Centrafrique : quand Touadéra trouve une raison pathétique pour battre campagne contre Anicet-Georges Dologuélé au second tour des législatives
Rédigé le 23 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’histoire politique mondiale vient d’enregistrer un fait pour le moins singulier dans la localité de Bohong, circonscription de Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé. Alors que le second tour des élections législatives approche, le déploiement de l’appareil étatique a pris une tournure qui dépasse l’entendement habituel des fonctions républicaines.
L’événement est de taille par la qualité de ses invités, mais déroutant par son objet. Voir le chef de l’État, le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et une cohorte de ministres se déplacer en province est une opération lourde. Pourtant, ce voyage officiel visait à inaugurer la réhabilitation d’un bâtiment de trois salles de classe.
Il ne s’agit pas ici de la sortie de terre d’un nouveau complexe scolaire, mais de travaux de peinture et de toiture. Ce bâtiment existe déjà. Mieux encore, les élèves y suivent des cours depuis deux ans. Cette mobilisation totale du sommet de l’exécutif pour de simples finitions de rénovation indique une volonté de présence qui dépasse la simple gestion des affaires publiques.
Le choix de Bohong ne doit rien au hasard. Cette zone est le terrain de duel pour le second tour des législatives, où Anicet-Georges Dologuélé, figure de l’opposition, est le député sortant, candidat à sa propre succession. En investissant les lieux avec tout le décorum de la présidence, le pouvoir en place utilise les moyens de la République pour marquer son territoire.
Le paradoxe est total : cet établissement a été financé en partie par des leaders de l’opposition démocratique. En s’appropriant la cérémonie de réception de ces petits travaux, le régime tente de capter le crédit d’un projet qu’il n’a pas initié à l’origine.
Cette stratégie montre une confusion des genres. Le chef de l’État délaisse son rôle de garant des institutions pour devenir un acteur de terrain, agissant comme un soutien direct pour écarter un adversaire politique gênant.
Utiliser un prétexte administratif pour saturer l’espace médiatique et physique dans une circonscription clé est une méthode qui interroge sur l’équité de la compétition. À Bohong, ce ne sont pas deux candidats qui se mesurent, mais un opposant qui se retrouve face à l’ensemble du gouvernement réuni autour d’un pot de peinture. Cette mise en scène de la puissance publique pour des enjeux locaux restera gravée comme une méthode de contournement des règles de campagne habituelles.
Par Fortuné Boborang
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