Un camion en provenance de Berbérati s’est renversé dans la soirée du 12 septembre 2026, à environ trois kilomètres de la préfecture de Carnot, dans le quartier Ndjembe. L’accident a coupé la circulation sur l’axe reliant Carnot à Berbérati.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, le camion avait quitté Berbérati à destination de Carnot. Le trajet aurait duré près de deux jours en raison de l’état particulièrement dégradé de la route. Le véhicule s’est renversé alors qu’il approchait de la ville de Carnot, vers 21 heures.
Le camion renversé à l’entrée de la ville de Carnot, sur la route de Berberati. Photo CNC
L’accident a rendu le passage difficile sur cet axe très fréquenté. La présence du camion renversé sur la chaussée empêche momentanément la circulation normale des autres véhicules. Les usagers doivent composer avec une route dont plusieurs portions sont fortement dégradées.
La route entre Carnot et Berbérati est devenue particulièrement difficile à pratiquer. Les longues heures nécessaires pour parcourir cette distance compliquent le transport des marchandises, des passagers et des produits agricoles entre les deux villes.
Carnot est le chef-lieu de la préfecture de la Mambéré, tandis que Berbérati est le chef-lieu de la préfecture de la Mambéré-Kadéï. La dégradation de l’axe qui relie ces deux villes pénalise donc une partie importante des échanges dans l’ouest de la République centrafricaine.
Face à l’état des routes, les motos et les taxis-motos occupent une place de plus en plus importante dans les déplacements. Ils permettent à de nombreux habitants de poursuivre leurs activités malgré les difficultés rencontrées par les véhicules plus lourds sur certains axes.
Des routes dégradées dans plusieurs régions du pays
Les difficultés observées entre Carnot et Berbérati ne concernent pas uniquement cet axe. Dans plusieurs régions de la République centrafricaine, les usagers signalent également la dégradation avancée des routes et les difficultés de circulation entre les villes et les localités de l’intérieur du pays.
À l’est comme au nord et à l’ouest, les déplacements restent difficiles sur plusieurs axes. Les transporteurs doivent parfois consacrer plusieurs jours à des trajets qui pourraient être effectués en beaucoup moins de temps lorsque les routes sont praticables.
Cette dégradation affecte directement le transport des marchandises et des personnes. Elle augmente les coûts de déplacement, ralentit les échanges entre les villes et complique l’acheminement des produits agricoles vers les principaux centres urbains.
L’accident du 12 septembre à l’entrée de Carnot vient ainsi s’ajouter à une série de difficultés rencontrées quotidiennement par les usagers des routes centrafricaines. Pour de nombreux habitants, les motos et les taxis-motos restent aujourd’hui l’un des principaux moyens de déplacement sur des axes où les véhicules doivent avancer avec beaucoup de difficultés.
Une instruction ministérielle datée du 31 août 2026 interdit désormais aux personnels militaires et civils du ministère de la Défense de diffuser des informations liées aux opérations et encadre strictement l’usage des téléphones dans les zones d’opération, une décision qui s’inscrit dans une dérive autoritaire globale visant à faire taire toute voix divergente.
Le document, signé par le ministre de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’Armée, Claude BIREAU, rappelle l’obligation de réserve imposée aux personnels. Il s’appuie sur les prétendues lois relatives à la cybersécurité pour imposer une omerta stricte et bâillonner le personnel de son ministère.
La visite du ministre de la défense, Claude Rameau Bireau à Bambari en 2023
D’après le document, cette instruction vise directement la circulation d’images et de vidéos concernant les déplacements des militaires. Le ministère tente ainsi d’étouffer les éléments du terrain qui démentent quotidiennement les versions officielles diffusées par le pouvoir.
Le texte qualifie ces pratiques d’« extrême gravité » afin de justifier cette répression interne. Le ministère prétend protéger la sécurité des forces, dissimulant mal sa volonté de maîtriser l’image d’un appareil d’État aux abois.
L’instruction s’attaque également aux groupes de discussion privés. Le pouvoir cherche à éradiquer ces espaces d’échange pour empêcher la fuite de témoignages gênants sur la réalité des affrontements.
Cette disposition intervient alors que les publications de soldats contredisent régulièrement le discours triomphaliste de Bangui. Ces fuites directes exposent les failles de l’armée et menacent le contrôle absolu exercé sur l’information.
Cette circulation parallèle détruit la stratégie de manipulation gouvernementale. Les citoyens découvrent ainsi les échecs tactiques et les abus avant toute falsification par la communication officielle.
L’instruction cherche précisément à effacer cette vérité dérangeante. Elle impose un récit unique dicté exclusivement par la voix du porte-parole du régime.
Téléphones personnels interdits dans les zones d’opération
Le ministère interdit désormais les photos, vidéos et téléphones personnels sur le terrain sans autorisation prioritaire. Cette mesure prive les militaires de tout moyen de témoigner de leurs conditions ou des événements réels.
Cette disposition établit un contrôle policier total sur les troupes en mission. L’appareil d’État transforme ainsi ses propres agents en exécutants muets, totalement coupés du monde extérieur.
Le document prévoit des fouilles et des vérifications intrusives pour traquer les récalcitrants. La hiérarchie militaire et la Gendarmerie nationale reçoivent l’ordre d’appliquer cette traque sans aucune tolérance.
Tout manquement expose les soldats à de lourdes sanctions et à des poursuites. Le régime utilise la peur du conseil de discipline pour imposer une obéissance aveugle.
Une communication désormais centralisée
Cette mesure reflète la méthode du régime, qui verrouille un à un tous les ministères après avoir imposé le silence aux membres du gouvernement. La parole publique est désormais confisquée au profit d’une propagande d’État exclusive.
Pour le ministère de la Défense, ce verrouillage isole totalement le personnel civil et militaire. L’exécutif refuse la moindre brèche dans son dispositif d’embargo médiatique.
Le pouvoir sépare ainsi la vérité du terrain, désormais interdite, de la fiction officielle destinée à l’opinion publique. Tout échange non contrôlé devient un acte de trahison.
Cette traque des téléphones et des messageries illustre l’escalade d’un pouvoir qui redoute sa propre armée. Bangui cherche désespérément à étouffer les faits susceptibles de compromettre sa ligne idéologique.
L’instruction ministérielle du 31 août 2026 achève de transformer l’institution militaire en un bloc totalement opaque, scellant le basculement définitif du pays sous le contrôle d’une dictature de l’information.
Le régime du dictateur Faustin-Archange Touadéra dépoussière l’éternelle illusion ferroviaire vers le Cameroun, brandissant un pactole virtuel de 6 milliards de dollars pour étourdir les citoyens centrafricains.
Une mise en scène entamée dès la pose de la première pierre
Depuis des décennies, l’histoire de cette ligne ferroviaire reliant nos richesses minières au port de Kribi sert de levier propagandiste pour simuler un désenclavement national. La mise en scène avait d’ailleurs commencé bien avant le scrutin du 28 décembre 2025 avec la cérémonie médiatisée de la pose de la première pierre. Ce serpent de mer refait surface à travers les annonces fracassantes orchestrées par la firme britannique A&S Resources.
Le 4 septembre 2026, cette société a affirmé avoir décroché un financement de 6 milliards de dollars auprès de l’Export-Import Bank of India. Ce tracé fantastique de 1 350 kilomètres prétend relier nos gisements aux côtes camerounaises.
Cette manœuvre médiatique succède immédiatement aux effets d’annonce de février 2026, quand A&S Resources prétendait verrouiller des contrats stratégiques majeurs couvrant l’exploitation minière, la logistique et la vente à long terme.
