lundi, octobre 26, 2026
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Me Désiré Alphonse Tepao : « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », neuf détenus évadés sèment l’inquiétude autour de Mobaye

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Neuf détenus se sont évadés depuis le 26 juillet du commissariat de police de Mobaye, dans la Basse-Kotto. Selon Me Désiré Alphonse Tepao, greffier en chef du tribunal de grande instance de Mobaye, les fugitifs se trouvent dans les environs de la ville et commettent de nouveaux actes contre la population.

 

Le greffier en chef explique que l’absence de maison d’arrêt constitue l’une des principales difficultés du tribunal de grande instance de Mobaye. Les personnes condamnées ou placées en détention sont maintenues au niveau du commissariat de police, dans des locaux qui ne sont pas adaptés à cette fonction.

Me Désiré Alphonse Tepao : « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », neuf détenus évadés sèment l’inquiétude autour de Mobaye

 

 

« Le gros problème, c’est que maintenant, nous n’avons même pas la maison d’arrêt », déclare Me Désiré Alphonse Tepao.

À lire aussi : Bangui : Balekouzou, le grand voleur du quartier Walingba arrêté à l’OCRB avec un sac rempli d’objets après le cambriolage d’une maison

 

Cette situation a déjà été suivie d’une évasion. Le 26 juillet, neuf détenus ont quitté le commissariat de Mobaye. Depuis leur fuite, ils se trouvent dans les arrière-pays de la ville, selon le responsable judiciaire.

À lire aussi : Nouvelle chute de Daniel Nzéwé, de son vrai nom Daniel Koli-Kanga : le multirécidiviste escroc et criminel de nouveau sous les verrous à l’OCRB

 

Me Désiré Alphonse Tepao affirme que les fugitifs commettent depuis des actes de violence dans les villages où ils se sont réfugiés. « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », rapporte-t-il. Le greffier indique également que le chef du groupe d’évadés figure parmi ceux qui se déplacent dans ces zones.

À lire aussi : Quand le président ne sait même plus quoi dire aux Centrafricains à part danser, le constat d’Anicet-Georges Dologuélé

 

Selon son témoignage, le chef du groupe aurait informé le commissaire de Mobaye au moment de l’évasion. Des éléments de la police ont ensuite été mobilisés pour rechercher les fugitifs. Ces recherches n’ont pas permis, à ce stade, de les ramener au commissariat.

 

Le problème ne concerne pas uniquement l’absence d’une maison d’arrêt. Me Désiré Alphonse Tepao dénonce aussi les conditions matérielles du commissariat utilisé pour maintenir les détenus. « Le commissariat a été mal construit », explique-t-il.

 

Les installations présentent des faiblesses qui compliquent la surveillance des détenus. Le greffier affirme que certaines grilles ont dû être cassées pour permettre des sorties. À cela s’ajoute un manque d’effectifs au sein du commissariat.

 

Dans ces conditions, le tribunal continue pourtant de tenir des audiences correctionnelles. Les urgences sont organisées dans les locaux de la mairie de Mobaye, tandis que les conciliations se déroulent dans les bureaux actuellement mis à la disposition du personnel judiciaire.

 

Le tribunal ne dispose pas non plus d’un bâtiment propre. Me Désiré Alphonse Tepao indique que les services judiciaires travaillent actuellement dans un bâtiment relevant des affaires sociales. Le manque de matériel informatique complique également le travail quotidien.

 

« Nous n’avons même pas d’ordinateur, nous n’avons même pas d’imprimante pour imprimer », affirme-t-il. Pour certaines démarches judiciaires, les agents doivent se rendre dans un cybercafé afin d’effectuer des opérations qui devraient normalement être réalisées directement au tribunal.

 

Face à ces difficultés, des démarches ont été engagées auprès de la MINUSCA pour la construction d’une maison d’arrêt et d’un bâtiment destiné au tribunal. Le greffier indique qu’un site situé derrière la MINUSCA a déjà été identifié pour accueillir ces infrastructures.

 

La construction d’une maison d’arrêt doit aussi permettre de séparer les fonctions judiciaires et pénitentiaires actuellement concentrées dans des installations inadaptées. Pour Me Désiré Alphonse Tepao, la priorité reste de doter rapidement Mobaye des infrastructures nécessaires au fonctionnement normal de la justice.

 

L’absence de moyens concerne aussi les déplacements du personnel judiciaire. Le tribunal de Mobaye exerce sa compétence sur plusieurs localités, notamment Zangbaï, ainsi que sur de grandes communes comme Mboma et Langandji.

 

Certaines localités se trouvent à plusieurs dizaines de kilomètres de Mobaye. Langandji est située à environ 26 kilomètres, tandis que Zangbaï se trouve à près de 70 à 80 kilomètres de Mobaye, selon le greffier. Pour permettre aux habitants de ces zones d’accéder à la justice, le tribunal prévoit l’organisation d’audiences foraines.

 

Le principe consiste à déplacer les magistrats et les personnels judiciaires vers les localités concernées afin d’y examiner les dossiers. Un projet d’audience foraine à Zangbaï est déjà en préparation. Sa mise en œuvre dépend notamment des moyens logistiques et des conditions de sécurité.

 

Me Désiré Alphonse Tepao explique que le tribunal doit obtenir l’appui des autorités locales avant d’effectuer ces déplacements. La sécurité des magistrats et des autres agents judiciaires doit être assurée avant toute mission.

 

À Mobaye, le fonctionnement du tribunal se poursuit donc dans des conditions marquées par le manque d’infrastructures, l’absence de maison d’arrêt, les difficultés de détention et l’insuffisance du matériel de travail. L’évasion des neuf détenus vient ajouter un problème sécuritaire à ces contraintes déjà signalées par le greffier en chef.

 

Par Fabien Mbali

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Centrafrique : Faustin Zaméto analyse le retour en force de la solidarité familiale face à la crise

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Faustin Zaméto, sociologue et analyste politique, décrit la solidarité comme une véritable infrastructure de survie dans une société centrafricaine confrontée aux difficultés économiques et institutionnelles.

 

Dans une enquête-reportage réalisée à Bangui, Bimbo, Damara et Berbérati, Faustin Zaméto analyse les mécanismes de solidarité développés par les populations. Il s’appuie sur 89 entretiens semi-directifs menés avec l’appui de quatre enquêteurs de terrain.

 

Centrafrique : Faustin Zaméto analyse le retour en force de la solidarité familiale face à la crise
Faustin Zameto

 

Faustin Zaméto : « Quand l’État recule, la famille élargie avance »

 

Faustin Zaméto ouvre son enquête par une scène observée au marché de Combattant à Bangui.

À lire aussi : Centrafrique : plus de dix ans après, où en est l’affaire du don angolais impliquant Catherine Samba-Panza ?

 

Il raconte le cas de Mama Colette, vendeuse de manioc, incapable de payer seule la scolarité de son fils en classe de troisième. Elle se tourne vers sa tontine.

À lire aussi : Vague de licenciements chez CORE AVIATION SERVICES à l’aéroport de Bangui : les employés concernés dénoncent une cabale et saisissent l’inspection du travail

 

« 15 femmes, chaque dimanche, 10.000 FCFA chacune. Cette semaine, c’est son tour. 150.000 FCFA. De quoi payer l’école et racheter du stock », rapporte le sociologue.

 

Faustin Zaméto décrit également le cas d’un jeune déplacé à Ndélé. Après avoir tout perdu durant les violences, celui-ci est hébergé depuis huit mois par un oncle éloigné qu’il ne connaissait pas auparavant.

 

Pour le sociologue, ces pratiques traduisent une réalité sociale plus large. « Dans une République centrafricaine où l’État est absent, où la banque ne prête pas, où l’assurance n’existe pas, la solidarité n’est pas une valeur morale. C’est une infrastructure de survie. C’est notre sécurité sociale », écrit-il.

 

Faustin Zaméto relève aussi un paradoxe dans son enquête : « La crise l’a renforcée, pas affaiblie. »

 

La tontine, une banque informelle pour les populations

 

Faustin Zaméto identifie la tontine, appelée « Késsé », comme l’une des principales formes de solidarité économique.

 

Il indique avoir recensé 47 tontines actives dans le 8e arrondissement de Bangui. Selon son enquête, elles regroupent généralement 10 à 50 personnes qui cotisent chaque semaine ou chaque mois.

 

« Aucun papier, aucun intérêt, une seule garantie : la honte sociale si tu ne paies pas », écrit-il pour décrire leur fonctionnement.

 

Faustin Zaméto rapporte également le témoignage de Rodrigue, 28 ans, conducteur de mototaxi à Bimbo.

 

« J’ai acheté ma moto avec la tontine des motards du PK9. 30 motards, 25.000 FCFA par semaine. Sans ça, aucune banque ne me prêterait. La banque me demande un bulletin de salaire. Ma tontine me demande seulement d’être sérieux », témoigne-t-il.

 

Pour Faustin Zaméto, la tontine constitue ainsi une réponse à l’exclusion du système bancaire formel.

 

Il avance dans son enquête que « 87% des Centrafricains n’ont pas de compte bancaire », tandis que « 90% sont dans au moins une tontine ».

 

L’hébergement familial comme mécanisme de protection

 

La deuxième forme de solidarité étudiée par Faustin Zaméto concerne les liens familiaux et sociaux.

 

Il observe notamment, chez les Gbaya, Banda et Mandja, une conception élargie de la parenté.

 

« Le lien de parenté n’est pas biologique, il est social. Un cousin de cousin est ton frère », écrit le sociologue.

 

Selon son enquête, les différentes crises ont renforcé ces mécanismes d’accueil. Des familles déplacées de Bambari ont ainsi été accueillies à Bangui par des familles avec lesquelles elles partageaient notamment un nom de famille.

 

À Boy-Rabe, Faustin Zaméto rapporte le témoignage de Mama Denise, qui héberge douze personnes dans une maison de deux chambres.

 

« J’héberge 12 personnes dans ma maison de 2 chambres. Ce sont des parents de mon mari venus de Bria. On ne les connaissait pas. Mais ce sont des parents. On ne peut pas les laisser dehors. Dieu va nous punir », témoigne-t-elle.

 

Faustin Zaméto rattache cette pratique à la notion de « solidarité mécanique » développée par Émile Durkheim.

 

Il estime que cette solidarité n’est pas simplement volontaire. « Elle n’est pas choisie, elle est obligatoire », écrit-il.

 

Églises et mosquées prennent aussi en charge les difficultés sociales

 

Faustin Zaméto identifie une troisième forme de solidarité autour des communautés religieuses.

 

Il évoque notamment les collectes organisées après les prières dans les mosquées et les quêtes organisées dans les églises.

 

« La solidarité religieuse a pris le relais de l’État-providence », affirme le sociologue.

 

Selon lui, certaines paroisses et mosquées participent au paiement des ordonnances, des frais d’enterrement et des frais de justice.

 

Faustin Zaméto résume cette évolution par une formule : « L’église est devenue mairie, hôpital et tribunal. »

 

Pourquoi la crise renforce-t-elle la solidarité ?

 

Faustin Zaméto avance trois explications principales.

 

La première concerne le recul des mécanismes publics de protection. « L’État a démissionné, la famille a repris son poste », écrit-il.

 

Il donne l’exemple d’un fonctionnaire confronté à une interruption de salaire. Dans cette situation, la famille élargie peut fournir de la nourriture ou participer aux dépenses.

 

La deuxième explication porte sur la confiance. Selon Faustin Zaméto, la fragilité des institutions formelles pousse certains Centrafricains à privilégier les réseaux qu’ils connaissent directement.

 

Un cadre administratif interrogé dans le cadre de l’enquête témoigne : « Je gagne 250.000 FCFA. J’en envoie 100.000 à ma famille restée au village. Ce n’est pas de l’altruisme. C’est mon assurance-retraite. Si je perds mon travail demain, c’est eux qui vont m’accueillir. »

 

Faustin Zaméto parle ainsi d’une « solidarité d’investissement, pas seulement de cœur ».

 

La troisième explication est liée aux effets des conflits. « La guerre a réactivé les valeurs d’avant l’État », écrit-il.

 

Selon son analyse, les crises ont renforcé des réseaux sociaux fondés sur la famille, le clan et les relations communautaires.

 

Faustin Zaméto pointe les limites de cette solidarité

 

Le sociologue estime que les mécanismes qui permettent aux familles de survivre peuvent aussi peser sur leur capacité à investir.

 

Il évoque notamment une « taxe familiale » qui pèserait sur certains petits commerçants.

 

À Damara, un boutiquier interrogé dans l’enquête témoigne : « On me demande tous les jours. Si je refuse, on dit que je suis devenu orgueilleux. Alors je donne, et ma boutique se vide. »

 

Faustin Zaméto avance que 70% des petits commerçants qui réussissent finissent par faire faillite en raison de la pression familiale.

 

Il présente cette solidarité comme une contrainte qui peut limiter l’accumulation du capital et l’investissement individuel.

 

Une solidarité davantage communautaire que nationale

 

Faustin Zaméto pointe également une autre limite : la solidarité ne s’exerce pas toujours à l’échelle nationale.

 

« Elle est une solidarité de clan, pas de Nation », écrit-il.

 

Selon lui, les solidarités peuvent s’organiser autour de l’ethnie, du village ou de la religion.

 

« Elle sauve le groupe, mais elle fragilise la Nation », affirme Faustin Zaméto.

 

Il estime que ces mécanismes peuvent créer « des Centrafriques parallèles qui ne se parlent que par la crise ».

 

« La solidarité a une limite matérielle »

 

Faustin Zaméto estime enfin que les capacités d’aide des familles atteignent leurs limites.

 

Il observe que certaines familles qui accueillent des personnes déplacées depuis les crises continuent de les prendre en charge plusieurs années après.

 

« La solidarité a une limite matérielle : un revenu de 150.000 FCFA ne peut pas nourrir 12 personnes indéfiniment », écrit-il.

 

Il rapporte le témoignage de Florence, institutrice : « J’aime ma famille, mais je suis fatiguée. Mon salaire finit le 5 du mois à cause des demandes. Je ne peux pas construire ma propre maison parce que je dois d’abord loger tout le monde. Parfois j’ai envie de dire non, mais je ne peux pas. »

 

Faustin Zaméto propose d’organiser cette solidarité

 

Pour le sociologue, l’objectif ne doit pas être de supprimer les mécanismes existants, mais de les transformer en outils économiques et sociaux.

 

« Il ne faut pas détruire cette solidarité. Il faut l’organiser. C’est notre plus grande richesse », écrit-il.

 

Faustin Zaméto propose d’abord de donner un cadre légal aux tontines.

 

Il suggère la création d’un statut de « coopérative de solidarité », permettant aux groupes qui le souhaitent de déposer leur argent dans une banque et d’accéder à des financements complémentaires.

 

Il propose également d’utiliser ces réseaux pour développer une protection sociale adaptée au contexte centrafricain.

 

Selon lui, les familles qui accueillent des déplacés pourraient recevoir un soutien public. Il suggère aussi de former des pasteurs et des imams afin qu’ils puissent participer à des dispositifs sociaux.

 

La troisième proposition porte sur l’éducation. Faustin Zaméto estime que la solidarité devrait être enseignée comme un outil de production collective.

 

« La solidarité n’est pas seulement donner du poisson, mais apprendre à pêcher ensemble », écrit-il.

 

Il propose notamment d’encourager les jeunes à créer des tontines destinées à financer des activités économiques collectives.

 

« La solidarité centrafricaine est un miracle »

 

Au terme de son enquête, Faustin Zaméto considère que la solidarité a contribué à maintenir des mécanismes sociaux durant les périodes de crise.

 

« C’est elle qui a tenu le pays debout quand tout s’est effondré », affirme-t-il.

 

Le sociologue estime toutefois que cette solidarité atteint aujourd’hui un moment important de son évolution.

 

« Si on la laisse comme elle est, elle va s’épuiser et se transformer en ressentiment. Si on l’organise, elle peut devenir le moteur le plus puissant du développement centrafricain », écrit-il.

 

Faustin Zaméto résume sa lecture de la société centrafricaine par une dernière formule : « Le Centrafricain n’est pas individualiste. Il est solidaire par obligation, par survie et par culture. C’est notre capital. Le seul qui n’a jamais été pillé. »

 

Il appelle ainsi à transformer cette pratique sociale en politique publique : « Il est temps d’en faire une politique publique. » Actions disponibles

 

Football, basketball, streaming : comment le smartphone est devenu le deuxième écran du supporter

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Un match commence à la télévision. Quelques minutes plus tard, un téléphone apparaît dans la main du spectateur. Il sert à vérifier une statistique, revoir une action, lire les réactions ou suivre un autre score. Le smartphone ne remplace pas forcément le grand écran. Il complète désormais une bonne partie de l’expérience sportive.

 

basketball, streaming , comment le smartphone est devenu le deuxième écran du supporter

 

Un match se regarde désormais sur deux écrans

Le phénomène dépasse largement quelques supporters incapables de laisser leur téléphone tranquille pendant quatre vingt dix minutes. Une étude internationale menée par IBM auprès de plus de 20 000 amateurs de sport en 2025 indiquait que 29 % des personnes interrogées utilisaient plusieurs appareils pour suivre un événement sportif, contre 27 % un an auparavant. Deux points semblent modestes. À cette échelle, ils montrent pourtant une habitude qui s’installe.

Le deuxième écran sert d’abord à répondre aux questions que la retransmission laisse ouvertes. Pourquoi cet attaquant est il sorti ? Combien de tirs son équipe a t elle cadrés ? Que se passe t il dans l’autre match du groupe ? Certains spectateurs consultent aussi les cotes avant ou pendant une rencontre, et un comparatif bookmaker permet alors de confronter plusieurs offres plutôt que de regarder un chiffre isolé.

Le téléphone rassemble ainsi des usages très différents autour du même match. Les plus courants peuvent tenir dans quelques gestes simples :

  • consulter un score ou les statistiques en direct ;
  • revoir rapidement une action déjà passée à l’écran ;
  • lire les commentaires de journalistes, joueurs ou supporters ;
  • suivre simultanément une autre rencontre.

Le match reste au centre. Le téléphone remplit les blancs.

Les statistiques ont quitté le coin de l’écran

Pendant longtemps, une retransmission décidait quelles données méritaient d’apparaître. Le téléspectateur recevait le score, la possession, quelques statistiques individuelles et attendait la suite. Le smartphone a changé ce rapport. Celui qui veut connaître immédiatement le nombre de rebonds d’un joueur ou la carte des tirs d’une équipe peut aller chercher l’information lui même.

Une enquête YouGov publiée en 2025 donne une idée de cette curiosité. Parmi les supporters américains interrogés, 54 % estimaient que les statistiques en temps réel amélioraient leur expérience, et 62 % de ceux qui cherchaient des statistiques pendant les rencontres utilisaient leur téléphone. Le mobile devançait très largement ordinateur et tablette. Difficile, après cela, de le considérer comme un simple écran de secours.

Le basket illustre particulièrement bien cette évolution. L’application officielle de la NBA regroupe scores, classements, suivi des matchs, vidéos et informations sur les joueurs. Avec League Pass, certaines configurations proposent aussi des statistiques en temps réel et plusieurs flux de diffusion. Un supporter peut donc regarder une possession tout en vérifiant presque aussitôt ce que les chiffres racontent de la rencontre.

Streaming et télévision se mélangent

Le deuxième écran ne signifie d’ailleurs plus forcément “téléphone à côté de la télévision”. Parfois, les rôles s’inversent. Un match tourne sur le mobile pendant qu’un autre programme occupe le téléviseur, ou le téléphone prend le relais pendant un trajet ou une coupure de courant.

L’étude IBM publiée en août 2026 montre à quel point les habitudes se sont fragmentées. Parmi plus de 20 000 supporters interrogés dans douze pays, 30 % déclaraient choisir en priorité un service de streaming par abonnement pour regarder du sport en direct, contre 29 % pour la télévision linéaire. L’écart tient presque dans une marge de respiration, mais le symbole est parlant.

Pour suivre une soirée chargée, le spectateur jongle souvent entre plusieurs tâches :

  1. il garde le match principal sur l’écran le plus confortable ;
  2. son téléphone affiche les scores des autres rencontres ;
  3. une notification signale un but, une fin de quart temps ou une actualité importante ;
  4. il ouvre ensuite la vidéo, la statistique ou la discussion qui l’intéresse vraiment.

Tout regarder en même temps reste évidemment impossible. Le smartphone donne surtout l’impression rassurante de ne rien manquer. Presque rien.

Le téléphone devient aussi une tribune

Un supporter isolé devant son écran l’est rarement complètement. Les réseaux sociaux, les messageries et les commentaires en direct créent une conversation parallèle qui accompagne la rencontre. Une décision arbitrale peut provoquer des centaines de réactions avant même que le ralenti suivant commence.

IBM constatait en 2025 que 73 % des supporters interrogés utilisaient des applications sportives pour rester informés. Parmi ceux présents physiquement lors d’événements, les usages mobiles concernaient notamment les commentaires en direct et les statistiques. Le téléphone accompagne donc aussi le public dans les tribunes. Il n’attend pas le retour à la maison.

Football et basket restent des spectacles collectifs, mais la conversation autour du jeu s’est rapprochée de chaque spectateur. Un écran montre l’action. L’autre explique, vérifie, compare et transmet la réaction à quelqu’un qui se trouve parfois à des milliers de kilomètres. Pour beaucoup de supporters, regarder un match sans toucher au téléphone ressemble déjà presque à une expérience rétro.

Vakaga : à Boromata, la contestation du découpage administratif ravive les tensions autour de Gordil

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La population de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga, exige des explications claires et immédiates sur les manigances entourant le découpage administratif de ladite préfecture. Dans un communiqué cinglant rendu public le 19 septembre, les habitants dénoncent haut et fort la place indue accordée à Gordil au détriment direct de leur localité.

 

Les signataires du document pointent du doigt les agissements d’Ahmat Selemane, ancien coordonnateur du RPRC. Ils le mettent au pied du mur et l’exigent de s’expliquer sur les démarches sournoises qui ont saboté les intérêts légitimes de Boromata.

Vakaga : à Boromata, la contestation du découpage administratif ravive les tensions autour de Gordil
Le marché de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga. Photo CNC

 

Au cœur du scandale : la faveur injustifiable accordée à Gordil. Les habitants de Boromata refusent d’avaliser cette injustice. Gordil a été favorisée au mépris du bon sens dans le traitement du dossier administratif. Les autorités doivent immédiatement étaler sur la place publique les critères, les textes et les procédures tordues ayant conduit à ce découpage pathétique et criminel dans la Vakaga.

 

À lire aussi : Gouvernement centrafricain : après l’échec des menaces de Touadéra et de la justice, le régime crée sa milice de trolls sur les réseaux sociaux pour tenter d’étouffer la vérité

Des trafics d’influence et des contreparties matérielles

 

Le communiqué dévoile les transactions louches, les paiements clandestins et les avantages matériels qui ont entaché ces démarches. Les signataires citent nommément la construction scandaleuse d’une maison au quartier CATIN : c’est la preuve palpable d’une contrepartie offerte pour brader Boromata.

À lire aussi : Attaque d’Am-Dafock : l’enquête du CNC écarte définitivement Nourredine Adam et dévoile le montage autour d’Aboulkassim Algoni et Hassan Bouba, les deux sous-mains de Wagner

 

Face à ces affaires sombres, les habitants exigent l’étalage public et la vérification sans complaisance de toutes les preuves d’arrangements, de pots-de-vin et de privilèges accordés sous la table.

 

Ahmat Selemane doit rendre des comptes, présenter sa version des faits et exhiber sur-le-champ les documents prouvant ses actes devant la population de Boromata qui ne se laissera plus berner.

 

Gordil au cœur de la contestation

 

L’imposture prend une tournure volcanique dans la Vakaga, où Gordil et Boromata font partie intégrante de la commune de Ouandja. Ces deux zones figurent bel et bien dans les documents administratifs et humanitaires du nord-est centrafricain.

 

Gordil sert de repaire à plusieurs responsables issus de l’ancienne rébellion, aujourd’hui confortablement installés au sommet de l’État. Le RPRC, ce mouvement politico-militaire né dans la Vakaga, compte parmi ses barons Arnaud Djoubaye Abazène, actuel ministre d’État chargé de la Justice, ainsi qu’Herbert Gontran Djono Ahaba, ministre des Transports et de l’Aviation civile.

 

Dans ce climat d’exaspération, la révolte de Boromata dépasse le simple statut administratif. La population exige de savoir exactement sur quelles bases son territoire a été bradé et quels complices ont trempé dans ces manœuvres.

 

Boromata exige la vérité

 

Les signataires rejettent catégoriquement que le destin administratif de leur localité soit scellé dans leur dos, sans consultation populaire. Ils défendent fermement leurs droits légitimes, la tête haute et sans haine envers les autres communautés de la Vakaga.

 

Ils mettent directement en cause Djoubaye Abazène et lui ordonnent d’apporter des clarifications immédiates sur son implication dans ces manigances administrativement truquées.

La population de Boromata se mobilise fermement contre le nouveau découpage administratif de la Vakaga, dénonçant les arrangements en faveur de Gordil au détriment des intérêts locaux.

 

Cette colère éclate alors que la réorganisation administrative de la Vakaga fait déjà rage. En juillet 2026, la sous-préfecture de Ouandja recensait formellement Gordil et Boromata parmi les localités sous sa juridiction dans sa note sur la coordination des ONG et des services déconcentrés de l’État.

 

À Boromata, le peuple ne mâche plus ses mots : les autorités compétentes ont le devoir d’afficher sur-le-champ les bases juridiques et administratives de leurs décisions. La population poursuit une mobilisation inflexible et pacifique autour de trois exigences non négociables : vérité, transparence absolue et respect strict de l’intérêt des citoyens.

 

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CORE AVIATION SERVICES : La grande mafia du DG GOM-AIAM Jacques et du DGA NZAMURAMBAHO Thierry qui achètent des équipements avec les fonds de la société pour les lui relouer

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De nouveaux témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête de la rédaction du CNC exposent au grand jour la mafia organisée au sein de CORE AVIATION SERVICES (CAS), société chargée des opérations à l’aéroport de Bangui. Le Directeur Général GOM-AIAM Jacques et le Directeur Général Adjoint NZAMURAMBAHO Thierry sont directement responsables du détournement, de l’acquisition et de la mise en location frauduleuse des équipements de la société.

 

Ce réseau mafieux orchestré par la direction utilise les fonds de CORE AVIATION SERVICES pour acheter des équipements, avant de les remettre en location au profit personnel des dirigeants et au détriment de la même société.

