Dans les coulisses de la bataille sans merci pour le perchoir de l’Assemblée nationale centrafricaine : Ngamana, Piri, Sarandji et d’autres se battent au conseil constitutionnel
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le scrutin groupé du 28 décembre 2025 a à peine refermé ses urnes que la compétition pour diriger l’Assemblée nationale a déjà pris une tournure féroce, avec des manœuvres souterraines qui mettent à nu les rouages d’un pouvoir bâti sur la corruption et la criminalité.
Au cœur de cette offensive, un homme, un faussaire bien connu, monsieur Évariste Ngamana, ancien chef milicien, premier vice-président sortant de l’Assemblée nationale et titulaire de faux diplômes, nourrit depuis le début de la septième législature une ambition dévorante : s’emparer du perchoir. Faute d’avoir pu y accéder lors de son premier mandat, il a compensé son échec en achetant les suffrages de ses collègues pour se maintenir cinq années entières à son poste de vice-président, un poste qui, au fond, ne lui suffit pas.
Pour préparer sa conquête du fauteuil de président de l’Assemblée, Ngamana a commencé bien avant le jour du vote. Il a fait placer sa maîtresse, directrice des services informatiques, au sein de l’Autorité nationale des élections, transformant ainsi cet organe censé garantir la transparence en un instrument au service de ses propres desseins. Cette dame, dont les commissaires électoraux ont eux-mêmes demandé le limogeage après l’avoir prise en flagrant délit de manipulation des données, a gonflé les scores de candidats acquis à la cause de Ngamana, tandis qu’elle faisait disparaître les voix d’autres.
Installée à ce poste stratégique, Huguette Yolande Ndindy a fait ce pour quoi elle avait été placée là. Elle a gonflé les scores de candidats acquis à la cause de Ngamana, tandis qu’elle faisait disparaître les voix d’autres, le tout sans aucun fondement dans les procès-verbaux officiels. Les commissaires électoraux l’ont prise les mains dans le sac, et leur décision a été immédiate : ils ont réclamé à l’unanimité son limogeage sur-le-champ.
Le président de l’ANE avait d’abord validé cette révocation avec une célérité remarquable, non sans arrière-pensée. Car lui aussi avait jadis tenté d’approcher madame Ndindy, sans succès. La directrice avait préféré l’alliance avec Ngamana, et cette humiliation personnelle n’avait jamais été digérée. Le scandale électoral lui offrait donc une belle occasion de régler ses comptes. Mais le président Touadéra est intervenu pour bloquer la procédure et maintenir Huguette Yolande Ndindy en poste, sans même réaliser qu’il servait, ce faisant, les calculs personnels de Ngamana.
Car Ngamana manipule le chef de l’État avec une habileté redoutable, lui faisant croire qu’il agit dans l’intérêt général, alors qu’il construit patiemment sa propre ascension. Malgré ces montages, le nombre de députés favorables à Ngamana n’a pas atteint le seuil espéré à l’issue des élections. Il a donc fallu aller chercher des voix supplémentaires ailleurs, et le chemin naturel était celui du Conseil constitutionnel. Des appels répétés, insistants, ont alors déferlé sur le président de cette juridiction, le professeur Jean-Pierre Waboué que l’on pressait de valider des candidats rejetés ou d’invalider des candidats légitimes.
Malgré ces montages, le nombre de députés favorables à Ngamana n’a pas atteint le seuil espéré à l’issue des élections. Il a donc fallu aller chercher des voix supplémentaires ailleurs, et le chemin naturel était celui du Conseil constitutionnel. Des appels répétés, insistants, ont alors déferlé sur le président de cette juridiction, le professeur Jean-Pierre Waboué, que l’on pressait de valider des candidats rejetés ou d’invalider des candidats légitimes pour modifier la composition de l’Assemblée.
Jean-Pierre Waboué a d’abord tenu bon. Il a dit clairement que les manipulations déjà faites étaient suffisantes, qu’il ne pouvait plus aller au-delà. Il a même cessé de décrocher le téléphone lorsque Touadéra et Ngamana l’appelaient, préférant couper les ponts plutôt que de continuer à s’enfoncer. Devant ce blocage, Ngamana et Touadéra ont changé de méthode : plutôt que de convaincre le président du Conseil constitutionnel, ils ont travaillé les juges membres, les menaçant ou les achetant pour constituer une majorité interne qui passe outre la réserve du président.
Ce basculement au sein du Conseil constitutionnel a produit ses effets. Des candidats indépendants, certains n’ayant même pas franchi le cap du premier tour, ont été validés. D’autres, légitimement élus, ont été écartés. Le cas de Bouar 1, circonscription où Fleury Pabandji, très hostile à Sarandji, a été propulsé par ce mécanisme, illustre à lui seul l’ampleur du détournement. La cible prioritaire de Ngamana dans cette opération, ce sont les candidats indépendants qui ont préféré ne pas rejoindre le MCU officiel, des profils qu’il juge plus malléables et moins attachés à Simplice Mathieu Sarandji, le président sortant de l’Assemblée.
Car Sarandji est bien l’un de ses adversaires dans cette bataille. Longtemps pressenti pour quitter l’Assemblée afin d’accéder à la vice-présidence de la République, il a finalement opéré un demi-tour et dit vouloir rester au perchoir. Cette volte-face a irrité Ngamana, qui a aussitôt déclaré qu’il allait l’écraser dans les urnes internes. L’autre compétiteur de poids est Bertrand Arthur Piri, ministre actuel de l’énergie et neveu du président, qui lorgne lui aussi le perchoir avec une détermination affichée.
À ce jour, Ngamana revendique le soutien de cinquante députés acquis à sa cause, et il espère encore en rallier jusqu’à cent avant le vote décisif, ce qui lui garantirait une victoire nette face aux quarante voix restantes. Mais la politique n’est pas un registre figé : les allégeances achetées hier peuvent se revendre demain, et les députés qu’il croit tenir fermement dans sa poche pourraient bien lui réserver des surprises.
Par Alain Nzilo
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