Ce mirage ferroviaire constitue en réalité un recyclage permanent de vieilles ficelles. Dès 2009, l’homme d’affaires Saif Durbar manoeuvrait déjà autour d’un tracé similaire reliant le Cameroun, la Centrafrique et le Soudan en gageant directement notre sous-sol.
Cette tactique répétitive éclaire la nature exacte des manœuvres actuelles. Loin d’être une innovation signée A&S Resources en 2026, le projet réapparaît simplement habillé de chiffres étourdissants et d’intermédiaires opportunément renouvelés.
A&S Resources avance désormais des chiffres mirobolants, prétendant contrôler 20 milliards de tonnes de minerai de fer évaluées à 2 500 milliards de dollars, avec un débit de transport quotidien de 250 000 tonnes.
Ces déclarations unilatérales manquent totalement de garanties techniques indépendantes, ne reposant sur aucune réserve prouvée ni commercialement exploitable sur le terrain.
De lourdes incertitudes sur les capitaux annoncés
Concernant le volet financier, la firme soutient que les 6 milliards proviennent de la banque indienne d’État. Or, cette belle histoire émane uniquement des bulletins autopromotionnels d’A&S Resources diffusés via PR Newswire.
L’expression « financement sécurisé » dissimule en réalité de lourdes ambiguïtés. Aucun accord ferme, aucune lettre d’engagement ferme ni aucun calendrier de décaissement effectif ne sont présentés aux Centrafricains.
L’opacité s’avère tout aussi flagrante concernant le partenariat vanté avec le géant chinois China Railway Sixth Group, présenté sans preuves tangibles d’un engagement ferme sur le terrain.
L’ombre d’un homme d’affaires au parcours controversé
Le profil de Saif Durbar, figure récurrente de ce dossier, exige une lucidité totale. Déjà impliqué dans les projets ferroviaires régionaux passés, cet ex-détenu réapparaît au cœur des négociations actuelles aux côtés des autorités.
Son passage par la case prison en France dans le cadre d’escroqueries liées à l’affaire UraMin constitue un fait indiscutable et documenté qui doit éveiller l’attention générale.
Sans cataloguer d’emblée l’ensemble de l’opération, la présence de tels parcours impose une vigilance absolue sur les prête-noms et les structures qui gravitent autour de nos ressources.
Une propagande continue au terme du scrutin
Le pouvoir en place instrumentalise ouvertement ce dossier. Alors que les élections sont désormais passées, les discours triomphalistes se poursuivent pour justifier la braderie potentielle de nos gisements miniers au profit d’intérêts flous.
Les autorités doivent cesser la comédie et publier immédiatement les conventions minières, les droits d’exploitation cédés et la part réelle réservée au peuple centrafricain dans ces transactions.
Pour l’heure, au cœur de la communication tapageuse du régime, le rail demeure une pure fiction et les richesses nationales continuent d’échapper au contrôle du peuple.
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Le RTP décrit une moyenne très lointaine
Le taux de retour au joueur représente une moyenne théorique. Il se calcule sur un volume de mises bien supérieur à une session ordinaire.
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La volatilité détermine le rythme des résultats
La volatilité mesure la dispersion probable des gains. Elle ne dit pas si un jeu sera favorable pendant une session précise.
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Trois indicateurs répondent donc à trois questions différentes
Le RTP indique la part théorique redistribuée sur le très long terme.
La fréquence de gain mesure la proportion de tours produisant un paiement.
La volatilité décrit l’écart probable entre les petits et les grands résultats.
Ces chiffres ne fonctionnent pas séparément. Une fréquence de gain élevée peut inclure des paiements inférieurs à la mise initiale. Le compteur enregistre alors un gain, même si le solde diminue. Voilà pourquoi le nombre de tours gagnants ne suffit pas à mesurer le résultat réel.
Les bonus internes compliquent encore la lecture. Une partie importante du RTP peut dépendre d’un tour gratuit ou d’une combinaison spéciale. Deux sessions sans déclenchement de bonus peuvent donc sembler très éloignées du taux annoncé. Sur une longue période, ces événements rares pèsent pourtant lourd dans la moyenne.
La durée transforme une petite mise en forte exposition
Le montant d’un seul tour ne montre pas toute l’activité. La cadence et la durée déterminent le volume réellement engagé.
Au Bénin, une mise de 100 francs CFA répétée 200 fois représente 20 000 francs de mises cumulées. Le joueur n’a pas forcément déposé cette somme. Les petits gains peuvent être rejoués plusieurs fois, ce qui augmente le volume sans augmenter le solde initial.
La vitesse du jeu accentue ce phénomène. Cent tours prennent peu de temps sur certains formats instantanés. Une différence minime de cadence devient donc visible sur une session longue. Le temps agit presque comme un multiplicateur silencieux.
Le passage par 1xbet connexion ne change aucun paramètre mathématique du jeu. Il concerne uniquement l’accès au compte. Le RTP et la volatilité restent liés au titre, à sa version et à ses règles.
L’historique du compte peut toutefois montrer les dépôts, retraits et mouvements du solde. Ces données décrivent l’activité réelle, contrairement au souvenir d’une série particulière. Une session très animée peut sembler équilibrée tout en ayant généré un volume de mises élevé.
Le même principe concerne les mises automatiques. Le réglage répète une action, mais ne change pas la probabilité de chaque tour. Une séquence de cent tours conserve donc cent résultats distincts. Elle ne devient pas plus prévisible parce qu’elle se déroule sans interruption.
Le hasard reste indépendant des séries précédentes
Un générateur aléatoire ne conserve pas la mémoire émotionnelle d’une session. Une longue série sans gain n’oblige pas le tour suivant à compenser.
Sur un jeu correctement configuré, chaque résultat suit les probabilités définies dans son modèle. Dix échecs consécutifs ne rendent pas automatiquement le onzième tour favorable. Le sentiment qu’un gain « doit arriver » vient de l’observation humaine, pas du calcul.
Les courtes séries paraissent souvent désordonnées. C’est normal. Une pièce équilibrée peut tomber plusieurs fois du même côté sans perdre son équilibre théorique. Les jeux en ligne appliquent une logique comparable, même si leurs probabilités sont beaucoup plus complexes.
Les données utiles décrivent donc un cadre, jamais une certitude. Le RTP mesure une moyenne lointaine. La volatilité façonne le rythme, tandis que la durée augmente l’exposition totale. Le résultat immédiat, lui, reste imprévisible.
Cette distinction sépare la mécanique réelle des impressions laissées par une session. Un gain fréquent peut être faible. Une longue attente ne garantit aucune compensation. Derrière l’animation et le son, les chiffres gardent leur propre logique.
Le tout dernier rapport de la Banque africaine de développement (la BAD) sur l’Indice d’industrialisation apporte un éclairage sur la situation économique du continent. Au milieu des dynamiques régionales, classement BAD 2025, la République centrafricaine se positionne au 47ème rang continental sur 54 pays. Ce chiffre traduit une réalité douloureuse mais transformable : la RCA fait aujourd’hui partie des derniers du classement industriel africain.
Le pays se retrouve piégé dans un grand paradoxe où il possède un sous-sol d’une richesse insolente, mais un tissu manufacturier local presque invisible, l’obligeant à importer la quasi-totalité de son quotidien.
Le paradoxe centrafricain : Des richesses immenses, une assiette importée Le sous-sol et la nature de la Centrafrique font rêver les géologues du monde entier. Le pays regorge de diamants de joaillerie de renommée mondiale, d’or, d’uranium, de gisements de cuivre, de fer, et dispose d’immenses forêts de bois précieux. À cela s’ajoute un potentiel agricole exceptionnel avec des terres fertiles et un climat idéal pour le coton, le café, le manioc ou l’élevage.
