Pollution massive et ravages écologiques : l’exploitation aurifère chinoise de l’entreprise IMC dévaste la Nambéré
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’extraction intensive d’or menée par la société chinoise IMC s’accompagne d’une destruction écologique inquiétant, combinant empoisonnement des rivières et déboisement massif sur l’ensemble de la préfecture de la Nambéré.
La sous-préfecture d’Aba connaît depuis plusieurs années une activité minière croissante portée par l’Industrie Minière de Centrafrique. Cette entreprise chinoise exploite de nombreux gisements aurifères répartis dans plusieurs localités, dont Gobolo, Rondji etc, employant des centaines de travailleurs et équipant ses sites d’installations imposantes. Les camions circulent quotidiennement entre les différentes bases, transportant matériel et production vers les site principaux dans la zone.
L’ampleur de cette exploitation nécessite l’utilisation de techniques industrielles sophistiquées pour extraire le précieux métal. Contrairement aux méthodes artisanales traditionnelles, les opérations menées par l’IMC font appel à des procédés chimiques complexes qui permettent d’accroître considérablement les rendements. Ces techniques modernes exigent toutefois l’emploi de substances hautement dangereuses pour parvenir à séparer l’or du minerai brut.
Le processus débute par l’arrosage de la terre ou de la roche concassée avec une solution de cyanure, un poison foudroyant capable de dissoudre l’or et de le transformer en liquide. Cette méthode appelée lixiviation représente le standard dans les grandes exploitations minières à travers le monde. Une fois l’or dissous dans cette mixture toxique, les mineurs ajoutent de la poussière de zinc selon le procédé Merrill-Crowe, permettant au métal précieux de redevenir solide et de précipiter au fond des récipients.
Parallèlement, certaines opérations de l’IMC font également usage de mercure pour former un amalgame grisâtre avec l’or. Les ouvriers chauffent ensuite cette pâte au chalumeau, provoquant l’évaporation du mercure qui retombe inexorablement dans l’environnement proche. Ces vapeurs toxiques contaminent l’air respiré par les travailleurs avant de se déposer sur les sols et dans les cours d’eau avoisinants.

C’est précisément l’utilisation combinée de ces produits chimiques qui a provoqué la catastrophe survenue début janvier à Gobolo. Des milliers de poissons ont péri dans la rivière Mambéré suite au déversement massif de ces substances dans les eaux. Les résidus toxiques chargés de métaux lourds et de restes de cyanure se sont écoulés directement depuis les installations minières vers le fleuve qui irrigue toute la région.
Cette hécatombe aquatique montre l’ampleur démesurée des opérations menées par IMC sur place. Alors que l’entreprise ne déclare officiellement que 98 grammes d’or extraits chaque jour, les informations crédibles obtenues par la rédaction du CNC indiquent une production réelle atteignant 10 lingots de 10 kilogrammes quotidiennement, rien qu’à Gobolo. Un tel écart entre les chiffres annoncés et la réalité mesurée explique pourquoi les quantités de produits chimiques employés dépassent toute norme raisonnable.
La rivière Mambéré constitue pourtant l’artère vitale de nombreuses communautés établies sur ses berges. Des villages entiers dépendent de ce cours d’eau pour leur approvisionnement quotidien en eau potable, la pêche qui nourrit les familles, l’hygiène corporelle et l’ensemble des activités domestiques. Le pont de Mambéré relie Bouar à Béloko en enjambant ce fleuve au niveau de Gallo.
Malgré la gravité de l’empoisonnement de la rivière Mambéré par l’entreprise IMC, aucun avertissement n’a été diffusé auprès des populations vivant en aval. Les habitants perpétuent leurs habitudes sans savoir qu’ils manipulent désormais une eau contaminée par des poisons violents. Le mercure présente un danger particulièrement insidieux car il s’accumule dans la chair des poissons rescapés, créant une chaîne de contamination qui remonte jusqu’aux consommateurs humains.
Face à cette catastrophe, le chef de groupement de Gobolo a tenté d’interpeller les responsables de l’entreprise. Sa démarche a provoqué une réaction menaçante du commandant Lamtagué qui l’a intimidé violemment, le menaçant même d’un passage à tabac s’il persiste. Terrorisé par ces menaces de l’officier, le chef du groupe a préféré abandonner toute réclamation et regagner son village en silence.
L’impunité dont bénéficie l’entreprise lui permet également de bafouer les règles élémentaires de remise en état des sites exploités. Le cahier des charges impose pourtant le comblement de toutes les excavations avant l’abandon d’une zone d’extraction. Cette obligation fondamentale demeure systématiquement ignorée, comme en attestent les cratères béants visibles jusque autour de la base de l’IMC de Gobolo.
Ces trous gigantesques parsèment désormais une forêt autrefois luxuriante, transformée en paysage désolé. Les arbres abattus par centaines laissent place à des étendues stériles où la végétation peine à reprendre racine. La terre retournée et lessivée par les pluies charrie vers les rivières des sédiments contaminés qui prolongent la pollution bien au-delà des zones directement exploitées.
Cette dévastation rappelle étrangement les événements survenus entre 2018 et 2019 à Bozoum, dans l’Ouham-Pendé. À cette époque, une entreprise chinoise avait commis des dégradations environnementales qui avaient soulevé la colère des populations locales. L’ampleur du scandale avait finalement contraint l’Assemblée nationale à lancer une enquête parlementaire approfondie sur les agissements de la société.
Les conclusions de cette investigation avaient révélé des manquements graves et conduit à la fermeture pure et simple de la coopérative chinoise dans cette province. Pendant ce temps, les activités des autres sociétés chinoises continuent la dégradation de l’environnement a repris ailleurs avec une intensité décuplée, comme si les leçons de Bozoum n’avaient jamais existé. Les secteurs de Gomignon à Yaloké, Gobolo, Rondji subissent aujourd’hui des ravages qui éclipsent largement ce qui s’était produit à Bozoum.
Les observateurs estiment que les dommages actuels représentent cent fois, peut-être même davantage, l’ampleur des destructions constatées lors du précédent scandale à Bozoum. La contamination atteint des niveaux qui dépassent l’entendement, affectant simultanément les eaux, les sols et l’air que respirent les communautés locales. Le mercure demeurera dans les sédiments pendant des décennies, rendant la terre et les rivières impropres à tout usage pendant des générations.
Par Gervais Lenga depuis Bouar
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
