Ils ont déjà vidé le sous-sol centrafricain. Ils reviennent maintenant endoctriner la jeunesse. La colonisation de la RCA se poursuit à grande échelle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/apprentissage-des-jeunes-adolescents-civils-centrafricains-aux-tirs-d-armes-de-guerre-par-les-mercenaires-russes-de-wagner-a-berengo.webp” data-wpel-link=”internal”>Apprentissage des jeunes adolescents civils centrafricains aux tirs d’armes de guerre par les mercenaires russes de Wagner à Berengo
La République Centrafricaine est devenue le laboratoire vivant d’une ambition russe qui ne se dissimule plus : prendre un pays, ses richesses, ses institutions, et maintenant ses jeunes.
Tout a commencé bien avant ce samedi 21 février 2026. Depuis leur arrivée sur le sol centrafricain, les mercenaires du groupe Wagner, envoyés par Moscou sous couvert de coopération militaire, ont méthodiquement mis la main sur tout ce que le pays possédait. L’or, le diamant, les douanes, le commerce, les finances. Rien n’a échappé à cette prise en main silencieuse mais totale.
Maniement au DKM d’un jeune
Ce pillage économique aurait pu suffire. Mais Wagner ne s’arrête pas là, et vous allez comprendre. En effet, le samedi 21 février 2026, en prélude à la Journée des défenseurs de la patrie célébrée chaque 23 février en Russie, la Maison Russe de Bangui a conduit une cinquantaine de jeunes jusqu’à Bérengo, à 80 kilomètres de la capitale. Ce centre militaire, tenu par des instructeurs russes de la milice Wagner, n’est pas une école. C’est une base de formation armée.
Sur place, ces jeunes ont été initiés au maniement de la Kalachnikov et de la DKM, deux armes de guerre. On leur a fait visiter les champs de tir, on leur a expliqué les cycles d’instruction militaire, on leur a parlé de sacrifice et de défense de la patrie. Mais pas de la patrie centrafricaine.
Formation des jeunes adolescents civils centrafricains aux tirs d’armes de guerre par les mercenaires russes de Wagner à Berengo
Car c’est là que tout bascule vraiment. L’un des participants, présenté comme encadreur du programme russe Alabuga Start 2026, a déclaré publiquement : ils se préparaient à défendre leur patrie, comme les Russes l’ont fait. Pas comme les Centrafricains. Comme les Russes. Cette phrase, publiée fièrement sur les réseaux sociaux par les cercles proches de Wagner, résume à elle seule ce que cette journée visait vraiment.
Le programme Alabuga Start n’est pas un détail mineur dans cette histoire. C’est un dispositif russe qui recrute des jeunes Africains pour les former dans des zones économiques spéciales en Russie. Que son encadreur soit précisément la voix choisie pour parler au nom du groupe ce jour-là, à Bérengo, n’a rien d’étonnant.
Ce que Wagner déploie en RCA ressemble trait pour trait à ce que la Russie pratique depuis des années chez elle avec la Younarmia, cette structure paramilitaire qui façonne les jeunes esprits bien avant qu’ils n’aient l’âge de choisir leur camp.
Et Bérengo n’est qu’un point sur la carte. Dans les villes de province également, loin des regards et des débats, comme à Bocaranga dans l’Ouham-Pendé, des responsables de la jeunesse locale ont été rassemblés pour suivre des formations similaires. Cette extension géographique montre que ce qui s’est passé le 21 février n’était pas une initiative locale improvisée.
Ceux qui sont censés gouverner la RCA aujourd’hui observent sans broncher, ou peut-être sans pouvoir faire autrement. Wagner les maintient, Wagner les protège, Wagner décide. Ce que certains appellent encore un gouvernement souverain ressemble davantage à une façade derrière laquelle d’autres mains tiennent les rênes.
Au terme de la journée à Bérengo, plusieurs participants ont exprimé le souhait de rejoindre les Forces Armées Centrafricaines. Ce résultat-là, les organisateurs l’attendaient probablement depuis le matin.
Menace, torture, licenciement : comment le commandant Lamtagué sème le chaos sur les sites miniers de Rondji et Gobolo, sous prétexte de chasse aux informateurs du CNC
Le commandant Lamtagué , directeur de sécurité d’IMC, multiplie, d’une manière violente, les descentes musclées et accuse n’importe qui d’être des informateurs de Corbeau News Centrafrique.
Depuis plusieurs semaines maintenant, le commandant Lamtagué des Forces Armées Centrafricaines ne se contrôle plus. Dès qu’il entend parler de publications sur Corbeau News Centrafrique, la panique le gagne. Il voit des informateurs partout, dans chaque ouvrier, derrière chaque téléphone portable. L’homme qui dirige la sécurité des installations minières chinoises d’IMC est devenu obsédé par cette chasse. Il passe d’un site à l’autre, de Gobolo à Rondji , de Yaloké aux autres bases, toujours à la recherche du coupable qu’il ne trouve jamais vraiment.
Cette histoire commence bien avant les événements du 25 décembre à Rondji . Il faut remonter à une première intervention pathétique et musclée du commandant qui avait déjà quitté Gobolo, la base principale située à une dizaine de kilomètres de Rondji . Ce jour-là, il s’était rendu directement au site de Rondji le 5 décembre 2025 pour une réunion qu’il disait importante. Les ouvriers s’étaient rassemblés comme on le leur demandait, sans se douter de ce qui allait se passer.
Le commandant est arrivé à Rondji vers 16 heures. Il a fait rassembler tous les employés du site sans exception. Ouvriers, chauffeurs, personnel de tous niveaux ont été convoqués. Il parlait d’une réunion de travail. Personne ne pouvait refuser, personne n’imaginait ce qui allait suivre.
Dès le début, l’atmosphère était pesante. Le commandant Lamtagué avait ce regard dur, cette tension dans la voix qui annonçait quelque chose de grave. Il a commencé par ordonner la confiscation de tous les téléphones portables de chaque employé. Pas d’exception, pas de discussion possible. Un par un, chaque employé a dû remettre son appareil. Les téléphones s’empilaient devant lui. Il voulait fouiller leur contenu, traquer ceux qui lisaient les articles de Corbeau News, ceux qui suivaient les publications, ceux qui pouvaient avoir des contacts avec la rédaction.
Site d’exploitation minière chinoise de Gaga. Photo CNC
L’inspection a commencé méthodiquement. Le commandant Lamtagué passait d’un téléphone à l’autre, ouvrait les applications, parcourait les messages, scrutait les photos. Il cherchait une preuve, n’importe laquelle, qui lui permettrait d’identifier les “traîtres”. Dans sa tête, quelqu’un sur ce chantier avait forcément livré des informations à la presse. Il était convaincu que les journalistes ne pouvaient pas connaître tous ces détails sans l’aide d’employés du site.
Mais la surprise arrive. Dans les téléphones de deux ouvriers, il a trouvé ce qu’il cherchait. Les articles de CNC étaient là, consultés, peut-être même sauvegardés. Pour ces deux hommes, ce moment a marqué le début d’un cauchemar de leur vie. Le commandant Lamtagué les a désignés publiquement devant toute l’assemblée. Sa voix tremblait de colère. “Vous m’avez trahi. Vous avez raconté des choses à mon nom à Corbeau News Centrafrique, les journaux de CNC. C’est à cause de vous qu’on m’a convoqué à Bangui.”
Les accusations fusaient maintenant. Le commandant hurlait. “On m’a convoqué deux fois à Bangui, deux fois. Mais ils se sont trompés. Ils ne vont rien me faire. J’ai donné mes explications et c’est terminé. Je suis officier supérieur, je suis commandant. Rien ne va m’arriver. Rien.”
Puis, sans prévenir, il s’est jeté sur les deux ouvriers. Il les a plaqués au sol avec violence. Cet homme qui affirmait publiquement n’avoir jamais frappé personne de toute sa vie, qui disait n’avoir jamais connu la bagarre même dans sa jeunesse, s’est transformé en bandit du grand chemin d’une férocité inouïe. Les coups ont commencé à pleuvoir. Des coups de poing, des coups de pied, sans retenue, sans limite. Les deux hommes au sol tentaient de se protéger la tête, de rouler sur le côté, mais le commandant continuait, acharné, possédé par une fureur vengeresse.
L’assemblée assistait à cette scène dans un silence glacé. Personne n’osait bouger. La terreur paralysait tous les témoins. Ils voyaient le chef de sécurité de l’IMC, un officier supérieur de l’armée nationale, torturer deux de leurs collègues en plein jour, devant tout le monde, sans la moindre gêne. Le tabassage a duré plusieurs minutes. Entre les coups, le commandant continuait de hurler ses accusations, ses menaces, ses justifications. “Vous allez voir aujourd’hui ce qui arrive quand on raconte des choses à mon nom. Vous allez regretter d’être nés.”
Après ce premier épisode, les semaines ont passé dans une tension permanente. Les ouvriers travaillaient en regardant par-dessus leur épaule, en faisant attention à leurs conversations, en cachant leurs téléphones. L’information circulait discrètement : le commandant cherchait des traîtres, des gens qui parleraient aux journalistes. Chacun essayait de rester invisible, de ne pas attirer l’attention sur lui.
Puis est arrivé le 25 décembre dernier, et avec lui une nouvelle descente du commandant à Rondji . Cette fois, l’objectif affiché était différent. Les élections se profilaient pour le 28 décembre, et beaucoup d’ouvriers souhaitaient rentrer chez eux pour voter. Les Chinois d’IMC ne voulaient pas arrêter la production, même pour une journée. Le commandant devait convaincre les travailleurs de rester sur place.
Il avait donc organisé une réunion générale à Rondji . Son discours initial portait sur une prime d’encouragement que les Chinois verseraient à ceux qui accepteraient de travailler le jour des élections. Les ouvriers écoutaient, certains semblaient accepter la proposition, d’autres calculaient mentalement si cette prime en valait la peine. L’atmosphère semblait presque normale, presque professionnelle.
À la fin de son intervention, le commandant avait demandé si quelqu’un voulait prendre la parole pour ajouter quelque chose. Un chauffeur congolais avait levé la main. L’homme voulait simplement parler d’un problème récurrent : les demi-journées que les Chinois comptabilisaient même quand ce n’était pas la faute des ouvriers. Un véhicule tombait en panne, et hop, la journée était comptée comme une demi-journée de travail. Un accident survenait, et le salaire était coupé sans explication satisfaisante.
Le Congolais expliquait calmement son souci, espérant peut-être que le commandant pourrait intercéder auprès des Chinois. Mais dès que l’homme a terminé sa phrase, tout a basculé. Le commandant s’est levé d’un bond, comme si on venait de l’attaquer. Il s’est jeté sur le chauffeur congolais en criant qu’il le dérangeait trop, qu’il faisait toujours des problèmes, qu’il parlait trop.
Il a attrapé le Congolais par la chemise, l’a tenu au cou devant tous les autres. Sa voix montait dans les aigus tandis qu’il hurlait des accusations incompréhensibles. Puis il a appelé ses soldats pour emmener le chauffeur, avant de changer d’avis brutalement et d’ordonner qu’on le ramène. Cette indécision nerveuse montrait à quel point il perdait pied.
Il a alors ordonné qu’on force le Congolais à s’asseoir sur un tas de sable qui se trouvait là. L’homme s’est exécuté sous les regards horrifiés de ses collègues. Tout le monde se taisait maintenant. La réunion avait pris une tournure cauchemardesque que personne n’avait anticipée. Le commandant tournait en rond, gesticulait, continuait de crier.
Quand la réunion s’est terminée, le commandant a désigné trois personnes qui devaient rester. Le chauffeur congolais qu’il venait d’humilier publiquement, un autre chauffeur centrafricain, et un mécanicien. Il leur a dit de l’attendre, qu’il devait encore leur parler. Les autres ouvriers sont partis en silence, soulagés d’échapper à cette folie mais inquiets pour leurs trois collègues.
Les trois hommes ont été conduits sous un hangar où le commandant venait souvent se reposer. Ils attendaient, ne sachant pas vraiment ce qui allait suivre. Quand Lamtagué est arrivé, il leur a immédiatement demandé leurs téléphones. Il voulait les fouiller un par un. Selon lui, c’était forcément l’un d’eux qui envoyait des informations à Corbeau News et qui causait ses convocations à Bangui.
Il a commencé par le téléphone du Congolais. Il a ouvert WhatsApp, a écouté tous les messages vocaux, a parcouru les conversations, a vérifié les photos. Il cherchait n’importe quelle preuve, n’importe quel lien avec des journalistes. Le Congolais le regardait faire sans rien dire, sachant qu’un mot de travers pouvait déclencher une nouvelle crise de rage.
Le mécanicien centrafricain a alors expliqué que son téléphone était en charge chez lui, qu’il ne l’avait pas sur lui. Le commandant a immédiatement ordonné qu’on envoie deux soldats avec lui pour aller le chercher. Impossible de refuser. Le mécanicien est donc parti, escorté par deux militaires armés, pour débrancher son téléphone et le ramener. Lamtagué l’a fouillé de la même manière, application par application.
Le troisième chauffeur, le Centrafricain, a essayé d’expliquer que son téléphone était cassé depuis son accident de camion. Le pare-chocs avait été endommagé lors de l’incident, et son téléphone aussi. Il avait beau le brancher, rien ne fonctionnait. Le commandant a crié que c’était un mensonge, que le chauffeur faisait le malin pour cacher quelque chose.
Le chauffeur a sorti son téléphone et le chargeur pour prouver ses dires. Les soldats ont branché l’appareil, ont essayé de l’allumer, ont tapé sur l’écran. Rien ne se passait. L’appareil était vraiment mort. Même cette preuve concrète n’a pas calmé le commandant. Il continuait d’accuser les trois hommes, répétant qu’ils envoyaient des choses sur lui, que c’était à cause d’eux qu’on le convoquait à Bangui.
Il a ensuite raconté ces convocations à l’État-major devant les trois ouvriers, comme pour justifier sa paranoïa. On l’avait appelé deux fois déjà à l’état-major. Mais il était ressorti libre à chaque fois, parce qu’il était officier supérieur, parce que son grade le protégeait. Il le répétait avec une assurance mêlée de rage, comme s’il voulait se convaincre lui-même que rien ne pouvait lui arriver.
Puis il a menacé directement les trois hommes. Il a dit qu’il allait chercher un par un tous ceux qui collaboraient avec Corbeau News, tous ceux qui parlaient à ces journalistes. Et quand il trouverait le vrai coupable, il le tuerait. Cette menace de mort prononcée calmement devant des témoins a glacé l’atmosphère. Les trois ouvriers savaient maintenant qu’ils étaient en danger réel.
Après cette séance d’intimidation, le commandant a ordonné aux soldats de faire sortir les trois hommes. Ils sont partis sans un mot, trop effrayés pour protester ou pour demander quoi que ce soit. Le lendemain, Lamtagué a contacté les Chinois pour leur demander de payer le chauffeur congolais et de le licencier immédiatement. Les patrons chinois ont obéi sans discuter.
Le Congolais a reçu son argent et a dû quitter le site le jour même. Aucun préavis, aucune explication officielle, aucun recours possible. Il travaillait là depuis des années, mais cela n’a compté pour rien. Le commandant avait décidé qu’il devait partir, alors il est parti. Cette méthode expéditive montrait bien qui détenait le vrai pouvoir sur ces chantiers miniers.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il faut maintenant se tourner vers Gobolo, la base principale d’IMC. Quelque temps auparavant, un incident était survenu concernant un transformateur de soudure. Des militaires avaient détourné cet équipement électrique, un appareil de forte puissance indispensable au fonctionnement du site. Le commandant Lamtagué avait réagi en arrêtant plusieurs ouvriers camerounais qu’il soupçonnait d’être mêlés à cette affaire.
Il avait fait emprisonner ces Camerounais à la gendarmerie de Abba sans vraiment de preuve solide. Le patron chinois du site s’était mis en colère en découvrant cette arrestation arbitraire. Il était allé libérer lui-même les ouvriers, ce qui avait créé une tension énorme entre lui et le commandant. Lamtagué n’avait pas apprécié d’être ainsi contredit, surtout devant tout le monde.
Dans ce contexte déjà tendu, un des mécaniciens camerounais était parti bien avant en congé pour rentrer au Cameroun. Il avait pris quelques semaines pour voir sa famille, se reposer un peu. Le 12 janvier dernier, il était revenu pour reprendre le travail. Il était arrivé à Beloko avec d’autres travailleurs camerounais qui montaient dans les véhicules pour rejoindre Gobolo.
Dès que le commandant l’a aperçu, il s’est approché et lui a dit qu’il ne pouvait pas retourner à Gobolo travailler. Il lui a annoncé qu’il était licencié, que c’était terminé pour lui. Le Camerounais ne comprenait pas. Il était parti en congé normal, il revenait comme prévu, et on lui refusait maintenant l’accès au chantier. Mais Lamtagué ne voulait rien entendre.
Le mécanicien a essayé de négocier, d’expliquer qu’il n’avait rien fait de mal. Le commandant est monté dans son véhicule et est parti sans plus de discussion. Le Camerounais a alors profité du départ du commandant pour monter discrètement dans un autre camion transportant des ouvriers. Il espérait peut-être que personne ne le remarquerait, qu’il pourrait rejoindre le site et clarifier la situation avec les Chinois directement.
Le convoi de véhicules a roulé pendant des heures. Après Baboua, ils sont arrivés à Gallo, un village situé à environ cinquante ou soixante kilomètres de Bouar. C’est à Gallo qu’il faut tourner à gauche pour rejoindre Aba et les sites miniers. Le commandant attendait là, et il a immédiatement repéré le mécanicien camerounais dans le camion.
Il s’est précipité vers le véhicule en criant. Il a ordonné au Camerounais de descendre immédiatement. L’homme a dû obéir devant tous les autres travailleurs qui assistaient à la scène sans pouvoir intervenir. Lamtagué a répété qu’il devait rester à Gallo, qu’il ne pouvait pas continuer vers le chantier. Il a accusé le mécanicien d’être le correspondant local de CNC, de transmettre des informations aux journalistes.
Le Camerounais a tenté de se défendre, de dire qu’il ne connaissait aucun journaliste, qu’il voulait juste travailler. Mais le commandant ne l’écoutait plus. Il a dit que c’était lui qui parlait trop, qui racontait des choses sur son nom à Corbeau News. Il l’a chassé sur place, au milieu de nulle part, à Gallo, à des centaines de kilomètres de la frontière camerounaise.
Les autres ouvriers sont montés dans les camions et sont partis vers Gouboulou, laissant le mécanicien seul au bord de la route. L’homme n’avait pas d’argent sur lui, pas de moyen de rentrer chez lui. Il a essayé d’appeler les Chinois pour expliquer sa situation. Les patrons ont fini par comprendre ce qui s’était passé et ont envoyé de l’argent au mécanicien le lendemain.
Avec cet argent, le Camerounais a pu payer un transport pour retourner vers la frontière. Il a quitté la Centrafrique sans avoir revu le chantier où il travaillait depuis longtemps. Une fois de plus, le commandant Lamtagué avait décidé seul du sort d’un employé, sans consulter personne, sans procédure, sans justification réelle. Les Chinois d’IMC acceptaient ces décisions parce qu’ils savaient que leur sécurité dépendait de cet homme.
Tous ces événements montrent comment Lamtagué gère les sites miniers qu’il contrôle. À Rondji , à Gobolo, à Yaloke, partout où IMC exploite des mines, le même schéma se répète. Le commandant accuse, menace, frappe, licencie sans avoir besoin de preuves. Il suffit qu’il soupçonne quelqu’un pour que cette personne devienne une cible. Et dans son esprit, tout le monde peut être suspect.
Cette obsession de trouver les informateurs de Corbeau News le consume de plus en plus. Il passe son temps à fouiller des téléphones, à écouter des conversations, à surveiller les moindres mouvements des ouvriers. Il voit des complots partout, des trahisons dans chaque regard. Sa paranoïa grandit au fur et à mesure que de nouveaux articles paraissent sur ses agissements.
Pourtant, c’est lui-même qui crée les conditions de ces publications. Les taxations illégales, le recrutement clandestin de travailleurs étrangers, les brutalités, tout cela est documenté parce que cela existe vraiment. S’il cessait ces pratiques, les journalistes n’auraient plus rien à raconter. Mais il ne semble pas capable de faire ce lien. Dans sa tête, le problème vient toujours des autres, jamais de lui.
Les ouvriers vivent maintenant dans une peur permanente. Chacun sait qu’une simple accusation peut détruire son emploi, voire mettre sa vie en danger. Le commandant a prouvé qu’il n’hésitait pas à frapper publiquement, à humilier devant tout le monde. Il a montré qu’il pouvait faire emprisonner quelqu’un sur un simple soupçon. Cette démonstration de pouvoir absolu terrorise tous ceux qui travaillent sous ses ordres.
Les sites miniers d’IMC comptent plus d’une vingtaine d’emplacements différents. Sur chacun d’eux, Lamtagué a placé des sous-officiers et des lieutenants qui reproduisent ses méthodes. Mais c’est lui qui reste le chef, celui qui donne les ordres finaux, celui qui décide qui peut travailler et qui doit partir. Les Chinois le savent et ne le contredisent presque jamais
Le clepto-mythomane Balalou et sa “nouvelle dynamique” : quand l’ex-détenu, devenu porte-parole délire sur la cohésion sociale divine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/balalou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/balalou.jpg” alt=”Le clepto-mythomane Balalou et sa “nouvelle dynamique” : quand l’ex-détenu, devenu porte-parole délire sur la cohésion sociale divine” width=”280″ height=”300″ />Le ministre centrafricain de la communication, porte-parole du gouvernement,, l’ex-détenu Maxime Balalou
Le mythomane Maxime Balalou a atteint ce lundi 26 janvier un nouveau sommet dans l’art du charabia propagandiste. Entre formules creuses et délire mystique, le clepto-mythomane transforme sa conférence de presse en prêche politique incompréhensible.
