Justice à deux vitesses en Centrafrique : la CPS ouvre une enquête sur Am-Dafock mais reste silencieuse sur les crimes commis par les mercenaires russes du groupe Wagner
Levée des couleurs : le patriotisme ne se décrète pas, il se construit
Levée des couleurs : le patriotisme ne se décrète pas, il se construit
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Chaque lundi, les agents de l’État sont désormais appelés à participer à la cérémonie de levée des couleurs. Le gouvernement présente cette mesure comme un acte de civisme et de patriotisme. Dans sa communication du 20 juillet 2026, il regrette même le manque d’engagement de certains fonctionnaires et les invite à respecter cette instruction présidentielle.
Personne ne conteste la valeur du drapeau national. Aucun État ne peut se construire sans symboles. Le drapeau, l’hymne national et les emblèmes de la République participent à l’identité d’un pays. Le problème ne réside donc pas dans la cérémonie elle-même, mais dans le décalage entre les priorités affichées par les autorités et les préoccupations quotidiennes des Centrafricains.
Aujourd’hui, la République centrafricaine fait face à des difficultés qui touchent directement la population. Dans plusieurs régions, l’insécurité demeure une réalité. Des localités restent difficilement accessibles. Les infrastructures routières sont insuffisantes. Les établissements de santé manquent souvent d’équipements, de médicaments et de personnel. Le coût de la vie continue de peser sur les ménages, tandis que le chômage frappe une grande partie de la jeunesse.
À ces difficultés s’ajoutent des attentes exprimées par une partie de la population sur le fonctionnement des institutions. Beaucoup souhaitent davantage de respect des principes constitutionnels, un climat politique plus apaisé et la fin des violences qui continuent de marquer le pays. Pour nombre de Centrafricains, ce sont ces sujets qui devraient mobiliser en priorité les responsables publics.
Dans ce contexte, beaucoup de citoyens peinent à comprendre pourquoi une cérémonie protocolaire semble occuper une place aussi importante dans le discours officiel. Pour eux, les attentes sont ailleurs. Elles portent sur la sécurité, l’emploi, l’amélioration des services publics, l’accès aux soins, à l’éducation et à une meilleure gouvernance.
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Le gouvernement affirme que la levée des couleurs constitue un devoir républicain. Cette position peut se défendre. Mais le patriotisme ne se résume pas à la présence devant un drapeau. Il s’exprime aussi par la qualité des services rendus à la population, par la protection des citoyens, par une justice crédible et par une administration efficace.
Cette exigence de respect des symboles nationaux soulève également une question de cohérence. Depuis plusieurs années, le président de la République apparaît régulièrement lors de cérémonies officielles sur un tapis dont les bordures reprennent les couleurs nationales. Ce tapis est emprunté par le chef de l’État, des membres du gouvernement ainsi que d’autres personnalités, notamment lors d’événements officiels et religieux. Pour de nombreux observateurs, cette image contraste avec les appels insistants adressés aux citoyens pour qu’ils manifestent un respect particulier envers les symboles de la République. Sans affirmer que ce tapis constitue le drapeau national lui-même, cette représentation alimente un débat : l’exemplarité des dirigeants est indispensable lorsqu’ils demandent à la population d’observer un devoir de patriotisme. Les symboles acquièrent leur force lorsque ceux qui les invoquent veillent eux-mêmes à éviter toute situation pouvant être interprétée comme une banalisation des couleurs nationales.
Il est difficile de demander aux citoyens de manifester un enthousiasme particulier pour des cérémonies symboliques lorsque leurs préoccupations essentielles restent sans réponse. Le sentiment d’appartenance à une nation se renforce lorsque chacun constate que l’État remplit ses missions fondamentales, protège les populations et améliore concrètement leurs conditions de vie.
Le civisme ne se construit pas uniquement par une instruction administrative. Il repose avant tout sur la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Cette confiance se nourrit de résultats concrets, du respect des institutions, de la transparence dans la gestion des affaires publiques et de l’exemplarité des responsables.
La communication officielle évoque le désintérêt de certains agents de l’État pour la levée des couleurs. Ce désintérêt mérite peut-être d’être analysé autrement que comme un simple manque de patriotisme. Il peut aussi traduire une forme de lassitude face à des priorités qui semblent éloignées des difficultés quotidiennes vécues par les fonctionnaires et l’ensemble de la population.
Le respect des symboles de la République reste indispensable. Mais ces symboles prennent toute leur signification lorsqu’ils incarnent un État capable d’assurer la sécurité, de garantir les libertés, de développer les infrastructures, de créer des perspectives pour la jeunesse et d’améliorer les conditions de vie des citoyens.
Le patriotisme ne se mesure pas uniquement au nombre de personnes rassemblées devant un mât chaque lundi matin. Il se construit d’abord par l’exemplarité des dirigeants, le respect de l’État de droit, l’action publique au service des citoyens et la capacité des institutions à répondre aux attentes de la population. Lorsque ces conditions sont réunies, le drapeau cesse d’être un simple symbole protocolaire : il devient le reflet d’une nation dans laquelle les citoyens peuvent véritablement se reconnaître.
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Par Alain Nzilo
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Kété-Sido : dix jeunes filles victimes d’agression sexuelle par des hommes armés non identifiés
Kété-Sido : dix jeunes filles victimes d’agression sexuelle par des hommes armés non identifiés
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dix jeunes filles ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles à Kété-Sido, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa, selon des informations recueillies par la rédaction de CNC auprès de sources locales et recoupées avec plusieurs acteurs humanitaires présents dans la zone. Les auteurs de ces violences n’ont pas été formellement identifiés.
En effet, les faits se sont produits il y a quelques jours. Les victimes, dont l’identité est protégée par la rédaction du CNC pour des raisons de sécurité et de confidentialité, sont prises en charge par des organisations humanitaires et les structures sanitaires locales.
Selon les informations obtenues par CNC, certaines ont été évacuées vers l’hôpital de Batangafo pour recevoir des soins spécialisés, tandis que d’autres pourraient être transférées à Bangui en fonction de leur état de santé.
Des proches des victimes, contactés par la rédaction, expliquent que les agresseurs étaient des hommes armés. Aucun témoin n’a été en mesure de confirmer leur identité. Plusieurs habitants évoquent la présence d’anciens combattants ayant appartenu à l’UPC (Unité pour la paix en Centrafrique) et au MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique), deux mouvements autrefois actifs dans cette partie du pays. À ce stade, ces éléments reposent sur des témoignages recueillis sur place et n’ont pas été confirmés par une enquête officielle.
Des sources locales précisent que les groupes armés ne disposent plus de bases permanentes à Kété-Sido comme auparavant. Cette évolution rend l’identification des auteurs plus difficile. Certains habitants estiment que les violences pourraient avoir été commises par d’anciens éléments de groupes armés qui continuent d’évoluer dans la région sans appartenir à une structure clairement identifiable.
Les violences sexuelles restent fréquentes dans plusieurs régions de la République centrafricaine touchées par l’insécurité. Les organisations humanitaires publient régulièrement des rapports faisant état de viols et d’autres formes de violences commis contre des femmes et des jeunes filles.
Ces rapports mentionnent des accusations visant différents porteurs d’armes selon les localités concernées. Des ex-groupes armés, des mercenaires russes et, dans certaines affaires documentées, des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) ont été mis en cause par des victimes ou des témoins. Chaque dossier relève toutefois d’enquêtes distinctes et les responsabilités doivent être établies sur la base d’éléments de preuve.
Dans le Haut-Mbomou et dans certaines localités de la Vakaga, des organisations de défense des droits humains ont également recueilli des témoignages faisant état d’accusations de violences sexuelles impliquant des hommes en armes. Ces différentes affaires montrent que ce type de crime continue d’être signalé dans plusieurs préfectures du pays.
Dans le cas de Kété-Sido, aucune communication officielle n’a encore permis d’identifier les auteurs ni d’annoncer l’ouverture d’une enquête. Les victimes poursuivent leur prise en charge médicale et psychologique pendant que les informations continuent d’être recueillies afin d’établir les circonstances exactes des faits et d’identifier les responsables.
Les violences sexuelles, y compris des viols, continuent d’affecter les jeunes filles à Kété-Sido, où des groupes armés sont suspectés d’être impliqués.
Par Cypriyen Samba
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Centrafrique : à Batangafo, MSF utilise l’intelligence artificielle pour détecter plus rapidement la tuberculose


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Le bonus de dépôt implique de mettre du capital en jeu. En échange, le montant potentiel est plus élevé et les jeux éligibles sont parfois plus variés. Les free spins permettent de jouer sans fonds supplémentaires, sur un jeu précis, avec un plafond de gains souvent fixé à 50 € ou 100 €.
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« Tu prêches la vie pour donner la mort » : L’incroyable charge du pasteur Nicolas Talingano qui accuse Faustin-Archange Touadéra de trahir l’Évangile
Les 4 leaders de l’opposition centrafricaine. CopyrightCNC
« Tu prêches la vie pour donner la mort » : L’incroyable charge du pasteur Nicolas Talingano qui accuse Faustin-Archange Touadéra de trahir l’Évangile
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Par : la rédaction de ,
Le décalage entre la foi affichée par le régime dictatorial de Faustin-Archange Touadera et la réalité du pays est au cœur de la dernière déclaration du pasteur Nicolas Talingano, qui accuse le dictateur Faustin-Archange Touadéra de trahir l’Évangile pour imposer son troisième mandat issu de la Constitution de 2023.
L’hypocrisie spirituelle
Pour le pasteur Nicolas Talingano, le pouvoir en place utilise la religion comme une simple stratégie de communication politique. En confrontant directement les discours pieux du dictateur à la détresse quotidienne des Centrafricains, le leader religieux met à nu ce qu’il qualifie d’imposture théologique. L’homme d’Église s’insurge contre l’utilisation du nom du Christ pour masquer les dérives autoritaires d’un régime obsédé par sa propre survie.
« Ne me dis pas que Jésus est le chemin, la vérité, la vie, et que toi, tu prêches pour être tout le contraire de ce que tu prêches ! », s’indigne le pasteur. Selon lui, la dévotion affichée par l’exécutif est en totale contradiction avec la gestion concrète du pays. En choisissant la voie du passage en force constitutionnel pour s’éterniser au pouvoir, le régime a, selon le pasteur, rompu son alliance morale avec la vérité chrétienne.
Une gouvernance de l’angoisse et de l’égarement
La charge de Nicolas Talingano se focalise sur les conséquences destructrices de cette trahison spirituelle. Il accuse directement Faustin-Archange Touadéra d’incarner un chemin de perdition pour la nation, où les promesses de paix et de prospérité se traduisent sur le terrain par de la répression, de l’instabilité et des violences sourdes. C’est ce déni du sacré au profit de l’ambition personnelle qui pousse le leader religieux à prononcer des mots d’une extrême gravité : « Toi qui prêches la vie pour pouvoir donner la mort aux autres. Toi qui es le chemin complètement de l’égarement, de la misère, de l’angoisse, du tourment. »
Pour le pasteur, les comportements, les mentalités et l’intégrité de l’appareil d’État témoignent d’un éloignement total des valeurs de l’Évangile. Ce troisième mandat forcé, loin d’être une bénédiction nationale, est décrit comme une entreprise d’escroquerie morale où le sommet de l’État sacrifie le bien-être de sa population.
L’obligation de conformer les actes à la foi
L’analyse du pasteur Talingano appelle à un discernement total de la part du peuple face à la manipulation des symboles religieux par les dirigeants. En rappelant que la légitimité spirituelle ne s’achète pas à coups de réformes textuelles ou de prières de façade, il exige une rupture radicale avec les pratiques de la démagogie.
L’article met en exergue l’impasse dans laquelle se trouve le dictateur : continuer à utiliser la foi pour justifier un pouvoir contesté ne fait qu’accentuer la condamnation morale de son régime. Le pasteur Nicolas Talingano conclut en rappelant que face à la justice transcendante, les dirigeants seront jugés sur les fruits de leur gouvernance, et non sur les discours religieux destinés à masquer la misère qu’ils sèment.
Par Alain Nzilo
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Vous voulez savoir Comment Touadéra a vendu la Centrafrique à Wagner ? Et bien! Maître Larochelle explique dans sa plainte devant la CPI. Lisez cet article
Vous voulez savoir Comment Touadéra a vendu la Centrafrique à Wagner ? Et bien! Maître Larochelle explique dans sa plainte devant la CPI
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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La plainte déposée le 8 octobre 2025 à la Cour Pénale Internationale montre clairement en détail comment le président Faustin-Archange Touadéra a vendu la République Centrafricaine au groupe paramilitaire russe Wagner. En échange d’un soutien militaire permettant à Touadéra de se maintenir au pouvoir à tout prix, Wagner a obtenu la mainmise totale sur l’exploitation des gisements miniers du pays et l’impunité absolue pour tous les crimes commis par ses mercenaires sur le territoire centrafricain.
Cette alliance criminelle a débuté en 2017, suite au désengagement politique et militaire de la France en République Centrafricaine en 2016. Le groupe Wagner, alors dirigé par l’oligarque Yevgeny Prigojine et Dmitry Valerievich Utkin, le chef opérationnel, a été déployé en RCA dans un contexte de crise politico-militaire et de conflits armés. Prigojine, un proche allié à l’époque du Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, et Utkin se sont rendus en RCA dès 2017 afin d’initier des négociations avec la Présidence centrafricaine relatives à la livraison d’armes et de matériels militaires et la mise à disposition de personnel.
L’Assemblée Nationale centrafricaine n’avait pas été tenue informée des négociations qui avaient lieu entre la Présidence et le groupe Wagner. Touadéra et son directeur de cabinet de l’époque, Firmin Ngrébada, s’étaient rendus en Russie, à Sotchi, en octobre 2017 à l’invitation du groupe Wagner afin de négocier la livraison d’armes par la Russie. Les rencontres incluaient le ministre des Affaires Étrangères russe, Sergueï Lavrov. Ces négociations secrètes ont jeté les bases d’une alliance qui allait transformer la Centrafrique en zone d’exploitation pour les intérêts russes.
L’engagement du groupe Wagner en RCA s’est matérialisé par l’implication de hauts dirigeants du groupe au niveau de la Présidence centrafricaine. Dès 2017, trois personnages clés ont entretenu des relations étroites avec Touadéra et ses proches collaborateurs : Valery Zakharov, Dimitri Sytyi et Vitali Perfilev, collectivement désignés comme “les Dirigeants de Wagner” dans la plainte déposée à la CPI.

Valery Zakharov, un ancien agent de renseignement russe, a été détaché en RCA en tant que chef instructeur du groupe Wagner dans le cadre d’une mission officielle. Dès son arrivée en RCA, Zakharov a occupé un poste de conseiller spécial de Touadéra en sécurité et a mis en place la mainmise de Wagner sur les institutions centrafricaines, telles que l’Assemblée Nationale et l’État-Major des FACA jusqu’à son départ de RCA au milieu de l’année 2021.
Le 13 décembre 2021, le Conseil de l’Union Européenne a placé sous sanctions le groupe Wagner et Zakharov, décrivant ce dernier “comme un personnage clé de la structure de commandement du groupe Wagner” et déclarant que “compte tenu de sa position influente en RCA et de son rôle dirigeant au sein du groupe Wagner, il est responsable de graves atteintes aux droits de l’homme commises par le groupe Wagner en RCA, dont des exécutions et assassinats extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires”. Le 26 janvier 2023, Zakharov a également été placé sous sanction par le Département du Trésor américain sur base de son influence sur l’orientation stratégique du groupe Wagner en RCA et de son rôle de conseiller à la sécurité nationale auprès de Touadéra sur les questions de sécurité.
Dimitri Sytyi est arrivé en RCA vers la fin septembre 2017. Sytyi sera d’abord l’assistant et traducteur de Zakharov, ce qui lui permit de faire partie de toutes les rencontres stratégiques entre le groupe Wagner et la Présidence centrafricaine. Sytyi a également accompagné Touadéra lors de certains déplacements en Russie, notamment au Forum économique international de Saint-Pétersbourg en mai 2018.
Sytyi a rapidement occupé un rôle central dans l’organisation des opérations du groupe Wagner et des relations stratégiques du groupe avec le pouvoir centrafricain, faisant de lui l’homme incontournable du pays, à tel point que “Sytyi connait tout le monde et tout le monde connait Sytyi”, selon des témoins entendus par les enquêteurs. Sytyi est devenu le leader du consortium de Wagner en RCA et gère tant le niveau militaire que les intérêts financiers de Wagner dans le pays.

Suite au décès de Prigojine en août 2023, Touadéra avait demandé à la Russie de pouvoir continuer à travailler avec les représentants connus des autorités centrafricaines et avait spécifiquement exigé des assurances que Sytyi reste son partenaire en RCA, ce qui démontre le degré de collaboration entre Sytyi et Touadéra. À l’heure actuelle, Sytyi est non seulement considéré comme le nouveau patron officieux du groupe Wagner en RCA, mais également en Afrique dans sa globalité, où la stratégie du groupe Wagner s’avère être similaire à celle exercée en RCA, à savoir s’accaparer le contrôle de l’extraction de ressources naturelles contre la fourniture d’une assistance militaire et de sécurité privée par les mercenaires du groupe Wagner.
Sytyi a également été impliqué dans la structuration économique servant le groupe Wagner en RCA et gère depuis lors les compagnies d’extractions minières qui appartiennent au groupe Wagner, telles que Lobaye Invest dont il était devenu actionnaire dès le 10 août 2018. En 2023, l’Union Européenne a placé sous sanctions Sytyi en raison des graves violations et atteintes aux droits de l’homme dont le groupe Wagner s’était rendu coupable dans différents pays, y compris la RCA. Sytyi avait déjà été placé sous le coup de sanctions émises par le Département américain du Trésor depuis septembre 2020 sur base de ses liens avec Prigojine dans le cadre des activités du groupe Wagner en RCA, y compris au sein de Lobaye Invest.
Vitali Perfilev a été le bras droit de Utkin en RCA où il était en charge de toutes les questions de sécurité et de défense jusqu’à son départ de RCA en juillet 2023. Perfilev a renforcé l’ancrage du groupe Wagner dans les institutions sécuritaires de RCA et établi un réseau solide au sein de l’entourage de Touadéra, notamment auprès du Ministre de la Défense Nationale Claude Rameaux Bireau, du chef du renseignement à la présidence Henri Wanzet-Linguissara, du Directeur-Général de la Garde Présidentielle Igor Sérégaza, et du Directeur Général de la Police Bienvenu Zokoué.

