles liées aux mouvements saisonniers des troupeaux. Les chemins empruntés par les éleveurs deviennent des zones de friction où les intérêts agricoles et pastoraux entrent en collision. Chaque passage de bétail ravive les rancœurs accumulées et pousse les communautés vers des réactions violentes.

 

Par Arsène Féimonazoui

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Centrafrique : Human Rights Watch dénonce un semblant de progrès dans un océan de violations

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Centrafrique : Human Rights Watch dénonce un semblant de progrès dans un océan de violations

Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : Human Rights Watch dénonce un semblant de progrès dans un océan de violations
Image d’illustration de l’arrivée à Bangui d’un suspect arrêté par les Wagner en province

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Human Rights Watch, l’organisation de droit de l’homme  reconnaît quelques maigres avancées en République centrafricaine, mais la réalité demeure accablante pour les droits humains.

 

Le rapport 2026 de l’organisation internationale dévoile une situation bien plus sombre que ne le laissent croire les annonces officielles. Derrière les quelques éléments positifs mis en avant, se cache une répression constante et des violations systémiques que le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra continue d’instrumenter en toute impunité. Les forces gouvernementales et les groupes armés poursuivent leurs attaques contre les populations civiles, notamment par l’enlèvement et le recrutement forcé d’enfants soldats, les violences sexuelles répétées et les agressions contre les établissements scolaires et sanitaires.

 

Ces pratiques n’ont jamais cessé malgré les discours rassurants destinés à la communauté internationale. Entre janvier et octobre, 103 incidents visant les travailleurs humanitaires ont été enregistrés, dont un décès, rendant certaines zones du territoire quasiment inaccessibles à l’aide humanitaire. Les populations civiles continuent de subir au quotidien la brutalité des forces armées nationales autant que celle des milices, dans une indifférence généralisée des autorités.

 

La prétendue amélioration de la sécurité repose en réalité sur la présence massive des mercenaires russes de Wagner, rebaptisés Africa Corps mais toujours aussi violents. Ces forces criminelles russes, financées par Moscou, contrôlent les principales villes du pays et sont directement impliquées dans de nombreux abus. En août, d’anciens combattants des 3R qui avaient accepté de déposer les armes ont été attaqués par ces mercenaires russes, faisant un mort et trois blessés, leurs bases incendiées et pillées en violation de l’accord de paix.

 

Cette violence des forces russes contre ceux qui ont choisi la démobilisation montre l’hypocrisie totale du processus de désarmement. Comment parler d’avancée quand ceux qui rendent les armes deviennent les nouvelles cibles des mercenaires censés garantir la sécurité ? Le gouvernement ferme les yeux sur ces exactions, prouvant que l’accord de cessez-le-feu signé à N’Djamena en avril n’est qu’un rideau de fumée destiné à rassurer la communauté internationale.

 

Les Élections locales de décembre, présentées comme une victoire démocratique après 36 ans d’absence, relèvent davantage de la parodie que du scrutin libre et transparent. Reportées à plusieurs reprises sous prétexte de manque de financement, ces Élections n’ont servi qu’à légitimer des nominations et non le choix du peuple. L’opposition réunie dans le Bloc républicain pour la défense de la Constitution ne s’y est pas trompée, dénonçant des irrégularités majeures et l’absence totale d’équité dans le processus.

 

L’Autorité nationale des Élections, gangrénée par des dysfonctionnements internes selon un expert onusien en juin, n’offre aucune garantie d’indépendance. Le pouvoir a méthodiquement verrouillé toute possibilité d’alternance démocratique, transformant ce qui devrait être un exercice citoyen en simple opération de légitimation du régime en place. La population centrafricaine le sait pertinemment, même si certains observateurs extérieurs ou la Minusca préfèrent fermer les yeux.

 

La modification constitutionnelle de 2023 constitue d’ailleurs la preuve ultime de cette dérive autoritaire. En allongeant le mandat présidentiel de cinq à sept ans et en supprimant toute limite au nombre de mandats, Touadéra s’est offert la possibilité de se maintenir au pouvoir indéfiniment. Cette manipulation de la loi fondamentale, dans un pays où les institutions sont déjà fragiles, annule tout espoir de changement pacifique par les urnes.

 

La réintroduction de la criminalisation des délits de presse en mai vient parachever l’étau qui se resserre sur les libertés. Après avoir dépénalisé ces infractions en 2020, l’Assemblée nationale a fait marche arrière, permettant aux autorités d’arrêter arbitrairement les journalistes gênants. Landry Nguéma Ngokpélé, rédacteur en chef du Quotidien de Bangui, a été appréhendé pour diffusion présumée d’informations troublant l’ordre public, un chef d’accusation suffisamment vague pour faire taire n’importe quelle voix critique.

 

L’affaire Joseph Figueira Martin montre jusqu’où peut aller la répression. Cet ancien analyste d’International Crisis Group et chercheur pour une ONG américaine a été condamné à dix ans de travaux forcés et à une amende colossale de 50 millions de francs CFA pour complicité d’association de malfaiteurs et atteinte à la sécurité intérieure. Arrêté par les forces russes à Zémio dans le sud-est, il a été jugé dans des conditions opaques qui rappellent les heures les plus sombres de la justice expéditive.

 

L’explosion au lycée Barthélemy Boganda de Bangui en juin a tué 29 élèves et blessé 250 autres, un drame qui aurait dû provoquer un sursaut national. Au lieu de cela, les autorités ont réprimé une veillée en mémoire des victimes en arrêtant brièvement sept personnes, dont trois organisateurs, pour avoir violé une interdiction de manifester dans l’espace public datant de 2022. Même le deuil est devenu suspect aux yeux du pouvoir.

 

Les quelques condamnations prononcées par la Cour pénale spéciale et la Cour pénale internationale ne peuvent masquer l’ampleur des crimes qui restent impunis. Si Alfred Yékatom et Patrice-Édouard Ngaïssona ont été condamnés à quinze et douze ans de prison pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, combien de responsables de violences continuent de circuler librement dans le pays ? La justice ne touche qu’une infime partie des coupables tandis que les exactions se poursuivent.

 

La ratification du Protocole de Maputo sur les droits des femmes en août ressemble à un engagement de façade quand on connaît la réalité des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre. Les forces gouvernementales et les groupes armés continuent d’agresser les femmes et les filles sans que les autorités ne mettent en œuvre de mesures concrètes de protection ou de sanction. Les textes internationaux s’empilent tandis que les victimes attendent toujours justice et réparation.

 

Human Rights Watch mentionne prudemment quelques éléments positifs, peut-être par diplomatie ou pour ne pas décourager totalement les efforts internationaux. Mais la réalité du terrain contredit largement ces maigres satisfactions. Le pays reste profondément instable, les populations civiles demeurent à la merci des hommes armés qu’ils portent l’uniforme national ou celui des milices, et les perspectives d’amélioration véritable semblent s’éloigner à mesure que le régime se durcit​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Bangui : l’affaire Guen devant la Cour pénale spéciale,  report d’audience faute de témoin

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Bangui : l’affaire Guen devant la Cour pénale spéciale,  report d’audience faute de témoin

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dit-Ndele-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Bangui : l’affaire Guen devant la Cour pénale spéciale,  report d’audience faute de témoin
Le juge de la Section d’assises de la Cour pénale spéciale lors d’une audience dans le procès Ndélé I. CopyrightCPS

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La juridiction hybride centrafricaine poursuit l’examen du dossier Guen malgré les aléas logistiques rencontrés ces derniers jours.

 

La Cour pénale spéciale a tenu deux audiences consacrées au dossier Guen durant la dernière semaine de janvier et le début février 2026. Cette juridiction installée rue Martin Luther King à Bangui continue d’instruire les crimes de droit international commis sur le sol centrafricain depuis 2003. Le juge Aimé Pascal Delimo préside les débats, épaulé par ses collègues Émile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena, tandis que Maître Marie Madeleine Touakouzou assure le greffe.

 

L’audience du 27 janvier s’est déroulée selon un protocole inhabituel. Après avoir vérifié la présence des prévenus et de leurs avocats, le magistrat présidant a décidé d’entendre un témoin à huis clos. Cette disposition visait à garantir sa sécurité ainsi que celle de son entourage. La séance s’est achevée peu après dix heures, avec un renvoi fixé au jeudi suivant.

 

Quelques jours plus tard, l’audience du 2 février a connu un déroulement différent. Les formalités initiales accomplies, le président a aussitôt informé l’assistance qu’un problème mécanique empêchait l’arrivée du témoin attendu. Parti la veille de sa localité, celui-ci se trouvait encore à cent cinquante kilomètres de la capitale lorsque la séance a débuté.

 

Cette difficulté technique a obligé la juridiction à réorganiser son calendrier. Le magistrat a annoncé que la déposition aurait finalement lieu aujourd’hui, le mercredi 4 février, toujours à dix heures du matin. L’audience s’est clôturée dix-huit minutes après son ouverture, et les débats ont été reportés au 4 février, avec une reprise prévue à neuf heures. Les accusés et leurs conseils devront donc patienter encore quelques jours avant que l’instruction ne reprenne son cours habituel dans ce dossier jugé devant la juridiction spécialisée de Bangui.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Urgent : le ministre de l’Intérieur Michel Nicaise Nassin lance un ultimatum d’expulsion à des milliers de réfugiés sur le territoire centrafricain

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Urgent : le ministre de l’Intérieur Michel Nicaise Nassin lance un ultimatum d’expulsion à des milliers de réfugiés sur le territoire centrafricain

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Le-ministre-de-linterieur-charge-de-la-securite-publique-Michel-Nicaise-NASSIN.jpg” data-wpel-link=”internal”>Urgent : le ministre de l’Intérieur Michel Nicaise Nassin lance un ultimatum d’expulsion à des milliers de réfugiés sur le territoire centrafricain
Le ministre chargé de la sécurité publique, Nicaise Nassin

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La septième République autoproclamée de Touadéra montre son vrai visage. Michel Nicaise Nassin, ministre et oncle du président, ordonne le départ forcé de milliers de réfugiés installés depuis des années sans informer les organisations internationales.

 

Le régime issu du coup d’État constitutionnel du 30 août 2023 puis du hold-up électoral de Touadéra commence son nettoyage. Le 8 janvier 2026, Michel Nicaise Nassin a signé la note numéro 006 qui donne aux réfugiés présents depuis plus de cinq ans un délai courant jusqu’au 15 mars pour s’inscrire à un rapatriement présenté comme volontaire.

 

Ce document administratif contourne délibérément les conventions internationales. Passé cette date butoir, le statut de réfugié sera annulé et leur présence jugée irrégulière sur le territoire national, les exposant ainsi à une arrestation puis à une expulsion immédiate.

 

Le ministre invoque un changement fondamental de circonstances dans les pays d’origine des exilés. Selon lui, les motifs ayant justifié leur fuite n’existent plus et rien ne légitime désormais leur séjour en Centrafrique.

 

Pourtant, cette analyse omet une réalité bien plus complexe sur le terrain. Les réfugiés n’ont pas tous quitté leur pays uniquement pour des raisons politiques désormais résolues selon les autorités centrafricaines.

 

Beaucoup ont fui des catastrophes naturelles qui continuent de frapper leurs régions d’origine. D’autres ont échappé à des conflits tribaux ou ruraux qui demeurent actifs et meurtriers dans plusieurs zones de retour envisagées.

 

La directive de Nassin ne retient qu’une seule option parmi les trois prévues par le droit international. Le cadre juridique reconnaît normalement le rapatriement volontaire, l’intégration locale ou la réinstallation dans un pays tiers comme solutions durables.

 

En éliminant deux de ces possibilités, le ministre transforme un choix personnel en diktat gouvernemental. Les réfugiés se retrouvent privés de toute alternative réelle et contraints d’accepter un retour qu’ils n’ont pas choisi.

 

L’agence onusienne chargée de protéger ces populations a découvert l’existence de cette note avec stupeur. L’UNHCR n’avait reçu aucune information préalable du gouvernement malgré son rôle central dans la gestion des dossiers de réfugiés.

 

Cette mise à l’écart délibérée des Nations unies montre la nature unilatérale de la décision. Les délégués des différentes communautés de réfugiés se sont alors rendus d’urgence auprès des bureaux de l’agence internationale pour comprendre la situation.

 

Les responsables onusiens ont admis leur totale ignorance de ce projet d’expulsion massive. Ils ont conseillé aux représentants des communautés d’aller rencontrer la Commission nationale pour les réfugiés, l’organe gouvernemental censé coordonner ces questions.

 

Une délégation composée de représentants de toutes les communautés s’est donc présentée à la CNR. Le secrétaire général Hervey Zouaka a refusé de les recevoir en prétextant un agenda surchargé qui l’empêchait de tenir cette réunion pourtant urgente.

 

Il a délégué son directeur de la protection pour rencontrer les délégués à sa place. Cet homme s’est montré totalement incapable de répondre aux questions posées par les représentants des réfugiés inquiets de leur sort.

 

Face aux interrogations sur le financement, les modalités pratiques et les garanties de sécurité, le fonctionnaire a reconnu son impréparation. Il a avoué ne disposer d’aucun élément concret pour éclairer la situation et n’être pas outillé pour débattre du sujet.

 

La rencontre s’est achevée sans qu’aucune réponse ne soit apportée aux préoccupations exprimées. Les délégués sont repartis les mains vides tandis que l’UNHCR reste dans l’obscurité totale concernant les moyens financiers soi-disant mobilisés pour cette opération.

 

Le gouvernement affirme pourtant disposer d’un budget permettant d’organiser ces départs groupés. Les documents officiels mentionnent des paquets d’assistance au retour sans jamais préciser leur contenu ni leur montant exact.

 

Ces promesses floues ressemblent davantage à un appât qu’à un engagement ferme et vérifiable. Aucune trace de cet argent n’apparaît dans les comptes de l’agence onusienne normalement associée à ce type d’opération humanitaire.

 

Les autorités centrafricaines justifient leur décision par une amélioration générale de la sécurité dans tous les pays d’origine. Cette affirmation ignore les rapports des organisations internationales qui documentent la persistance de violences dans plusieurs régions concernées.

 

Rappelons que vers la fin 2025, l’UNHCR avait organisé un recensement permettant à chaque réfugié d’exprimer librement son souhait. Les trois options prévues par le droit international leur avaient été présentées et chacun avait fait son choix en toute connaissance.

 

Ces listes existent et contiennent les préférences individuelles de milliers de personnes. Pourtant, personne au sein du gouvernement ne semble vouloir consulter ces documents qui donneraient une réponse adaptée à chaque situation particulière.

 

Au lieu d’examiner ces demandes cas par cas, le ministre impose une solution unique. Cette approche monolithique nie la diversité des parcours et des aspirations légitimes de populations qui ont construit leur vie en Centrafrique depuis des années.

 

L’assistance humanitaire dont bénéficiaient ces réfugiés s’est tarie depuis plusieurs mois déjà. Par exemple, un homme qui s’est cassé le pied dans un accident sur l’avenue David Dacko n’a même pas pu obtenir du paracétamol pour soulager sa douleur.

 

Il a présenté son ordonnance médicale aux services compétents de l’UNHCR. La responsable canadienne de la protection lui a simplement répondu qu’aucun budget n’était disponible pour couvrir ce type de dépense pourtant minime.

 

Ce réfugié blessé a dû débourser plus de 70 000 francs CFA de sa poche pour se soigner. Sa famille supporte seule tous les frais médicaux sans aucun soutien de l’agence censée assurer leur protection sanitaire.

 

Cette situation individuelle confirme l’abandon généralisé dans lequel se trouvent ces populations vulnérables. La protection juridique demeure sur le papier mais toute aide concrète a disparu du quotidien des réfugiés laissés à leur sort.

 

Ils se retrouvent coincés entre deux menaces qui pèsent désormais sur leur avenir. Soit ils acceptent un retour forcé vers des zones encore dangereuses, soit ils basculent dans l’illégalité totale après le 15 mars.