 

CORE AVIATION SERVICES : La grande mafia du DG GOM-AIAM Jacques et du DGA NZAMURAMBAHO Thierry qui achètent des équipements avec les fonds de la société pour les lui relouer
un avion airbus de la compagnie air france

 

La fraude organisée sur le GPU et les Manitous par la direction

 

Parmi les équipements détournés figurent un GPU, appareil utilisé pour fournir de l’énergie électrique aux avions au sol, ainsi que des engins de manutention communément appelés « manitous ». Le Directeur Général, GOM-AIAM Jacques, et le Directeur Général Adjoint, NZAMURAMBAHO Thierry, organisent et exécutent directement ces opérations de double facturation et de détournement.

 

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Le GPU est acheté avec l’argent directement généré par les activités de CORE AVIATION SERVICES. Immédiatement après cet achat, GOM-AIAM Jacques et NZAMURAMBAHO Thierry imposent à CAS un contrat de location sur ce même matériel qu’elle a elle-même financé. Le matériel est utilisé par CAS tandis que les loyers de location sont directement empochés par les deux dirigeants. Les documents comptables, factures et contrats confirment ces acquisitions frauduleuses et ces paiements illégitimes.

 

À lire aussi : Il a lancé un ultimatum de 48 heures aux miliciens Azandé pour libérer les otages de Bambouti : six mois plus tard, quelle est la suite de la déclaration pathétique du commandant de compagnie de gendarmerie du Haut-Mbomou ?

Le système mafieux étendu aux engins de manutention

 

La même mafia s’applique à l’acquisition des « manitous » destinés aux opérations aéroportuaires. Ces engins de manutention sont achetés avec la trésorerie de l’entreprise, puis réinjectés dans CORE AVIATION SERVICES sous forme de contrats de location fictifs. Le Directeur Général GOM-AIAM Jacques et le DGA NZAMURAMBAHO Thierry ordonnent directement ces achats, effectuent les paiements avec les comptes de CAS et encaissent les revenus de ces locations frauduleuses.

 

Ces opérations établissent le vol caractérisé de la propriété des équipements, le détournement de leur financement et la captation privée des revenus issus de cette fausse location par la direction. Les contrats d’achat, factures, relevés comptables, contrats de location et justificatifs de paiement prouvent l’origine des fonds détournés et identifient GOM-AIAM Jacques et NZAMURAMBAHO Thierry comme les bénéficiaires exclusifs de ce système.

 

La responsabilité directe et exclusive de GOM-AIAM Jacques et NZAMURAMBAHO Thierry

 

La gestion de ces équipements relève de la responsabilité directe et exclusive du Directeur Général GOM-AIAM Jacques et du Directeur Général Adjoint NZAMURAMBAHO Thierry. Leur culpabilité dans le détournement, l’acquisition frauduleuse et la mise en location du GPU et des « manitous » est totale.

 

Ces équipements, financés par CORE AVIATION SERVICES, sont détournés au profit privé de ces deux dirigeants qui surfacturent ensuite leur utilisation à la société. Les flux financiers, la gestion des équipements et les preuves rassemblées par le CNC confirment le fonctionnement de ce réseau mafieux au sommet de CORE AVIATION SERVICES.

 

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Aboulkassim Algoni Tidjani : de la conversation avec le chef rebelle tchadien Timan Erdimi aux réseaux de Wagner, le renseignement tchadien le suivait depuis des années

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L’arrestation d’Aboulkassim Algoni Tidjani à N’Djamena ne serait pas le résultat d’une surveillance commencée au moment de l’attaque d’Am Dafock. Les services de renseignement tchadiens suivaient déjà ses contacts avec les réseaux rebelles et russes depuis plusieurs années.

 

L’affaire remonte notamment à février 2022, lorsqu’une conversation entre Aboulkassim Algoni Tidjani et le chef rebelle tchadien Timan Erdimi avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Dans cet échange, Timan Erdimi évoquait la possibilité de contacter Wagner pour obtenir un soutien contre le pouvoir de N’Djamena. L’existence de cette conversation avait alors provoqué de fortes tensions entre le Tchad et la Centrafrique.

 

Aboulkassim Algoni Tidjani : de la conversation avec le chef rebelle tchadien Timan Erdimi aux réseaux de Wagner, le renseignement tchadien le suivait depuis des années
Aboulkassim Tidjani

 

À cette époque, Aboulkassim Algoni Tidjani était déjà identifié comme un ancien conseiller spécial du président Faustin-Archange Touadéra. Les autorités centrafricaines avaient officiellement rejeté toute implication de Bangui dans cette démarche.

 

Des contacts avec Wagner qui se poursuivent

 

À lire aussi : Aéroport de Bangui : des employés de CORE AVIATION SERVICES dénoncent la mafia autour de la gestion des vols en crédit

Après cette affaire, Aboulkassim Algoni Tidjani n’aurait pas rompu ses contacts avec les réseaux liés à Wagner. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, il a continué à traiter avec ces réseaux et à entretenir des relations avec plusieurs rebelles tchadiens et soudanais.

 

À lire aussi : Centrafrique : Peut-on évoquer le droit international et la justice devant l’assemblée générale des Nations Unies tout en recourant aux mercenaires étrangers de Wagner au statut juridique controversé ?

C’est dans ce prolongement que s’inscrit désormais l’affaire d’Am Dafock.

 

Le 30 juin dernier, une coalition de combattants centrafricains, tchadiens et soudanais a participé à l’attaque de cette ville de la Vakaga. Les vérifications du CNC ont depuis conduit à revoir le rôle attribué initialement à Nourredine Adam et au FPRC.

 

Selon les éléments recueillis par notre rédaction, Aboulkassim Algoni Tidjani faisait partie des hommes chargés de mettre en place ce dispositif avec Hassan Bouba et les réseaux liés à Wagner.

 

Des combattants tchadiens recrutés pour Am Dafock

 

Pour constituer cette coalition, Aboulkassim Algoni Tidjani a notamment recruté des combattants rebelles tchadiens. Ces éléments ont été intégrés au dispositif destiné à donner l’apparence d’une attaque menée par une coalition de groupes armés centrafricains.

 

La présence de ces combattants tchadiens explique désormais une partie de l’intérêt porté par les services de renseignement de N’Djamena à l’affaire.

 

Pour les autorités tchadiennes, le problème ne concerne donc plus seulement une opération militaire menée en territoire centrafricain. Il concerne également le recrutement de rebelles tchadiens par un réseau travaillant avec des acteurs du groupe Wagner et des groupes armés.

 

Le renseignement tchadien attendait son erreur

 

Selon les informations recueillies par le CNC, les services tchadiens connaissaient déjà les réseaux fréquentés par Aboulkassim Algoni Tidjani. Ils disposaient notamment d’éléments sur ses communications et ses contacts.

 

L’ancien conseiller aurait pourtant continué ses activités sans mesurer l’attention portée à ses déplacements et à ses échanges. Après l’opération d’Am Dafock, une somme d’argent provenant du dispositif lié à Wagner lui a été transférée par l’intermédiaire de Hassan Bouba.

 

Aboulkassim Algoni Tidjani s’est alors rendu dans une banque de N’Djamena pour récupérer les fonds. C’est à cet endroit que les services de renseignement tchadiens ont procédé à son arrestation.

 

L’argent devient le point de rupture

 

Selon les informations du CNC, les enquêteurs tchadiens avaient suivi le mouvement lié à cette opération financière. Aboulkassim Algoni Tidjani ne savait pas que son déplacement vers la banque était surveillé. Son arrestation intervient ainsi après plusieurs années de surveillance de ses réseaux et de ses contacts.

 

Depuis, il est détenu à N’Djamena. Trois combattants tchadiens qui auraient également été recrutés pour participer à l’opération d’Am Dafock ont, selon les informations recueillies par le CNC, été arrêtés à leur tour dans la capitale tchadienne. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’ensemble des personnes impliquées dans le recrutement et le financement de ces combattants.

 

L’implication de Hassan Bouba et les contacts établis avec Timan Erdimi lors de l’attaque d’Am Dafock confirment le rôle central d’Aboulkassim Algoni Tidjani dans ces opérations.

Wagner cherche à obtenir sa libération

 

Depuis l’arrestation d’Aboulkassim Algoni Tidjani, plusieurs démarches auraient été entreprises pour obtenir sa libération.

 

Selon les informations du CNC, des intermédiaires liés à Hassan Bouba ont tenté d’intervenir.

 

Les réseaux liés à Wagner auraient également engagé des démarches auprès de différents interlocuteurs.

 

Ces tentatives n’ont jusqu’à présent pas permis d’obtenir sa libération.

 

Aboulkassim Algoni Tidjani reste détenu à N’Djamena alors que les autorités tchadiennes poursuivent leurs investigations.

 

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Touadera, à cause de ton business avec Wagner, tu as monté un scénario d’attaque à Amdafock, faisant plus de 40 morts. Voila les familles des victimes commencent à te demander des explications

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Une quarantaine de morts, des civils massacrés, le commandant de la gendarmerie exécuté, des habitations incendiées et des familles ruinées. Le bilan de l’attaque subie le 30 juin dernier à Amdafock n’est pas le résultat d’une simple offensive rebelle : il s’agit d’une mise en scène sanglante, d’un montage cynique et criminel organisé depuis Bangui par Touadera et exécuté par ses mercenaires russes du groupe Wagner.

 

En effet, pour comprendre le scénario, il faut remonter au début. Alors que Moscou pousse à l’implantation d’Africa Corps pour restructurer la présence russe sur le continent, Faustin-Archange Touadéra et les chefs de la milice mercenaire Wagner refusent de passer le relais. Pour préserver les intérêts financiers et miniers de Wagner en Centrafrique, il fallait prouver coûte que coûte à Vladimir Poutine que la menace armée demeure urgente et que Wagner reste « indispensable ». Faux! Archi faux!

Touadera, à cause de ton business avec Wagner, tu as monté un scénario d’attaque à Amdafock, faisant plus de 40 morts. Voila les familles des victimes commencent à te demander des explications

 

 

La mise en scène du 30 juin : un massacre planifié depuis Bangui

 

Le piège s’est refermé le 30 juin. Quelques heures avant la soi-disant offensive de la coalition armée, le capitaine de l’armée nationale, commandant le détachement à Amdafock avait été averti par Dimitri Sityi de l’imminence de l’assaut. Une alerte lancée non pas pour protéger la population, mais pour valider le scénario.

À lire aussi : Flash info : l’ancien ministre RÉGIS LIONEL DOUNDA LIBÉRÉ APRÈS PLUS DE CINQ ANS À NGARAGBA

 

Sous les ordres directs des intermédiaires du pouvoir avec le ministre de l’Urbanisme et chef rebelle Hassan Bouba, ainsi que l’ancien conseiller à la présidence Aboulkassim Algoni —, des combattants ont été recrutés et financés pour mimer une prise de contrôle rebelle. Une semaine après avoir laissé la ville à sac et livré ses habitants aux exactions, Wagner organise la « reprise » d’Am Dafock avec l’aide d’éléments opportunistes de l’UPC et de milices locales dénommé Wagner noir.

À lire aussi : Comment la MINUSCA équipe et finance Wagner en Centrafrique

 

Le grand théâtre politique de Bangui après le massacre

 

Pour donner du crédit à cette mise en scène mortelle, Bangui a activé son appareil de propagande politique :

 

Un défilé sans précédent : Alors qu’il est resté muet et immobile lors d’attaques majeures dans d’autres régions comme à Bambouti le 28 décembre dernier, où les milices Azandé avaient capturé la sous-préfète sans susciter le moindre déplacement présidentiel —, Touadéra s’est cette fois empressé de prendre l’avion vers Am Dafock.

 

Agitation institutionnelle : Déclarations solennelles à la présidence au lendemain des faits, déplacements du chef d’état-major et des députés… Un ballet diplomatique et médiatique organisé  uniquement pour faire croire à une crise majeure devant les observateurs internationaux et le Kremlin.

 

L’arrestation d’Aboulkassim Algoni à N’Djamena : le château de cartes s’effondre

 

Le masque est tombé ces derniers jours à N’Djamena. Alors qu’il tentait de retirer pour la deuxième fois dans une banque tchadienne les fonds envoyés par le groupe Wagner via Hassan Bouba en paiement de l’opération, Aboulkassim Algoni a été interpellé par les services de renseignement tchadiens.

 

L’enquête au Tchad confirme le recrutement de combattants mercenaires destinés à fabriquer cette « fausse rébellion ». Malgré les démarches intensives menées par Hassan Bouba et les responsables de Wagner à Bangui pour étouffer l’affaire et obtenir sa libération, Algoni et trois de ses recrues demeurent aux mains de la justice tchadienne.

 

Sous la coordination de Hassan Bouba et avec l’implication d’Aboulkassim Algoni arrêté au Tchad, le groupe Wagner a financé cette opération sanglante pour maintenir sa présence en Centrafrique.

Ce revers retentissant vient démonter la version officielle véhiculée par le régime : la prétendue offensive du FPRC n’était en réalité qu’une opération de déstabilisation sur commande, payée au prix du sang centrafricain pour préserver le business d’un régime aux abois et de ses mercenaires.

 

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Extradition d’Abdou Karim Meckassoua : que reste-t-il de la déclaration de Fidèle Gouandjika à Emmanuel Macron ?

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En février 2024, Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller à la présidence centrafricaine, s’adressait directement à Emmanuel Macron pour réclamer l’extradition d’Abdou Karim Meckassoua. Plus de deux ans après, cette déclaration appelle une question simple : quelle suite concrète a-t-elle produite ?

 

Une demande formulée directement à Emmanuel Macron

 

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Fidèle Gouandjika avait choisi de s’adresser personnellement au président français. Son intervention visait Abdou Karim Meckassoua, ancien président de l’Assemblée nationale centrafricaine, installé en France.

 

Extradition d’Abdou Karim Meckassoua : que reste-t-il de la déclaration de Fidèle Gouandjika à Emmanuel Macron ?

 

« Monsieur Macron, tu es le président de la France. C’est à toi que je m’adresse », déclarait-il au début de son intervention.

 

À lire aussi : Regarder comment le ministre Bienvenu Zokoué transforme les crimes des mercenaires russes en propagande pathétique

Le ministre-conseiller poursuivait en mettant directement en cause le président français : « Tu dis que tu es le président d’un pays de liberté, un pays qui respecte les droits humains. Et tu abrites chez toi un criminel de guerre. »

 

À lire aussi : Après avoir volé leurs votes, le régime de Bangui criminalise la jeunesse centrafricaine

L’accusation était particulièrement lourde. Gouandjika ajoutait : « Quelqu’un qui a exterminé le peuple centrafricain. » Il désignait ainsi Meckassoua comme un responsable de crimes extrêmement graves et demandait implicitement aux autorités françaises de permettre son retour en Centrafrique.

 

Les « accords judiciaires » invoqués par Gouandjika

 

Pour justifier sa demande, Fidèle Gouandjika invoquait l’existence d’une coopération entre Bangui et Paris.

 

« Nous avons un accord des choses judiciaires avec la France. Nous avons encore des accords de défense », affirmait-il.

 

Cette formulation mérite d’être examinée. L’existence d’une coopération judiciaire entre deux États ne signifie pas qu’un responsable politique peut demander publiquement à un chef d’État étranger de remettre une personne à la justice centrafricaine et que cette demande devient automatiquement exécutoire.

 

Une procédure d’extradition relève d’un cadre juridique précis. Elle nécessite une démarche officielle et l’examen du dossier par les autorités compétentes. La décision ne dépend donc pas simplement de la volonté personnelle du président français.

 

La question posée aujourd’hui est donc très concrète : une demande officielle d’extradition d’Abdou Karim Meckassoua a-t-elle réellement été transmise aux autorités françaises après cette déclaration ?

 

Une condition présentée comme liée au retour de la France

 

Fidèle Gouandjika ne s’était pas arrêté à la question judiciaire. Il avait également établi un lien direct entre cette extradition et les relations politiques entre Paris et Bangui.

 

Il déclarait : « Il y a six mois, le président Touadéra était chez toi là-bas à l’Élysée. Vous vous êtes entendus sur des points de convergence pour le retour de la France en Centrafrique. »

 

Puis il affirmait : « Ce retour de la France en Centrafrique sera conditionné par l’extradition de ces criminels de guerre qui s’appellent les casseurs ici à Bangui. »

 

Cette déclaration présente donc l’extradition comme une condition posée dans le cadre du rapprochement entre la France et la Centrafrique.

 

Mais deux ans et demi après, il faut revenir aux faits : où est cette condition ? Quel document officiel l’a consacrée ? Quelle demande a été adressée à Paris ? Quelle réponse les autorités françaises ont-elles apportée ?

 

La déclaration de Gouandjika était suffisamment précise pour laisser penser qu’une démarche devait suivre. Or, publiquement, cette suite demeure difficile à identifier.

 

Une question de cohérence politique

 

L’affaire ne se limite pas à la relation entre Bangui et Paris. Elle renvoie également à l’évolution des relations entre Faustin-Archange Touadéra et Abdou Karim Meckassoua.

 

Meckassoua avait occupé une place importante dans les institutions centrafricaines après l’élection de Touadéra à la présidence de la République. Il avait notamment été élu président de l’Assemblée nationale en 2016.

 

Cette période est importante pour comprendre la contradiction qui apparaît aujourd’hui dans le discours du pouvoir.

 

Comment une personnalité qui avait bénéficié du soutien politique nécessaire pour accéder à la présidence de l’Assemblée nationale a-t-elle pu devenir, quelques années plus tard, une personne présentée publiquement par un proche du chef de l’État comme un homme ayant « exterminé le peuple centrafricain » ?

 

Cette question ne vise pas à effacer les accusations formulées contre Meckassoua. Elle concerne la cohérence du discours politique. Si les autorités estimaient déjà qu’il représentait une menace criminelle majeure, pourquoi avoir travaillé avec lui et contribué à son accession à l’une des plus importantes fonctions institutionnelles du pays ?

 

Une coopération judiciaire ne peut pas devenir une simple affaire politique

 

La déclaration de Gouandjika pose également un problème de méthode.

 

Lorsqu’il affirme à Emmanuel Macron : « Tu abrites chez toi un criminel de guerre », il place le président français devant une demande qui relève à la fois de la politique et de la justice.

 

Or, si Bangui souhaite réellement obtenir le retour d’un ressortissant centrafricain poursuivi par sa justice, le dossier doit passer par les mécanismes judiciaires et diplomatiques prévus à cet effet.

 

La coopération judiciaire ne peut pas simplement signifier : la Centrafrique demande, la France exécute.

 

Une telle conception poserait immédiatement la question des garanties accordées à la personne recherchée, de l’indépendance des juridictions, de la nature des poursuites et des conditions dans lesquelles une éventuelle extradition serait exécutée.

 

C’est précisément pour cette raison que la déclaration de Gouandjika aurait dû être suivie d’éléments concrets : une demande officielle, un dossier judiciaire, une réponse de la France et, éventuellement, une procédure engagée devant les autorités compétentes.

 

Plus de deux ans après, où est la suite ?

 

Le temps écoulé donne aujourd’hui une portée particulière à cette déclaration.

 

En février 2024, Fidèle Gouandjika concluait son intervention par ces mots : « Trop c’est trop. Voilà. Voilà. »

 

Cette formule pouvait donner l’impression qu’une action officielle allait immédiatement suivre.

 

Or, plus de deux ans après, aucune suite publique clairement identifiable ne permet de constater que l’extradition d’Abdou Karim Meckassoua ait été obtenue ou qu’elle ait constitué une condition effective du retour de la France en Centrafrique.

 

La question devient alors incontournable : Fidèle Gouandjika parlait-il au nom d’une décision officielle de l’État centrafricain ou exprimait-il une position personnelle et politique ?

 

Si cette demande constituait une décision officielle, pourquoi les autorités centrafricaines n’ont-elles pas communiqué davantage sur les démarches entreprises depuis ? Si une procédure existe, où en est-elle ? Si Paris a refusé, quelle en a été la raison ? Et si aucune demande formelle n’a été déposée, pourquoi avoir présenté publiquement l’extradition comme une condition du rapprochement entre les deux pays ?

 

Une déclaration qui mérite d’être confrontée aux faits

 

La déclaration de Fidèle Gouandjika reste donc intéressante moins par son ton que par les questions qu’elle laisse sans réponse.

 

Il avait affirmé : « Nous avons un accord des choses judiciaires avec la France. » Il avait ensuite déclaré : « Ce retour de la France en Centrafrique sera conditionné par l’extradition de ces criminels de guerre qui s’appellent les casseurs ici à Bangui. »

 

Ces deux affirmations peuvent aujourd’hui être confrontées à une réalité simple : quelles démarches judiciaires et diplomatiques ont réellement suivi ?

 

Une accusation prononcée publiquement contre Abdou Karim Meckassoua ne constitue pas, à elle seule, une procédure d’extradition. Une déclaration adressée à Emmanuel Macron ne remplace pas une demande officielle. Et l’évocation d’une coopération judiciaire ne permet pas de déterminer, à elle seule, si les conditions juridiques d’une remise à la justice centrafricaine sont réunies.

 

Plus de deux ans après cette sortie publique, le dossier reste donc posé devant les autorités centrafricaines : si la demande d’extradition était sérieuse et officiellement engagée, il appartient désormais à ceux qui l’avaient annoncée d’en montrer les actes, les démarches et les résultats.

 

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Centrafrique : l’offensive projetée contre le FPRC à Sarayebo échoue après l’absence des renforts tchadiens

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Une opération préparée contre une position du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) à Sarayebo n’a finalement pas eu lieu. Des miliciens d’autodéfense de la Vakaga, communément appelés « Russes noirs » ou « Wagner noirs », ont été mobilisés avec l’appui de Wagner. Ils devaient recevoir le renfort de combattants rebelles tchadiens. Ces derniers ne sont pas arrivés au rendez-vous fixé, selon les informations recueillies et recoupées par la rédaction du CNC.

 

Au dépar, des chefs de milices convoqués à Bangui

 

L’opération trouve son origine dans une série de rencontres organisées récemment à Bangui avec plusieurs chefs des groupes d’autodéfense actifs dans la Vakaga.

 

Centrafrique : l’offensive projetée contre le FPRC à Sarayebo échoue après l’absence des renforts tchadiens

 

Près d’une dizaine de responsables ont quitté leurs zones d’implantation dans le nord-est du pays pour rejoindre la capitale. Leur déplacement a été organisé avec l’appui des éléments russes présents en Centrafrique.

À lire aussi : Qui a rédigé le discours de Touadéra à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille

 

À Bangui, ces responsables ont rencontré plusieurs hauts responsables centrafricains. Parmi eux figuraient le ministre de la Défense nationale, le ministre de la Sécurité publique ainsi que des responsables de l’état-major des Forces armées centrafricaines.

À lire aussi : Anicet-Georges Dologuélé : « C’est une bêtise monumentale », l’alerte sur la menace de déchéance collective de la nationalité d’origine qui guette des dizaines de milliers de binationaux en Centrafrique

 

Les chefs de milices ont également été reçus par le président Faustin-Archange Touadéra, selon les informations recueillies par la rédaction du CNC.

 

Ces rencontres ont notamment porté sur la situation sécuritaire dans la Vakaga et sur les opérations envisagées contre les positions du FPRC.

 

Des promesses de grades en échange d’opérations militaires

 

Selon les informations recoupées par le CNC, les responsables des milices d’autodéfense ont reçu des assurances concernant leur avenir au sein du dispositif sécuritaire.

 

Des promesses de grades militaires, notamment celui de lieutenant, ont été évoquées en contrepartie de leur participation à la reprise de zones contrôlées par le FPRC.

 

Les chefs concernés ont également reçu des enveloppes d’argent avant leur départ de Bangui.

 

Ils ont ensuite regagné leurs différentes zones d’implantation dans la Vakaga. Ces groupes sont présents dans plusieurs localités de la préfecture, notamment à Birao, Ouanda-Djallé, Boromata, Am-Dafock et Sikikede.

 

Leur retour devait permettre de préparer rapidement une opération contre une position du FPRC située dans le secteur de Sarayebo.

 

Une opération préparée avec des renforts rebelles tchadiens

 

Après leur retour dans la Vakaga, les responsables des milices d’autodéfense ont reçu pour instruction de participer à une opération contre le FPRC.

 

Le dispositif devait associer les éléments russes présents dans la zone, les miliciens centrafricains appelés « Russes noirs » ou « Wagner noirs » et des combattants rebelles tchadiens.

 

Le rôle des rebelles tchadiens était important dans le dispositif prévu. Ils devaient rejoindre les miliciens centrafricains avant le lancement de l’attaque contre la position du FPRC à Sarayebo.

 

C’est précisément à ce niveau que l’opération a échoué.

 

Les miliciens attendent les rebelles tchadiens en vain

 

Les éléments mobilisés ont quitté leurs zones vendredi pour se rapprocher du secteur ciblé.

 

Arrivés à quelques kilomètres de leur objectif, ils se sont arrêtés dans l’attente des combattants rebelles tchadiens qui devaient compléter leur dispositif.

 

Les heures ont passé sans que les renforts annoncés arrivent.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, les miliciens ont finalement décidé de ne pas poursuivre leur progression. Ils ont fait demi-tour et ont regagné leurs zones respectives, notamment dans le secteur de Birao.

 

L’opération projetée contre le FPRC à Sarayebo n’a donc pas été engagée.

 

Des informations mensongères diffusées après le repli

 

Après le retour des éléments mobilisés, des publications largement relayées sur les réseaux sociaux par le réseaux du groupe Wagner ont présenté une autre version des événements.

 

Ces publications, produites par intelligence artificielle,  affirment que les rebelles du FSR soudanais ont attaqué les rebelles du FPRC dans le nord-est de la Centrafrique.

Les miliciens d’autodéfense et les mercenaires de Wagner ont dû rebrousser chemin en l’absence des combattants rebelles tchadiens indispensables à l’opération.

 

Cette version ne correspond pas aux faits recueillis et recoupés par la rédaction du CNC.

 

Les rebelles tchadiens attendus sur le terrain n’ont pas rejoint les miliciens d’autodéfense centrafricains et les mercenaires russes engagés dans cette opération. Leur absence a empêché la progression du groupe vers la position du FPRC à Sarayebo.

 

Les rebelles soudanais du FSR se trouvent de leur côté de la frontière. Aucun élément recueilli par la rédaction du CNC ne confirme un franchissement de la frontière centrafricaine par ces rebelles pour attaquer le FPRC.

 

La version diffusée sur les réseaux sociaux présente donc une attaque du FSR soudanais contre le FPRC alors que l’opération préparée à Sarayebo n’a même pas atteint la phase d’assaut.

 

Une offensive avortée avant le premier assaut

 

Les éléments mobilisés étaient partis avec l’objectif de rejoindre le secteur de Sarayebo. Ils devaient être renforcés par des combattants rebelles tchadiens avant d’engager l’attaque contre une position du FPRC.