En tant que responsable des opérations militaires du groupe Wagner en RCA, Perfilev a disposé d’un contrôle direct sur la planification et l’exécution des opérations. Par sa position, Perfilev ne pouvait qu’avoir connaissance des exactions commises par ses subordonnés et son inaction délibérée manifeste l’existence d’un manquement à l’obligation de prévenir ou de punir, engageant sa responsabilité pénale selon l’article 28 du Statut de Rome.
Dès 2018, de premières livraisons d’armes par la Russie en RCA ont été effectuées ainsi que l’envoi d’“instructeurs russes”, un terme utilisé par les autorités russes et centrafricaines pendant des années afin de parler de la présence de mercenaires de Wagner en RCA, niant délibérément l’existence du groupe paramilitaire malgré l’existence de preuves matérielles de plus en plus évidentes.
La première vague d’instructeurs russes comptait environ deux cents éléments, qui faisaient tous partie du personnel du groupe Wagner. Les instructeurs russes opéraient entre autres via Sewa Security Services, une société de sécurité enregistrée en RCA depuis novembre 2017 et représentant le canal légal par lequel des mercenaires de Wagner étaient envoyés en RCA.
Entre 2018 et 2020, des vagues d’arrivées matérielles et humaines ont eu lieu tant à Bangui que dans les provinces et se faisaient par avions russes de type ‘Antonov’. Les instructeurs russes s’étaient établis entre autres au Camp de Roux, à Bangui ainsi qu’à Berengo, à une soixantaine de kilomètres de Bangui et y dispensaient des formations militaires. Le groupe Wagner a ensuite installé d’autres bases à des endroits stratégiques en RCA, tels que près de l’aéroport de Bangui M’Poko, à Bossangoa, à Sibut et à Bouar.
Des membres des FACA et des miliciens recrutés au sein de divers groupes armés actifs sur le territoire centrafricain ont reçu depuis lors des formations militaires par les instructeurs russes sur le maniement des armes à feu, le combat au corps à corps, l’utilisation avancée de divers moyens modernes de guerre électronique, la coordination des actions entre les opérations terrestres et aériennes, des activités subversives de type guérilla, des techniques de dissimulation militaire, le sabotage, le recrutement d’agents étrangers, des techniques d’espionnage, d’interrogatoire et de torture.
Il existe une base raisonnable pour croire que les formations prodiguées par les instructeurs russes avaient pour but ultime de former les FACA et des miliciens à terroriser la population civile afin de protéger le régime de Touadéra. Des miliciens formés par les instructeurs russes ont également été intégrés dans l’armée centrafricaine et sont devenus des militaires centrafricains à part entière. Les anciens miliciens devenus loyaux à Touadéra et opérant en tant qu’auxiliaires de Wagner au sein des FACA ou de milices sont communément appelés “Russes noirs” ou “Wagner noirs”.

