Le politologue centrafricain Fari Tahéruka Shabazz s’invite à son tour dans la controverse opposant le gouvernement à Anicet-Georges Dologuélé autour de sa nationalité, de son passeport et désormais de son mandat de député. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, il réagit aux déclarations d’Évariste Ngamana et met directement en cause la stratégie du pouvoir.
Shabazz réagit aux déclarations d’Évariste Ngamana
Dans sa publication, Fari Tahéruka Shabazz reprend la déclaration attribuée à Évariste Ngamana selon laquelle, si Dologuélé ne se conforme pas aux dispositions juridiques invoquées par le gouvernement pour sa réintégration dans la nationalité centrafricaine, « le gouvernement demandera sa déchéance à l’Assemblée Nationale ».
Cette menace constitue un nouvel élément dans une affaire qui portait initialement sur le refus de délivrer un passeport à l’ancien Premier ministre.
Pour le politologue, le dossier prend désormais une tournure politique beaucoup plus large. Il estime qu’Évariste Ngamana cherche à obtenir la perte du statut parlementaire de Dologuélé après avoir déjà défendu publiquement la thèse selon laquelle celui-ci aurait perdu sa nationalité centrafricaine.
Fari Tahéruka Shabazz adopte un ton particulièrement critique envers le ministre d’État chargé de la Communication.
« Le prêtre défroqué, Évariste Ngamana, accessoirement ministre d’État en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement Moloua III, veut se payer la tête de Dologuélé et le déchoir de son statut de député », écrit-il.
Il poursuit en estimant que Dologuélé aurait, par ses propres déclarations, facilité la tâche du pouvoir.
« Vu comment Dologuélé a facilité la tâche à Touadéra, ce rigolo de Ngamana peut bien parvenir à ses fins et accrocher Dologuélé à son tableau de chasse », ajoute le politologue.
Cette intervention constitue une nouvelle lecture de la confrontation entre le pouvoir et le député de la première circonscription de Bocaranga.
De la nationalité au mandat de député
Le dossier a commencé par le passeport de Dologuélé. Le gouvernement soutient que l’ancien Premier ministre doit engager une procédure de réintégration dans la nationalité centrafricaine. Évariste Ngamana affirme que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et considère que Dologuélé, ayant acquis la nationalité française, doit suivre une procédure prévue par le Code de la nationalité.
Dologuélé rejette cette interprétation. Il affirme notamment que la perte de la nationalité centrafricaine n’a jamais été constatée par un décret et s’appuie sur la décision n°014/CC/25 du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Le Parti du Changement Social a également pris position. Dans son communiqué du 29 août, le PCS affirme que le Conseil constitutionnel a déjà tranché la question et que Dologuélé « n’a jamais cessé d’être Centrafricain ». Le parti exige la délivrance immédiate de son passeport et dénonce une entrave administrative visant un opposant.
La déclaration attribuée à Ngamana ajoute désormais un autre niveau au dossier : le mandat parlementaire de Dologuélé.
Une nouvelle menace sur le mandat parlementaire
Selon la citation publiée par Fari Tahéruka Shabazz, le gouvernement pourrait demander à l’Assemblée nationale de prononcer la déchéance de Dologuélé s’il ne se conforme pas aux exigences liées à sa réintégration.
Cette perspective intervient alors que Dologuélé est député élu de la première circonscription de Bocaranga et qu’il est entré en fonction le 29 juin 2026.
La question n’est donc plus seulement celle de la délivrance d’un document de voyage. Elle touche désormais directement à l’exercice du mandat parlementaire d’un élu.
C’est ce changement d’échelle que relève la publication de Shabazz.
Un cinquième acteur entre dans le débat
Après les prises de position d’Anicet-Georges Dologuélé, les explications d’Évariste Ngamana, la réaction du Parti du Changement Social et les décisions invoquées du Conseil constitutionnel, l’intervention de Fari Tahéruka Shabazz ajoute une nouvelle voix au débat.
Le politologue ne se contente pas de commenter la question juridique. Il s’attaque directement à la stratégie politique du gouvernement et estime que le pouvoir pourrait aller jusqu’à chercher la déchéance du mandat parlementaire de Dologuélé.
Cette nouvelle prise de position intervient au moment où les déclarations officielles ont déjà fait évoluer le dossier. Évariste Ngamana avait présenté la réintégration comme une procédure obligatoire pour Dologuélé et avait également averti l’opposant sur ses prochaines prises de parole.
Le PCS demande de son côté la fin des entraves administratives et l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif.
Avec la réaction de Fari Tahéruka Shabazz, la controverse franchit donc un nouveau seuil : après la nationalité et le passeport, c’est désormais le maintien du mandat de député d’Anicet-Georges Dologuélé qui apparaît au centre de la confrontation politique.
Nana-Mambéré, 2 septembre 2026 Le jeune combattant peul blessé lors de l’attaque menée le 23 août contre la position du général Adamo Ndalé a été amputé d’une jambe lundi dernier à l’hôpital Beninga de Bouar. Présenté sur les réseaux sociaux comme un membre actif du groupe armé de Ndalé récemment arrêté par la gendarmerie, il avait quitté la CPC plusieurs mois avant cette offensive.
24 juillet 2026 : Wagner échoue une première fois à Aba-Bogani
Le 24 juillet 2026, des mercenaires russes avaient lancé une première opération contre les positions de la CPC dans le secteur d’Aba-Bogani, à environ 17 kilomètres de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré.
Désarmement des rebelles de 3R à Koui, dans l’Ouham-Pendé
Les assaillants avaient notamment utilisé deux habitants comme guides après leur enlèvement. L’opération avait rapidement tourné à l’affrontement avec les hommes du général Ndalé. Les deux captifs avaient réussi à s’échapper pendant la confusion, tandis qu’un véhicule militaire des mercenaires avait été détruit par les tirs de la CPC.
Le 16 août, Wagner avait lancé une nouvelle offensive dans le même secteur. Un camion militaire chargé de combattants avait quitté Bouar pour rejoindre le campement attribué au général Ndalé.
Le mouvement avait été repéré avant l’arrivée des mercenaires. Les combattants de la CPC avaient attendu que les assaillants progressent dans leur zone avant d’ouvrir le feu à courte distance. Plusieurs mercenaires avaient été tués et d’autres blessés.
Des renforts avaient ensuite quitté Bouar pour récupérer les corps et les blessés. L’opération n’avait pas permis de prendre la position de la CPC.
23 août : les ex-rebelles du 3R échouent à leur tour
Après ces deux revers, une nouvelle tentative avait été menée le 23 août par des éléments issus du mouvement 3R ayant rejoint le processus d’accord avec le gouvernement.
Douze motos transportant deux combattants chacune s’étaient dirigées vers la position de Ndalé. Les éléments de la CPC chargés de surveiller l’entrée du campement avaient rapidement réagi à leur progression.
Les tirs avaient contraint les assaillants à battre en retraite. Quatre éléments du 3R avaient été blessés. Dix motos avaient été vues repartir, tandis que deux autres n’avaient pas été retrouvées dans le mouvement de retrait.
Parmi les quatre blessés figurait un jeune Peul qui avait auparavant combattu pendant environ trois ans aux côtés des hommes du général Ndalé.
Un ancien élément de la CPC devenu informateur de Wagner
Le parcours de ce combattant permet de comprendre son implication dans les différentes opérations menées contre la position de Ndalé.
Après environ trois années passées au sein de la CPC, le jeune homme avait décidé, en mai 2026, de déposer son arme. Il avait été sollicité par des connaissances peules issues du 3R et avait choisi de rejoindre le processus d’intégration dans l’armée nationale.
Son arme avait été remise dans le cadre de son désarmement aux éléments russes présents dans la zone. Il avait ensuite commencé à collaborer avec ces derniers et à leur fournir des indications sur les positions et les mouvements des hommes du général Ndalé.
C’est dans ce contexte qu’il aurait participé aux opérations ayant précédé l’attaque du 23 août. Il connaissait en effet l’organisation de la position de Ndalé et pouvait renseigner les assaillants sur le terrain.
Après les deux échecs de Wagner, il aurait également accompagné les éléments issus du 3R lors de leur tentative d’attaque du 23 août. C’est au cours de cette opération qu’il a été blessé avec trois autres combattants.
Un autre élément du 3R aurait été grièvement blessé au niveau de la bouche. Une balle lui aurait traversé cette partie du visage au cours de l’affrontement.
Amputé d’une jambe à l’hôpital Beninga de Bouar
Le jeune Peul blessé lors de cette attaque a été évacué vers un établissement hospitalier de Bouar. Son état nécessitait une prise en charge médicale importante.
Lundi dernier, les médecins de l’hôpital Beninga de Bouar ont procédé à l’amputation de l’une de ses jambes. Son état de santé est directement lié aux blessures reçues lors de l’affrontement du 23 août contre les éléments de la CPC.
Ce parcours établit également une distinction importante : au moment où il a été blessé, il ne combattait plus aux côtés du général Ndalé. Il avait quitté la CPC depuis mai et avait rejoint le processus de désarmement avant de collaborer avec les éléments russes présents dans la région.
Une publication Facebook transforme les faits
Alors que les informations sur son hospitalisation circulaient, une page Facebook présentée comme « Wakala Actualités » a publié un texte affirmant qu’un certain « Soggo » avait été arrêté à l’hôpital de Maigoro par la gendarmerie.
La publication le présente comme « un membre actif du groupe armé de Marcel Ndalé » et affirme qu’il était recherché pour des assassinats et des pillages. Elle ajoute qu’il serait placé sous la surveillance permanente des forces de sécurité centrafricaines.
Cette présentation ne correspond pas aux éléments recueillis sur son parcours. Le blessé présenté comme un membre actif du groupe de Ndalé avait quitté cette organisation plusieurs mois avant l’attaque du 23 août. Il avait ensuite rejoint les éléments issus du 3R et collaboré avec les mercenaires russes.
La publication Facebook transforme ainsi le parcours du blessé et les circonstances de son hospitalisation pour présenter une autre version des événements. Elle associe directement le jeune homme au groupe de Ndalé alors que les faits recueillis indiquent qu’il avait quitté cette position depuis mai 2026.
Une communication qui intervient après plusieurs revers
Cette publication intervient après trois opérations successives contre la position du général Ndalé. Les deux premières avaient été menées par les mercenaires russes les 24 juillet et 16 août à Aba-Bogani. La troisième, le 23 août, avait été menée par des éléments issus du 3R.
Dans les trois cas, la position de la CPC n’a pas été prise. Les hommes de Ndalé ont conservé leur campement situé à environ 17 kilomètres de Bouar.
Le récit diffusé sur Facebook présente pourtant le blessé comme un combattant toujours affilié à Ndalé et arrêté dans un hôpital après avoir été recherché par les forces de sécurité. Les informations disponibles sur son parcours ne correspondent pas à cette présentation.
L’amputation du jeune Peul à l’hôpital Beninga de Bouar constitue un nouvel élément de cette affaire. Blessé lors de l’attaque du 23 août menée par les ex-combattants du 3R, il avait auparavant quitté le groupe de Ndalé pour rejoindre le processus de désarmement et collaborer ensuite avec les forces qui ont participé aux opérations contre la position de la CPC.
La confusion entretenue autour de son identité et de son parcours contribue à transformer un épisode militaire précis en récit de propagande sur les réseaux sociaux, alors que les faits connus permettent de retracer son passage de la CPC au 3R et son implication dans les opérations menées contre les hommes du général Ndalé.
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Une femme d’une quarantaine d’années est décédée le 18 août 2026 après avoir été mordue par un serpent à Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la Centrafrique. Treize jours plus tard, un adolescent de 14 ans a été victime d’une nouvelle morsure, mais a survécu grâce à une prise en charge rapide.
La répétition de ces accidents inquiète les habitants de cette sous-préfecture située dans une zone où les serpents sont nombreux. En quelques mois, plusieurs incidents ont été signalés, dont certains ont entraîné la mort de victimes.
serpent cobra
Contactée par la rédaction du CNC, la population de Ouanda-Djallé rapporte que la femme décédée le 18 août avait été mordue par un serpent avant que son état ne se dégrade. Elle a finalement succombé aux conséquences de cette morsure, laissant sa famille dans le deuil.
Le 31 août 2026, un adolescent âgé de 14 ans a à son tour été mordu par un serpent. L’incident a immédiatement alerté ses proches, qui ont réagi rapidement pour éviter une nouvelle issue dramatique.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès de la famille et des habitants, l’enfant a été conduit rapidement à l’hôpital. Il reçoit actuellement des soins et son état s’est amélioré.
L’adolescent reste hospitalisé sous surveillance médicale, mais il est désormais hors de danger. La rapidité de l’intervention de sa famille a permis son transfert vers une structure sanitaire avant une aggravation de son état.
Un précédent décès avait déjà frappé la ville
Cette nouvelle série de morsures rappelle le décès d’un garçon de 13 ans rapporté par le CNC le 27 janvier 2026. L’élève avait trouvé la mort après être tombé dans une fosse septique en construction alors qu’il se rendait à une école coranique. Un serpent caché dans le trou avait ensuite été impliqué dans le drame. 
Le drame avait profondément marqué les habitants de Ouanda-Djallé. Quelques mois plus tard, le décès d’une femme le 18 août, suivi de la morsure d’un adolescent le 31 août, replace la question des serpents parmi les préoccupations des familles.
La rédaction du CNC, qui dispose de relais et de journalistes dans plusieurs localités du pays, a recueilli auprès des habitants et des familles concernées les informations relatives à ces différents incidents.
Des morsures qui peuvent rapidement devenir mortelles
Dans cette partie de la Vakaga, les habitants vivent à proximité de zones de brousse et de végétation où les serpents sont présents. Les risques concernent particulièrement les personnes qui se déplacent à pied, travaillent dans les champs ou circulent dans des endroits peu éclairés.
Le décès de la femme de quarante ans montre les conséquences que peut entraîner une morsure lorsqu’une victime n’est pas prise en charge suffisamment rapidement. Le cas de l’adolescent de 14 ans montre, à l’inverse, qu’une intervention immédiate peut permettre d’éviter le pire.
À Ouanda-Djallé, les habitants restent désormais particulièrement vigilants. Après la mort d’un enfant de 13 ans en janvier, celle d’une femme le 18 août et la nouvelle morsure d’un adolescent le 31 août, la présence des serpents constitue une inquiétude persistante pour les familles de cette sous-préfecture de la Vakaga.
Un homme a été mortellement agressé au couteau dans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre 2026 à Koumboli, à environ trois kilomètres de Zémio, dans le Haut-Mbomou.
La victime se trouvait à son domicile lorsque l’agresseur présumé, armé de couteaux, s’est introduit dans la concession et l’a violemment attaquée. Grièvement blessé, l’homme a été pris en charge par des personnes venues lui porter secours. Il a été transporté vers l’hôpital de Zémio, mais son état s’est aggravé pendant le trajet et il a succombé à ses blessures.
L’auteur a pris la fuite après l’agression. Au moment de la rédaction de cet article, aucune arrestation n’a été signalée. Les circonstances précises de l’attaque et le mobile restent également inconnus.
Cette attaque intervient alors que Zémio connaît une accalmie sur le plan des affrontements armés. Depuis avril 2025, la ville et plusieurs localités du Haut-Mbomou ont été durement affectées par les combats entre des miliciens azandé et les forces armées centrafricaines, appuyées par leurs alliés russes, ainsi que par la présence de la MINUSCA.
Ces violences avaient provoqué de nombreuses pertes en vies humaines et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Une partie de la population avait quitté Zémio et ses environs pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.
Depuis plusieurs semaines, les affrontements de grande ampleur ont fortement diminué. Cette accalmie militaire n’a pas pour autant permis de rétablir une sécurité durable dans tous les quartiers et villages proches de Zémio.
Après l’accalmie militaire, la criminalité réapparaît
L’agression mortelle de Koumboli intervient dans ce contexte de baisse des combats. Elle rappelle que l’amélioration de la situation militaire ne signifie pas nécessairement la disparition de toutes les formes d’insécurité.
Koumboli se trouve à seulement trois kilomètres de Zémio et constitue une zone proche de la ville. Une attaque mortelle dans cette localité peut donc renforcer le sentiment d’insécurité parmi les habitants de Zémio et des villages environnants.
Cette affaire intervient aussi après l’assassinat d’un abbé à Zémio, qui avait déjà provoqué une forte inquiétude au sein de la population. La succession de ces actes criminels alimente les préoccupations sur la capacité des services de sécurité à prévenir les agressions et à identifier rapidement leurs auteurs.
Des habitants toujours dans l’incertitude
Pour les habitants de Zémio, l’accalmie observée sur le front reste fragile. La diminution des affrontements entre les groupes armés et les forces présentes dans la région a permis une certaine amélioration du quotidien, mais la criminalité urbaine constitue désormais une nouvelle source d’inquiétude.
L’absence d’arrestation rapide dans certaines affaires renforce également le sentiment d’insécurité. Dans le cas de l’attaque de Koumboli, l’auteur présumé demeure en fuite et aucune information officielle n’a encore permis d’établir son identité ou les raisons de son passage à l’acte.
Après les violences armées qui ont profondément affecté le Haut-Mbomou depuis avril 2025, les habitants de Zémio doivent désormais composer avec une autre forme d’insécurité. L’accalmie sur le front reste donc précaire, tandis que la protection des populations civiles demeure un enjeu majeur dans cette partie du sud-est de la République centrafricaine.
Un avion humanitaire des nations-unies (HUNAS) reliant Bangui à Bangassou a interrompu son vol lundi 31 août 2026 après l’intrusion de plusieurs abeilles dans la cabine alors que l’appareil survolait Bambari, dans la Ouaka.
L’incident s’est produit quelques minutes après le décollage de Bangui-M’Poko. La présence des insectes à l’intérieur de la cabine a conduit le pilote à prendre la décision d’atterrir à Bambari afin de sécuriser les passagers et de permettre une intervention sur l’appareil.
Les abeilles à bord d’un petit avion qui a quitté Bangui pour aller vers bangha sous
Aucun passager n’a été blessé. Après l’évacuation des occupants, les abeilles ont été délogées et l’avion a fait l’objet d’une opération de nettoyage et de désinfection avant son départ pour Bangassou.
Didier Martial PABANDJI, Haut Conseiller à la Communication (HCC), a quitté ce jeudi soir la prison de Ngaragba pour regagner son domicile, après avoir été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis et à 3 millions de francs CFA d’amende.
Détenu depuis plus d’une semaine dans le cadre d’une affaire de violences présumées sur une juge des libertés et de la détention, il bénéficie désormais d’une remise en liberté motivée par des raisons de santé, conformément à la décision de justice.
PABANDJI, qui conteste cette décision, prévoit de faire appel dès demain avec ses avocats.
Après avoir conquis les urnes grâce aux promesses de la septième République, les autorités de Bangui transforment les espoirs des jeunes diplômés en dossiers criminels devant les tribunaux.
La récente prise de parole publique ordonnée par le Premier ministre au sujet du recrutement dans la fonction publique sonne comme un aveu de culpabilité que le régime tente de retourner contre les candidats à l emploi. En agitant des liasses de dossiers qualifiés de faux et usage de faux, les représentants de l État ciblent les ministères des Finances, de la Justice, des Mines ou encore des Affaires étrangères pour dénoncer une fraude de grande ampleur. Cette démarche officielle cherche à faire croire à une opération de salubrité publique, alors qu elle expose surtout la faillite globale des institutions centrafricaines.
Exercice du défilé des jeunes filles à la gloire de Touadera
Les jeunes qui ont accordé leur suffrage à ce gouvernement lors des derniers scrutins se retrouvent aujourd hui pris au piège d une administration qui a elle-même érigé le clientélisme en mode de fonctionnement. Pendant des années, l accès aux postes administratifs a dépendu des réseaux d influence, des accointances politiques et des faveurs personnelles plutôt que de la valeur réelle des diplômes. En installant cette culture du passe-droit, le pouvoir a créé le marché du faux document. Les structures étatiques, de l Université de Bangui à la direction des examens et concours, ont laissé prospérer des circuits parallèles où s achètent et se vendent les parchemins requis pour postuler. Critiquer la moralité des candidats actuels revient à ignorer que le système exigeait ces pratiques pour ouvrir ses portes.
L annonce du transfert de ces dossiers de candidature au ministre d État chargé de la Justice, en vue de requérir des peines allant de cinq à dix ans d emprisonnement ou des travaux forcés, montre une volonté de faire des exemples. Le pouvoir s abrite derrière l article cinquante-neuf de la Constitution et les articles du Code pénal pour justifier cette sévérité. Cette rigueur affichée sert surtout à masquer l incapacité chronique du gouvernement à bâtir une économie capable de générer des emplois réels pour sa jeunesse. La fonction publique reste le seul horizon de survie pour des milliers de diplômés, et l État punit désormais l aspiration légitime au travail par la menace carcérale.
Cette campagne de communication, dictée depuis le sommet de l État sous le slogan de l impunité zéro, déplace la responsabilité de la fraude. Les véritables concepteurs de cette confusion, ceux qui délivrent les documents officiels falsifiés au sein même des ministères et des universités, demeurent protégés par l anonymat de leurs fonctions. En qualifiant la situation d extrêmement grave, le comité stratégique de recrutement valide une paranoïa politique qui transforme des demandeurs d emploi en ennemis de la République. Les jeunes centrafricains découvrent que les promesses électorales de la nouvelle Constitution se traduisent par des poursuites judiciaires, instaurant un climat de méfiance générale où le mérite invoqué n est qu une illusion pour éliminer le surplus de candidats.
La menace des travaux forcés devient l unique réponse d un pouvoir qui refuse de réformer ses propres structures corrompues. En renvoyant les dossiers devant le procureur de la République pour mettre l action publique en mouvement, le Premier ministre s assure une diversion politique idéale. Les bacheliers et les licenciés qui espéraient servir l État servent désormais de boucs émissaires pour blanchir un régime qui se prétend irréprochable au début de son nouveau mandat.