Pourtant, en marchant dans les marchés de Bangui ou des provinces, le constat est saisissant : le savon, les tissus, les boîtes de conserve, les cahiers scolaires, les matériaux de construction et même les produits alimentaires de première nécessité viennent presque tous de l’extérieur. Faute d’usines locales pour transformer le coton en vêtements, le bois en meubles de masse, ou le bétail en produits laitiers industriels, la RCA dépend entièrement de l’étranger. Les devises du pays s’échappent pour faire vivre les industries des autres nations, faute d’une politique industrielle locale forte et protectrice.
L’enclavement et l’énergie : Les deux grands verrous à faire sauter
Si la RCA consomme l’extérieur et stagne en bas de l’indice de la BAD, c’est parce que produire sur place relève aujourd’hui du parcours du combattant pour les entrepreneurs. Le rapport pointe deux faiblesses majeures qui bloquent l’éclosion des usines :
Le premier verrou est le coût exorbitant et l’instabilité de l’énergie. Une usine ne peut pas tourner de manière compétitive avec des coupures d’électricité incessantes ou en dépendant de générateurs à carburant très coûteux. Sans une énergie stable et bon marché, le coût de fabrication d’un produit local dépasse immédiatement le prix du même produit importé.
Le second verrou est l’enclavement géographique. Sans accès direct à la mer, la RCA dépend entièrement de longs corridors de transport, notamment l’axe routier reliant Bangui au port de Douala au Cameroun. Les tracasseries routières, l’état des pistes et les défis sécuritaires allongent les délais et font grimper le prix des machines industrielles et des pièces de rechange que le pays doit importer pour s’équiper.
La RCA face à ses voisins : L’écart se creuse avec le Sud
Quand on compare la RCA à ses voisins directs dans ce classement, on constate que la géographie économique dessine deux réalités très différentes :
Du côté Sud, les voisins de la RCA avancent à grands pas. La République démocratique du Congo (la RDC), classée 13ème du continent, s’est imposée comme l’un des pays les plus dynamiques grâce à une volonté politique de transformer localement ses minerais stratégiques. Le Cameroun (21ème) et le Congo-Brazzaville (22ème) tirent profit de leur accès à la mer et d’un réseau de petites et moyennes industries qui commence à transformer le bois et les produits agricoles. Ces voisins prouvent que l’Afrique centrale a les capacités de bâtir une industrie.
En revanche, du côté Nord et Est, la RCA partage le même destin et se retrouve au coude-à-coude avec le Tchad (44ème) et le Soudan du Sud (53ème). Ces trois pays souffrent des mêmes maux : l’enclavement, une trop grande dépendance au secteur extractif brut (comme le pétrole ou les mines) et des crises sécuritaires transfrontalières qui découragent les investisseurs industriels de long terme.
Le miroir des petits États : Une marge de progression réelle
Il est également très instructif de regarder les pays qui partagent avec la RCA ce bloc des derniers rangs de l’indice de la BAD, comme les Comores (48ème), la Gambie (50ème) ou Sao Tomé-et-Principe (54ème et dernier).
Ces petits États insulaires ou côtiers ont une excuse structurelle majeure : leur territoire est minuscule et leur population est très réduite. Pour eux, construire de grandes usines est difficile car le marché local est trop petit pour rentabiliser les investissements.
La RCA, quant à elle, n’a pas cette limite. Avec son vaste territoire, sa population grandissante et sa position de carrefour au centre de l’Afrique, elle dispose d’un marché naturel bien plus important. Le fait que la RCA soit talonnée par de micro-États montre que le problème n’est pas le potentiel du pays, mais bien l’absence d’infrastructures de base et d’un cadre politique stable pour encourager la production locale.
Le rapport de la BAD montre que pour quitter définitivement ce rang des derniers, le chemin de la souveraineté économique de la RCA passera impérativement par une transition claire : cesser d’être un simple réservoir de matières premières pour le reste du monde, investir massivement dans l’énergie, et soutenir les entrepreneurs locaux pour que la Centrafrique commence enfin à fabriquer ce qu’elle consomme.
Le fiasco rapide du projet cryptomonnaie de Baba Kongoboro, pour ne pas dire de SangoCoin, consacre la ruine des espoirs économiques centrafricains, transformant l’utopie technologique initiale en une opération opaque profitable uniquement à de mystérieux acquéreurs de terres.
En effet, en avril deux mille vingt-deux, l’Assemblée nationale centrafricaine sous l’égide de Simplice Mathieu Sarandji votait une législation stupéfiante faisant du Bitcoin une devise officielle au même titre que le franc CFA. Faustin-Archange Touadéra justifiait alors cette rupture historique en brandissant ses compétences académiques de chercheur, censées garantir la fin de l’exclusion bancaire grâce aux algorithmes de la blockchain.
Touadera, le Président centrafricain, un parrain mafieux africain, lors du lancement de son Mémocoin
La mise en orbite du Sango Coin quelques mois plus tard s’apparentait à un bradage en règle de la souveraineté nationale, troquant des passeports centrafricains contre soixante mille dollars de jetons numériques. Ce stratagème a rapidement capoté lorsque la Cour constitutionnelle a censuré l’octroi de la citoyenneté par cette voie virtuelle, coupant court aux ambitions du pouvoir.
L’improvisation technique est devenue criante dans un pays dépourvu de réseau électrique stable, où l’adoption de la monnaie présidentielle s’est avérée quasi nulle en dehors des cercles gouvernementaux. Moins de cinq pour cent de la population locale a utilisé ce dispositif informatique, tandis que les financiers étrangers retiraient prudemment leurs capitaux pour échapper au gouffre financier naissant.
Le gouvernement a alors réorienté ses ambitions en juillet deux mille vingt-trois vers une réglementation autorisant la conversion numérique de son patrimoine souterrain. Des réseaux mercantiles ont profité de cette aubaine pour s’octroyer directement en ligne des concessions minières et forestières gigantesques, notamment dans la riche région de l’Ouham.
Cette dérive s’est accentuée début deux mille vingt-cinq avec la mise en circulation du CAR meme coin, un instrument hautement spéculatif promu sur les réseaux sociaux officiels pour capter l’épargne résiduelle. Pour soutenir ce dispositif vacillant, un décret présidentiel a tokenisé mille sept cents hectares de terrains forestiers dans la Lobaye, les cédant sous forme de baux de quatre-vingt-dix-neuf ans payables exclusivement via des transactions en ligne.
Les rapports internationaux du GI-TOC publient désormais de sévères mises en garde, mentionnant des risques accrus de blanchiment d’argent et une absence totale de traçabilité des fonds générés par ces enchères virtuelles. La gestion occulte de ces ressources, centralisée au cœur même de la présidence à Bangui, alimente la méfiance des institutions financières mondiales.
Par Alain Nzilo
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Le déplacement du fugitif Hassan Bouba à Berberati s’est déroulé sous un dispositif impressionnant, réunissant mototaxis mobilisées, véhicules lourdement armés, autorités locales au garde-à-vous et cérémonial d’État.
La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre une arrivée soigneusement organisée par le ministre de l’Urbanisme. Des dizaines de mototaxis encadrent le cortège officiel, devançant des véhicules surarmés occupés par des mercenaires russes du groupe Wagner. Des habitants paupérisés, parmi lesquels des femmes et des enfants, bordent le parcours en reprenant des chansons de la campagne électorale de Faustin-Archange Touadéra.