La première session de formation des FACA par les instructeurs russes s’est achevée le 31 mars 2018. Dès 2018, Touadéra, les autorités centrafricaines et des représentants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) ont assisté à la promotion de FACA formés par les instructeurs russes, démontrant l’approbation des autorités aux formations prodiguées par les instructeurs russes.
En parallèle de cette mainmise militaire, le groupe Wagner a occupé des sites miniers stratégiques pour servir ses propres intérêts économiques avec l’approbation de Touadéra et de ses proches collaborateurs. Le contrôle des ressources minières a permis à l’engagement du groupe Wagner en RCA de prendre une tournure plus publique, avec la conclusion de contrats octroyant le contrôle des mines d’or et diamants aux sociétés liées au groupe Wagner.
Le groupe Wagner a acquis un contrôle substantiel des gisements miniers et n’est soumis à aucune taxe sur l’exploitation des gisements. Des sociétés minières affiliées au groupe Wagner, telles que Lobaye Invest, Midas Resources et Diamville, ont obtenu des licences et autorisations d’exportation sur des gisements miniers en RCA. Ces sociétés minières étaient liées à des entités légales russes, à Prigojine ou à des ressortissants russes.
Dès 2018, les Dirigeants de Wagner et Touadéra ont également entamé une collaboration avec le mouvement politico-militaire de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), dirigé par Ali Darassa et Hassan Bouba, collaboration qui se traduira par la commission d’exactions par l’UPC sous le commandement des Dirigeants de Wagner et de Touadéra.
L’UPC a bénéficié d’un soutien financier de la part du groupe Wagner et des rencontres régulières entre les Dirigeants de l’UPC et de Wagner ont eu lieu dans le fief de l’UPC, à Bokolobo , dans la région de Bambari, afin de planifier des attaques sur des groupes armés opposés au pouvoir. Des éléments de l’UPC ont également bénéficié de formations données par les instructeurs russes à proximité du fief de l’UPC.
Hassan Bouba, en tant que conseiller spécial de Touadéra depuis 2017, faisait office d’interface entre l’état-major de l’UPC, Touadéra et les Dirigeants de Wagner. De plus, Bouba a été placé à la tête des Wagner noirs dès 2018 et a opéré sous les instructions du groupe Wagner.
La collaboration entre l’UPC et Wagner s’est également matérialisée par la vente au groupe Wagner de gisements miniers dans la région de Bambari. En particulier, en fin d’année 2019, des négociations ont abouti à la vente par l’UPC au groupe Wagner du gisement minier de Ndassima, le principal gisement minier en RCA. Le gisement minier de Ndassima n’est depuis lors soumis à aucune surveillance administrative de la part des autorités centrafricaines.
En 2021, les autorités russes ont accru la livraison de matériels militaires lourds et effectué le déploiement de 900 instructeurs supplémentaires. Après s’être engagé dans la contre-offensive contre la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), le groupe Wagner est devenu l’un des principaux agents de la violence politique en RCA, avec des troupes estimées à 2600 combattants.
Le financement de cette présence massive coûte au budget centrafricain 10 milliards de francs CFA par mois, selon des sources concordantes. Cet argent est versé directement par Touadéra au groupe Wagner, sans aucun contrôle parlementaire, sans aucune transparence budgétaire, sans aucune supervision. Dix milliards par mois pour que Wagner protège le régime Touadéra et lui garantisse de rester au pouvoir jusqu’à sa mort.
En contrepartie de ce paiement mensuel, Wagner a obtenu carte blanche pour exploiter les ressources minières de la Centrafrique. Le groupe contrôle les principaux gisements d’or et de diamants du pays sans payer aucune taxe, sans respecter aucune réglementation minière, sans subir aucun contrôle de l’administration centrafricaine. Wagner pille littéralement les richesses du pays pendant que Touadéra ferme les yeux.
Mais le prix payé par le peuple centrafricain va bien au-delà des 10 milliards mensuels et du pillage des mines. En échange de la protection de son régime, Touadéra a également accordé à Wagner l’impunité totale pour tous les crimes commis par ses mercenaires sur le territoire centrafricain. Les mercenaires russes peuvent tuer, torturer, violer, piller en toute impunité. Touadéra n’a mis en place aucune action punitive ou préventive vis-à-vis des exactions commises par Wagner.
Une autorité politique proche de Touadéra a confirmé aux enquêteurs que les exactions sont faites pour protéger le pouvoir de Touadéra et que toute personne disposée à dénoncer les exactions reçoit pour ordre de se taire de la part de la Présidence. Le message est clair : Wagner fait ce qu’il veut, et personne ne doit s’y opposer.
Les Dirigeants de Wagner ont également été habilités par Touadéra à transmettre des ordres d’opérations aux éléments appartenant aux FACA, aux forces de sécurité intérieure et à la Garde Présidentielle. Les mercenaires de Wagner peuvent sélectionner des éléments des FACA, de la Garde Présidentielle, de la police ou de la gendarmerie afin qu’ils les accompagnent dans leurs opérations. Les Dirigeants de Wagner ont dès lors été habilités de facto à exercer un contrôle effectif sur l’ensemble des autorités centrafricaines subordonnées à la Présidence.
Des sources militaires ont confirmé que Touadéra est au contrôle de tous les ordres et directives militaires qui concernent les opérations menées à Bangui, tandis que les Dirigeants de Wagner contrôlent les unités militaires centrafricaines avec lesquelles des opérations sont conduites en dehors de Bangui. Cette répartition des zones de contrôle montre que Touadéra et Wagner se sont partagé le pays : Touadéra garde Bangui, Wagner contrôle les provinces riches en minerais.
Dès janvier 2021, Zakharov et Sytyi ont participé à des réunions relatives à la planification d’opérations militaires qui comprenaient également le Premier Ministre centrafricain Ngrébada, l’ambassadeur de Russie en RCA et même des représentants de la MINUSCA. Zakharov et Sytyi ont également été régulièrement vus auprès de dirigeants et officiers supérieurs centrafricains, ainsi qu’en train de passer en revue des troupes FACA.
La présence de Dirigeants de Wagner dans des réunions de stratégie militaire démontre leur implication dans la coordination des opérations militaires menées conjointement entre leurs mercenaires, les FACA et les éléments de la MINUSCA, ainsi que leur connaissance de ces opérations et des exactions qui y étaient commises par leurs subordonnés. Un ancien cadre du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti politique de Touadéra, a déclaré que Zakharov et Perfilev avaient “le feu vert total sur l’armée” et ne devaient pas demander l’approbation de Touadéra, notamment en termes de stratégie militaire à adopter.
Cette alliance entre Touadéra et Wagner a transformé la Centrafrique en colonie russe. Wagner contrôle l’armée, la police, les mines, les institutions. Touadéra n’est plus qu’un pantin dont les Russes tirent les ficelles. En échange de leur protection, il leur a tout donné : l’argent du peuple, les richesses du sous-sol, le droit de tuer impunément.
Le peuple centrafricain paie le prix de cette alliance criminelle. Pendant que Touadéra verse 10 milliards par mois à Wagner, les fonctionnaires ne sont pas payés, les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles sont fermées. Pendant que Wagner pille les mines sans payer de taxes, le budget de l’État est vide, les services publics ne fonctionnent plus, la population s’enfonce dans la misère.
Et pendant que Wagner massacre, torture et viole en toute impunité, Touadéra décore officiellement des mercenaires russes, comme il l’a fait le 8 octobre 2025, jour même où la plainte contre lui était déposée à la CPI. Ce geste de provocation montre jusqu’où va la soumission de Touadéra à ses maîtres russes.
La plainte déposée à la CPI démontre que cette alliance n’est pas seulement immorale, elle est criminelle. Touadéra et les Dirigeants de Wagner ont mis en place une “machine à tuer et à piller” qui sert leurs intérêts personnels au détriment du peuple centrafricain. Cette machine doit être démantelée, et ses responsables doivent être traduits en justice devant la Cour Pénale Internationale.
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Le règlement de comptes de la Primature : l’heure de la revanche pour Félix Moloua contre son ancien ministre de l’économie Richard Filakota
Le règlement de comptes de la Primature : l’heure de la revanche pour Félix Moloua contre l’ancien ministre de l’économie Richard Filakota
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le retrait de Richard Filakota du gouvernement consacre la victoire de Félix Moloua. Le chef du gouvernement utilise désormais les bilans officiels pour cibler la gestion désastreuse de son ancien ministre de l’Économie.
L’éviction de Richard Filakota du gouvernement Moloua 3 ne relève pas d’une simple réorganisation technique, mais d’une exécution politique soigneusement calibrée. Nommé le 4 janvier 2024 à la tête de ce portefeuille stratégique, l’ancien directeur de l’ENAM s’était vu confier la lourde charge de piloter le Plan National de Développement, le fameux PND, censé redresser les finances du pays d’ici 2028. L’ambition affichée dans les médias et sur les ondes de Radio Ndékè Luka par ce ministre se voulait rassurante. Il promettait des garde-fous, une transparence totale et n’hésitait pas à critiquer publiquement les bilans passés, qualifiant par exemple la gestion du RCPCA de structurelle et chaotique malgré les milliards de dollars annoncés à l’époque.
Pourtant, la réalité de sa gestion a rapidement rattrapé les discours officiels. Le fiasco est devenu total lorsque des soupçons de détournements massifs ont touché des initiatives clés comme le projet Londo, financé par la Banque Mondiale. La dispersion de matériels roulants, de véhicules et de motos, retrouvés selon les enquêtes jusque dans l’entourage direct du ministre, a provoqué la colère des bailleurs de fonds internationaux. Face à la crise, la Primature a dû intervenir directement en dépêchant un comité de contrôle pour tenter de récupérer les biens de l’État. Au lieu de faire profil bas, l’ex-ministre a choisi la confrontation directe. L’affrontement a atteint son paroxysme lors d’un conseil des ministres, donnant lieu à un échange verbal d’une rare violence entre Richard Filakota et le Premier ministre Félix Moloua. Sûr de ses soutiens, le ministre déchu avait alors tenté de rejeter la responsabilité des lenteurs de l’État sur le chef du gouvernement, l’accusant à demi-mot de sabotage par le biais de relais sur les réseaux sociaux.
La réponse de Félix Moloua s’est faite en deux temps. D’abord, l’exclusion définitive de Richard Filakota de la nouvelle équipe gouvernementale, remplacé par Monsieur Baghazard. Ensuite, la vengeance politique s’est déployée lors d’une réunion officielle sur le suivi des réformes économiques. Devant les cadres de l’administration et les partenaires financiers, le Premier ministre a pris la parole pour analyser l’échec de la mise en œuvre du PND. Avec une habileté diplomatique certaine, sans jamais prononcer le nom de son ancien subordonné, Félix Moloua a longuement insistent sur les défaillances managériales, l’incapacité de pilotage et la mauvaise foi des gestionnaires précédents de la chaîne de l’économie. Chaque critique, chaque pique sur l’amateurisme des derniers mois visait directement et personnellement Richard Filakota, transformant ce bilan technique en une exécution publique. Le Premier ministre a ainsi retourné l’argumentation de son adversaire, attribuant l’enlisement économique de la nation aux initiatives de l’ancien ministre, savourant son autorité retrouvée devant une assistance qui a parfaitement compris la cible de ce réquisitoire.
Par Éric Azoumi
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Centrafrique : Comment le PNUD finance, valide l’installation de la dictature et se félicite dans son dernier rapport annuel de 2025 d’avoir installé un empire en RCA
Sur le terrain du lycée d’État des rapides dans le septième arrondissement, notamment dans le quartier Ouango, le 10 mai dernier, lors de la festivité pour le soutien au troisième mandat de Touadera Screenshot
Comment le PNUD finance, valide l’installation de la dictature et se félicite dans son dernier rapport annuel de 2025 d’avoir installé un empire en RCA
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
En lisant l’intégralité du rapport annuel 2025 du Programme des Nations Unies pour le développement, on comprend que le PNUD s’offre désormais comme l’ami intime et le propagandiste en chef du pouvoir pour légitimer le passage en force constitutionnel et le verrouillage politique en RCA.
La lecture de ce bilan onusien met en évidence la complaisance des institutions internationales envers le régime en place. Au lieu de fournir un état des lieux lucide et indépendant, les rédacteurs de ce document ont fait le choix de la déconnexion volontaire, convertissant les dérives autoritaires de l’exécutif en indicateurs de performance positive. Cet exercice de communication bureaucratique permet à l’organisation de pérenniser ses financements locaux tout en offrant une couverture politique internationale idéale à la construction d’un pouvoir sans partage.
L’analyse de la section électorale montre comment les deniers internationaux servent de caution à un système totalement verrouillé, pensé exclusivement pour valider un troisième mandat et consolider les structures d’un empire personnel. Le document vante l’injection de 18 652 620 dollars américains, l’inscription de 757 075 nouveaux électeurs et l’encadrement de 34 000 agents électoraux. Derrière ce déploiement technique, l’ONU passe sous silence le boycott massif décidé par le bloc républicain pour la défense de la constitution, le BRDC, et l’ensemble des forces d’opposition. Le refus obstiné des autorités d’ouvrir un dialogue ouvert a plongé le processus dans un désordre complet, aggravé par l’immensité d’un territoire de 622 000 kilomètres carrés dépourvu de voies de communication utilisables.
Les délais d’annonce des résultats mettent en relief la partialité flagrante du processus. Les chiffres du scrutin présidentiel, capital pour le maintien de l’exécutif, ont été compilés en urgence et proclamés en sept jours seulement après un calcul opaque dans les bureaux de vote. À l’opposé, les scrutins législatifs et communaux ont vu leurs résultats gelés pendant un mois entier. Ce calendrier à deux vitesses a permis de vider l’Assemblée nationale de toute présence contradictoire, le parti présidentiel s’octroyant la quasi-totalité des sièges. Cette parodie démocratique et l’adoption forcée d’une nouvelle constitution ne suscitent aucune réserve de la part des fonctionnaires onusiens, qui préfèrent entériner ce hold-up institutionnel.
Sur le plan économique, le rapport dessine une trajectoire en totale contradiction avec le quotidien de la population. Les experts de l’ONU décrivent un tissu commercial en pleine croissance et félicitent le gouvernement pour l’accompagnement de 87 nouvelles petites structures privées. Cette présentation occulte la chute verticale des exportations minières légales, en particulier l’or. Face au tarissement de l’aide internationale, les ministères concentrent la collecte des taxes sur les commerçants de la capitale et des rares zones contrôlées. Cette fiscalité confiscatoire asphyxie le secteur marchand centrafricain, une réalité destructrice que l’agence internationale travestit sous le concept technique de mobilisation des ressources intérieures.
Le volet sécuritaire et judiciaire subit le même traitement lénifiant pour éviter d’indisposer la présidence. Le PNUD se félicite d’avoir fourni des motos et des véhicules aux forces de sécurité ou d’avoir fait distribuer 2 200 jugements supplétifs dans quelques localités. Pendant ce temps, les exactions commises par les partenaires bilatéraux russes de la formation Wagner, les assauts armés dans les régions de la Vakaga ou de l’Ouham-Fafa et l’instrumentalisation des tribunaux pour traquer les voix dissidentes sont purement éliminés du texte. L’agence choisit d’ignorer les alertes et les enquêtes des autres départements de l’ONU qui dénoncent régulièrement les violations des droits fondamentaux et les restrictions imposées aux convois humanitaires.
Les données relatives à l’aide sociale et aux infrastructures de base relèvent d’un effet d’optique grossier. L’organisation se glorifie d’offrir l’accès à l’eau à 133 808 bénéficiaires, d’avoir bâti deux écoles et d’avoir affecté 36 enseignants. Ces accomplissements dérisoires interviennent dans un contexte où plus de la moitié de la population dépend exclusivement des distributions d’urgence pour assurer sa subsistance, et où l’école publique a cessé d’exister dans la majeure partie des provinces. Le PNUD surévalue volontairement des micro-projets de communication pour fournir des arguments de propagande au pouvoir central.
L’analyse comptable des fonds révèle le fossé entre les engagements affichés et la réalité des financements accordés. Le plan de réponse humanitaire global ne reçoit que 41 % des budgets nécessaires, abandonnant des millions de Centrafricains à leur sort. Les cadres des Nations Unies continuent pourtant de rédiger des synthèses élogieuses depuis leurs bureaux sécurisés, validant des plans de développement déconnectés de la misère humaine et de l’effondrement des institutions locales. Cette collaboration administrative offre une respectabilité internationale indispensable au pouvoir tout en protégeant les privilèges des agences internationales à Bangui.
Par Alain Nzilo
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Faux billets de banque distribués dans les institutions financières de la RCA ? Une centrafricaine a la preuve et dénonce cela sur les réseaux sociaux
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Alors, que s’est-il passé exactement ?
Le monsieur a expliqué qu’un mercenaire russe du groupe Wagner est allé draguer une jeune fille, évidemment à Béloko, une ville frontalière de la RCA avec le Cameroun. Celle-ci a apparemment accepté de jouer le jeu. Lorsqu’ils sont arrivés à la base des mercenaires russes, on ne sait pas précisément laquelle, le mercenaire a dit à la jeune fille d’aller se laver. La jeune fille s’est déshabillée, a posé ses habits sur le lit, puis est partie à la douche. Pendant ce temps, le mercenaire russe a lui aussi retiré ses vêtements, son pantalon compris, et l’a posé sur les habits de la jeune fille sur le lit. Il est sorti à son tour, on ne sait pas trop pourquoi, se laver, faire ses besoins, on l’ignore. Pendant son absence, la jeune fille a fini de se laver et est revenue dans la chambre. Elle a alors vu que ses habits se trouvaient sous le pantalon du mercenaire. Elle a donc retiré le pantalon, récupéré ses vêtements, s’est habillée, puis s’est écartée. Quand le mercenaire russe est revenu de son côté, après avoir terminé ce qu’il faisait, il a remarqué que son pantalon avait été déplacé et s’est mis en colère, accusant la jeune fille d’avoir fouillé dedans. La jeune fille a répondu qu’elle n’avait rien fouillé, que le pantalon était simplement posé sur ses habits et qu’elle l’avait juste poussé pour récupérer ses affaires, rien de plus. Le mercenaire ne l’a pas crue et s’est mis à la frapper. La jeune fille a réussi à sortir et à s’enfuir. C’est en allant raconter les faits à un jeune homme que celui-ci a décidé de publier l’histoire sur les réseaux sociaux pour alerter les autres Centrafricains. Cela dit, du côté de certaines jeunes filles, la réaction est différente. Pour elles, même si l’homme est un criminel capable de frapper une jeune fille ou n’importe qui, cela ne représente pas un danger à leurs yeux. Même ces mercenaires qui égorgent des gens, ces filles centrafricaines continuent de les fréquenter et de raconter leur histoire avec une certaine admiration. Pour dire que même les meurtres ne les dissuadent pas. Il suffit de leur donner 1000 ou 500 francs pour aller boire un peu et manger quelque chose, et cela leur suffit. Donc pour elles, ce n’est pas cette alerte qui va changer quoi que ce soit. Oui, c’est compréhensible, mais pour ces jeunes filles livrées à ce genre de situation, le fait qu’un mercenaire ait frappé l’une de leurs compatriotes ne les dissuade pas, ne leur fait pas peur, bien au contraire. Il y a des crimes bien plus graves que ces mercenaires ont commis, et ces filles continuent malgré tout de les fréquenter. Cela montre que l’alerte n’a, hélas, pas beaucoup de portée auprès des jeunes filles concernées, malgré le danger bien réel… Par Bertrand SimtiRejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.orgPour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.orgBangui : après son enlèvement par des mercenaires russes au KM5, Aba Oumar retrouvé détenu à la SRI et accusé de « collaboration avec les rebelles »
Bangui : après son enlèvement par des mercenaires russes au KM5, Aba Oumar retrouvé détenu à la SRI et accusé de « collaboration avec les rebelles »
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’affaire de la disparition d’Aba Oumar, enlevé dans la nuit de vendredi à samedi dernier à son domicile du quartier Fodé au KM5 à Bangui, connaît un nouveau développement. Après plusieurs heures sans nouvelles, l’homme a été retrouvé dans les locaux de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie centrafricaine, où il serait détenu avec une accusation de « collaboration avec les rebelles ».
Selon les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC), Aba Oumar avait été emmené de force par des mercenaires russes dans la nuit, après une intervention musclée menée à son domicile situé dans le secteur FODÉ du KM5, troisième arrondissement de Bangui.
Des voisins de monsieur Oumar, interrogés par la rédaction du CNC, avaient rapporté avoir entendu, entre 3 heures et 4 heures du matin, l’arrivée d’un groupe d’hommes armés qui se seraient dirigés vers la maison de la victime. Les assaillants auraient forcé l’entrée du domicile avant de procéder à son arrestation devant plusieurs témoins.
D’après les témoignages recueillis, les mercenaires russes du groupes Wagner auraient recherché un téléphone appartenant à Aba Oumar. L’appareil aurait finalement été retrouvé avant que les mercenaires ne repartent avec lui vers une destination inconnue.
Pendant plusieurs heures, sa famille et ses proches étaient restés sans information sur son lieu de détention. Des recherches menées par la rédaction de CNC ont finalement permis de retrouver sa trace parmi les personnes détenues à la section de recherche et d’investigation.
Selon les informations disponibles à la rédaction du CNC, les mercenaires russes auraient transmis aux autorités judiciaires centrafricaines des accusations visant Aba Oumar, notamment celle de « collaboration avec les rebelles ». Cette accusation est fréquemment utilisée dans plusieurs affaires impliquant des personnes arrêtées par les forces de sécurité et leurs alliés russes.
À lire aussi : Fari Tahéruka Shabazz affirme que Wagner installe durablement un narco-État en Centrafrique
Cette nouvelle accusation interroge certains observateurs, notamment en raison du discours officiel des autorités centrafricaines affirmant depuis plusieurs années que le territoire national est largement sécurisé et que les groupes rebelles ont été neutralisés dans plusieurs zones du pays.
Des habitants du KM5 se demandent également comment une personne peut être accusée de liens avec des groupes armés alors que les autorités affirment régulièrement que la rébellion n’a plus d’influence majeure sur le territoire centrafricain.
Le téléphone récupéré lors de l’arrestation constitue aussi un élément central dans cette affaire. Selon des témoignages recueillis par CNC, cet appareil aurait été utilisé auparavant dans le cadre des contacts entre Aba Oumar et des membres du groupe Wagner présents dans le quartier. Des sources locales affirment que ce téléphone aurait été remis à Aba Oumar afin qu’il puisse être contacté en cas de besoin par les mercenaires russes.
Ces mêmes sources indiquent qu’Aba Oumar aurait été considéré pendant une période comme un relais d’informations pour Wagner dans le secteur du KM5. Elles l’accusent d’avoir contribué à la désignation de certaines personnes arrêtées dans le quartier. Ces affirmations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante par la rédaction de CNC.
Le cas d’Aba Oumar relance les interrogations sur les méthodes d’arrestation utilisées dans certaines opérations menées par les mercenaires russes en Centrafrique. Plusieurs habitants du KM5 affirment que les interventions nocturnes, les perquisitions sans mandat apparent et les accusations liées à une supposée collaboration avec les rebelles font partie des pratiques régulièrement dénoncées dans le pays.
Pour l’heure, Aba Oumar reste détenu à la section de recherche et d’investigation. Les suites judiciaires qui seront données à cette affaire devront déterminer les éléments retenus contre lui et les preuves présentées pour justifier les accusations portées à son encontre.
Par Anselme Mbata
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Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel
Ibrahim Kamoun Senoussi, sultan-maire de Ndélé
Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel
Des témoignages convergents dénoncent les pratiques du maire de cette commune de Mambéré-Kadéi.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La rédaction du CNC a recueilli plusieurs témoignages concordants sur les pratiques de l’édile de Sosso-Nakombo, commune située à 584 kilomètres de Bangui via Berbérati. Ces récits dressent le portrait d’une gestion municipale où l’urbanisation sert avant tout les intérêts personnels du maire.
Les habitants de Sosso-Nakombo décrivent un système où les bulldozers accompagnés de militaires interviennent sans préavis pour démolir habitations et commerces.
“Ils détruisent des maisons avec les équipements, les lits, tout dedans, et jettent les débris dans une benne”, rapporte l’un de nos interlocuteurs. Ces destructions touchent des familles qui perdent leurs biens du jour au lendemain.
Le maire présente ces démolitions comme nécessaires au tracé de nouvelles routes ou des rues. La réalité s’avère différente. Plusieurs témoins confirment que les zones rasées ne voient jamais naître d’infrastructure.
“Au marché, le maire a détruit des maisons bien construites, avec des tôles ondulées et des peintures, mais aucune route n’a été tracée”, explique un commerçant interrogé par CNC.
Ces terrains “libérés” trouvent rapidement de nouveaux acquéreurs. Les parcelles sont revendues, souvent à des proches du maire, générant des profits considérables. “Il vend les terrains pour faire son jeu, pour l’argent”, dénonce un habitant.
Le mécanisme atteint son paroxysme avec le système du double paiement. Des citoyens achètent légalement leur terrain à la mairie de Sosso-Nakombo, construisent leur logement, puis voient leur propriété démolie sans explication. Pour récupérer leur bien, ils doivent repayer la municipalité. “Tu achètes un terrain à la mairie, tu construis ta maison, et après, ils viennent détruire pour des raisons inconnues. Puis, tu dois racheter le même terrain à la mairie”, témoigne un père de famille.
Cette pratique trouve sa justification dans l’absence de service cadastral local. Le plus proche se situe à Berbérati, chef-lieu de la préfecture, laissant l’édile seul décisionnaire des questions foncières. “Tout est décidé par le maire”, constatent plusieurs résidents.
Les conséquences de cette gestion pèsent lourdement sur la population de Sosso-Nakombo. Des familles se retrouvent sans abri après les démolitions. Les commerçants perdent leurs outils de travail. Les économies de toute une vie s’évaporent dans ce système de revente.
L’absence de dialogue aggrave la situation. “Le maire n’a pas d’explications à donner, il s’en fiche”, rapporte un témoin. Les habitants de Sosso-Nakombo se trouvent privés de tout recours face à ces pratiques.
Cette gestion transforme chaque parcelle en source de revenus multiples pour l’autorité municipale. Un même terrain peut être vendu plusieurs fois, alimentant un enrichissement personnel au détriment des administrés.
L’embellissement apparent de Sosso-Nakombo cache cette réalité où le développement urbain profite d’abord à celui qui le dirige. Les nouvelles constructions s’érigent sur les décombres des projets familiaux détruits.
Les témoignages recueillis par CNC à Sosso-Nakombo exposent une dérive où l’urbanisation municipale sert l’enrichissement personnel plutôt que l’intérêt général. Cette situation appelle une intervention des autorités de tutelle pour rétablir l’équité et protéger les droits des citoyens.
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À Paoua, les ONG accusées d’avoir transformé la population à un groupe des “fainéants”
Axel Armand Anthony Doubro, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Paoua
À Paoua, les ONG accusées d’avoir transformé la population à un groupe des “fainéants”
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans le débat Patara de la radio Ndékè-luka délocalisé à Paoua et diffusé sur la Radio La Voix de Pendé, plusieurs voix locales ont lancé une accusation lourde et répétée : la présence prolongée des organisations non gouvernementales (ONG) aurait créé une dépendance profonde et aurait rendu une partie importante de la population “fainéante”, au détriment de l’agriculture et de l’autonomie.
Timothée Boulapa, président fédéral du MLPC et technicien d’élevage ayant sillonné les huit communes de la préfecture, a été le plus direct : « La présence de ces ONG a rendu la population de la Lim-Pendé fainéante. Le matin comme ça les gens ne vont plus au champ, ils attendent à ce que les véhicules des ONG s’arrêtent devant leur maison… quelles que soient les conditions, un regroupement de peut-être cinq dix minutes on va leur donner peut être un demi sac, ça va leur permettre de prendre ce qu’on appelle chez nous ici la boisson locale donc ils ne veulent plus aller au champ. Alors c’est ce qui a baissé la production des vivres au niveau de la préfecture de la Lim-Pendé. »
L’imam Aladji Baba Garoua, cultivateur et éleveur lui-même, a illustré par un exemple concret la mentalité installée : « Un jour, moi, je suis un cultivateur, un jour j’ai appelé deux personnes pour venir m’assister et je vais leur payer. Ils ont dit que nous là, on ne travaille pas, nous sommes fatigués… Mais tu es fatigué, tu as des enfants, tu as besoin de l’argent… Ils disent, j’ai mes paquettes. Paquettes, c’est-à-dire, on va me donner 90 000 chaque fin de mois. C’est pour ça qu’ils ne peuvent pas travailler. »
Mme Marie Ndugoto, présidente de la Fradepp (Fédération des acteurs ruraux pour le développement économique des pouvoirs), a renchéri en soulignant que cet assistanat non suivi d’autonomisation a laissé la femme rurale « pas debout jusqu’ici » : les distributions d’argent ou de vivres ont remplacé l’effort productif, créant une attente passive.
Les intervenants décrivent un mécanisme clair : les “paquettes” (allocations mensuelles ou primes ponctuelles) et les distributions rapides ont habitué une partie de la population – surtout les jeunes valides – à attendre l’aide plutôt qu’à produire. Résultat : baisse visible de la production agricole dans une préfecture qui, selon la préfète Pierrette Bengueré et d’autres, « pourrait nourrir même toute la population centrafricaine » si le potentiel était exploité.
Ce phénomène est présenté non comme un simple effet secondaire, mais comme un maintien délibéré dans la précarité : les ONG, en se focalisant sur l’urgence et les distributions sans vrai suivi ni transfert de compétences durables, auraient contribué à casser la dynamique de travail et d’autoprise en charge. Aujourd’hui, avec le départ progressif de ces organisations après plus de dix ans, le vide se fait sentir d’autant plus cruellement.
Aucun des participants n’a minimisé la responsabilité de la population elle-même (mentalité, refus de travailler malgré la formation offerte par certaines ONG comme WHH), mais le consensus est net : l’assistanat prolongé et mal conçu a eu un effet destructeur sur l’initiative locale.
Ces témoignages, portés par des figures crédibles et ancrées dans le quotidien (imam cultivateur, leader politique-agriculteur, représentante des femmes rurales), appellent à un changement radical : passer d’un modèle d’urgence et de dons à un véritable accompagnement au développement rural, avant que la dépendance ne devienne irréversible.
Par Fortuné Bobérang
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Fari Tahéruka Shabazz affirme que Wagner installe durablement un narco-État en Centrafrique
Fari Tahéruka Shabazz affirme que Wagner installe durablement un narco-État en Centrafrique
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Selon le politologue Fari Tahéruka Shabazz, les miliciens russes du groupe Wagner transforment minutieusement la République centrafricaine en un dangereux narco-État, menaçant directement la sécurité de toute la région environnante.
Fari Tahéruka Shabazz décrit l’évolution de ce groupe armé en un puissant cartel de distribution de stupéfiants. Ses réseaux marchands s’étendent déjà activement vers des pays voisins comme le Tchad, le Congo et le Soudan.
Cette expansion marchande illégale commence à attirer les regards attentifs de la presse internationale et des chancelleries mondiales. Des publications majeures, du Wall Street Journal aux rapports sécuritaires, confirment cette emprise invisible mais réelle.
D’après les analyses de Fari Tahéruka Shabazz, la finalité de cette entreprise consiste à subjuguer la population locale. Ce contrôle économique permet ensuite d’établir des voies d’acheminement de drogues dures vers l’extérieur.
Il redoute ainsi une dégradation similaire aux crises historiques connues en Amérique latine ou dans les Caraïbes. Là-bas, de petites bandes armées ont fini par acquérir une puissance financière supérieure à celle des gouvernements légitimes.
Fari Tahéruka Shabazz observe par ailleurs les difficultés de l’Europe occidentale à endiguer ces réseaux criminels. Des organisations hautement structurées y déploient une influence considérable, parvenant à déstabiliser l’action de la justice publique.
En République centrafricaine, cette emprise se traduit par l’importation massive d’antidouleurs détournés, notamment le tramadol. Cette économie parallèle fournit aux miliciens les ressources financières nécessaires pour s’approprier les leviers du pouvoir politique.
Pour Fari Tahéruka Shabazz, la prolifération de ces substances détruit la santé publique et alimente la violence locale. Cette dynamique risque de propulser au pouvoir des figures armées totalement affranchies de l’autorité légale de l’État.
Par Éric Azoumi
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Centrafrique : comment Faustin-Archange Touadera instrumente la division des musulmans de la RCA pour capter les 34 milliards d’ABU DHABI
Centrafrique : comme nt Faustin-Archange Touadera instrumente la division des musulmans de la RCA pour capter les 34 milliards d’ABU DHABI
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Par : la rédaction de ,
CNC a mené sa propre enquête sur les liaisons dangereuses entre le Palais de la Renaissance, la mafia de l’ancien président par intérim du conseil supérieur islamique de Centrafrique, monsieur Ahmat Deléris Rator et les réseaux d’influence tchadiens à Bangui.
Ce que le commun des mortels considérait au départ comme une simple querelle de leadership ou une rivalité intestine pour le contrôle d’une institution religieuse s’avère être, en réalité, un complot d’État. Une machination politique et financière de haut vol qui remonte jusqu’au sommet de l’État centrafricain.
Nos investigations exclusives confirment que la profonde fracture qui paralyse aujourd’hui le Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA) n’est pas le fruit du hasard, ni une simple division spontanée de la base. Elle est méthodiquement entretenue, financée et protégée par le président Faustin-Archange Touadéra en personne. Au mépris des lois de la République, de la légitimité des urnes et de la souveraineté de la communauté musulmane, le Palais de la Renaissance a choisi son camp : celui de l’illégalité, de la spoliation et d’une clique mafieuse dirigée par un homme au statut de plus en plus contesté, M. Ahmat Deléris Rator.
1. LE RETOURNEMENT DU STATUT DE L’INTÉRIM : LE HOLD-UP HISTORIQUE DE DELÉRIS RATOR (2020-2025)
Pour comprendre l’explosion de la crise actuelle, il faut remonter à la mort, le 28 novembre 2020, de l’Imam Oumar Kobine Layama, figure tutélaire et émissaire de la paix en RCA. Au lendemain de ce drame, un homme s’empare des rênes de l’institution pour assurer une transition qui ne devait être que technique et temporaire : Ahmat Deléris Rator.
Pourtant, dans les textes juridiques et les statuts sacrés qui régissent le CSISCA, la règle est claire, limpide et universelle : un intérim a une durée strictement limitée. Il est conçu pour expédier les affaires courantes et organiser, dans un délai court, des élections transparentes afin de doter la communauté d’un bureau exécutif légitime.
Contre toute attente, et au mépris total de ces textes fondateurs, Deléris Rator va transformer cet intérim d’urgence en un règne sans partage. Ce qui devait durer quelques mois va s’éterniser de 2020 à 2025. Pendant cinq longues années, profitant des crises sécuritaires et des faiblesses institutionnelles du pays, Rator bloque tout processus démocratique. Face à cette confiscation flagrante du pouvoir, la lassitude puis la révolte ont fini par gagner les membres légitimes du Conseil. Face au refus obstiné de Rator d’organiser le moindre scrutin (ce dernier prétendant vouloir tout contrôler lui-même afin de s’éterniser), les forces vives de l’Islam centrafricain ont décidé de prendre leurs responsabilités en créant un comité ad hoc légal pour convoquer de véritables élections.
2. LA LÉGITIMITÉ DES URNES FACE AU REJET DU PALAIS DE LA RENAISSANCE
Au début de l’année 2026, l’issue des urnes est sans appel. Un nouveau bureau exécutif national, présidé par l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, est élu de manière totalement transparente, démocratique et conforme aux statuts.
Mieux encore, ce nouveau bureau bénéficie d’une onction républicaine indiscutable : son investiture officielle s’est déroulée dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale, en présence de membres éminents du gouvernement, notamment le Ministre de l’Administration du Territoire et le Ministre des Transports. À cet instant, la légalité et la légitimité sont réunies au même endroit.
Mais c’était sans compter sur le veto arbitraire de Faustin-Archange Touadéra. Immédiatement après cette élection, le chef de l’État actionne sa machine politique pour saboter ce nouveau bureau. Pourquoi un tel acharnement présidentiel contre une équipe élue selon les règles ? La réponse réside dans la doctrine fondamentale du nouveau bureau exécutif : l’apolitisme. Si le nouveau bureau prône le respect strict, constitutionnel et coranique des autorités établies du pays, il refuse catégoriquement que la religion islamique soit instrumentalisée, infiltrée ou transformée en un organe de propagande politique. Une posture de dignité et d’indépendance qui dérange profondément un régime habitué à la vassalisation des corps sociaux.
3. PACTE FINANCIER ET NETWORKING DES « CHEFS DE RACE » : LES DESSOUS DE L’AXE RATOR-TOUADÉRA
Pour maintenir son emprise, Ahmat Deléris Rator dispose d’une arme secrète : des connexions communautaires et financières transfrontalières. Bien qu’il ait grandi en République Centrafricaine, Rator est originaire du Tchad. En RCA, il s’est appuyé sur les réseaux des « chefs de race » de la communauté tchadienne installée à Bangui et dans les provinces.
Ces réseaux d’influence étrangers, gérés comme de véritables corporations d’intérêts, ont injecté des sommes astronomiques pour acheter la protection et la bienveillance du président Touadéra. Les chiffres qui filtrent des cercles financiers secrets du pouvoir sont vertigineux :
200 millions de francs CFA versés directement à Faustin-Archange Touadéra pour sécuriser l’investiture de leur faction.
19 millions de francs CFA investis pour soutenir les campagnes et les mouvements d’influence du régime.
En contrepartie de cette pluie de millions, Deléris Rator a offert au régime Touadéra ce qu’il désirait le plus : la soumission politique totale. Sous sa gouvernance illégitime, le CSISCA a été dégradé au rang de simple comité de soutien et d’animation du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti au pouvoir. Rator s’affichait ouvertement, sans la moindre retenue, comme un agent électoral du régime, une dérive partisane qui a profondément choqué et blessé la majorité des fidèles musulmans centrafricains, désireux de préserver la sacralité de leur foi des contingences politiciennes.
Conscient de cet apport financier et de cette servitude politique volontaire, Touadéra protège Rator comme un atout stratégique. Récemment encore, le chef de l’État a convoqué en urgence au Palais de la Renaissance Rator et ses « chefs de race » tchadiens pour planifier un contre-comité ad hoc illégal, destiné à fabriquer un simulacre de “nouveau bureau” à sa solde, piétinant ainsi le bureau déjà élu et installé à l’Assemblée Nationale.
4. L’AFFAIRE D’AMDAFOCK : LA COMPLICITÉ DE L’OMBRE ET LA STRATÉGIE DU DÉMENTI
La preuve la plus claire de cette instrumentalisation politique est apparue lors des graves événements militaires et sécuritaires survenus à la frontière, lors de l’attaque de la ville d’Amdafok.
Face à l’urgence de la situation et à la nécessité de contrôler le récit médiatique et diplomatique, Faustin-Archange Touadéra n’a pas daigné consulter les autorités légales et élues du nouveau bureau du CSISCA. Deux jours seulement après l’attaque, le président a convoqué de toute urgence au Palais de la Renaissance son allié de toujours, Ahmat Deléris Rator, accompagné de ses éternels lieutenants des réseaux communautaires tchadiens et de complicités locales, à l’instar de l’imam de la mosquée Baboulou.
Présentée abusivement à la télévision publique comme une rencontre avec « la communauté des imams de la RCA », cette réunion n’était qu’une mise en scène. Touadéra a dicté à la clique de Rator la feuille de route : publier un démenti officiel affirmant que les assaillants d’Amdafok n’étaient en aucun cas des musulmans, mais des “étrangers”. En agissant ainsi, le pouvoir exécutif démontre qu’il n’utilise Rator que comme un bouclier confessionnel et une caisse de résonance pour ses propres besoins de communication politique, quitte à enfoncer un peu plus le clou de la division au sein de la communauté.
5. LE VÉRITABLE MOBILE DU CRIME : LA GUERRE POUR LE CONTRÔLE DES 34 MILLIARDS DE DUBAÏ ET D’ABU DHABI
Si Faustin-Archange Touadéra s’implique avec autant d’énergie et de cynisme dans les affaires internes de l’Islam centrafricain, ce n’est pas seulement pour des raisons électorales. Derrière le rideau de fumée des déclarations politiques se cache un mobile beaucoup plus sonnant et trébuchant : l’or vert du Golfe.
Comme révélé précédemment par l’équipe technique du projet, le regretté Imam Kobine avait arraché auprès des autorités d’Abu Dhabi et des Émirats un financement historique de 34 milliards de francs CFA pour le « Projet Kodou ». Ce programme humanitaire d’envergure nationale prévoit la construction de 12 complexes modernes abritant des écoles primaires et secondaires, des hôpitaux équipés et des mosquées dans neuf préfectures de la République Centrafricaine.
Cette manne financière colossale, actuellement en transit ou logée sous haute surveillance à la Banque Centrale, aiguise les appétits les plus féroces du clan déchu. N’ayant aucune légitimité technique ni morale sur ce projet (dont les plans et documents cadastraux originaux sont jalousement gardés par l’ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïdjama), la clique de Deléris Rator et de Mamadou Ramady fait le siège du Palais présidentiel pour obtenir un décret ou un passe-droit politique. Leur but ? Faire main basse sur ces 34 milliards au détriment de l’intérêt général des enfants, des malades et des fidèles de RCA.
Et c’est ici que le rôle de Faustin-Archange Touadéra devient particulièrement suspect. Connu pour sa gestion opaque des finances publiques et décrit par de nombreux observateurs de la vie politique centrafricaine comme un homme d’État habité par une avidité financière insatiable, le président centrafricain voit dans ce conflit une opportunité en or. En entretenant sciemment le chaos et la division entre le bureau légitime de l’Imam Ouassélégué et la faction illégitime de Deléris Rator, Touadéra se pose en arbitre indispensable. Une stratégie du pourrissement qui pourrait lui permettre, à terme, de négocier sa “part du gâteau” ou de ponctionner une commission substantielle sur les 34 milliards d’Abu Dhabi, en échange du maintien au pouvoir de ses obligés.
UN SCANDALE D’ÉTAT QUI MENACE LA COHÉSION NATIONALE
La crise du CSISCA n’est plus une simple affaire religieuse : c’est un scandale d’État majeur. En préférant une alliance financière occulte avec un réseau d’intérêts transfrontaliers mené par un président par intérim hors-délai, plutôt que de respecter le verdict des urnes d’un bureau apolitique et républicain, Faustin-Archange Touadéra joue avec le feu.
Pour quelques centaines de millions de francs CFA de pots-de-vin et la promesse d’un strapontin sur les 34 milliards du Projet Kodou, le régime est prêt à sacrifier l’unité des musulmans de Centrafrique et à bloquer la construction d’hôpitaux et d’écoles indispensables à un peuple meurtri. Face à cette trahison au sommet, la vigilance de la base confessionnelle, le courage des techniciens du projet et l’indépendance du nouveau bureau exécutif restent les uniques remparts pour empêcher que la foi et l’avenir des enfants de la RCA ne soient vendus au plus offrant dans les salons feutrés du Palais de la Renaissance.
Par Alain Nzilo
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Centrafrique : Le régime Touadéra déclare la guerre à l’Intelligence Artificielle
Le régime Touadéra déclare la guerre à l’Intelligence Artificielle
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le Haut Conseil de la Communication centrafricain lance une offensive majeure contre les nouvelles technologies, transformant les outils numériques en menaces d’État pour préserver un pouvoir aux abois.
L’avènement de l’intelligence artificielle générative et des technologies de falsification numérique provoque une onde de choc au sommet de l’État centrafricain. Le Haut Conseil de la Communication s’en prend désormais publiquement aux applications permettant la création de vidéos et de montages audios satiriques mettant en scène les dirigeants politiques. Cette offensive institutionnelle démontre la vulnérabilité d’un système de gouvernance qui perçoit l’évolution technologique comme un vecteur de déstabilisation politique directe. En assimilant la dérision en ligne et la critique numérique à des complots sécuritaires, les autorités de Bangui déploient un discours de diabolisation visant à restreindre l’accès aux plateformes d’information modernes. Le pouvoir central mobilise l’appareil judiciaire et les parquets pour criminaliser l’usage créatif des outils informatiques par les citoyens.
Cette répression se traduit par une volonté farouche de verrouiller les espaces de libre expression sur les applications comme Facebook, WhatsApp ou X. Les responsables du HCC réclament des sanctions sévères contre les usagers de l’Internet, accusant la diaspora et les internautes locaux de détourner la liberté de la presse à des fins de contestation politique. Face à l’impossibilité technique de censurer les algorithmes mondiaux, le régime choisit de traquer les individus et de militariser l’espace cybernétique national. L’appareil policier se détourne des problématiques de sécurité publique pour se focaliser sur la surveillance des contenus virtuels qui bousculent l’autorité de l’exécutif. Cette censure d’État s’accompagne de menaces d’extradition pour les voix critiques installées à l’étranger, illustrant la panique d’un gouvernement dépassé par la décentralisation du réseau mondial.
Pour légitimer cette dérive autoritaire, les instances officielles invoquent un prétendu caractère sacré de la figure du chef, exigeant une soumission totale de la population face aux détenteurs du pouvoir. Le discours moralisateur du HCC tente d’imposer une vision féodale de la citoyenneté, où la jeunesse connectée devrait limiter ses activités en ligne aux seules recherches académiques ou professionnelles validées par l’administration. Cette sacralisation forcée du président Faustin-Archange Touadéra vise à interdire l’humour politique et la caricature, des pratiques pourtant courantes dans les espaces démocratiques mondiaux. Les institutions républicaines se transforment ainsi en gardiennes d’un culte de la personnalité obsolète, au détriment des droits fondamentaux des usagers des technologies de l’information.
L’arsenal législatif lié à la cybercriminalité sert désormais de base légale pour mener des vagues d’intimidation contre les créateurs de contenus numériques. Le pouvoir judiciaire traque les moindres publications satiriques pour y déceler des infractions imaginaires contre la sûreté de l’État ou des appels à la violence. Les citoyens se retrouvent contraints à l’autocensure sous la menace d’arrestations arbitraires ou de fermetures forcées de leurs profils numériques. Cette guerre ouverte contre l’intelligence artificielle dévoile l’incapacité du régime à cohabiter avec la modernité et le flux permanent d’informations caractérisant l’ère des réseaux sociaux.
Par Anselme Mbata
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Centrafrique : les bras cassés de la septième république veulent forcer Anicet Georges Dologuélé à s’humilier pour un simple passeport
Centrafrique : les bras cassés de la septième république veulent forcer Anicet Georges Dologuélé à s’humilier pour un simple passeport”