Les tribunaux se préparent à juger une jeunesse sans avenir économique, tandis que les cadres ministériels qui ont touché les pots-de-vin pour concevoir ces faux diplômes continuent de siéger tranquillement dans leurs bureaux dorés, attendant la prochaine vague de recrutement pour relancer leur commerce clandestin sous le regard indifférent des autorités
L’analyse politique et institutionnelle menée par le président du Front populaire Zo Kwè Zo s’attaque directement à la structure même du pouvoir en République centrafricaine. Mouammar Bengué-Bossin remet en cause l’architecture politique actuelle, qu’il désigne comme le frein principal au progrès social, à la bonne gouvernance et à l’émergence économique de la nation.
Dans sa dénonciation des dérives autoritaires et de la centralisation des institutions à Bangui, l’homme politique met à nu les conséquences de la monopolisation de l’État par un petit groupe de dirigeants. Il affirme sans détour : « Ce régime présidentiel hyper-concentré étouffe littéralement le développement du pays en confisquant tous les pouvoirs décisionnels ».
monsieur Mouammar Bengué-Bossin , de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin
Selon Mouammar Bengué-Bossin, l’absence de contre-pouvoirs réels et la paralysie de l’administration publique découlent directement de cette personnalisation du pouvoir. Toutes les décisions stratégiques, qu’elles concernent la gestion des finances publiques, l’attribution des marchés ou la nomination des hauts responsables, sont soumises à la seule volonté du chef de l’État. Ce fonctionnement bloque l’initiative locale, marginalise les régions et neutralise les institutions démocratiques qui devraient garantir le contrôle et la transparence.
Cette concentration extrême des prérogatives entre les mains d’un seul homme favorise également la corruption, l’impunité et le népotisme. En étouffant le débat parlementaire et en refusant tout partage des responsabilités, le régime empêche l’émergence de solutions novatrices et adaptées aux réalités du terrain centrafricain.
Pour rompre avec cet étouffement politique, Mouammar Bengué-Bossin préconise une révision profonde des institutions. Il plaide pour le passage à un régime parlementaire équilibré, la décentralisation effective des compétences vers les provinces et l’instauration d’un cadre strict obligeant les hauts dirigeants à rendre des comptes à la nation, afin de remettre l’État au service exclusif du peuple.
Sous le régime de Faustin-Archange Touadéra, la question des détenus et opposants politiques demeure au cœur du débat sur l’État de droit et l’avenir démocratique de la République centrafricaine.
La République centrafricaine est entrée dans une nouvelle étape institutionnelle avec l’adoption de la Constitution de 2023, présentée comme le fondement de la 7ᵉ République. Cette nouvelle architecture constitutionnelle affirme notamment le pluralisme politique et reconnaît l’opposition politique.
Mais au cœur des textes et les institutions, une question demeure : quelle place reste-t-il réellement à la liberté d’opinion, à la contestation politique et à l’opposition dans la Centrafrique de la 7ᵉ République ?
Le Constitutionnaliste centrafricain, Dr Dominique Désiré ERENON
La République nouvelle voulue par le Président Faustin Archange TOUADERA est face à une vieille pratique de la répression des anciens régimes. Rien n’a changé.
L’arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra avait suscité, en 2016, l’espoir d’une stabilisation politique et d’un renforcement des institutions démocratiques. Pourtant, au fil des années, les rapports sur la restriction de l’espace civique et politique ont nourri les inquiétudes.
Human Rights Watch avait notamment dénoncé, dès 2023, des pressions exercées contre des organisations de la société civile, des médias et des partis d’opposition critiques à l’égard du pouvoir. L’organisation faisait également état de restrictions visant les manifestations pacifiques et d’un climat dans lequel certains journalistes et militants hésitaient à critiquer le gouvernement par crainte de représailles.
La question des « prisonniers politiques » s’inscrit donc dans un problème plus large : celui de la capacité des institutions centrafricaines à garantir que nul ne soit poursuivi ou privé de liberté simplement en raison de ses opinions, de ses activités politiques ou de son appartenance à l’opposition.
Dominique Désiré Erenon : un cas emblématique.
L’arrestation du constitutionnaliste et opposant Dominique Désiré Erenon constitue l’un des épisodes les plus marquants de cette période.
Président du parti Marche pour la démocratie et le salut du peuple (MDSP), Erenon était en exil en France depuis plusieurs années. Il est rentré en République centrafricaine en octobre 2025 et a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport international Bangui-M’Poko, le 3 octobre 2025. Plusieurs médias ont rapporté cette arrestation.
Son cas a immédiatement soulevé une question fondamentale : comment un citoyen, et a fortiori un responsable politique, peut-il rentrer dans son propre pays et se retrouver privé de liberté dès son arrivée ?
Cette affaire est d’autant plus sensible que le retour d’Erenon intervenait dans un contexte où le pouvoir avait appelé les Centrafricains de la diaspora à rentrer au pays. Son arrestation a donc été perçue par ses partisans comme un signal particulièrement inquiétant adressé à ceux qui souhaitent participer au débat politique national.
Aujourd’hui et comme l’a relevé le sociologue Faustin Zameto, l’absence du constitutionnaliste et jeune leader du parti MDSP, Dominique Désiré ERENON, se fait sentir dans le débat politique sur les sujets liés à la vie de la nation. Son nom revient régulièrement sur les lèvres dans les milieux politique et intellectuel.
Toujours selon le sociologue précité, Dr Dominique Désiré ERENON manque aussi beaucoup à la faculté de Droit et Science Politique de l’Université de Bangui. Ses collègues enseignants et les étudiants ne cachent plus leur mécontentement du maintien en détention de cet enseignant apprécié dans le milieu universitaire notamment par les étudiants pour la qualité de ses enseignements.
Comment prétendre développer la RCA et priver le pays des compétences des hauts cadres du calibre de Dr Dominique Désiré ERENON connu même à l’international, en Europe et particulièrement en Afrique où il fut recruté par voie de test de sélection comme Expert Constitutionnnaliste auprès de l’Union Africaine a Addis-Abeba ? Son livre publié en mars 2025 a Paris sur « constitutionnalisme et coups d’Etat en Afrique : cas du Centrafrique » est un chef-d’œuvre qui est bien vendu notamment dans les milieux universitaires et politiques.
La Constitution de la 7ᵉ République face à ses propres principes
Le paradoxe est saisissant.
La Constitution reconnaît le pluralisme politique. Elle reconnaît également l’opposition et garantit les droits liés à son existence et à ses activités.
Dès lors, le véritable test de la 7ᵉ République ne devrait pas être la capacité du pouvoir à faire adopter des textes, mais sa capacité à respecter ces textes lorsqu’ils protègent ceux qui le contestent.
Une démocratie ne se mesure pas seulement à la liberté accordée aux citoyens qui soutiennent le gouvernement. Elle se mesure surtout à la protection accordée à ceux qui le critiquent.
L’opposition politique ne devrait donc pas être considérée comme une menace contre l’État. Dans une République pluraliste, elle constitue au contraire une composante normale de la vie démocratique.
Le danger de l’amalgame entre opposition et menace sécuritaire.
L’un des problèmes les plus préoccupants est l’amalgame entre opposition politique, contestation sociale et menace sécuritaire.
Human Rights Watch rapportait en 2023 que le président Touadéra avait publiquement associé certains responsables de l’opposition à des groupes rebelles et à une organisation criminelle.
Or, dans un État de droit, une accusation aussi grave doit être démontrée devant une juridiction indépendante et selon une procédure régulière.
Être opposant n’est pas un crime. Critiquer le gouvernement n’est pas une insurrection. Revendiquer l’alternance n’est pas une atteinte à la sûreté de l’État.
C’est précisément la frontière entre la démocratie et l’autoritarisme que les institutions doivent protéger.
Une République qui doit apprendre à tolérer la contradiction
La 7ᵉ République sera jugée non seulement sur ses infrastructures, ses élections ou ses réformes institutionnelles, mais aussi sur sa capacité à accepter la contradiction.
Un pouvoir fort n’est pas nécessairement un pouvoir qui emprisonne ses adversaires. Un pouvoir fort est celui qui peut supporter la critique sans avoir besoin de réduire ses contradicteurs au silence.
La justice doit pouvoir fonctionner sans pression politique. Les avocats doivent pouvoir défendre librement leurs clients. Les journalistes doivent pouvoir enquêter. Les partis politiques doivent pouvoir exercer leurs activités. Et les citoyens doivent pouvoir exprimer pacifiquement leur désaccord.
La question des prisonniers politiques ne concerne donc pas uniquement les personnes détenues. Elle concerne l’ensemble de la société centrafricaine.
Lorsqu’un opposant est arrêté, lorsqu’un journaliste hésite à publier une information ou lorsqu’un citoyen renonce à exprimer son opinion par peur des conséquences, c’est l’espace démocratique tout entier qui se rétrécit.
La 7ᵉ République a ainsi une responsabilité historique : démontrer que la nouvelle Constitution n’est pas seulement un changement de régime institutionnel, mais également un engagement en faveur des libertés publiques.
Le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra sera inévitablement confronté à cette question : quelle République voulons-nous laisser aux générations futures ? Une République où l’opposition est tolérée uniquement lorsqu’elle se tait, ou une République où le désaccord politique constitue une liberté protégée par la loi ?
La réponse à cette question déterminera en grande partie le véritable visage de la 7ᵉ République.
La liberté de l’adversaire est le meilleur test de la démocratie
L’histoire politique de la Centrafrique montre que les crises naissent souvent lorsque le dialogue disparaît et que les institutions cessent d’être perçues comme impartiales.
La meilleure manière de consolider la 7ᵉ République serait donc de faire de la justice indépendante, du respect des libertés publiques et du pluralisme politique des réalités concrètes.
Un État qui respecte son opposition se renforce. Un État qui emprisonne ses opposants s’affaiblit.
La véritable grandeur d’une République ne réside pas dans l’absence de contestation, mais dans sa capacité à permettre à toutes les voix y compris les plus critiques de s’exprimer librement et pacifiquement
La demande de « réintégration » adressée publiquement à Anicet Georges Dologuélé par Fidèle Gouandjika dépasse le seul débat sur la nationalité. Dans son message, le ministre conseiller spécial de Faustin-Archange Touadéra lie directement cette démarche à la reconnaissance de la victoire présidentielle de Touadéra. Il affirme ensuite que l’absence de réintégration pourrait conduire à la perte du mandat parlementaire de l’opposant.
Cette séquence pose une question politique majeure : la controverse sur la nationalité de Dologuélé sert-elle à préparer les conditions juridiques et politiques de sa destitution de l’Assemblée nationale ?
Le premier élément à retenir se trouve dans la première phrase de son message qu’il a publié sur les réseaux sociaux. Fidèle Gouandjika ne demande pas seulement à Dologuélé de clarifier son statut juridique. Il lui conseille « pour la dernière fois » de reconnaître la victoire de Touadéra en adressant une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Le lien entre les deux sujets est donc établi par l’auteur lui-même.
La question de la nationalité devient ainsi un moyen de pression politique sur un opposant qui a contesté le résultat de l’élection présidentielle. Le raisonnement développé ensuite vise à présenter Dologuélé comme un parlementaire dont le maintien à l’Assemblée nationale pourrait être remis en cause.
Gouandjika écrit notamment que la perte de nationalité constitue un motif de déchéance du mandat de député. Il ajoute que, si cette perte venait à être définitivement établie, Dologuélé pourrait être exclu de l’Assemblée nationale.
Ce passage est essentiel. Il ne parle plus seulement d’un passeport ou d’un certificat de nationalité. Il évoque directement la possibilité de mettre fin au mandat parlementaire de Dologuélé.
Une décision judiciaire existe, mais elle ne règle pas à elle seule toute la question
Le débat ne peut pas être présenté sérieusement comme si aucune décision de justice n’existait.
Le Tribunal de grande instance de Bangui a bien rendu, le 16 octobre 2025, une ordonnance annulant le certificat de nationalité centrafricaine de Dologuélé. Cette décision constitue un élément réel du contentieux.
Mais elle ne permet pas, à elle seule, d’effacer les autres décisions intervenues ensuite.
Le Conseil constitutionnel a validé en novembre 2025 la candidature de Dologuélé à l’élection présidentielle. Son nom figurait ensuite sur la liste définitive des candidats publiée par l’Autorité nationale des élections.
C’est là que le discours de Gouandjika pose problème : il présente la situation comme si la décision du tribunal avait définitivement réglé le statut juridique de Dologuélé, alors que la question a continué à être examinée au niveau constitutionnel.
Il faut donc distinguer une décision judiciaire portant sur un certificat de nationalité d’une décision du Conseil constitutionnel portant sur l’éligibilité présidentielle.
La question centrale : qui a définitivement établi que Dologuélé n’est plus Centrafricain ?
C’est l’une des principales failles du raisonnement développé par Gouandjika.
Si l’affirmation est désormais que Dologuélé n’est plus centrafricain, il faut identifier précisément l’acte juridique qui produit aujourd’hui cet effet.
Quand a-t-il officiellement perdu sa nationalité centrafricaine ?
Par quel acte ?
Quelle autorité l’a prononcé ?
Quelle décision définitive établit cette perte ?
Et surtout, quelle décision postérieure au jugement du Tribunal de grande instance interdit à Dologuélé d’exercer son mandat parlementaire ?
Ces questions sont indispensables avant de passer directement à l’étape suivante : « demandez votre réintégration ».
Car la réintégration suppose précisément que l’intéressé ait perdu sa nationalité et qu’il demande ensuite à la recouvrer. Transformer une situation juridiquement contestée en perte définitive de nationalité constitue donc un raisonnement qui doit être démontré, et non simplement affirmé.
Dologuélé a pourtant été autorisé à concourir à la présidentielle
La contradiction devient encore plus forte avec la présidentielle de 2025.
Dologuélé avait déposé sa candidature. Le Conseil constitutionnel l’a validée. Il a donc participé à l’élection présidentielle.
Cette donnée est difficile à concilier avec une présentation selon laquelle son statut de citoyen centrafricain serait déjà définitivement réglé par la seule décision du tribunal.
La question n’est pas de nier l’existence de l’ordonnance judiciaire. Elle consiste à demander pourquoi Gouandjika ne tient pas compte de l’ensemble de la procédure et surtout de la décision constitutionnelle intervenue après cette ordonnance.
Un candidat déclaré inéligible en raison de son absence de nationalité centrafricaine ne devrait normalement pas pouvoir être présenté, quelques mois plus tard, comme un candidat dont la candidature a été régulièrement validée sans que cette décision ne soit prise en compte dans le débat.
De la présidentielle au mandat de député
La deuxième étape du raisonnement de Gouandjika concerne le mandat parlementaire.
Dologuélé n’est plus seulement un ancien candidat à la présidentielle. Il est également député.
La question devient donc la suivante : si les autorités considèrent aujourd’hui qu’il n’a pas la nationalité requise pour exercer un mandat parlementaire, pourquoi cette question n’a-t-elle pas été définitivement tranchée au moment de la validation de sa candidature et de son élection ?
Et si elle n’a pas été tranchée, sur quelle base juridique peut-on annoncer maintenant que son mandat est menacé ?
C’est précisément cette progression qui donne à l’affaire une dimension politique.
Le débat commence avec un passeport. Il se poursuit avec la nationalité. Il arrive ensuite à l’éligibilité présidentielle. Puis il aboutit au mandat de député et à la possibilité de sa destitution.
Le déplacement progressif du sujet n’est pas anodin.
Le passeport diplomatique et le cas Martin Ziguélé
Gouandjika introduit ensuite le cas de Martin Ziguélé.
Il affirme que l’ancien Premier ministre a obtenu son passeport diplomatique après avoir écrit au président Touadéra.
Mais cette comparaison ne permet pas automatiquement de justifier le traitement réservé à Dologuélé.
Ziguélé et Dologuélé n’exercent pas la même fonction au moment de la demande évoquée. Le premier est un ancien Premier ministre. Le second est un député en exercice.
La question devient donc celle de l’égalité de traitement.
Si le statut de député ouvre droit à un passeport diplomatique dans les conditions prévues par les textes et les pratiques administratives, pourquoi demander à Dologuélé une démarche politique particulière alors que cette exigence ne semble pas être présentée comme une condition générale applicable à l’ensemble des députés ?
Le problème n’est donc pas seulement de savoir si Martin Ziguélé a écrit au président. Il faut savoir si cette procédure constitue une règle générale ou une exception liée à son statut d’ancien Premier ministre.
Pourquoi seulement Dologuélé ?
C’est ici que le débat sur la double nationalité prend une dimension politique.
La question de la nationalité ne concerne pas uniquement Dologuélé dans la classe politique centrafricaine. Plusieurs personnalités publiques ont été présentées comme disposant de deux nationalités ou ayant eu des situations de binationalité.
Le débat doit donc être posé de manière uniforme : la règle invoquée contre Dologuélé est-elle appliquée à tous ceux qui se trouvent dans une situation comparable ?
Si oui, quelles sont les procédures engagées contre les autres responsables concernés ?
Si non, pourquoi Dologuélé fait-il l’objet d’une procédure particulière ?
Une règle de droit ne peut pas être transformée en instrument politique applicable à une seule personne selon les circonstances.
Le précédent Karim Meckassoua
La référence à Abdoul Karim Meckassoua rappelle un précédent politique important.
En octobre 2018, le président de l’Assemblée nationale avait été destitué par les députés. La motion avait obtenu 98 voix contre 41, avec une abstention. Une pétition signée par 95 députés avait précédé le vote. (AA)
À l’époque, les motifs officiellement avancés concernaient notamment la gestion de l’Assemblée. Plusieurs observateurs et responsables politiques avaient aussi accusé le pouvoir de chercher à affaiblir Meckassoua. Africanews rapportait que plusieurs députés estimaient que la procédure pouvait avoir été pilotée par la présidence afin de placer un proche du pouvoir à la tête de l’Assemblée. (Africanews)
Le précédent montre surtout qu’une procédure parlementaire peut être précédée d’une longue bataille politique et institutionnelle.
C’est pourquoi la séquence actuelle autour de Dologuélé mérite d’être suivie avec attention.
Une mécanique qui pourrait préparer une destitution
Le message de Gouandjika fournit lui-même plusieurs éléments de cette mécanique.
Première étape : présenter Dologuélé comme une personne ayant perdu sa nationalité.
Deuxième étape : affirmer qu’il doit demander sa réintégration.
Troisième étape : considérer que son absence de réintégration lui interdit d’exercer certains droits politiques.
Quatrième étape : invoquer la perte de nationalité comme motif de remise en cause de son mandat parlementaire.
Cinquième étape : ouvrir la voie à une procédure contre le député.
C’est cette succession qui permet de parler d’une stratégie politique potentielle visant à fragiliser Dologuélé jusqu’à sa destitution, plutôt que d’un simple débat administratif sur un passeport.
Il faut naturellement distinguer ce qui est établi de ce qui relève de l’analyse politique. Aucun élément public cité dans le message de Gouandjika ne constitue à lui seul la preuve qu’une décision de destitution a déjà été prise. En revanche, son message décrit explicitement les conséquences parlementaires possibles de la position qu’il défend.
Une stratégie qui rappelle la méthode utilisée contre Meckassoua
La comparaison avec Meckassoua doit donc être faite avec prudence, mais elle n’est pas dépourvue de fondement politique.
En 2018, une campagne parlementaire avait progressivement conduit à une motion de destitution, finalement adoptée par 98 députés. (AA)
Dans le cas de Dologuélé, le point de départ est différent. Il ne s’agit pas de sa gestion de l’Assemblée nationale. Le levier envisagé est son statut de nationalité.
Le mécanisme politique pourrait néanmoins devenir comparable : construire progressivement un dossier, répéter une qualification juridique, faire apparaître le maintien du parlementaire comme problématique, puis utiliser cette qualification pour justifier une procédure institutionnelle.
La différence est importante : dans le cas de Meckassoua, la destitution a effectivement été votée. Dans celui de Dologuélé, une telle procédure n’est pas établie à ce stade.
« Reconnaître la victoire de Touadéra » : le véritable enjeu du message
La phrase de Gouandjika sur la reconnaissance de la victoire de Touadéra est probablement l’élément politique le plus révélateur de son intervention.
Une question strictement juridique sur la nationalité aurait pu être formulée sans condition politique.
Il aurait pu demander à Dologuélé de régulariser son statut juridique.
Il choisit au contraire d’écrire qu’il doit reconnaître la victoire de Touadéra en adressant une demande de réintégration.
Le message associe donc deux choses : la reconnaissance du résultat électoral et le rétablissement des droits liés à la nationalité.
C’est ce qui transforme le débat juridique en instrument de pression politique.
Dologuélé n’est pas seulement invité à produire un document administratif. Il est sommé de reconnaître politiquement la victoire de son adversaire.
Le risque d’une construction progressive du dossier
Le véritable enjeu pour Dologuélé pourrait donc se situer dans les prochaines étapes.
Si le discours sur la « perte de nationalité » est répété par plusieurs responsables du pouvoir, repris par des médias et relayé sur les réseaux sociaux, il peut progressivement devenir une évidence politique alors même que les différentes décisions judiciaires et constitutionnelles doivent encore être mises en cohérence.
Une fois cette perception installée, le débat pourrait se déplacer vers l’Assemblée nationale.
La question ne serait alors plus : « Dologuélé a-t-il perdu sa nationalité ? »
Elle deviendrait : « Peut-il encore être député ? »
Puis : « Pourquoi l’Assemblée nationale maintient-elle dans ses rangs un député qui n’aurait plus la nationalité requise ? »
C’est précisément ce déplacement du débat qui mérite d’être surveillé.
Car une campagne politique peut commencer par une question administrative, se transformer en contentieux juridique et finir par devenir une procédure parlementaire.