 

Les renforts tchadiens ne sont pas arrivés au rendez-vous.

 

Après plusieurs heures d’attente, les miliciens d’autodéfense ont abandonné leur progression et regagné leurs zones d’implantation.

 

L’offensive projetée contre le FPRC à Sarayebo a ainsi été avortée avant même le début des combats.

 

La diffusion d’un récit faisant intervenir les rebelles soudanais du FSR dans cette opération ne correspond pas au déroulement des faits recueillis par la rédaction du CNC. Des contenus présentés comme des comptes rendus de terrain ont circulé sur les réseaux sociaux, donnant une autre version d’une opération qui s’est terminée par le repli des éléments mobilisés, faute de renforts des combattants rebelles tchadiens. Actions disponibles

 

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Birao : quand les « Wagner noirs » se transforment en braqueurs de quartier et terrorisent la population

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Dans la soirée du samedi 26 septembre dernier, à Birao, un élève a été agressé et dépouillé par des miliciens auto-défense communément appelées « Wagner noirs » ou « Russes noirs ». Un énième fait qui plonge les habitants de Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, dans l’effroi et nourrit une colère grandissante contre l’impunité.

 

Les faits : une agression en pleine rue

 

Ce samedi-là, le jeune élève s’était rendu vers le quartier Songo pour rendre visite à ses parents. Arrivé aux environs de 16 heures, il est resté sur place jusqu’à 21 heures avant d’entamer son retour vers la maison. C’est sur ce trajet du retour, seul, son téléphone à la main, que le drame s’est noué. Selon des témoignages concordants, « les Wagner noirs sont sortis de nulle part devant lui et ils l’ont encerclé ».

 

Birao : quand les « Wagner noirs » se transforment en braqueurs de quartier et terrorisent la population
Image d’illustration d’un élément qui roule avec sa moto dans la ville de Birao

 

Le scénario est glaçant de banalité. Ils lui demandent d’abord de l’argent. Le jeune homme répond qu’il n’en a pas. Ils exigent alors son téléphone. Il refuse, expliquant qu’il s’agit d’un Android, son outil de travail, qu’il ne peut pas s’en séparer. C’est à ce moment que la situation dégénère : « Les Wagner noirs sont tombés sur lui et commencent à le taper, taper, taper, taper. »

À lire aussi : Bloqués par l’IA : Wagner et Ngamana créent une usine à fausses informations pour surveiller et traquer les Centrafricains

 

Heureusement pour lui, ses cris alertent les voisins. « Les gens des quartiers commencent à sortir et c’est là que les bandits l’ont laissé, ils sont partis. » Le jeune homme conserve son téléphone, mais pas son argent : « Il a 35 000 dans sa poche, les bandits ont récupéré 35 000, ils ont récupéré tout ça là, ils sont partis avec. »

À lire aussi : Ouadda-Maïkaga : l’enquête du CNC met en cause le chef de village Samba Blaise dans l’assassinat par les soldats FACA de trois personnes accusées de sorcellerie

 

« Ils disent qu’ils sont des auto-défenses, mais eux-mêmes se transforment en bandits »

 

Au-delà de l’agression elle-même, c’est le paradoxe de la situation qui indigne les habitants. Ces miliciens se présentent comme des forces d’auto-défense, censées sécuriser la ville et épauler les mercenaires russes dans la lutte contre les rebelles et l’insécurité. Mais dans les faits, dénoncent les habitants, « eux-mêmes ils se transforment en de grands bandits, braquent les gens dans les quartiers maintenant, quand ils circulent, les braquages c’est eux, le vol c’est eux ».

 

Un commerçant du quartier, interrogé par la rédaction du CNC, qui a requis l’anonymat bien sur, ne cache pas sa colère : « Chaque soir, c’est la même chose. Tu fermes ta boutique, tu ne sais même pas si tu vas arriver chez toi avec ton argent. Ces gens-là, on les voit circuler, et personne ne dit rien. Même les forces de sécurité les croisent et ferment les yeux. C’est à se demander qui protège qui dans cette ville. »

 

Une mère de famille rencontrée non loin du lieu de l’agression ajoute , la voix chargée de colère : « Nous avons fui les rebelles dans les villages envirronnants pour venir nous installer ici, à Birao, en pensant que la ville était plus sûre. Mais aujourd’hui, c’est pire. Nos enfants ne peuvent même plus rentrer tranquillement à la maison le soir. On vit dans la peur permanente, et personne ne semble s’en soucier. »

 

La question que tout le monde se pose est simple : « Mais quel est leur objectif exactement ? » Car la population se retrouve prise en étau. « Dans la forêt, dans la brousse, ils ne peuvent pas aller au champ à cause des criminels, c’est-à-dire des bandits, des rebelles, etc. Mais dans la ville aussi, ils ne peuvent pas être tranquilles à cause d’eux et des éléments de forces de sécurité. » Résultat : « Les habitants ne savent même pas aller maintenant. Ils ne savent même pas où se reposer. »

 

L’impunité pointée du doigt

 

Pour de nombreux habitants, cette situation découle d’un mal plus profond : l’impunité. « Beaucoup de gens maintenant disent que non, c’est l’impunité qui a engendré tout ça. Parce que pour le moment dans le pays, il n’y a personne qui gouverne. Tout est en désordre. Chacun fait ce qu’il veut, chacun fait sa dictature comme il veut. » Un constat amer, résumé par cette formule : « Vraiment ça, c’est incroyable ce niveau de pays là où on est actuellement. »

 

À Birao, les miliciens auto-défense sèment la terreur dans la préfecture de la Vakaga où les habitants subissent de plein fouet les actes de banditisme.

Un débat qui enflamme Birao

 

Cette agression, loin d’être un fait divers, « crée des débats énormes à Birao actuellement ». Elle cristallise le ras-le-bol d’une population qui ne sait plus à quel saint se vouer, entre rebelles dans la brousse, miliciens incontrôlés et forces de sécurité dans les villes. À l’extrême nord-est de la République centrafricaine, dans la préfecture de la Vakaga, le quotidien des habitants ressemble de plus en plus à un piège sans issue.

 

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Centrafrique : la CPC dénonce des tortures et des exécutions des mercenaires russes sur des civils

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La Coordination de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) dénonce des tortures et des exécutions commises par des éléments de Wagner dans l’ouest et le nord-ouest de la Centrafrique.

 

Dans un communiqué de presse publié lundi 28 septembre dernier, la Coordination générale de la CPC rapporte plusieurs incidents survenus durant la semaine du 17 septembre 2026.

 

Centrafrique : la CPC dénonce des tortures et des exécutions des mercenaires russes sur des civils
Deux mercenaires russes de Wagner occupant l’Etat-major des rebelles

 

À Goufou, village situé à environ 12 kilomètres de Bouar, sur l’axe Bouar-Ngaramboulaye, deux habitants, Maxime et Gboka Moustapha, ont été arrêtés le jeudi 17 septembre. Les deux hommes ont été ligotés aux mains et aux pieds. Gboka Moustapha, père de famille, a ensuite été tué. Les auteurs ont d’abord tenté de l’abattre par balle avant de brûler son corps. Maxime a été maintenu en captivité pour servir de guide dans une opération de recherche visant le général Adamou Ndalé et des combattants de la CPC.

 

À lire aussi : Centrafrique : de la propagande pro-russe aux communiqués de la gendarmerie, de l’État-major et du ministère de la défense, Anthropic dévoile l’usage massif de l’IA par le groupe Wagner en RCA

Un combattant de la CPC tué à Bossangoa

 

La CPC rapporte également la capture du général Nambokinena Kossi Francis dans le village de Yourouba, dans la commune de Ben-Zambé, près de Bossangoa. Il a été arrêté par un groupe de mercenaires russes de Wagner. Il a été torturé puis contraint de guider ses ravisseurs dans la brousse à la recherche d’autres combattants. Le groupe l’a ensuite conduit jusqu’au village de Gbolakaba, sur l’axe Ben-Zambé-Gbogozoi, après l’échec de cette opération. Nambokinena Kossi Francis a été décapité à Gbolakaba. Son corps a ensuite été mutilé. Sa tête et certains organes ont été placés dans une glacière puis emportés par ses ravisseurs.

À lire aussi : Centrafrique : Peut-on évoquer le droit international et la justice devant l’assemblée générale des Nations Unies tout en recourant aux mercenaires étrangers de Wagner au statut juridique controversé ?

 

La CPC conteste le statut de combattants

 

Dans son communiqué, la Coordination générale de la CPC insiste sur les circonstances des arrestations. Les personnes concernées n’ont pas été capturées pendant des affrontements. Elles ne portaient pas d’armes à feu et ne disposaient pas d’équipements militaires au moment de leur arrestation. Leur traitement ne peut donc pas être assimilé à celui de combattants capturés dans le cadre d’opérations militaires. Pour la CPC, ces personnes devaient être remises aux autorités judiciaires compétentes afin que leur implication dans les activités de la rébellion soit examinée dans le cadre de la procédure judiciaire. Le communiqué demande que ces faits soient considérés comme des violations des droits humains et du droit applicable aux personnes arrêtées ou détenues.

 

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Ces exécutions sommaires perpétrées par les miliciens russes constituent des violations des droits humains documentées dans les préfectures de l’ouest et du nord-ouest du pays.

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Drame de Zamboye : pour Rosins Zalang, « la RCA perd non seulement en vies humaines, mais également en environnement »

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 « Nous perdons non seulement en vies humaines, mais nous perdons aussi en environnement » : un abandon des obligations de remise en état des chantiers qui détruit l’écosystème et laisse des familles entières sans aucune mesure de compensation pour les orphelins et les veuves, explique Rosins Zalang.

 

Lors du débat Patara présenté par Armando Yanguendji sur l’antenne de Radio Ndeke Luka, le coordinateur de l’association Jeunesse en marche pour le développement en Centrafrique a mis en exergue le désastre écologique et social qui découle directement des activités extractives non régulées.

 

À lire aussi : Bozoum 2 : MINANG Désiré Oscar, le « député demi-dieu » qui fait la loi au-dessus des lois

Rosins Zalang a pointé la faillite du respect des clauses environnementales prévues par le code minier. Sous prétexte de laisser les artisans locaux grignoter les restes de gravier ou par pure complaisance envers les exploitants, les périmètres d’extraction ne sont jamais refermés ni reboisés à la fin des travaux. Les pelleteuses abandonnent des cratères béants qui défigurent le paysage, détruisent les sols cultivables et altèrent le lit des cours d’eau comme la rivière Kadéï. Cette négligence coupable transforme des zones autrefois fertiles en bassins d’érosion à haut risque pour les populations avoisinantes.

 

Drame de Zamboye : pour Rosins Zalang,  « la RCA perd non seulement en vies humaines, mais également en environnement »
Éboulement du chantier minier de Zamboye sur axe Baboua-Garoua-Boulaï

 

À lire aussi : MCU : le fils du député Mathurin Dimbelet , Fernand Dimbelet, communiquant du régime en prison, les tensions internes au camp de Touadéra prennent une nouvelle tournure

À ce ravage écologique s’ajoute une détresse sociale poignante, totalement ignorée par les mécanismes officiels. Lorsque les galeries s’effondrent sur ces chantiers délaissés, le bilan ne se compte pas uniquement en m3 de terre ou en pertes matérielles. Des pères de famille et des jeunes bras valides y laissent leur vie, plongeant des foyers entiers dans une précarité irréversible. Aucune structure de soutien, aucun fonds de garantie ni aucune mesure compensatoire n’existent pour prendre en charge les veuves et assurer la scolarité des orphelins.

 

À lire aussi : Yves Sanghamy martèle : « Nous avons le prix de l’essence le plus élevé au monde », une conséquence directe du contrat pétrolier opaque signé par le gouvernement

Cette double peine illustre la déconnexion entre l’exploitation des richesses et le bien-être des populations locales. En tolérant la dégradation durable des terres sans imposer la remise en état des sites aux titulaires de permis, et en abandonnant les familles des victimes à leur triste sort, les autorités laissent s’installer un modèle destructeur. Pour la société civile, l’urgence ne réside pas seulement dans l’arrêt des chantiers dangereux, mais dans la création d’un cadre légal contraignant imposant la restauration de l’environnement et l’indemnisation systématique des ayants droit.

 

Par Éric Azoumi

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Maternité ou arrêt de mort ? Quand le manque de suivi médical transforme l’accouchement en condamnation pour les femmes

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 Donner la vie ne devrait jamais signifier risquer la sienne. Pourtant, en République centrafricaine, pour des centaines de jeunes femmes, la maternité se transforme en un engrenage fatal, marqué par la négligence institutionnelle et la faillite du système de santé publique. Derrière les discours officiels sur la santé maternelle se cache une réalité brutale : l’absence criante de suivi médical adéquat pendant la grossesse condamne de plus en plus de jeunes mères à des séquelles irréversibles, quand elles ne y laissent pas simplement la vie.

Maternité ou arrêt de mort ? Quand le manque de suivi médical transforme l'accouchement en condamnation pour les femmes

 

L’éclampsie et l’hypertension : des tueuses silencieuses ignorées par l’État

 

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Les données médicales sont sans appel : l’hypertension artérielle est devenue la première cause des maladies rénales graves dans notre pays. Chez les sujets jeunes de sexe féminin, cette hypertension destructrice survient majoritairement au décours d’une grossesse mal suivie ou marquée par des crises d’éclampsie non prises en charge.

 

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Faute de consultations prénatales accessibles, de matériel de tension dans les centres de santé de proximité et de personnel formé en nombre suffisant, des complications parfaitement évitables passent inaperçues. Quelques mois ou quelques années après avoir mis un enfant au monde, ces femmes voient leur tension exploser et leurs reins détruits de manière irréversible. L’accouchement, qui aurait dû être un moment de vie, devient le point de départ d’une condamnation à mort à bas bruit.

 

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Un système de santé qui abandonne les femmes à leur sort

 

Comment tolérer qu’à notre époque, des jeunes femmes de 20 ou 25 ans se retrouvent en insuffisance rénale chronique terminale simplement parce qu’elles ont porté la vie ? La réponse réside dans l’incapacité de l’État à offrir une couverture sanitaire minimale sur l’ensemble du territoire.

 

Le manque cruel d’infrastructures médicales adaptées et le coût prohibitif des soins contraignent les populations les plus vulnérables à faire l’impasse sur le suivi médical. Les autorités préfèrent vanter des statistiques isolées plutôt que d’affronter l’ampleur du désastre : la prise en charge préventive des femmes enceintes est une coquille vide, et le prix de cette carence est payé au prix fort par la jeunesse féminine du pays.

 

Le calvaire de la dialyse : la double peine pour les jeunes mères

 

Pour ces mères frappées par la maladie rénale après leur grossesse, le quotidien se transforme en un combat épuisant pour la survie. Branchées trois fois par semaine aux machines du centre d’hémodialyse de Bangui, pendant quatre heures à chaque séance, comment peuvent-elles élever leurs enfants, travailler ou poursuivre leurs études ?

 

Cette prise en charge tardive représente un coût financier et humain exorbitant pour les familles, contraintes de s’endetter pour maintenir leur proche en vie. Plutôt que de financer une véritable politique de prévention et d’accompagnement prénatal, le gouvernement laisse s’installer un drame humain majeur. Il est temps d’exiger des comptes : protéger la santé des mères n’est pas un privilège, c’est un devoir régalien que l’État centrafricain continue de fouler aux pieds.

Le système de santé en République centrafricaine échoue à protéger les femmes, laissant les complications de maternité, comme l’hypertension, non prises en charge.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Axe Bozoum-Bouar : à Koundé, les soldats FACA maintiennent leur contrôle au checkpoint invisible à l’entrée et à la sortie de la ville

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 À Koundé, à environ 35 kilomètres de Bozoum sur l’axe reliant Bozoum à Bouar, des soldats FACA continuent de contrôler les usagers et de leur réclamer de l’argent malgré le démantèlement annoncé des barrages routiers.

 

Sur cette route reliant Bozoum, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham-Pendé, à Bouar, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré, aucun dispositif physique d’un barrage routier n’est installé à Koundé pour barrer la route. Les soldats ne disposent ni de poteaux, ni de cordes, ni de barrières métalliques pour bloquer la circulation.

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Axe Bozoum-Bouar : à Koundé, les soldats FACA maintiennent leur contrôle au checkpoint invisible à l’entrée et à la sortie de la ville

Le contrôle existe pourtant bel et bien.

 

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À l’entrée du village, les soldats FACA restent en retrait de la chaussée, notamment sous des arbres ou à proximité d’un manguier. Ils surveillent les mouvements sur la route et interviennent lorsqu’ils entendent arriver une moto ou un véhicule.

 

Lorsqu’une moto ou un véhicule arrive à leur niveau, les militaires sortent de leur position et lui font signe de s’arrêter. Le conducteur doit alors se soumettre au contrôle. Les soldats demandent notamment les pièces d’identité et procèdent à différentes vérifications avant de laisser poursuivre le trajet.

 

Pour les motocyclistes, le passage est également soumis à un paiement. À l’entrée de Koundé, 2 000 francs CFA sont demandés. À la sortie du village, le même montant est réclamé. Un motocycliste qui traverse Koundé dans les deux sens peut ainsi verser 4 000 francs CFA au cours de son passage.

 

Cette pratique concerne les usagers de la route qui circulent sur cet axe, notamment les motocyclistes et les véhicules. Les contrôles et les demandes d’argent se poursuivent alors que les autorités centrafricaines ont annoncé le démantèlement des barrages routiers illégaux et la suppression des points de contrôle qui entravent la libre circulation.

 

Une barrière sans dispositif visible

 

À Koundé, le système repose donc sur une méthode différente. Il n’est pas nécessaire d’installer un obstacle au milieu de la route pour exercer un contrôle.

 

Les soldats restent à proximité de l’axe routier et observent les arrivées. Les motos et les véhicules sont repérés à distance. Dès qu’un usager approche, les militaires se rendent sur la chaussée pour l’arrêter.

 

Pour les transporteurs et les motocyclistes, la différence entre une barrière classique et ce dispositif est donc essentiellement matérielle. Dans les deux cas, l’usager doit s’arrêter, présenter ses documents et répondre aux demandes des militaires avant de poursuivre son trajet.

 

Cette méthode rend également le dispositif moins visible pour les responsables chargés de vérifier l’application des mesures de démantèlement des barrières.

 

Des habitants et des usagers de l’axe s’interrogent ainsi sur la manière dont les contrôles sont constatés lors des passages des responsables militaires. Lorsque les autorités affirment qu’aucune barrière n’est installée, les usagers expliquent qu’ils ne parlent pas nécessairement d’une structure physique. Ils décrivent un système de contrôle organisé à proximité de la route.

 

Les militaires n’ont pas besoin de construire une barrière pour arrêter les véhicules. Leur présence suffit à interrompre momentanément la circulation et à imposer un contrôle.

 

Les usagers continuent de payer

 

Pour les motocyclistes, le coût du passage est particulièrement concret. Les 2 000 francs CFA demandés à l’entrée et les 2 000 francs CFA réclamés à la sortie représentent une dépense supplémentaire pour ceux qui empruntent régulièrement cette route.

 

À cela s’ajoutent les contrôles des pièces d’identité et les autres demandes formulées aux usagers.

 

Le problème ne se limite donc pas à l’existence ou non d’un obstacle installé sur la chaussée. Il concerne aussi les pratiques qui persistent autour de la circulation des personnes et des biens.

 

Sur un axe censé rester accessible, les usagers doivent toujours s’arrêter devant des militaires, présenter leurs documents et effectuer des paiements pour poursuivre leur trajet.

 

Cette situation est particulièrement difficile à comprendre pour les populations locales, qui ont entendu les annonces relatives à la suppression des barrières routières. Pour elles, le démantèlement d’une barrière devrait également mettre fin aux contrôles permettant de réclamer de l’argent aux voyageurs.

 

Une méthode difficile à constater depuis la route

 

Le dispositif observé à Koundé présente une particularité : il peut disparaître visuellement dès qu’aucun usager n’arrive.

 

Un véhicule d’autorité qui traverse la zone peut ne trouver aucun objet placé sur la chaussée. Les soldats peuvent être assis sous un arbre, à quelques mètres de la route. À première vue, la circulation paraît donc libre.

 

La situation change dès qu’une moto ou un véhicule se présente.

Le contrôle militaire à Koundé par les FACA impose des frais de passage, illustrant la persistance des pratiques malgré les annonces officielles.

 

Les militaires se lèvent, se rendent sur la route et font arrêter l’usager. Le contrôle commence alors avant que celui-ci puisse continuer son trajet.

 

C’est cette organisation qui donne aux usagers l’impression d’une « barrière invisible ». Elle n’est pas matérialisée par un équipement routier, mais ses effets sont bien réels pour ceux qui circulent.

 

Le conducteur doit s’arrêter. Ses documents sont vérifiés. Des explications peuvent être demandées. Dans le cas des motocyclistes, un paiement est réclamé à l’entrée et à la sortie du village.

 

L’axe Bozoum-Bouar reste sous surveillance

 

La situation de Koundé intervient sur un axe important reliant deux villes majeures de l’ouest de la République centrafricaine.

 

Bozoum et Bouar sont reliées par une route régulièrement empruntée par les populations, les motocyclistes, les transporteurs et les commerçants. La fluidité de cette circulation dépend notamment de la suppression des contrôles qui ne sont pas prévus par les dispositions en vigueur.

 

À Koundé, les usagers décrivent pourtant la persistance d’un dispositif militaire qui produit les mêmes effets qu’un barrage routier, sans en avoir l’apparence.

 

La méthode permet aux soldats de contrôler les voyageurs sans placer de structure permanente sur la route. Elle permet aussi de maintenir des prélèvements sur les usagers alors que les autorités ont annoncé la fin des barrières illégales.

 

Plus loin sur le même axe, en direction de Boukaranga et de la frontière, les usagers font état de pratiques encore plus importantes. Cette partie de l’itinéraire fera l’objet d’un prochain reportage consacré aux contrôles et aux paiements imposés aux transporteurs et aux voyageurs.

 

Par Julien Bambou

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Centrafrique : Crimes et exactions des mercenaires russes : l’incroyable idiote réponse de Dimitri Sytyi sur Ndeke Luka

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Reçu pour la deuxième fois, le 22 septembre dans les studios de Radio Ndeke Luka, le chef de la Maison russe à Bangui, Dimitri Sytyi, a livré une prestation qui en dit long sur le mépris affiché par la milice Wagner envers les victimes centrafricaines que causent ses mercenaires.

 

Interrogé sur des cas précis de torture, d’exécutions sommaires et d’arrestations arbitraires impliquant ses hommes, Dimitri Sytyi a balayé les accusations d’un revers de main, poussant le cynisme jusqu’à nier l’évidence.

 

Centrafrique : Crimes et exactions des mercenaires russes : l’incroyable idiote réponse de Dimitri Sytyi sur Ndeke Luka
Les mercenaires russes lourdement armés dans les rues de la capitale Bangui. Photo CNC

 

Le corps en décomposition d’un policier centrafricain ? « Pas fait attention »

 

L’un des moments les plus révoltants de cet entretien concerne le sort tragique du policier centrafricain Romaric Mokoboulou. Arrêté le 15 décembre 2025 dans l’enceinte même du Commissariat central de Bangui après l’évasion spectaculaire du chef rebelle Nour Grégaza, ce brigadier de police, fonctionnaire de l’État a été enlevé par des éléments russes. Le 5 février 2026, son corps en décomposition était abandonné à la morgue de l’Hôpital général de Bangui, portant les traces d’affreuses tortures.

 

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Relancé par les journalistes sur la colère des organisations de la société civile et de la famille du policier, qui accusent directement les mercenaires d’avoir joué les « juges et bourreaux », le tout puissant Dimitri Sytyi n’a pas trouvé mieux que d’esquiver : « Je n’ai pas fait attention à ça », avant d’ajouter avec un dédain à peine voilé : « Sur les ondes, chaque jour, chaque heure, ils parlent de n’importe quoi sur la mission russe… Difficile d’écouter quelque ».

 

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Une déclaration qui sonne comme une insulte à la mémoire d’un agent des forces de l’ordre centrafricaines et à la douleur de sa famille.

 

L’affaire Bilal Hamza : de la drogue et une « fuite » rocambolesque

 

Autre dossier noir évoqué : l’assassinat du transporteur Bilal Hamza, enlevé le 10 août 2026 à Ndélé avant que son cadavre ne soit retrouvé sans vie quelques jours plus tard.

 

Pressé de s’expliquer sur l’implication de ses hommes, le chef de la mission russe a affirmé n’avoir pour toute information que l’interpellation du transporteur pour un soi-disant « trafic de drogues ». Et lorsque la rédaction de Ndeke Luka lui rappelle que l’homme a été retrouvé mort après son arrestation par les Russes, Sytyi qui sait tout mais ne sait rien, lâche froidement : « Il a fui. Je ne sais pas où. Quand on fuit, on ne nous dit pas où on fuit ». Une explication sommaire qui ne convaincra personne sur le terrain.

 

Élus arrêtés à Zemio : l’arbitraire sous couvert d’« appui »

 

Interrogé sur l’arrestation, le 5 mai 2026 à Zemio, de Machak Mboli Ourougourani, candidat aux élections régionales et d’Antoine Zongoniba, conseiller municipal, transférés en catimini vers les locaux de la SRI à Bangui, Dimitri Sytyi a une nouvelle fois botté en touche.

 

Mais tout en prétendant ne pas connaître le dossier, il tente de défausser la responsabilité sur les autorités nationales, affirmant que les Russes « soutiennent » uniquement les forces locales. Pourtant, sur le terrain dans le Haut-Mbomou comme ailleurs, la population sait parfaitement qui donne les ordres et qui détient le pouvoir de coercition.

 

Un cynisme nourri par le silence des institutions et de la justice

 

Si Dimitri Sytyi se montre aujourd’hui aussi arrogant et à l’aise pour défendre ses mercenaires, niant en bloc leurs crimes au nom de la hiérarchie de Wagner, c’est avant tout parce qu’il bénéficie d’une passivité générale.

 

La justice centrafricaine, paralysée ou complice, détourne le regard face aux abus.

 

La Cour Pénale Spéciale (CPS), pourtant investie du mandat d’enquêter sur les crimes graves, brille par son mutisme dès lors que des éléments russes sont mis en cause.

 

Quant à la MINUSCA et aux organisations de défense des droits humains, leurs condamnations timides et leurs rapports classés sans suite ne pèsent plus lourd face à la réalité du terrain.

 

En fermant les yeux sur ces exactions répétées, ces institutions judiciaires et internationales ont offert aux mercenaires russes un permis d’accorder l’impunité totale. C’est fort de ce vide institutionnel et de ce lâchage des victimes que Dimitri Sytyi « prend des épaules », certain qu’aucun tribunal ni aucune chancellerie ne viendra lui demander des comptes sur le sang centrafricain versé.