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Une idée fixe pédale dans l’esprit du régime dictatorial en place : voir Anicet Georges Dologuélé venir demander pardon genou à terre. L’affaire du passeport de l’ancien Premier ministre ne relève plus du droit, mais d’un désir profond de domination. Pour les services de l’empereur, un document administratif n’est pas un droit dû à ce citoyen, mais une récompense qu’il doit aller chercher en faisant preuve d’une “humilité” qui ressemble fort à une soumission totale.
On assiste à une mise en scène où l’on exige d’Anicet Georges Dologuélé une lettre de demande de réintégration, alors même que la justice a déjà dit que l’homme est centrafricain. Le camp du dictateur ne cherche pas la légalité, il cherche le plaisir de voir son principal adversaire rédiger une page de supplications. Le tampon officiel est devenu l’objet d’un chantage politique personnel. On fait croire que la loi de 1961 bloque tout, mais la vérité est ailleurs : on veut que le leader de l’URCA reconnaisse une prétendue faute par écrit avant de lui rendre son passeport.
Les conseillers de l’empereur s’amusent à donner des leçons de procédure tout en ignorant les dossiers que Dologuélé a déjà déposés. C’est une gestion du pays où la réalité n’existe que si elle flatte les chefs. On demande à un élu du peuple, arrivé deuxième à la présidentielle, de prouver qu’il appartient à sa propre terre, comme si son élection et son siège à l’Assemblée n’étaient que des détails sans importance. Cette volonté de voir Anicet Georges Dologuélé ramper pour un simple cachet montre la petitesse d’une gestion qui préfère l’ego à l’intérêt national.
En fin de compte, ce blocage administratif est le reflet d’une vision où tout doit passer par le bon vouloir du chef. Le passeport n’est qu’un outil pour tester la résistance morale de l’homme qui dérange. En transformant un guichet de ministère en une épreuve de loyauté envers le dictateur, le régime prouve qu’il ne sait plus faire la différence entre servir le public et exiger l’allégeance. Le rêve de voir Anicet Georges Dologuélé s’incliner pour un voyage en dit long sur la fragilité d’un pouvoir qui a besoin de ces petits jeux pour se sentir fort.
Par Alain Nzilo
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Alexandre Stojanov de la banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur la situation économique de la Centrafrique
Alexandre Stojanov de la banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur la situation économique de la Centrafrique
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Alexandre Stojanov, économiste de la Banque Mondiale, tire la sonnette d’alarme et insiste sur la priorité absolue de mobiliser 12% de recettes intérieures sur le PIB pour éviter un déficit structurel
En effet, la viabilité financière d’un pays normal exige des réformes urgentes de ses structures internes afin de garantir l’autonomie et le financement durable des services publics nationaux.
C’est dans ce cadre que la banque mondiale, qui a constaté d’énormes problèmes économiques et financier du pays, a demandé au gouvernement centrafricain dans son rapport annuel un effort accru dans la collecte des taxes forestières, minières et pétrolières pour renflouer les caisses publiques de l’État.
Pour cette institution financière mondiale, ces ressources, une fois captées de manière transparente, offrent au gouvernement centrafricain les moyens réels de mener à bien ses projets de développement sans dépendre des aides extérieures.
Ainsi, la banque mondiale persiste et affirme que pour atteindre cet équilibre, l’administration centrafricaine doit impérativement atteindre le seuil de prélèvement fixé pour éviter un déséquilibre budgétaire qui paralyserait l’ensemble des ministères sectoriels.
Cette trajectoire fiscale nécessite l’intégration de technologies numériques modernes afin de sécuriser les flux de trésorerie et d’optimiser le rendement des différents bureaux de perception.
La réussite de cette modernisation repose alors sur la qualification des agents de l’État, dont la formation pratique doit être rapidement renforcée à l’École nationale d’administration.
Par Alain Nzilo
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Bangui : La mise en scène politico-religieuse du régime Touadéra à l’Église apostolique de Lakouanga
Bangui : La mise en scène politico-religieuse du régime Touadéra à l’Église apostolique de Lakouanga
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dimanche 19 juillet 2026, l’Église apostolique de Lakouanga dans le 2e arrondissement de Bangui a été le théâtre d’une mise en scène politico-religieuse inédite. Sous des dehors de « messe d’action de grâce », la présidence et ses affidés se sont livrés à un exercice de haute voltige pharisienne, marqué par l’effondrement spirituel et hautement symbolique du président du Conseil constitutionnel, Jean-Pierre Waboué.