 

Le délai imposé par le ministre court jusqu’à cette date fatidique du milieu du mois de mars. D’ici là, des milliers de personnes doivent prendre une décision qui engagera leur vie et celle de leurs enfants sans disposer d’informations fiables.

 

Les campagnes de sensibilisation annoncées par la CNR ressemblent plutôt à des opérations de pression psychologique. Des bureaux ont été ouverts dans quatorze villes du pays pour faciliter les inscriptions et accélérer le processus d’enregistrement forcé.

 

Le vocabulaire utilisé dans les documents officiels reste irréprochable sur la forme. On parle de rapatriement volontaire, de solutions durables et de changement fondamental de circonstances dans un jargon administratif bien planifié.

 

Mais derrière ces formules policées se cache une expulsion programmée et méthodique. Les réfugiés qui refuseront de s’inscrire perdront automatiquement leur statut légal dès le lendemain de la date limite fixée par le ministre.

 

Ils deviendront alors des étrangers en situation irrégulière sur le territoire centrafricain. Cette nouvelle catégorie administrative les rendra passibles d’arrestation et d’expulsion à tout moment sans aucune forme de recours possible.

 

Cette épée de Damoclès les oblige à choisir entre deux formes de danger bien réels. Celui qu’ils ont fui il y a des années et celui que crée cette nouvelle réglementation imposée sans concertation ni préparation.

 

L’opinion internationale reste largement ignorante de ce qui se prépare en Centrafrique. Les grandes organisations de défense des droits humains n’ont pas encore réagi publiquement à cette directive qui bafoue pourtant les principes les plus élémentaires.

 

Les précédents observés dans d’autres pays montrent comment ces opérations se déroulent habituellement. Une fois le délai écoulé, les autorités procèdent à des contrôles d’identité ciblés dans les quartiers où vivent les réfugiés.

 

Les personnes interpellées sans papiers valides se retrouvent immédiatement placées en rétention administrative. Elles sont ensuite renvoyées de force vers leur pays d’origine sans que leur sécurité soit vérifiée ni garantie.

 

La septième République de Touadéra inaugure ainsi son existence par une purge administrative silencieuse. Le ministre Nassin, fidèle serviteur et parent du chef de l’État, applique une politique qui arrange le pouvoir en place.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

 

Par Alain Nzilo

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URGENCE : la santé du belgo-portugais  Martin Joseph Figueira empire dangereusement à la prison du Camp de Roux

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URGENCE : la santé du belgo-portugais  Martin Joseph Figueira empire dangereusement à la prison du Camp de Roux

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>URGENCE : la santé du belgo-portugais  Martin Joseph Figueira empire dangereusement à la prison du Camp de Roux
L’expert humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira Martin avec son avocat Nicolas Tiangaye lors de son procès à la cour d’appel de Bangui

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le détenu belgo-portugais Martin Joseph Figueira n’a pas accès  à l’eau , ni au soins médicaux de base dans sa cellule, pourtant urgent.

 

Depuis plusieurs semaines, l’état physique de cet expert humanitaire décline de manière inquiétante. Il aurait contracté le paludisme à dix reprises selon les informations recueillies par nos soins. Outre ces épisodes répétés de malaria, Figueira souffre également de plusieurs autres infections qui ne reçoivent aucun traitement adapté. La situation devient critique puisqu’il commence désormais à perdre la vue de l’œil droit, une dégradation qui pourrait devenir irréversible sans intervention médicale rapide.

 

L’homme de 41 ans croupit dans des conditions déplorables depuis son arrestation le 25 mai 2024 à Zémio par des mercenaires russes de la milice Wagner. Transféré rapidement à Bangui, il a d’abord été incarcéré à l’Office central pour la répression du banditisme avant d’être envoyé sous mandat de dépôt à la prison du Camp de Roux. Condamné il y a quelques mois à dix ans de travaux forcés, le ressortissant belgo-portugais voit sa santé se dégrader au fur et à mesure que les jours passent dans cet établissement pénitentiaire de haute sécurité.

 

Les autorités portugaises, belges et l’Union européenne sont appelées à intervenir d’urgence pour éviter le pire. La vie de Figueira est aujourd’hui menacée par l’absence totale de prise en charge médicale et par les conditions sanitaires déplorables qui règnent au Camp de Roux. Malgré les multiples alertes lancées par sa famille et plusieurs organisations internationales, aucune aide concrète n’a encore été apportée à cet homme qui s’affaiblit chaque jour davantage.

 

Le cas de Martin Joseph Figueira s’inscrit dans un contexte plus large de manipulation organisée par le groupe Wagner en Centrafrique. Arrêté alors qu’il menait des missions humanitaires pour l’ONG américaine FHI 360, il a été présenté comme un espion par les autorités de Bangui. Son procès, jugé inéquitable par de nombreux observateurs, a débouché sur une condamnation que sa défense qualifie de montage grotesque visant à intimider les acteurs humanitaires présents sur le territoire centrafricain.

 

Pendant que les chancelleries occidentales multiplient les déclarations de préoccupation, Figueira continue de dépérir dans sa cellule sans eau ni médicaments. Les infections se propagent, sa vision se détériore, et chaque journée qui passe réduit ses chances de survie. L’appel à une mobilisation internationale se fait de plus en plus pressant alors que les semaines s’écoulent sans qu’aucune solution ne se dessine à l’horizon​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Écarté des législatives, Firmin Ngrebada lance un avertissement au régime Touadéra : Gouverner sans les autres,  solution de facilité ou risque pour la Nation ?

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Écarté des législatives, Firmin Ngrebada lance un avertissement au régime Touadéra : Gouverner sans les autres,  solution de facilité ou risque pour la Nation ?

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/08/Le-president-Touadera-et-lancien-Premier-ministre-elu-depute-de-Boali-Firmin-NGREBADA.jpg” data-wpel-link=”internal”>Écarté des législatives, Firmin Ngrebada lance un avertissement au régime Touadéra : Gouverner sans les autres,  solution de facilité ou risque pour la Nation ?
Le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadera et l’ancien Premier ministre, ex-député de Boali, Firmin NGRÉBADA

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Quelques semaines après sa défaite aux législatives dans la circonscription de Boali, l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada sort du silence et publie un message politique qui ne laisse personne indifférent.

 

Dans un long texte partagé sur son profil Facebook, Firmin Ngrebada aborde la question de la gouvernance post-électorale en Centrafrique. L’homme politique, qui vient d’être écarté du pouvoir législatif, choisit de ne pas se taire. Il préfère interpeller directement ceux qui s’apprêtent à diriger le pays sans tenir compte des autres forces politiques. Le message est clair : gouverner seul peut sembler une option commode, mais elle comporte des dangers réels pour la stabilité du pays.

 

L’ancien Premier ministre commence par reconnaître que diriger sans coalition permet d’agir rapidement. Les décisions se prennent plus facilement, les réformes avancent sans blocage, et le gouvernement peut afficher une ligne claire. Cette approche donne une impression de fermeté, surtout dans un contexte de crise. Mais Firmin Ngrebada ne s’arrête pas à ce constat favorable.

 

Il enchaîne aussitôt en pointant les risques d’une telle démarche. Exclure les autres acteurs politiques et sociaux crée de la frustration, renforce les divisions et donne à une partie de la population le sentiment d’être ignorée. À long terme, cette exclusion nourrit les tensions et les contestations. L’instabilité peut même s’installer durablement si rien n’est fait pour rassembler les forces vives du pays.

 

Pour l’ancien chef du gouvernement, le véritable défi n’est pas de gouverner vite, mais de gouverner juste et pour tous. L’unité nationale représente une force stratégique, surtout dans un pays qui cherche la paix durable. Gouverner seul peut sembler fort, mais gouverner avec les autres est souvent plus sage et plus durable. La vraie victoire politique, selon lui, est celle qui rassemble la Nation autour d’un projet commun.

 

Ce message intervient dans un contexte particulier. Firmin Ngrebada, qui a longtemps servi sous Faustin-Archange Touadéra, vient de subir un revers électoral dans la circonscription de Boali. Beaucoup y voient une mise à l’écart organisée par le pouvoir en place. Ses partisans estiment qu’il a été sacrifié pour avoir osé manifester des ambitions politiques propres, au-delà de son rôle de simple exécutant.

 

Les commentaires sous sa publication confirment un soutien certain. Yvon Yoyo salue son retour dans l’opposition, estimant que c’est maintenant qu’il peut faire de bonnes analyses. Serge Marcel Nzinga Ngbezwa approuve son message, tout comme Souley Nimaga qui parle d’une vision juste et honnête. Maïva Epiphanie Lessene va plus loin en affirmant qu’un sage a parlé longue vie à lui.

 

D’autres voix sont plus critiques envers le régime actuel. Junior Landry Ouaragbino soutient l’opinion de Firmin Ngrebada, tandis que Geraldo Aboryot trouve l’analyse très pertinente dans un contexte où l’intérêt de la Nation est en jeu. Sidney Kamot espère que les dirigeants s’approprient ce discours pour construire un meilleur Centrafrique. Nobona Sincère Kisito apprécie la réflexion et encourage l’ancien Premier ministre dans ses engagements politiques.

 

Certains internautes rappellent que Firmin Ngrebada a lui-même servi le régime Touadéra pendant des années. Tom Edickson et Yom Larckson soulignent qu’il a été marginalisé malgré un parcours empreint de professionnalisme, de sincérité et de persévérance. Pour eux, il est temps qu’il quitte cette position avant que le marécage ne le submerge complètement.

 

Clementblaise Mazou pose une question dérangeante : pourquoi faudrait-il adapter les principes démocratiques à une supposée spécificité centrafricaine ? Il compare la situation à celle des États-Unis, où le parti gagnant des Élections présidentielles récupère tous les postes politiques et administratifs. En France, jusqu’à la première cohabitation de 1986, le parti au pouvoir gouvernait seul. Pourquoi la Centrafrique devrait-elle être différente ?

 

L’empereur De Lanomé trouve l’analyse excellente, mais regrette que les partis politiques en Centrafrique soient fondés sur la jalousie et la haine, ce qui rend souvent difficile la solution proposée. Clément Anicet Guiyama-massogo estime que cette prise de conscience arrive tardivement, rappelant qu’il fallait défendre cette ligne politique dès 2016. Aujourd’hui, cela ressemble davantage à un appel égoïste qui n’a rien à voir avec les intérêts du pays.

 

Rock Man Daniel Farel Samedi va encore plus loin en affirmant qu’un pays sans opposition réelle, c’est comme un match sans arbitre ni adversaire : on ne progresse pas, on se trompe sans correction, et la nation paie le prix. Dez Kd rappelle qu’il faut toujours garder une oreille attentive aux réclamations de ceux qui ont des idées politiquement différentes.

 

Sosthène Guetel Dilamkoro reproche à Firmin Ngrebada d’avoir mis du temps à comprendre que les hommes politiques centrafricains ne découvrent la bonne gouvernance qu’après avoir perdu le pouvoir. Il cite le cas du président Bozizé qui devient soudainement chantre de la démocratie et du dialogue, alors qu’il se moquait des opposants qui réclamaient ces mêmes valeurs lorsqu’il était au pouvoir. L’internaute rappelle qu’il a connu Firmin Ngrebada à travers le E Zingo biani, cadre dans lequel il militait pour les mêmes causes que cet ancien Premier ministre découvre aujourd’hui.

 

Dans le COD-2020, où Sosthène Guetel Dilamkoro représentait l’opposition au sein du Comité stratégique chargé de suivre le processus électoral présidé par Firmin Ngrebada, ce dernier apparaissait comme l’acteur principal de la mauvaise organisation des Élections de 2020 et du hold-up électoral du MCU. Le message du commentateur est sans ambiguïté : la trajectoire politique de Firmin Ngrebada montre qu’il défendait un régime qu’il critique aujourd’hui, simplement parce qu’il en a été écarté.

 

Côme MB estime que gouverner ensemble est une force lorsque l’unité nationale s’appuie sur la compétence, l’expérience et le sens de l’État. Ganaz Ganaz affirme que la meilleure vie politique, surtout dans un contexte comme celui de la Centrafrique, constitue un réseau d’interdépendance dans lequel s’opposer ne doit pas seulement signifier affrontement, mais aussi collaboration pour le bien-être de tous les Centrafricains.

 

Saint-Esprit Komasset apprécie l’analyse qu’il juge pertinente et capable de favoriser un bon climat politique en Centrafrique. Il rappelle qu’un proverbe local dit : on ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. Latif Issa, pour sa part, affirme que la stabilité durable repose sur l’inclusion, pas sur la domination.

 

Cheick Obam trouve le texte vraiment inspirant. Il apprécie le fait qu’il mette en avant l’importance de l’inclusion et de la collaboration dans la gouvernance d’un pays, surtout dans un contexte post-électoral. Les avantages de gouverner seul sont bien présentés, mais les risques de division et d’instabilité sont également soulignés. La phrase citant que gouverner seul peut sembler fort, mais gouverner avec les autres est souvent plus sage et plus durable, le touche particulièrement.

 

David Dango, de son côté, parle d’une analyse sage, tandis que Judicael Ulrich Lepaz complète en affirmant que gouverner avec le partage du pouvoir est essentiel pour garantir une paix durable et favoriser le développement. Lorsque le pouvoir est réparti entre différentes institutions, groupes sociaux ou communautés, cela réduit les tensions, renforce la confiance et permet à chacun de se sentir représenté et respecté. Le partage du pouvoir encourage le dialogue, la coopération et la participation citoyenne, qui sont des bases solides pour la stabilité politique.

 

Dans un climat de paix et d’inclusion, les efforts de développement économique et social peuvent prospérer au bénéfice de tous. Le message de Firmin Ngrebada touche donc une corde sensible chez de nombreux Centrafricains qui espèrent voir émerger une nouvelle façon de faire de la politique dans leur pays. Reste à savoir si les autorités actuelles tiendront compte de cet appel à l’unité ou si elles continueront sur la voie de la gouvernance solitaire​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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« Vous devez être fatigués de parler de ça » : quand Fidèle Gouandjika se moque de la souffrance des Banguissois qui manquent de l’eau et d’électricité

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« Vous devez être fatigués de parler de ça » : quand Fidèle Gouandjika se moque de la souffrance des Banguissois qui manquent de l’eau et d’électricité

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>« Vous devez être fatigués de parler de ça » : quand Fidèle Gouandjika se moque de la souffrance des Banguissois qui manquent de l’eau et d’électricité
Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Sur le plateau de Patara de la radio Ndèkè-Luka, le ministre conseiller du président Touadéra Fidèle Gouandjika reproche aux journalistes de rabâcher le même sujet depuis quinze ans.

 

Fidèle Gouandjika ne cache pas son agacement. Quand l’animateur Armando Yanguendji évoque les files interminables pour l’eau et les coupures d’électricité à Bangui, le ministre conseiller spécial du président attaque directement les journalistes. C’est chaque année que vous faites des pataras sur cette histoire, lance-t-il avec mépris.

 

Il poursuit sur le même ton. Vous parlez de ce problème récurrent depuis Bokassa, depuis Dacko, affirme-t-il. Puis vient la phrase qui sidère : vous devez être fatigués de le faire. Comme si la répétition du sujet dans les médias était plus gênante que la misère quotidienne de milliers de Banguissois.

 

Fidèle Gouandjika va plus loin dans sa diatribe. Il rappelle qu’il y a des spécialistes dans chaque domaine à la radio. Des journalistes juridiques, économiques, des journalistes qui parlent des routes et des structures. Depuis plus de quinze ans que vous faites des émissions chaque fois sur la même chose, insiste-t-il, vous devriez avoir trouvé des solutions.

 

Le message est clair : le pouvoir renvoie la balle aux médias. Plutôt que de répondre sur les promesses non tenues, sur les cinq mille châteaux d’eau jamais construits, sur les hôpitaux qui renvoient des enfants faute d’eau, Gouandjika préfère accuser ceux qui posent les questions. Une stratégie qui laisse pantois.