« Notre pays a besoin de renforcer son unité. Notre pays a besoin de vivre ensemble. Notre pays a besoin de la cohésion au niveau national. Il s’agit là d’une nouvelle dynamique que le président de la République veut impulser dans le cadre de cette nouvelle mandature », a déclaré le mythomane Balalou avec un sérieux imperturbable. Cette nouvelle dynamique dont il parle n’est qu’un empilement de mots creux destinés à masquer l’absence totale de projet pour le pays.
Le mythomane Balalou tente ensuite de valoriser un événement religieux. « J’ai la faiblesse de penser à tous ceux qui ont participé dernièrement à l’événement de ce week-end, à savoir ce culte d’action de grâce que le président de la République a organisé dans son Église », déclare-t-il en référence au culte célébré après la validation du hold-up électoral.
Puis vient la dimension divine du discours de Balalou, celle qui transforme la politique en prêche propagandiste. « Le samedi 24 janvier dernier, à l’Église baptiste de Ngoubagara, ce culte a permis au peuple centrafricain de remercier son Dieu », affirme le clepto-mythomane en présentant le culte d’action de grâce comme la preuve de la légitimité divine de Touadéra.
Le mythomane Balalou poursuit son prêche politique. « Ce culte d’action de grâce a permis au président de la République de passer aussi un message fort qui concerne l’unité nationale, qui concerne le vivre ensemble, qui concerne la cohésion entre Centrafricains », déclare-t-il en transformant une cérémonie religieuse en événement politique.
Le clepto-mythomane Balalou évoque ensuite la dimension spirituelle de Touadéra. « Le président de la République a su montrer par l’Église la dimension de l’homme. Je parlerai un peu de l’humilité qui se traduit lorsqu’on occupe cette haute fonction et qu’on mesure la gravité de la mission confiée par le peuple et surtout la volonté de Dieu », affirme-t-il en élevant le président au rang de figure transcendante guidée par la providence.
Le mythomane Balalou continue son délire mystique. « Il a exprimé sa reconnaissance envers son peuple, pas sans l’appui ou sans la conduite de la lumière, en rendant grâce à Dieu pour ses bienfaits », déclare-t-il. La conduite de la lumière ? Le clepto-mythomane sacralise le pouvoir politique en le présentant comme guidé par une force surnaturelle.
Le porte-parole tente un syncrétisme religieux. « Il a souligné l’importance des serviteurs de Dieu, des chrétiens et des musulmans », affirme-t-il. Cette formule œcuménique vise à rassembler toutes les confessions derrière le régime après un hold-up électoral cautionné par les mercenaires russes.
Le clepto-mythomane Balalou lance ensuite un appel à l’unité nationale. « Il a dit avec force qu’une nouvelle ère s’ouvre pour notre pays. Le temps n’est plus aux diatribes. Le temps n’est plus aux discours de haine. Le temps est venu pour que nous, Centrafricains, nous unissions pour relever le défi du développement de notre pays », déclare-t-il en transformant toute critique du régime en discours de haine.
Le mythomane Balalou poursuit dans son charabia répétitif. « Tous les actes qui seront posés désormais nous conduisent au renforcement de la paix, de cette cohésion nationale, de la fraternité et aussi de la solidarité », affirme-t-il. Cohésion, fraternité, solidarité : ces termes reviennent en boucle comme une litanie hypnotique destinée à endormir l’esprit critique.
Le clepto-mythomane Balalou tente une formule philosophique. « Je me rappelle ce dicton africain qui dit que les peuples sont éternels, les hommes politiques passent. C’est pourquoi il est important aujourd’hui de faire la volonté de ce peuple qui a choisi un homme pour conduire son destin », lance-t-il en tentant de légitimer le hold-up électoral par une sagesse populaire inventée.
Le porte-parole termine sur une note d’apaisement imposé. « La nouvelle République centrafricaine impose à chaque citoyen une nouvelle vision, un nouveau regard porté vers l’émergence d’une nation plus fraternelle et plus solidaire », affirme-t-il en donnant un vernis respectable à son discours propagandiste.
Cette conférence de presse du clepto-mythomane Balalou restera dans les annales. Entre la nouvelle dynamique qui n’est qu’un empilement de mots vides, le culte d’action de grâce à l’Église de Ngoubagara transformé en événement politique, et la conduite de la lumière divine, le porte-parole a réussi l’exploit de transformer un discours politique en prêche mystique.
Mais derrière le ridicule se cache une stratégie dangereuse. En divinisant le pouvoir de Touadéra, en transformant un hold-up électoral en miracle de Dieu célébré à l’Église de Goubaraaga du quartier Fouh, en noyant toute critique sous un déluge de mots vides sur l’unité et la cohésion, le mythomane Balalou prépare le terrain pour la répression de toute dissidence.
Cette nouvelle dynamique dont parle le clepto-mythomane est exactement ce qu’il pratique : une inflation de concepts vides qui masquent l’absence totale de substance démocratique. Le régime n’a plus de projet, alors il se rabat sur la propagande mystique célébrée dans l’Église de Goubaraaga.
En 2024, Dimitri Sytyi qualifiait les rebelles de l’UPC de “mercenaires étrangers”. Mais quelques mois plus tard, il s’allie à eux contre les Azandés qu’il formait et louait leur courage
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/dmitri-sytyi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/dmitri-sytyi.jpg” alt=”En 2024, Dimitri Sytyi qualifiait les rebelles de l’UPC de “mercenaires étrangers”. Mais quelques mois plus tard, il s’allie à eux contre les Azandés qu’il formait et louait leur courage” width=”300″ height=”300″ />Dmitri Sytyi
En mai 2024, Dimitri Sytyi, le chef des Wagner en Centrafrique défendait les miliciens Azandés comme des braves courageux et dénonçait les rebelles de l’UPC qu’il qualifiait des mercenaires étrangers venus dans le Haut-Mbomou pour piller la population. Mais quelques mois plus tard, il s’allie avec les même mercenaires étrangers de l’UPC qu’il critiquait auparavant pour traquer ces mêmes Azandés dans le Haut-Mbomou.
Les enregistrements audio de mai 2024 dont CNC dispose témoignent d’un tout autre discours. À Obo, Dimitri Sytyi, responsable des mercenaires russes du groupe Wagner en Centrafrique, présentait alors les miliciens Azandés sous un jour favorable. “C’est la population d’origine du Haut-Mbomou. Ce sont des indigènes locaux ”, déclarait-il pour légitimer leur armement et leur courage contre les rebelles de l’UPC qu’ils combattaient.
Le chef des Wagner poursuivait ses propos en affirmant la citoyenneté des miliciens Azandé. “Ce n’est pas un groupe ethnique qui habite là-bas, mais les Zandé faisaient partie des ethnies du Haut-Mbomou. Ce sont des citoyens centrafricains à part entière ”, insistait Dimitri Sytyi dans son intervention à cette époque.
Pour lui, l’UPC constituait alors la cible prioritaire des mercenaires russes et des miliciens Azandé qu’il baptisait Wagner ti Azandé. “ Par contre, les UPC qui viennent là-bas, ils ne sont pas centrafricains. Ils sont des mercenaires qui viennent de l’étranger pour piller les ressources du pays et piller la population”, affirmait Dimitri Sytyi. Ces accusations servaient avant tout à justifier la mobilisation des combattants Azandés contre les rebelles de de l’UPC, et surtout justifier l’intervention des Wagner dans le conflit du Haut-Mbomou.
Le chef des Wagner dénonçait également ce qu’il appelait une campagne de désinformation menée par les rebelles de l’UPC pour justifier l’intervention de la Minusca dans le Haut-Mbomou. “Il y avait beaucoup de fausses informations qui circulent par rapport au mouvement d’autodéfense Azandé. Ce sont les rebelles de l’UPC qui sont à l’origine pour créer le prétexte de la présence des forces de maintien de la paix dans le Haut-Mbomou ”, expliquait-il. Selon Dimitri Sytyi, ces rumeurs propagées par les rebelles de l’UPC visaient surtout à faire passer les milices Azandé pour “un nouveau groupe armé pour enfin tenter de justifier leur présence sur le sol des Zandé ”.
Cette version de Dimitri Sitiy permettait de mobiliser les combattants Azandé et de se présenter ensuite comme des libérateurs. “Quand on a commencé à vérifier ça, beaucoup d’informations, on a trouvé que ce n’est pas vrai”, ajoutait le chef Wagner. Il transformait ainsi une mobilisation armée en légitime défense d’une population isolée face à des agresseurs extérieurs.
L’isolement géographique servait d’argument principal à cette stratégie de Dimitri Sitiy . “C’est juste la population locale qui, compte tenu du fait que la zone a été coupée, presque coupée de la capitale, il y avait des difficultés avec les moyens logistiques pour établir le vrai contrôle de l’État là-bas”, justifiait Dimitri Sytyi. Cette situation expliquait selon lui pourquoi les Azandés “se sont organisés contre les mercenaires qui viennent de l’étranger”.
La solution ainsi proposée par Dimitri Sitiy passait par une intégration dans l’armée régulière des miliciens Azandé. “On a discuté tout ça avec le chef d’État-major, avec Monsieur le Président, et c’est décidé que dans les nouvelles sessions de formation des éléments des forces armées centrafricaines, on a prévu un quota pour la population de Haut-Mbomou”, annonçait le chef des Wagner. Cette incorporation devait officialiser le statut des combattants Azandés.
Les formateurs russes jouaient un rôle central dans ce processus. “La formation est faite par les formateurs des FACA et les formateurs russes qui sont à Berongo, qui ont été détachés là-bas à Obo ”, précisait Dimitri Sytyi. L’encadrement mixte centrafricain-russe donnait une apparence de légitimité à l’opération menée sur place.
L’objectif affiché visait le rétablissement de l’autorité étatique. “Le but final, c’est d’intégrer la population de Haut-Mbomou dans les FACA pour établir le contrôle de l’État dans la zone. Donc ils seront FACA”, martelait le chef Wagner. Il évoquait la participation du “général Gbelet Bangui de l’État-major” aux cérémonies marquant la fin des formations.
Dimitri Sytyi concluait son propos en rejetant toute accusation de milice privée. “Ce n’est pas une milice, maintenant ils sont une force étatique, et c’est ça le but, le rétablissement du contrôle de l’État dans la zone”, affirmait-il avec assurance. Ces déclarations de mai 2024 tranchent avec la réalité du terrain quelques mois plus tard.
Mais 8 mois plus tard, l’arrestation à Bangui de deux chefs des miliciens Azandés incorporés dans l’armée nationale a changé la donne. Ces responsables sont aujourd’hui portés disparus et les relations entre Azandés et Russes se sont effondrées depuis cet événement. Dimitri Sytyi et ses hommes qualifient désormais ces mêmes combattants de “fauteurs de troubles”, de “criminels” et de “mercenaires”.
Le retournement d’alliance apparaît complet dans le Haut-Mbomou. Les forces russes du groupe Wagner collaborent maintenant avec les ex-rebelles de l’UPC, ces “mercenaires venus de l’étranger” qu’elles dénonçaient en mai pour “piller les ressources du pays”. Ensemble, ils pourchassent les miliciens formés à Obo sous supervision russe quelques mois auparavant.
Les conséquences humanitaires de ce revirement se comptent en milliers. L’église catholique du Haut-Mbomou recense environ 32 000 déplacés depuis le 4 avril 2025 à cause des combats qui durent depuis près d’un an. Les établissements scolaires restent perturbés dans toute la préfecture et la population civile subit les affrontements entre les miliciens Azandés et les forces russo-UPC qui les traquent désormais
Touadéra, regarde ton préfet de Bamingui-Bangoran : il vient de voler le kourou mbororo des jeunes à Ndélé pour ramener à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours.jpg” alt=”Touadéra, regarde ton préfet de Bamingui-Bangoran : il vient de voler le kourou mbororo des jeunes à Ndélé pour ramener à Bangui” width=”300″ height=”200″ />Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
À Ndélé, des jeunes commerçants de kourou mbororo ont été arrêtés, dépouillés de leur marchandise, et leurs viandes boucanées appelées également Charmoutes se sont retrouvées discrètement dans les bagages du préfet Francis Bangué Dongoupo.
Cette affaire trouve ses racines dans les villages reculés de la sous-préfecture de Birao, notamment à Ndiffa, Madao, Tiringoulou, Boldja et Ouandjia. Des jeunes commerçants locaux s’y rendaient régulièrement à moto pour acheter du kourou mbororo, cette viande séchée que l’on appelle aussi Charmoute en langue nationale, avant de la revendre à Ndélé. Des femmes commerçantes venues de Bangui s’y approvisionnaient ensuite pour l’écouler dans la capitale. C’était un petit commerce honnête qui permettait à ces jeunes de survivre.
C’est au retour de l’un de ces voyages à l’intérieur de ladite préfecture que tout a basculé. Les dix-sept jeunes commerçants sur leur motos chacun ont été interceptées aux abords de Gounda par les écogardes de WCS, alertés par un informateur depuis Ndiffa. Après arrestation de ces jeunes, les écogardes ont exigé cent cinquante mille francs par moto, une somme que tous ne pouvaient pas réunir sur le champ.
Six conducteurs ont pu payer et ont repris leur route. Les onze autres, sans argent sur eux, ont été conduits de force au commissariat de Ndélé avec tout leur kourou mbororo chargé sur les motos. C’est à partir de ce moment que la situation a glissé vers quelque chose de bien plus grave qu’une simple arrestation.
Car le kourou mbororo saisi n’a jamais suivi une procédure légale. À la place, il a été discrètement distribué entre autorités de la ville. Le préfet Francis Bangué Dongoupo, le commissaire de police et le commandant du groupement de gendarmerie se sont partagé l’ensemble des viandes boucanées et les ont acheminées vers Bangui, chacun pour sa famille.
Ce qui choque encore davantage, c’est que ce comportement n’est pas nouveau chez le préfet Francis Bangué Dongoupo. Avant cette affaire, lorsque le bureau de l’OCHA, l’organisation des Nations Unies chargée de la coordination humanitaire, avait quitté Ndélé, il avait profité du vide laissé pour occuper le bâtiment vacant et voler les équipements qui s’y trouvaient encore.
Pendant que ces autorités se partageaient tranquillement le kourou mbororo de ces jeunes, les cinq détenus continuaient de croupir en cellule au commissariat de Ndélé, sans jugement, sans que leurs proches ne reçoivent la moindre nouvelle, attendant un sort que personne ne semblait pressé de régler.
Rappelons que parmi les 11 jeunes arrêtés, 7 avaient pris fuite dans la nuit du mercredi à jeudi 19 février 2026, dont 1 a été récupéré, les 6 autres courent toujours.
Bangui : drame au KM5, un supporteur a été poignardé à mort par un autre
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Ambulance-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Ambulance-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui.png” alt=”Bangui : drame au KM5, un supporteur a été poignardé à mort par un autre” width=”300″ height=”169″ />Ambulance sur l’avenue des martyrs à Bangui
À Bangui, les rivalités entre les supporters de clubs européens continuent de déboucher sur des drames humains dans les rues de la capitale centrafricaine, et cette fois, l’irréparable s’est produit au cœur même du troisième arrondissement.
C’est dans la nuit du vendredi 21 février 2026, aux environs de 22 heures, que les faits ont éclaté au quartier km5. Une dispute verbale entre partisans de deux équipes européennes opposées a rapidement quitté le terrain des mots pour virer au sang, lorsqu’un coup de couteau a été porté sur un jeune homme.
La victime, un garçon de 21 ans, élève en classe de seconde au Lycée Barthélemy Boganda et résidant au quartier Miskine, a été conduite en urgence à l’hôpital communautaire dans un état critique. Malgré les soins reçus, son corps n’a pas tenu jusqu’au lendemain matin.
C’est le 22 février 2026, au petit matin, que le jeune homme a rendu l’âme, laissant derrière lui une famille dévastée et un quartier sous le choc. Les autorités compétentes ont aussitôt ouvert des investigations pour retrouver et identifier l’auteur du coup fatal, dont l’identité demeure à ce jour inconnue.
Braquage spectaculaire incroyable à quelques mètres des postes des soldats FACA : plus de 65 millions emportés par les assaillants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg” alt=”Braquage spectaculaire incroyable à quelques mètres des postes des soldats FACA : plus de 65 millions emportés par les assaillants” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />CopyrightCNC
Entre les villages de Gomignon et Ziki, dans la sous-préfecture de Yaloké 2, des bandits armés opèrent librement sur la route, à quelques pas des checkpoints militaires, sans que personne ne les inquiète.
C’est dans ce couloir routier, situé à environ 245 kilomètres de Bangui, que des hommes armés ont choisi de faire leur terrain de chasse. Le samedi 14 février dernier, sept individus ont bloqué la route entre Gomignon et Ziki depuis le matin jusqu’au soir. Deux des assaillants portaient des kalachnikovs, les autres brandissaient des couteaux, et tous ceux qui passaient ont été fouillés et dépouillés sans exception jusqu’au soir.
Le butin arraché par ces criminels ce jour-là dépasse les 65 millions de francs CFA, une somme colossale volée en pleine journée, sur une route que les soldats des Forces Armées Centrafricaines sont censés surveiller. Les victimes n’ont pas tardé à courir vers les checkpoints des FACA non loin pour alerter les éléments en poste, mais leur appel est resté lettre morte, aucun militaire ne s’est déplacé.
Mais la chose la plus spectaculaire, le lendemain, dimanche 15 février, les soldats FACA se sont déplacés sur le lieu pour tenter de capturer les braqueurs. Lisez bien, 24 heures plus tard que ces vaillants soldats se sont finalement déplacés pour capturer les bandits. Incroyable!
Encouragés par cette absence totale de réaction des forces de désordre, les assaillants ont récidivé le samedi 21 février, une semaine jour pour jour après le premier braquage. Ils sont revenus sur le même endroit, et ce, durant plusieurs heures. Motos, taxis, transporteurs, tout le monde a de nouveau été arrêté et dépouillé au même endroit, pendant que les militaires restaient vissés à leurs barrages, indifférents.
Car aux yeux des populations locales, ces checkpoints ne servent qu’à une chose : percevoir de l’argent sur les passagers. Une moto paie 500 francs, les colis sont taxés au passage, et c’est là que s’arrête le travail de ces soldats. La sécurité des habitants, elle, ne figure nulle part dans leurs priorités.
Les populations de Gomignon et Ziki en appellent directement à l’état-major des FACA pour que ces soldats soient retirés de leurs positions. Pour elles, des hommes qui regardent des bandits armer et rançonner leurs voisins sans lever le petit doigt n’ont aucune raison valable d’occuper ces postes.
Obo : braquage dans le quartier Combattant, plus de 350 000 francs emportés par les assaillants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/La-ville-de-Obo-dans-la-prefecture-du-Haut-Mbomou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/La-ville-de-Obo-dans-la-prefecture-du-Haut-Mbomou.jpg” alt=”Obo : braquage dans le quartier Combattant, plus de 350 000 francs emportés par les assaillants” width=”300″ height=”157″ />La ville de Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou. CopyrightMinusca
À Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, les braquages nocturnes ne s’arrêtent plus. Cette fois, c’est le quartier Combattant qui a été visé par des hommes armés.
Depuis plusieurs mois, la ville de Obo vit au rythme de ces attaques nocturnes qui se répètent presque chaque nuit dans les quartiers. La population, épuisée, commence à mettre des noms sur ces visages cachés par l’obscurité.
C’est dans ce climat tendu que le quartier Combattant, dirigé par le chef BIH Odon, a été frappé dans la nuit du jeudi au vendredi de la semaine dernière. Vers 2 heures du matin, des hommes armés ont surgi au domicile d’un petit commerçant du quartier.
Sans perdre de temps, les assaillants ont pointé leurs armes sur l’homme, le contraignant à rester immobile pendant qu’ils fouillaient chaque recoin de la maison. Ils sont repartis avec plus de 350 000 francs CFA, la réserve d’argent que la famille gardait chez elle.
Avant de disparaître dans la nuit, les hommes ont tiré trois coups de feu en l’air. Un geste qui ressemblait moins à une menace qu’à une célébration, comme s’ils savaient qu’aucune riposte ne viendrait.
Ce qui a le plus marqué les victimes et les témoins, c’est la voix de ces hommes. Leur accent, leur façon de parler, rien ne correspondait à ce que l’on entend habituellement dans les rues de Obo ou dans les villages alentour.
Or à Obo, dans cette petite ville du sud-est de la République Centrafricaine où tout le monde se connaît, un accent étranger ne passe pas inaperçu. Les habitants savent d’instinct quand quelqu’un n’est pas du coin, et cette nuit-là, ils en ont eu la certitude.
C’est ce constat qui a conduit une grande partie de la population à pointer du doigt les éléments des Forces Armées Centrafricaines, les FACA. Pour les habitants, des hommes capables de mener une telle opération armée, coordonnée, en pleine nuit, ne peuvent pas être de simples voleurs de rue.
Les accusations sont lourdes, mais aucune autorité locale n’a jusqu’ici pris la parole pour répondre à ces suspicions. Les nuits à Obo restent longues, et les portes du quartier Combattant se ferment désormais bien avant que l’obscurité ne tombe.
