Torturé, puis attaché contre un arbre, un ex-rebelles du MPC tué par ses ex-collègues sur le chantier minier en Centrafrique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/la-victime-des-rebelles-soudanais-du-mpc-d-al-khatim-sur-le-chantier-minier.jpg” data-wpel-link=”internal”>La victime des rebelles soudanais du MPC d’Al-Khatim sur le chantier minier
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Animeri Mahamat a été tué pour une dette de tenues militaires impayées. Les mercenaires soudanais du MPC d’Al-Qatim sont pointés du doigt.
Dans la nuit du 29 au 30 octobre 2021, Animeri Mahamat n’est pas rentré chez lui. Ce commerçant de 32 ans, ancien combattant du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), faisait des affaires avec ceux qu’il avait côtoyés pendant des années. Son corps a été retrouvé au petit matin, attaché à un arbre dans une base rebelle du MPC.
Les faits remontent à plusieurs semaines. Mahamat achetait des tenues militaires d’occasion au Tchad et les revendait aux groupes armés présents sur les sites miniers de la région de Markounda. Un commerce banal dans cette zone où les frontières sont poreuses et les transactions se font au gré des rencontres.
les rebelles soudanais du MPC en fête sur le chantier minier de Markounda
Mais cette fois, l’affaire a mal tourné. Après une première livraison aux hommes du chef rebelle Al-Qatim, Mahamat attend toujours son argent. Les semaines passent, rien ne vient. Quand les mêmes hommes lui passent une nouvelle commande, il accepte de retourner au Tchad. À son retour, les tenues sont là, mais pas question de les donner sans régler l’ancienne dette.
La discussion a dégénéré. Les rebelles, selon plusieurs sources locales, l’ont emmené dans leur camp. Ils l’ont attaché à un arbre avec des cordes et l’ont laissé là toute la nuit. Au matin, Mahamat était mort.
Ce drame intervient alors que le MPC traverse une période difficile. La plupart de ses combattants ont déserté ces derniers mois. Certains ont déposé les armes, d’autres ont rejoint des groupes rivaux. Pour compenser ces départs, Al-Qatim recrute désormais des mercenaires venus du Soudan voisin. Ce sont justement ces hommes qui sont accusés du meurtre de Mahamat.
En 48 heures, deux personnes ont trouvé la mort dans des circonstances similaires. Les populations locales commencent à s’inquiéter de la présence de ces nouveaux venus, réputés pour leur brutalité. Mais dans cette région où l’État est absent et où les groupes armés font la loi, personne ne sait vraiment qui peut intervenir.
Animeri Mahamat laisse derrière lui une famille et des questions sans réponses. Combien de temps encore faudra-t-il pour que ces zones échappent au contrôle des hommes en armes ? Pour l’instant, le commerce continue, les dettes s’accumulent, et les morts aussi.
À Zémio, quand un père de famille torturé par les soldats FACA et déporté à Bangui pour le crime de son fils
Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens.jpg” data-wpel-link=”internal”>Arrivage-a-laeroport-de-Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens – RCA : colère et stupéfaction au sein de l’armée nationale, plusieurs officiers interpellés par les Mercenaires russes
Des fois, on se dit que rien ne peut plus nous choquer dans ce pays. Qu’on a tout vu. Tout entendu. Et puis une histoire arrive, tellement absurde, tellement cruelle, qu’on se demande dans quel monde on vit.
Dans un pays normal, quand quelqu’un commet un crime, c’est lui qu’on arrête. Pas son père. Pas sa mère. Pas son voisin. Mais la Centrafrique n’est pas un pays normal. À Zémio, les FACA viennent de donner une nouvelle preuve de cette barbarie ordinaire qui gangrène l’armée.
À Zémio, dans le Haut-Mbomou, un jeune homme a volé une arme avec des munitions dans une caserne des FACA. Ce jeune n’était pas un inconnu pour eux. Au contraire. Il traînait avec les soldats. Il entrait chez eux. Il sortait. Les soldats le connaissaient si bien qu’il a pu prendre leur arme et partir sans que personne ne réagisse.
Finalement, quand les soldats ont réalisé que l’arme avait disparu, ils ont commencé à poser des questions. Les voisins leur ont dit : on a vu le jeune entrer chez vous et sortir avec quelque chose. C’est lui.
Les soldats ont lancé une chasse. Ils ont fouillé son quartier. Interrogé ses amis. Cherché dans tous les coins. Mais le jeune avait disparu. Peut-être dans la brousse. Peut-être dans un autre village. Impossible à dire.
Alors les soldats ont changé de tactique. Puisqu’ils ne trouvaient pas le fils, ils sont allés chercher le père.
Le père vit dans un autre quartier. Son fils est majeur. Il a sa propre maison. Sa propre vie. Le père ne sait pas ce qu’il fait. Où il va. Qui il fréquente. C’est un adulte indépendant.
Les soldats s’en fichent. Ils débarquent chez le vieux. Ils l’arrêtent. Et ils lui lancent un ultimatum : tu ne sors d’ici que quand tu nous ramènes ton fils avec l’arme.
Le vieux essaie d’expliquer. Mon fils n’habite pas chez moi. Il vit ailleurs. Je ne sais pas où il est. Je ne connais pas ses activités. Comment voulez-vous que je le trouve ?
Et puis il pose la question qui fâche : si mon fils pouvait entrer dans votre caserne comme chez lui, prendre une arme et partir avec, ça veut dire que vous le connaissiez bien. Vous étiez habitués avec lui. Donc le problème, c’est vous. Pas moi. C’est à vous de le retrouver.
Le raisonnement est imparable. Logique. Juste. Comment un jeune peut-il entrer dans une caserne militaire, voler une arme chargée, et partir tranquillement si les soldats ne le connaissaient pas ? S’ils n’avaient pas une certaine complicité avec lui ? S’ils n’avaient pas été négligents ?
Mais les soldats n’apprécient pas. Au lieu d’admettre leur part de responsabilité, ils s’énervent. Et ils commencent à frapper.
Ils tabassent le vieux. Le torturent. Pendant des heures. Parce qu’il a osé leur tenir tête. Parce qu’il a osé leur dire la vérité. Parce qu’il a osé refuser de porter le chapeau pour une histoire qui ne le concerne pas.
Et quand ils en ont fini avec lui, ils l’embarquent. Dans un avion de Wagner. Direction Bangui. Pour l’enfermer. Un vieil homme innocent qui n’a commis aucun crime. Qui ne sait même pas où se trouve son fils. Qui a juste eu le malheur d’être le père d’un jeune qui a volé une arme à des soldats trop négligents.
Les gens de Zémio se regardent et se demandent : quel crime ce vieux a-t-il commis ? Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça ?
La réponse est simple : rien. Il n’a rien fait. Mais ici, ça ne compte pas. Ici, quand on ne trouve pas un suspect, on arrête sa famille. On torture ses proches. On les garde en otage jusqu’à ce que le suspect se rende. C’est une méthode de terreur. Une méthode pour forcer les gens à se dénoncer mutuellement. Une méthode digne des pires dictatures.
On dit partout que le crime est individuel. Que chacun est responsable de ses actes. Que personne ne doit payer pour les fautes d’un autre. C’est écrit dans toutes les constitutions. Dans tous les codes pénaux. C’est un principe universel du droit.
Mais en Centrafrique, ce principe n’existe pas. Ici, le fils vole, le père paie. Le frère tue, la sœur est arrêtée. Le voisin s’enfuit, tu es embarqué. C’est la justice collective. La punition collective. La barbarie collective.
Les gens qui vivent à l’étranger et qui suivent les nouvelles de la Centrafrique depuis leurs canapés confortables pensent peut-être que c’est un pays comme les autres. Avec des lois. Une justice. Un État. Mais non. Ce n’est pas un pays. C’est un territoire contrôlé par des hommes armés qui font ce qu’ils veulent. Des gangsters en uniforme. Des voyous avec des grades.
Un père qui ne connaît même pas les activités de son fils majeur se retrouve torturé et déporté à Bangui parce que ce fils a volé une arme à des soldats qui le fréquentaient. Le père a osé poser une question logique. Il a osé demander aux soldats d’assumer leur part de responsabilité. Et pour ça, il paie le prix fort.
Le Tribunal Administratif de Bangui ordonne le sursis à exécution de la note convoquant de nouvelles Élections à l’UMC, organisée par le ministère du tourisme
Dany Ngarasso, ancien Président par intérim de l’UMC à gauche, puis à droite, son ami, le chargé de mission, Philipp Bokoula. Photo collage réalisée par la rédaction du CNC
Dans une décision rendue ce mercredi 29 octobre 2025, le Tribunal Administratif de Bangui vient d’infliger un camouflet retentissant au Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme en ordonnant le sursis à exécution de la note circulaire n°052/MACT/DIRCAB/DGAC.25 qui prévoyait l’organisation de nouvelles Élections parallèles à l’Union des Musiciens Centrafricains (UMC).
Cette décision de justice constitue une victoire juridique éclatante pour le bureau exécutif légitime dirigé par Armand Touaboy, élu démocratiquement le 30 août 2025, et un désaveu cinglant des manœuvres administratives instrumentées par le tandem Philippe Bokoula – Dany Ngarasso pour confisquer le pouvoir au sein de l’organisation des musiciens centrafricains.
Le jugement, dont Corbeau News Centrafrique a pu obtenir copie, est sans appel : le Tribunal Administratif se déclare compétent, la requête est recevable, et l’exécution de la note circulaire ministérielle est suspendue. Les dépens sont mis à la charge du Trésor public. Le jugement sera notifié à l’Union des Musiciens Centrafricains représentée par Armand Touaboy et au Ministère en charge des Arts, de la Culture et du Tourisme.
Pour comprendre toute la portée de cette décision de justice, il est indispensable de revenir sur l’enchaînement des événements qui ont conduit à ce bras de fer juridique entre une association légalement constituée et une administration qui a largement outrepassé ses prérogatives.
Tout commence le 30 août 2025 lorsque l’Union des Musiciens Centrafricains organise son Assemblée Générale Élective conformément à ses statuts et règlements intérieurs. Cette consultation démocratique, supervisée par un comité électoral indépendant, voit l’élection d’Armand Touaboy à la présidence de l’UMC.
Le scrutin se déroule dans le respect strict des procédures statutaires de l’association. Les musiciens centrafricains exercent leur droit souverain de choisir leurs dirigeants dans un cadre démocratique et transparent. Aucune irrégularité n’est constatée. Le processus électoral est irréprochable.
Cette élection marque normalement la fin du mandat intérimaire de Dany Ngarasso, qui avait assuré une transition après le départ de l’ancien bureau. Conformément aux usages démocratiques les plus élémentaires, Ngarasso aurait dû céder sa place au nouveau bureau légitimement élu et accepter le verdict des urnes.
Mais c’est sans compter sur l’ego surdimensionné de Dany Ngarasso et son refus catégorique d’accepter le choix démocratique de ses pairs. Plutôt que de reconnaître sa défaite et de faciliter une passation de pouvoir sereine, l’ancien président par intérim décide de transformer son échec personnel en crise institutionnelle.
Incapable d’accepter que les musiciens centrafricains aient choisi un autre leader, Ngarasso refuse obstinément de transmettre les documents officiels et archives de l’UMC au nouveau bureau élu. Cette rétention de documents, qui pourrait constituer un abus de confiance ou un détournement, empêche le nouveau bureau d’exercer normalement ses fonctions.
Cette attitude montre une conception profondément antidémocratique du pouvoir. Pour Ngarasso, l’UMC semble être sa propriété personnelle dont il pourrait disposer à sa guise, indépendamment de la volonté exprimée par les membres de l’association. Cette mentalité autocratique est totalement incompatible avec les principes de gouvernance associative basés sur la démocratie et l’alternance.
Face à cette impasse créée par le refus de Ngarasso de respecter les résultats électoraux, un nouveau personnage fait son entrée dans cette saga : Philippe Bokoula, chargé de mission au Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme, et surtout ami personnel de Dany Ngarasso.
C’est ici que commence véritablement la dérive administrative qui va transformer un simple conflit interne à une association en affaire d’État mettant en cause l’intégrité même de l’administration publique centrafricaine.
Plutôt que de respecter la neutralité et l’impartialité qui devraient caractériser tout fonctionnaire, Bokoula va utiliser sa position administrative pour servir les intérêts personnels de son ami. Il va transformer le Ministère de la Culture en instrument au service d’une vengeance personnelle et d’une ambition contrariée.
Révélant une connaissance anticipée du résultat probable de l’élection du 30 août, Philippe Bokoula rédige dès le 25 août une note circulaire ministérielle visant à empêcher la tenue de l’Assemblée Générale Élective de l’UMC.
Cette tentative préventive de sabotage électoral échoue. Les musiciens centrafricains, conscients de leurs droits et de l’autonomie de leur association, maintiennent leur consultation démocratique malgré les pressions administratives. Le 30 août, l’élection a bien lieu et Armand Touaboy est élu.
Constatant l’échec de sa première manœuvre, Bokoula ne désarme pas. Le 2 septembre 2025, soit trois jours seulement après l’élection, le Ministère de la Culture intervient officiellement pour contester les résultats du scrutin.
Cette intervention constitue une ingérence manifeste dans les affaires internes d’une association qui ne relève pas de la tutelle du Ministère de la Culture. Rappelons en effet une vérité juridique fondamentale que l’administration semble vouloir ignorer obstinément : l’Union des Musiciens Centrafricains est une association officiellement reconnue par l’État centrafricain, et cette reconnaissance relève exclusivement du Ministère de l’Administration du Territoire, seule tutelle compétente en matière associative.
Le Ministère de la Culture n’est qu’un partenaire institutionnel de l’UMC. Il peut collaborer avec l’association, la soutenir dans ses projets culturels, mais il n’a strictement aucune prérogative légale pour intervenir dans son organisation interne et encore moins pour contester ou invalider ses Élections.
Cette confusion des rôles, sciemment entretenue par Bokoula et son équipe, vise à créer un flou juridique permettant de justifier des interventions qui n’ont aucun fondement légal.
Ne parvenant pas à faire plier le nouveau bureau élu par ces premières interventions, l’administration franchit un nouveau cap dans l’illégalité. Par la note circulaire n°052/MACT/DIRCAB/DGAC.25, signée par Albertine Ouaboua, Directrice Générale des Arts et de la Culture, le ministère annonce l’organisation d’une Assemblée Générale Élective pour pourvoir “tous les postes prévus par les textes réglementaires de l’UMC”.
Cette initiative constitue une provocation caractérisée et une violation manifeste de l’autonomie associative. Comment un ministère qui n’a aucune tutelle légale sur une association peut-il s’arroger le droit d’organiser ses Élections ? Comment peut-il imposer un calendrier, fixer des modalités de candidature et désigner un lieu de vote pour une consultation interne à une organisation indépendante ?
Le communiqué ministériel invoque un prétendu “désaccord entre les responsables de l’Union des Musiciens Centrafricains” pour justifier cette nouvelle intervention. Cette formulation est aussi vague qu’elle est trompeuse. Quel désaccord ? Entre quels responsables ? Le ministère se garde bien de préciser, préférant maintenir le flou pour légitimer une démarche qui n’a aucun fondement juridique.
La réalité est beaucoup plus simple : il n’y a pas de “désaccord entre responsables”, mais un refus catégorique d’un seul homme, Dany Ngarasso, d’accepter sa défaite électorale. Transformant son échec personnel en prétexte administratif, l’ancien président par intérim bénéficie une fois de plus du soutien actif de son ami Philippe Bokoula pour tenter d’organiser de nouvelles Élections dont il espère sortir vainqueur.
La note circulaire fixe des modalités précises pour ce processus électoral parallèle. Les candidatures devaient être déposées au secrétariat de la Direction Générale des Arts et de la Culture, situé au rond-point des Nations Unies, jusqu’au vendredi 25 octobre 2025 à 15h30. L’Assemblée Générale devait ensuite se tenir à l’École Nationale des Arts (ENA).
Ces dispositions montre clairement l’ampleur de la dérive administrative. Le ministère ne se contente pas de soutenir l’organisation d’un nouveau scrutin, il en devient l’organisateur direct. Les candidatures doivent être déposées dans ses locaux, sur ses formulaires, selon son calendrier. L’UMC est ainsi dépossédée de la maîtrise de son propre processus électoral au profit d’une administration qui n’a aucune compétence légale en la matière.
Face à cette escalade dans l’illégalité, le bureau exécutif légitimement élu de l’UMC, dirigé par Armand Touaboy, choisit la voie de la légalité et du droit. Plutôt que de s’enfermer dans une confrontation stérile ou de céder face aux pressions administratives, il décide de saisir la justice pour faire respecter ses droits et l’autonomie de l’association.
Cette décision de porter l’affaire devant le Tribunal Administratif de Bangui révèle une maturité démocratique et une confiance dans les institutions judiciaires centrafricaines qui honorent les dirigeants de l’UMC. Ils démontrent ainsi qu’en République Centrafricaine, même face à l’arbitraire administratif, le droit peut encore triompher.
Le recours déposé devant le Tribunal Administratif vise à obtenir le sursis à exécution de la note circulaire n°052/MACT/DIRCAB/DGAC.25. L’objectif est clair : empêcher la tenue de ces élections parallèles illégales et faire reconnaître par la justice l’absence de compétence du Ministère de la Culture pour intervenir dans l’organisation interne de l’UMC.
Ainsi, ce mercredi 29 octobre 2025, le Tribunal Administratif de Bangui a rendu sa décision. Et cette décision constitue un désaveu complet et sans appel des manœuvres du Ministère de la Culture.
Le tribunal commence par affirmer sa compétence pour juger cette affaire. Cette affirmation est fondamentale car elle signifie que les juridictions administratives centrafricaines considèrent que les actes du Ministère de la Culture à l’égard de l’UMC relèvent bien du contrôle juridictionnel et peuvent être contestés devant la justice.
En reconnaissant sa compétence, le Tribunal Administratif établit un principe essentiel : aucune administration ne peut agir en dehors de tout contrôle judiciaire. Tout acte administratif peut faire l’objet d’un recours et être annulé s’il est contraire au droit.
Le tribunal déclare ensuite la requête recevable. Cette décision confirme que le bureau élu de l’UMC avait parfaitement qualité pour agir en justice et que les conditions de forme et de procédure ont été respectées.
Cette recevabilité n’est pas une simple formalité. Elle signifie que le Tribunal a considéré que la requête était sérieuse, fondée sur des arguments juridiques solides, et méritait un examen au fond.
C’est le cœur du jugement. Le Tribunal Administratif ordonne le sursis à exécution de la note circulaire n°052/MACT/DIRCAB/DGAC.25 de la Directrice Générale des Arts et de la Culture.
Cette décision a un effet immédiat et radical : la note convoquant de nouvelles élections à l’UMC ne peut plus être appliquée. Les élections parallèles que le ministère voulait organiser ne peuvent pas avoir lieu. Le processus électoral illégal est stoppé net.
Le sursis à exécution est une mesure d’urgence qui suspend l’application d’un acte administratif lorsqu’il existe un doute sérieux sur sa légalité et que son exécution risque de causer un préjudice grave et difficilement réparable.
En accordant ce sursis, le Tribunal Administratif envoie un signal clair : il existe effectivement un doute sérieux sur la légalité de l’intervention du Ministère de la Culture, et l’organisation d’élections parallèles causerait un préjudice irréversible à l’UMC et à son bureau légitimement élu.
Le chèque de la honte : Rator Ahamat Deleris , ex-braqueur devenu président du comité islamique, rackette les musulmans pour Touadéra
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/don-du-comite-islamique-de-Centrafrique-a-touadera_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Comité islamique de Centrafrique à Touadera pour le financement de sa campagne électorale don-du-comite-islamique-de-centrafrique-a-touadera_500″ width=”450″ height=”288″ />Don du comité islamique de Centrafrique à Touadera pour le financement de sa campagne électorale don-du-comite-islamique-de-Centrafrique-a-touadera_500
La photo de la remise du chèque de 30 millions de francs CFA à Touadéra le 11 octobre 2025 montre les visages de ceux qui ont organisé ce racket déguisé en “don communautaire”. Corbeau News Centrafrique a identifié plusieurs personnages clés présents sur cette image qui restera dans l’histoire comme un exemple de l’instrumentalisation de la religion et du chantage économique pratiqué par le régime de Touadera.
Pour bien commencer, il faut regarder la photo de la cérémonie largement partagée sur les réseaux sociaux. Au centre, en tenue bleue, se tient Ousmane Abakar, surnommé “Kourga”, dit “Courage”. C’est lui qui tient le chèque géant aux côtés de Touadéra. Ce personnage fait partie du cercle restreint de ceux qui ont supervisé la collecte forcée des 100 millions auprès des commerçants musulmans tchadiens d’origine. Le surnom “Kourga” prend une dimension ironique dans ce contexte. Quel “courage” faut-il pour racketter des commerçants qui n’ont pas le choix ? Quel “courage” faut-il pour se prosterner devant Touadéra avec un chèque volé dans les poches des petits commerçants du PK5 ? Détail révélateur du niveau des personnages impliqués dans cette opération : Ousmane Abakar occupe un poste au Conseil Économique et Social alors qu’il ne sait ni lire ni écrire.
Aroufaï, vêtu de blanc et positionné à côté de Kourga, est un autre acteur majeur de cette opération de racket. Selon nos sources, il fait partie de la direction du comité islamique qui a organisé les “sollicitations” auprès des commerçants. Sa présence aux côtés de Courage pour cette photo officielle montre qu’il est l’un des organisateurs principaux de ce racket présenté comme un acte de solidarité religieuse. C’est un véritable toto qui ne sait même pas écrire son nom, mais qui siège néanmoins comme chargé de mission à l’Assemblée Nationale. Cette situation où des analphabètes occupent les plus hautes fonctions de l’État en dit long sur le niveau de décomposition des institutions centrafricaines sous Touadéra.
Mahamat Tahir, alias Koyanga, identifiable à son boubou blanc et son chapeau, est également présent sur la photo. Ce personnage influence joue un rôle important dans les milieux économiques musulmans de Bangui. C’est aussi un véritable toto. Sa participation à cette cérémonie confirme que l’opération a été supervisée par les figures les plus controversées de la communauté musulmane, celles qui ont les moyens de faire pression sur les commerçants pour qu’ils “contribuent”.
Un peu derrière, avec une casquette du MCU, c’est Amine, le faux trafiquant de Dubaï. Nos sources le décrivent comme un personnage qui se présente comme un homme d’affaires opérant depuis Dubaï, mais dont la réputation et les activités réelles sont sujettes à caution. Sa présence lors de cette remise de chèque à Touadéra indique qu’il fait partie du réseau de ceux qui ont organisé la collecte.
À la droite de Touadéra, portant un chapeau noir, se tient le président des colonies tchadiennes en Centrafrique, mais également le président du parti du président tchadien en RCA. Sa présence est significative. Elle confirme ce que beaucoup soupçonnaient : une partie importante de cette collecte a été effectuée auprès de commerçants d’origine tchadienne installés en Centrafrique. Ces commerçants, souvent stigmatisés et vulnérables, sont particulièrement exposés aux pressions et au chantage. Le fait que le président des colonies tchadiennes soit présent pour cette remise officielle confirme que la communauté tchadienne a été particulièrement sollicitée, peut-être même contrainte, de contribuer massivement à cette collecte.
À la gauche de Touadéra se tient Rator Ahamat Deleris, président du comité islamique de Centrafrique. C’est le principal moteur de ce racket. Ex-braqueur, Rator Ahamat Deleris est un homme redoutable dans la mafia musulmane du pays. Sa position aux côtés du président confirme qu’il fait partie du cercle restreint qui a supervisé cette opération. Comment un ex-braqueur a-t-il pu devenir président du comité islamique centrafricain ? Cette question en dit long sur l’état des institutions communautaires dans un pays où les criminels peuvent occuper les plus hautes fonctions.
Derrière le groupe principal, en boubou chocolat, se tient Sani Yalo, un autre mafieux musulman influent. Sani Yalo est d’origine mixte : son père est nigérien et sa mère tchadienne. Ce personnage joue le rôle de conseiller spirituel de Touadéra, ce qui est en soi une aberration. Comment un président peut-il avoir pour conseiller spirituel un homme connu pour ses activités mafieuses ? Sani Yalo est également directeur de BARC, activité peu compatible avec le rôle de guide spirituel qu’il prétend jouer. Sa présence sur cette photo confirme que cette opération n’a rien de religieux ou de spirituel. C’est une affaire purement mafieuse organisée par des hommes sans scrupules qui instrumentalisent la religion pour servir leurs intérêts et ceux du régime.
La cérémonie de la remise du chèque s’est déroulée devant le domicile du président du comité islamique de Centrafrique, monsieur Rator Ahamat Deleris, sous un chapiteau décoré aux couleurs bleues et blanches. Le décor soigné, les tenues impeccables, les sourires affichés : tout est fait pour donner l’impression d’un événement festif, d’un geste généreux de la communauté musulmane envers son président. Aussi, à côté de la maison de monsieur Rator Ahamat Déléris, se trouve également la maison du président officiel des colonies tchadiennes en Centrafrique, celui-là même qui est en chapeau noir à droite de Touadéra. Cette proximité géographique n’est pas un hasard. Elle montre les liens étroits entre Rator Déléris et la communauté tchadienne, et explique comment la collecte forcée auprès des commerçants tchadiens a pu être organisée aussi efficacement.
Mais derrière ces apparences, la réalité est sordide : des commerçants rackettés, des pressions exercées, du chantage économique, une instrumentalisation politique de la religion, et une violation flagrante du code électoral.