Les motos d’Escorte du fugitif et chef rebel tchadien Hassan Bouba arrivant à Berberati
À l’arrivée du fugitif Hassan Bouba, des policiers se tiennent au garde-à-vous devant cet homme pourtant recherché par la justice. Les autorités administratives et municipales s’inclinent devant le chef de la faction dissidente de l’Unité pour la paix en Centrafrique.
L’ensemble donne au passage de ce chef de guerre tchadien les contours d’un véritable déplacement présidentiel. Une mise en scène arrogante qui scandalise les Centrafricains ayant visionné les images sur les réseaux sociaux.
Une mobilisation qui ressemble à un déplacement présidentiel
L’ampleur de la mobilisation montre la volonté d’imposer une démonstration de force autour d’un simple ministre de l’Urbanisme.
Arrivé en Centrafrique dans les rangs de la rébellion et proposé au gouvernement par son patron Ali Darassa, le fugitif Hassan Bouba utilise désormais les moyens de l’État pour afficher sa puissance. Sa visite à Berberati ne constitue aucunement une tournée officielle du chef de l’État.
Pourtant, le protocole observé reproduit fidèlement celui réservé au président de la République. Les autorités locales, les forces de police, le cortège surarmé et la population mobilisée confèrent une dimension spectaculaire à cette arrivée.
Des mototaxis ont été rémunérées quelques milliers de francs CFA pour former l’escorte. Pour ces conducteurs plongés dans la précarité, cette somme représente un gain immédiat dans un contexte économique difficile.
La présence de femmes et d’enfants accentue la mise en scène du cortège. Des chants électoraux à la gloire du pouvoir retentissent tout au long du parcours.
Pour la population centrafricaine, la question demeure centrale : pourquoi accorder un tel déploiement impérial à un chef de faction armée recherché par les tribunaux ?
Hassan Bouba, un fugitif recherché par la justice au cœur du pouvoir
Le parcours du fugitif Hassan Bouba illustre le règne de l’impunité en République centrafricaine.
Actuel chef de la faction dissidente de l’UPC, ce mercenaire d’origine tchadienne a été propulsé au gouvernement par Ali Darassa avant de devenir le bras droit exécutif du groupe Wagner à Bangui. Après avoir occupé le portefeuille de l’Élevage, il dirige aujourd’hui le ministère de l’Urbanisme.
Son dossier judiciaire confirme son statut d’homme recherché par la justice. Le fugitif Hassan Bouba avait été arrêté par la Cour pénale spéciale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Incarcéré au camp de Roux à Bangui, il a été libéré de force une semaine plus tard par les mercenaires du groupe Wagner et des éléments de la garde pénitentiaire. Une semaine après cette évasion armée, le président Faustin-Archange Touadéra le décorait de l’Ordre du mérite national avant de le réintégrer au conseil des ministres.
Depuis cette libération illégale, sa présence au sommet de l’État défie les mandats de justice international. Sa sécurité rapprochée, assurée en permanence par des mercenaires russes, confirme son rôle central dans le dispositif sécuritaire du régime.
Une popularité personnelle recherchée ?
Cette démonstration de force à Berberati confirme les ambitions personnelles du ministre de l’Urbanisme.
Les Centrafricains voient clairement dans ces images un responsable utilisant les deniers publics et son escorte privée pour bâtir son image politique.
La mise en scène de Berberati relève d’une opération de communication calculée. La captation et la diffusion massive des séquences sur internet visent à imposer l’autorité du chef de faction armée.
Le dispositif ne répond à aucun impératif administratif. La médiatisation de l’événement constitue le véritable objectif de cette descente sur le terrain.
Les habitants et les observateurs s’interrogent sur les visées réelles du fugitif Hassan Bouba. Cette parade cherche à affirmer son pouvoir, à masquer ses poursuites judiciaires et à préparer le terrain pour de futures ambitions politiques.
Aucune explication officielle n’a été fournie par la présidence ou le gouvernement.
De Touadéra à ses ministres, le cérémonial présidentiel se répand
Le fugitif Hassan Bouba applique une pratique désormais répandue au sein de l’équipe gouvernementale.
Le général Bienvenu Zokoué, ministre de la Sécurité publique, s’était déjà illustré en se faisant dérouler un tapis rouge lors d’une inspection officielle.
Ce dernier s’avançait seul sur la moquette rouge, bordée de troupes figées au garde-à-vous, reproduisant le cérémonial réservé aux plus hautes autorités de l’État.
Plusieurs ministres s’approprient ainsi régulièrement les symboles protocolaires du chef de l’État.
Le passage du fugitif Hassan Bouba à Berberati franchit toutefois un nouveau cap dans l’excès. L’importance de la garde armée, la distribution d’argent à la population et l’omniprésence des mercenaires russes confèrent à ce déplacement une gravité inédite.
Pourquoi une telle démonstration de force ?
Le déploiement de moyens autour du fugitif Hassan Bouba à Berberati suscite des interrogations directes sur le fonctionnement des institutions.
Ce déplacement ne s’appuie sur aucune mission d’urbanisme formalisée ou expliquée dans la communication officielle du gouvernement.
Les autorités locales de la Mambéré-Kadéï ont exécuté un protocole d’accueil digne d’une visite présidentielle pour un chef de faction rébellionnaire.
Cette opération confirme la stratégie de communication personnelle menée par ce responsable tchadien d’origine.
Ces faits prennent un relief particulier au regard du statut du fugitif Hassan Bouba, recherché pour crimes contre l’humanité et protégé par les éléments russes déployés dans le pays.
Sa présence constante aux côtés des chefs mercenaires russes confirme son statut de relais opérationnel de Wagner au sein du gouvernement centrafricain.
Les Centrafricains demandent à voir le travail plutôt que le cortège
Face à la diffusion de ces images, la population exige des actes concrets plutôt que des parades armées.
Les habitants de Berberati réclament le bitumage des axes routiers, l’aménagement urbain, l’accès aux services de base et le retour d’une sécurité réelle.
Une escorte lourdement armée ne remplace pas un bilan ministériel. Les billets distribués aux mototaxis ne créent pas un soutien populaire authentique.
L’exploitation de la pauvreté ambiante permet d’acheter un accueil bruyant, mais ne masque pas la réalité du statut judiciaire du ministre.
Les citoyens dénoncent cette instrumentalisation de la misère à des fins de propagande politique.
La question centrale demeure posée : le fugitif Hassan Bouba et les membres du gouvernement travaillent-ils pour l’intérêt général ou exploitent-ils l’État pour leur propre maintien au pouvoir ? Les images de Berberati témoignent d’une démonstration de force organisée par un homme recherché par la justice.
Le chef de quartier RenéBéfio a été libéré après son procès au tribunal de grande instance de Bozoum. Le jeune homme accusé du viol de sa fille reste détenu après avoir reconnu les faits à l’audience.
Le violeur reconnaît les faits devant le tribunal
Quelques jours après son incarcération, René Béfio a finalement comparu devant le tribunal de grande instance de Bozoum. Le jeune homme accusé du viol de sa fille était également présent à l’audience.
Les deux hommes avaient été conduits depuis la gendarmerie pour être jugés. Notre équipe était présente dans la salle et a enregistré l’audience dans son intégralité.
Interrogé par le tribunal sur les faits reprochés, le jeune homme a reconnu ouvertement avoir violé la fille de René Béfio. Il a également expliqué les circonstances de son arrestation initiale.
Il a reconnu que le père de la jeune fille l’avait conduit à la police après les accusations portées contre lui. Il a aussi confirmé avoir versé 100 000 francs CFA dans le cadre du règlement intervenu entre les deux familles.