Ouanda-Djallé : 24h après leur première attaque, les bandits soudanais frappent encore. Cette fois, c’est lourd
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” alt=”Ouanda-Djallé : 24h après leur première attaque, les bandits soudanais frappent encore. Cette fois, c’est lourd” width=”300″ height=”263″ />Deux mercenaires du groupe Wagner sur deux motos
Les bandits soudanais n’ont pas attendu longtemps avant de frapper à nouveau. Le lendemain de leur première attaque sur l’axe Ouanda-Djallé – Sam-Ouandja le samedi dernier, ils ont de nouveau capturé des commerçants au même endroit, avec les mêmes méthodes.
Dès sept heures du matin, ce dimanche 22 février, les bandits soudanais lourdement armés étaient déjà en position sur l’axe Ouanda-Djallé – Sam-Ouandja. Ils ont commencé à intercepter des commerçants, des conducteurs de taxi-moto, les uns après les autres, pour les ligoter contre des arbres, exactement comme ils l’avaient fait la veille avec le mécanicien et son conducteur. À quatorze heures, de nouvelles victimes, en route sur leurs motos en provenance de Sam-Ouandja, sont capturés. Ils venaient encore grossir le nombre des otages retenus attachés dans la brousse.
C’est en plein milieu de cette journée de terreur qu’un événement inattendu a changé le cours des choses. Un véhicule escorté par des mercenaires russes est apparu sur la route en provenance de Sam-Ouandja. Les bandits, en voyant un véhicule militaire, ont aussitôt abandonné leurs positions et ont disparu dans la brousse.
Les mercenaires russes sont passés tranquillement sans savoir que des jeunes commerçants et les conducteurs des taxi-moto étaient attachés contre les arbres non loin de là. Les bandits, eux, sont restés tapis dans la végétation au côté de leurs victimes.
Vers 19 heures, les ravisseurs sont venus détacher l’une des victimes et lui ont ordonné d’aller chercher de l’eau pour faire boire les autres otages. Dès qu’il s’est retrouvé hors de leur portée, l’homme n’a pas cherché midi à quatorze heures : il a pris la fuite et a rejoint Ouanda-Djallé à toutes jambes.
Les autres sont restés ligotés jusqu’aux environs de dix-neuf heures et demi, quand les bandits ont fini par les détacher. Les victimes libérées ont alors entamé le chemin jusqu’à Ouanda-Djallé, les mains enflées et douloureuses, le sang n’ayant plus bien circulé durant toutes ces heures passées les bras attachés.
En arrivant à Ouanda-Djallé, les jeunes ont croisé les mercenaires russes et leur ont tout raconté, leur montrant leurs mains boursouflées comme preuve de ce qu’ils avaient enduré. Sans tarder, les mercenaires, appuyés par des soldats FACA, ont pris la route ce lundi matin pour tenter de retrouver la trace des bandits dans la brousse.
Centrafrique : la PJLOD alerte sur la formation militaire de mineurs par le groupe Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp” alt=”Centrafrique : la PJLOD alerte sur la formation militaire de mineurs par le groupe Wagner” width=”400″ height=”450″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie-373×420.webp 373w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Monsieur Arsène Élien, Coordinateur de la PJLOD. Photo de courtoisie
La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique (PJLOD) a publié, le 23 février 2026 à Bangui, un communiqué officiel dénonçant des initiatives de formation militaire impliquant des mineurs centrafricains et des instructeurs du groupe paramilitaire russe Wagner.
Selon le communiqué n°007/BCPJLOD/26, signé par son coordonnateur Arsène ELIEN, des étudiants de la Maison Russe auraient été initiés au maniement des armes lors d’une excursion à Berengo organisée dans le cadre de la Journée des Défenseurs de la Patrie. Durant cette sortie officielle, des jeunes auraient été soumis à des exercices militaires encadrés par des mercenaires de Wagner.
La PJLOD affirme également avoir été informée d’un autre rassemblement, cette fois à Bocaranga, où certains responsables de la jeunesse locale auraient été regroupés pour recevoir une formation à l’utilisation d’armes de guerre. Pour l’organisation, ces faits constituent des violations graves des droits de l’enfant et contreviennent aux lois nationales en matière de protection des mineurs.
L’organisation estime que ces pratiques, loin d’être anecdotiques, représentent une menace directe pour la stabilité et la sécurité du pays. Elle appelle les autorités nationales à intervenir de manière urgente afin de mettre un terme à toute forme d’endoctrinement ou d’enrôlement militaire de la jeunesse.
La PJLOD sollicite également l’attention de la communauté internationale, invitée à soutenir les efforts visant à protéger les enfants centrafricains contre toute exploitation à des fins militaires. Les parents, ainsi que l’ensemble de la société civile, sont encouragés à rester vigilants et à signaler tout comportement suspect.
Arsène ELIEN réaffirme la position de la plateforme PJLOD : refuser que la jeunesse centrafricaine soit transformée en instrument de guerre, alors que des acteurs étrangers semblent s’immiscer de manière croissante dans son encadrement et son éducation.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/pub-1.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/pub-1.webp” alt=”Sweet Bonanza expliqué : format du jeu et principales caractéristiquespub 1″ width=”400″ height=”264″ />
Sweet Bonanza a un look ludique, mais fonctionne différemment des machines à sous traditionnelles. Il n’y a pas de rouleau vertical dans ce design lumineux, adapté aux enfants. En fait, la première chose que la plupart des joueurs remarquent, c’est qu’il n’y a pas de lignes de paiement. Les joueurs de machines à sous classiques sont généralement les plus touchés par cela. Au Sénégal, Sweet Bonanza est particulièrement populaire car il est facile à comprendre et offre une expérience légèrement différente à chaque partie. Il s’agit d’un design intuitif qui ne nécessite pas de longs tutoriels.
Ce qu’est Sweet Bonanza à la base
Le format de Sweet Bonanza se distingue par l’absence de lignes de paiement classiques et l’utilisation de gains en grappes, ce qui modifie la manière dont les joueurs perçoivent chaque tour. Les symboles disparaissent après une combinaison gagnante et sont remplacés par de nouveaux, créant une séquence continue plutôt qu’un résultat unique. Cette mécanique donne au jeu un rythme particulier, où l’attention se porte davantage sur l’enchaînement des événements que sur un seul instant.
Sweet Bonanza est un jeu de machines à sous basé sur des grappes plutôt que sur des lignes de paiement fixes, ce qui signifie qu’au lieu d’aligner des symboles sur une ligne de paiement, les combinaisons gagnantes sont obtenues en obtenant un certain nombre de symboles identiques n’importe où sur la grille pendant le jeu. Cela nécessite un changement dans la manière dont les joueurs lisent l’écran, car la grille est également plus grande que celle des machines à sous classiques. Une grille plus grande signifie plus de combinaisons possibles, ce qui rend chaque tour plus imprévisible. Même si les règles sont cohérentes, cela aide le joueur à se concentrer davantage sur le comportement du jeu plutôt que sur l’apprentissage de nouveaux mécanismes.
Le format Cluster Pays
À l’inverse, Aviator jeux repose sur une structure beaucoup plus linéaire, centrée sur une progression visible et une décision unique prise au bon moment. Bien que les mécaniques diffèrent, les deux formats partagent une logique de tension croissante, où le déroulement reste simple, mais l’issue incertaine. Cette comparaison met en évidence différentes façons de capter l’attention du joueur sans multiplier les règles.
Le système de paiement par grappes est fondamental dans Sweet Bonanza. Pour remporter un gain, vous devez obtenir un certain nombre de symboles identiques alignés sur la grille. Lorsque cela se produit, les symboles disparaissent. Après leur disparition, de nouveaux symboles retombent du haut de l’écran. Ce phénomène est généralement appelé « cascade » ou « tumble ». Ce mécanisme est une fonctionnalité très intéressante qui permet aux joueurs de jouer plusieurs fois au cours d’un même tour. Le tour ne se termine que lorsqu’il n’y a plus de clusters gagnants.
Victoires en cascade et déroulement du jeu
Le rythme et la conception structurée du gameplay de Sweet Bonanza s’appuient sur le principe des gains en cascade. Au lieu d’avoir l’impression de jouer des tours individuels, les joueurs vivent de courtes séquences où les gains s’enchaînent et où l’écran se vide régulièrement. Si certains tours ne donnent aucun résultat, d’autres sont remplis de multiples vides en cascade. Dans l’ensemble, cette conception attire l’attention des joueurs, car le jeu ne se déroule pas trop rapidement. Elle donne en fait le contrôle aux joueurs, leur permettant de jouer sans influencer le résultat, car l’écran se vide. Dans l’ensemble, cette conception convient bien aux joueurs mobiles qui apprécient un rythme plus lent et des résultats clairs plutôt que des animations rapides.
La caractéristique qui définit le jeu Sweet Bonanza, ce sont les multiplicateurs. Alors que les autres multiplicateurs de machines à sous s’appliquent aux gains individuels d’une cascade, dans Sweet Bonanza, ils s’appliquent au total des gains d’une cascade et ne sont le plus souvent déclenchés que pendant les tours bonus gratuits. Comme les autres multiplicateurs de machines à sous s’appliquent après les gains individuels de la cascade, cela signifie que dans Sweet Bonanza, le résultat d’une méga-cascade peut être considérablement modifié. Comme les multiplicateurs de Sweet Bonanza ne s’appliquent que pendant certaines phases du jeu et ne sont jamais appliqués de manière aléatoire, les attentes des joueurs à leur égard sont gérées.
Mécanismes des tours gratuits et des bonus
Pour activer les tours gratuits, vous devez obtenir un certain nombre de symboles scatter sur le terrain de jeu. Une fois que vous avez déclenché les tours gratuits, les mécanismes du jeu changent, car vous pouvez obtenir des multiplicateurs bien plus souvent. À part les tours gratuits, tous les autres mécanismes du jeu restent inchangés. Même si les combinaisons gagnantes peuvent être plus fréquentes, ne vous attendez pas à remporter un gros gain simplement parce que vous avez obtenu des tours gratuits. Le jeu est conçu pour offrir une plus grande variété de résultats que le jeu de base ; c’est pourquoi vous pouvez remporter un gros gain après un tour, même en mode jeu de base.
Voici comment fonctionnent les mécanismes de jeu dans Sweet Bonanza :
Élément
Description
Type de jeu
Machine à sous à clusters
Grille
Format élargi sans lignes fixes
Mécanique principale
Combinaisons par regroupement
Cascades
Symboles remplacés après un gain
Bonus
Tours gratuits avec multiplicateurs
Au premier abord, Sweet Bonanza semble simple, sans être technique. À mesure que vous vous plongez dans le jeu, vous vous rendez compte que l’accent est mis sur les séquences plutôt que sur les tours individuels.
Voici quelques éléments que les joueurs ont remarqués :
Les gains proviennent souvent de cascades, et non des chutes initiales.
Les tours gratuits modifient le rythme, mais pas les règles.
La simplicité visuelle cache des mécanismes complexes.
Les résultats varient considérablement d’une session à l’autre.
Ces points expliquent pourquoi les réactions au jeu diffèrent d’un joueur à l’autre.
Pourquoi ce format séduit-il un large public ?
Sweet Bonanza connaît un grand succès car il reste simple sans pour autant supprimer les véritables subtilités du jeu. Les joueurs gagnent en fonction de combinaisons plutôt que de simples tours individuels. Compte tenu de l’importance des paiements mobiles au Sénégal, ce jeu répond à un besoin. Il n’impose aucune contrainte de temps, se déroule en une seule partie et reste cohérent. Parfois, c’est tout ce dont un jeu a besoin pour rester intéressant.
Les communautés sportives en ligne en Afrique ne se contentent pas de se développer, elles transforment complètement la façon dont les gens vivent le sport. Les fans n’attendent plus les résumés télévisés ou les analyses dans les journaux. Ils discutent des matchs en direct, partagent des mèmes en quelques secondes et nouent des amitiés avec des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées en personne. Qu’il s’agisse d’un match de Premier League ou d’un derby local, quelqu’un en parle déjà en ligne. Ce changement semble naturel, et non forcé, car les fans voulaient plus que simplement regarder. Ils voulaient se connecter, réagir et faire partie de l’histoire.
Comment les fans restent connectés aujourd’hui
À travers le continent, les réseaux sociaux sont devenus le nouveau terrain de jeu sportif. Les gens discutent des tactiques sur Twitter, partagent les compositions d’équipes dans des groupes WhatsApp et regardent les matchs ensemble en streaming via Facebook Live. Au lieu d’écouter les experts à la télévision, ils deviennent eux-mêmes des experts. Les fans ne se contentent pas de consommer, ils participent. C’est ce qui rend ces espaces en ligne si vivants.
Le changement s’est amorcé discrètement, mais s’est rapidement accéléré à mesure que les smartphones sont devenus moins chers et que les données mobiles plus accessibles. Aujourd’hui, un habitant d’une région rurale du Kenya peut discuter d’un match en temps réel avec un autre fan à Lagos, partager ses pronostics, ou commenter les résultats de ses paris sportif en ligne. Pour beaucoup, c’est enfin l’impression d’appartenir à une culture sportive mondiale. Pas besoin d’être dans le stade – un simple téléphone suffit.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-fans-africains-transforment-le-sport-en-ligne.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-fans-africains-transforment-le-sport-en-ligne.webp” alt=”Les fans africains transforment le sport en ligne” width=”400″ height=”235″ />Les fans africains transforment le sport en ligne
Les plateformes à l’origine du mouvement
L’essor des communautés africaines de fans de sport en ligne n’est pas le fruit du hasard. Plusieurs plateformes clés en ont jeté les bases, chacune répondant à un objectif et s’adressant à un public différents :
X (Twitter) Spaces : après les grands matchs, les fans organisent des discussions en direct qui peuvent attirer des milliers d’auditeurs. C’est rapide, sans filtre, et parfois même avec la participation de journalistes ou d’anciens joueurs.
Groupes Facebook : ils fonctionnent comme des fan clubs numériques où les gens publient des photos, partagent des rumeurs de transfert et organisent des rencontres locales.
Chaînes YouTube : des créateurs indépendants couvrent les matchs, interviewent les joueurs et offrent une véritable visibilité aux ligues moins importantes, souvent ignorées par les médias traditionnels.
Ces plateformes ont rendu les contenus sportifs africains plus démocratiques. Il n’est plus nécessaire d’avoir une licence de diffusion pour partager son opinion, il suffit d’une bonne connexion Internet. En parallèle, des sites de paris comme Betclic gagnent en popularité, car les discussions en ligne s’accompagnent souvent de pronostics et d’analyses avant les matchs. Elles ont également permis à de jeunes créateurs de se constituer un public à partir de zéro, en se concentrant souvent sur des sujets négligés par les médias traditionnels.
Pourquoi cela est important pour les médias sportifs africains
L’essor des communautés en ligne n’est pas seulement une tendance, il modifie le fonctionnement des médias sportifs à travers l’Afrique.
Des voix indépendantes remplacent la couverture traditionnelle
Pendant des années, les fans comptaient sur les chaînes de télévision ou les commentateurs radio pour obtenir des informations et les temps forts. Mais ce monopole a disparu. Aujourd’hui, ce sont les blogueurs, les podcasteurs et les youtubeurs qui donnent le ton. Ils sont plus rapides, ont des opinions plus tranchées et sont généralement plus proches de ce qui intéresse réellement les fans. Leur authenticité est leur plus grande force : les gens les écoutent parce qu’ils semblent sincères.
Certains de ces créateurs indépendants s’associent désormais à des clubs et des ligues pour produire du contenu numérique. Ils couvrent les tournois juniors, le football féminin et les ligues communautaires qui étaient rarement diffusés auparavant par les médias traditionnels. C’est un énorme pas en avant. Cela signifie que les histoires sportives africaines sont enfin racontées par ceux qui les vivent, sans passer par le filtre des médias étrangers.
Les communautés se transforment en véritables réseaux
Ce qui n’était au départ que de simples groupes de fans est en train de se transformer en quelque chose de plus structuré. De nombreuses communautés en ligne organisent désormais des événements hors ligne : soirées de visionnage, collectes de fonds caritatives et petits tournois. Elles collectent des fonds pour des causes locales ou soutiennent de jeunes joueurs qui ont besoin d’aide pour s’équiper ou se faire connaître.
Ces communautés créent également de précieuses opportunités marketing. Les marques et sponsors locaux les utilisent pour toucher un public engagé, en particulier les jeunes fans qui passent plus de temps en ligne que devant leur télévision. Il s’agit d’un écosystème modeste mais en pleine croissance, dont les fans, les clubs et les entreprises tirent tous profit.
Les défis liés à la croissance
Bien sûr, cette transition n’est pas parfaite. Il existe encore de réels obstacles qui la freinent. L’accès à Internet reste inégal, en particulier dans les zones rurales. Le coût des données mobiles peut rendre le streaming ou l’utilisation de plusieurs plateformes coûteux pour de nombreux fans. Et même si l’accès aux smartphones s’est amélioré, la qualité de la connectivité varie encore selon les régions.
Les fans africains transforment le sport en ligne échanges, analyses et passion partagée sur les réseaux.
Il y a ensuite le problème de la désinformation. Les fausses informations sur les transferts, les clips montés ou les rapports « d’initiés » non vérifiés se propagent rapidement dans les discussions de groupe. Cela peut nuire à la réputation des joueurs ou semer la confusion chez les fans qui souhaitent simplement obtenir des informations fiables. Cependant, de nombreuses communautés apprennent à s’autoréguler : elles vérifient les faits, dénoncent les pages peu fiables et encouragent la transparence. Au fil du temps, cette responsabilité collective contribue à renforcer la confiance dans les espaces en ligne.
La situation dans son ensemble
Les communautés sportives en ligne en Afrique ne sont plus une tendance marginale : elles façonnent l’avenir de la manière dont les gens suivent, discutent et soutiennent le sport. Elles ont rendu l’expérience des fans plus interactive, plus inclusive et plus créative. Il ne s’agit plus seulement d’encourager son équipe, mais de faire partie d’un réseau actif qui entretient la conversation au quotidien.
L’énergie est là, le public est prêt et la technologie rattrape rapidement son retard. Les fans africains n’attendent pas d’être reconnus : ils créent leurs propres plateformes, racontent leurs propres histoires et redéfinissent ce qu’est le fandom à l’ère numérique. Le jeu n’a pas changé, mais la façon dont les gens le vivent a complètement changé.
Violente altercation verbale à l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 entre le Pasteur Faki et un diacre de son église
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” alt=”Violente altercation verbale à l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 entre le Pasteur Faki et un diacre de son église” width=”300″ height=”289″ />Le Pasteur controversé Faki Issene
Le samedi 21 février 2025, l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 a chauffée, mais d’une manière spectaculaire. Ce jour, l’église est devenue une scène d’une dispute ouverte et tendue entre son pasteur et l’un de ses propres diacres, ancien policier à la retraite.
Ce jour du samedi dernier -là, le conseil de l’église s’était réuni comme à l’accoutumée, dans une ambiance de travail ordinaire. Le Pasteur Issène Faki Saïté avait pris la parole pour soumettre deux projets à l’assemblée des responsables, diacres et diaconesses réunis.
Le premier projet proposé par le pasteur Faki consistait à placer un diacre sur chaque organisation interne de l’église, que ce soit la JEA, le groupe Lumière, Coral ou l’écodim, afin d’en assurer un meilleur suivi. Le second projet proposé par le pasteur Faki , plus ambitieux, prévoyait la mise en place d’un comité chargé de nouer des contacts avec de hauts responsables du pays, en vue d’obtenir une audience auprès du dictateur de Bangui pour solliciter un financement.
Un projet clair et encourageant. Mais dans son discours, le pasteur avait lui-même annoncé qu’il ne ferait pas partie de ce comité. Il a expliqué que des médias comme Corbeau News Centrafrique et certains blogueurs Facebook comme KeremBessey l’avaient durement attaqué par le passé, et qu’il préférait rester en retrait pour ne pas nuire à la démarche.
C’est à ce moment précis qu’un diacre, ancien élément de la police nationale admis à la retraite depuis peu, a demandé la parole. D’un ton posé, il a d’abord sollicité l’indulgence du pasteur avant de livrer le fond de sa pensée.
Il lui a dit, avec respect mais sans détour, qu’un homme à la tête d’une église devait se placer au-dessus des petites querelles, des rumeurs et des attaques de moindre importance. Il a ajouté qu’il était regrettable de constater que le pasteur revenait sans cesse sur les mêmes griefs dans ses discours, attaquant les gens à répétition au lieu de prendre de la hauteur.
Le conseil s’est poursuivi sans incident apparent, et tout semblait vouloir se terminer dans l’ordre. Mais à peine la séance close, le Pasteur Faki a repris le micro d’une manière que personne n’attendait.
Il s’en est pris directement à l’ancien policier, avec des mots durs et des accusations graves. L’échange qui a suivi est rapidement devenu une confrontation à voix haute, devant l’ensemble des membres du conseil, médusés et silencieux.
Le pasteur est allé très loin dans ses propos, traitant le diacre de sorcier et d’homme de ténèbres, des accusations qui ont figé l’assemblée. Un lourd silence s’est installé dans la salle, que personne n’osait rompre.
Un autre diacre, gendarme de profession, a tenté de calmer les esprits en entonnant un chant de louange pour couper court à l’altercation. Mais le pasteur l’a interrompu sèchement, le rembarrant avec des mots qui ont accentué le malaise général.
L’accrochage a duré entre une heure et une heure trente, sous les yeux des responsables de l’église, tous muets. Personne n’a osé intervenir, ni soutenir l’un ou l’autre des deux hommes.
Quand le Pasteur Faki a finalement quitté les lieux, l’ancien policier s’est tourné vers l’assemblée et a posé la question directement : selon vous, ce qui vient de se passer ici, c’est quoi ? Silence. Il a insisté une deuxième fois. Toujours rien.