Une république à genoux devant ses propres peurs
L’initiative est venue, selon nos sources, de la première dame, Tina Touadéra. L’objectif officiel ? Remercier Dieu d’avoir stoppé la progression des rebelles qui, après avoir occupé Amdafok, menaçaient de fondre sur la capitale pour renverser le régime de son époux.
Pour l’occasion, l’appareil d’État a été mobilisé dans sa totalité. Les présidents de toutes les institutions de la République, le Premier ministre Félix Moloua et l’ensemble de son gouvernement ont déserté leurs cultes habituels pour converger vers Lakouanga. Une démonstration de force qui trahit surtout une panique généralisée face à la fragilité d’une « 7e République » qui ne tient plus qu’à un fil, et à des prières opportunistes.
Le cas de conscience d’un haut magistrat face au poids de sa trahison
Si la cérémonie transpirait l’hypocrisie des puissants, le moment fort est venu de celui que l’on n’attendait pas dans une telle posture de vulnérabilité : Jean-Pierre Waboué. Le président du Conseil constitutionnel, par ailleurs pasteur à l’Église apostolique de Gobongo, a brisé la rigidité du protocole officiel par un geste qui en dit long sur les tourments qui agitent le sommet de l’État.

Alors que le pasteur de la paroisse demandait à l’assemblée de se lever pour la bénédiction, Jean-Pierre Waboué s’est littéralement effondré à genoux, prostré au sol. Si sa bouche n’a pas formulé de confession publique explicite au micro, cette crise de dévotion aiguë et ce besoin soudain de demander, à genoux, pardon à Dieu s’apparentent, selon plusieurs observateurs Centrafricains, au poids écrasant d’un remords face à l’Histoire. Vêtu de son titre de garant des lois, son attitude trahit le malaise d’un homme qui réalise l’immensité des actes posés pour maintenir son parent Faustin-Archange Touadéra au pouvoir.
Pour ces observateurs de la vie politique centrafricaine, ce besoin de rédemption divine renvoie directement à son parcours. Jean-Pierre Waboué est, avant tout, l’homme qui a choisi la trahison institutionnelle. Alors qu’il était vice-président de la Cour constitutionnelle sous la direction de Madame Danièle Darlan, il avait participé à la prise de décisions historiques pour préserver l’ordre démocratique. En choisissant par la suite de trahir cette ligne d’intégrité pour orchestrer le virage constitutionnel, valider le coup de force du troisième mandat et cautionner les stratagèmes garantissant la majorité au parti au pouvoir, il est devenu le principal artisan juridique du chaos institutionnel actuel.

Aujourd’hui, ce grand reniement semble le rattraper sur l’autel de son église. Sa détresse muette résonne comme le contrecoup d’un régime qui se fissure. Alors que le pouvoir Touadéra se retourne désormais de manière implacable contre ses opposants, à l’instar d’Anicet Georges Dologuélé, ciblé par des mesures arbitraires allant jusqu’à la privation illégale de la nationalité centrafricaine sans aucune base légale, le magistrat-pasteur de son état mesure sans doute, devant Dieu, les conséquences de la machine dictatoriale qu’il a lui-même aidé à bâtir.
Le Dieu de la Bible face à l’implacable réalité des faits
Cette mise en scène pose une question de fond : Dieu peut-il exaucer les prières de ceux qui oppriment leur peuple et tordent le droit ? Si la rédaction de CNC ne peut sonder les secrets divins, les principes spirituels et politiques, eux, sont clairs.
Les prières du clan Touadéra, aussi bruyantes soient-elles, risquent de rester vaines. On ne peut implorer la miséricorde divine tout en cultivant une haine viscérale contre ses anciens alliés et créateurs, à l’instar de l’ancien président François Bozizé qui l’avait fait Recteur de l’université de Bangui puis Premier ministre ou de Martin Ziguélé son faiseur de roi et en s’acharnant sur ceux qui ont un temps cautionné ses forfaitures comme Anicet Georges Dologuélé.
De même, la politique de division systématique entre les Centrafricains et aussi entre les musulmans du pays, notamment au sein de la communauté islamique centrafricaine où il impose des figures tchadiennes pour capter les milliards des donateurs, témoigne d’un cynisme que l’appareil religieux ne saurait blanchir.
Les images de Jean-Pierre Waboué, prosterné au sol, resteront le symbole d’un régime conscient de ses dérives, qui cherche à négocier avec le ciel ce qu’il a volé au peuple centrafricain par la force et la ruse. Mais l’Histoire, tout comme la justice divine, est souvent inflexible face à l’imposture des traîtres.
Par Gisèle MOLOMA
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Bienvenu Zokoué : le roi du népotisme se transforme en donneur de leçons
Bienvenu Zokoué : le roi du népotisme se transforme en donneur de leçons
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La récente mise en garde publiée par Bienvenu Zokoué confirme l’incroyable hypocrisie de l’ex-directeur général de la police nationale habitué à distribuer lui-même les passe-droits à ses proches.
L’actuel patron du ministère de l’Intérieur, installé durant plus de cinq ans à la tête de la police nationale, feint aujourd’hui de découvrir les ficelles du clientélisme. Son parcours entier s’est pourtant consolidé grâce aux faveurs de ce même réseau qu’il prétend désormais corriger avec véhémence.
Sette récente directive qu’il a publié interdit formellement toute intervention extérieure dans les recrutements de la gendarmerie et de la police. Bienvenu Zokoué s’arroge ainsi le droit de sermonner les forces armées nationales, outrepassant allègrement le strict périmètre de ses attributions ministérielles.
Une telle audace feint d’ignorer que l’armée centrafricaine demeure sous la coupe des paramilitaires de la société Wagner, qui dictent les manœuvres opérationnelles. Les flux de numéraires exigés par ces instructeurs étrangers supplantent régulièrement les décisions logistiques normales de l’appareil étatique.
Parallèlement, l’état-major de la gendarmerie, sous la direction de Zéphirin Mamadou, gère les forces de défense comme une exploitation agricole privée. Ce haut commandement et sa clique distribuent les soldes selon leur bon vouloir, privilégiant l’intérêt clanique au détriment de l’institution républicaine.
Pendant sa longue régence policière, Bienvenu Zokoué a lui-même usé de passe-droits pour insérer ses cousins, ses proches et sa progéniture. Les promotions arbitraires et le favoritisme familial constituaient sa méthode ordinaire de gestion de la sécurité publique.
Arrivé au sommet de l’édifice étatique, cet officier de police s’imagine transformé en une divinité administrative capable d’effacer son propre passé. Sa stratégie consiste simplement à verrouiller l’accès aux privilèges afin d’empêcher les autres d’employer les méthodes exactes qui ont bâti sa fortune.
Par Anselme Mbata
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Centrafrique : Jean-Pierre Mara, ancien député, ingénieur télécom, s’interroge sur le silence des spécialistes et experts nationaux face aux grands enjeux du pays
Centrafrique : Jean-Pierre Mara, ancien député, ingénieur télécom, s’interroge sur le silence des spécialistes et experts nationaux face aux grands enjeux du pays
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’ancien député Jean-Pierre Mara, ingénieur en réseau télécom et informatique, s’interroge sur l’absence de prise de parole publique des spécialistes centrafricains.
Dans une réflexion consacrée à la « question centrafricaine », il estime que de nombreux experts disposent des compétences nécessaires pour éclairer le débat national, mais choisissent de ne pas intervenir.
Pour Jean-Pierre Mara, la République centrafricaine compte pourtant, depuis les indépendances, de nombreux cadres ayant occupé des fonctions techniques, administratives ou stratégiques. Plusieurs d’entre eux ont participé à des prises de décision importantes au sein des institutions de l’État ou dans leurs domaines d’expertise.
Malgré cette expérience accumulée au fil des décennies, Jean-Pierre Mara constate que ces spécialistes restent très discrets lorsque le pays traverse des crises économiques, sécuritaires ou institutionnelles. Il pose alors une série de questions : « En Centrafrique, n’y a-t-il ni spécialiste, ni expert ? » et « Pourquoi aucun d’eux ne se prononce ? ».Selon Jean-Pierre Mara, l’explication avancée le plus souvent repose sur le devoir de réserve. L’ancien député rappelle toutefois que cette notion possède une définition juridique bien précise. Il explique que le devoir de réserve constitue une obligation imposée aux agents publics de faire preuve de retenue dans l’expression de leurs opinions personnelles, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. À ses yeux, cette obligation porte davantage sur la manière d’exprimer une opinion que sur son contenu.
Dans son analyse, Jean-Pierre Mara rappelle également ce qu’il entend par spécialiste. Il décrit un spécialiste comme une personne possédant des connaissances approfondies dans un domaine déterminé ou dans une activité professionnelle précise. À partir de cette définition, il s’interroge sur le silence des économistes, des analystes des finances publiques ainsi que des spécialistes des questions militaires en République centrafricaine.
Pour Jean-Pierre Mara, ces compétences pourraient contribuer à enrichir le débat public, à expliquer les décisions prises par les autorités ou encore à proposer des analyses indépendantes sur les grands dossiers nationaux. Il regrette que ces voix restent rarement entendues dans l’espace public.
Afin d’appuyer son raisonnement, Jean-Pierre Mara établit une comparaison avec d’autres pays. Il observe que, lors de conflits internationaux comme ceux opposant les États-Unis à l’Iran ou la Russie à l’Ukraine, des généraux en activité ou admis à la retraite interviennent régulièrement dans les médias pour apporter leur expertise et analyser les opérations militaires.
À partir de cet exemple, Jean-Pierre Mara s’interroge sur l’interprétation du devoir de réserve en République centrafricaine. « Donc eux-là n’ont aucun devoir de réserve ? », demande-t-il, estimant que cette notion ne devrait pas empêcher les spécialistes d’apporter un éclairage technique sur les sujets d’intérêt national lorsqu’ils s’expriment dans le respect de leurs obligations professionnelles.
Contactée par la rédaction de CNC, Jean-Pierre Mara confirme que son interrogation porte sur la faible participation des spécialistes centrafricains au débat public et réaffirme que le pays dispose de compétences capables d’apporter des analyses utiles sur les principales questions nationales.
Par Alain Nzilo
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Bouar : La multiplication des braquages et des agressions plonge la ville dans l’inquiétude
Bouar : La multiplication des braquages et des agressions plonge la ville dans l’inquiétude
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le chef-lieu de la Nana Mambéré subit une hausse importante de la violence. Les citoyens, victimes quotidiennes de braquages nocturnes répétés, craignent désormais pour leur sécurité et celle de leurs proches.
La ville de Bouar, située à environ 453 kilomètres de la capitale Bangui, sur le corridor Bangui-Beloko, subit des actes de braquage et de violence qui se répètent presque tous les jours. La nuit, lorsque les habitants rentrent à la maison ou se déplacent en ville, ils se font bloquer par des hommes armés.
Tous les témoins et les citoyens victimes de ces actes de violence pointent directement les mercenaires russes du groupe Wagner. Ces agressions se déroulent toujours de la même manière. Les mercenaires russes du groupe Wagner barrent la route aux habitants, les fouillent de force et récupèrent tout ce qu’ils ont sur eux. Les portefeuilles, l’argent liquide et les téléphones portables sont volés. Ces actes de braquage répétés créent une véritable panique chez la population de Bouar.
Pour essayer de stopper ces agressions quotidiennes, les casques bleus de la MINUSCA et les soldats des Forces armées centrafricaines ont décidé d’unir leurs forces. Ils effectuent désormais des patrouilles communes plus fréquentes dans les quartiers de la ville. L’objectif principal de cette démarche n’est pas de combattre directement les mercenaires russes du groupe Wagner par les armes. L’idée est plutôt de faire de la prévention et de dissuader ces hommes. En effet, les autorités estiment que si les patrouilles de la MINUSCA et des soldats centrafricains arrivent au moment d’un braquage, les mercenaires russes du groupe Wagner éprouveront de la honte et s’arrêteront. Ces hommes ne peuvent pas être arrêtés ou mis en prison, car ils sont directement rattachés à la présidence de la République. C’est donc uniquement sur la dissuasion et sur l’effet de honte que repose toute la stratégie des patrouilles.
Cette méthode commence à donner des résultats visibles. Depuis le début de la semaine, la population de Bouar constate que le nombre de braquages nocturnes commence à diminuer. Auparavant, pour sauver leurs affaires, les habitants devaient cacher leurs téléphones portables dans leurs slips ou ranger leurs portefeuilles dans leurs chaussettes avant de sortir la nuit. Aujourd’hui, même si certains citoyens rencontrent encore des difficultés, les rencontres avec les mercenaires russes du groupe Wagner se font moins fréquentes. Les patrouilles multipliées par les casques bleus et les militaires centrafricains ces derniers jours semblent compliquer la tâche des agresseurs.
Les militaires et les casques bleus continuent de sillonner les rues sombres de la ville chaque nuit.
Par Martial Passi
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Centrafrique : le HCR relance le rapatriement des réfugiés malgré les inquiétudes sur les conditions de retour
Centrafrique : le HCR relance le rapatriement des réfugiés malgré les inquiétudes sur les conditions de retour
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le Cameroun, la République centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont signé le 15 juillet à Yaoundé un document opérationnel destiné à encadrer la reprise du rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant au Cameroun.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’accord tripartite signé en 2019 entre les trois parties.
Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’annonce du HCR sur X, il ne s’agit pas d’un nouvel accord de rapatriement. L’accord de référence demeure celui signé le 29 juin 2019. La rencontre de Yaoundé visait plutôt à adopter de nouvelles modalités pratiques pour relancer un processus qui avait été suspendu à la fin de l’année 2025.
En effet, depuis la crise centrafricaine déclenchée en 2013, des centaines de milliers de Centrafricains ont trouvé refuge dans les pays voisins, notamment au Cameroun. Une partie d’entre eux y vit depuis plus d’une décennie. Certains enfants y sont nés, ont grandi dans les camps ou dans les communautés d’accueil et n’ont parfois qu’une connaissance limitée de leur pays d’origine.
Il est important de rappeler que le rapatriement volontaire a commencé il y a plusieurs années sous la supervision du HCR. Des milliers de réfugiés ont déjà regagné la République centrafricaine. Les résultats de cette politique ont néanmoins suscité de nombreuses critiques parmi les réfugiés et les organisations humanitaires.
Plusieurs personnes retournées ont signalé des difficultés d’accès au logement, à la terre, à l’emploi, aux soins de santé et à l’éducation. Dans certaines régions, l’insécurité demeure une préoccupation majeure. Les affrontements entre groupes armés, les activités de bandits armés et les tensions communautaires continuent d’affecter plusieurs zones du pays.
Ces réalités alimentent la méfiance d’une partie des réfugiés installés au Cameroun. Beaucoup suivent les témoignages de proches déjà rentrés en Centrafrique et hésitent à entreprendre le même voyage. Certains estiment que les conditions nécessaires à un retour durable ne sont pas encore réunies.
La relance du processus intervient également dans un contexte caractérisé par les difficultés financières du secteur humanitaire. Les agences des Nations unies et de nombreuses ONG ont vu leurs ressources diminuer au cours des derniers mois. La réduction de plusieurs financements internationaux, notamment américains, a eu des répercussions sur les programmes d’assistance destinés aux réfugiés dans plusieurs pays.
Dans les camps et les zones d’accueil, cette baisse des ressources se traduit par une réduction de certaines aides alimentaires, sanitaires et éducatives. De nombreuses familles réfugiées se retrouvent confrontées à une détérioration progressive de leurs conditions de vie.
Dans ce contexte, certains observateurs estiment que le caractère volontaire du retour mérite d’être examiné avec prudence. Lorsque l’aide diminue fortement et que les perspectives d’avenir se réduisent dans les pays d’accueil, des réfugiés peuvent considérer le retour comme leur seule option réaliste, même si les conditions dans leur pays d’origine restent difficiles.
Pour de nombreux réfugiés centrafricains installés au Cameroun depuis plus de dix ans, le choix est complexe. D’un côté, l’assistance humanitaire se réduit progressivement. De l’autre, les informations provenant de Centrafrique décrivent un environnement économique fragile, un accès limité aux services de base et une situation sécuritaire encore instable dans plusieurs régions.
Le document adopté à Yaoundé doit désormais préciser les mécanismes de coordination entre les autorités camerounaises, centrafricaines et le HCR afin d’organiser les prochains convois de retour. Les autorités et l’agence onusienne affirment vouloir garantir des retours volontaires, sûrs et dignes.
La réussite de cette nouvelle phase dépendra en grande partie de la capacité des autorités centrafricaines et de leurs partenaires à offrir aux personnes rapatriées des conditions de réinsertion durables. Pour de nombreux réfugiés encore installés au Cameroun, la question ne se limite plus au retour vers leur pays d’origine, mais aux possibilités réelles d’y reconstruire une vie stable après plus d’une décennie d’exil.
Par Alain Nzilo
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Power Sécurité hors-la-loi ? Enquête sur des pratiques contraires aux normes de l’OIT
Power Sécurité hors-la-loi ? Enquête sur des pratiques contraires aux normes de l’OIT
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Les alertes se multiplient autour des méthodes de gestion de la société de gardiennage Power Sécurité. La rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC) a mené une série de recoupements d’informations exclusifs qui prouvent un système d’austérité budgétaire opaque, des coupes salariales injustifiées et des entorses manifestes au droit du travail ainsi qu’aux normes fondamentales de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Sous la direction de l’équipe actuelle composée du Directeur Gérant David Moisan, de son adjoint le Pasteur Osé Balezou, de la DAF Mme Abigael Wilibiro et du Directeur des Opérations Arnaud Aimontche —, l’entreprise fait aujourd’hui l’objet de lourdes suspicions quant à la légalité de ses pratiques financières et managériales.
Le scandale des congés payés : la double peine de l’IRPP
Les recoupements techniques effectués par la rédaction du CNC mettent en lumière une anomalie financière majeure concernant le versement des indemnités de congé annuel. Depuis plusieurs mois, une coupe systématique de 8 % est opérée sur les montants versés aux salariés au moment de leur départ en repos.
Interrogée à ce sujet, la délégation du personnel s’est vu opposer une justification administrative : ce prélèvement correspondrait à l’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP). Cependant, les investigations de notre rédaction révèlent une réalité bien plus sombre. Cet impôt est déjà prélevé à la source, chaque mois, directement sur les bulletins de salaire réglementaires.
Les vérifications croisées de la rédaction indiquent que la direction de Power Sécurité aurait collecté ces taxes mensuelles sans les reverser aux services des Impôts et Domaines de l’État. Face au harcèlement légitime et aux pressions croissantes de l’administration fiscale réclamant ses dus, les dirigeants de la société de gardiennage auraient trouvé une solution cynique : prélever une seconde fois les salariés lors de leurs congés pour combler le trou de trésorerie et régulariser leur situation auprès de l’État. Une manœuvre de double prélèvement qui s’apparente, selon les analyses juridiques sectorielles, à une spoliation pure et simple des droits acquis.
Une gestion arbitraire du temps de travail et des calendriers
Au-delà des retenues financières directes, l’enquête de la rédaction du CNC démontre une violation caractérisée des rythmes légaux de repos. Le code du travail prévoit l’accumulation de deux jours de repos mensuels, totalisant les 24 jours de congé annuel. Or, la direction de Power Sécurité repousse unilatéralement et régulièrement les départs en congé, parfois de un à trois mois, sans jamais intégrer les jours de compensation supplémentaires ainsi perdus par le décalage, et sans verser la solde appropriée.
À cela s’ajoute le non-paiement systématique des heures supplémentaires. Bien que soumis à des gardes de 12 heures consécutives, le personnel subit fréquemment des dépassements d’horaires imposés en cas d’absence sur les sites. Ces heures passées au-delà du service obligatoire ne font l’objet d’aucune rémunération complémentaire, en contradiction flagrante avec la législation nationale et les conventions de l’OIT sur le temps de travail.
Suppression des acquis : la fin des véhicules et des acomptes
Les recoupements de la rédaction confirment également une stratégie d’effacement progressif des avantages historiques de l’entreprise, autrefois en vigueur sous la direction de l’ex-colonel Patrick Marconnet.
La flotte de véhicules autrefois destinée à dispatcher rapidement les agents sur les sites a été purement et simplement supprimée par la direction actuelle. Remplacée par une simple prime de transport, cette mesure pousse les agents à faire les trajets à pied pour économiser, entraînant des retards massifs sur le terrain et pénalisant lourdement les équipes sortantes, contraintes d’attendre leur relève bien au-delà de leurs heures normales. Pendant ce temps, l’usage des véhicules restants est exclusivement réservé aux besoins discrétionnaires de l’administration.
Enfin, la direction a profité des bouleversements de la crise sanitaire du Covid-19 pour suspendre temporairement le versement des acomptes (« les avances »), sous prétexte de tensions passagères de trésorerie. Une fois la crise passée, et malgré l’opposition initiale des cadres de l’époque, la suppression est devenue définitive.
Face à ce faisceau d’indices concordants double prélèvement fiscal, heures supplémentaires gratuites et disparition des acquis —, la rédaction du CNC continuera de suivre de près ce dossier qui illustre un glissement inquiétant vers l’illégalité managériale.
Par Alain Nzilo
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Abakar Sabone accuse Touadera et son clan au pouvoir d’avoir transformé la RCA en un clan mafieux et criminel
Abakar Sabone accuse Touadera et son clan au pouvoir d’avoir transformé la RCA en un clan mafieux et criminel
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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis N’Djamena, l’ancien ministre Abakar Sabone a livré une déclaration en direct sur Facebook consacrée à la situation politique et institutionnelle de la République centrafricaine. Dans son live sur Facebook, il affirme que le pays est aujourd’hui confisqué par un groupe restreint des mafieux et criminels qui se comporte comme s’il en était le propriétaire exclusif.
Selon Abakar Sabone, « certaines personnes sont arrivées et ont pris la République centrafricaine comme leur propre champ personnel, comme leur patrimoine ». Il soutient que ce groupe des mafieux gouverne comme si le pays lui appartenait, au détriment des autres citoyens, privés selon lui du droit même de regarder leur propre pays. « Les autres citoyens n’ont même plus le droit de regarder leur pays », déclare-t-il.
L’ancien ministre affirme que cette appropriation du pouvoir s’accompagne de pratiques de vol et de détournement. Il parle d’un système fondé sur « le vol, le détournement », exercé par des dirigeants qui, selon ses mots, « se considèrent comme les plus forts » et affirment pouvoir « faire tout ce qu’ils veulent ». Abakar Sabone décrit un pouvoir convaincu d’être au-dessus de toute règle, agissant sans limite ni retenue.
Dans sa déclaration, il va plus loin en accusant Touadera et son clan au pouvoir de se comporter comme s’ils existaient avant même la création de l’État centrafricain. « C’est comme s’ils étaient nés avant la création de la RCA, comme s’ils étaient nés avant tous les Centrafricains », affirme-t-il, pour expliquer ce qu’il considère comme une négation du principe d’égalité entre citoyens.
Abakar Sabone insiste sur le fait que cette domination ne repose pas uniquement sur le contrôle des institutions, mais aussi sur l’intimidation. Il explique que la peur est utilisée comme instrument de gouvernement, à travers la menace de la prison, de la mort et des représailles. « On veut te faire peur avec la prison, avec la mort », dit-il, avant d’ajouter que cette logique ne devrait plus fonctionner. « Quand tu es un homme, tu n’as plus peur de la prison, tu n’as plus peur de la mort ».
Il affirme que tous les Centrafricains ne sont pas prêts à se soumettre. « Ce pays n’est pas composé que de marionnettes, que de moutons, que d’opportunistes qu’on peut acheter », soutient-il. Selon lui, une partie de la population refuse désormais d’être traitée comme une masse manipulable, sans voix ni droit.
Abakar Sabone s’en prend également à ce qu’il décrit comme l’arrogance du pouvoir en place. Il accuse les dirigeants de Bangui de se comporter comme s’ils étaient intouchables. « Ils disent qu’ils sont forts, qu’ils peuvent tout faire », affirme-t-il, avant de dénoncer un système qu’il qualifie de mafieux. Il parle de « clans de voleurs », de « bandes criminelles » et de dirigeants qu’il accuse d’agir avec la complicité de mercenaires étrangers.
Pour l’ancien ministre, cette confiscation de l’État s’explique aussi par l’affaiblissement des contre-pouvoirs. Il déclare que la justice ne joue plus son rôle. « Il n’y a pas de justice dans ce pays. La justice est corrompue jusqu’à la moelle », affirme-t-il, estimant que les citoyens n’ont plus aucun recours face aux abus du pouvoir.
Abakar Sabone rejette l’idée selon laquelle ce système serait inévitable. Il rappelle que la République centrafricaine n’appartient pas à un groupe, ni à une famille, ni à un clan. « Il n’y a pas un Centrafricain supérieur à un autre. Il n’y a pas un Centrafricain inférieur », insiste-t-il. Pour lui, chaque citoyen a les mêmes droits et les mêmes devoirs vis-à-vis de l’État.
Il affirme également que la fonction présidentielle n’est pas réservée à un cercle fermé. « Moi aussi, je peux devenir président. Joseph Mayté aussi, pasteur Mbakassi également. Sylviane Dokossi aussi, Parfaite Champagne également. Un autre Centrafricain peut devenir président. Si Dieu le veut », déclare-t-il, pour souligner que la légitimité politique ne devrait pas être confisquée par ceux qui se maintiennent au pouvoir par la force et la peur.
Dans son intervention, Abakar Sabone appelle les citoyens à réfléchir à leur rôle. Il invite chacun à se demander « ce qu’il doit faire pour son pays » et « pour l’intérêt du peuple centrafricain ». Selon lui, accepter la confiscation de l’État revient à renoncer à sa responsabilité de citoyen.
Il met enfin en garde contre la résignation. Pour lui, le maintien d’un pouvoir qui traite la République comme une propriété privée est aussi le résultat du silence et de la soumission. « Ce pays n’est pas dans cet état par hasard », affirme-t-il, appelant les Centrafricains à ne plus accepter que leur État soit géré comme un bien personnel.
Tout au long de sa déclaration, Abakar Sabone présente la situation actuelle comme une rupture profonde avec les principes républicains. À ses yeux, la République centrafricaine est aujourd’hui dirigée par un groupe qui s’est arrogé tous les droits, en excluant le peuple de la gestion de son propre pays.
Par Alain Nzilo
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Centrafrique : pourquoi la Banque mondiale fustige le manque criant de transparence dans la passassions des marchés publics
Centrafrique : pourquoi la Banque mondiale fustige le manque criant de transparence dans la passassions des marchés publics
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La Banque mondiale, dans son analyse structurelle publiée en 2025, fustige le manque criant de transparence caractérisant la commande publique centrafricaine.
L’institution financière expose des mécanismes d’attribution opaques qui favorisent le gaspillage des ressources et l’enrichissement d’entités privées privilégiées.
Cette absence de clarté administrative découle directement de l’application continue d’un cadre juridique totalement obsolète et dépassé.
Les textes réglementaires n’offrent plus les garanties nécessaires pour préserver les intérêts de la collectivité nationale face aux sollicitations privées.
Les données officielles révèlent qu’une part écrasante des contrats publics s’exécute désormais en dehors de toute concurrence régulière.
Le recours aux ententes directes est devenu une habitude commode pour contourner les règles de vérification de la trésorerie.
Cette dispense de mise en concurrence empêche d’obtenir les meilleurs tarifs pour la construction des infrastructures de base.
Les auditeurs internationaux soulignent que cette opacité place le pays au rang des nations les moins vertueuses en matière budgétaire.
L’absence de publication des rapports d’audit interdit aux citoyens de scruter la destination réelle des fonds publics engagés.
Les réformes informatiques destinées à rendre les procédures traçables se heurtent à de fortes résistances au sein des ministères.
La numérisation des contrats reste embryonnaire, maintenant les circuits de décision dans l’ombre des bureaux et des arrangements.
Cette mauvaise gestion décourage les bailleurs de fonds, frileux à l’idée d’injecter des capitaux dans un circuit non sécurisé.
L’organisation exhorte le pouvoir central à moderniser sa législation pour imposer des sanctions réelles aux agents indélicats.
L’adoption de plateformes électroniques ouvertes constitue le seul remède pour restaurer la confiance des partenaires financiers extérieurs.
Par Alain Nzilo
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Reportage : bienvenue à « Colombie », un des quartiers les plus turbulents de Bangui, où règnent le désordre et le chaos
Reportage : bienvenue à « Colombie », un des quartiers les plus turbulents de Bangui, où règnent le désordre et le chaos
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Si vous pensez avoir tout vu à Bangui en matière d’exotisme urbain, c’est que vous n’avez jamais osé vous aventurer derrière la prestigieuse École Nationale d’Administration et de la Magistrature (ENAM). Là, au cœur de Sica 1, se cache une extension du quartier Saïdou que les locaux, dotés d’un sens de l’humour à toute épreuve, ont baptisée « Colombie ».
Un journaliste de notre rédaction a décidé de s’y infiltrer pour comprendre comment on vit dans ce haut lieu du démaquisage urbain, situé à un jet de pierre du centre-ville. Récit d’une immersion là où la réalité dépasse la fiction.
Trois décennies de sédimentation fécale et d’architecture spontanée
À Colombie-Saïdou, oubliez les plans d’urbanisme. Dans ce quartier enclavé en plein centre-ville de Bangui, le problème ne date pas d’hier. Voilà plus de cinquante ans que chaque famille vend, achète des parcelles, construit à sa manière et creuse ses propres latrines, ces toilettes de fortune que les habitants appellent simplement les « cabinets ».
Une fois les fosses pleines, et faute de routes praticables ainsi que de camions de vidange municipaux depuis plus de vingt ans, le calcul est simple : on creuse une autre fosse juste à côté. Après plusieurs décennies de ce système, le sous-sol est totalement saturé et l’espace a fini par disparaître.
C’est précisément ce manque de place, combiné à l’explosion démographique familiale, qui a donné naissance à ce chef-d’œuvre de construction anarchique. Ici, chaque enfant devenu majeur bâtit sa piaule là où il reste encore un demi-mètre carré disponible. Résultat : les maisons s’entassent, s’imbriquent et s’étouffent les unes les autres.
Les « rues » ? Le mot relève presque de la fiction. Les habitants improvisent des passages étroits qui serpentent au ras des murs, obligeant les passants à frôler les fenêtres des habitations. La vie privée y devient quasiment inexistante.
Et dans ce décor de promiscuité extrême, même les murs semblent avoir des oreilles.

