Touadera candidat 2025 : élection ou couronnement annoncé ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/08/Le-president-Touadera-en-campagne-electorale-en-2020.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président putschiste Touadera en campagne électorale en 2020
Le président sortant présente pathétiquement sa candidature comme une réponse populaire.
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 26 juillet 2025, Faustin Archange Touadera a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat présidentiel lors du congrès du Mouvement Cœurs Unis. Cette décision, applaudie par son Conseil des ministres le 31 juillet, répondrait à un “appel patriotique” des citoyens et de la diaspora. Mais cette version officielle cache une réalité différente.
Le président justifie sa candidature par des “résultats édifiants” et la nécessité de “poursuivre l’œuvre de reconstruction”. Dans les faits, les Centrafricains vivent autre chose. Les routes se cassent, l’électricité disparaît pendant des jours dans la capitale, l’eau potable manque dans les quartiers. À Bangui, le pont Sapeke menace de s’effondrer. Les hôpitaux fonctionnent sans médicaments pendant que les épidémies de M-POX se propagent. Le pays recule au lieu d’avancer.
L’enthousiasme populaire invoqué mérite d’être vérifié. Les organisations qui portent cette demande : “Toadera merci”, “Toadera nouvelle génération” – travaillent déjà pour le pouvoir dans l’opération Kwa ti kodro, autrement dit d’assainissement urbain. Ces groupes prétendument citoyens sont en réalité des extensions du parti présidentiel. Les “forces vives” et “plateformes politiques” mentionnées appartiennent toutes au même cercle.
Touadera parle de contrer la “mauvaise propagande” et de “dissiper les craintes alarmistes”. Cette attitude défensive montre qu’il s’attend aux critiques. La présentation publique d’Armel Ningatouloum Sayo devant un juge d’instruction, censée démentir des “rumeurs” de répression, produit l’effet inverse. Elle renforce les doutes sur l’usage de la justice par les Mercenaires russes du groupe Wagner contre les opposants.
Le pouvoir organise des événements comme le Caucus Africain de Bangui pour montrer sa “vitalité diplomatique”. Ces opérations coûteuses détournent l’attention des vrais problèmes tout en valorisant l’image internationale du président sortant.
La mécanique est bien connue : transformer une décision personnelle en demande collective. Les “réclamations populaires de longue date” invoquées viennent surtout de structures partisanes qui se présentent comme des mouvements citoyens. Cette confusion entre mobilisation authentique et mise en scène politique questionne la sincérité de l’appel patriotique.
Les Centrafricains voient leur pays reculer vers des époques qu’ils croyaient finies. Les services publics s’effondrent, la corruption gangrène les institutions, la pauvreté s’étend. Mais au sommet, on prépare tranquillement la reconduction du système.
Décembre 2025 dira si cette mise en scène convainc un peuple fatigué par les promesses non tenues. Entre les discours officiels et la réalité quotidienne, l’écart grandit.
À Bangui, une Collision en chaîne entre taxis-motos devant le lycée technique, la consommation de stupéfiants pointée du doigt
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/accident-des-taxis-motos-sur-l-avenue-de-l-independance-face-au-lycee-technique-de-Bangui-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Accident des taxis-motos sur l’avenue de l’indépendance, face au lycée technique de Bangui. Photo CNC
Un nouvel accident de circulation impliquant des taxis-motos s’est produit ce mercredi 5 novembre 2025 sur l’avenue de l’Indépendance, devant le lycée technique de Bangui. Deux conducteurs ont percuté un véhicule arrêté.
Les faits se sont déroulés peu avant 11 heures du matin, alors que des élèves du lycée technique traversaient l’avenue pour rejoindre leur établissement. Un automobiliste s’est arrêté et a activé ses feux de détresse pour laisser passer les piétons. Un premier taxi-moto, transportant une passagère, est venu percuter l’arrière du véhicule immobilisé.
Un second taxi-moto, arrivant sur les lieux, a percuté le premier moto-taxi qui venait de heurter le véhicule. Les deux conducteurs n’ont apparemment pas vu le véhicule arrêté malgré ses feux de détresse allumés.
Les deux passagères, qui se trouvaient à l’arrière des motos, ont été blessées. Elles ont été transportées à l’infirmerie de la gendarmerie pour recevoir des soins. Les gendarmes ont constaté que les deux conducteurs circulaient sans permis de conduire. Un constat d’accident a été établi.
Cet accident s’est produit au même endroit où une collision entre deux motos-taxis avait déjà eu lieu le dimanche dernier. La répétition de ces incidents interroge sur l’état des conducteurs de taxis-motos. La consommation de Tramadol et d’autres stupéfiants se répand parmi les motocyclistes de la capitale, une pratique qui diminue leurs capacités de conduite et met en danger leur vie, celle de leurs passagers et des autres usagers de la route.
Centrafrique : quand le Directeur Général des Douanes se prend pour un seigneur de guerre. Frédéric Inamo crée sa milice privée et affame ses agents pour financer ses paramilitaires
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/01/frederic-inamo-des-douanes-corbeaunews-ngaba-IMG_30janv2018162840.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Directeur général des douanes, Inamo Frédéric
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Il y a des dérapages qui passent inaperçus dans le silence complice des institutions. D’autres sont si grossiers, si outranciers, qu’ils finissent par éclater au grand jour comme un abcès trop longtemps contenu. Ce qui se passe actuellement à la Direction Générale des Douanes relève de cette seconde catégorie. Frédéric Inamo, Directeur Général des Douanes depuis une éternité, vient de franchir une ligne rouge que même les esprits les plus cyniques n’auraient jamais imaginée : il est en train de créer sa propre milice personnelle.
Oui, vous avez bien lu. Un directeur général d’une administration civile, censé collecter les taxes et contrôler les frontières, s’est mis en tête de former des paramilitaires. Et pour financer ce projet délirant, il a tout simplement décidé de ne plus payer le travail extra-légal de ses agents. Les douaniers qui risquent leur vie chaque jour sur les postes frontaliers, qui se font tirer dessus par les trafiquants, qui passent des nuits entières à surveiller les marchandises, ne toucheront pas leur prime ce mois-ci. Pourquoi ? Pour que Monsieur le Directeur Général, Frédéric Inamo puisse envoyer quelques hommes au camp Kassaï apprendre à tirer avec des Kalachnikovs.
L’information, aussi surréaliste qu’elle puisse paraître, est confirmée à la rédaction du CNC par plusieurs sources au sein de la douane. Des agents ont été sélectionnés, on ne sait selon quels critères, pour suivre une formation militaire au camp Kassaï. Certains se demandent même s’il s’agit vraiment de douaniers en fonction ou de stagiaires sortis d’écoles en Afrique de l’Ouest qui auraient déjà reçu une initiation militaire avant d’entamer leur formation douanière. Personne ne comprend. Personne n’explique. Et surtout, personne n’ose poser trop de questions. Parce que dans la Centrafrique de Touadéra, questionner les puissants peut coûter cher.
Frédéric Inamo n’est pas un inconnu dans le paysage administratif centrafricain. Cet homme a déjà battu tous les records de longévité à la tête de la Direction Générale des Douanes. Il est là depuis si longtemps que certains jeunes douaniers ne connaissent que lui comme patron. Il a survécu depuis le début du mandat de son oncle Touadera. Il a traversé toutes les crises. Il s’est maintenu à travers tous les changements de gouvernement. Comment ? Par quelle magie administrative un homme peut-il rester aussi longtemps à un poste aussi stratégique ?
La réponse est simple : l’argent. Les douanes, c’est de l’argent. Beaucoup d’argent. Des milliards de francs CFA transitent chaque année par les postes frontaliers. Et celui qui contrôle les douanes contrôle une partie importante des ressources du pays. Frédéric Inamo a compris cela depuis longtemps. Il a su se rendre indispensable. Il a su tisser des réseaux. Il a su partager les revenus avec ceux qui comptent. Et grâce à cela, il est resté en place. Pendant des années. Pendant une décennie.
Mais maintenant, Inamo veut plus. Il ne lui suffit plus de contrôler l’argent des douanes. Il veut aussi contrôler la force. Il veut avoir ses propres hommes armés. Il veut créer sa milice personnelle. Pourquoi ? C’est la question que tout le monde se pose. Pour se protéger contre qui ? Pour attaquer qui ? Pour servir quels intérêts ?
Personne ne le sait. Mais tout le monde s’inquiète. Parce qu’un directeur général qui crée sa propre milice, c’est un directeur général qui se prépare à quelque chose. Peut-être qu’il sent que son règne touche à sa fin et qu’il veut se protéger. Peut-être qu’il a des projets personnels qui nécessitent une force armée. Peut-être qu’il veut simplement montrer sa puissance. Ou peut-être qu’il agit sur ordre de quelqu’un de plus haut placé.
Ce qui est certain, c’est que cette initiative est totalement illégale. Un directeur général d’une administration civile n’a pas le droit de créer sa propre force armée. Les douaniers ne sont pas des soldats. Ils ne sont pas formés pour faire la guerre. Leur rôle est de contrôler les frontières, de collecter les taxes, de lutter contre la contrebande. Pas de tirer avec des Kalachnikovs.
Et pour financer cette formation militaire, Frédéric Inamo a trouvé une solution simple : voler l’argent de ses agents. Le travail extra-légal, c’est une prime que les douaniers reçoivent chaque mois en plus de leur salaire de base. Cette prime est censée compenser les conditions difficiles de travail, les risques encourus sur le terrain, les heures supplémentaires effectuées. C’est une partie importante du revenu des douaniers. Certains comptent sur cette prime pour nourrir leur famille.
Mais ce mois-ci, Frédéric Inamo a décidé de ne pas payer cette prime. Sans consultation. Sans explication. Il a tout simplement annoncé que l’argent du travail extra-légal serait utilisé pour financer la formation militaire de quelques agents sélectionnés. Les autres n’ont qu’à se débrouiller.
Cette décision a provoqué une colère énorme parmi les douaniers. Beaucoup se demandent comment ils vont faire pour boucler les fins de mois. Certains ont des crédits à rembourser. D’autres ont des enfants à scolariser. D’autres encore ont des parents malades à soigner. Et on leur dit qu’ils ne toucheront pas leur prime parce que le directeur général a décidé de créer sa milice personnelle.
C’est inacceptable. C’est scandaleux. C’est du vol pur et simple.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le dernier mouvement de personnel qui a eu lieu à la Direction Générale des Douanes a également soulevé beaucoup de questions. Les postes stratégiques, ceux où on peut gagner beaucoup d’argent, ont été distribués entre les proches de Frédéric Inamo. Depuis Béloko jusqu’à Bangui, en passant par Gamboula et Nola, tous les postes juteux sont maintenant occupés par des gens triés sur le volet.
Béloko, c’est la frontière avec le Cameroun. C’est par là que passent une grande partie des marchandises qui entrent en Centrafrique. Les taxes collectées à Beloko se comptent en milliards de francs CFA. Celui qui contrôle Beloko contrôle une fortune.
Gamboula et Nola, ce sont les frontières avec le Cameroun également, mais dans des zones moins surveillées. C’est par là que passe beaucoup de contrebande. Bois précieux, diamants, or, tout transite par ces postes. Et celui qui contrôle ces postes peut facilement fermer les yeux sur certains trafics moyennant compensation.
Bangui, c’est le poste central, le siège du pouvoir douanier. C’est là que toutes les décisions se prennent. C’est là que l’argent est centralisé. C’est là qu’on décide qui sera affecté où, qui sera promu, qui sera sanctionné.
En distribuant tous ces postes stratégiques entre ses fidèles, Frédéric Inamo s’est assuré un contrôle total sur les douanes. Plus personne ne peut le contester. Plus personne ne peut surveiller ce qu’il fait. Il règne en maître absolu sur son administration.
Et maintenant, il veut aller plus loin. Il veut créer sa force armée. Il veut avoir ses propres soldats. Il veut transformer la Direction Générale des Douanes en une organisation paramilitaire.
Les douaniers ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas pourquoi leur directeur général a besoin d’une milice. Ils ne comprennent pas pourquoi on leur vole leur prime pour financer cette formation militaire. Ils ne comprennent pas ce qui se cache derrière tout cela.
Mais ils ont peur. Peur de poser des questions. Peur de protester. Peur de se retrouver mutés dans un poste perdu. Peur de perdre leur emploi. Alors ils se taisent. Ils encaissent. Et ils espèrent que quelqu’un, quelque part, va finir par intervenir.
Mais personne n’intervient. Parce que dans la Centrafrique de Touadéra, chacun fait ce qu’il veut. Les ministres volent. Les directeurs généraux créent des milices. Les gouverneurs terrorisent les populations. Et personne ne dit rien. Parce que tout le monde est complice. Parce que tout le monde profite du système.
Frédéric Inamo doit des explications. Il doit expliquer pourquoi il envoie des douaniers en formation militaire. Il doit expliquer à quoi va servir cette milice. Il doit expliquer pourquoi il a volé l’argent du travail extra-légal de ses agents. Et si ses explications ne sont pas satisfaisantes, il doit être sanctionné. Il doit être démis de ses fonctions. Il doit être traduit devant la justice.
Quinze ans après sa condamnation en France, l’escroc Saifee Durbar revient à Bangui et promet un chemin de fer fantôme. Touadéra, aussi un escroc, pose la première pierre de cette parodie
Pose de première pierre de la construction du siège de la société Trans African Railways au village Pani au Pk30 de Bangui route Boali
Le 1ᵉʳ novembre 2025, le président Faustin-Archange Touadéra a personnellement posé la première pierre du siège social de Trans African Railway Systems LTD, au PK-30 route de Boali. Derrière cette cérémonie officielle présentée comme une étape du « désenclavement ferroviaire » de la République centrafricaine se cache un visage bien connu des milieux politico-financiers : celui de Saifee Durbar, ancien vice-ministre de Bozizé et fraudeur condamné en France.
Saifee Durbar , cet homme d’affaires d’origine indo-pakistanaise n’en est pas à sa première apparition à Bangui. En 2009, le Président de la République d’alors, François Bozizé, l’avait nommé vice-ministre des affaires étrangères. Oui, vous avez bien lu. Vice-ministre. Un homme d’affaires étranger, sans parcours politique connu, sans expérience gouvernementale, devient soudainement vice-ministre en Centrafrique. Déjà à l’époque, tout le monde s’interrogeait. Qui est cet homme ? D’où vient-il ? Quelles sont ses véritables motivations ?
Les réponses sont arrivées quelques semaines plus tard. La justice française a confirmé que Saifee Durbar était sous le coup d’une condamnation pour escroquerie et fraude financière. Trois ans de prison ferme. François Bozizé l’a limogé immédiatement. Fin de l’histoire. Ou plutôt, fin du premier chapitre.
Parce qu’en décembre 2009, Saifee Durbar s’est rendu à Paris. Peut-être pour des affaires. Peut-être en toute naïveté. Ou peut-être en pensant qu’il était intouchable. Mais la police française l’attendait. Le 2 décembre 2009, il a été arrêté à l’aéroport. Et là, surprise. Durbar s’est présenté comme diplomate centrafricain. Il a brandi un passeport diplomatique délivré à la hâte par le régime Bozizé. Il a invoqué l’immunité diplomatique. Il pensait pouvoir échapper à la prison grâce à ce bout de papier centrafricain.
Mais la France ne s’est pas laissé impressionner. Les autorités françaises ont immédiatement levé cette prétendue immunité. Elles ont confirmé qu’aucun statut diplomatique réel ne protégeait Durbar. Que ce passeport était un montage grotesque. Et que la condamnation restait valable. Durbar devait aller en prison.
Sauf qu’il n’y est jamais allé. Personne ne sait exactement comment, mais Durbar a disparu. Il s’est volatilisé. Peut-être grâce à des complicités. Peut-être en exploitant des failles administratives. Peut-être en fuyant vers un pays sans extradition. Toujours est-il qu’il ne s’est jamais présenté pour purger sa peine. Et pendant quinze ans, on n’a plus entendu parler de lui.
Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce 1er novembre 2025, où il réapparaît à Bangui, sur le lieu de son crime. Avec une nouvelle casquette. Celle de PDG de Trans African Railway Systems LTD. Une entreprise présentée comme britannique. Une société qui promet de construire un chemin de fer reliant Bangui au port de Kribi. Exactement le même projet qu’il proposait déjà en 2009.
Oui, vous avez bien lu. Le même projet. Mot pour mot. Quinze ans plus tard. En 2009, quand Faustin-Archange Touadera était premier ministre de François Bozizé, Durbar promettait déjà un train du développement. Financé par des capitaux privés venus d’Europe. Un train qui allait désenclaver la Centrafrique. Qui allait transformer l’économie du pays. Qui allait créer des milliers d’emplois. Les mêmes promesses qu’aujourd’hui.
Mais en 2009, rien ne s’est passé. Aucune étude de faisabilité. Aucun appel d’offres. Aucun tracé. Aucun financement. Aucun début de travaux. Rien. Le projet est resté sur le papier. Et Durbar a disparu après son limogeage.
Et maintenant, quinze ans plus tard, il revient avec exactement le même discours. La même société, juste avec un nom différent. Les mêmes promesses. Le même projet. Et cette fois, c’est son ancien Premier ministre devenu président, Kongoboro Touadéra, qui pose lui-même la première pierre.
C’est ici que ça devient vraiment troublant. La cérémonie du 1er novembre n’était pas une cérémonie ordinaire. Le président de la République s’est déplacé personnellement. Il a posé la première pierre du siège social de Trans African Railway Systems LTD. Il a prononcé un discours. Il a donné sa caution officielle à ce projet. Il a légitimé Saifee Durbar comme un investisseur sérieux, un partenaire stratégique du développement de la Centrafrique.
Un spectacle destiné à donner l’image d’un pouvoir bâtisseur. Un pouvoir qui attire les investissements étrangers. Un pouvoir qui lance de grands projets d’infrastructure. Alors même que les caisses de l’État sont vides. Que le pays peine à réhabiliter quelques axes routiers. Que certains fonctionnaires des institutions ne sont pas payés régulièrement. Mais peu importe. L’important, c’est l’image. L’important, c’est la communication. L’important, c’est de faire croire que le développement est en marche.
Et pour cela, on fait appel à un escroc international condamné en France. On lui déroule le tapis rouge. On lui offre la légitimité présidentielle. Et on espère que personne ne posera de questions.
Mais nous, à Corbeau News Centrafrique, nous posons des questions. Et la première question est simple : qui est vraiment Trans African Railway Systems LTD ?
Nous avons cherché. Nous avons fouillé. Nous avons consulté les registres britanniques. Et devinez quoi ? Cette entreprise n’existe pas. Elle n’apparaît dans aucun registre officiel britannique. Les autorités de Londres ne connaissent pas cette société. Les organismes de régulation ne répertorient aucune activité liée à des infrastructures africaines sous ce nom.
Trans African Railway Systems LTD est une coquille vide. Une façade. Un nom inventé pour donner une apparence de crédibilité à un projet fantôme.
Mais le nom de Saifee Durbar, lui, apparaît bien dans plusieurs dossiers controversés. Notamment celui de la mine d’uranium de Bakouma. Cette affaire liée à UraMin-Areva où Durbar se présentait comme intermédiaire entre la République centrafricaine et des investisseurs européens. Un rôle jamais prouvé. Un rôle dont le résultat fut un échec total. Mais un rôle qui lui a probablement permis de toucher des commissions, des facilitations, des pots-de-vin.
Voilà le vrai profil de Saifee Durbar. Un intermédiaire opportuniste. Un homme qui se présente toujours comme le lien entre l’Afrique et de mystérieux investisseurs européens. Qui promet des financements qui n’arrivent jamais. Qui signe des protocoles d’accord qui ne débouchent sur rien. Mais qui, au passage, empoche probablement des sommes confortables.
Et aujourd’hui, le président Touadéra lui offre une nouvelle opportunité. En posant personnellement la première pierre de son siège social, Touadéra transforme un escroc condamné en investisseur respectable. Il lui donne la crédibilité dont il a besoin pour continuer ses opérations douteuses.
À Bangui, beaucoup s’interrogent. Comment est-ce possible ? Comment un homme condamné à trois ans de prison en France pour fraude peut-il revenir sous les projecteurs sans qu’aucune autorité ne s’en émeuve ? Comment peut-il rencontrer le président de la République ? Comment peut-il lancer un projet officiel sans qu’aucune vérification ne soit faite ?
Les réponses sont simples mais terrifiantes. Parce qu’en Centrafrique, il n’y a plus de contrôle. Il n’y a plus de transparence. Il n’y a plus de vérification. N’importe qui peut venir à Bangui avec un beau discours et un projet fumeux, et obtenir la caution présidentielle. Pourvu qu’il offre quelques facilités aux bonnes personnes. Pourvu qu’il promette quelques retombées aux bons intermédiaires. Pourvu qu’il accepte de jouer le jeu de la corruption généralisée.
Le retour de Saifee Durbar traduit une dérive profonde du régime Touadéra. Le pouvoir s’entoure de personnages condamnés, compromis dans des montages financiers opaques, et les remet au cœur des projets stratégiques du pays. Derrière les discours sur le désenclavement et le développement durable, ce sont toujours les mêmes acteurs douteux qui tirent profit du manque de contrôle et de transparence.
Cette cérémonie du PK-30 ne marque pas le début d’un chemin de fer. Elle marque la continuité d’une alliance malsaine entre le pouvoir et les aventuriers financiers. La République centrafricaine, qui peine déjà à bâtir des routes viables, se voit aujourd’hui promise à un train fantôme conduit par un fraudeur notoire.
Une enquête d’investigation menée par Corbeau News-Centrafrique (CNC) montre les circonstances inquiétantes de l’enlèvement de Wouya Mocko Abel, candidat déclaré à la mairie d’Amdafock, dans la préfecture de la Vakaga. Enlevé à Bangui dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 octobre 2025 par des mercenaires russes, il reste introuvable à ce jour. L’enquête de terrain menée par notre équipe d’investigation déployée à Amdafock et Birao démontre un possible complot impliquant des autorités locales.
En effet, le 2 octobre dernier, l’Autorité Nationale des Élections (ANE) ouvrait officiellement le dépôt des candidatures pour les scrutins présidentiel, législatif et municipal de décembre 2025. C’est précisément cette nuit-là que Wouya Mocko Abel, qui s’apprêtait à déposer son dossier de candidature à la mairie d’Amdafock, a été enlevé à son domicile à Bangui par des mercenaires russes accompagnés de gendarmes.
Selon notre enquête, le candidat jouissait d’une forte popularité dans sa localité d’Amdafock, ville frontalière avec le Soudan. Son enlèvement intervient quelques jours seulement après une altercation verbale avec le sous-préfet d’Amdafock, Ramadan Abdelkader.
Notre investigation a révélé que le sous-préfet Ramadan Abdelkader avait proféré des menaces directes et criminelles contre Wouya Mocko Abel par téléphone.
“Tout ce que je te dis au téléphone, tu peux enregistrer ma voix et faire tout ce que tu veux avec. Tu peux aller le déposer n’importe où, même au tribunal, je m’en fiche”, avait déclaré le sous-préfet au candidat. Il avait même ajouté : “Si tu étais sur place à Amdafock, tu verrais ce qui t’arriverait. Mais comme tu es à Bangui, je vais envoyer l’un de mes fils militaires pour te kidnapper”.
Le sous-préfet a également tenté de coller une étiquette de “rebelle” au candidat Wouya Mocko Abel, affirmant qu’il serait “rebelle lui-même” et qu’il “collabore régulièrement avec des rebelles”. Nos sources indiquent que Ramadan Abdelkader a même menacé de faire tuer le candidat, se vantant de pouvoir assumer publiquement ses propos devant n’importe quelle autorité.
Quelques jours après ces menaces explicites, Wouya Mocko Abel a effectivement été enlevé à Bangui.
L’ombre de l’ancien député Goumba Valentin
L’enquête menée par notre équipe à Amdafock et à Birao a révélé des éléments troublants concernant le rôle de Goumba Valentin, ancien député de Birao et cousin du candidat enlevé. La mère de Wouya Mocko Abel est en effet la sœur de Goumba Valentin.
Selon les témoignages recueillis sur place, c’est Goumba Valentin qui aurait invité son cousin à venir à Bangui, lui proposant de loger chez lui pour faciliter les démarches de dépôt de candidature. Toutefois, une fois à Bangui, l’ancien député aurait changé d’attitude.
Nos sources indiquent que Goumba Valentin aurait commencé à répandre des rumeurs sur son cousin, affirmant à qui voulait l’entendre que Wouya Mocko Abel serait “un rebelle” et que sa candidature ne devrait pas être acceptée. Cette campagne de dénigrement aurait créé une véritable crise familiale.
Manifestation à Amdafock pour demander la libération immédiate de monsieur Wouya Mocko Abel, arrêté par les mercenaires russes à Bangui. Photo CNC
Face à cette situation, Wouya Mocko Abel avait quitté le domicile de son cousin pour louer sa propre maison à Bangui. C’est évidemment dans cette résidence qu’il a été enlevé par les mercenaires russes.
Après son enlèvement, la population d’Amdafock a organisé une manifestation massive devant le bureau de la Minusca pour exiger la libération de leur candidat. Les manifestants ont remis un mémorandum à la mission onusienne et ont exprimé leur colère contre cet enlèvement.
“Nous, la population d’Amdafock, sommes particulièrement tristes. Abel Mokouya est un homme simple, sympathique, reconnu par la population d’Amdafok comme candidat au maire. Il n’a aucun problème avec la population. Il représente le meilleur garant de l’avenir des jeunes de la sous-préfecture d’Amdafock”, a déclaré l’un des manifestants.
Les habitants ont directement pointé du doigt le sous-préfet Ramadan Abdelkader : “Il a été menacé il y a quelques mois par certains hommes politiques. Et effectivement, il est arrêté à Bangui au moment du dépôt des dossiers. Nous sommes convaincus que c’est un coup monté contre sa candidature“.
Les partisans du candidat enlevé affirment que si quelque chose arrive à Wouya Mocko Abel, le sous-préfet et ses complices “vont finir mal”. Cette mobilisation témoigne de la popularité du candidat dans sa localité.