Dans le cas de Dologuélé, le message de Fidèle Gouandjika fournit déjà le lien entre ces différentes étapes : il affirme une perte de nationalité, demande une réintégration, évoque les droits civiques et politiques, puis mentionne explicitement le risque de perte du mandat de député.
La question qui reste posée est donc simple : s’agit-il d’une simple clarification juridique ou du début d’une stratégie visant à créer les conditions politiques et juridiques d’une destitution de Dologuélé ?
Le ministre centrafricain de la Sécurité publique, général Bienvenu Zokoué, vante les mercenaires russes comme des modèles du droit international, mais en réalité, les témoignages et des rapports internationaux documentent torture, exécutions sommaires et arrestations arbitraires.
Le ministre présente la formation dispensée par des mercenaires russes en Centrafrique comme un exemple de rigueur. Selon lui, les soldats centrafricains reçoivent un enseignement solide du droit international humanitaire. Cette version Zokoué ne tient pas face aux observations recueillies sur le terrain depuis plusieurs années.
Le général de la police Bienvenu Zokoué, ministre de la sécurité publique
Les rapports internationaux s’accumulent et pointent tous dans la même direction. Les mercenaires russophones et leurs alliés centrafricains sont cités dans plusieurs types d’abus :
des actes de torture en détentiondes exécutions sommaires de civilsdes arrestations arbitraires dans plusieurs régions du paysCes constats contredisent directement le discours gouvernemental. Ils montrent aussi une proximité inquiétante entre les FACA et leurs instructeurs étrangers.
Aucun programme de formation structuré
Les centres d’instruction russes ne disposent d’aucun programme pédagogique vérifiable. Personne ne peut présenter un horaire de cours, un contenu théorique sur la protection des civils, ou une méthode d’enseignement. Cette absence pèse lourd. Elle suggère que la communication ministérielle relève surtout d’une opération d’image plutôt que d’un vrai dispositif de formation.
Des soldats déployés sans préparation juridique
La formation militaire accélérée imposée aux FACA laisse peu de place aux règles juridiques complexes. Les recrues partent au combat sans maîtriser les principes de précaution, de proportionnalité, ou de distinction entre civils et combattants. Sur le terrain, l’urgence opérationnelle prend toujours le pas sur l’apprentissage des normes humanitaires.
Des aveux jusque dans les documents officiels
Les Nations unies et plusieurs organisations internationales décrivent un quotidien fait de violences répétées contre les civils. Les victimes rapportent des souffrances sévères infligées par ces personnels armés. Même certains documents produits par l’État centrafricain ont fini par reconnaître des dépassements graves. L’écart entre le discours public et les pratiques réelles devient difficile à ignorer.
Une coopération militaire sous tutelle de Wagner
Les responsables militaires continuent malgré tout à vanter une coopération exemplaire. Dans les faits, le groupe Wagner garde une tutelle directe sur plusieurs unités locales, et cette tutelle s’accompagne d’un mépris des règles de la guerre. Chaque opération sur le terrain produit de nouveaux abus contre les habitants. Pendant ce temps, le discours officiel cherche à dissimuler ces agissements plutôt qu’à les corriger.
Une population exposée à une alliance sans contrôle
La population centrafricaine subit directement les conséquences de cette alliance militaire dépourvue de garde-fous. L’écart entre les déclarations officielles et la réalité du terrain trahit une stratégie de communication conçue pour masquer une coopération marquée par les abus, l’impunité, et le mépris du droit international humanitaire.
Par Gisèle [PASTEUR]Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, nos chères lectrices et nos chers lecteurs.
Bonjour Madame Gisèle Moloma.
Que retrouve-t-on à la une de vos articles ce matin, Gisèle ?
[ALINE]Bonjour Monsieur Anselme Mbata, bonjour à nos lectrices et à nos lecteurs.
À la une de CorbeauNews Centrafrique ce matin :
[ALINE]titre….
[ALINE]C’est Gisele Moloma pour la rédaction de Corbeau News Centrafrique. Merci.
[ALINE]Quant à vous nos chères lectrices et nos chers lecteurs, merci pour votre fidélité. Rendez-vous donc demain pour les prochaines actualités à la une de votre quotidien en ligne, Corbeau News Centrafrique.
[ALINE]Contacter corbeau news Centrafrique : soit par téléphone soit par WhatsApp avec le même numéro: +236 75 72 18 et 21ou par Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé estime que les États africains francophones restent fortement dépendants de partenaires extérieurs lorsqu’ils sollicitent un soutien financier international. Invité de l’émission L’Arbre à Palabre sur la DW, il décrit les mécanismes qui, selon lui, limitent encore l’autonomie financière des gouvernements.
Plus de 60 ans après les indépendances, les États africains disposent officiellement de leurs propres institutions, budgets et administrations. Ils peuvent également solliciter directement les grandes institutions financières internationales. Pour Martin Ziguélé, la réalité est plus complexe lorsqu’un pays rencontre une crise budgétaire, un déficit extérieur ou un besoin urgent de financement.
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Selon lui, l’accès aux programmes du Fonds monétaire international (FMI) ou de la Banque mondiale ne dépend pas uniquement des indicateurs économiques présentés par les gouvernements. Les rapports de force diplomatiques et les relations entre États jouent également un rôle important dans les négociations internationales.
Le FMI au cœur des politiques économiques
Le FMI intervient principalement lorsqu’un État rencontre de graves difficultés de balance des paiements, de réserves de change ou de financement extérieur. Les programmes négociés avec l’institution sont généralement accompagnés de mesures destinées à rétablir les équilibres budgétaires et financiers.
Pour les gouvernements concernés, obtenir un programme du FMI peut permettre de mobiliser des ressources financières, mais aussi de restaurer la confiance de certains partenaires et investisseurs.
Martin Ziguélé estime que cette situation crée une forme de dépendance pour les États africains qui ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour financer seuls leurs politiques publiques.
Lorsqu’un pays doit payer ses fonctionnaires, financer ses infrastructures, assurer ses importations essentielles ou stabiliser ses finances publiques, il peut rapidement se retrouver contraint de rechercher des financements auprès des institutions internationales.
Le rôle de la France dans les relations avec les institutions financières
C’est dans ce contexte que Martin Ziguélé évoque le rôle de la France.
Selon lui, les relations historiques entre Paris et les pays d’Afrique francophone donnent à la France une capacité d’influence particulière dans les institutions financières internationales. Cette influence est liée notamment à son poids au sein du FMI et de la Banque mondiale, ainsi qu’à ses relations diplomatiques avec les gouvernements africains.
Pour l’ancien Premier ministre, un État francophone qui souhaite obtenir un soutien financier international doit donc tenir compte de la position de Paris.
Il ne s’agit pas juridiquement d’une procédure selon laquelle un pays africain devrait obtenir une autorisation française avant de saisir le FMI. Les États membres du FMI peuvent solliciter directement l’institution. Les programmes sont négociés sur la base de critères économiques, financiers et budgétaires.
L’analyse de Martin Ziguélé porte plutôt sur le poids politique et diplomatique que peuvent exercer les États disposant d’une influence importante au sein de ces institutions.
Une influence liée aux mécanismes de gouvernance
Le FMI et la Banque mondiale ne fonctionnent pas comme des institutions totalement indépendantes des États qui les composent. Leur gouvernance repose sur des représentants des pays membres, dont le poids dans les décisions dépend notamment de leurs quotes-parts et de leurs droits de vote.
La France fait partie des principaux actionnaires du FMI et de la Banque mondiale. Elle participe donc aux mécanismes de décision et dispose d’une influence institutionnelle importante.
Pour Martin Ziguélé, cette réalité est particulièrement importante pour les pays africains francophones qui entretiennent depuis plusieurs décennies des relations politiques, économiques et monétaires étroites avec Paris.
Dans les négociations financières internationales, cette proximité peut donc constituer un facteur politique supplémentaire, même si les décisions des institutions financières reposent sur leurs propres procédures et critères.
Quand les difficultés financières réduisent la marge de manœuvre
La dépendance financière devient particulièrement visible lorsque les finances publiques d’un pays sont fragiles.
Un État qui ne parvient plus à financer son déficit sur ses propres ressources doit rechercher des financements extérieurs. Il peut alors être amené à négocier avec le FMI, la Banque mondiale, les banques régionales de développement ou d’autres partenaires.
Ces financements peuvent être accompagnés de réformes : réduction du déficit budgétaire, amélioration de la collecte fiscale, réforme des entreprises publiques, maîtrise de la masse salariale ou restructuration de certaines dépenses.
Pour Martin Ziguélé, ces contraintes peuvent réduire la liberté de décision des gouvernements.
Le débat porte alors sur une question centrale : jusqu’où un État peut-il définir seul sa politique économique lorsqu’une partie importante de son financement dépend de partenaires extérieurs ?
Le cas particulier des pays francophones
Les pays d’Afrique francophone présentent des situations économiques très différentes. Certains disposent de ressources pétrolières ou minières importantes. D’autres dépendent davantage de l’agriculture, des transferts de fonds de la diaspora, de l’aide extérieure ou des investissements étrangers.
Tous ne sont donc pas soumis au même degré de dépendance financière.
Pour autant, Martin Ziguélé estime que le modèle historique des relations entre la France et ses anciennes colonies continue de peser sur les choix économiques de plusieurs gouvernements.
Cette influence dépasse la seule question du financement. Elle concerne également la monnaie, le commerce, les investissements, la dette et les relations avec les institutions internationales.
L’enjeu de la souveraineté financière
Pour Martin Ziguélé, une indépendance politique réelle doit également reposer sur une capacité financière nationale suffisante.
Un gouvernement qui dispose de recettes fiscales solides, d’une économie productive et d’un secteur privé capable de créer des emplois bénéficie d’une marge de manœuvre plus importante.
La souveraineté financière des États africains est souvent compromise par leur dépendance aux financements extérieurs, ce qui limite leur capacité à définir des politiques économiques autonomes.
À l’inverse, lorsque les recettes publiques sont faibles et que les dépenses essentielles dépendent de financements extérieurs, les choix politiques sont nécessairement plus contraints.
Cette question se pose avec une acuité particulière dans les pays où les ressources publiques sont insuffisantes pour financer les besoins fondamentaux : santé, éducation, infrastructures, sécurité et fonctionnement de l’administration.
Repenser les finances publiques
L’analyse de Martin Ziguélé ne conduit pas uniquement à remettre en cause les institutions internationales. Elle renvoie également à la responsabilité des gouvernements africains dans la gestion de leurs propres économies.
Renforcer la souveraineté financière suppose notamment d’améliorer la collecte des impôts, de lutter contre les déperditions de recettes, de développer la production locale et de créer des conditions favorables à l’investissement privé.
La transformation des matières premières constitue également un enjeu majeur. Exporter des ressources brutes rapporte moins que développer localement les chaînes de transformation et les activités industrielles associées.
Une économie plus productive permettrait d’élargir l’assiette fiscale et de réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs.
Une indépendance encore inachevée
Plus de six décennies après les indépendances, Martin Ziguélé considère donc que la souveraineté africaine doit être évaluée à partir des capacités financières réelles des États.
Le recours au FMI ou à la Banque mondiale n’est pas en lui-même une preuve de dépendance. De nombreux pays développés ont également recours aux marchés financiers internationaux ou aux institutions multilatérales.
Pour l’ancien Premier ministre, la question essentielle est plutôt celle de la capacité d’un État à choisir ses partenaires, à négocier ses financements et à définir ses politiques économiques sans subir une pression excessive liée à sa fragilité financière.
Dans cette perspective, renforcer les ressources nationales, développer la production, améliorer la gouvernance budgétaire et construire des institutions financières africaines plus solides apparaissent comme des leviers essentiels pour élargir la marge de décision des gouvernements.
Pour Martin Ziguélé, tant que les États africains resteront contraints de rechercher à l’extérieur les ressources indispensables à leur fonctionnement et à leur développement, leur indépendance politique restera difficile à traduire en véritable autonomie économique et financière.
Dans la nuit du lundi 31 août 2026, l’Aire de Boutili sur la route de Boali a basculé dans le chaos total. Au Centre culturel Sublime, des éléments de la milice de Touadera, la BIR, ont semé la terreur auprès des civils toute la nuit.
Au départ, ce sont eux! Ils sont arrivés lourdement armés. Mais qui sont-ils ? Ce sont des éléments de la BIR. Au nombre de 3, ces éléments de la Brigade d’Intervention Rapide ont exigé des boissons dans cet établissement. Après avoir consommé pour un montant de 13 500 FCFA, ces individus ont catégoriquement refusé de régler leur note.
Ces militaires se prennent désormais pour de véritables demi-dieux intouchables sur terre. Sans la moindre hésitation, ils ont armé leurs fusils et tiré directement vers la gestionnaire des lieux.
un-element-faca-du-BIT6-a-Boali
Cette femme a subi un choc effroyable entraînant un malaise d’une extrême gravité. Les assaillants ont ensuite traqué la sentinelle, provoquant un mouvement de panique généralisé dans tout le secteur.
Prises de panique devant cette fusillade nocturne, de nombreuses familles ont quitté leurs habitations. Les habitants se sont précipités dans la brousse environnante pour échapper à ce déchaînement de violence.
Au centre culturel du village Boutili au PK55 route de Boali
Ces hommes en uniforme commettent des ravages incessants à travers tout le territoire national. Au lieu d’assurer la protection des citoyens, ces militaires agissent en véritables prédateurs au sein des villages.
Terrasse du centre culturel du village Boutili au PK55 route de Boali
Dans une lettre ouverte publiée le 17 août 2026, Ferdinand Mbokoto Madji, fondateur et président national de la CNCA-PDD, interpelle Faustin-Archange Touadéra sur la gouvernance du pays, la sécurité, les institutions, les ressources naturelles et l’avenir de la République centrafricaine.
Dans cette lettre adressée à « Faustin-Archange Touadéra, à ses soutiens et au peuple centrafricain », Ferdinand Mbokoto Madji affirme que « le pouvoir est une responsabilité, pas une propriété ». Il estime qu’après plusieurs années de présidence, la question centrale n’est pas seulement de savoir qui gouverne, mais comment le pays est gouverné et ce que cette gouvernance a produit pour la population.
Selon Ferdinand Mbokoto Madji, depuis l’arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra en 2016, la République centrafricaine a connu des évolutions négatives dans le processus de paix et de sécurisation, une pauvreté massive, une fragilité de l’État, une insécurité persistante, une faiblesse des services publics, une dépendance extérieure ainsi que des inquiétudes sur les libertés publiques et des contestations autour des institutions et du processus électoral.
Le président national de la CNCA-PDD insiste également sur la situation sociale. Il rappelle que la Centrafrique dispose de terres, de forêts, de ressources minières et d’un important potentiel humain, tout en demandant pourquoi une grande partie des familles vivent encore dans une extrême précarité, pourquoi des enfants restent privés d’un accès régulier à une éducation de qualité et pourquoi des citoyens peuvent mourir faute de soins.
Ferdinand Mbokoto Madji cite aussi l’électricité, l’eau potable, les routes, les infrastructures sanitaires et l’emploi parmi les besoins qui restent hors de portée d’une grande partie de la population. Pour lui, le développement ne peut pas être résumé à quelques routes, quelques bâtiments administratifs ou quelques cérémonies officielles.
Sur la sécurité, la CNCA-PDD considère qu’il s’agit de l’une des grandes préoccupations de la population centrafricaine. La lettre relève que des populations continuent d’être exposées à l’insécurité, aux déplacements et aux violences, alors que la présence internationale demeure importante dans le dispositif sécuritaire du pays.
Ferdinand Mbokoto Madji pose alors la question de la souveraineté : « Une République véritablement souveraine peut-elle accepter que sa sécurité repose durablement sur des forces étrangères ou des partenaires extérieurs ? » Il précise que la coopération internationale peut être nécessaire, mais qu’elle doit être transparente, servir l’intérêt national et permettre à terme à l’État centrafricain de disposer d’une armée nationale suffisamment professionnelle et républicaine pour assurer elle-même la protection du territoire.
La coopération entre Bangui et la Russie, notamment avec les groupes Wagner, est également abordée dans la lettre. Ferdinand Mbokoto Madji rappelle que le gouvernement présente cette coopération comme un moyen de lutter contre les groupes armés, tandis que plusieurs organisations et observateurs ont exprimé des préoccupations concernant les droits humains et la transparence de certaines opérations.
Il demande ainsi dans quelles conditions cette coopération est menée, avec quels contrôles, quelles garanties et au bénéfice de qui. « Une véritable souveraineté ne consiste pas à remplacer une dépendance par une autre », écrit-il, avant d’ajouter que « la Centrafrique doit être l’amie de tous, mais la servante de personne ».
La Constitution de 2023 constitue un autre point central de la lettre. Ferdinand Mbokoto Madji rappelle que cette Constitution a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et porté le mandat présidentiel à sept ans, permettant à Faustin-Archange Touadéra de se présenter à un troisième mandat.
Pour le président national de la CNCA-PDD, la question dépasse le seul aspect juridique. Il demande si une Constitution doit protéger la République contre les ambitions personnelles ou être modifiée pour permettre à un dirigeant en exercice de prolonger son pouvoir. Il estime également que les critiques autour de cette réforme ont alimenté les inquiétudes concernant la concentration du pouvoir et l’affaiblissement des contre-pouvoirs.
Ferdinand Mbokoto Madji défend par ailleurs l’indépendance des institutions. Il cite notamment le Parlement, la Justice, la Cour constitutionnelle, l’autorité électorale, l’administration, les forces de sécurité et les médias publics. Selon lui, ces institutions doivent pouvoir exercer leurs missions avec indépendance et impartialité.
« Une République saine repose sur un principe simple : Personne ne doit être suffisamment puissant pour être au-dessus des institutions », affirme-t-il.
Les élections occupent également une place importante dans la lettre. Ferdinand Mbokoto Madji estime qu’une élection ne peut être véritablement démocratique que si les citoyens peuvent voter librement, si les candidats peuvent faire campagne équitablement, si les institutions électorales inspirent confiance et si les résultats peuvent être contestés dans un cadre légal.
Il rappelle qu’avant les élections de décembre 2025, Human Rights Watch avait exprimé des préoccupations concernant les irrégularités potentielles, les interférences politiques et les pressions sécuritaires susceptibles d’affecter la crédibilité et l’inclusivité du scrutin.
La CNCA-PDD défend aussi la place de l’opposition, des journalistes et des citoyens dans la vie publique. Ferdinand Mbokoto Madji affirme que « l’opposition n’est pas l’ennemie de la République » et qu’elle constitue l’un des mécanismes permettant d’empêcher le pouvoir de devenir aveugle.
Il estime qu’un journaliste qui critique le gouvernement ne détruit pas la République, qu’un opposant qui dénonce une décision ne trahit pas nécessairement la Nation et qu’un citoyen qui manifeste pacifiquement n’est pas nécessairement un ennemi de l’État. « Le patriotisme ne consiste pas à applaudir le pouvoir. Le patriotisme consiste parfois à avoir le courage de lui dire : “Vous vous trompez.” »
La corruption et la gestion des ressources naturelles figurent également parmi les préoccupations exposées par Ferdinand Mbokoto Madji. Il dénonce les conséquences de la corruption sur les écoles, les hôpitaux, les routes et l’emploi. Il demande que les accusations crédibles fassent l’objet d’enquêtes, que les preuves établies donnent lieu à des jugements et que la présomption d’innocence soit protégée.
La lettre demande aussi davantage de transparence dans la gestion des diamants, de l’or, du bois, de l’uranium, du lithium, des terres agricoles et des forêts. Ferdinand Mbokoto Madji veut notamment que le peuple puisse savoir qui exploite ces ressources, dans quelles conditions, combien l’État reçoit et combien revient aux populations locales.
La jeunesse constitue un autre axe du document. La CNCA-PDD estime qu’une jeunesse sans emploi, sans perspectives et sans confiance dans les institutions devient vulnérable à toutes les manipulations. La lettre cite le jeune sans emploi, le diplômé sans avenir, l’étudiant sans moyens, le cultivateur sans route pour vendre sa production, le commerçant sans accès au financement et le citoyen sans électricité parmi les urgences nationales.
« Nous devons arrêter de demander à notre jeunesse de patienter éternellement », écrit Ferdinand Mbokoto Madji. Il estime que la jeunesse ne doit pas être le carburant des campagnes électorales, mais le moteur du développement national.
Sur la question communautaire, le président national de la CNCA-PDD appelle également les Centrafricains à sortir d’une logique dans laquelle chaque communauté serait appelée à défendre son candidat ou ses intérêts. Il affirme que « la pauvreté n’est pas chrétienne », que « la corruption n’est pas musulmane », que « l’injustice n’est pas Gbaya », que « le chômage n’est pas Yakoma », que « la misère n’est pas Zandé » et que « la souffrance est nationale ».
Ferdinand Mbokoto Madji interpelle directement Faustin-Archange Touadéra sur la trace qu’il laissera dans l’histoire. Il demande si le président sera retenu comme celui qui aura renforcé les institutions ou comme celui qui aura renforcé la personnalisation du pouvoir, comme celui qui aura réconcilié les Centrafricains ou comme celui qui aura laissé derrière lui une société plus divisée.
Dans la dernière partie de la lettre, la CNCA-PDD affirme que le problème de la Centrafrique n’est pas seulement celui d’un homme, mais celui d’un système politique, institutionnel et économique qui doit être profondément réformé.
Ferdinand Mbokoto Madji écrit : « Nous ne voulons pas simplement changer de maître. Nous voulons changer de système. » Il énumère parmi les changements souhaités une Constitution qui protège le peuple, des institutions indépendantes, des élections crédibles, une justice réellement indépendante, la liberté pour les journalistes de travailler, la possibilité pour l’opposition de s’exprimer, une armée appartenant à la République, une gestion des ressources naturelles au profit du peuple et une lutte contre la corruption sans distinction.
