Diacre, serviteur ou figurant ? Ce qui se passe dans l’Église de Bataillon 2 dépasse l’entendement
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans l’Église protestante, le diacre n’est pas un titre honorifique. C’est une charge, un appel, une responsabilité devant Dieu et devant les hommes.
Les chrétiens et chrétiennes de Centrafrique, il faut savoir une chose : le mot « diacre » vient du grec diakonos, qui signifie tout simplement serviteur. C’est la première vérité que beaucoup de croyants semblent avoir oubliée : on ne devient pas diacre pour occuper une chaise au premier rang, ni pour paraître dans l’assemblée avec un badge de reconnaissance. La Bible est nette là-dessus, en Actes 6, versets 1 à 6, les tout premiers diacres ont été choisis non pas pour gouverner, mais pour servir les veuves, les oubliés, ceux que la communauté risquait de laisser de côté pendant que les anciens priaient et prêchaient.
Cette vocation de service n’était pas symbolique. Elle exigeait des hommes de caractère, que l’apôtre Paul décrit avec précision dans sa première lettre à Timothée, au chapitre 3 : honnêtes, loin de la duplicité, étrangers à tout gain malhonnête. Ces mots ne sont pas des conseils de bonne conduite. Ils décrivent un profil moral exigeant, une ligne de vie que le diacre ne peut pas abandonner dès qu’il entre dans la salle du conseil paroissial. Et Paul va plus loin encore, au verset 13 : celui qui remplit convenablement ce ministère s’acquiert un rang honorable et une grande assurance dans la foi en Jésus-Christ. L’honneur vient du service accompli, pas du poste décroché.
C’est ici que la réalité de l’Église UFEB de Bataillon 2, à Bangui, prend une tout autre couleur. Le pasteur Issène Faki y a progressivement installé un mode de fonctionnement où sa seule voix compte, où les décisions tombent d’en haut sans débat, sans concertation, sans que personne n’ose lever la main. Et dans ce contexte, les diacres de cette église font quelque chose que leur charge leur interdit formellement : ils se taisent.
Ce silence n’est pas sans conséquence pour une congrégation. Le diacre, dans la tradition protestante, est précisément la personne qui sert de pont entre le peuple de l’église et sa direction. L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Philippiens, chapitre 1, verset 1, salue ensemble les évêques et les diacres, non pas parce qu’ils font la même chose, mais parce qu’ils forment un équilibre nécessaire à la vie saine d’une communauté. Retirer un diacre de ce rôle d’équilibre, ou le laisser se retirer lui-même par peur, c’est rompre cet équilibre voulu par les textes fondateurs.
La peur, justement, semble avoir pris la place que la foi devrait occuper chez ces hommes. Pourtant, la lettre de Jacques, au chapitre 4, verset 17, dit sans détour : celui qui sait faire ce qui est bien et qui ne le fait pas, commet un péché. Ne pas ouvrir la bouche face à une dérive de gouvernance dans sa propre église, c’est donc une faute, pas une prudence. Ce n’est pas de l’humilité, c’est une démission déguisée en soumission.
Le problème de l’UFEB de Bataillon 2 n’est donc pas seulement le comportement du pasteur Faki. Il y a un deuxième niveau de responsabilité, celui des diacres qui auraient pu parler, qui auraient dû agir, et qui ont choisi de regarder ailleurs. La première lettre de Pierre, au chapitre 5, verset 2, appelle les responsables d’une église à paître le troupeau de Dieu, non par contrainte ni par ambition de gain, mais de bon cœur, en étant des exemples pour le troupeau. Un diacre qui couvre une dictature pastorale par son silence ne paît rien du tout.
Il faut dire aussi que le diaconat protestant n’a jamais été pensé comme une chambre d’enregistrement des décisions du pasteur. Historiquement, c’est même l’inverse : dans la réforme calviniste du XVIe siècle, le diacre avait un rôle explicitement social et de surveillance morale de la communauté, y compris de ses dirigeants. Jean Calvin, à Genève, voyait dans les diacres des gardiens du bien commun de l’Église, pas des auxiliaires du chef. Cette mémoire-là a visiblement été perdue à Bataillon 2.
Ce que vivent les fidèles de cette paroisse, c’est donc quelque chose que les textes bibliques eux-mêmes n’autorisent pas. L’Évangile de Marc, au chapitre 10, verset 43, rapporte cette parole de Jésus : celui qui veut être grand parmi vous sera votre serviteur. Si un pasteur retourne cette logique pour asseoir sa propre autorité au détriment de la communauté, les diacres ont non seulement le droit de le dire, mais l’obligation devant Dieu de le faire entendre.
Par Alain Nzilo
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
