Enquête exclusive du CNC : comment le général Bienvenu Zekoué, directeur général de la police, a organisé l’assassinat du policier de l’OCRB qui en savait trop sur la prétendue évasion de Nourd Gregaza
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La rédaction du CNC a mené une enquête exclusive qui pointe directement le général Bienvenu Zekoué dans la mort d’un policier de l’OCRB, éliminé par les mercenaires russe de la milice Wagner.
Tout commence autour du 14 et 15 décembre, lorsque le parquet de Bangui annonce publiquement l’évasion du détenu Nourd Gregaza , gardé à l’Office Central pour la Répression du Banditisme depuis le 7 juillet 2025. Cette annonce va déclencher une série d’événements que personne dans les familles concernées n’avait anticipée. À peine la nouvelle rendue publique, les mercenaires russes du groupe Wagner se déploient dans la ville et commencent à interpeller les proches de monsieur Nourd Gregaza.
C’est ainsi que deux sœurs et un frère de Nourd Gregaza sont arrêtés sans mandat apparent, pendant que trois policiers qui assuraient la garde ce jour-là à l’OCRB subissent le même sort. Ces trois agents sont transférés à la Section des Recherches et d’Investigations, la SRI, où ils sont placés en garde à vue. Jusque-là, la procédure semblait suivre un cours ordinaire, mais ce qui allait se passer ensuite allait tout changer.
Quelques heures à peine après leur placement en détention à la SRI, les mercenaires russes de la milice Wagner font irruption à la SRI et repartent avec les trois policiers, ainsi qu’une sœur de Nourd Gregaza , Annie, elle-même policière.
Ce retour précipité des Wagner dans les locaux de la gendarmerie interpelle, car rien dans la procédure légale ne leur accordait ce droit. Quatre ou cinq jours plus tard, la sœur policière, Annie, est relâchée, mais les trois agents de l’OCRB, eux, disparaissent dans la prison privée du groupe Wagner.
Ce lieu de détention, que beaucoup à Bangui connaissent déjà de réputation, n’est soumis à aucun contrôle judiciaire centrafricain. C’est dans cet endroit que le sort de l’un des trois policiers va basculer définitivement. Le 16 janvier, le directeur général de la police convoque les familles de l’un d’eux et leur remet froidement un million de francs, en leur annonçant que leur proche est mort.
Il leur demande d’utiliser cet argent pour payer le transport du corps et organiser l’enterrement, comme si la chose était réglée et classée. Les familles, abasourdies par cette annonce, ont tout d’abord refusé l’argent, et réclament par la suite des comptes : comment un homme arrêté et gardé sous surveillance peut-il mourir sans que personne n’ait été prévenu ? La pression monte rapidement, et le corps finit par être restitué après un bras de fer douloureux.
Il faut le rappeler, ce policier tué n’était pas un inconnu dans les rangs de la police nationale. C’était un ancien auxiliaire à l’OCRB qui avait attendu de longues années avant d’être officiellement intégré, il y a près de deux ans, au sein de la promotion dite « persévérance». Un homme qui venait tout juste de commencer sa carrière officielle, et qui allait la terminer dans les geôles de la milice russe.
C’est là que l’enquête du CNC prend une dimension particulièrement accablante pour le général Bienvenu Zekoué.
Selon les éléments recueillis par la rédaction, c’est le directeur général de la police en personne qui aurait confié à ce policier une mission précise : celle de laisser filer le détenu Nourd Gregaza . Le policier, habitué à obéir à sa hiérarchie, aurait suivi les instructions sans mesurer le piège qui se refermait sur lui.
Lorsque l’évasion a éclaté au grand jour et que les arrestations ont commencé, ce policier est devenu le maillon le plus dangereux de toute la chaîne. Il connaissait le nom de celui qui avait donné l’ordre, il pouvait parler, témoigner, nommer. Pour le général Bienvenu Zekoué, laisser cet homme s’exprimer devant des enquêteurs ou un tribunal représentait un risque qu’il n’était pas prêt à courir.
C’est à ce moment précis qu’il aurait actionné ses contacts au sein du groupe Wagner, avec lesquels il entretient des liens étroits, des liens qui remonteraient jusqu’à sa propre nomination à la tête de la police nationale. Les mercenaires sont retournés à la SRI, ont récupéré le policier, et l’ont fait disparaître avant qu’il ne puisse dire un seul mot. Le million de francs remis à la famille n’était qu’une tentative d’acheter le silence de ceux qui restaient.
Par Gisèle Moloma
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)