 

Pitié!

 

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Centrafrique : nouvelle déportation cette semaine des centrafricains sur le front ukrainien, le ministère de la défense complice

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Une dizaine de Centrafricains, dont des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) et des civils, ont quitté Bangui pour la Russie avant d’être déployés la semaine dernière en Ukraine, selon des informations recueillies et recoupées par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.

 

Un départ encadré par un document du ministère de la Défense

 

L’affaire commence à Bangui avec un document officiel délivré par le ministère de la Défense nationale.

 

Centrafrique : nouvelle déportation cette semaine des centrafricains sur le front ukrainien, le ministère de la défense complice
Les peureux centrafricains annoncent vouloir se rendre au front ukrainien

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, ce document a permis à plusieurs Centrafricains, dont des militaires en activité, de quitter la République centrafricaine à destination de la Russie.

À lire aussi : Trafic de tramadol en Centrafrique : le très sérieux Wall Street Journal rejoint les révélations du CNC sur les réseaux de Wagner

 

Parmi les personnes concernées figurent des soldats FACA. La rédaction du CNC a pu interroger l’un des recrues.

À lire aussi : Qui a rédigé le discours de Touadéra à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille

 

Cette personne a présenté ses documents militaires. La rédaction a notamment pu constater son appartenance aux FACA ainsi que son grade.

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Son départ n’aurait pas été organisé par l’état-major général des armées, selon les informations recueillies par le CNC. Le document à l’origine de son voyage a été délivré au niveau du ministère de la Défense. Les personnes concernées ont ensuite embarqué à destination de Moscou.

 

De Bangui à Moscou, puis vers l’Ukraine

 

À leur arrivée en Russie, les recrues ont été hébergées dans un hôtel à Moscou.

 

Leur séjour dans la capitale russe n’aura duré que quelques jours avant leur départ vers une autre destination la semaine dernière.

 

Selon les informations recueillies par le CNC auprès de plusieurs sources et confirmées par le témoignage d’une des personnes concernées, ces Centrafricains ont ensuite été déployés sur le terrain en Ukraine. CNC ne peut pas déterminer avec certitude, à ce stade, leur position exacte.

 

Il reste notamment à établir s’ils se trouvent directement dans une zone de combats ou dans une zone destinée à leur formation et à leur préparation avant leur éventuelle affectation au front. Un élément est établi par les informations recueillies par la rédaction : les recrues ont quitté Moscou pour être déployées dans le dispositif russe engagé dans la guerre en Ukraine.

 

Une formation au pilotage de drones présentée comme porte d’entrée

 

Ce déplacement intervient quelques jours après une enquête publiée par le CNC sur une campagne de recrutement de jeunes Centrafricains présentée comme une offre de formation au pilotage de drones en Russie.

 

Dans cette précédente publication, le CNC avait alerté sur le risque que ces offres servent à recruter des jeunes Africains pour la guerre en Ukraine. 

 

Les informations recueillies depuis apportent un nouvel élément à cette enquête. Dans le cas des Centrafricains concernés, le voyage vers la Russie ne s’est pas limité à une formation annoncée à Bangui. Quelques jours après leur arrivée à Moscou, certains ont été orientés vers le dispositif militaire russe déployé en Ukraine. Cette évolution correspond à un mécanisme déjà documenté dans plusieurs pays africains.

 

Il y’a lieu de rappeler que le Centre d’études stratégiques de l’Afrique indique que des milliers d’Africains ont été attirés vers la Russie par des promesses d’emploi, de formation ou de salaires élevés avant de se retrouver engagés dans la guerre en Ukraine. 

 

Des recrutements africains déjà documentés

 

Le recrutement de ressortissants africains par la Russie pour participer à la guerre en Ukraine n’est pas un phénomène nouveau.

 

Le ministère de la Défense a facilité ce départ vers Moscou sous couvert d’une formation au pilotage de drones, avant l’envoi effectif des troupes sur le terrain de la guerre en Ukraine.

Le 10 septembre 2026, Le Monde, s’appuyant notamment sur un rapport d’Amnesty International, rapportait que des ressortissants étrangers étaient recrutés par des méthodes décrites par l’organisation comme trompeuses, coercitives et abusives.  Le rapport cité distingue notamment les recrutements effectués directement dans les pays d’origine et ceux visant des migrants déjà présents en Russie. Dans plusieurs cas documentés, des personnes attirées par des emplois ou des formations ont finalement signé des contrats militaires avant d’être envoyées sur le front ukrainien. 

 

Le Centre d’études stratégiques de l’Afrique fait également état d’un réseau de recrutement touchant des ressortissants de nombreux pays africains. 

 

Le rôle du ministère centrafricain de la Défense

 

Dans le dossier centrafricain, un point distingue cette affaire des nombreux recrutements individuels documentés en Afrique.

 

Les personnes concernées ne seraient pas parties uniquement à la suite d’une démarche personnelle. Leur déplacement a été facilité par un document délivré par le ministère centrafricain de la Défense nationale. Le CNC a pu vérifier les documents présentés par l’une des recrues, qui se présente comme membre des FACA. Cette présence d’un militaire centrafricain dans le dispositif constitue un élément particulièrement sensible du dossier.

 

La rédaction du CNC n’a pas encore obtenu d’explication officielle du ministère de la Défense sur la nature exacte de cette mission, le statut des personnes concernées, leur destination finale en Russie et les conditions de leur éventuel déploiement en Ukraine.

 

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Centrafrique : quand le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera, parle de paix à l’ONU avec les mains tachées de sang des centrafricains à la tribune des Nations-Unies

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Devant l’Assemblée générale des Nations unies, Faustin Archange Touadéra a prononcé un discours que d’aucuns qualifieront d’historique. Historique, oui, mais pas pour les raisons qu’il imagine. Historique par son cynisme, par son indécence, par l’écart vertigineux entre les mots prononcés à New York et la réalité vécue chaque jour par les Centrafricains. Car celui qui se présente aujourd’hui comme le chantre de la paix, le défenseur des vulnérables et le contempteur des conflits est précisément l’homme qui a plongé son pays dans un cycle de violence, de dépendance et d’humiliation dont il refuse d’assumer la moindre responsabilité.

 

Écouter Touadéra parler de paix, c’est comme entendre un pyromane donner des leçons de sécurité incendie. Depuis son accession au pouvoir en 2016, puis sa réélection frauduleuse de 2020 ainsi que celle de 2026, , son régime n’a cessé de s’appuyer sur des forces étrangères, mercenaires et milices, pour se maintenir. Wagner, plus les Africa Corps, ont  fait de la Centrafrique un laboratoire de leur stratégie de prédation. Des hommes armés sans uniforme, sans mandat, ont semé la terreur dans les villages et villes, pillé les ressources, violé, tué, déplacé. Et pendant ce temps, Touadéra, à Bangui, signait des décrets, distribuait des postes, et se présentait comme le garant de l’ordre.

 

Centrafrique : quand le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera, parle de paix à l’ONU avec les mains tachées de sang des centrafricains à la tribune des Nations-Unies
Touadera prendrant discours devant le conseil l’ONU en septembre 2026

 

Le discours onusien du dictateur centrafricain est un exercice de réécriture de l’histoire. Il parle de « restaurer la confiance » et de « gérer la transformation », comme si la confiance était une variable technique et la transformation un simple problème de gestion. Mais dans un pays où l’État a disparu de vastes portions du territoire, où les écoles ferment faute d’enseignants et de sécurité, où les hôpitaux manquent de tout, où les femmes et les enfants fuient les groupes armés, la confiance ne se décrète pas. Elle se construit par des actes. Et les actes de Touadéra, depuis huit ans, sont ceux d’un homme qui a choisi la survie de son clan plutôt que la dignité de son peuple.

 

Il dénonce les conflits qui « coûtent des vies civiles, détruisent des écoles et des hôpitaux et déplacent des familles entières ». Qui mieux que lui sait cela ? Il dénonce le terrorisme, les trafics et les groupes armés qui prospèrent dans les zones que l’État ne contrôle plus. Mais qui a laissé ces zones sans État ? Qui a préféré s’allier à des seigneurs de guerre plutôt que de reconstruire une armée nationale républicaine ? Qui a transformé la Centrafrique en un terrain de jeu pour puissances étrangères, au point que le pays ne décide plus rien de son propre destin ?

 

Touadéra à l’ONU, c’est aussi le spectacle d’un homme qui se sait illégitime et qui tente de compenser par le verbe. Il parle de « fierté d’un peuple qui n’a jamais cessé d’espérer ». Mais de quel peuple parle-t-il ? Celui qui vit sous la menace permanente des hommes de Wagner ? Celui qui a vu ses élections confisquées, ses opposants emprisonnés ou exilés, sa presse muselée ? Celui qui, dans les provinces, ne sait pas si demain un camion de mercenaires viendra piller son village ? Ce peuple-là n’espère plus rien de Touadéra. Il espère seulement survivre à son règne.

 

Le paradoxe qu’il dénonce, cette difficulté des nations à agir ensemble, il l’incarne lui-même à l’échelle de son pays. Il parle de « divisions au sein du Conseil de sécurité » alors que son propre régime repose sur la division, la peur et la corruption. Il dénonce le droit international « relégué au rang de simples options » alors qu’il a lui-même piétiné la Constitution, violé les accords de paix, ignoré les résolutions onusiennes sur la protection des civils. Il parle des « plus vulnérables qui paient le prix ». Mais ce prix, ce sont les Centrafricains qui le paient, et c’est lui qui l’a fixé.

 

Il y a quelque chose d’obscène à voir un homme accueilli avec les honneurs diplomatiques, entouré d’une forte délégation, prononcer un discours sur la paix alors que son pouvoir repose sur la guerre. Cette forte délégation, d’ailleurs, interroge. Pourquoi tant de moyens mobilisés pour un pays si pauvre ? Pourquoi tant de costumes, de billets d’avion, de protocoles, alors que le peuple crève de faim ? Parce que la diplomatie de Touadéra n’est pas au service de la Centrafrique. Elle est au service de Touadéra. Elle sert à acheter une respectabilité qu’il ne mérite pas, à faire oublier les rapports des Nations unies sur les exactions, à contourner les sanctions, à négocier la impunité.

 

Bangui 2024, c’est le décor. New York, la scène. Et Touadéra, l’acteur principal d’une pièce tragique où les victimes ne sont jamais invitées à parler. Il parle de paix. Mais la paix, en Centrafrique, n’est pas un discours. C’est une exigence. Et cette exigence, Touadéra ne la satisfait pas. Il la bafoue chaque jour. Chaque jour où un village brûle. Chaque jour où une fille est violée. Chaque jour où un homme est tué pour avoir osé dire non. Chaque jour où la Centrafrique est vendue au plus offrant.

 

Alors non, monsieur le Président, vous n’êtes pas le porte-voix de la paix. Vous êtes le visage de ce que vous prétendez combattre. Vous parlez de paix avec les mains tachées de sang. Et ce sang, un jour, remontera jusqu’à votre tribune. Les mots ne lavent pas les crimes. Les discours ne ressuscitent pas les morts. Et l’histoire, elle, ne retiendra pas vos phrases. Elle retiendra vos actes.

 

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Le pouvoir de Faustin Archange Touadéra s’appuie durablement sur des forces étrangères et des mercenaires, multipliant les exactions dans tout le pays.

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Centrafrique : de la propagande pro-russe aux communiqués de la gendarmerie, de l’État-major et du ministère de la défense, Anthropic dévoile l’usage massif de l’IA par le groupe Wagner en RCA

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Anthropic révèle l’utilisation de son intelligence artificielle Claude dans une opération d’influence pro-russe en Centrafrique, avec des contenus destinés à plusieurs institutions du pays, totalement soumises au groupe russe Wagner.

 

Claude au service d’une opération d’influence

 

L’entreprise américaine Anthropic, créatrice de l’intelligence artificielle Claude, a identifié l’utilisation de son outil dans une opération d’influence pro-russe en Centrafrique.

Centrafrique : de la propagande pro-russe aux communiqués de la gendarmerie, de l’État-major et du ministère de la défense, Anthropic dévoile l’usage massif de l’IA par le groupe Wagner en RCA
Image d’illustration d’un mercenaire russe de la milice Wagner dans un véhicule de la gendarmerie à Bangui sur l’avenue Barthelemy Bogandales militaires russes dans un pick up de la Gendarmerie Nationale IMG 7mai2018005155

 

D’après les informations rapportées par Radio France Internationale (RFI), le compte concerné est attribué à Arthur Thévossian.

À lire aussi : Centrafrique : plus de dix ans après, où en est l’affaire du don angolais impliquant Catherine Samba-Panza ?

 

Le collectif Impact l’identifie comme coordinateur en Centrafrique de Politology, une ancienne structure liée à la galaxie Wagner.

À lire aussi : Quand la Banque mondiale montre comment le Premier ministre Félix Moloua doit affronter la faillite cachée de l’ENERCA et de la SODECA

 

Cette structure est présentée comme ayant ensuite été reprise en main par les services de renseignement russes.

 

Une IA utilisée pour produire des contenus pro-russes

 

Le compte aurait d’abord servi à effectuer des tâches administratives.

 

Claude aurait notamment été utilisé pour rédiger des offres d’emploi et des contrats.

 

L’outil aurait également permis de mettre en place un système de notation des salariés ainsi que des procédures de licenciement.

 

Son utilisation aurait ensuite évolué vers la production de contenus politiques et médiatiques favorables au gouvernement centrafricain et au groupe Wagner.

 

Selon Anthropic, ces contenus étaient ensuite diffusés automatiquement par Radio Lengo Songo.

 

Radio Lengo Songo comme relais local

 

Radio Lengo Songo aurait servi de relais à ces contenus générés avec l’intelligence artificielle.

 

Selon Anthropic, l’objectif était de faire parvenir aux Centrafricains des contenus produits par l’État russe tout en leur donnant l’apparence de programmes locaux.

 

Les contenus auraient ensuite été repris par la radio-télévision nationale.

 

L’opération aurait également bénéficié d’une amplification coordonnée avec les médias russes RT et Sputnik.

 

L’utilisation de Claude aurait ainsi permis de produire rapidement des contenus destinés à plusieurs canaux de diffusion.

 

Des documents destinés aux autorités centrafricaines

 

L’utilisation du compte ne se serait pas limitée aux contenus diffusés par les médias.

 

Selon le reportage de RFI, Claude aurait également été utilisé pour rédiger des rapports destinés au directeur de la Maison Russe.

 

Certains documents auraient aussi été préparés à l’attention du porte-parole de la présidence centrafricaine.

 

Ces éléments rapportés par Anthropic montrent que l’outil aurait été utilisé dans plusieurs domaines, allant de la communication publique à la production de documents destinés à des responsables institutionnels.

 

Des communiqués attribués à la gendarmerie

 

L’un des éléments rapportés dans le reportage concerne également la production de communiqués attribués à la gendarmerie.

 

Le compte aurait servi à fabriquer des contenus présentés comme provenant de cette institution.

 

Le ministère de la Défense aurait également été concerné par cette production de documents.

 

L’intelligence artificielle aurait donc été utilisée pour produire des textes susceptibles d’être associés à des institutions de l’État centrafricain.

 

Un système de collecte de données sur les opposants

 

Le compte aurait également servi à mettre en place un système de collecte de données concernant des opposants politiques.

 

Cette utilisation de Claude aurait dépassé la simple production de textes de propagande.

 

Selon RFI, l’outil aurait été sollicité pour organiser des informations concernant des personnes considérées comme opposées au pouvoir.

 

Une demande visant à dénoncer des opposants afin qu’ils soient arrêtés aurait finalement été refusée par l’intelligence artificielle.

 

Claude aurait ainsi bloqué cette demande en application de ses règles de sécurité.

 

Anthropic coupe l’accès au compte

 

Anthropic a finalement interrompu l’accès du compte à ses services.

 

L’entreprise américaine présente cette affaire comme un exemple de l’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle dans des opérations d’influence.

 

Le cas centrafricain s’inscrit dans un ensemble plus large d’opérations identifiées dans plusieurs pays africains.

 

Le Mali, la République démocratique du Congo, le Kenya et le Soudan sont également cités dans le reportage de RFI.

 

La révélation intervient alors que les outils d’intelligence artificielle permettent désormais de produire rapidement des textes, rapports, messages et contenus destinés à une diffusion à grande échelle. Actions disponibles

 

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Sam-Ouandja : les forces de l’ordre sont de véritables bandits, la population regrette même les périodes d’occupation des groupes armés

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À Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, les forces de l’ordre déployées dans la ville sont devenues de grands bandits. Elles étouffent la population en multipliant les contrôles routiers abusifs, le racket systématique et la confiscation brute des motos.

 

La situation actuelle est bien plus grave que les périodes durant lesquelles la ville était sous le contrôle des groupes armés. Les conditions de circulation et de commerce étaient alors nettement moins contraignantes qu’aujourd’hui sous la coupe des forces de l’ordre.

 

Sam-Ouandja : les forces de l’ordre sont de véritables bandits, la population regrette même les périodes d’occupation des groupes armés
Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto

 

Un premier incident s’est produit cette semaine avec un jeune conducteur de taxi-moto arrivé de Bria avec des marchandises. Alors que les motos constituent l’unique moyen vital pour transporter les produits et ravitailler Sam-Ouandja, le conducteur a été directement dépouillé aux différents points de contrôle en versant plusieurs sommes aux éléments présents.

 

Après avoir regagné son domicile, il a été interpellé sans ménagement par des gendarmes. Le commandant de brigade exige qu’il paie encore, lui reprochant de ne pas être passé directement à la brigade pour une formalité inventée.

À lire aussi : Qui a rédigé le discours de Touadéra à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille

 

Les gendarmes ne tiennent même pas systématiquement les barrages routiers : ils obligent brutalement les usagers contrôlés à l’entrée ou à la sortie de la ville à se présenter ensuite à la brigade pour une formalité supplémentaire, qui n’est rien d’autre qu’un paiement forcé.

À lire aussi : Faustin Zaméto analyse le discours de Touadéra à l’ONU entre diplomatie internationale et attentes des Centrafricains

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Dans le cas du conducteur de taxi-moto, sa moto et les marchandises transportées ont été confisquées et conduites à la brigade. L’ordre est sans appel : il doit payer 5 000 francs CFA pour récupérer son engin et ses biens.

À lire aussi : Houlaguele Anselme interpelle la communauté internationale : « L’UE finance-t-elle la construction d’un régime dictatorial ? »

 

Un autre incident concerne un conducteur de moto qui circulait sur une route fortement dégradée. Arrivé devant un trou rempli d’eau, il a dévié pour éviter l’obstacle avant de poursuivre son trajet jusqu’à son domicile.

À lire aussi : Crédit Populaire de Centrafrique : le groupe canadien présenté aux clients pour la reprise de l’établissement est lui-même en faillite

 

Des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) se sont ensuite rendus directement chez lui pour lui faire grief de cette manœuvre. Ils lui imposent des explications absurdes sur le fait qu’il n’ait pas foncé tout droit dans le trou.

 

Le conducteur a précisé qu’il cherchait simplement à éviter l’obstacle. Les militaires ont tranché de force : la manœuvre est délibérée et considérée comme provoquant un accident.

 

La moto a été immédiatement immobilisée et embarquée à leur base. Les militaires exigent du propriétaire le versement d’une rançon de 20 000 francs CFA pour la récupérer. Face à cet abus de pouvoir, le jeune homme refuse catégoriquement de payer et préfère vendre sa moto plutôt que de retourner la chercher dans leur camp.

 

Ces deux incidents frappent de plein fouet une population déjà étranglée par un contexte économique particulièrement difficile dans la Haute-Kotto. Les conducteurs de motos assurent pourtant à eux seuls le transport des marchandises entre les villes et les axes secondaires face à des moyens routiers complètement abandonnés.

 

Dans la région de la Haute-Kotto, les conducteurs de moto subissent un racket systématique de la part des éléments déployés dans la ville.

Ces pratiques de banditisme ne se limitent pas à deux cas. L’ensemble des éléments des forces de l’ordre présents dans la ville participe activement à ce système de racket et de contrôles abusifs.

 

Les investigations sur les exactions commises à Sam-Ouandja se poursuivent. D’autres faits précis sur les conditions intolérables imposées aux transporteurs, commerçants et habitants seront révélés dans un prochain article.

 

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Ouadda-Maïkaga : l’enquête du CNC met en cause le chef de village Samba Blaise dans l’assassinat par les soldats FACA de trois personnes accusées de sorcellerie

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Trois personnes, deux femmes et un homme, sont tuées le 15 septembre 2026 à Ouadda-Maïkkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. Elles sont accusées de sorcellerie après le décès d’une jeune mère. L’enquête de la rédaction du CNC établit le rôle de Samba Blaise, chef du village, dans le déclenchement des accusations et dans les violences qui conduisent à leur mort.

 

L’affaire commence après le décès d’une jeune femme qui vient d’accoucher et allaite son bébé. Sa famille cherche à comprendre les circonstances de sa mort et se tourne vers un marabout. Celui-ci désigne trois personnes comme responsables : deux femmes et un homme.

 

Ouadda-Maïkaga : l’enquête du CNC met en cause le chef de village Samba Blaise dans l’assassinat par les soldats FACA de trois personnes accusées de sorcellerie
Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto

 

Selon plusieurs sources interrogées par la rédaction du CNC, ces accusations prennent rapidement une tournure violente. Les trois personnes désignées sont recherchées puis conduites auprès des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) présents dans la zone.

 

Samba Blaise au cœur des accusations recueillies par le CNC

 

À lire aussi : Centrafrique : Peut-on évoquer le droit international et la justice devant l’assemblée générale des Nations Unies tout en recourant aux mercenaires étrangers de Wagner au statut juridique controversé ?

Les informations recueillies au cours de l’enquête désignent Samba Blaise, chef du village de Ouadda-Maïkkaga, comme l’un des principaux acteurs dans le déroulement des événements.

 

À lire aussi : Touadera, voilà les formes modernes de torture  que tu as instauré dans le pays

D’après plusieurs témoignages recueillis par la rédaction du CNC, il participe à la désignation des personnes accusées et contribue à leur prise en charge par les forces présentes dans la localité.

 

Les mêmes sources affirment que Samba Blaise est présent lorsque les militaires interviennent et qu’il participe lui-même aux violences exercées contre les trois personnes.

 

Les témoignages recueillis citent également plusieurs proches de Samba Blaise, dont un certain Omarou, présentés par les personnes interrogées comme ayant participé à l’accusation portée contre les trois victimes.

 

Trois personnes tuées après une accusation de sorcellerie

 

Les trois personnes accusées de sorcellerie ne sont pas présentées devant une juridiction et n’ont pas la possibilité de répondre aux accusations portées contre elles.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, elles sont soumises à des violences qui entraînent leur mort. L’une des femmes est enterrée alors qu’elle est encore en vie. Les deux autres personnes sont enfermées dans un sac avant d’être jetées dans une rivière.

 

Ces faits portent à quatre le nombre de morts liés à cette affaire : la jeune mère décédée au départ, puis les trois personnes accusées de sorcellerie.

 

Des militaires FACA présents lors des faits

 

La présence d’éléments des FACA constitue un autre volet important de l’enquête menée par la rédaction du CNC.

 

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les militaires conduisent les personnes accusées avant que celles-ci ne soient victimes de violences. Les témoins interrogés mettent en cause certains éléments des forces présentes dans la localité dans le déroulement des faits.

 

La participation de militaires à ces violences relève d’une enquête officielle. Leur intervention dans une affaire d’accusation de sorcellerie ne remplace pas une procédure judiciaire permettant d’identifier les responsabilités et de protéger les personnes mises en cause.

 

Des accusations de sorcellerie sans procédure judiciaire

 

Les habitants de Ouadda-Maïkaga subissent les exactions commises par les soldats FACA et les autorités locales dans la préfecture de la Haute-Kotto.

L’enquête du CNC fait apparaître une chaîne d’événements : la recherche d’une explication au décès de la jeune mère, puis une accusation de sorcellerie, puis l’intervention de personnes armées.

 

Les personnes désignées ne bénéficient pas d’une procédure permettant de vérifier les accusations portées contre elles. Leur mort intervient dans un contexte où une accusation issue d’une pratique traditionnelle prend le dessus sur les mécanismes judiciaires.

 

Des habitants interrogés par la rédaction du CNC affirment également que Samba Blaise fait lui-même l’objet, dans la localité, de soupçons liés à la sorcellerie. La rédaction du CNC rapporte ces propos comme recueillis dans le cadre de l’enquête.

 

L’affaire de Ouadda-Maïkaga reste ainsi marquée par quatre décès et par des interrogations sur le rôle joué par le chef du village, ses proches et les éléments des FACA présents lors des faits. La détermination des responsabilités nécessite l’établissement précis des circonstances dans lesquelles les trois personnes accusées sont arrêtées, violentées puis tuées.

 

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En Centrafrique, la Tuberculose et le VIH, une véritable double charge qui pèse sur les patients

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 Au centre de santé de Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de Bangui, Abdoulaye Kapounou et son équipe observent régulièrement le lien étroit entre la tuberculose et l’infection au VIH. Face à l’augmentation spectaculaire du nombre de cas de tuberculose, le dépistage du VIH fait partie intégrante de la prise en charge.

 

Pourquoi la tuberculose et le VIH vont souvent ensemble ?

Le VIH affaiblit le système immunitaire. Cela rend les personnes vivant avec le VIH beaucoup plus vulnérables à la tuberculose. Inversement, une tuberculose non traitée peut aggraver l’état de santé des personnes séropositives. En République centrafricaine, la co-infection reste fréquente. Selon les données récentes du ministère de la Santé et de l’OMS, environ 28 % des cas confirmés de tuberculose sont associés au VIH.

En Centrafrique, la Tuberculose et le VIH,  une véritable double charge qui pèse sur les patients

 

Au centre de dépistage de Boy-Rabe par exemple, dès qu’un patient arrive avec des signes de tuberculose (toux prolongée, amaigrissement, perte d’appétit, sueurs nocturnes), l’équipe propose systématiquement le dépistage du VIH en plus des examens habituels (crachat, radiologie ou ponction selon les cas).

 

La procédure mise en place dans ce centre

Dépistage combiné : Le laboratoire analyse d’abord les crachats pour rechercher les bacilles de la tuberculose. Si le résultat est positif, le patient est mis sous traitement antituberculeux après pesée. Dans le même temps ou rapidement après, un test rapide de dépistage du VIH est réalisé.

 

Adaptation du suivi : Quand la personne est co-infectée, le suivi est encore plus attentif.