Pour la famille et les habitants d’Amdafok, il ne fait aucun doute que l’ancien député Goumba Valentin est complice de cet enlèvement. L’ancien député est connu pour être ami avec le sous-préfet et également avec le ministre de la Justice, tous originaires de la Vakaga. Selon les témoignages recueillis, ils auraient comploté pour que les mercenaires russes enlèvent Wouya Mocko Abel.
Une stratégie de disqualification forcée.
Où est détenu Wouya Mocko Abel ? Depuis son enlèvement, aucune trace officielle de Wouya Mocko Abel n’a été retrouvée. Il n’apparaît ni à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie, ni à la prison du Camp de Roux, ni à la prison d’Ngaragba, ni à l’OCRB.
Selon nos dernières informations, le candidat Wouya Mocko Abel serait maintenu dans le sous-sol du camp de Roux, devenu une prison secrète des mercenaires russes à Bangui. D’autres sources évoquent également la possibilité qu’il soit détenu dans des conteneurs à l’aéroport international de Bangui Mpoko, où les mercenaires russes disposent de cellules privées.
Zemio : Un soldat de forces armées centrafricaines échappe de justesse à l’exécution
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/07/le-sergent-chef-Johnattan-Mackfoy-décédé-à-Obo-le-18-juillet-2018.jpg” data-wpel-link=”internal”>Rotation des éléments de forces armées centrafricaines à Obo
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Torturé et jeté dans un puits par ses propres collègues et les Mercenaires russes du groupe Wagner, le soldat FACA a réussi à fuir vers la RDC
À Zémio, la semaine dernière, un jeune soldat de deuxième classe des Forces armées centrafricaines a frôlé la mort. Son crime ? Avoir perdu son arme pendant qu’il était parti en ville pour acheter du crédit téléphonique pour appeler sa famille à Bangassou. Ce qui aurait dû donner lieu à une procédure disciplinaire normale s’est transformé en tentative d’exécution sommaire instrumentée par ses propres collègues et des mercenaires russes. Le jeune homme est aujourd’hui réfugié en République démocratique du Congo, ayant échappé de peu à ses bourreaux.
Selon des informations recueillies par la rédaction du CNC, le jeune soldat FACA, déployé à Zémio depuis moins d’un mois après un an de service dans l’armée nationale, vivait ses premiers jours dans cette ville frontalière du Haut-Mbomou. Comme beaucoup de soldats isolés loin de leurs familles, il voulait simplement prendre des nouvelles de ses proches restés à Bangassou. Il a laissé son arme dans sa chambre et s’est rendu acheter du crédit téléphonique. Un geste banal qui allait basculer dans le cauchemar.
À son retour, l’arme avait disparu. La nouvelle s’est répandue rapidement dans la garnison. Ses collègues militaires et les mercenaires russes présents sur place ont immédiatement accusé le jeune soldat. Sans enquête, sans procédure, sans même chercher à comprendre ce qui s’était réellement passé, ils ont décidé de son sort.
Les coups ont commencé. Ils l’ont brutalisé, insulté, accusé de tous les maux. Puis ils lui ont attaché les mains avec des câbles et l’ont traîné derrière la gendarmerie, à la sortie de la ville. Là se trouvait un puits d’eau asséché, un trou profond creusé par les villageois et depuis longtemps abandonné. Ils ont jeté le jeune soldat FACA au fond de ce puits, comme on se débarrasse d’un déchet.
Il était environ 17 heures. Les militaires et les mercenaires sont repartis, le laissant au fond du trou avec les mains liées. Leur plan était simple : revenir le lendemain pour l’achever. Le soldat a passé toute la nuit dans ce puits. Des heures d’angoisse, de douleur, dans le noir absolu. Il savait qu’au matin, ils reviendraient pour le tuer.
Mais 24 heures plus tard, le jeune soldat FACA a pris une décision : se battre ou mourir. Il s’est débattu pendant des heures pour libérer ses mains des câbles qui les enserraient. La douleur était intense, mais la peur de mourir était plus forte. Il a finalement réussi à se dégager. Restait à sortir du puits.
Les anciens creuseurs avaient laissé des prises rudimentaires dans les parois du puits, de petits trous servant d’escalier artisanal. Le jeune soldat FACA s’est agrippé à ces prises, a grimpé centimètre par centimètre, les mains ensanglantées, le corps meurtri. Après des efforts qui lui ont semblé durer une éternité, il est parvenu à atteindre le sommet et à s’extraire du puits.
Une fois dehors, il ne pouvait pas retourner à la garnison. Ses bourreaux l’y attendaient. Il a donc fait le seul choix possible : traverser la frontière vers la République démocratique du Congo. Les militaires congolais l’ont arrêté à son arrivée sur leur territoire. Il est actuellement détenu en RDC, où son sort reste incertain.
Cette histoire pousse à s’interroger sur l’état de l’armée centrafricaine. Comment en est-on arrivé à un point où des soldats torturent et tentent d’exécuter leurs propres collègues ? Comment des mercenaires étrangers peuvent-ils agir en toute impunité sur le sol centrafricain, participant à des tentatives de meurtre contre des éléments de l’armée nationale ?
Zémio est devenue depuis plusieurs mois un théâtre d’horreur où les abus se multiplient. Les mercenaires russes du groupe Wagner, présents massivement dans la région, y imposent leur loi. Les témoignages d’arrestations arbitraires, de tortures, d’exécutions sommaires se sont accumulés depuis leur arrivée. Les civils ne sont pas les seules victimes. Comme le montre le cas du jeune soldat FACA, même les soldats centrafricains ne sont pas à l’abri.
La perte d’une arme est effectivement une faute grave dans toute armée. Elle justifie des sanctions disciplinaires, une enquête approfondie, éventuellement des poursuites judiciaires. Mais elle ne justifie jamais la torture et encore moins une tentative d’exécution. L’armée centrafricaine dispose de codes, de règlements, de procédures. Tout cela a été balayé à Zémio au profit de la barbarie pure.
Le rôle des mercenaires russes dans cette affaire est particulièrement inquiétant. Ces hommes, qui ne rendent de comptes à personne, se comportent comme s’ils étaient au-dessus des lois centrafricaines. Ils participent à des actes de torture sur des soldats de l’armée qu’ils sont censés former et soutenir. Cette relation toxique transforme les FACA en une force de plus en plus incontrôlable, où la violence remplace la discipline et où la vie humaine ne vaut plus rien.
Ce jeune soldat FACA a eu de la chance. Le puits était sec. Il a réussi à se libérer. Il a trouvé la force de grimper. Combien d’autres soldats ont-ils connu le même sort sans avoir cette chance ? Combien ont disparu dans des puits, des fosses, des rivières, victimes de leurs propres collègues ou de leurs “formateurs” russes ?
En RDC, le jeune soldat attend. Il ne peut pas rentrer en Centrafrique où il serait immédiatement arrêté ou pire. Il ne peut pas non plus rester indéfiniment en détention en RDC. Son avenir est suspendu à une décision que prendront les autorités congolaises. Mais une chose est sûre : s’il rentre, ce sont les mercenaires et ses anciens collègues qui l’attendent. Et cette fois, il n’y aura peut-être pas de puits sec pour lui sauver la vie.
Cette histoire résume le naufrage moral de l’armée centrafricaine. Des soldats censés protéger la population deviennent des criminels. Des mercenaires étrangers imposent leur loi par la terreur. Les procédures judiciaires et disciplinaires sont remplacées par la violence sommaire. C’est un pays de fous, où la vie d’un soldat compte moins que celle d’une arme perdue.
Sam-Ouandja : deux commerçants de Ouanda-Djallé assassinés par des hommes armés non identifiés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/gare-centrale-des-taxis-bus-et-taxis-motos-de-la-ville-de-sam-ouandja-dans-la-vakaga.jpg” data-wpel-link=”internal”>Gare centrale des taxis, bus et taxis motos de la ville de Sam-Ouandja dans la Vakaga
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Deux personnes ont été tuées ce dimanche 2 octobre dernier par des hommes armés non identifiés sur l’axe entre Sam-Ouandja et Ouanda-Djallé. Les victimes étaient des commerçants de Ouanda-Djallé très connu dans la ville.
Le dimanche 2 novembre dernier, aux environs de 6 heures du matin, Mahamat et Mathurin, tous deux commerçants, ont quitté Sam-Ouandja pour rentrer dans leur ville de Ouanda-Djallé. Après leur départ sur une moto, à quelques kilomètres seulement de Sam-Ouandja, ils sont tombés sur des hommes armés. Les assaillants ont immédiatement ouvert le feu sur eux, faisant tuer sur place l’un des motocyclistes, celui qui a conduit la moto et qui s’appelle Mathurin. Le passager, un grand commerçant de Ouanda-Djallé, lui, il a pu s’échapper en sautant de la moto. Les hommes armés l’ont poursuivi et ont tiré sur lui. Il a été atteint par balle et il est mort.
Or, avant que la deuxième moto soit prise à partie par les assaillants, ces derniers ont mis la main sur une première moto quelques minutes plutôt, sur laquelle il y’avait deux personnes. Les assaillants les ont kidnappé, ils les ont attaché les mains avant de leur poser des nombreuses questions. C’est justement après la première moto que la deuxième moto est arrivée, et les assaillants n’ont pas hésité d’ouvrir le feu sur elle sans se poser des questions cette fois. Et après avoir pourchasser l’un des passagers qui avait tenté de fuir dans la foret , Les assaillants l’ont tué finalement et ont pris sa carte d’électeur. Retournés auprès de ces deux premiers otages, Ils les ont montrée la carte d’électeur de la deuxième victimes et ont demandé s’ils connaissaient cette personne. Ils ont répondu oui. Après cela, les assaillants les ont libéré.
Les deux victimes sont des commerçants de Ouanda-Djallé. La deuxième victime, du nom de Mahamat, est un grand commerçant, tandis que la première victime s’appelle Mathurin, est aussi un commerçant. Tous les deux sont des commerçants d’Ouanda-Djallé.
Pendant ce temps, à Ouanda-Djallé, les gens attendaient l’arrivée de monsieur Mahamat et Mathurin qui ont quitté Sam-Ouandja tôt le matin à 6 heures. Comme le temps passait et qu’ils n’arrivaient toujours pas, ils se sont inquiétés. Normalement, avec 85 kilomètres de distance, ils auraient dû arriver à une certaine heure. Mais ils tardaient. Les gens d’Ouanda-Djallé ont pensé qu’ils avaient peut-être eu une panne de moto ou un problème technique.
Des jeunes ont décidé de quitter Ouanda-Djallé sur des motos pour aller à la rencontre de Mahamat et Mathurin. Pour les devancer. Pour voir ce qui se passait. Entre temps, à Sam-Ouandja, les autres personnes ont quitté pour aller chercher à savoir ce qui s’est passé, selon des informations qu’ils ont reçu.
Les jeunes venus de Ouanda-Djallé et de Sam-Ouandja sont parties dans la forêt ensemble pour chercher. Ils ont fouillé. Finalement, ils ont retrouvé le corps des deux commerçants. Ils avaient été abattu. Mahamat a été abattu de six balles dans le corps. Les jeunes venus de Sam-Ouandja et de Ouanda-Djallé ont ramené le corps dans la ville d’Ouanda-Djallé.
À Ouanda-Djallé, personne ne sait qui a commis ce crime. Les familles des victimes ne comprennent pas. Elles ne voient aucune raison pour ces assassinats. Pourquoi tuer ces deux commerçants ? Quel était le motif ?
Mais à Sam-Ouandja, c’est une autre histoire. Les habitants ont leur propre version, et ça concorde à la réalité. Ils accusent directement les rebelles Peuls de l’UPC qui sont cantonnés dans l’école primaire de Sam-Ouandja.
Selon les informations qui circulent à Sam-Ouandja, voici ce qui se serait passé avant l’attaque. Des commerçants et éleveurs peuls ont quitté le Tchad. Ils sont rentrés sur le territoire centrafricain pour venir vendre leur bétail. Ils sont arrivés à Sam-Ouandja avec leur bétail. Les soldats des Forces Armées Centrafricaines les ont taxés. Ils ont payé. Les gendarmes les ont taxés. Ils ont payé également. Les policiers les ont taxés. Ils ont payé.
Puis les rebelles cantonnés à l’école ont demandé également de payer. Ils ont fixé le montant à 400 000 francs CFA. Le chef peul a refusé. Il a dit qu’il avait déjà payé aux autorités, aux gendarmes, aux FACA. Qu’il n’avait plus d’argent pour payer aux rebelles. Il a proposé de donner 30 000 francs.
Les rebelles ont refusé. Ils ont dit qu’il fallait payer tous les 400 milles francs . Le chef peul a insisté. Il a dit qu’il n’avait pas l’argent. Qu’il avait déjà payé à l’État et aux autorités.
Alors les rebelles se sont fâchés. Il y a eu un échange verbal violent. Les rebelles lui ont dit : “Tu refuses de payer ? Tu vas retourner comment au Tchad ? Par le ciel ? Par la terre ? C’est à toi de choisir. Mais si vous refusez, vous allez rentrer comment ?”
Le chef peul n’a rien dit et la discussion s’est terminée en queue de poisson.
Quelques jours plus tard, le chauffeur du commerçant tchadien a décidé de rentrer. Il a pris quelques personnes avec lui sur sa moto et quitte Sam-Ouandja. Sur la route, le chauffeur du chef peul faisait partie de la première moto qui a été attaquée par les assaillants en premier.
Selon la version de Sam-Ouandja, les assaillants, qui sont aussi des Peuls de l’UPC, cherchaient le commerçant tchadien. Ils voulaient le tuer pour le punir d’avoir refusé de payer les 400 000 francs. Ainsi, ils ont vu que le patron ne faisait pas parti de l’équipage de la première moto. C’est pourquoi, ils ont vu la deuxième moto, croyait certainement que c’est le patron qui arrive. Et sans se douter, ils ont ouvert le feu sur la deuxième moto et tuer les passagers pour rien.
Le fait que les assaillants aient montré la carte d’identité au chauffeur du chef peul prouve, selon les habitants de Sam-Ouandja, que c’était une attaque ciblée. Que les assaillants cherchaient quelqu’un de précis. Qu’ils voulaient vérifier s’ils avaient tué la bonne personne.
À Sam-Ouandja, les habitants n’ont aucun doute. Ce sont les rebelles cantonnés dans l’école qui ont organisé ces assassinats. Pour venger le refus du chef peul de payer. Et pour envoyer un message à tous les autres commerçants : payez ou vous mourrez.
Mais ce sont des informations qui circulent dans la ville. Des informations qui circulent à Sam-Ouandja. Des accusations non vérifiées. À Ouanda-Djallé, pendant ce temps, les autorités n’ont toujours pas identifié les assaillants.
La ville d’Ouanda-Djallé est endeuillée. Le grand commerçant Mahamat et Mathurin étaient des personnes connues et respectées. Leurs familles pleurent. Et maintenant, l’inquiétude grandit. Les gens se demandent : est-ce qu’on peut encore circuler en sécurité sur cet axe ? Qui sera la prochaine victime ? Quand est-ce que les autorités vont réagir ?
Le DG de la police Bienvenu Zokoué crie à la diffamation : quand les bourreaux se victimisent
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Le-general-de-la-police-centrafricaine-Bienvenu-Zokoue-DG-de-la-police-nationale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général de la police, Bienvenu Zokoué, directeur général de la police nationale ol
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Directeur Général de la Police Nationale, le Général Bienvenu Zokoué, fait face à des accusations graves concernant son implication dans des exécutions sommaires et des tortures. Sa réaction ? Crier à la diffamation. Ses communicants publient des textes pathétiques pour le présenter comme une victime de “manœuvres de diffamation” et de “détracteurs” qui veulent “ternir son image”.
Le texte publié par un avatar sous l’appellation d’Emergency-Info-RCA le 18 octobre 2025 est un modèle de propagande ridicule. On y présente Bienvenu Zokoué comme “un acteur clé qui joue un rôle central dans le maintien de l’ordre et la sécurité des populations à travers le respect des Droits de l’Homme”. On y affirme que “sous le magistère du DG Bienvenu Zokoué, les forces de l’ordre opèrent dans le respect des normes en vigueur en matière de Droits de l’Homme”.
C’est à se demander si les auteurs de ce texte pathétique vivent dans le même pays que nous. Le DG Bienvenu Zokoué qu’ils décrivent n’existe que dans leur imagination. Le vrai Zokoué est un homme que ses propres collègues de la police qualifient de “braqueur et criminel ”. Un homme qui a eu de graves problèmes avec le syndicat de la police et qui a dû manœuvrer pour le démanteler. Un homme qui est à l’origine de nombreux braquages de commerçants libanais. Un homme sous les ordres duquel des arrestations arbitraires, des tortures et des exécutions sommaires ont lieu régulièrement.
Le texte de propagande prétend que les accusations contre Bienvenu Zokoué concernant une requête adressée au Bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale sont “imaginaires” et “mensongères”. Ils affirment que dire que Zokoué serait cité dans une plainte à la CPI pour des crimes relevant de sa juridiction, notamment concernant la fosse commune découverte vers le cimetière de N’Drès, relève de la “diffamation et désinformation”.
Mais ces dénégations ne trompent personne. Zokoué n’est pas cité dans des plaintes à la CPI par hasard. Il n’est pas accusé d’exécutions sommaires et de tortures par des “détracteurs” qui veulent lui nuire. Il est accusé parce qu’il a effectivement commis ces crimes. Les preuves existent. Les témoignages existent. Les corps existent.
Le problème de Bienvenu Zokoué, c’est qu’il croit que crier à la diffamation va faire disparaître les accusations. Il croit que mobiliser des communicants pour publier des textes ridicules va restaurer son image. Il croit que se présenter comme une “force tranquille et engagée sous l’impulsion du Président Touadéra” va le protéger de la justice internationale.
Il se trompe. La CPI n’est pas impressionnée par la propagande. Elle s’intéresse aux faits. Et les faits contre Zokoué sont accablants. Sous sa direction, la police centrafricaine est devenue une machine de répression. Les arrestations arbitraires se multiplient. Les tortures sont courantes à l’OCRB et dans les commissariats. Des gens disparaissent. Des corps sont retrouvés dans des fosses communes.
Bienvenu Zokoué est directement responsable de cette situation. C’est lui qui donne les ordres. C’est lui qui couvre les crimes de ses hommes. C’est lui qui empêche les enquêtes sur les abus commis par la police. C’est lui qui transforme la police en milice au service du régime.
Le texte de propagande parle du “respect des Droits de l’Homme” et cite même “des résolutions de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples”. C’est d’un cynisme absolu. Bienvenu Zokoué se fiche complètement des droits de l’homme. Pour lui, ces droits sont des obstacles qu’il faut contourner pour accomplir sa mission de répression.
Quand des commerçants libanais sont braqués, c’est souvent avec la complicité de policiers sous les ordres de Zokoué. Quand des hommes d’affaires musulmans sont arrêtés, leurs biens disparaissent mystérieusement et se retrouvent dans les maisons de hauts responsables de la police. Quand des opposants sont arrêtés, ils sont torturés dans des cachots avant d’être transférés à l’OCRB ou livrés aux Russes.
Et Bienvenu Zokoué prétend que tout cela est de la diffamation ? Que les accusations contre lui sont “imaginaires” ? Que ceux qui le dénoncent sont des “mensongers politiques” et des “aigris de tout bord” ?
Non, monsieur Bienvenu Zokoué . Ceux qui vous dénoncent ne sont pas des aigris. Ce sont des victimes de vos abus. Ce sont des gens qui ont été torturés dans vos commissariats. Ce sont des familles dont les proches ont disparu après avoir été arrêtés par vos hommes. Ce sont des témoins qui ont vu vos policiers commettre des crimes.
Le texte de propagande affirme que ces accusations ne vont pas “décourager le DG Bienvenu Zokoué qui reste déterminé à barrer la route aux malfaiteurs politiques qui veulent la déstabilisation du pays”. Cette phrase en dit long sur la mentalité de Bienvenu Zokoué . Pour lui, tous ceux qui le critiquent sont des “malfaiteurs politiques” qui veulent déstabiliser le pays. Il ne peut pas concevoir que des gens le dénoncent simplement parce qu’il commet des crimes.
C’est la mentalité classique des bourreaux qui se victimisent. Ils commettent des atrocités, puis quand on les dénonce, ils crient à la persécution. Ils disent qu’on les diffame. Ils disent qu’on veut ternir leur image. Ils disent qu’on veut déstabiliser le pays.
Mais la vérité finit toujours par éclater. Les crimes de Bienvenu Zokoué sont documentés. Les témoignages s’accumulent. Les preuves sont rassemblées. Et un jour, il devra répondre de ses actes devant la justice. Peut-être pas devant la justice centrafricaine qui est aux ordres du régime. Mais devant la justice internationale qui ne se laisse pas impressionner par la propagande.
Le fait que Bienvenu Zokoué mobilise des communicants pour publier des textes pathétiques à sa gloire montre qu’il a peur. Il sait que les accusations contre lui sont sérieuses. Il sait que son nom circule dans les chancelleries et dans les bureaux de la CPI. Il sait que sa réputation est ruinée. Alors il essaie désespérément de redorer son blason avec de la propagande grossière.
Mais cette propagande ne trompe personne. Quand on lit que Zokoué est un défenseur des droits de l’homme, on ne peut que rire jaune. C’est comme dire que Touadéra est un démocrate ou que Wagner respecte le droit humanitaire. Ce sont des mensonges tellement énormes qu’ils en deviennent risibles.
La réalité, c’est que Bienvenu Zokoué est un criminel en uniforme. C’est un homme qui a transformé la police en instrument de terreur. C’est un responsable qui couvre les crimes de ses subordonnés et qui en commet lui-même. C’est un général qui mérite d’être jugé pour crimes contre l’humanité.
Et aucune campagne de communication ne changera cette réalité. Zokoué peut publier autant de textes de propagande qu’il veut. Il peut mobiliser autant de communicants qu’il veut. Il peut se présenter comme une victime de diffamation autant qu’il veut. Les faits restent les faits. Les crimes restent les crimes. Et un jour, justice sera rendue.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les Mercenaires russes du groupe Wagner intensifient leurs demandes au gouvernement centrafricain pour obtenir des concessions forestières dans la Lobaye, officiellement pour cultiver du cacao, officieusement pour l’exploitation illégale des bois.
Le groupe Wagner multiplie les pressions sur le gouvernement centrafricain depuis plusieurs mois pour obtenir de nouvelles concessions forestières dans la préfecture de la Lobaye. Selon des informations recoupées auprès du ministère de l’administration du territoire, le groupe Wagner demande depuis quelques mois l’attribution de 200 hectares vers Pissa, en direction de Mbaïki, pour reprendre leurs activités d’exploitation forestière.
Officiellement, Wagner prétend vouloir se lancer dans la culture du cacao sur ces terres. Cette façade agricole ne trompe personne au sein du gouvernement qui a parfaitement compris les véritables intentions des mercenaires russes. Derrière cette couverture se cache un projet d’exploitation forestière illégale, continuation de leurs activités passées dans la préfecture.
Cette nouvelle demande intervient après l’arrêt forcé de leurs précédentes opérations forestières dans la Lobaye. Pendant plusieurs mois, Wagner avait exploité massivement les forêts centrafricaines, exportant des quantités importantes de bois brut vers l’étranger. Cette exploitation intensive avait fini par attirer l’attention de la communauté internationale.
Les pressions internationales avaient contraint le Cameroun, pays de transit traditionnel, à interdire l’exportation de ces bois sur son territoire. Cette décision camerounaise avait effectivement stoppé les exportations de Wagner, les privant d’une source de revenus considérable et les contraignant à cesser temporairement leurs activités forestières.
La CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) avait également durci sa position en interdisant l’exportation de bois brut. Cette réglementation exige désormais que le bois soit transformé localement avant toute exportation, compliquant considérablement les opérations de Wagner qui privilégiaient l’exportation directe de grumes.
Face à ces obstacles réglementaires, Wagner tente aujourd’hui un retour en force en multipliant les pressions sur les autorités centrafricaines. Le ministre de l’Administration du territoire fait l’objet de sollicitations particulièrement insistantes de la part des mercenaires russes qui cherchent à accélérer l’attribution de leurs nouvelles concessions.
La semaine dernière, Wagner a intensifié ses démarches en adressant des courriers officiels réclamant l’attribution rapide des 200 hectares demandés vers Pissa. Cette impatience témoigne de leur urgence à reprendre leurs activités lucratives d’exploitation forestière sous couvert de projets agricoles.
Le gouvernement centrafricain se trouve dans une position délicate face à ces pressions. D’un côté, il dépend militairement du soutien russe. De l’autre, il ne peut ignorer complètement les pressions internationales et les réglementations de la CEMAC concernant l’exploitation forestière.
Cette situation a donné lieu à un jeu complexe entre Wagner et les autorités centrafricaines. Le gouvernement semble temporiser, cherchant à ménager à la fois ses partenaires russes et ses engagements internationaux. Cette stratégie d’évitement agace visiblement Wagner qui multiplie les pressions pour obtenir satisfaction.
La demande de 500 hectares vers Pissa s’inscrit dans la stratégie plus large de Wagner de sécuriser ses sources de financement en République centrafricaine. L’exploitation forestière représente un secteur particulièrement lucratif que les mercenaires russes ne veulent pas abandonner définitivement.
Le choix de la zone de Pissa n’est pas fortuit. Cette région de la Lobaye dispose de ressources forestières importantes et d’un accès relativement facile aux voies de communication vers l’extérieur. Ces avantages logistiques facilitent l’exploitation et l’évacuation des produits forestiers.
La couverture “culture de cacao” choisie par Wagner témoigne de leur connaissance des enjeux locaux. Le cacao est effectivement une culture traditionnelle de la région qui peut justifier l’attribution de grandes surfaces. Cette façade agricole permet de masquer les véritables intentions d’exploitation forestière intensive.
L’insistance de Wagner pour obtenir rapidement ces concessions révèle aussi leur compréhension des enjeux temporels. Plus ils attendent, plus les pressions internationales risquent de se durcir et de compliquer leurs futures opérations. D’où leur volonté d’obtenir rapidement les autorisations nécessaires.
Bangui : au croisement du huitième arrondissement, des tirs des policiers ivres sèment la panique et le chaos au sein de la population
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/05/commissariat-du-huitième-arrondissement-de-Bangui-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Commissariat du huitième arrondissement de Bangui. Photo CNC
Une bagarre entre deux rivales a provoqué lundi soir un désordre général au croisement du huitième arrondissement de Bangui. Des policiers du commissariat dudit arrondissement , manifestement ivres, ont tiré à balles réelles en l’air et procédé à plusieurs arrestations, semant la panique parmi les habitants.