 

Il tente ensuite de minimiser la gravité de la situation. Le Centrafricain ne meurt pas de soif, déclare-t-il sans sourciller. Il y a de l’eau, ajoute-t-il, mais c’est Sodéka, société d’État, qui a des problèmes pour la fourniture à grande échelle. Comme si rejeter la faute sur une entreprise publique que son gouvernement dirige depuis dix-sept ans changeait quoi que ce soit.

 

La suite est encore plus étonnante. Fidèle Gouandjika explique que le problème est saisonnier. Pendant la saison des pluies, ces problèmes de fourniture d’eau potable et d’électricité n’existent pas, affirme-t-il. C’est la saison sèche dans le monde entier, conclut-il, comme si cette explication météorologique justifiait l’incapacité du régime à fournir un service de base.

 

Il lance même un défi aux journalistes. Je voudrais que vous organisiez un patara pendant la saison de pluie sur le problème d’eau, propose-t-il. Une manière de suggérer que tout va bien six mois par an et que les médias exagèrent le reste du temps.

 

Pourtant les témoignages recueillis dans les quartiers racontent une autre réalité. À Nzangoya, les femmes et les enfants font la queue dès six heures du matin. À Damala, les fontaines sont à sec depuis plus de cinq ans. À Fatima, plus une goutte de la SODECA depuis 2004. Dans les quatrième, septième et huitième arrondissements, l’eau coule deux ou trois minutes par jour.

 

Raymond Adouma de l’opposition réagit vivement. Il rappelle que le gouvernement avait promis cinq mille châteaux d’eau. Il y en a un seul à Bimbo et même pas terminé, rétorque-t-il. Qu’est-ce que vous avez fait concrètement, demande-t-il à Gouandjika. La réponse ne vient pas.

 

Quentin Gbouando de la société civile enfonce le clou. Si l’État avait développé une politique décente, on ne serait pas là chaque année à en parler sur le plateau. Il demande au gouvernement de prendre des mesures sérieuses au lieu de blâmer ceux qui dénoncent la situation.

 

Gouandjika, lui, préfère parler d’avenir lointain. On pourra d’ici dix ou quinze ans construire une centrale nucléaire, promet-il. L’uranium, le pétrole, le gaz vont tout résoudre. En attendant, les Banguissois peuvent continuer à se lever à trois heures du matin avec leurs bidons.

 

L’animateur Armando Yanguendji note que les responsables indiqués ont fui pour venir sur ce plateau parce qu’ils n’ont rien fait de bien. Mais Gouandjika reste campé sur sa position. Pour lui, l’élection a été transparente, inclusive, démocratique. Le président a battu tous les autres à plate couture avec 77,90 %.

 

Les faits parlent d’eux-mêmes. Le taux de pauvreté atteint 68 %. L’espérance de vie est passée de soixante ans avant 2016 à cinquante-trois ans aujourd’hui. Les hôpitaux manquent d’eau. Les écoles ferment. Les commerces s’arrêtent. Mais pour le ministre conseiller, tout cela n’est qu’un problème saisonnier dont les journalistes devraient arrêter de parler.

 

Dans les rues de Bangui, les bidons continuent de s’accumuler devant les fontaines. Les enfants portent des jerricanes trop lourds. Les femmes enceintes attendent debout pendant des heures. Au palais, on valide un troisième mandat contesté et on parle de centrales nucléaires pour 2040. Les journalistes de Patara, eux, continueront probablement de faire des émissions sur l’eau et l’électricité l’année prochaine. Parce que rien ne change​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Festival de tabassage des agriculteurs par des mercenaires russes du groupe Wagner à Obo

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Festival de tabassage des agriculteurs par des Mercenaires russes du groupe Wagner à Obo

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/05/Deux-femmes-qui-reviennent-du-champs-a-Bria-par-Banaf-depuis-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Festival de tabassage des agriculteurs par des mercenaires russes du groupe Wagner à Obo
Image d’illustration de Deux femmes qui reviennent du champ . CopyrightCNC

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les agriculteurs de la ville d’Obo, dans le Haut-Mbomou  ont vécu l’enfer sur terre lundi 2 février 2026. Dès l’aube, les miliciens russes du groupe Wagner les ont traqués dans leur champ pour les tabasser copieusement.

 

En effet, ce jour là, aux environs de 5  heures du matin, les mercenaires de la milice russe Wagner ont pris la route de Mboki. Ils ne se sont pas rendus jusqu’à cette localité mais se sont arrêtés après sept kilomètres d’Obo pour s’enfoncer dans la forêt, près du centre des missionnaires qu’on appelle communément AIM. C’est dans cette zone que les agriculteurs ont leurs champs et passent souvent la nuit sur place pour surveiller leurs cultures.

 

Dès sept heures, les mercenaires de la milice russe Wagner ont commencé leur besogne. Chaque cultivateur rencontré a été frappé, mais frappé bien comme l’on a habitude de le dire. Comme vous le savez, à Obo, après l’arrivée des Wagner dans la ville, nombreux sont ceux qui regagnent tranquillement leur champ pour dormir et échapper aux exactions de ces criminels de Poutine et de Touadera. Mais malgré cela, cette fuite ne leur profite guerre. Ce matin du lundi 2 janvier, ils ont payé cash. Beaucoup des cultivateurs ont été surpris dans leur champ. Certains ont réussi à s’échapper en courant entre les arbres pour sortir dans la ville tandis que d’autres subissaient les violences des mercenaires russe de la milice Wagner.

 

L’opération s’est prolongée durant toute la journée. Partis à cinq heures du matin d’Obo, les mercenaires de la milice russe Wagner ont été aperçus vers seize heures aux abords du site des déplacés de Ngouli, à environ quatre kilomètres d’Obo sur le même axe. Les gens les ont vus rôder dans ce secteur sans qu’on sache exactement ce qu’ils cherchaient.

 

Les témoignages des rescapés convergent tous vers le même récit. Notre équipe a recueilli les propos de plusieurs personnes ayant fui leur champ. Elles décrivent une agression gratuite, menée avec une violence incompréhensible, alors qu’elles travaillaient simplement leurs terres pour nourrir leurs familles.

 

Les mercenaires de la milice russe Wagner auraient donné un ordre formel aux paysans. Selon leurs dires, il leur est interdit d’aller aux champs désormais. C’est dans leur champ qu’ils nourrissent les miliciens d’autodéfense qui rodent dans le coin. Ils doivent regagner la ville d’Obo et y rester. D’après les russes,  le préfet du Haut-Mbomou, le colonel Léonard Mbélé aurait pris cette décision.

 

Rappelons que cette agression intervient au moment même où les évêques de l’Église catholique multiplient les appels à la médiation et à la paix dans la région du Haut-Mbomou. Pendant que les religieux tentent d’apaiser les tensions, les mercenaires de la milice russe Wagner appliquent leur propre feuille de route sur le terrain. Aucun mort n’a été signalé jusqu’à présent, mais les blessés sont nombreux.

 

Les cultivateurs qui ont pu rejoindre leurs quartiers racontent leur journée d’épouvante. Beaucoup portent les marques des coups reçus et plusieurs familles ignorent encore où se trouvent leurs proches restés dans la forêt. L’atmosphère dans le Haut-Mbomou devient chaque jour plus pesante, alors que les mercenaires de la milice russe Wagner semblent agir en toute impunité.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Les mercenaires de la milice russe Wagner frappent à nouveau à Bangui : la vidéo de la scène a choqué tout le monde

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Les mercenaires de la milice russe Wagner frappent à nouveau à Bangui : la vidéo de la scène a choqué tout le monde

 

 

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Lundi 2 janvier, une vidéo diffusée en direct sur Facebook a provoqué l’indignation de milliers de Centrafricains après un accident de la route impliquant des Mercenaires russes de la milice Wagner.

 

Les événements se sont produits sur l’avenue de l’Indépendance, non loin du lycée Barthélémy Boganda, dans le quatrième arrondissement de la capitale, et ce, en présence des femmes des Wagner, les soldats FACA. Ce jour-là, un véhicule transportant des mercenaires de la milice Wagner a percuté des passants qui circulaient paisiblement sur cette avenue dite de l’indépendance. Les victimes gisaient au sol, se plaignant de leurs blessures sous les yeux des badauds impuissants.

Les mercenaires de la milice russe Wagner frappent à nouveau à Bangui : la vidéo de la scène a choqué tout le monde
Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC

 

Vue la souffrance et les cris des victimes, Leurs proches ont aussitôt voulu les emmener à l’hôpital pour les soigner rapidement. Mais les mercenaires de la milice Wagner ont catégoriquement refusé qu’on touche aux blessés. Selon eux, il fallait attendre l’arrivée de la gendarmerie et de leur interprète avant toute évacuation des victimes.

 

Mais la surprise vient de là! Les minutes se sont transformées en heures interminables pour les familles ainsi que pour les victimes qui continuent de pleurer au sol. Près de deux heures durant, les victimes sont restées étendues sur le goudron, gémissant de douleur sans recevoir le moindre secours. Ni les gendarmes ni l’interprète promis ne sont apparus durant toute cette période.

 

Alors que  les blessés continuaient de souffrir sur l’asphalte brûlant de l’avenue. Les mercenaires de la milice Wagner demeuraient impassibles devant les supplications des familles qui réclamaient simplement le droit de sauver leurs proches. Cette indifférence totale ajoutait à la cruauté de la situation.

 

La foule s’agglutinait autour de la scène, filmait et partageait les images qui circulaient déjà massivement. Les réseaux sociaux se sont enflammés rapidement avec des milliers de commentaires exprimant la colère et l’incompréhension. La publication en direct permettait aux Centrafricains de suivre l’évolution de cette tragédie minute par minute.

 

Pour beaucoup de Banguissois, cette scène rappelait ce qu’ils subissent depuis l’arrivée des mercenaires de Wagner. Pourtant, voir ces images diffusées en temps réel a choqué même ceux qui connaissaient déjà la réalité du terrain. L’impact de cette vidéo a dépassé tout ce qui avait été partagé auparavant.

 

Les commentaires se multipliaient sous la publication pendant que les blessés attendaient toujours une autorisation d’évacuation. Certains internautes rappelaient que les mercenaires russes appellent cette voie l’avenue de la colonisation  ou de la souffrance plutôt que l’avenue de l’Indépendance. Ce détail prenait tout son sens au vu des événements qui s’y déroulaient ce lundi.

 

Les images continuaient de tourner, alimentant la colère d’une population habituée à observer sans pouvoir intervenir. Les familles sur place suppliaient toujours les mercenaires de la milice Wagner de les laisser porter secours à leurs proches blessés. Mais rien n’y faisait, l’attente se prolongeait dangereusement pour les victimes qui perdaient leurs forces​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Camion incendié, l’équipage kidnappé  près de Zémio : un mois plus tard, quelle est la situation des otages ?

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Camion incendié, l’équipage kidnappé  près de Zémio : un mois plus tard, quelle est la situation des otages ?

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” data-wpel-link=”internal”>Camion incendié, l’équipage kidnappé  près de Zémio : un mois plus tard, quelle est la situation des otages ?
Les miliciens Azandé pendant leur formation par les Mercenaires russes de la société Wagner

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 16 décembre 2025, un camion transportant des marchandises depuis Bangui a subi une embuscade violente aux abords de la ville de Zemio, dans le Haut-Mbomou. Mais plus d’un mois déjà, quel est le sort des personnes kidnappées?

 

L’attaque s’est produite à quelques kilomètres de l’entrée de la ville. Des hommes lourdement armés ont surgi et pris d’assaut le véhicule. Les assaillants ont aussitôt mis le feu au camion et à son chargement, avant d’emmener de force l’ensemble de l’équipage qui sont d’ailleurs des pères de familles, des mères de familles, des enfants.

 

Depuis cet événement, le silence est total. Aucun indice ne permet de savoir si les personnes enlevées sont encore en vie. Leurs proches n’ont reçu aucun message, aucun signe de vie depuis maintenant un mois.

 

Les témoignages recueillis sur place pointent du doigt les miliciens d’autodéfense azandés. Ces groupes armés seraient à l’origine de l’enlèvement, bien que leur implication n’ait pas été officiellement confirmée.

 

Les victimes n’avaient aucun lien avec les tensions actuelles entre les groupes armés et le gouvernement. Il s’agissait uniquement de commerçants qui gagnaient leur vie en acheminant des produits entre différentes localités. Ces hommes et ces femmes assuraient le ravitaillement des marchés, loin des considérations politiques ou militaires.

 

L’inquiétude grandit chaque jour dans les familles. Les enfants attendent le retour de leurs parents, les épouses cherchent désespérément des réponses. Personne ne sait où chercher ni vers qui se tourner pour obtenir des éclaircissements.

 

Les proches multiplient les démarches auprès des structures locales et des organisations humanitaires. Ils espèrent qu’une médiation pourra aboutir, qu’un contact sera enfin établi avec les ravisseurs. Mais pour l’instant, toutes les pistes restent vaines.

 

La route entre Bangassou et Zemio demeure dangereuse. D’autres commerçants hésitent désormais à l’emprunter, craignant de subir le même sort. L’activité économique de la région s’en trouve ralentie, les échanges commerciaux perturbés.

 

Cette affaire s’ajoute à une longue série d’incidents qui fragilisent la vie quotidienne dans le Haut-Mbomou. Les populations civiles payent le prix fort d’une insécurité qui ne cesse de s’aggraver. Les familles des disparus continuent d’espérer, scrutant chaque rumeur, chaque information susceptible de leur apporter un peu de lumière.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Camp de Mboti : l’appel désespéré des réfugiés centrafricains oubliés au Congo depuis plus de 10 ans

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Camp de Mboti : l’appel désespéré des réfugiés centrafricains oubliés au Congo depuis plus de 10 ans

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/dans-le-camp-des-refugies-centrafricains-de-mboti-en-rdc.webp” data-wpel-link=”internal”>Dans le camp des réfugiés centrafricains de Mboti en RDC
Dans le camp des réfugiés centrafricains de Mboti en RDC. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Installés depuis plus d’une décennie sur le territoire congolais d’Ango, les réfugiés centrafricains du camp Mboti lancent un appel pressant aux autorités et organisations humanitaires.

 

Bandassé Bely Eymar, secrétaire général du comité directeur des réfugiés centrafricains, porte la voix de milliers de déplacés installés dans la province de Bazouele. Son témoignage éclaire la réalité d’un exil qui s’éternise sans perspective concrète d’amélioration. Originaire de Bangui où résident encore ses parents, il incarne le parcours d’une génération arrachée à sa terre natale par les violences de 2013.

 

Cette année-là, une simple visite familiale à Bangassou s’est transformée en point de non-retour pour des milliers de Centrafricains. L’offensive des forces Séléka dans la province de Mbomou a précipité l’exode massif vers le Congo voisin. Le passage par Ndou a scellé le début d’une errance qui perdure aujourd’hui dans des conditions d’une précarité difficile.

Depuis leur installation, des familles centrafricaines entassées au camp de Mboti survivent dans un dénuement quasi total depuis leur arrivée. Les personnes âgées, privées de soins médicaux adaptés, voient leur santé se dégrader de jour en jour. Les mères de famille peinent à nourrir leurs enfants convenablement tandis que les maladies se propagent faute d’infrastructures sanitaires dignes de ce nom.

 

Cette détresse sanitaire s’aggrave par l’absence criante de structures médicales fonctionnelles dans le camp. Les cas de paludisme, de malnutrition infantile et de maladies chroniques non soignées se multiplient sans que personne n’intervienne. Les décès évitables ponctuent la vie quotidienne de cette communauté abandonnée à son sort, créant un climat de désespoir croissant parmi les résidents.