Le traitement contre la tuberculose (REZ : rifampicine, isoniazide, éthambutol, pyrazinamide) est lancé selon le poids. Les antirétroviraux (ARV) pour le VIH sont coordonnés avec ce traitement pour éviter les interactions médicamenteuses.Contrôles réguliers : Les rendez-vous restent hebdomadaires ou bi-hebdomadaires les deux premiers mois, puis espacés. Des contrôles au cinquième et sixième mois confirment la guérison de la tuberculose.

 

Le statut virologique du VIH est également surveillé.Le centre ajuste aussi la durée des prescriptions de médicaments selon la distance du patient (jusqu’à trois semaines pour ceux qui habitent loin, vers PK-12 ou Kwanga) afin de limiter les abandons de traitement.

 

Prise en charge gratuite et soutien concret

Tout reste gratuit : dépistage du VIH, traitement antituberculeux, ARV et même les analyses complémentaires. Abdoulaye Kapounou insiste sur ce point : « Dès que la personne est atteinte de la tuberculose, automatiquement, on fait le dépistage » du VIH. Les stocks sont maintenus grâce aux commandes passées auprès du programme national et au ravitaillement via le PAM.

Pour motiver les patients qui ont peu de moyens, l’équipe donne parfois du savon ou des sardines en complément.

 

Par Sylvie  Vickos

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Déficits budgétaires explosifs et endettement bancaire : les signaux d’alarme en Centrafrique

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Les finances d’un État ressemblent à celles d’un foyer : quand les dépenses dépassent longtemps les entrées d’argent, les dettes finissent par tout étouffer. On parle alors du Déficits budgétaires.

 

C’est exactement ce qui se joue aujourd’hui en République centrafricaine, où les caisses publiques accusent un déséquilibre qui s’aggrave d’une année à l’autre. En 2024, le déficit budgétaire global a atteint 5,2 % du PIB, contre 3,4 % en 2023, une dégradation qui tient à une réalité têtue : les dépenses de l’État gonflent plus vite que ses recettes.

Déficits budgétaires explosifs et endettement bancaire : les signaux d’alarme en Centrafrique

 

Ce creusement du déficit ne tombe pas du ciel. Les salaires des fonctionnaires, les équipements militaires, les frais diplomatiques et les transferts divers pèsent lourd sur le budget, pendant que les aides extérieures s’amenuisent progressivement. Le pays se retrouve donc à chercher de l’argent là où il en reste : les banques de la région.

 

C’est ainsi que Bangui a levé 166,5 milliards FCFA sur le marché financier régional de la CEMAC en 2025, en émettant des bons et obligations du Trésor. Cette stratégie a permis de colmater les brèches à court terme, mais elle a produit un effet pervers difficile à ignorer. La dette intérieure représente désormais 65 % de l’endettement public total, un niveau qui dit beaucoup sur la dépendance du pays à ce type de financement.

 

Or, quand l’État absorbe autant de liquidités bancaires, il en reste très peu pour le reste de l’économie. Les commerçants, artisans et petites entreprises se retrouvent à emprunter à des taux élevés, ce qui freine tout projet d’investissement ou de développement. C’est ce que les économistes appellent l’effet d’éviction, et ses conséquences se font sentir jusque dans les marchés de quartier.

 

À l’échelle de la zone CEMAC, le phénomène dépasse le seul cas centrafricain. Les six pays membres ont mobilisé plus de 9 400 milliards FCFA en titres publics en 2025, soit une hausse de 26 % en un an, portant l’encours total à près de 9 500 milliards FCFA. Cette tendance régionale montre que plusieurs États partagent le même réflexe : emprunter pour survivre, sans régler le fond du problème.

 

La BEAC a pourtant tenu à rassurer en janvier 2026, en démentant formellement tout projet de dévaluation du franc CFA. Les réserves couvraient alors près de cinq mois d’importations, un niveau jugé suffisant pour tenir l’arrimage à l’euro. Mais les spécialistes qui scrutent ces chiffres de près rappellent qu’une monnaie ne résiste pas indéfiniment à des déséquilibres qui s’accumulent sans être corrigés.

 

Sur le terrain centrafricain, les effets de cette fragilité budgétaire sont déjà palpables dans le quotidien des ménages. Le litre d’essence dépasse 1 100 FCFA, les produits de base coûtent de plus en plus cher, et les salaires des agents de l’État sont parfois versés en retard. Le FMI, de son côté, maintient le pays dans la catégorie à risque élevé de surendettement, ce qui réduit peu à peu les marges de manœuvre pour trouver des financements extérieurs à des conditions raisonnables.

 

Face à ce tableau, des voix comme celle du député Martin Ziguilet pointent depuis un moment les mêmes chantiers urgents : rapatrier les recettes minières dans les circuits officiels, renforcer le compte unique du Trésor, et mettre fin aux fuites que la corruption entretient en silence. Ces pistes sont connues et documentées depuis des années, mais leur application concrète reste désespérément lente.

 

Le budget 2026, adopté en décembre 2025, prévoit 368 milliards FCFA de recettes pour 396 milliards de dépenses, laissant un écart de 28 milliards à combler d’une façon ou d’une autre. Ce gap, dans la logique observée ces dernières années,​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Anicet-Georges Dologuélé : « C’est une bêtise monumentale », l’alerte sur la menace de déchéance collective de la nationalité d’origine qui guette des dizaines de milliers de binationaux en Centrafrique

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La Constitution du 30 août 2023, promulguée par l’empereur Touadéra pour ouvrir la voie à son troisième mandat, crée énormément le débat sur la nationalité d’origine. Anicet-Georges Dologuélé, président de l’URCA, dénonce une lecture juridique aux conséquences massives.

 

Une controverse née de la Constitution du troisième mandat

 

« C’est une bêtise monumentale », a déclaré Anicet-Georges Dologuélé lors d’une interview accordée à Radio Ndeke Luka. Le président de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) réagit à l’interprétation que fait le pouvoir de l’article 48 du code de la nationalité. Ce texte prévoit que tout Centrafricain majeur ayant pris une autre nationalité perd la nationalité centrafricaine. La nouvelle Constitution, promulguée par l’empereur Touadéra le 30 août 2023, impose désormais aux candidats à la présidentielle d’être « centrafricain d’origine ». Cette exigence a remis l’article 48 au centre du débat public, sans que son interprétation ne fasse consensus.

Anicet-Georges Dologuélé : « C'est une bêtise monumentale », l'alerte sur la menace de déchéance collective de la nationalité d'origine qui guette des dizaines de milliers de binationaux en Centrafrique
Le leader de l’URCASA, monsieur Anicet Georges DOLOGUELÉ

 

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Deux lectures juridiques qui s’opposent

 

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Fidèle Ngouandjika, conseiller spécial de la présidence, soutient que la perte de nationalité est automatique dès la majorité. Cette lecture ne s’appuie sur aucun décret, alors que la loi centrafricaine exige un texte formel pour chaque cas, selon Dologuélé. Le Conseil constitutionnel défend au contraire une interprétation différente : la perte de nationalité nécessite un décret, jamais pris depuis 1961. Cette seconde lecture protège de fait l’ensemble des binationaux du pays, souligne le président de l’URCA. Écrire une lettre de réintégration reviendrait, selon lui, à valider l’automaticité et à faire perdre leur nationalité à des dizaines de milliers de Centrafricains.

 

Des dizaines de milliers de binationaux potentiellement concernés

 

Cette interprétation touche bien au-delà du seul cas de Dologuélé, précise-t-il lui-même dans l’entretien. Des dizaines de milliers de Centrafricains à l’étranger partagent la même situation de double nationalité. Plusieurs dizaines de cadres occupant des postes au sein du pouvoir actuel seraient également concernés, selon ses propos. Une application stricte de la thèse présidentielle fragiliserait ainsi l’appareil d’État dans ses propres rangs. Le débat dépasse donc largement l’enjeu d’une candidature individuelle.

 

Une requête déposée devant le Conseil constitutionnel

 

Anicet-Georges Dologuélé annonce avoir déposé une requête auprès du Conseil constitutionnel pour qu’il précise sa propre décision. Il dit attendre cette clarification avec sérénité, les procédures judiciaires ordinaires ayant déjà été épuisées. Cette interprétation aura des répercussions sur des milliers de Centrafricains, dont plusieurs dizaines occupent aujourd’hui des fonctions au sein du pouvoir. La sauvegarde de la nationalité d’origine reste, pour de nombreux binationaux, suspendue à la décision que rendra la juridiction constitutionnelle.

 

Par Alain Nzilo

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Qui a rédigé le discours de Touadéra à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille

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Il y a des moments où la vérité ne se cache pas dans les mots, mais dans les gestes. Dans la manière de se tenir, de respirer, de regarder. Et devant l’Assemblée générale des Nations unies, Faustin Archange Touadéra a offert au monde un spectacle qui en dit plus long que n’importe quel rapport d’enquête. Un spectacle de soumission, de dépendance, d’aliénation. Car celui qui prétend parler au nom de la Centrafrique n’a même pas été capable de regarder la Centrafrique dans les yeux. Il n’a même pas été capable de regarder le monde dans les yeux. Il est resté les yeux rivés sur son papier, comme un écolier qui récite une leçon qu’il n’a pas comprise. Comme un acteur qui lit son texte pour la première fois. Comme un homme qui ne sait pas ce qu’il dit, parce que ce qu’il dit n’est pas de lui.

 

Regardez-le. Regardez cette vidéo, si vous en avez le courage. Regardez ses yeux. Ils ne quittent presque jamais la feuille. Parfois, très rarement, il lève la tête. Une fraction de seconde. Un éclair. Puis il replonge. Il replonge dans son papier, dans son texte, dans sa prison de mots qui ne sont pas les siens. « Je prends la parole au nom de la République Centrafricaine avec le sentiment de responsabilité que confère cette tribune », lit-il. Mais quel sentiment de responsabilité peut éprouver un homme qui n’ose même pas regarder son auditoire ? Quelle fierté peut incarner un homme qui se cache derrière une feuille ? « La fierté d’un peuple qui n’a jamais cessé d’espérer », poursuit-il. Mais ce peuple, monsieur le Président, ce peuple qui espère, ce peuple qui souffre, ce peuple qui meurt, ce peuple qui vous regarde, vous ne le regardez pas. Vous ne le voyez pas. Vous ne voyez que votre papier. Vous ne voyez que les mots que d’autres ont écrits pour vous. Vous ne voyez que la mise en scène que d’autres ont préparée pour vous.

 

Qui a rédigé le discours de Touadéra  à l’ONU ? Le mystère d’un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille
Touadera prendrant discours devant le conseil l’ONU en septembre 2026

 

Un discours, quand il est vraiment le vôtre, quand il vient de vous, quand il est porté par vos convictions, par votre histoire, par votre chair, un discours, cela se vit. Cela se respire. Cela se regarde. On lève les yeux. On cherche le contact. On veut voir si les mots touchent, si les phrases portent, si les idées convainquent. On veut voir si l’auditoire est avec nous, contre nous, indifférent. On veut voir. On veut exister. On veut être là. Pas seulement lire. Pas seulement réciter. Pas seulement prononcer. Être là. Vivre le discours. Le porter. L’incarner. Mais Touadéra ne vit pas son discours. Il le subit. Il ne le porte pas. Il le traîne. Il ne l’incarne pas. Il le lit. Simplement. Mécaniquement. Laborieusement. Comme si chaque mot était un obstacle. Comme si chaque phrase était une épreuve. Comme si chaque paragraphe était un calvaire.

 

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Alors la question se pose. Elle se pose avec une acuité terrible. Elle se pose avec une évidence aveuglante. Qui a écrit ce discours ? Qui a rédigé ces phrases que Touadéra ne connaît pas ? Qui a choisi ces mots qu’il ne maîtrise pas ? Qui a construit cette argumentation qu’il ne comprend pas ? « Nous n’avons jamais eu autant de raisons d’agir ensemble et jamais autant de mal à le faire », lit-il. Mais lui, a-t-il déjà agi ensemble avec qui que ce soit, sinon avec ceux qui l’ont mis au pouvoir, sinon avec ceux qui le maintiennent au pouvoir, sinon avec ceux qui le protègent du peuple qu’il prétend servir ? « Le terrorisme, les trafics et les groupes armés prospèrent dans les zones que l’État ne contrôle plus », reconnaît-il. Mais ces zones, qui les a abandonnées ? Qui les a livrées aux mercenaires ? Qui les a laissées aux mains de Wagner et d’Africa Corps ? Qui a préféré confier la sécurité de son pays à des étrangers plutôt que de construire une armée nationale républicaine ? Ce n’est pas un texte anonyme qui a pris ces décisions. Ce n’est pas une intelligence artificielle qui a signé ces décrets. C’est lui. Touadéra. Mais le discours, lui, ne vient pas de lui.

 

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Il y a des enquêtes. Il y a des rapports. Il y a des journalistes qui ont documenté l’innommable. Des révélations ont montré que des réseaux liés à la Russie, des réseaux liés à Wagner, des réseaux liés à ceux qui ont fait de la Centrafrique un laboratoire de leur prédation, utilisent l’intelligence artificielle pour produire des contenus, des articles, des communiqués, des discours. Oui, des discours. Des discours de chefs d’État. Des discours de présidents. Des discours de marionnettes. Des discours qui ne viennent pas de ceux qui les prononcent, mais de ceux qui les contrôlent. Selon des informations concordantes, des systèmes d’intelligence artificielle, notamment ceux développés par des entreprises occidentales, ont été détournés de leur usage pour générer des textes officiels, des allocutions présidentielles, des messages gouvernementaux. Et parmi ces textes, il y a eu des discours de Touadéra. Des discours que Touadéra a lus. Des discours que Touadéra a prononcés. Des discours que Touadéra n’a pas écrits. Des discours que Touadéra n’a peut-être même pas compris.

 

Cela expliquerait tout. Cela expliquerait cette lecture monotone, sans relief, sans émotion, sans vie. Cela expliquerait cette absence totale de contact visuel. Cela expliquerait cette manière qu’il a de buter sur certains mots, de reprendre certaines phrases, de chercher certains termes, comme s’il découvrait le texte en même temps que l’auditoire. « Le droit international, censé protéger les faibles des ambitions des puissants, est chaque jour davantage relégué au rang de simples options », lit-il. Mais lui, a-t-il seulement lu le rapport des Nations unies sur les exactions commises dans son propre pays ? A-t-il seulement pris connaissance des témoignages des victimes ? A-t-il seulement entendu les cris des femmes violées, des enfants tués, des villages brûlés ? Non. Il ne les a pas entendus. Il ne les a pas lus. Il ne les connaît pas. Parce que ces mots-là, ceux de la souffrance réelle, ceux de la vérité crue, ceux de la douleur vive, ne figurent pas dans le discours qu’on a écrit pour lui. Dans le discours qu’on a écrit pour lui, il n’y a que des mots choisis, des formules calibrées, des phrases lisses, des paragraphes sans aspérité, des textes sans âme. Des textes qui ne dérangent personne. Des textes qui ne disent rien. Des textes qui ne condamnent personne. Des textes qui ne nomment aucun coupable. Des textes qui ne réclament aucune justice. Des textes qui ne font que reproduire les éléments de langage de ceux qui tirent les ficelles.

 

Car c’est cela, la vérité. Touadéra ne parle pas. On parle à travers lui. Touadéra ne s’exprime pas. On s’exprime à travers lui. Touadéra ne représente pas la Centrafrique. On utilise la Centrafrique à travers lui. Il est le visage d’une opération qui le dépasse. Il est la voix d’un système qui l’a dépassé. Il est le président d’un pays qui ne lui appartient plus. Et son discours, ce discours qu’il lit sans lever les yeux, ce discours qu’il prononce sans le comprendre, ce discours qu’il débite sans y croire, ce discours n’est pas le sien. Ce discours est celui de ses maîtres. Ce discours est celui de ceux qui l’ont installé. Ce discours est celui de ceux qui le maintiennent. Ce discours est celui de ceux qui le protègent. Ce discours est celui de ceux qui pillent la Centrafrique pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui tuent des Centrafricains pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui violent des Centrafricaines pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui affament des Centrafricains pendant qu’il parle. Ce discours est celui de ceux qui ont fait de la Centrafrique un cimetière à ciel ouvert. Et lui, Touadéra, il le lit. Il le lit sans broncher. Il le lit sans trembler. Il le lit sans rougir. Il le lit comme on lit une notice. Il le lit comme on lit un mode d’emploi. Il le lit comme on lit un texte qu’on n’a pas écrit et qu’on ne comprend pas.

 

Alors la question n’est plus seulement de savoir qui a écrit ce discours. La question est de savoir qui gouverne la Centrafrique. La question est de savoir qui décide. La question est de savoir qui commande. La question est de savoir qui règne. Et la réponse est simple. Ce n’est pas Touadéra. Ce n’est pas lui qui gouverne. Ce n’est pas lui qui décide. Ce n’est pas lui qui commande. Ce n’est pas lui qui règne. Il n’est qu’un exécutant. Il n’est qu’un figurant. Il n’est qu’un pantin. Il n’est qu’une marionnette. Il n’est qu’un homme qui lit. Un homme qui lit ce qu’on lui donne à lire. Un homme qui dit ce qu’on lui donne à dire. Un homme qui fait ce qu’on lui donne à faire. Un homme qui n’a même plus la dignité de choisir ses propres mots. Un homme qui n’a même plus la liberté de regarder son peuple dans les yeux. Un homme qui n’a même plus le courage de lever la tête. Un homme qui n’est plus rien. Un homme qui n’est plus qu’une voix. Une voix sans visage. Une voix sans regard. Une voix sans âme. Une voix qui lit. Une voix qui débite. Une voix qui récite. Une voix qui ne vient pas de lui. Une voix qui vient d’ailleurs. Une voix qui vient de Moscou. Une voix qui vient de Wagner. Une voix qui vient d’Africa Corps. Une voix qui vient de ceux qui ont fait de la Centrafrique leur chose. Une voix qui vient de ceux qui ont fait de Touadéra leur chose. Une voix qui vient de ceux qui ont fait de son discours leur chose.

 

« Le prix, ce sont d’abord les plus vulnérables qui le payent », a-t-il lu. Oui, les plus vulnérables paient. Ils paient depuis huit ans. Ils paient de leur vie, de leur dignité, de leur avenir. Ils paient parce que Touadéra a choisi de les sacrifier. Ils paient parce que Touadéra a choisi les mercenaires plutôt que l’armée nationale. Ils paient parce que Touadéra a choisi la répression plutôt que le dialogue. Ils paient parce que Touadéra a choisi l’impunité plutôt que la justice. Ils paient parce que Touadéra a choisi le pillage plutôt que le développement. Ils paient parce que Touadéra a choisi la guerre plutôt que la paix. Ils paient parce que Touadéra a choisi son fauteuil plutôt que son peuple. Et pendant qu’ils paient, lui, il lit. Et pendant qu’ils meurent, lui, il lit. Et pendant qu’ils souffrent, lui, il lit. Et pendant que la Centrafrique saigne, lui, il lit. Il lit un discours qui n’est pas le sien. Il lit un discours qui ne parle pas d’eux. Il lit un discours qui ne les nomme pas. Il lit un discours qui ne les pleure pas. Il lit un discours qui ne les défend pas. Il lit un discours qui ne les venge pas. Il lit un discours qui ne les protège pas. Il lit un discours qui ne les aime pas. Il lit un discours qui n’est qu’un discours. Un discours pour l’étranger. Un discours pour les caméras. Un discours pour les chancelleries. Un discours pour les maîtres. Un discours pour rien. Un discours pour personne. Un discours qui ne restera pas. Un discours qui ne changera rien. Un discours qui ne ressuscitera personne. Un discours qui ne lavera rien. Un discours qui ne rachètera rien.

 

Alors, monsieur le Président, quand vous lirez ces lignes, si toutefois vous les lisez un jour, posez-vous une seule question. Une question simple. Une question terrible. Une question qui vous poursuivra, si tant est que quelque chose puisse encore vous poursuivre. Cette question, la voici. Qui a écrit votre discours ? Qui a écrit les mots que vous avez prononcés ? Qui a écrit les phrases que vous avez lues ? Qui a écrit les idées que vous avez défendues ? Était-ce vous ? Vraiment vous ? Ou était-ce un autre ? Un conseiller ? Un communicant ? Un algorithme ? Un maître ? Un étranger ? Un mercenaire ? Un homme de l’ombre ? Un homme de Moscou ? Un homme sans visage ? Un homme sans nom ? Un homme qui, lui, ne lit pas de discours, parce que lui, il n’a pas besoin de parler. Lui, il agit. Lui, il décide. Lui, il commande. Lui, il règne. Et vous, Touadéra, vous lisez. Vous lisez ce qu’il vous donne à lire. Vous dites ce qu’il vous donne à dire. Vous faites ce qu’il vous donne à faire. Vous êtes son voix. Vous êtes son visage. Vous êtes sa marionnette. Vous êtes son pantin. Vous êtes son homme à tout faire. Vous êtes son président. Un président qui ne lève jamais les yeux de sa feuille. Un président qui ne regarde jamais son peuple. Un président qui ne voit jamais la Centrafrique. Un président qui ne sait même pas ce qu’il dit. Un président qui n’est plus président. Un président qui n’est plus rien. Un président qui n’est qu’une voix. Une voix qui lit. Une voix qui vient d’ailleurs. Une voix qui vient de Moscou.

 

Devant l’Assemblée générale des Nations unies, Faustin Archange Touadéra s’en remet à des textes générés par des réseaux liés à Wagner et à l’intelligence artificielle.

 

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Centrafrique : Peut-on évoquer le droit international et la justice devant l’assemblée générale des Nations Unies tout en recourant aux mercenaires étrangers de Wagner au statut juridique controversé ?

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L’assemblée générale des Nations Unies est le principal organe de délibération, de représentation et d’élaboration de la politique générale de l’Organisation des Nations Unies. Il s’agit d’un forum mondial d’une semaine qui se tient annuellement au siège de l’ONU à New-York pour débattre de toutes les questions internationales couvertes par la charte de l’ONU telles les crises mondiales, la violation des droits fondamentaux, le droit international.

 

Ce pèlerinage annuel qui regroupe les 193 États membres représente un enjeu politique, économique et diplomatique majeur dans la posture d’un pays offre une tribune internationale aux États de faire entendre leurs priorités, d’obtenir des partenariats et éventuellement des financements, de contribuer aux décisions internationales, d’améliorer les relations diplomatiques en échangeant directement avec d’autres États.

 

Centrafrique : Peut-on évoquer le droit international et la justice devant l'assemblée générale des Nations Unies tout en recourant aux mercenaires étrangers de Wagner au statut juridique controversé ?

 

C’est dans cette optique que le Président de la République a représenté la République centrafricaine dans ce concert des nations correspond au 81ème session de l’assemblée générale des Nations Unies qui a pour thème “Restaurer la confiance, gérer la transformation”.

 

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Au cours de son intervention qui ne reflète nullement les réalités du pays devant la tribune de l’ONU, le Président de la République a vanté le mérite de la fragile paix qui ne doit sa survie qu’aux mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner, le bilan de son hypothétique dialogue politique inclusif, le désarmement négocié ainsi que la réduction drastique des groupes armés.

 

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Il a en outre fustigé le recul de l’aide humanitaire aux pays vulnérables ainsi que l’effritement de l’aide publique au développement.

 

À ce stade de raisonnement, il apparaît important de rappeler que la convention internationale de 1989 interdit le recrutement, l’utilisation, le financement des mercenaires.

 

Cette convention référencée fait bel et bien partie du cadre juridique conventionnel des Nations Unies et adoptée par l’assemblée générale de l’ONU le 4 décembre 1989.

 

Sur la base de cette convention, les experts du groupe de travail de l’ONU éprouve de grandes difficultés à déterminer le statut juridique des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner, leur contrat d’engagement très opaque, leur chaîne de commandement en interaction avec les forces armées centrafricaines.

 

Le paradoxe criard de la sous-traitance de la sécurité, du troc de la souveraineté, de la cession du droit de piller sans contrepartie des ressources minières du pays aux mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner et parallèlement plaidoyer à la tribune de l’ONU en faveur d’une quelconque aide est saisissant et constitue par voie de conséquence une rupture avec l’ordre juridique international.

 

Il apparaît ainsi judicieux de souligner qu’en dehors de la violation de la convention internationale de 1989 qui interdit tout recours aux mercenaires, la présence des Wagners en Centrafrique soulève deux problématiques importantes au regard du droit international.

 

D’abord la détermination de la nature juridique exacte du groupe ainsi que de ses membres, ensuite la responsabilité de leurs actes puisque des crimes, assassinats, des exécutions sommaires et extra-judiciaires, de nombreuses violations de droit de l’homme leurs sont imputables.

 

Face à ce paradoxe inexplicable, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Comment peut-on concilier la défense de la souveraineté nationale, l’attachement du pays aux multilatéralisme, au droit international et aux principes de l’ONU tout en faisant recours aux mercenaires étrangers du groupe paramilitaire de Wagner ?

 

2- En d’autres termes, comment comprendre qu’un pays qui s’insurge contre le recul de l’aide humanitaire et de l’aide budgétaire à l’assemblée générale des Nations Unies pendant que son sous-sol est démesurément pillé sans contrepartie par des mercenaires sans vergogne qui bénéficient d’un statut juridique controversé ?

 

3- Comment parler de démocratie et de l’état de droit à la tribune de l’ONU alors que l’assemblée nationale compte dans ses rangs un député apatride qui est la conséquence directe de la contestation de la décision du conseil constitutionnel par le gouvernement ?

 

4- Peut-on légitimement évoquer la défense des droits humains alors que des prisonniers politiques sans procès se multiplient, des enlèvements et assassinats imputés au Wagner ne cessent de s’amplifier ?

 

En tout état de cause, le pape Léon 14 lors de son discours au siège de l’Unesco à Paris a dénoncé la déshumanisation et a appelé à la construction d’un monde juste et équitable.

 

Ce qui n’est visiblement pas le cas pour le pouvoir de Bangui qui recourt à l’instrumentalisation et la politisation de la justice qui provoque le dysfonctionnement des institutions républicaines.

 

Le peuple attend en vain les dividendes des deux précédents mandats qui ne profitent qu’aux privilégiés triés sur de bases ethniques, claniques ou sur le critère de médiocrité.

 

Face à cette dérive à vitesse exponentielle, une prise de conscience collective s’impose pour rétablir l’état de droit.

 

C’est bien évidemment le constat qui a motivé le Rassemblement Unitaire, une organisation politique de la société civile centrafricaine qui envisage d’organiser des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine dans les jours à venir.

 

Afin d’insuffler une dynamique à l’initiative du Rassemblement Unitaire, je vous invite vivement à y adhérer massivement dès le lancement.

