Du pasteur au dictateur : comment Issène Faki a construit son réseau d’informateurs et de mouchards au sein de l’église Bataillon 2
Rédigé le 03 mai 2026.
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Quand le pasteur Issène Faki est arrivé à l’UFEB Bataillon 2 en novembre 2019, il se présentait comme un homme de Dieu calme et guidé par le Saint-Esprit. Les fidèles l’ont accepté même si l’église n’avait pas demandé son envoi. Mais au fil des mois, son comportement a changé. Un an plus tard, il a commencé à montrer un autre visage. Il a mis en place un système de contrôle qui a transformé l’église en un lieu où personne ne peut parler librement.
Le pasteur Issène Faki a commencé par placer autour de lui des proches : des enfants, des collègues, des amis et des connaissances. Il leur a donné des téléphones et d’autres moyens pour qu’ils puissent lui rapporter tout ce qui se disait dans l’église. Ces personnes ont reçu pour mission d’écouter attentivement pendant les réunions, les causeries et les moments de discussion entre fidèles.
Dès qu’une personne parlait mal de lui ou critiquait ses décisions, l’information remontait rapidement. Le pasteur entendait tout. Ensuite, il sanctionnait la personne concernée. Parfois la sanction arrivait sans explication claire. Parfois elle venait après une discussion houleuse au conseil. Petit à petit, les fidèles ont compris qu’il valait mieux se taire ou dire seulement ce qui plaisait au pasteur.
Ce système a permis au pasteur Issène Faki d’instaurer une forme de dictature dans l’église. Ceux qui osaient résister ou donner leur avis contraire étaient vite repérés. Ils pouvaient être exclus de certaines activités, privés de responsabilités ou mis à l’écart. La peur s’est installée. Les gens ont commencé à se méfier les uns des autres, car ils ne savaient plus qui rapportait les paroles au pasteur.
Avec le temps, ce réseau d’informateurs est devenu très efficace. Le pasteur pouvait anticiper les oppositions avant même qu’elles ne soient ouvertes. Il savait qui pensait quoi et qui risquait de lui tenir tête. Cela lui a donné un pouvoir important sur toute la vie de l’église Bataillon 2.
Aujourd’hui, beaucoup de fidèles constatent que ce réseau fonctionne toujours. Ils évitent de parler ouvertement lors des réunions. Ils craignent que leurs paroles ne soient rapportées et qu’ils ne subissent des conséquences. L’église qui devrait être un endroit de confiance et de fraternité est devenue un lieu où les informateurs et les mouchards surveillent tout.
Ce changement est venu progressivement après l’arrivée du pasteur. Il n’a pas dirigé par l’Esprit comme il le prétendait au début, mais par le contrôle et la force. Le réseau qu’il a construit lui permet de maintenir son autorité, mais il a aussi créé une atmosphère de méfiance et de peur parmi les fidèles.
Les responsables de l’Union des Églises Baptistes de Centrafrique ont maintenant l’occasion de regarder comment ce système fonctionne à Bataillon 2. Une église ne peut pas prospérer dans la division et la surveillance constante. Les fidèles espèrent que la vérité sur ce réseau d’informateurs sera prise en compte afin que l’église retrouve la paix et la liberté de servir Dieu sans crainte.
Par Éric Azoumi
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