Absence remarquée : Saboura, président du marché PK5, n’était pas présent à la cérémonie. Cette absence est significative. Le président du marché PK5, qui représente les petits commerçants du quartier, a refusé d’assister à cette mascarade. Son absence montre que même au sein de la communauté musulmane du PK5, tout le monde ne cautionne pas cette opération. Les petits commerçants, ceux qui ont été contraints de payer, ceux qui subissent le racket organisé par Rator Déléris et sa bande, n’étaient pas représentés à cette cérémonie. Seuls les mafieux, les profiteurs, les collaborateurs du régime étaient présents pour sourire devant les caméras. Le peuple du PK5, lui, était absent. Il n’a pas voulu cautionner cette trahison.
Les hommes présents sur cette photo ne représentent pas la communauté musulmane centrafricaine. Ils représentent leurs propres intérêts économiques et politiques. Ils ont organisé un racket auprès de commerçants vulnérables pour acheter la protection du régime Touadéra. En agissant au nom de la “communauté musulmane”, ils exposent tous les musulmans centrafricains à être perçus comme des soutiens de Touadéra. Ils instrumentalisent la religion pour servir leurs intérêts personnels. Ils créent des divisions au sein de la communauté entre ceux qui ont été contraints de payer et ceux qui refusent d’être associés à cette manipulation.
Ces hommes ont trahi la confiance de leur communauté. Ils ont utilisé leur position de dirigeants du comité islamique pour organiser un chantage économique au profit du régime. Ils ont transformé la religion en instrument politique.
Au centre de la photo, Touadéra arbore un large sourire. Il tient le chèque géant avec satisfaction. Ce sourire est celui d’un homme qui vient de réussir un coup : obtenir 30 millions, ou 100 millions selon les sources réelles, en violant le code électoral, en instrumentalisant une communauté religieuse, en faisant chanter des commerçants vulnérables. Touadéra sait parfaitement que cet argent n’est pas un “don volontaire”. Il sait que les commerçants ont été contraints de payer. Il sait que c’est du chantage économique. Mais cela ne le dérange pas. Au contraire, cela le satisfait. Parce que c’est exactement ainsi qu’il gouverne : par le chantage, la pression, la manipulation.
Cette photo du 11 octobre 2025 restera dans l’histoire centrafricaine comme le symbole de l’instrumentalisation politique de la religion par un régime autoritaire qui n’hésite pas à manipuler les communautés religieuses pour se maintenir au pouvoir. Elle symbolise le chantage économique pratiqué systématiquement par le régime Touadéra contre les commerçants, les opérateurs économiques, tous ceux qui ont besoin de protections pour continuer à exercer leurs activités. Elle représente la trahison des élites communautaires qui, au lieu de protéger leurs communautés, les vendent au pouvoir pour préserver leurs propres intérêts. Elle montre la violation impunie du code électoral par un régime qui reçoit publiquement des financements illégaux d’organisations religieuses sans que personne ne puisse rien faire. Elle témoigne du mépris du régime pour les lois qu’il est censé faire respecter mais qu’il viole ouvertement quand cela l’arrange.
Les musulmans centrafricains qui ne se reconnaissent pas dans cette opération doivent maintenant identifier clairement les responsables. Ils savent désormais qui sont les hommes qui ont organisé ce racket : Ousmane Abakar “Kourga” qui ne sait ni lire ni écrire mais siège au Conseil Économique et Social, Aroufaï qui ne sait même pas écrire son nom mais conseille l’Assemblée Nationale, Mahamat Tahir alias Koyanga, Amine le faux trafiquant de Dubaï, Sani Yalo le mafieux conseiller spirituel de Touadéra, le président des colonies tchadiennes, et Rator Ahamat Déléris l’ex-braqueur devenu président du comité islamique.
Ces hommes doivent être tenus pour responsables de cette trahison. Ils ont agi en dehors de tout mandat communautaire. Ils ont rackетté des commerçants. Ils ont instrumentalisé la religion. Ils ont exposé toute la communauté musulmane à être stigmatisée comme soutien de Touadéra. Les fidèles musulmans doivent exiger des comptes. Où sont passés les 100 millions collectés ? Pourquoi seulement 30 millions ont été remis publiquement ? Qui a décidé de cette opération ? Qui a autorisé ces hommes à agir au nom de toute la communauté ?
Centrafrique : la traque des rebelles du PRNC et du général Arda Hakouma dans le nord-est par les Wagner bat son plein
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/general-arda-hakouma.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général Arda Hakouma, chef du MDRPC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis plusieurs jours, les Mercenaires russes du groupe Wagner mènent une série d’opérations militaires dans le nord-est de la République centrafricaine. Leur mission : traquer les combattants du PRNC dans la région de Sam-Ouandja, tout en cherchant à capturer le général Arda Hakouma, chef du Mouvement Démocratique pour le Rassemblement du Peuple Centrafricain (MDRPC), actif entre Ndélé et Bria.
En effet, dans la localité de Sam-Ouandja, les mercenaires ont d’abord ciblé les positions du PRNC. Ils ont réussi à retrouver leurs ancienne base, mais n’ayant trouvé aucun combattant, ils ont tiré sans interruption pendant près de deux heures, avec des armes lourdes et légères, terrorisant les villageois qui sont dans cette zone. Les balles, les obus et les explosifs ont retenti dans les villages. Un gaspillage inutile de munitions payées par les contribuables centrafricains.
Quelques jours plus tard, le samedi 25 octobre, Wagner a lancé une nouvelle expédition vers Boromata, cette fois pour arrêter le général Arda Hakouma. Selon leurs informateurs, le chef rebelle serait arrivé pour se soigner. Mais l’information s’est révélée fausse. Aucun signe de lui. Les mercenaires ont alors fouillé des habitations, tiré en l’air et passé la journée à menacer la population avant de se replier.
Le général Arda Hakouma avait pourtant annoncé le dépôt de ses armes et sa volonté d’abandonner la lutte armée au profit d’un combat politique. Au lieu d’encourager cette démarche, le gouvernement centrafricain poursuit, avec Wagner, une logique inverse : éliminer même ceux qui se désarment.
Ce paradoxe reflète la politique du régime Touadéra. Alors que le pouvoir appelle publiquement les groupes armés à la réconciliation, il cautionne dans le même temps la traque des chefs rebelles désarmés. Dans le nord-est, la population vit désormais dans la peur permanente : celle des rebelles d’un côté, et celle des mercenaires russes de l’autre.
Les habitants de la Vakaga parlent de scènes d’intimidation, de pillages et de coups de feu sans raison. Pour beaucoup, cette violence ciblée contre le PRNC et le MDRPC montre une seule réalité : la guerre n’a plus de logique politique. Elle est devenue un instrument de domination, entretenu par un régime qui s’appuie sur Wagner pour imposer la peur et faire taire toute voix dissidente.
Cette situation poussent de nombreux observateurs à se poser des questions. D’abord, quelle est la crédibilité du programme de désarmement du gouvernement si ceux qui désarment sont traqués par Wagner ? Quel rebelle va accepter de déposer les armes en sachant qu’il sera ensuite chassé comme un animal par des mercenaires russes ?
Ensuite, pourquoi Wagner mène-t-il des opérations militaires sans coordination avec les FACA ? Où sont les forces armées centrafricaines dans tout ça ? Pourquoi les mercenaires russes ont-ils les mains libres pour aller où ils veulent, tirer sur qui ils veulent, gaspiller les munitions payées par les Centrafricains ?
Enfin, qui paie pour ces opérations ? Les munitions que Wagner a gaspillées pendant deux heures à Sam-Ouandja sont payées par l’État centrafricain. C’est l’argent des contribuables centrafricains qui finance ces opérations inutiles. C’est l’argent des Centrafricains qui paie les mercenaires russes pour terroriser les Centrafricains.
Le régime Touadéra a perdu tout contrôle. Il ne contrôle plus son territoire. Il ne contrôle plus ses forces armées. Il ne contrôle même plus les mercenaires qu’il a fait venir. Wagner fait ce qu’il veut en Centrafrique. Les mercenaires russes sont devenus la vraie autorité du pays.
Cette ambivalence du gouvernement est aussi visible dans le traitement des opposants politiques. Le président appelle les opposants à rentrer au pays. Il promet qu’ils ne seront pas inquiétés. Mais dès qu’ils rentrent, ils sont arrêtés et emprisonnés.
Le docteur Dominique Désiré ERENON est rentré à l’appel du président Touadéra. Mais rien qu’à l’aéroport, il a été interpellé. Et il est depuis quatre semaines à la Section des Recherches et d’Investigation, arrêté pour atteinte à la sûreté de l’État, complicité, injure au chef de l’État.
C’est un piège. Les appels de Touadéra sont des pièges ouverts à ceux qui veulent l’entendre. Il appelle les rebelles à déposer les armes, puis il envoie Wagner les traquer. Il appelle les opposants à rentrer, puis il les arrête à l’aéroport.
FMI : Quand une simple passation de service devient un outil de propagande d’État en Centrafrique
Bangui-avec-president-touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>La rencontre des représentants sortant et entrant du FMI par le Président Touadera au palais de la renaissance à Bangui
Le régime Touadéra vient de transformer une banale passation de service au FMI en victoire diplomatique majeure. Albert Touna Mama cède sa place à Nazim Belhazine comme chef de mission du Fonds Monétaire International pour la République centrafricaine, et voilà que tout l’appareil de propagande gouvernemental s’emballe pour présenter cet événement administratif comme une preuve du soutien international aux “réformes structurelles” du président.
Dans toutes les institutions internationales, les chefs de mission sont régulièrement remplacés. C’est une rotation normale, une procédure administrative standard qui n’a aucune signification politique particulière. Mais à Bangui, où le régime MCU cherche désespérément à se légitimer avant les Élections de décembre, même le changement d’un fonctionnaire international devient matière à célébration.
Les ministres se sont succédé pour saluer cette “transition réussie”. Les médias proches du pouvoir ont relayé cette “bonne nouvelle” comme si le FMI venait d’annoncer des milliards supplémentaires. Les communicants du régime ont présenté cette passation comme une validation de la gestion économique du gouvernement.
Cette manipulation grossière vise à faire croire aux Centrafricains et aux partenaires internationaux que le pays est sur la bonne voie, que les réformes fonctionnent, que la confiance règne. La réalité économique du pays raconte une histoire radicalement différente.
Depuis 2023, la Facilité Élargie de Crédit (FEC) du FMI a injecté plus de 124 millions de dollars dans le budget centrafricain. Ces fonds considérables ne servent pas à développer le pays, à construire des infrastructures, à créer des emplois ou à améliorer les services publics. Ils comblent simplement les trous béants d’un État incapable de mobiliser ses propres ressources.
Le secteur pétrolier, qui représentait autrefois jusqu’à 25% des recettes publiques, ne pèse plus que 9% en 2024. Cette chute vertigineuse témoigne de l’effondrement de la capacité productive du pays. Les pénuries chroniques de carburant paralysent l’économie, la flambée des prix érode le pouvoir d’achat déjà dérisoire des ménages, et l’inflation galopante transforme les salaires en monnaie de singe, pour ne pas dire monnaie des boubou.
Pendant que le régime célèbre une passation de service au FMI, plus de la moitié des Centrafricains – soit 3,4 millions de personnes – dépendent de l’aide humanitaire pour survivre. Ce chiffre catastrophique devrait normalement provoquer une remise en question profonde de la politique économique. Au lieu de cela, le gouvernement organise des cérémonies protocolaires et multiplie les communiqués triomphants.
Le Fonds Monétaire International se retrouve instrumentalisé par le régime Touadéra qui transforme chacune de ses visites, chaque décaissement, chaque déclaration en caution politique. Le FMI finance un budget national largement dévoyé, soutient des “réformes” qui n’existent que sur le papier, et cautionne indirectement un régime qui organise des Élections illégales.
Cette complicité involontaire pose des questions éthiques fondamentales. En continuant à décaisser des fonds sans conditionnalités strictes, le FMI permet au régime MCU de maintenir une façade de légitimité internationale. Les annonces du Caucus Économique Africain ou les tables rondes d’investisseurs sont présentées comme des succès alors qu’elles ne changent rien à la réalité quotidienne des populations.
La valorisation excessive de cette passation de service s’inscrit dans une stratégie électorale précise. À moins de trois mois des Élections de décembre 2025, le régime Touadéra cherche désespérément à rassurer ses bailleurs de fonds pour obtenir de nouveaux décaissements. Cette apparence de stabilité économique et de réformes en marche vise à convaincre la communauté internationale que le pays va dans la bonne direction.
Mais derrière cette façade soigneusement construite, la corruption prospère sans limite. Les institutions de contrôle comme l’ANIF (Agence Nationale d’Investigation Financière) et la Cour des Comptes sont muselées, incapables de jouer leur rôle de garde-fou. La promesse de “croissance inclusive” répétée dans tous les communiqués reste un slogan vide pendant que les inégalités explosent.
La dépendance financière de la République centrafricaine aux décaissements extérieurs atteint des niveaux pathologiques. L’État centrafricain ne survit que grâce aux perfusions régulières du FMI, de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne et des autres bailleurs. Cette situation transforme le pays en éternel assisté, incapable de définir sa propre politique économique.
Cette perfusion permanente arrange parfaitement le régime MCU qui n’a aucune incitation à réformer véritablement. Pourquoi développer la fiscalité, pourquoi lutter contre la corruption, pourquoi améliorer la gouvernance quand les fonds continuent d’arriver quoi qu’il arrive ? Cette logique d’assistanat institutionnel pérennise l’incompétence et l’irresponsabilité.
Le plus révoltant dans cette affaire reste l’utilisation de la misère des Centrafricains comme décor de la propagande officielle. Pendant que le régime célèbre une passation de service au FMI, des mères de famille fouillent les poubelles de Bangui pour nourrir leurs enfants. Pendant que les ministres discourent sur les “réformes structurelles”, des malades meurent dans des hôpitaux sans médicaments. Pendant que les communicants vantent la “confiance des partenaires”, des enseignants font grève pour réclamer leurs salaires impayés depuis des mois.
Cette instrumentalisation cynique de la souffrance populaire à des fins de communication politique atteint des sommets de malhonnêteté. Le régime MCU transforme chaque visite d’un fonctionnaire international en “signe de soutien”, chaque décaissement en “succès diplomatique”, chaque rapport technique en “validation de nos politiques”.
Une simple passation de service au FMI devient ainsi un spectacle politique soigneusement organisé pour masquer l’échec patent des réformes économiques et maintenir sous perfusion un régime qui survit uniquement grâce aux financements étrangers.
La question fondamentale demeure : jusqu’à quand les Centrafricains devront-ils supporter que leur misère serve de décor à la propagande officielle ? Jusqu’à quand le FMI et les autres bailleurs accepteront-ils d’être instrumentalisés par un régime qui transforme chaque geste administratif en victoire politique ?
Le président Touadéra se fait lamentablement ridiculiser en finançant la candidature de monsieur Saint-Cyr Tanza à la présidentielle. Ce dernier était un ex-militant du parti URCA (Union pour le Renouveau Centrafricain), dirigé par l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé. Il avait été chassé de ce parti. Et maintenant, pour aller aux Élections, le président Touadéra tente de se couvrir en recrutant des gens de gauche à droite pour composer avec sa candidature.
Il tente de payer et de financer la candidature de certaines personnes pour les présenter à la présidentielle. On ne va pas pour le moment parler des autres candidats. Pour cet article, on va se concentrer sur Monsieur Tanza Saint-Cyr.
La candidature de Tanza Saint-Cyr fait l’objet de rires et continue de faire rire partout dans le pays. Dans les quartiers de Bangui, dans la capitale, partout, sur les réseaux sociaux, c’est le rire. Monsieur Saint-Cyr Tanza fait rire et continue de faire rire les centrafricains. Pourquoi ? Parce que Saint-Cyr Tanza, comme dit l’un de ses voisins au quartier Ramandji, dans le troisième arrondissement de Bangui, c’est un homme qui s’est arrêté à l’école primaire. Il n’a même pas dépassé la classe de C M 2 de l’école primaire.
C’est incroyable. Et en plus de cela, pour aller à la présidentielle, il faut avoir au moins une licence universitaire. Mais Saint-Cyr Tanza, est-ce qu’il est arrivé même en classe de secondaire ? On ne sait pas. Même la façon dont il écrit sur les réseaux sociaux fait l’objet de rires. Les gens ont corrigé ses textes. Ils ont mis des stylos rouges. Corriger, corriger. Ça fait rire les gens.
Touadéra veut nous amener où ?
J’ai le copie dans ma bureau” : la déclaration qui fait le tour des réseaux sociaux
Saint-Cyr Tanza a même été invité au débat Patara de la radio Ndèkè-Luka le samedi dernier. Mais il a tenu des propos décousus et bizarres qui font Péter les réseaux sociaux.
Voici ce qu’il a déclaré au sujet du supposé passeport congolais du candidat Henri-Marie Dondra :
“J’ai le copie dans ma bureau”, a-t-il avancé.
“Je ne peux pas aller concourir avec un apatride, ou avec un non Centrafricain parce que c’est une haute responsabilité du pays et qu’il faut que ça soit les Centrafricains d’origine comme moi, père mère arrière père Centrafricains d’origine…”
Et d’ajouter : “…de faire ce constat aneur..”, ou encore “..que je viens à toutefois de mettre ça en lumière..”
Le Conseil constitutionnel devient pour lui “le conseil consultatif”. Il l’a dit à plusieurs reprises avant d’être corrigé par un débatteur qui lui a rappelé qu’on dit “Conseil constitutionnel”.
Ces déclarations ont provoqué un torrent de moqueries sur les réseaux sociaux. “J’ai le copie dans ma bureau” est devenu un mème. Les Centrafricains se demandent : Touadéra nous a amené où avec ce genre de candidat ?
Saint-Cyr Tanza se présente comme président du Rassemblement pour le Centrafrique Nouveau (RCAN). Il prétend avoir déposé une requête au Conseil constitutionnel pour invalider les candidatures d’Anicet-Georges Dologuélé et d’Henri-Marie Dondra.
Selon lui, Dondra aurait un passeport congolais, ce qui prouverait qu’il n’est pas centrafricain. “J’ai le copie, j’ai le copie en moi”, déclare-t-il sans jamais présenter de preuve concrète.
Pour Dologuélé, il affirme que l’ancien Premier ministre serait devenu “apatride” après avoir renoncé à sa nationalité française et que son certificat de nationalité centrafricaine aurait été annulé.
Mais pendant tout le débat, Tanza montre qu’il ne maîtrise ni les concepts juridiques ni le vocabulaire de base. Il confond “Conseil constitutionnel” et “conseil consultatif”. Il dit “le copie” au lieu de “la copie”. Ses phrases sont incohérentes : “de faire ce constat aneur”, “que je viens à toutefois de mettre ça en lumière”.
Les contradicteurs se moquent ouvertement de Saint-Cyr Tanza
Pendant le débat, Gildas De Carème Benam, qui défendait la candidature de Dondra, s’est moqué ouvertement de Tanza. “Vous voyez déjà que pour parler du Conseil constitutionnel qui est une haute instance de notre pays, cela pose des problèmes”, a-t-il dit après que Tanza ait appelé le Conseil constitutionnel “conseil consultatif”.
Les autres participants au débat ont également relevé les approximations et les erreurs de Tanza. Ils l’ont accusé d’être un “pantin” manipulé par le pouvoir pour écarter les vrais opposants.
Tanza a tenté de se défendre : “On m’a instrumentalisé. C’est quelqu’un qui est derrière moi. Comme ils ont l’habitude de dire, sans preuve.”
Mais personne n’a été convaincu. Comment peut-on croire en la sincérité d’un candidat qui ne maîtrise même pas le français correct, qui confond les institutions de la République, et qui fait des déclarations comme “J’ai le copie dans ma bureau” ?
Saint-Cyr Tanza était un militant du parti URCA d’Anicet-Georges Dologuélé. Il a été chassé du parti. Maintenant, il se retourne contre son ancien leader et dépose une requête pour invalider sa candidature.
Cette trajectoire montre clairement qu’il est manipulé par le pouvoir. Touadéra finance sa candidature. Touadéra lui demande de déposer des requêtes contre les vrais opposants. Et Tanza obéit.
Mais le problème, c’est que Tanza est tellement médiocre et incompétent qu’au lieu de nuire aux opposants, il ridiculise Touadéra lui-même.
Touadéra nous a amené où ?
Les Centrafricains se posent la question : Touadéra nous a amené où avec ce genre de candidat ?
Un homme qui s’est arrêté en C M 2. Un homme qui ne sait pas écrire correctement. Un homme qui confond le Conseil constitutionnel et un “conseil consultatif”. Un homme qui dit “J’ai le copie dans ma bureau”.
C’est ce genre de personne que Touadéra finance pour aller à la présidentielle ?
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont unanimes. Les gens rient. Ils se moquent. Ils partagent des captures d’écran des textes de Tanza avec des corrections en rouge. Ils créent des mèmes avec sa phrase “J’ai le copie dans ma bureau”.
Tanza Saint-Cyr est devenu la risée de Bangui. Et par ricochet, Touadéra aussi.
Une nouvelle forme d’escroquerie vient de débarquer en Centrafrique et commence à faire des ravages dans les ville de provinces. Le jeu s’appelle “Mossoro ti Béafrika” (Trésor de Centrafrique en sango). C’est un jeu de hasard où les participants parient de l’argent sur des numéros ou des matchs de football. Mais derrière l’apparence d’un jeu légal se cache une arnaque pure et simple organisée probablement par des proches du régime.
Le principe du jeu est simple. Tu choisis 4 chiffres maximum parmi une liste de 50 chiffres. Si ton numéro sort, tu gagnes de l’argent. Plus tu as de numéros gagnants parmi les 4 gagnants, plus tu gagnes. Par exemple, si tes deux numéro qui sont sortis parmi les 4 numéros gagnants, tu gagnes 35 000 francs CFA. Si tes 3 numéro sort parmi les 4 numéros gagnants, tu peux gagner 100 000 francs. Si tes 4 numéros sortent parmi les 4 gagnants, tu peux gagner jusqu’à 2 million de francs CFA.
Il y a aussi des paris sur les matchs de football et d’autres variantes. Les règles sont volontairement floues pour permettre aux organisateurs de manipuler le jeu comme ils veulent.
Le problème, ce n’est pas la nature du jeu. C’est que c’est une escroquerie organisée. Les organisateurs du “Mossoro ti Béafrika” ont quitté Bangui et traversent maintenant les villes de provinces pour arnaquer les populations. Ils vont de ville en ville, installent leur jeu, ramassent l’argent des gens, et disparaissent.
Au début, pour attirer les joueurs, ils laissent gagner quelques personnes. Ton numéro sort et on t’annonce que tu as gagné 5 000 ou 10 000 francs. Tu vas récupérer ton gain et ils te donnent effectivement l’argent. Tu es content. Tu en parles autour de toi. D’autres gens viennent jouer.
Mais rapidement, l’arnaque commence. Quand tu gagnes 20 000 francs, tu vas récupérer ton argent et on te donne seulement 1 000 francs. Ou même rien du tout. On te dit que tu as mal compris les règles. Que tu n’as pas vraiment gagné. Que tu dois rejouer pour toucher ton gain. Et tu rejoues. Et tu perds.
Ce n’est pas un vrai jeu de hasard. C’est une escroquerie bien organisée. Les organisateurs contrôlent tout. Ils décident qui gagne et qui perd. Ils manipulent les résultats pour s’assurer de toujours gagner de l’argent.
Le jeu fait actuellement des ravages à Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, à l’extrême nord-est de la Centrafrique. Les habitants de cette ville pauvre se ruinent en pariant leur maigre argent sur le “Mossoro ti Béafrika”. Ils espèrent gagner gros. Mais ils perdent tout.
L’arnaque bat son plein. Les gens jouent. Ils perdent. Ils rejouent. Ils reperdent. Et les organisateurs du jeu ramassent l’argent.
Tout cela se passe sous les yeux de tout le monde. Les autorités locales savent. Les forces de l’ordre savent. Mais personne n’intervient. On laisse faire comme si c’était un jeu légal et autorisé.
Est-ce que ce jeu respecte les lois du pays ? Non. Est-ce qu’il a une autorisation officielle ? Probablement pas. Est-ce que les organisateurs paient des taxes ? Certainement pas. Mais on les laisse opérer tranquillement.
Pourquoi ? Parce que les organisateurs sont probablement des proches du régime ou des gens qui ont des protections politiques. Sinon, comment expliquer qu’ils puissent parcourir le pays en toute impunité pour arnaquer les gens ?
Cette arnaque rappelle celle des Chinois qui étaient venus il y a quelques années avec leurs jeux de pièces de monnaie. Ils installaient des machines où tu joues avec des pièces de monnaie. Les gens venaient jouer. Les Chinois ramassaient les pièces. Et à un moment donné, il y a eu une crise de pièces de monnaie en Centrafrique parce que les Chinois avaient tout ramassé.
Le gouvernement n’avait rien fait à l’époque. Il ne fait rien maintenant non plus avec le “Mossoro ti Béafrika”. On laisse les escroqueurs opérer librement.
Ce qui est triste dans cette histoire, c’est que les victimes sont des gens déjà pauvres. La pauvreté pousse les Centrafricains à chercher de l’argent facile dans les jeux et les loteries. Ils espèrent gagner pour sortir de leur misère. Mais au lieu de gagner, ils perdent le peu qu’ils ont.
Les Centrafricains sont naïfs. Ils entendent parler d’un jeu où on peut gagner de l’argent facilement et ils se précipitent. Ils ne se posent pas de questions. Ils ne vérifient pas si c’est légal. Ils ne se demandent pas comment c’est possible de gagner autant d’argent en pariant si peu. Ils jouent. Et ils perdent.
Les organisateurs du “Mossoro ti Béafrika” profitent de cette naïveté. Ils savent que les Centrafricains sont désespérés. Qu’ils cherchent n’importe quelle solution pour avoir de l’argent. Alors ils leur vendent du rêve. Ils leur promettent qu’ils peuvent gagner des millions. Et les gens y croient.