 

En attendant que le peuple se réveille de son sommeil onirique pour siffler la fin de la récréation,

La présence du groupe paramilitaire de Wagner en Centrafrique viole la convention internationale de 1989, tandis que l’exploitation des ressources minières alimente un système opaque en contradiction totale avec le droit international.

 

les paisibles habitants de Limassa qui ne se lassent dans leur combat soutenus par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue honorable.

 

Monsieur le président, il y’a une belle vie après le pouvoir à l’instar de certains anciens Président qui savourent librement la vie hors du palais entouré de ses petits fils.

 

Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de larmes, de remord et de la désolation…

 

Si je savais serait trop tard, mais nous vous recommandons de demander conseils dès maintenant aux autres presidents d’ici et d’ailleurs qui ont déjà goutté à l’exil…ils vous en diront mieux.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 19 Septembre 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

 

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Faustin Zaméto analyse le discours de Touadéra à l’ONU entre diplomatie internationale et attentes des Centrafricains

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Dans une analyse sociopolitique publiée le 25 septembre 2026, le sociologue et analyste politique Faustin Zaméto examine le discours prononcé le 23 septembre par le président Faustin-Archange Touadéra devant la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York. Il distingue les messages adressés à la communauté internationale, ceux destinés aux Centrafricains et les sujets absents de cette intervention.

 

Le débat général de la 81e session de l’Assemblée générale se tient du 22 au 28 septembre 2026 autour du thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ».

Faustin Zaméto analyse le discours de Touadéra à l’ONU entre diplomatie internationale et attentes des Centrafricains
Faustin ZAMÉTO, Sociologue et Écrivain

 

Pour Faustin Zaméto, le chef de l’État centrafricain a adopté à New York une posture diplomatique axée sur le dialogue, la sécurité, le climat et la réforme du système multilatéral. Le sociologue considère que le discours s’adresse d’abord à un auditoire international.

 

Faustin Zaméto voit dans le maintien de la MINUSCA un enjeu central

 

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Selon Faustin Zaméto, la question sécuritaire constitue l’un des principaux messages du discours présidentiel. Le président Touadéra a demandé que tout retrait de la MINUSCA soit progressif et fondé sur des critères objectifs et partagés.

 

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Pour le sociologue, cette position doit être replacée dans le débat international sur l’avenir des opérations de maintien de la paix et sur les ressources consacrées à ces missions.

 

Faustin Zaméto estime que le président centrafricain cherche ainsi à présenter les avancées enregistrées dans le processus de paix tout en demandant à la communauté internationale de maintenir son accompagnement sécuritaire.

 

Dans son analyse, le chiffre avancé par Faustin-Archange Touadéra sur les groupes armés signataires de l’Accord de Khartoum occupe aussi une place importante. Le chef de l’État affirme que 11 des 14 groupes concernés se sont auto-dissous.

 

Faustin Zaméto considère que cette donnée participe à la présentation d’un bilan politique destiné à montrer les résultats obtenus par la stratégie de dialogue avec les groupes armés.

 

Le climat comme argument économique pour la Centrafrique

 

Faustin Zaméto relève aussi la place accordée par le président Touadéra aux enjeux climatiques.

 

Le chef de l’État doit participer à la COP31 prévue à Antalya, en Turquie. Dans son intervention à New York, il a notamment défendu la mise en œuvre du Fonds pour les pertes et dommages, le financement de l’adaptation au changement climatique et une meilleure rémunération des pays du Bassin du Congo pour leur contribution à la préservation des forêts.

 

Pour Faustin Zaméto, cette position permet à la Centrafrique de présenter la protection de son patrimoine forestier comme un enjeu économique et climatique international.

 

Le sociologue inscrit cette revendication dans une démarche portée également par les organisations régionales africaines. Selon lui, Bangui cherche à faire reconnaître la préservation des ressources forestières comme une contribution qui doit être prise en compte dans les mécanismes internationaux de financement climatique.

 

Faustin Zaméto relève le message panafricain sur le Conseil de sécurité

 

La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies constitue un autre axe relevé par Faustin Zaméto.

 

Le président Touadéra a repris la revendication africaine défendue notamment à travers le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Cette position réclame une représentation africaine renforcée au Conseil de sécurité, notamment avec des sièges permanents.

 

Pour Faustin Zaméto, ce passage permet au président centrafricain d’inscrire son intervention dans les revendications communes portées par plusieurs États africains.

 

Le sociologue estime que cette dimension panafricaine donne au discours une portée qui dépasse les seules préoccupations de la République centrafricaine.

 

Birao et Am-Dafock au centre des préoccupations humanitaires

 

Faustin Zaméto s’intéresse également à la partie du discours consacrée aux conséquences de la crise soudanaise sur la République centrafricaine.

 

Selon les chiffres cités dans son analyse, le président Touadéra a fait état de 27 000 réfugiés soudanais à Birao, ville dont la population aurait fortement augmenté sous l’effet de cet afflux. Il a également évoqué la présence de 11 000 déplacés centrafricains à Am-Dafock en juin 2026.

 

Pour Faustin Zaméto, ces données montrent que le discours présidentiel ne s’est pas limité aux enjeux diplomatiques. Il a également porté sur les conséquences concrètes des crises régionales dans les préfectures du nord-est centrafricain.

 

Le sociologue estime que cette présentation permet à Bangui de demander un soutien international face à une crise humanitaire qui dépasse les capacités nationales.

 

Le Plan national de développement au cœur des interrogations de Faustin Zaméto

 

L’autre volet de l’analyse de Faustin Zaméto concerne le Plan national de développement 2024-2028.

 

Le président Touadéra a présenté ce plan autour de cinq axes : la sécurité, le capital humain, les infrastructures, la production et l’environnement. Il l’a également présenté comme un « contrat social renouvelé avec notre population », avec une attention particulière accordée aux jeunes et aux femmes.

 

Faustin Zaméto met cette présentation en relation avec les difficultés quotidiennes rencontrées par une partie de la population centrafricaine.

 

Le sociologue interroge notamment la traduction concrète du plan dans l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat des ménages, l’état des infrastructures et l’accès aux services essentiels.

 

Dans son analyse, Faustin Zaméto cite notamment la situation des jeunes confrontés au chômage, à l’orpaillage artisanal ou au secteur de la moto-taxi. Il estime que la question centrale reste celle du passage des engagements annoncés à New York à des résultats perceptibles dans les villes et les régions.

Dans son analyse sociopolitique, Faustin Zaméto examine les priorités présentées lors de l’Assemblée générale, en confrontant les objectifs du Plan national de développement aux réalités économiques locales.

 

Les absences du discours relevées par Faustin Zaméto

 

Faustin Zaméto consacre une partie de son analyse aux sujets qui ne figurent pas, selon lui, dans le discours présidentiel.

 

Il relève notamment l’absence des termes « Russie », « Wagner » et « France ». Le sociologue considère que ce choix correspond à une orientation diplomatique centrée sur les relations multilatérales et les Nations unies.

 

Faustin Zaméto relève aussi l’absence de références directes à plusieurs sujets de politique intérieure, notamment la Constitution de la 7e République, les débats politiques liés au troisième mandat, la hausse du coût de la vie et les difficultés liées à l’électricité.

 

Pour le sociologue, cette sélection des thèmes traduit la différence entre un discours prononcé devant la communauté internationale et les préoccupations exprimées au quotidien par une partie de la population centrafricaine.

 

Faustin Zaméto oppose le message international aux attentes nationales

 

Dans son analyse, Faustin Zaméto estime que le discours de Touadéra présente deux niveaux de lecture.

 

Le premier concerne la place de la République centrafricaine sur la scène internationale. Le président y défend le maintien d’un accompagnement sécuritaire, une meilleure prise en compte des intérêts climatiques africains et une réforme de la gouvernance mondiale.

 

Le second concerne la situation intérieure. Faustin Zaméto estime que les engagements présentés à New York doivent être confrontés aux réalités vécues par les populations à Bangui, Birao, Berbérati, Bangassou et dans les autres régions du pays.

 

Le sociologue prend notamment l’exemple de la restauration de la confiance entre l’État et les citoyens. Pour lui, cette confiance se construit à travers les services publics, l’emploi, les infrastructures, l’éducation, la santé et le pouvoir d’achat.

 

Faustin Zaméto revient enfin sur une phrase prononcée par le président Touadéra devant l’Assemblée générale : « Que cette 81ème Session soit celle où nous avons cessé de constater pour commencer à agir ».

 

Pour le sociologue, cette formule peut également être appliquée à la situation nationale. Il estime que l’enjeu pour les autorités centrafricaines réside désormais dans la traduction des engagements internationaux en résultats visibles dans la vie quotidienne des populations. Actions disponibles

 

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L’Afrique contre l’Afrique : pourquoi nous nous battons entre nous les africains ? Ce qui se passe en Afrique du sud est une honte!

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Alors que Nous dénonçons les humiliations subies par les Africains à l’étranger, mais nous acceptons encore que des Africains soient rejetés, expulsés ou maltraités par d’autres Africains sur leur propre continent.

 

C’est l’une des grandes contradictions de l’Afrique contemporaine.

 

Nous sommes capables de nous mobiliser lorsqu’un Africain est discriminé en Europe, en Amérique ou ailleurs. Nous dénonçons les politiques migratoires occidentales. Nous critiquons les visas difficiles à obtenir. Nous condamnons les expulsions et les contrôles imposés aux Africains qui cherchent à étudier, travailler ou simplement voyager dans d’autres régions du monde.

L’Afrique contre l’Afrique : pourquoi nous nous battons entre nous  les africains ? Ce qui se passe en Afrique du sud est une honte!

À lire aussi : De la France à la Russie : Ziguélé explique le double virage à 180° de Faustin-Archange Touadéra

 

Mais lorsque l’Africain traverse une frontière africaine, notre discours change.

 

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Zaméto dénonce les « failles » de l’affaire Foucher et interpelle Paris et Bangui

Il devient un étranger.

 

Il devient parfois un concurrent.

 

Il devient parfois une menace.

 

Et dans certains cas, il devient quelqu’un qu’il faut faire partir.

 

Le débat relancé en Afrique du Sud sur la prise en charge des frais liés au rapatriement de ressortissants étrangers n’est qu’un nouvel exemple d’un problème beaucoup plus large. Il ne s’agit pas ici de reprendre le débat administratif sur la responsabilité des États. Il s’agit de regarder ce que ces pratiques disent de notre conception de la solidarité africaine.

 

Car nous avons un problème de cohérence.

 

Nous parlons depuis des décennies d’une Afrique unie. Nous parlons d’intégration. Nous parlons de libre circulation. Nous parlons d’une communauté de destin. Nous célébrons l’unité africaine et nous rappelons régulièrement les sacrifices consentis par les générations précédentes pour libérer le continent.

 

Mais dans la vie quotidienne, les frontières restent souvent plus fortes que notre prétendue fraternité.

 

L’Afrique du Sud offre un exemple particulièrement frappant.

 

Pendant la lutte contre l’apartheid, de nombreux pays africains ont soutenu les Sud-Africains qui combattaient le régime de ségrégation. Des militants ont trouvé refuge dans plusieurs pays du continent. Des gouvernements africains ont apporté leur soutien politique à la lutte contre l’apartheid. Le combat sud-africain n’était pas considéré comme une affaire strictement sud-africaine.

 

L’Afrique avait alors compris que le destin d’un pays pouvait concerner tout le continent.

 

Pourquoi cette logique disparaît-elle lorsqu’il s’agit aujourd’hui des autres Africains ?

 

Pourquoi celui qui hier était considéré comme un frère devient-il aujourd’hui un étranger indésirable lorsqu’il franchit une frontière ?

 

C’est cette contradiction qu’il faut regarder en face.

 

Nous ne pouvons pas demander au reste du monde de traiter les Africains avec respect tout en acceptant que certains Africains soient traités avec méfiance, hostilité ou mépris par d’autres Africains.

 

Nous ne pouvons pas dénoncer les expulsions lorsqu’elles sont décidées par des gouvernements occidentaux et les considérer comme normales lorsqu’elles sont organisées par des gouvernements africains.

 

Nous ne pouvons pas réclamer la liberté de circulation pour les Africains dans le monde et refuser cette même liberté aux Africains sur leur propre continent.

 

Bien sûr, chaque État a le droit de contrôler ses frontières. Aucun pays ne peut ignorer les règles d’entrée et de séjour. La lutte contre l’immigration irrégulière, la criminalité ou les réseaux de trafic peut justifier des mesures de contrôle.

 

Mais le problème apparaît lorsque ces politiques deviennent un prétexte pour transformer l’étranger africain en bouc émissaire.

 

Dans plusieurs pays du continent, les migrants africains sont accusés de prendre les emplois, de contrôler certains commerces ou d’être responsables de problèmes économiques et sociaux. Cette logique nourrit parfois des violences et des expulsions.

 

Pourtant, ces migrants ne viennent pas d’un autre continent.

 

Ils viennent de chez nous.

 

Ils sont Congolais, Centrafricains, Camerounais, Nigérians, Zimbabwéens, Malawites, Sénégalais, Ivoiriens, Éthiopiens ou ressortissants d’autres pays africains.

 

Ils parlent souvent des langues proches, partagent des cultures, des histoires et des réalités économiques comparables.

 

Leur frontière est différente. Leur origine nationale est différente. Mais leur continent est le même.

 

Alors pourquoi sommes-nous incapables de construire entre nous ce que nous réclamons aux autres ?

 

L’Europe a progressivement réduit certaines de ses frontières intérieures. Un citoyen européen peut, sous certaines conditions, circuler, étudier, travailler ou s’installer dans un autre pays de l’Union européenne.

 

L’Afrique, elle, compte plus d’un milliard d’habitants et possède un marché continental immense. Elle dispose d’organisations régionales et d’une Union africaine. Elle parle depuis longtemps de libre circulation des personnes.

 

Mais l’Africain continue souvent à découvrir que le continent appartient à des États avant d’appartenir à ses peuples.

 

Nous avons créé des frontières qui nous séparent et nous les défendons parfois avec une rigueur que nous ne supportons pas lorsque les mêmes frontières sont utilisées contre nous ailleurs.

 

Le paradoxe est saisissant.

 

Nous voulons que l’Occident ouvre ses portes aux Africains.

Les tensions autour de la solidarité africaine mettent en lumière la nécessité d’une véritable unité africaine face aux conflits internes sur le continent.

 

Nous voulons que les étudiants africains puissent étudier à l’étranger.

 

Nous voulons que les travailleurs africains puissent accéder aux marchés étrangers.

 

Nous voulons que les Africains puissent voyager librement.

 

Mais sommes-nous réellement prêts à appliquer ces mêmes principes entre nous ?

 

C’est là que se trouve le véritable problème.

 

L’Afrique ne manque pas de discours sur l’unité. Elle manque d’actes qui donnent un contenu concret à cette unité.

 

La solidarité africaine ne devrait pas fonctionner uniquement lorsqu’un pays a besoin du soutien des autres. Elle devrait aussi exister lorsque des citoyens africains cherchent à vivre, travailler, étudier ou entreprendre ailleurs sur le continent.

 

Nous devons aussi cesser de considérer systématiquement l’Africain venant d’un autre pays comme une menace.

 

Un Congolais qui travaille en Afrique du Sud n’est pas moins africain qu’un Sud-Africain. Un Centrafricain qui se rend au Cameroun n’est pas moins africain qu’un Camerounais. Un Nigérian qui fait du commerce au Ghana n’est pas moins africain qu’un Ghanéen.

 

Les États peuvent avoir des règles différentes. Les citoyens, eux, ne devraient pas perdre leur dignité en franchissant une frontière.

 

L’Afrique contre l’Afrique est finalement le symbole d’un continent qui réclame la solidarité du monde tout en ayant encore du mal à pratiquer cette solidarité entre ses propres peuples.

 

Nous avons beaucoup dénoncé la manière dont les autres nous regardent.

 

Il est peut-être temps de regarder aussi la manière dont nous nous regardons nous-mêmes.

 

Car avant de demander au monde de changer son regard sur l’Afrique, nous devons être capables de changer notre propre regard sur les Africains.

 

L’unité africaine ne pourra pas rester un slogan répété lors des sommets et des cérémonies. Elle devra se traduire dans les frontières, dans les politiques migratoires, dans le commerce, dans le travail et surtout dans la manière dont chaque Africain considère son frère venu d’un autre pays.

 

Sinon, nous continuerons à dénoncer le rejet des Africains ailleurs tout en organisant nous-mêmes le rejet des Africains chez nous.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Houlaguele Anselme interpelle la communauté internationale : « L’UE finance-t-elle la construction d’un régime dictatorial ? »

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Dans une charge virulente contre l’inertie des partenaires internationaux en République centrafricaine, Houlaguele Anselme pointe du doigt ce qu’il qualifie de contradiction intolérable : le financement passif d’un pouvoir autoritaire par les démocraties occidentales. Alors que le régime de Faustin-Archange Touadéra s’affranchit ouvertement des normes constitutionnelles, l’auteur interroge directement la responsabilité morale et financière des bailleurs de fonds, au premier rang desquels figure l’Union européenne.

 

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Pour Houlaguele Anselme, le contraste entre l’engagement financier des partenaires internationaux et la détérioration de l’État de droit en Centrafrique atteint un point de rupture. Alors que l’Union européenne demeure l’un des principaux contributeurs financiers du pays notamment dans le soutien aux processus électoraux, au développement socio-économique et à la sécurité —, ses ressources finissent par servir un système qui bafoue les principes républicains.

À lire aussi : Centrafrique : la CPS s’agite sur Boali et s’efface devant Alindao et Wagner

Houlaguele Anselme interpelle la communauté internationale : « L'UE finance-t-elle la construction d'un régime dictatorial ? »
HOULAGUELE Anselme Patrick, Citoyen centrafricain engagé, prononçant un discours

 

« Nous sollicitons l’Union européenne pour qu’elle précise à quel moment elle mettra un terme à la construction d’un individu potentiellement criminel financé par les fonds des contribuables européens, alors que ces ressources devraient exclusivement bénéficier au peuple centrafricain appauvri. » Houlaguele Anselme

À lire aussi : L’appel pressant de Petit Delphin KOTTO, coordonnateur de la COSCIPAC, pour la fin des dérives verbales des influenceurs centrafricains de la diaspora

 

L’auteur souligne l’ironie tragique d’une situation où l’argent des contribuables occidentaux finance indirectement un régime qui s’appuie sur des groupes paramilitaires sanctionnés par ces mêmes institutions internationales.

 

Un silence assourdissant face au démantèlement démocratique

L’analyse d’Houlaguele Anselme ne spared pas non plus la diplomatie internationale sur le terrain. Qu’il s’agisse de l’Union européenne, des chancelleries occidentales comme celle de la France, ou des organismes régionaux tels que l’Union africaine, l’auteur déplore une posture de complaisance ou de résignation face aux abus constatés lors des récents scrutins.

 

La passivité des observateurs : Alors que le code électoral et la Constitution ont été systématiquement violés, les représentants internationaux ont, pour la plupart, assisté silencieusement à la proclamation de résultats contestés.

 

Les contradictions géopolitiques : Dans leur quête de positionnement stratégique, certains partenaires préfèrent maintenir des relations avec le pouvoir en place, fermant les yeux sur l’étouffement de l’opposition et les dérives liberticides.

 

La défaillance des missions de paix : La présence de structures de maintien de la paix comme la MINUSCA est également questionnée, l’auteur estimant que leurs concessions répétées ont fini par conforter la dérive autoritaire au lieu de protéger les acquis démocratiques.

 

L’urgence d’une réévaluation de l’aide internationale

Face à ce constat, Houlaguele Anselme lance un appel solennel aux institutions internationales pour qu’elles mettent un terme à ce qu’il perçoit comme une complicité indirecte. Soutenir financièrement un pouvoir sans exiger le respect strict des droits fondamentaux et des règles démocratiques équivaut, selon lui, à abandonner la population centrafricaine à l’arbitraire et à la pauvreté extrême.

 

La véritable solidarité envers le peuple centrafricain exige aujourd’hui une remise en question profonde des mécanismes d’aide, afin de garantir que les ressources envoyées à Bangui ne servent plus à consolider la dictature, mais à restaurer la dignité et la liberté de toute une nation.

 

Par Gisèle [PASTEUR]Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, nos chères lectrices et nos chers lecteurs.
Bonjour Madame Gisèle Moloma.
Que retrouve-t-on à la une de vos articles ce matin, Gisèle ?

 

[ALINE]Bonjour Monsieur Anselme Mbata, bonjour à nos lectrices et à nos lecteurs.
À la une de Corbeau News Centrafrique ce matin :

[ALINE]titre….

 

 

Houlaguele Anselme met en lumière l’impact de l’aide internationale sur le régime autoritaire en Centrafrique, interrogeant le rôle de l’Union européenne dans ce contexte.

[ALINE]C’est Gisele Moloma pour la rédaction de Corbeau News Centrafrique. Merci.

 

[ALINE]Quant à vous nos chères lectrices et nos chers lecteurs, merci pour votre fidélité. Rendez-vous donc demain pour les prochaines actualités à la une de votre quotidien en ligne, Corbeau News Centrafrique.

 

[ALINE]Contacter corbeau news Centrafrique : soit par téléphone soit par WhatsApp avec le même numéro: +236 75 72 18 et 21ou par Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com

 

[ALINE]Prenez soin de vous. Siiguila.

 

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Pour Jean-Pierre Mara, pourquoi le Sangho demeure incapable de porter une identité nationale forte?

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Jean-Pierre Marat estime que la question de la langue est au cœur du blocage culturel centrafricain. Le Sangho, proclamé langue nationale depuis des décennies, n’a pas encore les outils nécessaires pour servir de pilier à une identité collective. Selon lui, cette faiblesse tient à l’absence de normes écrites solides, d’un vocabulaire suffisamment développé et d’une stratégie de formation adaptée.

 

Il explique que la langue n’a jamais été unifiée. Un même mot peut avoir plusieurs sens, faute de règles d’orthographe précises. Cette ambiguïté empêche la production d’ouvrages de référence, limite la transmission écrite et freine l’enseignement. Dans un pays où la majorité des connaissances pratiques se transmet encore oralement, l’absence d’une langue écrite standardisée complique le développement d’une pensée structurée.

Pour Jean-Pierre Mara, pourquoi le Sangho demeure incapable de porter une identité nationale forte?
L’ancien député centrafricain Jean-Pierre Mara

 

Marat souligne aussi que le Sangho peine à décrire le monde technique, agricole ou scientifique. Sans lexique spécialisé, il est difficile de documenter les savoir-faire nationaux : transformation du manioc, cycles agricoles, habitats traditionnels, modes de fabrication d’objets ou connaissances du milieu naturel. La langue reste cantonnée à la communication courante, sans devenir un outil de valorisation culturelle.

 

Pour lui, un chantier essentiel reste à ouvrir : normaliser l’écriture, enrichir le vocabulaire, concevoir des programmes d’enseignement rigoureux, former les enseignants et produire des dictionnaires sectoriels. Sans cet effort, le Sangho restera une langue d’usage mais pas une langue de connaissance. Il considère que cette lacune prive le pays d’un instrument central pour construire, transmettre et affirmer une identité culturelle cohérente à l’échelle nationale.

 

Par Brahim….

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Touadera, voilà les formes modernes de torture  que tu as instauré dans le pays

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 À l’occasion de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, découvrez les formes modernes de torture et leur impact dévastateur sur les victimes.

 

Le 26 juin, la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture dévoile une réalité souvent occultée : la torture, bien que condamnée par les lois internationales, persiste sous des formes modernes, discrètes mais profondément destructrices. Loin des images stéréotypées de sévices physiques brutaux, la torture contemporaine englobe des pratiques physiques et psychologiques qui laissent des cicatrices durables sur les individus et les sociétés.

 

Qu’est-ce que la torture aujourd’hui ?

Selon Jean Balekouzou, chercheur en droit, la torture se définit comme tout acte intentionnel infligeant une douleur ou une souffrance aiguë, qu’elle soit physique ou mentale, dans le but d’obtenir des informations, de punir ou d’intimider. Cette définition s’appuie sur la Convention contre la torture de 1984, ratifiée par la République centrafricaine (RCA) en 2016. Cependant, Pierre Nguélé, greffier en chef, souligne que la torture prend aujourd’hui des formes plus subtiles, notamment dans des contextes de crise. Par exemple, dans les unités de police ou de gendarmerie, des pratiques comme les coups infligés lors d’enquêtes préliminaires, souvent qualifiées de « tabassage » dans le jargon local, sont courantes mais rarement dénoncées. Ces actes, bien que moins visibles, violent les droits humains fondamentaux et sont souvent tolérés par un système judiciaire affaibli.

Touadera, voilà les formes modernes de torture  que tu as instauré dans le pays
Un soldat FACA menaçant à mort un jeune avec son fusil, peut-être tué déja.

 

Les formes modernes de torture

 

Les formes modernes de torture ne se limitent pas aux sévices physiques. La torture psychologique, comme l’isolement prolongé, les menaces ou l’humiliation, est de plus en plus répandue. Dans les lieux de détention, les conditions inhumaines – surpopulation, manque d’hygiène, privation de nourriture – s’apparentent à des traitements dégradants. Jean Balekouzou précise que, selon la Convention de 1984, ces pratiques sont également considérées comme de la torture lorsqu’elles sont infligées par des autorités publiques. Cependant, Pierre Nguélé note que dans des contextes comme la RCA, marquée par des crises persistantes, ces abus sont souvent banalisés, en particulier dans les zones reculées où les victimes n’ont pas accès à l’information ou à la justice.

 

Au-delà des institutions, la maltraitance dans les cadres familiaux ou traditionnels pose question. Jean Balekouzou explique que, bien que les châtiments corporels infligés par des parents ne soient pas juridiquement qualifiés de torture (car non infligés par une autorité publique), ils constituent des formes de maltraitance grave. Le Code pénal de la RCA et le Code de protection de l’enfance de 2020 interdisent explicitement ces actes, prévoyant des sanctions pour les parents en cas de violences sur mineurs. Pourtant, ces pratiques persistent, souvent justifiées par des traditions ou des contextes socio-économiques difficiles.

 

Les conséquences sur les victimes et la société

 

Les séquelles de la torture, qu’elle soit physique ou psychologique, sont profondes. Jean Balekouzou  insiste sur le fait que les victimes portent souvent des traumatismes durables, affectant leur santé mentale et leur capacité à se réinsérer dans la société. « Ces actes restent collés à l’esprit », explique-t-il, recommandant un suivi psychologique pour aider les victimes à surmonter ces épreuves. Sur le plan sociétal, la torture alimente un climat de peur et d’impunité, érodant la confiance envers les institutions. Pierre Nguélé ajoute que l’absence de dénonciation, due à la peur de représailles ou au manque d’accès à l’information, aggrave cette situation, laissant les tortionnaires impunis.