Le jeune homme n’a pas compris pourquoi il avait de nouveau été arrêté et conduit devant le tribunal après cet arrangement. Il a expliqué aux juges qu’il ne savait pas pourquoi il se retrouvait à nouveau détenu.
René Béfio interrogé sur les 100 000 francs CFA
Le tribunal s’est ensuite intéressé au cas de René Béfio, père de la victime. Celui-ci a expliqué qu’il n’avait pas cherché à tirer profit de l’affaire.
Il a rappelé que le jeune homme avait violé sa fille et qu’un règlement avait ensuite été conclu entre les deux familles. Les 100 000 francs CFA avaient été versés dans ce cadre.
René Béfio a expliqué qu’il ne voyait pas ce qui pouvait lui être reproché après cet arrangement. Il a également rappelé qu’il avait lui-même saisi la police après les révélations de sa fille.
C’est alors qu’une scène particulièrement surprenante s’est produite à l’audience. Le tribunal a indiqué à René Béfio qu’il envisageait une peine d’emprisonnement avec sursis.
Les magistrats lui ont présenté une fourchette comprise entre quatre et six mois avec sursis, sans amende. René Béfio a été invité à choisir entre ces deux durées.
Le prévenu a répondu qu’il souhaitait deux mois.
Le tribunal lui a alors demandé d’attendre le délibéré, fixé au mercredi suivant.
Six mois ferme et 100 000 francs d’amende pour le jeune homme
Le tribunal a réservé un traitement différent au jeune homme poursuivi pour le viol.
Après sa reconnaissance des faits à l’audience, le tribunal a annoncé une peine de six mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 100 000 francs CFA.
Les juges ont également fait référence aux 100 000 francs CFA déjà versés à René Béfio. Le jeune homme devait désormais payer 100 000 francs CFA au tribunal au titre de l’amende.
À l’issue de l’audience, René Béfio et le jeune homme ont été reconduits à la gendarmerie de Bozoum dans l’attente du délibéré.
Une semaine plus tard, la décision est finalement intervenue. René Béfio a été libéré. Le jeune homme condamné pour le viol reste, pour le moment, en détention.
Une question simple : pourquoi demander au prévenu de choisir sa peine ?
Le déroulement de cette audience laisse une question difficile à écarter : dans quelle procédure judiciaire un tribunal demande-t-il à un prévenu de choisir entre deux durées de prison avec sursis ?
René Béfio était poursuivi après avoir dénoncé le viol de sa fille. Le jeune homme présenté comme l’auteur des faits a reconnu le viol devant le tribunal. Le père avait ensuite participé à un règlement coutumier entre les deux familles.
Le même dossier aboutit donc à deux situations très différentes. Le jeune homme reconnaît les faits et reçoit une peine ferme. Le père de la victime, lui, est poursuivi puis libéré après avoir été invité à se prononcer sur la durée de sa peine avec sursis.
Notre équipe a assisté à cette audience et dispose de l’enregistrement des débats. Les déclarations prononcées devant le tribunal peuvent ainsi être vérifiées à partir des éléments enregistrés.
La publication du CNC au cœur des tensions
Cette affaire avait déjà fait l’objet d’une première publication de Corbeau News Centrafrique. Cette publication avait provoqué la colère du procureur de Bozoum, Feï-ingmona Steve.
D’après les informations recueillies par notre rédaction, le procureur avait notamment déclaré que la publication du CNC était une raison supplémentaire de maintenir René Béfio en détention.
Cette déclaration donne une dimension particulière à la suite du dossier. René Béfio a finalement été libéré après son passage devant le tribunal, malgré la décision initiale ayant conduit à son incarcération.
L’affaire pose ainsi la question du rapport entre la justice locale et la liberté de la presse. Un justiciable détenu peut-il être maintenu en prison en raison de la publication d’un article consacré à son dossier ?
La détention d’un citoyen ne devrait pas dépendre du fait que son affaire soit publiée ou non dans la presse. Les décisions judiciaires doivent reposer sur des actes de procédure, des faits établis et les dispositions de la loi.
À Bozoum, le dossier de René Béfio laisse désormais derrière lui une succession de faits que notre rédaction continue d’examiner : un viol reconnu devant le tribunal, un règlement coutumier de 100 000 francs CFA, l’incarcération du père de la victime, son procès, une peine avec sursis et sa libération finale.
Le président du Parti du Changement Social, Chancel Sekode-Ndeugbayi, accuse le régime Touadéra d’aggraver pauvreté, opacité minière et blocage du dialogue politique en Centrafrique.
Le PCS accuse le régime Touadéra d’aggraver la pauvreté
Dans son communiqué de presse daté du 12 septembre 2026, le Parti du Changement Social (PCS), dirigé par Chancel Sekode-Ndeugbayi, dresse un constat sévère de la situation économique et sociale en Centrafrique. Le PCS dénonce « le chaos économique et social dans lequel le régime TOUADERA a plongé la Centrafrique ».
chancel sekode ndeugbayi ministre centrafricain
Le président du PCS, Chancel Sekode-Ndeugbayi, affirme que les promesses annoncées au début du troisième mandat ont laissé place à « une gestion scabreuse du pouvoir », au « musellement systématique de l’opposition » et au « refus obstiné de tout dialogue politique réellement inclusif ».
Pour étayer son analyse, le Parti du Changement Social avance plusieurs indicateurs économiques et sociaux. Le PCS cite notamment une croissance économique estimée à 2,6 % en 2025, contre une croissance démographique de 3,5 %. Pour Chancel Sekode-Ndeugbayi, cet écart traduit « un appauvrissement continu de chaque Centrafricain ».
Le PCS affirme également que l’extrême pauvreté serait passée de 52 % à 67 % de la population en dix ans. Le parti évoque aussi une baisse de l’espérance de vie, passée, selon son communiqué, de 60 à 53 ans. Chancel Sekode-Ndeugbayi estime que « aucun Objectif de Développement durable ne sera atteint à l’horizon 2030 » si la mobilisation des ressources internes reste aussi faible.
Le PCS met en cause la gestion des ressources minières
Le Parti du Changement Social concentre une partie importante de son communiqué sur les ressources minières et forestières. Chancel Sekode-Ndeugbayi accuse le pouvoir de privilégier « la consommation et sur l’enrichissement illicite du gouvernement lui-même », au détriment des investissements productifs et des services publics.
Le PCS avance notamment le chiffre de plus de 300 milliards de francs CFA d’exportations d’or annoncées. Le parti affirme que moins de 5 milliards de francs CFA de taxes correspondantes arriveraient dans les caisses du Trésor public. Chancel Sekode-Ndeugbayi demande ainsi davantage de transparence sur les revenus tirés des ressources naturelles.
Dans son communiqué, le PCS affirme aussi que « des organisations internationales et de nombreux médias indépendants documentent depuis plusieurs années » la présence de sociétés liées à des mercenaires étrangers autour du gisement aurifère de Ndassima. Le parti évoque également des activités concernant « des pans entiers de nos forêts et de notre bois ».
Pour Chancel Sekode-Ndeugbayi, cette situation se déroule dans « une quasi-totale opacité vis-à-vis de l’État centrafricain lui-même ». Le président du PCS estime que la gestion des ressources minières et forestières doit être profondément revue afin que leurs revenus bénéficient davantage à la population.
Le PCS critique les dépenses publiques et le financement international
Le Parti du Changement Social dénonce aussi la structure des dépenses publiques. Chancel Sekode-Ndeugbayi affirme que « plus de 87 % du budget national sert à couvrir les charges salariales des agents de l’État ». Selon le PCS, ces agents représentent moins de 1 % de la population.