Un État normal protégerait ses citoyens contre ce genre d’escroquerie. Il réglementerait les jeux d’argent. Il vérifierait que les organisateurs respectent les règles. Il sanctionnerait les fraudeurs.
Mais en Centrafrique, l’État n’existe pas pour protéger les citoyens. Il existe pour protéger les intérêts de ceux qui sont au pouvoir et de leurs proches. Alors on laisse ces escroqueurs arnaquer la population. Tant que les autorités touchent leur part, tout va bien.
Les Centrafricains doivent comprendre qu’il n’y a pas d’argent facile. Les jeux comme le “Mossoro ti Béafrika” sont des arnaques. Si c’était vraiment possible de gagner autant d’argent facilement, tout le monde serait riche. La réalité, c’est que seuls les organisateurs gagnent. Les joueurs perdent.
Il faut que les populations cessent de tomber dans ces pièges. Il faut qu’elles comprennent que ces jeux ne sont pas une solution à la pauvreté. Au contraire, ils aggravent la pauvreté en prenant aux pauvres le peu qu’ils ont.
Ça y est! Les Chinois débarquent désormais à Ndélé pour exploiter l’or : Touadéra livre le nord après avoir bradé le sud du pays aux étrangers
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/les-5-chinois-kidnappes-dans-la-Nana-Mambere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration des 5 chinois kidnappés dans-la Nana-Mambéré
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une nouvelle vague d’exploitation chinoise déferle sur la Centrafrique. Après avoir saccagé les mines de la Ouaka, de la Basse-Kotto, de la Nana-Mambéré, de la Mambéré-Kadéï, de la Lobaye et d’autres régions, les exploitants chinois s’attaquent maintenant au nord du pays, précisément dans la préfecture de Bamingui-Bangoran.
Depuis la semaine dernière, les 14 et 16 octobre 2025, les Chinois défilent et arrivent en masse à Ndélé, le chef-lieu de la préfecture, pour progresser vers les sites miniers aurifères de la région. Cette invasion minière coordonnée marque une nouvelle étape dans le pillage des ressources centrafricaines organisé par le régime Touadéra.
Ndélé, ville du nord-est de la Centrafrique, chef-lieu de Bamingui-Bangoran, vit une transformation rapide. Depuis une semaine, des groupes de Chinois arrivent régulièrement dans la ville, accompagnés des soldats de l’armée nationale lourdement armés. Ils viennent prospecter, visiter les sites miniers, préparer leur installation. Ces exploitants ne sont pas des prospecteurs individuels venus tenter leur chance. Ce sont des groupes organisés, bien financés, qui arrivent avec du matériel, des moyens logistiques, et visiblement avec l’aval des autorités centrafricaines. Leur objectif est clair : prendre le contrôle des mines d’or de Bamingui-Bangoran. Cette région, longtemps épargnée par l’exploitation minière intensive qui a ravagé d’autres parties du pays, est maintenant dans le viseur des exploitants chinois.
Selon certains observateurs sur place, ces exploitants chinois ne travailleraient pas pour leur propre compte, mais pour le compte des Russes. Cette information, bien que non confirmée officiellement, circule avec insistance à Ndélé. Plusieurs sources locales soupçonnent que Wagner et les intérêts russes, qui contrôlent déjà une grande partie de l’exploitation minière en Centrafrique, utiliseraient les Chinois comme intermédiaires : les Chinois apporteraient l’expertise technique et la main-d’œuvre, mais travailleraient sous contrat pour les Russes qui contrôleraient les permis et la commercialisation. Cette configuration, si elle se confirme, serait une première en Centrafrique. Jusqu’à présent, les Russes et les Chinois opéraient séparément dans leurs zones respectives. Si effectivement ils collaborent maintenant à Ndélé, cela signifierait une consolidation inquiétante des intérêts russes et chinois dans l’exploitation des ressources du pays.
Un détail particulièrement surréaliste de cette invasion minière fait beaucoup parler à Ndélé : l’un des Chinois arrivés le 16 octobre 2025 prétendrait vouloir se présenter aux Élections législatives dans la circonscription de Ndélé 1.
Cette déclaration, qui fait rigoler les habitants selon nos sources, montre à quel point la situation est devenue absurde en Centrafrique sous Touadéra. Un Chinois, qui arrive dans une ville pour exploiter les mines, prétend qu’il a des “liens d’attache” à Ndélé et qu’il veut être député.
Plusieurs interprétations circulent. Certains pensent que c’est une plaisanterie, une couverture humoristique pour masquer le vrai objectif qui est l’exploitation minière.D’autres y voient une stratégie pour s’intégrer localement et obtenir des facilités. En prétendant vouloir devenir député, le Chinois enverrait le message qu’il ne vient pas juste piller et partir, mais qu’il veut “s’investir” dans la région. L’hypothèse la plus inquiétante, celle que personne n’ose vraiment exprimer ouvertement mais qui traverse les esprits : le régime Touadéra est tellement corrompu qu’il pourrait effectivement envisager de faire élire un Chinois comme député, en truquant les Élections comme d’habitude. Après tout, si on peut déclarer apatride un député centrafricain élu démocratiquement, pourquoi ne pourrait-on pas faire élire un Chinois ? Cette dernière possibilité, bien que semblant absurde, n’est plus à exclure totalement dans la Centrafrique de Touadéra où plus rien ne devrait nous surprendre. Quoi qu’il en soit, cette histoire du Chinois candidat aux législatives montre à quel point les exploitants chinois se sentent en confiance dans le pays. Ils arrivent, ils prennent ce qu’ils veulent, et ils plaisantent même sur la possibilité de devenir députés. C’est le niveau de mépris qu’ils ont pour le pays et ses institutions.
Mais au-delà de ces anecdotes, l’objectif réel de cette invasion chinoise reste les mines d’or du Bamingui-Bangoran. Selon des informations crédibles obtenues sur place, les Chinois sont venus pour visiter les sites miniers, évaluer le potentiel, et préparer l’exploitation. Le Bamingui-Bangoran possède des gisements aurifères importants qui n’ont pas encore été exploités de manière intensive. Jusqu’à présent, l’exploitation minière dans cette région était principalement artisanale, menée par des orpailleurs locaux avec des moyens rudimentaires. Mais maintenant que les Chinois arrivent avec leurs machines, leurs techniques d’exploitation intensive, leurs moyens financiers, l’exploitation va changer d’échelle. Les sites seront mécanisés. L’extraction sera massive. Les profits seront énormes. Pour les exploitants chinois. Les populations locales, elles, ne verront rien de ces profits. Comme dans toutes les autres régions où les Chinois et les Russes exploitent les mines, les habitants du Bamingui-Bangoran seront dépossédés de leurs terres, pollués par les produits chimiques utilisés dans l’extraction, appauvris malgré les richesses extraites de leur sol.
Cette invasion minière du Bamingui-Bangoran s’inscrit dans une stratégie plus large du régime Touadéra : la distribution massive de permis miniers aux Chinois, aux Russes, et aux Rwandais. Depuis l’arrivée de Touadéra au pouvoir en 2016, et surtout depuis son alliance avec Wagner à partir de 2018, le président distribue les permis d’exploitation minière comme s’il distribuait des bonbons. Les Russes d’abord, puis les Chinois, et même des Rwandais, obtiennent des permis pour exploiter l’or, les diamants, et d’autres ressources du pays. Cette distribution se fait sans transparence, sans appels d’offres publics, sans études d’impact environnemental sérieuses, sans consultation des populations locales. Touadéra signe, et les exploitants chinois et russes arrivent avec leurs machines. Le résultat est catastrophique pour le pays.
Les ressources minières, qui devraient enrichir la Centrafrique et financer son développement, sont pillées par les Chinois, les Russes et les Rwandais. L’État centrafricain ne perçoit qu’une fraction minime des profits, souvent sous forme de pots-de-vin versés directement à Touadéra et son clan. Les populations locales sont dépossédées de leurs terres ancestrales. Les orpailleurs artisanaux, qui vivaient modestement de l’extraction d’or, sont chassés des sites par les grandes compagnies chinoises. L’environnement est détruit par les techniques d’exploitation intensive qui utilisent du mercure et d’autres produits toxiques. Et pendant ce temps, Touadéra et son clan s’enrichissent. Chaque permis minier distribué rapporte des millions de francs CFA en pots-de-vin. C’est le business model du régime : vendre les ressources du pays aux Chinois et aux Russes, empocher les commissions, et laisser le peuple dans la misère.
Le Bamingui-Bangoran était jusqu’à présent relativement épargné par ce pillage. La région, éloignée, difficile d’accès, moins connue pour ses ressources minières que d’autres parties du pays, n’avait pas encore attiré massivement les exploitants chinois. Mais cette relative tranquillité est en train de se terminer. Les Chinois ont découvert le potentiel aurifère de la région. Ils ont obtenu, ou sont en train d’obtenir, les permis nécessaires auprès du régime Touadéra. Ils arrivent maintenant en force pour commencer l’exploitation. Le Bamingui-Bangoran devient ainsi la nouvelle frontière du pillage minier en Centrafrique. Après avoir saccagé la Ouaka, la Basse-Kotto, la Nana-Mambéré, la Mambéré-Kadéï, la Lobaye, et d’autres régions, les exploitants chinois s’attaquent maintenant au nord. Cette progression géographique du pillage montre que le régime Touadéra est prêt à livrer l’ensemble du territoire national aux Chinois et aux Russes. Aucune région ne sera épargnée. Partout où il y a des ressources minières, les permis seront distribués, les exploitants chinois arriveront, et les populations seront dépossédées.
Pour les habitants du Bamingui-Bangoran, l’arrivée des exploitants chinois va transformer radicalement leur vie, et pas dans le bon sens. Les sites miniers seront réquisitionnés par les grandes compagnies chinoises. Les orpailleurs artisanaux locaux qui travaillaient sur ces sites seront chassés. Les terres agricoles proches des mines seront polluées et devenues impropres à la culture. L’exploitation minière intensive utilise des produits chimiques toxiques, notamment le mercure pour extraire l’or. Ces produits contaminent l’eau, les sols, tuent les poissons dans les rivières. Les populations qui dépendent de ces ressources naturelles pour leur survie seront directement affectées. Beaucoup d’habitants du Bamingui-Bangoran vivent de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, et de l’orpaillage artisanal. L’arrivée des grandes exploitations chinoises détruira ces activités traditionnelles sans offrir d’alternatives viables. Contrairement à ce que pourrait prétendre le régime, les populations locales ne bénéficieront pas économiquement de cette exploitation. Les emplois créés seront peu nombreux et mal payés. Les profits iront aux exploitants chinois et aux dirigeants corrompus à Bangui. Les impôts et taxes, s’ils sont payés, ne reviendront jamais dans la région pour financer des écoles, des hôpitaux, des routes. L’exploitation minière attire toujours des populations flottantes, des trafiquants, des groupes armés qui veulent contrôler les sites. La présence de richesses importantes crée des tensions, des conflits, de la violence.
Maxime Balalou, ou l’art de se noyer dans ses propres mensonges : quand un voleur joue les victimes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/don-vol-maxime-balalou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le don du ministre Maxime Balalou, un bien public volé à l’ENERCA
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Il fallait oser. Après avoir été pris la main dans le sac, le ministre de la Communication, Maxime Balalou, a cru bon de publier un « droit de réponse » aussi grotesque que méprisant. Un texte qui, loin de le disculper, ne fait que confirmer ce que tout le monde sait déjà : un voleur reste un voleur, même quand il se drape dans des mots creux et des accusations inversées.
Le vol, c’est un fait. Le reste, c’est du vent. Maxime Balalou nous explique, avec une audace confondante, que les lampadaires solaires installés devant sa résidence et le siège du MCU ont été « achetés à ses frais ». Menteur. Les marquages officiels, les documents du Fonds saoudien et les témoignages des riverains le prouvent : ces équipements étaient destinés à l’éclairage public, financés par un don international. Point. Pas de « don personnel », pas de « générosité privée », juste un vol éhonté, commis avec la même désinvolture que celle d’un pickpocket qui vous regarde droit dans les yeux en vidant vos poches.
Et que dire de cette inscription narcissique : « Don de votre frère Maxime Balalou » ? Un voleur qui signe son forfait, voilà qui est rare. Balalou ne se contente pas de voler, il revendique son vol comme une œuvre caritative. La folie a un nom, et elle porte un costume de ministre.
« Mes détracteurs sont jaloux » : la défense pathétique des coupables Balalou, dans un élan de paranoïa digne des pires dictateurs, accuse ses « détracteurs politiques » de complot. Classique. Quand on n’a plus d’arguments, on invente des ennemis. Mais voici ce qu’il oublie :
– Où est la plainte pour diffamation ? Si Maxime Balalou est si sûr de son innocence, pourquoi ne pas saisir la justice ? Parce qu’il sait pertinemment que les preuves l’accablent. Un lampadaire marqué « Fonds saoudien » devant chez lui, ce n’est pas une « rumeur », c’est un fait.
– Pourquoi l’ENERCA se tait-elle ? Parce que l’ENERCA, comme tant d’institutions en Centrafrique, est une coquille vide, une entreprise d’État où les responsables ferment les yeux quand les puissants se servent. Maxime Balalou le sait. Il compte là-dessus.
Une maison dans le 2e arrondissement de la ville de Bangui érigée en siège du MCU par le candidat du parti au, Maxime Balalou
Et cette perle : « Ce n’est pas encore la période électorale». Ah bon ? Alors pourquoi installer des lampadaires à l’effigie de son parti, le MCU, si ce n’est pour s’acheter des voix avec de l’argent qui ne lui appartient pas ? Maxime Balalou prépare sa campagne sur le dos des Centrafricains. C’est ça, la « générosité » ?
La maladie mentale d’un clan de voleurs. Maxime Balalou n’est pas une exception dans de telle affaire. Il est l’exemple parfait d’une épidémie. Son neveu, déjà connu pour ses braquages et vol, a visiblement appris de son oncle. Le vol, chez les Balalou, c’est une tradition familiale. On se souvient de ses séjours en prison, de ses micmac passées, de ses promesses jamais tenues. Un récidiviste, voilà ce qu’il est. Et aujourd’hui, il ose jouer les offensés ?
CNC va revenir sur cette affaire . Franchement, nous y reviendrons. Sur ses vols passés, sur ses magouilles, sur ses mensonges. Parce que la mémoire des Centrafricains est longue, et que la justice, un jour, rattrape toujours les voleurs.
« Je respecte la liberté de la presse »…. mais pas la vérité. Maxime Balalou termine son torchon en invoquant la « démocratie » et le « débat d’idées ». Hypocrisie. La démocratie, c’est d’abord le respect des biens publics. C’est ne pas voler ce qui appartient à tous pour en faire un outil de propagande. Balalou confond démocratie et impunité.
« Chacun sera jugé sur ses réalisations ». Très bien. Alors parlons-en, de ses « réalisations » :
– Des lampadaires volés à l’ENERCA.
– Une inscription mentionnant son nom sur un bien public.
– Des années de promesses non tenues, de corruption assumée, de mépris pour les Centrafricains.
Voilà ses « réalisations », Maxime Balalou. Et elles puent le vol, la concussion et l’arrogance.
Maxime Balalou, un homme fini, un système à abattre. Comme les centrafricains le disent, Balalou n’est plus qu’un clown triste, agitant des mots creux pour couvrir sa rapacité. Mais les Centrafricains ne sont pas dupes. Un voleur, ça se dénonce. Ça se traîne devant les tribunaux. Ça ne se laisse pas faire.
Alors oui, Maxime Balalou, nous reviendrons sur cette affaire. Nous reviendrons sur toutes vos affaires. Parce que les centrafricains méritent mieux que des voleurs en costume-cravate. Ils méritent mieux que des Balalou, père et fils, oncle et neveu, une dynastie de voleurs.
La vérité, c’est que vous êtes un voleur. Et un voleur, ça finit toujours par payer.
À suivre. Parce que cette fois, nous ne lâcherons pas.
Basse-Kotto : un homme tue sa femme à Pouloubou et prend la fuite
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/03/Les-miliciens-Anti-Balaka-à-Bangui-le-4-fevevrier-2014-afp-.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les miliciens Anti-Balaka à Bangui pour illustration, le 4 fevevrier 2014 afp
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un homme a tué sa femme mardi 28 octobre à 6h30 du matin dans le village de Pouloubou, situé à 75 km d’Alindao et 25 km de Mingala, dans la préfecture de la Basse-Kotto. Le meurtre serait lié à une histoire d’adultère. L’homme a pris la fuite. La famille de la victime est à sa recherche.
Pouloubou est une zone minière qui regroupe plusieurs personnes venues de différentes villes pour travailler sur les chantiers d’orpaillage. C’est un village sans administration, sans force de l’ordre, sans aucune présence de l’État.
Après avoir tué sa femme, le meurtrier a fui dans la brousse. La famille de la victime et les habitants du village sont partis à sa recherche. Mais sans police, sans gendarmerie, la justice sera probablement rendue par la foule si l’homme est retrouvé.
Il n’y a pas de force de l’ordre dans cette localité de la Basse-Kotto. La situation est grave. Tout le monde s’inquiète. Quand un meurtre se produit dans une zone sans présence de l’État, c’est la loi de la jungle qui s’applique.
Le MPC désormais aux mains des rebelles soudanais : Al-Khatim nomme un rebelle soudanais du FSR comme chef d’état-major et remplace ses propres hommes par des rebelles soudanais
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/general-djido-ali-le-rebelle-soudanais-nomme-chef-d-etat-major-du-mpc-par-al-khatim.jpg” data-wpel-link=”internal”>Général Djido Ali, le rebelle soudanais nommé chef d’État-major du MPC par Al-Khatim
Le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) n’est plus ce qu’il était. Le chef rebelle Mahamat Al-Khatim vient de franchir une ligne rouge en nommant un rebelle soudanais des Forces de Soutien Rapide (FSR) comme chef d’état-major général de son mouvement. Des centaines de combattants soudanais ont débarqué sur les chantiers miniers de Markounda et de Kouki.
Corbeau News Centrafrique a obtenu copie de la note de service n°001/2025 datée du 16 août 2025, signée par le Général Alkatim Mahamat, président fondateur du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique. Ce document officiel nomme le Général Djido Ali comme chef d’état-major général des armées du MPC.
Djido Ali n’est pas du pays. C’est un rebelle des Forces de Soutien Rapide (FSR), la milice paramilitaire soudanaise qui se bat actuellement contre l’armée régulière au Soudan dans une guerre civile sanglante. Comment un rebelle d’une milice étrangère peut-il devenir chef d’état-major d’un mouvement rebelle d’un autre pays ? Comment peut-on accepter qu’un étranger commande des hommes censés se battre pour des revendications locales ?
La réponse est simple : le MPC n’existe plus comme mouvement rebelle avec des revendications politiques. Il est devenu une coquille vide utilisée par Al-Khatim pour contrôler les chantiers miniers en partenariat avec Wagner. Et pour maintenir ce contrôle, Al-Khatim a besoin d’hommes armés. Comme les combattants du MPC ont presque tous déserté son mouvement, il fait venir des Soudanais.
Avec l’arrivée du Général Djido Ali, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de rebelles soudanais des FSR ont débarqué en Centrafrique. Ils ont été positionnés sur les chantiers miniers que contrôle Al-Khatim, notamment dans la région de Markounda et de Kouki, ainsi que sur le site minier de Fiesi.
Ces chantiers produisent de l’or et des diamants. Wagner en assure la sécurité et récupère une part importante de la production. Al-Khatim fournit la main-d’œuvre armée pour protéger les sites et empêcher les anciens combattants de venir réclamer leur part.
Mais les rebelles du MPC ont presque tous déserté. Beaucoup sont partis faire du commerce. D’autres ont rejoint l’UPC (Unité pour la Paix en Centrafrique), le mouvement rival dirigé par Ali Darassa. D’autres encore travaillent maintenant comme ouvriers sur les mêmes chantiers miniers qu’ils contrôlaient autrefois les armes à la main.
Le Général Anour Moussa, ancien chef d’état-major d’Al-Khatim, a fait défection avec une partie importante de ses hommes. Il a refusé de coopérer avec Wagner et de transformer le MPC en milice au service des intérêts miniers russes.
Face à cette hémorragie, Al-Khatim a trouvé la solution : remplacer les combattants du MPC par des Soudanais. Des hommes qui ne connaissent rien au pays. Qui n’ont aucun lien avec les populations locales. Mais qui acceptent d’être payés pour garder les chantiers miniers.
Lundi dernier, les rebelles soudanais du FSR stationnés sur le chantier minier de Fiesi ont célébré bruyamment la prise de la ville d’El Fasher au Soudan par leurs camarades du FSR. Cette bataille au Soudan a fait des centaines de morts. Des civils ont été massacrés. Mais pour les rebelles FSR en Centrafrique, c’était une victoire à fêter.
Ils ont tiré en l’air avec leurs armes automatiques. Pendant des heures. Ils ont fait des vidéos. Ils ont dansé. Ils ont célébré comme s’ils étaient au Soudan, pas en Centrafrique.
Ces vidéos ont été partagées massivement sur les réseaux sociaux. On y voit des dizaines d’hommes armés en treillis militaire qui tirent des rafales dans le ciel. On entend les cris de joie. On voit le Général Djido Ali, le nouveau chef d’état-major soudanais du MPC, au milieu d’eux.
Ces images ont choqué beaucoup de gens. Comment des rebelles étrangers peuvent-ils célébrer une victoire militaire dans leur pays d’origine en tirant en l’air sur le sol centrafricain ? Comment peuvent-ils transformer un chantier minier en base arrière pour leur guerre au Soudan ?
Le lendemain, mardi, un jeune homme qui travaillait sur le même chantier est allé voir les rebelles soudanais. Il était ancien rebelle du MPC avant de quitter le mouvement pour travailler comme ouvrier minier.
Le jeune a dit poliment : “Vous avez fait trop de bruit hier. Vous avez tiré en l’air pendant des heures. Ça peut nous créer des problèmes avec les autorités et avec Wagner. Ce n’est pas bien. Vous devez rester calmes.”
C’était une remarque de bon sens. Une demande raisonnable. Il ne les insultait pas. Il ne les attaquait pas. Il leur demandait simplement de faire attention.
La réaction des rebelles soudanais a été d’une violence inouïe. Ils ont arrêté ce jeune. Ils l’ont attaché avec des câbles métalliques. Ils l’ont torturé. Pendant des heures. Jusqu’à ce qu’il meure.
Cet ex-rebelle du MPC est mort mardi sur le chantier minier de Fiesi, torturé à mort par des rebelles étrangers parce qu’il leur avait demandé de ne pas tirer en l’air.
Le même jour, les rebelles soudanais et les éléments d’Al-Khatim ont arrêté deux autres anciens combattants du MPC sur le chantier minier de Balaka.
Il s’agit de Ridwan, commandant de secteur, et du Général Bourma, son adjoint. Ils ont été arrêtés par le comité mixte composé de Wagner et des éléments d’Al-Khatim. Ils ont été remis aux Mercenaires russes.
Ridwan est le frère du Général Anour Moussa, l’ancien chef d’état-major d’Al-Khatim qui a fait défection parce qu’il refusait de coopérer avec Wagner. Visiblement, Al-Khatim règle ses comptes. Il utilise Wagner et ses nouveaux mercenaires soudanais pour traquer tous ceux qui ont quitté son mouvement ou qui appartiennent aux familles de ceux qui l’ont quitté.
Le MPC n’est plus un mouvement rebelle avec des revendications politiques ou sociales. C’est devenu une milice étrangère au service des intérêts miniers de Wagner.
Son chef d’état-major est soudanais. Ses combattants sont soudanais. Ils célèbrent les victoires des rebelles soudanais au Soudan. Ils torturent des anciens combattants du MPC qui osent les critiquer. Ils arrêtent des ex-rebelles et les livrent à Wagner.
Et tout cela se passe sous les yeux du régime Touadéra. Sans que le gouvernement ne réagisse. Sans que l’armée nationale n’intervienne. Sans que personne ne dise : stop, on ne peut pas accepter qu’une milice étrangère torture nos compatriotes sur notre sol.
Le régime Touadéra parle de désarmement. Il appelle les rebelles à déposer les armes et à s’intégrer dans l’armée nationale ou dans la vie civile. Al-Khatim a signé un accord de désarmement avec le gouvernement.
Alors quand viendra le moment du désarmement, ces rebelles soudanais seront intégrés dans les FACA. Ils demanderont leurs grades. Le Général Djido Ali dira qu’il était chef d’état-major du MPC, donc il veut être intégré comme général dans l’armée. Et le régime acceptera.
On aura des généraux soudanais dans l’armée. Des hommes qui ne parlent pas sango. Qui ne connaissent rien au pays. Qui viennent d’une milice paramilitaire impliquée dans des massacres au Soudan. Mais qui porteront l’uniforme des FACA et toucheront un salaire payé par les contribuables.
C’est incroyable. Mais c’est exactement ce qui va se passer. Parce que le régime Touadéra a transformé le désarmement en business. Al-Khatim amène des Soudanais, il les inscrit comme membres du MPC, et ensuite il demande leur intégration dans l’armée nationale. Et le gouvernement accepte.
L’armée est déjà pleine d’étrangers. Tous sont venus en Centrafrique comme rebelles ou comme mercenaires. Ensuite, ils ont été intégrés dans les FACA avec des grades d’officiers.
Maintenant, on va ajouter des centaines de combattants des Forces de Soutien Rapide du Soudan. Des hommes qui se battent actuellement dans une guerre civile au Soudan. Des hommes qui commettent des massacres de civils. Des hommes qui torturent des anciens rebelles du MPC à mort quand ils osent leur demander de rester calmes.
Ces hommes-là vont devenir des soldats de l’armée. Ils vont porter l’uniforme national. Ils vont avoir le droit de circuler armés partout dans le pays. Et demain, quand ils commettront des exactions contre la population, on dira : ce sont des soldats des FACA, on ne peut rien faire.