 

Malgré le désir ardent de rentrer au pays, les obstacles matériels et financiers demeurent insurmontables pour la majorité. Les jeunes générations possèdent certes la force physique nécessaire au voyage de retour vers la Centrafrique. Néanmoins, abandonner les aînés et les plus fragiles derrière eux constitue une option moralement inacceptable pour ces communautés attachées aux valeurs de solidarité familiale.

Le gouvernement centrafricain reste interpellé sur sa responsabilité d’organiser le rapatriement de ses ressortissants exilés. Un financement adéquat permettrait d’assurer le transport sécurisé de l’ensemble des familles désireuses de regagner leurs villages d’origine. Cette démarche nécessiterait également des garanties concernant la sécurité et la réintégration économique des rapatriés sur le sol centrafricain.

 

Les autorités congolaises de Kinshasa se trouvent également sollicitées pour améliorer les conditions d’accueil temporaires de ces populations réfugiées. L’accès à l’eau potable, à l’éducation pour les enfants et aux soins de santé de base constituent des droits fondamentaux bafoués quotidiennement. La province de Bazouele ne dispose manifestement pas des ressources suffisantes pour gérer seule cette crise humanitaire qui s’enlise.

 

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés demeure l’interlocuteur privilégié pour coordonner une réponse internationale adaptée. Les standards minimaux en matière de protection des populations déplacées ne sont visiblement pas respectés à Mboti. Une intervention rapide s’impose pour éviter que cette situation ne dégénère davantage et n’engendre des pertes humaines supplémentaires évitables.

 

La documentation photographique et vidéo de la réalité du camp constitue désormais une priorité pour les responsables communautaires. Ces preuves visuelles permettront de sensibiliser l’opinion publique internationale sur l’ampleur de la crise oubliée. Un rapport circonstancié accompagnera ces supports pour quantifier précisément les besoins en assistance alimentaire, médicale et éducative de la population concernée.

Les enfants nés dans le camp grandissent privés d’avenir et d’opportunités d’épanouissement personnel. Leur scolarisation reste aléatoire quand elle existe, compromettant leurs chances d’insertion sociale future. Cette génération sacrifiée paie le prix d’un conflit qu’elle n’a pas choisi et d’un abandon institutionnel qui perdure année après année.

 

Les familles séparées par l’exil maintiennent difficilement le contact avec leurs proches restés à Bangassou ou dans d’autres régions centrafricaines. Le père de Bandassé, fonctionnaire dans la capitale, incarne ces liens distendus par la distance et l’impossibilité de se retrouver. Cette fracture familiale ajoute une souffrance psychologique à la précarité matérielle déjà insupportable du quotidien au camp.

 

Les responsables du comité directeur multiplient les démarches auprès des instances compétentes depuis des années sans résultat tangible. Leur persévérance témoigne de la détermination à ne pas laisser sombrer leur communauté dans l’oubli définitif. Chaque tentative de communication avec l’extérieur représente un espoir fragile que quelqu’un finira par entendre leur appel et agir en conséquence​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Sylvain Passi depuis Bangassou

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Centrafrique : la famille Massi réagit aux poursuites contre François Bozizé

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la famille Massi réagit aux poursuites contre François Bozizé

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Le-general-Francois-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : la famille Massi réagit aux poursuites contre François Bozizé
Le général François Bozizé

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La famille Massi suit de près l’évolution judiciaire concernant l’ancien chef d’État centrafricain François Bozizé , aujourd’hui poursuivi devant la Cour Pénale Spéciale.

 

Les proches de Charles Massi ont examiné le communiqué diffusé le 28 janvier 2026 par la Cour Pénale Spéciale. Ce document annonce la saisine de la Chambre d’assises dans l’affaire dite « Bossembélé », qui vise François Bozizé Yangouvonda et d’autres personnes impliquées. Les accusations portent sur des crimes contre l’humanité : meurtres, tortures, disparitions forcées et actes inhumains survenus entre 2009 et 2013.

 

Charles Massi, ancien ministre et président du parti Forum Démocratique pour la Modernité, fut arrêté en décembre 2009. Les autorités tchadiennes l’avaient alors remis aux responsables centrafricains. Depuis ce jour, personne ne l’a revu vivant, laissant un vide douloureux pour ses proches et pour l’ensemble du pays.

 

Quinze ans après sa disparition, plusieurs témoignages se recoupent et décrivent son parcours final. Les récits mentionnent sa détention au Centre d’instruction militaire de Bossembélé, surnommé « Guantanamo ». Il y aurait enduré des tortures répétées qui auraient causé sa mort, bien qu’aucune dépouille n’ait jamais été officiellement restituée.

 

Cette absence de corps rend le deuil impossible et entretient une blessure toujours vive. La famille porte cette peine depuis tant d’années, tout comme l’opinion publique nationale et internationale qui garde en mémoire cet homme politique disparu. L’incertitude sur son sort exact alourdit encore la souffrance de ceux qui l’ont connu et aimé.

 

La famille salue néanmoins le travail accompli par la justice centrafricaine. La Cour Pénale Spéciale s’attache à clarifier les crimes graves commis durant cette période troublée de l’histoire nationale. Cette saisine judiciaire dans le dossier de Bossembélé marque un tournant important pour chercher la vérité et reconnaître les souffrances subies par les victimes.

 

Les proches de Charles Massi expriment leur confiance envers l’impartialité et le sérieux de la CPS. Ils croient fermement aux valeurs qui fondent toute procédure équitable. L’espoir demeure que ces audiences permettront d’identifier clairement les responsables et leurs complices, afin que justice soit enfin rendue à leur père disparu et à l’ensemble des personnes ayant subi des violations graves des droits humains en République Centrafricaine.

 

La famille demande également aux instances nationales et internationales de continuer d’épauler la Cour pénale spéciale. Ce soutien permettra à l’institution d’accomplir pleinement sa mission, en garantissant qu’aucun crime ne reste impuni et que la mémoire de chaque victime soit préservée avec dignité​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Flash info : attaque surprise d’un checkpoint des FACA à Dembia, 2 militaires portés disparus  

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Flash info : attaque surprise d’un checkpoint des FACA à Dembia, 2 militaires portés disparus  

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Flash info : attaque surprise d’un checkpoint des FACA à Dembia, 2 militaires portés disparus  
Trois soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les miliciens d’autodéfense Azandé ont frappé dur ce mardi 3 janvier 2026 dans la matinée une position des éléments de forces armées centrafricaines dans la localité de Dembia, située dans le Haut-Mbomou.

 

L’assaut a eu lieu aux premières heures du mardi 3 février 2026. Les miliciens Azandé ont pris d’assaut le checkpoint des Forces armées centrafricaines stationné dans la zone. Selon des diverses sources contactées par la rédaction du CNC, deux ou quatre militaires ont été capturés durant l’opération et leurs traces restent introuvables depuis lors. Les autorités militaires tentent actuellement de localiser les soldats enlevés.

 

Cet incident s’inscrit dans la série d’affrontements qui opposent la milice Azandé aux forces gouvernementales menées par les Mercenaires russes du groupe Wagner depuis près d’un an.

 

Notons que la région du sud-est centrafricain connaît une montée des tensions depuis le scrutin du 28 décembre 2025. Les localités de Zémio, Mboki et Bambouti ont également connu des heurts armés ces dernières semaines.

La milice AAKG, formée initialement comme groupe d’autodéfense de la communauté zandé en mars 2023, a basculé dans la rébellion après avoir reçu un entraînement militaire en 2024. Les combattants, anciennement intégrés aux FACA sous l’appellation “Wagner Ti Azandé”, ont rompu avec l’armée régulière. Leurs actions provoquent depuis lors des déplacements massifs de populations civiles dans le Haut-Mbomou.

Les recherches pour retrouver les deux soldats capturés se poursuivent tandis que la situation sécuritaire demeure fragile dans l’ensemble du secteur​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Kidnappé par les mercenaires russes du groupe Wagner depuis plus d’un mois , son corps vient d’être retrouvé à la morgue. Le chef de poste de l’OCRB n’est plus en vie

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Kidnappé par les Mercenaires russes du groupe Wagner depuis trois semaines, son corps vient d’être retrouvé à la morgue. Le chef de poste de l’OCRB n’est plus en vie

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Kidnappé par les mercenaires russes du groupe Wagner depuis trois semaines, son corps vient d’être retrouvé à la morgue. Le chef de poste de l’OCRB n’est plus en vie
La principale entrée de l’OCRB du centre-ville

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le chef de poste de l’OCRB, promotion Persévérance, a été retrouvé mort à la morgue après trois semaines de kidnapping par les mercenaires russes.

 

Les faits remontent à début janvier, lorsque trois policiers ont été arrêtés suite à la disparition de Nour Gregaza des locaux de l’Office central pour la répression du banditisme il y’a quelques semaines plutôt. Parmi eux figurait ce chef de poste, emmené vers une destination inconnue avec ses deux collègues. Les jours ont passé sans qu’aucune information ne filtre sur leur sort.

 

La famille a multiplié les démarches pour obtenir des nouvelles. Chaque tentative s’est heurtée au silence des autorités et à l’opacité du système. Mais à la surprise de sa famille, le samedi 31 janvier dernier, c’est son corps sans vie qui a été découvert à la morgue, plus de trois semaines après son enlèvement par Wagner.

 

Les mercenaires russes les avaient détenu dans leurs prisons secrètes situées à l’aéroport. Durant ces trois semaines de torture, l’un des trois policiers, le chef de poste de l’OCRB, n’a pas pu supporter les sévices  corporelles qui ont fini par lui ôter la vie. Son corps porte les stigmates de ces sévices avant d’être discrètement déposé à la morgue.

 

L’accès aux lieux reste interdit à la famille du défunt. Même les frères du policier décédé, pourtant militaires de profession, se voient refuser l’entrée. Cette interdiction ajoute à la douleur des proches qui réclament simplement de pouvoir récupérer la dépouille de leur parent.

 

L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’arrestations arbitraires menées par Wagner depuis l’annonce spectaculaire de cette évasion. Les sœurs de Nour Gregaza, le détenu qui aurait quitté l’OCRB, ont également été arrêtées par les Russes. Portées disparues pendant plusieurs jours, elles ont finalement été ramenées au commissariat, contrairement au policier qui n’a jamais refait surface vivant.

 

Le corps du policier retrouvé à la morgue vient alimenter les craintes des autres familles. Les deux collègues arrêtés en même temps que le chef de poste demeurent portés disparus depuis trois semaines. Leurs proches redoutent de découvrir bientôt leurs corps dans les mêmes conditions, après avoir subi le même sort entre les mains de Wagner.

 

La République centrafricaine se retrouve aux mains des mercenaires qui torturent et tuent des citoyens sans que la justice ne puisse intervenir. Les familles réclament que les corps leur soient rendus et que la vérité soit établie sur ces disparitions et ces meurtres. Nour Gregaza a été rapatrié de France vers Bangui alors que tout le monde connaît la situation dans ce pays où les assassinats se commettent en toute impunité.

 

Rappelons que Wagner poursuit ses opérations d’enlèvement et d’élimination sur le territoire centrafricain en toute impunité, et avec le feu vert des autorités centrafricaines. Les prisons secrètes de l’aéroport, du camp de Roux et de Berengo continuent d’accueillir des détenus qui disparaissent sans laisser de traces. Le chef de poste de la promotion Persévérance rejoint la longue liste des victimes de ces pratiques qui bafouent tous les principes du droit​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Comment le régime du Président Touadéra transforme l’État centrafricain en entreprise criminelle. Interview exclusive avec monsieur Igor Ngala, économiste centrafricain,  sur le pillage du secteur du carburant en Centrafrique

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Comment le régime du Président Touadéra transforme l’État centrafricain en entreprise criminelle. Interview exclusive avec monsieur Igor Ngala, économiste centrafricain,  sur le pillage du secteur du carburant en Centrafrique

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/le-president-faustin-archange-touadera-en-costume-et-chapeau-americain-a-Bangui-en-republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Comment le régime du Président Touadéra transforme l’État centrafricain en entreprise criminelle. Interview exclusive avec monsieur Igor Ngala, économiste centrafricain, sur le pillage du secteur du carburant en Centrafrique
Le Président Faustin Archange Touadera, en costume et chapeau américain, à Bangui, en République centrafricaine

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Interview exclusive avec Igor Ngala, expert économiste centrafricain, qui analyse le rapport explosif de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime sur le détournement massif des recettes du carburant en République centrafricaine. Des chiffres accablants, des révélations fracassantes et une conclusion sans appel sur la criminalisation de l’État sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra.

 

Propos recueillis par Alain Nzilo, directeur de rédaction de Corbeau News Centrafrique.

 

Alain Nzilo : Bonjour Monsieur Igor Ngala.

 

Igor Ngala : Bonjour Alain, merci de me recevoir.

 

Alain Nzilo : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

IGOR Ngala : Je suis Igor Ngala, économiste de formation. J’ai obtenu mon doctorat en sciences économiques à l’Université de Sherbrooke au Canada, avec une spécialisation en économie des ressources naturelles et gouvernance financière. J’ai travaillé pendant quinze ans comme consultant pour plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale et le FMI, sur des questions de transparence budgétaire et de lutte contre la corruption dans les pays en développement.

 

ALAIN Nzilo  : La Global Initiative Against Transnational Organized Crime vient de publier un rapport intitulé “Parti en fumée : Comment le carburant en RCA est devenu une arme de guerre et une source d’enrichissement criminel”. Vous avez lu ce document de 28 pages. Quelle est votre première réaction ?

 

IGOR Ngala : Oui monsieur Alain, ce rapport confirme ce que beaucoup d’observateurs avertis savaient déjà, mais avec une précision et une documentation qui ne laissent aucune place au doute. Nous sommes face à une criminalisation organisé de l’État centrafricain. Le président Touadéra n’est pas un chef d’État qui lutte contre la corruption, il dirige une organisation criminelle qui a capturé l’appareil étatique pour le transformer en machine à piller les ressources du pays. Les chiffres sont accablants : entre 17,5 et 30 millions de dollars de profits excédentaires générés en 2024 par un système pyramidal de corruption. C’est l’équivalent de 15 à 25% du budget national de la République centrafricaine qui disparaît dans les poches d’un cercle restreint de prédateurs.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport pointe du doigt Neptune Oil, l’entreprise camerounaise d’Antoine Ndzengue qui détient le monopole d’importation depuis septembre 2023. Comment expliquez-vous qu’une entreprise étrangère non enregistrée légalement puisse obtenir un tel monopole ?

 

IGOR Ngala : C’est justement parce qu’elle n’est pas enregistrée que Neptune Oil a obtenu ce monopole. Une entreprise non enregistrée échappe à la plupart des obligations fiscales et comptables. Elle ne publie aucun compte, ne paie pas d’impôt sur les sociétés au taux normal, et surtout, elle permet de voiler l’identité des véritables bénéficiaires du système. Le ministre de l’Énergie Arthur Bertrand Piri déclarait en octobre 2024 que l’entreprise était “en cours d’enregistrement”. Nous sommes en novembre 2025, plus d’un an après, et toujours rien. Cette absence d’enregistrement n’est pas un dysfonctionnement administratif, c’est une stratégie délibérée pour maintenir l’opacité totale sur les flux financiers.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport montre que Neptune Oil bénéficie de prix gonflés artificiellement. Pouvez-vous nous expliquer ce mécanisme ?

 

IGOR Ngala : Les enquêteurs de la GI-TOC ont comparé les structures de prix officielles entre la République centrafricaine et le Cameroun. Neptune Oil et les importateurs camerounais opèrent sur le même marché international, achètent auprès des mêmes négociants, utilisent les mêmes infrastructures à Douala. Pourtant, les coûts appliqués en RCA sont systématiquement plus élevés. L’écart atteint 160 francs CFA par litre d’essence et 185 francs CFA par litre de gazole. Cet écart ne correspond à aucun coût réel. Il existe notamment une catégorie appelée “différentiel” dans les calculs centrafricains qui n’apparaît nulle part dans les structures camerounaises et qui ne correspond à aucune dépense identifiable. Sur les volumes importés en 2024, ces coûts injustifiés ont généré au moins 17,5 millions de dollars de profits excédentaires pour Neptune Oil, uniquement sur ses importations routières.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport mentionne également des exonérations fiscales massives. Comment fonctionnent-elles ?

