Après dix ans de “on va corriger”, les bras cassés de l’autorité nationale des élections promettent de réparer la pire élection de l’histoire de la RCA
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le porte-parole de l’Autorité nationale des élections (ANE), Jimmy Antony Zitongo Bodeman, est passé à la radio pour vendre la suite du spectacle. Et quel spectacle ! Après le scandale du 28 décembre dernier, reconnu par tous comme la plus mauvaise organisation électorale que ce pays ait jamais connue, voilà que ces mêmes responsables reviennent avec le disque rayé habituel : « nous allons corriger les erreurs ».
Dix années que ça dure. Dix années de promesses identiques à chaque scrutin. On vote, on triche, on proclame les résultats en un temps record quand il s’agit de la présidentielle, puis on annonce solennellement que cette fois-ci on va tout arranger pour la suite. Le peuple écoute, le peuple attend, et rien ne change. Jamais.
Zitongo l’a répété sans gêne : ils font l’inventaire du matériel, ils récupèrent ce qui reste en bon état dans les circonscriptions, ils scionnent leurs démembrements, ils analysent les décisions du Conseil constitutionnel, ils réfléchissent à des mesures pour « recadrer » les gens qui ont déjà tout saboté lors du premier round. Et bien sûr, ils demandent à la population de « rester calme » et de suivre les instructions des formateurs qu’ils vont déployer. Le message est clair : taisez-vous, on s’occupe de tout.
Sauf que l’objectif principal est déjà rempli. La présidentielle a été bouclée en une semaine. La présidente a été déclarée réélue, le pouvoir est verrouillé, le reste n’est que formalité. Les législatives, les partiels, le second tour du 26 avril ? Simple décor. Ils ont fabriqué ce qu’ils voulaient là où ça comptait vraiment, et maintenant ils font mine de nettoyer derrière eux avec l’aide de la MINUSCA pour acheminer le matériel dans les zones difficiles comme la Haute-Kotto, le Haut-Mbomou, la Vakaga ou la Basse-Kotto.
Les bras cassés de l’ANE osent parler de transparence et de crédibilité alors qu’ils n’ont même pas su organiser un vote correct en décembre. Ils reçoivent des plaintes de candidats, ils étudient les annulations dans les 2e, 3e, 5e et 7e arrondissements de Bangui et à Bimbo, et ils promettent que cette fois les candidats « reconnaîtront les résultats des urnes ». Personne n’y croit. Personne n’est dupe.
C’est le même refrain depuis plus de dix ans. Après chaque élection, les mêmes incompétents sortent le même discours : « on va corriger ». Et à chaque fois, l’élection suivante est encore plus lamentable. Le 28 décembre 2025 restera dans les annales comme le sommet de cette longue série d’échecs organisés. Un coup d’État électoral pur et simple, exécuté en accéléré pour la présidentielle, puis habillé de belles paroles pour les législatives à venir.
Zitongo et ses collègues peuvent continuer à inventorier, à réfléchir et à appeler au calme. Le peuple centrafricain a entendu ce mensonge trop souvent. Il sait que corriger n’a jamais été le but. Le but était d’atteindre le pouvoir et de le garder. Point final.
Le 26 avril approche. Encore un tour. Encore le même mensonge. Et les bras cassés de l’ANE qui promettent, une fois de plus, de réparer ce qu’ils ont eux-mêmes détruit.
Triste routine d’un système qui refuse de changer depuis trois décennies.
Par Alain Nzilo
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