Dologuélé accuse Touadéra de vouloir devenir un “empereur”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/Anicet-Georges-Dologuele-le-chef-de-file-de-lopposition-démocratique-reçut-par-Touadera-le-28-janvier-à-la-Présidence-de-la-République.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/Anicet-Georges-Dologuele-le-chef-de-file-de-lopposition-démocratique-reçut-par-Touadera-le-28-janvier-à-la-Présidence-de-la-République-450×300.jpg” alt=”Centrafrique : Dologuélé accuse Touadéra de vouloir devenir un "empereur"” width=”450″ height=”300″ />Anicet Georges Dologuele, leader de l’URCA , reçut par Touadera le 28 janvier à la Présidence de la République
L’opposant Dologuélé dénonce les dérives autoritaires du président centrafricain et réclame un dialogue politique urgent.
Anicet Georges Dologuélé reproche à Faustin-Archange Touadéra de concentrer les pouvoirs et d’ignorer les demandes de concertation politique.
Le président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) ne mâche plus ses mots. Dans une interview accordée à Radio France Internationale, Anicet Georges Dologuélé accuse frontalement Faustin-Archange Touadéra de dérive autoritaire, allant jusqu’à évoquer des velléités “impériales” à quatre mois des élections générales de décembre 2025.
Au cœur des griefs de l’opposition figure la composition du Conseil constitutionnel. La nouvelle Constitution de 2023 permet au président et à son entourage de nommer six membres sur onze dans cette instance. “Ça fait trop !”, s’exclame Dologuélé, qui y voit une mainmise excessive du pouvoir exécutif sur la justice constitutionnelle. Cette concentration des pouvoirs s’accompagne de restrictions électorales controversées : interdiction faite aux binationaux de briguer la présidence et obligation d’être Centrafricain “d’origine“, c’est-à-dire de père et mère centrafricains.
Ces dispositions créent selon le chef de file de l’opposition des “problèmes artificiels” qui visent avant tout à consolider l’emprise présidentielle. Dologuélé dénonce une stratégie délibérée pour écarter les concurrents potentiels et faciliter un éventuel troisième mandat de Touadéra.
L’Autorité Nationale des Élections (ANE) cristallise également les critiques. L’institution ne dispose toujours pas de COPEC, peine avec la gestion du fichier électoral et accuse un retard d’un an dans la révision des listes. “Comment aller à des élections en sachant que ça va mal se passer ?“, interroge Dologuélé, qui juge irréaliste l’organisation simultanée de quatre scrutins par une structure défaillante.
Cette situation alimente les soupçons sur les intentions réelles du pouvoir. L’absence totale de budget national pour financer les élections – “il y a zéro centime”, révèle Dologuélé, membre de la commission des finances – renforce cette perception. La République centrafricaine dépend entièrement de l’Union européenne, de la France et de la MINUSCA pour organiser ses consultations.
“Sans compétiteurs, pourquoi l’UE sortirait-elle l’argent des contribuables pour faire de Touadéra un empereur ?”, lance l’opposant, qui mise sur cette logique pour faire pression sur les bailleurs internationaux. Cette stratégie vise à conditionner le financement extérieur à des réformes préalables.
Face au blocage institutionnel, Dologuélé réitère sa demande de dialogue politique, formulée depuis deux ans sans réponse concrète. Le paradoxe atteint son comble lors de la fête nationale du 12 août : Touadéra évoque une “main tendue” tout en qualifiant l’opposition d’”ennemie de la paix”. Cette contradiction illustre selon Dologuélé l’impossibilité de discussions directes.
L’ancien Premier ministre propose donc l’intervention d’un médiateur externe, un chef d’État d’Afrique centrale reconnu pour sa neutralité. Cette médiation régionale permettrait de contourner les tensions internes et de créer un cadre propice aux négociations sur les réformes institutionnelles.
Sans ce dialogue, l’opposition n’exclut plus un boycott électoral massif. Cette menace place le pouvoir face à ses responsabilités : accepter les concessions réclamées ou assumer l’organisation d’élections contestées qui renforceraient l’image autoritaire dénoncée par Dologuélé.
Centrafrique : le gouvernement promet la transparence dans les marchés publics… qu’il contrôle lui-même. Autrement dit, Les voleurs légalisent leurs propres règles
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/11/Herve-Ndoba.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre centrafricain des finances Hervé Ndoba
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le gouvernement centrafricain a adopté, lors du Conseil des ministres du 2 octobre 2025, un projet de loi présenté comme une « réforme du code de la commande publique ». Officiellement, l’objectif serait de garantir la transparence, l’équité et la bonne gouvernance. Mais derrière ces grands mots, c’est le même système de détournement qui se recycle sous un nouvel emballage.
Lors du conseil des ministre du 2 octobre 2025, le ministre des Finances Hervé Ndoba a pris la parole après l’autorisation du Président Touadera pour expliquer que la réforme répondait aux « standards internationaux » et visait à « améliorer le cadre juridique des marchés publics ». En réalité, cette réforme n’est pas née d’une volonté nationale de transparence, mais d’une exigence des bailleurs, notamment la Banque mondiale, lassée de financer des projets absorbés par la corruption. Autrement dit, ce n’est pas l’État centrafricain qui réforme, c’est la Banque mondiale qui impose, et le gouvernement obéit.
Le même texte reconnaît que la loi de 2008, censée déjà « mettre le pays au standard international », n’a jamais produit les effets attendus. Quinze ans plus tard, les détournements n’ont pas diminué, les marchés continuent d’être attribués à des proches du pouvoir, et les organes de contrôle, souvent dirigés par les mêmes responsables, ont été incapables de sanctionner quoi que ce soit. Le Conseil parle de « lacunes à corriger ». Mais les lacunes ne sont pas dans le texte : elles sont dans la pratique. Dans un système où la corruption est structurelle, gérée par le Président de la République lui – même, une nouvelle loi devient simplement un nouveau bouclier juridique pour ceux qui détournent.
Parmi les « innovations » vantées par le gouvernement figurent la « prise en compte du genre » et le « développement durable ». Des termes séduisants qui n’ont jamais empêché un marché public d’être attribué à un ministre ou à une société écran. Le texte promet aussi de « renforcer les organes de contrôle ». Or ces organes sont nommés directement par l’exécutif — c’est-à-dire par ceux qui signent et profitent des marchés. Qui contrôlera donc les contrôleurs ? Les mêmes qui détournent. Cette réforme, présentée comme un pas vers la transparence, revient à confier la lutte contre la corruption à ceux qui en vivent.
La Banque mondiale applaudit la réforme. Le gouvernement parle d’un « pas vers la transparence ». Mais dans les ministères, rien ne change : les appels d’offres continuent d’être truqués, les entreprises proches du pouvoir raflent les chantiers, et les audits restent secrets. Les marchés publics centrafricains sont devenus la première source de financement Politique du régime. Chaque projet financé par l’étranger se transforme en caisse noire, chaque contrat en récompense pour fidélité politique.
Le texte sera transmis à l’Assemblée nationale pour adoption. Mais comme toutes les précédentes lois dites « de réforme », celle-ci n’aura d’effet que sur le papier. Ce code, censé corriger les abus, sera utilisé pour justifier les mêmes pratiques, avec plus de formalisme et moins de transparence réelle. La Banque mondiale sera « satisfaite », le gouvernement aura « réformé », et les détournements continueront. La transparence annoncée restera un slogan dans un pays où les voleurs écrivent eux-mêmes les lois contre le vol.
Le Lieutenant-Colonel WAWODOBOU FÎRMIN , ex-chef du détachement de l’armée nationale à Obo est mort
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/WAWODOBOU-FIRMIN-lactuel-Colonel-des-FACA-a-Obo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Lieutenant – Colonel WAWODOBOU FÎRMIN , ancien chef du détachement militaire à Obo
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Lieutenant-Colonel WAWODOBOU FÎRMIN , ancien chef militaire du détachement des soldats de l’armée nationale à Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou, est décédé le jeudi 24 octobre 2025 à l’âge de 60 ans. Les circonstances de son décès provoque de nombreux doutes parmi les soldats de l’armée nationale.
Selon les informations recueillies, le Lieutenant-Colonel WAWODOBOU FÎRMIN faisait partie des six officiers sélectionnés pour aller suivre un stage au Maroc. Subitement, quand il a quitté sa maison pour aller au travail, il a eu un petit malaise et léger problème à la jambe. Suite à ce malaise, il a été conduit à l’infirmerie du camp de Roux. Après, il a été transféré à l’hôpital communautaire. Quelques temps après, c’est sa mort.
Le Lieutenant-Colonel WAWODOBOU FÎRMIN est mort dans des conditions qui interrogent. Un homme en bonne santé, sélectionné pour un stage important au Maroc, qui meurt subitement après un simple problème à la jambe. Beaucoup de soldats émettent des doutes sur les circonstances réelles de son décès.
Rappelons que Corbeau News Centrafrique a écrit beaucoup d’articles sur le Lieutenant-Colonel WAWODOBOU FÎRMIN lorsqu’il était à Obo. La rédaction de CNC est vraiment touchée par cette nouvelle. Un homme qui avait l’avenir devant lui, qui disparaît dans ces conditions, c’est grave.
Le Lieutenant-Colonel WAWODOBOU FÎRMIN était né le 25 septembre 1965. Il laisse derrière lui une carrière militaire respectée et des interrogations sur les causes de sa mort brutale.
retour en force de toutes les barrières routières dans la Mambéré
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/barriere_a_la__sortie_nord_de_carnot_dans_la_mambere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Barrière multifonctionnelle illégale à la sortie de Carnot avec soldats FACA, policiers, gendarmes, agents phytosanitaires et forestiers . CopyrightCNC
En Centrafrique, partout en province, les barrières routières illégales refont surface malgré les annonces officielles de leur démantèlement depuis la signature du décret présidentiel de 2023.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Des axes secondaires aux grandes routes, les barrières clandestines prolifèrent à nouveau, avec des pratiques organisées de prélèvement illégal des taxes.
Dans la préfecture de la Mambéré, comme ailleurs dans le pays, les barrages routiers illégaux ont fait leur retour à peine quelques jours après les opérations de démantèlement menées par le gouvernement. Officiellement supprimés, ces checkpoints ressurgissent sur presque tous les axes secondaires et principaux, avec une organisation plus discrète mais cette fois plus structurée et mécaniquement efficace.
À Carnot, chef-lieu de la Mambéré, tous les usagers des axes secondaires et principaux dénoncent la présence de plusieurs barrières illégales et abusives. L’un des exemples les plus clairs se trouve à 5 kilomètres de l’entrée de la ville, sur l’axe Baoro. Ce poste, présenté comme une barrière “autorisée” tenue par les douanes, est devenu un point de collecte au profit de plusieurs forces non autorisées à y stationner.
Selon des conducteurs de taxi-moto régulièrement contrôlés sur ce checkpoint, les agents des douanes en place réclament désormais 2500 francs CFA au lieu des 1000 francs exigés auparavant. Cette hausse s’explique par un système de redistribution : chaque versement de formalité ( taxe illégale versée par les conducteurs ) est partagé entre les douaniers , les FACA, les gendarmes et les policiers, alors que seuls les agents des douanes sont censés y opérer. Le reste du montant est conservé par ceux qui contrôlent la barrière.
Ce modèle s’est répandu dans toute la région, et même au-delà. Sur la route Bangui–Damara, les gendarmes appliquent le même schéma. En cas de contrôle, toute infraction présumée donne lieu à une négociation tarifée, souvent au bénéfice d’une chaîne informelle d’agents. Les montants collectés sont ensuite redistribués entre forces autorisées et non autorisées, y compris des unités comme les phytosanitaires.
Des routes secondaires aux plus petits axes, dans la Mambéré comme dans d’autres préfectures, les barrières dites supprimées restent visibles et actives. Les tarifs augmentent, les contrôles se multiplient, et les forces en présence s’organisent pour contourner les mesures officielles. Ce retour massif des barrages met en évidence l’absence de contrôle effectif sur le terrain et la persistance d’un système de prélèvement illégal généralisé.
Dans un monde où les équilibres économiques se redessinent sans cesse, l’Afrique s’affirme peu à peu comme un espace d’initiative et de reconquête. Sur un continent longtemps cantonné au rôle de fournisseur de matières premières, la montée en puissance du numérique ouvre une autre voie : celle de la valeur créée localement.
La cryptomonnaie et la technologie blockchain, loin d’être de simples effets de mode, deviennent des instruments de souveraineté et de croissance. En transformant la manière dont circulent les capitaux, elles offrent aux États, aux entreprises et aux citoyens africains la possibilité de s’insérer dans les échanges mondiaux autrement, plus vite, plus librement, et surtout selon leurs propres règles.
Derriere cette évolution se profile une ambition claire : renforcer la compétitivité du continent tout en bâtissant une indépendance financière et technologique durable.
Les fondements technologiques et la fragmentation des monnaies traditionnelles
Le virage numérique que prend l’Afrique présente des parallèles intéressants avec l’évolution des instruments financiers basés sur la blockchain, tels que l’option sur l’Ethereum. Ce type de produit dérivé illustre comment la technologie peut offrir de nouveaux moyens de gérer le risque, de diversifier les investissements et de renforcer la confiance entre les acteurs économiques.
Dans un continent marqué par la cohabitation de plus de quarante monnaies et des barrières réglementaires multiples, l’expérience de ces outils financiers digitaux met en lumière la recherche d’une intégration plus fluide et transparente des échanges. Elle symbolise aussi la capacité du numérique à contourner la fragmentation monétaire au profit d’une circulation de valeur plus ouverte et interconnectée.
Les tokens, ancrés dans des protocoles ouverts, deviennent des passerelles d’inclusion et d’efficacité. Ils traduisent un même désir : échapper à la lenteur, au coût et à la dépendance d’un modèle financier hérité d’un autre temps.
Une opportunité d’inclusion financière et d’innovation locale
Pour des millions d’Africains restés à l’écart des banques, la cryptomonnaie incarne une révolution silencieuse. Un téléphone portable suffit à ouvrir un portefeuille numérique, à recevoir un paiement ou à lancer un projet. Là où les distances et les formalités ont longtemps été des freins, la technologie supprime les barrières et redonne du pouvoir aux individus. Les microtransactions en stablecoins réduisent les coûts de transfert et protègent de la volatilé des monnaies locales.
Dans cette dynamique, un nouvel écosystème émerge : des start-up, des fintechs, des coopératives inventent des solutions nées du terrain. Les femmes et les jeunes, longtemps exclus du système financier formel, en deviennent les acteurs les plus inventifs. Ce mouvement dépasse la simple inclusion : il redessine la manière de penser l’autonomie économique sur le continent.
La contribution des crypto-actifs aux chaînes de valeur mondiales
La blockchain ne sert plus seulement à envoyer de l’argent : elle réorganise la confiance à l’échelle mondiale. Dans les chaînes d’approvisionnement africaines, des plateformes permettent désormais de certifier l’origine du cacao, du diamant ou du lithium en temps réel. Chaque étape, du producteur à l’exportateur, est enregistrée sur un registre infalsifiable. Ce suivi précis rassure les investisseurs, renforce la transparence et donne plus de poids à la production locale.
Dans l’agriculture comme dans la tech, les contrats intelligents automatisent les paiements et accélèrent la rotation du capital. Cette digitalisation progressive relie les entreprises africaines aux marchés internationaux, améliorant leur visibilité et la valeur perçue de leurs produits. Pour la première fois, la confiance se construit autant par la technologie que par la parole.
Vers une économie numérique inclusive et résiliente
La cryptographie, pilier silencieux de cette transformation, offre à l’Afrique une arme contre la corruption et la défiance. En rendant chaque transaction traçable, elle instaure une discipline nouvelle, une responsabilité économique partagée. Certains gouvernements testent déjà des monnaies numériques de banque centrale, adaptées à leurs besoins internes.
D’autres expérimentent des systèmes hybrides, mêlant innovation privée et régulation publique. La route reste longue : les infrastructures manquent, les compétences aussi. Mais la jeunesse africaine, forte de sa maîtrise du digital et de son appétit d’entreprendre, pousse vers l’avant.
Dans cette énergie collective se trouve peut-être le plus grand atout du continent : transformer la cryptomonnaie non pas en rêve d’évasion, mais en levier de stabilité, de transparence et de prospérité partagée.
Touadéra vient de changer de stratégie. Après des mois à faire déclarer Dologuélé apatride, après avoir utilisé le ministre de la Défense pour dire qu’il n’est plus centrafricain, voilà qu’il veut maintenant que le Conseil Constitutionnel valide sa candidature. Ce revirement n’a rien d’un geste démocratique. C’est une nouvelle manœuvre pour humilier l’opposant.
Corbeau News Centrafrique a obtenu des informations précises sur ce qui se trame. Touadéra met la pression sur son cousin Waboué qu’il a placé à la tête du Conseil Constitutionnel. L’objectif : faire valider le dossier de Dologuélé. Pas pour lui permettre de gagner. Pas pour respecter ses droits. Mais pour l’utiliser dans une combine électorale bien ficelée.
Le plan est simple. Une fois le dossier validé, Dologuélé participera aux Élections. Il fera campagne. Il mobilisera ses partisans. Mais quand les résultats seront annoncés, on lui attribuera 2% ou 3%. Pas plus. Juste assez pour montrer qu’il y avait un opposant dans la course. Juste assez pour dire à la communauté internationale que les Élections étaient libres.
Cette stratégie a été discutée la semaine dernière lors d’une réunion à Damara avec le clan présidentiel. Ils ont pesé les options. Interdire complètement Dologuélé créerait trop de problèmes avec les partenaires internationaux. Mais le laisser gagner est hors de question. Alors ils ont trouvé la solution : le laisser participer et lui donner un score ridicule, et comme ça, cela permettra à Dologuelé de réclamer toujours le statut du leader de l’opposition démocratique.
Touadéra pourra ensuite dire : “Regardez, l’opposition a participé. Le Conseil Constitutionnel a validé le dossier de mon principal adversaire. Il est allé aux Élections librement. Et j’ai gagné avec 90% des voix. C’est la volonté du peuple.”
Cette technique n’est pas nouvelle. Beaucoup de dirigeants africains l’ont utilisée. Laisser l’opposition participer, mais truquer les résultats pour s’assurer une victoire écrasante. Donner quelques pourcents aux adversaires pour créer l’illusion d’une compétition. Et présenter le tout comme une victoire démocratique.
Le cas de Dologuélé est particulier parce que Touadéra a d’abord tout fait pour le détruire. Il l’a fait déclarer apatride. Il a mobilisé toutes les institutions contre lui. Les médias d’État l’ont diabolisé pendant des mois. Et maintenant, on va faire semblant de le réhabiliter. Pourquoi ? Pour mieux l’humilier en lui attribuant un score dérisoire.
Si cette stratégie se réalise, ce sera une première en Centrafrique. Un apatride qui participe à une élection présidentielle. Parce que selon le ministre de la Défense, Dologuélé n’est plus centrafricain. Il est apatride. Mais on va quand même le laisser se présenter.
Cette contradiction prouve que toute l’affaire de nationalité était politique depuis le début. Si Dologuélé était vraiment apatride, le Conseil Constitutionnel devrait rejeter sa candidature. Mais Touadéra a besoin qu’elle soit validée pour son plan de truquage. Alors le Conseil va l’accepter.
Touadéra pense qu’il peut tromper la communauté internationale avec cette combine. Il se dit que tant qu’il y a une apparence de processus démocratique, les partenaires étrangers vont accepter les résultats. Et il a peut-être raison. La communauté internationale ferme souvent les yeux sur les Élections truquées en Afrique quand elle veut éviter une crise.
La France, les États-Unis, l’Union Européenne, l’Union Africaine préfèrent souvent la stabilité à la démocratie réelle. Ils acceptent des résultats douteux tant qu’il n’y a pas de violence majeure. Touadéra compte là-dessus.
La question maintenant est : est-ce que Dologuélé va accepter de jouer ce rôle ? Va-t-il participer à des Élections en sachant qu’on lui attribuera 3-4% dans les résultats ? Va-t-il accepter d’être utilisé par Touadéra pour donner une légitimité démocratique à une élection truquée ?
Le choix est difficile. S’il boycotte, on dira qu’il a abandonné ses partisans. Qu’il n’a pas donné au peuple la chance de voter pour lui. Mais s’il participe, il légitime une élection dont les résultats sont déjà décidés. Il devient un accessoire dans la mise en scène de Touadéra.
C’est le dilemme de toutes les oppositions face aux dictatures. Participer ou boycotter ? Les deux options ont leurs risques. Et dans les deux cas, le dictateur trouve son compte.
Touadéra affine actuellement sa stratégie. Il veut créer l’apparence d’élections normales tout en contrôlant totalement les résultats. Il veut utiliser Dologuélé comme preuve qu’il y avait de l’opposition, puis l’écraser avec un score ridicule pour montrer sa “popularité”.
Les résultats sont déjà décidés. La réunion de Damara l’a confirmé. Le 28 décembre 2025, Touadéra annoncera sa victoire avec environ 90% des voix. Dologuélé aura 3-4%. Les autres candidats se partageront les miettes. Et on appellera ça une élection démocratique.
l’ACFPE livrée au népotisme et au chaos, même Touadera tourne le dos au personnel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/henri_koulayom_pca_de_acfpe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Henri Koulayom, Président du conseil d’administration de l’ACFPE
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les employés de l’ACFPE dénoncent un système verrouillé par la ministre du Travail Annie Michelle Mouanga et sa sœur Renée Bimbo, directrice par intérim.
La crise interne de l’Agence centrafricaine pour la formation professionnelle et l’emploi (ACFPE) prend une tournure inédite. Après avoir sollicité une audience auprès du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro pour exposer les dérives de gestion et le népotisme ambiante qui paralysent l’institution, les délégués du personnel n’ont obtenu aucune suite . Le silence du chef de l’État Baba Kongoboro est interprété comme un feu vert implicite laissé au pourrissement de l’agence.
Cette inertie présidentielle est d’autant plus inquiétante qu’au cœur du scandale se trouve la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga, dont la nomination est liée, selon plusieurs sources, à ses liens familiaux avec Tina Touadéra, deuxième épouse du président. Depuis son arrivée au gouvernement en 2021, elle a placé sa propre sœur, Renée Bimbo, au poste stratégique de directrice générale par intérim de l’ACFPE. Plus d’un an plus tard, cette intérimaire est toujours en place, sans élection régulière ni décision formelle du conseil d’administration.
Dans ce contexte verrouillé, les employés affirment que les appels à candidature du poste du directeur général ne sont qu’une façade. Ils expliquent que les termes de référence ont été rédigés de manière à exclure la majorité des candidats et à favoriser une seule personne : Renée Bimbo, déjà en fonction. C’est précisément cette manipulation qui a conduit les représentants du personnel à saisir le tribunal administratif pour demander l’annulation pure et simple de l’appel à candidature N°0193/ACFPE/CA .
Le dossier prend une tournure encore plus opaque lorsque les agents dénoncent l’intervention du cabinet CIFOM, présenté comme chargé du recrutement, alors que cette mission revient légalement au conseil d’administration. Pour eux, ce recours à un cabinet externe n’est rien d’autre qu’un habillage administratif destiné à légitimer une nomination familiale.
La contestation ne se limite pas au terrain judiciaire : le personnel a également notifié un préavis de grève de trois jours pour exiger le respect de la loi, le paiement des frais médicaux et des heures supplémentaires, et l’annulation immédiate de la procédure contestée . Par cette action, ils veulent montrer que la justice n’est pas leur seul recours, mais qu’ils sont aussi prêts à paralyser le fonctionnement de l’agence si rien ne change.
Pour les agents, la situation est claire : le président Faustin-Archange Touadéra, en refusant d’entendre leurs doléances, devient complice de ce système de népotisme installé au cœur même de l’État. Son silence équivaut à un aval donné à la ministre Annie Michelle Mouanga et à sa sœur Renée Bimbo, qui contrôlent l’ACFPE en dehors de toute transparence.
L’ACFPE, censée être un pilier de la formation et de l’emploi en Centrafrique, se retrouve ainsi prise en otage par des intérêts familiaux et politiques. Et pour les employés qui ont désormais placé leurs espoirs dans les juges, ce conflit ne fait que commencer.
Le Président Touadéra vient de franchir une nouvelle ligne. Le média Africa Intelligence a révélé que le président centrafricain s’est rendu au Gabon le 16 octobre 2025 pour une rencontre trilatérale avec le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. L’objectif : négocier l’extradition de l’ancien président François Bozizé, actuellement en exil en Guinée-Bissau.
Cette démarche n’a rien de légal ou de diplomatique normal. C’est une chasse à l’homme. Le Président Touadéra veut faire à Bozizé exactement ce qu’il a fait à l’ancien ministre Armel Sayo : le faire extrader, le ramener à Bangui, le jeter en prison, puis le livrer à Wagner pour qu’il soit torturé et enfermé dans un cachot.
Rappelons ce qui s’est passé avec Armel Sayo. Le Président Touadéra a négocié avec le Cameroun. Il a fait du jeu doux. Il a probablement versé de l’argent aux commissaires camerounais qui, comme beaucoup dans la région, aiment l’argent. Et le Cameroun a expulsé Armel Sayo vers Bangui.
Une fois à Bangui, Armel Sayo a été jeté à la prison de Ngaragba. Mais le 7 juillet 2025 vers 9 heures du matin, il a été enlevé de sa cellule. Les mercenaires russes sont venus vers 23 heures et l’ont capturé. Depuis ce jour, Armel Sayo n’est plus revenu au camp de Roux. Il a été présenté brièvement par deux fois au juge d’instruction, puis ramené quelque part dans un cachot du sous-sol camp de Roux géré par les mercenaires russes comme leur propre prison privée.
C’est exactement ce sort que le Président Touadéra alias Baba Kongoboro réserve à Bozizé. Si l’extradition réussit, on amènera Bozizé quelque part, on le torturera sauvagement. Comme il est âgé, il mourra probablement rapidement. Et c’est ce que Touadéra veut.
