MCU à Ouanda Djallé : Les militants de base défient Côme Assane et dénoncent une candidature illégale

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les organes de base du Mouvement Cœur Uni à Ouanda Djallé rejettent catégoriquement la validation de Côme Assane comme candidat et accusent ce dernier de manipulation politique et de division communautaire.
Une crise politique majeure traverse le Mouvement Cœur Uni (MCU) à Ouanda Djallé, dans la préfecture de la Vakaga. Les organes de base du parti, composés de jeunes et de femmes, viennent de publier une déclaration incendiaire qui remet en cause frontalement la validation de Côme Assane comme candidat officiel du parti. Cette rébellion ouverte contre la hiérarchie nationale du MCU témoigne des tensions profondes qui traversent la formation politique de Faustin-Archange Touadéra.
La déclaration du 15 septembre 2025, signée par Mahamat Kalité au nom des organes de base, ne mâche pas ses mots. Les militants locaux accusent directement Côme Assane d’avoir “volé la primaire” et dénoncent sa validation malgré “plusieurs lettres de contestation” envoyées aux responsables nationaux du parti. Cette contestation frontale de la légitimité d’un candidat officiel constitue un camouflet pour la direction nationale du MCU.
Les jeunes de Ouanda Djallé reprochent à Côme Assane d’avoir obtenu sa validation “sans consultation” des organes de base. Cette accusation de mise à l’écart des structures locales dans le processus de désignation des candidats pousse à s’interroger sur la démocratie interne du parti présidentiel. Comment un candidat peut-il être validé sans l’aval des militants de base qui sont censés le soutenir sur le terrain ?
La situation devient encore plus explosive quand les contestataires accusent Côme Assane d’avoir “son plan de garder l’ancien démembrement” et de considérer “le Président comme leur esclave de Satan”. Ces accusations graves, qui mêlent politique et références religieuses, montrent l’ampleur de la fracture entre les militants locaux et leur candidat officiel. Traiter le président de la République d’”esclave de Satan” dans un document officiel du parti présidentiel confine au surréalisme politique.
Le nouveau démembrement de l’Autorité nationale des Élections (ANE), mis en place le 7 septembre 2025 à Ouanda Djallé, cristallise les tensions. Les militants du MCU soutiennent cette nouvelle structure qu’ils considèrent comme “composée d’hommes compétents”, tandis que Côme Assane s’oppose à ce changement. Cette opposition divise profondément les partisans du parti présidentiel dans la localité.
Les organes de base accusent Côme Assane de vouloir “diviser la communauté” et affirment que “la population de Ouanda Djallé sont des populations très intelligentes” qui ne se laisseront pas manipuler. Cette confiance dans la sagesse populaire locale contraste avec le mépris affiché envers le candidat officiel, présenté comme un manipulateur sans légitimité territoriale.
L’accusation la plus grave porte sur l’absence de “maîtrise du terrain” de Côme Assane. Les militants lui reprochent de “manipuler la vie politique” sans connaître les réalités locales. Cette critique de la déconnexion entre les candidats parachutés et les préoccupations des populations rurales résonne dans de nombreuses circonscriptions centrafricaines où les électeurs se plaignent de candidats imposés d’en haut.
La déclaration interpelle directement deux hauts responsables du MCU : le secrétaire exécutif Mathieu Simplice Sarandji et le président de la commission de validation des candidatures Arnaud Djoubaye -Abazène. Les militants leur demandent de “revoir la vie de Ouanda Djallé” et de reconsidérer la validation de Côme Assane. Cette remontée des préoccupations locales vers la direction nationale montre que la base du parti n’hésite plus à contester les décisions prises au sommet.
L’absence de réponse aux “plusieurs lettres de contestation” envoyées aux responsables nationaux alimente la frustration des militants locaux. Cette surdité de la hiérarchie face aux préoccupations de la base montre les dysfonctionnements démocratiques qui gangrènent le parti présidentiel. Quand les organes dirigeants ignorent les remontées du terrain, ils créent les conditions de leur propre délégitimation.