 

IGOR Ngala : Des volumes importants de carburant entrent en République centrafricaine sans payer les droits et taxes à l’importation, soit environ 200 francs CFA par litre. Le prétexte invoqué est que ce carburant serait destiné à des missions diplomatiques ou à de l’aide bilatérale. En réalité, ce carburant commercial est revendu au prix fort dans les stations-service. Ces exonérations sont accordées avec la complicité d’agents douaniers centrafricains à Douala et aux postes-frontières. Les procédures de dédouanement sont détournées pour permettre l’entrée en franchise de carburant qui devrait normalement être taxé. L’État perd ainsi plusieurs millions de dollars par an. Les recettes fiscales sur le carburant sont passées de 41,6 millions de dollars en 2021 à seulement 29,5 millions en 2024, malgré une reprise quasi complète des volumes d’importation. Une chute de 12 millions de dollars en trois ans.

 

ALAIN Nzilo : Parlons du groupe Wagner. Le rapport expose comment cette organisation criminelle sanctionnée internationalement a créé ses propres sociétés écrans pour s’approvisionner en carburant. Que vous inspire cette situation ?

 

IGOR Ngala : Wagner opère en République centrafricaine comme dans un État conquis. Les sociétés Petrolex et Capex, créées début 2021, ne sont que des façades légales pour des activités criminelles. Ces entreprises importent du carburant d’origine russe en violation des sanctions internationales. Elles approvisionnent les opérations militaires de Wagner, incluant les frappes aériennes et les massacres de civils documentés par les Nations unies. Elles fournissent aussi la mine d’or de Ndassima qui rapporte plus de 100 millions de dollars par an sans aucune production officielle. Le plus scandaleux, c’est que Petrolex approvisionne désormais également les Forces armées centrafricaines. L’armée nationale dépend d’une société écran d’une organisation criminelle russe pour son carburant. C’est une perte totale de souveraineté.

 

ALAIN Nzilo : Wagner maintient aussi une présence permanente au poste douanier de Béloko, selon le rapport…

 

IGOR Ngala : Absolument. Le contrat de coopération douanière entre la Russie et la RCA a été résilié en octobre 2021, mais Wagner n’a jamais quitté les postes douaniers. Les Mercenaires russes supervisent les importations, vérifient les documents, prélèvent leur part sur les recettes. Cette présence illégale permet à Wagner de contrôler physiquement les flux de carburant. L’attaque du 3R contre Béloko le 21 janvier 2023, qui a détruit 23 camions et tué 2 soldats FACA et 1 mercenaire Wagner, visait justement ce dispositif de contrôle. Les 500 millions de francs CFA partis en fumée ce jour-là témoignent des enjeux financiers colossaux autour de ce poste-frontière.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport révèle également que l’épouse du chef d’état-major, madame Prisca Mamadou,  contrôle, à elle seule,  quatre des stations-service confisquées à TAMOIL. Comment analysez-vous cette situation ?

 

IGOR Ngala : oui, c’est une véritable mafia. C’est la première femme mafieuse de la RCA. Prisca Rosaline Mamadou, épouse du général Zéphir Mamadou, chef d’état-major des FACA, incarne la fusion totale des sphères militaire, politique et économique. Chaque camion-citerne revendu dans ces stations rapporte 25 000 dollars de profit. Si la moitié des importations de Neptune Oil transite par les stations confisquées, nous parlons de plus de 30 millions de dollars de bénéfices excédentaires en 2024. Une partie de cet argent finance directement le MCU, le parti du président Touadéra. Le général Mamadou est identifié comme l’un des principaux bailleurs de fonds du parti au pouvoir. Nous avons ici la preuve que l’armée nationale finance le parti présidentiel avec de l’argent volé aux Centrafricains qui paient le carburant deux fois plus cher qu’ils ne le devraient.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport documente aussi un système de bons d’essence qui permet de convertir le carburant en liquidités…

 

IGOR Ngala : C’est un mécanisme est d’une perversité remarquable. Des agences publiques délivrent des bons d’essence aux forces de sécurité pour leurs besoins opérationnels. Ces bons sont ensuite échangés contre de l’argent liquide dans les stations confisquées. Les stations versent les espèces aux détenteurs de bons, puis se font rembourser par l’État. Entre les deux, une partie de l’argent est prélevée et redistribuée à de hauts fonctionnaires du ministère de l’Énergie et à des membres du MCU. L’État paie deux fois : une première fois en délivrant les bons, une seconde fois en remboursant les stations. Les militaires reçoivent leur part pour garantir leur loyauté. Le carburant devient un outil de patronage politique qui permet d’acheter les fidélités au pouvoir.

 

ALAIN Nzilo : en Janvier 2025,  un navire russe sanctionné livre 30 000 tonnes de carburant à la Centrafrique, présentées par le Président Vladimir Poutine comme un don. Le rapport qualifie cette opération de fraude. Pourquoi ?

 

IGOR Ngala : Le navire Serenade appartient à la flotte fantôme russe, sanctionnée par l’UE, les États-Unis et le Royaume-Uni. Ce bateau sert à exporter du pétrole russe malgré l’embargo. Présenter cette cargaison comme un don humanitaire est un mensonge éhonté. Neptune Oil apparaît dans les registres comme importatrice, ce qui révèle qu’elle sert d’agent maritime du gouvernement pour des transactions qui ne peuvent pas être menées officiellement. Le gouvernement prétend que les recettes de vente financeront le transport fluvial. C’est absurde. Kinshasa ne laissera jamais passer des cargaisons liées à des navires sanctionnés. Cette opération n’a qu’un but : permettre au régime Touadéra d’importer du carburant russe à prix cassé en violation des sanctions, tout en empochant des profits considérables.

 

ALAIN Nzilo : Vous évoquiez le transport fluvial. Le rapport montre que le régime a inversé la répartition historique pour privilégier la route camerounaise. Pourquoi ?

 

IGOR Ngala : Pendant des décennies, 80% du carburant arrivait par voie fluviale, solution la moins chère. Sous Neptune Oil, 70% arrive par la route camerounaise, solution la plus coûteuse. Cette inversion ne répond à aucune logique économique. Elle répond à une logique de prédation. Le transport fluvial est trop transparent, trop difficile à manipuler. La route camerounaise offre de multiples points de contrôle où chacun peut prélever sa part : Douala, le transit, Béloko contrôlé par Wagner. Chaque litre qui arrive par camion plutôt que par barge coûte 100 francs CFA de plus. Sur les 87 millions de litres importés par route en 2024, cela représente 15 millions de dollars de surcoût qui ne correspondent à aucune valeur ajoutée réelle. C’est une rente de situation captée par Neptune Oil, les transporteurs, les douaniers corrompus et Wagner.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport documente aussi l’éviction de TotalEnergies. Peut-on parler d’une stratégie délibérée ?

 

IGOR Ngala : Absolument. Le président Touadéra a mené une campagne systématique pour chasser les entreprises françaises du secteur énergétique. SOCATRAF, filiale de Bolloré, perd son contrat en avril 2022. TotalEnergies subit des campagnes de désinformation organisée par Wagner et la présidence entre avril et juin 2022. L’incident de l’aéroport M’Poko où l’employé de Total est arrêté et 110 000 litres de Jet A-1 détournés vers Wagner n’est pas un fait exceptionnel. C’est le point culminant d’un harcèlement délibéré. TotalEnergies quitte en septembre 2022. Ses actifs passent à TAMOIL qui sera à son tour confisquée en juin-juillet 2024. Le cycle est bouclé en deux ans : les intérêts français éliminés, le secteur livré à Wagner et à un réseau de prédateurs centrafricains.

 

ALAIN Nzilo : Certains pourraient dire que ce rapport émane d’organisations occidentales hostiles au régime Touadéra. Que répondez-vous ?

 

IGOR Ngala : Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La GI-TOC a travaillé à partir de données officielles : registres d’importation, structures de prix publiées par le ministère de l’Énergie, données douanières. Le rapport cite des dizaines de sources vérifiables : communiqués officiels, décisions ministérielles, registres du commerce, bases de données commerciales internationales. Les enquêteurs ont interrogé des dizaines d’acteurs du secteur en RCA et au Cameroun entre novembre 2024 et juillet  2025. Ils ont recoupé chaque information avec plusieurs sources. Ce n’est pas de la propagande anti-Touadéra, c’est du journalisme d’investigation rigoureux qui expose des faits documentés. D’ailleurs, le FMI arrive aux mêmes conclusions dans ses rapports sur la République centrafricaine, même s’il utilise un langage plus diplomatique.

 

ALAIN Nzilo : Le comité anti-fraude du ministère de l’Énergie, censé lutter contre la contrebande, participe lui-même au système de détournement selon le rapport…

 

IGOR Ngala : C’est une illustration parfaite de la perversion du système. Le comité anti-fraude ne lutte pas contre la fraude, il l’organise et en tire profit. Les saisies officielles ne représentent qu’une fraction des volumes réellement confisqués. Le reste est revendu au marché noir et l’argent est empoché par les membres du comité et des hauts fonctionnaires du ministère. Sur les 2 000 barils saisis chez le baron de la contrebande Laouali en mars 2023, seulement 427 ont été enregistrés officiellement. Les 1 573 autres ont disparu. Le comité opère dans une zone grise juridique : sur 90 agents recensés, moins de la moitié sont actifs et aucun n’est sous contrat officiel. Cette absence de cadre légal permet toutes les dérives.

 

ALAIN Nzilo : Le rapport évalue les pertes fiscales à 12 millions de dollars par an. Comment arrive-t-on à un tel montant ?

 

IGOR Ngala : Ce chiffre est même probablement sous-estimé. Il se décompose ainsi : Neptune Oil échappe à l’impôt sur le chiffre d’affaires grâce à son statut de non-résident, plusieurs millions de dollars par an. Les exonérations frauduleuses sur les droits d’importation : plusieurs millions supplémentaires. Le trafic nigérian qui entre via Béloko sans payer les taxes : encore des millions. Les saisies du comité anti-fraude dont l’argent ne parvient jamais au Trésor : des centaines de milliers de dollars. Les pots-de-vin versés aux douaniers qui remplacent les taxes légales : des millions. Additionnez tout cela et vous obtenez facilement 12 millions de dollars de pertes annuelles. Dans un pays où le budget national tourne autour de 120 millions de dollars, perdre 12 millions par an dans un seul secteur représente 10% du budget total.

 

ALAIN Nzilo : Qui sont les véritables bénéficiaires de ce système ?

 

IGOR Ngala : Il y a une pyramide clairement identifiable. Au sommet, le président Touadéra et son entourage immédiat. Juste en dessous, le ministre Bertrand Arthur Piri et les autres membres du gouvernement impliqués. Puis les hauts fonctionnaires des ministères de l’Énergie, des Finances et des Douanes. Les officiers supérieurs des forces de sécurité, avec en tête le général Mamadou. Les opérateurs économiques : Neptune Oil, Prisca Mamadou, Souleymane Bassou, Laouali. Et bien sûr Wagner qui prélève sa part à chaque étage. Chacun reçoit selon son rang et son importance dans la machine. Le rapport parle d’un système pyramidal de rétrocommissions bien organisé. C’est exactement ça : une structure mafieuse qui fonctionne comme un cartel.

 

ALAIN Nzilo : Les Centrafricains paient 2,17 dollars le litre de gazole. Est-ce justifié économiquement ?

 

IGOR Ngala : Absolument pas. Les prix internationaux du pétrole ont fortement baissé en 2023-2024. Cette baisse aurait dû se traduire par une réduction significative des prix à la pompe. Mais les Centrafricains paient toujours des prix parmi les plus élevés d’Afrique. Cette rigidité à la baisse prouve que les prix ne reflètent pas les coûts réels mais les besoins de financement du système de corruption. Dans un pays où 70% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour, payer 2,17 dollars le litre de gazole est tout simplement inabordable. Les gens font la queue pendant des heures, achètent le carburant au compte-gouttes, rationnent leurs déplacements. Pendant ce temps, l’épouse du chef d’état-major s’enrichit en revendant le carburant volé.

 

ALAIN Nzilo : Le FMI a imposé la publication mensuelle des structures de prix depuis juillet 2024. Cette transparence a-t-elle changé quelque chose ?

 

IGOR Ngala : Cette mesure visait à renforcer la transparence, mais elle a surtout exposé l’ampleur de la fraude sans rien changer au système. Le gouvernement publie uniquement les prix officiels et les marges théoriques, jamais les exonérations accordées, les volumes bénéficiant de ces exonérations, ou l’identité des bénéficiaires. C’est une transparence de façade. Les experts du FMI savent parfaitement ce qui se passe. Ils ont les données, ils ont calculé que les recettes devraient être 12 millions de dollars plus élevées. Mais ils ne peuvent rien faire tant que Touadéra refuse de démanteler le système qu’il a créé. Les missions se succèdent, les rapports s’accumulent, les recommandations sont ignorées.

 

ALAIN Nzilo : Que préconisez-vous pour sortir de cette situation ?

 

IGOR Ngala : Le rapport de la GI-TOC formule des recommandations claires que je partage entièrement. D’abord, un audit indépendant de toute la structure d’approvisionnement en carburant, incluant la divulgation complète des accords d’importation et des exonérations fiscales. Ensuite, des enquêtes judiciaires en RCA et au Cameroun sur la contrebande, l’évasion fiscale et l’enrichissement illégal. Le renforcement des autorités douanières et anti-fraude avec des moyens réels et une professionnalisation. La relance du transport fluvial pour réduire la dépendance à la route camerounaise. Et surtout, des sanctions internationales contre les opérateurs qui travaillent avec Wagner et les entités russes sanctionnées. Mais soyons réalistes : rien de tout cela n’arrivera tant que Touadéra sera au pouvoir. Ce système, c’est lui. Le démanteler reviendrait à se couper de ses sources de financement et à exposer ses crimes.

 

ALAIN Nzilo : Vous parlez de crimes. C’est un terme fort…

 

IGOR Ngala : C’est le terme approprié. Nous parlons de détournement de fonds publics à hauteur de dizaines de millions de dollars. De violation des sanctions internationales contre une organisation criminelle. De collaboration avec des mercenaires responsables de massacres de civils. D’évasion fiscale organisée. De corruption de fonctionnaires. De confiscation illégale de biens privés. Tout cela constitue des infractions pénales graves dans n’importe quel système juridique fonctionnel. Le problème en République centrafricaine, c’est que les auteurs de ces crimes contrôlent la justice. Les procureurs reçoivent leurs instructions du sommet de l’État. Les juges qui oseraient enquêter seraient écartés ou menacés. L’impunité est totale.

 

ALAIN Nzilo : Quel message souhaitez-vous adresser aux Centrafricains ?

 

IGOR Ngala : Le message est simple.  Vous êtes victimes d’un vol organisé par ceux qui sont censés vous gouverner. Chaque fois que vous faites le plein, vous financez l’enrichissement du président, de ses ministres, de ses généraux et de mercenaires russes qui tuent des civils centrafricains. Les 12 millions de dollars volés chaque année pourraient construire des hôpitaux, des écoles, des routes. Ils pourraient payer les enseignants contractuels et autres agents de santé qui ne reçoivent pas leurs salaires depuis des mois. Mais ils finissent dans les comptes offshore de Touadéra et de son clan. Ce rapport de la GI-TOC doit circuler, être traduit en sango, être expliqué dans tous les quartiers. Les Centrafricains doivent comprendre qu’ils ne sont pas pauvres parce que le pays est pauvre, mais parce qu’ils sont méthodiquement pillés par des prédateurs qui ont capturé l’État.