Le président du PCS estime que cette répartition budgétaire laisse « exsangues les secteurs de l’eau, de l’énergie, de la santé, de l’éducation et des infrastructures rurales ». Le parti appelle donc à une réorientation des ressources publiques vers les services essentiels et les investissements productifs.
Sur le financement extérieur, Chancel Sekode-Ndeugbayi affirme que « aucun bailleur de fonds international ne devrait s’autoriser à financer un pouvoir qui refuse la critique, intimide ses opposants et étouffe le débat démocratique ». Le PCS vise notamment les financements sollicités auprès des institutions internationales.
Le Parti du Changement Social estime que les ressources provenant des contribuables des pays démocratiques ne doivent pas servir, selon ses termes, à financer « un pouvoir qui s’appuie sur des mercenaires étrangers ». Le PCS relie cette accusation à la gestion des richesses minières et forestières centrafricaines.
Le PCS exige un dialogue politique et une transparence sur les revenus miniers
Dans son communiqué, Chancel Sekode-Ndeugbayi formule plusieurs demandes au nom du Parti du Changement Social. Le PCS exige d’abord « un changement profond de paradigme dans la gestion des ressources minières et forestières publiques ».
Le parti demande également « l’ouverture d’un véritable dialogue politique national inclusif » et « le respect plein et entier des décisions du Conseil constitutionnel ». Le PCS réclame enfin « une transparence totale sur les revenus miniers et forestiers du pays au bénéfice exclusif du peuple centrafricain ».
Le président du PCS, Chancel Sekode-Ndeugbayi, réaffirme dans ce communiqué que son parti entend poursuivre son action par les voies politiques. Le Parti du Changement Social affirme sa détermination à mener, « par les seules voies pacifiques et démocratiques », son combat pour « la libération du peuple centrafricain du joug de l’autoritarisme et de la misère ».
Un accident de la route impliquant un véhicule de commerce s’est produit dans la nuit du 11 au 12 septembre 2026, vers 22 heures, à Lady, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa.
D’après les informations recueillies par la rédaction du CNC, le véhicule transportait plusieurs passagers lorsqu’il a été impliqué dans l’accident au niveau du village de Lady.
vehicule unicef vers batangafo
Le bilan provisoire fait état d’un mort, présenté comme un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA), ainsi que de plusieurs blessés.
Les blessés ont été évacués vers le centre de santé de Lady pour recevoir des soins. Leur nombre exact et leur état de santé ne sont pas encore précisés à la rédaction du CNC.
Les circonstances exactes de l’accident restent à établir. Les informations disponibles ne précisent pas non plus l’identité de la victime décédée.
Il y’a lieu de noter que le village de Lady se trouve à environ 40 kilomètres de Batangafo, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham-Fafa. Il est situé dans la sous-préfecture de Bouca et relève administrativement de la commune rurale de Lady-Gbawi.
Les jeux instantanés ne se résument plus à une courbe et un bouton de cash-out. Fin 2026, trois formats dominent : Crash conserve la manche partagée, Plinko fixe les paramètres avant la chute d’une bille, tandis que Mines laisse une nouvelle décision après chaque case. Ils peuvent apparaître côte à côte dans un lobby ou parmi les offres 1xBet promo, sans proposer la même expérience.
Plinko, Mines et Crash trois formats instantanés en 2026
Spribe développe les trois formats avec Aviator, Plinko et Mines, généralement autour de 97 % de RTP. Les versions internes de Stake et BC.Game peuvent atteindre 99 %. À RTP égal, le rythme et les décisions changent fortement.
Crash impose son propre chronomètre
Une manche crash commence à 1,00x. Le multiplicateur augmente jusqu’à un point fixé avant l’animation. Un cash-out effectué avant cet arrêt multiplie la mise ; sinon, elle est perdue.
Aviator, JetX, Spaceman et différents « originals » crypto suivent cette boucle. Sur les versions provably fair, un hash du seed peut être publié avant la manche, puis contrôlé après la révélation des données.
Le serveur impose le rythme, avec environ 80 à 100 manches par heure. Une manche dure de quelques secondes à près d’une demi-minute. Les doubles mises et l’auto cash-out permettent de définir différents seuils.
Sur les versions courantes, l’avantage de la maison tourne autour de 1 à 3 %, soit 99 à 97 % de RTP, même si certains titres affichent un avantage supérieur. Crash reste le plus collectif des trois formats : tous les participants observent la même courbe.
Plinko déplace les choix avant la partie
Avec Plinko, le joueur règle la partie puis n’intervient plus après le lancement de la bille.
Le nombre de rangées et les multiplicateurs varient selon la version. Certaines configurations proposent 8, 12 ou 16 rangées, tandis que des versions de Spribe utilisent 12, 14 ou 16 rangées. Le joueur choisit aussi un niveau de risque faible, moyen ou élevé.
Sur certains plateaux à 16 rangées et risque élevé, le multiplicateur maximal approche 1 000x. Certaines configurations de Spribe plafonnent toutefois plus près de 555x. À faible risque, les multiplicateurs sont plus modestes, mais les paiements plus fréquents.
Le RTP de Spribe Plinko est généralement donné autour de 97 %. BGaming est largement référencé à 99 %. Hacksaw propose plusieurs configurations, allant d’environ 99 % jusqu’au début de la zone des 90 %, selon la version choisie par l’opérateur.
Avec autoplay et turbo, le nombre de manches peut atteindre plusieurs centaines par heure. Deux jeux à 97 % de RTP peuvent donc produire une dépense horaire différente selon le nombre de mises.
Mines ajoute une décision après chaque case
Mines utilise généralement une grille 5×5. Chez Spribe, le joueur choisit entre 1 et 24 mines. Chaque case sûre augmente le multiplicateur ; toucher une mine fait perdre la mise. Après chaque bonne sélection, il reste possible d’encaisser.
La décision se répète dans une même manche, contrairement à Plinko où tout est fixé avant la chute.
Spribe Mines affiche 97 % de RTP et un plafond proche de 10 000x. Les originals de Stake et BC.Game atteignent 99 %, tandis que les versions de Turbo Games sont souvent données autour de 94–95 %.
La durée dépend du joueur : quelques secondes en mode rapide ou près d’une minute lorsque chaque case est choisie séparément.
Trois jeux instantanés, trois rythmes
Format
Décision pendant la manche
RTP typique des versions citées
Qui impose le rythme ?
Crash
Un cash-out
97 % Spribe / 99 % originals
Serveur
Plinko
Aucune
≈97 % Spribe / 99 % BGaming
Joueur / autoplay
Mines
Après chaque case sûre
97 % Spribe / 99 % originals
Joueur
Passer d’Aviator à Spribe Mines ne change pas le RTP de 97 % : ce sont le rythme et l’interaction qui diffèrent.
Le format compte plus que l’icône
En Haïti, où l’accès aux jeux instantanés peut se faire aussi bien depuis un navigateur mobile que depuis un ordinateur, le choix du format dépend surtout de son fonctionnement. Crash repose sur une manche commune et synchronisée, tandis que Plinko et Mines avancent au rythme du joueur.
La version reste toutefois à vérifier. Un jeu Spribe autour de 97 %, un original à 99 % ou une configuration proche de 94–95 % peuvent occuper la même catégorie « instant ». Même le nombre de rangées ou le multiplicateur maximal de Plinko peut varier. Crash, Plinko et Mines partagent le même rayon, mais pas toujours les mêmes réglages.
