Le réseau Orange Centrafrique saboté à Zémio par les FACA du commandant Mikaël Banafio

Des soldats FACA ont pillé les installations télécoms d’Orange Centrafrique à Zémio, dans le Haut-Mbomou, plongeant la ville dans l’isolement.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Zémio n’a plus de réseau d’Orange Centrafrique depuis plusieurs jours. Cette ville du sud-est centrafricain, située à plus de mille kilomètres de Bangui, vit aujourd’hui complètement coupée du monde extérieur. Le site Orange Télécom a été vandalisé de fond en comble par des soldats des Forces armées centrafricaines sous les ordres du commandant Mikaël Banafio.
Les témoins interrogés par la rédaction du CNC racontent tous la même histoire : les militaires ont démonté méthodiquement toute l’installation d’Orange Centrafrique dans la ville. Panneaux solaires, batteries, équipements électroniques, tout a été emporté. “Ces gens-là n’ont aucun cerveau, aucun respect pour la population”, confie un habitant de Zemio contacté juste avant la coupure totale. À Zémio, perdre le téléphone revient à perdre son lien avec le reste du pays.
L’installation d’Orange Centrafrique fonctionnait grâce à l’énergie solaire, une solution pratique pour éviter les problèmes d’approvisionnement en carburant dans cette région isolée. Ce système permettait un service stable sans dépendre des livraisons de fuel souvent détournées en chemin. La destruction de ces équipements remet tout en question.
Ces faits arrivent quelques jours après le pillage du village voisin de Tabane par des Mercenaires russes du groupe Wagner et d’anciens rebelles de l’UPC. L’hôpital de Tabane avait été vidé de tout son matériel médical. Face aux protestations, une partie du matériel a finalement été renvoyée depuis Bangui.
Sur les réseaux sociaux, un message résumait la situation : “Depuis hier soir, nous sommes dans le noir total. Wagner, l’UPC et les FACA se sont attaqués à l’antenne Orange Centrafrique de Zémio. Tout a été volé. Ce que font Wagner et les FACA ici, c’est inadmissible“.
Le commandant Mikaël Banafio, qui était censé protéger la zone, se retrouve directement accusé par plusieurs sources locales d’avoir organisé ce pillage. Une situation paradoxale qui pose des questions sur le rôle réel de certains militaires dans le pays.
Aujourd’hui, les conséquences se font sentir dans tous les secteurs. Les familles ne peuvent plus communiquer, les commerçants, particulièrement ceux qui font de transfert de crédit et d’Orange Money voient leurs activités paralysées, les urgences médicales deviennent plus compliquées à gérer. Cette coupure transforme Zémio en zone isolée, privée d’un outil devenu indispensable au quotidien.
Les autorités, qu’elles soient civiles ou militaires, restent muettes sur cette affaire. Orange Centrafrique n’a communiqué aucun délai pour le rétablissement du service, probablement en raison de l’ampleur des dégâts et de l’instabilité sécuritaire persistante.
Pour l’instant, aucune mesure d’urgence n’est annoncée. Zémio reste privée de communications, laissant ses habitants dans une situation d’isolement qui perdure sans perspective de solution rapide. Cette affaire révèle les dysfonctionnements au sein même des forces qui devraient assurer la sécurité et la protection des infrastructures civiles.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)