 

ALAIN Nzilo : Un dernier mot ?

 

IGOR Ngala : La République centrafricaine ne sortira de cette situation que par un changement radical de régime. Touadéra doit partir, et avec lui tous ceux qui ont participé à ce système criminel. Il faut des poursuites judiciaires, des confiscations d’avoirs mal acquis, des sanctions exemplaires. Il faut reconstruire un État de droit où les voleurs vont en prison au lieu de diriger le pays. Tant que les Centrafricains accepteront d’être gouvernés par des mafieux, rien ne changera. Le rapport de la GI-TOC est un outil précieux pour la prise de conscience. Maintenant, il faut passer à l’action.

 

ALAIN Nzilo : Merci Monsieur Igor Ngala pour cet éclairage sans concession.

 

IGOR Ngala : Merci à vous Alain, et merci à Corbeau News Centrafrique de donner la parole à ceux qui dénoncent la criminalisation de l’État. Le journalisme indépendant est notre dernière ligne de défense contre la dictature et la corruption.

 

Par Dr Alain Nzilo, directeur de publication du CNC….

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Les coulisses agitées du Conseil constitutionnel avant le verdict électoral des législatives

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Les coulisses agitées du Conseil constitutionnel avant le verdict électoral des législatives

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Professeur-Jean-Pierre-Waboue-President-de-la-cour-constitutionnelle-de-la-Republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les coulisses agitées du Conseil constitutionnel avant le verdict électoral des législatives
Jean-Pierre Waboué, Président de la conseil constitutionnel centrafricain

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À quelques jours du prononcé définitif sur les résultats législatifs, les manœuvres d’influence battent leur plein auprès des juges du Conseil constitutionnel.

 

Exactement comme lors de l’élection présidentielle du 19 janvier dernier, validée par cette même institution dans des circonstances frauduleuse, c’est maintenant au tour du scrutin législatif de passer sous l’examen de ses juges. Quelques jours après que l’autorité nationale des Élections a rendu ses premières conclusions, le Conseil s’apprête à entériner la liste des députés élus dès le premier tour et à désigner ceux qui s’affronteront au second. Pendant ce temps, l’argent circule et les pressions s’intensifient dans l’ombre.

 

Avant d’aller plus loin, précisons qu’il s’agit là du premier volet d’une enquête qui en comptera deux. Dans cet épisode initial, nous dévoilons l’identité du principal acteur de ces tractations, celui qui tire les ficelles en personne. Malgré l’annonce par l’autorité électorale de cinquante sièges remportés au premier tour par le parti gouvernemental, auxquels s’ajoutent une dizaine d’élus issus de formations satellites alliées, l’appétit du pouvoir demeure inassouvi.

 

L’objectif affiché consiste à obtenir une Assemblée nationale monochrome dans sa totalité. Certes, la domination actuelle est déjà écrasante, mais il s’agit d’aller jusqu’au bout, d’éliminer toute trace d’opposition. C’est dans cette optique que le président en personne a décroché son téléphone pour joindre le patron du Conseil constitutionnel, qui n’est autre que son oncle, monsieur Jean-Pierre Wabouhi.

 

Lors de cet échange téléphonique, le dictateur de Bangui a exposé son problème : tous les candidats du parti MCU. risquent d’être écartés, ainsi que leurs alliés, ce qui compliquerait son action future. Comment gouverner efficacement sans une majorité écrasante à l’Assemblée, a-t-il expliqué à son parent ? Le message était limpide : il fallait valider massivement les victoires du camp présidentiel.

 

Pour y parvenir, certains bureaux de vote devront être invalidés, notamment ceux où des candidats indépendants considérés de l’opposition ont obtenu de bons résultats. L’annulation ciblée de ces scrutins permettrait de basculer plusieurs circonscriptions en faveur des candidats du pouvoir. Telle est la stratégie que le président a développée auprès du Conseil constitutionnel, par l’intermédiaire de son oncle.

 

Parallèlement à ces démarches présidentielles, d’autres offensives se déploient dans les bureaux du conseil constitutionnel. Des émissaires vont et viennent, porteurs de propositions variées destinées à influencer les décisions à venir. Ces batailles parallèles feront l’objet de notre prochain article sur CNC​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Braquage meurtrier à Sikikédé : un soldat FACA et un chauffeur perdent la vie dans la fusillade

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braquage meurtrier à Sikikédé : un Soldat FACA et un chauffeur perdent la vie dans la fusillade

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-soldat-faca-tue-lors-d-un-braquage-a-20-kilometres-de-sikikede-dans-la-vakaga.webp” data-wpel-link=”internal”>Braquage meurtrier à Sikikédé : un soldat FACA et un chauffeur perdent la vie dans la fusillade
Le soldat FACA tué lors d’un braquage à 20 kilomètres de Sikikédé, dans la Vakaga

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un échange de tirs a coûté la vie à deux personnes samedi 31 janvier 2025 sur la route du Tchad, impliquant un soldat devenu bandit et des éléments d’autodéfense de Sikikédé.

 

Le militaire braqueur en question avait été déployé à Sikikédé il y a neuf mois dans le cadre des opérations de sécurisation de la zone. Depuis 9 mois, il galère ensemble avec ses collègues militaires ainsi que son chef. Mais arrivée ce samedi 31 janvier 2026 aux environs de 10 heures, il a demandé à son supérieur l’autorisation de se rendre en ville pour acheter des médicaments, prétextant des douleurs qui nécessitaient un traitement. Son chef lui a accordé cette permission sans se douter de ce qui allait suivre.

 

Au lieu de se diriger vers une pharmacie, le soldat s’est rendu à 20 km de Sikikédé accompagné de ses complices. Ensemble, ils ont tendu un guet-apens pour bloquer la circulation aux usagers qui veulent se rendre au Tchad. Leur plan était simple : rançonner les véhicules qui passeraient par là et s’enrichir rapidement avec de l’argent sale.

 

Ce jours là, les premiers automobilistes tombés dans le piège de ces bandits ont été dépouillés de leurs biens. Heureusement, ces victimes ont réussi à alerter leurs compatriotes restés au village avant que la situation n’empire davantage. L’information est remontée jusqu’aux forces d’autodéfense qui ont immédiatement organisé une intervention.

 

Les autodéfenseurs se sont mis en route sur des motos, suivant discrètement un pick-up qui servait d’appât. Leur stratégie consistait à laisser le véhicule avancer en première ligne pendant qu’ils restaient en retrait pour surprendre les bandits. Le piège fonctionnait dans les deux sens, chacun croyant avoir l’avantage sur l’autre.

 

Lorsque le pick-up est arrivé au niveau du filet des bandits, le soldat de deuxième classe l’a arrêté et a entamé une discussion avec le conducteur. Il a exigé la somme de 300 000 francs CFA pour laisser passer le véhicule. Pendant que le chauffeur tentait de négocier, refusant de céder à ce racket, la tension montait dangereusement.

 

Sans crier gare, le militaire a dégainé son arme et a abattu froidement le conducteur qui s’est effondré dans son siège. Les autodéfenseurs ont alors surgi et ont ouvert le feu immédiatement sur le groupe de bandits. Le soldat félon a riposté et a réussi à blesser l’un des autodéfenseurs avant d’être finalement abattu. Les complices du soldat ont pris la fuite, laissant le soldat seul au sol.

 

Après la fusillade, les forces d’autodéfense ont fouillé le corps du militaire tué. Ils ont retrouvé sur lui toutes ses pièces d’identité militaire confirmant qu’il s’agissait bien d’un soldat FACA déployé à Sikikédé.

 

Ils ont décidé alors d’informer son chef à Sikikédé qui a finalement ordonné le rapatriement du corps à Sikikédé. Vers la nuit, un convoi militaire est allé sur le lieu et récupérer le cadavre du militaire.

 

Selon certaines sources, le non-versement des primes globales d’alimentation depuis neuf mois pourrait expliquer ce basculement dans la criminalité. Les soldats déployés à Sikikédé n’ont pas reçu leurs PGA depuis leur arrivée, créant des conditions de vie difficiles qui poussent certains éléments à chercher des moyens illégaux de survie​​​​​​​​​​​​​​​​

 

 

Par Barthelemy Kossi

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Extermination des Azande : le clepto-mythomane Maxime Balalou refuse l’enquête internationale, la communauté Azandé lui répond sèchement  

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Extermination des Azande : le clepto-mythomane Maxime Balalou refuse l’enquête internationale, la communauté Azandé lui répond sèchement  

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Extermination des Azande : le clepto-mythomane Maxime Balalou refuse l’enquête internationale, la communauté Azandé lui répond sèchement  
Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Les représentants Azande répondent au clepto-mythomane Maxime Balalou en exigeant des explications concrètes sur les citoyens enlevés plutôt que des accusations de manipulation politique.

 

Suite au mémorandum de la communauté Azandé adressé au Secrétaire général des nations-unies, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, a décidé, le lundi dernier, de répondre par une déclaration officielle. Dans ce document, il rejette fermement toute accusation de génocide ou de crimes contre l’humanité dans la préfecture du Haut-Mbomou. Le clepto-mythomane Maxime Balalou affirme que ces allégations sont dénuées de preuves et relèvent d’une tentative de déstabilisation menée depuis Bangui par des instigateurs qui seront bientôt démasqués. Cette position officielle provoque une riposte immédiate de la part de ceux qui ont rédigé le mémorandum initial adressé aux Nations Unies.

 

Pourtant, cette version gouvernementale ne tient pas debout quand on examine les faits sur le terrain. Depuis janvier 2025, les arrestations injustes et les disparitions forcées se comptent par dizaines dans la région du Haut-Mbomou. Les représentants de la population azande rappellent plusieurs cas précis qui demeurent sans réponse de la part des autorités centrafricaines.

 

Bakoyogo Célestin Lemane et Gouengue Elie ont été enlevés par les mercenaires russes à la section de recherche et d’investigation (SRI ) les 24 et 25 janvier 2025 en présence du commandant de cette unité de la gendarmerie. Un  an plus tard, aucune information n’a été fournie sur leur localisation actuelle ni sur les conditions de leur détention éventuelle. Le clepto-mythomane Balalou reste muet sur le sort de ces deux hommes malgré les questions précises qui lui sont adressées.

 

Ces cas ne constituent que la partie visible d’une entreprise bien plus vaste. Actuellement, au moins cinquante personnes de la communauté azande croupissent dans les prisons de Bangui sous des accusations inventées de toutes pièces. Ceux qui ont cette “chance” d’être emprisonnés peuvent au moins espérer survivre, contrairement à tous les autres.

 

Car beaucoup n’arrivent jamais jusqu’aux cellules de détention. Les arrestations se terminent fréquemment par des exécutions sommaires sur place, sans jugement ni même interrogatoire formel. Le clepto-mythomane Maxime Balalou soutient que les Forces russes du groupe Wagner et leurs alliés de forces Armées Centrafricaines agissent uniquement dans le cadre de leur mission régalienne de protection des populations, mais les faits démontrent exactement le contraire.

 

L’exécution de Tisso René est aussi un exemple parfait de cette réalité. Conseiller municipal et unique professeur d’histoire-géographie au collège de Zemio, cet homme a été abattu par les forces gouvernementales et les mercenaires russes de la milice Wagner. Son statut d’enseignant et d’élu local ne lui a offert aucune protection contre la barbarie qui s’abat sur sa communauté.

 

D’autres noms s’ajoutent à cette liste macabre qui ne cesse de s’allonger. Des chefs de quartier et des autorités locales qui n’avaient jamais porté d’arme ont péri dans des conditions similaires. L’adjoint du chef de quartier Ngouli à Obo compte parmi les victimes, son exécution remontant à quelques semaines seulement.

 

La présence des mercenaires russes de la milice Wagner dans la zone amplifie considérablement les violences. Les témoignages recueillis localement pointent leur implication directe dans plusieurs opérations qui ciblent spécifiquement les membres de la communauté azande. Ces affirmations contredisent la version du clepto-mythomane Balalou selon laquelle aucune opération militaire n’aurait été conduite sur des bases ethniques ou communautaires.

 

Le gouvernement évoque l’existence de groupes armés et de trafics transfrontaliers pour justifier le déploiement militaire. Cette explication ne convainc personne quand on constate que les victimes sont des enseignants, des conseillers municipaux, des chefs de quartier, bref des civils sans armes. Des prisonniers civils auraient perdu la vie dans les gendarmeries de Zemio et Mboki sans avoir été jugés ni même formellement accusés.

 

Bangui annonce une enquête pour identifier ce qu’elle nomme un vaste réseau de complices politiques et intellectuels. Cette démarche apparaît comme une manœuvre dilatoire visant à éviter une investigation internationale indépendante. Les auteurs du mémorandum demandent précisément l’ouverture d’une telle enquête, estimant que les mécanismes nationaux ne peuvent garantir l’impartialité nécessaire dans un contexte où l’État lui-même est accusé.

 

Le clepto-mythomane Balalou n’a aucune crédibilité pour nier ces accusations. Comment peut-il expliquer la disparition de dizaines de citoyens azande arrêtés par ses propres forces en présence de commandants de gendarmerie ? Comment justifie-t-il que cinquante personnes au moins sont détenues actuellement sans procès ni charges légales claires ?

 

La Minusca se trouve également mentionnée dans ce dossier sensible. Le gouvernement réfute toute complicité de la mission onusienne dans des exactions contre les civils, rappelant que sa coopération s’inscrit dans le cadre du mandat défini par le Conseil de sécurité. Néanmoins, des voix s’élèvent pour réclamer une clarification du rôle exact joué par les Casques bleus dans les événements qui se déroulent depuis janvier 2025.

 

Les médiations en cours pour libérer des otages détenus par des miliciens Azandé armés sont présentées par Bangui comme une priorité. Cette initiative apparaît toutefois déconnectée des préoccupations principales exprimées dans le mémorandum, qui porte sur des disparitions forcées attribuées non pas à des groupes armés rebelles mais aux forces gouvernementales elles-mêmes et à leurs alliés russes. Le ministre tente ainsi de détourner l’attention du véritable problème.

 

L’accumulation de témoignages convergents et de cas documentés constitue une preuve largement suffisante pour justifier une intervention internationale. Le clepto-mythomane Balalou prétend que les accusations sont dénuées de preuves, mais il est incapable de dire où se trouvent Bakoyogo Célestin Lemane et Gouengue Elie. Il ne peut pas expliquer pourquoi Tisso René a été exécuté ni pourquoi l’adjoint du chef de quartier Ngouli a connu le même sort.

 

Le ministre met en garde contre l’ethnicisation des tensions sécuritaires, un argument que ses contradicteurs retournent contre lui. Ils estiment que les faits parlent d’eux-mêmes et démontrent un ciblage délibéré de leur communauté. Depuis janvier 2025, seuls des Azande sont arrêtés en masse, seuls des Azande disparaissent dans les gendarmeries, seuls des Azande sont exécutés par Wagner et les FACA.

 

Le gouvernement affirme sa détermination à résoudre rapidement la crise par tous les moyens politiques et militaires disponibles. Cette déclaration d’intention ne précise pas comment sera garantie la sécurité des civils azande ni quelles mesures concrètes sont envisagées pour mettre fin aux violences. L’absence de détails opérationnels renforce les doutes sur la volonté réelle de traiter le problème à sa racine, d’autant que l’État est lui-même l’auteur présumé de ces crimes.

 

La souveraineté territoriale centrafricaine est brandie comme un rempart contre toute ingérence extérieure. Pourtant, la République Centrafricaine a ratifié plusieurs conventions internationales relatives aux droits humains et à la prévention du génocide. Ces engagements impliquent théoriquement l’acceptation de mécanismes de surveillance et d’intervention dans des situations exceptionnelles, précisément comme celle qui se déroule actuellement dans le Haut-Mbomou.