En effet, les faits se sont déroulés vers 18 heures, le lundi 3 novembre 2025. Deux jeunes femmes, liées amoureusement à un militaire, se sont rencontrées par hasard dans un débit de boisson au croisement du huitième. La rencontre a viré à la bagarre. L’une des deux belligérantes, après des conseils de la foule, voudrais quitter le lieu à bord d’une mototaxi. La seconde rivale l’a poursuivie dans la rue, relançant l’altercation sous les regards des passants.
Alertés par des bruits des badauds, plusieurs policiers du commissariat du 8ᵉ arrondissement sont arrivés sur place. Selon les témoins, ils étaient en état d’ébriété et ont ouvert le feu en l’air avant d’arrêter des civils présents sur les lieux, y compris deux militaires en civil. Les arrestations se sont faites dans le désordre, sans distinction entre protagonistes et spectateurs.
L’incident a provoqué une vive tension dans le quartier. Des civils se sont rassemblés au bord de la route en face du commissariat du huitième pour dénoncer les abus répétés des policiers, accusés d’utiliser leurs armes pour intimider et rançonner la population. Des échanges verbaux violents ont éclaté entre les policiers et certains militaires sur le lieu.
La tension a failli dégénérer, mais d’autres jeunes conscients sont finalement intervenus pour calmer les esprits et éviter un affrontement.
Pour la population du huitième arrondissement, jusqu’à quand les policiers du huitième arrondissement continueront-t-ils à se comporter comme une menace pour ceux qu’ils doivent protéger ?
Aristide Briand Reboas ne mâche pas ses mots. L’ancien ministre centrafricain de la Jeunesse et des Sports a exprimé sa frustration lors d’une interview à la radio Ndèkè – Luka, critiquant ouvertement les accords de paix signés avec les groupes armés du pays.
Pour lui, l’accord de cessez-le-feu du 19 avril 2025 à N’Djaména, qui associe l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) et le mouvement Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R), représente le 18e accord du même type depuis celui de Syrte.
Le constat de l’ancien ministre Aristide Briand Reboas est sans appel : tous ces accords ont été rompus par les mêmes acteurs. Selon lui, les chefs de groupes armés comme Sendé Bobo et Ali Darassa utilisent ces négociations pour préserver leur position plutôt que de chercher une véritable solution au conflit. L’ancien ministre considère que ces dirigeants n’ont jamais eu l’intention de respecter leurs engagements.
L’opposition de certains de ces leaders à la nouvelle constitution de 2025 confirme, d’après Aristide Briand Reboas, leur volonté de continuer à déstabiliser le pays. Il recommande au président Faustin-Archange Touadéra de ne plus signer d’accords sans obtenir de garanties solides, estimant que cette répétition d’échecs montre clairement une mauvaise compréhension du problème par les autorités.
Anicet-Georges Dologuélé, président de l’URCA, avait déjà exprimé ses réserves un mois plus tôt sur les mêmes antennes. Dans une interview antérieure à la radio Ndèkè – Luka, il rappelait que le président Touadéra avait déjà signé dix accords depuis son arrivée au pouvoir. Pour le leader de l’opposition, cette multiplication d’accords révèle une approche électoraliste, destinée principalement à créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections en vue d’un troisième mandat.
Paul Beninga , Porte-Parole du Groupe de travail de la société civile, partage cette vision critique. Il estime que l’accord du 19 avril relève davantage de la manœuvre politique que de la recherche sincère de paix. Cette analyse prend une dimension particulière dans le contexte actuel, où la présence du groupe Wagner complique davantage la situation sécuritaire et compromet les chances de stabilité durable.
Les trois personnalités convergent sur un point : la stratégie actuelle ne fonctionne pas.Aristide Briand Reboas appelle à une rupture avec cette méthode, suggérant d’arrêter de négocier tant que des mécanismes de contrôle efficaces ne seront pas mis en place. Cette remise en question fondamentale interroge l’avenir des efforts de pacification en République centrafricaine et la nécessité de repenser complètement l’approche diplomatique avec les groupes armés.
Les jeux de société attirent depuis longtemps les fans de stratégie et de mathématiques. À la différence des jeux de hasard, ils permettent de contrôler et demandent des compétences. Pour les joueurs expérimentés, certains jeux peuvent rapporter plus d’argent que d’autres s’ils sont joués avec intelligence et sérieux.
La rentabilité dans les jeux de table
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Le blackjack
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Le poker comme un classique intemporel
Le poker est plus qu’un simple jeu. C’est un jeu qui demande de la stratégie, de la patience et de comprendre les autres, en plus des cartes. Le poker, à la différence d’autres jeux, valorise les compétences sur le long terme plutôt que la chance. Les experts le savent, chaque jeu fait partie du puzzle.
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La capacité à ne pas prendre de décisions hâtives.
L’étude des probabilités avant chaque coup majeur.
La roulette et le baccarat
Le baccarat et la roulette sont des jeux basés sur la chance, cependant, l’utilisation d’une stratégie peut influencer le résultat. Ces jeux n’offrent pas la possibilité de tricher ou de mémoriser, mais une bonne gestion de vos mises contribue à minimiser vos pertes et à maximiser votre temps de jeu. Dans le baccarat, les joueurs expérimentés optent pour des tactiques simples, telles que miser sur le banquier, qui offre un avantage supérieur.
À la roulette, certains joueurs adoptent des stratégies pour gérer leurs fonds tout en évitant les risques excessifs. Il n’est pas aisé de faire de l’argent dans ces jeux. Elle découle de la résolution et du soin. Celui qui sait bien gérer ses finances et ses émotions a la possibilité de jouer plus longtemps et d’apprécier une expérience plaisante.
La clé d’un jeu responsable
Il est impossible de gagner à un jeu de table sans une bonne gestion du capital. Les joueurs d’élite définissent des limites précises avant de commencer et respectent strictement ces règles. Ils considèrent chaque session comme un investissement en temps et en argent, plutôt que comme une quête de profit. Il est tout aussi essentiel de maîtriser ses émotions. Des actions impulsives peuvent survenir lors de moments de colère.
Savoir s’arrêter au bon moment préserve le joueur d’une perte superflue et rend le jeu plus agréable. Adopter une approche responsable demeure la stratégie la plus efficace. Les jeux de société doivent être une source de plaisir plutôt qu’une source de stress. La rentabilité se résume à plaisir, prudence et stratégie.
Conclusion
Les jeux de table les plus rentables sont ceux où la connaissance prime sur la chance. Le blackjack, le poker, la roulette et le baccarat nécessitent tous de la patience, de la logique et de la discipline, bien que les probabilités de gain diffèrent. En étant expérimenté, en apprenant, en respectant les règles, on gagne plus d’argent.
Les experts savent que la chance ne fait pas tout. Ce qu’ils décident et comment ils agissent influencent le résultat. En gros, les jeux de société apprennent à réfléchir et à se contrôler, à condition de jouer de manière responsable.
Bangui : la police saisit une cargaison de Tramadol escortée par un policier de l’OCLAD. Le directeur tente de faire libérer son agent pris en flagrant délit, mais en vain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/07/pickup-police-nationale-CNS-en-patrouille-micka.jpg” data-wpel-link=”internal”>pickup-police-nationale-CNS-en-patrouille-micka – Centrafrique : un chef d’antenne de l’OCRB tué dans un accident à Bangui.
Une saisie spectaculaire de drogues de synthèse a eu lieu la semaine dernière à Bangui. Un convoi transportant des cartons de Tramadol a été intercepté par l’unité de police FICU alors qu’il se dirigeait vers le marché Mamadou Mbaïki, communément appelé KM5. Le plus scandaleux : un policier de l’OCLAD, l’Office Centrafricain de Lutte Anti-Drogues, escortait le convoi sur ordre de son directeur, le général Sim Joaki Danigoumandji surnommé général des taxi-motos.
En effet, la semaine dernière, un véhicule suspect est signalé à l’unité FICU. Le véhicule quitte le centre-ville pour le marché PK5. En réalité, il s’agit d’un convoi de deux véhicules : un taxi en tête et un minibus derrière. À bord du taxi, un policier. Un policier qui travaille à l’OCLAD, l’office de lutte anti-drogues. Le minibus suit derrière.
Le convoi, qui a quitté les abords de la rivière Oubangui, a été signalé très rapidement au service FICU. Une dizaine de policiers de la FICU montent dans leur véhicule et prennent en chasse le convoi. Ils arrivent à leur niveau sur l’avenue Boganda proche du KM5 et arrêtent les deux véhicules.
Quand ils inspectent le minibus, ils découvrent très vite et visibles des cartons. Des cartons de Tramadol. Il y en a plein. Dans le taxi également, il y en a. Mais à bord du taxi, il y a un policier de l’OCLAD.
Les policiers de la FICU demandent à ce policier ce qu’il fait là. Le policier répond que c’est son chef qui lui a ordonné de venir escorter ce convoi.
Immédiatement, le taxi et le minibus sont reconduits au commissariat central par les policiers de la FICU. Quand ils arrivent au commissariat, ils fouillent à nouveau. Ils trouvent des paquets de Tramadol. C’est du trafic de drogue.
Sur place, le commandant de la FICU est contacté. Il ordonne à ses policiers de garder les deux véhicules au commissariat central pour nécessité d’enquête. Le policier de l’OCLAD est placé en garde à vue. La femme qui organisait le trafic, une Congolaise, est également placée en garde à vue.
Puis, le directeur de l’OCLAD, le général Sim Joakim Danigoumandji tente d’appeler pour faire libérer son policier et la femme congolaise. Il essaie de persuader ses collègues. Il veut que le véhicule soit libéré. Mais en vain. Le véhicule reste bloqué au commissariat central. Le policier reste en garde à vue. La Congolaise également.
On ne sait pas ce qui va se passer maintenant. Vont-ils étouffer l’affaire ? Vont-ils la porter devant le tribunal ? Personne ne sait.
Imaginez. Tu es directeur de la lutte anti-drogues. Mais c’est toi qui favorises l’arrivée des drogues. C’est toi qui ordonnes à tes éléments d’escorter des drogues. C’est terrible. C’est un crime. Si la justice fait son travail correctement, c’est la prison. Et pas un an. Dix ans. Vingt ans.
La dame congolaise n’en est pas à son premier coup. Comme nous l’avons dit déjà dans nos précédents articles sur CNC, elle est protégée par le commandant Yarkokpa de la garde présidentielle. Cette Congolaise fait ce trafic de Tramadol depuis plusieurs années. Elle est protégée par le commandant Yarkokpa. Et maintenant, elle tente de passer par la couverture du directeur de l’OCLAD. Mais ça tombe mal.
Vont-ils étouffer l’affaire ou vont-ils passer devant le tribunal ? Notre équipe suit cette affaire de près pour la suite.
Sam-Ouandja : comment Hassan Bouba a piégé Wagner pour le compte du Tchad – Exclusivité sur la bataille qui a coûté la vie à 7 Russes et 17 rebelles tchadiens
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/image-de-propagande-wagner_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’image de propagande de Wagner à Sam-Ouandja
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La vérité totalement cachée derrière l’opération militaire de Sam-Ouandja contre les rebelles tchadiens vient d’être découverte par la rédaction du CNC, et elle est encore plus grave que ce que nous avions publié initialement. Cette opération n’était pas une victoire des FACA contre la LRA comme le prétend la propagande de Wagner relayée par le régime Touadéra. C’était une bataille sanglante entre les Mercenaires russes et des rebelles tchadiens, provoquée par une manipulation des services de renseignement tchadiens utilisant Hassan Bouba comme pion.
Selon des informations exclusives obtenues par la rédaction de Corbo News Centrafrique auprès de sources fiables sur le terrain, voici ce qui s’est réellement passé à Sam-Ouandja.
Depuis 2022, les mercenaires russes du groupe Wagner entretiennent de bonnes relations avec les rebelles tchadiens basés vers Sam-Ouandja, ainsi qu’avec les rebelles de la LRA. Ces bonnes relations ne sont pas un secret pour ceux qui connaissent la région. Wagner ravitaille ces rebelles. Wagner les forme. Wagner les utilise pour ses propres objectifs stratégiques dans la région frontalière entre la Centrafrique, le Tchad et le Soudan.
Mais récemment, le chef des mercenaires russes dans cette zone, celui qui entretenait ces bonnes relations avec les rebelles tchadiens et la LRA, a été muté. Son remplaçant est arrivé. Et ce nouveau chef russe n’a pas encore établi de relations avec ces rebelles. Il ne les connaît pas. Il ne sait pas qui ils sont. Il ne sait pas que Wagner travaille avec eux depuis des années.
Pendant ce temps, au Tchad, le service de renseignement tchadien, l’Agence Nationale de Sécurité (ANS), a mené des enquêtes pendant des années. Ils ont finalement identifié qu’il y a effectivement des rebelles tchadiens dans le coin de Sam-Ouandja. Ces rebelles représentent une menace pour le régime tchadien. Ils veulent les éliminer.
Mais comment faire ? Ces rebelles sont sur le territoire centrafricain. Le Tchad ne peut pas officiellement mener une opération militaire en Centrafrique. Il faut trouver un moyen indirect de les frapper.
Dimitri Sitiy à gauche, et Hassan Bouba, à droite, dans une image amoureuse
C’est là qu’intervient Hassan Bouba. Tout le monde sait qui est Hassan Bouba. C’est un Tchadien venu en Centrafrique il y a quelques années. Il a créé la rébellion de l’UPC. Il a été nommé au gouvernement centrafricain. Mais il reste toujours agent secret, agent de renseignement du Tchad. Ce n’est un secret pour personne. Hassan Bouba est le pion que les services de renseignement tchadiens utilisent régulièrement en Centrafrique pour des informations secrète.
Donc, les services de renseignement tchadiens ont contacté Hassan Bouba. Ils lui ont dit qu’ils ont localisé des rebelles tchadiens dans tel coin, à Sam-Ouandja. Et ils lui ont demandé de manipuler les Russes pour qu’ils attaquent ces positions.
Comment ? En leur faisant croire que ce ne sont pas des rebelles tchadiens, mais des rebelles de la LRA. Hassan Bouba ajoute que la LRA de Joseph Kony est une menace sérieuse, non seulement pour Touadera, mais également pour les russes. Hassan Bouba veut faire croire aux Wagner que les positions des rebelles tchadiens à Sam Ouandja sont des positions de la LRA, et donc il faut absolument attaquées.
Hassan Bouba a donc discrètement parler de cette cache tchadienne à son mari Dimitri Sitiy, le chef des mercenaires russes en Centrafrique. Hassan Bouba est en couple avec Dimitri Sitiy depuis des années. Ils travaillent ensemble depuis longtemps. Hassan Bouba a dit à Dimitri Sitiy que des rebelles de la LRA se trouvent à tel endroit vers Sam-Ouandja, et que c’est une menace pour le régime.
Dimitri Sitiy, informé par Hassan Bouba en qui il a confiance, a immédiatement donné l’ordre aux mercenaires russes dans la localité de Sam-Ouandja d’attaquer la position des rebelles de la LRA.
Mais ce n’étaient pas des rebelles de la LRA. C’étaient des rebelles tchadiens. Des rebelles que Wagner connaissait bien, qu’ils ravitaillaient depuis des années, avec qui ils entretenaient de bonnes relations. Mais le nouveau chef russe sur place ne le savait pas. Il a reçu l’ordre d’attaquer, et il a attaqué.
L’attaque a été terrible. C’était une vraie bataille. Les rebelles tchadiens, qui se sont retrouvés attaqués par leurs anciens alliés russes sans comprendre pourquoi, ont riposté violemment. Au moins sept mercenaires russes ont été tués. Dix-sept rebelles tchadiens ont été tués également. C’était un carnage.
Voilà la vérité sur Sam-Ouandja. Ce n’était pas une opération des FACA. Ce n’était pas une victoire contre la LRA. C’était une bataille entre Wagner et des rebelles tchadiens, provoquée par une manipulation des services de renseignement tchadiens qui ont utilisé leur pion Hassan Bouba pour tromper Dimitri Sitiy.
Les soldats FACA n’ont rien à voir avec cette opération. Ils n’ont même pas poussé un centimètre sur le terrain. Ils n’ont même pas agi. Ils ne savent même pas ce qui s’est passé. Ils ont appris l’attaque sur les réseaux sociaux comme tout le monde. Ils ont lu qu’il y avait eu une opération des FACA qui ont attaqué les positions de la LRA, et ils étaient surpris parce qu’ils n’étaient même pas informés.
Ce sont les mercenaires russes, trompés par Hassan Bouba, qui ont mené cette bataille contre les rebelles tchadiens. Sous la commande indirecte du service de renseignement tchadien qui a manipulé toute l’opération.
Cette révélation change complètement la compréhension de ce qui s’est passé à Sam-Ouandja. Ce n’est pas une victoire militaire du régime centrafricain. C’est une manipulation réussie des services de renseignement tchadiens qui ont réussi à faire tuer leurs propres rebelles par les mercenaires russes sans que personne ne comprenne ce qui se passait.
Hassan Bouba a joué son rôle à la perfection. Il a utilisé sa relation de confiance avec Dimitri Siti pour lui faire croire que les rebelles tchadiens étaient des rebelles de la LRA. Dimitri Siti, qui ne connaissait pas la situation sur le terrain à Sam-Ouandja, a cru Hassan Bouba et a donné l’ordre d’attaquer. Le nouveau chef russe sur place, qui ne savait pas que Wagner entretenait de bonnes relations avec ces rebelles tchadiens, a exécuté l’ordre. Et le résultat a été un massacre : 7 Russes morts, 17 Tchadiens morts.
Ngarba : le Tchad arrête Al Habo, le chef de gang qui terrorisait le Bamingui-Bangoran depuis des années
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/12/des-militaires-tchadiens.jpg” data-wpel-link=”internal”>des militaires tchadiens – en patrouille
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Il y a des arrestations qui peuvent soulager toute une région. Justement, l’arrestation d’Al Habo en fait partie. Ce chef de gang tchadien qui terrorisait le Bamingui-Bangoran et la Vakaga depuis des années vient d’être capturé par les forces tchadiennes à Ngarba, au Tchad, près de la frontière centrafricaine.
Le redoutable criminel tchadien Al Habo n’est pas n’importe qui. Ce chef de gang tchadien est connu de tous les habitants du Bamingui-Bangoran et de la Vakaga. Depuis des années, il terrorise la région. Braquages. Enlèvements. Meurtres. Racket. Tout y passe.
L’homme est basé au Tchad. Il vit à Ngarba, une ville tchadienne proche de la frontière centrafricaine. Mais il envoie régulièrement ses hommes commettre des crimes en Centrafrique. Sur tous les axes du nord. L’axe Ngarba-Ndélé. L’axe Ouanda-Djallé. L’axe Miamani. Partout où passent des véhicules, des commerçants, des voyageurs, les hommes d’Al Kamout attaquent.
Ils bloquent les routes. Ils braquent les véhicules. Ils kidnappent les gens pour demander des rançons. Et quand les gens ne peuvent pas payer, ils tuent. C’est aussi simple que ça. Al Habo dirige son gang depuis le Tchad. Il ne vient presque jamais lui-même en Centrafrique. Il envoie ses hommes. Et après chaque opération, les bandits retournent au Tchad où ils sont en sécurité.
Il y a quelques jours à peine, Al Habo a encore frappé. Il a envoyé cinq de ses hommes attaquer un campement d’éleveurs arabes situé à 12 kilomètres de Ndélé. Les bandits sont arrivés au campement. Ils ont encerclé les éleveurs. Et ils leur ont dit qu’ils devaient payer 600 000 francs CFA. Immédiatement.
Les éleveurs ont expliqué qu’ils n’avaient pas 600 000 francs sur eux. Mais qu’ils pouvaient envoyer quelqu’un à leur patron qui était à Ndélé. Si le patron leur envoyait l’argent, ils paieraient. Les bandits ont accepté. Ils ont dit qu’ils allaient attendre.
Un des éleveurs est parti à Ndélé. Il a trouvé le patron. Il lui a expliqué la situation. Le patron a immédiatement compris qu’il fallait agir vite. Il n’a pas cherché l’argent. Il est allé voir les Mercenaires russes basés à Ndélé. Il leur a expliqué que des braqueurs avaient encerclé ses éleveurs. Que ses hommes étaient en danger. Et il a demandé s’ils pouvaient intervenir.
Les mercenaires russes ont accepté. Ils ont pris leurs armes. Ils sont montés sur leurs motos. Et ils sont partis vers le campement. Arrivés près du campement, ils ont laissé le patron des éleveurs avancer seul. Pour faire croire aux bandits que c’était juste lui qui arrivait avec l’argent.
Les bandits ont vu le patron s’approcher. Ils sont sortis de leurs cachettes pour aller discuter avec lui. Et à ce moment-là, les mercenaires russes ont ouvert le feu. Ils ont tué trois bandits sur place. Un quatrième a été blessé au ventre mais il a réussi à s’enfuir. Le cinquième s’est également échappé.
C’est ça, le mode opératoire d’Al Habo. Il envoie ses hommes. Ils attaquent. Ils kidnappent. Ils demandent des rançons. Et souvent, ils tuent. Tout ça depuis le Tchad. En toute impunité. Parce qu’après chaque attaque, les bandits retournent au Tchad où personne ne les inquiète.
Al Habo avait même promis récemment qu’il allait intensifier ses attaques pendant cette saison sèche. Il voulait profiter du fait que les routes deviennent praticables pour multiplier les braquages. Il voulait terroriser encore plus la population.
Mais voilà qu’il vient de se faire arrêter. Et son arrestation est presque comique tellement elle est rocambolesque.
Al Habo était parti au Soudan. Au Soudan du Nord. Pour acheter des armes. Un stock important d’armes. Il voulait armer davantage son gang. Pour pouvoir faire encore plus de dégâts. Encore plus d’attaques. Encore plus de braquages.
Il a acheté les armes au Soudan. Et il a décidé de les ramener par voie fluviale. Il a chargé les armes dans deux pirogues. Il a tout caché sous des bâches. Pour que personne ne voie ce qu’il transportait. Et il a commencé la traversée.
Mais des pêcheurs l’ont repéré. Ces pêcheurs connaissaient très bien Al Habo. Ils savaient qui il était. Ils savaient ce qu’il faisait. Et quand ils ont vu ces deux pirogues avec des bâches, ils ont tout de suite compris qu’il transportait des armes.
Alors les pêcheurs ont alerté les forces de défense tchadiennes. Ils ont prévenu l’armée. Ils ont dit qu’Al Habo était en train de transporter un gros stock d’armes dans deux pirogues.
Les militaires tchadiens ont réagi rapidement. Ils ont préparé une embuscade. Ils se sont positionnés sur la route que devait emprunter Al Kamout. Et ils ont attendu.
Quand Al Kamout est arrivé avec ses deux pirogues, les militaires sont sortis. Ils ont voulu l’arrêter. Mais Al Kamout a réussi à fuir. Il a abandonné ses deux complices. Il a abandonné ses deux pirogues pleines d’armes. Et il s’est échappé.
Les militaires tchadiens ont capturé les deux complices. Ils ont saisi les deux pirogues et tout le stock d’armes. Et ils ont interrogé les deux complices. Ils leur ont demandé à qui appartenait cette cargaison d’armes. Les deux complices ont immédiatement pointé du doigt Al Habo. Ils ont dit que c’était leur chef. Que c’était lui qui avait acheté ces armes au Soudan. Que c’était lui qui les transportait.
Les militaires tchadiens ont alors décidé de lancer une chasse à l’homme pour capturer Al Habo. Ils ont demandé aux pêcheurs de surveiller. De les prévenir s’ils voyaient Al Habo quelque part. Les pêcheurs ont accepté.
Al Habo s’était réfugié sur une petite île. Il se cachait là. Il attendait que les choses se calment pour pouvoir repartir. Mais il était coincé. Il ne pouvait pas traverser sans l’aide d’un pêcheur.
Le lendemain de l’embuscade, Al Habo s’est présenté de nuit chez un pêcheur. Il lui a demandé de le faire traverser. Immédiatement. Le pêcheur a regardé dehors. Il faisait nuit noire. Alors il a dit à Al Habo qu’il était trop dangereux de traverser maintenant. Qu’il valait mieux attendre le jour. Que dès que le soleil se lèverait, il le ferait traverser sans problème.
Al Habo a accepté. Il a trouvé la proposition raisonnable. Alors il est allé dormir. Tranquillement. En pensant qu’au matin, il pourrait traverser et s’échapper.
Mais pendant ce temps, le pêcheur a alerté les militaires tchadiens. Il leur a dit qu’Al Habo était chez lui. Qu’il dormait. Et qu’il voulait traverser au matin. Les militaires ont préparé leur intervention. Ils ont attendu le lever du jour.
Au matin, les militaires tchadiens sont arrivés en nombre. Ils ont bouclé la zone. Ils ont encerclé la maison du pêcheur. Et ils ont mis la main sur Al Habo. Le chef de gang ne pouvait plus s’échapper. Il était pris.
L’arrestation d’Al Habo est une bonne nouvelle pour toute la région du nord de la Centrafrique. Cet homme a terrorisé les populations pendant des années. Il a commis des dizaines de braquages. Des dizaines d’enlèvements. Il a tué des gens. Il a ruiné des familles. Et il opérait en toute impunité depuis le Tchad.
Le chef d’État-major du MPC, Djido Ali, soudanais, transformé en centrafricain natif de Boda par Al-Qatim. Voilà comment ce chef rebelle pense que tout le monde est idiot en Centrafrique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/general-djido-ali-le-rebelle-soudanais-nomme-chef-d-etat-major-du-mpc-par-al-khatim.jpg” data-wpel-link=”internal”>Général Djido Ali, le rebelle soudanais nommé chef d’État-major du MPC par Al-Khatim
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Al-Qatim Mahamat vient de mentir d’une manière pathétique. Vraiment pathétique. Le genre de mensonge qui dépasse la simple honte. Parce que la honte, ce mot-là ne suffit même pas pour décrire ce que cet homme vient de faire. Il faudrait inventer un nouveau mot. Un mot plus fort que la honte.