Vie privée zéro : Quand les murs murmurent, les Colombiens écoutent
Cette promiscuité spatiale a évidemment un impact direct sur l’intimité des couples. À Colombie, les secrets d’alcôve n’existent pas. Les gémissements nocturnes des couples en action traversent sans effort les cloisons de fortune pour finir dans la rue… et parfois jusque chez les voisins.
Deux jeunes « Colombiens » du quartier ont d’ailleurs confié en rigolant à notre reporter que lorsque les bruits de deux chambres voisines se croisent dans la nuit, ils commentent la scène en disant qu’il y a « échange de tirs nourris entre voisins ».
Mais la scène la plus spectaculaire racontée par ces jeunes reste le fameux calcul de trajectoire et de vitesse linéaire des excréments au moment d’utiliser les toilettes.
L’art du « calcul linéaire » face au ngouzou
C’est dans ce contexte de saturation des sols que le génie humain s’est adapté. En saison des pluies, la nappe phréatique remonte et fait déborder le contenu des fosses. Pour utiliser les rares toilettes encore fonctionnelles, les habitants ont développé une compétence digne de la NASA, racontent nos deux jeunes Colombiens : le calcul de trajectoire et de vitesse linéaire.
Le protocole est strict : il faut calculer la vitesse de chute de l’excrément depuis l’anus jusqu’au niveau de l’eau dans la fosse, puis relever légèrement les fesses avant l’impact afin d’éviter que l’eau sale et contaminée ne jaillisse en retour sur les fesses, souvent accompagnée des fameux ngouzou si le caca est celui de feuille de manioc souvent lourd.
Épuisés par cette gymnastique aérodynamique, beaucoup d’habitants ont fini par abandonner les toilettes traditionnelles. Désormais, certains se douchent discrètement la nuit et pratiquent la technique du « caca en sachet ». Une fois emballés, les projectiles prennent leur envol nocturne en direction du joli canal pavé construit récemment à travers le quartier. À peine un an après sa réhabilitation, le canal est déjà tapissé de ces souvenirs quotidiens.
Mais les fosses et les sachets ne constituent pas le seul fléau local.