Ce qui rend cette affaire encore plus scandaleuse, c’est que Bozizé est celui qui a tout fait pour le Président Touadéra. Qui était Touadéra avant Bozizé ? Personne. Un simple professeur de mathématiques à l’université de Bangui. Un homme pauvre qui roulait avec une vieille Renault 12 grise. Un enseignant ordinaire parmi tant d’autres.
C’est Bozizé qui l’a fait recteur de l’université de Bangui. C’est Bozizé qui lui a donné le grade de professeur. C’est Bozizé qui l’a nommé Premier ministre. Et grâce à ce poste de Premier ministre, la France et les militants anti-Balakas l’ont aidé à devenir président en 2016.
Le Président Touadéra doit tout à Bozizé. Sans lui, il serait resté un professeur inconnu dans une université délabrée. Mais aujourd’hui, Touadéra veut capturer celui qui l’a tout donné. Il veut le faire extrader. Il veut le torturer. Il veut le tuer.
Ce n’est pas seulement de l’ingratitude. C’est de la malhonnêteté profonde. Quelqu’un te donne à manger. Quelqu’un te forme. Quelqu’un te fait monter. Et toi, une fois au pouvoir, tu te retournes contre lui. Tu le chasses. Tu le pourchasses. Tu veux le capturer et le tuer.
Bozizé n’est d’ailleurs pas le seul que Touadéra pourchasse. Tous ceux qui l’ont aidé à devenir président sont maintenant chassés. La France qui l’a aidé à prendre le pouvoir n’a plus aucune influence en Centrafrique. Touadéra l’a chassée au profit des Russes. Au deuxième tour de 2016, c’est Obiang Nguema de la Guinée Équatoriale qui lui a donné de l’argent et un avion pour l’aider. Mais aujourd’hui, qu’est-ce que le Président guinéen a reçu en retour ? Rien. Touadéra lui retourne son mépris.
La rencontre du 16 octobre au Gabon a été organisée à la dernière minute. Brice Clotaire Oligui Nguema, qui essaie de jouer le rôle de médiateur que jouait jadis Omar Bongo dans les crises centrafricaines, a réuni les trois présidents dans le salon présidentiel de l’aéroport Léon-Mba de Libreville.
Touadéra a demandé directement à Umaro Sissoco Embaló l’extradition de Bozizé. Il a invoqué le mandat d’arrêt international émis par la justice centrafricaine contre l’ancien président. Il veut mettre la pression sur Bozizé à l’approche de l’élection présidentielle de décembre 2025.
Mais Embaló ne semble pas prêt à céder aux demandes de Touadéra. Africa Intelligence note que “la réponse du président Embaló était dans son regard”. Bozizé vit à Bissau conformément aux recommandations de la feuille de route de Luanda signée fin 2021 entre le gouvernement de Bangui et les groupes armés, sous le parrainage de l’Angola. Cette feuille de route demandait que les chefs de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) ne s’exilent pas dans des pays frontaliers de la Centrafrique.
C’est d’ailleurs sous l’insistance américaine que Bozizé a été transféré de N’Djamena à Bissau en 2023. Les États-Unis ne voulaient pas que Bozizé reste au Tchad où il aurait pu facilement organiser une rébellion contre Touadéra. Ils l’ont donc fait transférer en Guinée-Bissau, un pays éloigné de la Centrafrique.
Bozizé tente depuis plusieurs mois de négocier son retour en Centrafrique après l’élection présidentielle de 2025. Il a parlé au téléphone au moins une fois avec Touadéra depuis le début de l’année. Son entourage, dont son fils Jean-Francis Bozizé en exil à N’Djamena, a ouvert des canaux de communication discrets pour préparer un retour en échange d’une amnistie.
Mais visiblement, le Président Touadéra ne veut pas d’amnistie. Il veut l’extradition. Il veut capturer Bozizé. Il veut le ramener à Bangui pour le livrer à Wagner. Il veut l’éliminer physiquement.
Cette obsession du Président Touadéra pour Bozizé s’explique par plusieurs raisons.
Il y a peu de chances qu’Embaló accède à la demande de Touadéra. D’abord parce que cela violerait les accords de Luanda. Ensuite parce que les États-Unis, qui ont organisé le transfert de Bozizé à Bissau, ne veulent pas qu’il soit livré à Touadéra. Enfin parce qu’Embaló lui-même a ses propres problèmes politiques en Guinée-Bissau et n’a pas besoin de complications internationales.
Mais le simple fait que Touadéra ait fait cette démarche montre son état d’esprit. Il est prêt à tout pour éliminer ses adversaires. Il est prêt à traquer un vieil homme qui l’a tout donné. Il est prêt à violer tous les principes de gratitude et d’honneur pour maintenir son pouvoir.
Cette affaire Bozizé s’ajoute à la longue liste des persécutions instrumentées par Touadéra. Armel Sayo torturé dans un cachot secret. Dologuélé déclaré apatride. Les opposants harcelés. Les journalistes menacés. Les défenseurs des droits humains arrêtés. Touadéra transforme la Centrafrique en État policier où personne n’est en sécurité.
L’histoire retiendra cette ingratitude. Un homme qui doit tout à un autre, et qui ensuite essaie de le détruire. Un président qui pourchasse celui qui l’a formé, qui l’a nommé, qui lui a donné sa chance. Cette trahison dit tout sur le caractère de Touadéra et sur la nature de son régime.
À Bangui, en plein camp Kassaï, un sous-officier de l’armée nationale a été froidement abattu
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/agents-forestiers.jpg” data-wpel-link=”internal”>agents forestiers en formation au camp Kassaï dans le septième arrondissement . Photo CNCScreenshot
Un sous-officier de l’armée nationale centrafricaine a été tué dans la nuit de dimanche à lundi au camp Kassaï, situé dans le 7ème arrondissement de Bangui. Le sergent a été abattu d’une balle dans le dos alors qu’il était parti pour acheter du café.
Les faits se sont déroulés dans un contexte de préparation du détachement militaire. Des soldats s’étaient regroupés au camp Kassaï avant de partir en détachement dans des villes de province. Alors que tous les soldats se sont regroupés au sein du camp Kassaï, le sergent, envie de boire du café, a quitté le groupe pour aller prendre du café. C’est au moment du retour à la base qu’il a été abattu par balles dans le dos par un inconnu.
La balle a traversé son dos et est ressortie par la poitrine. Le sergent est tombé et est mort sur place. Son corps a été transporté à la morgue du Centre Hospitalier Universitaire de Bangui.
Une enquête a été ouverte. Mais quelques heures après, un soldat s’est présenté à la gendarmerie. Il a reconnu les faits. Il dit que c’est lui qui a abattu son collègue.
On ne sait pas encore pourquoi. Est-ce qu’il a agi seul ? Quelles sont les raisons de ce meurtre ? A-t-il exécuté un ordre de quelqu’un ? L’enquête devra répondre à ces questions.
Le corps du sergent est depuis lundi matin à la morgue du CHU de Bangui.
Ce qui se passe dans l’armée centrafricaine dépasse l’entendement. Un soldat qui tire sur un autre soldat, ce n’est pas nouveau. Ça se passe régulièrement. Un soldat tire sur son chef et le tue. Ou le chef tire sur son soldat et le tue.
Il n’y a plus de respect dans l’armée des Wagner et de Touadera. Dans l’armée centrafricaine, il n’y a aucun respect de la hiérarchie. Il n’y a aucun respect des droits de l’homme. Il n’y a rien. Tout est désordre et chaos.
Chaos total chez les mercenaires de Touadéra : Mazette éjecte Tagoto et nomme son neveu Christian Gonedere Kossi président du MLPC fantoche
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Mazette-et-Koyambonou.jpg” data-wpel-link=”internal”>De gauche à droite : Mazette Jackson et Chantal Jean Édouard Koyambonou
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le MLPC fantoche créé par les mercenaires politiques de Touadéra pour diviser le vrai MLPC de Martin Ziguélé sombre dans le chaos total. Après avoir organisé un congrès bidon en septembre 2025 pour élire Josephat Tagoto, un SDF, sans domicile fixe, à la tête de leur structure, Jackson Mazette vient de l’éjecter manu militari. Et son remplaçant ? Son neveu, Christian GONEDERE KOSSI, un autre SDF. Voilà le nouveau “président” du MLPC fantoche de Mazette.
Cette comédie pathétique montre l’état de décomposition des structures parallèles créées par le régime Touadéra pour affaiblir l’opposition authentique. Les mercenaires politiques qui ont quitté le vrai MLPC se déchirent maintenant entre eux pour des miettes. Et pendant qu’ils s’entretuent, le vrai MLPC de Martin Ziguélé reste solide, inébranlable, porté par des centaines de milliers de militants fidèles.
Rappelons les faits depuis le début pour comprendre cette farce. Jackson Mazette était le deuxième vice-président du vrai MLPC dirigé par Martin Ziguélé. Il a quitté le parti en prétendant qu’il était le fondateur du MLPC et qu’il détenait donc le monopole du parti.
Mais avant lui, Mazette avait déjà manipulé d’autres personnes pour quitter le MLPC. Le premier vice-président Chantal Jean-Édouard Koyambounou avait quitté. L’ex secrétaire général du MLPC, Étienne Malekoudou avait également quitté. Ils partaient avec le logo du MLPC pour leur mouvement appelé “MLPC Courant Originel” avec le soutien moral et financier de Touadera.
Mais cette stratégie n’a pas marché, a échoué. Le vrai MLPC est resté solide derrière son président Martin Ziguélé. Alors Mazette et ses complices ont sorti une nouvelle carte. Mazette ne veut plus parler de “MLPC courant originel” mais du “MLPC” tout court, pour tenter de démolir totalement le vrai MLPC. Il a tenté de regrouper Koyambounou, Malekoudou et les autres dissidents pour former ce qu’ils appellent le “MLPC fondation”, selon Mazette.
Touadéra leur a financé 20 millions de francs CFA pour organiser leur congrès. Mazette a pris l’argent et est parti se soigner au Maroc où il a des problèmes de prostate et de cœur. Il a utilisé l’argent pour se soigner et pour construire sa maison.
Christian Gonedéré Kossi au milieu et a gauche de Koyambonou en costume et lunette
Pendant son hospitalisation au Maroc, les membres de son parti se sont dit que s’ils ne faisaient rien, ils auraient des problèmes avec le président Touadéra qui avait donné l’argent pour le congrès. Alors ils ont demandé et obtenu, au nom de Touadera, la salle de conférence de la CNSS à Bangui en vue d’organiser leur réunion avec une dizaine de personnes. Ils ont appelé cela un “congrès”.
Et pendant que Mazette était à l’hôpital au Maroc, ils ont voté une autre personne à la tête de leur structure : Josephat Tagoto, soutenu fortement par Koyambonou. Ce Tagoto est un SDF, un sans domicile fixe. Il n’a même pas de maison, ni un foyer. Il est originaire de Markounda. C’est ce monsieur qu’ils ont désigné “président” de leur MLPC fantoche.
Cette élection s’est faite avec le soutien de Koyambounou, l’ancien premier vice-président du vrai MLPC qui avait quitté, actuellement ministre conseiller à la présidence de la République.
Quand Jackson Mazette, à l’hôpital au Maroc, a appris cette nouvelle, il s’est paniqué. Il est entré dans une colère noire. Dès qu’il est revenu à Bangui, il a immédiatement accusé Tagoto de détournement. Il dit que le président Touadéra avait remis de l’argent à Tagoto pour qu’il soit candidat du MLPC fantoche à la présidentielle, mais que Tagoto a bloqué l’argent pour lui. C’est du détournement selon Mazette, donc il faut l’éjecter.
Et voilà que Jackson Mazette, malgré le fait qu’ils ont organisé un soi-disant congrès pour élire Tagoto, décide tout seul d’éjecter Tagoto. Le congrès ne compte pas. Les votes ne comptent pas. Seul Mazette décide. Il a éjecté Tagoto de la tête de leur parti fantoche.
Et qui a-t-il nommé à la place ? Un certain Christian GONEDERE KOSSI. Et qui ce certain?
Christian GONEDERE KOSSI est un ex-coursier de Martin Ziguelé qui n’a même pas eu le bac. Il est l’un des neveux et gardien du temple de Jackson Mazette. Oui, vous avez bien lu. Le gardien u temple de Mazette est devenu président du MLPC de Mazette.
Ce gardien du temple, qui est également neveu de Mazette, qui n’a aucune formation politique, qui n’a aucune expérience, qui n’a même pas terminé ses études secondaires, est maintenant “président” d’un fantôme parti politique. C’est à mourir de rire. Mais c’est aussi terrible parce que ça témoigne de la folie totale qui règne chez ces mercenaires politiques.
Cette situation a créé une tension énorme, même extrême et à vie entre Mazette d’un côté, et Koyambounou et Tagoto de l’autre. Mazette accuse Édouard Koyambounou et Tagoto d’avoir raconté n’importe quoi sur lui. Que ce sont eux qui auraient raconté à la presse qu’il est malade de prostate, qu’il a détourné des fonds et qu’il est parti se soigner au Maroc avec l’argent du congrès.
Mais Jackson Mazette a rétorqué avec une violence inouïe. Il a dit que Koyambounou et Tagoto ne savent pas qu’eux aussi sont malades du Sida. Il a dit qu’ils pensent qu’ils vont mourir avant 2025, donc il faut voler et tout manger avant de mourir, alors qu’ils sont toujours là.
C’est devenu du n’importe quoi. Des accusations de maladie. Des accusations de détournement. Des éjections frontales. Des nominations de parents comme présidents de parti. C’est le chaos total et voulu par le régime. C’est le désordre absolu. C’est la folie.
Et tout cela se passe dans le MLPC fantoche, le MLPC courant originel, toutes ces structures bidonnes créées par les mercenaires de Touadéra. Pendant ce temps, le vrai MLPC de Martin Ziguélé reste inébranlable. Aucune division. Aucun chaos. Une direction claire. Un leadership respecté. Des centaines de milliers de militants fidèles.
La stratégie de Touadéra a échoué. Il a dépensé des millions pour créer des structures parallèles. Il a corrompu des cadres du MLPC pour qu’ils quittent et créent leurs propres mouvements. Il a financé des congrès bidons. Il a nommé des SDF comme présidents de parti. Et au final, qu’est-ce que ça a donné ? Rien. Le vrai MLPC est toujours là, plus fort que jamais.
Et maintenant, les mercenaires se déchirent entre eux. Mazette contre Koyambounou et Malekoudou. Mazette contre Tagoto. Koyambounou contre Malekoudou. Tout le monde contre tout le monde. Pour quoi ? Pour des miettes. Pour de l’argent détourné. Pour des postes dans un parti fantoche qui n’existe que sur le papier.
Cette situation est pathétique. Ces hommes qui ont trahi le vrai MLPC, qui ont vendu leurs âmes au régime Touadéra, qui ont accepté l’argent du pouvoir pour diviser l’opposition, se retrouvent maintenant à se battre comme des chiens pour les restes. Des SDF, des illettrés et sans ressources qui deviennent présidents du parti. Un SDF est éjecté après avoir été élu, un autre SDF est nommé à sa place. C’est le cirque complet.
Les vrais militants du MLPC, ceux qui sont restés fidèles à Martin Ziguélé, regardent cette comédie avec un mélange d’amusement et de dégoût. Ils voient ces traîtres s’entretuer. Ils voient ces mercenaires se déchirer. Et ils se disent qu’ils ont eu raison de rester fidèles au vrai MLPC.
Mazette, Koyambounou, Tagoto, Gonénderé, tous ces noms ne sont plus que des curiosités politiques. Des gens qui ont cru pouvoir détruire un parti historique avec l’argent du pouvoir. Des gens qui ont cru pouvoir remplacer des décennies de lutte politique avec des congrès bidons organisés dans des salles louées à la faculté de théologie.
Mais l’histoire leur a donné tort. Le MLPC est toujours debout. Martin Ziguélé est toujours respecté. Les militants sont toujours fidèles. Et les mercenaires ? Ils se déchirent dans l’obscurité, dans le chaos, dans la folie.
Karl Blagué, dans sa dernière déclaration avant sa mort, appelle à une coalition contre le troisième mandat
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/04/Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Paul-Crescent-Beninga-Porte-parol-Gtsc – RCA : arrestation du porte-parole du GSTC Crescent BENINGA, Touadera viole à nouveau la Constitution.
Dans sa dernière déclaration publique avant son décès le 16 août 2025, le coordonnateur national du G16, Karl Blagué, avait évoqué la nécessité de former une large coalition incluant la société civile et l’opposition pour faire barrage au projet de troisième mandat.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Malgré son état de santé fragile, Karl Blagué avait donné des instructions claires concernant la stratégie politique à adopter :
“On commence à préparer une stratégie sur l’accord, et en cette période, toute stratégie unitaire est la bienvenue“.
Il avait également rapporté les propos de Paul Beninga, avec qui il était en contact : “Dans les propos de Beninga, quand il m’a contacté, il m’a dit qu’il était prêt à travailler non seulement avec nous, mais avec toute autre entité politique, s’il le fallait, pour faire front contre ce projet de troisième mandat“.
Karl Blagué se félicitait de cette évolution : “C’est déjà bien ainsi, ça germe, ça commence à germer dans les têtes de ceux qui étaient un peu trop solitaires, comme Beninga. C’est bien. Je sens qu’ils se sont rendu compte qu’on ne peut pas progresser seul“.
Il prônait une approche inclusive : “Il faut donc avoir une vue d’ensemble dans une dynamique unitaire, c’est bien. Peut-être qu’une certaine partie de la société civile peut s’entendre et gérer la situation avec ceux de l’opposition, pourquoi pas“.
Ces déclarations témoignent de la volonté du défunt leader de rassembler toutes les forces d’opposition dans une coalition large pour contrer le projet de troisième mandat, vision qu’il portait jusqu’à ses derniers moments.
Zawa : le député Toranga Richard pousse le maire à l’exil après une réunion du MCU
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/le-depute-de-yaloke-2.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le député de Yaloké 2, Toranga Richard, propriétaire éternel du village Gaga
Dans la commune de Zawa, une réunion du MCU pour choisir le candidat aux municipales a fini par un affrontement qui a forcé le maire à quitter sa ville.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À 20 kilomètres de Yaloké, dans l’Ombella-Mpoko, le député Toranga Richard et ses partisans ont attaqué le maire pendant une réunion politique. Le maire a dû partir et vit maintenant à Yaloké depuis plus d’un mois.
Ce qui devait être une simple réunion du MCU à Zawa s’est transformé en règlement de comptes. Le député Toranga Richard, entouré de ses fidèles, s’en est pris directement au maire devant tout le monde. Un ancien gendarme du village a rejoint les attaques contre l’édile. Face à cette hostilité générale et verbale, le maire a quitté la réunion et n’est plus revenu.
Depuis cette altercation, le maire a abandonné Zawa pour aller s’installer à Yaloké, à 225 kilomètres de Bangui. Cette absence dure maintenant depuis plus de deux mois. Le député et ses alliés en ont profité pour imposer leur propre candidat au MCU pour les prochaines Élections municipales.
Cette situation prouve une fois de plus un malentendu de taille. En réalité, les maires en Centrafrique sont nommés directement par le président de la République depuis plus de quarante ans. Le député Toranga Richard n’a donc aucun pouvoir officiel pour tenter de déloger un maire ou en installer un autre. Ce conflit relève uniquement d’un règlement de comptes personnel entre les deux hommes.
L’attitude du député interroge d’ailleurs beaucoup d’habitants de Zawa. À Gaga, un village situé à 15 kilomètres de Zawa, Toranga Richard se déclare le propriétaire légal de ce village. Il prétend que ses ancêtres ont fondé le village et construit la route qui relie Gaga à Zawa. Sur cette base, il s’approprie illégalement de force les terrains des particuliers à Gaga et menace quiconque qui ose contester son autorité. Ces agissements alimentent un sentiment d’injustice dans la localité et donnent l’image d’un député qui confond son mandat avec un pouvoir absolu digne d’un roi.
Députés endettés : quand l’Assemblée nationale centrafricaine devient un refuge de mauvais payeurs de la République
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Lhemicycle-de-lassemblee-nationale-le-jour-de-la-remise-du-projet-de-la-nouvelle-constitution.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lhemicycle-de-lassemblee-nationale-le-jour-de-la-remise-du-projet-de-la-nouvelle-constitution – Le projet de la nouvelle constitution de Touadera : Un festival de fautes d’orthographe
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
60% des députés de la septième législature en Centrafrique accumulent les dettes incroyable et spolient leurs propres électeurs en toute impunité.
L’Assemblée nationale centrafricaine abrite une catégorie particulière des députés : les mauvais payeurs chroniques. Ces députés transforment leur mandat en bouclier contre leurs créanciers, accumulent les dettes et recommencent à chaque élection. Un système qui appauvrit les citoyens ordinaires tout en enrichissant une élite politique sans scrupules.
Les banques ont développé une parade efficace : elles prélèvent directement jusqu’au tiers des salaires parlementaires pour récupérer leurs créances. Mais les petits commerçants, bouchers, conducteurs de motos-taxis et autres Waligara n’ont pas cette chance. Eux attendent, parfois des années, un remboursement qui ne viendra jamais.
Le mécanisme est bien connu. Avant chaque campagne, les candidats sillonnent leurs circonscriptions pour emprunter massivement. “Dès mon élection, je vous rembourse”, promettent-ils la main sur le cœur. Une fois installés à l’Assemblée avec leur salaire de trois millions de francs CFA mensuels, ils oublient commodément leurs engagements.
L’exemple parfait se trouve à Mbaïki 1, circonscription située à 107 kilomètres de Bangui, offre un cas d’école avec Brice Kakpayen. Ce député sortant avait massivement emprunté de l’argent auprès des taxis-motos, Wali Gara, bouchers, boutiqués etc., en 2020 pour financer sa campagne électoral en tant que candidat indépendant. Cinq ans plus tard, ses créanciers attendent toujours. Certains ont fermé boutique pour quitter la ville pour une autre raison, d’autres survivent difficilement.
Kakpayen, désormais rejeté par le MCU, se présente en indépendant et renouvelle ses promesses : “même si je me présente en tant que candidat indépendant, je vais recevoir toujours le soutien du MCU. L’argent du pouvoir arrivera, et là, je réglerai tout”. Cinq ans de dettes non honorées, et il demande cinq ans supplémentaires à ses créanciers d’attendre. Le comble du cynisme politique.
Ce phénomène dépasse les cas individuels. Il témoigne d’un système où l’impunité politique protège les mauvais payeurs. Les partis ferment les yeux tant que les voix rentrent. Les électeurs, par résignation ou naïveté, réélisent parfois ceux qui les ont spoliés.
Cette classe politique se croit au-dessus des règles élémentaires de probité. L’endettement devient une stratégie de campagne, la parole donnée une simple variable d’ajustement. Les citoyens ordinaires paient l’addition d’un système qui transforme la représentation nationale en sanctuaire de l’irresponsabilité financière.
Le 30 décembre prochain, les électeurs auront l’occasion de sanctionner cette dérive. Reste à savoir s’ils choisiront enfin de punir ceux qui les ont trompés ou s’ils leur accorderont une énième chance de les décevoir.
Centrafrique : une dizaine d’organisations de la société civile centrafricaine accusent l’ANE de violer le code électoral et d’organiser des Élections illégales.
La Mission d’observation électorale du Réseau Arc-en-Ciel et quinze autres organisations accusent l’ANE de violer le code électoral et d’organiser des Élections illégales.
Seize organisations de la société civile centrafricaine viennent de porter un coup sévère à la crédibilité du processus électoral en cours. Dans un communiqué rendu public le 22 septembre 2025, la Mission d’observation électorale du Réseau Arc-en-Ciel (MOE-RAC) et ses partenaires dénoncent de graves manquements de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) qui compromettent la légalité des scrutins de décembre.
Ces organisations, parmi lesquelles figurent l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-RCA), l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC), la Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP), et la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), portent des accusations particulièrement graves contre l’institution électorale.
La première violation concerne la non-publication des listes électorales définitives. Selon le chronogramme officiel rendu public le 12 août 2025, l’ANE devait publier ces listes le 23 août. Or, les observateurs constatent que l’institution s’est contentée d’arrêter des listes comptant 2 398 158 électeurs sans procéder à leur publication légale.
Cette omission viole directement l’alinéa 3 de l’article 11 du code électoral qui dispose clairement : “La liste électorale de la commune est affichée au chef-lieu de cette unité administrative, à un ou plusieurs endroits désignés par l’autorité administrative locale, en rapport avec l’ANE”. Cette obligation légale n’a donc pas été respectée.
Les conséquences de cette violation sont importantes. Plusieurs électeurs régulièrement inscrits risquent d’être privés de leur droit de se porter candidats. En effet, l’article 37 du Code Electoral exige la présentation d’un extrait de la liste électorale définitive comme élément constitutif du dossier de candidature, à défaut d’une copie de la carte d’électeur.
La deuxième violation porte sur l’application anticipée de dispositions légales non promulguées. Les organisations dénoncent le fait que l’ANE applique déjà les “dispositions dérogatoires visant à faciliter l’organisation matérielle des Élections groupées” adoptées par l’Assemblée Nationale le 3 septembre 2025, alors que ces dispositions n’ont pas encore été promulguées.
Cette situation place l’ANE dans une position juridiquement intenable. L’institution applique des textes qui n’ont pas encore force de loi, violant ainsi le principe de légalité qui devrait gouverner toute procédure électorale. Cette pratique constitue un précédent dangereux qui vide de son sens le processus législatif normal.
Le communiqué souligne également l’insuffisance d’information des parties prenantes sur la mise en place des délégations électorales. Cette opacité compromet la transparence du processus et empêche un contrôle effectif des opérations électorales par les observateurs et les candidats.