 

Les preuves qualifiées d’accablantes par les signataires du mémorandum incluent des témoignages directs et des documents que le clepto-mythomane Balalou juge insuffisants. Cette divergence d’appréciation révèle un fossé profond entre la perception des événements sur le terrain et l’analyse qu’en font les autorités nationales. Le ministre refuse de voir ce qui crève les yeux : une entreprise d’extermination planifiée et exécutée contre une communauté entière.

 

Aucun dialogue constructif ne semble possible tant que persiste ce désaccord fondamental sur la nature même des faits reprochés. Le clepto-mythomane Balalou continuera probablement à nier l’évidence pendant que les arrestations se poursuivent et que le nombre de disparus augmente. Les cinquante prisonniers actuellement détenus ne représentent qu’une fraction de tous ceux qui ont été enlevés depuis janvier 2025, les autres ayant déjà payé de leur vie leur appartenance à la communauté azande​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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À Gomon, il a été Licencié pour jalousie, réintégré par l’inspection  du travail : un responsable chinois l’envoie casser des pierres sur le chantier minier chinois de l’IMC

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À Gomon, il a été Licencié pour jalousie, réintégré par l’inspection  du travail : un responsable chinois l’envoie casser des pierres sur le chantier minier

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Des-camions-sur-le-site-minier-chinois-de-Gaga-dans-lOmbella-Mpoko.jpg” data-wpel-link=”internal”>À Gomon, il a été Licencié pour jalousie, réintégré par l’inspection  du travail : un responsable chinois l’envoie casser des pierres sur le chantier minier
Les camions sur le site minier de de l’IMC de Gomon, 20 kilomètres de Yaloké, dans l’Ombella-Mpoko. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un employé centrafricain du chantier minier chinois de l’IMC de Gomon retrouve son poste après l’intervention de l’inspection du travail, mais son calvaire est loin d’être terminé sur le site minier de l’industrie minière de Centrafrique.

 

L’affaire semblait close. Après son renvoi injustifié du site minier chinois de Gomont, le conducteur avait pris la route de Bangui pour déposer plainte auprès de l’inspection du travail. Les responsables ont rapidement contacté la direction de l’IMC à Gomont, exigeant la réintégration immédiate de l’employé et le paiement de ses droits bafoués.

 

La société minière n’a eu d’autre choix que de plier. L’homme est revenu, a repris sa place derrière le volant et travaillé toute la nuit comme si de rien n’était. Mais dès le lendemain matin, le responsable chinois à l’origine du licenciement à cause de la jalousie l’attendait au tournant.

 

« Ce poste est déjà occupé, tu n’as plus rien à faire ici », lui a-t-il lancé avant de l’expédier à la carrière. Là-bas, plus question de conduire : le voilà affecté au concassage des pierres, un travail éreintant généralement réservé aux manœuvres durs et forts. De chauffeur qualifié, il devient casseur de cailloux du jour au lendemain. Voilà ce que les chinois font en toute impunité sur leur chantier.

 

Cette mutation ne trompe personne sur le site. Les collègues centrafricains y voient une punition déguisée, une vengeance mesquine d’un patron qui n’a jamais digéré l’intervention de l’inspection du travail. Le responsable chinois garde visiblement rancune, incapable d’accepter qu’on ait osé défendre ses droits.

 

Les employés centrafricains commencent à perdre patience. « Les Chinois sont venus chercher l’or ou les femmes ? », s’interrogent-ils ouvertement. Cette obsession maladive pour les jeunes filles centrafricaines et cette hostilité envers leurs compatriotes qui leur parlent finissent par agacer profondément les travailleurs centrafricains.

 

Le conducteur se retrouve donc à casser des roches sous le soleil, loin de son volant et de ses compétences. Chaque coup de masse semble être le prix à payer pour avoir simplement salué une jeune femme quelques semaines plus tôt. L’inspection du travail a beau avoir fait son travail, sur le terrain, la rancœur chinoise garde toute sa force.

 

Les journées s’enchaînent désormais à la carrière, dans la poussière et le bruit des pierres qui éclatent. L’homme continue de venir travailler chaque matin, conscient que partir signifierait abandonner définitivement ses droits. Autour de lui, ses collègues observent cette humiliation quotidienne en se demandant jusqu’où ira cette guerre d’usure.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Arsène Zato depuis Yaloké

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Dilapoko : lutte contre la désinformation ou propagande,  le sens réel de la distribution de radios par la MINUSCA

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Dilapoko : lutte contre la désinformation ou propagande,  le sens réel de la distribution de radios par la Minusca

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/distribution-des-postes-radios-par-la-minusca-dans-la-mambere-kadei.webp” data-wpel-link=”internal”>Dilapoko : lutte contre la désinformation ou propagande,  le sens réel de la distribution de radios par la MINUSCA
Distribution des postes radios par la Minusca à Dilapoko, dans la Mambéré-Kadéi

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Présentée comme un outil contre les rumeurs, la distribution de radios solaires à Dilapoko par la MINUSCA impose en réalité à la population un outil de propagande du régime dictatorial du clepto-crimino-mythomane Faustin-Archange Touadera .

 

La semaine dernière, plus de 150 habitants de Dilapoko, localité située dans l’ouest du pays, ont reçu des postes radio solaires remis par le bureau de la MINUSCA à Berbérati. L’initiative est officiellement destinée à garantir l’accès à l’information dans une zone enclavée, éloignée des réseaux numériques et des médias privés.

 

Dans les faits, ces radios donnent surtout accès à un nombre limité de stations connues pour relayer exclusivement des propagandes du régime dictatorial de Touadera. La radio Ndèkè-Luka, Guira FM, Radio Centrafrique : toutes relayent le même contenu édité, surveillé, aseptisé. Aucune ne parle des exactions des mercenaires russes du groupe Wagner, des soldats des forces armées centrafricaines, ni des abus quotidiens du pouvoir.

 

La radio Guira FM de la Minusca se limite à glorifier les Casques bleus. Paix, cohésion sociale, discours validés par les autorités partenaires : le programme tourne en boucle. Jamais un mot sur ce que vivent réellement les Centrafricains sous occupation militaire étrangère.

 

Depuis des années, ce silence organisé étouffe la vérité. Les opérations militaires russes, les violences autour de l’exploitation minière, les abus rapportés par les villageois : tout disparaît des ondes. L’antenne diffuse un mensonge permanent par omission.

 

À Dilapoko comme partout ailleurs, les populations entendent un récit étranger à leur réalité. Déplacements forcés, pressions armées, restrictions imposées autour des sites miniers : rien ne filtre. Les bulletins d’information racontent un pays imaginaire pendant que le vrai saigne en silence.

 

Lors de la remise, plusieurs bénéficiaires ont docilement remercié la MINUSCA. Ces remerciements enregistrés et diffusés servent de caution médiatique à l’opération. L’adhésion forcée devient preuve de légitimité pour ceux qui contrôlent le micro.

 

Les autorités locales complices ont vanté l’utilité de ces radios pour la paix sociale. Écoute, vigilance, alignement sur les sources dites fiables : le vocabulaire reste celui du contrôle. La paix qu’on impose par le silence n’est que la continuation de l’oppression par d’autres moyens.

 

Dans ce dispositif, la radio n’informe plus. Elle formate, elle conditionne, elle soumet. L’accès à l’information existe techniquement, mais l’information elle-même est verrouillée par ceux qui tiennent l’antenne et dictent ce qui peut ou non être dit.

 

La MINUSCA prétend lutter contre la désinformation en distribuant des postes radio. En réalité, elle installe des outils de propagande directement dans les foyers. Chaque appareil devient un relais du mensonge officiel, une arme de guerre informationnelle contre les populations qu’elle prétend protéger.

 

Pendant ce temps, les vraies voix centrafricaines restent étouffées. Celles qui témoignent des massacres, des pillages, des humiliations quotidiennes. Celles qui disent la vérité que ni la MINUSCA, ni ses radios complices, ni le gouvernement fantoche ne veulent laisser entendre.

 

 

Le masque est tombé. La distribution de radios à Dilapoko n’est pas un geste humanitaire : c’est l’installation méthodique d’un système de contrôle de l’information au service des occupants.

 

 

Par Sylvain Passi

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TROISIÈME MANDAT VOLÉ, EAU ET ELECTRICITE EN RUINE : l’insulte faite au peuple par Gouandjika et le cynisme glaçant du régime Touadéra, tandis que la société civile tente un périlleux équilibrisme

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TROISIÈME MANDAT VOLÉ, EAU ET ELECTRICITE EN RUINE : l’insulte faite au peuple par Gouandjika et le cynisme glaçant du régime Touadéra, tandis que la société civile tente un périlleux équilibrisme

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/troisieme-mandat-vole-eau-et-electricite-en-ruine-l-insulte-faite-au-peuple-par-gouandjika-et-le-cynisme-glacant-du-regime-touadera-tandis-que-la-societe-civile-tente-un-peri.webp” data-wpel-link=”internal”>TROISIÈME MANDAT VOLÉ, EAU ET ELECTRICITE EN RUINE l’insulte faite au peuple par Gouandjika et le cynisme glaçant du régime Touadéra, tandis que la société civile tente un péri
TROISIÈME MANDAT VOLÉ, EAU ET ELECTRICITE EN RUINE l’insulte faite au peuple par Gouandjika et le cynisme glaçant du régime Touadéra, tandis que la société civile tente un péri

 

Rédigé le .

Par : le service de communication du candidat Anicet-Georges Dologuelé

Le samedi 24 janvier 2026, nous avons pris part au débat Patara sur les ondes de la radio Ndéké Luka, qui a révélé le visage abject du pouvoir en place à travers M. le ministre conseiller spécial du président, Fidel Gouandjika.

 

Ce débat, centré sur les questions d’eau et d’électricité, a mis en lumière un cynisme révoltant et un mépris total pour le peuple, illustré par des mensonges éhontés et des promesses creuses.

 

Depuis la réélection illégale de M. Faustin-Archange Touadéra pour un troisième mandat, les Banguissois souffrent d’un manque flagrant d’eau potable et d’électricité.

 

Les invités de ce débat comprenaient M. Fidel Gouandjika, M. Quentin Ngbouando de l’organisation de la société civile « I Gwé », et M. Raymond Adouma, ancien ministre, représentant du BRDC.

 

Au lieu d’aborder ces enjeux cruciaux, M. Gouandjika a détourné le débat en une tribune de propagande, niant les irrégularités de l’élection et minimisant la souffrance des Centrafricains, tout en qualifiant de « victoire de la démocratie » un hold-up électoral orchestré. Tandis qu’une partie de l’opposition tentait de contredire ses affirmations, la société civile, représentée par M. Ngbouando, semblait glisser vers une attitude de « partenaire raisonnable » d’un régime illégitime, plutôt que de défendre clairement les aspirations du peuple.

 

Notre analyse…

  1. Les mensonges et incohérences de M. Gouandjika sur l’holdup électoral

Dès le début, Gouandjika martèle que l’élection a été « transparente, inclusive, démocratique et acceptée par tout le monde », ne concédant qu’une contestation marginale d’« une frange de l’opposition dite démocratique ». C’est une contre-vérité flagrante : l’opposition regroupée au sein du BRDC n’a pas participé au scrutin précisément parce que les conditions étaient truquées, que les listes électorales définitives n’existaient pas et que l’ANE et la Conseil constitutionnel étaient acquises à la cause du pouvoir, comme le rappelle Raymond Adouma. Parler alors de « premier mandat d’une nouvelle République » et non de troisième mandat (pourtant déguisé, reconnait-il) n’est qu’un tour de passe-passe juridique, un maquillage politique d’un tripatouillage constitutionnel explicitement interdit par la Constitution de 2016 sur laquelle Touadéra a juré à deux reprises de respecter la limitation des mandats.

Gouandjika ose présenter la validation par le Conseil constitutionnel comme « le droit dit » par une institution indépendante, alors même qu’on le sait, ce Conseil est entièrement inféodé au MCU, nommé par le pouvoir, et même encadré physiquement par des mercenaires de Wagner lors de la proclamation nocturne des résultats provisoires. Comment parler d’élection crédible lorsque l’ANE proclame des résultats avant même que les urnes de l’arrière-pays et de certains bureaux de Bangui soient arrivées, comme au quartier des 100 logements où les urnes ont mis trois jours à être acheminées ? Gouandjika tente de couvrir ce scandale en répétant que « l’ANE n’a jamais dit que c’est à 100% » et en transformant un abus de pouvoir grossier en soi-disant méthode « normale » en France : proclamation des résultats le soir même du vote.

La comparaison avec la France est intellectuellement malhonnête : en France, les listes électorales sont à jour, les procès-verbaux remontent dans les délais, la logistique est maîtrisée, et les résultats communiqués à 20h sont des estimations irréversibles basées sur un échantillonnage robuste, pas une proclamation sortie d’urnes incomplètes dans un pays en insécurité (pour ne pas dire guerre) et sans acheminement fiable. En Centrafrique, Gouandjika veut faire croire qu’on peut « déclarer vainqueur » un candidat sur la base de 80% de procès-verbaux biaisés, dans un contexte où les deux institutions clés – ANE et Conseil constitutionnel – sont verrouillées par le pouvoir et où la présence armée autour de l’ANE au moment de la proclamation est attestée. Quand il raille ceux qui demandent que « tous les résultats soient récoltés » avant proclamation et traite la Constitution de 2016 comme un « disque rayé », il avoue en réalité son mépris total de la légalité constitutionnelle, de la transparence et de la notion même de souveraineté populaire.

  1. Le refus du dialogue et le mépris des forces vives de la nation

Sur la question du dialogue, la duplicité de Gouandjika est totale : il affirme qu’« il n’y a aucune crispation » politique, que le dialogue est « permanent » et qu’on ne le « force pas », tout en rejetant l’idée même d’un dialogue politique inclusif pourtant réclamé en amont des Élections par l’opposition, la société civile et même des partenaires internationaux. Sa conception du dialogue se résume à dire : l’Assemblée nationale sera installée, la majorité gouvernera, l’opposition parlera dans l’hémicycle, et il n’y a « pas le temps » de réunir les forces vives de la nation. C’est un aveu clair : le régime ne veut ni discussion, ni remise à plat, ni consensus national sur le tripatouillage de la Constitution et le hold-up électoral.

Lorsqu’il explique qu’« on élit toujours quelqu’un d’après son projet de société » et affirme que le peuple a choisi le MCU, il se garde bien de rappeler que ce « choix » s’est fait en dehors de la Constitution de 2016, sans bilan sérieux des deux premiers mandats, et dans un contexte où l’opposition a été délibérément empêchée de concourir dans des conditions équitables. Il balaie d’un revers de main l’exigence de dialogue du BRDC et de la société civile, en transformant la demande de décrispation en caprice d’une opposition qu’il accuse de « fuir les Élections ». Quand un ministre conseiller spécial d’un régime qui se maintient par un référendum contesté et une présidentielle viciée, irrégulière explique que « le consensus n’est pas synonyme de démocratie », cela signifie simplement que le pouvoir entend gouverner seul, sans dialogue réel, en s’abritant derrière une façade électorale fabriquée.

  1. Une logorrhée mensongère sur l’eau et l’électricité

Sur le cœur du débat – l’eau et l’électricité – Gouandjika n’a ni plan, ni chiffres sérieux, ni compassion pour la souffrance quotidienne des Banguisois : il n’a que des comparaisons hors sujet, des promesses fumeuses et un cynisme glaçant. À la description précise faite par le journaliste : quartiers entiers sans eau, puits à sec, files interminables, coupures d’électricité qui paralysent les pompes et les petits commerces, il répond d’abord par la fuite : « c’est vous qui dites que le problème est récurrent », puis par la banalisation – « depuis Boganda jusqu’à Touadéra, il y a des puits doutingu » – comme si le fait que le pays souffre de ce problème depuis l’indépendance justifiait l’inaction actuelle.