La CNCA-PDD affirme enfin que la Centrafrique ne manque ni de richesses, ni de patriotes, ni de jeunes, ni de ressources, mais qu’elle manque d’un système permettant de transformer ces ressources en prospérité collective et de permettre aux patriotes compétents de servir la Nation.
Ferdinand Mbokoto Madji appelle à un combat « pacifique, démocratique et républicain ». Il rejette la vengeance, la haine et la violence et préconise « la vérité, la justice, les institutions et la mobilisation citoyenne ». « La République demeure. Et la République centrafricaine appartient à ses enfants », écrit-il.
La lettre se termine par un appel à construire une Centrafrique où aucun citoyen n’a besoin de demander la permission d’être pleinement centrafricain, où l’on ne demande plus « De quel clan es-tu ? », mais « Que peux-tu apporter à la République ? ». Ferdinand Mbokoto Madji conclut par trois formules : « La liberté ne se donne pas : elle se défend. La démocratie ne se proclame pas : elle se pratique. La République ne s’hérite pas : elle se construit. »
Dans une tribune consacrée à la prochaine élection à la présidence de la FIFA, Hervé Verhoosel invite les 54 associations africaines membres à placer l’avenir du football au centre de leur choix.
Hervé Verhoosel veut replacer le football au cœur du scrutin
Hervé Verhoosel estime que les fédérations africaines doivent aborder la prochaine élection à la présidence de la FIFA en partant d’une question centrale : « quel football voulons-nous ? ». Dans sa tribune intitulée « Cette fois, votons pour le football », l’ancien haut fonctionnaire des Nations Unies appelle les responsables africains du football à réfléchir d’abord aux besoins de leurs fédérations avant de choisir un candidat. Pour Hervé Verhoosel, le choix du futur président doit être précédé d’une réflexion sur les priorités du football africain.
Hervé Verozelle
Hervé Verhoosel considère que l’élection ne doit pas être réduite au choix d’un nom à la tête de la FIFA. Il propose une démarche en trois étapes : définir le football souhaité, déterminer le rôle que la FIFA doit jouer pour accompagner cette vision, puis identifier la personne la mieux placée pour diriger l’organisation. Selon lui, cette méthode permettrait aux fédérations de placer leurs propres réalités au centre du scrutin. Il rappelle que les intérêts du football doivent rester le principal critère du choix.
Hervé Verhoosel rappelle que l’Afrique compte 54 associations membres de la FIFA. Dans sa tribune, il insiste sur les différences qui existent entre ces fédérations, leurs moyens et leurs priorités. Certaines disposent de championnats professionnels structurés et d’infrastructures développées, tandis que d’autres évoluent avec des ressources limitées. Pour Hervé Verhoosel, ces différences empêchent de considérer les fédérations africaines comme un bloc homogène.
L’auteur évoque également les écarts dans la formation et l’encadrement des jeunes joueurs. Certaines associations disposent d’académies reconnues et exportent régulièrement des talents vers les grands championnats internationaux. D’autres doivent encore développer les infrastructures de base permettant aux jeunes de pratiquer le football dans de bonnes conditions. Hervé Verhoosel estime donc que chaque fédération doit pouvoir défendre ses propres priorités lors du scrutin.
« Il n’y aura donc pas un vote africain. Il y aura 54 votes », écrit Hervé Verhoosel dans sa tribune. Selon lui, ces votes peuvent converger sur certaines questions ou prendre des directions différentes selon les intérêts de chaque fédération. Pour l’ancien haut fonctionnaire des Nations Unies, cette diversité n’est pas un problème en soi. L’essentiel reste, selon lui, que chaque association détermine d’abord le football qu’elle souhaite construire et les moyens nécessaires pour y parvenir.
Hervé Verhoosel appelle à dépasser les alliances électorales
Hervé Verhoosel estime que les élections à la FIFA peuvent être influencées par les alliances, les fidélités, les blocs régionaux, les intérêts financiers et les rapports de force. Il reconnaît que ces facteurs font partie de la réalité du football international. Il estime néanmoins que la prochaine élection ne devrait pas être abordée uniquement sous cet angle. Pour lui, le débat doit d’abord porter sur les orientations que les fédérations souhaitent voir défendues au niveau mondial.
Dans sa tribune, Hervé Verhoosel ne soutient aucun candidat à la présidence de la FIFA. Il précise que son texte n’est « ni pro- ni anti-Infantino » et qu’il souhaite plutôt encourager un débat indépendant sur l’avenir du football international. Son approche consiste à placer les besoins des fédérations avant la personnalité des candidats. Il invite ainsi les dirigeants africains à examiner les programmes et les orientations proposées avant de se déterminer.
Pour Hervé Verhoosel, la question du leadership de la FIFA ne doit donc intervenir qu’après une réflexion sur les priorités du football. Il formule cette démarche de manière simple : d’abord déterminer quel football les fédérations veulent construire, ensuite identifier la FIFA dont ce football a besoin. Le choix de la personne chargée de diriger l’organisation devrait intervenir en troisième position. Cette logique constitue le principal message de sa tribune.
« L’Afrique contribue énormément au football mondial »
Hervé Verhoosel insiste également sur le rôle joué par l’Afrique dans le football international. Selon lui, le continent ne doit pas être considéré uniquement comme un espace auquel le football mondial apporte des programmes et des financements. Il rappelle que l’Afrique constitue l’une des principales sources de talents du football international. Ses joueurs évoluent dans de nombreux clubs et championnats à travers le monde et occupent une place importante dans le football professionnel.
Dans sa tribune, Hervé Verhoosel estime que cette contribution doit être intégrée aux discussions sur l’avenir de la FIFA. Les joueurs africains participent au fonctionnement des clubs et des compétitions internationales, tout en représentant des modèles pour des millions de jeunes sur le continent. Pour l’auteur, leurs parcours et les conditions de développement du football africain doivent faire partie des préoccupations examinées avant l’élection. Il considère que leur football constitue lui aussi un enjeu du scrutin.
Hervé Verhoosel pose ainsi une nouvelle fois la question qui donne son titre à sa tribune : « quel football voulons-nous, et de quelle FIFA ce football a-t-il besoin ? ». Pour lui, les fédérations africaines doivent d’abord répondre collectivement ou individuellement à cette interrogation. Le choix du futur président de la FIFA devrait ensuite découler des réponses apportées à ces priorités. Cette approche vise à replacer le développement du football au centre du processus électoral.
Les 54 fédérations représentent « 54 footballs »
Pour Hervé Verhoosel, les 54 associations africaines ne représentent pas seulement 54 voix dans une élection présidentielle. Elles représentent également 54 réalités footballistiques différentes, avec des niveaux de développement, des ressources, des besoins et des ambitions propres. Il considère que cette diversité doit être prise en compte dans les relations entre les fédérations africaines et la FIFA. Chaque association doit pouvoir définir les objectifs qui correspondent à son propre environnement.
L’auteur cite plusieurs domaines qui peuvent entrer dans cette réflexion, notamment les infrastructures, la formation des jeunes, les compétitions nationales et l’accompagnement des talents. Ces priorités ne se présentent pas de la même manière dans tous les pays africains. Hervé Verhoosel estime donc que les fédérations doivent pouvoir exprimer leurs attentes sans être réduites à une simple logique de regroupement électoral. Pour lui, le vote doit d’abord être lié aux perspectives offertes au football.
Cette conception constitue le fil conducteur de la tribune d’Hervé Verhoosel. L’ancien responsable des Nations Unies souhaite que les dirigeants des fédérations africaines considèrent leur vote comme un moyen de défendre les intérêts de leurs footballs respectifs. Il ne propose pas de candidat et ne prend pas position pour ou contre le président sortant de la FIFA. Il appelle plutôt à un débat centré sur les besoins, les ambitions et l’avenir du football.
Une tribune déjà publiée dans plusieurs pays africains
La tribune d’Hervé Verhoosel a déjà été publiée, selon son auteur, au Nigeria, au Soudan du Sud, au Gabon, en Mauritanie, en Guinée et au Mali. Il indique que d’autres publications sont attendues dans plusieurs pays africains. L’objectif affiché est de faire circuler cette réflexion auprès des différentes fédérations et des acteurs du football sur le continent. Hervé Verhoosel souhaite ainsi contribuer au débat qui précède l’élection à la présidence de la FIFA.
L’auteur a également proposé sa tribune à Corbeau News Centrafrique, en raison notamment de son expérience en République centrafricaine. Hervé Verhoosel indique avoir vécu et travaillé pendant plus de deux ans à Bangui dans le cadre de ses fonctions aux Nations Unies. Il affirme conserver un attachement particulier à la République centrafricaine. Il a souhaité que sa réflexion puisse également être portée auprès du public centrafricain.
Hervé Verhoosel, ancien haut fonctionnaire des Nations Unies
Hervé Verhoosel est présenté comme un ancien haut fonctionnaire des Nations Unies spécialisé dans la communication, les médias et les affaires publiques internationales. Au cours d’une carrière de plus de vingt ans, il a travaillé notamment à Genève, New York et dans plusieurs pays africains. Ses fonctions l’ont également conduit à voyager régulièrement sur le continent pendant plus d’une décennie. Son parcours professionnel lui a permis de suivre différents enjeux liés aux institutions internationales et à la communication publique.
Depuis son départ des Nations Unies en avril 2026, Hervé Verhoosel indique intervenir régulièrement dans le débat public consacré à la gouvernance du football international. Sa tribune sur l’élection à la présidence de la FIFA s’inscrit dans cette nouvelle activité. Il défend une approche centrée sur les intérêts du football plutôt que sur les seuls rapports de force électoraux. Son texte invite les 54 associations africaines à examiner leurs priorités avant de choisir leur orientation.
Pour Hervé Verhoosel, les fédérations africaines disposent donc de 54 voix, mais ces voix représentent surtout des footballs différents. Il estime que chacune doit d’abord définir ses besoins et ses ambitions avant de déterminer le candidat susceptible de les défendre au niveau de la FIFA. Le choix du prochain président devrait ainsi, selon lui, découler d’une réflexion plus large sur l’avenir du football africain et mondial. copié vers le presse-papiers
Pour Steve Bendo Ndény, la journée de deuil national décrétée après le drame de la rue des Sœurs de Bimbo n’a jamais existé dans la réalité. L’activiste de la société civile pointe un État incapable de faire appliquer ses propres décisions, sans moyens, sans relais administratifs et sans communication efficace. Selon lui, ce non-événement confirme un décalage profond entre les annonces officielles et leur mise en œuvre sur le terrain, relançant le débat sur l’autorité réelle de l’État et la capacité des institutions à agir concrètement.
En effet, le décret annonçant une journée de deuil national après l’accident mortel de la rue des Sœurs de Bimbo n’a pas produit les effets attendus sur le terrain. Pour Steve Bendo Ndény, cette situation illustre les difficultés de l’État à faire respecter ses propres décisions.
Invité de l’émission Patara, l’activiste de la société civile estime que le deuil national devait être accompagné de mesures permettant son application effective dans les différentes villes du pays. Selon lui, l’annonce officielle ne suffit pas lorsque les administrations ne disposent pas des moyens nécessaires pour faire respecter les directives prises par le pouvoir public.
« Ce décret de deuil national est un non-événement pris par un État qui n’a même pas les moyens d’appliquer ses propres décisions », affirme Steve Bendo Ndény.
Steve Bendo Ndény relève que la journée de deuil national n’a pas entraîné de changement notable dans les habitudes d’une partie de la population. Les commerces et certains lieux de divertissement ont continué leurs activités, tandis que de nombreux citoyens ne semblaient pas avoir reçu suffisamment d’informations sur les dispositions liées au décret.
Pour lui, cette situation montre les limites d’une décision administrative lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’une communication claire et d’un dispositif permettant son application.
Des décisions sans moyens de contrôle
L’activiste estime également que l’État doit disposer de mécanismes de suivi lorsqu’il prend une décision applicable à l’ensemble du territoire. Sans contrôle ni relais administratifs suffisamment opérationnels, les directives officielles risquent de rester théoriques.
Selon Steve Bendo Ndény, le problème dépasse le seul décret de deuil national. Il concerne plus largement la capacité des institutions à transformer les décisions annoncées au sommet de l’État en mesures effectivement appliquées dans les quartiers et les villes.
Un écart entre les annonces et la réalité
Pour l’activiste de la société civile, le traitement réservé au deuil national révèle un décalage entre les décisions prises par les autorités et leur application quotidienne.
Il estime que l’hommage aux victimes aurait dû s’accompagner d’une mobilisation visible des administrations, d’une information précise de la population et d’un suivi permettant de vérifier l’application du décret.
La controverse autour de cette journée de deuil relance ainsi le débat sur l’autorité effective de l’État, la communication gouvernementale et les moyens dont disposent les administrations pour faire respecter les décisions prises au niveau national.
Si on ne s'occupe pas de nos enfants, d'ici dix ans, tous seront dans la rue : l'ultime avertissement de Joël Karpandji, éducateur principal de la Fondation La Voix du Cœur
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
La situation des enfants de la rue à Bangui provoque une inquiétude majeure parmi les acteurs sociaux de terrain. Joël Karpandji, éducateur principal de la Fondation La Voix du Cœur, lance une alerte solennelle quant au devenir de la jeunesse urbaine en rupture familiale complète. Selon ses analyses directes, l'absence de mesures d'urgence globales débouchera inévitablement sur une crise structurelle généralisée d'ici une décennie, transformant l'espace public urbain en un lieu de survie pour la majeure partie des nouvelles générations.
La trajectoire statistique de cette réalité sociale démontre l'ampleur de la démission des pouvoirs publics. Les données de l'année deux mille trois décomptaient environ quatre mille mineurs installés de manière permanente dans les artères de la capitale. En l'année deux mille vingt, ce recensement s'est élevé à plus de six mille individus, illustrant une progression arithmétique continue que l'unique structure associative locale ne peut plus endiguer. La fondation assure pourtant une prise en charge complète et gratuite des jeunes de quatre à dix-sept ans, mais ses capacités d'accueil saturées empêchent de répondre aux flux constants de nouveaux arrivants.
Les réalités financières actuelles aggravent considérablement la vulnérabilité de la structure d'accueil des enfants de la rue en RCA. L'absence de subventions de la part du gouvernement s'accompagne aujourd'hui d'une suspension complète des appuis financiers d'origine internationale. Cette restriction financière majeure a contraint la direction de l'ONG Voix du cœur à ordonner la fermeture complète des antennes de Damala et de Sica, tout en plaçant l'ensemble du personnel d'encadrement en position de chômage technique. L'établissement ne survit désormais que grâce aux apports ponctuels de donateurs privés et de partenariats techniques limités à des animations éducatives autour du livre.
L'éducateur principal insiste sur les conséquences directes de cette absence de politique de protection sociale. Faute d'investissements immédiats dans des centres d'hébergement appropriés et durables, la dislocation de la cellule familiale combinée à l'inaction publique va mener à l'établissement d'une organisation sociale parallèle entièrement gérée par la rue. Les activités d'alphabétisation, de remise à niveau scolaire et de formation aux métiers de l'artisanat, menées auparavant avec le soutien du centre Don Bosco, se réduisent chaque jour davantage en raison du dénuement institutionnel de la fondation.
Par Brahim Sallé
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Un agent de la gendarmerie déployé depuis plusieurs mois à Mbrés, dans la préfecture de la Nana-Gribiziterrorise les usagers de la route reliant la ville à Kaga-Bandoro ou à Ndélé .
Dans cette ville du nord du pays, un gendarme posté au checkpoint des forces de l’ordre qualifie régulièrement les papiers des voyageurs de faux documents. Ainsi, depuis plusieurs semaines, la même scène se répète à l’entrée et à la sortie de la ville de Mbrés.
Un contrôle comme il en existe dans presque toutes les villes du pays
Depuis une dizaine d’années, aucune ville centrafricaine n’échappe à la règle du contrôle mise en place par les forces de l’ordre. Un véhicule ou une moto qui entre trouve automatiquement un barrage des forces de l’ordre. Un véhicule ou une moto qui sort en trouve un autre. Des soldats FACA tiennent parfois ces points de passage. Des gendarmes, des policiers et, selon les axes, des agents des douanes s’y relaient aussi.
Mbrés n’échappe pas à ce dispositif. La ville se situe sur la route nationale n°8, entre Kaga-Bandoro et Bamingui, sur l’axe qui mène vers Ndélé. Deux postes encadrent la ville. L’un se trouve à l’entrée, l’autre à la sortie. Un gendarme de Mbrés y affecté sur le checkpoint contrôle les passagers qui arrivent, notamment ceux qui viennent de Ndélé ou de Kaga-Bandoro.
« Faux documents » : la phrase qui revient à chaque passage
Selon plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction, ce gendarme applique toujours le même réflexe. Un véhicule ou une moto s’arrête. Les passagers tendent leurs pièces d’identité. L’agent les examine une à une, puis conclut souvent de la même manière : « faux document ».
Le problème touche surtout les voyageurs venus de Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran ou de Kaga-Bandoro. Beaucoup d’entre eux ne possèdent pas encore leur carte nationale d’identité définitive. Ils circulent avec un récépissé, remis par le commissariat de police ou par des agents d’Almadina en attendant la fabrication de la carte à Bangui.
Les récépissés d’Al Madina et les policiers de Ndélé aussi visés
À Ndélé, c’est la société Al Madina qui collecte les dossiers pour la carte nationale d’identité. Le commissariat de police y délivre ensuite le récépissé, en attendant que la carte définitive arrive de Bangui.
D’après les témoignages, le gendarme de Mbrès ne se contente pas de rejeter ces documents. Il met aussi en cause ceux qui les ont établis. Il affirme que les policiers de Ndélé écrivent mal et ne savent pas rédiger un récépissé. Il s’en prend également à la société Al Madina, qu’il accuse d’employer des agents illettrés et analphabètes qui ne savent pas écrire.
L’intellectuel de Mbrés , un surnom donné au gendarme crapuleux
Cette attitude répétée a fini par lui coller plusieurs surnoms. Certains l’appellent, avec ironie, « le savant de Mbrès ». D’autres parlent de « l’intellectuel de Mbrès », en référence à sa façon de corriger chaque document. D’autres encore emploient des mots plus durs, comme « escroc » ou « voyou ».
Ces surnoms ne constituent pas des preuves. Ils traduisent surtout la lassitude d’un certain nombre de voyageurs, confrontés au même scénario depuis des semaines.
Pour beaucoup de voyageurs sur l’axe Kaga-Bandoro–Mbrès–Bamingui–Ndélé, franchir ce point de passage est devenu source d’appréhension. Un contrôle d’identité reste une procédure normale lorsqu’il suit des règles claires. Ce que les témoins contestent, c’est l’absence de procédure visible pour établir qu’un document est réellement faux.
Par Norbert Massou, correspondant du CNC à Kaga-Bandoro
Crépin Mboli-Goumba conteste l’interprétation du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana sur la nationalité d’Anicet Georges Dologuélé et rappelle la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025, qui avait rejeté le recours contestant notamment l’éligibilité de l’opposant.
Dans un aide-mémoire adressé au ministre d’État chargé de la Communication et porte-parole du gouvernement, le coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) revient sur les règles applicables à la perte et à la réintégration dans la nationalité centrafricaine.
La réponse intervient après les déclarations du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana selon lesquelles Dologuélé doit écrire au président Faustin-Archange Touadéra pour demander sa réintégration. Le porte-parole du gouvernement affirme que, sans cette démarche, l’ancien Premier ministre n’aurait plus de nationalité lui permettant de continuer à exercer son mandat de député.
Pour Mboli-Goumba, cette présentation ne peut pas être détachée de la décision rendue par le Conseil constitutionnel dans le contentieux de l’élection présidentielle de 2025.
Le point de départ de l’aide-mémoire est la compétence du Conseil constitutionnel.
La Constitution lui confie notamment le contrôle de la régularité de l’élection présidentielle. Le Code électoral lui attribue également le contentieux des candidatures à cette élection.
C’est dans ce cadre que la situation de Dologuélé avait été examinée avant le scrutin présidentiel.
Dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel s’est déclaré compétent pour examiner les recours mettant en cause l’éligibilité des candidats.
La question de la nationalité de Dologuélé faisait partie des arguments avancés contre sa candidature.
Le Conseil constitutionnel ne l’a donc pas ignorée.
Il l’a examinée dans le cadre précis de ses compétences.
Aucun décret n’avait constaté la perte de nationalité
C’est sur ce point que Crépin Mboli-Goumba oppose la décision constitutionnelle au raisonnement du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana.
Le Conseil constitutionnel avait relevé qu’aucun décret n’avait formellement constaté la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Il avait également considéré que l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ne pouvait pas, dans les circonstances examinées, être traitée comme entraînant automatiquement et directement la perte opposable de la nationalité centrafricaine sans l’acte prévu par le droit applicable.
Le Conseil en avait tiré une conséquence précise : Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration sur la seule base de l’argument selon lequel il aurait perdu sa nationalité.
La requête contestant notamment sa candidature avait finalement été rejetée comme mal fondée.
Pour Mboli-Goumba, cette décision constitue donc un élément incontournable du débat actuel.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana part d’un point que le Conseil avait précisément examiné
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana développe un raisonnement différent.
Selon lui, Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine. Il doit donc demander sa réintégration au président de la République. Cette demande doit être suivie d’une enquête avant l’éventuelle prise d’un décret.
Le porte-parole du gouvernement cite les dispositions du Code de la nationalité relatives à la réintégration.
Crépin Mboli-Goumba ne conteste pas l’existence de cette procédure.
La question est ailleurs : Dologuélé se trouve-t-il juridiquement dans la situation d’une personne ayant perdu sa nationalité et devant obligatoirement demander sa réintégration ?
C’est précisément cette question qui avait été soumise au Conseil constitutionnel en 2025.
La réponse donnée par cette institution est au cœur de l’aide-mémoire.
Le Code de la nationalité ne règle pas à lui seul le cas Dologuélé
Le Code de la nationalité de 1961 contient effectivement des dispositions relatives à la perte de nationalité et à la réintégration.