 

Les défis de la dénonciation et de la justice

 

Plusieurs obstacles empêchent les victimes de dénoncer les abus. Pierre Nguélé souligne le manque d’information, particulièrement dans les zones rurales où l’accès aux médias et à Internet est limité. Les victimes, souvent démunies ou dépendantes économiquement, hésitent à porter plainte, craignant des représailles ou une stigmatisation sociale. Jean Dupont pointe également l’impunité comme un facteur clé : lorsque les tortionnaires ne sont pas sanctionnés à la hauteur de leurs actes, cela encourage la répétition des abus. Cependant, il note que le cadre juridique de la RCA, notamment à travers la Constitution de 2023 et le Code pénal (articles 118 à 120), offre des outils pour punir la torture, allant jusqu’à des peines de prison à perpétuité en cas de décès de la victime….

 

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Aéroport de Bangui : des employés de CORE AVIATION SERVICES dénoncent la mafia autour de la gestion des vols en crédit

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Des employés de CORE AVIATION SERVICES (CAS) dénoncent la mafia et le système mafieux mis en place autour de la gestion de certains vols dits « en crédit » à l’aéroport international Bangui-M’Poko. Des opérations commerciales liées à ces vols sont directement détournées au profit d’une structure distincte de la société.

 

Selon les témoignages recueillis par la rédaction du CNC, les vols en crédit correspondent à des prestations réalisées pour des compagnies avec lesquelles CORE AVIATION SERVICES dispose d’accords commerciaux. Les prestations sont effectuées par les équipes de CAS avant le règlement des factures par les clients.

Aéroport de Bangui : des employés de CORE AVIATION SERVICES dénoncent la mafia autour de la gestion des vols en crédit
Aéroport international de Bangui Mpoko. Photo CNC

 

Des paiements détournés par la mafia au détriment de la société

 

D’après les informations recueillies auprès de plusieurs employés, les prestations liées aux vols en crédit sont normalement facturées aux compagnies clientes. Les règlements sont dus au bénéfice de CORE AVIATION SERVICES, conformément aux relations contractuelles établies avec ces clients.

À lire aussi : Justice populaire à Ouadda-Maïkkaga : trois personnes tuées par les soldats FACA après une accusation de sorcellerie

 

Cette organisation mafieuse traite certaines opérations par l’intermédiaire d’une structure dénommée FLAYWAYS. Cette entreprise privée est directement liée au directeur général adjoint de CAS, NZAMURAMBAHO Thierry, d’origine rwandaise, et est basée à Kigali au Rwanda.

À lire aussi : Centrafrique : l’État englouti par la dette, le système économique au bord de l’effondrement

 

Certaines prestations effectuées à Bangui sont ainsi captées par ce réseau mafieux et envoyées vers la banque au Rwanda au lieu d’être directement encaissées par CORE AVIATION SERVICES.

 

FLAYWAYS, l’instrument de la mafia basé à Kigali

 

La rédaction du CNC confirme le rôle central de FLAYWAYS dans cette gestion mafieuse de certains vols en crédit.

 

Cette structure basée à Kigali au Rwanda sert à recevoir les règlements correspondant aux prestations réalisées à l’aéroport de Bangui. Ces fonds sont transférés hors de la comptabilité de CORE AVIATION SERVICES directement vers le Rwanda.

 

Ces éléments constituent les preuves d’un système mafieux clairement établi à partir des contrats commerciaux, des factures, des relevés de paiement et des documents comptables de la société.

 

FLAYWAYS est l’outil du directeur général adjoint rwandais pour organiser ces détournements.

 

Des employés dénoncent les agissements de la mafia

 

Les employés interrogés par la rédaction du CNC exigent la fin de ces pratiques mafieuses. La gestion des vols en crédit est retracée à travers les documents commerciaux et comptables de CORE AVIATION SERVICES.

 

Les contrats conclus avec les compagnies aériennes, les prestations effectivement réalisées à Bangui, les factures émises et les comptes ayant reçu les paiements correspondants au Rwanda exposent clairement ces détournements.

 

Ces opérations révèlent le vol direct des revenus générés par l’entreprise par ce groupe mafieux.

 

La responsabilité de la direction de CAS au sein du système mafieux

 

La gestion de CORE AVIATION SERVICES relève du directeur général GOM-AIAM Jacques, assisté du directeur général adjoint NZAMURAMBAHO Thierry.

 

Le directeur général adjoint organise et pilote directement cette mafia au sein de la gestion de ces opérations liées aux vols en crédit.

 

Ce réseau mafieux organise la fuite des flux financiers liés aux vols en crédit vers Kigali au Rwanda, en contrôlant les opérations concernées, les montants en jeu et les bénéficiaires de ces paiements frauduleux.

 

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Bloqués par l’IA : Wagner et Ngamana créent une usine à fausses informations pour surveiller et traquer les Centrafricains

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Pris au piège de leurs propres méthodes et ridiculisés par l’intelligence artificielle, les opérateurs d’influence russes liés à Wagner et aux services de renseignement de Moscou doivent désormais repenser leur dispositif d’espionnage et de propagande en Centrafrique. Après avoir essuyé un refus catégorique de l’IA américaine Claude, qui a bloqué leurs tentatives de fichage et de traque des opposants politiques, la galaxie russe s’en remet à l’appareil d’État centrafricain. Résultat : un décret présidentiel portant création d’une « Cellule de Veille Communicationnelle », une véritable officine d’État destinée à fabriquer de la fausse information et à orchestrer une chasse à l’homme numérique contre les voix critiques.

 

La dérive technologique et sécuritaire des réseaux d’influence russes à Bangui vient d’atteindre un sommet d’absurdité. Selon les révélations diffusées par Radio France Internationale (RFI) et étayées par l’entreprise de technologie Anthropic, les services de renseignement russes ont utilisé l’intelligence artificielle Claude pour orchestrer de A à Z la communication du régime centrafricain, fabriquer de toutes pièces de la désinformation et mener des opérations de surveillance.

 

Bloqués par l'IA : Wagner et Ngamana créent une usine à fausses informations pour surveiller et traquer les Centrafricains

 

Wagner demande tout à l’IA Claude de rédiger tout à la place des autorités. De la Présidence à la Gendarmerie, l’enquête révèle l’ampleur effarante de l’emprise des mercenaires russes sur la souveraineté nationale du pays.

 

Le titulaire du compte incriminé, identifié comme Arthur Tévossian, coordonnateur en Centrafrique de l’officine Politology, n’utilisait pas seulement l’IA pour créer de faux rapports. Il demandait à Claude de rédiger l’intégralité des contenus officiels de l’État : discours du président Faustin-Archange Touadéra, points de presse du conseiller en communication de la Présidence, ainsi que les communiqués officiels du ministère de la Défense, de la Gendarmerie et de la Police nationale.

À lire aussi : Passeport du député Dologuélé : La Ligue centrafricaine des droits de l’homme rappelle l’autorité des décisions de la haute juridiction nationale

 

Une preuve palpable que les mercenaires russes contrôlent et dictent la parole de toutes les institutions de la République centrafricaine, pendant que la communauté internationale continue de financer aveuglément un appareil d’État fantoche et sous tutelle extérieure.

À lire aussi : Centrafrique : la crise financière frappe aussi le sport, le budget des Fauves pour la CAN 2027 revu à la baisse

 

Bloqués par Claude pour cause de traque politique

 

C’est au moment où ces barbouzes de Wagner ont voulu aller encore plus loin en demandant à l’IA de leur fournir une liste nominative d’opposants politiques à dénoncer pour les faire arrêter que le piège s’est refermé. Les mécanismes de sécurité d’Anthropic se meublant de garde-fous éthiques se sont déclenchés, entraînant le blocage immédiat du compte.

 

Incapables de mener leurs opérations de flicage et de rédaction automatique sans leur « écrivain public » virtuel, les mercenaires russes se sont retournés vers l’administration centrafricaine pour créer en urgence une structure officielle sur mesure.

 

La CVC-PG : une usine à intox pour organiser la chasse à l’homme numérique

 

Pour pallier ce camouflet technologique, le ministre d’État à la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Évariste Ngamana, beau-frère du président de la République et faux docteur en droit en quarantaine passé, a fait signer par le président-Empereur Faustin-Archange Touadéra un décret portant création de la Cellule de Veille Communicationnelle du Porte-parole du Gouvernement (CVC-PG).

 

Sous le prétexte fallacieux de « lutter contre la désinformation », la mission principale de cette cellule est en réalité de fabriquer de fausses informations gouvernementales à diffuser au peuple centrafricain, tout en organisant une contre-attaque systématique sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une véritable chasse à l’homme en version numérique : la cellule est chargée d’identifier, de ficher et de traquer les responsables des publications dérangeantes afin de les livrer aux services de répression.

 

Un aveu financier et une charge absurde sur les deniers publics

 

Une preuve irréfutable de ce marché de dupes saute aux yeux à la lecture de l’article 13 du décret. Il y est mentionné que la cellule peut « bénéficier des appuis financiers des partenaires dans l’accomplissement de sa mission ». Or, dans la réalité centrafricaine, ces « partenaires » ne sont autres que les mercenaires russes de Wagner eux-mêmes, venus financer une structure taillée sur mesure pour exécuter la sale besogne que l’IA a refusé d’accomplir.

 

Pire encore, le même article stipule que les indemnités des membres et les charges de fonctionnement sont inscrites au budget annuel de l’État. En pleine crise budgétaire, alors que le FMI gèle ses décaissements et que la masse salariale absorbe déjà plus de 85 % des recettes fiscales, le régime crée une armée de postes hauts de gamme, Secrétaire permanent avec rang de Chargé de mission, Chefs d’unité avec rang de Directeurs généraux, Experts avec rang de Directeurs, pour surveiller les communications de la population aux frais du contribuable.

 

Désormais, Évariste Ngamana est devenu un ministre-figurant réduit au rôle d’exécutant.

 

Face à ce dispositif tentaculaire et à la présence des conseillers russes qui dictent jusqu’aux virgules des déclarations officielles, une question s’impose : quelle tâche reste-t-il désormais au ministre d’État Évariste Ngamana ?

 

Relégué au rang de simple figurant administratif, le fameux docteur en droit et « marabout de Carnot » n’a plus qu’à jouer les boîtes aux lettres, apposer sa signature sur des arrêtés et communiqués dictés par Wagner et assurer la figuration lors des cérémonies.

 

Privé de toute initiative communicationnelle ou politique, Ngamana incarne aujourd’hui l’image d’un ministre réduit à l’impuissance, gérant une usine à gaz budgétivore au service d’un régime pris en otage par ses propres mercenaires.

 

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Centrafrique : quand les militaires rwandais désarment de force les soldats FACA à Bogoin, près de Damara

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Des militaires rwandais lourdement armés sont intervenus à deux reprises sur un site minier de Bogoin, dans l’Ombella-M’Poko. Des FACA affectés à sa sécurité ont été désarmés puis contraints de quitter les lieux.

 

Les faits se sont déroulés jeudi après-midi à Bogoin, une localité située à environ 120 kilomètres de Damara, sur l’axe Bogangolo. Deux véhicules transportant 24 militaires des forces spéciales rwandaises sont arrivés sur un site minier.

Centrafrique : quand les militaires rwandais désarment de force les soldats FACA à Bogoin, près de Damara

 

Les soldats étaient lourdement armés avec des armes du type Artahoul installées sur leurs véhicules.

 

À lire aussi : Comment la MINUSCA équipe et finance Wagner en Centrafrique

Des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), régulièrement affectés dans la zone pour assurer la sécurité du site, se trouvaient sur place. Selon les témoignages recueillis par le correspondant du CNC, les militaires centrafricains, moins nombreux, ont été désarmés d’une manière spectaculaire par les soldats rwandais.

 

À lire aussi : Centrafrique : l’échec de l’émission d’Obligations du Trésor de 27,5 milliards FCFA met la trésorerie de l’État sous pression

L’intervention a provoqué la colère d’une partie de la population présente sur les lieux. Des habitants ont protesté contre le désarmement des militaires centrafricains sur leur propre territoire.

 

Au même moment, la tension est montée entre les militaires rwandais et des habitants. Plusieurs interventions ont permis d’éviter un affrontement direct.

 

Le ministère de la Défense a ensuite décidé de maintenir des éléments des FACA sur le site afin d’en assurer la sécurité.

 

Une seconde intervention avec plus de cinquante militaires rwandais

 

Une nouvelle intervention a ensuite eu lieu sur le site. Ever Benamungu est revenu accompagné du colonel commandant les forces spéciales rwandaises et de plus d’une cinquantaine de militaires rwandais.

 

Les FACA encore présents sur place ont de nouveau été désarmés. Ils ont ensuite été contraints de quitter le site minier.

 

Selon les éléments recueillis sur place, Ever Benamungu aurait également ordonné aux militaires centrafricains de ne plus revenir sur le site, sous peine d’être tués.

 

Ces faits interviennent dans le cadre d’un différend entre plusieurs intérêts miniers présents à Bogoin. Selon les informations recueillies, des intérêts rwandais et chinois figurent parmi les parties concernées.

 

Le rôle d’Ever Benamungu dans l’intervention des militaires rwandais constitue également un élément central du dossier.

 

Quel cadre pour l’intervention des militaires rwandais ?

 

La République centrafricaine dispose de ses propres forces de défense et de sécurité. Elle dispose également d’une administration minière, d’une justice et de structures administratives chargées de traiter les différends liés à l’exploitation des ressources naturelles.

 

L’intervention de militaires rwandais dans un contentieux minier pose donc la question du cadre dans lequel ils ont agi.

 

Bangui et Kigali entretiennent une coopération militaire étroite. Le Rwanda participe depuis plusieurs années à la sécurité en République centrafricaine et à la formation des FACA.

 

En août 2026, 566 jeunes soldats centrafricains ont achevé une formation avec la participation d’instructeurs rwandais. Le 16 septembre, le chef d’état-major général des FACA, le général Zéphirin Mamadou, a reçu le colonel Alphonse Gahima, attaché de défense rwandais, pour discuter de la poursuite et du renforcement de cette coopération.

 

Cette coopération est officielle. Elle ne permet pas, à elle seule, d’établir dans quel cadre des militaires rwandais sont intervenus à Bogoin.

 

Si leur présence répondait à une mission officielle convenue entre Bangui et Kigali, les autorités centrafricaines devront en préciser le fondement. Si elle répondait à une initiative privée liée à un opérateur économique, la question serait différente.

 

Des propos attribués à Ever Benamungu

 

D’autres éléments rapportés dans le cadre du contentieux concernent des propos attribués à Ever Benamungu.

 

Selon les informations recueillies, celui-ci aurait affirmé que le pouvoir de Bangui doit sa survie au soutien du Rwanda et que ce soutien pourrait être retiré si certains intérêts étaient contrariés.

 

Ces propos restent à confirmer officiellement.

 

Les forces armées centrafricaines ont été contraintes de quitter le site minier de Bogoin après une intervention menée par des troupes étrangères.

La présence de militaires rwandais en Centrafrique s’inscrit dans une coopération bilatérale assumée par les deux États. Le Rwanda participe notamment à la formation des forces centrafricaines.

 

Le dossier de Bogoin porte donc sur une question distincte : celle des limites de l’intervention de militaires étrangers lorsqu’un différend oppose des opérateurs économiques sur le territoire centrafricain.

 

La Centrafrique cherche depuis plusieurs années à attirer des investissements dans le secteur minier. Les activités des opérateurs étrangers sont encadrées par les autorités compétentes et doivent relever des procédures prévues par la législation nationale.

 

Dans ce contexte, le recours à des militaires étrangers pour intervenir dans un différend minier donne au dossier une dimension qui dépasse le seul contentieux économique.

 

Des réponses attendues des autorités

 

Plusieurs points restent à établir. Qui a donné l’ordre aux militaires rwandais d’intervenir à Bogoin ? Quel était leur statut exact ? Dans quel cadre juridique ont-ils agi ? Qui leur a ordonné de désarmer les FACA ?

 

Les autorités devront également préciser pourquoi les militaires centrafricains chargés de la sécurité du site ont été contraints de quitter les lieux.

 

Les menaces de mort rapportées par les témoins devront elles aussi être vérifiées. Une clarification est également attendue sur la nature exacte du différend entre les différents opérateurs miniers présents à Bogoin.

 

La coopération militaire entre Bangui et Kigali est établie. Les faits rapportés à Bogoin posent désormais la question de son cadre d’application lorsque des forces rwandaises interviennent directement face à des militaires centrafricains.

 

Une enquête devra permettre d’établir les circonstances des deux interventions, les instructions reçues par les militaires rwandais et les responsabilités dans le désarmement et le départ forcé des FACA du site minier. Actions disponibles

 

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Trafic de tramadol en Centrafrique : le très sérieux Wall Street Journal rejoint les révélations du CNC sur les réseaux de Wagner

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Le trafic de tramadol du réseaux de Wagner en Centrafrique, déjà largement annoncé par le CNC, fait désormais l’objet d’une enquête du Wall Street Journal. Le quotidien américain décrit un système organisé autour du fleuve  l’Oubangui, reliant trafic de drogue, exploitation de l’or et contrôle de routes commerciales.

 

Le reportage publié en juillet 2026 apporte plusieurs éléments sur un phénomène que la rédaction du CNC avait déjà documenté depuis plus d’un an. Il décrit la présence persistante des éléments criminels du groupe  Wagner dans le nord-ouest de la République centrafricaine et leur implication dans la circulation de tramadol fortement dosé.

Trafic de tramadol en Centrafrique : le très sérieux Wall Street Journal rejoint les révélations du CNC sur les réseaux de Wagner
Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC

 

Le Wall Street Journal estime jusqu’à 1500 le nombre des combattants de Wagner encore présents dans le pays. Selon son enquête, ces hommes sont installés notamment dans les zones difficiles d’accès situées autour du cours supérieur de l’Oubangui. Le journal présente cet espace comme un centre d’activités liées à l’or, au bois et au trafic de tramadol.

 

À lire aussi : Sans police ni tribunaux à Ouadda, la justice populaire remplace la loi de la République selon le sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

Un circuit qui passe par la RDC

 

Le circuit décrit par le quotidien américain commence en Inde. Le tramadol est ensuite acheminé vers la République démocratique du Congo avant de rejoindre la Centrafrique par l’Oubangui.

À lire aussi : Centrafrique : incroyable! Le gouvernement s’étonne de la multiplication des naissances de jumeaux et de triplés dans le pays

 

Une fois arrivé dans le pays, le produit est redistribué vers Bangui et d’autres villes. Des motos et de petits camions assurent ensuite une partie du transport vers les marchés et les zones minières.

 

Les comprimés fortement dosés constituent une particularité du marché centrafricain. Alors que les dosages thérapeutiques courants se situent généralement entre 50 et 100 milligrammes, des comprimés de 200 milligrammes ou davantage sont largement disponibles sur le marché parallèle.

 

Le rapport publié en juin 2026 par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) décrit lui aussi la Centrafrique comme un pays de destination et de redistribution du tramadol fortement dosé. L’organisation classe ce produit parmi les marchandises qui alimentent les économies criminelles liées aux conflits dans le pays.

 

Le tramadol dans les zones minières

 

L’enquête américaine établit également un lien entre le commerce du tramadol et les activités minières contrôlées par les réseaux liés à Wagner, notamment à  Boda, Ndachima et Yédéré, voir aussi d’autres villes.

 

Des travailleurs des sites aurifères consommeraient ces comprimés afin de supporter de longues heures de travail. Le produit circule ainsi dans des espaces où l’exploitation de l’or constitue déjà une importante source de revenus pour les réseaux armés.

 

Le Wall Street Journal rapporte également que le tramadol est consommé par des combattants à fortes doses. Le produit est recherché pour ses effets sur la fatigue, la douleur et la peur.

 

Nathalia Dukhan, chercheuse à la GI-TOC citée par le journal américain, décrit une consommation particulièrement élevée dans les zones de combat. La GI-TOC indique de son côté que le tramadol fait partie des produits qui circulent à travers les réseaux criminels et les zones contrôlées par des acteurs armés.

 

Le CNC avait déjà documenté ce commerce

 

Bien avant la publication du reportage du Wall Street Journal, la rédaction du CNC avait enquêté sur la circulation du tramadol en Centrafrique et sur les réseaux de Wagner via le commandant Yarkokpa de la garde présidentielle ainsi que du directeur de l’OCLAD.

 

Dans un article publié en juillet 2025, le CNC avait documenté l’implication des  mercenaires russes dans un commerce organisé du tramadol et décrit les circuits reliant l’étranger aux différentes régions du pays.

 

D’autres enquêtes publiées par le CNC avaient également recueilli des témoignages sur la circulation du produit dans les villes centrafricaines. À Ndélé, des habitants avaient notamment accusé des éléments de Wagner de contrôler une partie du commerce du tramadol, alors que ces mêmes hommes procédaient à des saisies du produit transporté par des commerçants et des voyageurs.

 

Ces informations prennent une nouvelle dimension avec l’enquête du Wall Street Journal. Le quotidien américain a recoupé le phénomène auprès de chercheurs, de commerçants et d’un ancien membre de structures liées à Wagner. Son enquête décrit à son tour une organisation reliant l’approvisionnement extérieur, les routes de transport, la distribution en Centrafrique et les activités minières. (The Wall Street Journal⁠)

 

Un marché qui dépasse les frontières centrafricaines

 

Le trafic ne s’arrêterait pas aux frontières de la République centrafricaine.

 

Selon les informations rapportées par le Wall Street Journal, des cargaisons sont acheminées depuis la Centrafrique vers des pays voisins, notamment le Cameroun. Le journal rapporte qu’une cargaison achetée autour de 7 000 dollars en Centrafrique pourrait atteindre environ 21 000 dollars après son acheminement vers le Cameroun.

 

Les transporteurs devraient également verser des sommes aux hommes armés contrôlant certains axes. Ces montants sont rapportés par des acteurs du commerce interrogés dans le cadre de l’enquête américaine.

 

La GI-TOC confirme l’existence d’un marché transnational du tramadol et présente la Centrafrique comme un point de destination et de redistribution des produits fortement dosés en Afrique centrale. (Global Initiative⁠)

 

Le tramadol devient une nouvelle source de revenus

 

Pour les réseaux liés à Wagner, le commerce du tramadol s’inscrit dans un ensemble économique beaucoup plus large.

 

Le Wall Street Journal relie cette activité au contrôle des mines d’or et aux circuits de bois, ainsi que sur le trafic du charbon et d’alcool frelaté. Le trafic de stupéfiants constitue ainsi une source supplémentaire de revenus autour des territoires contrôlés par les anciens combattants russes.

 

La GI-TOC estime pour sa part que les réseaux liés à Wagner tirent d’importants revenus de l’exploitation et de l’exportation clandestine de l’or centrafricain. Son rapport de 2026 estime à environ 180 millions de dollars par an les revenus liés aux exportations illicites d’or attribuées au groupe.

 

Le tramadol ne constitue donc pas une activité séparée des autres économies clandestines. Les différentes activités utilisent les mêmes territoires, les mêmes routes et parfois les mêmes dispositifs de contrôle.

 

Cette convergence explique l’importance prise par l’Oubangui dans les informations recueillies par les enquêteurs. Le fleuve constitue à la fois une voie commerciale, un axe de circulation transfrontalière et un passage utilisé pour l’acheminement de marchandises illicites. (The Wall Street Journal⁠)

 

Une présence russe qui conserve ses réseaux

 

Après la mort d’Evgueni Prigojine en 2023 et la réorganisation des activités russes en Afrique, une partie des opérations de Wagner a été intégrée dans les structures dépendant du ministère russe de la Défense.

 

Le cas centrafricain reste particulier. Le Wall Street Journal rapporte que des mercenaires russes du groupe Wagner ont conservé des positions économiques et des réseaux nationaux. Le journal affirme qu’ils seraient désormais dirigés par Pavel Prigojine, le fils du fondateur de Wagner.

 

Cette situation permettrait à ces réseaux de conserver une influence sur certains territoires, les activités minières et les circuits commerciaux.

 

Les révélations du quotidien américain rejoignent ainsi plusieurs éléments déjà rapportés par le CNC sur le fonctionnement économique des réseaux russes en Centrafrique. Le trafic de tramadol apparaît désormais dans plusieurs enquêtes indépendantes comme une composante d’un système plus large associant activités minières, contrôle des routes et commerce transfrontalier. (Corbeau News Centrafrique⁠) Actions disponibles Utiliser le rotor pour accéder à Liens

 

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Crédit Populaire de Centrafrique : le groupe canadien présenté aux clients pour la reprise de l’établissement est lui-même en faillite

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Trois mois après l’échéance annoncée pour le versement des premiers fonds destinés à relancer le Crédit Populaire de Centrafrique, les clients attendent toujours. L’établissement, confronté depuis plusieurs années à de graves difficultés de liquidité, leur avait annoncé une reprise grâce à l’arrivée du groupe canadien JD Euroway. Une note officielle datée du 7 mai 2026 annonçait notamment une garantie financière d’un million de dollars américains et une reprise progressive des activités à partir du 1er juillet. En septembre, les retraits restent difficiles et les informations disponibles au Canada montrent que les principales structures de JD Euroway citées dans cette opération ont elles-mêmes fait l’objet de procédures de faillite devant la Cour supérieure du Québec.

 

Des dépôts devenus difficiles à récupérer

 

Pour les clients du CPCA, la crise ne se résume plus à un simple retard dans le traitement des opérations. Depuis plusieurs années, certains déposants rencontrent des difficultés pour récupérer leur propre argent.

 

Crédit Populaire de Centrafrique : le groupe canadien présenté aux clients pour la reprise de l’établissement est lui-même en faillite
Le logo du crédit populaire de Centrafrique

 

Des clients disposent de plusieurs millions de francs CFA sur leurs comptes, mais ne parviennent pas à effectuer les retraits correspondant à leurs besoins. Lorsque des fonds sont disponibles, les retraits peuvent être limités à de petites sommes, parfois 5 000 ou 10 000 francs CFA.

À lire aussi : Am Dafock : quand Nourredine Adam et ses hommes tombent dans le piège monté par Wagner

 

Cette situation a déjà conduit des clients à engager des procédures judiciaires contre l’établissement. Dans le cadre de ces démarches, la direction du CPCA avait expliqué que l’arrivée d’un nouvel investisseur devait permettre de rétablir progressivement la situation.

À lire aussi : Centrafrique : Quels enjeux politiques et économiques sous-tendent la mise en garde de la Banque mondiale sur les finances publiques ?

 

Le nom communiqué aux clients était celui de JD Euroway, présenté comme le groupe appelé à reprendre l’établissement et à mobiliser les ressources nécessaires à sa relance.

 

Cette annonce avait donc donné aux déposants une perspective de sortie de crise. Les premiers fonds devaient permettre de remettre les opérations en marche et de commencer à répondre aux demandes des clients.

