À quelques mois de sa nomination, le directeur par intérim plonge l’ÉNERCA dans une faillite totale : vol, détournement, corruption, népotisme au quotidien
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’ÉNERCA, société publique chargée d’alimenter la République centrafricaine en électricité, vit aujourd’hui une débâcle financière grave, pendant que Bangui continue de croupir dans l’obscurité totale.
Pour être clair, il faut comprendre que l’ÉNERCA n’a jamais été une société facile à diriger. Entre le manque d’infrastructures, les dettes accumulées et une clientèle parfois récalcitrante, la pression sur sa direction a toujours été forte. Mais ce que vit la société aujourd’hui dépasse largement les difficultés ordinaires d’une entreprise publique dans un pays sous- développé.
Depuis la nomination du nouveau directeur général par intérim, la situation a pris une tournure bien plus inquiétante. En quelques mois à peine, la société s’est retrouvée les caisses complètement à sec, incapable d’honorer ses engagements les plus élémentaires. Ce qui aurait dû être un redressement est devenu un naufrage total.
C’est dans ce contexte pesant que le mardi 25 février 2026, aux alentours de 6 heures du matin, le directeur général par intérim débarque en urgence au siège de l’ÉNERCA. Il ne monte pas dans son bureau. Il reste à l’entrée, et intercepte un à un chaque technicien qui arrive à la prise de service.
Ce geste inhabituel cache une réalité sombre que le directeur général va leur annoncer franchement. Réunis à la va-vite devant les locaux, les techniciens apprennent de leur propre Directeur général que la société n’a plus d’argent en caisse. Zéro franc dans les comptes bancaires. La direction ne peut plus payer, ne peut plus fonctionner normalement, et cherche une sortie de crise en urgence.
Face à ce vide financier d’urgence, la décision prise par le directeur général par intérim est aussi radicale qu’expéditive. Il a décidé ceci :
Tous les techniciens, sans exception, doivent descendre sur le terrain ce jour même pour forcer les clients mauvais payeurs à régler leurs factures en retard. Même les agents financés par la Banque mondiale dans le cadre d’un projet distinct sont embarqués dans cette opération.
Pour s’assurer que personne ne résiste, la direction mobilise en renfort des éléments de la police militaire. Techniciens et militaires partent ensemble dans les quartiers, en commençant par la zone commerçante derrière le stade 20 000 places de Bangui, où plusieurs marchands utilisent l’électricité depuis des mois sans payer. Une opération montée en quelques heures, sur fond de caisse vide.
Ce tableau suffit déjà à mesurer l’ampleur de la déroute. Mais ce qui rend cette affaire encore plus difficile à avaler, c’est ce qui se passe en parallèle du côté des dépenses. Car pendant que la direction crie à la pauvreté, elle a fait un choix financier que personne ne comprend.
Le site de Boali, situé à 95 km de Bangui et principal fournisseur d’énergie de la capitale, est en panne depuis un moment. Pour le réparer, l’ÉNERCA a sollicité des devis auprès de prestataires, conformément aux règles de passation de marchés. Deux sociétés ont répondu : la première a proposé 85 millions de francs CFA, la seconde a réclamé 283 millions de francs CFA.
Or, au lieu de retenir l’offre la moins chère, la direction a délibérément choisi celle à 283 millions. Aucun critère technique sérieux n’a été avancé pour justifier ce choix. Aucune explication officielle. Juste une décision prise dans l’ombre, qui creuse un écart inexpliqué de près de 200 millions de francs CFA.
C’est précisément cet écart qui nourrit aujourd’hui les soupçons les plus lourds. Dans un contexte où la société dit ne plus avoir un franc, choisir le devis le plus cher sans raison avouable ressemble moins à une erreur de gestion qu’à une manœuvre délibérée pour faire sortir de l’argent par la mauvaise porte.
Pendant ce temps, Bangui continue de vivre dans le noir. Les coupures d’électricité s’enchaînent, les ménages s’épuisent, les petits commerces perdent des revenus chaque jour. Et les techniciens de l’ÉNERCA, eux, patrouillent avec des militaires dans les rues pour renflouer une caisse que certains, visiblement, n’ont pas fini de ponctionner.
Par Gisèle MOLOMA
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)