Al-Qatim dit que Djido Ali, son nouveau chef d’État-major est natif de Boda. C’est ce qu’il écrit dans son message adressé à la rédaction du CNC. Le général Djido Ali est centrafricain de sang. Natif de la ville de Boda dans la préfecture de la Lobaye. Voilà ce qu’il ose écrire. Sans rougir. Sans même réaliser à quel point c’est ridicule.
Djido Ali est connu de tous les habitants de Markounda. De Kouki. De toute la région. C’est un rebelle soudanais. Il commande des combattants soudanais. Il parle arabe. Il ne parle même pas le sango. Et Al-Qatim vient nous dire qu’il est natif de Boda. Qu’il est centrafricain de sang.
Si Djido Ali est vraiment natif de Boda, alors qu’Al-Qatim nous donne ses parents. Qu’il nous donne le nom de son père. Le nom de sa mère. Le nom de son village exact à Boda. Le nom de ses frères et sœurs. Le nom de ses oncles et tantes. Qu’il nous donne des preuves. Des documents. Des témoignages de gens qui l’ont connu enfant à Boda.
Mais bien sûr, il ne peut pas. Parce que Djido Ali n’est pas de Boda. Il n’est même jamais allé à Boda. Il est soudanais. Point final.
Et puis, si Al-Qatim dit qu’il n’y a pas de rebelles soudanais dans son mouvement, qu’il explique quelque chose. Il y a quelques jours, quand les rebelles FSR ont pris une ville au Soudan, les combattants du MPC à Markounda ont célébré toute la nuit. Ils ont tiré en l’air. Ils ont dansé. Ils ont crié de joie. Il y a des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux. Tout le monde les a vues.
Pourquoi des Centrafricains célébreraient-ils la prise d’une ville soudanaise par des rebelles soudanais ? Pourquoi tireraient-ils en l’air de joie ? Pourquoi danseraient-ils ? Ça n’a aucun sens. À moins que ces combattants ne soient eux-mêmes soudanais. À moins qu’ils ne soient eux-mêmes membres ou sympathisants des FSR. À moins qu’ils ne célèbrent la victoire de leurs frères au Soudan.
Qu’Al-Qatim explique ça d’abord. Et ensuite, on pourra discuter.
Mais non. Au lieu d’expliquer, Al-Qatim préfère mentir. Il préfère nier l’évidence. Il préfère nous menacer. Il dit qu’il va saisir le procureur du Tchad. Qu’il a des preuves. Qu’il va nous poursuivre.
Qu’il le fasse. On attend. On a l’habitude des menaces. On a l’habitude des intimidations. Ça ne marche pas avec Corbeau News Centrafrique. Jamais.
Al-Qatim pense qu’on est comme les autres médias centrafricains. Ceux qui sont basés à Bangui. Ceux qui n’ont pas de correspondants dans les provinces. Ceux qui publient ce qu’on leur donne sans vérifier. Ceux qu’on peut facilement manipuler. Ceux qu’on peut intimider.
Mais il se trompe. Corbeau News Centrafrique a des correspondants partout. Dans toutes les provinces. Dans toutes les villes. Dans tous les villages. On connaît qui est qui. On sait qui fait quoi. Et quand on publie quelque chose, c’est après vérification. Toujours.
Avant de publier l’information sur Djido Ali, on a vérifié. On a parlé à des habitants de Markounda. On a parlé à des habitants de Kouki. On a parlé à des gens qui connaissent Djido Ali depuis des années. Et tous disent la même chose : Djido Ali est soudanais.
Alors Al-Qatim peut dire ce qu’il veut. Il peut nier autant qu’il veut. Il peut mentir autant qu’il veut. Ça ne changera rien. La vérité reste la vérité.
Et puis, il y a autre chose. Dans son message, Al-Qatim dit qu’on a été manipulés par deux ou trois individus mal intentionnés. Que ces gens veulent saboter le processus de paix entre le gouvernement et le MPC. Que le Tchad est garant de ce processus. Que notre publication met en danger la stabilité de la région.
C’est drôle. Parce qu’Al-Qatim oublie de mentionner quelque chose. Son mouvement n’existe plus. Il n’y a presque plus personne. Tous ses combattants sont partis. Certains sont retournés au Tchad. D’autres ont rejoint l’UPC. D’autres font du commerce. D’autres travaillent sur les chantiers miniers. Il ne reste plus grand monde avec Al-Qatim.
Et comme preuve, ce vendredi, Al-Qatim a envoyé une note à tous ses anciens combattants. Une note pour leur ordonner de revenir. De regagner le mouvement. Sinon, ils vont voir. Sinon, il va les livrer au groupe Wagner. C’est ça qu’il a dit. C’est ça qu’il a écrit dans sa note.
Les ex-combattants du MPC sont paniqués. Certains fuient pour retourner au Soudan. D’autres quittent la zone. Parce qu’ils ont peur. Parce qu’ils savent qu’Al-Qatim est capable de tout. Y compris de les livrer à Wagner.
Voilà la réalité du MPC. Un mouvement qui n’existe plus. Un chef qui menace ses propres combattants. Un homme qui ment pour sauver la face.
Al-Qatim dit qu’on a été manipulés. Qu’on n’a pas vérifié nos informations. Qu’on a publié de fausses nouvelles. Mais c’est lui qui ment. C’est lui qui manipule. C’est lui qui essaie de sauver ce qui reste de sa réputation.
Il dit qu’il va saisir le procureur du Tchad. Qu’il a des preuves. Qu’il va nous envoyer une copie de sa plainte. Qu’on verra.
On attend. Avec impatience. Parce qu’on aimerait bien voir quelles preuves Al-Qatim peut présenter pour prouver que Djido Ali est natif de Boda. Ça va être intéressant.
Et puis, Al-Qatim devrait faire attention. Parce qu’il n’est pas en position de menacer qui que ce soit. Il est lui-même recherché par la Cour Pénale Internationale. Pour crimes de guerre. Pour crimes contre l’humanité. Pour toutes les exactions que son mouvement a commises en Centrafrique.
Il s’est allié avec Wagner. Il a participé à des massacres. Il a tué des civils. Il a brûlé des villages. Et maintenant, il nous menace de poursuites judiciaires. C’est risible.
Le Tchad peut même l’arrêter. Pour ce qu’il fait. Pour ce qu’il a fait. Pour ses crimes. Alors qu’il arrête de jouer les victimes. Qu’il arrête de mentir. Qu’il arrête de nous menacer.
Pourquoi les investisseurs tournent-ils le dos à la Centrafrique?
Centrafrique.org/touadera-endormi-un-president-au-pays-des-reves-diplomatiques/img-20240220-wa0065/” rel=”attachment wp-att-74093″ data-wpel-link=”internal”>Le président Faustin Archange Touadera en costume bleu, endormi complètement lors d’une conférence internationale
La Centrafrique, pays du Président Barthelemy Boganda, est devenue depuis plusieurs années un paria dont personne, y compris les investisseurs, ne veut plus approcher.
En effet, au début d’année, le ministre des Finances, Hervé Ndoba, a tenté de jouer les charmeurs sur le marché financier de la CEMAC, quémandant 15 milliards de francs CFA avec un emprunt obligataire. Résultat ? Un fiasco piteux : à peine 1,5 milliard récolté. Les investisseurs, ces vautours qui flairent pourtant le profit à des lieues, ont reniflé l’odeur fétide d’un pays à la dérive et ont claqué la porte. Martin Ziguélé, président du MLPC, ne s’étonne pas : pour lui, c’est la preuve que la République centrafricaine, sous la férule d’un gouvernement opaque, a perdu jusqu’à sa dernière once de crédit.
Le tableau est chaotique. Prenez le budget 2025 : 345 milliards de francs CFA, dont une bonne partie n’est qu’un mirage financé par des dettes et des aumônes étrangères. Les investissements, censés donner un élan au pays, sont rachitiques : 8 milliards à peine sortent des caisses nationales, le reste mendie l’appui de l’extérieur.
“L’État n’a plus les reins pour bâtir quoi que ce soit”, assène Martin Ziguelé, la voix rauque d’un homme qui voit clair dans le naufrage. Les routes sont dans un état chaotique, les écoles tombent en ruine les unes après les autres, les hôpitaux agonisent, et tout ça repose sur des béquilles venues d’ailleurs. Qui oserait parier un sou sur un pays qui ne tient debout que par charité ?
Et puis, il y a les hydrocarbures, ce boulet qui achève de plomber l’affaire. Le prix du carburant a doublé, un coup de massue qui a mis les entreprises à genoux. Les forestiers rangent leurs haches, les transporteurs garent leurs camions, et les artisans regardent leurs échoppes se vider. “C’est un venin qui tue tout”, peste Ziguélé, pointant un gouvernement qui a préféré gaver une société soi-disant camerounaise obscure, monopolisant l’importation du pétrole, plutôt que soulager son peuple. Les banques, elles, ne suivent plus : les dépôts fondent, les prêts se tarissent, et l’économie s’asphyxie dans un silence assourdissant.
Mais le pire, c’est l’opacité, cette gangrène qui ronge la confiance. Martin Ziguelé le clame sans détour : “On gère le pays comme une boutique clandestine”. Pas d’accord avec le FMI, pas de clarté sur les milliards du RCPCA engloutis sans traces, et des décisions prises dans l’ombre, comme ce monopole douteux sur les hydrocarbures octroyé à une firme fantôme. Quand il s’agit de rendre des comptes, le pouvoir se dérobe, laissant les bailleurs de fonds plisser le nez et les investisseurs plier bagage.
“Ils n’ont plus foi en la signature de la RCA”, tranche-t-il, amer.
Alors, ce Plan national de développement à 7000 milliards ? Une chimère, un conte pour endormir les naïfs. Sans production : coton réduit à des bribes, café disparu, industries inexistantes, , sans vision, sans droiture, la Centrafrique n’attire plus que le mépris. Les investisseurs ne sont pas fous : ils ne jettent pas leur argent dans un puits sans fond. Et pendant que le gouvernement s’égosille avec ses prévisions de croissance à 2,7 %, la réalité, elle, hurle autre chose : un pays exsangue, abandonné, dont la parole ne vaut plus un clou….
“Le monde ne souhaite pas notre développement”, affirme Jean-Pierre Mara, ancien député de Mala
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Jean-Pierre-Mara-Ancien-Depute-de-la-Republique-Centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Jean-Pierre Mara, ancien député de la nation.
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Invité de l’émission Bangô ndo tî Bikoua Oku du 24 octobre 2025, l’ancien député de Mala, Jean-Pierre Mara, a livré une analyse sévère du rôle des partenaires internationaux dans la crise centrafricaine. Pour lui, les aides extérieures, qu’elles soient financières ou militaires, ne visent pas à promouvoir le développement du pays, mais à maintenir un équilibre Politique favorable aux intérêts étrangers.
Jean-Pierre Mara estime que la République centrafricaine n’a jamais bénéficié d’un véritable partenariat fondé sur la réciprocité. Les dons et appuis annoncés par les puissances occidentales ou régionales sont, selon lui, “des instruments de contrôle” destinés à assurer la stabilité du régime en place. « Le monde ne souhaite pas notre développement. Il souhaite notre dépendance », a-t-il déclaré en soulignant que la RCA reste un terrain d’expérimentation pour les politiques d’aide conditionnelle.
Il a notamment dénoncé le paradoxe d’un pays qui continue de recevoir des centaines de millions de francs CFA en aide budgétaire, sans qu’aucune transformation structurelle ne soit visible. “Les infrastructures sont inexistantes, les hôpitaux délabrés, les routes impraticables, mais les financements se succèdent sans résultats. Cela prouve que l’objectif n’est pas la croissance du pays, mais la survie du pouvoir”, a-t-il poursuivi.
Selon l’ancien député, les partenaires extérieurs agissent en connaissance de cause. En continuant d’alimenter financièrement le régime, ils garantissent leurs propres positions politiques, économiques et militaires dans la région. “Ceux qui donnent savent très bien que leur argent n’ira pas dans les écoles ni dans les centrales électriques. Ils savent que cet argent sert à entretenir un système qui leur est utile”, a-t-il insisté.
Pour Jean-Pierre Mara, la véritable responsabilité incombe aussi à la classe dirigeante centrafricaine, qui accepte ce modèle sans le remettre en cause. Il estime que le développement ne viendra ni des bailleurs, ni des puissances extérieures, mais d’une volonté nationale de rompre avec la dépendance chronique. “Tant que nous croirons que notre avenir dépend de la main tendue de l’étranger, nous resterons sous tutelle. Le monde ne veut pas que nous avancions, il veut que nous restions à genoux”, a conclu l’ancien parlementaire.
Bruno Yapandé vante un président soi-disant démocrate qui viole la Constitution, emprisonne ses opposants et fait massacrer les centrafricains par Wagner
Faustin Archange Touadera, diacre de son Église Baptiste Ngoubagara lors de sa prière à Dieu
Le ministre Bruno Yapandé nous livre une nouvelle comédie théâtrale sur les “Élections inclusives” de décembre. Dans son interview à la Radio Ndékè Luka, il n’arrête pas de vanter le “président démocrate” Touadéra qui veut organiser des “Élections vraiment inclusives”. Sauf que ce même président a violé la Constitution, limogé la présidente de la Cour constitutionnelle, fait emprisonner ses opposants et laissé Wagner massacrer des civils. Mais pour Bruno Yapandé, tout va bien : c’est un “démocrate” qui organise des Élections “inclusives” !
Écoutons cette propagande gouvernementale débitée avec le sérieux d’une déclaration officielle. « Le gouvernement a toujours honoré ses engagements que le président de la République lui-même, il tient à cela en tant que démocrate et il tient absolument à ce que s’organise. Cette année à Bangui, des Élections vraiment inclusives », déclare Bruno Yapandé sans rougir.
Un “démocrate” ! Voilà comment le ministre qualifie un président qui a violé son serment constitutionnel. Le 30 mars 2016, Touadéra a juré sur la Constitution qu’il ne la modifierait pas. Mais en 2022, quand la Cour constitutionnelle a refusé sa nouvelle constitution ouvrant la voie au mandat à vie, qu’a fait ce “démocrate” ? Il a ignoré la décision de justice et limogé la présidente Danièle Darlan ! C’est ça, la démocratie version Bruno Yapandé ?
Le ministre poursuit sa démonstration avec cette fierté gouvernementale : « Nous avons mobilisé, depuis le démarrage du processus jusque-là, les ressources nécessaires à la participation du gouvernement au financement du processus électoral. Et nous, à un moment donné, nous avons fait même plus que ça. »
“Nous avons fait même plus que ça” ! Le ministre se vante d’avoir mobilisé 2,8% du budget électoral comme d’un exploit. Pendant ce temps, son “président démocrate” fait arrêter des députés en pleine nuit. Dominique Yandocka, député du 4ème arrondissement de Bangui, arrêté à 4h du matin chez lui pendant qu’il dormait, accusé sans preuve de tentative de coup d’État. Le député de Djema est actuellement en garde à vue à l’OCRB depuis trois mois sans aucune justification légale. C’est ça, les “Élections inclusives” ? Arrêter les élus du peuple ?
Le ministre enchaîne avec cette leçon de gestion publique : « L’essentiel, c’est de faire réussir les élections et nous mettre les modestes moyens que nous avons à la disposition de l’ANE pour la réussite de ces élections ».
“Faire réussir les élections” ! Quelle conception de la réussite ! Quand des députés sont emprisonnés arbitrairement, quand la garde à vue de 72 heures devient trois mois de détention, quand on arrête les élus en prétextant des “flagrants délits” bidons, Bruno Yapandé appelle ça comment ? Dans son univers, une élection réussie, c’est une élection où l’opposition est terrorisée !
Car pendant que le ministre parle d’inclusivité, que fait son “président démocrate” ? Il laisse Wagner massacrer la population centrafricaine. Des milliers de civils tués, des villages entiers rasés, des exactions en série… Mais Touadéra n’a jamais fait la moindre déclaration de condamnation. Il est parfaitement au courant des crimes de Wagner, mais il préfère regarder ailleurs. C’est ça, un “démocrate” selon Bruno Yapandé ?
Le ministre justifie ensuite les dysfonctionnements de l’ANE : « L’ANE avait eu de sérieux problèmes, il est bien vrai. Il y a de problèmes qui relèvent du degré de compétences, qui relèvent aussi de la disponibilité financière. Mais il y a également des problèmes qui sont liés à la défaillance des machines, notamment les tablettes ».
Des “sérieux problèmes” ! L’ANE n’arrive pas à faire une révision de listes électorales depuis un an, ses tablettes tombent en panne, elle a besoin d’expertise internationale pour extraire des données basiques… Mais Bruno Yapandé appelle ça des “élections inclusives”. Inclusives pour qui ? Pour les fantômes des listes électorales bâclées ?
Et voici le summum de cette comédie : « Nous n’avons pas pu extraire les données le plus vite possible. Et c’est ça qui a amené le gouvernement et l’ANE de faire appel à une expertise internationale qui nous a aidés à extraire l’essentiel des données ».
Une “expertise internationale” pour extraire des données ! Ils ne savent même pas utiliser leurs propres tablettes, mais ils veulent organiser des “élections inclusives”. On paie des experts étrangers pour faire le travail que l’ANE devrait maîtriser, et le ministre présente ça comme une preuve de bonne gestion !
Le ministre termine sa démonstration par cette philosophie gouvernementale : « L’opposition est dans son rôle, mais nous nous jouons aussi notre rôle, nous accomplissons notre mission pour que les élections réussissent en République Centrafricaine ».
“L’opposition est dans son rôle” ! Oui, son rôle selon ce régime, c’est d’être en prison ou de se taire ! Les députés emprisonnés jouent parfaitement leur rôle d’opposants terrorisés. Et le gouvernement joue son rôle en organisant des élections dans un climat de peur. Voilà les “élections inclusives” version Bruno Yapandé !
Cette propagande révoltante montre l’état de déconnexion totale de ce régime avec la réalité. Comment peut-on vanter un “président démocrate” qui viole la Constitution et fait appel aux mercenaires ? Comment peut-on promettre la réussite électorale avec une ANE incompétente financée à 2,8% ?
Au final, ces “élections inclusives” ressembleront à quoi ? À une comédie où seuls les partisans du régime oseront se présenter, où les listes électorales seront bâclées, où les résultats seront préfabriqués. Une parodie de démocratie organisée par des violeurs de Constitution qui emprisonnent les élus du peuple.
Alors non, monsieur Yapandé, vos “élections inclusives” avec votre “président démocrate”, c’est de la pure propagande. Un régime qui viole la Constitution, emprisonne des députés et laisse Wagner massacrer n’organise pas des élections démocratiques. Il organise une comédie pour légitimer sa dictature.
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L’ancien ministre Aristide Briand Reboas dévoile l’unique identité cachée derrière les multiples visages de la rébellion centrafricaine contemporaine, notamment de l’UPC et du 3R.
Aristide Briand Reboas démasque la stratégie de camouflage des groupes armés de l’UPC et du 3R , révélant leur continuité organisationnelle sous différentes appellations depuis l’époque de Baba Laddé.
Aristide Briand Reboas voit les choses autrement que la plupart des analystes. Dans son interview à la radio Ndèkè – Luka, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports livre une interprétation qui bouscule les idées reçues sur deux groupes armés centrafricains. Pour lui, l’UPC d’Ali Darassa et le 3R de Sembé Bobo ne sont pas des mouvements distincts. Il s’agit d’une seule et même organisation qui change simplement de nom et d’apparence selon les circonstances.
Cette vision remet en cause vingt ans d’analyses sur la rébellion centrafricaine. Là où beaucoup voient deux groupes aux intérêts divergents, Reboas identifie une structure unique aux ramifications multiples. Une organisation qui a appris à se réinventer pour survivre et prospérer sous différents commandements.
L’histoire commence en 2005-2006, explique l’ancien ministre. À cette époque, des opposants tchadiens fuient le régime d’Idriss Déby et trouvent refuge en République centrafricaine. Les frontières poreuses leur offrent un sanctuaire idéal. Parmi eux, Baba Laddé établit les fondations de ce qui deviendra plus tard le réseau complexe que dirigent aujourd’hui Ali Darassa et Sembé Bobo.
L’arrivée d’Ali Darassa en 2006 renforce cette implantation naissante. Ensemble avec les autres leaders, ils développent d’abord un discours centré sur la protection des éleveurs peuls et la sécurisation des couloirs de transhumance. Une revendication légitime qui cache des ambitions plus larges.
Aristide Briand Reboas raconte comment cette organisation originelle a su évoluer tactiquement. En 2008, lors d’une cérémonie officielle en présence du président d’alors François Bozizé, Baba Laddé se présente publiquement comme le défenseur des communautés peules. Cette transformation permet au mouvement de passer du statut de rébellion à celui d’organisation communautaire reconnue, ouvrant la voie aux mutations actuelles incarnées par l’UPC et le 3R.
Mais l’ancien ministre n’est pas dupe. Derrière ces changements d’étiquettes et ces leaders différents, il identifie une continuité stratégique. Que ce soit Ali Darassa avec son UPC ou Sembé Bobo et son 3R, les objectifs restent les mêmes : maintenir une base arrière en Centrafrique pour peser sur les équilibres régionaux.
La récente transformation du 3R de Sembé Bobo, selon sa déclaration, en association de défense des intérêts peuls confirme cette analyse. Aristide Briand Reboas y voit la énième mutation d’une même entité. Une adaptation aux nouvelles contraintes politiques plutôt qu’une véritable conversion pacifique. Cette stratégie se retrouve également dans l’évolution de l’UPC d’Ali Darassa.
Cette lecture unifie ce qui semblait dispersé entre trois commandements distincts. Elle explique pourquoi les accords de paix successifs ont échoué. Comment négocier efficacement avec Ali Darassa et Sembé Bobo qui semblent diriger des groupes différents mais poursuivent en réalité les mêmes buts sous une coordination cachée ?
L’ancien ministre révèle aussi comment ces deux leaders s’inscrivent dans une dimension régionale plus vaste. L’UPC et le 3R ne se contentent pas d’agir séparément en Centrafrique. Ils s’inscrivent dans une logique géopolitique sahélienne commune, utilisant le territoire centrafricain comme plateforme d’influence partagée.
Cette analyse change la donne pour les futurs négociateurs. Si Aristide Briand Reboas a raison, traiter séparément avec Ali Darassa et Sembé Bobo revient à dialoguer avec les différents commandants d’une même organisation. Une approche vouée à l’échec.
L’ancien responsable gouvernemental apporte ainsi un éclairage nouveau sur la persistance de l’instabilité centrafricaine. Sa grille de lecture suggère qu’une solution durable nécessite de reconnaître cette unité opérationnelle cachée derrière la diversité des leaders et des appellations. Une leçon importante pour comprendre les véritables enjeux des négociations avec l’UPC, le 3R et le MPC.
Cette révélation d’un initié du système politique centrafricain mérite attention. Elle offre une clé de compréhension essentielle pour saisir pourquoi Ali Darassa et Sembé Bobo, malgré leurs différences apparentes, semblent toujours agir de concert dans les moments décisifs.
Bangui : Accident spectaculaire de deux motos-taxis sur l’avenue de l’indépendance, deux blessés dans un état critique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/vehicule-de-la-brigade-motorisee-de-Bangui-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Véhicule de la brigade motorisée de Bangui. Photo CNC
Un accident de circulation d’une extrême gravité s’est produit ce dimanche 2 octobre 2025 sur l’avenue de l’Indépendance, à hauteur de l’agence Air France, lycée technique et la Direction Générale de la Gendarmerie à Bangui. Deux motos-taxis sont entrées en collision violente, faisant deux blessés dans un état critique.
Le drame s’est déroulé au niveau du croisement de la place du général Ndjadder, là où remontent deux petites rues : la rue menant au Lycée Technique, celle de l’agence Air France, et plus bas, la rue du Professeur Faustin-Archange Touadéra qui descend vers l’Université. Les deux motos-taxis, transportant chacune un passager, circulaient en sens inverse : l’une montait du centre-ville vers l’Hôtel Ledger, tandis que l’autre descendait dans la direction opposée. La violence du choc a été telle que du sang recouvrait la chaussée sur le lieu de l’accident.
Sur le lieu d’accident sur l’avenue de l’indépendance
L’accident trouve son origine dans une rupture de canalisation souterraine de la SODECA (Société de Distribution d’Eau en Centrafrique). L’eau jaillit en hauteur et inonde abondamment la chaussée, créant des conditions de circulation extrêmement dangereuses. Face à cette fontaine d’eau qui risque de les mouiller complètement, les conducteurs de motos et véhicules tentent tant bien que mal d’éviter le jet d’eau en déviant de leur trajectoire.
Cette situation a engendré une confusion généralisée dans la circulation à ce point exact : certains passent à droite, d’autres à gauche, la priorité n’est plus respectée. C’est dans ce chaos que les deux motos-taxis se sont percutées de plein fouet, chacune tentant de passer rapidement pour échapper à l’eau.
Les blessés ont été rapidement pris en charge et transportés vers la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) pour recevoir des soins d’urgence. Leur pronostic vital serait engagé. Au moment des faits, la fuite d’eau continuait de jaillir sur la chaussée, maintenant le danger pour les autres usagers de la route.
UNOPS à la Minusca : quand Olga Lubazandio avoue une fraude salariale de six ans et tente de la justifier par le contrat
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/madame-olga-lubazandio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/madame-olga-lubazandio-450×450.jpg” alt=”Madame Olga Lubazandio lors de l’assemblée générale des travailleurs journaliers de la Minusca” width=”450″ height=”450″ />Madame Olga Lubazandio lors de l’assemblée générale des travailleurs journaliers de la Minusca. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Lors de l’assemblée générale des travailleurs journaliers de l’UNOPS à la MINUSCA, Madame Olga Lubazandio a tenté d’expliquer pourquoi les journaliers voient 36 000 francs CFA sur leur fiche de paie alors qu’ils ne reçoivent que 20 000 francs. Mais son explication, loin de clarifier la situation, confirme une fraude salariale qui dure depuis six ans. Une fraude que l’UNOPS essaie maintenant de légitimer en invoquant “le contrat” et en prétendant que “cet argent n’existe pas parce qu’il n’est pas budgétisé.”