 

Trois mois après la date annoncée pour le démarrage de cette nouvelle phase, les clients attendent toujours une amélioration concrète de leurs conditions de retrait.

 

Un million de dollars annoncés pour relancer le CPCA

 

Le document officiel transmis par le Crédit Populaire de Centrafrique constitue l’un des principaux éléments de cette affaire.

 

Datée du 7 mai 2026 et établie à Wilmington, aux États-Unis, la note est intitulée « Relance progressive des activités du CPCA et mise en place des garanties financières ».

 

Le document affirme que le Groupe JD Euroway avait été confronté à plusieurs situations juridiques ayant retardé la reprise des activités du CPCA. Il affirme aussi qu’une nouvelle organisation du groupe devait permettre de relancer progressivement l’établissement.

 

Surtout, la note annonce la mise en place d’une garantie financière confirmée équivalente à 1 million de dollars américains.

 

Sur cette somme, 400 000 dollars devaient être affectés à la régularisation des passifs existants, à l’acquisition de nouveaux locaux ainsi qu’à l’installation de nouveaux systèmes opérationnels et informatiques.

 

Le calendrier annoncé était précis. Une reprise minimale des activités devait commencer le 1er juillet 2026. Une relance à grande échelle auprès du public était ensuite prévue au deuxième trimestre 2026, avec une communication coordonnée avec les autorités de régulation compétentes.

 

Ce calendrier comporte une incohérence de dates dans le document lui-même, puisque le deuxième trimestre 2026 précède la reprise minimale annoncée pour juillet 2026.

 

Pour les clients, l’élément essentiel restait l’arrivée effective des fonds. Ils attendaient que les sommes annoncées permettent au CPCA de retrouver suffisamment de liquidités pour reprendre normalement ses opérations.

 

Or, trois mois après le mois de juillet, la situation des déposants ne correspond pas à la reprise annoncée.

 

JD Euroway déjà placé sous procédure de faillite au Québec

 

C’est à ce niveau que les vérifications effectuées par le CNC font apparaître un élément déterminant.

 

Le 12 août 2024, la Chambre commerciale de la Cour supérieure du Québec a rendu une ordonnance de faillite contre JD Euroway Capital Partners LLC.

 

KPMG Inc. a été nommé syndic de l’actif. Le cabinet canadien a publié les documents relatifs à cette procédure sur son site officiel.

 

Cette procédure est antérieure de près de deux ans à la note officielle du CPCA datée de mai 2026.

 

Le dossier judiciaire canadien indique notamment qu’une créancière avait engagé la procédure après avoir affirmé avoir transféré des fonds à JD Euroway Capital et ne pas avoir obtenu leur remboursement malgré plusieurs demandes.

 

Le rapport du syndic établit également des liens entre JD Euroway Capital et d’autres structures appartenant au même environnement d’affaires.

 

La situation ne s’arrête pas à cette première procédure.

 

Une deuxième société de JD Euroway déclarée en faillite

 

Le 28 mai 2025, la Cour supérieure du Québec a également rendu une ordonnance de faillite contre JD Euroway Bancorp & Trust.

 

KPMG Inc. a de nouveau été nommé syndic de l’actif.

 

Le dossier concerne une entité constituée dans l’État du Delaware, aux États-Unis, mais dont le dernier établissement d’affaires indiqué dans les documents de la procédure se trouvait à Montréal.

 

L’avis de faillite publié par KPMG confirme la procédure et la tenue d’une assemblée des créanciers en juin 2025.

 

Le rapport préliminaire du syndic apporte une autre information importante. KPMG indique ne pas avoir reçu certains documents financiers, livres et registres de l’entreprise malgré les demandes adressées dans le cadre de la procédure.

 

Le syndic précise par conséquent que certaines informations contenues dans son rapport pouvaient être incomplètes et reposer notamment sur les éléments présentés dans la requête déposée devant la Cour supérieure du Québec.

 

Ces documents judiciaires ne permettent donc pas de présenter JD Euroway Capital Partners LLC et JD Euroway Bancorp & Trust comme deux structures financières ordinaires actuellement en activité et disposant librement de leurs actifs.

 

Une contradiction qui appelle des explications

 

La difficulté apparaît clairement lorsque l’on rapproche les deux séries de documents.

 

En mai 2026, le document officiel présenté au nom du CPCA annonce une garantie financière d’un million de dollars devant permettre la relance de l’établissement sous l’impulsion du Groupe JD Euroway.

 

Au Canada, les documents judiciaires disponibles établissent que JD Euroway Capital Partners LLC avait déjà été déclaré en faillite en août 2024 et que JD Euroway Bancorp & Trust avait fait l’objet d’une ordonnance de faillite en mai 2025.

 

La question porte donc désormais sur l’identité exacte de la structure qui devait apporter les fonds annoncés au CPCA.

 

La note du 7 mai 2026 ne précise pas quelle entité juridiquement active devait transférer le million de dollars. Elle ne fournit pas non plus, dans le document communiqué, la référence d’un compte séquestre, d’une banque correspondante ou d’un mécanisme financier permettant de vérifier la disponibilité immédiate de cette garantie.

 

Elle mentionne plusieurs partenaires, dont Ecobank, le Conseil Africain pour le Développement, Socatel et la Poste centrafricaine.

 

Le document attribue à chacun un rôle dans la future relance du CPCA. Il ne permet pas, à lui seul, d’établir qu’une de ces institutions a effectivement transféré les fonds annoncés ou garanti leur disponibilité.

 

Cette différence entre les engagements annoncés et les éléments vérifiables dans les procédures canadiennes place aujourd’hui les clients dans une situation particulièrement préoccupante.

 

Des clients qui attendent toujours leur argent

 

Pendant que ces annonces et ces procédures se succèdent, les déposants restent confrontés au même problème : accéder à leur argent.

 

Pour un client qui dispose de plusieurs millions de francs CFA sur son compte, l’enjeu n’est pas de savoir si le CPCA pourra ouvrir de nouveaux bureaux ou installer un nouveau système informatique. Il est d’abord de pouvoir disposer des fonds qu’il a déposés.

 

Certains clients ont besoin de leur épargne pour financer une activité commerciale, payer des fournisseurs, prendre en charge des dépenses familiales ou honorer leurs propres engagements.

 

Lorsque l’établissement ne peut pas répondre normalement aux demandes de retrait, la confiance entre le déposant et l’institution financière se trouve directement affectée.

 

Le problème devient encore plus important lorsque les difficultés concernent un grand nombre de déposants et se prolongent dans le temps.

 

La question n’est donc plus seulement celle de la reprise commerciale du CPCA. Elle concerne aussi la capacité réelle de l’établissement à honorer ses engagements envers ses clients et la manière dont les autorités de supervision suivent cette situation.

 

Le portefeuille de crédits au cœur du problème

 

La situation du CPCA pose également la question de la gestion de ses crédits.

 

Une institution de microfinance fonctionne notamment avec les dépôts collectés auprès de ses clients et les crédits accordés à des emprunteurs. Lorsque les remboursements ne suivent pas, les ressources disponibles pour faire face aux demandes de retrait diminuent.

 

Dans un établissement confronté à des difficultés de liquidité, le recouvrement des crédits devient donc un élément essentiel du redressement.

 

Les clients s’interrogent précisément sur ce point. Ils veulent connaître le montant des crédits encore dus au CPCA, le niveau des remboursements effectivement réalisés et les mesures prises pour récupérer les sommes prêtées.

 

Ils veulent aussi savoir comment sont traités les dossiers des emprunteurs qui ne respectent pas leurs engagements.

 

La réglementation de la COBAC encadre les établissements de microfinance et prévoit des règles prudentielles destinées notamment à préserver leur stabilité financière. Elle prévoit également des procédures spécifiques lorsque les difficultés d’un établissement deviennent suffisamment importantes pour nécessiter une intervention particulière.

 

Dans le cas du CPCA, ces éléments prennent une importance particulière alors que des déposants disent ne toujours pas pouvoir récupérer normalement leurs fonds.

 

Une situation qui nécessite des réponses précises

 

La relance annoncée du Crédit Populaire de Centrafrique devait apporter une réponse à une crise qui dure depuis plusieurs années.

 

Le document officiel du 7 mai 2026 annonçait une garantie financière d’un million de dollars et une reprise progressive à partir de juillet. Trois mois après cette échéance, les difficultés des clients restent présentes.

 

Dans le même temps, les documents judiciaires canadiens consultés par le CNC établissent que JD Euroway Capital Partners LLC et JD Euroway Bancorp & Trust ont fait l’objet de procédures de faillite au Québec.

 

Cette situation impose désormais de clarifier plusieurs points : quelle société devait réellement financer la relance du CPCA, où se trouvent les fonds annoncés, quel montant a effectivement été transféré et quelles garanties existent aujourd’hui pour les déposants ?

 

Il reste également à déterminer quel est le niveau réel des actifs du CPCA, combien l’établissement doit à ses clients, quelle part de son portefeuille de crédits peut encore être recouvrée et quelles mesures ont été prises pour récupérer ces créances.

 

Pour les déposants, ces réponses ne relèvent plus d’une simple communication sur la prochaine reprise des activités. Elles conditionnent directement leur capacité à récupérer leur argent. Actions disponibles

 

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Centrafrique: l’incroyable ABBÉ NGAMANA, JURISTE DU DIMANCHE !

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-Dans le dossier de réintégration et de passeport de Mr. DOLOGUÉLÉ, Président de l’ URCA, Député réélu de Bocaranga 1, le Ministre d’État, Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Mr. Evariste NGAMANA, pseudo-docteur en droit made in Cameroun, a tenté d’imposer son autorité juridique, en méconnaissance de la hiérarchie des normes et des principes fondamentaux du droit.

 

-Dans sa théâtrale conférence de presse ad hominem, il s’est illustré en Comédien devant l’ Éternel, devant les hommes, et en vrai insurgé contre la décision du Conseil Constitutionnel n°014/CC 25 du 14 septembre  2025, stipulant : ” qu’aucun acte administratif par la loi, en l’occurrence UN Décret n’a constaté la perte de nationalité du mis en cause, sieur DOLOGUÉLÉ ne saurait être soumis aux formalités subséquentes à la réintégration”, pourtant imposable à tous et irrévocable.

 

Centrafrique:  l’incroyable ABBÉ NGAMANA, JURISTE DU DIMANCHE !

 

-Un vrai numéro de haute voltige, digne d’un juriste de la 25 ème heure.

-UN PUR BRASSAGE DE VENT !

 

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À lire aussi : Dépassé par l’IA, Touadéra se tourne vers les opérateurs mobiles pour traquer les Centrafricains via les cartes SIM

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Centrafrique : après la condamnation de Mahamat Said, la CPI veut poursuivre le dialogue avec les victimes

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La condamnation de Mahamat Said Abdel Kani par la Cour pénale internationale (CPI), mercredi 23 septembre 2026, a été suivie à Bangui par des victimes et des participants réunis à l’Alliance française. La Chambre de première instance VI l’a déclaré coupable de plusieurs crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine en 2013.

 

La décision a été retransmise en direct depuis La Haye. En Centrafrique, les participants se sont retrouvés dans la salle de spectacles de l’Alliance française de Bangui pour suivre l’audience et entendre le verdict au même moment que les autres spectateurs à travers le monde.

 

Centrafrique : après la condamnation de Mahamat Said, la CPI veut poursuivre le dialogue avec les victimes
Photo des participants du verdict dans l’affaire le Procureur contre Mahamat Said Abdel Kani dans la salle du spectacle de l’alliance française de Ban

 

Faida Rahmanovic : « Le dialogue ne s’arrêtera pas avec le prononcé du jugement »

 

À l’issue de la retransmission, Faida Rahmanovic, cheffe de l’unité Outreach de la CPI en Centrafrique, a insisté sur la poursuite du travail engagé auprès des victimes et des communautés.

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« Le dialogue ne s’arrêtera pas avec le prononcé du jugement », a déclaré Faida Rahmanovic. Elle a expliqué que la décision rendue à La Haye ne mettait pas fin aux échanges engagés en République centrafricaine autour du procès, de son déroulement et des attentes des victimes.

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La responsable de l’unité Outreach a également précisé que la présence de la CPI auprès des Centrafricains devait se poursuivre après le verdict. Elle a notamment annoncé la continuité des activités de sensibilisation à Bangui et dans les différentes zones concernées par le travail de la Cour.

 

« Notre travail de sensibilisation continuera donc ici à Bangui, mais aussi sur le terrain. La décision sera rendue à La Haye. Mais les questions, les échanges et le dialogue continueront ici, en Centrafrique », a déclaré Faida Rahmanovic.

 

Son intervention intervient alors que le verdict met fin à une importante étape judiciaire, sans clôturer les échanges entre la CPI, les victimes et les communautés centrafricaines concernées par cette affaire.

 

Mike Cole : « Il concerne directement la République centrafricaine »

 

Mike Cole, chef du Bureau de la CPI en République centrafricaine, a lui aussi insisté sur le lien entre la décision rendue à La Haye et les événements ayant concerné directement la population centrafricaine.

 

« Même si ce jugement sera prononcé à des milliers de kilomètres, il concerne directement la République centrafricaine », a déclaré Mike Cole. Le chef du Bureau de la CPI en RCA a rappelé la participation de plusieurs catégories de Centrafricains à la procédure judiciaire.

 

« Des Centrafricains ont témoigné.

 

Des victimes centrafricaines ont participé à la procédure.

 

Les autorités centrafricaines ont coopéré.

 

Et aujourd’hui, les Centrafricains entendront ce jugement au même moment que le reste du monde », a-t-il poursuivi.

 

La retransmission organisée à Bangui devait permettre aux personnes présentes de suivre directement le prononcé du jugement depuis La Haye. Elle s’inscrit dans les activités de sensibilisation et d’information menées par la CPI auprès des populations centrafricaines.

 

De la remise de Mahamat Said à la CPI au verdict de 2026

 

Mahamat Said Abdel Kani a été remis à la CPI par les autorités centrafricaines le 24 janvier 2021. Il a comparu pour la première fois devant la Cour les 28 et 29 janvier 2021. La confirmation des charges s’est tenue du 12 au 14 octobre 2021, avant la décision de confirmation rendue le 9 décembre 2021. Les juges avaient alors renvoyé l’affaire devant une chambre de première instance.

 

Le procès s’est ouvert le 26 septembre 2022 devant la Chambre de première instance VI. La procédure s’est poursuivie jusqu’aux déclarations de clôture des 25 et 26 novembre 2025. Le procès avait aussi connu une interruption en 2023 avant de reprendre en janvier 2024.

 

Le 23 septembre 2026, la Chambre de première instance VI a déclaré Mahamat Said Abdel Kani coupable de crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine en 2013. Les juges l’ont reconnu coupable, au-delà de tout doute raisonnable, d’emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique, de torture, de persécution et d’autres actes inhumains constitutifs de crimes contre l’humanité.

 

La Chambre n’a pas retenu, au-delà de tout doute raisonnable, certaines charges de crimes de guerre, notamment celles relatives à la torture, aux traitements cruels et aux atteintes à la dignité de la personne.

 

La peine de Mahamat Said sera prononcée ultérieurement

 

Le verdict rendu le 23 septembre ne constitue pas encore la décision sur la peine. La Chambre doit maintenant fixer le calendrier de la procédure qui conduira au prononcé de cette peine.

 

Selon la CPI, les juges peuvent prononcer une peine d’emprisonnement. Celle-ci peut être accompagnée d’une amende ou de la confiscation des profits, biens et avoirs tirés directement ou indirectement des crimes. La peine d’emprisonnement ne peut normalement pas dépasser 30 ans. Dans les cas d’extrême gravité, la Cour peut prononcer une peine d’emprisonnement à perpétuité.

 

La décision sur la culpabilité constitue donc une nouvelle étape dans une procédure engagée avec le transfert de Mahamat Said Abdel Kani à La Haye en janvier 2021. À Bangui, Faida Rahmanovic et Mike Cole ont indiqué que le travail d’information et de dialogue de la CPI devait se poursuivre auprès des victimes et des populations centrafricaines. Actions disponibles copié vers le presse-papiers

 

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Centrafrique : les victimes de la Séléka saluent le verdict contre Mahamat Said et réclament la suite de la justice

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Le Collectif des victimes pour la justice salue le jugement rendu contre Mahamat Said Abdel Kani par la Chambre de première instance de la Cour pénale internationale, tout en demandant que la procédure se poursuive au bénéfice des victimes.

 

Dans un communiqué publié le 23 septembre 2026 à Bangui, le Collectif estime que cette décision constitue une étape importante pour les victimes et survivants des violences commises par la Séléka dans la capitale centrafricaine en 2013.

 

Centrafrique : les victimes de la Séléka saluent le verdict contre Mahamat Said et réclament la suite de la justice
Monsieur Antoine Tombet, Président du collectif des Victimes de Noureddine Adam

 

La Chambre de première instance a reconnu la responsabilité de Mahamat Said Abdel Kani pour plusieurs actes constitutifs de crimes contre l’humanité. Le jugement porte notamment sur l’emprisonnement ou la privation grave de liberté, la torture, d’autres actes inhumains et la persécution.

 

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Le Collectif retient également la reconnaissance du caractère discriminatoire de certaines violences établies au cours du procès. Selon le jugement, des civils ont été ciblés parce qu’ils étaient perçus comme favorables à l’ancien président François Bozizé.

 

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Les critères utilisés pour identifier certaines personnes à arrêter ou à maltraiter pouvaient être liés à leurs opinions politiques, leur appartenance ethnique ou religieuse, ainsi qu’à leur genre.

 

Plus de dix ans après, les victimes réclament des actes concrets

 

Pour le Collectif des victimes pour la justice, le verdict intervient après plus d’une décennie d’attente. Il ne doit pas constituer le dernier acte concernant les victimes.

 

L’organisation rend hommage aux victimes et aux témoins qui ont accepté de parler devant la justice internationale. Elle souligne les difficultés personnelles rencontrées par plusieurs d’entre eux au cours de cette procédure.

 

Le Collectif remercie également les représentants des victimes, les organisations de la société civile et les personnes ayant contribué à l’établissement des faits examinés par la CPI.

 

L’organisation insiste sur la nécessité d’informer les victimes des conséquences du jugement, des éventuelles voies de recours et des prochaines étapes de la procédure.

 

Elle demande aussi que les victimes puissent comprendre la décision rendue, participer aux procédures qui les concernent et exercer leurs droits dans le cadre prévu par la Cour.

 

Les crimes de guerre non retenus par la Chambre

 

Le Collectif prend par ailleurs acte du fait que la Chambre de première instance n’a pas retenu les charges de crimes de guerre.

 

Pour l’organisation, cette partie du jugement doit également être expliquée aux victimes afin qu’elles puissent comprendre la portée juridique de la décision et les éventuelles suites de la procédure.

 

Le Collectif estime que la justice ne se limite pas à la condamnation d’un responsable. Il met en avant plusieurs attentes des victimes, notamment la reconnaissance des préjudices, leur participation à la procédure et les réparations.

 

L’organisation demande aussi que la lutte contre l’impunité se poursuive à travers les mécanismes judiciaires compétents en République centrafricaine et au niveau international.

 

Le Collectif demande la poursuite des procédures

 

Le Collectif appelle la Cour pénale internationale, les autorités centrafricaines et les institutions concernées à maintenir leur engagement envers les victimes.

 

Il salue également la volonté exprimée par le Bureau du Procureur de poursuivre les efforts visant à établir les responsabilités liées aux crimes graves commis en République centrafricaine.

 

Cette démarche doit notamment s’articuler avec les procédures nationales et le travail de la Cour pénale spéciale, selon le communiqué.

 

Le Collectif affirme qu’il restera mobilisé pour défendre les droits et la dignité des victimes. Il annonce notamment vouloir poursuivre ses démarches en faveur de la traduction devant la CPI de Noureddine Adam, ancien responsable de la Séléka cité dans le communiqué comme un autre responsable présumé des violences.

 

Pour Antoine Tombet, président du Collectif des victimes pour la justice, le verdict constitue une reconnaissance judiciaire importante des violences établies dans cette affaire, mais les attentes des victimes restent liées aux prochaines étapes de la procédure, à leur participation et aux réparations. Actions disponibles

 

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Centrafrique : les défenseurs des droits humains face à des menaces croissantes, selon la LCDH

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En Centrafrique, les défenseurs des droits humains affirment exercer leur travail sous pression, avec des menaces et des accusations visant ceux qui dénoncent les violations commises contre la population.

 

Lors d’une rencontre avec les journalistes consacrée à la situation des droits humains en 2026, Maître Bruno Yacinth Piegba, vice-président du Réseau des défenseurs des droits de l’homme en Centrafrique (REDAC), a décrit les difficultés rencontrées par les organisations engagées dans la défense des victimes.

 

Centrafrique : les défenseurs des droits humains face à des menaces croissantes, selon la LCDH
Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme. Photo Minusca.

 

Selon lui, les défenseurs sont régulièrement exposés à des menaces lorsqu’ils interviennent sur des dossiers mettant en cause des personnes investies d’une autorité ou des éléments des forces de défense et de sécurité.

 

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Des accusations pour intimider les défenseurs

 

Maître Yacinth Piegba affirme que certains défenseurs sont accusés de soutenir des groupes armés ou de protéger des personnes considérées comme des malfrats lorsqu’ils dénoncent des violations des droits humains.

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« Lorsque vous voyez les menaces que nous recevons constamment », a-t-il déclaré, expliquant que les défenseurs peuvent également recevoir des appels téléphoniques destinés à les intimider.

 

Ces pressions interviennent alors que les organisations de défense des droits humains cherchent à accompagner les victimes et à documenter les faits portés à leur connaissance.

 

Pour le responsable du REDAC, ces menaces ne doivent pas conduire les défenseurs à abandonner leur mission. Il affirme que ceux qui se sont engagés dans la défense des droits doivent continuer leur travail avec fermeté et objectivité.

 

Une loi toujours pas promulguée

 

La protection juridique des défenseurs des droits humains constitue une autre préoccupation évoquée au cours de l’entretien.

 

Maître Yacinth Piegba rappelle qu’une loi destinée à assurer cette protection a été votée en République centrafricaine. Selon lui, cette loi n’a toujours pas été promulguée.

 

« Oui, il y a une loi qui a été votée, mais elle n’a pas encore été promulguée », a-t-il déclaré.

 

Le responsable du REDAC estime que cette situation fragilise les défenseurs qui interviennent sur des dossiers sensibles. Il affirme que certains responsables politiques ne souhaitent pas entendre parler de leur protection, tandis que d’autres y seraient favorables.

 

La peur des victimes complique aussi leur travail

 

Les menaces visant les défenseurs interviennent dans un contexte où de nombreuses victimes hésitent également à saisir les juridictions.

 

Maître Yacinth Piegba explique que certaines personnes craignent les conséquences d’une plainte lorsqu’elles estiment que l’auteur présumé d’un acte conserve une capacité de nuisance.

 

Cette peur limite le nombre de plaintes déposées devant les juridictions. Elle complique aussi le travail des organisations qui souhaitent accompagner les victimes dans leurs démarches.

 

Le vice-président du REDAC estime qu’un défenseur des droits humains ne peut pas agir efficacement lorsque la victime elle-même refuse ou craint de saisir la justice.

 

Les barrières illégales parmi les dossiers sensibles

 

Les barrières illégales figurent parmi les exemples cités par Maître Yacinth Piegba. Il affirme que certaines continuent d’être installées malgré les textes pris par les autorités pour les interdire.

 

Il cite plusieurs axes routiers, notamment ceux de Damara, Bambari, Bangassou, Mbaïki et Boali.

 

Cette question a également donné lieu à des poursuites devant le tribunal militaire de Bangui. Près de 20 porteurs de tenue ont été jugés pour des faits liés à ces barrières. Les infractions finalement retenues sont la concussion et l’extorsion de fonds.

 

Pour les défenseurs des droits humains, les difficultés rencontrées dans ces dossiers montrent aussi les risques auxquels peuvent être exposées les personnes qui dénoncent les abus et accompagnent les victimes. Actions disponibles

 

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Steve Bendo Ndény : « L’incivisme coule de source puisqu’il vient du premier citoyen, le président de la République lui-même »

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L’accident mortel de la rue des Sœurs de Bimbo relance le débat sur le respect des règles et l’exemplarité des dirigeants en République centrafricaine. Pour Steve Bendo Ndény, le comportement des citoyens ne peut pas être dissocié de celui des responsables placés au sommet de l’État.

 

Invité de l’émission Patara sur la radio Ndékè-luka, l’activiste de la société civile met directement en cause le rôle du président de la République dans la dégradation des comportements civiques. Selon lui, les autorités ne peuvent pas demander à la population de respecter les lois, le code de la route et les règles publiques si elles ne donnent pas elles-mêmes l’exemple.

 

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« L’incivisme coule de source puisqu’il vient du premier citoyen, le président de la République lui-même », affirme Steve Bendo Ndény.

 

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Le comportement des dirigeants comme référence

 

Pour Steve Bendo Ndény, le respect des règles commence par les institutions. Il estime que les citoyens observent les pratiques des responsables publics et adaptent leur propre comportement à ce qu’ils voient au sommet de l’État.

Steve Bendo Ndény : « L’incivisme coule de source puisqu’il vient du premier citoyen, le président de la République lui-même »
voiture présidentielle cortège de passage touadera

 

Selon lui, lorsque les textes sont appliqués de manière inégale ou que certaines règles sont ignorées par des responsables, leur portée auprès de la population s’affaiblit. Le citoyen peut alors considérer que les obligations prévues par la loi ne s’appliquent pas de la même manière à tous.

 

Un respect des règles qui doit concerner tous les citoyens

 

L’activiste considère que la sécurité routière ne dépend pas uniquement des conducteurs. Elle repose aussi sur le respect général des règles par les autorités, les forces de sécurité, les administrations et les usagers.

 

Il estime que les décrets, les lois et les dispositions constitutionnelles doivent être respectés par tous, y compris par les responsables les plus élevés de l’État. Cette exigence d’égalité devant les règles constitue, selon lui, une condition nécessaire pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

 

L’exemplarité au sommet de l’État

 

Steve Bendo Ndény estime que les autorités perdent une partie de leur capacité à faire respecter les règles lorsqu’elles ne donnent pas elles-mêmes l’exemple. Les sanctions et les campagnes de sensibilisation ne peuvent produire des résultats durables, selon lui, sans une conduite exemplaire des responsables publics.

 

Le débat engagé après l’accident de Bimbo dépasse ainsi la seule question du comportement des usagers de la route. Pour Steve Bendo Ndény, la sécurité et le civisme passent aussi par le respect des règles au sommet de l’État et par une application identique des textes à tous les niveaux de la société.

 

Par Anselme Mbata

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