Les militants de Ouanda Djallé rappellent un principe démocratique élémentaire : “l’élection n’est pas nomination”. Cette formule simple mais percutante résume leur rejet d’un système où les candidats sont désignés par les instances centrales sans consultation véritable des populations concernées. Cette revendication d’une démocratie participative contraste avec les pratiques autoritaires qui caractérisent souvent la vie politique centrafricaine.
La crise de Ouanda Djallé dépasse le simple conflit local pour questionner l’ensemble du fonctionnement démocratique du MCU. Comment un parti qui se présente comme le défenseur de la démocratie peut-il imposer des candidats contre la volonté de ses propres militants ? Cette contradiction entre discours démocratique et pratiques autoritaires fragilise la crédibilité du parti présidentiel.
La référence explicite au “vol de la primaire” suggère que Côme Assane aurait obtenu sa désignation par des moyens frauduleux. Cette accusation de tricherie interne au parti présidentiel, si elle s’avérait fondée, jetterait une ombre sur l’ensemble du processus de sélection des candidats MCU. Comment faire confiance à un parti qui ne respecte pas ses propres règles démocratiques internes ?
L’attitude des responsables nationaux face à cette crise sera déterminante pour l’avenir du MCU à Ouanda Djallé. S’ils persistent à ignorer les contestations légitimes de leurs militants, ils risquent de provoquer une rupture définitive avec leur base locale. Cette base, qui assure le travail de terrain indispensable aux campagnes électorales, pourrait alors se tourner vers d’autres formations politiques.
La situation de Ouanda Djallé montre parfaitement les contradictions du système politique centrafricain. D’un côté, le discours officiel prône la démocratie participative et l’écoute des populations. De l’autre, les pratiques réelles privilégient les nominations technocratiques et l’imposition de candidats par les instances centrales. Cette schizophrénie politique mine la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Les jeunes militants de Ouanda Djallé, en prenant la parole publiquement contre leur hiérarchie, font preuve d’un courage politique remarquable. Dans un contexte où la contestation interne est souvent synonyme d’exclusion, leur démarche témoigne d’une maturité démocratique qui contraste avec l’immobilisme des instances dirigeantes.
Cette crise locale pourrait avoir des répercussions nationales si d’autres sections du MCU s’inspirent de l’exemple de Ouanda Djallé pour contester les décisions autoritaires de leur direction. L’effet de contagion démocratique pourrait alors transformer le paysage politique centrafricain en donnant plus de pouvoir aux militants de base.
La gestion de cette crise par Mathieu Simplice Sarandji et Arnaud Djoubaye -Abazène sera scrutée attentivement par l’ensemble des militants MCU. Leur réaction déterminera si le parti présidentiel accepte enfin de démocratiser réellement son fonctionnement interne ou s’il persiste dans ses méthodes autoritaires.
Pour Côme Assane, cette contestation massive de sa légitimité locale constitue un handicap majeur pour sa campagne. Comment mobiliser efficacement des militants qui vous considèrent comme un “candidat illégal” ? Comment rassembler une population qui vous accuse de manipulation et de division ? Ces défis semblent insurmontables sans un dialogue sincère avec les contestataires.
La crise de Ouanda Djallé expose finalement l’état de délabrement démocratique du MCU. Un parti qui ne respecte pas la voix de ses propres militants peut-il prétendre représenter celle des citoyens ? Cette question fondamentale mérite une réponse claire de la part des dirigeants du mouvement présidentiel.
Les militants de Ouanda Djallé, en refusant la fatalité de la soumission, ouvrent peut-être la voie à une renaissance démocratique du MCU. Leur exemple pourrait inspirer d’autres sections locales à revendiquer leur droit à la parole dans le choix de leurs représentants. Cette révolution démocratique par la base constituerait un progrès considérable pour la démocratie centrafricaine.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)