Pour le Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam,  « Les faux médicaments détruisent le système de santé » :  Insuffisance rénale, hépatites et résistance extrême aux antibiotiques

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Pour le Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam,  « Les faux médicaments détruisent le système de santé » :  Insuffisance rénale, hépatites et résistance extrême aux antibiotiques

 

Rédigé le 20 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Dans une interview accordée à la radio Ndékè-luka, le Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam, Directeur de la Pharmacie, des Laboratoires et de la Médecine Traditionnelle au ministère de la Santé publique, alerte sur les ravages causés par les faux médicaments et les mini-pharmas illégales en République centrafricaine.

 

Selon le  Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam , La bataille contre les faux médicaments ne date pas de septembre 2025. D’après ses explications, , elle a commencé dès 2019 avec la fermeture de l’établissement Orof Pharma pour présence de produits falsifiés. En 2024, deux conteneurs de 40 pieds remplis de faux médicaments ont été interceptés et entièrement détruits.

 

En septembre 2025, les autorités ont procédé à la fermeture de 17 mini-pharmas dans les 5e, 6e et 8e arrondissements de Bangui. Aucune de ces structures n’avait d’autorisation du ministère de la Santé, aucune ne disposait de personnel qualifié en pharmacie, et les conditions de conservation étaient catastrophiques : produits stockés jusqu’à 45-50°C, dates de péremption falsifiées, injections et même actes chirurgicaux pratiqués sur place.

 

Le directeur insiste : cette lutte est transversale et multisectorielle. Elle a d’abord visé le milieu formel, avec des contrôles rigoureux dans les hôpitaux publics comme l’hôpital communautaire. Des agents véreux qui introduisaient des faux médicaments dans les circuits officiels ont été identifiés, sanctionnés et, pour la plupart, licenciés.

 

Des conséquences sanitaires

Les risques liés à la consommation de ces faux médicaments sont extrêmement graves. Le Dr Ouéfio Nguérénam cite des statistiques alarmantes :

 

Plus de 2 000 cas d’insuffisance rénale chronique suivis au Centre de Modialyses, y compris chez des enfants, souvent après la prise de produits vendus dans les mini-pharmas.Un taux élevé d’hépatites directement lié à ces médicaments de qualité inférieure.La République centrafricaine est le premier pays au monde avec un taux de résistance aux antimicrobiens supérieur à 85 %. « Aujourd’hui, si vous donnez un traitement, ça ne marche pas parce que les microbes sont habitués à ces produits-là », explique-t-il.Il évoque également des cas d’empoisonnement dans les quartiers, liés à des substances vendues illégalement dans ces structures.

 

Réouvertures illégales et intervention de la justice Six mois après leur fermeture, certaines mini-pharmas ont rouvert leurs portes, commettant un « bris de scellés ». Le Dr Ouéfio Nguérénam annonce que la justice est désormais saisie et que les responsables devront répondre de leurs actes devant les tribunaux.

 

« Beaucoup de gens pensent que la lutte contre les faux médicaments est une exclusivité du ministère de la Santé. C’est faux », martèle-t-il. Cette lutte nécessite une collaboration étroite avec la justice, les forces de défense et de sécurité.

 

Des solutions en cours : sensibilisation et approvisionnement Pour renforcer l’action, le ministère prévoit :

Une intensification de la sensibilisation des populations via les médias et tous les canaux de communication.Un meilleur approvisionnement des districts et formations sanitaires en médicaments de qualité, sûrs, efficaces et accessibles.Un renforcement de la coopération multisectorielle pour une répression plus efficace.Le Dr Ouéfio Nguérénam rappelle que la loi de 2020 sur le médicament et l’exercice de la pharmacie encadre strictement l’ouverture des officines. Elle exige un doctorat en pharmacie pour les pharmacies classiques et prévoit des dépôts pharmaceutiques (pharmacies villageoises) dans les zones éloignées sous conditions.

 

Il conclut avec fermeté : les mini-pharmas ne comblent aucun vide dans le système de santé. Au contraire, elles le détruisent. Leur disparition n’entraînera pas de manque, car l’État travaille activement à garantir un accès légal et sécurisé aux vrais médicaments.

Par Brahim Sallé

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