Où sont les cimetières ? Le scandale d’une capitale sans lieu de recueillement

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Où sont les cimetières ? Le scandale d’une capitale sans lieu de recueillement

 

Rédigé le 02 mai 2026

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 La tragédie du lycée Boganda expose une réalité bouleversante : Bangui demeure la seule capitale d’Afrique centrale dépourvue d’un cimetière national, privant ainsi les familles endeuillées d’un espace de recueillement approprié.

 

Une capitale amputée de sa dignité funéraire

 

Le drame du lycée Barthélémy-Boganda, qui a coûté la vie à plus de 30 personnes, révèle une anomalie administrative inquiétante. Bangui se distingue négativement parmi les capitales d’Afrique centrale par l’absence totale d’un cimetière national. Hugues Francis-Mongoume, vice-président du parti ITA, a pointé du doigt cette carence institutionnelle qui laisse les familles des 29 jeunes décédés sans espace consacré pour honorer leur mémoire. Cette situation, persistante sous l’administration de Faustin-Archange Touadéra, témoigne d’une négligence envers les besoins fondamentaux des citoyens dans leurs moments les plus difficiles.

 

L’impossible deuil collectif

 

  1. Mongoume a insisté sur la nécessité d’un lieu approprié pour organiser une veillée symbolique, pratique universellement reconnue dans toutes les sociétés civilisées. L’État centrafricain, en ne disposant d’aucun cimetière national, empêche les familles et l’ensemble de la nation de vivre pleinement leur deuil. Cette absence a rendu impossible l’organisation d’une veillée permanente au lycée Boganda, proposition avancée par M. Mongoume, accentuant le sentiment d’isolement des citoyens face à une administration qui semble déconnectée de leurs préoccupations légitimes.

 

Une défaillance institutionnelle chronique

 

L’inexistence d’un cimetière à Bangui résulte d’une négligence administrative persistante plutôt que d’un simple oubli. M. Mongoume a souligné que cette particularité, unique parmi les capitales d’Afrique centrale, constitue un dysfonctionnement institutionnel. Le ministère responsable de l’aménagement du territoire n’a jamais accordé la priorité nécessaire à la création d’un tel espace public essentiel. Cette inertie, caractéristique de l’ère Touadéra, démontre une incapacité à anticiper et répondre aux besoins élémentaires des citoyens, y compris dans les circonstances les plus solennelles.

 

Une solution concrète laissée sans suite

 

  1. Mongoume a formulé une proposition constructive : établir un cimetière national où les 29 victimes de Boganda seraient les premières à reposer, créant ainsi un symbole durable du mandat présidentiel actuel. Cette initiative, susceptible de restaurer la dignité des familles tout en renforçant la cohésion nationale, n’a reçu aucun écho favorable. Le mutisme gouvernemental face à cette suggestion révèle une incapacité à comprendre l’importance d’un lieu de mémoire collective pour une nation traversée par l’épreuve.

 

Des familles abandonnées à leur détresse

 

En l’absence d’un cimetière national, les familles des victimes se retrouvent contraintes d’organiser les obsèques dans des conditions difficiles, souvent sur des parcelles privées ou des espaces de fortune. M. Mongoume a posé la question directe : “Où vont-ils enterrer ces 30 personnes ?” Cette interrogation, restée sans réponse officielle, expose l’abandon dans lequel se trouvent les endeuillés. L’État, en ne fournissant aucune infrastructure dédiée, prive les Centrafricains d’un cadre approprié pour rendre hommage à leurs disparus, renforçant leur sentiment de délaissement face aux épreuves.

 

Une gouvernance sourde aux besoins symboliques

 

L’absence d’un cimetière national traduit les dysfonctionnements d’une administration incapable de répondre aux attentes à la fois pratiques et symboliques de la population. M. Mongoume a caractérisé cette situation comme révélatrice d’un État qui “ne respecte pas les morts”. En s’abstenant de toute démarche pour créer un lieu de recueillement, l’administration Touadéra manque à ses obligations envers les citoyens, privant les 29 jeunes victimes d’un hommage approprié et la nation d’un espace pour exprimer son deuil collectif….

 

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