Les organisations pointent aussi la faible sensibilisation des électeurs sur le déroulement des Élections groupées, particulièrement concernant les procédures de vote pour les élections municipales. Cette lacune risque d’affecter gravement la participation électorale et la compréhension du processus par les citoyens.
Face à ces constats, la MOE-RAC formule plusieurs recommandations urgentes. Elle invite d’abord l’ANE à procéder “sans délai à une publication transparente, complète et accessible des listes électorales arrêtées”. Cette demande vise à réparer une violation du code électoral.
Les organisations appellent également les institutions compétentes à “promulguer et publier les dispositions dérogatoires adoptées par l’Assemblée Nationale pour l’organisation des élections groupées afin de garantir la conformité des opérations électorales au cadre légal”. Cette recommandation vise à résoudre le problème de l’application anticipée de textes non promulgués.
Le communiqué souligne que “sans une mobilisation et une compréhension claire du processus par les électeurs, la participation restera faible et pourrait ainsi compromettre la légitimité et la crédibilité de ces élections”. Cette observation pose la question de la validité démocratique d’élections mal comprises par les citoyens.
Ces critiques de la société civile rejoignent les préoccupations déjà exprimées par d’autres acteurs, notamment le constat d’huissier qui avait démontré la non-publication des listes électorales dans les mairies de Bangui. Cette convergence des critiques renforce la crédibilité des accusations portées contre l’ANE.
La gravité de ces violations pousse certains observateurs à questionner la légalité même du processus électoral. Si l’ANE continue d’appliquer des textes non promulgués et refuse de publier légalement les listes électorales, le processus entier risque d’être entaché d’illégalité.
Cette situation place les futurs candidats dans une position délicate. Comment peuvent-ils participer à un processus électoral qui ne respecte pas ses propres règles ? Cette question devient d’autant plus pertinente que les violations dénoncées affectent directement leurs droits de candidature.
Les seize organisations signataires, par leur diversité et leur représentativité, donnent un poids particulier à ces critiques. Leurs secteurs d’intervention couvrent les droits humains, la justice, la démocratie, les questions de genre et les personnes handicapées, offrant une vision large des enjeux électoraux.
Ce communiqué constitue un signal d’alarme majeur pour le processus électoral centrafricain. Il démontre que les défaillances de l’ANE ne passent pas inaperçues et qu’une partie significative de la société civile refuse de cautionner des élections organisées en violation des textes légaux.
Pour un commissaire de l’ANE contacté par la rédaction du CNC, : ” l’ANE n’a pas les moyens tant financiers que logistiques pour d’imprimer les listes électorales, les déployer sur l’ensemble du territoire pour affichage. Les partenaires financiers font fi de nos appels”.
L’appel final à la mobilisation de tous les acteurs pour “promouvoir un processus électoral inclusif, transparent et crédible, conforme aux principes démocratiques” résonne comme un ultimatum adressé aux autorités électorales. Sans correction rapide de ces violations, la légitimité des élections de décembre risque d’être compromise dès avant leur tenue.
En claire, si déjà l’ANE s’entête et poursuit ce processus électoral sur la base des dispositions du code électoral révisées alors même que ces dispositions n’ont pas encore promulguées et publiées au journal officiel, c’est que cette ANE travaille en dehors des textes qu’elle est censée les appliquer.
Entre informations de seconde main et communication à distance, ce ministre Kitandaire Maxime Balalou qui ne bouge jamais de Bangui peut-il vraiment parler des “leçons du TICAD” ? Qu’à cela ne tienne. Mais entre jargon diplomatique et réalités environnementales, les “leçons japonaises” cachent-elles l’absence totale de politique climatique nationale ?
Voilà bien le comble de la gouvernance centrafricaine : un ministre de la Communication qui nous explique les résultats du sommet TICAD 9 sans avoir quitté son fauteuil de Bangui. Pendant que la délégation présidentielle battait le pavé de Yokohama, notre soulard Kitandaire Maxime Balalou restait tranquillement installé dans ses bureaux, récoltant ses informations par téléphone et WhatsApp. Et le voilà qui nous présente “les leçons japonaises” comme s’il avait personnellement serré la main du Premier ministre nippon.
Cette situation montre tout le problème de cette administration : des ministres qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas, qui commentent ce qu’ils n’ont pas vu, qui analysent ce qu’ils n’ont pas vécu. Notre spécialiste de la “résilience climatique” découvre l’expérience japonaise à travers les comptes-rendus téléphoniques de ses collègues. Difficile de faire plus amateur comme approche diplomatique.
“Tirer profit des expériences japonaises pour faire face aux changements climatiques”, déclame notre ministre Kitandaire avec l’assurance de l’expert fraîchement diplômé. Le Japon ! Ce pays qui brûle encore massivement du charbon, qui a relancé ses centrales nucléaires après Fukushima, qui peine lui-même à atteindre ses objectifs climatiques. Voilà le modèle que la Centrafrique compte suivre pour sa “protection de l’environnement”. L’ironie atteint des sommets himalayens.
Le ministre nous gratifie de sa liste habituelle de priorités : “accès à l’eau potable, infrastructures durables, agriculture moderne”. Tout le catalogue des promesses gouvernementales y passe, saupoudré de références japonaises récupérées de troisième main. Quand on ne se déplace pas pour comprendre les enjeux, on se contente de recycler les formules toutes faites et d’y ajouter un peu de sauce nippone.
L’agriculture et la sécurité alimentaire occupent une place de choix dans ce discours post-sommet. “Bénéficier de projets agricoles modernes afin de renforcer l’autosuffisance alimentaire”, explique-t-il doctement. Dans un pays où les paysans cultivent encore avec des outils d’un autre siècle, où les routes rurales n’existent pas, où les circuits de commercialisation restent archaïques, on va faire de l’agriculture moderne grâce aux Japonais. Pourquoi pas des robots dans les champs de manioc tant qu’on y est ?
Le passage sur les “infrastructures durables” mérite une mention spéciale. Notre ministre découvre l’existence d’infrastructures respectueuses de l’environnement avec l’émerveillement du touriste visitant Tokyo. En Centrafrique, où les infrastructures de base manquent partout, où Bangui n’a pas d’électricité stable, où l’eau potable reste un luxe, on va construire “durable”. Le ridicule ne tue pas, heureusement pour nos dirigeants qui sont nés avant la honte.
“Un plan d’investissement global sur cinq ans inspiré de l’expérience japonaise en matière de logistique et de développement industriel” ! Cinq ans ! Comme si ce gouvernement avait déjà réussi un plan sur cinq mois. Et de la logistique japonaise en plus ! Dans un pays où transporter une caisse de bière de Bangui à Bossangoa ou à Paoua relève de l’exploit, on va appliquer les méthodes nippones. L’optimisme ministériel n’a vraiment aucune limite.
La cerise sur le gâteau reste l’évocation de l’“Agenda 2063 de l’Union africaine et des objectifs de développement durable”. Tous les buzzwords y passent ! ODD, gouvernance inclusive, partenariats stratégiques gagnant-gagnant… Le bingo du jargon onusien est complet. Pendant que le ministre aligne les acronymes internationaux, les forêts centrafricaines continuent d’être pillées par les exploitants illégaux, les cours d’eau sont pollués par l’orpaillage sauvage, et la biodiversité disparaît sous les yeux indifférents des autorités.
Le “nouveau paradigme centrafricain” évoqué en conclusion sonne comme une plaisanterie de mauvais goût. Quel paradigme ? Celui qui consiste à faire du tourisme diplomatique en récoltant des promesses creuses ? Celui qui transforme chaque sommet international en révélation environnementale ? Celui qui découvre l’écologie quand c’est à la mode dans les chancelleries ?
Au final, cette “résilience climatique” version gouvernement centrafricain ressemble à tout ce que produit cette administration : du vent diplomatique. Pendant que le ministre nous vend les “leçons japonaises”, les vrais problèmes environnementaux du pays restent entiers. Déforestation massive, pollution minière, gestion catastrophique des déchets urbains, absence totale de politique énergétique… Mais rassurons-nous, on a maintenant l’expérience nippone !
Les Centrafricains peuvent dormir tranquilles : leurs dirigeants maîtrisent parfaitement l’art de transformer les sommets internationaux en solutions nationales. Dommage que la réalité ne se plie pas aussi facilement aux effets d’annonce qu’aux communiqués ministériels.
En Côte d’Ivoire, les paris sportifs en ligne ne se limitent plus à prédire le vainqueur d’un match. Il s’agit davantage d’une nouvelle façon de vivre le sport. C’est à la fois stratégique, social et interactif. Le football reste au centre de tout cela, mais les joueurs associent désormais leur passion aux données, à la communauté et à la technologie pour changer leur façon de jouer et de participer à ce sport. Ce changement est notamment mené par les jeunes Ivoiriens. Les smartphones semblent être dans toutes les poches, associés à des services bancaires mobiles tels que Moov et Orange Money, et les paris ne se font plus dans des magasins physiques avec des tickets imprimés. Du placement d’un pari au partage des résultats dans un chat de groupe, tout se passe en un instant.
Le pouvoir du football et la fierté locale
L’un des noms fréquemment cités dans le monde des paris en ligne en Côte d’Ivoire est Melbet CI. Le site propose un large éventail de sports et d’options de paris en direct, allant des ligues de football locales jusqu’à tous les tournois internationaux. Comme l’indique le site officiel, Melbet CI prend en charge Orange Money, Moov et Wave pour des dépôts et des retraits rapides, une méthode de pari qui correspond au style ivoirien populaire : rapide, mobile et social. Pour beaucoup, les paris ne sont plus un simple outil, mais un moyen de revivre le frisson du match.
Le football reste l’activité culturelle la plus populaire du pays. D’Abidjan à Bouaké, des quartiers entiers s’animent les jours de match. Cependant, aujourd’hui, les fans ne s’arrêtent pas à la fin du match, mais poursuivent leur analyse en ligne. Ils consultent les cotes en direct, partagent leurs pronostics et discutent de leurs analyses sur WhatsApp et dans les bars de quartier. Pour beaucoup, parier sur un match perdu n’est pas une question de profit, mais plutôt un sentiment d’appartenance et le frisson du sport.
Une stratégie qui dépasse le stade
Aujourd’hui, les Ivoiriens qui parient ne laissent plus tout au hasard, et une grande partie d’entre eux ont perfectionné leur analyse des entraîneurs et des joueurs. Chaque élément, tel que les blessures des joueurs, les performances de l’équipe en fonction des conditions météorologiques, voire la configuration et les restrictions, est pris en compte dans les calculs préalables au pari. Auparavant, une telle stratégie était réservée aux professionnels, mais elle fait désormais partie intégrante du comportement quotidien des fans.
Cette culture progresse grâce aux outils mobiles. Pour plus de commodité et de facilité d’utilisation, les parieurs locaux utilisent des sites internationaux qui prennent en charge les transactions en CFA et proposent une interface utilisateur en français.
Comment les plateformes numériques changent la donne
La possibilité de suivre et de placer des paris à tout moment a allié passion et performance. Les applications mobiles et les sites de paris en ligne permettent aux utilisateurs de suivre les matchs et d’analyser les statistiques. Les plateformes de paris proposent même une application « tout-en-un » qui offre des cotes et des paris sur les eSports et les casinos, illustrant ainsi l’engouement des Ivoiriens pour une expérience convergente alliant sport, social et divertissement.
Cela reflète un changement qui s’inscrit dans une tendance plus générale. Le fossé entre le jeu et les paris est désormais comblé. Le fait de parier fait désormais partie intégrante de l’expérience, prolongeant l’ambiance qui règne actuellement dans les tribunes et les cafés.
Des boutiques de rue aux smartphones
Voici comment les paris en Côte d’Ivoire ont évolué en moins d’une décennie :
Aspect
Pari Traditionnel (Boutique Physique)
Application Mobile Moderne de Paris
Emplacement
Kiosques et agents physiques
Partout avec un accès mobile
Méthode de paiement
Espèces
Argent mobile (Orange Money, Moov, Wave)
Accès à l’information
Cotes imprimées limitées
Données en direct, statistiques et vidéos
Interaction communautaire
Foule locale
Groupes sur les réseaux sociaux, chats en direct
Vitesse des résultats
Fin du match
Notifications en temps réel
La jeune génération derrière le mouvement
En Côte d’Ivoire, ce sont les jeunes, très familiarisés avec les technologies, qui sont les moteurs du changement. Les smartphones, très bon marché voire gratuits, avec accès à Internet, permettent de démarrer à moindre coût. Pour la plupart, les forums en ligne font office d’écoles de football parallèles, où les cotes sont formulées comme des stratégies, où les informations sont agrégées et où se déroulent même des compétitions informelles de pronostics.
Ce développement rapide s’accompagne d’un besoin de responsabilisation. Même lorsque certaines règles ont été établies, certains prestataires de services ne comprennent pas les dangers qu’elles comportent. Avec l’accessibilité accrue aux jeux et aux paris par voie électronique, l’éducation à la responsabilité liée aux paris et la mise en œuvre de mesures de protection sont plus pertinentes que jamais.
Les défis et la voie à suivre
Même si nous progressons, il reste des problèmes à résoudre. L’accès limité des répondants s’est avéré fiable, et une réglementation inadaptée continue d’entraver la croissance du marché local. La majorité des Ivoiriens doit encore s’associer à des plateformes internationales en raison du manque d’options locales.
Curieusement, des circonstances telles que celles décrites ci-dessus favorisent également la créativité. Les entreprises locales créent des ligues fantastiques, des applications de paris locales et des systèmes communautaires liés à des académies de football.
Une vision plus large : culture, communauté et technologie
L’argent et les cotes ne constituent qu’une partie des paris en ligne en Côte d’Ivoire. Les parieurs ont accès à un tout nouveau monde où ils peuvent s’immerger. Les paris numériques ajoutent une autre dimension au jeu, au-delà du terrain. Même après le coup de sifflet final, le match se poursuit sous la forme de pronostics, d’analyses et de discussions.
C’est peut-être là l’aspect le plus fascinant de tout cela : la transformation des spectateurs en joueurs. Pour les fans ivoiriens, observer, soutenir et jouer se font au même moment.
Faustin-Archange Touadéra continue de déshonorer la Centrafrique sur la scène internationale. Après avoir livré le pays aux Mercenaires russes, après avoir transformé la Centrafrique en protectorat de Wagner, après avoir truqué la Constitution et persécuté ses opposants, voici qu’il est pris en flagrant délit d’usurpation de titre académique.
Selon des informations circulant depuis une semaine sur les réseaux sociaux, dont CNC a pris le temps de vérifier à la source, l’université de Ouagadougou au Burkina Faso a découvert que Touadéra n’a pas le titre de professeur au niveau du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur). Il n’est que maître-assistant. Même pas maître de conférence. Maître-assistant.
Et pourtant, Touadéra se fait appeler “Professeur” partout. Sur les documents officiels. Dans les médias. Dans les cérémonies. “Son Excellence Professeur Faustin-Archange Touadéra”. Mais ce titre de professeur, au niveau du CAMES qui est la référence académique reconnue dans toute l’Afrique francophone, il ne l’a pas. C’est une usurpation.
Voici ce qui s’est passé. Il y a moins d’un an, Touadéra s’est rendu à l’université de Ouagadougou au Burkina Faso pour présider deux jurys de thèse. Il s’est présenté comme professeur. Il a dirigé les soutenances. Tout s’est passé normalement.
Mais aussitôt après son départ, l’université a vérifié ses qualifications. Et là, surprise. Selon le statut du CAMES, Touadéra n’est que maître-assistant. Il n’a pas le grade de professeur reconnu par le CAMES. Or, pour diriger une thèse de doctorat, il faut au minimum être maître de conférence, idéalement professeur.
Arrivée de Touadera avec sa délégation à l’aéroport de Burkina-Faso
En découvrant cette fraude, l’université de Ouagadougou a été obligée de refaire les deux soutenances. Sans Touadéra. Avec de nouveaux jurés qui, eux, ont réellement le titre de professeur. Parce que les soutenances présidées par Touadéra n’étaient pas valides. Un maître-assistant n’a pas qualité à diriger des thèses de doctorat.
Cette affaire est d’une gravité exceptionnelle. Un chef d’État qui usurpe un titre académique. Un président qui se fait appeler professeur alors qu’il n’a pas ce grade. Un homme qui dirige des soutenances de thèse sans avoir la qualification requise. C’est une honte pour la Centrafrique.
Les responsables de l’université de Ouagadougou sont “extrêmement remontés” contre Touadéra. Ils ne pensaient pas qu’un chef d’État puisse usurper un titre académique. C’est un scandale sans précédent dans le milieu universitaire africain.
Cette révélation confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà. Le titre de “professeur” que Touadéra exhibe partout n’est valable qu’au niveau national, à l’université de Bangui. Mais au niveau international, au niveau du CAMES qui est la référence pour tous les universitaires d’Afrique francophone, il n’est que maître-assistant.
La différence entre maître-assistant et professeur est énorme dans le monde universitaire. C’est comme la différence entre un caporal et un général dans l’armée. Entre un enseignant débutant et un enseignant confirmé. Entre quelqu’un qui a commencé sa carrière académique et quelqu’un qui a atteint le sommet.
Le maître-assistant est le premier grade de la carrière d’enseignant-chercheur après le doctorat. C’est un grade junior. Ensuite, on passe maître de conférence, puis professeur. Il faut des années de recherche, des publications dans des revues scientifiques reconnues, des évaluations par les pairs, pour passer d’un grade à l’autre.
Touadéra s’est arrêté au grade de maître-assistant au niveau du CAMES. Il n’a jamais eu les publications, les recherches, le dossier académique nécessaire pour être promu maître de conférence, encore moins professeur.
Mais à l’université de Bangui, où il a dirigé pendant des années avant de devenir président, il a réussi à se faire attribuer le titre de professeur. Comment ? Probablement par des arrangements internes, par des promotions qui ne respectaient pas les normes du CAMES, par des nominations politiques plutôt qu’académiques. Justement, c’est le Président François Bozizé qui lui a donné le titre du Professeur. C’est un docteur, c’est tout.
Et une fois qu’il est devenu président de la République, plus personne n’a osé remettre en question son titre de professeur. Tout le monde l’appelle “Professeur Touadéra”. Les médias. Les ministres. Les diplomates. Même les organisations internationales qui devraient normalement vérifier ce genre de choses.
Mais l’université de Ouagadougou, elle, a vérifié. Et elle a découvert la supercherie. Et maintenant, le scandale éclate.
Cette usurpation de titre académique explique beaucoup de choses sur Touadéra. Son incompétence dans la gestion du pays. Ses décisions incohérentes. Son incapacité à élaborer une vision stratégique pour la Centrafrique. Ses discours creux et sans substance.
Un vrai professeur, un vrai universitaire de haut niveau, aurait les capacités intellectuelles pour gouverner un pays de manière rationnelle et stratégique. Mais Touadéra n’est pas un vrai professeur. C’est un maître-assistant qui usurpe un titre qu’il n’a pas. C’est un imposteur académique.
Et cette imposture académique reflète son imposture politique. De même qu’il se fait appeler professeur sans avoir le grade, il se fait appeler président démocratiquement élu alors qu’il a truqué les Élections. De même qu’il usurpe un titre universitaire, il usurpe le pouvoir en Centrafrique.
L’affaire de Ouagadougou montre également le niveau de corruption qui règne dans le système universitaire centrafricain. Comment Touadéra a-t-il pu obtenir le titre de professeur à l’université de Bangui sans avoir le grade correspondant au CAMES ? Parce que l’université de Bangui distribue des titres en fonction des relations politiques plutôt que du mérite académique.
Combien d’autres faux professeurs y a-t-il à l’université de Bangui ? Combien de personnes ont des titres académiques qu’elles n’ont pas mérités ? Combien de diplômes sont délivrés sans que les étudiants aient réellement le niveau requis ? Cette affaire pousse à s’interroger sur la crédibilité de tout le système universitaire centrafricain.
Le fait que Touadéra ait accepté de présider des jurys de thèse à Ouagadougou en sachant qu’il n’avait pas la qualification requise montre son arrogance et son mépris des règles. Il pensait probablement que personne n’oserait vérifier les qualifications d’un président en exercice. Il se croyait au-dessus des règles académiques comme il se croit au-dessus des lois de son pays.
Mais l’université de Ouagadougou l’a remis à sa place. Elle a vérifié. Elle a découvert la fraude. Elle a annulé les soutenances. Elle a refait tout le processus avec de vrais professeurs. Et maintenant, toute la communauté académique africaine sait que Touadéra est un imposteur.
Cette humiliation est d’autant plus grave qu’elle vient d’un pays frère, le Burkina Faso. L’université de Ouagadougou est une des plus respectées d’Afrique francophone. Être désavoué par cette université, c’est être désavoué par toute la communauté académique africaine.
Cet homme n’a aucune dignité. Aucune honte. Aucun respect pour les institutions, qu’elles soient politiques ou académiques. Il ment. Il triche. Il usurpe. Et il pense qu’il peut s’en tirer parce qu’il est président.
Mais la vérité finit toujours par éclater. L’université de Ouagadougou l’a prouvé. Elle a vérifié. Elle a découvert. Elle a agi. Et maintenant, le monde entier peut savoir que le “Professeur” Touadéra n’est qu’un imposteur.
Mathurin Dimbélé-Nakoé, condamné pour détournement de 2,8 milliards de francs, pourtant investi candidat du MCU aux législatives, la Cour Constitutionnelle va-t-elle valider un repris de justice ?
Mathurin Dimbélé-Nakoé, condamné à plusieurs reprises par la justice centrafricaine pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux, trafic d’influence et abus de biens sociaux, vient d’être investi comme candidat du Mouvement Cœurs Unis (MCU) aux Élections législatives dans la localité de Sosso-Nakombo.
Corbeau News Centrafrique a obtenu copie du réquisitoire introductif du Procureur de la République Alain Tolmo daté du 6 février 2012. Ce document accable Mathurin Dimbélé-Nakoé et détaille les multiples infractions qu’il a commises lorsqu’il était Directeur Général de la Société Centrafricaine de Stockage des Produits Pétroliers entre 2008 et 2011.
Selon ce réquisitoire, Dimbélé-Nakoé a détourné au préjudice de l’État centrafricain un montant estimé à 2 885 683 000 FCFA (soit près de 2,9 milliards de francs CFA). Il a falsifié des documents. Il a sollicité et perçu des avantages indus en raison de sa fonction. Il a abusé de son influence pour obtenir des faveurs administratives. Il a utilisé les biens de l’État à des fins personnelles.
Les faits sont qualifiés par les articles 363, 106 alinéa 13, 375, 373 et 215 du Code Pénal centrafricain. Dimbélé-Nakoé a été placé sous mandat de dépôt le 8 février 2012. Il a été poursuivi pour détournement des deniers publics, faux et usage de faux, prise d’intérêts dans un acte, trafic d’influence, et abus des biens sociaux.
Mais les malversations de Dimbélé-Nakoé ne s’arrêtent pas là. En 2014, lors des événements qui ont secoué la République centrafricaine, il a même tenté d’organiser l’assassinat d’un commerçant musulman.
Voici comment les choses se sont passées. Parmi les nombreux véhicules que Dimbélé-Nakoé avait achetés avec l’argent détourné de l’État, il y avait plusieurs gros camions. Il avait mis l’un de ces camions en location avec un commerçant musulman qui faisait le transport entre Bangui et Douala au Cameroun.
Apparemment, Dimbélé-Nakoé a eu un différend avec ce commerçant. On ne sait pas exactement quel était le problème, mais Dimbélé-Nakoé a décidé d’éliminer physiquement le commerçant.
Un jour, dans le paillote-restaurant “Chez Papi” au quartier PK10 à la sortie de la capitale Bangui, Mathurin Dimbélé-Nakoé a convoqué des chefs miliciens Anti-Balaka de la ville de Carnot, de Berberati et d’autres villes. Une équipe des journalistes de Corbeau News Centrafrique s’était discrètement infiltrée et était présente lors de cette rencontre.
Dimbélé-Nakoé a demandé aux miliciens anti-Balaka de faire tout pour récupérer le commerçant musulman quand il viendra à Bangui, au Kilomètre 5, et de l’éliminer. Il leur a même donné le numéro d’immatriculation du camion. Il leur a dit que dès qu’ils voient le camion sur la route, ils doivent le bloquer, récupérer le camion en disant que c’est son camion qu’il avait mis en location et que le commerçant n’avait pas payé.
C’était un plan pour assassiner le commerçant et récupérer le camion. Un camion que Dimbélé-Nakoé avait acheté avec l’argent volé à l’État.
Heureusement, les miliciens anti-Balaka ont refusé. Pas devant lui, mais après leur départ, ils ont dit entre eux : “Lorsqu’il mangeait, lorsqu’il était Directeur Général, est-ce qu’il a pensé à nous ? Il n’a pas pensé à nous. Mais maintenant qu’il n’est plus Directeur, il veut nous utiliser pour commettre des crimes. Non, nous ne le ferons pas”.
Les anti-Balaka ont catégoriquement refusé d’appliquer ces directives. Ils ont refusé de devenir les tueurs à gages de Dimbélé-Nakoé.
Voilà le niveau de moralité de cette personne. Il est prêt à tuer pour récupérer un véhicule qu’il a acheté avec de l’argent volé. C’est un criminel. Un voleur. Un homme dangereux.
Le président Bozizé avait raison d’ordonner son arrestation. La justice l’a jugé et condamné. Il a été placé sous mandat de dépôt. Il devrait être en prison. Mais au lieu de cela, il se promène librement et se présente aux Élections législatives.
En 2020, Dimbélé-Nakoé avait déjà tenté de se représenter aux Élections législatives pour la seconde fois comme candidat du MCU. Mais la Cour Constitutionnelle, présidée à l’époque par Danièle Darlan, avait invalidé sa candidature. Malgré le fait qu’il était candidat du parti au pouvoir, la présidente de la Cour Constitutionnelle avait refusé de valider sa candidature à cause de ses multiples condamnations.