L’entomologie de Saïdou : Le bastion mondial du moustique
Colombie est aussi devenu le premier hub de production de moustiques de Bangui, approvisionnant généreusement Lakouanga, les autres Sica et le centre-ville.
Notre enquête a même permis d’établir une classification scientifique très précise de ces insectes, que les jeunes Colombiens surnomment « les commandos de 16h » et « les tueuses de 18h ».
Le moustique de 16h : une unité d’élite, grosse, noire et percutante. Quand elle pique, elle laisse une marque vive qui offre au moins le plaisir de se gratter avec énergie. Dès que l’envie de se gratter commence, c’est le signal que le moustique tire à fond et s’apprête à faire son plein de sang. Il faut alors être extrêmement réactif pour l’abattre ; sinon, il esquive avec une agilité impressionnante avant de s’envoler.
Le moustique de 18h : plus petit mais beaucoup plus stratégique. Cette variété attend la chaleur du soir pour sortir en masse. Elle déteste le froid, car les habitants ont alors la mauvaise idée de porter des pantalons et de se couvrir, ce qui perturbe son activité économique. C’est elle, la véritable distributrice en chef du paludisme.
Pour survivre à cette invasion, les habitants ont développé un réflexe étonnant : dès 18 heures, plusieurs familles installent leurs moustiquaires directement dehors, dans la rue ou sur ce qu’il reste de leur parcelle, afin de respirer un peu sans attraper le palu.
Et malgré ce décor sanitaire catastrophique, le quartier reste paradoxalement très recherché. Pourquoi?
Le paradoxe immobilier : Des taudis de luxe en plein centre-ville
Malgré ce tableau digne d’un film post-apocalyptique, Colombie affiche une anomalie économique surprenante : les maisons à louer y sont rares et extrêmement chères.
Pourquoi un tel engouement pour un quartier sans forces de l’ordre, sans rues, sans latrines où les mbangués dits « dourou-manga » fument à ciel ouvert ?
La réponse tient dans la célèbre règle des trois « L » de l’immobilier : l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement.
Le quartier est situé à moins de deux kilomètres du centre-ville, à moins de 500 mètres du complexe sportif de 20 000 places, juste en face du très prisé quartier Lakouanga, et stratégiquement coincé entre le Sica 1 « civilisé » et Sica 2.
Pour les travailleurs et les débrouillards, les économies de temps et de transport justifient largement de vivre dans la fumée, les moustiques et les calculs de trajectoire fécale. Le quartier est d’ailleurs peuplé en majorité de jeunes Congolais venus de la RDC.
Mais derrière cette ambiance presque folklorique se cache une véritable bombe sanitaire. Et le bilan de la visite?
Colombie : Un potentiel touristique à exproprier
Si vous aimez les ambiances détendues, Colombie-Saïdou offre un spectacle permanent. C’est le repaire d’une jeunesse dynamique qui a décidé de s’affranchir des lois sur les stupéfiants. Le dourou-manga, le chanvre indien, s’y fume à ciel ouvert dans une atmosphère qui ferait presque jalouser certains festivals de reggae.
Pas de voiture, pas de bruit de moteur, puisqu’aucun véhicule ne peut physiquement entrer, seulement le parfum permanent des herbes locales flottant dans l’air.
« Gué so, tout Zo a yon manga », conclut l’un de nos jeunes « Colombiens ». Une expression locale tirée du slogan de Touadera Tout Zo à Té Yé, qui signifie, en substance, qu’ici, tout le monde fume. Autrement dit, dans ce labyrinthe saturé de fumée, aucun nez n’échappe aux effluves permanents des cigarettes et du dourou-manga qui flottent dans l’air du matin jusqu’au cœur de la nuit.
Blague à part, derrière le rire se cache surtout un chef-d’œuvre de détresse urbaine au cœur même de Bangui. Si Colombie offre un condensé spectaculaire de débrouillardise et d’humour face à la misère, la situation sanitaire y constitue une véritable bombe à retardement.
À ce niveau de promiscuité et de risques sanitaires, la seule véritable attraction que les habitants attendent désormais, c’est l’arrivée des bulldozers de l’État pour une opération d’expropriation d’utilité publique.
En attendant, si vous passez dans le coin pour une visite guidée, n’oubliez ni vos bottes, ni votre casque, ni votre anti-moustique… et surtout votre moustiquaire de rechange après 18 heures si vous comptez y passer la nuit.
Bangui tourisme : Bienvenue à « Colombie » du quartier Saïdou, un reportage réalisé par Gisele Moloma.
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Bangui: enlevé par les mercenaires russes à son domicile du KM5, Aba Oumar ne fait plus signe de vie à sa famille
Bangui: enlevé par les mercenaires russes à son domicile du KM5, Aba Oumar ne fait plus signe de vie à sa famille
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Aba Oumar, un homme habitant KM5, a été enlevé par des mercenaires russes dans la nuit de vendredi à samedi, au quartier Fodé, situé au KM5, dans le troisième arrondissement de Bangui.
En effet, aux environs de 3 heures à 4 heures du matin, un groupe de mercenaires russes lourdement armés s’est présenté au quartier Fodé, non loin du petit pont qui traverse cette zone du KM5.
Ils se sont dirigés vers la maison de monsieur Aba Umar. Ils ont défoncé sa porte avant de pénétrer dans la maison sous les yeux des habitants.
L’homme a été capturé devant tout le monde. Sur place, il a été maltraité et torturé par ses criminels de Poutine et Touadera , qui exigeaient un téléphone, dont on ne connait l’origine.
Les mercenaires ont fouillé longuement les lieux avant de mettre la main sur l’appareil. Une fois le téléphone récupéré, ils ont emmené Aba Umar avec eux pour une destination inconnue.
Depuis, aucune nouvelle de lui n’a été obtenue. Sa famille et ses proches restent sans information sur son sort ou sur le lieu où il pourrait être détenu.
Cette disparition constitue une nouvelle exaction attribuée aux mercenaires russes dans le quartier KM5, un secteur populaire du troisième arrondissement de Bangui bien connu de la population.
Selon des informations recueillies par la rédaction de CNC auprès de voisins et de jeunes du quartier, la victime serait un ancien milicien autodéfense du KM5, et surtout, informateur attitré pour le groupe Wagner, désignant certaines personnes qui auraient ensuite été arrêtées régulièrement. Selon eux, Aba Oumar serait à l’origine de l’arrestation de plusieurs commerçants au KM5.
Une grande partie des habitants interrogés confirme cette accusation. Ces éléments n’ont toutefois pas pu être vérifiés de manière indépendante par la rédaction du CNC.
Aba Umar reste porté disparu depuis son enlèvement au quartier Fodé.
Affaire à suivre….
Par Éric Azoumi
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Centrafrique : Vaste recrutement de 1 000 jeunes à Ndélé par les mercenaires russes du groupe Wagner
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Centrafrique : nouveau meurtre à Bimbo par un soldats FACA
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Un caporal-chef de l’armée nationale tue un civil à Bimbo, la colère monte contre les soldats voyous.
Une dispute arrosée à la Cité de la Paix a tourné au drame. Un trentenaire est mort sous les coups d’un militaire, et la population n’en peut plus de ces hommes en tenue qui se comportent en bandits du grand chemin face aux civils.
En effet, selon des informations relayées par la page Centrafrique Infos en Temps Réel, le drame s’est produit en fin d’après-midi à la « Place ti kangoya », un lieu de vente de vin de palme bien connu du quartier. Junior Malizovo y buvait tranquillement quand une querelle a éclaté avec le caporal-chef Gildas, complètement soûl.
Des témoins présents ont réussi à séparer les deux hommes. Mais le militaire n’en est pas resté là. Il est rentré chez lui, a récupéré son arme de service, puis est revenu se planter au milieu de l’attroupement. Là, sans que rien ne puisse le retenir, il a frappé Junior à coups de crosse en pleine poitrine, un homme désarmé, incapable de se défendre.
Le jeune homme a réussi à rentrer chez lui, mais il n’a pas passé la nuit. Sa famille parle d’une hémorragie interne, conséquence directe des coups reçus. Le caporal-chef Gildas, lui, a pris la fuite aussitôt son forfait accompli. Une plainte a été déposée à la Section de Recherches et d’Investigations.
On se demande jusqu’à quand des hommes censés protéger la population continueront à se comporter en criminels sans que rien ne change. Un soldat qui va chercher son arme pour achever un civil sans défense, ce n’est plus un débordement, c’est un meurtre pur et simple. Et pendant ce temps, l’impunité continue de couvrir ces uniformes qui font régner la peur au lieu de la sécurité.
Par Anselme Mbata
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Centrafrique : suivez le délire du ministre de la justice Arnaud Djoubaye Abazène sur la situation d’Am-Dafock et Zémio
Centrafrique : suivez le délire du ministre de la justice Arnaud Djoubaye Abazène sur la situation d’Am-Dafock et Zémio
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Par : la rédaction de ,
En convoquant d’urgence l’armada des procureurs et juges d’instruction après les violences d’Am-Dafock –Fouk et Zémio, le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, rejoue une pièce de théâtre bien connue des Centrafricains. Promettre que « la réponse du droit va s’abattre » sur des groupes armés hors de portée relève de la pure mise en scène pour consommer du temps d’antenne sur les ondes de Radio Centrafrique.
Le Garde des Sceaux affecte la fermeté en ordonnant l’ouverture immédiate de dossiers pénaux pour terrorisme. Pourtant, cette agitation de prétoire intervient dans un pays où l’institution judiciaire est ouvertement bafouée par l’exécutif lui-même, et où les condamnations à perpétuité ne servent que de monnaie d’échange politique.
Des condamnations fictives et des tapis rouges pour les criminels
Ce recours incantatoire à la justice ne trompe plus personne. Depuis des années, le régime de Faustin-Archange Touadéra empile les condamnations par contumance contre les chefs rebelles sans jamais en exécuter une seule. Des chefs de guerre comme Ali Darassa ou Bi Sidi Souleymane (Abbas Sidiki) ont été condamnés à de lourdes peines par cette même justice, avant d’être reçus en grande pompe, gaillardement, sur un tapis rouge au Palais de la Renaissance pour signer des accords de façade.
Ces criminels de sang ont défilé devant les caméras de Bangui, blanchis par le pouvoir, avant de repartir tranquillement sur le terrain poursuivre leurs exactions. Rappeler le rôle du droit dans ce contexte est une insulte à la mémoire des victimes et démontre le caractère farfelu des déclarations ministérielles.
Le silence complice face aux décapitations commises par Wagner
L’hypocrisie de cette prétendue rigueur de la loi éclate au grand jour lorsque l’on observe la nature des violences commises à Zémio et à l’intérieur du pays. Le ministre de la Justice feint d’attribuer l’insécurité aux seuls mercenaires venus de l’étranger, taisant le fait que les pires exactions actuelles sont documentées et signées par les alliés russes du groupe Wagner.
À Zémio, ce sont les hommes de Wagner qui ont délibérément ouvert le feu sur un soldat des forces armées centrafricaines (FACA), provoquant de violents affrontements, et ce sont eux qui sont pointés du doigt dans l’assassinat de l’abbé catholique de la région. Plus récemment encore, dans la Mambéré-Kadéï, les mercenaires de Wagner ont publiquement affiché sur internet les clichés de plus de dix personnes qu’ils venaient d’égorger, paradant fièrement avec les têtes de leurs victimes sans qu’aucun procureur n’ose ouvrir la bouche.
Une justice forte avec les faibles, couchée devant Wagner
L’appareil judiciaire de la 7e République fonctionne à double vitesse, traitant les Centrafricains comme des idiots amnésiques. Les procureurs se montrent d’une réactivité féroce lorsqu’il s’agit de traquer un citoyen sur Facebook, d’emprisonner un opposant politique ou de censurer une opinion sur WhatsApp au nom de la « désobéissance ».
En revanche, face aux massacres de masse, aux décapitations de civils et au pillage des ressources orchestrés par Wagner, la magistrature centrafricaine s’écrase totalement. Cette complicité passive fait des hauts dignitaires de la justice les complices directs de ces disciples de la mort, prouvant que les lois de Bangui ne servent qu’à protéger les bourreaux du régime et à persécuter la population.
Par Éric Azoumi
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Centrafrique : Quand les bras cassés de la septième république livrent Berberati au chaos des carburants
Centrafrique : Quand les bras cassés de la septième république livrent Berberati au chaos des carburants
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Par : la rédaction de ,
Après la viande et les vivres, les pompes sont à sec. Le gouvernement abandonne la population centrafricaine à la loi de la débrouille face à une pénurie totale de carburant.
À Berberati, deuxième ville de la République Centrafricaine, les stations-service affichent un vide total. Les cuves sont désespérément sèches et l’activité économique officielle se trouve à l’arrêt complet. Face à cette paralysie, les autorités nationales brillent par leur absence de planification et leur immobilisme. Le pouvoir central se terre dans un silence complet, laissant la crise pourrir d’elle-même et se décharger entièrement sur les épaules des citoyens. C’est l’illustration d’une faillite de l’État qui ne prend jamais les devants et refuse d’anticiper les secousses économiques.
Les habitants de la localité se débattent au quotidien pour s’approvisionner, obligés de se tourner vers les vendeurs du secteur informel. Le circuit régulier d’approvisionnement a complètement flanché, étouffé par l’explosion des coûts de transport. Sur le terrain, la réalité des chiffres donne le vertige et montre la vitesse à laquelle la situation échappe à tout contrôle.
Charlene Doumbari, revendeuse locale, témoigne des conditions intenables que subissent les grossistes. Le prix d’achat chez les fournisseurs a bondi, ce qui se répercute directement sur le consommateur final. Le fût de carburant, qui s’échangeait auparavant dans une fourchette allant de 115 000 à 180 000 francs CFA, a subi une hausse vertigineuse pour atteindre aujourd’hui la somme de 290 000 francs CFA. Cette flambée asphyxie les foyers et les petits transporteurs, livrés à une liberté totale des prix où le plus fort impose sa loi.
Pendant que la population trinque, les cadres locaux tentent de lier cette situation à des dynamiques globales pour dédouaner l’inaction publique. Serge Mesméfeigoudezoui, directeur régional de l’hydraulique, explique que la source du problème provient d’une crise géopolitique majeure entre les États-Unis et l’Iran. Selon ses déclarations, ce conflit bloque les tankers qui devaient acheminer le produit pour les compagnies pétrolières et approvisionner le marché mondial. Seize États dépendants de ces cargaisons subissent le contrecoup direct de ce blocage, ce qui expliquerait la rupture actuelle sur les produits pétroliers à Berberati.
Pourtant, cette explication internationale ne masque pas le manque absolu de stocks stratégiques et l’absence totale de mesures de secours de la part des ministères concernés. En Centrafrique, dès qu’une perturbation survient, les prix fluctuent au gré du désordre sans la moindre régulation. Les ministres restent tranquilles dans leurs bureaux à Bangui pendant que le secteur informel devient le seul et unique poumon de la ville. L’approvisionnement de Berberati repose désormais sur des circuits parallèles précaires, instables, et personne au sommet de l’État ne semble vouloir assumer ses responsabilités directes pour redresser la barre.
Par Patrice Ngala
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Centrafrique : Dans quelles mesures les événements tragiques de Boali illustrent-ils la violence communautaire comme mode de gouvernance ? Une analyse détaillée de Bernard SELEMBY DOUDOU
Centrafrique : Dans quelles mesures les événements tragiques de Boali illustrent-ils la violence communautaire comme mode de gouvernance ? Une analyse détaillée de Bernard SELEMBY DOUDOU

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La psychose des événements dramatiques de 2013 qui consacre l'avènement de la nébuleuse "Séléka" comparée aux récents affrontements de Boali rappellent de mauvais et ténébreux souvenirs aux centrafricains.
Au delà du slogan de propagande "plus jamais ça", la gouvernance monarchique du pouvoir de Bangui caractérisée par la caporalisation communautaire et confessionnelle créée et favorise les conditions nécessaires à une nouvelle réalisation de ce épisode sombre de notre histoire.
Il apparaît important de souligner que cette violence communautaire n'est pas exclusivement la résultante de la caporalisation communautaire et confessionnelle mais tend à devenir un mode par excellence de gouvernance car le Président de la République qui est sensé être le père de la nation accorde plus d'importance et collabore étroitement sur le plan politique, socio-économique avec l'organe représentatif de la communauté musulmane que d'autres confessions religieuses.
Le monarque de Bangui détourne ainsi allègrement au profit de ses sales besognes ce conseil islamique de la Centrafrique qui a vocation à remplir les missions primaires qui se résument à la défense des intérêts de la communauté, la promotion de la paix et des valeurs de l'islam etc…
En instrumentalisant et en politisant les identités communautaires ou des appartenances religieuses, en conséquence, il a suffit que d'un fait divers isolé pour qu'une quelconque communauté soit prise pour cible et massacrée.
Cette situation née de la faiblesse de l'État fragmente le monopole de la violence légitime et par voie de conséquence chaque communauté, chaque confession religieuse ou chaque ethnie pense détenir une portion de la violence légitime et cela s'avère extrêmement dangereux pour la cohésion sociale, la concorde et surtout pour le devenir de notre nation qui se proclame laïque.
Embrouillé et perturbé par les tensions inter-communautaires, le citoyen lambda s'interroge :
1- Dans quelles mesures les affrontements de Boali illustrent-ils les violences communautaires comme mode de gouvernance ?
2- En d'autres termes, comment la violence communautaire s'impose t-elle comme un mode de régulation politique et sociale ?
3- Au regard des événements de 2013, la violence communautaire de Boali a t-elle encore le droit de cité dans notre société ?
4- S'agit-il d'une manipulation mécaniquement organisée par le pouvoir de Bangui ?
5- Le pouvoir de Bangui excite t-il la fibre communautaire ou confessionnelle pour détourner la dynamique collective qui réclame son départ du fauteuil présidentiel ?
En tout état de cause, d'Am-Dafock à Boali et peut être ailleurs dans les jours à venir, les signes avant-coureurs de déclin s'accumulent au point de devenir préoccupants car le pays s'embrase et agonise progressivement et résolument.
La solution idoine à cette crise ne réside que dans une éventuelle transition politique consensuelle sans l'actuel Président de la République.
Ce nouveau contrat social a besoin d'écrire une nouvelle page de l'histoire avec de nouveaux acteurs politiques et avec un nouveau projet de société qui répondra aux aspirations du peuple souverain.
C'est bien évidemment ce qu'a proposé le Rassemblement Unitaire dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement.
En outre, nous adressons un message de réconfort républicain et patriotique à la sous préfète et les autres en captivité voire sacrifiés par le pouvoir de Bangui entre les mains des résistants "Azandés" qui sont eux aussi des centrafricains dont le seul péché est de réclamer sa portion de droit dans la République.
Nous vous rappelons qu'on ne gère pas un peuple sans pour autant lui rendre des comptes et sans lui expliquer comment on entend gère…alors donnez des explications crédibles au peuple non seulement sur le phénomène des Wagners noirs qui n'ont aucun statut juridique dans la hiérarchie du haut commandement militaire qui torturent et massacrent une frange de population civile sans défense mais aussi de s'expliquer sur la non participation du Président de la République qui n'est ni représenté au forum africain de l'eau de N'djamena au Tchad nonobstant une invitation officielle et formelle du pouvoir tchadien sans oublier l'alerte de la banque mondiale sur nos finances publiques qui ne dépendent que de la faveur de la communauté internationale.
Il faut savoir que ce peuple hospitalier et souverain plongé artificiellement dans un profond sommeil onirique finira par se réveiller et se dressera bientôt comme un seul homme contre ce rêve funeste et illégal de troisième mandat.
Cependant les paisibles habitants de Limassa et par extension sur l'échelle de la République vous alertent que le chronomètre de fin de cycle est déclenché et que la fin de fin de règne, de l'effondrement d'un régime construit sur de mensonges, des manipulations, de la pure démagogie est imminente.
Monsieur le président, n'attendez pas que les bruits de botte, la cyrene des morts, la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour se rendre à l'évidence que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est enfin arrivé.
En outre, tout en oubliant le dialogue politique réclamé en vain, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur au risque d'être contraint par la force Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une ultime chance à la nation de se reconstruire non sur des cadavres ou des cendres du passé mais sur de nouvelles bases saines.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ou acharnement, ne dites surtout pas que c'est moi depuis le royaume de Limassa.
Limassa le 18 Juillet 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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OPÉRATION KWA TI KODRO : LE SHOW MÉDIATIQUE DU DICTATEUR-ÉBOUEUR TOUADÉRA FACE AU CHAOS DE BANGUI