Face au mutisme général, le diacre a prononcé une phrase courte mais lourde de sens : à partir d’aujourd’hui, il ne remettra plus les pieds dans cette église. Il s’est levé et il est sorti, laissant derrière lui une salle figée.
Ce n’est pas la première fois que le Pasteur Faki se retrouve au cœur d’un tel débordement au sein de sa propre communauté. Il y a peu, il avait déjà pris à partie le secrétaire général de l’église, et ce, devant la femme de ce dernier et d’autres membres présents. Mais pour cette affaire, CNC va revenir sur ça dans nos prochains articles.
Le pasteur Faki, ancien musulman converti, semble convaincu que ce sont des membres de son église, diacres ou diaconesses, qui alimentent les médias en informations à son sujet. Il oublie au passage que CNC dispose des journalistes qui sont également membres de cette église, peut être Alain Nzilo lui en personne ?
Centrale nucléaire dans quinze ans ? Les délires de Fidèle Gouandjika pendant que Bangui reste dans le noir
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/fidele_gouandjika_au_centre_culturel_missi_momo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/fidele_gouandjika_au_centre_culturel_missi_momo.jpg” alt=”Centrale nucléaire dans quinze ans ? Les délires de Fidèle Gouandjika pendant que Bangui reste dans le noir” width=”300″ height=”146″ />Le ministre conseiller Fidèle Gouandjika au centre culturel Missy Momo
Le ministre conseiller du président Fidèle Gouandjika promet l’uranium et le nucléaire alors que les Banguissois n’ont ni eau ni électricité aujourd’hui.
Fidèle Gouandjika vient d’entendre les témoignages. Des quartiers entiers privés d’électricité. Des hôpitaux qui fonctionnent au ralenti. Des écoles qui ferment. Des gens qui font la queue dès trois heures du matin pour de l’eau. Sa réponse laisse sans voix.
Nous avons de l’uranium, déclare-t-il fièrement. La main est maintenant libérée sur notre uranium grâce à la nouvelle constitution. On pourra d’ici dix ans, quinze ans, construire une centrale nucléaire pour que les gens aient de l’électricité à cent pour cent. Il prononce ces mots sans ciller.
L’écart entre la réalité et ses propos dépasse l’entendement. Les Banguissois n’arrivent pas à avoir deux heures d’électricité par jour en 2026. Lui leur parle d’une centrale nucléaire en 2040. Les gens cherchent de l’eau potable depuis vingt ans. Lui évoque l’exploitation du pétrole et du gaz.
Gouandjika insiste sur ce point. Selon lui, la nouvelle constitution a tout changé. Les ressources minières du sous-sol appartiennent désormais au peuple centrafricain. Les onze accords secrets de la France ne contrôlent plus rien. Avec la paix et le temps nécessaire, le pays pourra exploiter son uranium pour financer les structures de base.
Cette logique paraît inversée. Un gouvernement normal commencerait par fournir l’eau et l’électricité maintenant. Ensuite seulement, il parlerait de grands projets futurs. Gouandjika fait l’inverse. Il vend un rêve lointain pour masquer l’échec présent. Une technique bien rodée.
Il ajoute que la courbe de production électrique est montante. On a eu combien de mégawatts en 2015 et en fin 2025, demande-t-il. Ça a augmenté énormément, affirme-t-il. Mais il ne donne aucun chiffre précis. Aucune preuve. Juste des affirmations creuses.
Raymond Adouma de l’opposition ne peut plus se retenir. Vous aviez promis cinq mille châteaux d’eau, rappelle-t-il. Il y en a un seul à Bimbo et même pas terminé. Vous avez promis de la crypto-monnaie. Qu’est-ce que ça a changé dans la vie des gens. Maintenant vous promettez une centrale nucléaire dans quinze ans.
Le schéma se répète depuis dix-sept ans. Grandes annonces. Promesses grandioses. Projets futuristes. Mais rien de concret pour aujourd’hui. Les Centrafricains attendent toujours les réalisations de base pendant que leurs dirigeants leur vendent des châteaux en Espagne.
Gouandjika parle d’uranium comme si les mines de Bakouma allaient se mettre en marche demain. Cet uranium dort là depuis des décennies. Plusieurs régimes en ont parlé. Aucun ne l’a exploité sérieusement. Pourquoi cette fois serait différente. Aucune explication.
Il évoque aussi le pétrole et le gaz. Encore des ressources hypothétiques. Encore des promesses sans calendrier. Encore des mirages pour faire patienter une population qui souffre aujourd’hui. Pas dans dix ans. Pas dans quinze ans. Maintenant.
Quentin Gbouando de la société civile intervient. Si l’État avait développé une politique décente, on ne serait pas là chaque année à en parler. Une centrale nucléaire c’est bien. Mais les gens ont besoin d’eau potable cette semaine. Ils ont besoin d’électricité ce soir.
Gouandjika balaie ces urgences d’un revers de main. Pour lui, le problème est saisonnier. Les pannes arrivent dans tous les pays du monde. La situation s’améliore progressivement. Il suffit d’attendre encore un peu. Encore dix ans. Encore quinze ans. Toujours attendre.
L’animateur Armando Yanguendji rappelle les faits. Le taux de pauvreté atteint 68 %. L’espérance de vie chute de soixante à cinquante-trois ans. Les hôpitaux manquent d’eau. Mais le ministre conseiller préfère parler de nucléaire et d’uranium libéré par la constitution.
Cette dissonance cognitive interpelle. Soit Gouandjika croit vraiment ce qu’il dit et vit dans un autre monde. Soit il ment sciemment en espérant que personne ne vérifiera dans quinze ans. Dans les deux cas, c’est inquiétant pour un conseiller spécial du président.
Les Banguissois écoutent ces promesses depuis des années. Ils ont appris à ne plus y croire. Ils savent que demain ressemblera à aujourd’hui. Que dans quinze ans, un autre ministre viendra promettre une centrale nucléaire pour dans vingt ans.
Dans les quartiers, les files continuent devant les fontaines. Les coupures d’électricité se succèdent. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti. Pendant ce temps, au palais, on dessine des plans de centrales nucléaires qui ne verront jamais le jour. On calcule les revenus de l’uranium qui reste sous terre. On promet l’électricité à cent pour cent
Braqué par les Russes du groupe Wagner à Ndachima, un artisan minier centrafricain a été kidnappé par ces mêmes voyous de Poutine, puis transféré à l’OCRB à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-faisant-du-sport-a-sibut-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-faisant-du-sport-a-sibut-photo-cnc.jpg” alt=”Braqué par les Russes du groupe Wagner à Ndachima, un artisan minier centrafricain a été kidnappé par ces mêmes voyous de Poutine, puis transféré à l’OCRB à Bangui” width=”300″ height=”200″ />Image d’illustration
Un exploitant d’or de Ndachima a perdu trente millions de francs CFA lors d’une descente nocturne des mercenaires russes. Kidnappé puis transféré à Bangui, il a passé six semaines derrière les barreaux à l’OCRB avant d’être libéré.
Le 18 septembre 2025, aux alentours de minuit, des mercenaires russes débarquent dans son bureau de chantier à Ndachima, soixantaine de kilomètres de Bambari. Ils l’embarquent sans ménagement, fouillent les lieux de fond en comble. Ils repartent avec plus de trente millions de francs CFA, une trentaine de téléphones appartenant à ses ouvriers, et une quantité considérable d’or. L’homme, que nous appellerons Adamou pour protéger son identité, est aussitôt jeté dans un conteneur métallique par les russes durant près d’une semaine.
Pendant cinq jours entiers, il reste enfermé dans ce conteneur sans recevoir la moindre nourriture. On ne lui donne que de l’eau. Cette privation l’affaiblit considérablement, mais personne ne semble s’en soucier. Au bout de 5 jours, les mercenaires décident de le transférer vers la capitale.
C’est par hélicoptère qu’il est acheminé à Bangui. Dès son arrivée, il est conduit directement à l’Office central pour la répression du banditisme. C’est là, pour la première fois depuis son arrestation, qu’on lui donne enfin à manger. Son calvaire carcéral ne fait pourtant que commencer.
Un mois et demi s’écoule dans les cellules de l’OCRB. Les policiers finissent par le relâcher, lui expliquant que son or et son argent ont été déposés au ministère des Mines. Selon eux, quinze millions de francs CFA l’y attendent. Soulagé mais méfiant, il se rend au ministère dès le lendemain de sa libération.
À la brigade minière, on lui présente effectivement vingt-huit téléphones. Chacun porte le nom d’un employé, car ces appareils appartenaient à ses ouvriers qui les déposaient dans son bureau pendant les heures de travail. Certains y laissaient également leurs économies pour plus de sécurité. Mais l’argent promis reste introuvable.
Des deux cents quelques grammes d’or officiellement restitués au ministère, rien ne correspond à la quantité réellement saisie par ces criminels de Poutine. Les quinze millions évoqués par les policiers demeurent jusqu’à ce jour invisibles. L’écart entre ce qui a été pris et ce qui est censé lui revenir reste béant, sans aucune explication.
Rappelons que Adamou exploite ce filon aurifère depuis 2009. Il travaille exclusivement dans l’eau, laissant les collines et la terre ferme aux Russes. Son activité n’empiétait sur personne, ne gênait aucune opération. Il employait des journaliers, leur fournissait des outils, les nourrissait correctement et les payait honnêtement.
Pourquoi cette descente nocturne alors ? Aucune explication ne lui a été fournie. Pas d’accusations formelles, pas de motifs invoqués, rien du tout. Juste un braquage criminel en règle.
Aujourd’hui, cet homme qui faisait vivre plusieurs familles erre dans Bangui sans un franc en poche. Les mercenaires ont empoché l’essentiel de ses avoirs. Le ministère fait la sourde oreille à ses réclamations. L’argent s’est volatilisé quelque part entre Ndachima et les bureaux administratifs de la capitale.
Adamou continue de frapper aux portes des administrations. Les jours passent sans que rien ne bouge. Personne ne répond de ce décalage entre les sommes confisquées et celles officiellement enregistrées. Les quinze millions promis restent une chimère tandis que les trente millions réellement saisis ont disparu dans la nature
Pourquoi Maxime Balalou se prête-t-il à la propagande de la milice Wagner dans l’affaire de disparition de l’ancien ministre Armel Sayo ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/sayo-menotte.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/sayo-menotte.jpg” alt=”Le colonel Armel Sayo menotté et présenté à un juge d’instruction au palais de justice à Bangui le 28 août 2025″ width=”272″ height=”300″ />Le colonel Armel Sayo menotté et présenté à un juge d’instruction au palais de justice à Bangui le 28 août 2025
Le cas de l’ancien ministre Armel Sayo n’est plus seulement celui d’un homme disparu, bien au contraire, c’est celui d’un homme enlevé deux fois, livré aux mercenaires russes, et torturé dans une prison sécrète au vu et su du gouvernement centrafricain.
Rappelons les faits dans leur ordre. Armel Sayo, arrêté le 17 janvier 2025 à l’aéroport de Douala et extradé vers Bangui le 5 mai, était détenu à la prison de l’OCRB puis au camp de Roux. Le 7 juillet 2025, il a été extrait de sa cellule sur décision personnelle du président Touadéra, avant de disparaître dans la nuit du 7 au 8 juillet entre les mains des mercenaires de Wagner. C’était le premier enlèvement, et il a déclenché un déluge médiatique avec près d’un millier d’articles publiés à travers le monde.
Face à cette pression, et sous les injonctions conjuguées du président camerounais Paul Biya, de l’ambassade de France et du Comité international de la Croix-Rouge, le gouvernement centrafricain a dû faire quelque chose qu’aucun État souverain ne devrait jamais faire : supplier des mercenaires étrangers de lui rendre l’un de ses propres citoyens. Touadéra et ses hommes ont donc négocié avec Wagner, ceux-là mêmes qui avaient enlevé Sayo, pour obtenir son retour. Ce seul fait dit tout sur qui détient le vrai pouvoir à Bangui.
Ramené et présenté devant le juge d’instruction à deux reprises — ce que le site Corbeau News a documenté, Sayo semblait avoir retrouvé un cadre légal minimal. Mais cette façade judiciaire s’est effondrée aussitôt après ces comparutions. Sans explication, sans décision de justice rendue publique, il a de nouveau disparu. Ni sa famille, ni ses avocats, ni aucun journaliste n’ont pu savoir où il avait été conduit. C’était le deuxième enlèvement, plus discret que le premier, mais tout aussi délibéré.
Aujourd’hui, des sources concordantes signalent Armel Sayo au camp de Mpoko, dans l’enceinte de l’aéroport international de Bangui, un périmètre entièrement contrôlé par Wagner et hermétiquement fermé à tout visiteur extérieur. Ce lieu n’est pas une prison au sens légal du terme — c’est un territoire russe en plein cœur de la capitale, où les lois centrafricaines n’ont aucune prise. Selon plusieurs témoignages recueillis, les détenus qui y sont conduits subissent des sévices quotidiens, loin de tout regard humain.
C’est dans ce contexte précis que Maxime Balalou continue de prendre la parole. Et ce qu’il dit mérite qu’on s’y arrête. Cet homme fait le louange du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera. Il raconte que ce dernier est un défenseur des droits, un homme de Dieu incapable de faire de mal à quelqu’un. Il parle de Dieu, se drape dans les valeurs de paix et de dignité humaine lors de chacune de ses sorties publiques. Mais pendant que Wagner torture des hommes à quelques kilomètres de son bureau, Balalou répète que la justice suit son cours, que l’État est souverain, que tout est normal.
On peut alors poser la question clairement : où est l’homme de Dieu quand des êtres humains crient sous la douleur dans un camp secret ? Où est l’homme de paix quand un ancien ministre est livré à des mercenaires criminels pour y être brisé lentement ? Défendre publiquement un régime qui cautionne de telles pratiques, ce n’est pas un acte de loyauté politique — c’est une complicité morale que ni la rhétorique religieuse ni les belles formules ne peuvent effacer.
Rappelons que pour tenter de justifier l’extraction de Sayo, Balalou a brandi des “preuves” découvertes dans sa cellule : des téléphones et un prétendu plan d’attaque contre Bangui. Mais des témoins présents lors de la fouille du 4 juillet affirment que c’est Cédric Gbaka, conseiller en sécurité de Touadéra, qui s’est rendu en personne à la prison accompagné de mercenaires russes pour y déposer lui-même ces objets. La mise en scène était grossière, mais elle a suffi à déclencher la mécanique d’une justice aux ordres.
Le gouvernement avait aussi diffusé, le 18 juillet, une vidéo manifestement fabriquée par intelligence artificielle pour accréditer l’idée qu’Armel Sayo était vivant et en bonne santé. Le lendemain, ces mêmes autorités dénonçaient une photo d’un homme ensanglanté en l’attribuant à des manipulations de l’opposition. Ce retournement révèle jusqu’où le régime est prêt à aller pour façonner la vérité à sa convenance, et combien Balalou sert d’écran entre cette vérité et l’opinion publique.
Ce qui se construit derrière tout cela ressemble à une mort programmée au ralenti. On n’exécute pas Sayo publiquement — on use son corps jour après jour dans un lieu secret, on le prive de soins, on le soumet à des traitements qui détruisent progressivement sa résistance physique. Et quand il mourra, le communiqué officiel parlera de maladie, de mort naturelle en détention, d’un destin regrettable mais inévitable. C’est un scénario que les familles de disparus centrafricains ont appris à reconnaître.
Balalou et ceux qui cautionnent ce traitement ont peut-être calculé que la pression internationale finira par s’essouffler, comme elle s’essouffle toujours. Mais le deuxième enlèvement d’Armel Sayo — intervenu après que le monde entier avait crié lors du premier — montre que le régime ne cherche plus à convaincre. Il cherche à épuiser. À épuiser les familles, les avocats, les journalistes, les diplomates, jusqu’à ce que le silence s’installe de lui-même et que l’ancien ministre disparaisse de la mémoire collective avant même de disparaître physiquement. Et Maxime Balalou, l’homme de Dieu, l’homme de paix, est là pour accompagner cet épuisement avec des mots bien choisis et un sourire de circonstance, pendant que Wagner fait le reste dans le camp de Mpoko.
Le capitaine Demba, régisseur pro-Wagner du Camp de Roux, claque la porte au nez des imams et des abbés venus prier avec les détenus
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/05/dans-une-cellule-de-la-prison-de-Ngaragba-à-Bangui-le-8-mai-2020.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/05/dans-une-cellule-de-la-prison-de-Ngaragba-à-Bangui-le-8-mai-2020.jpg” alt=”Le capitaine Demba, régisseur pro-Wagner du Camp de Roux, claque la porte au nez des imams et des abbés venus prier avec les détenus” width=”300″ height=”159″ />Dans une cellule de la prison de Ngaragba. CopyrightCNC
Depuis sa nomination comme régisseur de la maison carcérale du Camp de Roux, le capitaine de gendarmerie Demba a posé ses marques d’une façon qui a mis le feu aux poudres au sein de l’établissement. Ancien aide de camp du fils de l’ex-président Francis Bozizé, cet homme n’a pas tardé à montrer de quel bois il se chauffe.
Pour comprendre les faits, il faut des exemples concrets. Le vendredi dernier, un imam de la mosquée de Bangui s’est présenté pour conduire la prière du vendredi auprès des détenus musulmans, comme cela se faisait auparavant. Il a été reconduit dehors sans ménagement par ce gendarme. Le lendemain, samedi et le dimanche, des abbés catholiques sont venus à leur tour pour accomplir leur mission spirituelle habituelle. Même accueil, même résultat : mis à la porte.
Ce qui rend l’affaire encore plus étonnante, c’est qu’une autorisation émanant du ministère de la Justice, visée par la Direction de l’Administration Pénitentiaire, couvrait pourtant ces visites religieuses chaque semaine. Mais quand on lui a brandi ce document, le capitaine Demba a répondu qu’il ne connaissait ni ministre ni DAP, et qu’il ne rendait compte qu’à son état-major de la gendarmerie.
Et ce n’est pas tout! Au-delà du religieux, les détenus se retrouvent privés d’autres choses élémentaires. Le charbon pour la cuisson des repas a été interdit, les visites des proches ont été coupées, et plusieurs autres droits usuels ont été supprimés d’un trait de plume. La tension monte dans les cellules, et les prisonniers, excédés, ne cachent plus leur colère.
Ce qui alimente les interrogations autour du personnage, c’est son affichage ouvert de sympathie envers le groupe Wagner. Dans son entourage, il ne se gêne pas pour laisser entendre que si Wagner venait à prendre le pouvoir en Centrafrique, ce serait pour le mieux. Des propos qui, dans la bouche d’un homme en charge d’une prison de la capitale, laissent beaucoup de monde sans voix.
Maïngo, un an après : 50 millions de dollars, 4,67% de décaissement, et une proposition faite par Christian Aimé Ndotah jetée à la poubelle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/ministre_de_economie_filakota.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/ministre_de_economie_filakota.jpg” alt=”Maïngo, un an après : 50 millions de dollars, 4,67% de décaissement, et une proposition faite par Christian Aimé Ndotah jetée à la poubelle” width=”300″ height=”200″ />Richard Filakota, ministre de l’économie, du plan et de la coopération
Derrière les beaux discours sur l’autonomisation des femmes centrafricaines, le projet Maïngo cache un rythme d’exécution décevant et le rejet méthodique de ceux qui voulaient faire mieux.
Ce projet, approuvé par la Banque mondiale en juin 2021 et officiellement signé en septembre de la même année, repose sur une enveloppe de 50 millions de dollars. Son ambition affichée est d’améliorer l’accès aux soins, à l’éducation et aux opportunités économiques pour les filles et les jeunes femmes dans huit préfectures de la République Centrafricaine. Quatre composantes organisent ce chantier, avec des budgets répartis selon les priorités définies dès le départ.
C’est justement dans ce cadre que la composante 3, dotée de 7 millions de dollars, soit environ 3 milliards 759 millions de FCFA, prend toute son importance. Elle couvre le renforcement des capacités nationales, les campagnes de communication en faveur des femmes et des filles, ainsi que la gestion globale du projet. Ce n’est donc pas une composante secondaire, mais un pilier central de toute la stratégie de changement attendue sur le terrain.
C’est précisément autour de cette composante que Christian Aimé Ndotah a pris la parole le 19 février 2025, depuis son garage à Bangui. Il a proposé d’associer Radio Centrafrique aux campagnes de communication du projet, en réhabilitant ses studios et en créant des bureaux pour des correspondants dans les six régions concernées. Une idée enracinée dans la réalité du pays, là où la radio reste le seul média qui atteint les populations les plus éloignées.
Cette proposition ne venait pas de nulle part. Elle s’alignait directement sur un objectif inscrit dans le Plan National de Développement du gouvernement centrafricain, celui de développer les infrastructures de communication pour accompagner la politique de développement du pays. Ndotah avait même balisé le chemin : organiser des réunions techniques avec les experts du plan, évaluer financièrement le projet, capter la composante 3 de Maïngo, et revoir certaines nominations au cabinet du ministre concerné.
Pourtant, au lieu d’examiner ces recommandations, les autorités compétentes ont choisi une autre voie. Ndotah a reçu des avertissements, puis des blâmes, comme si signaler un problème était plus répréhensible que de laisser des milliards mal utilisés. Ce traitement réservé à ceux qui parlent trop juste est l’un des signes les plus inquiétants du dysfonctionnement qui entoure ce projet.
Car pendant que ses idées étaient écartées, les chiffres continuaient de raconter leur propre vérité. Au 31 décembre 2022, soit plus d’un an après la signature du contrat, le taux de décaissement du projet Maïngo n’atteignait que 4,67%. Sur 50 millions de dollars disponibles, presque rien n’avait encore été mobilisé pour changer concrètement la vie des filles dans les préfectures ciblées.
