Grimari : un hôpital transformé en dépotoir par la négligence de l’État centrafricain
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Des couvreuses hors service, des instruments chirurgicaux rouillés, pas une goutte d’eau au robinet. L’hôpital de district de Grimari agonise dans l’abandon total des autorités sanitaires. Notre enquête révèle comment l’État centrafricain condamne à mort les populations de la Ouaka.
Quand on pousse la porte de l’hôpital de district de Grimari, on comprend immédiatement que quelque chose ne va pas. L’établissement, censé servir toute la sous-préfecture de la Ouaka, ressemble davantage à un dépotoir qu’à un centre de soins. Le Dr Olivier Mowena, qui dirige cette structure depuis plusieurs années, ne peut plus cacher sa détresse face à l’ampleur des problèmes.
Dans les salles d’hospitalisation, le spectacle fait mal aux yeux. Les patients s’allongent sur des lits qui ont connu des jours meilleurs. Beaucoup meilleurs même. Le médecin-chef le reconnaît sans fard : « Effectivement, au niveau des salles d’hospitalisation, on a constaté un nombre insuffisant des lits et presque vétustes ». Ces lits, dont certains tiennent encore debout par miracle, accueillent pourtant des malades qui viennent parfois de très loin pour se faire soigner.
Les matelas racontent la même histoire de négligence. Usés jusqu’à la corde, ils offrent un confort douteux aux patients déjà affaiblis. Face à cette réalité, l’hôpital essaie de bricoler des solutions. « À propos de la vétusté des matelas, oui, c’est avéré. Là, présentement, l’hôpital a un budget pour acheter quelques matelas pour essayer de remplacer ces matelas vétustes », explique le Dr Mowena. Quelques matelas seulement, alors que tous auraient besoin d’être changés.
Au bloc opératoire, la situation devient encore plus inquiétante. Les instruments chirurgicaux, ces outils précieux qui permettent de sauver des vies, accusent leur âge. Le Dr Mowena détaille cette réalité gênante : « Au niveau du bloc opératoire, je peux dire oui, on a les équipements. Mais ce qu’on déploie, c’est que c’est beaucoup plus les boîtes qu’on utilise pour la césarienne, l’hernie, l’huile et la parotomie. C’est des boîtes qui ont duré. Ils sont déjà un peu vêtues. Trouver ces boîtes sur le marché, c’est un peu difficile pour nous. Il fallait faire la commande ailleurs, amener ça jusqu’ici et ça nous met un peu en difficulté ».
Voilà bien le problème : ces instruments, utilisés pour des interventions vitales, ont largement dépassé leur durée de vie. Pire encore, les remplacer relève de l’exploit logistique. Il faut commander ailleurs, organiser le transport sur des routes défoncées, gérer les coûts. Autant d’obstacles qui retardent indéfiniment le renouvellement de matériel pourtant indispensable.
Pour établir des diagnostics précis, tout hôpital a besoin d’un laboratoire fonctionnel. Pas celui de Grimari. « Pour l’instant, l’hôpital de district de Grimari n’a pas vraiment un laboratoire bien indiqué », avoue le Dr Mowena avec une sincérité désarmante. Cette absence prive les médecins d’un outil fondamental pour comprendre les pathologies de leurs patients.
Sans analyses biologiques, comment détecter une anémie, un paludisme grave, une infection ? Les médecins de Grimari travaillent pratiquement à l’aveuglette, posant des diagnostics approximatifs qui peuvent parfois s’avérer mortels.
L’histoire de l’approvisionnement en eau de l’hôpital tient du grotesque administratif. Le Dr Mowena raconte cette saga kafkaïenne : « Effectivement, il fut un moment où il y avait un point d’eau avec une pompe mécanique. Ce point d’eau était fonctionnel, c’est avec ça qu’on travaillait à l’hôpital. Alors, le projet Séné avait conclu un marché avec une entreprise pour faire l’installation électrique. Ils ont installé des châteaux, tout ça, mais malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, l’entreprise est partie et on est resté sans nouvelles. Donc du coup, l’hôpital de district de Grimari n’a pas un point d’eau ».