Analysons juridiquement cette déclaration scandaleuse et montrons en quoi elle constitue un aveu de pratiques illégales qui violent le droit du travail centrafricain.
Le statut de “travailleur journalier” : une fiction juridique après six ans
Madame Olga Lubazandio insiste lourdement sur le fait que les travailleurs sont des “journaliers” payés “au prorata des jours prestés”. Elle déclare : “Vous êtes des contractants de journée. Ça veut dire que vous êtes payés au prorata des jours que vous prestez. C’est pour ça que nous prenons vos présences en compte pour calculer vos salaires”.
Mais voici ce que dit le droit du travail centrafricain : même si on appelle quelqu’un “journalier”, dès qu’un travailleur est employé régulièrement, même sans contrat écrit formel, il devient salarié permanent. Après six ans de travail régulier pour le même employeur, il n’y a plus aucun doute : le lien de subordination est établi et l’employeur a des obligations légales complètes.
Ces travailleurs ne sont plus des “journaliers occasionnels”. Ce sont des employés permanents qui devraient bénéficier de tous les droits d’un salarié régulier : salaire déclaré correctement, congés payés complets, cotisations sociales, et surtout, le paiement du salaire réellement indiqué sur leur fiche de paie.
Trois montants différents : contrat à 20 000 F, fiche de paie à 36 000 F, paiement réel à 20 000 F
C’est ici que la fraude devient évidente. Regardons les chiffres :
– Contrat signé : 20 000 francs CFA
– Fiche de paie (payslip) : 36 000 francs CFA
– Paiement réel reçu : 20 000 francs CFA
Cette incohérence entre trois documents officiels ne peut pas être qualifiée d’erreur technique, surtout quand elle dure depuis six ans. C’est une pratique volontaire qui montre soit une tromperie envers les contrôleurs (inspection du travail, CNSS) en affichant un salaire plus élevé, soit la dissimulation de retenues illégales, soit le masquage d’une partie du salaire due aux travailleurs.
Madame Olga Lubazandio tente de justifier cela en disant : “Le payslip n’est pas un contrat. Personne d’entre vous n’a signé sur un payslip. Le payslip vient vous prouver qu’on vous a payé votre argent du mois et vous montre comment on l’a calculé”.
Mais juridiquement, c’est faux. La fiche de paie est un document officiel qui fait foi devant les tribunaux. C’est une preuve de ce que l’employeur déclare avoir payé. Si la fiche de paie indique 36 000 francs, c’est ce montant que l’employeur est censé avoir versé. Le fait de ne verser que 20 000 francs constitue une retenue illégale de 16 000 francs.
Les 16 000 francs manquants : une dette salariale de plusieurs millions
Sur la base de la fiche de paie affichant 36 000 francs, chaque travailleur peut réclamer la différence de 16 000 francs par jour travaillé pendant toute la période, jusqu’à six ans en arrière.
Faisons le calcul pour un travailleur qui a presté 25 jours par mois pendant 6 ans :
16 000 F × 25 jours × 12 mois × 6 ans = 28 800 000 F CFA de salaire non payé
Même si le tribunal applique une prescription partielle et réduit la période à 3 ans, cela reste plus de 14 millions de francs CFA dus à chaque travailleur.
Multipliez cela par le nombre de journaliers concernés, et on parle de centaines de millions, voire de milliards de francs CFA détournés sur le dos de travailleurs précaires.
L’argument des week-ends : une manipulation juridique
Madame Olga Lubazandio explique : “Puisqu’on ne compte pas les week-ends pendant que tu es en congé, ça veut dire que quand tu es en congé, on ne compte pas les week-ends. Et c’est écrit dans le contrat. Ça veut dire que cet argent n’existe pas. Tout simplement, cet argent n’existe pas puisque ce n’est pas budgétisé”.
C’est une manipulation. Voici pourquoi :
Si l’argent “n’existe pas” et “n’est pas budgétisé”, pourquoi figure-t-il sur la fiche de paie ? Une fiche de paie est censée refléter ce qui est réellement payé, pas des montants fictifs.
Le fait de ne pas budgétiser un salaire ne dispense pas l’employeur de le payer si ce salaire est dû selon le contrat de travail ou selon la loi.
La question des week-ends ne justifie pas un écart de 16 000 francs par jour. Si on applique la règle des congés sans week-ends, l’écart devrait être marginal, pas de 44% du salaire affiché.
L’aveu du problème avec les auditeurs
Madame Olga Lubazandio révèle involontairement la fraude en déclarant : “C’est le problème que nous avons eu avec les auditeurs qui nous ont tapé sur les doigts parce que nous avons au début négligé cet aspect. Ça nous a été fortement reproché et depuis, nous sommes très vigilants sur ce sujet”.
Attendez. Les auditeurs ont “tapé sur les doigts” de l’UNOPS pour quoi exactement ? Pour avoir payé trop ? Pour avoir été trop généreux ? Non. Les auditeurs ont reproché à l’UNOPS d’avoir initialement payé des montants qui n’étaient pas conformes à ce qui était déclaré ou budgétisé.
Et la solution de l’UNOPS a été de créer ce système tordu où :
– On affiche 36 000 francs sur la fiche de paie (pour satisfaire certaines exigences administratives ou pour gonfler artificiellement les dépenses déclarées)
– Mais on ne paie réellement que 20 000 francs (le montant du contrat)
C’est exactement la définition d’une double comptabilité : une pour les contrôleurs, une pour les travailleurs.
Ce n’est pas une “erreur”, c’est une fraude grave.
Une erreur administrative ne dure jamais six ans. La constance de cet écart montre soit une fausse fiche de paie fabriquée pour des déclarations fictives, soit une double comptabilité interne. C’est donc une fraude sociale et salariale caractérisée.
Le droit du travail centrafricain est clair : un employeur ne peut pas afficher un montant sur une fiche de paie officielle et payer un montant inférieur sans justification légale claire (retenues légales comme impôts, cotisations sociales, etc.). Toute retenue doit être détaillée et justifiée sur la fiche de paie elle-même.
Les recours possibles pour les travailleurs
Même sans contrat écrit complet ni déclaration CNSS régulière, les travailleurs peuvent :
Réunir les preuves : anciennes fiches de paie, attestations de collègues, messages de paiement, reçus, témoignages.
Saisir l’inspection du travail : Une plainte collective (puisque plusieurs centaines de journaliers sont concernés) peut être déposée. L’inspecteur du travail peut exiger la présentation des registres de paie et vérifier les montants réels versés.
Engager une action devant le tribunal du travail : Les travailleurs peuvent réclamer :
– Le rappel de salaires sur la base des fiches de paie affichant 36 000 francs
– Les indemnités pour travail non déclaré correctement
– Des dommages et intérêts pour pratiques illégales prolongées
L’UNOPS ne peut pas se cacher derrière “le contrat”
Madame Olga Lubazandio répète en boucle : “Ce qui nous réunit ici légalement, c’est le contrat que vous avez signé. Sans le contrat, il n’y a pas cette réunion. La signature d’un contrat veut dire que vous acceptez les conditions du contrat”.
Mais voici ce qu’elle oublie de dire : un contrat ne peut pas violer la loi. Un contrat qui viole le droit du travail est nul dans ses clauses illégales. Un travailleur ne peut pas “accepter” par contrat d’être payé moins que ce qui figure sur sa fiche de paie officielle. C’est contraire à l’ordre public social.
De plus, après six ans de travail régulier, ces travailleurs ont acquis des droits que l’UNOPS ne peut pas balayer d’un revers de main en invoquant un contrat de trois mois renouvelé continuellement.
L’UNOPS doit régulariser et payer
L’UNOPS a deux options :
Soit les fiches de paie à 36 000 francs sont correctes, et dans ce cas, l’UNOPS doit payer ce montant et régulariser tous les arriérés depuis six ans.
Soit les fiches de paie sont fausses, et dans ce cas, l’UNOPS commet une fraude documentaire et doit être sanctionnée, tout en régularisant la situation réelle des travailleurs avec des contrats conformes à la loi.
Dans les deux cas, les travailleurs ont droit à réparation.
FAKE NEWS Côte d’Ivoire : Non, il n’y a pas de “mercenaires centrafricains” prêts à atterrir à Abidjan ! Arrêtez de salir l’image de la RCA !
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/09/parade-des-soldats-FACA-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui-le-13-aout-2020..jpg” data-wpel-link=”internal”>parade-des-soldats-FACA-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui-le-13-aout-2020. – RCA : quand Wagner intensifie la distribution des tracts à la gloire de la Russie et de Touadera à Bangui
Depuis quelques jours, une rumeur aussi absurde qu’insultante circule massivement sur les réseaux sociaux ivoiriens, notamment sur Facebook : 150 mercenaires centrafricains seraient prêts à atterrir en Côte d’Ivoire sous les ordres du président Dramane (comprendre Alassane Ouattara, souvent surnommé “ADO” ou “Dramane” par ses détracteurs).
Cette information, relayée par plusieurs pages s’accompagne généralement d’images de soldats montant dans des avions militaires, créant ainsi un effet dramatique destiné à semer la panique et la confusion.
Corbeau News Centrafrique tient à dénoncer fermement cette fake news qui, une fois de plus, utilise le nom de la République Centrafricaine pour alimenter des polémiques dans lesquelles notre pays n’a strictement aucun rôle.
Il est temps de rétablir la vérité et de dire stop à cette instrumentalisation permanente du nom centrafricain dans tous les mauvais coups qui se trament sur le continent africain.
STOP À LA DÉSINFORMATION : LES CENTRAFRICAINS NE SONT PAS DES MERCENAIRES !
Commençons par rappeler une évidence que semblent ignorer les propagateurs de ces rumeurs : l’armée centrafricaine, les Forces Armées Centrafricaines (FACA), ne sont pas une force mercenaire exportable à la demande des présidents étrangers.
Les FACA sont pour l’armée nationale de la République Centrafricaine. Leur mission constitutionnelle est de défendre l’intégrité territoriale du pays et d’assurer la sécurité des citoyens centrafricains sur le sol national. Point final.
La réalité de l’armée centrafricaine est d’ailleurs bien plus prosaïque que ne le suggèrent ces fantasmes de “mercenaires terribles et redoutables” prêts à intervenir partout en Afrique.
Les FACA, malgré les faux efforts de restructuration entrepris depuis plusieurs années, restent une force militaire en reconstruction qui fait face à d’énormes défis sur son propre territoire national : Les limites opérationnelles : Les FACA manquent cruellement de moyens logistiques, d’équipements modernes, et d’effectifs suffisants pour couvrir l’ensemble du territoire national qui s’étend sur 623 000 km².
La dépendance aux forces étrangères : L’armée centrafricaine dépend largement du soutien de forces étrangères, qu’il s’agisse de la Minusca (Mission de l’ONU), des instructeurs militaires de divers pays, et malheureusement aussi des mercenaires russes du groupe Wagner qui ont été imposés par le régime actuel.
Alors, posons-nous la question logique : Comment une armée qui peine à sécuriser son propre territoire pourrait-elle envoyer 150 mercenaires en Côte d’Ivoire ? C’est tout simplement absurde et déconnecté de toute réalité.
Venons-en maintenant au cœur du problème : cette manie qu’ont certains de coller systématiquement l’étiquette “mercenaires centrafricains” dès qu’il y a une rumeur d’intervention mercenaire quelque part en Afrique.
Il faut le dire clairement et sans ambiguïté : Le groupe Wagner, cette société militaire privée russe qui opère en République Centrafricaine depuis 2018, N’EST PAS une force centrafricaine. Ce sont des mercenaires RUSSES, envoyés par Moscou dans le cadre d’accords passés avec le président Faustin-Archange Touadéra.
Ces mercenaires russes :
– Ne parlent pas le sango ni le français couramment
– Répondent à des commandements russes
– Sont payés par la Russie et par Touadera
– Opèrent dans l’intérêt de la Russie et de ses alliés
– N’ont aucune allégeance envers la République Centrafricaine en tant que nation
Si donc des mercenaires du groupe Wagner devaient intervenir en Côte d’Ivoire ou ailleurs en Afrique (ce qui reste à prouver), il faudrait les appeler par leur VRAI nom : des mercenaires RUSSES du groupe Wagner, et non des “mercenaires centrafricains”.
Cette affaire des prétendus “mercenaires centrafricains” en Côte d’Ivoire n’est malheureusement pas un cas rare. Elle s’inscrit dans une longue série d’instrumentalisations du nom centrafricain pour expliquer ou justifier des situations de crise ailleurs en Afrique.
Rappelons-nous l’affaire qui a défrayé la chronique il y a quelques années : des dizaines de présumés mercenaires, dont certains Centrafricains, arrêtés à la frontière entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale, accusés de préparer un coup d’État.
Cette affaire, largement médiatisée, a contribué à ancrer dans l’imaginaire collectif l’idée que la Centrafrique serait un vivier de mercenaires prêts à intervenir partout où on les appelle.
La réalité était bien plus complexe, impliquant des réseaux internationaux, des commanditaires extérieurs, et des individus de diverses nationalités. Mais c’est le label “mercenaires centrafricains” qui est resté dans les mémoires.
Plus récemment, lors des troubles politiques au Burkina Faso, des rumeurs ont également circulé sur la présence de “mercenaires centrafricains” venus soutenir tel ou tel camp.
Encore une fois, aucune preuve solide n’a jamais été apportée, mais le mal était fait : le nom centrafricain était à nouveau associé à une crise, à une intervention mercenaire, à une déstabilisation.
Il faut bien comprendre que cette réputation négative de la Centrafrique trouve en partie ses racines dans la terrible crise de 2013-2016 qui a ravagé le pays.
Durant cette période sombre de notre histoire nationale, la guerre civile entre les coalitions rebelles de la Séléka (majoritairement musulmanes) et les milices Anti-Balaka (majoritairement chrétiennes) a fait des milliers de morts et a créé un chaos indescriptible.
Les noms “Séléka” et “Anti-Balaka” sont devenus des symboles de violence, de barbarie, d’atrocités. Ils ont été médiatisés dans le monde entier, associant durablement la République Centrafricaine à l’image d’un pays de violence incontrôlée.
Cette crise inter-religieuse, fruit de manipulations politiques et de tensions ethniques instrumentalisées, a déshonoré notre pays aux yeux du monde.
Des années après la fin de cette guerre civile, la Centrafrique peine encore à se débarrasser de cette image. Et malheureusement, certains continuent d’exploiter cette réputation pour nous attribuer tous les maux du continent.
Alors que le pays tentait péniblement de se reconstruire après la tragédie de 2013-2016, l’élection de Faustin-Archange Touadéra en 2016, puis sa réélection controversée en 2020, ont ouvert un nouveau chapitre troublant de l’histoire centrafricaine.
Face à la menace des groupes armés qui contestaient sa réélection fin 2020, le président Touadéra a fait un choix qui continue de diviser les Centrafricains et d’inquiéter la communauté internationale : il a fait appel aux services des mercenaires russes du groupe Wagner.
Ces forces, officiellement présentées comme des “instructeurs militaires russes”, opèrent en réalité comme une véritable armée parallèle sur le sol centrafricain, avec des prérogatives qui dépassent largement le simple cadre de la formation.
La présence de ces mercenaires russes en Centrafrique n’a pas été sans conséquences graves :
Les violations des droits humains : De nombreux rapports d’organisations internationales, dont l’ONU, ont documenté des violations graves des droits humains commises par les forces Wagner, incluant des exécutions sommaires, des pillages, et des exactions contre les populations civiles.
L’exploitation des ressources naturelles : En échange de leurs services, les mercenaires russes et leurs commanditaires se sont vu accorder des concessions minières et forestières, pillant littéralement les ressources du pays.
La modification de la Constitution : Le régime Touadéra, soutenu par la présence militaire russe, a procédé à une modification constitutionnelle controversée en 2023, supprimant notamment la limite du nombre de mandats présidentiels, ouvrant ainsi la voie à une présidence à vie.
La restriction des libertés : La présence Wagner s’accompagne d’une atmosphère de plus en plus autoritaire, avec des restrictions croissantes de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, et des droits d’opposition politique.
L’isolement international progressif : Cette alliance avec la Russie et ses mercenaires a progressivement isolé la Centrafrique de ses partenaires occidentaux traditionnels, notamment la France et les États-Unis.
Paradoxalement, alors que les mercenaires russes de Wagner opèrent en Centrafrique et commettent des exactions au nom de la “sécurisation” du pays, c’est toujours le nom “centrafricain” qui est sali dans l’opinion internationale.
Quand Wagner intervient ou est soupçonné d’intervenir ailleurs en Afrique (Mali, Burkina Faso, potentiellement Côte d’Ivoire selon certaines rumeurs), on parle rapidement de “mercenaires centrafricains” parce qu’ils opèrent depuis la base centrafricaine, alors que leur identité, leur commandement, et leurs financeurs sont purement russes.
Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et porte-parole du BRDC, a dressé un bilan accablant des dix années de présidence de Faustin-Archange Touadéra. Selon lui, le pays est “à l’arrêt” et la situation économique et sociale constitue “une catastrophe”.
Interrogé sur l’état général du pays, Martin Ziguélé répond sans détour : “Très mal. Très mal sur le plan politique, naturellement, parce que ce pays a toujours été précurseur en matière de liberté, mais il y a un démon qui le rattrape régulièrement”. Mais c’est surtout le bilan économique et social qui inquiète : “Sur le plan économique, c’est la catastrophe. L’État aujourd’hui centrafricain, sa viabilité financière est questionnée”.
L’ancien Premier ministre poursuit : “Sur le plan économique et social, aujourd’hui, c’est Bangui qui donne l’illusion d’avoir un pays qui fonctionne, mais à l’intérieur du pays, le pays est en arrêt. La misère est exponentielle”. Il cite des chiffres précis : “Nous sommes passés de 53 à 67% du taux de pauvreté de la population en moins de 10 ans. Et ça correspond, comme par hasard, aux mandats du président Touadéra.”
Cette aggravation de la pauvreté découle selon Martin Ziguélé d’une absence totale de vision : “Il n’y a pas de politique économique, il n’y a pas de politique de lutte contre la pauvreté. Depuis 10 ans, on est dans la politique politicienne et dans les diverses techniques qu’on met en œuvre pour conserver, confisquer et conserver le pouvoir”.
Sur les infrastructures routières, le constat est sans appel : “Depuis que le président Touadéra est arrivé au pouvoir, il n’a pas reconstruit 10 kilomètres de route sur le budget national”. Martin Ziguélé anticipe même le comportement présidentiel : “Tous ces déplacements à l’étranger, à l’intérieur du pays, y compris pour cette campagne, il le fera uniquement avec des hélicoptères et des avions. Il ne peut pas le faire par route”.
L’ancien Premier ministre Martin Ziguélé compare sa propre pratique : “Moi, quand je circule en Centrafrique, je vais par route, je m’arrête dans les villages, je dors à la belle étoile, je vis ce que vit la population. Pourquoi ils ne vont pas par route ? Parce qu’il n’y a pas de route. Vous avez un pays où il n’y a pas de route, il n’y a pas d’électricité”.
Martin Ziguélé dénonce également les initiatives économiques fantaisistes du régime : “Qu’est-ce que le gouvernement fait ? De la crypto-monnaie. Le sango coin, le meme coin et tout cela. Cette fébrilité cache l’impuissance et l’absence de vision pour le pays”.
Dans le secteur de l’éducation, le bilan est tout aussi négatif malgré le profil universitaire du président : “Le président Touadéra est lui-même universitaire, ancien recteur de l’université de Bangui. Est-ce qu’il y a une progression significative dans les infrastructures universitaires, voire même dans le statut de l’enseignant universitaire centrafricain?”.
Martin Ziguélé fixe une ambition minimale non atteinte : “Moi, j’aurais voulu qu’au bout de dix ans que le professeur Touadéra ait construit une seule université à l’intérieur du pays. Une seule, pas deux. Je ne lui demanderai pas de faire comme le président Biya qui a construit des universités dans chaque région du Cameroun. Nous en avons sept, mais une seule région où on construise une université. Même ça, il n’a pas pu le faire”.
Le système de santé n’échappe pas à cette décrépitude : “Comment vit-on et se soigne-t-on à Bangui ou dans le pays ? Je vous dis, c’est Dieu qui protège les Centrafricains, ce n’est pas le système de santé”. Ziguélé décrit des situations dramatiques : “Nous arrivons à des moments où les morgues sont pleines. Et on fait même des communiqués à la radio d’État pour demander aux familles de venir chercher des cadavres parce qu’il y en a trop.”
Le constat est implacable : “Depuis que le président est arrivé au pouvoir, il n’y a pas eu la construction d’un seul grand hôpital dans ce pays. Donc, ce pays est à l’arrêt. Ce pays est non seulement à l’arrêt, mais ce pays recule”.
Martin Ziguélé s’appuie sur les données de la Banque mondiale pour étayer son analyse : “Le bilan du président Touadéra pour ces dix années est repris dans le cahier économique de la Banque mondiale, le rapport qu’ils ont publié dernièrement et qui est sans appel. Quand le président Touadéra est arrivé au pouvoir en 2016, il y avait 53% des Centrafricains qui vivaient en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1000 francs CFA par jour. Et dix ans après, la proportion de ces personnes est passée à 67%”.
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé tire la conclusion : “Ça veut dire que sous Touadéra ou grâce à Touadéra, la population centrafricaine s’est appauvrie dans une proportion de 15 points de plus. C’est sans appel. Ce sont des agrégats économiques, des indicateurs économiques, ce n’est pas de la politique politicienne”.
L’absence de vision inquiète Martin Ziguélé pour l’avenir : “Lorsque je vois la manière dont le pouvoir se comporte, beaucoup plus porté vers la jouissance que vers l’autocritique et la lucidité économique, je me dis que demain sera pire qu’hier parce que la population s’accroît. Et avec les différentes crises que nous avons connues, la population urbaine de Bangui a presque doublé avec les mêmes infrastructures qu’il y a 20 ans, sauf que ces infrastructures sont en état de dégradation avancé”.
Il répète : “Ce pays, je vous le dis, c’est Dieu qui protège sa population, ce n’est pas le système de santé. La plus grande catastrophe que nous aurons dans ce pays, c’est la qualité du capital humain que nous avons déjà et qui va en s’aggravant”.
Martin Ziguélé compare la situation centrafricaine avec d’autres pays africains où les présidents prolongent leurs mandats : “Lorsque vous voyez en Côte d’Ivoire, par exemple, le président Ouattara qui veut faire un quatrième mandat, vous regardez ce qu’il a réalisé. La croissance économique de 9% pendant 12 ou 14 ans, les routes, les infrastructures. Vous vous dites, c’est vrai que sur le principe, ils doivent respecter la constitution, mais ils travaillent”.
Il continue : “Vous regardez au Cameroun, vous regardez au Congo, vous vous dites, c’est vrai, ils ont modifié la constitution, mais il y a une progression significative de la richesse nationale, il y a des infrastructures. Vous arrivez en Centrafrique, c’est l’inverse, c’est-à-dire la pauvreté augmente, il n’y a pas de route”.
Pour illustrer concrètement l’état des infrastructures, Ziguélé raconte : “Le premier ministre Kamoun, qui est avec nous dans le BRDC, est allé saluer sa famille à Bambari au centre du pays. De Sibut à Bambari, ça fait 200 kilomètres, ils ont fait 16 heures de temps. Une route qui à l’époque se pratiquait en 3 heures, 2 heures et demie. Et là, nous sommes à moins de 180 kilomètres de Bangui”.
Ce témoignage résume le diagnostic de Martin Ziguélé : dix ans de présidence Touadéra ont plongé la Centrafrique dans une régression généralisée. Pas de routes, pas d’écoles, pas d’hôpitaux, mais une population qui s’appauvrit massivement pendant que le régime se concentre sur sa survie politique plutôt que sur le développement du pays.
L’ancien Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye lâche une bombe sur Africa Radio : le président Baba Kongoboro dicterait lui-même les résultats à l’Autorité nationale des Élections et au Conseil constitutionnel.
“C’est le pouvoir en place qui va nommer les députés, qui va dicter à l’autorité nationale des Élections et au Conseil constitutionnel les scores à donner à chaque candidat”. La déclaration de Maître Nicolas Tiangaye sur Africa Radio a l’effet d’une déflagration. L’ancien Premier ministre et président du parti CRPS ne mâche pas ses mots : selon lui, les Élections du 28 décembre en République centrafricaine ne sont qu’une vaste supercherie organisée depuis le palais présidentiel.
Invité de l’émission de Nadir Djenad depuis Bangui, le leader de l’opposition est allé encore plus loin dans ses accusations : “Il n’y aura pas de surprise. Il n’y a aucun enjeu. Aller à ces Élections, c’est la légitimation d’une parodie électorale.”
Et les révélations ne s’arrêtent pas là. Nicolas Tiangaye affirme que sur la dizaine de candidats inscrits à l’élection présidentielle, “au moins plus de la moitié ont vu leur caution payée par le président Touadéra”. Des “figurants” et des “accompagnateurs” destinés uniquement à donner une façade démocratique à un scrutin joué d’avance.
Les chiffres sont accablants : moins de 800 candidats aux législatives contre plus de 2000 en 2020. “Le peuple centrafricain a pris conscience de cette parodie qui est en train de se préparer et ne prendra pas part de façon significative à ce scrutin”, analyse l’opposant.
L’espoir d’un apaisement avait pourtant germé le 2 septembre dernier, lors d’une rencontre inaugurale avec le président Touadéra. Mais l’illusion fut de courte durée. Selon Nicolas Tiangaye , le Premier ministre a rapidement enterré toute perspective de discussion en qualifiant les membres du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) “d’ennemis de la paix” et “d’ennemis de la République”.
“Par la suite, le Premier ministre a fait un point de presse pour dire que nous sommes des ennemis de la paix, des ennemis de la République, et que par conséquent, ce dialogue ne peut pas faire l’objet de discussion autour des questions électorales”, raconte l’ancien chef du gouvernement, encore incrédule face à cette fin de non-recevoir.
Face à ce qu’il qualifie de “coup d’État constitutionnel”, le BRDC a tranché : ce sera le boycott total. Présidentielle, législatives, régionales, municipales – les quatre scrutins du 28 décembre se dérouleront sans la principale plateforme de l’opposition.