Ce retard de décaissement n’est pas un simple chiffre technique. Il signifie des filles qui attendent toujours des espaces sûrs, des femmes qui n’ont pas encore accès aux formations professionnelles prévues, et des communautés entières privées des campagnes de sensibilisation qui devaient les atteindre. Chaque pourcentage non décaissé correspond à des vies que le projet n’a pas encore touchées.
La date de clôture du projet est fixée au 31 décembre 2026. Le temps restant existe encore, mais un projet qui démarre lentement ne rattrape que rarement son retard, surtout dans un pays où les conditions sécuritaires et logistiques rendent chaque action de terrain deux fois plus difficile à conduire. La marge de manœuvre réelle se rétrécit à mesure que les mois passent.
Ce qui demeure en suspens, c’est la question de ce que sont devenus les 3 milliards 759 millions de FCFA de la composante 3, ceux qui auraient pu financer une stratégie médiatique nationale ambitieuse autour de Radio Centrafrique. Les gestionnaires du projet peinent visiblement à absorber un financement de cette ampleur, et les activités conduites jusqu’ici semblent loin de la hauteur des fonds engagés
À Ouanda-Djallé, sous-préfecture perdue à l’extrême nord-est de la République centrafricaine, à près de 900 kilomètres de Bangui, une mère de famille a été grièvement blessée au visage par son propre mari, ce dimanche 22 février 2026.
L’homme en question n’est pas un inconnu dans le voisinage. Consommateur invétéré de Tramadol et autres drogues de synthèse, il est décrit par tous ceux qui le côtoient comme un brigand endurci, quelqu’un à qui aucune parole ne pénètre sa tête, ni conseil ni mise en garde. Son épouse, mère de ses cinq enfants, avait pourtant choisi de rester auprès de lui, attachée à ses enfants qu’elle ne voulait pas abandonner.
Mais ce dimanche, dans la matinée, pendant que le mari était sorti consommer sa drogue de synthèse habituelle, les Tramadol, sa femme, de son côté, s’était rendue au marché pour faire ses courses du foyer. Pendant ce temps, l’homme, à son retour, il ne l’a pas trouvée à la maison, et cette absence a suffi à déclencher en lui une rage aveugle. Il s’est convaincu, sans aucun fondement, que sa femme était allée rejoindre un autre homme.
Dès que l’épouse a franchi le seuil de la maison, les bras chargés de ses achats, l’homme s’est jeté sur elle avec un couteau. Il lui a entaillé le visage de plusieurs coups, laissant des plaies profondes et sanglantes qui ont nécessité une prise en charge chirurgicale d’urgence. Les médecins ont dû recoudre les chairs à l’aide de fils, refermer les nombreuses fissures ouvertes sur son visage.
À l’heure où ces lignes sont écrites, la femme est encore allongée sur un lit d’hôpital, son visage couturé de points de suture, pendant que les gendarmes ratissent la zone à la recherche de son mari, qui a pris la fuite dès après les faits et demeure introuvable.
Bangui : panique générale à Kpata, la population quittent en débandade pendant que les Peuls font régner le chaos
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/troupeau-des-boeufs.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/troupeau-des-boeufs.jpg” alt=”Bangui : panique générale à Kpata, la population quittent en débandade pendant que les Peuls font régner le chaos” width=”300″ height=”300″ />Un troupeau de bœufs en transit dans la ville de Baoro. CopyrightCNC
Quelque chose de grave se passe derrière les collines du Camp Kassaï. À Kpata, la population a commencé à fuir, chassée par des éleveurs Peuls armés qui font la loi depuis plusieurs semaines.
Le village de Kpata n’est pas un endroit que l’on trouve facilement sur une carte de la République centrafricaine. Pour y accéder, il faut passer par le septième arrondissement, en passant par le Camp Kassaï. De là, il faut gravir et redescendre trois collines l’une après l’autre, marcher entre chaque montée, et recommencer jusqu’à atteindre ce coin du 9e arrondissement de Bangui. Ce bout de terre, autrefois recouvert de broussailles, s’est peuplé progressivement au fil des années, jusqu’à former de véritables villages.
C’est justement parce que cette zone commençait à prendre vie que ce qui s’y passe aujourd’hui frappe davantage. Des éleveurs Peuls armés ont investi le secteur, et leur présence a suffi à faire basculer la vie quotidienne des habitants. La peur s’est installée si vite que les familles ont commencé à ramasser leurs affaires et à quitter les lieux sans attendre.
Dès que la situation a éclaté, les BIR et des éléments russes de la milice Wagner se sont déplacés sur place pour constater ce qui se passait réellement. Leur venue sur le terrain montre que l’affaire a rapidement dépassé le cadre d’un simple incident. Mais pendant que les soldats se déplaçaient, les habitants, eux, continuaient de partir.
Ce qui rend cette affaire encore plus lourde à porter, c’est l’identité de ceux qui se trouvent derrière ces troupeaux. Les éleveurs Peuls qui sèment ce chaos ce sont ceux qui gardent les troupeaux du dictateur Faustin-Archange Touadéra. Ce ne sont pas des étrangers qui ont débarqué par hasard dans la zone, ce sont des hommes liés directement à l’entourage du chef de l’État.
Ce lien entre les éleveurs et le président ne doit rien au hasard. Le père de Touadéra est Peul, et ces mêmes familles assurent depuis longtemps la garde de son bétail dans plusieurs secteurs autour de Bangui. C’est cette proximité avec le pouvoir qui rend toute tentative d’intervention ferme particulièrement compliquée à mener jusqu’au bout.
La justice des Wagner vient de finir sa Session criminelle à Bouar : 24 dossiers jugés, 8 acquittements et 16 condamnations prononcés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/la-minusca-transporte-les-detenus-vers-la-cour-d-appel-de-bouar-photo-minusca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/la-minusca-transporte-les-detenus-vers-la-cour-d-appel-de-bouar-photo-minusca.webp” alt=”La justice des Wagner vient de finir sa Session criminelle à Bouar : 24 dossiers jugés, 8 acquittements et 16 condamnations prononcés” width=”500″ height=”282″ />La Minusca transporte les détenus vers la cour d’Appel de Bouar. Photo Minusca
La justice centrafricaine sous l’influence de la milice Wagner vient de boucler une session criminelle dense à Bouar, capitale de la Nana-Mambéré, avec des résultats qui méritent d’être portés à la connaissance du grand public.
Du 29 janvier au 13 février 2026, la Cour d’appel de Bouar a tenu sa session criminelle dans des conditions que le Procureur général, Laurent Ouabita, a qualifiées de satisfaisantes. Tous les acteurs attendus étaient au rendez-vous : magistrats, avocats, jurés, forces de sécurité intérieure composées de gendarmes et de policiers, ainsi que le personnel pénitentiaire.
La MINUSCA a, de son côté, assuré le transfèrement des accusés depuis la maison d’arrêt jusqu’à la Cour d’appel, ce qui a grandement facilité le bon déroulement des audiences.
Sur les 27 dossiers inscrits au rôle, trois ont été reportés à la prochaine session pour des motifs précis. Le premier nécessitait un complément d’information judiciaire, le deuxième exigeait une expertise psychiatrique, car l’accusé ne semblait pas jouir de toutes ses facultés mentales, et le troisième manquait du dossier de personnalité, pièce indispensable en matière criminelle. Les 24 dossiers restants ont tous été examinés et tranchés au fond.
Parmi ces 24 affaires jugées, huit accusés ont été acquittés, tandis que six autres ont écopé de peines de travaux forcés allant de dix à vingt ans. Dix condamnés ont, quant à eux, reçu des peines d’emprisonnement ferme comprises entre deux et dix ans. Les faits reprochés couvraient un large spectre d’infractions : assassinat, viol, association de malfaiteurs et vol aggravé.
Cependant, la session a mis en évidence deux lacunes récurrentes dans la constitution des dossiers soumis à la Cour. Dans les affaires de viol notamment, les certificats médicaux et les copies d’actes de naissance des victimes faisaient souvent défaut. L’absence de pièces à conviction a, par ailleurs, largement pesé dans les décisions d’acquittement rendues au cours de ces audiences.
Pour corriger cette situation, le Procureur général a annoncé l’envoi immédiat d’une circulaire à tous les procureurs de la République du ressort. Ce document imposera désormais qu’aucun dossier de viol ne soit transmis au Parquet général sans les pièces essentielles : certificat médical, copie d’acte de naissance de la victime et dossier de personnalité. Laurent Ouabita a également adressé ses remerciements au gouvernement pour les ressources mobilisées malgré les contraintes budgétaires, ainsi qu’à la MINUSCA et au Programme des Nations Unies pour le développement pour leur
MCU (vitrine), MINUSCA (moteur), Wagner/Rwanda (baïonnettes) : le triangle du régime de Touadéra est en train de se briser
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/valentine-rugwabiza-et-touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/valentine-rugwabiza-et-touadera.jpg” alt=”MCU (vitrine), MINUSCA (moteur), Wagner/Rwanda (baïonnettes) : le triangle du régime de Touadéra est en train de se briser” width=”300″ height=”199″ />Madame Valentine Rugwabiza à gauche, et le Président Touadera à droite, lors de leur rencontre au palais de la renaissance de Bangui
L’architecture du pouvoir de Touadéra décodée par l’analyste politique centrafricain Fari Tahéruka Shabazz vient de livrer une lecture d’une clairvoyance sur la structure réelle du pouvoir à Bangui. Loin des analyses binaires qui opposent mécaniquement « pouvoir » et « opposition », il dévoile un système triangulaire sophistiqué, un édifice à trois piliers dont chacun remplit une fonction précise, irremplaçable, et dont l’effondrement simultané annonce non pas une crise passagère, mais une désintégration programmée.
La vitrine : le MCU, façade républicaine d’un régime hors-sol
Au sommet visible de ce triangle, le Mouvement Cœurs Unis (MCU). C’est lui qu’on voit : les ministres qui défilent, l’Assemblée nationale qui vote, le Conseil constitutionnel qui valide, l’administration qui exécute. C’est la machinerie institutionnelle, l’appareil d’État qui produit communiqués, décrets, nominations et cérémonies protocolaires.
Mais Fari Tahéruka Shabazz enfonce le clou : le MCU n’est qu’une vitrine. Il ne gouverne pas réellement, il habille le pouvoir. Il donne l’apparence de la légitimité nationale, l’illusion d’une continuité républicaine, le vernis d’un État qui fonctionne. Mais derrière les discours patriotiques et les rassemblements de militants, il n’y a ni autonomie stratégique, ni capacité opérationnelle réelle. Le MCU est un décor institutionnel nécessaire — mais ce n’est qu’un décor.
Le moteur invisible : la MINUSCA, carburant stratégique du régime
Voilà le cœur du système, le pilier central que Fari Tahéruka Shabazz identifie avec une précision chirurgicale. La MINUSCA n’est pas un simple partenaire technique : c’est le moteur. Sans elle, rien ne tourne.
Depuis 2016, c’est la mission onusienne qui fournit :
∙ La légitimité internationale multilatérale sans laquelle Touadéra ne serait qu’un président contesté parmi d’autres dans la région
∙ Le soutien logistique et financier massif qui compense l’effondrement total des capacités budgétaires de l’État centrafricain
∙ La présence militaire dissuasive dans les zones critiques, empêchant l’effondrement total face aux groupes armés
∙ Le parapluie diplomatique qui permet au régime de survivre aux scandales, aux violations des droits humains, aux échecs répétés
Fari Tahéruka Shabazz a raison de marteler ce point : sans la MINUSCA, le triangle perd son centre de gravité. Elle n’apporte pas qu’un appui parmi d’autres — elle est le carburant principal, le rouage essentiel, l’élément sans lequel tout l’édifice s’effondre. Le MCU peut faire semblant de gouverner, Wagner peut protéger le palais, mais sans le moteur MINUSCA, il n’y a plus d’État, plus de crédibilité, plus de projet politique tenable.
Les baïonnettes : Wagner et le Rwanda, violence déléguée et coercition rapide
Troisième sommet du triangle : les « Alliés ». D’un côté Wagner (rebaptisé Afrika Korps), de l’autre les forces rwandaises déployées bilatéralement. Leur rôle est clair, brutal, non négociable : ils fournissent la force brute.
Protection rapprochée du président. Opérations offensives contre les groupes armés. Sécurisation des zones minières stratégiques. Élimination physique des menaces directes. C’est la violence organisée, la capacité de coercition immédiate quand la MINUSCA ne peut ou ne veut pas intervenir.
Mais comme le souligne justement Fari Tahéruka Shabazz, les baïonnettes ne donnent ni légitimité internationale, ni carburant financier ou logistique global. Wagner ne finance pas l’État, ne nourrit pas les fonctionnaires, ne paye pas les enseignants. Le Rwanda n’apporte pas de crédibilité onusienne. Leur apport est unilatéral : la violence. Essentielle dans un contexte de guerre civile larvée, mais structurellement insuffisante pour faire tenir un régime à elle seule.
Le triangle se brise : une désintégration simultanée
Et c’est là que l’analyse de Fari Tahéruka Shabazz devient implacable. Ce triangle, cette architecture à trois piliers interdépendants, est en train de se disloquer — simultanément, sur ses trois sommets.
Le moteur MINUSCA s’effondre sous la crise financièreterminale de l’ONU
Les chiffres sont publics, les faits sont têtus :
∙ Déficit budgétaire abyssal des opérations de maintien de la paix onusiennes ∙ Menace concrète de faillite technique en juillet 2026 ∙ Retraits déjà constatés de bases stratégiques en Centrafrique ∙ Réduction drastique des moyens logistiques et opérationnels Sans financement, la MINUSCA ne peut plus jouer son rôle de moteur. Et sans moteur, tout le système cale. Ce n’est pas une érosion progressive, c’est un effondrement structurel. Le carburant principal du régime Touadéra est en train de disparaître, non pas pour des raisons politiques conjoncturelles, mais pour des raisons financières systémiques, incontrôlables depuis Bangui.
Les baïonnettes (Wagner/Rwanda) perdent leur puissance de feu
Wagner se recentre sur l’exploitation minière, activité lucrative et moins risquée que la défense globale d’un régime en décomposition. Leur engagement militaire devient sélectif, ciblé, utilitariste.
Quant aux Rwandais, la situation est encore plus critique : perte des financements historiques américains, britanniques, onusiens. Le Rwanda de Kagame fait face à un assèchement brutal de ses ressources externes. Conséquence directe : les troupes rwandaises risquent un retrait forcé de Centrafrique, non par choix stratégique, mais par impossibilité financière.
Les baïonnettes s’émoussent, se replient, se raréfient. Le troisième sommet du triangle vacille.
La vitrine MCU se fissure de l’intérieur
Privé de moteur (MINUSCA défaillante) et de baïonnettes (Wagner/Rwanda en retrait), le MCU perd sa cohésion interne. Fari Tahéruka Shabazz identifie trois profils dans l’écosystème du parti-État :
∙ Les fanatiques, qui persistent dans le déni et continuent à agiter des drapeaux vides ∙ Les réalistes, qui avouent publiquement l’échec et cherchent des portes de sortie honorables ∙ Les silencieux, qui préparent déjà leur repositionnement post-Touadéra Une vitrine fissurée ne tient pas longtemps. Quand les cadres du régime commencent à parler ouvertement d’échec, quand les ministres cherchent discrètement des contacts avec l’opposition ou l’extérieur, quand les militants de base disparaissent des meetings, ce n’est plus une crise politique — c’est une décomposition organique.
Pas de reconfiguration possible : la tectonique des plaques du pouvoir
Fari Tahéruka Shabazz enfonce le dernier clou, le plus brutal : une fois le triangle brisé, il n’y a pas de reconfiguration rapide possible. Aucun des trois sommets ne peut survivre seul, aucun ne peut compenser l’absence des deux autres.
∙ Le MCU sans MINUSCA et sans Wagner/Rwanda n’est qu’un parti fantôme dans un État en faillite
∙ La MINUSCA en faillite ne peut plus soutenir personne
∙ Wagner/Rwanda sans financement ni moteur onusien ne peuvent défendre durablement un régime illégitime et isolé
C’est la tectonique des plaques du pouvoir centrafricain : quand le triangle se disloque, le régime ne tombe pas parce qu’il perd un appui parmi d’autres — il tombe parce que l’architecture même qui le soutenait n’existe plus.
Il ne s’agit pas d’une simple érosion, d’un affaiblissement progressif qu’on pourrait ralentir ou compenser. C’est une désintégration structurelle, un effondrement systémique où les trois piliers s’effondrent en même temps, chacun entraînant les deux autres dans sa chute.
Fari Tahéruka Shabazz a raison, jusqu’au bout
L’analyse de Fari Tahéruka Shabazz n’est pas confortable. Elle ne laisse aucune place à l’optimisme de façade ni aux illusions diplomatiques. Mais elle a le mérite implacable de la lucidité.
Le pouvoir de Touadéra ne repose pas sur une base populaire, ni sur une armée nationale, ni sur une légitimité démocratique. Il repose sur un triangle artificiel, asymétrique, fragile : une vitrine institutionnelle (MCU), un moteur onusien (MINUSCA), des baïonnettes mercenaires (Wagner/Rwanda).
Ce triangle est en train de se briser. Le moteur tombe en panne. Les baïonnettes se retirent. La vitrine se fissure.
Quand les trois piliers s’effondrent simultanément, il ne reste rien. Pas de plan B, pas de reconfiguration miracle, pas de résilience structurelle. Juste un vide politique béant, et l’inéluctable question : qu’est-ce qui vient après ?
Fari Tahéruka Shabazz ne donne pas la réponse. Mais il pose les bonnes questions, avec la rigueur et le courage qu’on attend d’un analyste qui refuse de mentir à son peuple.
Centrafrique : Tensions et malaise lors des obsèques du magistrat Jean-Louis Gallo à Bangui, le ministre Arnaud Djoubaye Abaazène sème le chaos
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/arnaud-djoubaye-abazene-ministre-d-etat-charge-de-la-justice-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Arnaud Djoubaye Abazène, ministre d’État chargé de la justice en Centrafrique
Le 17 février 2026, collègues, proches et autorités se sont réunis sur l’esplanade de la Cour d’appel de Bangui pour rendre un dernier hommage au magistrat Jean-Louis Gallot, membre de l’Inspection des services judiciaires. Selon la tradition, cette cérémonie solennelle devait être un moment de recueillement et d’unité au sein de la grande famille judiciaire.
Mais au fil des hommages, un incident est venu troubler la solennité de l’événement, démontrant au passage un malaise plus profond au sein du corps judiciaire.
Conformément à l’article 60 de la loi portant statut de l’ordre judiciaire en République centrafricaine, le décès d’un magistrat en fonction donne lieu à des procédures protocolaires strictes destinées à honorer sa mémoire et à assurer la continuité du service public de la justice. La présence des plus hautes autorités, notamment du Chef de l’État, premier magistrat du pays, s’inscrit dans ce cadre.
Les juridictions de Bangui comme celles des provinces s’étaient mobilisées pour déposer des gerbes de fleurs en hommage à leur collègue disparu. Après le passage de la juridiction de Zémio, ce fut au tour de celle de Satema, représentée par le magistrat Herman Bindoumi.
C’est à ce moment précis que, selon plusieurs témoins, le ministre d’État en charge de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, aurait demandé au protocole d’interrompre le passage des juridictions de province pour privilégier celles de Bangui.
Un silence pesant se serait alors installé. Malgré cette intervention, la gerbe de la juridiction de Satema aurait finalement été déposée. En revanche, seize autres juridictions provinciales n’auraient pas pu accomplir le geste symbolique prévu.
Incompréhension et indignation
Cet arrêt inattendu du protocole a suscité une vive incompréhension parmi les magistrats concernés. Plusieurs d’entre eux s’interrogent sur les raisons de cette décision et déplorent le fait de n’avoir pu honorer leur collègue conformément à la tradition. Certains évoquent même la possibilité de conditionner leur participation future à des cérémonies officielles à des explications claires de la part du ministère.
Au-delà du corps judiciaire, des membres de la famille du défunt auraient également exprimé leur désarroi face à ce qu’ils considèrent comme un incident inapproprié dans un moment de deuil.
Un climat déjà tendu
Pour certains observateurs, cet épisode s’inscrirait dans un climat de tensions persistantes entre le ministre de la Justice et une partie des magistrats. Le nom de Herman Bindoumi est notamment cité dans des différends antérieurs liés à son parcours professionnel.
D’après des sources judiciaires, lors de leur formation à l’École de magistrature de Yaoundé, Herman Bindoumi et son frère Judicaël Bindoumi auraient rencontré des difficultés administratives concernant l’évaluation de leur stage à Bangui. L’établissement aurait finalement autorisé un nouveau stage, dont les résultats se seraient révélés satisfaisants.
Ces éléments alimentent aujourd’hui les spéculations sur l’origine du malaise observé lors des obsèques.
Dans un contexte où la justice centrafricaine fait face à de nombreux défis structurels : manque d’infrastructures, insuffisance de personnel et contraintes logistiques en province, cet incident vient raviver les interrogations sur la gouvernance du secteur judiciaire. Parmi ces défis, il y a de conflit d’intérêt, règlement de compte et comportement anti professionnel dont le ministre mafieux Arnaud Djoubaye Abazène est mis en cause dans plusieurs dossiers sales.
Plusieurs magistrats appellent à l’apaisement et à un dialogue interne afin de préserver l’image et la crédibilité de l’institution. Car au-delà des divergences personnelles ou administratives, c’est la cohésion du corps judiciaire et la confiance des citoyens dans l’État de droit qui sont en jeu.