L’article 46 prévoit notamment la perte de la nationalité centrafricaine dans certaines conditions pour le Centrafricain majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère.
Le Code prévoit également une procédure de réintégration.
Mais pour Mboli-Goumba, citer uniquement ces dispositions ne suffit pas à régler le cas Dologuélé.
Il faut également tenir compte de la manière dont les dispositions ont été appliquées par les institutions compétentes.
Le Conseil constitutionnel a précisément examiné l’articulation entre ces règles et la situation de Dologuélé.
Son raisonnement a notamment porté sur l’absence de décret constatant formellement la perte de nationalité.
C’est pourquoi la formule « Dologuélé a perdu sa nationalité, donc il doit demander sa réintégration » ne résume pas la situation juridique examinée par le Conseil constitutionnel.
L’article 147 devient l’argument central
Crépin Mboli-Goumba rappelle ensuite une disposition constitutionnelle particulièrement importante : l’article 147 de la Constitution du 30 août 2023.
Cet article prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.
Pour Mboli-Goumba, cette disposition interdit de considérer la décision du 14 novembre 2025 comme une simple opinion juridique.
Le Conseil constitutionnel avait statué dans le cadre de sa compétence sur l’éligibilité présidentielle.
Sa décision s’impose donc aux autorités auxquelles la Constitution attribue cette force juridique.
La question posée au porte-parole du gouvernement devient dès lors précise : sur quelle base une autorité administrative peut-elle aujourd’hui traiter Dologuélé comme une personne ayant définitivement perdu sa nationalité et lui imposer une procédure de réintégration après la décision du Conseil constitutionnel ?
Une décision du tribunal existe aussi
Le dossier ne se limite pas à la décision constitutionnelle.
Le Tribunal de grande instance de Bangui avait, le 16 octobre 2025, annulé le certificat de nationalité de Dologuélé.
Cette juridiction avait notamment retenu les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.
Cette décision est à l’origine d’une partie du débat actuel sur la nationalité de l’opposant.
Mais le contentieux électoral est ensuite arrivé devant le Conseil constitutionnel.
Le 14 novembre 2025, celui-ci a examiné la contestation de la candidature de Dologuélé et a rejeté la requête.
Pour Mboli-Goumba, il faut donc prendre en compte l’ensemble de cette séquence institutionnelle au lieu de retenir uniquement la décision du Tribunal de grande instance.
Une question de hiérarchie et d’autorité institutionnelle
L’aide-mémoire déplace ainsi le débat vers une question institutionnelle.
Il ne s’agit plus seulement de savoir si le Code de la nationalité prévoit une procédure de réintégration. Il s’agit de déterminer si cette procédure peut être imposée à Dologuélé dans les conditions actuellement défendues par le gouvernement.
Le Conseil constitutionnel a statué sur son éligibilité.
Il a examiné l’argument relatif à sa nationalité.
Il a relevé l’absence de décret constatant sa perte de nationalité.
Il a rejeté la requête contestant sa candidature.
Et l’article 147 de la Constitution prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Pour Mboli-Goumba, ces éléments doivent nécessairement être pris en compte avant de présenter comme une obligation juridique nouvelle la demande de réintégration adressée au président de la République.
De Gouandjika au grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, le même argument revient
La sortie de Mboli-Goumba intervient aussi dans une séquence politique plus large.
Quelques jours avant le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, Fidèle Gouandjika avait publiquement demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana a ensuite repris le même axe juridique, tout en affirmant que la demande au président de la République ne constituait pas une faveur politique mais une procédure imposée par la loi.
Cette succession de déclarations donne au dossier une dimension supplémentaire.
La même exigence est formulée par deux responsables proches du pouvoir : Dologuélé doit écrire au président de la République.
Mboli-Goumba répond désormais sur le terrain du droit et rappelle que la question a déjà été examinée par le Conseil constitutionnel.
La menace sur le mandat de député
L’autre élément important de la déclaration du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana concerne le mandat parlementaire de Dologuélé.
Le porte-parole du gouvernement affirme que si l’opposant ne demande pas sa réintégration, il n’aurait plus la qualité nécessaire pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
Cette affirmation fait passer le dossier de la nationalité à la représentation parlementaire.
Dologuélé n’est plus seulement présenté comme un ancien candidat à la présidentielle dont la situation administrative serait contestée. Son mandat de député est désormais directement placé dans le débat.
Pour Mboli-Goumba, cette conséquence ne peut pas être tirée indépendamment des décisions déjà rendues.
Si le gouvernement entend remettre en cause la qualité de député de Dologuélé sur la base d’une prétendue perte de nationalité, il doit identifier la décision juridique qui établit cette perte et préciser comment cette position s’articule avec la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
Le débat dépasse désormais la lettre à Touadéra
La controverse ne porte donc plus simplement sur la question de savoir si Dologuélé doit ou non écrire au président de la République.
Elle porte sur la base juridique de cette exigence.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana affirme que la procédure de réintégration est obligatoire pour Dologuélé.
Mboli-Goumba rappelle que le Conseil constitutionnel a examiné cette question dans le contentieux de l’éligibilité présidentielle et a écarté l’argument permettant de lui imposer les formalités de réintégration dans les circonstances examinées.
L’article 147 de la Constitution donne une portée particulière à cette décision en prévoyant qu’elle s’impose aux pouvoirs publics et aux autorités administratives.
Le débat est donc désormais institutionnel autant que politique.
D’un côté, le porte-parole du gouvernement présente la réintégration comme la condition permettant à Dologuélé de conserver ses droits politiques. De l’autre, Crépin Mboli-Goumba rappelle qu’une décision du Conseil constitutionnel rendue sur cette même question existe déjà et qu’elle ne peut être écartée par une simple interprétation administrative.
La prochaine étape du dossier pourrait ainsi déterminer si la controverse sur la nationalité restera un débat juridique ou deviendra le fondement d’une procédure visant directement le maintien d’Anicet Georges Dologuélé à l’Assemblée nationale.
Le politologue centrafricain Farid Tahéruka Shabazz affirme que le dirigeant gabonais de la BGFI Bank Centrafrique, Elie Nzue Nguema Ovono, est désormais fortement critiqué par des proches du pouvoir sur les réseaux sociaux après son refus de continuer à financer à crédit les dépenses de l’État.
Dans une publication diffusée sur Facebook, Farid Tahéruka Shabazz réagit à plusieurs messages publiés par des partisans et communicants proches du pouvoir centrafricain contre le banquier gabonais. Il estime que cette campagne traduit l’hostilité grandissante du pouvoir à l’égard du responsable de la BGFI.
« Ce Gabonais de la BGFI là, je suis sûr qu’il doit être haï et copieusement détesté par la clique à Touadéra », écrit le politologue.
Pour Farid Tahéruka Shabazz, cette hostilité serait liée à la position prise par le responsable de la banque concernant le financement des dépenses publiques. Selon son analyse, Elie Nzue Nguema Ovono aurait refusé de poursuivre les mécanismes permettant au Trésor public de disposer de fonds à crédit pour assurer certains paiements de l’État.
Il estime que l’État doit désormais utiliser les ressources réellement disponibles dans les caisses publiques pour assurer ces paiements. « C’est fini les tirages spéciaux pour payer les fonctionnaires à crédit », écrit-il.
Farid Tahéruka Shabazz demande ainsi au Trésor public de sortir directement les fonds nécessaires au règlement des salaires et des autres obligations de l’État.
Sa prise de position intervient dans un contexte où plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux s’attaquent directement au dirigeant gabonais de la BGFI Bank Centrafrique. Le politologue présente ces attaques comme une conséquence de la nouvelle position qu’il attribue au banquier dans les opérations de financement de l’État.
À travers cette publication, Farid Tahéruka Shabazz établit donc un lien direct entre la campagne menée contre le responsable de la BGFI et la fin présumée du recours à des financements bancaires à crédit pour assurer les paiements publics.
Son intervention met au centre du débat la question de la trésorerie de l’État et de sa capacité à financer ses dépenses avec ses propres ressources, sans recourir à des mécanismes de crédit bancaire pour payer les salaires et les autres charges publiques.
Évariste Ngamana alias grand sorcier de Carnot, lors de son point de presse à Bangui, affirme qu’Anicet Georges Dologuélé doit adresser une demande de réintégration au président Faustin-Archange Touadéra, faute de quoi il ne pourrait plus siéger à l’Assemblée nationale. Cette lecture est directement contestée par la défense de l’opposant et intervient quelques jours après une déclaration similaire de Fidèle Gouandjika.
Le porte-parole du gouvernement présente son interprétation comme une simple application du droit. Pourtant, les avocats de Dologuélé défendent une lecture opposée du dossier. Pour eux, la question de la nationalité ne peut pas être réduite à l’obligation faite à leur client d’aller solliciter personnellement le président de la République.
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana
Une affirmation présentée comme une évidence juridique
Dans son intervention, Évariste Ngamana s’appuie sur le prétendu article 42 du Code de la nationalité centrafricaine.
Selon lui, une personne qui aurait perdu la nationalité centrafricaine doit demander sa réintégration au président de la République. Une enquête serait ensuite menée afin de vérifier sa situation, avant l’éventuelle prise d’un décret de réintégration.
Le porte-parole du gouvernement des bras cassés en tire une conséquence directe pour Dologuélé : il doit écrire au président.
Mais cette présentation ne constitue pas l’unique lecture juridique du dossier.
Les avocats de Dologuélé contestent précisément le fait de présenter leur client comme une personne définitivement privée de la nationalité centrafricaine et devant nécessairement solliciter une nouvelle réintégration.
La controverse porte donc sur un point préalable : Dologuélé a-t-il réellement perdu sa nationalité centrafricaine au point de devoir demander à la recouvrer ?
C’est cette question que Ngamana présente comme déjà réglée, alors qu’elle demeure au cœur du contentieux.
Le porte-parole transforme une question contestée en certitude
Le problème juridique apparaît dans la manière dont le raisonnement est construit.
Ngamana part de l’hypothèse selon laquelle Dologuélé a perdu sa nationalité. Il applique ensuite à cette hypothèse la procédure de réintégration prévue par le Code de la nationalité. Enfin, il présente le résultat comme une évidence : Dologuélé doit écrire au président.
Or, c’est précisément la première étape qui est contestée.
Si la perte de nationalité fait l’objet d’un contentieux, on ne peut pas simplement partir de cette perte comme d’un fait définitivement acquis pour imposer ensuite la procédure de réintégration.
Le débat juridique doit donc commencer par la détermination du statut actuel de Dologuélé, et non par l’obligation de lui faire adresser une demande au chef de l’État.
Une contradiction avec le parcours institutionnel de Dologuélé
Cette lecture soulève une autre difficulté.
La question de la nationalité de Dologuélé avait déjà été portée devant les institutions judiciaires avant l’élection présidentielle de décembre 2025.
Le Tribunal de grande instance de Bangui avait annulé son certificat de nationalité en octobre 2025.
Mais le Conseil constitutionnel a ensuite validé sa candidature à l’élection présidentielle.
Dologuélé a participé au scrutin.
Il a ensuite été élu député.
Ces éléments ne font pas disparaître la décision du Tribunal de grande instance. Ils montrent en revanche que le contentieux ne peut pas être présenté comme une affaire juridiquement close par cette seule décision.
Le raisonnement de Ngamana devrait donc expliquer comment les différentes décisions institutionnelles s’articulent entre elles avant d’affirmer que Dologuélé n’a « aucune nationalité ».
« Il n’a aucune nationalité »
C’est probablement la déclaration la plus spectaculaire du porte-parole du gouvernement.
Selon lui, si Dologuélé ne demande pas sa réintégration, « c’est qu’il n’a aucune nationalité pour continuer à siéger à l’Assemblée nationale ».
Cette affirmation va beaucoup plus loin qu’une simple demande de régularisation administrative.
Elle signifie que le gouvernement considère Dologuélé comme une personne sans nationalité.
Or, si cette affirmation est juridiquement retenue, elle appelle immédiatement plusieurs explications.
Quelle décision établit aujourd’hui qu’il est apatride ?
Quelle autorité a constaté cette situation ?
Quelle décision définitive prive Dologuélé de sa nationalité centrafricaine ?
Et comment cette situation s’articule-t-elle avec la validation de sa candidature présidentielle puis avec son élection comme député ?
Ces questions ne sont pas secondaires. Elles sont au cœur du dossier.
Les avocats de Dologuélé défendent une lecture inverse
La défense de Dologuélé ne raisonne pas comme le porte-parole du gouvernement.
Elle conteste l’idée selon laquelle l’abandon de la nationalité française aurait automatiquement créé une situation nécessitant une nouvelle demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
La distinction est fondamentale.
Pour la défense, Dologuélé est Centrafricain d’origine. La question de sa double nationalité et de sa renonciation à la nationalité française ne permet pas, à elle seule, de transformer son statut en celui d’un étranger devant solliciter une faveur du président de la République.
C’est donc sur ce point précis que les deux camps tiennent des positions diamétralement opposées.
Le gouvernement dit : il a perdu sa nationalité, il doit demander sa réintégration.
La défense répond en substance : il n’a pas à demander de redevenir ce qu’il est déjà.
Cette contradiction aurait dû être au centre de toute présentation sérieuse du dossier.
Une étrange coïncidence avec la déclaration de Gouandjika
La sortie d’Évariste Ngamana intervient quelques jours après celle de Fidèle Gouandjika.
Ce dernier avait déjà publiquement demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Gouandjika avait également évoqué le risque de voir le mandat parlementaire de Dologuélé remis en cause s’il ne régularisait pas sa situation.
Quelques jours plus tard, Ngamana reprend pratiquement le même raisonnement.
Même point de départ.
Même demande adressée à Dologuélé.
Même référence à la réintégration.
Même menace sur le mandat parlementaire.
Cette répétition donne à la séquence une dimension politique particulière. La déclaration de Ngamana ne ressemble plus à une initiative isolée destinée à expliquer le droit. Elle intervient dans la continuité directe du message précédent d’un conseiller du président de la République.
Une stratégie qui dessine déjà la prochaine étape
Le plus important dans les propos de Ngamana se trouve finalement dans la conséquence qu’il annonce.
Il ne dit pas seulement que Dologuélé devrait demander sa réintégration.
Il explique ce qui se produirait s’il refuse : il ne pourrait plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
La nationalité devient donc le point de départ d’une éventuelle procédure contre son mandat.
Le schéma apparaît clairement :
perte de nationalité → demande de réintégration → refus éventuel → absence de nationalité → contestation du mandat de député.
C’est cette construction qui donne à la déclaration sa portée politique.
Elle permet de préparer le terrain à une future contestation du siège de Dologuélé à l’Assemblée nationale.
La question de la nationalité devient alors le moyen juridique utilisé pour atteindre une conséquence politique : son éviction du Parlement.
Le précédent Meckassoua donne une autre dimension à la séquence
Cette évolution rappelle nécessairement le précédent Karim Meckassoua.
En 2018, le président de l’Assemblée nationale avait été destitué à l’issue d’une procédure parlementaire. La destitution avait été votée par 98 députés contre 41.
Le contexte et les motifs ne sont pas les mêmes que ceux du dossier Dologuélé. Il ne faut donc pas présenter les deux affaires comme identiques.
Le parallèle se situe plutôt dans la méthode : un conflit politique avec un opposant, suivi d’une construction institutionnelle permettant de remettre en cause sa position au sein de l’Assemblée nationale.
Dans le dossier Dologuélé, la question de la nationalité pourrait jouer ce rôle.
La répétition des déclarations de responsables du pouvoir renforce cette hypothèse politique.
Une demande de réintégration qui prend une dimension politique
Il y a enfin une contradiction entre la manière dont Ngamana présente la procédure et le contexte dans lequel elle est réclamée.
Il affirme que Dologuélé ne doit pas écrire au président pour lui faire plaisir.
Mais cette demande intervient après que Fidèle Gouandjika lui a publiquement demandé de reconnaître la victoire de Touadéra.
Le président de la République se retrouve donc au centre de la procédure.
Dologuélé, opposant politique et ancien candidat à la présidentielle, doit lui écrire pour demander sa réintégration.
S’il ne le fait pas, le porte-parole du gouvernement annonce qu’il ne pourra plus siéger comme député.
La procédure juridique prend alors la forme d’une injonction politique.
Dologuélé doit se plier à la démarche exigée par le pouvoir ou prendre le risque de voir son mandat parlementaire remis en cause.
Une affaire qui ne porte plus seulement sur la nationalité
La sortie d’Évariste Ngamana marque ainsi une nouvelle étape dans le dossier Dologuélé.
Le débat n’est plus limité à la question de son certificat de nationalité ou de son passeport. Il touche désormais directement à son mandat de député.
Le porte-parole du gouvernement a lui-même établi ce lien.
Il affirme que Dologuélé doit demander sa réintégration. Il affirme ensuite que son refus signifierait qu’il n’a aucune nationalité et qu’il ne peut plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
Le pouvoir dispose ainsi d’une argumentation déjà construite pour contester son maintien au Parlement.
Reste maintenant la question essentielle : les institutions judiciaires et parlementaires confirmeront-elles cette lecture, ou les arguments des avocats de Dologuélé finiront-ils par s’imposer face à cette interprétation du gouvernement ?
Pour l’instant, une chose est établie dans le débat politique : après la déclaration de Fidèle Gouandjika, celle d’Évariste Ngamana reprend le même axe et place désormais explicitement la menace sur le mandat de député de Dologuélé.
Louis-Firmin Kongoubé a consacré une nouvelle publication à Mathieu Simplice Sarandji, président de l’Assemblée nationale, dans un texte diffusé le 30 août sous la signature du « Printemps Centrafricain ».
Dans cette publication, il écrit : « LE PRINTEMPS CENTRAFRICAIN APPELLE À LA DESTITUTION DU FRANCO-CENTRAFRICAIN MONSIEUR SARANDJI MATHIEU SIMPLICE DE LA PRÉSIDENCE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE À VOTONGBO-2 ».
Kongoubé poursuit son texte en revenant sur la question de la nationalité française d’Anicet-Georges Dologuélé et sur les déclarations précédemment attribuées à Évariste Ngamana à ce sujet.
Il pose ensuite directement la question : « L’enfant DOLOGUÉLÉ prénommé Anicet-Georges est-il la seule personnalité publique de premier plan à disposer de la nationalité française depuis 1961 en République Centrafricaine ? »
Dans la suite de sa publication, Kongoubé demande aux Centrafricains de rechercher dans les archives du Journal officiel de la République française les éventuels décrets de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française concernant des personnalités occupant des fonctions importantes en Centrafrique.
Il écrit : « À ce titre, le Printemps Centrafricain demande à tous les Centrafricains épris de paix, de l’amour de notre Mère Patrie la RCA, de la cohésion sociale, engagés pour la Res PUBLICA au pays de Barthélémy Boganda, à faire des recherches dans les archives du journal officiel de la République Française ».
La demande vise ensuite les personnes qui « se sont naturalisés français ou réintégrés dans la nationalité française à leur majorité et occupent des postes régaliens dans le régime de l’enfant NGUÉNGAZA nommé Touadéra Faustin ».
Kongoubé demande que les documents retrouvés soient communiqués au « Printemps Centrafricain », en précisant : « à communiquer le plus vite au Printemps Centrafricain les décrets de naturalisation ou réintégration dans la nationalité française ».
Sarandji placé au centre du texte
Le président de l’Assemblée nationale reste au centre de la publication dès son titre. Kongoubé le désigne comme « Franco-Centrafricain » et associe directement son nom à la demande de destitution formulée dans le texte.
La publication élargit ainsi le sujet de la nationalité de Dologuélé à d’autres personnalités publiques. Kongoubé demande que les mêmes recherches soient menées sur les responsables occupant des fonctions importantes dans les institutions centrafricaines.
Son texte mélange cette demande de recherche dans les archives françaises avec son style habituel, reconnaissable notamment dans certaines formules utilisées pour désigner les personnalités citées. Il écrit ainsi « 7ème RipoubliqueBoyrabique » et parle de la « jurisprudence NGAMANA ».
À la fin de son message, Kongoubé écrit simplement : « TROP C’EN EST, QUE LE SALUT DU PEUPLE SOIT LA LOI SUPRÊME DE LA RÉPUBLIQUE EN CENTRAFRIQUE. »
La publication est signée « Louis-Firmin KONGOUBÉ, un des Érudits du Printemps Centrafricain », avec la date du 30 août à 12 h 51.
Le collectif des 18 centrales syndicales centrafricaines accuse MasuaGogi de mener des actions visant à remettre en cause les revendications portées par les organisations syndicales auprès du président Faustin-Archange Touadéra. Les responsables syndicaux ont formulé ces accusations lors d’un point de presse tenu le 21 août 2026 à Bangui.
Le collectif affirme que ses revendications ont été officiellement présentées au chef de l’État lors d’une rencontre organisée le 3 juillet 2026 à la Cité des chefs d’État, en présence du Premier ministre et des membres du gouvernement.
Le syndicaliste Louis-Marie KOGRENGBOLe syndicaliste Louis-Marie KOGRENGBO
À cette occasion, les 18 centrales syndicales ont remis un mémorandum au président de la République. Le document porte notamment sur l’augmentation des salaires des fonctionnaires et agents de l’État de 40 %, la revalorisation des pensions de retraite à 35 %, ainsi que la signature du décret d’application de la loi portant statut général de la fonction publique, dont le texte serait en attente depuis 17 ans.
Les syndicats demandent également l’apurement des arriérés de salaires, l’amélioration des équipements des formations sanitaires et le renforcement des compétences du personnel médical. Ils réclament aussi l’aménagement des routes et pistes rurales, la nomination d’enseignants qualifiés à la tête des structures éducatives et la construction de deux universités à Bouar et Bambari. Le mémorandum demande enfin que les acteurs concernés soient traduits devant les juridictions compétentes.
