À Ndachima, un artisan minier décrit le travail sous la menace permanente autour du site contrôlé par les Russes
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Ndachima, village minier situé à une soixantaine de kilomètre de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, les jeunes centrafricains continuent de chercher de l’or dans une zone désormais sous contrôle russe, malgré plusieurs morts enregistrées chaque jour. Ibrahim, artisan minier né dans ce village, raconte pourquoi les habitants persistent à exploiter les déchets rejetés par les machines russes, au péril de leur vie.
Suivez ci-dessous son interview intégrale conduite par l’un des journalistes de Corbeau News Centrafrique (CNC).
CNC : Bonjour Monsieur Ibrahim. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Ibrahim : Je m’appelle Ibrahim. Je suis artisan minier. Je suis né ici à Ndachima en 1991. Après mes études primaires à Ndachima, je suis allée au lycée de Bambari, j’ai abandonné en classe de seconde et je suis revenu au village.
CNC : Quelle est exactement votre activité aujourd’hui ?
Ibrahim : Comme la majorité des jeunes d’ici, je suis sur les chantiers miniers. Nous cherchons de l’or tous les jours.
CNC : Ndachima enregistre des morts quotidiennes autour du site minier. Pourquoi rester malgré ce danger constant ?
Ibrahim : Nous sommes nés ici, nous avons grandi ici. Nos grands-parents travaillaient déjà sur ces mines, nos parents aussi. C’est la seule activité possible dans ce village. Mais ce qui se passe aujourd’hui est complètement différent de ce que nous avons connu. Les terres que nos parents exploitaient ont été vendues. Maintenant, ce sont les Russes qui contrôlent tout.
CNC : Qu’est-ce qui a précisément changé depuis que les Russes ont pris le contrôle du site ?
Ibrahim : Ils ont tout verrouillé. Nous n’avons plus aucun accès. Lorsqu’ils creusent, ils enlèvent d’abord les couches de terre inutiles avant d’atteindre le gravier qui contient l’or. Ces déchets, ils les rejettent à environ trois kilomètres de leur base. Et nous, c’est sur ces tas rejetés que nous allons récupérer ce qui peut rester.
CNC : Combien de grammes pouvez-vous trouver dans une journée de travail ?
Ibrahim : Souvent rien. Tu peux transporter plusieurs sacs, les laver et ne rien obtenir. Mais parfois, tu peux trouver l’équivalent d’une petite tête d’allumette d’or. On vend ça entre 4000 et 5000 francs CFA. C’est ce qui permet de nourrir nos familles.
CNC : Pourquoi les Russes vous interdisent-ils de fouiller ces déchets alors qu’ils les ont déjà rejetés ?
Ibrahim : On ne sait pas. Si un Russe te voit, il tire. Directement. Ils tuent sans hésiter. On a connu ici des Français, des Sud-Africains, des Canadiens. Jamais on n’a vu autant de morts. Ici, les décès sont constants. Personne n’en parle, et les autorités ne viennent jamais.
CNC : Comment s’organise la surveillance autour du site ?
Ibrahim : À l’entrée, il y a ceux qu’on appelle les “Russes noirs”. Ce sont d’anciens combattants centrafricains formés par les Russes. Ils contrôlent le passage et confisquent parfois les sacs que nous transportons. Ils lavent eux-mêmes les déchets. Plus loin, quand les Wagner arrivent, ils tirent sur les gens ou renversent les camions de déchets sur ceux qui fouillent. Cela peut ensevelir dix ou quinze personnes d’un coup.
CNC : La jeunesse dit être la première cible des violences. Comment décrivez-vous ce que vivent aujourd’hui les jeunes dans cette zone ?
Ibrahim : Chaque fois, les jeunes répètent la même chose : les Russes nous tuent. Nous sommes l’avenir de ce pays, mais on nous élimine et personne ne réagit. Les autorités ne disent rien, comme si notre vie n’avait aucune valeur. Le nombre de morts dépasse tout ce que les habitants peuvent imaginer. Ici, la paix commençait à revenir. Des anciens rebelles, des braqueurs, des jeunes sans travail étaient venus pour changer de vie, prendre des outils, chercher de l’argent de façon honnête. Ils avaient laissé la violence derrière eux. Mais quand on tue comme ça, ces jeunes peuvent repartir dans le banditisme. Ceux qui étaient venus pour la paix se demandent pourquoi on les abat alors qu’ils essaient juste de vivre. Personne ne vient à leur secours, et cela détruit toute chance d’avenir.
CNC : Avez-vous été témoin d’un incident récemment ?
Ibrahim : Oui. Mardi, j’ai vu un homme se faire tuer. Le lendemain, ils ont encore tiré sur quelqu’un. Parfois, les déchets sont déversés directement sur les gens. C’est quotidien.
CNC : La population avait organisé une grève il y a quelques semaines. Y a-t-il eu un changement ?
Ibrahim : Aucun. Les habitants avaient protesté, les gendarmes et les soldats sont venus, mais rien n’a changé. Le danger reste le même.
CNC : Les autorités nationales se rendent-elles parfois sur le site ?
Ibrahim : Jamais. Le site est complètement fermé. Les Russes sont les seuls à y entrer.
CNC : Certains disent que des jeunes se rendent volontairement au camp russe en échange du riz ou de sardine pour être sodomisés par ses voyous de Wagner. Est-ce vrai ?
Ibrahim : Non. Par contre, il arrive que les Wagner arrêtent des gens, les enferment ou les agressent sexuellement. Mais personne ne s’y rend volontairement.
CNC : Merci Monsieur Ibrahim pour votre témoignage et votre disponibilité.
Ibrahim : C’est à moi de vous remercier. Merci CNC.
Propos recueillis par notre correspondant à Bambari.
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![LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L’ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L'ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Une confrontation électrique, une base confessionnelle en ébullition et un voile qui se déchire sur l'un des plus grands scandales financiers de l'histoire de la République Centrafricaine. Le mardi 23 juin 2026, la concertation organisée à la mosquée de Yapéré (Bangui) par l'actuel président du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, s’est muée en un face-à-face d'une violence rare. Face aux interrogations des fidèles, les langues se sont déliées. Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