En attendant, l’attitude du ministre incompétent et mafieux laisse l’empreinte d’un malaise profond au sein de la magistrature.
Sikikédé, un état dans un état : bientôt la charia dans cette ville du nord-Est de la RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-la-route-poussiereuse-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-photo-cnc.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-la-route-poussiereuse-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-photo-cnc.png” alt=”Sikikédé, un état dans un état : bientôt la charia dans cette ville du nord-Est de la RCA” width=”300″ height=”219″ />Image d’illustration
Au nord-est de la Centrafrique, dans la préfecture de la Vakaga, une localité appelée Sikikédé applique ses propres règles en dehors de tout contrôle étatique.
La ville de Sikikédé, communément appelé Ndah, fonctionne aujourd’hui comme une enclave autonome où l’autorité centrafricaine n’existe plus. Cette sous-préfecture éloignée de la capitale échappe totalement au regard des institutions nationales. Les forces de sécurité déployées dans la Vakaga arrivent à Birao, la capitale provinciale, refusent de quitter le chef-lieu pour rejoindre les villages et sous-préfectures environnantes.
Ce vide administratif a permis l’émergence d’une organisation locale spectaculaire. Les jeunes de Sikikédé ont pris en main la gestion sécuritaire de leur ville. Certains occupent la gendarmerie, d’autres la police, , certains se présentent comme des douaniers, quelques-uns se présentent même comme agents des eaux et forêts.
D’ailleurs, la quantité d’armes en circulation dans les quartiers dépasse celle des forces armées nationales. Chaque habitant possède son propre fusil, acheté au Soudan ou au Tchad voisin. Cette situation arme la population bien au-delà des capacités de l’armée régulière.
Les auxiliaires autoproclamés rendent une justice à leur manière. Aucun tribunal officiel n’existe dans la localité de Sikikédé. Les jugements se déroulent chez le maire, entièrement en langue locale. Les verdicts tombent en patois, sans recours ni appel possible.
Toute infraction se règle par une amende. La prison n’existe pas ici. L’argent collecté circule entre les mains des différents acteurs locaux. Celui qui arrête un contrevenant reçoit sa part, les auxiliaires prennent la leur, le maire obtient la sienne, et le reste remonte vers Birao.
Une brigade spéciale chargée de pourchasser les femmes qui osent sortir la nuit est mise en place. Lorsque ces pauvres femmes sont interceptées, elles subissent des châtiments corporels dans des lieux spéciaux. Leur bouche est scotchée avant qu’on ne les frappe violemment. Cette pratique s’applique sans exception ni pitié.
Les femmes ne jouissent d’aucune liberté à Sikikédé. Saluer un homme dans la rue peut coûter 500 000 francs d’amende. La personne qui dénonce cette interaction reçoit jusqu’à 150 000 francs comme récompense. Le système encourage ainsi la délation et le contrôle social permanent.
Cette ville incarne désormais le foyer principal des violences faites aux femmes en Centrafrique. Les restrictions imposées aux habitantes rappellent des règles inspirées d’une charia adaptée au modèle centrafricain. Les déplacements sont limités, les horaires de sortie strictement encadrés, la présence à domicile obligatoire la nuit.
La loi du talion s’applique parfois. Si quelqu’un blesse un membre de votre famille, vous pouvez exiger une compensation équivalente. Cette pratique ancienne refait surface dans ce territoire abandonné par l’État. Les familles règlent leurs comptes selon des codes ancestraux remis au goût du jour.
Sikikédé représente aujourd’hui un territoire où les normes républicaines ont cédé la place à un modèle importé et réinterprété. Les habitants vivent sous un régime de contraintes qui n’a rien à envier aux zones les plus rigoristes du continent. La distance avec Bangui ne se mesure plus seulement en kilomètres mais en siècles de droits humains
Abakar Sabone lance un appel solennel à la communauté internationale et affirme que la MINUSCA joue le même rôle que jouent les groupes Wagner”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/Abacar-Sabome.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/Abacar-Sabome.jpg” alt=”Abakar Sabone lance un appel solennel à la communauté internationale et affirme que la MINUSCA joue le même rôle que jouent les groupes Wagner"” width=”300″ height=”169″ />Abakar Sabone
L’ancien ministre centrafricain Abakar Sabone a pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme un abandon de son pays par les instances internationales, tout en pointant du doigt la présence de mercenaires étrangers sur le territoire national.
La situation que traverse la République centrafricaine inquiète de nombreux observateurs, notamment ceux qui connaissent l’histoire tourmentée de ce pays d’Afrique centrale. Abakar Sabone s’exprime avec une franchise déconcertante : “Aujourd’hui, vous avez abandonné la République centrafricaine.” Ses mots s’adressent directement à la communauté internationale, qu’il accuse d’avoir tourné le dos à un peuple en détresse. Selon lui, le pays “n’existe que de noms” et se trouve “pris en otage par des mercenaires de groupe Wagner”. Ces forces, qu’il décrit comme composées de “anciens militaires, des délinquants, des criminels, des prisonniers de guerre”, auraient été envoyées sous la responsabilité du président Touadéra.
L’ancien ministre poursuit en décrivant les exactions dont serait victime la population. “Depuis qu’ils sont en Centrafrique, ils ont terrorisé la population centrafricaine sur l’ensemble du territoire”, affirme-t-il sans détour. Il évoque des massacres quotidiens, des viols répétés et un pillage massif des ressources minières, sans “aucune autorisation, sans aucun contrôle”. Cette exploitation des richesses du sous-sol constitue, à ses yeux, une razzia organisée qui dépouille le pays de son patrimoine.
Sabone relève ensuite une contradiction qu’il juge intolérable. “Il est dit quelque part que tout pays qui collabore avec les groupes Wagner sera soumis sous sanction onusienne”, rappelle-t-il. Pourtant, en République centrafricaine, la MINUSCA elle-même “collabore avec ces Wagner dans des opérations, dans des patrouilles”. Plus encore, ces deux entités tiendraient “des réunions ensemble au sein de la MINUSCA”, ce qui constitue à ses yeux une aberration complète. Face à cette réalité, la communauté internationale adopterait selon lui “la politique de l’autruche, de ni vu, ni entendu”.
Pour l’ancien ministre, cette passivité équivaut à une complicité. “Le silence devant le crime a sa part de responsabilité dans le crime commis”, lance-t-il avec gravité. Il va plus loin en affirmant que “la MINUSCA joue le même rôle que jouent les groupes Wagner”. Selon ses dires, ils “collaborent, ils pillent le pays ensemble, ils massacrent ensemble”, alors que la mission première de la MINUSCA devrait être “la protection de la population civile”.
Abakar Sabone décrit ensuite des scènes qui glacent le sang. Dans le Haut-Mbomou et sur les chantiers miniers dans tout le pays, des Centrafricains seraient enterrés vivants “pour leur faire peur d’abandonner les chantiers au profit des Wagner, de la MINUSCA et des mercenaires rwandais”. Ces méthodes d’intimidation viseraient à vider les zones d’exploitation de leurs occupants légitimes.
Face à cette accumulation de griefs, l’ancien ministre annonce que “les compatriotes intègres centrafricains prendront leurs responsabilités pour mettre hors d’état de nuire le président Touadéra avec ses complices Wagner et les mercenaires rwandais”. Il lance alors un avertissement direct à la MINUSCA, faisant référence aux événements survenus “à l’est de la République démocratique du Congo” et affirmant que la Centrafrique “ne sera pas l’exception”.
Son message devient encore plus tranchant quand il s’adresse aux forces onusiennes : “Mettez-vous à l’écart. Le problème est centrafricano-centrafricain. La solution aussi est centrafricano-centrafricaine”. Il réitère cet appel à plusieurs reprises, mettant en garde contre toute interférence : “Ne vous mettez pas sur notre trajectoire.” L’avertissement s’accompagne d’une menace à peine voilée : en cas de non-respect de cette consigne, la MINUSCA serait “seule responsable de toutes les conséquences qui en découleront”.
Sabone conclut son discours par des propos martials. “Notre objectif, cap sur Bangui”, déclare-t-il avant de défier directement les mercenaires : “Wagner, montez au front, nous serons là.” Il promet que ces derniers découvriront alors “s’il y a des hommes ou il n’y a pas des hommes, s’il y a des guerriers ou il n’y a pas des guerriers” dans le pays. Enfin, il martèle : “Personne n’a le monopole de la violence. Œil pour œil, dent pour dent.” Cette rhétorique guerrière témoigne de la détermination de ceux qui s’opposent au régime actuel et à ses alliés étrangers, dans un contexte où les tensions atteignent un niveau
À Bangui, quand l’hôpital communautaire renvoie les malades mourir chez eux à la maison
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-medecins-dans-la-salle-operatoire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-medecins-dans-la-salle-operatoire.jpg” alt=”Forum UA sur la Santé : Balalou Vante des Engagements, Pendant que les Femmes Meurent en Accouchant par Faute de Soins en RCA” width=”300″ height=”225″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-medecins-dans-la-salle-operatoire.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-medecins-dans-la-salle-operatoire-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-medecins-dans-la-salle-operatoire-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Au bloc opératoire de l’hôpital communautaire
En République Centrafricaine, franchir les portes d’un établissement de santé suffit pour comprendre l’ampleur du naufrage de ce pays dirigé par des criminels en col blanc. Les structures médicales dans la capitale comme dans les villes de provinces tiennent debout uniquement grâce aux organisations humanitaires et à l’acharnement de certains agents de santé qui bricole avec les moyens du bord.
Quand vous arrivez dans ce pays, le premier constat est que le pays semble flotter sur l’eau, prêt à couler d’un instant à l’autre. Sans les ONG internationales comme Médecins Sans Frontières, sans l’Alliance Internationale pour l’Aide Médicale, sans le Programme Alimentaire Mondial ou l’Organisation Mondiale de la Santé, tout aurait déjà sombré depuis longtemps dans le chaos total. Ces organisations tentent de maintenir la tête du pays hors de l’eau pendant que ceux qui le dirigent continuent de détourner les ressources et de danser au son du roumba à la congolaise. Ce refrain de victoire, koua ké goué ti lo goué ngo…, résonne partout où passent le Président Faustin-Archange Touadera et son clan au pouvoir : le travail continue, le régime avance, tout va bien. Le président danse, les ministres dansent, l’épouse du chef de l’État danse également. Les vieux papa, qui ne voient plus leurs âges, dansent partout sur le tombeau des centrafricains.
Voilà dans quel contexte dans la danse générale du régime qu’une femme d’une soixantaine d’années, mère de famille résidant dans le septième arrondissement de Bangui, a subi un accident vasculaire cérébral un matin quelconque. Ses enfants l’ont transportée d’urgence vers l’hôpital communautaire, situé à plus de 7 kilomètres de leur lieu de résidence. Les médecins l’ont examinée rapidement, ont pratiqué quelques gestes de premiers secours, puis ont annoncé la nouvelle : aucun lit n’est disponible dans tout l’établissement. Même les couloirs débordent de patients allongés sur des nattes posées à même le sol carrelé. Ces gens attendent depuis des jours parfois, espérant recevoir des soins qui ne viendront peut-être jamais. Impossible donc de trouver le moindre espace pour cette nouvelle patiente. Elle doit rentrer chez elle. Si son état empire à nouveau dans les heures ou les jours à venir, ses enfants pourront tenter de la ramener.
Cette scène se répète malheureusement quotidiennement dans tous les hôpitaux de la capitale. Les médecins le savent pourtant : un accident vasculaire cérébral ne prévient jamais de son retour. Cette femme a échappé au pire cette fois-ci, mais personne ne peut garantir qu’elle survivra à la prochaine crise si elle se trouve encore chez elle, loin de toute assistance médicale. L’AVC peut tuer en quelques minutes ou laisser des séquelles paralysantes irréversibles. Renvoyer une telle patiente à domicile équivaut presque à la condamner, et les médecins qui prennent cette décision le font la mort dans l’âme, conscients qu’ils n’ont simplement pas d’autre choix.
Les hôpitaux centrafricains manquent absolument de tout. Les lits occupés le restent pendant des semaines car les malades chroniques n’ont nulle part ailleurs où aller. Les équipements de base font défaut : pas assez de tensiomètres, de thermomètres fonctionnels, de gants stériles ou de compresses. Les familles doivent acheter elles-mêmes les médicaments prescrits, quand ceux-ci existent encore dans les rares pharmacies du pays. Certaines interventions chirurgicales nécessitent que les proches du patient fournissent jusqu’aux fils de suture. Dans les salles d’attente, on croise des enfants fiévreux dont les parents n’ont pas de quoi payer une simple perfusion de réhydratation. Des femmes enceintes accouchent parfois dans les couloirs parce que les salles de travail sont bondées depuis le matin.
Le personnel médical fait ce qu’il peut avec presque rien. Beaucoup de soignants achètent de leur poche le matériel indispensable pour sauver des vies.
Cette décrépitude sanitaire découle directement de décennies de pillage organisé et de négligence assumée. Les budgets destinés aux hôpitaux s’évaporent dans les poches des responsables avant même d’arriver à destination. Les taxes imposées sur les transactions financières électroniques ne sont pas visibles. Elles sont réservées aux financements du groupe Wagner. Les équipements médicaux achetés à prix d’or lors d’appels d’offres truqués n’arrivent jamais dans les établissements censés les recevoir. Les constructions d’infrastructures sanitaires annoncées en grande pompe lors des cérémonies officielles ne dépassent jamais le stade des discours fleuris et des premières pierres posées devant les caméras. Chaque centime normalement alloué à la santé publique nourrit l’appétit insatiable d’une classe dirigeante qui n’utilise de toute façon jamais ces hôpitaux délabrés puisqu’elle se fait soigner en France, en Tunisie ou au Maroc dès qu’apparaît le moindre bobo. Comme la dent de Ngamana financée à 17 millions pour aller se soigner en France.
Les citoyens ordinaires n’ont évidemment pas accès à ce luxe. Ils doivent se contenter de structures où manque même l’eau courante la plupart du temps. On y trouve des salles d’opération sans climatisation où la chaleur rend le travail des chirurgiens presque insoutenable, des blocs opératoires où les praticiens travaillent avec des gants rapiécés plusieurs fois, des maternités totalement dépourvues de couveuses pour les bébés prématurés qui meurent donc en quelques heures. Les urgences ressemblent davantage à des mouroirs qu’à des lieux de guérison. Des accidentés de la route attendent parfois des heures avant qu’un médecin ne daigne jeter un œil à leurs blessures. Beaucoup rendent leur dernier souffle sur les bancs en bois des salles d’attente avant d’avoir vu le moindre professionnel de santé.
Pendant que cette femme du septième arrondissement rentrait chez elle avec la peur au ventre de ne pas survivre au prochain accident vasculaire, pendant que des dizaines de Centrafricains mouraient faute de soins appropriés dans les hôpitaux de Bangui, de Berbérati ou de Bambari, les dirigeants du pays continuaient leurs célébrations. La dance des sorciers du régime résonne lors de chaque déplacement de Baba Kongoboro, lors de chaque inauguration factice, lors de chaque réunion du parti au pouvoir. Tout le monde danse : les ministres en costume trois-pièces importé, les députés ventrus qui n’ont jamais mis les pieds dans un hôpital public, les conseillers spéciaux dont les épouses accouchent dans des cliniques privées à Paris. Ils dansent comme s’ils piétinaient les tombes de tous ces Centrafricains morts d’un paludisme mal soigné, d’une infection post-partum évitable, d’un diabète non traité ou d’un simple appendice qui aurait pu être retiré à temps.
Les organisations internationales colmatent tant bien que mal les brèches béantes du système. Le PAM distribue des vivres pour éviter les famines à répétition, MSF gère des centres de santé dans toutes les zones du pays, l’OMS coordonne les campagnes de vaccination qui protègent encore les enfants contre certaines maladies. Sans cette présence étrangère, le peu qui subsiste s’effondrerait complètement en quelques semaines. Cette dépendance totale vis-à-vis de l’aide extérieure montre l’incapacité absolue des autorités à assumer leurs responsabilités les plus élémentaires envers leur propre population. Chaque jour apporte son lot de drames évitables : des diabétiques privés d’insuline, des cancéreux sans accès à la moindre chimiothérapie, des cardiaques qui ne peuvent se payer un pontage même s’ils vendaient tous leurs biens. Des enfants meurent de diarrhées aiguës qui se soignent avec trois jours de réhydratation. Des tuberculeux contaminent leur entourage parce qu’ils n’ont pas accès aux antibiotiques nécessaires. Des femmes perdent la vie en donnant naissance parce qu’une simple césarienne reste hors de portée dans leur région
Bangassou : Un jeune taxi-moto tué et dépouillé de sa moto à 17 km de la ville
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Bangassou-par-la-Minusca.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Bangassou-par-la-Minusca.jpg” alt=”Bangassou : Un jeune taxi-moto tué et dépouillé de sa moto à 17 km de la ville” width=”300″ height=”173″ />La ville de Bangassou. Photo Minusca
La violence continue de frapper les axes routiers de la région de Bangassou, où un jeune homme a perdu la vie dans des circonstances particulièrement odieuses.
C’est sur la route de Rafaï, précisément au lieu dit Pekka, derrière la chapelle catholique de Mongo, à 17 kilomètres de Bangassou, que le corps sans vie d’un jeune conducteur de taxi-moto âgé de 20 ans a été retrouvé. La découverte a été faite par des habitants du coin qui ont aussitôt alerté les proches.
Selon un témoin qui s’est rendu sur les lieux, et interrogé par la rédaction du CNC, la victime avait pris le volant pour transporter un passager jusqu’au village Ndégedouma, situé à 37 kilomètres. C’est au retour de cette course que le jeune homme est tombé entre les mains de personnes aux intentions criminelles, qui l’ont attendu sur ce tronçon peu fréquenté.
Ces individus l’ont d’abord roué de coups, avant de mettre fin à ses jours. Une fois leur acte accompli, ils ont emporté la moto, qui constituait pour cette jeune vie l’unique outil de travail et de survie quotidienne.
Les auteurs de cet acte n’ont pas encore été identifiés. Ils ont pris la fuite avec l’engin, disparaissant dans la nature. Les populations de cette zone, qui vivent au quotidien avec la peur de circuler sur cet axe, encaissent ce drame avec une profonde inquiétude.
Les médiateurs religieux peuvent-ils inverser la tendance des conflits dans le Haut-Mbomou ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/eglise-catholique-de-zemio-dans-le-mbomou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/eglise-catholique-de-zemio-dans-le-mbomou.jpg” alt=”Les médiateurs religieux peuvent-ils inverser la tendance des conflits dans le Haut-Mbomou ?” width=”300″ height=”220″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/eglise-catholique-de-zemio-dans-le-mbomou.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/eglise-catholique-de-zemio-dans-le-mbomou-80×60.jpg 80w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Église Catholique de Zemio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, en République centrafricaine. CopyrightDR
Depuis plusieurs jours, catholiques, protestants, musulmans et animistes unissent leurs efforts pour négocier la libération de trois captifs et ramener la paix dans le Haut-Mbomou.
Cette démarche des religieux centrafricains fait suite à la capture, le 28 décembre dernier, de quatre personnes : la sous-préfet de Bambouti, le commandant de la compagnie de la gendarmerie de Bambouti et deux agents électoraux. Les ravisseurs réclament l’intervention des religieux pour entamer des pourparlers et obtenir la libération des otages. L’insécurité perdure dans cette préfecture depuis près d’une année, faisant des victimes dans tous les camps, y compris parmi les civils.
Conscients de la gravité de la situation, les représentants des différentes confessions ont décidé d’agir ensemble. Leur objectif consiste à établir un premier contact direct avec les miliciens Azandé, à la communauté locale avant de rapporter leurs revendications aux autorités de Bangui. Cette approche progressive vise à recueillir les doléances de chaque partie pour faciliter un éventuel rapprochement.
Dans cette logique, une première délégation s’est rendue à Zémio la semaine dernière pour rencontrer les notables locaux. Les chefs de quartier et de village consultés ont toutefois exprimé leur neutralité dans ce conflit. Ils affirment ne détenir aucune autorité sur les combattants et préconisent des discussions directes avec les miliciens azandés.
Suite à ces échanges peu concluants, une seconde équipe religieuse s’est déplacée à Obo pour mener des consultations similaires. Là encore, les responsables locaux renvoient les médiateurs vers les groupes armés eux-mêmes. Cette répétition du même schéma complique sérieusement la mission des émissaires de l’Église.
Mais au-delà de ces difficultés diplomatiques, l’arrivée de ces médiateurs provoque des réactions hostiles sur le terrain. À Zémio comme à Obo, leur présence crée une agitation palpable auprès des forces Wagner. Il est à rappeler que depuis plusieurs semaines, beaucoup d’habitants ont fui vers les champs pour échapper aux exactions des miliciens russes, et en apprenant la venue des émissaires de l’Église, certains commencent à sortir de leur cachette.
Cette apparition soudaine des villageois déclenche aussitôt la méfiance des miliciens Wagner qui installent des barrages. Ils s’installent à plusieurs niveaux ou les habitants sortent de leur champ, intimidant au passages les gens qui sortent pour venir dans la ville. Leur objectif est simple : filtrer le passage pour éventuellement capturer les miliciens Azandé qui vont sortir de la brousse afin de rencontrer les religieux. C’est une mauvaise disposition d’esprit. Ces criminels russes voient tout le monde comme des miliciens et tentent de les intimider.
Même devant les bâtiment de l’église où se tient la réunion, les pick-up des mercenaires font des allers-retours incessants pour intimider la population et décourager tout mouvement.