À l’époque, la Cour Constitutionnelle fonctionnait encore un peu. Elle osait parfois dire non au pouvoir. Danièle Darlan avait le courage de rejeter des candidatures même quand elles venaient du parti présidentiel.
Mais aujourd’hui, la Cour Constitutionnelle est complètement aux ordres du régime. Elle ne dit plus non à rien. Elle valide tout ce que le pouvoir lui demande de valider.
Alors maintenant, en 2025, Dimbélé-Nakoé se présente à nouveau. Et probablement, la Cour Constitutionnelle va accepter sa candidature. Elle va fermer les yeux sur ses condamnations. Elle va ignorer le fait qu’il a détourné près de 3 milliards de francs CFA. Elle va oublier qu’il a tenté d’organiser un assassinat.
Ce pays est incroyable. Les gros voleurs se ressemblent. Comme disent les anciens, les oiseaux de même plumage volent ensemble. Tout le monde vole. Tout le monde détourne. Et il n’y a pas de sanctions, car le Président lui-même est un grand voleur de naissance.
Mathurin Dimbélé-Nakoé devrait être en prison. Au lieu de cela, il est candidat aux Élections législatives. Il va probablement être élu. Il va devenir député. Il va voter les lois. Il va contrôler le budget de l’État. Un homme qui a volé 3 milliards va décider comment l’argent du pays doit être dépensé.
C’est ça la Centrafrique de Touadéra. Un pays où les criminels deviennent députés. Un pays où les voleurs font la loi. Un pays où la justice ne sert à rien parce que ceux qu’elle condamne se promènent librement et se présentent aux élections.
Faux et archi faux. Touadera n’a aucun moyen de surveiller les communication de tous les centrafricains sur les réseaux sociaux. Alors, la technique est simple, faire peur aux Centrafricains pour qu’ils arrêtent de critiquer le gouvernement sur les réseaux sociaux
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un message d’intimidation circule massivement sur les réseaux sociaux en Centrafrique depuis quelques jours. Ce message prétend que le gouvernement centrafricain surveille désormais toutes les communications WhatsApp, Facebook, Twitter et les appels téléphoniques. Il affirme que tous les messages seront enregistrés et sauvegardés. Il menace d’arrestations sans mandat pour ceux qui envoient des messages critiquant le gouvernement.
Ce message est un faux. C’est une manipulation du régime Touadéra pour intimider les Centrafricains et les empêcher de critiquer le pouvoir sur les réseaux sociaux. C’est du bluff. C’est de la propagande.
Corbeau News Centrafrique a consulté des experts en télécommunications et en sécurité informatique. Leur verdict est sans appel : le gouvernement centrafricain n’a aucune, même les plus petites capacités techniques pour surveiller et enregistrer les communications WhatsApp et les appels téléphoniques de tous les Centrafricains.
Voici pourquoi c’est techniquement impossible.
D’abord, les communications WhatsApp sont chiffrées de bout en bout. Cela signifie que seuls l’émetteur et le récepteur peuvent lire les messages. Même WhatsApp ne peut pas lire ces messages. Pour intercepter et lire ces communications, il faudrait des équipements extrêmement sophistiqués et des serveurs puissants.
Ensuite, les communications en IP comme WhatsApp sont segmentées en petits paquets de données qui transitent par différents réseaux à travers le monde. Ces paquets ne peuvent être rassemblés et lus que par l’équipement final du destinataire. Pour intercepter ces communications, il faudrait avoir accès à tous les réseaux par lesquels ces paquets transitent, ce qui est impossible.
Pour enregistrer ne serait-ce qu’une journée de communications WhatsApp de tous les Centrafricains, il faudrait une batterie de serveurs, un grand datacenter qui ne ferait que ça. Même le datacenter de la CIA aux États-Unis ou du FSB en Russie ne sont pas capables d’enregistrer toutes les communications d’un pays entier. Le volume de données est trop important.
Aucun ministère en Centrafrique ne dispose de ces installations. Le gouvernement centrafricain n’a même pas les moyens de payer régulièrement les 10 milliards des mercenaires russes de Wagner. Comment pourrait-il financer une infrastructure technologique qui coûterait des centaines de milliards de dollars ?
Un expert qui a travaillé dans le domaine des interceptions légales nous explique : “Rien que pour la téléphonie normale, faire de l’interception légale nécessite des équipements qui coûtent des dizaines de millions de dollars. Le gouvernement centrafricain n’a pas ces moyens. Ils font du bluff. Ils mentent pour faire peur aux gens.”
Le message qui circule est une grossièreté. Il est bourré d’erreurs techniques qui prouvent que ceux qui l’ont rédigé ne connaissent rien aux télécommunications.
Par exemple, le message dit : “Trois bleus = le gouvernement a pris note du message. Deux bleus et un rouge = le gouvernement peut prendre des mesures contre vous”. C’est complètement faux. Les coches bleues sur WhatsApp indiquent simplement que le message a été lu par le destinataire. Il n’y a pas de coches rouges. C’est une invention.
Le message dit aussi : “Vos appareils seront connectés au système du ministère.” Comment ? Par quel moyen technique ? Pour connecter les téléphones des Centrafricains à un système de surveillance, il faudrait installer des logiciels espions sur chaque téléphone. Cela nécessiterait soit un accès physique à chaque téléphone, soit l’utilisation de failles de sécurité très coûteuses à exploiter.
Le régime Touadéra n’a pas les moyens techniques de faire ce qu’il prétend. Il ne peut pas surveiller toutes les communications WhatsApp. Il ne peut pas enregistrer tous les appels téléphoniques. Il ne peut pas lire tous les messages Facebook et Twitter.
Mais le régime sait que la majorité des Centrafricains ne sont pas des experts en technologie. Ils savent que plus de 80% des centrafricains ne maîtrisent pas ces questions techniques. Alors ils diffusent ce genre de message pour intimider les gens.
L’objectif est simple : faire peur aux Centrafricains pour qu’ils arrêtent de critiquer le gouvernement sur les réseaux sociaux. Faire croire que le pouvoir surveille tout, que tout est enregistré, que toute critique peut mener à une arrestation sans mandat.
C’est de la manipulation psychologique. C’est de la propagande.
Le régime veut créer un climat de peur. Il veut que les gens s’autocensurent. Il veut que personne n’ose plus critiquer Touadéra ou dénoncer la corruption et les injustices.
Mais les Centrafricains ne doivent pas tomber dans ce piège. Ce message est faux. Le gouvernement ne surveille pas toutes les communications. Il n’en a pas les moyens techniques. C’est du bluff.
Bien sûr, le régime peut cibler des personnes spécifiques. Il peut demander à des opérateurs téléphoniques comme Télécel ou Moov de lui donner accès aux communications de quelqu’un en particulier, comme la liste de ses échanges téléphoniques ou ses SMS qui sont les plus faciles à consulter par les opérateurs. Mais il ne peut pas surveiller tout le monde en même temps. C’est techniquement impossible.
Les Centrafricains doivent continuer à exercer leur droit à la liberté d’expression. Ils doivent continuer à dénoncer les injustices. Ils doivent continuer à critiquer le gouvernement quand c’est nécessaire.
Le message qui circule dit : “Actuellement, c’est un crime d’écrire ou d’envoyer un message sur n’importe quel sujet politique ou religieux”. C’est faux. La Constitution centrafricaine garantit la liberté d’expression. Critiquer le gouvernement n’est pas un crime. C’est un droit. Mais avec Touadera, tout est crime.
Le régime Touadéra essaie de faire passer la critique pour un crime. Il essaie de faire taire l’opposition. Il essaie de museler les citoyens. Mais il utilise des mensonges et des manipulations parce qu’il n’a pas les moyens légaux ou techniques de vraiment surveiller tout le monde.
Cette manipulation montre aussi le niveau d’incompétence de ceux qui dirigent le pays. Ils diffusent un message bourré d’erreurs techniques. Cela prouve qu’ils ne comprennent rien aux télécommunications modernes.
D’ailleurs, le président Faustin-Archange Touadéra lui-même se dit “professeur”. Mais ce titre n’est pas reconnu sur le plan international. L’ancien président François Bozizé l’avait nommé professeur quand il était au pouvoir. En Centrafrique, le titre de professeur est attribué par nomination présidentielle, pas par qualification académique reconnue internationalement.
Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, se présente également comme “professeur”. Lui aussi a été nommé par le président. Ce ne sont pas des professeurs au sens académique international du terme. Ce sont des gens qui ont reçu un titre par faveur politique.
Ces personnes se présentent comme des techniciens, comme des experts. Mais quand on voit le niveau de leurs manipulations, on comprend qu’ils n’ont aucune compétence réelle dans les domaines qu’ils prétendent maîtriser.
Les Centrafricains ne doivent pas avoir peur de ce message. C’est du bluff. C’est de la propagande bon marché. Le régime n’a pas les moyens de faire ce qu’il prétend.
Le MCU insulte Dologuélé et défend Touadéra : quand le parti au pouvoir confirme l’acharnement contre le leader de l’URCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele-president-du-parti-urca-declare-apatride-par-touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le leader de l’URCA, député de Bocaranga, Anicet-Georges Dologuelé
Rédigé le .
Par: la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Mouvement Cœurs Unis (MCU), parti au pouvoir, vient de publier un communiqué d’une violence verbale rare contre Anicet-Georges Dologuélé. Ce texte, signé par le cleptomane Ernest Mada, ministre chargé du secrétariat du gouvernement , confirme ce que Dologuélé dénonçait : l’acharnement du régime contre sa personne pour l’écarter de l’élection présidentielle.
Le communiqué du MCU, daté du 18 octobre 2025, est un tissu d’insultes, de menaces voilées et de mauvaise foi juridique. Il traite Dologuélé de “politique aux abois”, de “figure de proue de la forfaiture et de l’obscurantisme”, d’“égocentrique”, et lui rappelle son surnom de “10%” qu’il aurait gagné comme Premier ministre entre 1999 et 2001.
Ce niveau de violence verbale de la part d’un parti politique au pouvoir contre un opposant en dit long sur l’état de la démocratie en Centrafrique. Un parti démocratique normal débat d’idées avec ses opposants. Il ne les insulte pas. Il ne les diabolise pas. Il ne leur fabrique pas de vieux surnoms pour les discréditer.
Mais le MCU n’est pas un parti démocratique normal. C’est l’appareil de propagande d’un régime autoritaire. Sa mission n’est pas de débattre démocratiquement. Sa mission est de détruire la réputation des opposants et de justifier les décisions arbitraires du pouvoir. Sauf que celui qui a signé ce communiqué est un cleptomane, un voleur, un mafieux.
En effet, le communiqué pathétique du MCU prétend réagir à une lettre que Dologuélé aurait adressée au président Touadéra le 14 octobre 2025. Le MCU qualifie cette lettre de “mémoire en défense, empreinte de lamentations, symptomatiques du glas d’un politique aux abois”.
Cette formulation pompeuse et ridicule montre déjà le niveau intellectuel du texte. On dirait du mauvais français colonial, avec des expressions grandiloquentes qui ne veulent rien dire. “Le glas d’un politique aux abois” ? “Empreinte de lamentations” ? C’est quoi ce charabia ? La folie pure.
Le MCU reproche à Dologuélé d’avoir adressé sa lettre au président de la République “plutôt qu’à une juridiction compétente”. Mais c’est exactement ce que Dologuélé a fait aussi : il a saisi le Tribunal Administratif en référé. Et le tribunal a rejeté sa demande pour des raisons de forme. Alors Dologuélé a le droit d’écrire également au président pour dénoncer l’acharnement dont il est victime.
Le MCU affirme ensuite que Dologuélé “s’est livré à de longues jérémiades, dans lesquelles il considère le MCU et le Président de la République, comme étant à l’origine de ses innombrables malheurs, pourtant d’ordre juridique et judiciaire”.
Mais c’est exactement ça le problème ! Les “malheurs juridiques et judiciaires” de Dologuélé ne sont pas le fruit du hasard ou de l’application neutre de la loi. Ce sont des décisions politiques déguisées en actes juridiques. C’est le ministre de la Défense, un cousin de Touadera qui assure l’intérim d’un autre cousin de Touadera, le ministre de l’intérieur, lui a écrit pour lui dire qu’il n’était plus centrafricain, et que c’est le même ministère de l’Intérieur qui refuse de lui délivrer des documents d’identité.
Tout cela est politique. Mais le MCU fait semblant que c’est purement juridique. C’est de la mauvaise foi totale.
Le communiqué prétend ensuite que Dologuélé “a tenté d’introduire dans l’actualité politique un débat par rapport à ses ennuis de nationalité et notamment son apatridie”. Comme si c’était Dologuélé qui avait choisi de créer ce débat ! C’est le régime qui l’a déclaré apatride. C’est le régime qui a créé cette situation. Dologuélé ne fait que se défendre.
Le MCU accuse ensuite Dologuélé d’avoir “commis un sacrilège, en ironisant sur des croyances spirituelles et notamment sur la célébration d’un office religieux, qu’il qualifie de mise en scène”. Cette accusation fait probablement référence à des critiques de Dologuélé sur l’instrumentalisation de la religion par le régime.
Et le MCU a raison d’être sensible sur ce point, parce que le régime Touadéra instrumentalise effectivement la religion. La remise du chèque de 30 millions par le Comité Islamique n’était qu’une mise en scène politique déguisée en acte religieux. Les églises évangéliques qui soutiennent Touadéra le font en échange de privilèges. C’est de l’instrumentalisation pure.
Ensuite, le communiqué du MCU rappelle le surnom de “10%” attribué à Dologuélé quand il était Premier ministre, l’accusant de “perception délictuelle et systématique de commissions sur les marchés publics”. C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Le régime Touadéra, champion de la corruption, qui accuse Dologuélé de corruption datant de 25 ans !
Si Dologuélé a effectivement commis des actes de corruption quand il était Premier ministre entre 1999 et 2001, qu’on le poursuive en justice. Qu’on l’accuse formellement. Qu’on le juge. Mais ressortir un vieux surnom fabriqué pour le discréditer sans aucune procédure judiciaire, c’est minable.
Le MCU affirme ensuite que “nul n’est au-dessus des Lois” et que la loi de 1961 “bien qu’ancienne selon ses allégations, n’est ni désuète, ni caduque, tant qu’elle n’a pas été abrogée ou remplacée”. C’est vrai. Mais alors pourquoi cette loi n’est-elle appliquée que contre Dologuélé et pas contre Sarandji, Baïpo-Temon et les dizaines d’autres binationaux du gouvernement ?
Le MCU ne répond pas à cette question. Parce qu’il ne peut pas y répondre sans admettre que la loi est appliquée de manière sélective et discriminatoire.
Le communiqué affirme que “concernant son nouveau statut d’apatride, il ne s’agit nullement d’une mesure arbitraire, mais d’une décision administrative et judiciaire rigoureusement fondée sur les textes en vigueur et les faits établis”.
C’est faux. Il n’y a eu aucune “décision judiciaire”. Il y a eu une lettre du ministre de la Défense. Une lettre administrative. Pas un jugement d’un tribunal. Dologuélé n’a jamais été jugé. Il n’a jamais eu l’occasion de se défendre devant un juge. On lui a simplement envoyé une lettre lui disant qu’il n’était plus centrafricain.
Le MCU reproche ensuite à Dologuélé ses “attaques virulentes, teintées d’irrespect et d’une arrogance déplacée, à l’encontre du Président de la République”. Mais c’est quoi cet “irrespect” et cette “arrogance” ? Dologuélé a simplement critiqué les décisions du président. C’est son droit. C’est même son devoir en tant qu’opposant politique.
Dans une démocratie, on a le droit de critiquer le président. On a le droit de dire qu’il se trompe. On a le droit de dénoncer ses abus. Ce n’est pas de l’irrespect. C’est de la liberté d’expression.
Le MCU recommande à Dologuélé “de faire preuve de retenue et de décence dans ses communications”. Pendant ce temps, le MCU lui-même publie un communiqué qui traite Dologuélé de “figure de proue de la forfaiture et de l’obscurantisme”. C’est l’hypocrisie totale.
Le communiqué affirme ensuite que “la République se passe bien fort des leçons de droit et de morale dispensées par ceux qui n’en respectent pas les fondements”. Encore une fois, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Le régime Touadéra, qui viole quotidiennement la Constitution et qui détruit l’État de droit, donne des leçons de respect des fondements à Dologuélé.
Le MCU critique également les positions de Dologuélé sur le processus électoral, affirmant qu’elles “témoignent sa déconnexion sinon une hérésie par rapport aux réalités démocratiques de notre pays”.
Mais quelles “réalités démocratiques” ? Des Élections truquées ? Une opposition harcelée ? Des candidats déclarés apatrides ? Des médias censurés ? C’est ça les “réalités démocratiques” du régime Touadéra ?
Le communiqué du MCU se termine par des louanges ridicules à Touadéra, présenté comme l’homme à la “vision éclairée” qui a “positivement et progressivement transformé” la Centrafrique depuis 2016.
Cette propagande grossière ne trompe personne. Tout le monde voit l’état catastrophique du pays après presque dix ans de règne de Touadéra. La pauvreté a augmenté. L’insécurité s’est aggravée. Le pays a été livré aux Mercenaires russes. Les ressources sont pillées. Les opposants sont persécutés.
Ce communiqué du MCU est important parce qu’il confirme exactement ce que Dologuélé dénonçait : l’acharnement du régime contre sa personne. Le parti au pouvoir mobilise toute sa machine de propagande pour le diaboliser, l’insulter, le discréditer. Tout cela parce qu’il ose se présenter aux Élections.
Les Centrafricains doivent lire ce communiqué et comprendre la vraie nature du régime. Un régime démocratique ne publie pas des communiqués insultants contre ses opposants. Un régime démocratique débat d’idées. Il respecte ses adversaires politiques. Il accepte la critique.
Mais le régime Touadéra n’est pas démocratique. C’est une dictature qui utilise les apparences de la démocratie. Et ce communiqué du MCU le prouve.
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Découverte à Bangui d’un vaste supermarché de drogue des soldats FACA au quartier Yangato dans le 5e arrondissement
Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un-mercenaire-de-Wagner-en-train-de-fumer-de-la-drogue-au-quartier-KM5-dans-le-troisieme-arrondissement-de-Bangui – Centrafrique: face à la violence des mercenaires de Wagner, l’impunité du gouvernement et la perplexité de la population
Une équipe d’investigation du CNC a mené une enquête discrète qui a permis de débusquer un vaste supermarché de vente et de consommation de drogue au quartier Yangato, dans le 5e arrondissement de Bangui. Cette découverte, faite ce mardi 21 octobre 2025, montre clairement une réalité que beaucoup ignore : des dizaines de soldats des FACA en tenue, armes à la main, fument de la drogue dure en plein jour dans une maison clôturée qui sert de base pour leurs activités.
En effet, ce mardi 21 octobre 2025, vers 11 heures, notre équipe était en train de pister un groupe de malfaiteurs lorsqu’elle s’est retrouvée face à une maison clôturée dans le quartier Yangato. En tentant de pénétrer dans cette enceinte pour localiser les malfrats, nos journalistes sont tombés sur une scène surréaliste : une dizaine de militaires en tenue, armés, en train de fumer de la drogue pure en compagnie de civils.
Ce n’était pas de simples cigarettes. C’était de la drogue dure. Les soldats fumaient comme s’ils étaient dans un bar, délirant complètement, perdant toute notion de leur fonction et de leur responsabilité. Notre équipe est restée environ 30 minutes sur place, observant discrètement cette scène incroyable.
Mais ce que nos journalistes ont entendu pendant ces 30 minutes est encore plus grave que la simple consommation de drogue. Les militaires présents, complètement drogués, étaient en train de préparer un coup monté contre une jeune femme, la voisine d’un des soldats fumeurs. Ils préparaient une arrestation basée sur des accusations inventées de toutes pièces.
Voici ce que notre équipe a entendu. Les soldats discutaient d’une dame, leur voisine, qui les aurait insultés en leur disant qu’avec leur comportement bizarre, “les rebelles vont les sodomiser, vous les FACA, un jour, un à un ”. Cette remarque a visiblement profondément vexé ces militaires.
Un des soldats a alors proposé : “Comme elle a dit comme ça, on va chercher un motif, on va la récupérer. On va dire peut-être que la dame est la femme des rebelles. On dit comme ça, et puis on la récupère.”
Les autres ont acquiescé. Ils étaient en train de préparer leur coup, complètement défoncés, délirant, prêts à inventer n’importe quelle accusation pour arrêter cette femme qui avait osé critiquer leur comportement.
Cette scène résume parfaitement l’état catastrophique de l’armée centrafricaine. Des soldats censés protéger la population passent leur temps à fumer de la drogue dans des maisons transformées en supermarché de stupéfiants. Ils portent leurs uniformes. Ils ont leurs armes. Mais au lieu de patrouiller ou de défendre le pays, ils fument de la drogue et préparent des arrestations contre des civils innocents.
La présence de ce supermarché de drogue en plein Bangui, dans le 5e arrondissement, inquiète. Comment une telle base peut-elle exister en pleine capitale sans que les autorités ne réagissent ? Comment des dizaines de soldats peuvent-ils y fumer de la drogue en tenue et en armes sans être inquiétés ?
La réponse est simple : les autorités savent. Elles ferment les yeux. Peut-être même que certains responsables militaires ou policiers sont complices de ce trafic. Peut-être qu’ils touchent leur part. Peut-être qu’ils consomment eux-mêmes.
Cette maison clôturée au quartier Yangato n’est probablement pas la seule. Il doit y avoir des dizaines, peut-être des centaines de bases similaires à travers Bangui et dans d’autres villes du pays. Des lieux où les soldats et les civils se retrouvent pour consommer de la drogue, préparer des braquages, organiser des coups tordus.
Notre armée est bourrée de drogueurs, de voleurs, de braqueurs. Ce n’est plus une armée. C’est une bande de criminels en uniforme. Des hommes qui ont des armes, qui ont le pouvoir d’arrêter et de torturer, mais qui n’ont aucune discipline, aucune morale, aucun respect pour la population qu’ils sont censés protéger.
Le cas de cette voisine que les soldats veulent arrêter est particulièrement parlant. Cette femme n’a rien fait de mal. Elle a simplement critiqué le comportement de ces militaires qui passent leur temps à fumer de la drogue. Elle a dit une vérité que tout le monde connaît : que ces soldats indisciplinés et drogueurs ne sont pas capables de défendre le pays contre les rebelles.
Centrafrique : le fugitif Hassan Bouba, dans sa folie, affirme aux musiciens Peuls que grâce à lui, la musique peule est désormais écouté dans le monde entier
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/hassan-bouba-avec-les-musiciens-peuls.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le fugitif Hassan Bouba au milieu des musiciens Peuls à Bangui
Le fugitif Hassan Bouba, ministre de l’Élevage et de la Santé animale, s’est encore illustré par une nouvelle provocation sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo qu’il a lui-même diffusée, cet ancien chef rebelle tchadien, devenu protégé du régime, a tenté de manipuler des musiciens peuls pour transformer leur art en outil de propagande politique au profit du président Baba Kongoboro et de son parti, le MCU.
Devant un groupe d’artistes peuls rassemblés autour de lui à Bangui, Hassan Bouba s’est présenté « en tant que président du mouvement 100 % Touadéra » et a affirmé que grâce à son invitation au congrès du MCU à Bangui, il a fait écouter la musique Peule chantée au louange du Président Baba Kongoboro au congrès. À ce titre, ce soutien affiché, la musique peule serait désormais connue et écoutée dans le monde entier . Selon lui, le fait que ces musiciens aient chanté pour Touadéra aurait permis à leur culture d’être diffusée à une échelle jamais atteinte. Des propos délirants qui réduisent des artistes à de simples instruments d’un régime en quête de légitimité.
Hassan Bouba n’a pas hésité à se poser en parrain, prétendant que le président lui-même écouterait et apprécierait désormais la musique peule grâce à cette mise en avant. En réalité, il ne s’agit que d’une opération grossière visant à enrôler des communautés entières derrière le MCU en leur faisant croire que leur identité culturelle doit passer par le culte du chef. Cette récupération politique est une humiliation pour les artistes, instrumentalisés par un ministre analphabète et criminel qui exploite la fierté culturelle pour servir un pouvoir illégitime.
Derrière ce décor de propagande, il ne faut pas oublier la vérité : Hassan Bouba reste un fugitif, ancien chef rebelle de l’UPC, arrêté par la Cour pénale spéciale puis libéré de force par les Mercenaires russes et les gendarmes centrafricains. Depuis, il continue de se pavaner comme ministre, protégé par Wagner, alors même qu’il devrait répondre de ses crimes devant la justice.
Zémio : les FACA libèrent précipitamment tous leurs détenus en apprenant l’arrivée du procureur
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/chef-du-detachement-militaire-des-faca-a-Zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Zemio-338×450.jpg” alt=”Zémio : les FACA libèrent précipitamment tous leurs détenus en apprenant l’arrivée du procureur” width=”338″ height=”450″ />Le commandant Michael Banafio, chef du détachement militaire à Zemio
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA), les gendarmes stationnés à Zémio ont fait une “surprise” à la population la semaine dernière. Quelle surprise ? Ils ont libéré tous leurs détenus d’un coup. Pourquoi ? Parce qu’ils ont appris que le procureur de la République devait arriver dans la ville.
Immédiatement après avoir été informés de la visite imminente du procureur, les gendarmes, les policiers et les soldats FACA ont vidé leurs cellules. Tous les détenus qu’ils avaient enfermés ont été libérés. Même les personnes arrêtées pour des motifs complètement futiles, même celles qui étaient détenues depuis longtemps, tout le monde est sorti. Les cellules ont été complètement vidées en quelques heures.