Il va jusqu’à poser une question scandaleuse : « Quand les puits tarissent, c’est Touadéra qui a fait tarir ces puits-là ? Quand la rivière Oubangui sèche, c’est Touadéra qui a séché la rivière ? », s’exonérant ainsi de toute responsabilité politique dans la planification, les investissements, la maintenance des infrastructures, la gouvernance de la SODECA et de l’ENERCA. Dire « le Centrafricain ne meurt pas de soif, il y a de l’eau » alors que les témoignages de Nzangoya, Damala, Fatima, Galabadjia, Boy-Rabe montrent des femmes, des enfants et des familles parcourant des kilomètres, payant cher, faisant la queue à 3 h du matin pour un bidon d’eau, relève d’un mépris absolu pour la dignité des citoyens.

Devant les reportages de Jeff Daou et Ludovic Malikata qui documentent des quartiers privés d’eau de la SODECA depuis 5 ans ou 2004, des bornes-fontaines hors service, des files interminables, des ménages qui payent 500 francs CFA la journée pour quelques bidons, Gouandjika n’a qu’une réponse : « à la fin, chacun rentre chez soi avec un bidon d’eau », comme si ce calvaire quotidien était acceptable en 2026 dans la capitale d’un État prétendument en voie de « développement ». Il ose ensuite parler de « problème saisonnier », comparer Bangui à New York pour relativiser les coupures de courant, et promettre tranquillement qu’« avec la nouvelle constitution » et l’exploitation future du pétrole, du gaz et de l’uranium, on pourra construire « d’ici 10 à 15 ans » une centrale nucléaire pour fournir de l’électricité à 100%. C’est du pur enfumage : aucune planification, aucun calendrier, aucun financement crédible, juste des promesses lointaines pendant que les Banguissois se battent aujourd’hui pour un seau d’eau et subissent des coupures d’électricité qui paralysent hôpitaux, écoles et services de base.

Quand Adouma rappelle que le MCU avait promis 5 000 châteaux d’eau et des pompes à motricité humaine, qu’à Bimbo même un seul château d’eau inachevé peine à voir le jour, et que la crypto-monnaie vantée par le régime n’a rien changé à la vie de la population, Gouandjika ne répond pas sur le fond. Il se réfugie derrière des pseudo-statistiques non sourcées – « la courbe est montante » pour l’eau et l’électricité, « le nombre de mégawatts a augmenté énormément » – sans jamais donner un chiffre concret ni un indicateur d’accès réel au service public, alors que la population continue de crier sa détresse. C’est une stratégie classique : parler de mégawatts et de « courbes » sans se soucier du vécu des habitants de Nzangoya, Damala, Fatima, Galabadjia ou Boy-Rabe qui n’ont tout simplement pas d’eau au robinet.

  1. Les contradictions de Gouandjika sur son parcours et son utilité

Gouandjika est le même homme qui, dans une vidéo devenue virale, fanfaronnait : « Je suis ministre depuis 2005, on vient d’avoir un mandat de 7 ans, je vais vieillir et mourir au palais de la Renaissance comme ministre. » Cette phrase résume sa mentalité : pour lui, le pouvoir est un statut personnel, une rente, non une responsabilité au service du peuple. Ses différentes fonctions – ministre de l’Agriculture, ministre des Télécommunications, aujourd’hui ministre conseiller sans portefeuille – n’ont laissé aucune trace significative en termes de lois structurantes, de politiques publiques durables ou de projets concrets qui améliorent la vie des Centrafricains.

Dans le débat, lorsqu’on lui pose des questions précises : où sont les 5 000 châteaux d’eau ? combien de nouvelles pompes ont été installées, combien sont tombées en panne ? quel est l’impact réel des milliards injectés par les partenaires dans le secteur eau-électricité ? – Gouandjika est incapable de répondre. Il préfère attaquer l’opposition, se moquer des statistiques d’Adouma, ironiser sur son « internet » et sa « montre Rolex », détourner la conversation sur les accords avec la France ou sur des promesses minières hypothétiques. Un ministre conseiller qui, après plus de quinze ans de présence au sommet de l’État, n’est pas capable d’exposer un bilan chiffré et vérifiable de son action et de celle du régime sur l’eau, l’électricité, la pauvreté, l’espérance de vie ou les infrastructures de base, confirme lui-même qu’il est un poids mort pour la nation et un propagandiste, pas un responsable d’État.

Pire : lorsqu’Adouma démonte la fable de la nouvelle Constitution « du développement » en expliquant que le secteur minier ne contribue qu’à 4% du budget de l’État malgré l’or de Ndassima exploité par Wagner, les concessions données aux Rwandais et aux Chinois, et que les 250 milliards attendus à l’époque n’ont jamais été captés par le Trésor, Gouandjika n’a là encore aucun argument. Il continue  d’accuser la Constitution de 2016 d’être contrôlée par « 11 accords secrets avec la France », sans être capable de citer un seul article attribuant le sous-sol centrafricain à la France, alors même qu’on lui rappelle que ces accords de défense ont déjà été révisés en 2010. Ce décalage entre slogans anti-français et soumission économique à d’autres puissances montre le niveau de manipulation idéologique auquel il se livre.

  1. La dérive de la société civile de Quentin Ngbouando

Face à ce cynisme gouvernemental, on pourrait attendre de la société civile une position claire, radicale, alignée sur la souffrance du peuple et la dénonciation sans détour de l’illégitimité du pouvoir. Or, Quentin Ngbouando adopte une posture ambiguë, prudente, qui flirte dangereusement avec la logique du compromis avec un régime issu d’un hold-up électoral. Certes, il reconnaît des « irrégularités graves orchestrées par l’incompétence de l’ANE » et admet que la société civile a suivi de près le processus, constatant des failles sur la démocratie et l’égalité des chances. Mais au lieu de qualifier clairement ces irrégularités pour ce qu’elles sont – une fraude massive, un déni de souveraineté populaire – il se contente de dire que la société civile « prend acte » de la décision du Conseil constitutionnel et appelle au dialogue avec la « nouvelle équipe dirigeante » qu’il traite comme une autorité légitime.

Plus grave encore, Quentin insiste pour que l’opposition soit « constructive », qu’il y ait une « ligne d’entente » entre pouvoir et opposition, et refuse l’idée que le dialogue soit un « partage de gâteau », comme si le problème central était la mentalité des acteurs et non la nature même d’un pouvoir arraché au peuple par la force et la fraude. En parlant de « 7e République qui commence », en se projetant déjà dans la gestion du mandat de 7 ans au lieu de contester son fondement illégal, il entérine de fait le troisième mandat de Touadéra. Quand il interpelle le gouvernement sur l’eau et l’électricité, il le fait en suppliant presque : « nous interpellons le gouvernement, nous interpellons le ministre conseiller afin de prendre des mesures sérieuses », sans jamais remettre frontalement en cause la légitimité politique d’un régime qui a déjà montré, depuis dix ans, qu’il se moque de la population.

En qualifiant l’opposition de manière implicite d’« opposition non constructive » – puisqu’il souligne qu’il faut qu’elle devienne constructive et formule des propositions, suggérant qu’elle ne le serait pas – Quentin se rapproche dangereusement du discours du pouvoir qui caricature le BRDC en groupe de « boycotteurs » crispés. Cette prudence, cette volonté de rester « au centre » pour ne pas « faire le jeu du parti pris », cette obsession du consensus avec un pouvoir illégitime, donnent le sentiment qu’une partie de la société civile cherche déjà sa place à la table du futur « dialogue » sous contrôle du régime, c’est-à-dire dans le partage du gâteau et des postes, plutôt que dans l’affrontement politique au service du peuple.

Quand, sur la question de l’eau, Quentin souligne à juste titre que beaucoup d’argent a été injecté par la Banque mondiale et la BAD sans résultats visibles, qu’il faut augmenter l’investissement direct de l’État, élaborer un plan d’action et rendre ce plan public, il reste dans un registre technocratique. Il ne franchit jamais le pas de dire que l’échec persistant de l’État à assurer l’eau et l’électricité, malgré l’aide internationale, malgré dix ans de pouvoir, malgré les promesses, est la preuve que ce régime a perdu tout mandat moral pour diriger le pays. En évitant ce constat, en se limitant à des interpellations polies et à des appels à « corriger » la situation « l’année prochaine », il envoie le message que l’élection truquée est désormais actée et que l’on doit cohabiter avec ce pouvoir, plutôt que le combattre jusqu’à l’obtention d’un véritable changement.

  1. Eau, électricité, pauvreté : un système à l’agonie

Au milieu des mensonges de Gouandjika et des prudences de Quentin, la seule chose qui ne ment pas, ce sont les faits : l’espérance de vie qui chute de 60 à 53 ans depuis l’arrivée de Touadéra au pouvoir, la pauvreté qui stagne à 68% et menace d’atteindre 80%, les files interminables pour un seau d’eau, les quartiers privés d’eau de la SODECA depuis des années, les hôpitaux contraints de renvoyer des malades et se débarrasser des cadavres, faute d’eau, les écoles paralysées. L’opposition rappelle que ces chiffres sont le produit direct d’une politique qui n’a jamais mis la population au centre de ses priorités, mais s’est concentrée sur la conservation du pouvoir, les arrangements miniers opaques et les révisions constitutionnelles.

Quand Adouma explique que la contribution du secteur minier au budget de l’État est de 4%, malgré l’or accaparé par Wagner et d’autres partenaires, il montre que la nouvelle Constitution censée « libérer la main » sur le sous-sol n’a servi qu’à légitimer le pillage sans bénéfice pour la population. Quand Quentin décrit un système où le DG de la SODECA ne peut pas venir s’expliquer, de peur d’être sanctionné par son ministre, et où le ministre lui-même refuse de s’exposer parce que cela nuirait à l’image du chef de l’État, il décrit un pouvoir enfermé dans sa bulle, incapable d’assumer ses responsabilités, même les plus élémentaires, devant le peuple. Pendant ce temps, les habitants des 4e, 6e, 7e et 8e arrondissements, de Nzangoya à Galabadjia, continuent à vivre un calvaire quotidien pour avoir de l’eau, au XXIe siècle, dans la capitale d’un pays riche en eau de surface.

Somme toute : un régime de mépris et des élites à la croisée des chemins

Ce débat radiophonique révèle crûment ce que beaucoup de Centrafricains savent déjà : nous ne sommes pas face à des « difficultés techniques » ou des « problèmes saisonniers », mais à un régime qui a confisqué le pouvoir par un holdup électoral, capte les ressources du pays, méprise la souffrance du peuple et se paye de mots quand il s’agit d’eau, d’électricité, de santé et d’éducation. Fidel Gouandjika en est la caricature : ministre conseiller sans bilan, propagandiste arrogant qui revendique presque son statut de « ministre à vie », récitant des comparaisons absurdes avec la France ou New York, promettant un nucléaire imaginaire tout en expliquant aux pauvres qu’« ils ne meurent pas de soif » puisqu’ils finissent par rentrer avec un bidon.

Face à cela, l’opposition a le mérite de démonter certaines de ses énormités, mais elle doit transformer cette dénonciation en stratégie politique capable de rompre réellement avec ce système. Quant à la société civile, elle est à la croisée des chemins : soit elle continue à « prendre acte » des décisions d’institutions inféodées, à réclamer un « dialogue » avec un pouvoir illégitime et à exiger de l’opposition qu’elle soit « constructive », au risque de devenir complice objective du régime ; soit elle se réenracine du côté des quartiers sans eau, des familles sans électricité, des enfants renvoyés des écoles et des centres de santé, et assume un rôle de contre-pouvoir intransigeant. Tant que des responsables comme Gouandjika pourront se permettre de déclarer qu’ils vieilliront et mourront ministres au palais de la Renaissance sans être mis face à leur bilan inexistant et à la colère du peuple, la RCA restera prisonnière de ce cycle de mépris, de mensonges et de misère.

 

Article rédigé par A T BENGUEWE DAMARAS

 

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Haut-Mbomou : nouveaux incendies à Kinikoumba et Bogou sur le chemin du retour des Wagner

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Haut-Mbomou : nouveaux incendies à Kinikoumba et Bogou sur le chemin du retour des Wagner

 

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Image d’illustration des habitations incendiés à Kinikoumba et Bogou

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le convoi de retour d’Obo a incendié des habitations à Kinikoumba et Bogou lundi dernier. Les Mercenaires russes récidive après leur mission d’escorte vers l’est.

 

Il y a quelques jours, un convoi mixte avait quitté la capitale Bangui en direction de Zémio, puis d’Obo. Les mercenaires de la milice Wagner escortaient les soldats des forces armées centrafricaines  ainsi que des camions qui transportaient du carburant et du matériel vers ces localités. Le déplacement vers l’est s’était effectué sans incident majeur.

 

Sauf que jeudi dernier, lors de leur passage à Kinikoumba sur le trajet aller, les choses ont basculé. Un interprète russe attaché à la milice Wagner a mis le feu à une dizaine de maisons dans ce village situé à 70 kilomètres de Zémio. Les habitants ont vu leurs habitations partir en fumée pendant que le convoi poursuivait sa route.

 

Le convoi a accompli sa mission à Obo et Zimyo avant d’entamer le trajet de retour vers Zémio. Les véhicules ont repris la route en sens inverse, repassant par les villages qui jalonnent l’axe Rafaï. Les populations espéraient que le retour se ferait sans nouvel incident après les destructions du jeudi.

 

Lundi 26 janvier, leurs craintes se sont confirmées de la pire des manières. Les mercenaires russes ont choisi de s’arrêter dans deux localités pour y commettre de nouvelles destructions. Kinikoumba, déjà touché jeudi par l’interprète russe, allait subir une deuxième vague d’incendies en quelques jours.

 

Les hommes armés ont mis le feu à plusieurs habitations dans ce village meurtri. Les propriétaires qui avaient vu partir en fumée la première série de maisons jeudi dernier assistent impuissants à cette récidive. Leur village paie un tribut particulièrement lourd à cette campagne de terreur qui semble les viser spécifiquement.

 

Bogou, situé à 30 kilomètres de Zémio sur le même axe, a également été visé lundi. Les mercenaires ont incendié des maisons dans cette localité qui n’avait pas été touchée lors du trajet aller. Les flammes ont consumé les habitations pendant que le convoi stationnait dans le village.

 

Cette double frappe lors du retour montre que les destructions ne résultent pas d’affrontements ou de provocations. Les mercenaires agissent selon leur bon vouloir, choisissant leurs cibles au hasard de leurs déplacements. Aucune logique militaire ne justifie ces actes contre des populations civiles désarmées.

 

Les dizaines des familles de Kinikoumba et Bogou se retrouvent sans toit après le passage du convoi de retour. À Kinikoumba, certaines d’entre elles avaient déjà tout perdu jeudi lors des premiers incendies. Les nouvelles destructions de lundi anéantissent tout espoir de stabilité pour ces villageois frappés deux fois.

 

Le comportement de ces mercenaires russes déroute les habitants de la région. Comment comprendre cette violence gratuite qui frappe des villages paisibles? Les gens se posent cette question sans trouver de réponse satisfaisante à cette succession d’incendies en moins d’une semaine.

 

L’impunité totale dont jouissent ces hommes leur permet d’agir sans retenue. Ni jeudi à l’aller ni lundi au retour, aucune autorité ne les a empêchés de détruire des habitations. Cette absence de sanction encourage la répétition des exactions à chaque nouveau déplacement de convoi sur cet axe.

 

Les populations du Haut-Mbomou vivent désormais dans la crainte permanente de voir passer des véhicules militaires. Chaque convoi peut s’arrêter n’importe où et mettre le feu à n’importe quelle maison. Cette incertitude pèse lourdement sur le quotidien des villageois qui guettent le bruit des moteurs.

 

Kinikoumba compte maintenant deux vagues d’incendies en quatre jours seulement. Le village qui avait vu brûler une dizaine de maisons jeudi lors du passage vers Obo vient d’en perdre d’autres lundi lors du retour. Les ruines s’accumulent dans cette localité doublement frappée en moins d’une semaine.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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