Pendant que cette tension monte dans le Haut-Mbomou, à Bangui, le porte-parole gouvernemental, le clepto-mythomane Maxime Balalou tient un discours sans équivoque. Selon lui, grâce aux miliciens russes du groupe Wagner, le pouvoir n’engagera aucune négociation avec ces « criminels ». Il promet leur mise en déroute complète et rejette publiquement toute initiative de médiation.
Cette fermeté contraste pourtant avec les démarches entreprises par le régime avec d’autres groupes armés à majorité tchadiens, comme UPC et le 3R. Le gouvernement refuse donc de négocier avec des Centrafricains qu’il a lui-même armés et encadrés auparavant, alors qu’il accepte des pourparlers avec des combattants venus de l’étranger. Cette différence de traitement souligne une incohérence qui n’échappe à personne.
Pendant ce temps, sur le terrain, la violence continue de s’intensifier sans que personne n’intervienne. Les Wagner procèdent à des égorgements publics et interdisent formellement à quiconque de toucher aux corps des victimes. Les cadavres restent abandonnés à la vue de tous, pourrissant sur place pendant des jours sous le regard terrifié des habitants.
Personne n’ose s’approcher de ces dépouilles par crainte de subir le même sort. Cette terreur maintient la population dans un état de peur permanent, privant les familles du droit d’enterrer dignement leurs morts. Les habitants se demandent si la paix reviendra un jour dans le Sud-Est, tant la situation paraît bloquée.
Le conflit oppose principalement les mercenaires russes aux miliciens Azandé, sans que les civils puissent faire entendre leur voix. Les médiateurs religieux se retrouvent pris entre deux feux, incapables de progresser dans leur mission malgré leur bonne volonté. D’un côté, les miliciens azandés acceptent en principe de discuter et ont même réclamé cette médiation.
De l’autre, le pouvoir central et ses alliés russes rejettent catégoriquement toute forme de dialogue. Cette impasse laisse entrevoir des mois supplémentaires d’affrontements meurtriers dans une région déjà exsangue. Les villageois continuent de fuir vers la brousse tandis que les barrages se multiplient aux abords des villes.
Les religieux poursuivent malgré tout leurs démarches, espérant qu’un changement de position finira par intervenir. Ils continuent de recueillir des témoignages et des informations auprès des populations locales, dans l’espoir de constituer un dossier solide à présenter aux autorités. Leur présence maintient au moins une lueur d’espoir dans une zone où la violence semble devenue la seule langue comprise par les belligérants.
Kidnappés et ligotés aux arbres par des bandits soudanais, deux hommes frôlent le pire sur la route de Sam-Ouandja
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” alt=”À Ouanda-Djallé, les chefs des quartiers demandent aux soldats FACA de regagner leur base à l’entrée de la ville” width=”500″ height=”457″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp 500w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto-460×420.webp 460w” sizes=”auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px” />Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
La préfecture de la Vakaga n’en finit pas de subir les assauts des hommes armés venus de la frontière. Deux habitants de Ouanda-Djallé en ont fait les frais le 9 février dernier sur la route de Sam-Ouandja.
C’est à une vingtaine de kilomètres de Ouanda-Djallé que tout a basculé, le jeudi 19 février 2026, aux alentours de 15 heures. Un mécanicien, appelé en urgence pour une réparation à Sam-Ouandja, avait pris place derrière un conducteur de taxi-moto pour rallier sa destination. Les deux hommes roulaient depuis peu quand trois individus armés les ont stoppés net sur la piste.
Ces hommes, que les victimes, interrogées par la rédaction du CNC, ont eux-mêmes reconnus comme des bandits soudanais, les ont dépouillés de leurs affaires. Ils les ont ensuite ligotés chacun contre un arbre, face à face, au milieu de la brousse. Deux des assaillants se sont alors éloignés pour se poster en retrait afin de tendre piège à d’autres usagers, laissant le troisième monter la garde sur les deux captifs.
C’est précisément cette courte distraction qui a ouvert une brèche inattendue. Le mécanicien a réussi à desserrer le câble qui retenait le conducteur, lequel, une fois libre, lui a rendu la pareille. Dès que les deux hommes se sont vus dégagés, ils ont compris qu’il fallait agir vite, sans tergiverser.
Le conducteur a alors pris ses jambes à son cou et a foncé en direction de Ouanda-Djallé, pendant que le mécanicien, lui, s’est figé sur place en voyant le gardien revenir vers eux. Les deux hommes ont donc emprunté des chemins différents pour échapper à leurs ravisseurs, chacun avec ses propres moyens.
Le conducteur est rentré sain et sauf à Ouanda-Djallé et a rapporté l’événement aux habitants. Quant au mécanicien, il a fini par réapparaître quelques heures plus tard à Sam-Ouandja, sans que l’on sache exactement ce qui s’est passé entre lui et le gardien durant ce laps de temps. La moto et tous les bagages, eux, sont restés entre les mains des bandits.
Ce type d’attaque n’est malheureusement pas rare dans cette partie du pays. La Vakaga partage ses frontières avec le Tchad et le Soudan, et depuis le déclenchement du conflit soudanais il y a plus de deux ans, des hommes armés franchissent régulièrement la ligne pour opérer sur le territoire centrafricain. Vols, enlèvements, assassinats, rien ne leur est étranger.
Et chaque saison sèche, quand les pistes redeviennent praticables et les mouvements plus aisés, leur présence se fait de nouveau sentir avec force dans les villages et sur les routes de la préfecture. L’attaque du 9 février en est la preuve la plus récente.
Médard Polisse-Bebe interpelle le dictateur Touadéra sur les morts qui s’accumulent dans son placard
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Medard-POLISSE-BEBE.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Medard-POLISSE-BEBE.jpg” alt=”Médard Polisse-Bebe interpelle le dictateur Touadéra sur les morts qui s’accumulent dans son placard” width=”225″ height=”300″ />Médard Polisse-Bébé : « Monsieur le Président, rompez avec Wagner et respectez la Constitution ! »
En République centrafricaine, des hommes, des femmes et des enfants meurent chaque jour, et Médard Polisse-Bebe a décidé que le pouvoir en place ne pouvait plus faire comme si ces vies ne valaient pas une réponse.
C’est depuis Paris, le 21 février 2026, que ce cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain a adressé une lettre ouverte au président Faustin Archange Touadéra. Polisse-Bebe ne formule ni demande polie ni vœu pieux dans ce texte au ton acéré. Il accuse. Il nomme les faits un par un, comme on dresse un bilan devant un tribunal.
Ce qui frappe d’abord dans la lettre de Médard Polisse-Bebe, c’est la manière dont il décrit les hôpitaux centrafricains. Il accuse le régime de Touadéra d’avoir laissé ces établissements se vider de tout moyen, au point de ne plus pouvoir soigner les malades. Pour Polisse-Bebe, ces lieux sont devenus de simples salles d’attente de la mort, pendant que l’État détournait le regard.
De là, Polisse-Bebe élargit son accusation aux provinces entières abandonnées aux groupes armés. Il dénonce la présence de mercenaires étrangers qui imposent leur violence aussi bien à Bangui qu’à l’intérieur du pays. Des assassinats, des pillages, des viols commis dans une impunité qui s’étire dans le temps, sans que le président Touadéra ne daigne intervenir.
Ce silence du pouvoir, Médard Polisse-Bebe le nomme lui-même complicité. Il rappelle que chaque corbillard qui roule dans les rues de Bangui est un acte d’accusation contre le chef de l’État. Chaque famille qui enterre un proche sans que personne ne réponde de rien est, pour Polisse-Bebe, la preuve que l’État de Touadéra a trahi sa raison d’être.
À mesure que la lettre avance, Polisse-Bebe martèle le mot “j’accuse” comme on frappe un clou, encore et encore, pour que rien ne bouge. Il dit parler au nom de ceux qui meurent sans voix, au nom des mères, des enfants, des jeunes que cette crise a engloutis dans l’oubli. Pour lui, laisser ces morts devenir de simples chiffres dans un rapport abandonné serait une deuxième mort.
Polisse-Bebe s’adresse ensuite au président Touadéra en lui rappelant que l’histoire garde une mémoire longue. Il lui dit qu’il est encore possible d’agir, que rien n’est définitivement perdu, mais que chaque jour d’inaction alourdit davantage le poids de cette responsabilité. Le peuple centrafricain, écrit Polisse-Bebe, n’est pas une statistique.
Médard Polisse-Bebe conclut en affirmant que gouverner sur des cimetières, ce n’est pas gouverner. Il interpelle Touadéra publiquement en lui demandant combien de morts il faudra encore avant que des mesures réelles soient prises.
Mbrés, Nana-Gribizi, un accident mortel impliquant un véhicule et une moto fait un mort
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/accident-de-circulation-impliquant-une-moto-et-un-vehicule-a-mbres-dans-la-nana-gribizi.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/accident-de-circulation-impliquant-une-moto-et-un-vehicule-a-mbres-dans-la-nana-gribizi.webp” alt=”Accident de circulation impliquant une moto et un véhicule à Mbrés, dans la Nana-Gribizi” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/accident-de-circulation-impliquant-une-moto-et-un-vehicule-a-mbres-dans-la-nana-gribizi.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/accident-de-circulation-impliquant-une-moto-et-un-vehicule-a-mbres-dans-la-nana-gribizi-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Accident de circulation impliquant une moto et un véhicule à Mbrés, dans la Nana-Gribizi
La sous-préfecture de Mbrés, dans la préfecture de Nana-Gribizi, a enregistré un accident de la route qui a causé la mort d’un conducteur de taxi-moto sur l’axe de Mbrés Ndélé.
L’accident s’est produit peu avant le début d’après-midi. Notre équipe s’est rendue sur les lieux peu après les faits. La scène était bouleversante. Le Toyota Land Cruiser immatriculé j193919 avait le capot entièrement arraché, la partie avant complètement déformée par la force du choc. Devant le véhicule, la moto gisait sur le sol, écrasée, avec un sac de marchandises encore attaché au porte-bagage.
Accident de Mbrés
Le conducteur de la moto a perdu la vie sur place. Quand nous sommes arrivés, son corps se trouvait encore près des débris. Les témoins présents sur place étaient sous le choc, incapables de raconter les faits avec calme. L’ambiance était lourde, silencieuse, comme suspendue au-dessus de cette terre.
Le choc entre les deux engins a été d’une force grave, peu ordinaire. Les dégâts visibles sur le Toyota Land Cruiser suffisent à comprendre que personne sur la moto n’avait la moindre chance de s’en sortir. Le conducteur du véhicule, lui, très blessé, était encore présent sur les lieux à notre arrivée.
L’axe Mbrés-Ndélé est une voie longue et difficile, empruntée chaque jour par des dizaines de personnes qui transportent des marchandises, rejoignent leurs familles ou cherchent simplement à gagner leur vie dans de commerce ou le transport à moto.
LA CONTROVERSE AUTOUR DE LA DÉLIVRANCE DU PASSEPORT DU PRÉSIDENT DE L’URCA NE RELÈVE PLUS DU DROIT MAIS DE LA POLITIQUE.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg” alt=”CENTRAFRIQUE : LA CONTROVERSE AUTOUR DE LA DÉLIVRANCE DU PASSEPORT DU PRÉSIDENT DE L’URCA NE RELÈVE PLUS DU DROIT MAIS DE LA POLITIQUE.” width=”300″ height=”209″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele-100×70.jpg 100w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />L’opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuelé, leader de l’URCA. Photo Jeune Afrique
La nouvelle constitution promulguée aux forceps où le pouvoir de Bangui s’octroyait un mandat supplémentaire illégal, imposait des normes non démocratiques pour participer aux élections présidentielles du 28 décembre 2025 dont la principale nouveauté concernait l’exclusion systématique des binationaux.
Pour se conformer aux injonctions de la nouvelle constitution jugée illégale et discriminatoire, le président de l’URCA qui est une figure influente de l’opposition démocratique centrafricaine a décidé contre toutes attentes de renoncer à sa nationalité française dans les délais prescrits par la nouvelle loi fondamentale et faire acte de candidature.
Ainsi commence un long feuilleton hollywoodien avec d’interminables épisodes et rebondissements qui va occuper voire galvaniser la majorité de l’espace politique, médiatique national.
Outre les nombreuses manœuvres d’intimidation, le président de l’URCA a reçu une correspondance du procureur de la République lui notifiant son statut “d’apatride” qui cristalisera d’avantage les débats politiques et cela sur fond de tensions où le pouvoir de Bangui et l’opposition démocratique qui auparavant avait décidé de boycotter le processus électoral s’observent en chiens de faïence.
Voulant comprendre comment une demande de délivrance de passeport qui n’est qu’une simple démarche administrative peut préoccuper autant et perturber le pouvoir au plus haut sommet, le citoyen lambda s’interroge :
1- Pourquoi la délivrance d’un titre de voyage qui n’est qu’un acte administratif classique devient-il un problème politique national ?
2- Existe t-il des enjeux politiques importants cachés derrière ce titre de voyage ?
3- En dehors du fait que le passeport permet de franchir les frontières internationales, existe t-il encore d’autres usages méconnus du public ?
4- Délivrer un titre de voyage au président de l’URCA constitue t-il un danger pour la sécurité nationale ?
5- Après la validation de la candidature aux élections présidentielles de l’opposant “apatride” par le conseil constitutionnel, qu’allait-il se passer si ce dernier avait gagné les élections ?
En suivant la matrice de la logique cartésienne, la décision du conseil constitutionnel validant la candidature du président de l’URCA aux élections présidentielles du 28 décembre 2025 a naturellement clos la polémique sur le statut “d’apatride” car elle reconnaît de façon implicite sa citoyenneté centrafricaine et sa légitimité nationale.
Le président de l’URCA bénéficie ainsi de la présomption de citoyenneté.
Il est évident que cette décision du conseil constitutionnel influencée par le pouvoir politique a declassifié le dossier de l’ordre juridique (c’est-à-dire un dossier qui devrait suivre la procédure réglementaire classique) à l’ordre politique car les enjeux sont énormes.
En conséquence de ce qui précède, il n’y a exclusivement qu’une solution politique qui peut résoudre un problème politique.
Au delà de toute polémique, il apparaît judicieux de souligner que la non délivrance d’un titre de voyage à un citoyen constitue non seulement une atteinte grave à la liberté de circulation qui est un droit fondamental garanti par la constitution mais aussi un moyen de pression du pouvoir de Bangui pour réduire l’opposant au silence ou à la capitulation.
Il faut noter que l’utilisation des institutions républicaines pour nuire aux adversaires politiques génère de la méfiance entre les protagonistes politiques rendant ainsi impossible la main tendue du pouvoir de Bangui à l’opposition démocratique.
En tout état de cause, cette polémique qui n’avance pas la République et ne change pas le quotidien des centrafricains impactera l’image du pays et influencera inévitablement les relations diplomatiques.
En conséquence de ce qui précède, nous attirons l’attention des partenaires au développement de considérer ce paramètre avant de soutenir ce pouvoir despotique et à la derive.
Par ailleurs, pour organiser la résistance nous appelons à l’unité de l’ensemble des forces de l’opposition démocratique, de la société civile afin de donner un sens aux dispositions des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2026.
En attendant cette septième République des danseurs pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous éclabousser.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
N’oubliez jamais à partir de ce jour Monsieur le Président qu’à l’instar des opérations “aux cailloux” de janvier et avril 1979 organisées par les élèves et étudiants, les centrafricains d’aujourd’hui sont classés dans la catégorie d’un peuple latent qui a le sacré devoir de parcourir les quatre étapes de l’allégorie de la caverne développée par le celebre philosophe grec Platon dans son livre “La République” rédigé au quatrième siècle.
Ainsi selon Platon, dans la première étape les centrafricains sont d’abord dans la caverne noire avec une représentation symbolique et métaphorique d’inconscience, de l’illusion, de la naïveté, de la souffrance, de la prison où ils se sentent bien…
La seconde étape de l’allégorie de la caverne de Platon est réservée au bouleversement des croyances antérieures en créant le doute né de la peur de l’inconnu caché le nouveau monde c’est-à-dire que les centrafricains peuvent concevoir les choses autrement que de rester dans leur état de souffrance d’où la nécessité de s’en sortir.
À la troisième étape, les centrafricains vont se rendre compte qu’ils sont enchaînés et qu’il faut développer les stratégies de lutte pacifique pour se libérer.
Enfin, viendra le moment de la libération où les souffrances des centrafricains prendront fin et que la justice sociale ainsi que les droits fondamentaux triompheront.
La métaphore de l’allégorie de la caverne de Platon montre l’ascension des centrafricains à la liberté sous le joug du pouvoir de Bangui et de ses alliés.
Quand les centrafricains vont se lever, aucune armée au monde ni même vos vénérés mercenaires du groupe Wagner ne pourront vous aider…
Ce sera l’apocalypse qui tournera une page sombre qualifiée de calamité politique de notre chère patrie.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.
Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, un sage disait que ce dernier n’était pas un patrimoine dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dolosives des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agissait d’une responsabilité limitée dans le temps et qui pouvait être assumée en conformité au principe de continuité du service public par un autre centrafricain…
Alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté se révolte pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Bangui : débandade générale à Gobongo, les Wagner fouillent porte par porte
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/a-gobongo-ce-vendredi-20-fevrier-2020-les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-arrivent-et-font-operation-porte-par-porte-pour-les-pieces-d-identite-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>À Gobongo ce vendredi 20 février 2020, les mercenaires russes de la milice Wagner arrivent et font opération porte par porte pour les pièces d’identité. Photo CNC
Ce vendredi 20 février 2026, les quartiers Gobongo et Kaga Maagoulou, dans le quatrième arrondissement de Bangui, ont vécu une journée de pression et d’intimidation aux mains des mercenaires russes de la milice Wagner.
Ce n’était pas la première fois. La semaine d’avant, ces mêmes hommes de la milice Wagner avaient déjà mené une opération du même genre au quartier PK5, Mamadou Mbaîki, dans le troisième arrondissement. Forts de cette précédente sortie, ils ont récidivé, cette fois à la sortie nord de la capitale.
Les Wagner dans le qartier Gobongo, débandade générale de la population. Photo CNC
Le mode opératoire était simple et rappelle les pires histoires du pays: fouiller maison par maison, arrêter les passants, exiger des pièces d’identité. Dès qu’une personne ne pouvait pas produire sa carte nationale, la transaction était immédiate, sans quittance, sans reçu, sans trace. On paie, et c’est plié.
Les jeunes conducteurs de taxi-moto ont été particulièrement pris en tenaille. Chacun d’eux s’est vu réclamer 15 000 francs cash, sur le champ. Ceux qui n’avaient pas la somme ont été embarqués direction gendarmerie.
Mais ce qui s’est passé ce vendredi n’est qu’une mise en bouche. Derrière le prétexte du contrôle d’identité se profile quelque chose de bien plus lourd : le retour de l’impôt de capitation, cet ancien prélèvement forcé que tout le monde croyait enterré depuis des décennies.
C’est le président Ange-Félix Patassé qui avait mis fin à cet impôt dans les années 1995-1996, après avoir vu de ses propres yeux comment il écrasait les populations les plus vulnérables. Les gens étaient embarqués de force dans des camions, torse nu, pour n’avoir pas pu payer. La cruauté de la chose avait fini par convaincre le pouvoir d’abolir cette pratique.
Or Touadéra, avec sa nouvelle constitution taillée pour un troisième mandat, a remis cet impôt dans les textes. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, une fois le serment prêté d’ici mars ou juillet, les opérations de recouvrement reprendront à grande échelle dans les rues de Bangui.
Pour l’instant, les habitants courent pour une simple carte d’identité. Mais quand l’impôt de capitation entrera en vigueur pour de bon, ce sera le marathon : koli a kpè.
Elie Oueifio démasque l’humanitaire en Centrafrique : un secours sincère ou une industrie exploitant les crises ?
Dans Entre un programme de développement qui procure la paix et assure la stabilité et un projet humanitaire qui favorise l’oisiveté, instaure et entretient les crises, publié en juillet 2025, Elie Oueifio, coordonnateur du Cercle des Écrivains, livre une critique acérée de l’aide humanitaire en République centrafricaine. Il pose une question: l’humanitaire est-il un soutien véritable ou une entreprise prospérant sur le chaos ? Oueifio soutient que, loin de résoudre les crises, les interventions humanitaires les prolongent, transformant la RCA en un laboratoire de dépendance où les populations sont piégées dans l’assistanat.
Oueifio dénonce l’institutionnalisation de l’humanitaire, incarnée par un ministère dédié qui, selon lui, parasite les secteurs vitaux comme la santé ou les affaires sociales. Dans son ouvrage, il décrit comment les produits du Programme alimentaire mondial (PAM), distribués massivement, détournent les Centrafricains de l’agriculture, les réduisant à une quête humiliante de rations. Il évoque une rencontre marquante en 2009 à Bossangoa, où des sœurs religieuses rejetaient les denrées importées, préférant cultiver localement pour préserver l’autonomie des communautés. Pour Oueifio, cette dépendance imposée par l’humanitaire engendre une culture de l’oisiveté, éloignant les Centrafricains de leurs traditions de travail et de dignité.
L’auteur qualifie l’humanitaire d’« industrie » qui tire profit des crises. Il cite l’exemple de l’ONG OCHA, dont le coordonnateur, en 2025, déplorait la perte de « 1000 emplois humanitaires » après la suspension de l’aide américaine par Donald Trump. Oueifio y voit une hypocrisie : ces emplois, aux salaires démesurés pour les cadres étrangers, enrichissent davantage les ONG que les populations. Dans son texte, il argue que cette industrie a besoin de crises pour exister, maintenant un statu quo où la RCA reste un terrain d’opportunités économiques pour des acteurs extérieurs.
