Obo : un soldat FACA prémédite à mort un conducteur d’un véhicule
Rédigé le 23 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Obo , dans la préfecture du Haut-Mbomou, un conducteur assurant la liaison Mboki-Obo a reçu des menaces de mort explicites d’un soldat des Forces armées centrafricaines après avoir refusé de transporter gratuitement leurs bagages.
Tout le monde en Centrafrique connaît bien le système de formalité qui existe sur les routes. Les militaires, policiers et gendarmes ont installé des barrières un peu partout dans le pays, et les usagers doivent verser une petite somme avant de continuer leur chemin. Que l’on voyage en moto, en voiture, en vélo ou à pied, il faut payer cette formalité d’usage.
Et la préfecture du Haut-Mbomou ne fait pas exception. Dans cette région de l’Est de la RCA, les barrières se trouvent également à Mboki, Zémio, Bambouti, Obo et dans d’autres localités. Les montants demandés changent selon les endroits et les jours, mais ils restent souvent très élevé dans cette zone.
En effet, le samedi dernier, un conducteur qui faisait l’aller-retour entre Mboki et Obo s’est arrêté à la sortie de Mboki. Un soldat lui a demandé service de charger gratuitement ses sacs de manioc et d’arachides pour les emmener jusqu’à Obo.
Voyant clairement les sacs, le chauffeur a répondu calmement qu’il payait déjà la formalité à chaque passage et que ces transports gratuits lui posaient problème : son véhicule avait moins de place pour les passagers payants, ce qui réduisait ses revenus et rendait plus difficile l’entretien de la voiture.
Le soldat est parti un moment, puis il est revenu accompagné de plusieurs collègues. Ils ont exigé que le chauffeur verse 10 000 francs CFA de formalité supplémentaire avant de passer.
Au même moment, un autre soldat, qui était de faction ce jour-là, a pris la parole pour dire que le conducteur avait raison : demander à la fois un service gratuit et un paiement supplémentaire revenait à imposer une double charge.
Grâce à son intervention, le chauffeur a finalement payé 5 000 francs et a pu continuer sa route.
Une fois arrivé à l’entrée de la ville d’Obo, d’autres soldats attendaient déjà le véhicule et son conducteur. Ils avaient été informés par leurs collègues de Mboki et lui ont immédiatement réclamé 20 000 francs CFA de formalité. Ils lui reprochaient d’avoir refusé de rendre service aux militaires. Le chauffeur, surpris par cette nouvelle demande, n’a pas compris pourquoi le montant avait autant augmenté.
L’un des soldats s’est alors adressé directement au conducteur sur un ton menaçant : « Toi là, je te connais déjà. Si un petit bruit tombe ici à Obo, je sors mon arme, je me mets dans un coin et je profite du moment pour te tirer dessus et te tuer. Tu vas voir un jour. Il faut prier pour qu’il n’y ait pas de bruit qui tombe ici. Sinon je te tue. »
Le militaire a ensuite ordonné de fouiller le véhicule en accusant le chauffeur de transporter des armes destinées à des miliciens à Zandé. Face à ces menaces et à ces accusations, le conducteur est resté silencieux. Il a fini par donner 4 000 francs pour pouvoir poursuivre son trajet et ramener ses clients jusqu’à destination.
Les transporteurs qui travaillent chaque jour pour ravitailler les villes de la région subissent régulièrement ce genre de pressions de la part des éléments en uniforme.
Par Éric Nzapa
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