le camerounais Jules Njawé. conseiller du dictateur de Bangui, Faustin Archange Touadera
OPÉRATION KWA TI KODRO : LE SHOW MÉDIATIQUE DU DICTATEUR-ÉBOUEUR TOUADÉRA FACE AU CHAOS DE BANGUI
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Par : la rédaction de ,
Le grand théâtre du balai présidentiel, c’est le rendez-vous incontournable du samedi matin, la grand-messe de la communication politique où le ridicule ne tue pas, mais ramasse les feuilles mortes. Le samedi 13 juin 2026, le marché de Miskine, dans le 5e arrondissement de Bangui, s'est transformé en un immense studio de tournage à ciel ouvert. Le premier rôle ? Nul autre que son Excellence, le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadéra, reconverti pour l’occasion en éboueur en chef de la République.
Entouré de son Premier ministre, de ses ministres en sueur, des maires fraîchement élus et d'une fanfare du MCU (Mouvement Cœurs Unis) soufflant à pleins poumons, le dictateur mythomane est venu offrir au peuple ce qu’il sait faire de mieux : du grand spectacle. L’opération « Kwati Kodro », censée incarner le sursaut citoyen et l'engagement écologique, n'est en réalité qu'un écran de fumée grossier destiné à masquer le délabrement structurel d’une capitale laissée à l'abandon.
Miskine sous les projecteurs, Bangui sous les détritus
Pour cette édition, le marché de Miskine et les abords du lycée de Miskine ont été décrétés « centre de gravité » de l’action citoyenne. Pendant quelques heures, sous les objectifs des caméras officielles, on a curé, on a nettoyé, on a ramassé. Le tableau est idyllique : un Président proche de son peuple, mettant la main à la pâte pour assainir la cité.
Mais dès que les caméras se coupent et que le cortège présidentiel s'évapore dans un nuage de poussière et de 4×4 blindés climatisés, la réalité reprend ses droits. Ce show hebdomadaire est une insulte à la logique de gestion urbaine. On ne gère pas la salubrité d'une capitale de plus d'un million d'habitants à coups de balais médiatiques le samedi matin. Pendant que le clan Touadéra s’auto-congratule à Miskine, les autres arrondissements de Bangui croulent sous des montagnes d'immondices, les canaux d’évacuation restent bouchés par le plastique et les odeurs nauséabondes rappellent que les services municipaux sont en faillite technique totale.
La fanfare du MCU ou l'obligation de s'extasier
Le ridicule atteint son paroxysme lorsque le compte rendu officiel énumère les participants. Ce n’est plus une opération d'assainissement, c’est un défilé de dévotion politique. On y note la présence de la fanfare du parti au pouvoir, d'associations aux acronymes mystérieux (TNG, RST, JLT) et de l'amicale des femmes cadres du MCU.
Tout ce beau monde est mobilisé pour applaudir le moindre geste du « prof-éboueur ». La salubrité publique est ici totalement instrumentalisée au profit d'un culte de la personnalité qui ne dit pas son nom. On nettoie les caniveaux comme on ferait allégeance au roi. Si le régime mettait autant d’énergie à financer de véritables infrastructures de traitement des déchets qu'il en met à mobiliser ses militants pour de la figuration, Bangui serait déjà la ville la plus propre d'Afrique.
L'écologie de façade face au grand squat foncier
En reprenant la parole lors du Conseil, Touadéra s'est fendu d'un rappel à l'ordre, se disant « toujours attaché à son engagement écologique », exigeant la préservation des espaces verts contre les « tentatives d'occupation illégales, notamment à des fins lucratives ».
Quelle ironie savoureuse ! Le dictateur mytomane feint de s'offusquer de l'anarchie urbaine alors que ce sont les membres de son propre régime, ses ministres et ses proches, qui s'octroient les plus beaux terrains de la capitale à des fins très privées. Interdire aux pauvres de Miskine de monter un étal de fortune au nom de « l'écologie » tout en fermant les yeux sur le pillage foncier au sommet de l'État : voilà la véritable justice selon le clan Touadéra.
Après la com', la boue reste
L'opération Kwa ti Kodro à Miskine n'aura été qu'une énième mise en scène d'un pouvoir à bout de souffle, qui compense son impuissance politique par de l'agitation manuelle. Le Professeur-Président peut bien continuer à ramasser les ordures le samedi, cela ne suffira pas à nettoyer la gestion désastreuse de son régime. Le week-end prochain, l'appareil de propagande annonce un déploiement « à grande échelle » à Bimbo. Sortez les caméras, le cirque Touadéra continue sa tournée, mais les Centrafricains, eux, attendent toujours de l'eau courante, de l'électricité et de vrais emplois.
Par Anselme Mbata
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Hold-up électoral validé par les juges : Ziguélé dénonce un processus entièrement illégal de bout en bout
Hold-up électoral validé par les juges : Ziguélé dénonce un processus entièrement illégal de bout en bout

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Au micro de la radio RJDH, Martin Ziguélé n’a laissé aucune place au doute. La réélection proclamée de Faustin-Archange Touadéra repose sur un processus qu’il qualifie d’illégal du début à la fin.
« Pour nous, il n’y a pas eu d’élection », a tranché l’ancien Premier ministre face au journaliste Romain Silvestre Sokambi. Cette phrase, prononcée sans hésitation, résume toute sa lecture des événements du 19 janvier dernier.
La validation par le Conseil constitutionnel n’a fait qu’achever ce que Ziguélé appelle un « coup d’État constitutionnel transformé en hold-up électoral ». Pour lui, les juges ont simplement apposé un tampon sur une manipulation déjà programmée depuis des mois.
« Le problème de la légitimité est entier », a-t-il martelé, refusant d’accorder la moindre reconnaissance au résultat proclamé. Cette position radicale découle d’un constat qu’il juge irréfutable : aucune des règles n’a été respectée.
« Moi, je ne suis pas allé aux élections parce que nous avons dit que nous n’allons pas à ces élections là. Parce que le processus est illégal », a expliqué l’opposant Martin Ziguelé. Son boycott n’était pas une fuite mais une décision mûrement réfléchie, fondée sur l’analyse du terrain juridique.
Cette analyse l’a conduit à une conclusion définitive qu’il a répétée plusieurs fois durant l’entretien. « Telle que les choses sont faites, il n’y aura pas d’alternance dans le cadre de la constitution du 30 août deux-mille-vingt-trois », a-t-il affirmé, dénonçant un verrouillage institutionnel.
« Ces élections se sont passées en dehors du cadre légal. Complètement », a-t-il asséné avec une insistance particulière. Chaque mot pesait dans sa bouche, chaque silence aussi. « La loi a été violée de bout en bout. De bout en bout », a-t-il ajouté, la répétition servant à enfoncer le clou.
L’absence de procès-verbaux constitue pour lui une preuve supplémentaire de l’opacité du scrutin. « Nous n’avons pas eu les PV. Nous ne pouvons pas savoir », a regretté Ziguélé, pointant l’impossibilité pour l’opposition de vérifier quoi que ce soit.
Cette opacité alimente ses soupçons sur les chiffres brandis par le camp présidentiel. « Il dit qu’il a gagné avec 78%. Ça veut dire qu’à peu près huit Centrafricains sur dix sont d’accord avec lui », a ironisé l’ancien Premier ministre, avant d’enfoncer le clou.
« Mais il va ouvrir les bras à qui ? Parce que tout le monde est déjà d’accord avec lui. Mais ça veut dire qu’il ne croit pas à ce qu’il dit », a-t-il lancé, démasquant selon lui une contradiction flagrante dans le discours du pouvoir.
Les statistiques de participation viennent renforcer son argumentation. « Un Centrafricain sur deux en âge de voter n’est pas allé voter », a calculé Ziguélé, s’appuyant sur les données disponibles pour décrédibiliser la thèse d’un soutien massif.
« Pour la majorité du peuple centrafricain qui n’est pas allé voter, parce que c’est un électeur sur deux qui a voté », a-t-il insisté, transformant l’abstention en argument politique. Cette masse silencieuse représente à ses yeux un désaveu bien plus éloquent que n’importe quel bulletin déposé dans l’urne.
« Pour nous, il n’y a pas de surprise. Et nous l’avons dit dans notre conférence de presse du 10 janvier », a rappelé le leader de l’opposition, soulignant que ses alertes avaient précédé le scrutin. Rien de ce qui s’est passé ne l’a étonné, tout était prévisible selon lui.
« Pour nous, il n’y a pas de changement. C’est la logique du coup d’État constitutionnel qui s’est transformé en un hold-up électoral », a-t-il conclu, bouclant ainsi sa démonstration. Les mots employés ne laissent planer aucun doute sur la gravité de ses accusations ni sur sa détermination à ne rien concéder au pouvoir en place
Par Éric Azoumi
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Coup d’État électoral en Centrafrique : Norbert Pounaba parle de la jeunesse qui renouvelle sa confiance à Touadéra. Quel délire mythomaniaques ?
Coup d’État électoral en Centrafrique : Norbert Pounaba parle de la jeunesse qui renouvelle sa confiance à Touadéra. Quel délire mythomaniaques ?

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Norbert Pounaba est arrivé au débat Patara le mois dernier avec des chiffres et une certitude. Près de 80 % des voix pour Touadéra, le peuple qui se mobilise, la jeunesse qui renouvelle sa confiance. Un tableau lumineux. Sauf que dans ce même studio, trois autres voix ont passé l’heure suivante à décrire un pays qui ressemble très peu au tableau que Norbert Pounaba peignait.
Commençons par les chiffres justement. Un score de 76 à 80 % dans un pays où l’opposition est agressée en toute impunité, où des gens proches du pouvoir appellent publiquement leurs partisans à aller « accueillir » des opposants devant les tribunaux, où des voix critiques disparaissent ou se retrouvent à la morgue, ce score-là raconte peut-être moins une adhésion populaire massive qu’un climat où voter autrement demande un courage que beaucoup ne peuvent pas se permettre. Pounaba n’a pas jugé utile d’aborder cette dimension.
Norbert Pounaba a aussi dit que Touadéra était le seul président d’Afrique centrale à tolérer qu’on l’insulte sur les réseaux sociaux. C’est un argument étrange à porter comme une médaille. Tolérer les insultes sur internet tout en laissant des collaborateurs menacer des opposants sur les ondes d’une radio nationale, tout en laissant des jeunes pro-pouvoir agresser ceux qui pensent différemment, ce n’est pas de la démocratie. C’est de la mise en scène. Et puis, qu’est-ce qu’il va faire avec les centrafricains qui sont sur les réseaux sociaux ? Rien! Rien d tout! Il est incapable de faire quelque chose.
Sur Elysée Nguémalé, Norbert Pounaba a été encore plus révélateur. Il a demandé quel poids politique représentait Nguémalé pour que le président lui envoie des agresseurs. C’est une façon de dire : tu es trop petit pour qu’on s’occupe de toi. Mais Nguémalé a répondu à ça sans le savoir, en reconstituant la séquence : un ministre qui le menace publiquement à la radio, un personnage du cercle du pouvoir qui lance ses hommes contre lui, et ensuite l’agression. Si Nguémalé ne pèse rien politiquement, pourquoi un ministre prend-il la peine de le menacer par nom et prénom sur une antenne nationale ?
Arletta Mamboui Abiali a dit quelque chose d’important que Pounaba n’a pas voulu entendre. Elle fait partie de ceux qui ont appelé Touadéra à se présenter. Elle lui a accordé sa confiance. Et c’est précisément parce qu’elle lui a fait confiance qu’elle se permet aujourd’hui de dire que les avancées sont trop minimes, que dix ans c’est long, que les écoles ne sont toujours pas construites, que l’Université de Bangui déborde d’étudiants sans espace pour apprendre. Ce n’est pas de la trahison. C’est exactement ce que devrait produire une démocratie saine : des citoyens qui soutiennent un dirigeant et qui lui demandent des comptes en retour.
Bendo-Ndeni, lui, a résumé le bilan avec une brutalité comptable que Pounaba ne peut pas effacer avec des pourcentages électoraux : une trentaine de ministres pour six millions de citoyens, et un pays qui n’arrive toujours pas à faire descendre les services publics jusqu’à Sémio, Obo ou Bambuti. Ce n’est pas un problème de mauvaise volonté du peuple. C’est un problème de gouvernement qui n’a pas livré ce qu’il avait promis, et qui recommence à promettre pour un nouveau mandat sans expliquer pourquoi cette fois sera différente des dix années qui viennent de passer.
Norbert Pounaba a défendu son président avec les outils qu’il avait. Mais les chiffres d’une élection ne nourrissent pas un enfant dans une école sans table, ne rendent pas la vie à un policier mort en détention, et ne répondent pas à la question qu’Arletta a posée à voix haute : si je parle, si j’agis, est-ce qu’il y aura des représailles contre moi demain ?
Par Gisèle MOLOMA
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Baccalauréat bradé : quand l’exception devient une insulte au mérite

la_maison_familiale_bomba_a_sica_3_a_bangui – Famille Bomba : quand un problème de l’héritage devient une grande mafia judiciaire du jamais vue.
Baccalauréat bradé : quand l’exception devient une insulte au mérite
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Par Décision n°215/MCEN/DIRCAB/DGEPEF1-2SGP/DECSP/25, dont la copie circule actuellement sur les réseaux sociaux, le Ministre d’Etat chargé de l’Education Nationale a autorisé l’admission « à titre exceptionnel » au baccalauréat et au brevet de technicien en économie familiale et sociale.
Cette décision n’est pas seulement contestable : elle est profondément choquante. Dans un pays où l’école devrait être le dernier rempart contre l’effondrement des repères, cette mesure constitue une remise en cause frontale des principes les plus élémentaires de justice, de mérite et de crédibilité académique. Elle apparaît comme une faute grave, presque une capitulation.
Le baccalauréat, en République centrafricaine, n’est pas un simple diplôme ni une faveur, encore moins une récompense politique. C’est un diplôme sanctionnant un niveau, des compétences et un effort soutenu. Il représente un espoir, une promesse de mobilité sociale dans un contexte marqué par la précarité, les crises sécuritaires et les inégalités structurelles. En décidant d’y introduire une logique d’exception discrétionnaire, le ministère franchit une ligne rouge. Il ne s’agit plus d’un simple aménagement, mais d’un précédent dangereux qui ouvre la porte à toutes les dérives. Fragiliser le baccalauréat revient à porter atteinte à l’un des rares leviers d’ascension encore accessibles à la jeunesse.
Car enfin, sur quels critères repose cette « admission exceptionnelle » ? Qui décide, et selon quelles règles ? L’opacité qui entoure cette décision alimente les soupçons de favoritisme, voire de clientélisme. Dans un Etat de droit, l’école ne peut être le terrain d’arrangements obscurs ou de décisions arbitraires.
Le message envoyé aux élèves est désastreux : l’effort ne garantit plus la réussite, et l’échec peut être corrigé par simple décision administrative. Une telle logique sape les fondements mêmes de l’école républicaine. Elle décourage les plus méritants et banalise la médiocrité.
Plus grave encore, cette décision affaiblit durablement la valeur du baccalauréat. Que vaut désormais un diplôme que l’on peut obtenir sans satisfaire aux exigences requises ? En cherchant à régler un problème conjoncturel, le ministère compromet la crédibilité d’un symbole national. A terme, c’est la valeur du baccalauréat centrafricain qui est en jeu, y compris à l’international. Car un diplôme dont les conditions d’obtention sont floues ou contestées perd inévitablement en crédibilité.
Ce choix révèle, au fond, une dérive inquiétante de la gouvernance éducative : celle d’un pouvoir qui préfère contourner les règles plutôt que de résoudre les véritables dysfonctionnements du système. Faute de réformes structurelles, on distribue les diplômes. Faure de rigueur, on institutionnalise l’exception.
Il est encore temps de revenir sur cette décision. Car si l’exception devient la règle, c’est toute l’école qui perdra sons sens et toute une génération qui en paiera le prix.
Par Maurice LENGA
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Mission accomplie contre l’impunité : le colloque historique qui ouvre la voie à la justice pour les martyrs de Wagner en Afrique
Mission accomplie contre l’impunité : le colloque historique qui ouvre la voie à la justice pour les martyrs de Wagner en Afrique
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le 2 mars 2026, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dans l’amphithéâtre Gaston Bachelard, une page s’est tournée. Pour la toute première fois au monde, un colloque international a été entièrement consacré à la responsabilité juridique des crimes commis par le groupe Wagner et ses successeurs en Afrique et ailleurs. Mission accomplie : le voile d’impunité qui couvrait ces actes depuis trop longtemps commence à se déchirer.
Organisé par l’IREDIES (Institut de recherche en droit international et européen de la Sorbonne) avec le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, la FIDH, TRIAL International, Truth Hounds, le projet All Eyes on Wagner, la Geneva School of Diplomacy et la Coalition africaine pour la justice et contre l’impunité, ce rassemblement n’était pas une simple rencontre académique. C’était le lancement concret d’un processus mondial pour que les bourreaux répondent enfin de leurs crimes.
Le coordinateur scientifique du colloque l’a dit avec une gravité qui a marqué tous les participants :
« En amont des questions de responsabilité qui vont nous occuper, il y a des violations graves du droit et des victimes de ces violations, des victimes qui souffrent dans leur chair et qui appellent, qui espèrent et qui ont foi dans la protection juridique, en République Centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso, en Syrie, en Ukraine et j’en passe. »
Ces mots ont résonné comme un cri de solidarité envers les martyrs africains de Wagner :
– Les femmes violées et humiliées dans les villages de la Lobaye
– Les enfants tués ou mutilés par des mines antipersonnel
– Les familles entières massacrées, pillées, chassées de leurs terres
– Les civils torturés, exécutés sommairement, disparus sans trace
Ces martyrs ne sont plus des statistiques anonymes dans des rapports oubliés. Ils sont nommés, reconnus, et leur souffrance est désormais au centre d’un effort juridique international sans précédent.
Ce colloque historique a posé les fondations d’un arsenal concret contre l’impunité :
– Clarification du statut de Wagner comme acteur étatique ou para-étatique
– Identification des responsabilités individuelles (auteurs directs, donneurs d’ordres, complices)
– Voies judiciaires multiples : compétence universelle des États, Cour pénale internationale, tribunaux hybrides, enquêtes nationales renforcées
– Coordination mondiale pour protéger et exploiter les preuves collectées par les ONG et les enquêteurs de terrain
Des experts ont pris la parole malgré des menaces réelles, prouvant que la peur change de camp. Le monde n’est plus spectateur passif : il agit.
Pour l’Afrique, et particulièrement pour la Centrafrique, ce moment est historique. Il dit aux survivants et aux familles des disparus : votre douleur compte. Vos cris ont traversé les frontières. Des juristes, des enquêteurs, des États et des organisations internationales travaillent désormais pour que les responsables paient.
Mission accomplie pour ce colloque ? Oui, parce qu’il a ouvert la voie.
La justice pour les martyrs de Wagner en Afrique n’est plus une utopie lointaine : elle est en marche, et elle avance.
À Bangui, à Berbérati, à Bossangoa, à Ndélé et partout où le sang a coulé : sachez que vous n’êtes plus seuls. Le combat pour la vérité et la réparation commence vraiment aujourd’hui.
Par Alain Nzilo
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Faustin ZAMÉTO dénonce à son tour le colloque de Bangui coupé des réalités centrafricaines