Comprendre cette histoire, c’est saisir toute l’absurdité de la gestion publique centrafricaine. Une entreprise vient, installe des équipements, encaisse l’argent et disparaît. L’hôpital se retrouve sans eau, les autorités ne réagissent pas, et les patients paient les conséquences de cette escroquerie.
Aujourd’hui, l’établissement mendie littéralement son eau auprès d’organisations humanitaires. « Heureusement, on est obligé d’aller se plaindre à nos amis et les casques bleus de la Minusca, c’est eux qui nous ravitaillent en eau. Le problème, c’est qu’eux, ils ont leur agenda. Parfois, ils n’ont pas le temps de venir nous livrer et ça nous met énormément en difficulté », explique le responsable médical.
Cette dépendance place l’hôpital dans une position humiliante. Un jour, la Minusca peut livrer l’eau, un autre jour non. Et pendant ce temps, les patients attendent, les opérations sont reportées, l’hygiène devient impossible à maintenir.
L’alimentation électrique de l’hôpital relève du bricolage permanent. Des panneaux solaires ont été installés, donnant l’impression d’une modernisation. Mais la réalité déchante rapidement. « On a eu l’installation solaire au niveau de la maternité dispensaire au bloc, mais la capacité ne permet pas de faire fonctionner correctement nos équipements. Par exemple, au niveau de la maternité, on a quatre couvreuses, mais on n’a pas une source d’énergie pour faire fonctionner ces couvreuses », déplore le Dr Mowena.
Quatre couvreuses neuves qui ne servent à rien. Ces appareils, destinés à maintenir en vie les nouveau-nés prématurés, restent éteints faute d’électricité suffisante. Les bébés qui auraient pu être sauvés meurent ainsi par négligence technique.
La saison des pluies complique encore davantage les choses. « Et comme on est en période de pluie, parfois un ou deux jours, on n’a pas le soleil pour recharger les batteries et du coup, on prend le relais avec les générateurs. C’est avec les générateurs qu’on peut opérer la nuit », précise le médecin. Les interventions chirurgicales dépendent donc du carburant disponible et de l’état des générateurs vieillissants.
Avec tous ces dysfonctionnements, l’hôpital de Grimari a pratiquement renoncé à sa vocation première. Les cas médicaux les plus courants nécessitent désormais des évacuations vers Bangui ou Bambari. « S’il y a des cas de fracture, parfois, je demande à mes collègues de Bambari. Ici, MSF peut prendre, on envoie à Bambari, au cas contraire, on évacue directement à Bangui », explique le Dr Mowena.
Cette pratique transforme chaque urgence médicale en odyssée périlleuse. Un patient fracturé doit parcourir 305 kilomètres sur des routes cahoteuses pour espérer recevoir des soins appropriés. Combien arrivent vivants à destination ? Le Dr Mowena préfère ne pas y penser.
La saison sèche amplifie cette absurdité. « Parce que bientôt, ça sera la saison sèche. Il y a beaucoup de cas de hernie. Ils viennent en masse à l’hôpital pour se faire opérer, mais je vais les opérer pour les mettre où il n’y a pas de lumière aussi dans cette maison. Alors, ça nous met énormément en difficulté », s’inquiète le médecin.
Voilà où mène l’incurie des pouvoirs publics : un chirurgien capable d’opérer des hernies mais incapable d’hospitaliser ses patients dans des conditions décentes. Il peut sauver une vie au bloc opératoire mais ne peut garantir les soins post-opératoires faute d’infrastructure. L’hôpital de Grimari n’est plus qu’un symbole de l’abandon des populations par l’État centrafricain. Pendant que le gouvernement dépense des fortunes en voyages officiels et en paiement du groupe Wagner, les structures de santé publique s’effondrent dans l’indifférence totale. Les habitants de Grimari paient de leur vie cette négligence organisée, contraints de mourir faute de soins ou de s’endetter pour des évacuations vers la capitale.
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![LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L’ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L'ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Une confrontation électrique, une base confessionnelle en ébullition et un voile qui se déchire sur l'un des plus grands scandales financiers de l'histoire de la République Centrafricaine. Le mardi 23 juin 2026, la concertation organisée à la mosquée de Yapéré (Bangui) par l'actuel président du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, s’est muée en un face-à-face d'une violence rare. Face aux interrogations des fidèles, les langues se sont déliées. Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