Dans son analyse, Oueifio déplore les conséquences sociales de cette industrie. Les produits PAM, disputés parfois violemment, favorisent la circulation d’armes et de drogues, corrompant les mœurs autrefois louées de la RCA. Il décrit un « néo-esclavage » où les Centrafricains, privés de leur souveraineté, deviennent dépendants d’une aide qui profite à une minorité. Les richesses nationales, comme l’or ou le diamant, sont pillées sous couvert de crises, tandis que les ONG opèrent comme des entités quasi souveraines, échappant au contrôle de l’État.
Pour briser ce cycle, Oueifio propose de limiter l’humanitaire à des interventions temporaires, en recentrant les efforts sur le développement. Il s’appuie sur les constats du président Touadéra, qui, en mars 2023, dénonçait la corruption alimentant ce système. Oueifio insiste sur le rôle des médias, appelés à sensibiliser les populations, mais souligne qu’ils doivent être soutenus pour éviter de propager des intoxications. Il plaide pour une gouvernance ancrée dans la justice, capable de restaurer la confiance et de redonner aux Centrafricains les moyens de leur autonomie….
Le MLPC se prépare à célébrer son 47ème anniversaire le 22 février prochain à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/martin-ziguele-president-du-parti-mlpc-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/martin-ziguele-president-du-parti-mlpc-photo-cnc.webp” alt=”Le MLPC se prépare à célébrer son 47ème anniversaire le 22 février prochain à Bangui” width=”428″ height=”500″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/martin-ziguele-president-du-parti-mlpc-photo-cnc.webp 428w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/martin-ziguele-president-du-parti-mlpc-photo-cnc-360×420.webp 360w” sizes=”auto, (max-width: 428px) 100vw, 428px” />Martin Ziguelé, président du parti MLPC, et porte-parole du BRDC. Photo CNC
Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain arrive à ses 47 ans d’existence ce dimanche 22 février 2026, malgré des décennies de résistance, de persécutions et de tentatives répétées de le réduire au silence.
C’est le 22 février 1979, dans la plus stricte clandestinité, sous l’Empire de Bokassa, qu’un groupe de cinq militants pose les fondations du MLPC à Bangui. Ce jour-là, Paul Pamadou Pamoto, Jacquesson Mazette, Francis Albert Ouakanga, Denis Kossi Bella et Abdelaziz Balezou décident de porter leur résistance dans une structure politique, au péril de leurs vies. Le pays était alors plongé dans l’obscurité d’un pouvoir impérial qui écrasait toute liberté d’expression et toute aspiration citoyenne.
Contraint à l’exil au Togo à partir de 1982, Ange-Félix Patassé, qui avait pris la direction du parti, laisse les rênes à Hughes Dobozendi, lequel conduira le MLPC jusqu’à la victoire électorale historique de septembre 1993. Cette victoire fut une première dans l’histoire centrafricaine : un parti né hors du pouvoir, structuré dans l’ombre, accédait à la présidence de la République par les urnes. Patassé gouverna jusqu’en 2003, avant d’être renversé par le coup d’État mené par son propre chef d’état-major, François Bozizé.
Bozizé remporta les élections de 2005, battant le candidat du MLPC Martin Ziguélé au second tour de la présidentielle. Depuis ce retournement de situation, le parti accumule les épreuves. Aux élections de décembre 2015, Ziguélé contesta les résultats du premier tour, dénonçant des irrégularités et réclamant un recomptage manuel des voix auprès de la Cour constitutionnelle. Ses requêtes, comme celles d’autres candidats, furent rejetées sans examen de fond.
Plus récemment, les tentatives de déstabilisation du parti ont pris une forme encore plus agressive. En août 2025, Martin Ziguélé alertait ses militants sur les agissements du régime de Touadéra, accusé d’avoir financé une faction dissidente baptisée « MLPC Courant Originel », dont la mission était d’organiser un congrès illégal pour investir le président sortant comme candidat du parti à la prochaine présidentielle. Un comble pour un parti qui n’a jamais eu Touadéra dans ses rangs.
Face à ce contexte, en octobre 2025, le MLPC avait décidé de ne présenter aucun candidat aux élections tant qu’un dialogue politique inclusif n’aurait pas eu lieu, afin d’éviter ce que son président qualifiait de hold-up électoral. C’est donc dans cette atmosphère de lutte permanente que le mouvement aborde ce 47ème anniversaire, prévu ce dimanche au siège provisoire du parti, en face du Centre de Santé Urbain de Malemaka à Bangui.
La journée débutera à 9h00 par la mise en place des dispositifs, suivie de l’arrivée progressive des militants, des responsables fédéraux, des membres du Bureau Politique puis des invités et présidents de partis politiques alliés. À 11h10, Martin Ziguélé prendra la parole pour le discours principal, devant une assemblée qui incarne 47 ans d’histoire politique centrafricaine, de sacrifices et d’une conviction tenace que la démocratie finit toujours par reprendre ses droits.
Affaire Nourd Gregaza : interview de Bernard Pilo, juriste, sur une disparition sous contrôle de Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/bernard-pilo-juriste-professeur-de-droit-et-enseignant-centrafricain-photo-de-courtoisie.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/bernard-pilo-juriste-professeur-de-droit-et-enseignant-centrafricain-photo-de-courtoisie.png” alt=”Affaire Nourd Gregaza : interview de Bernard Pilo, juriste, sur une disparition sous contrôle de Wagner” width=”400″ height=”400″ />Bernard Pilo, juriste, professeur de droit et enseignant centrafricain. Photo de courtoisie
Depuis plusieurs jours, l’annonce de la disparition de Nourd Gregaza, présentée comme une évasion par des sources officielles, provoque une vive inquiétude au sein de l’opinion publique centrafricaine. La famille du détenu rejette cette version et évoque un enlèvement organisé, dans un contexte où l’intervention répétée des mercenaires russes du groupe Wagner est d’autant plus régulière dans les lieux de détention dans le pays.
Pour analyser les faits, leurs incohérences et les responsabilités juridiques en jeu, Corbeau News Centrafrique a interrogé Bernard Pilo, juriste, professeur de droit et enseignant centrafricain.
CNC : Avant d’entrer dans le fond, je rappelle brièvement le contexte pour nos lecteurs. Nourd Gregaza a été annoncé comme évadé alors qu’il était détenu à l’OCRB, un office présenté comme hautement sécurisé. Sa famille rejette cette version et parle d’un enlèvement.
Sur le plan strictement juridique, comment analysez-vous cette annonce d’évasion ?
Bernard Pilo : Sur le plan juridique, cette version pose un sérieux problème. Lorsqu’un détenu disparaît d’un lieu de détention fermé, la première responsabilité incombe à l’administration pénitentiaire et aux forces de sécurité présentes. Une évasion ne peut être retenue que si des éléments matériels précis sont établis et si des procédures immédiates sont engagées contre les agents en service. Or, à ce stade, rien de tel n’a été constaté publiquement.
CNC : dans une autre version pathétique des faits propagés par Wagner, on parle d’un tunnel creusé sous la prison du camp de Roux. En tant que juriste, mais aussi en tant qu’observateur du terrain, ce scénario vous paraît-il crédible ?
Bernard Pilo : Non. Ce récit ne résiste pas à une analyse factuelle élémentaire. Le camp de Roux est situé sur une colline rocheuse. Creuser un passage souterrain dans ces conditions, sans moyens lourds, sans traces visibles et sans complicités internes, n’est pas réaliste. Le droit pénal s’appuie sur des faits vérifiables, pas sur des hypothèses invérifiables.
CNC : Autre élément important : selon plusieurs sources, Nourd Gregaza ne se trouvait même pas au camp de Roux au moment de sa supposée fuite, mais à l’OCRB, dans une cellule fermée par plusieurs dispositifs de sécurité. Qu’est-ce que cela implique juridiquement ?
Bernard Pilo : Cela implique que la responsabilité de l’État est pleinement engagée. Une cellule à double verrouillage, sous surveillance permanente, exclut toute sortie autonome. En droit, lorsque les conditions matérielles rendent un événement impossible, on doit envisager d’autres hypothèses, notamment celle d’une extraction organisée.
CNC : Permettez-moi de rappeler un autre fait. Le 7 juillet, Nourd Gregaza et l’ancien ministre Armel Sayo ont été extraits de leurs cellules. Ils étaient détenus ensemble dans une même cellule, après avoir été rapatriés, l’un depuis la France, l’autre depuis le Cameroun. Les autorités les accusaient de préparer une tentative de coup d’État depuis leur lieu de détention au camp de Roux. Quelques heures plus tard, dans la nuit du 7 au 8 juillet, Armel Sayo a été enlevé par des mercenaires russes. Que vous inspire cette chronologie ?
Bernard Pilo : Cette chronologie est centrale. Elle montre une répétition des méthodes. Une extraction sans transparence, suivie d’une disparition, puis d’une communication confuse. Dans le cas d’Armel Sayo, la réaction internationale avait été immédiate, ce qui avait contraint les autorités à le présenter devant un juge. Cela démontre que ces opérations ne relèvent pas d’un cadre judiciaire normal.
CNC : Selon vous, observe-t-on un changement de méthode dans la gestion de ces détenus sensibles ?
Bernard Pilo : Oui. On constate une évolution. Au lieu d’assumer des extractions visibles, on annonce désormais des fuites. Cela permet de diluer les responsabilités, de créer une confusion durable et de laisser le temps jouer contre l’intérêt public. Juridiquement, cela reste une disparition sous contrôle de l’autorité.
CNC : Quel rôle attribuez-vous au groupe Wagner dans ce type d’affaires ?
Bernard Pilo : Wagner agit en dehors de tout cadre légal reconnu. Ce groupe intervient dans des lieux de détention, participe à des transferts de prisonniers et opère sans mandat judiciaire. Cela n’est possible que parce que le pouvoir politique l’accepte ou le tolère. En droit, cette tolérance engage directement la responsabilité de l’État.
CNC : La famille réclame des informations claires et, le cas échéant, la restitution du corps. Cette demande est-elle fondée juridiquement ?
Bernard Pilo : Elle est pleinement fondée. Le droit à la vérité et le droit des familles à savoir ce qu’il est advenu d’un proche sont des principes fondamentaux. Le silence des autorités ne peut être une réponse acceptable.
CNC : Un dernier mot, Monsieur Pilo.
Bernard Pilo : Tant que la lumière n’est pas faite sur ces disparitions, elles resteront une accusation lourde contre le régime en place et contre ceux qui exercent un pouvoir réel sur les lieux de détention. Le droit ne disparaît pas parce qu’on le tait.
Évasion au commissariat de Ndélé : sept fuient, un rattrapé, un auxiliaire de police s’acharne sur le malheureux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/un-taxi-moto-sur-une-route-boueuse.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/un-taxi-moto-sur-une-route-boueuse.jpg” alt=”Évasion au commissariat de Ndélé : sept fuient, un rattrapé, un auxiliaire de police s’acharne sur le malheureux” width=”279″ height=”300″ />un taxi moto sur une route boueuse
Sept détenus se sont évadés du commissariat de Ndélé dans la nuit du 19 février. Un seul a été rattrapé, et ce qu’il a subi ensuite dépasse tout entendement.
C’est dans l’obscurité de cette nuit du jeudi au vendredi 19 février 2026 que sept hommes ont réussi à forcer leur sortie de la cellule du commissariat de police de Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. Personne ne les attendait dehors, personne ne les guettait, ils ont simplement saisi l’occasion et disparu dans la nuit.
Six d’entre eux ont réussi à s’éloigner sans être repris et courent toujours. Mais le septième n’a pas eu cette chance. Il a été rattrapé dans les quartiers alentour par des éléments de la police et ramené de force au commissariat, les mains vides et sans échappatoire.
C’est là que les choses ont basculé. Un auxiliaire de police du nom de Ramadan alias Cheko, en raison de son état physique très vilain, s’est emparé du jeune homme et l’a roué de coups à l’aide de gros bâtons, sans retenue et sans que personne n’intervienne pour arrêter ce déchainement. Le détenu a été laissé dans un état physique très grave, toujours retenu dans les locaux du commissariat, sans avoir été conduit à l’hôpital.
Ce qui rend cette affaire encore plus lourde, c’est que ces sept hommes faisaient partie d’un groupe de onze détenus placés en garde à vue au commissariat de Ndélé. Ces onze jeunes transporteurs ambulants avaient été arrêtés par les écogardes de WCS aux abords de Gounda, alors qu’ils rentraient de la sous-préfecture de Birao, chargés de viande boucannée achetée dans les villages de Ndiffa, Madao, Tiri Goulou, Boldja et Ouandjia.
Les écogardes avaient exigé de chaque conducteur une somme de cent cinquante mille francs. Six des dix-sept avaient pu payer et repartir librement. Les onze autres, faute de moyens, avaient été embarqués et conduits au commissariat, où ils ont été enfermés sans qu’aucune procédure claire ne leur soit expliquée.
Des jours ont passé, dans le silence et l’attente, sans jugement, sans information transmise à leurs proches. C’est dans ce vide total que sept d’entre eux ont décidé, cette nuit du 19 février, de ne plus attendre ce qui ne venait pas.
Naïveté, Bonté, Idiotie ? : Jean-Pierre Mara fracasse les modèles électoraux importés de l’extérieur en Afrique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/le-depute-de-mala-jean-pierre-mara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/le-depute-de-mala-jean-pierre-mara.jpg” alt=”Naïveté, Bonté, Idiotie ? : Jean-Pierre Mara fracasse les modèles électoraux importés de l’extérieur en Afrique” width=”300″ height=”265″ />Le député de Mala, Jean-Pierre Mara
Présence des Wagner, bourrage d’urnes, trafic de procès-verbaux : ces fraudes électorales massives du 28 décembre en Centrafrique poussent Jean-Pierre Marat à exiger un nouveau modèle électoral pensé par et pour l’Afrique.
Les élections du 28 décembre en République Centrafricaine ont laissé des traces indélébiles. Des miliciens russes et syriens du groupe Wagner sont devenus des responsables de bureaux de vote, des urnes remplies sans pudeur, des résultats manipulés au grand jour. L’ancien député de Mala, Jean-Pierre Marat, a regardé ce cirque avant de rompre son silence.
Sa prise de parole va bien au-delà des simples accusations de tricheries. Jean-Pierre Mara attaque directement les fondations du système importé de l’étranger. “Le combat d’avenir pour notre nation doit inclure les notions de choix des Dirigeants”, lance-t-il sans détour. Pour lui, copier les modèles venus d’ailleurs constitue l’erreur principale.
L’ancien parlementaire rejette aussi bien les systèmes occidentaux que soviétiques. “Nous devons nous demander si l’organisation des élections sur le format actuel est approprié. Même en France où dans les pays Nantis, ce modèle montre des limites”, affirme-t-il. Ses mots ciblent tous les modèles étrangers sans exception.
Marat refuse de continuer sur cette voie sans interroger les bases mêmes du processus. “Nous n’allons pas continuer à accepter des modèles sans remettre en cause leur pertinence”, déclare-t-il avec une détermination notable. Cette remise en question concerne autant Paris que Moscou ou Pékin.
L’ancien député formule alors une interrogation cinglante qui résume son analyse. “Comment accepter l’organisation de scrutins Tant que celui qui l’organise aura le monopole de manipuler les résultats. Naïveté, Bonté, Idiotie?”, lance-t-il à ceux qui persistent dans le système actuel. Ces trois mots frappent comme des coups de massue.
Son raisonnement prend une tournure encore plus radicale quand il évoque les procédures électorales. “Les campagnes électorales, le vote, les scrutins, les décomptes des résultats, la compilation, etc ne correspondent pas au mental voleur de l’homme Noir”, affirme Marat sans ménagement. Cette expression crue traduit sa conviction que les modèles importés favorisent les manipulations.
Les preuves de cet échec s’accumulent sur le continent selon lui. “Les élections au Cameroun et en RCA ont démontré que ce modèle n’est pas adapté à l’Afrique”, constate l’ancien député. Ces deux pays lui offrent des exemples concrets du fiasco des systèmes venus d’ailleurs.
Marat anticipe les critiques et précise aussitôt sa pensée pour éviter les malentendus. “Attention, je ne suis pas en train de faire que la démocratie n’est pas adapté au mental africain”, insiste-t-il fermement. Son discours ne rejette pas la démocratie comme principe mais les méthodes copiées de l’extérieur.
Sa vision appelle à créer quelque chose de neuf et d’authentique. “Je dis que l’organisation des votes au modèle occidental ou soviétique renforce les dictatures donc il nous faut un autre modèle de choix démocratique”, explique-t-il clairement. Cette phrase résume son refus des importations et son appel à l’innovation.
L’ancien député considère les scrutins du 28 décembre 2025 en RCA comme de simples façades trompeuses. Les expériences électorales pluralistes en Afrique deviennent des “procédures trompe-œil” dans sa bouche. Derrière les apparences démocratiques se cachent des systèmes qui maintiennent les autocraties au pouvoir.
Marat exige donc une rupture complète avec les modèles venus de France, de Russie ou d’ailleurs. Il réclame “une conception africaine d’organisation électorale, un modèle de choix des dirigeants” qui correspondrait aux réalités du terrain. Cette approche nécessiterait d’inventer plutôt que de copier.
Les fraudes constatées le 28 décembre ne représentent qu’une manifestation visible d’un problème plus large. Le bourrage d’urnes, la présence des mercenaires Wagner, les menaces dans les bureaux de vote montrent simplement que les systèmes importés ne peuvent pas fonctionner. Tant que l’Afrique continuera d’emprunter ses modèles à l’étranger, les mêmes dérives se répéteront
Deux sociétés cohabitent en RCA” : Jean-Pierre Mara décrit la fracture entre Bangui et l’arrière-pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/le-depute-de-mala-jean-pierre-mara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/le-depute-de-mala-jean-pierre-mara-450×397.jpg” alt=”“Nous sommes culturellement perdus” : l’ancien député de Mala Jean-Pierre Mara démonte l’héritage politique centrafricain” width=”450″ height=”397″ />Le député de Mala, Jean-Pierre Mara
L’ancien député Jean-Pierre Mara souligne une division profonde du territoire centrafricain. Il décrit une fracture qui dépasse la simple inégalité économique. Selon lui, deux sociétés évoluent côte à côte sans se rejoindre.
À en croire à monsieur Jean-Pierre Mara, dans les centres urbains, on retrouve l’électricité, les téléphones, les voitures, l’eau courante, les panneaux solaires. Dans l’arrière-pays, la vie repose sur des pratiques traditionnelles, sans infrastructures modernes. Ce contraste ne serait pas seulement matériel : il traduirait l’existence de deux cultures, deux manières de percevoir la société, deux systèmes d’organisation.
Cette séparation empêche la création d’une identité collective. Les décisions politiques sont conçues depuis des bureaux, avec des normes inspirées d’ailleurs, sans prise en compte des réalités rurales. Les autorités ne disposent pas de lois adaptées aux modes de vie traditionnels : construction des habitations, production agricole locale, organisation communautaire, métiers informels ou rites sociaux.
Marat affirme que cette fracture crée une incompréhension mutuelle. Les populations rurales ne se reconnaissent pas dans les institutions. Les dirigeants, quant à eux, ne perçoivent pas les besoins réels de ces populations. Au final, aucune cohésion n’émerge, et la culture nationale ne trouve aucun terrain commun.
Il estime qu’une politique culturelle sérieuse doit commencer par la reconnaissance de ces deux réalités, puis par leur rapprochement progressif. Tant que le fossé restera intact, toute tentative de construction culturelle restera incomplète.
Kitessa : une pluie ravage une trentaine de maisons et laisse des familles à la merci de la nature
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/l-image-d-illustration-du-village-kitessa-ravage-par-la-pluie-destructrice-du-mois-de-fevrier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/l-image-d-illustration-du-village-kitessa-ravage-par-la-pluie-destructrice-du-mois-de-fevrier-2026.webp” alt=”Kitessa : une pluie ravage une trentaine de maisons et laisse des familles à la merci de la nature” width=”400″ height=”400″ />l’image d’illustration du village Kitessa ravagé par la pluie destructrice du mois de février 2026
Le village de Kitessa, situé à 50 kilomètres de Zémio sur l’axe de Mboki, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République Centrafricaine, vient d’être durement frappé la semaine dernière. Les habitants ont subit malheureusement des heures particulièrement douloureuses que personne ne souhaitait.
En effet, dans la journée du mercredi 18 février 2026, une pluie d’une rare puissance s’est abattue sur ce village, créant un grande désordre sur son passage. En quelques heures, environ vingt-neuf habitations ont été réduites à néant, laissant derrière elles des murs effondrés et des toits arrachés.
Les dommages ne se limitent pas aux seules constructions. Plus de huit enfants ont été blessés lors de cet épisode météorologique, et ils reçoivent aujourd’hui des soins, ce qui représente un soulagement partiel pour leurs proches. Mais les familles qui ont tout perdu n’ont plus d’endroit où poser la tête, et c’est chez leurs voisins qu’elles cherchent provisoirement refuge.
Ce qui aggrave encore davantage la situation, c’est le contexte dans lequel vit déjà cette préfecture du Haut-Mbomou depuis un certain temps. La région est le théâtre d’affrontements armés entre les forces gouvernementales, appuyées par les mercenaires du groupe Wagner, et les miliciens Azandés, rendant l’accès à ces populations particulièrement périlleux pour les organisations humanitaires.
Dans un tel environnement, les secours peinent à atteindre les villages les plus reculés, et Kitessa ne fait pas exception à cette réalité. Les familles sinistrées se retrouvent ainsi prises entre deux feux : celui de l’insécurité qui règne dans la zone, et celui d’une nature qui n’a épargné ni leurs murs, ni leurs toits, ni même leurs enfants.