Le 11 juillet, une réunion de débriefing organisée à la Bourse du travail a permis aux responsables syndicaux de définir plusieurs actions communes. Parmi celles-ci figurent une demande d’audience auprès du ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, l’organisation de la rentrée syndicale 2026-2027 et la contribution financière des secrétaires généraux à hauteur de 20 000 francs CFA pour soutenir les activités du collectif.
Le thème retenu pour cette rentrée syndicale est : « Ensemble pour une mobilisation et la défense des droits des travailleurs ». Sa date doit être fixée en fonction de la mobilisation des fonds nécessaires à son organisation.
Le collectif affirme que le mémorandum transmis au président de la République ne contient aucun passage relatif à une quelconque situation politique nationale. Il accuse Masua Gogi et la Coordination des organisations syndicales pour la consolidation des acquis sociaux (COSCAS) d’avoir adressé, le 14 juillet, une correspondance aux autorités politiques contenant, selon lui, des informations mensongères et susceptibles de discréditer les responsables des 18 centrales.
Selon Hubert Bindadier, représentant du collectif, ces initiatives remettent en cause les revendications présentées officiellement par les secrétaires généraux et constituent une entrave à la liberté syndicale.
Les responsables des 18 centrales affirment également que Masua Gogi aurait ensuite utilisé les réseaux sociaux pour diffuser des vidéos après l’envoi de ces correspondances. Ils indiquent par ailleurs qu’une procédure judiciaire impliquant certains responsables syndicaux a été engagée auprès de la Brigade territoriale de gendarmerie sur instruction du parquet de Bangui.
Le collectif reproche aussi à la COSCAS de continuer à effectuer des démarches auprès de plusieurs départements ministériels. Il accuse ses responsables de chercher à négocier des avantages personnels, notamment des postes dans les cabinets gouvernementaux, les représentations diplomatiques ou les établissements publics.
Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions récurrentes au sein du mouvement syndical centrafricain. Les 18 centrales dénoncent ce qu’elles considèrent comme des rapprochements entre certains responsables syndicaux et les autorités politiques. Elles estiment que ces pratiques affaiblissent la capacité des organisations syndicales à défendre collectivement les travailleurs.
Le collectif cite notamment la nomination de certains syndicalistes à des postes dans les cabinets de la présidence de la République, de l’Assemblée nationale et de la Primature, ainsi qu’au sein des conseils d’administration d’établissements et d’offices publics. Pour les 18 centrales, ces nominations peuvent créer un conflit entre les responsabilités syndicales et les fonctions exercées au sein de l’administration.
Les responsables syndicaux invoquent à ce titre les conventions 88 et 98 de l’Organisation internationale du Travail relatives notamment aux droits syndicaux et à la liberté syndicale.
Lors de leur point de presse, les 18 centrales ont appelé leurs membres à préserver l’unité du mouvement syndical et à privilégier la transparence dans la conduite des organisations. Elles considèrent que les revendications présentées au chef de l’État le 3 juillet constituent désormais leur cadre commun d’action et rejettent toute démarche visant, selon elles, à les modifier ou à les discréditer.
Les accusations formulées contre Masua Gogi et la COSCAS relèvent de la position exprimée par le collectif des 18 centrales lors de ce point de presse. Les personnes mises en cause n’ont pas, dans le message transmis, été entendues sur ces accusations.
Pendant que les sinistrés s’entassent dans la boue à chaque saison des pluies, les autorités de Bangui s’enferment dans des promesses stériles et une communication totalement déconnectée.
Le constat est choquant et se répète invariablement chaque année au retour de la saison des pluies. Les discours officiels se succèdent, calqués sur le même modèle, portés par des autorités devenues maîtresses dans l’art de la propagande et de la déception à grande échelle. Le chef de l’État actuel, surnommé l’empereur dictateur par ses concitoyens, diffuse en boucle les mêmes déclarations lénifiantes, persuadé que la population se contentera de paroles en guise de bilan. Une décennie entière s’est écoulée sous cette gouvernance, et pas le moindre début d’exécution ou de changement concret n’est visible dans les quartiers sinistrés de la capitale, abandonnant les Centrafricains à leur triste sort.
Inondation dans le quartier Bornou à Bria. Photo CNC
Cette gestion calamiteuse des inondations confirme parfaitement une inertie institutionnelle érigée en système. On nous parle de canalisations, de curage des caniveaux et de plans d’urbanisation, mais la réalité sur le terrain dément immédiatement ces annonces mensongères. Les structures étatiques se focalisent uniquement sur le versement des salaires de la fonction publique, une stratégie minimale visant uniquement à empêcher les grèves et à maintenir le régime en place. Au-delà de cette gestion salariale, les caisses sont vides et l’appareil d’État se trouve totalement paralysé, incapable de concevoir ou de financer la moindre infrastructure publique d’envergure.
Pour les ponts à consolider, les voies d’eau à aménager ou les secours de première nécessité, le gouvernement se transforme en mendiant international. Ce sont exclusivement les partenaires extérieurs, la Minusca, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne ou la France, qui apportent les fonds nécessaires pour colmater les brèches ici et là. Sans cette perfusion financière permanente des institutions internationales, le dénuement de l’administration publique serait total. Les cadres nommés à la tête des ministères, souvent choisis par pur népotisme au sein de cercles d’amis, se révèlent incapables d’initier une politique publique autonome et préfèrent briller dans les médias.
Les récentes interventions de la direction de cabinet du ministère de l’Action humanitaire sur Radio Guira confirment ce décalage total et cette propagande pathétique. Les explications fournies rejettent la responsabilité des inondations sur les comportements des citoyens et sur les constructions anarchiques, éludant la faillite totale de l’aménagement urbain par l’État. Le projet tant vanté de relocalisation définitive des sinistrés de l’île M’Bongossoua vers le site de Samba, présenté comme une solution de logements sociaux décents sous l’autorisation présidentielle, cache une tout autre réalité. Les dons humanitaires de l’Unicef et des agences internationales sont captés et redirigés vers la construction d’infrastructures scolaires privées appartenant à la ministre elle-même dans sa région natale de Samba. Les promesses de nouveaux pôles urbains se transforment ainsi en opportunités d’enrichissement personnel et en projets privés financés par l’aide internationale, tandis que les familles sinistrées s’entassent toujours dans des abris de fortune au milieu de la boue en attendant de futures vagues d’eau.
Les promesses de réussite portées par la septième République s’effondrent pour la jeunesse centrafricaine, brutalement renvoyée des listes de la fonction publique vers les cellules des tribunaux de Bangui.
Le point de presse du comité stratégique de recrutement brise définitivement les espoirs d’une génération entière de diplômés. En annonçant l’annulation de centaines de candidatures pour cause de faux et usage de faux dans des secteurs clés comme les Finances, la Justice, les Mines ou les Affaires étrangères, le Premier ministre transforme une attente sociale légitime en une affaire criminelle. Les postulants qui aspiraient à sortir de la précarité en intégrant l’administration se retrouvent jetés en pâture à l’opinion publique. Cette démarche gouvernementale vise à punir les individus pour masquer le délabrement complet d’un système éducatif et administratif dont l’État s’est désengagé depuis des décennies.
La queue des jeunes diplomes pour la certification de leur baccalaureat a la direction des examens et concours a Bangui. CopyrightCNC
Pour ces milliers de jeunes, l’obtention d’un diplôme à l’Université de Bangui ou le succès au baccalauréat représentait le seul chemin vers une vie digne. La réalité du terrain a rapidement douché ces ambitions, l’accès à la fonction publique étant devenu un privilège réservé aux clients du pouvoir et aux proches des ministres. Face au verrouillage des institutions et à l’absence totale d’un marché de l’emploi privé, la manipulation des documents administratifs est devenue l’unique stratégie de survie pour des licenciés et des bacheliers laissés pour compte. En criminalisant ces pratiques, le régime refuse de voir qu’il a lui-même acculé sa jeunesse à des extrémités pour ne pas sombrer dans la misère absolue.
L’ordre donné de transférer l’ensemble des dossiers au ministre d’État chargé de la Justice afin d’engager des poursuites pénales fait basculer ces demandeurs d’emploi dans l’angoisse. Les peines brandies, allant de cinq à dix ans d’emprisonnement assorties de travaux forcés, sont d’une sévérité disproportionnée par rapport au désespoir qui a motivé ces actes. Le pouvoir s’abrite derrière l’article cinquante-neuf de la Constitution et les textes du Code pénal pour orchestrer une répression spectaculaire. Cette fermeté de façade permet au gouvernement de simuler une lutte pour la moralité publique, alors qu’il est incapable d’offrir la moindre alternative économique à cette population active qu’il menace aujourd’hui d’enfermer.
L’illusion du mérite, défendue lors de ce point de presse au nom de l’impunité zéro, ne trompe personne. Les jeunes centrafricains, dont les voix ont été sollicitées pour légitimer les nouvelles orientations politiques du pays, découvrent le vrai visage d’un système qui préfère la solution carcérale à la réforme de ses propres structures de contrôle. Les circuits officiels qui délivrent, valident et enregistrent ces parchemins litigieux au sein de la direction des examens et concours ou des secrétariats universitaires restent épargnés par la colère ministérielle. Le comité technique choisit de briser l’avenir des candidats pour éviter de démanteler les réseaux de corruption bien installés au cœur des cabinets officiels.
La saisine du procureur de la République pour lancer l’action publique sert de paravent politique au Premier ministre. Cette annonce fracassante crée une diversion bienvenue, déplaçant le débat de l’incompétence économique du gouvernement vers la culpabilité individuelle des plus vulnérables. Les bacheliers et les cadres en quête d’intégration deviennent les fusibles d’une politique de communication qui cherche à afficher un bilan de salubrité publique aux dépens des sacrifices de la jeunesse.
Les couloirs du palais de justice s’apprêtent à voir défiler une cohorte de diplômés transformés en délinquants par la volonté d’un régime qui leur refuse le droit au travail, tandis que les intermédiaires administratifs et les vendeurs d’arrêtés ministériels dorment en paix, assurés de la protection de leurs fonctions et déjà prêts à monnayer les places laissées vides par cette purge_
Faustin Archange Touadéra et son clan mafieux prennent-ils la population pour des oies blanches incapables de réfléchir face à tant de contre-vérités débitées à longueur de journée ? En témoigne le dernier conseil des ministres du 6 août 2026, où les ministres ont étalé de prétendus programmes grandioses pour résoudre la crise de l’eau grâce à des coopérations fictives. Cette obsession du mensonge structure toute la méthode de gestion du pays, transformant l’accès à une ressource vitale en une longue errance nocturne pour des habitants abandonnés à leur triste sort.
La soif quotidienne et le mirage des annonces officielles
Les habitants de Bangui vivent au rythme d’une pénurie d’eau chronique qui dure depuis des années sans qu’aucune amélioration durable ne se dessine à l’horizon. Pendant que les autorités multiplient les déclarations sur des investissements colossaux, la réalité des robinets reste implacable. L’eau ne coule que furtivement au cœur de la nuit dans de rares quartiers, obligeant des familles entières à veiller pour espérer remplir quelques bidons jaunes.
Les projets de stations de captage promis le long des berges de l’Oubangui par des partenaires étrangers s’apparentent à des promesses sans lendemain. Les citoyens constatent l’écart abyssal entre la propagande officielle diffusée lors des réunions ministérielles et le calvaire enduré chaque jour pour trouver quelques litres d’eau potable.
Les accords internationaux et les promesses de formation en question
Le récent conseil des ministres a mis en avant un accord de collaboration technique avec l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement, le 2IE, basé à Ouagadougou. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du projet Predit, financé par un don de la Banque africaine de développement pour relier les ressources transfrontalières entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo.
Le plan officiel décrit des infrastructures ambitieuses comprenant une station de captage de six mille cinq cents mètres cubes par heure, des unités de traitement, des dizaines de kilomètres de conduites et des milliers de branchements sociaux. De surcroît, le gouvernement annonce le financement de formations diplômantes pour trente ingénieurs locaux au sein de l’institut burkinabé afin de renforcer les capacités de la Sadeca. Pour les observateurs et les usagers épuisés par les effets d’annonce, ces programmes détaillés sur le papier relèvent de la pure illusion destinée à masquer l’immobilisme structurel du secteur hydraulique.
Par Gisèle MOLOMA
La crise de l’eau en RCA s’aggrave avec des promesses de captage et des investissements qui ne se concrétisent pas, laissant la population face à une pénurie d’eau persistante.
Ah, le 13 août 2026 ! Soixante-six ans d’indépendance, les défilés, la fierté nationale… et la claque monumentale que l’auteur A T Benguewe Damaras vient d’envoyer en direct du Palais de la Renaissance. En ce jour de fête républicaine, A T Benguewe Damaras a décidé d’offrir au président Faustin-Archange Touadéra le plus beau des cadeaux de départ : une demande de démission en bonne et due forme.
Quand le fils spirituel remet le « père éducateur » à sa place
L’histoire racontée par A T Benguewe Damaras a de quoi faire sourire. À l’époque, Faustin-Archange Touadéra était professeur à l’Université de Bangui et enseignait directement à l’auteur. Or, comme le rappelle A T Benguewe Damaras, la tradition africaine veut que celui qui t’éduque devienne un parent. C’est donc au titre de « fils » que A T Benguewe Damaras s’adresse aujourd’hui à son « père éducateur », mais sans la moindre langue de bois : sa conclusion tient en un mot en majuscules, « DÉMISSIONNEZ ».
Dix ans de pouvoir : Un bilan complètement démolit
Pour A T Benguewe Damaras, le bilan de cette décennie au sommet de l’État est catastrophique et la devise nationale « Unité, Dignité, Travail » a été complètement piétinée :
L’Unité brisée : A T Benguewe Damaras pointe du doigt la voix du peuple étouffée, la presse muselée et les manœuvres constitutionnelles taillées sur mesure pour maintenir le « petit roi Touadéra » sur son trône.
La Dignité bafouée : Selon A T Benguewe Damaras, la souveraineté du pays n’est plus qu’une illusion puisque la sécurité de la capitale et du palais est sous-traitée à des mercenaires étrangers.
Le Travail au point mort : A T Benguewe Damaras souligne l’absurdité d’un pays immensément riche qui croupit à la 191ᵉ place de l’indice de développement humain, condamnant sept Centrafricains sur dix à la pauvreté.
Sortir par la grande porte avant la tempête
S’appuyant sur les maximes de Cicéron et les principes de l’Ubuntu, A T Benguewe Damaras avertit le chef de l’État : le ras-le-bol populaire a atteint un seuil critique. L’auteur rappelle à Touadéra qu’il n’est pas un homme providentiel personne ne l’est et qu’il est déjà largement à l’abri du besoin. Pour A T Benguewe Damaras, il ne reste qu’une seule issue honorable : rendre le pouvoir de son propre chef avant que la frustration collective ne fasse basculer la nation vers l’irréparable.
A T Benguewe Damaras appelle à la démission de Touadéra, soulignant la crise en Centrafrique et le besoin urgent de changement. Cette demande résonne comme un cri du cœur face à une décennie de gestion calamiteuse.
Alors que la MINUSCA investit des millions pour le redéploiement de l’État dans les villes de province, le Haut-Oubangui offre un spectacle de désolation administrative. Le gouverneur Victor Bissekoin confirme que sans véhicules ni budgets, les fonctionnaires restent de simples spectateurs. Ce constat inquiétant confirme l’échec d’une stratégie de façade où la propagande politique tente, tant bien que mal, de masquer une paralysie totale des institutions régionales.
Le gouffre financier d’un redéploiement virtuel
Pourtant, sur le papier, la machine internationale fonctionne. Conformément au mandat fixé par les Nations unies, la MINUSCA consacre des ressources colossales pour restaurer l’autorité de l’État dans les provinces de la République centrafricaine. Des bâtiments administratifs sont rénovés à grands frais, et les fonctionnaires ainsi que les agents publics sont transportés par hélicoptère de l’ONU directement vers leurs zones d’affectation dans le Haut-Oubangui.
Mais une fois les rotors des hélicoptères arrêtés, le mirage s’estompe. Sur place, l’État centrafricain brille par son absence totale de suivi. Les bureaux flambant neufs restent désespérément vides d’outils de travail : pas de budgets de fonctionnement, pas de véhicules pour effectuer les missions de terrain, pas de fournitures de bureau, pas de stylos, et parfois même pas une chaise pour s’asseoir. Les fonctionnaires se retrouvent abandonnés à eux-mêmes, incapables de rendre le moindre service public à une population qui sort à peine d’une crise profonde.
L’école publique sacrifiée au nom du silence budgétaire
Le secteur de l’éducation illustre parfaitement ce naufrage logistique et financier. Pour maintenir un semblant d’activité scolaire dans la région, les autorités dépendent massivement d’enseignants contractuels. Or, le gouverneur Bissekoin a été contraint d’avouer une réalité intenable : ces enseignants accumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire. L’État non seulement n’équipe pas ses fonctionnaires, mais il refuse de payer ceux qui acceptent de travailler dans des conditions déjà précaires. Demander des résultats ou une conscience professionnelle à des pères et mères de famille privés de leurs droits légitimes relève d’une pure déconnexion.
Entre aveu de faillite et culte de la propagande
Le paradoxe le plus spectaculaire de cette gouvernance réside dans le double discours permanent du gouverneur. D’un côté, son interview est un aveu implicite que l’administration publique est totalement paralysée dans le Haut-Oubangui. De l’autre, Victor Bissekoin retombe systématiquement dans les travers de la propagande politique en multipliant les éloges à la gloire du régime.
Au lieu d’interpeller fermement le gouvernement central à Bangui pour obtenir des tables, des stylos et des salaires pour ses troupes, l’autorité régionale choisit de s’enfermer dans une posture de soumission politique. Pire encore, il ose affirmer que la réélection de Faustin-Archange Touadéra constitue la réponse principale aux attentes des populations. Pendant que le Haut-Oubangui manque de tout et que l’insécurité persiste, le sommet de l’État se contente d’une satisfaction virtuelle, laissant les millions de la communauté internationale s’évaporer dans un redéploiement sans lendemain.
L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé critique le recours à des combattants étrangers pour assurer la sécurité de certains États africains. Invité de l’émission L’Arbre à Palabre sur la DW, il estime que la présence de groupes comme Wagner pose une question directe sur la souveraineté militaire des pays concernés.
Plus de 60 ans après les indépendances, plusieurs États africains continuent de faire appel à des forces étrangères lorsqu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour contrôler leur territoire ou combattre des groupes armés. Pour Martin Ziguélé, cette situation révèle les limites de la souveraineté proclamée au moment des indépendances.
L’ancien Premier ministre centrafricain considère que la défense du territoire doit d’abord relever des institutions nationales. Lorsque des combattants étrangers sont chargés d’assurer la protection d’un régime ou de participer aux opérations militaires, la question de l’autonomie réelle de l’État se pose directement.
Le groupe Wagner s’est imposé ces dernières années comme l’un des noms les plus connus dans le débat sur l’intervention de sociétés militaires privées russes en Afrique. Sa présence a notamment été associée à plusieurs pays confrontés à des crises sécuritaires.
En République centrafricaine, des instructeurs et combattants russes liés au dispositif Wagner ont été déployés à partir de 2018 dans le cadre d’une coopération avec les autorités de Bangui. Leur présence a ensuite pris une place importante dans le dispositif sécuritaire du pays.
Le modèle s’est également développé au Mali et au Burkina Faso, où les autorités militaires ont cherché de nouveaux partenaires sécuritaires après la détérioration de leurs relations avec certains pays occidentaux.
Pour Martin Ziguélé, ces changements de partenaires ne doivent pas être présentés comme une véritable indépendance si les États restent incapables d’assurer eux-mêmes leur défense.
Remplacer une dépendance par une autre
C’est l’un des principaux arguments avancés par l’ancien Premier ministre.
Pendant plusieurs décennies, plusieurs pays africains ont entretenu une coopération militaire étroite avec les anciennes puissances coloniales. Formation des soldats, fourniture d’armes, assistance technique, renseignement et présence de conseillers étrangers ont constitué une partie de cette coopération.
Le remplacement de ces partenaires par des forces russes ou d’autres acteurs étrangers ne suffit donc pas, selon Martin Ziguélé, à établir une souveraineté militaire.
Pour lui, la question essentielle n’est pas de savoir si le partenaire est français, russe ou issu d’un autre pays. Elle est de savoir si l’État africain possède lui-même les capacités nécessaires pour assurer sa défense.
Une armée nationale doit rester au centre
La souveraineté militaire suppose des forces armées nationales capables de protéger le territoire et la population.
Cela nécessite des soldats correctement formés, des équipements adaptés, des moyens financiers suffisants, une chaîne de commandement fonctionnelle et des institutions capables d’exercer un contrôle politique et juridique sur les forces de défense.
Pour Martin Ziguélé, investir dans ces capacités devrait constituer une priorité pour les États africains.
Le recours à des combattants étrangers peut répondre à une urgence sécuritaire, mais il ne règle pas nécessairement les faiblesses structurelles des armées nationales.
À terme, un État qui dépend de forces extérieures pour sécuriser son territoire reste vulnérable aux décisions de son partenaire.
La question du contrôle des forces étrangères
La présence de combattants étrangers pose également la question du contrôle de leurs opérations.
Une armée nationale est soumise aux lois du pays, à une chaîne de commandement et, en principe, aux mécanismes institutionnels de contrôle. La situation peut être différente lorsqu’un gouvernement fait appel à une société militaire privée étrangère.
Les modalités contractuelles, les responsabilités opérationnelles et les mécanismes de contrôle peuvent alors être plus difficiles à appréhender pour la population et les institutions nationales.
C’est notamment cette question qui nourrit les critiques formulées contre les groupes militaires privés présents sur le continent.
Des organisations internationales et des associations de défense des droits humains ont également accusé des combattants associés au groupe Wagner d’exactions contre des civils dans plusieurs pays. Ces accusations ont été contestées par les autorités concernées et par la Russie.