“Il vaut mieux ne pas aller à ces Élections-là pour que le masque de la tyrannie puisse tomber”, justifie Nicolas Tiangaye. Pour lui, la Constitution d’août 2023 exclut d’emblée les bi-nationaux et “beaucoup de Centrafricains qui seraient considérés comme n’ayant pas d’origine centrafricaine”. Quant aux institutions électorales – l’Autorité nationale des élections (ANE) et le Conseil constitutionnel – elles seraient “à la solde du président Touadéra”.
Mais l’opposition elle-même n’est pas épargnée par les divisions. Anicet Georges Dologuélé, membre du BRDC, a brisé le front commun en déposant sa candidature. “Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution a pris la décision de l’exclure pour trahison”, tranche sèchement Tiangaye.
Une division que l’ancien Premier ministre reconnaît sans détour : “La division, elle est déjà là.” Mais il se veut rassurant pour ses partisans : “Les éléments les plus éclairés sur la défense de la Constitution de 2016 mèneront ce combat jusqu’à la victoire finale.”
L’interview a pris un tour encore plus sombre lorsque Nicolas Tiangaye a abordé la présence du groupe paramilitaire russe Wagner. “Il y a la société privée Wagner qui commet des exactions”, dénonce-t-il, avant de lâcher un chiffre vertigineux : le président Poutine exigerait de l’État centrafricain “le paiement d’une somme exorbitante de 15 millions de dollars par mois, l’équivalent de 10 milliards de francs”.
“Ce n’est pas à la portée de notre pays”, souligne l’opposant Nicolas Tiangaye qui prédit que “cette situation va mettre le gouvernement de Touadéra dans des difficultés insurmontables”. Plusieurs observateurs évoquent d’ailleurs un climat d’intimidation et une militarisation croissante de la vie politique, avec une présence accrue des forces russes.
Malgré la radicalité de sa position, Nicolas Tiangaye laisse entrevoir une dernière porte de sortie : “Tout est possible. C’est une question de volonté politique.” Mais à moins de deux mois et demi du scrutin, le temps joue contre la réconciliation.
Sam-Ouandja : pendant que les rebelles occupent tranquillement les salles de classe depuis 4 mois, plus de 1000 enfants pourrissent dehors et ne vont pas à l’école. Le ministère de l’Éducation s’en fout
École mixte préfectorale de Sam-Ouandja , dans Sam-Ouandja (Vakaga)
Ils sont là, installés comme chez eux. Ils dorment sur les tables-bancs. Ils mangent dans les salles de classe. Ils laissent leurs armes appuyées contre les tableaux noirs où, il y a quelques mois encore, des enfants apprenaient à lire et à écrire. Ces rebelles, sortis de la brousse pour un désarmement qui ne viendra jamais, ont trouvé le confort dans une école de Sam-Ouandja. Pendant ce temps, plus de mille enfants errent dans les rues. Leurs parents pleurent. Leurs enseignants se sentent impuissants. Et à Bangui, dans les bureaux délabrés du ministère de l’Éducation Nationale, personne ne lève le petit doigt. Personne ne trouve anormal qu’une école entière soit transformée en caserne improvisée. Personne ne pense qu’il serait peut-être urgent de trouver un autre local pour ces hommes armés. Non. On les laisse là. Confortablement. Pendant que l’avenir de toute une génération part en fumée. Bienvenue à Sam-Ouandja, cette ville du nord-est où l’éducation est devenue le dernier des soucis. Bienvenue dans la Centrafrique de Touadéra, où un rebelle vaut plus qu’un écolier.
Sam-Ouandja, c’est une petite ville de la Vakaga coupée en deux par une rivière qu’on appelle Jardin. Il y a un pont qui relie les deux rives. D’un côté, les habitants ont baptisé leur quartier administratif “Bangui”. De l’autre, ils l’appellent “Zaïre”. Cette géographie simple structure toute la vie locale, y compris l’école. Du côté Bangui, il y a une école. Du côté Zaïre, il y en a une autre, peut-être même plus importante, avec trois gros bâtiments qui abritent six salles de classe. C’est dans cette école de Zaïre que tout s’est effondré.
Il y a trois ou quatre mois, des rebelles sont sortis de leur maquis. Ils ont dit qu’ils venaient se désarmer. Ils étaient nombreux. Trop nombreux pour qu’on les ignore. Alors quelqu’un, quelque part, a décidé de les installer dans l’école. Pas dans un hangar. Pas dans un ancien bâtiment administratif. Pas dans un camp provisoire construit à la va-vite. Non. Dans l’école. Celle où des centaines d’enfants venaient chaque jour apprendre à lire, à écrire, à compter. Celle où des enseignants, souvent bénévoles, se battaient pour offrir un semblant d’éducation dans une région oubliée de tous.
Et depuis, les rebelles y sont. Ils occupent les trois bâtiments. Les six salles de classe. Ils y dorment, y mangent, y vivent. Pendant ce temps, les enfants ne vont plus à l’école. Enfin, pas vraiment. Parce que les enseignants ont trouvé une solution de fortune. Une solution qui ressemble plus à un naufrage qu’à une réponse éducative.
Les élèves de l’école de Zaïre traversent maintenant la rivière Jardin tous les matins. Avec leurs maîtres. À pied. Sous le soleil qui tape. Sous la pluie qui trempe. Ils marchent jusqu’au pont, le traversent, et continuent jusqu’à l’école de Bangui. L’autre école. Celle qui, elle aussi, était déjà pleine à craquer avant que cette catastrophe ne commence.
Imaginez un peu la scène. L’école de Bangui avait déjà ses propres élèves. Des effectifs énormes. À Sam-Ouandja, comme partout dans les provinces oubliées de ce pays, les classes débordent. Pour un seul niveau, on divise en deux groupes. CP1A et CP1B. CP2A et CP2B. CE1, CE2, CM1, CM2, tout est dédoublé. Et pour que tout le monde puisse entrer, on fonctionne en double vacation. Le matin, un groupe vient et termine à midi. L’après-midi, l’autre groupe arrive et termine vers 17h30. C’est serré, c’est difficile, mais ça permettait au moins à tous les enfants d’avoir leur chance.
Mais maintenant, il faut accueillir en plus tous les élèves de l’école de Zaïre. Alors on les entasse. On regroupe CP1A et CP1B dans une seule salle. On fait pareil pour toutes les classes. Et on abandonne le système de double vacation parce qu’il n’y a plus assez de place. Résultat : dans chaque salle de classe, il y a maintenant peut-être 200, 220, 250 élèves. Entassés comme des sardines. Certains n’ont pas de table-banc. Ils s’assoient par terre. D’autres restent debout au fond de la classe. Ceux du dernier rang ne voient même pas le tableau. Ceux de devant s’écrasent les uns contre les autres.
Comment voulez-vous qu’un enfant apprenne dans ces conditions ? Comment voulez-vous qu’un maître enseigne à 250 élèves en même temps ? C’est mission impossible. L’enseignant crie pour couvrir le bruit. Les élèves bavardent parce qu’ils sont trop nombreux pour qu’on les surveille tous. Ceux qui veulent vraiment écouter n’entendent rien. Ceux qui veulent écrire n’ont pas de place. Ceux qui ont des questions ne peuvent pas les poser parce qu’il y a trop de monde.
L’année scolaire est foutue pour ces enfants. Plus de mille enfants qui vont perdre une année. Qui ne vont rien apprendre. Qui vont peut-être se décourager et abandonner l’école. Qui vont peut-être traîner dans les rues. Qui vont peut-être, dans quelques années, rejoindre un groupe armé parce qu’ils n’auront rien d’autre à faire de leur vie.
Parce que c’est ça, la vérité que personne ne veut voir. Quand on prive les enfants d’éducation, on prépare les rebelles de demain, comme l’a si bien dit le cardinal Nzapalaïnga. Quand on laisse une génération entière pourrir sans formation, sans perspectives, sans espoir, on crée les conditions de la prochaine guerre. C’est mathématique. C’est inéluctable. Et pourtant, le gouvernement regarde ailleurs.
Qu’est-ce qui empêche le ministère de l’Éducation Nationale de réagir ? Pourquoi personne ne cherche un autre local pour ces rebelles ? À Sam-Ouandja, il y a forcément d’autres bâtiments. Des hangars. Des anciens bureaux administratifs. Des locaux vides. Même s’ils ne sont pas parfaits, même s’ils nécessitent quelques aménagements, c’est mieux que de condamner plus de mille enfants à une année blanche.
Mais personne ne bouge. Le ministre de l’Éducation Nationale ne se déplace pas. Les inspecteurs ne font pas de rapport. Le sous-préfet ne proteste pas. Le préfet ne réagit pas. Et à Bangui, dans les bureaux du gouvernement central, on fait comme si Sam-Ouandja n’existait pas.
Parce qu’au fond, ils s’en fichent. Ces enfants ne comptent pas. Ce sont des enfants de province. Des enfants pauvres. Des enfants dont les parents n’ont aucun poids politique. Alors on peut les sacrifier sans problème. Personne ne viendra manifester devant le ministère pour eux. Personne ne fera de pétition. Personne ne parlera d’eux dans les médias de la capitale.
Le président Touadéra dit dans tous ses discours que la priorité, c’est la jeunesse. Que l’éducation est l’avenir du pays. Que les enfants sont notre richesse. Mais à Sam-Ouandja, pendant qu’il prononce ces belles paroles dans des cérémonies officielles à Bangui, les rebelles dorment dans les salles de classe et les enfants pourrissent dehors.
C’est ça, la réalité de la Centrafrique de Touadéra. Des discours magnifiques. Des promesses creuses. Et sur le terrain, le néant. L’abandon. L’indifférence.
Ceux qui vivent à Bangui ne le savent pas. Ils ne voient pas ce qui se passe dans les provinces. Ils crient pour leurs propres problèmes. Ils manifestent pour leurs propres revendications. Mais ils ne savent pas qu’à Sam-Ouandja, à des centaines de kilomètres de la capitale, plus de mille enfants sont privés d’école depuis des mois. Ils ne savent pas que des rebelles squattent les salles de classe pendant que les enseignants se débrouillent comme ils peuvent. Ils ne savent pas que l’avenir de toute une génération est en train de partir en fumée dans l’indifférence générale.
Heureusement que Corbeau News Centrafrique est là. Dans tous les coins du pays. Dans toutes les provinces oubliées. Dans toutes les villes où personne d’autre ne va. CNC vous raconte ce que les autres médias ignorent. CNC vous montre la réalité que le gouvernement veut cacher. CNC donne la parole à ceux que personne n’écoute.
Le gouvernement sait très bien que ce que nous révélons ici est vrai. Ils savent que les rebelles occupent l’école de Sam-Ouandja. Ils savent que plus de mille élèves sont entassés dans des conditions impossibles. Ils savent que la situation est catastrophique. Mais ils ne feront rien. Parce qu’ils s’en fichent. Parce que Sam-Ouandja est trop loin. Parce que ces enfants ne votent pas. Parce que ces parents n’ont aucun pouvoir.
Alors les rebelles continueront à dormir confortablement dans les salles de classe. Les enfants continueront à s’entasser à 150 par classe. Les enseignants continueront à faire semblant d’enseigner dans des conditions inhumaines. Et à Bangui, dans les bureaux climatisés, on continuera à parler de “priorité à la jeunesse” en sirotant du café.
La coupe est pleine à Zémio. Pendant des mois, la population a enduré l’enfer sous la botte de soldats des Forces Armées Centrafricaines qui ont transformé la ville et les villages environnants en terrain de chasse.
Incendies de maisons. Arrestations. Racket. Vols. Assassinats. La liste des exactions est longue, insupportable, révoltante. Et ce mercredi 19 octobre 2025, alors que 19 de ces soldats viennent de fuir vers Bangui, la population de Zémio lance un cri de détresse et de colère : elle exige leur arrestation immédiate dès leur arrivée dans la capitale et leur mise en examen pour tous les crimes qu’ils ont commis. Parmi ces déserteurs figure le commandant Makasi et ses éléments, ceux-là mêmes qui ont incendié les villages de Koumboli, Kamanda et Kitessa en juin dernier. Mais l’incendie n’est que la partie visible de l’iceberg. Derrière ces flammes qui ont détruit des maisons, il y a des mois de terreur, de brutalité, de crimes impunis. Des civils arrêtés sans raison et jetés en prison. Des commerçants rackettés à chaque coin de rue. Des familles dépouillées de leurs biens. Et même des morts. Des gens assassinés par ceux qui étaient censés les protéger. Voilà ce que la population de Zémio a subi. Et voilà pourquoi elle refuse que ces criminels en uniforme s’échappent une fois de plus sans être jugés.
Le mercredi 19 octobre dans la matinée, lors de la relève des policiers et gendarmes, 19 soldats des FACA ont profité du moment de confusion pour déserter. Ils ont abandonné leur poste sans autorisation et ont embarqué dans un vol commercial de la compagnie VIA AIR pour Bangui. Ce n’est pas la première fois que des soldats désertent à Zémio. En mai déjà, plusieurs militaires avaient quitté leurs postes de la même manière. La désertion est devenue presque une routine. Mais cette fois-ci, la population refuse de laisser passer. Parce que ces 19 soldats ne sont pas de simples déserteurs. Ce sont des criminels.
Pendant des mois, ces hommes en uniforme ont semé la terreur. En juin dernier, ils ont incendié des dizaines de maisons dans les villages de Koumboli, Kamanda et Kitessa. Des familles entières se sont retrouvées sans toit, sans abri, à la merci des intempéries. Mais l’incendie n’était que le début. Parce qu’avant et après ces flammes, il y a eu bien pire.
Les arrestations arbitraires sont devenues quotidiennes. Ces soldats arrêtaient n’importe qui, n’importe quand, pour n’importe quelle raison. Parfois pour aucune raison du tout. Un regard qui ne leur plaisait pas. Un mot mal interprété. Un refus de payer. Et hop, on t’embarque. On te jette en prison. Sans mandat. Sans procédure. Sans avocat. Et là, il faut payer pour sortir. Il faut supplier. Il faut négocier avec des criminels qui portent l’uniforme de la République.
Le racket était devenu un reflexe. À chaque barrière, à chaque coin de rue, il fallait payer. Les transporteurs payaient pour circuler. Les simples citoyens payaient pour passer, par exemple entre la RDC et la RCA, pourtant ce sont des centrafricains qui reviennent chez eux. Ceux qui refusaient se faisaient arrêter. Ou tabasser. Ou pire. L’économie locale s’est effondrée sous la pression de ce racket permanent. Les gens n’osaient plus travailler. Les marchés se vidaient. La vie devenait impossible.
Les vols étaient quotidiens. Ces soldats entraient dans les maisons, prenaient ce qu’ils voulaient. Nourriture, argent, téléphones, motos. Tout y passait. Si quelqu’un protestait, il se faisait frapper. Ou arrêter. Ou pire. Les familles vivaient dans la peur permanente. Elles ne savaient jamais quand ces hommes armés allaient débarquer pour tout prendre.
Et puis il y a eu les assassinats. Oui, des morts. Des gens tués par ces soldats. Des civils innocents dont la seule faute était d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Ou d’avoir osé résister. Ou d’avoir refusé de payer. Les familles pleurent encore leurs morts. Mais personne n’a jamais été inquiété. Personne n’a jamais été jugé. Les tueurs continuaient à patrouiller tranquillement dans les rues de Zémio, en uniforme, armés, payés par l’État.
La population a signalé ces crimes aux autorités locales. Elle a alerté les responsables militaires. Elle a demandé que justice soit faite. Mais rien ne s’est passé. Les autorités locales n’ont rien fait. L’État-major des FACA n’a pas réagi. Le ministère de la Défense n’a pas enquêté. Et ces soldats criminels sont restés tranquillement à leur poste. Pendant des mois. Terrorisant la population. Commettant crime après crime. En toute impunité.
Aujourd’hui, 19 de ces soldats viennent de fuir vers Bangui. Parmi eux, le commandant Makasi et ses éléments. Ils ont compris qu’avec la relève, ils risquaient enfin d’être jugés. Alors ils ont choisi la désertion. La fuite. Ils ont embarqué dans un avion commercial. Et ils emmènent même un détenu avec eux, un homme qu’ils avaient arrêté arbitrairement à Zémio et qu’ils kidnappent maintenant vers Bangui.
La population de Zémio refuse que ces criminels s’échappent une fois de plus. Elle lance une alerte urgente au gouvernement centrafricain, à l’État-major des FACA, au ministère de la Défense nationale, à l’opinion publique nationale et internationale. Elle exige que ces 19 soldats soient arrêtés dès leur descente d’avion à Bangui. Elle exige qu’ils soient mis aux arrêts. Elle exige qu’une enquête soit ouverte sur tous les crimes qu’ils ont commis à Zémio : les incendies de maisons, les arrestations arbitraires, le racket systématique, les vols, les assassinats.
Mauritanie : plus de 1000 réfugiés expulsés vers le Mali et le Sénégal, dont 7 Centrafricains. Le HCR reste muet face aux violations
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/les-refugies-maliens-senegalais-centrafricain-togolais-beninois-refoules-de-la-mauritanie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les réfugiés maliens, sénégalais, centrafricain, togolais, béninois, refoulés de la Mauritanie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La situation des réfugiés et des demandeurs d’asile se dégrade dangereusement en Mauritanie. Les réfugiés urbains centrafricains résidant à Nouakchott sont particulièrement visés. Abandonnés par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), ils sont maintenant traqués, arrêtés et expulsés par la police mauritanienne vers les frontières du Mali et du Sénégal.
Selon des informations de notre correspondant depuis Nouakchott, plus de 1000 réfugiés ont déjà été refoulés aux frontières. Parmi eux, au moins 7 réfugiés centrafricains. Ces personnes possédaient pourtant des cartes de réfugiés délivrées par le HCR. Mais à la frontière, la police mauritanienne leur a retiré leurs cartes et les a abandonnés sans aucun document.
Ces réfugiés centrafricains se retrouvent maintenant au Mali ou au Sénégal sans papiers, sans statut, sans protection. Ils ne peuvent ni retourner en Mauritanie où ils résidaient, ni rentrer en Centrafrique où leur vie est en danger, ni rester légalement dans les pays où ils ont été déposés.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/les-refugies-refoules-de-la-mauritanie-a-la-frontiere-du-mali-et-du-senegal.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les refugiés refoulés de la Mauritanie à la frontière du Mali et du Sénégal
Rappelons que la Mauritanie a adopté un décret sous la pression de l’Union européenne pour lutter contre la migration clandestine. L’Union européenne paie les pays d’Afrique de l’Ouest pour qu’ils empêchent les migrants de traverser vers l’Europe. La Mauritanie, comme d’autres pays de la région, reçoit de l’argent européen pour arrêter et expulser les migrants.
Mais ce que fait la Mauritanie dépasse largement la lutte contre la migration clandestine. Le pays expulse maintenant des réfugiés reconnus par le HCR. Des personnes qui ont fui la guerre et les persécutions. Des personnes qui ont un statut légal de réfugié. Des personnes qui sont protégées par le droit international.
La Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés interdit formellement le refoulement. Un État ne peut pas expulser un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté seraient menacées. La Mauritanie a signé cette convention. Elle est censée la respecter.
Mais visiblement, la Mauritanie viole ouvertement le droit international. Elle arrête des réfugiés reconnus par le HCR. Elle leur retire leurs cartes de protection. Et elle les abandonne aux frontières sans aucun document.
Ce qui est encore plus choquant, c’est le silence du HCR. Cette institution des Nations Unies est censée protéger les réfugiés. C’est sa mission principale. Le HCR est présent en Mauritanie. Il a un bureau à Nouakchott. Il délivre des cartes de réfugiés aux personnes qui en ont besoin.
Mais quand ces mêmes réfugiés sont arrêtés, maltraités et expulsés par les autorités mauritaniennes, le HCR ne dit rien. Il ne proteste pas. Il ne dénonce pas ces violations du droit international. Il reste muet.
Comment le HCR peut-il accepter que des réfugiés qu’il a lui-même enregistrés et protégés soient expulsés de cette manière ? Comment peut-il laisser la police mauritanienne retirer les cartes de protection qu’il a délivrées ? Comment peut-il abandonner ces réfugiés sans réagir ?
Les réfugiés centrafricains à Nouakchott vivent dans la peur permanente. Ils ont fui la violence en Centrafrique. Ils ont fui les massacres, les pillages, l’insécurité. Ils pensaient trouver la sécurité en Mauritanie. Ils ont fait les démarches pour être reconnus comme réfugiés. Ils ont obtenu leurs cartes du HCR.
Mais maintenant, ils sont traqués par la police mauritanienne. Ils ne peuvent plus sortir de chez eux sans risquer d’être arrêtés. Ils ne peuvent plus chercher du travail. Ils vivent cachés, dans la peur constante d’être arrêtés et expulsés.
Beaucoup ont déjà été expulsés. Plus de 1000 personnes selon les informations recueillies. Certains ont été déposés à la frontière malienne, dans un pays qui traverse lui-même une grave crise sécuritaire. D’autres ont été déposés à la frontière sénégalaise, sans papiers, sans argent, sans aucun moyen de subsistance.
L’Union européenne porte une lourde responsabilité dans cette situation. C’est elle qui pousse les pays africains à durcir leurs politiques migratoires. C’est elle qui paie ces pays pour qu’ils arrêtent et expulsent les migrants. C’est elle qui ferme les yeux sur les violations des droits humains commises au nom de la lutte contre la migration.
L’Europe veut empêcher les Africains d’arriver sur son territoire. Alors elle externalise le contrôle de ses frontières. Elle paie des pays comme la Mauritanie pour faire le sale boulot à sa place. Et elle ne se préoccupe pas de savoir ce qui arrive aux réfugiés et aux migrants arrêtés par ces pays.
Mais la Mauritanie ne peut pas justifier ses violations du droit international par la pression européenne. Un État souverain est responsable de ses actes. La Mauritanie a signé la Convention de Genève. Elle doit la respecter. Elle ne peut pas expulser des réfugiés reconnus par le HCR, quelle que soit la pression extérieure.
Le HCR doit sortir de son silence. L’institution doit publiquement dénoncer ces expulsions. Elle doit exiger que les autorités mauritaniennes respectent le droit international. Elle doit demander que les réfugiés expulsés soient rapatriés en Mauritanie et que leur statut de réfugié soit respecté.
Les organisations de défense des droits humains doivent également intervenir. Amnesty International, Human Rights Watch, et toutes les organisations qui défendent les droits des réfugiés doivent documenter ces violations et faire pression sur la Mauritanie pour qu’elle arrête ces expulsions.
Les États membres des Nations Unies doivent rappeler à la Mauritanie ses obligations internationales. Un État ne peut pas signer des conventions internationales et ensuite les violer impunément.
Santé mentale en RCA : comment lutter contre la dépression quand Wagner terrorise la population et plante des mines ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Dans-la-prison-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dans une cellule de la prison à Bangui, capitale de la Centrafrique
Le mois d’octobre est désormais consacré à la santé mentale en République centrafricaine. À l’occasion de la Journée mondiale du 10 octobre, des actions de sensibilisation et de suivi psychologique sont organisées à Bangui. Au sein de la Cour pénale spéciale (CPS), la psychologue clinicienne Flora Samba décrit un travail quotidien au cœur de la souffrance humaine.
Pour Mme Samba, la santé mentale n’est pas une option, mais un droit essentiel. « Sans santé mentale, il n’y a pas de santé », explique-t-elle. Être en équilibre psychologique, émotionnel et cognitif permet à chacun de faire face aux défis de la vie. Dans un pays marqué par des années de conflit, cette stabilité est souvent compromise.
Depuis la création de la CPS, de nombreuses victimes présentent des troubles de stress post-traumatique liés aux violences subies durant la crise. « Si une personne traumatisée n’est pas prise en charge dans le premier mois, les symptômes s’installent durablement », précise la psychologue.
À ces troubles s’ajoutent des cas de dépression, d’anxiété, de psychose et des maladies mentales aggravées par la détention ou l’isolement. Certaines victimes déjà fragiles avant la crise ont vu leur état empirer après avoir subi de nouveaux traumatismes physiques ou sexuels.
Seule psychologue en poste à la CPS, Flora Samba reçoit quotidiennement des victimes et des témoins. Elle procède à des entretiens, évalue l’état psychologique et oriente les cas graves vers des structures adaptées.
Les consultations durent en moyenne une heure, parfois plus selon la gravité du traumatisme. Pour les personnes peu à l’aise avec la parole, elle recourt à d’autres méthodes : dessins, activités ludiques ou symboliques permettant d’exprimer la douleur autrement.
Elle souligne le manque de moyens humains : « Une seule personne pour des milliers de victimes, c’est difficile. Il faut renforcer les équipes avec plus d’agents psychosociaux ». Malgré cela, chaque personne capable d’être suivie reçoit un accompagnement, mais la question du suivi à long terme reste un défi majeur.
Le travail de la psychologue ne se limite pas aux victimes. Certains détenus, auteurs de crimes graves, bénéficient également d’un accompagnement psychologique.
« Les bourreaux, comme les victimes, restent des êtres humains. Certains ont commis des actes atroces sans mesurer leur gravité. D’autres vivent dans le déni, sans remords », confie Mme Samba.
Lorsqu’un détenu exprime des regrets sincères, elle parle de progrès. Mais pour les cas de psychopathie ou d’agressions sexuelles répétées, le suivi peut durer des années et nécessite une injonction thérapeutique avant toute libération pour éviter la récidive.
Flora Samba plaide pour la présence de psychologues dans toutes les juridictions du pays. « Chaque tribunal devrait disposer d’un expert capable d’accompagner les victimes, les témoins et même les accusés », insiste-t-elle.
Elle appelle aussi à la formation de nouveaux spécialistes, notamment en psychologie criminologique, un domaine encore rare en Centrafrique. Les psychologues ont eux-mêmes besoin de superviseurs pour décompresser et faire face à la charge émotionnelle de leur travail.
Malgré le manque de moyens, Flora Samba poursuit sa mission avec détermination. Elle sensibilise aussi les magistrats et le personnel de la Cour à l’importance de la santé mentale. Des séances d’écoute et de partage sont organisées pour prévenir le stress professionnel.
« Le personnel de la CPS est souvent confronté à des récits de violence extrême. Il faut leur donner des outils psychologiques pour tenir », souligne-t-elle.
Mais quelle santé mentale quand Wagner terrorise la population ?