La population de Zémio a bien sûr accueilli ces libérations avec satisfaction. Des familles ont retrouvé leurs proches. Des personnes qui croupissaient en détention sans jugement ont retrouvé la liberté. Mais personne n’est dupe : ces libérations massives ne sont pas un acte de justice ou d’humanité. C’est une opération de camouflage pour cacher les crimes commis par les FACA.
Car ces détenus avaient tous été arrêtés arbitrairement. Ils n’avaient commis aucun crime. Ils n’avaient été jugés par aucun tribunal. Ils avaient simplement été kidnappés par les FACA, enfermés dans des cellules, et leurs familles avaient été contraintes de payer des rançons pour obtenir leur libération.
C’est le système que les FACA ont mis en place partout dans les provinces : arrêter arbitrairement des civils, les enfermer, demander de l’argent aux familles, et les relâcher une fois la rançon payée. Ceux qui ne peuvent pas payer restent enfermés indéfiniment. C’est du racket pur et simple, du banditisme en uniforme.
Mais quand le procureur annonce sa visite, soudainement tous les détenus sont libérés. Pourquoi ? Parce que les FACA savent parfaitement que ces détentions sont illégales. Ils savent qu’ils n’ont aucune justification pour garder ces gens enfermés. Ils savent que si le procureur découvre l’ampleur de leurs détentions arbitraires, ils pourraient avoir des problèmes.
Alors ils préfèrent libérer tout le monde avant l’arrivée du procureur. Comme ça, quand le magistrat visitera les cellules, il les trouvera vides. Il pourra se dire que tout va bien à Zémio, que les forces de l’ordre font correctement leur travail, qu’il n’y a pas de problème de détentions arbitraires.
Cette situation montre plusieurs choses extrêmement graves sur l’état de la Centrafrique sous le régime Touadéra.
Premièrement, elle confirme que les FACA pratiquent massivement les détentions arbitraires et le racket. Ce n’est pas un secret, tout le monde le sait, mais ces libérations massives en sont la preuve flagrante. Si ces détenus étaient de vrais criminels, si leurs détentions étaient légales, les FACA ne les auraient pas libérés juste parce que le procureur arrive. Le fait qu’ils les libèrent tous d’un coup prouve qu’ils n’avaient aucune raison légale de les garder enfermés.
Deuxièmement, elle montre que les autorités judiciaires sont totalement déconnectées de ce qui se passe sur le terrain. Le procureur de la République annonce sa visite plusieurs jours à l’avance. Cette annonce donne le temps aux FACA de nettoyer leur criminalité, de faire disparaître les preuves, de libérer leurs victimes. Si le procureur voulait vraiment voir la réalité de ce qui se passe à Zémio, il devrait arriver par surprise, sans prévenir personne.
Mais apparemment, soit le procureur ne comprend pas cette réalité, soit il ne veut pas la voir. En annonçant sa visite à l’avance, il permet aux FACA de masquer leurs crimes. Il se rend complice, consciemment ou non, du système de détentions arbitraires et de racket.
C’est exactement ce qui manque aux autorités de ce pays : des visites surprises. Si les procureurs, les ministres, les inspecteurs arrivaient dans les villes et les villages sans prévenir, s’ils débarquaient à l’improviste pour voir ce qui se passe vraiment, ils découvriraient l’ampleur des crimes commis par les forces de l’ordre.
Bien sûr, ces autorités sont déjà informées. Elles savent ce qui se passe. Les rapports leur parviennent. Les plaintes s’accumulent. Mais elles font semblant de ne pas savoir. Elles ferment les yeux. Et quand elles se déplacent enfin, elles le font en prévenant à l’avance, ce qui donne le temps aux criminels en uniforme de nettoyer leurs traces.
Si le procureur était arrivé à Zémio par surprise, sans que personne ne sache qu’il venait, il aurait trouvé les cellules pleines de détenus arbitraires. Il aurait pu interroger ces prisonniers, entendre leurs histoires, constater de ses propres yeux l’ampleur du système de racket mis en place par les FACA. Il aurait pu ouvrir des enquêtes, sanctionner les responsables, mettre fin à ces pratiques criminelles.
Mais en annonçant sa visite, il a permis aux FACA de faire le ménage. Ils ont libéré tous leurs détenus. Quand le procureur arrivera, il trouvera des cellules vides. Il se dira que tout va bien. Il repartira sans rien faire. Et dès qu’il sera parti, les FACA recommenceront leurs arrestations arbitraires et leur racket.
Ngaoundaye : un percepteur du marché à bétail gravement torturé par les policiers
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/09/commissariat-de-police-de-ngaoundaye-le-25-mars-2020-par-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le commissariat de police de Ngaoundaye. CopyrightaCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un nouveau cas de brutalité policière vient d’être documenté à Ngaoundaye, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé. Assane Mahamat Idriss, percepteur du marché à bétail pour le compte de la Fédération Nationale des Éleveurs Centrafricains (FNEC), a été violemment battu par des policiers et enfermé sur décision du Major de police RADJAB le 19 octobre 2025.
La victime a déposé une plainte officielle auprès de la gendarmerie de Ngaoundaye le 21 octobre 2025. Cette plainte, dont Corbeau News Centrafrique a obtenu copie auprès des enquêteurs, raconte en détail les violences subies et les menaces répétées du Major RADJAB contre les agents de la FNEC et du ministère de l’Élevage et de la Santé animale (MESA).
Assane Mahamat Idriss est arrivé à Ngaoundaye en juillet 2025. Il s’est présenté aux autorités locales et aux responsables des différents services. Il a commencé à travailler comme bénévole de la FNEC avant d’être officiellement nommé percepteur le 16 octobre 2025, après concertation avec les services du MESA.
Dans l’exercice de ses fonctions, il percevait la taxe de 1 000 F CFA par bœuf sur le marché à bétail. La police, représentée par le Major RADJAB, participait illégalement à ces activités de perception. Mais selon la plainte, RADJAB s’opposait régulièrement à l’équipe de perception de la FNEC et menaçait publiquement de les empêcher de travailler.
Par ailleurs, le 15 octobre 2025, Assane s’est rendu au poste de police pour demander leur appui dans une affaire concernant une femme tanneuse qui refusait de payer 20 000 F CFA de taxe. La femme a refusé et a proféré des injures. Assane a sollicité l’intervention de la police.
Le lendemain, 16 octobre, alors que Assane partait à Markounda pour son installation officielle, le Major RADJAB a appelé pour exiger qu’on verse 20 000 F CFA supplémentaires au commissariat avant de poursuivre les activités. Assane a obéi et a signalé la situation à ses supérieurs de la FNEC.
Mais les menaces ne s’arrêtent pas, bien au contraire, elles ont continué. RADJAB se vantait et prétendait que Assane travaillait contre la police. Il ne cesse de répéter: “Vous, les percepteurs du MESA et de la FNEC, vous croyez pouvoir me défier ? Je vais en finir avec vous un par un”.
Dans la soirée du 19 octobre 2025, le Major RADJAB est revenu au poste accompagné du lieutenant de police et de ses hommes. Ils ont procédé immédiatement à l’arrestation de Assane et ont décidé de son placement en cellule sans motif légal.
Une heure plus tard, Assane a demandé de l’eau à l’auxiliaire de mairie chargé des clés de la cellule. Celui-ci a répondu : “Tu n’as droit à rien ici”.Assane a insisté calmement, mais l’auxiliaire a refusé de l’aider.
Peu après, RADJAB est arrivé. Quand Assane a réitéré sa demande d’eau, le Major a pris un gros bâton et a commencé à le frapper violemment en criant : “Toi et Hamadou, vous êtes des voleurs ! Vous travaillez pour la FNEC et le ministère, mais vous croyez que la police vous craint ?!”
RADJAB a enchaîné les pieds et les mains de Massane tout en continuant à proférer des insultes et des menaces. Ensuite, il l’a jeté en cellule et a fermé la porte.
Dans sa plainte, Assane écrit : “Je n’ai commis aucune infraction, mais j’ai été humilié, battu et enfermé arbitrairement. Cet acte constitue une violation grave des droits humains et compromet la sécurité des agents de la FNEC et du MESA en mission sur le terrain”.
Il ajoute : “Si le Major RADJAB agit ainsi par haine personnelle ou par opposition au ministère de l’Élevage, il met en danger tout le dispositif administratif local”.
Cette affaire confirme une fois de plus le comportement criminel de certains policiers en Centrafrique. Au lieu de protéger les citoyens et de faciliter le travail des agents publics, ils les terrorisent, les rackettent, les battent et les emprisonnent sans raison.
Le Major RADJAB n’est pas seul dans son genre. Des policiers comme lui se comportent comme des bandits en uniforme. Ils utilisent leur position pour extorquer de l’argent, pour intimider ceux qui travaillent légalement, et pour imposer leur loi par la violence.
Assane Mahamat Idriss travaillait pour la FNEC et le MESA. Il percevait légalement des taxes sur le marché à bétail. C’était son travail. Mais le Major RADJAB voyait ce travail comme une menace. Il voulait probablement contrôler lui-même cette perception pour en tirer profit personnellement.
Quand Assane a refusé de se soumettre à ses exigences illégales, RADJAB a décidé de le punir. Il l’a enfermé sans motif. Il l’a battu avec un bâton. Il l’a enchaîné. Il l’a privé d’eau. Il l’a humilié.
Ce comportement est inacceptable. Un policier ne peut pas battre un citoyen parce qu’il fait son travail légalement. Un policier ne peut pas emprisonner quelqu’un sans motif légal. Un policier ne peut pas torturer un détenu en le privant d’eau et en le battant avec un bâton.
Mais en Centrafrique, ces violences policières sont quotidiennes. Les policiers agissent en toute impunité. Ils savent qu’ils ne seront jamais sanctionnés. Ils savent que leurs supérieurs ferment les yeux. Alors ils continuent.
Centrafrique : un accord de paix qui oublie ses victimes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ali-darassa-upc-desarmement-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général Ali Darassa lors de son désarmement devant Touadera à Bangui
Le nouvel accord de paix signé à N’Djaména ignore les centaines de milliers de déplacés centrafricains.
L’accord de paix conclu le 19 avril 2025 à N’Djaména entre Bangui et les groupes armés 3R et UPC promet le désarmement et l’intégration des ex-rebelles dans l’appareil d’État. Mais ce texte, négocié sous médiation tchadienne, passe sous silence une réalité dévastatrice : les centaines de milliers de civils qui ont fui les violences de ces mêmes groupes armés.
Plus de 700 000 personnes vivent aujourd’hui déplacées à l’intérieur du pays, selon l’UNHCR. 750 000 autres ont trouvé refuge dans les pays voisins. Ces populations ont quitté leurs villages pour échapper aux raids, aux pillages et aux violences sexuelles documentés par Human Rights Watch en 2024. L’Ouham-Pendé et la Haute-Kotto portent encore les cicatrices de ces exactions.
L’accord ne propose aucun mécanisme de justice transitionnelle. Aucune réparation pour les victimes. Aucun plan de retour pour les déplacés. Les leaders des 3R et de l’UPC, Oumar Abdelkader et Ali Darassa, se voient offrir des postes gouvernementaux et des responsabilités militaires. Cette intégration récompense en fait des hommes dont les troupes ont terrorisé les populations civiles.
Dans les camps de déplacés, les conditions restent précaires. L’accès à l’eau potable demeure limité. Les services de santé font défaut. Les enfants grandissent sans école. Pendant ce temps, leurs bourreaux d’hier négocient leur participation au pouvoir. Cette contradiction mine la crédibilité de l’État centrafricain auprès de ses propres citoyens.
L’histoire récente montre les limites de cette approche. L’Accord de 2019 avait déjà privilégié l’apaisement avec les groupes armés sans répondre aux attentes des communautés. Résultat : les violences ont repris dès 2021. Les mêmes acteurs qui signent aujourd’hui avaient alors rompu leurs engagements.
Le Tchad, garant de ce nouvel accord, se contente de superviser les relations entre les parties signataires. Rien n’indique qu’il plaidera pour les victimes ou mobilisera des fonds humanitaires. Son rôle se limite à maintenir un équilibre fragile entre élites armées.
Les consultations populaires ont été absentes du processus. Les leaders communautaires n’ont pas été associés aux négociations. Cette exclusion prive l’accord de légitimité auprès des populations qui en supportent le coût depuis des années. Comment espérer leur adhésion à une paix négociée sans eux ?
En RCA, les fractures ethniques et religieuses alimentent encore les tensions. Les communautés peules accusent les 3R de persécutions ciblées. Les populations de l’Est dénoncent les abus de l’UPC. Ces blessures ne guériront pas par le simple cantonnement des combattants. Elles exigent reconnaissance, vérité et justice.
L’accord de N’Djaména perpétue une logique dangereuse : celle de l’impunité négociée. En Centrafrique, prendre les armes contre l’État peut mener au gouvernement. Cette leçon n’échappera pas aux futurs entrepreneurs de violence. Elle encourage la militarisation de la contestation politique.
Les partenaires internationaux de la RCA doivent exiger des compléments à cet accord. La justice ne peut être sacrifiée sur l’autel de la stabilisation. Les victimes ont droit à la vérité sur les crimes subis. Elles méritent des réparations matérielles et symboliques. Leur retour dans la dignité conditionne la réconciliation nationale.
Sans justice pour les victimes, cet accord ressemble à tous les précédents : un arrangement entre élites qui reporte la résolution du conflit. Les civils centrafricains ont déjà payé un prix trop lourd pour accepter une paix qui les ignore. Leur patience a des limites que ce texte semble méconnaître….
La CPS annonce l’ouverture de son cinquième procès d’assises pour crimes contre l’humanité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dans-laffaire-dite-de-Ndele-1-devant-la-CPS-avec-Maitre-DANGAVO.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lors du procès dans l’affaire dite de Ndélé 1 devant la CPS avec Maitre DANGAVO
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine a annoncé lundi l’ouverture de son cinquième procès d’assises, prévu le jeudi 30 octobre 2025 à 10 heures dans l’affaire dite “Guen”.
Six personnes sont accusées d’avoir commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre dans la sous-préfecture de Gadzi, notamment dans les localités de Guen, Djomo et Gadzi, entre février et mars 2014.
Le Parquet spécial et les parties civiles s’opposent aux accusés Mathurin Kombo, François Boybanda (alias Balere), Philémon Kahena (alias CB), Dieudonné Gomitoua, Edmond Beina et Jean Bahara. Ce dernier fait l’objet d’un mandat d’arrêt et est toujours recherché.
Les poursuites portent sur de multiples chefs d’accusation :
Crimes contre l’humanité : meurtre et tentative de meurtre, extermination, persécution, déportation ou transfert forcé de population, viol et autres formes de violence sexuelle de gravité comparable, ainsi que tous autres actes inhumains, y compris les mariages forcés.
Crimes de guerre : meurtre et tentative de meurtre, atteintes à la santé et au bien-être physique ou mental, traitements cruels tels que la torture et les mutilations, attaque contre la population civile, viol, pillage et déplacement forcé de la population civile.
La CPS rappelle que, conformément à la loi, les accusés bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à la décision définitive de la Section d’assises. Le procès se tiendra en audience publique devant la Première Section de la Chambre d’assises.
Il y’a lieu de rappeler que la Cour pénale spéciale est une juridiction hybride créée par la loi organique du 3 juin 2015, chargée d’enquêter et de poursuivre les crimes de droit international commis en République centrafricaine depuis 2003.
15 ans de stage sans intégration : les stagiaires du ministère des Finances bloquent Bangui et exigent justice
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/greve-des-stagiaires-du-ministere-des-finances-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Grève des stagiaires du ministère des Finances à Bangui. Photo Ndotah
Les stagiaires du ministère des Finances ont observé ce lundi un mouvement de grève devant le ministère à Bangui. Munis de banderoles, ils ont bloqué l’accès au bâtiment pour protester contre le non-respect des promesses d’intégration dans la fonction publique.
Sur leurs banderoles, on pouvait lire : “TROP DE PATIENCE, INTÉGREZ-NOUS ! NOUS AVONS ASSEZ SOUFFERT !!!” et “NOUS SOMMES ASSEZ 2009-HELL !!! INTÉGREZ-NOUS ! TROP DE PATIENCE”.
Certains de ces stagiaires attendent depuis 15 ans. D’autres depuis 10 ans, 8 ans, 7 ans. Ils ont été recrutés comme stagiaires et n’ont jamais été intégrés comme fonctionnaires titulaires malgré des années de service.
Ces stagiaires travaillent pourtant comme des fonctionnaires normaux. Ils sont affectés dans les provinces. Ils font des recettes. Ils accomplissent toutes les tâches qu’on leur demande. Mais ils restent stagiaires. Ils ne bénéficient pas des avantages des fonctionnaires titulaires. Leurs salaires sont dérisoires. Ils n’ont pas de sécurité d’emploi.
Beaucoup de ces stagiaires sont diplômés de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) ou d’autres écoles supérieures. Ils ont les qualifications requises. Mais au lieu de les intégrer, le ministère les maintient dans un statut précaire de stagiaire pendant des années.
Pendant ce temps, le ministère recrute d’autres personnes qui n’ont pas les qualifications. Des gens ramassés dans les quartiers. Des parents du Président, de ministres ou de hauts fonctionnaires. Ces gens sont directement intégrés comme fonctionnaires titulaires sans passer par le stage.
Les stagiaires qualifiés restent bloqués pendant 15 ans. Mais les protégés du régime sont intégrés immédiatement. C’est de l’injustice pure et simple.
Ce n’est pas la première fois que les stagiaires font grève. Ils avaient déjà protesté en 2020 et en 2021. À chaque fois, le ministère avait promis de régler le problème. À chaque fois, rien n’a été fait.
Cette fois, les stagiaires disent : assez. Ils en ont assez d’attendre. Ils en ont assez des promesses non tenues. Ils en ont assez d’être traités comme des fonctionnaires de seconde zone alors qu’ils font le même travail que les titulaires.
“Nous avons assez souffert”, proclament-ils sur leurs banderoles. “Trop de patience. Intégrez-nous !”
Ils exigent leur intégration immédiate dans la fonction publique avec tous les droits et avantages qui vont avec.
Le ministère des Finances n’a pas encore réagi officiellement à cette grève.
interview exclusive à CNC de monsieur Fadi El Abdallah, Porte-parole de la Cour pénale internationale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/fadi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le porte-parole de la CPI, monsieur Fadi El Abdallah. Photo de courtoisie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé la clôture de ses enquêtes en République centrafricaine. Une décision qui provoque des interrogations et parfois des incompréhensions dans l’opinion publique. Depuis de nombreuses histoires circulent en Centrafrique prétendant que la CPI serait en train de préparer d’autres affaires, ou serait sujet à une manipulation visant des desseins politiques.
Pour éclairer les faits et contrer la désinformation, M. Fadi El Abdallah, porte-parole de la CPI, répond à nos questions sur ces sujets, y compris la véritable situation de la Cour en RCA, la procédure d’ouverture des enquêtes et le verdict rendu le 24 juillet 2025 dans l’affaire Yekatom et Ngaïssona, par la Chambre de première instance V, dont les avocats ont fait appel du jugement.
CNC : Monsieur Fadi El Abdallah, Porte-parole de la Cour pénale internationale, bonjour !
Fadi El Abdallah : Bonjour, monsieur le journaliste.
CNC : Quelle est aujourd’hui la situation de l’enquête du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale en République centrafricaine ?
Fadi El Abdallah : Tel qu’annoncé par le Procureur dans sa lettre adressée aux autorités centrafricaines le 16 décembre 2022, la phase d’enquête dans la situation en RCA est close. À moins d’un changement radical de circonstances, le Bureau ne suivra pas d’autres pistes d’enquête quant à l’éventuelle responsabilité pénale d’autres personnes ou à l’égard d’autres comportements survenus dans le cadre de la situation en République centrafricaine, en dehors des affaires pendantes devant la CPI.
CNC : Pourquoi le Procureur a-t-elle décidé de clôturer ses enquêtes dans le pays ?
Fadi El Abdallah : Le Procureur a estimé que la phase d’enquête sur la situation en RCA II avait atteint ses objectifs. Les éléments de preuve recueillis au cours des années d’enquête ont permis de lancer des poursuites et d’engager plusieurs affaires devant la Cour. La clôture reflète également la volonté du Bureau de concentrer ses ressources sur les affaires déjà pendantes, tout en renforçant la coopération avec les autorités judiciaires centrafricaines, notamment la Cour pénale spéciale, dans le but d’appuyer plus efficacement les efforts nationaux de lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves.
CNC : Que signifie concrètement cette clôture : la CPI se retire-t-elle de la Centrafrique ?
Fadi El Abdallah : Non. La clôture des enquêtes ne signifie pas le retrait de la CPI de la République centrafricaine.
Le Bureau du Procureur poursuit ses activités liées aux affaires en cours, incluant tout mandat d’arrêt non encore exécuté. En parallèle, le Bureau continue à collaborer étroitement avec les autorités nationales et la Cour pénale spéciale, conformément aux protocoles d’accord signés avec le gouvernement centrafricain. Cette coopération vise à renforcer les capacités nationales et à garantir que la lutte contre l’impunité se poursuive au niveau local.
En outre, la CPI continue ses activités de sensibilisation concernant les procédures liées à la Centrafrique, et serait impliquée éventuellement dans les plans de réparations si les juges en décident.
CNC : Le Bureau du Procureur de la Cour a-t-il pris connaissance de la récente plainte déposée à l’encontre du Président Touadéra, et comment s’inscrit-elle dans le cadre de ses procédures habituelles ?
Fadi El Abdallah : En vertu de l’article 15 du Statut de Rome le traité fondateur de la CPI, toute personne ou tout groupe, où qu’il se trouve dans le monde, peut envoyer des informations (que la CPI appelle « communications ») sur des crimes présumés au Procureur de la CPI, qui est tenu de protéger la confidentialité des informations reçues. Il revient uniquement au Procureur de la CPI de décider de la suite à donner à de telles communications.
En règle générale, le Bureau ne commente pas les allégations visant des personnes spécifiques, sauf pour confirmer la réception d’informations lorsque celles-ci ont été rendues publiques par leurs auteurs, comme c’est le cas ici. Le Bureau tient à préciser que la clôture de la phase d’enquête en RCA II n’a aucune incidence sur les affaires déjà engagées devant la Cour, et qu’aucune nouvelle enquête n’a été ouverte à ce stade.
CNC : Certains pensent que les « communications » adressées à la Cour peuvent servir à manipuler la CPI à des fins politiques internes. Quelle est votre réponse ?
Fadi El Abdallah : La Cour pénale internationale est une institution judiciaire indépendante et impartiale. Les juges de la Cour prennent leurs décisions uniquement sur la base des règles applicables et des éléments de preuve disponibles. La justice est vigilante. Le Bureau du Procureur et les Juges disposent de mécanismes solides pour vérifier et examiner les éléments de preuve. Ainsi, les décisions de la justice ne sont pas de nature politique et ne peuvent être manipulées à de tels dessins.
CNC : Quelles sont les principales conclusions du verdict rendu le 24 juillet 2025 dans l’affaire Yekatom et Ngaïssona ?
Fadi El Abdallah : Le 24 juillet 2025, la Chambre de première instance V de la CPI a rendu son jugement dans l’affaire Le Procureur c. Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona.
Les juges ont reconnu M. Yekatom et M. Ngaïssona coupables de plusieurs crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre décembre 2013 et décembre 2014, notamment le meurtre, la déportation, la persécution, le traitement cruel et la destruction de biens appartenant à des civils musulmans.
La Chambre a toutefois acquitté les accusés de certaines charges, estimant que les preuves présentées ne permettaient pas d’établir leur responsabilité au-delà de tout doute raisonnable pour ces chefs précis.
Les juges ont condamné Alfred Yekatom à une peine totale de 15 ans d’emprisonnement et Patrice-Édouard Ngaïssona à une peine totale de 12 ans d’emprisonnement. Leur temps passé en détention sera déduit de leurs peines.
CNC : Les avocats des deux accusés ont annoncé un appel. Quelles sont les prochaines étapes prévues par la procédure ?
Fadi El Abdallah : Conformément au Statut de Rome, les deux équipes de défense ont le droit de faire appel du jugement de première instance.
La procédure d’appel se déroulera devant la Chambre d’appel de la Cour, composée de juges indépendants. Les parties la défense et le Bureau du Procureur auront l’occasion de présenter leurs arguments.
La Chambre d’appel pourra confirmer, infirmer ou réviser le jugement de première instance, en tout ou en partie.
CNC : Enfin, face à la désinformation grandissante autour du rôle de la CPI en Centrafrique, quel message souhaitez-vous adresser à la population ?
Fadi El Abdallah : La Cour pénale internationale n’est pas un acteur politique. Son rôle est strictement judiciaire : elle enquête et juge les personnes accusées des crimes les plus graves qui concernent l’ensemble de la communauté internationale crimes de guerre, crimes contre l’humanité, genocide et crime d’agression.
La CPI agit de manière indépendante, sur la base des faits et des preuves, et dans le respect du droit.
Je souhaite rappeler à la population centrafricaine que la lutte contre l’impunité est un effort partagé : la CPI intervient lorsque les juridictions nationales ne sont pas en mesure ou ne veulent pas agir, mais elle complémente activement la justice locale, y compris la Cour pénale spéciale.
Face à la désinformation, il est essentiel de se référer aux sources officielles de la Cour son site web (https://www.icc-cpi.int/), ses communiqués et décisions afin de disposer d’informations exactes et vérifiables. La CPI reste engagée à rendre justice aux victimes et à contribuer à une paix durable fondée sur la vérité et la responsabilité.
Je voudrais aussi souligner le rôle constant de nos efforts d’information publique en République centrafricaine pour rapprocher la Cour des communautés affectées. Le programme de la CPI en RCA met en œuvre une communication durable et bidirectionnelle avec les populations locales il s’agit non seulement d’informer sur le mandat, les procédures et les décisions de la Cour, mais aussi d’écouter les préoccupations, de répondre aux questions et de corriger les informations fausses.