La sécurité ne doit pas devenir une affaire privée
Pour Martin Ziguélé, la défense du territoire constitue une fonction régalienne.
L’État doit donc conserver la maîtrise des décisions militaires, du commandement et de l’utilisation de la force.
La privatisation partielle de la sécurité peut créer une situation dans laquelle les intérêts d’un groupe extérieur ne coïncident pas nécessairement avec ceux de la population.
Cette question devient encore plus sensible lorsque les forces étrangères participent à des opérations contre des groupes armés, à la protection de responsables politiques ou à des missions de sécurisation des zones stratégiques.
La faiblesse des États au centre du problème
Le recours à des forces étrangères est également le résultat de difficultés internes.
Certains États africains disposent d’armées sous-équipées, de budgets militaires limités et de territoires difficiles à contrôler. Les groupes armés profitent de ces faiblesses pour étendre leur présence.
Dans ce contexte, les gouvernements cherchent des solutions rapides.
Pour Martin Ziguélé, cette logique ne doit pas empêcher les États de s’attaquer aux causes profondes de leurs difficultés sécuritaires : formation des militaires, modernisation des équipements, renseignement, contrôle des frontières, infrastructures et amélioration des conditions de vie des populations.
L’intervention du groupe Wagner soulève des questions cruciales sur la souveraineté militaire des États africains, un sujet que Martin Ziguélé aborde de manière directe et engagée.
Une coopération militaire étrangère peut apporter une assistance ponctuelle. Elle ne peut pas, à elle seule, remplacer la construction d’une véritable capacité nationale de défense.
Une question de souveraineté
L’analyse de Martin Ziguélé rejoint ainsi le débat plus large sur l’indépendance réelle des États africains.
Un pays peut disposer d’un gouvernement, d’une constitution, d’une armée et d’un territoire reconnu internationalement tout en restant dépendant d’une force étrangère pour assurer sa sécurité.
Pour l’ancien Premier ministre, cette dépendance constitue une contradiction avec le principe même de souveraineté.
La souveraineté militaire ne signifie pas nécessairement l’absence de coopération avec les autres pays. Les États peuvent acheter des équipements à l’étranger, former leurs soldats avec des partenaires ou participer à des opérations multinationales.
La différence réside dans le contrôle. Les décisions stratégiques doivent rester entre les mains des institutions nationales.
Renforcer les armées africaines
Pour sortir de cette dépendance, Martin Ziguélé plaide implicitement pour une reconstruction des capacités nationales de défense.
Cela passe par la formation des militaires, la professionnalisation des forces armées, l’amélioration du renseignement, la modernisation des équipements et le renforcement des institutions chargées de contrôler l’armée.
La coopération entre États africains peut également jouer un rôle important.
Les pays du continent disposent de compétences militaires, d’écoles de formation et d’expériences opérationnelles qui pourraient être davantage mutualisées. Une coopération sécuritaire africaine plus structurée permettrait de réduire progressivement la dépendance à l’égard des forces étrangères.
Le choix des partenaires ne suffit pas
Le débat sur Wagner ne doit donc pas être réduit à une opposition entre Russie et Occident.
Pour Martin Ziguélé, remplacer une puissance étrangère par une autre ne constitue pas automatiquement une politique de souveraineté.
La véritable indépendance suppose que les États africains soient capables de définir leurs besoins sécuritaires, de choisir leurs partenaires selon leurs intérêts et de conserver le contrôle de leurs opérations.
Plus de 60 ans après les indépendances, l’enjeu reste donc de construire des États capables d’assurer eux-mêmes les fonctions essentielles de leur souveraineté. Pour Martin Ziguélé, la défense du territoire et la protection des populations ne peuvent durablement être sous-traitées à des combattants étrangers sans poser la question de l’indépendance réelle du pays qui les emploie.
Au premier semestre 2026, le paiement des salaires de la fonction publique a absorbé 81% des recettes fiscales et douanières de la République centrafricaine, contre un seuil de soutenabilité de 35% fixé au niveau communautaire.
Le ratio reste extrêmement élevé malgré un léger recul par rapport aux 85% enregistrés au premier trimestre. À ce rythme, la masse salariale pèse lourdement sur les marges de manœuvre du budget de l’État et réduit les ressources disponibles pour les autres dépenses publiques.
La situation résulte d’un déséquilibre entre l’évolution des dépenses et celle des recettes. Les charges salariales ont augmenté après la revalorisation de 20% des rémunérations des fonctionnaires entrée en vigueur au début de l’année. À cette hausse s’ajoutent les recrutements effectués dans la fonction publique et les corps de sécurité.
En face, les recettes progressent à un rythme insuffisant pour absorber cette augmentation des dépenses. Les ressources propres de l’État ont atteint 109,80 milliards de francs CFA à la mi-2026, mais cette progression ne suffit pas à rétablir l’équilibre entre les recettes mobilisées et les charges salariales.
Le faible rendement fiscal de l’économie constitue l’un des principaux handicaps. Le secteur informel, qui occupe une place importante dans l’activité économique, ne contribue qu’à hauteur de 12% aux recettes fiscales. La contrebande transfrontalière prive également les services douaniers d’une partie des recettes attendues.
Cette faiblesse des recettes réduit les possibilités de financement des autres priorités de l’État. Lorsque l’essentiel des recettes fiscales et douanières sert à payer les salaires, il reste moins de ressources pour financer les infrastructures, les services sociaux et les investissements publics.
Le problème est d’autant plus important que le Trésor public dispose de moins de marges de sécurité qu’auparavant. La baisse des appuis budgétaires internationaux prive l’État d’une partie des ressources qui pouvaient auparavant contribuer à absorber les tensions sur les finances publiques.
Le niveau atteint au premier semestre traduit déjà une forte pression sur le budget annuel. Si les dépenses salariales continuent au même rythme au second semestre, l’enveloppe prévue pour les rémunérations risque d’être fortement sollicitée avant la fin de l’exercice.
Une telle évolution pourrait compliquer le paiement régulier des salaires des agents publics et accroître la pression sur la trésorerie de l’État. Elle limiterait aussi davantage la capacité du gouvernement à financer les dépenses qui ne relèvent pas directement de la masse salariale.
Les conséquences dépassent donc la seule question du paiement des fonctionnaires. Les crédits destinés aux routes, aux écoles, aux hôpitaux et aux autres investissements publics se retrouvent dans une situation de concurrence directe avec une masse salariale en forte progression.
Avec 81% des recettes fiscales et douanières consacrés aux salaires au premier semestre, le budget centrafricain laisse une marge très réduite pour financer les autres besoins de l’État.
Le ministre d’État en communication et porte-parole du gouvernement, le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana, titulaire d’un faux diplôme, affirme lors de son point de presse à Bangui que le Conseil constitutionnel a rendu, dans l’affaire Anicet-Georges Dologuélé, des décisions « sages » destinées à apaiser le contexte électoral, tout en reconnaissant qu’elles font « entorse » à une décision de la justice ordinaire.
Une déclaration qui met deux décisions face à face
La déclaration d’Évariste Ngamana intervient alors que l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé conteste l’interprétation faite par le pouvoir des règles relatives à la nationalité centrafricaine.
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana
Le ministre d’État présente la procédure judiciaire comme distincte de la procédure électorale. Selon lui, le tribunal de grande instance est compétent pour les questions relatives à la nationalité, tandis que le Conseil constitutionnel intervient dans le cadre du contentieux électoral.
Évariste Ngamana affirme que le Conseil constitutionnel a pris des décisions qu’il considère comme « sages », mais ajoute qu’elles « font entorse à la décision rendue par la juridiction d’ordre judiciaire ».
Autrement dit, le représentant du gouvernement reconnaît lui-même l’existence d’une contradiction entre la décision de la juridiction judiciaire et celle du Conseil constitutionnel.
« Pour décrisper la situation »
L’autre partie de la déclaration donne une dimension politique à cette contradiction.
Évariste Ngamana explique que le Conseil constitutionnel aurait rendu ses décisions « pour des questions politiques » et « pour décrisper la situation », afin de permettre aux élections de se dérouler dans un climat apaisé.
Cette affirmation ne vient pas d’un commentaire extérieur sur la décision du Conseil constitutionnel. Elle est formulée par un responsable gouvernemental au cours d’une conférence de presse consacrée notamment au dossier Dologuélé.
Le ministre d’État ne présente donc pas seulement une différence d’interprétation juridique. Il donne également une explication politique à la décision de la juridiction constitutionnelle.
Cette lecture mérite d’être distinguée du contenu même des décisions du Conseil constitutionnel. Une juridiction rend une décision à partir des textes, des pièces et des compétences que lui confère la Constitution. Affirmer publiquement qu’elle a adopté une position pour « décrisper la situation » revient à attribuer à sa décision une motivation politique qui mérite d’être documentée et confrontée aux motifs officiellement retenus.
Dologuélé contestait précisément cette lecture
Cette déclaration intervient après les propos d’Anicet-Georges Dologuélé sur la nationalité d’origine et les conséquences que pourrait entraîner l’interprétation défendue par le pouvoir.
Le président de l’URCA avait qualifié de « bêtise monumentale » la lecture selon laquelle la perte de la nationalité centrafricaine serait automatique pour les Centrafricains ayant acquis une autre nationalité.
Il soutient au contraire que la perte de la nationalité nécessite une procédure formelle et qu’une telle interprétation pourrait concerner des dizaines de milliers de binationaux.
Évariste Ngamana défend une lecture différente. Il affirme que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et soutient que Dologuélé, ayant perdu la nationalité centrafricaine selon cette interprétation, doit engager une procédure de réintégration auprès du président de la République.
Le désaccord ne porte donc plus uniquement sur la situation personnelle de l’ancien Premier ministre. Il porte sur l’interprétation des règles de nationalité et sur la portée respective des décisions judiciaires et constitutionnelles.
Le Conseil constitutionnel au centre du débat
Évariste Ngamana va plus loin en affirmant que la question de la nationalité « ne relève pas du Conseil constitutionnel » et que la compétence appartient au tribunal de grande instance.
Cette affirmation appelle une distinction essentielle : le contentieux de la nationalité et le contentieux électoral ne sont pas nécessairement identiques. Le Conseil constitutionnel peut être appelé à examiner une question de nationalité lorsqu’elle intervient dans l’appréciation de l’éligibilité d’un candidat, alors que les juridictions judiciaires peuvent connaître des litiges relevant directement de l’état des personnes et de la nationalité.
C’est justement ce chevauchement entre les deux domaines qui rend la déclaration du ministre d’État particulièrement importante.
Car Évariste Ngamana reconnaît simultanément que le Conseil constitutionnel a statué dans le cadre électoral et que ses décisions ont fait « entorse » à une décision judiciaire.
Une déclaration qui dépasse le seul cas Dologuélé
L’affaire ne concerne donc plus seulement le passeport français de Dologuélé, son éventuelle perte de nationalité ou sa réintégration.
Elle pose désormais une question institutionnelle : comment articuler une décision d’une juridiction judiciaire portant sur la nationalité avec une décision du Conseil constitutionnel rendue dans le cadre d’une élection lorsque les deux appréciations ne concordent pas ?
Le gouvernement défend une réponse. Dologuélé en défend une autre.
Mais l’élément nouveau apporté par Évariste Ngamana est ailleurs : le ministre d’État reconnaît publiquement que le Conseil constitutionnel a pris une décision qu’il juge « sage », tout en estimant qu’elle a fait « entorse » à une décision judiciaire. Il ajoute que cette décision répondait à des considérations politiques liées à l’apaisement du contexte électoral.
Ces propos donnent une nouvelle dimension au dossier Dologuélé. Ils placent désormais au cœur du débat non seulement la nationalité de l’opposant, mais aussi la frontière entre décision judiciaire, contentieux électoral et considérations politiques dans le fonctionnement des institutions centrafricaines.
Depuis 2023, les mercenaires russes du groupe Wagner fabriquent et vendent de l’alcool frelaté en sachets dans toute la République centrafricaine, tout en intensifiant leur offensive pour éliminer toute concurrence en faisant pression sur le gouvernement pour interdire l’importation des produits similaires venant du Cameroun et du Nigeria.
En effet, le marché des petits sachets d’alcool frelaté représente un secteur économique important dans un pays où la majorité de la population vit dans la pauvreté absolue. Ces sachets vendus entre 75 et 150 francs CFA constituent pour beaucoup de jeunes la seule forme d’alcool accessible. Wagner l’a bien compris et a décidé de s’emparer de ce marché juteux.
Alors que l’arrêté interdisant l’importation d’alcools frelatés existait déjà depuis des années. Wagner ne fait que jouer sur cette loi pour éliminer ses concurrents. Car avec Wagner, la loi fonctionne à sens unique : elle s’applique aux autres, jamais à eux. Les mercenaires russes font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, et personne ne les inquiète.
Les forces de l’ordre centrafricaines traquent donc les sachets importés du Cameroun et du Nigeria. Elles organisent des saisies spectaculaires, exposent leur butin sur les réseaux sociaux, puis mettent en scène des cérémonies de destruction publique. Quelques sachets brûlent devant les caméras, le reste est probablement revendu discrètement dans les quartiers.
Pendant ce temps, les camions de Wagner circulent librement dans tout Bangui et en province pour livrer leurs propres sachets d’alcool frelaté. Au marché Gobongo, au PK-12, au marché Kassaï, dans tous les quartiers, les produits russes sont disponibles sans problème. Personne ne les saisit, personne ne les brûle, personne ne les interdit.
sachet_vodka_wanawa_de_wagner – Wagner rend la jeunesse centrafricaine accro à ses poisons alcoolisés
Cette double mesure expose la vraie nature de l’interdiction : protéger le monopole commercial de Wagner, pas la santé publique. Si les autorités se préoccupaient réellement des dangers de l’alcool frelaté, elles interdiraient tous les produits, pas seulement ceux qui ne profitent pas aux Russes du groupe Wagner.
Les consommateurs interrogés par la rédaction du CNC confirment que l’alcool produit par Wagner provoque des effets inquiétants. Violents maux de tête, sensation de paralysie dans les jambes, malaises divers – les témoignages convergent sur la dangerosité de ces produits russes. La teneur en alcool semble beaucoup plus élevée que dans les sachets importés traditionnellement.
Cette stratégie de Wagner pour empoisonner massivement la jeunesse centrafricaine pousse les centrafricains à se poser des questions. Pourquoi produire un alcool aussi fort et dangereux ? Pourquoi cibler spécifiquement les jeunes pauvres qui constituent la majorité des consommateurs de ces sachets ?
Une hypothèse réelle émerge : maintenir une jeunesse abrutie par l’alcool fort facilite le contrôle social. Des jeunes constamment sous l’effet d’alcools violents deviennent plus faciles à manipuler, moins capables de réfléchir, moins susceptibles de s’organiser ou de résister.
Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large de destruction du capital humain centrafricain. En maintenant la jeunesse dans l’alcoolisme, en sabotant l’éducation, en bloquant l’accès à l’emploi qualifié, on produit une génération de taxi-motards, de vendeurs de rue, de petits débrouillards sans formation ni perspective. Cette masse de jeunes sans éducation ni avenir constitue un réservoir facilement manipulable pour toutes les aventures politiques ou militaires.
Le gouvernement centrafricain collabore activement à cette entreprise d’empoisonnement collectif. En mobilisant les forces de l’ordre pour éliminer la concurrence de Wagner, en laissant circuler librement les produits russes dangereux, en fermant les yeux sur les effets désastreux de cet alcool sur la jeunesse, les autorités deviennent complices d’une vaste opération de destruction sociale.
Cette affaire des sachets d’alcool s’ajoute à tous les autres secteurs déjà contrôlés par Wagner : l’or, les diamants, le bois, la sécurité, et maintenant les boissons alcoolisées destinées aux plus pauvres. Les mercenaires russes ne laissent aucun secteur économique leur échapper, du plus stratégique au plus modeste.
Le contrôle du marché des alcools bon marché par Wagner montre parfaitement la colonisation économique totale de la République centrafricaine. Même le commerce de rue, même les petits sachets à 100 francs, tout doit passer par les Russes et leur profiter.
Les jeunes Centrafricains qui consomment ces produits ne savent probablement pas qu’ils enrichissent Wagner et compromettent leur propre santé. Ils cherchent juste un moment d’oubli à bas prix et se retrouvent pris dans un système qui les empoisonne tout en les appauvrissant.
Dans une lettre ouverte particulièrement virulente rendue publique à Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC), sous la plume de son coordonnateur national PetitDelphin KOTTO, tire à boulets rouges sur le régime en place. La COSCIPAC et son leader Petit Delphin KOTTO n’y vont pas de main morte et accusent directement le président Faustin Archange Touadéra d’avoir abandonné la foi pour se tourner vers l’occultisme, le fétichisme et la magie sous toutes ses couleurs afin de maintenir son emprise sur le pays.
Selon les déclarations choc de Petit Delphin KOTTO pour la COSCIPAC, le sommet de l’État centrafricain serait désormais guidé par des marabouts et des rituels ésotériques avant chaque prise de décision politique. Le chef de la COSCIPAC pousse l’offensive encore plus loin en liant les disparitions répétées d’enfants et la multiplication des accidents tragiques à des sacrifices rituels présumés, déplorant l’absence d’enquêtes judiciaires et pointant du doigt l’érection de monuments dans la capitale Bangui.
Face à ce qu’ils qualifient de combat contre des puissances de ténèbres, Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC proposent un remède pour le moins singulier : une opération de purification spirituelle nationale. Le coordonnateur de la COSCIPAC invite l’ensemble de la population centrafricaine à se laver avec du sel pendant sept jours d’affilée, du 12 au 18 août dès minuit, et à en asperger abondamment les ronds-points et monuments du territoire national afin de briser les liens occultes du pouvoir.
Multipliant les citations bibliques et s’appuyant sur les dénonciations de figures religieuses comme le révérend Charles Talingano, Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC concluent leur appel en exhortant le peuple centrafricain à la repentance, à la prière et au civisme. Reste à savoir si la thérapie par le sel préconisée par Petit Delphin KOTTO au nom de la COSCIPAC saura dissiper les tempêtes politiques du pays.
Par Alain Nzilo
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La guerre spirituelle déclarée par la COSCIPAC met en lumière la lutte contre l’occultisme en Centrafrique, avec un appel à une purification nationale audacieuse.
L’administration de Baba Kongoboro métamorphose les boutiques de téléphonie en postes de contrôle policier, espérant compenser son impuissance face aux technologies de pointe par un flicage de proximité.
Touadera en prière de sollicitation de protection des FACA à la Grotte Notre-Dame des Armées au camp Kassaï militaire à Bangui
La panique qui s’est emparée du Haut Conseil de la Communication met en lumière un aveu de faiblesse technologique absolu. Face à la décentralisation d’Internet et à l’avènement des clones numériques qui tournent en dérision les hautes sphères de l’État, le pouvoir exécutif choisit de s’en prendre aux infrastructures physiques locales. En ordonnant à l’ARCEP de faire pression sur les compagnies de téléphonie mobile, l’appareil d’État cherche à transformer chaque puce de silicium en un outil de géolocalisation pour le compte des services secrets. Cette manœuvre administrative dévoile la stratégie d’un gouvernement qui renonce à comprendre la modernité pour se replier sur des méthodes de surveillance d’un autre âge. Les puces de télécommunication deviennent les nouveaux verrous d’une prison virtuelle que l’exécutif tente de construire autour de la population.
Cette traque obsessionnelle des puces téléphoniques non enregistrées montre à quel point les dirigeants redoutent la parole libre issue des quartiers populaires. Dans un espace urbain aussi restreint que la capitale centrafricaine, s’attaquer à l’anonymat des téléphones équivaut à installer un guichet de délation à chaque coin de rue. Le ministère de la Justice et le Parquet général espèrent ainsi obtenir un fichier centralisé permettant d’associer instantanément un commentaire politique à une adresse physique et à un nom civil. Cette volonté de briser la confidentialité des échanges numériques vise à instaurer une peur permanente chez les abonnés, sachant que le moindre partage de contenu parodique peut déclencher une descente de la police technique. Les opérateurs privés se retrouvent ainsi réquisitionnés comme auxiliaires d’une justice politique qui délaisse la traque des bandes armées pour pourchasser les usagers du réseau.
Cette bascule vers le flicage des télécommunications montre l’échec de la rhétorique officielle sur la souveraineté numérique. Le pouvoir centrafricain se montre incapable de dialoguer avec la jeunesse hyperconnectée et préfère diaboliser les outils technologiques en invoquant des concepts moraux sur l’inviolabilité du chef de l’État. En exigeant la fin de la vente libre des cartes d’accès au réseau, le HCC tente de priver les citoyens ordinaires de leur seule passerelle vers le monde extérieur. Cette politique de la terreur administrative vise à asphyxier la contestation en rendant le coût de la critique politique trop lourd à porter pour les familles. Chaque smartphone se transforme en une souricière potentielle, directement connectée aux bases de données de l’appareil répressif national.
L’alliance forcée entre le régulateur des télécoms et les parquets locaux confirme la dérive policière globale d’un régime aux abois. Les autorités préfèrent pénaliser l’économie numérique naissante et décourager l’innovation plutôt que de tolérer la satire ou la contradiction. Ce harcèlement des réseaux mobiles ne fera qu’accentuer le fossé entre une population avide de modernité et une oligarchie vieillissante qui cherche à pérenniser son pouvoir par le contrôle des ondes. Les citoyens se retrouvent pris en otage dans cette guerre absurde où la technologie de pointe se heurte à la brutalité des décrets bureaucratiques.
Plongée au fond du classement mondial de la Banque africaine de développement, la République centrafricaine pointe au 191e rang sur 193 pays pour son indice de développement humain.
