Vive tension à Bangui : les mercenaires russes du groupe Wagner sont en colère et réclament 900 milliards à Touadéra avant de quitter le pays
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le groupe Wagner et le président Touadéra sont au bord de l’affrontement. Les mercenaires russes, très en colère contre le dictateur de Bangui, se sont eux-mêmes regroupés dans leur base à M’Poko pour exiger officiellement le paiement de 900 milliards de francs CFA, leur dû, avant tout départ du pays.
En effet, pour comprendre cette histoire, il faut remonter au début. Tout commence en 2017 par un accord conclu dans la discrétion entre Faustin-Archange Touadéra et le groupe Wagner, dont la durée exacte n’a jamais été rendue publique. Mais pour mettre en exécution ce contrat, Wagner a déployé sur le territoire centrafricain des chars, des avions de combat et des équipements lourds, assurant ainsi son implantation durable dans le pays.
Au fil du temps, le groupe a étendu ses tentacules bien au-delà du seul domaine sécuritaire. Wagner a obtenu des concessions pour l’exploitation aurifère et diamantifère, pris le contrôle partiel de la douane, créé des entreprises privées actives dans le forage, la production d’alcool, de bière et d’eau minérale. Le groupe a également érigé des prisons de haute sécurité au camp de Roux, au camp Mpoko, et ce, dans le seul objectif : la détention, la torture et l’élimination de Centrafricains.
Ce fragile équilibre a volé en éclats le 23 août 2023, quand un avion privé s’est écrasé en Russie, tuant Evgueni Viktorovitch Prigojine, cofondateur du groupe Wagner, ainsi que son adjoint Dmitri Outkine. Vladimir Poutine a aussitôt engagé la dissolution du groupe et ordonné la création d’une nouvelle structure, l’Africa Corps, placée directement sous l’autorité du ministère russe de la Défense.
Le président russe a alors entrepris de remplacer Wagner dans tous ses théâtres d’opération africains, Mali, Burkina Faso, Niger, et a fixé son regard sur la RCA, cœur historique du dispositif Wagner sur le continent. Mais Poutine, très gourmant financièrement, a exigé de Touadéra un paiement en cash de dix milliards de francs CFA par mois pour toute poursuite de la coopération avec sa milice armée Africorp, une somme que le chef de l’État centrafricain n’était pas en mesure d’honorer.
Sous pression de Poutine, Touadera a tenté de fuir, mais la pression est énorme sur lui. Finalement, il s’est rendu à Moscou il y’a près de deux semaines et a signé un nouvel accord avec l’Africa Corps pour son déploiement en RCA. Publiquement, il a continué d’affirmer que Wagner resterait dans le pays. Mais les mercenaires sur le terrain ont vite cerné la réalité : ils étaient en train d’être mis dehors, en dépit d’un contrat de trente ans signé avec Touadéra.
C’est ce point précis qui a mis le feu aux poudres. Wagner estime que la rupture unilatérale de cet engagement trentenaire oblige l’État centrafricain à rembourser l’intégralité de leurs dépenses engagées sur le sol national. Le montant réclamé est colossal : 900 milliards de francs CFA, payables en cash, avant le moindre mouvement de départ.
À ce contentieux financier s’ajoute un litige sur les équipements. Wagner revendique la pleine propriété de tous les matériels déployés en RCA, chars, aéronefs et autres engins, et refuse que l’Africa Corps en hérite sans contrepartie. Selon les mercenaires, si l’État centrafricain acquitte les 900 milliards, ces équipements deviendront propriété nationale. L’Africa Corps pourra ensuite en négocier l’usage avec Bangui, mais pas autrement.
Poutine, de son côté, entend récupérer ces matériels pour les réaffecter à l’Africa Corps sans débourser le moindre franc. Les deux camps sont donc à couteaux tirés, et c’est Touadéra qui se retrouve coincé entre les deux.
Depuis une semaine, les mercenaires russes, qu’ils soient conseillers à la présidence, gardes du corps de Touadéra ou éléments disséminés dans la capitale, ont tous quitté leurs postes et se sont volontairement regroupés dans leur base de l’aéroport international de Bangui M’Poko. C’est depuis ce point de ralliement qu’ils font pression sur le président.
Touadéra, lui, est actuellement en Russie depuis deux semaines. Son entourage lui déconseille formellement de rentrer à Bangui dans l’immédiat, Wagner l’attendant de pied ferme à M’Poko. Paniqué, le président cherche à obtenir de Poutine un appui pour organiser son retour en sécurité, mais le maître du Kremlin tarde à se prononcer.
On ignore si l’Africa Corps sera déployé avant le retour de Touadéra, ou si Poutine attendra que la situation se décante. L’État centrafricain, aux finances exsangues, est dans l’incapacité manifeste de réunir 900 milliards de francs CFA.
Par Gisèle MOLOMA
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