Tout ce travail de la psychologue Flora Samba est louable. Mais parlons franchement. Comment peut-on parler de santé mentale en Centrafrique quand d’un côté on organise des journées de sensibilisation contre la dépression et de l’autre côté, les mercenaires russes de Wagner terrorisent la population et créent des problèmes psychologiques massifs ?
Les mercenaires arrivent quelque part et tirent des armes de manière intensive. Ils plantent des mines terrestres qui tuent des civils. Ils égorgent des gens et publient les photos sur Internet pour traumatiser les autres. Ils coupent les réseaux téléphoniques pendant trois semaines. Ils arrêtent des gens au hasard. Ils violent des femmes. Ils massacrent des villages entiers.
Comment voulez-vous que la population garde sa santé mentale dans ces conditions ? Comment voulez-vous que les gens ne soient pas déprimés, anxieux, traumatisés quand ils vivent dans la peur permanente d’être tués par Wagner ?
Une psychologue seule à la CPS qui reçoit quelques dizaines de victimes par semaine, c’est bien. Mais pendant ce temps, Wagner crée des milliers de nouveaux traumatisés chaque jour.
C’est quelle contradiction ? On dit qu’on lutte pour la santé mentale, mais on laisse Wagner terroriser la population. On dit qu’on veut aider les victimes de traumatismes, mais on invite des mercenaires qui créent de nouveaux traumatismes.
Si le gouvernement centrafricain voulait vraiment protéger la santé mentale de sa population, il commencerait par chasser Wagner. Il commencerait par arrêter les violences. Il commencerait par créer les conditions de sécurité et de paix qui permettent aux gens de vivre normalement.
Mais non. Le régime Touadéra organise des journées de sensibilisation sur la santé mentale pendant que ses mercenaires russes détruisent la santé mentale de milliers de Centrafricains.
Si on est vraiment incapable de protéger la population contre Wagner, alors franchement, il n’y a rien à faire. Organiser des journées de sensibilisation sur la santé mentale dans ces conditions, c’est du pur cynisme.
Listes électorales : l’ex-détenu Balalou s’enlise dans le mensonge et l’improvisation
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Maxime-Balalou-.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’ex-détenu Maxime Balalou, ministtre de la communication, porte-parole du gouvernement
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Interpellé sur les retards dans l’affichage des listes électorales définitives, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a livré une réponse confuse et pathétique. Au lieu d’assumer une violation claire du Code électoral, il a tenté de se défausser en évoquant un affichage « en ligne » qu’il dit avoir consulté lui-même, tout en admettant que l’affichage physique n’a peut-être pas eu lieu.
Cette contradiction suffit à démontrer le désordre et l’amateurisme du processus. L’article 19 du Code électoral est clair : les listes doivent être affichées publiquement. Les citoyens, souvent sans internet et sans moyens numériques, n’ont pas à se contenter d’un site web inaccessible à la majorité. L’obligation légale est l’affichage papier. Or, ce retard est une violation de la loi.
Balalou, incapable de donner une réponse précise, s’est réfugié derrière une promesse grotesque : « je vais prendre l’attache avec l’ANE, je reviendrai la semaine prochaine pour vous rassasier ». Comment un porte-parole du gouvernement peut-il avouer en direct qu’il ne sait rien et qu’il faudra attendre encore, alors que les délais sont déjà dépassés ? Cette improvisation permanente confirme l’incapacité du régime à organiser des Élections transparentes.
Dans un exercice de diversion, Balalou s’est « réjoui » que le BRDC s’intéresse au processus électoral, comme si la contestation politique était un simple jeu. Au lieu de répondre sur le fond – le non-respect de la loi – il a lancé un appel maladroit à la participation, transformant un manquement grave en prétexte pour moraliser l’opposition.
Le problème est simple : à trois mois des Élections, le gouvernement n’est pas capable de respecter les délais légaux pour un acte aussi fondamental que l’affichage des listes. Si les listes ne sont pas visibles partout dans le pays, comment garantir la transparence du scrutin ? Comment les électeurs peuvent-ils vérifier leur inscription ?
La vérité, c’est que Balalou joue un rôle d’écran de fumée. Ses réponses confuses masquent une réalité : l’ANE et le gouvernement manipulent le calendrier électoral et piétinent les règles. Derrière chaque promesse vague se cache une stratégie claire : retarder, brouiller, et préparer une parodie électorale.
En répétant que « les listes existent sur le site », Balalou oublie que la Centrafrique n’est pas un pays virtuel. Les électeurs attendent un affichage réel, pas des mots creux. À force de justifier l’injustifiable, l’ex-détenu Balalou illustre la faillite totale d’un régime qui confond communication et gouvernance, et qui prépare les conditions d’un scrutin contesté dès le premier jour.
Centrafrique : après 10 ans au pouvoir, Touadéra et son équipe continuent d’apprendre à gouverner. Nous sommes dans quel pays mon Dieu ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-priere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-priere-408×450.jpg” alt=”Centrafrique : après 10 ans au pouvoir, Touadéra et son équipe continuent d’apprendre à gouverner. Nous sommes dans quel pays mon Dieu ?” width=”408″ height=”450″ />Faustin Archange Touadera, diacre de son Église Baptiste Ngoubagara lors de sa prière à Dieu
Une décennie au sommet de l’État centrafricain n’aura pas suffi à Faustin-Archange Touadéra et son équipe gouvernementale pour apprendre leur métier. Le décret n°25.321 du 22 août 2025 le prouve une fois de plus : après dix années d’exercice présidentiel, ce gouvernement navigue encore à vue comme des débutants qui découvrent l’administration.
Depuis son accession au pouvoir en 2016, Faustin-Archange Touadéra dirige la République Centrafricaine avec la maladresse d’un novice. Cette inexpérience, qui aurait dû s’estomper avec le temps, s’est au contraire installée comme un mode de gouvernance permanent. Dix années plus tard, cette impression d’amateurisme persiste, transformant chaque décision gouvernementale en exercice de découverte des réalités administratives.
L’Autorité Nationale des Élections, sous ce mandat, représente le parfait exemple de cette gouvernance d’apprentis. Conçue pour moderniser le processus électoral, cette institution accumule les dysfonctionnements avec une régularité déconcertante. Incapable d’établir des listes électorales dans les délais légaux, l’ANE fonctionne comme un service dirigé par des stagiaires qui découvrent leurs attributions au fur et à mesure. Cette situation montre une caractéristique du système Touadéra : l’absence totale de maîtrise des processus administratifs de base.
Après dix ans au pouvoir, ce gouvernement continue de traiter chaque échéance comme une première expérience, reproduisant les erreurs qu’un exécutif expérimenté aurait depuis longtemps corrigées. Le plus impressionnant dans cette décennie Touadéra réside dans l’absence totale d’évolution. Les mêmes erreurs se répètent avec une constance déconcertante, comme si l’expérience accumulée ne servait à rien. Chaque nouvelle crise administrative est gérée avec la même improvisation que la première.
L’ANE, après plusieurs années d’existence, continue de fonctionner avec les tâtonnements d’un service nouvellement créé. Ses responsables semblent découvrir leurs missions à chaque échéance, reproduisant invariablement les mêmes dysfonctionnements sans jamais tirer les leçons du passé. Cette incapacité à progresser transforme l’administration centrafricaine en terrain d’entraînement permanent pour des dirigeants qui n’arrivent jamais à maîtriser leur métier.
Cette mentalité d’apprentissage perpétuel se traduit concrètement par une méthode de gouvernance particulière. La méthode Touadéra consiste à adapter constamment les règles aux échecs de son administration. Plutôt que de corriger les dysfonctionnements, ce gouvernement d’éternels apprentis préfère modifier les lois pour légaliser son incompétence. Depuis 2016, le Code Electoral centrafricain ressemble à un puzzle en perpétuelle reconstruction.
Chaque nouvelle échéance montre de nouvelles défaillances administratives, aussitôt suivies de modifications législatives censées les corriger. Cette approche transforme la législation électorale en laboratoire d’expérimentation pour des dirigeants qui découvrent les enjeux au fil du temps. Le projet de dérogation actuellement soumis à l’Assemblée s’inscrit parfaitement dans cette logique d’apprentissage permanent : face à l’incapacité de l’ANE à respecter ses obligations légales, le gouvernement choisit de changer la loi plutôt que d’exiger des résultats de ses institutions.
Cette décennie a également démontré une autre constante troublante dans la gestion Touadéra. L’improvisation s’est progressivement érigée en principe de gouvernance, créant un climat d’imprévisibilité permanent. L’incapacité du gouvernement Touadéra à anticiper les conséquences de ses décisions frappe par sa persistance. Chaque mesure est prise sans analyse préalable de sa faisabilité, créant un cycle infernal de corrections et de dérogations.
Le projet sur la déclaration obligatoire des décès périnataux le montre parfaitement. Dans un pays où 90% de la population vit en zones rurales sans accès aux structures sanitaires, imposer une déclaration hospitalière obligatoire révèle une méconnaissance totale des réalités centrafricaines. Après dix ans au pouvoir, Touadéra et son équipe continuent de gouverner comme s’ils découvraient leur pays, proposant des mesures inapplicables avec l’enthousiasme naïf de novices en politique publique.
Au-delà de ces dysfonctionnements ponctuels, c’est l’ensemble de l’équipe gouvernementale qui fonctionne selon cette logique d’apprentissage permanent. L’équipe gouvernementale de Touadéra fonctionne comme un groupe de stagiaires en formation continue. Chaque membre du gouvernement semble découvrir quotidiennement les enjeux de son secteur, multipliant les décisions contradictoires et les revirements de dernière minute.
Cette approche d’apprentissage permanent explique l’absence totale de cohérence dans l’action gouvernementale. Sans maîtrise des mécanismes administratifs, sans compréhension des enjeux sectoriels, ce cabinet fonctionne en mode réactif permanent, gérant les crises au coup par coup sans jamais développer de vision d’ensemble. Les ministres changent régulièrement, mais les méthodes demeurent identiques : improvisation, tâtonnement, correction permanente des erreurs précédentes.
Cette rotation perpétuelle empêche toute capitalisation de l’expérience et maintient l’administration dans un état d’apprentissage permanent. Une caractéristique révélatrice de cette mentalité de stagiaires mérite d’être soulignée : l’incapacité à prendre des décisions fermes. Tout peut être modifié, dérogé, adapté selon les circonstances. Cette flexibilité permanente révèle en réalité l’absence de convictions fermes sur les orientations à donner au pays.
Le recours systématique aux dérogations et modifications révèle un gouvernement qui n’ose jamais assumer pleinement ses choix. Comme des étudiants peu sûrs de leurs réponses, Touadéra et son équipe préfèrent garder toutes les options ouvertes plutôt que de s’engager sur une ligne claire.
Ces dysfonctionnements au sommet de l’État ne restent pas sans conséquences sur l’ensemble de l’appareil administratif. Cette gouvernance d’apprentis permanents déstabilise profondément l’administration centrafricaine. Les fonctionnaires, face à des directives changeantes et des objectifs flous, perdent progressivement leurs repères professionnels.
L’Autorité Nationale des Elections cristallise tous les dysfonctionnements de cette approche. Créée sans vision claire de ses missions, dotée de moyens inadéquats, dirigée par des responsables en apprentissage permanent, cette institution reproduit fidèlement les méthodes de ses créateurs : improvisation, retard chronique, incapacité à respecter les calendriers. Les agents de l’ANE, comme l’ensemble de la fonction publique centrafricaine, évoluent dans un environnement d’incertitude permanent où les règles changent constamment selon les besoins du moment.
Cette instabilité a naturellement des répercussions sur le moral des agents publics. Cette gestion d’amateurs a des conséquences dramatiques sur le moral des agents publics. Comment maintenir sa motivation professionnelle quand les directives changent constamment, quand les objectifs sont flous, quand les moyens ne correspondent jamais aux ambitions affichées ? Dix ans de cette gouvernance ont transformé l’administration centrafricaine en une structure apathique, incapable d’initiative, dépendante des improvisations gouvernementales.
Cette situation arrange paradoxalement un pouvoir qui préfère des institutions faibles, incapables de le contraindre ou de le contredire. L’impact de cette gouvernance d’apprentis dépasse largement le cadre administratif pour affecter l’ensemble du développement national. Cette gouvernance d’éternels apprentis maintient la République Centrafricaine dans un état de développement suspendu.
Impossible d’avancer quand les dirigeants passent leur temps à apprendre leur métier plutôt qu’à l’exercer efficacement. Chaque secteur accumule les projets de réforme inachevés, les chantiers abandonnés, les initiatives mort-nées. Cette instabilité programmatique décourage les investisseurs, désoriente les partenaires internationaux et maintient le pays dans un état de transition permanente. L’absence de cap clair, conséquence directe de cette mentalité d’apprentis, prive la République Centrafricaine de toute dynamique de développement cohérente.
Parallèlement à cette stagnation économique, la confiance des citoyens dans les institutions s’érode progressivement. Cette incompétence chronique érode progressivement la confiance des citoyens dans les institutions républicaines. Comment croire en un système dirigé par des responsables qui donnent constamment l’impression de découvrir leur métier ?
Le plus grave réside dans l’accoutumance progressive à cette médiocrité. Dix ans de gouvernance d’amateurs risquent de normaliser l’incompétence comme standard acceptable de gestion publique, hypothéquant durablement l’avenir démocratique du pays. Face à ce constat, une question légitime se pose naturellement. La question légitime que se posent les Centrafricains après cette décennie : quand Touadéra et son équipe finiront-ils leur apprentissage du pouvoir ? Quand passeront-ils du stade de la découverte à celui de la maîtrise ?
Les signaux actuels ne sont guère encourageants. Le décret n°25.321 révèle les mêmes méthodes, les mêmes tâtonnements, la même impression de dirigeants découvrant leurs responsabilités au fur et à mesure. Dix ans au pouvoir créent l’illusion de l’expérience sans en apporter la substance. Touadéra et son équipe cumulent les années de mandat sans jamais acquérir la maîtrise attendue de leurs fonctions. Cette situation inédite transforme la présidence centrafricaine en stage permanent non validé.
Le décret n°25.321 du 22 août 2025 symbolise parfaitement cette réalité déconcertante : après dix années au sommet de l’État, Faustin-Archange Touadéra et son équipe gouvernent encore comme des stagiaires en formation. Cette situation, unique dans l’histoire politique centrafricaine, prive le pays d’une gouvernance efficace au moment où il en aurait le plus besoin. Entre tâtonnements permanents, bricolages institutionnels et apprentissage sans fin, cette décennie restera comme celle d’une formation présidentielle jamais achevée.
Elie Oueifio : De l’éducation ancestrale à la modernité pour forger une nouvelle génération centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les élèves de la classe de CM2 entrain de faire cours de français dans l’arrondissement de Belou dans la commune de Mbata. Photo aCNC
Elie Oueifio veut réconcilier traditions éducatives et modernité pour préparer une jeunesse centrafricaine capable d’autonomie.
Dans son ouvrage Entre un programme de développement qui procure la paix et assure la stabilité et un projet humanitaire qui favorise l’oisiveté, instaure et entretient les crises publié en juillet 2025, Elie Oueifio développe une vision éducative pour la République centrafricaine. Coordonnateur du CEJACC, instituteur de formation, conseiller pédagogique, administrateur civil adjoint, ancien ministre et ancien ambassadeur, il fait de l’éducation le pilier de la reconstruction nationale.
Sa proposition s’appuie sur l’alliance entre sagesse ancestrale et outils contemporains. L’auteur rappelle comment l’éducation traditionnelle façonnait des citoyens intègres grâce à des valeurs comme le travail et le respect mutuel. Il cite le proverbe biblique « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre » pour expliquer comment cette pédagogie a permis à la RCA, entre 1966 et 1974, de connaître une période de prospérité qui lui valait le surnom de « Suisse africaine ».
Cette éducation d’autrefois cultivait un patriotisme authentique qui distinguait clairement l’intérêt général des ambitions personnelles. Oueifio regrette la disparition progressive de ces valeurs, remplacées par une mentalité d’assistanat qui paralyse l’initiative individuelle.
L’auteur critique notamment la distribution des produits du Programme alimentaire mondial (PAM), qui décourage selon lui les jeunes de s’investir dans l’agriculture et les maintient dans l’attente passive. Il préconise une éducation pratique qui enseigne l’exploitation des ressources naturelles : agriculture, minerais, en s’inspirant du dicton chinois « Apprends à pêcher plutôt que de donner du poisson ». Cette approche vise à redonner aux jeunes l’envie d’entreprendre et de créer.
Pour Oueifio, une éducation modernisée doit intégrer des valeurs civiques solides pour combattre la corruption et renforcer l’unité nationale. Dans son texte de juillet 2025, il défend l’idée de programmes scolaires qui forment des citoyens responsables, capables de relancer le développement du pays. Il évoque l’opération Bokassa comme un exemple historique où l’éducation motivait la jeunesse.
L’auteur accorde une importance particulière au rôle des églises dans l’enseignement du pardon et des médias, soutenus par l’État, pour sensibiliser la population. Cette orientation rejoint les recommandations du président Touadéra en mars 2023. Une telle éducation, estime Oueifio, permettra de former une génération qui rompra avec la dépendance extérieure….
Comme Mandela, Mboli-Goumba refuse d’abandonner la Constitution de 2016 et durcie son combat contre la dictature
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/maitre-creprin-mboli-goumba.jpg” data-wpel-link=”internal”>Crépin Mboli-Goumba, lors du point de presse du BRDC à Bangui” width=”397″ height=”450″ />Maître Crépin Mboli-Goumba, lors du point de presse du BRDC à Bangui. Photo CNC
Un avocat centrafricain défend sa lutte constitutionnelle en évoquant l’icône sud-africaine Nelson Mandela.
Dans une déclaration à la radio Ndékè Luka, Maître Crépin Mboli-Goumba, Coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution, a établi un parallèle entre son engagement politique et le parcours de Nelson Mandela. Cette comparaison intervient alors que son organisation maintient son opposition ferme et dure contre à la Constitution de 2023, adoptée après le référendum de juillet de cette année-là.
L’avocat centrafricain puise dans l’histoire sud-africaine pour justifier la persistance de son combat. Il rappelle que Nelson Mandela a passé vingt-sept années en prison pour ses convictions, période durant laquelle beaucoup considéraient sa cause comme perdue. Cette référence historique sert d’argument à Mboli-Goumba pour légitimer la continuité de son action politique, malgré l’adoption officielle du nouveau texte constitutionnel.
Le leader du BRDC maintient sa position ferme contre la Constitution de 2023. Il conteste la légitimité du processus qui a mené à son adoption, qualifiant le texte de produit d’un “coup de force”. Cette constitution crée selon lui deux catégories de citoyens, une disposition qu’il juge dangereuse pour l’unité nationale. Son organisation continue de défendre la Constitution de 2016, comme l’indique d’ailleurs l’intitulé même du mouvement.
Face aux interrogations sur l’utilité de cette résistance institutionnelle, Mboli-Goumba affirme que sa lutte transcende les considérations temporelles. Il évoque le soutien de compatriotes qui “voient leur pays leur échapper” et présente son combat comme une responsabilité envers ces citoyens. L’avocat soutient que les valeurs qu’il défend dépassent les contingences politiques du moment.
Cette stratégie de communication révèle une tentative de légitimation historique d’un combat politique contemporain. En invoquant la figure de Nelson Mandela, Mboli-Goumba cherche à inscrire son action dans une tradition de résistance légitime face à ce qu’il perçoit comme une injustice institutionnelle, tout en mobilisant ses partisans autour d’un idéal de justice constitutionnelle.
Germain Nadjibe, Président de la « Conquête inclusive du bonheur » et son institut anti-corruption : Encore une usine à gaz de plus pour le pays…?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/germain-nadjibe-president-du-mouvement-politique-conquete-inclusive-du-bonheur.jpg” data-wpel-link=”internal”>Germain Nadjibe, président du mouvement politique « Conquête inclusive du bonheur ».
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Centrafrique.org/Centrafrique-sit-in-des-avocats-devant-le-siege-de-la-cour-constitutionnelle-maitre-nicolas-tiangaye-a-failli-etre-arrete-par-la-gendarmerie/” data-wpel-link=”internal”>CNC.
Germain Nadjibe, Président de la « Conquête inclusive du bonheur » veut créer un Institut National de Gouvernance pour lutter contre la corruption. Sa solution ? Regrouper toutes les institutions existantes sous une seule bannière. Cette approche bureaucratique interroge sur sa compréhension réelle du problème….
Germain Nadjibe reconnaît lui-même que les institutions actuelles comme l’Inspection Générale d’État ou celles chargées de lutter contre la male gouvernance existent déjà. Il admet qu’elles « ne donnent pas les résultats escomptés par le peuple ». Alors pourquoi créer une énième structure plutôt que de réformer celles qui existent ? Cette logique échappe à la raison….
L’homme promet des « stratégies bien définies » et des « personnes outils qui sont bien outillées ». Ces formulations creuses ne disent rien de concret. Quelles stratégies exactement ? Quels outils ? Quels moyens financiers ? Quels pouvoirs juridiques nouveaux ? Le flou artistique règne une fois de plus dans ses propositions….
Cette manie de créer de nouvelles institutions montre une vision superficielle des problèmes de gouvernance. La corruption ne disparaîtra pas parce qu’on change l’organigramme administratif. Elle nécessite une volonté politique réelle, des moyens d’investigation conséquents, une justice indépendante et des sanctions effectives. Rien de tout cela ne transparaît dans le projet de Germain Nadjibe….
L’histoire centrafricaine regorge d’institutions créées en fanfare pour lutter contre la corruption, puis oubliées ou détournées de leur mission. Combien d’organismes anti-corruption ont vu le jour depuis l’indépendance ? Combien ont réellement fonctionné ? Cette approche institutionnelle a déjà montré ses limites….
D’autres questions surgissent naturellement. Qui dirigera cet institut ? Comment garantir son indépendance ? Quel budget lui allouer ? Quels pouvoirs d’enquête et de sanction ? Comment éviter qu’il devienne un instrument de règlement de comptes politiques ? Nadjibe reste muet sur ces aspects pourtant déterminants….
Sa proposition sent la récupération électorale. Promettre de lutter contre la corruption plaît toujours aux électeurs. Mais créer une institution supplémentaire ne constitue pas une politique anti-corruption. C’est même souvent le contraire : une façon de donner l’illusion d’agir sans rien changer au fond….
Le prétendu candidat semble ignorer que la corruption se combat d’abord par l’exemple. Quelle est sa propre expérience en matière de gestion publique ? A-t-il déjà dirigé une institution ? Géré un budget ? Rendu des comptes ? Son passé d’enseignant et de sportif ne l’a pas préparé à ces enjeux complexes….
Cette approche technocratique masque une incompréhension des ressorts profonds de la corruption. Celle-ci prospère dans un environnement de faiblesse institutionnelle, de pauvreté généralisée et d’impunité. Créer un institut de plus n’y changera rien si ces causes structurelles persistent….
Au final, la proposition de Germain Nadjibe ressemble à un gadget électoral. Elle donne l’impression de la nouveauté tout en recyclant de vieilles recettes inefficaces. Les Centrafricains ont déjà vu passer tant d’institutions promises miraculeuses qui n’ont servi qu’à créer de nouveaux postes pour les amis du pouvoir. Cette énième promesse institutionnelle ne les convaincra probablement pas….
Flash info : près du village Bouboui, un adjudant des FACA tué dans une embuscade après l’enlèvement d’éleveurs par des hommes armés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/deux-soldats-faca-en-casques-blindés-militaires-dans-leur-pickup-en-patrouille-à-Bangassou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Deux soldats FACA dans leur véhicule lors d’une patrouille. CopyrightCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un adjudant des Forces Armées Centrafricaines a été tué ce matin dans une embuscade tendue par des hommes armés près du marché à bétail de Bouboui, situé au PK 45 sur la route de Boali.
Les faits se sont déroulés entre les villages de Kouzoundoro et Malinguinza. Des hommes armés à cheval ont kidnappé plusieurs éleveurs non loin du marché à bétail de Bouboui. Les populations ont immédiatement alerté les FACA basées sur place au marché de Bouboui.
Ce matin à 6 heures, les FACA ont organisé une mission de reconnaissance pour retrouver les éleveurs kidnappés. L’opération était dirigée par un adjudant. Mais les soldats sont tombés dans une embuscade tendue par les hommes armés.
L’adjudant qui dirigeait l’opération a été criblé de balles. Il est mort sur place. Un soldat de deuxième classe a également été atteint par balle. Son état n’est pas encore connu.
Les hommes armés qui opèrent dans cette zone utilisent des chevaux pour se déplacer rapidement. Ils ciblent particulièrement les éleveurs. Les enlèvements contre rançon sont devenus fréquents sur cet axe.
Les téléphones deviennent toujours plus rapides, plus lumineux et plus intelligents. De nouveaux outils sont désormais intégrés directement dans les appareils, sans qu’il soit nécessaire de télécharger quoi que ce soit. Cette évolution vise une utilisation plus fluide, des performances renforcées. Mais aussi une interaction plus simple entre les utilisateurs et ce qu’ils touchent à l’écran.
Des applications plus fluides et un meilleur retour tactile
Une innovation majeure concerne la manière dont les téléphones réagissent au toucher. Les écrans sensibles à la pression sont capables de détecter différents niveaux d’appui. Une légère pression peut déclencher une action, tandis qu’un appui plus fort peut en activer une autre.
Cela améliore les applications nécessitant de la précision. Les applications de dessin deviennent plus faciles à contrôler, et les outils de navigation offrent une sensation plus naturelle, surtout avec les cartes qui se zooment et pivotent par simple contact.
Cela améliore aussi l’expérience des jeux de casino sur mobile, où la précision et la rapidité sont essentielles. Les machines à sous, notamment, en tirent profit. Grâce à cette technologie, les tours sont plus précis, et les animations restent nettes à chaque interaction. Par exemple, un tout nouveau casino en ligne disponible en France fait partie des plateformes offrant divers avantages. Notamment des récompenses élevées, sans conditions de mise contraignantes, une inscription simplifiée en sept étapes et des jeux à la fois originaux et réactifs
Ces jeux sont conçus pour une utilisation mobile, avec des mécaniques basées sur des tapotements rapides, des pressions longues et une saisie régulière. Cette fonctionnalité soutient la fluidité du jeu, garantit l’exactitude des résultats et donne vie aux animations sans délai.