Ce score relègue le territoire national parmi les zones les plus démunies du globe. Les institutions financières régionales observent une stagnation prolongée de l’accès aux soins fondamentaux et aux réseaux d’eau potable. L’éducation souffre de carences profondes qui ralentissent l’apprentissage de la jeunesse. Les générations montantes manquent cruellement de perspectives professionnelles et de formations adaptées aux besoins locaux.
Les investissements publics dans la santé s’avèrent insuffisants pour freiner la dégradation des structures médicales. Les écoles manquent de matériel pédagogique et de personnel qualifié pour former les cadres de demain. Cette situation compromet l’avenir économique du pays en privant les entreprises de compétences locales. Les partenaires au développement constatent l’immense fossé entre les ambitions affichées et les réalités quotidiennes du peuple.
La baisse continue du niveau de vie touche l’ensemble des préfectures. Les familles peinent à subvenir aux besoins nutritionnels de base. Cette crise sociale durable entrave la croissance globale de la région.
L’indice de développement humain de la RCA met en évidence une situation sociale critique, où l’accès aux soins et à l’éducation reste désastreux, compromettant l’avenir du pays.
Dans une prise de parole incisive, Houlaguele Anselme dresse un bilan sombre de la situation politique et institutionnelle en République centrafricaine. Au centre de ses dénonciations : la dérive autoritaire du pouvoir de Bangui et l’alliance nouée par le président Faustin-Archange Touadéra avec des forces mercenaires étrangères, au mépris des principes républicains fondamentaux.
Une alliance toxique au cœur de l’État
Pour Houlaguele Anselme, la rupture de la continuité républicaine en Centrafrique ne relève plus du simple dysfonctionnement administratif, mais d’une entreprise délibérée de démantèlement de l’État de droit. L’auteur pointe avec véhémence l’intégration de groupes paramilitaires privés au sommet de l’appareil sécuritaire et décisionnel.
HOULAGUELE Anselme Patrick, Citoyen centrafricain engagé, prononçant un discours
« Serait-il envisageable pour un fils du pays de s’associer à des criminels de renom pour affaiblir les institutions républicaines de son propre pays de manière extravagante et criminelle ? Aucun exemple n’existe encore dans le monde contemporain du cas centrafricain. » Houlaguele Anselme
Cette sous-traitance de la souveraineté nationale, sous couvert d’un discours populiste sur l’indépendance, constitue selon l’auteur le véritable « mal centrafricain ». En s’appuyant sur des alliés controversés pour maintenir son emprise, le régime de Bangui prive les citoyens de leurs libertés de choix tout en sapant les fondements de la République.
Une justice capturée et des institutions à genoux
L’impact de cette alliance se fait ressentir sur l’ensemble des rouages institutionnels du pays, à commencer par l’appareil judiciaire. Houlaguele Anselme dénonce l’abandon total des principes d’équité et de neutralité au profit d’intérêts particuliers.
Instrumentalisation du système judiciaire : La justice centrafricaine se retrouve désorientée et soumise aux directives du pouvoir central, servant d’outil d’intimidation plutôt que de rempart contre l’injustice.
Refus des droits civiques fondamentaux : Les figures de l’opposition font face à des dénis de droits systématiques, illustrés par le blocage et la confiscation arbitraire de documents administratifs essentiels tels que les passeports diplomatiques, en contradiction directe avec les décisions du Conseil constitutionnel.
Règne de l’impunité
Tandis que les règles constitutionnelles sont bafouées, les abus, tortures et violations perpétrés dans l’arrière-pays restent largement impunis.
Le piège d’un régime affranchi de la légalité
En faisant sauter les verrous institutionnels et en violant le cadre juridique établi, le pouvoir en place a installé le pays dans une gouvernance d’exception. Houlaguele Anselme souligne que les transgressions répétées qu’il s’agisse de la manipulation des règles électorales ou du contournement des organes de régulation traduisent les limites d’un système à bout de souffle.
Face au silence ou aux hésitations de certains partenaires internationaux, l’auteur rappelle que la véritable reconstruction de la Centrafrique ne pourra s’amorcer qu’en mettant fin à l’arbitraire et en restaurant la dignité des institutions nationales au service exclusif du peuple centrafricain.
Les alliances criminelles au sein du gouvernement de Touadéra sapent les institutions centrafricaines, menaçant l’équilibre de l’État de droit.
La controverse sur la nationalité d’Anicet Georges Dologuélé prend une nouvelle tournure après les déclarations successives de Fidèle Gouandjika et du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana. Crépin Mboli-Goumba oppose aux deux responsables la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 et l’article 147 de la Constitution.
Le dossier dépasse désormais la seule question d’une demande de réintégration. Les interventions de Gouandjika et du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana présentent cette démarche comme nécessaire pour permettre à Dologuélé de recouvrer ses droits politiques. Mboli-Goumba conteste cette lecture et rappelle que le Conseil constitutionnel avait déjà examiné la question de sa nationalité dans le contentieux de sa candidature à la présidentielle de 2025.
Maître Crépin Mboli Goumba, président du parti Patrie et coordonnateur du BRDC. Photo CNC
L’enjeu est désormais clairement identifié : déterminer si la controverse sur la nationalité peut servir de fondement juridique à une remise en cause du mandat de député de Dologuélé.
Dans un message publié sur Facebook, le conseiller du président Touadéra a demandé à Dologuélé de reconnaître la victoire du chef de l’État et de lui adresser une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Gouandjika présente cette démarche comme indispensable pour permettre à Dologuélé de recouvrer ses droits civiques et politiques.
Son intervention associe ainsi deux éléments : la reconnaissance de la victoire de Touadéra et la demande de réintégration.
Cette première sortie a immédiatement placé Dologuélé devant une exigence politique présentée sous la forme d’une démarche juridique.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana reprend le même axe
Quelques jours plus tard, le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana reprend la question, cette fois en développant un argumentaire présenté comme strictement juridique.
Le ministre d’État chargé de la Communication affirme que Dologuélé doit écrire au président de la République pour demander sa réintégration.
Il explique que cette démarche est prévue par le Code de la nationalité et qu’elle doit être suivie d’une enquête avant l’adoption éventuelle d’un décret de réintégration.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana va plus loin.
Il affirme que si Dologuélé ne formule pas cette demande, il ne disposerait d’aucune nationalité lui permettant de continuer à siéger à l’Assemblée nationale.
Le débat sur la nationalité se transforme ainsi en menace directe sur le mandat parlementaire de l’opposant.
Mboli-Goumba revient au point de départ juridique
Crépin Mboli-Goumba conteste cette construction. Dans son aide-mémoire, l’avocat ne nie pas que le Code de la nationalité prévoit une procédure de réintégration.
Le Code de 1961 prévoit effectivement les conditions de perte de nationalité et organise une procédure de réintégration par décret après enquête.
Pour Mboli-Goumba, le problème est ailleurs. Avant de demander à Dologuélé de solliciter une réintégration, il faut établir qu’il a juridiquement perdu sa nationalité centrafricaine.
Cette question n’est pas nouvelle. Elle a déjà été soumise au Conseil constitutionnel lors du contentieux de l’élection présidentielle de 2025.
Le Conseil constitutionnel avait déjà tranché le contentieux électoral
La candidature de Dologuélé avait été contestée en raison, notamment, de sa situation au regard de la nationalité.
Dans sa décision n°14/CC/25 du 14 novembre 2025, le Conseil constitutionnel s’est déclaré compétent pour connaître du contentieux relatif aux candidatures à l’élection présidentielle.
Il a examiné l’argument selon lequel Dologuélé aurait perdu sa nationalité centrafricaine après avoir acquis la nationalité française et aurait dû demander sa réintégration.
Selon l’aide-mémoire de Mboli-Goumba, le Conseil constitutionnel a relevé qu’aucun décret n’avait constaté formellement la perte de la nationalité centrafricaine de Dologuélé. Il a également considéré que la perte de nationalité par acquisition volontaire d’une nationalité étrangère ne revêtait pas, dans les circonstances examinées, un caractère automatique.
Le Conseil en avait tiré une conséquence précise : Dologuélé ne pouvait pas être soumis aux formalités de réintégration dans les conditions invoquées contre lui.
La requête contestant notamment sa candidature a été rejetée comme mal fondée.
Le Tribunal de grande instance avait adopté une autre lecture
Le dossier comporte pourtant une décision antérieure allant dans une autre direction.
Le 16 octobre 2025, le Tribunal de grande instance de Bangui avait annulé le certificat de nationalité de Dologuélé.
Cette juridiction s’était notamment appuyée sur les dispositions du Code de la nationalité relatives à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.
Cette décision avait donc retenu une lecture différente de celle développée ensuite par le Conseil constitutionnel dans le contentieux électoral. Cette divergence est essentielle pour comprendre le débat actuel.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana s’appuie sur les règles relatives à la perte et à la réintégration.
Mboli-Goumba rappelle que le Conseil constitutionnel a examiné cette question dans le cadre de l’éligibilité présidentielle et a rejeté la contestation visant Dologuélé.
L’article 147 au centre de la riposte
Pour Mboli-Goumba, l’élément le plus important se trouve dans la Constitution de 2023.
L’article 147 dispose que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours et qu’elles s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives, militaires et juridictionnelles.
Cette disposition donne une portée particulière à la décision du 14 novembre 2025.
Le Conseil constitutionnel n’avait pas simplement rendu un avis sur la nationalité de Dologuélé. Il avait statué dans le cadre d’un contentieux électoral relevant de sa compétence.
La question posée par Mboli-Goumba est donc directe : comment une autorité administrative peut-elle aujourd’hui considérer Dologuélé comme ayant perdu sa nationalité et lui imposer une procédure de réintégration après une décision du Conseil constitutionnel qui avait écarté cet argument dans le contentieux de son éligibilité ?
Le désaccord porte sur le moment où la réintégration devient nécessaire
Le gouvernement et Mboli-Goumba ne discutent pas exactement de la même chose.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana insiste sur l’existence de la procédure de réintégration.
Mboli-Goumba insiste sur la condition préalable permettant de déclencher cette procédure. La réintégration concerne une personne qui a perdu sa nationalité et souhaite la recouvrer.
La question préalable est donc celle de la perte juridiquement établie.
Dans le cas Dologuélé, le Conseil constitutionnel avait relevé l’absence de décret constatant cette perte et avait refusé de lui imposer les formalités de réintégration dans le cadre du contentieux examiné.
C’est cette partie de la décision que Mboli-Goumba demande de prendre en compte.
De la nationalité au mandat de député
L’intervention du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana introduit une nouvelle dimension dans le dossier.
En affirmant que Dologuélé ne pourrait plus continuer à siéger à l’Assemblée nationale s’il ne demande pas sa réintégration, le porte-parole du gouvernement établit un lien entre la nationalité et le maintien du mandat parlementaire.
La controverse ne concerne donc plus seulement la reconnaissance administrative de la nationalité. Elle peut désormais déboucher sur une procédure visant la qualité de député de Dologuélé.
C’est précisément ce qui donne au débat une portée politique majeure.
Dologuélé a vu sa candidature à la présidentielle de 2025 examinée par le Conseil constitutionnel. Il a ensuite été élu député.
Pour remettre aujourd’hui en cause son mandat sur la base d’une perte de nationalité, il faudrait donc établir juridiquement cette perte et déterminer la procédure applicable à son mandat.
Une déclaration politique ne peut pas, à elle seule, produire cet effet.
La question de la lettre au président
Un autre point retient l’attention dans la succession des déclarations.
Gouandjika demande à Dologuélé de reconnaître la victoire de Touadéra et de solliciter sa réintégration.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana affirme ensuite que Dologuélé doit écrire au président de la République, tout en présentant cette lettre comme une simple exigence de la loi.
Mboli-Goumba conteste cette présentation. Pour lui, le débat ne peut pas commencer par la lettre à adresser au chef de l’État. Il doit commencer par l’établissement juridique de la perte de nationalité.
Cette distinction modifie complètement la portée de la démarche réclamée à Dologuélé.
Si la perte de nationalité n’est pas juridiquement établie dans les conditions retenues par le Conseil constitutionnel, demander une réintégration revient à considérer comme acquis un préalable qui fait précisément l’objet du litige.
Une stratégie juridique désormais contestée
La succession des prises de parole dessine une même trajectoire : la nationalité de Dologuélé est présentée comme un obstacle à l’exercice de ses droits politiques, puis la demande de réintégration est avancée comme la solution.
Gouandjika l’a formulée sur un terrain ouvertement politique, en liant la démarche à la reconnaissance de la victoire de Touadéra.
Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana l’a reprise sur un terrain juridique, en affirmant que la demande au président de la République constitue une obligation pour une personne ayant perdu sa nationalité.
Mboli-Goumba conteste cette construction en revenant à la décision du Conseil constitutionnel.
Il ne conteste pas l’existence du Code de la nationalité ni celle de la procédure de réintégration. Il conteste son application automatique au cas Dologuélé.
Son raisonnement repose sur une succession de questions : où est le décret constatant la perte de nationalité ? Quelle est la portée de la décision du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025 ? Et sur quelle base une autorité administrative peut-elle imposer aujourd’hui une réintégration que le Conseil avait écartée dans le contentieux de l’éligibilité ?
Le véritable enjeu : le siège de Dologuélé à l’Assemblée nationale
La controverse prend ainsi une dimension institutionnelle. La question de la nationalité peut désormais être utilisée pour contester le maintien de Dologuélé comme député. C’est précisément ce qui ressort de l’avertissement formulé par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana.
Mboli-Goumba intervient donc à un moment où la controverse quitte le seul terrain de la présidentielle de 2025 pour toucher directement la composition de l’Assemblée nationale.
Le débat devra alors porter non seulement sur la nationalité, mais aussi sur la procédure permettant de mettre fin au mandat d’un député.
Au centre de cette bataille se trouve toujours la même décision : celle du Conseil constitutionnel du 14 novembre 2025.
L’article 147 de la Constitution lui donne une autorité particulière. Tant que cette décision demeure applicable, toute nouvelle démarche visant à traiter Dologuélé comme une personne ayant définitivement perdu sa nationalité doit être juridiquement articulée avec ce qu’a déjà décidé la juridiction constitutionnelle.
La controverse entre Gouandjika, le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana et Mboli-Goumba ne porte donc plus seulement sur une lettre à adresser à Touadéra. Elle porte désormais sur la portée d’une décision constitutionnelle, sur l’autorité des institutions et sur la possibilité de transformer la question de la nationalité en procédure de remise en cause du mandat parlementaire d’Anicet Georges Dologuélé.
Pour le Président du MLPC Martin Ziguelé, aucun allié étranger ne doit se substituer aux FACA ni se retourner contre les Centrafricains.
Le débat Patara du 27 juin dernier sur la situation sécuritaire du pays a subitement basculé sur l’autonomie militaire nationale est relance vivement le débat suite aux dérives de certaines forces partenaires, poussant le Bloc Républicains pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), dont Martin Ziguelé est le porte-parole à exiger la priorité absolue pour l’armée régulière.
En effet, pour l’opposition démocratique, la sécurité de la République Centrafricaine doit rester une prérogative strictement nationale. Les événements récents qui se sont déroulés à Zemio entre les mercenaires russes et les soldats FACA démontrent le danger de confier la protection du territoire national à des troupes étrangères issue de la mafia internationale.
Pour le BRDC, quand une telle force censée apporter un appui logistique aux forces nationales commence à agir de manière trop indépendante et à s’en prendre aux soldats de forces armées centrafricaines, la souveraineté même du pays est définitivement entre les mains de ce groupe criminel russe.
Pour Martin Ziguelé, c’est l’armée nationale qui possède la légitimité constitutionnelle pour défendre les citoyens centrafricains. Les partenariats internationaux doivent uniquement servir à renforcer les capacités des soldats centrafricains et non à les remplacer dans leurs fonctions quotidiennes.
Pour l’opposition démocratique, les bras cassés de la septième république doivent recadrer fermement la présence des forces russes afin de garantir le respect de l’uniforme national et d’assurer la sécurité des populations civiles sans ingérence.
Par Éric Nzapa
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Le Parti du Changement Social (PCS) dénonce le refus persistant de délivrer un passeport à Anicet-Georges Dologuélé, député de la 1re circonscription de Bocaranga, et demande aux autorités de mettre fin à ce qu’il qualifie d’« acharnement politique ».
Dans un communiqué publié samedi 29 août 2026, le PCS rappelle que Dologuélé a été régulièrement élu député et est entré en fonction le 29 juin 2026. Le parti considère que le maintien du blocage de son passeport ne repose sur « aucune base légale sérieuse ».
Monsieur Chancel Sokodé Ndeugbayi, Président du Parti du Changement social (PCS)
Le PCS s’appuie sur la décision du Conseil constitutionnel
Le Parti du Changement Social fonde principalement sa position sur la décision n°014/CC/25 du Conseil constitutionnel, rendue le 14 novembre 2025.
Selon le PCS, cette décision établit qu’Anicet-Georges Dologuélé n’a jamais cessé d’être Centrafricain. Le parti rappelle que la perte de nationalité n’aurait été constatée ni notifiée par un décret.
Le PCS rejette donc la demande faite à Dologuélé d’engager une procédure de réintégration.
Pour le parti dirigé par Chancel Sekode-Ndeugbayi, demander à un citoyen de solliciter sa réintégration dans une nationalité qu’il n’aurait jamais perdue revient à contredire la décision du Conseil constitutionnel et à utiliser l’administration dans un conflit politique.
Le passeport au cœur du bras de fer
Le refus de délivrer le passeport à Dologuélé intervient alors que celui-ci exerce désormais son mandat parlementaire.
Le PCS estime que cette situation constitue une entrave administrative visant un responsable de l’opposition démocratique. Le parti demande donc la délivrance « immédiate et sans condition » de son passeport.
Cette revendication intervient après les déclarations d’Évariste Ngamana sur la situation juridique de Dologuélé. Le ministre d’État affirme notamment que la nationalité centrafricaine est « une et exclusive » et soutient que la question de la nationalité relève du tribunal de grande instance.
Évariste Ngamana estime également que Dologuélé doit adresser une demande au président de la République pour obtenir sa réintégration.
Le PCS défend une position opposée et renvoie à la décision du Conseil constitutionnel de novembre 2025.
Le parti dénonce une dérive autoritaire
Dans son communiqué, le PCS élargit la portée de l’affaire au fonctionnement politique du pays.
Le parti estime que le maintien du blocage du passeport intervient dans un contexte économique et diplomatique déjà difficile. Il appelle les autorités à privilégier l’apaisement plutôt que l’escalade politique.
Le PCS met surtout en garde contre « toute dérive autoritaire de la conduite d’État ». Selon le parti, une nouvelle crise politique viendrait aggraver les difficultés auxquelles la population centrafricaine est déjà confrontée.
Le communiqué rappelle également qu’« aucun pouvoir n’est éternel ni inamovible ». Le PCS invite ainsi les autorités à tirer les leçons de l’histoire politique africaine et centrafricaine et à privilégier le respect du droit et l’apaisement social.
Trois demandes adressées aux autorités
Le Parti du Changement Social formule trois demandes précises.
Il exige d’abord la délivrance immédiate et sans condition du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé, en se référant à la décision du Conseil constitutionnel.
Il demande ensuite la fin de toute entrave administrative visant l’opposition démocratique.
Enfin, le PCS réclame l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif afin de favoriser l’apaisement du climat social.
Le parti affirme qu’il poursuivra ses actions « par les voies pacifiques et démocratiques » pour défendre l’État de droit, la paix civile et l’unité nationale.
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Un jeune commerçant du marché du PK5, communément appelé KM5, dans le 3e arrondissement de Bangui, a été tué aux premières heures de jeudi, portant à cinq le nombre de personnes tuées dans des circonstances similaires selon l’enquête menée par la rédaction de CMC.
La victime, identifiée comme Alkhali, se rendait à la mosquée pour la prière lorsqu’elle a été agressée vers 4 heures du matin dans le secteur de Fodé. D’après les informations recueillies par CMC, l’agresseur était armé d’une machette et lui a porté un violent coup à la tête.
Les miliciens autodéfense du KM5. Photo CNC
Grièvement blessé, le jeune commerçant a été transporté vers un établissement hospitalier. Il a succombé à ses blessures malgré sa prise en charge.
Le mode opératoire constaté lors de cette attaque présente des similitudes avec quatre précédents meurtres recensés ces derniers jours au PK5. Selon les éléments recueillis par la rédaction de CMC, les victimes ont été attaquées à l’aube, alors qu’elles circulaient dans les rues encore peu fréquentées.
L’auteur de ces attaques semble cibler particulièrement les personnes qui se déplacent très tôt le matin. Vers 4 heures, les fidèles musulmans commencent à se rendre dans les mosquées pour la prière. Cette période, où la circulation reste faible dans plusieurs secteurs du KM5, offre à l’agresseur l’occasion d’attendre les passants et de les attaquer.
Le meurtre d’Alkhali porte ainsi à cinq le nombre de personnes tuées de manière similaire dans le secteur, selon le décompte établi par CMC à partir des informations recueillies au cours de son enquête. La répétition des attaques et leurs circonstances similaires renforcent les inquiétudes des habitants du quartier, qui voient désormais circuler un tueur en série toujours en liberté.
La présence d’un tueur en série opérant à l’aube sur les différentes rues du troisième arrondissement constitue une menace particulière pour les commerçants, les travailleurs et les fidèles qui doivent se déplacer avant le lever du jour. Plusieurs habitants demandent un renforcement de la présence des forces de sécurité dans les secteurs concernés, notamment aux heures de prière.
À ce stade, l’identité de l’auteur des attaques n’est pas établie. Les circonstances précises du meurtre d’Alkhali et les liens entre les différentes attaques devront être établis par les investigations en cours.
Alkhali était un jeune commerçant qui commençait à développer son activité au marché du KM5 juste au niveau du croisement Koudoukou. Sa mort vient de nouveau endeuiller le 3e arrondissement de Bangui, alors que les habitants restent dans l’attente de l’interpellation de l’auteur de ces attaques.
Par Anselme Mbata
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