La recharge ultra rapide sans câbles encombrants ni batteries épaisses
Des changements importants arrivent aussi côté batteries. En 2015, StoreDot a présenté une batterie capable de recharger un Samsung Galaxy S5 de 0 à 100 % en moins d’une minute. Elle repose sur des nanomatériaux initialement étudiés dans le cadre des recherches sur Alzheimer. Cette batterie se recharge très vite, même si sa durée est d’environ deux tiers de celle des batteries classiques. Ce compromis s’améliore déjà.
Samsung a investi dès le départ dans ce projet. Des discussions sont en cours pour intégrer cette technologie dans les téléphones à venir. Il sera possible de brancher son téléphone pendant quelques secondes pour bénéficier de plusieurs heures d’autonomie. Cette batterie est pensée pour les modes de vie où le temps de charge est limité. Elle permet un meilleur contrôle de l’énergie sans rendre l’appareil plus lourd ou plus volumineux. Elle rend aussi les recharges brèves plus efficaces, ce qui convient parfaitement aux déplacements fréquents et aux journées chargées.
Des touches qui s’élèvent à partir de couches liquides
Les écrans tactiles ont dominé les années 2010. Avant cela, les téléphones avaient des touches physiques. Une nouvelle technologie propose désormais une fusion des deux. L’entreprise Tactus Technology a développé un système permettant de remplir à la demande de minuscules cavités avec un liquide. Lorsqu’un clavier s’affiche à l’écran, ces cavités se soulèvent et forment de véritables touches. Lorsque le clavier disparaît, la surface redevient lisse.
Cette couche liquide transforme un écran plat en une surface réactive avec retour tactile. Les personnes qui tapent sans regarder leur téléphone ressentent immédiatement la différence. Le système fonctionne déjà dans une coque pour tablette appelée Phorm. L’intégrer directement dans les smartphones est l’étape suivante. Cela change la manière de taper, de faire défiler ou de rechercher. Ce système est particulièrement utile pour la messagerie, les moteurs de recherche et toutes les fonctions où la rapidité de saisie est cruciale.
Des appareils photo capables de reconnaître instantanément ce qu’ils voient
Les appareils photo apprennent désormais à comprendre leur environnement. En 2015, Qualcomm a présenté un prototype capable d’identifier des objets grâce à une base de données intégrée au téléphone. Ce système fonctionne sans connexion Internet. Il permet de réagir à la scène en temps réel, d’étiqueter les éléments d’une image et même de classer les photos selon leur contenu.
Le logiciel est conçu pour apprendre. Plus il est utilisé, plus il enrichit sa base de connaissances. Il est d’abord formé à reconnaître les objets de base. Ensuite, il peut apprendre à identifier des éléments personnalisés comme des produits, des lieux ou des outils. Google Photos utilise un modèle similaire. Ces caméras intelligentes facilitent la recherche d’images, l’ajout automatique de balises et les traductions instantanées. Elles simplifient aussi la création d’applications en réalité augmentée grâce à l’analyse visuelle en temps réel.
Des écrans qui s’adaptent à la lumière et rendent les couleurs naturelles
Les écrans à cristaux photoniques ne produisent pas leur propre lumière. Ils réfléchissent la lumière ambiante. Cela signifie que l’affichage change en fonction de l’éclairage environnant. Contrairement aux écrans OLED ou LCD, ils n’émettent pas de lumière depuis l’arrière.
En 2013, Samsung a présenté un appareil flexible utilisant ce type d’écran. Apple et Google ont investi lourdement dans la recherche photonique. L’objectif est de réduire les reflets, d’économiser de l’énergie et de rendre l’écran plus lisible en plein soleil. Ce type d’affichage rend aussi les couleurs plus naturelles, sans pousser la luminosité au maximum.
Une commande vocale plus rapide, plus précise et plus pertinente
Les téléphones disposent déjà d’outils vocaux, mais des mises à jour importantes arrivent. Les logiciels de reconnaissance vocale deviennent plus précis et plus utiles dans leurs réponses. Ces systèmes sont formés avec d’immenses bases de données. Cela leur permet de reconnaître les accents, les tournures de phrases et les variations de langage. Ils gèrent les rappels, les recherches, les conversations légères et les calendriers.
De nouvelles puces vont permettre des réponses plus rapides. Cela permet d’utiliser certaines fonctions sans connexion Internet. Les prochains téléphones auront une mémoire locale dédiée aux commandes vocales fréquentes. Cela élimine les délais et rend l’utilisation plus fluide. Plus le système vocal comprend bien l’utilisateur, plus il devient un outil de contrôle intuitif.
Le téléphone devient à la fois l’outil et le canal
Toutes ces avancées vont dans le même sens. Les téléphones réagissent plus vite, se rechargent plus facilement, deviennent plus agréables à utiliser et comprennent mieux la voix et le toucher. Ils ne se contentent plus d’afficher des applications. Ils interagissent avec la vue, le son, la pression et le contexte pour accomplir plusieurs actions simultanément.
Ce progrès constant montre ce que la prochaine génération de téléphones est capable d’apporter. Et explique pourquoi les entreprises technologiques continuent de créer des fonctionnalités qui s’intègrent naturellement à notre quotidien.
Face à la rude bataille du perchoir pour succéder à Sarandji, Évariste Ngamana vise la primature, Piri se bat pour survivre politiquement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Honorable-Evariste-Ngamana-designe-president-en-exercice-du-Parlement-de-la-CEMAC-lors-de-son-retour-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Honorable-Evariste-Ngamana-designe-president-en-exercice-du-Parlement-de-la-CEMAC-lors-de-son-retour-a-Bangui – Manipulation et opportunisme dans la prétendue déclaration de la population de la Ouaka en faveur de la modification de la constitution
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Face à la rude bataille du perchoir, le premier vice-président de l’assemblée nationale Évariste Ngamana lorgne également la primature.
La guerre de succession à Simplice Mathieu Sarandji au perchoir prend des allures de sauve-qui-peut général. Évariste Ngamana, député de Carnot et premier vice-président de l’Assemblée, change de braquet. Face à l’intensité de la bataille pour le perchoir, il jette également son dévolu sur un autre sommet : la primature.
Le député de cette ville située à 431 kilomètres de Bangui affiche ouvertement ses ambitions de premier ministre. Une déclaration qui fait trembler les observateurs politiques. Ngamana n’a jamais occupé de portefeuille ministériel, se contentant d’un poste de chef de cabinet. Son profil académique, titulaire d’un faux diplôme, et ses capacités d’expression en français questionnent sa légitimité pour diriger un gouvernement.
Mais sous Touadéra, tous les scénarios semblent possibles. Le président a habitué le pays à des nominations surprenantes. Évariste Ngamana mise sur cette imprévisibilité présidentielle pour accéder à la primature, abandonnant la course au perchoir qu’il juge trop incertaine.
Au même moment, Bertrand Arthur Piri, ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, vit une situation inverse. Touadéra lui a signifié la fin de son aventure gouvernementale l’année prochaine. Pour ce ministre aux ressources financières considérables, la députation à Bégoua et la présidence de l’Assemblée représentent ses seules chances de survie politique. Un pari à double détente particulièrement risqué.
Le ministre de la Communication, l’ex-détenu Maxime Balalou traverse lui aussi la même épreuve. Dix années au gouvernement touchent à leur terme. Touadéra a sifflé la fin de règne pour ce fidèle collaborateur, qui se rabat désormais sur le Parlement. Le perchoir devient son dernier refuge politique.
Pierre Somsé, ministre de la Santé depuis six ans, subit également cette rotation forcée. Sa longévité gouvernementale arrive à expiration. Comme ses collègues, il mise tout sur la députation et une éventuelle présidence de l’Assemblée.
Cette redistribution des cartes gouvernementales transforme la bataille parlementaire en course de survie politique. Les ministres sortants se bousculent vers l’Assemblée nationale, leur dernier espoir de maintenir leur influence. Touadéra orchestre ainsi un renouvellement en profondeur de son équipe, poussant ses anciens collaborateurs vers de nouveaux horizons.
La succession de Simplice Mathieu Sarandji dépasse largement le simple changement de président d’Assemblée. Elle redessine l’architecture du pouvoir pour le troisième mandat présidentiel.
Je déteste les hypocrites” : Saint-Cyr Tanza insulte celui qui le félicite de son débat sur la radio Ndèkè-Luka et provoque un fou rire national
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/07/Monsieur-Tanza-Saint-Cyr.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Saint-Cyr Tanza, candidat à la présidentielle du décembre 2025
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Saint-Cyr Tanza, le candidat présenté à la présidentielle de décembre 2025 dont toute la campagne est payée par le président Touadéra, continue de faire rire les Centrafricains. Les plateformes des réseaux sociaux explosent littéralement. Dans le pays, dans les quartiers, c’est le rire continu.
Après le débat à la radio Ndèkè-Luka où Saint-Cyr Tanza avait déclaré “J’ai le copie dans ma bureau” et confondu le Conseil constitutionnel avec un “conseil consultatif”, un coordinateur d’une organisation de la société civile centrafricaine, Monsieur Élysée Nguimalé , lui a envoyé un message sur WhatsApp.
Le message disait : “Bonjour monsieur le Président. Félicitations pour ta prestation d’hier à l’émission Patara”.
Visiblement, Nguimalé se moquait de lui. Et Tanza l’a compris. Sa réponse a été violente : “Je déteste les hypocrites. Ne m’envoies plus jamais de messages et plus jamais des appelles. Ok ?”
Nguimalé a répondu : “Monsieur le Président, je vous félicite pour votre brillant débat sur Patara de Ndeke Luka et vous me traitez d’hypocrite ? Ah désolé ! Excusez moi monsieur le Président.”
La capture d’écran de cet échange a été publiée sur les réseaux sociaux. Et depuis, c’est l’explosion. Les Centrafricains partagent, commentent, se moquent. Tanza Saint-Cyr est devenu le symbole national du ridicule.
Et ce n’est pas tout! Saint-Cyr envoie une lettre au Conseil Constitutionnel, mais truffée tellement de fautes.
La lettre que Tanza a déposée au Conseil Constitutionnel pour demander l’invalidation des candidatures de Dondra et Dologuélé a également été publiée sur les réseaux sociaux. Et elle est truffée de fautes d’orthographe et de grammaire.
Des internautes ont pris leur stylo rouge et ont corrigé la lettre comme un professeur corrige la copie d’un élève de primaire. Ils ont entouré les fautes. Ils ont ajouté des annotations. Ils ont mis des commentaires cinglants.
En bas de la lettre corrigée, quelqu’un a écrit : “Appréciation : obligation de reprendre la base (la classe de CI)”.
Un autre commentaire dit : “À l’écrit comme à l’oral, ce candidat, Saint-Cyr Tanza, doit remettre sa honte dans son slip et reprendre l’école Bâ-lâ, école des retraités, dans son école d’enfance à Koudoukou”.
Ces captures d’écran circulent massivement sur Facebook, WhatsApp, Twitter. Les Centrafricains rient. Ils se demandent : comment un homme qui écrit aussi mal peut-il prétendre devenir président de la République ?
Mais le pire n’est pas encore arrivée. Une maison de location, habite Saint-Cyr Tanza, qui fait pleurer de rire.
Les internautes ne se sont pas arrêtés là. Ils ont publié des photos de la maison où habite Saint-Cyr Tanza. Une petite hutte. Une maison de location modeste dans un quartier populaire de Bangui. Avec sa femme et ses enfants devant.
Les gens regardent ces photos et se posent des questions. Comment un homme qui vit dans une telle maison peut-il déposer 15 millions de francs CFA pour la caution de candidature à la présidentielle ? Comment un homme qui n’a même pas 10 000 ou 20 000 francs pour manger correctement peut-il payer 15 millions ?
La réponse est évidente : c’est Touadéra qui paie. Tanza n’a pas un sou. Il est financé de A à Z par le régime. On lui a donné les 15 millions pour la caution. On lui a probablement donné de l’argent pour ses frais de campagne. Et maintenant, il joue le rôle qu’on lui a demandé de jouer : attaquer Dondra et Dologuélé pour tenter de les disqualifier.
Mais pas de propriété bâtie, mais candidat à la présidentielle quand même. Un autre détail fait sourire. Selon la législation électorale centrafricaine, il fallait une propriété bâtie pour être candidat à la présidentielle. Mais Saint-Cyr Tanza n’a pas de propriété bâtie. Il vit dans une maison de location.
Comment a-t-il pu déposer sa candidature ? Mystère. Probablement que le régime a trouvé un moyen de contourner cette exigence. Ou peut-être que cette exigence a été supprimée dans le nouveau code électoral. Mais le fait est là : Tanza n’a pas de propriété bâtie, et pourtant il est candidat.
Le résultat? Touadéra humilié par son propre pion. Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que Saint-Cyr Tanza , au lieu de servir les intérêts de Touadéra, finit par l’humilier. Le président a payé un homme pour attaquer ses adversaires. Mais cet homme est tellement incompétent, tellement ridicule, qu’il fait rire tout le pays.
Au lieu de nuire à Dondra et Dologuélé, Saint-Cyr Tanza fait rire d’eux. Au lieu de renforcer la position de Touadéra, il montre à quel point le régime est désespéré et prêt à utiliser n’importe qui, même un homme sans qualification, sans moyens, sans crédibilité.
Les Centrafricains se moquent de Saint-Cyr Tanza. Mais derrière Tanza, c’est Touadéra qu’ils visent. Comment un président peut-il financer un candidat aussi ridicule ? Comment peut-il croire qu’un homme qui écrit “J’ai le copie dans ma bureau” peut être pris au sérieux ?
En fin, l’école Bâ-lâ pour Saint-Cyr Tanza. Les commentaires sur les réseaux sociaux sont impitoyables. “ Saint-Cyr Tanza doit retourner à l’école Bâ-lâ”, disent-ils. L’école Bâ-lâ, c’est l’école pour les adultes analphabètes qui veulent apprendre à lire et à écrire. C’est l’école des retraités qui n’ont jamais été à l’école dans leur jeunesse.
“Obligation de reprendre la base (la classe de CI)”, dit le correcteur de sa lettre. CI, c’est le Cours d’Initiation, la première année de l’école primaire. Autrement dit : Tanza doit tout recommencer depuis le début.
Ces commentaires sont durs. Mais ils reflètent la réalité. Saint-Cyr Tanza n’a pas le niveau pour être candidat à la présidentielle. Il n’a même pas le niveau pour être conseiller municipal. Il a peut-être le niveau pour être gardien ou manœuvre, mais certainement pas pour diriger un pays.
Saint-Cyr Tanza est devenu le symbole de la décomposition du régime Touadéra. Un régime tellement désespéré qu’il finance des candidats ridicules. Un régime tellement corrompu qu’il pense pouvoir acheter n’importe qui pour faire n’importe quoi. Un régime tellement méprisant envers le peuple qu’il croit que les Centrafricains vont gober cette comédie.
Mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Ils rient. Ils se moquent. Ils partagent les captures d’écran. Ils commentent. Et derrière les rires, il y a de la colère. De la colère contre un régime qui les prend pour des imbéciles.
L’administration centrafricaine vient de franchir un nouveau seuil de discrédit. Ses documents officiels ne sont plus reconnus par l’ambassade de France à Bangui. Actes de naissance, jugements supplétifs, certificats divers : tout est désormais suspect. Pour Paris, un papier estampillé “République Centrafricaine” n’a plus aucune valeur probante.
Les Centrafricains de la diaspora savent très bien ce qui se passe dans le pays. Les documents officiels de leur pays ne valent plus rien. Ceux qui tentent de faire venir leurs enfants en France découvrent amèrement cette nouvelle réalité. Ils fournissent les actes de naissance. L’ambassade les refuse. Ils produisent des jugements supplétifs. L’ambassade exige des contre-vérifications à la source. Même pour un enfant déjà reconnu français, l’ambassade impose désormais un deuxième acte de reconnaissance établi par la mairie française du lieu de résidence des parents.
Cette procédure, inédite dans sa systématisation, sidère les familles. “On nous traite comme des fraudeurs alors que nos documents sont authentiques”, témoigne un parent établi en région parisienne. Beaucoup attendent depuis des mois une réponse de l’ambassade. Leurs enfants restent bloqués à Bangui, séparés de leurs parents, pris en otages d’une crise de confiance administrative sans précédent.
Le discrédit ne s’arrête pas aux actes d’état civil. Le permis de conduire centrafricain, jadis échangeable contre un permis français, a perdu toute reconnaissance. Même avec trente ou quarante ans de conduite au compteur, un Centrafricain arrivant en France doit repasser intégralement l’auto-école. Code de la route, conduite accompagnée, examen pratique : tout est à refaire comme un débutant de dix-huit ans.
Cette mesure frappe particulièrement les Centrafricains qui s’installent en France pour travailler. Sans permis français, impossible de conduire légalement. Et refaire l’auto-école coûte entre 1 500 et 2 000 euros, une somme inaccessible pour beaucoup.
Pourquoi cette défiance ? La réponse tient en un mot : corruption. À Bangui, tout s’achète. Un acte de naissance ? Quelques billets suffisent. Un jugement supplétif antidaté ? Pas de problème si le prix est bon. Un permis de conduire sans jamais avoir touché un volant ? C’est possible aussi.
Cette marchandisation généralisée des documents officiels a fini par détruire toute crédibilité de l’administration centrafricaine. Les chancelleries étrangères le savent. Elles ont vu passer trop de faux papiers pour continuer à faire confiance. Résultat : tous les documents centrafricains sont désormais considérés comme potentiellement frauduleux jusqu’à preuve du contraire.
L’ambassade de France justifie officiellement son durcissement par “la multiplication des cas de fraude documentaire constatés ces dernières années”. Traduction : trop de faux actes de naissance, trop de jugements supplétifs bidonnés, trop de permis de conduire achetés sans examen.
Certains Centrafricains y voient autre chose. Pour eux, ce durcissement est une forme de représailles françaises contre le rapprochement entre Bangui et Moscou. Depuis que le régime Touadéra a choisi Wagner et Poutine, Paris aurait décidé de compliquer la vie administrative des Centrafricains pour manifester son mécontentement.
Cette lecture géopolitique n’est pas totalement infondée. La France a effectivement perdu son influence en Centrafrique. Elle ne peut plus intervenir militairement. Elle ne dicte plus les choix politiques. Alors peut-être utilise-t-elle les procédures consulaires comme outil de pression indirecte contre le régime.
Mais ce serait une erreur de tout réduire à cette dimension. La vérité, c’est que l’administration centrafricaine est objectivement pourrie. La corruption y est tellement systémique que n’importe qui peut obtenir n’importe quel faux document. Les ambassades étrangères ont des raisons légitimes de se méfier.
Ce qui se passe avec l’ambassade de France n’est qu’un exemple d’un problème beaucoup plus large. La Centrafrique est en train de devenir un État failli aux yeux de la communauté internationale. Un pays dont les institutions ne fonctionnent plus. Un pays dont les documents officiels ne valent plus rien. Un pays où tout se négocie, tout s’achète, tout se falsifie.
Quand une administration perd toute crédibilité au point que ses actes officiels ne sont plus reconnus par les chancelleries étrangères, c’est que l’État est dans un stade de décomposition avancée.
D’autres pays suivront probablement l’exemple français. Les États-Unis, le Canada, les pays européens vont progressivement durcir leurs procédures de vérification des documents centrafricains. D’ailleurs Espagne commence pour elle. Peut-être même qu’à terme, certains pays refuseront purement et simplement de reconnaître tout document émis par l’administration centrafricaine.
Le principal responsable de ce naufrage, c’est le régime Touadéra. C’est lui qui a laissé la corruption gangrener toute l’administration. C’est lui qui a nommé des incompétents à tous les postes clés. C’est lui qui a transformé les services publics en mafias où tout se monnaye.
Touadéra ne gouverne pas. Il règne sur un système mafieux où chacun se sert. Les directeurs d’administration vendent les postes. Les chefs de service vendent les documents. Les agents vendent leurs tampons. Et tout le monde s’enrichit pendant que l’État s’effondre.
Les Centrafricains ordinaires paient le prix de cette débâcle. Leurs documents ne valent plus rien à l’étranger. Leurs diplômes sont suspects. Leurs actes de naissance sont contestés. Leurs permis de conduire sont refusés. Ils sont devenus des citoyens d’un pays fantôme dont même les papiers officiels n’ont plus de valeur légale.
Comment sortir de cette situation ? Il faudrait d’abord assainir l’administration. Sanctionner les agents corrompus. Mettre en place des systèmes de contrôle fiables. Numériser les registres d’état civil pour éviter les falsifications. Former les agents. Payer correctement les fonctionnaires pour qu’ils ne soient plus tentés de vendre leurs services.
Mais tout cela nécessite une volonté politique. Et cette volonté n’existe pas. Touadéra ne fera rien parce que le système corrompu actuel lui profite. Ses proches en bénéficient. Ses alliés s’en servent. Pourquoi changerait-il un système qui l’arrange ?
Alors la Centrafrique va continuer à s’enfoncer. Ses documents officiels vont perdre toute valeur. Ses citoyens vont être traités comme des fraudeurs potentiels partout dans le monde. Et l’État centrafricain va achever sa transformation en État failli, incapable même de produire des papiers officiels crédibles.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Jean-François Akandji-Kombé, professeur de droit a porté des accusations d’une gravité extrême contre le président Touadéra, qu’il qualifie de “pouvoir anti-national” qui “vend à la découpe son pays”.
Jean-François Akandji-Kombé commence par une affirmation sans ambiguïté : “Il y a à la tête de notre pays, malheureusement, et je pèse mes mots, un pouvoir qui est anti-national par ses actions et par sa Politique».
Le professeur .” développe ensuite cette accusation : “Lorsque vous mettez un enfant du pays, parce que je continue à croire que monsieur Touadéra est enfant de ce pays, un enfant du pays à la tête pour protéger la terre et qu’il se met à vendre à la découpe son pays…”.
.”identifie les bénéficiaires de cette vente : “Ses meilleurs amis, ce seront qui ? Tous les prédateurs du monde entier. C’est ce que fait Faustin-Archange Touadéra. Il se promène, il est beaucoup plus à l’aise dans les palais des pays du Golfe, dans les palais des puissances étrangères, parce qu’il va vendre notre pays».
Le professeur insiste sur les conditions de cette vente : “On ne peut qu’accueillir favorablement quelqu’un qui vend à vil prix, en plus, à vil prix son pays, ses compatriotes, sa citoyenneté, sa nationalité à travers les sango coins, etc».
La référence au “sango coin” – la crypto-monnaie controversée lancée par le gouvernement centrafricain, symbolise selon Akandji-Kombé cette vente du pays aux intérêts étrangers.
Le professeur tire une conclusion définitive : “Il ne peut être vu que très bien à l’extérieur. C’est un spécialiste de la non-centrafricanité, c’est un pouvoir anti-national, anti-centrafricain».
Cette accusation de “non-centrafricanité” constitue l’une des critiques les plus graves qu’on puisse adresser à un président. Akandji-Kombé affirme que Touadéra a cessé d’agir dans l’intérêt de son pays pour servir des puissances étrangères.
Le professeur évoque également le contexte économique : “Nous connaissons une économie du chaos qui profite aux groupes armés, et en fin de compte à Touadéra qui l’instrumentalise».
Cette “économie du chaos” décrit une situation où l’instabilité et la prédation des ressources enrichissent certains acteurs – groupes armés, mercenaires, président – au détriment de la nation.
Les accusations d’Akandji-Kombé s’appuient sur plusieurs éléments concrets. D’abord, les accords avec Wagner qui donnent à cette milice privée le contrôle de vastes territoires et de ressources minières sans que l’État centrafricain n’en tire bénéfice significatif.
Ensuite, les voyages fréquents du président dans les pays du Golfe, Émirats arabes unis, Qatar – où il négocie des accords dont les termes restent opaques mais qui semblent toujours favoriser les intérêts étrangers.
Puis, le projet de sango coin qui visait à faire de la Centrafrique un paradis des crypto-monnaies, initiative lancée sans consultation nationale et qui a rapidement tourné au scandale.
Enfin, la présence militaire rwandaise sur le territoire centrafricain, autre forme de vente de la souveraineté nationale à une puissance régionale.
Le terme “vendre à la découpe” employé par Akandji-Kombé évoque une image puissante : le pays dépecé et vendu morceau par morceau. Les mines à Wagner, les terres à des investisseurs du Golfe, la sécurité au Rwanda, la monnaie aux crypto-spéculateurs.
Cette accusation d’anti-nationalisme place Touadéra dans la catégorie des dirigeants qui trahissent leur pays plutôt que de le servir. Pour Akandji-Kombé, le président centrafricain ne se trompe pas simplement de politique – il agit délibérément contre les intérêts nationaux.
La notion de “vil prix” souligne que cette vente ne profite même pas financièrement à l’État. Touadéra braderait les ressources nationales sans négocier de contreparties significatives pour le pays. Les bénéficiaires sont les acheteurs étrangers et peut-être le président lui-même, mais certainement pas la nation centrafricaine.
L’aisance de Touadéra “dans les palais des puissances étrangères” contraste avec son absence sur le terrain centrafricain. Comme le notait Ziguélé, le président ne circule plus par route dans son propre pays mais se déplace en hélicoptère. Cette distance physique avec le territoire et la population symbolise sa distance politique et son détachement des intérêts nationaux.
Le qualificatif de “spécialiste de la non-centrafricanité” est particulièrement dur. Akandji-Kombé suggère que Touadéra a développé une expertise dans l’art de ne pas servir son pays, dans la négation systématique des intérêts centrafricains au profit d’intérêts étrangers.
Ces accusations rejoignent celles portées sur Wagner et sur le bilan économique désastreux. Un président qui laisse une milice étrangère contrôler l’armée nationale, qui abandonne les infrastructures, qui laisse la pauvreté exploser de 53% à 67%, et qui passe son temps à négocier avec des puissances étrangères l’exploitation des ressources nationales mérite-t-il encore le titre de président national?
Pour Akandji-Kombé, la réponse est claire : Touadéra dirige un “pouvoir anti-national, anti-centrafricain”. Cette formulation dépasse la simple critique politique pour entrer dans l’accusation de trahison nationale.