La Cour pénale spéciale a clôturé vendredi 11 septembre 2026 les débats dans l’affaire « Guen » et fixé au 15 décembre le prononcé du jugement.
La CPS met fin aux débats dans l’affaire Guen
Dans un communiqué de presse publié vendredi 11 septembre, la Cour pénale spéciale (CPS) annonce la clôture des débats dans l’affaire dite « Guen ». La décision intervient après les plaidoiries des avocats des parties civiles et de la défense, ainsi que le réquisitoire du Parquet spécial.
Dans la salle de la cour pénale spéciale
La première section de la Chambre d’assises a ainsi mis fin aux audiences consacrées à cette affaire. Les débats opposent le Parquet spécial et les parties civiles aux accusés François Boybanda alias Balere, Philémon Kahena alias CB, Dieudonné Gomitoua, Edmond Beina et Jean Bahara.
La Cour pénale spéciale précise que l’affaire est désormais mise en délibéré. Les juges doivent examiner les éléments présentés durant les audiences avant de rendre leur décision sur l’action publique.
Dans son communiqué, la Cour pénale spéciale annonce que le jugement sera rendu le mardi 15 décembre 2026 à 10 heures. L’audience se tiendra dans la salle d’audience de la Cour pénale spéciale.
Cette date constitue la prochaine échéance judiciaire dans une procédure portant sur des faits qui remontent à 2014. La CPS indique que les accusés sont poursuivis pour des faits allégués de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
Selon la Cour pénale spéciale, les faits concernés auraient été commis entre février et mars 2014 dans la sous-préfecture de Gadzi. Les localités de Guen, Djomo et Gadzi sont notamment citées dans le dossier.
Les accusés restent présumés innocents
La Cour pénale spéciale rappelle aussi, dans son communiqué, que les cinq accusés bénéficient de la présomption d’innocence à ce stade de la procédure. Cette précision intervient alors que les débats viennent officiellement de prendre fin.
La CPS est une juridiction hybride intégrée au système judiciaire centrafricain. Créée par la loi organique n°15.003 du 3 juin 2015, elle a pour mandat d’enquêter et de poursuivre les crimes de droit international commis en République centrafricaine depuis 2003.
Avec la clôture des débats ce 11 septembre, l’affaire « Guen » entre désormais dans sa phase de délibéré. Le jugement sur l’action publique est attendu le 15 décembre 2026 à 10 heures, à la Cour pénale spéciale.
La déclaration de politique générale du gouvernement communément appelée le bilan des cent jours et encadrée par la constitution est la présentation officielle du programme du gouvernement et de la feuille de route comprenant les grandes orientations et priorités devant l’assemblée nationale.
À l’origine, cet exercice constitutionnel devenu universel est hérité de la démocratie américaine initiée par le feu Président Franklin Delano Roosevelt et utilisé comme un indicateur symbolique pour évaluer les premières actions d’un nouveau gouvernement…bref un repère politique et médiatique.
Le point d’achoppement de cette problématique est que l’opinion publique s’interroge et murmure si le nouveau gouvernement issu du troisième mandat illégal et qui est la reproduction quasi parfaite du précédent gouvernement s’est prêté à cet exercice républicain des cent jours alors qu’il est en réalité en place depuis 2024.
Il s’agissait d’une occasion parfaite pour le gouvernement de présenter le programme officiel du gouvernement, un inventaire à charge ou à décharge en tenant compte des urgences ou priorités, sa capacité à se projeter à travers les réformes et d’exposer de façon limpide les voies et moyens possibles pour la réalisation du programme au lieu de se masturber dans une autosatisfaction utopique.
Il est évident que la mise en place d’un nouveau gouvernement même si en réalité ce n’est que le prolongement de celui de 2024 suscite des attentes de la part de la population qui espère une amélioration substantielle de leurs conditions de vie.
Il faut noter que les défis majeurs de ce gouvernement demeurent la cherté de la vie avec de conséquence directe sur le panier de la ménagère, la réforme politique et institutionnelle, la promotion de la justice et de la bonne gouvernance, l’apaisement du climat politique et social, les questions des prisonniers politiques, la relance économique, l’action humanitaire et surtout la persistance des problèmes sécuritaires avec des disparitions, des arrestations arbitraires, des exécutions sommaires et extra-judiciaires, des violences gratuites sur la population, des incursions intempestives des groupes armés avec corollaire des tueries de masse.
En réalité, les cent jours ressemblent à une réorganisation du gouvernement ou une mise en place qu’à un tournant politique avec des effets d’annonces tonitruantes car rien n’est plus sonore que ce qui est creux.
L’on se rend à l’évidence que la dynamique de la continuité du gouvernement n’a pas produit l’effet escompté car les annonces sont en décalage avec les résultats perceptibles.
Les mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner confirment leur mainmise sur la haute sphère décisionnelle du pays avec corollaire le bradage voire le pillage sans contrepartie des ressources minières sans oublier le dernier rapport du fond monétaire international qui confirme l’état calamiteux de nos finances publiques.
Face aux inquiétudes,
préoccupations et doutes sur les projections gouvernementales, le citoyen lambda s’interroge :
1- Le bilan des cent jours doit-il être considéré comme le début d’une nouvelle action gouvernementale ou comme la poursuite d’une politique engagée depuis 2024 conformément au discours d’investiture du Président de la République qui insistait sur la continuité de l’État ?
2- En d’autres termes, les cent jours représentent-il un baromètre de résultats pour une équipe gouvernementale en place depuis 2024 ?
3- L’assemblée nationale monocolore réputée une chambre d’enregistrement des actions gouvernementales s’est fondée sur quel indicateur pour donner leur quitus à un gouvernement qui a montré ses limites depuis 2024 ?
4- Qu’est-ce que le peuple peut attendre d’un gouvernement de privilégiés et non de méritants sachant que la bonne gouvernance n’est que la résultante du bon choix des compétences ?
5- En définitive, quel bilan peut-on dresser de l’action de ce conglomérat d’amis appelé abusivement gouvernement qui multiplie les poses de première pierre et d’ouverture d’enquête judiciaire sans lendemain ?
En tout état de cause, l’avenir de ce gouvernement et de cette nation est le grand inconnu de cette équation exponentielle ou l’inconnu est dans l’exposant.
Face à la situation actuelle de notre pays qui est assez préoccupante, une prise de conscience collective ou un sursaut national serait salutaire pour libérer l’héritage commun et rétablir l’état de droit.
Cette nation tant malmenée par l’amateurisme, l’indécision, le pilotage à vue, l’improvisation des dirigeants mal élus a besoin d’une refondation, d’une nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents qui mettra le peuple au centre des priorités à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.
C’est bien évidemment ce que le Rassemblement Unitaire, une organisation politique de la société civile centrafricaine envisage d’organiser dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite vivement au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.
Au delà de tout, dans l’illustration de l’accident du “Titanic” en 1912 qui est le naufrage le plus célèbre de l’histoire, le Président de la République représente l’iceberg qui est à l’origine de l’accident c’est à dire l’obstacle à la bonne marche de ce pays.
Après l’identification du principal problème et en absence des actes qui donnent des lueurs d’espoir, ce peuple que vous croyez facilement domptable vous surprendra en vainquant la peur et se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue possible et plausible.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades avec femmes, enfants et bagages est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cet exercice.
Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de remord et de la désolation…
Si je savais serait trop tard pour vous Monsieur le Président et n’oubliez pas que la danse mythique des vautours du pouvoir qui accompagne chacune de vos sorties laisserait la place à la solitude avec des avoirs gelés et autres.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Imaginez un pompier, le casque encore fumant et la lance à eau en main, qui observe un incendie ravager tout un quartier et murmure aux sinistrés : « Ne me regardez pas comme ça, je suis juste un voisin qui trouve qu’il fait un peu chaud ce soir ». C’est exactement le spectacle irréel auquel ont assisté les auditeurs du grand débat politique Patara. Alors que Bangui étouffe et que les provinces s’asphyxient sous une pénurie de carburant d’une violence inédite, l’ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Serge Ghislain Djorie, a trouvé la parade ultime pour esquiver son bilan : enlever sa casquette d’homme d’État pour enfiler celle du simple automobiliste dépité.
« Je parle en tant qu’un consommateur, je ne vais pas parler en tant que ministre, en tant qu’un politique, mais en tant que citoyen », a-t-il lancé sans cilier sur le plateau de la radio nationale. Une métamorphose spontanée qui a immédiatement suscité l’hilarité et la consternation de son contradicteur, le chercheur Paul Crescent Beninga.
L’ancien ministre, assis à côté de son épouse à la tribune lors du défilé du premier décembre en différé à Obo, dans le Haut-Mbomou
Face à cette amnésie stratégique, le porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC) ne s’est pas privé de remettre les pendules à l’heure. Rappelant à Serge Ghislain Djorie qu’il demeure l’un des comptables politiques directs de cette débâcle pour avoir siégé au Conseil des ministres qui a validé les choix pétroliers controversés des dernières années, Paul Crescent Beninga a raillé une posture d’évitement ridicule : « Lorsqu’on vient à ce genre de débat, on ne participe pas pour faire dans le populisme. Il faut avoir le courage d’avancer les chiffres ! »
Et des chiffres, la société civile en avait à revendre pour démolir la stratégie de « simple citoyen » du camp présidentiel. Paul Crescent Beninga a démontré comment les réformes gouvernementales, soutenues en leur temps par Serge Ghislain Djorie, ont scellé le naufrage du secteur : un monopole accordé à la société Neptune Oil en violation flagrante de la loi de 2007, une chute vertigineuse des recettes fiscales pétrolières tombées à moins de 2 milliards de francs CFA contre 35 à 40 milliards auparavant, et un trou béant de près de 10 milliards relevé par les institutions de Bretton Woods.
Pendant que Paul Crescent Beninga égrenait méthodiquement les preuves d’une gestion opaque ayant enrichi des intermédiaires au détriment du Trésor public, Serge Ghislain Djorie continuait de jouer les victimes du système. Assurant qu’il peinait lui aussi à trouver quelques litres de carburant pour son propre véhicule, l’ancien ministre s’est lancé dans des justifications embarrassantes, invoquant tour à tour la guerre en Ukraine, le conflit au Moyen-Orient ou encore la faiblesse du niveau des eaux de la rivière Oubangui.
Cette tentative désespérée de se fondre dans la masse des Centrafricains qui font la queue pendant des heures sous un soleil de plomb n’a convaincu personne. En cherchant à fuir ses responsabilités derrière la figure du « citoyen qui galère », Serge Ghislain Djorie n’a réussi qu’à prouver une chose : face au naufrage de la politique énergétique du pays, le pouvoir a choisi de baisser les bras et de faire la queue à la pompe aux côtés de ceux qu’il était censé protéger.
Par Alain Nzilo
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La pénurie de carburant en Centrafrique soulève des questions majeures lors du débat politique où Serge Ghislain Djorie et Paul Crescent Beninga s’affrontent sur la gestion du secteur.
Six mois après l’investiture de Faustin-Archange Touadéra pour un troisième mandat illégal, le BRDC dénonce la dégradation continue des conditions de vie en Centrafrique.
Le BRDC critique la gouvernance du troisième mandat
Le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) a dressé, vendredi 11 septembre 2026 à Bangui, un bilan critique des premiers mois du troisième mandat de Faustin-Archange Touadéra.
Les leaders du BRDC lors de la conférence de presse du vendredi 11 septembre 2026. Photo CNC
Dans ses propos liminaires lors d’une conférence de presse, le BRDC estime que les orientations prises depuis l’investiture du président ne permettent pas d’espérer une amélioration de la situation politique, économique et sociale.
Le regroupement de partis d’opposition affirme que les promesses annoncées au début de ce nouveau mandat n’ont pas répondu aux attentes d’une partie de la population centrafricaine.
Pour le BRDC, la reconduction des principales autorités aux mêmes postes a également réduit les espoirs de changement attendus après le début de cette nouvelle période politique.
Des conditions de vie toujours préoccupantes
Le BRDC affirme que les conditions de vie continuent de se dégrader dans plusieurs secteurs, malgré les annonces et les projets présentés par le pouvoir.
L’organisation politique estime que les autorités mettent en avant de grands chantiers liés à la nouvelle République, sans que ces annonces produisent, selon elle, des améliorations suffisantes dans la vie quotidienne des Centrafricains.
Le BRDC dit vouloir alerter la population sur cette évolution au début du troisième mandat de Touadéra.
Cette critique porte notamment sur la capacité du gouvernement à répondre aux difficultés économiques et sociales auxquelles restent confrontées de nombreuses familles.
Le regroupement d’opposition inscrit cette situation dans une critique plus large de la gouvernance du Mouvement cœurs unis (MCU), formation politique du président Touadéra.
Le BRDC annonce ainsi une lecture sectorielle des résultats du pouvoir, en commençant par les difficultés économiques et les engagements pris par la Centrafrique dans le cadre de son développement.
Deux décrets présidentiels, deux sociétés, quatre permis miniers et le même silence autour des noms qui repartent avec le sous-sol centrafricain dans leurs poches.
Le 27 avril 2026, le conseil des ministres extraordinaire a validé l’attribution de trois permis d’exploitation de petites mines à Wenjin One, dans la sous-préfecture de Baboua, et un permis de recherche aurifère à Kona Resources dans le bassin de la Nana. Le ministre des Mines a présenté les dossiers. Le dictateur a signé. Les décrets iront à sa table pour promulgation.
Touadera et son gouvernement réunis autour de diamant découvert par le collecteur de boubou blanc
Rappelons – le, la société Wenjin One avait déjà obtenu cinq permis de recherche en janvier 2024, par décret numéro 24.005. Elle revient aujourd’hui avec une étude de faisabilité, un certificat de conformité environnementale, et trois zones délimitées prêtes à l’exploitation. Tout est en ordre, dit le ministre. Mais en ordre pour qui ? Les résultats de l’exploration, les volumes estimés, la valeur des gisements de Dongori et d’Idere, rien de tout cela n’a été rendu public. Le peuple de Baboua ne sait pas ce qui part de sous ses pieds.
Kona Resources arrive avec un programme de recherche sur l’or dans la commune de Niem-Yélewa. Plusieurs indices détectés, dit le dossier. Des travaux approfondis nécessaires. La société a payé ses frais, satisfait aux conditions réglementaires. Permis accordé. Qui est Kona Resources ? D’où vient-elle ? Quel est son historique dans d’autres pays africains ? Le compte rendu du conseil n’en dit mot.
Touadéra, en reprenant la parole ce jour-là, a rappelé que la loi minière de 2024 garantit à l’État 10 % du capital de chaque société d’exploitation et 10 % de la production brute. Il a dit qu’il faut rendre opérationnelle la police des mines pour lutter contre la fraude et la contrebande. Il a dit qu’il faut légiférer sur le cyanure.
Ces mêmes mots ont été prononcés lors d’autres conseils. La police des mines attend toujours. Les textes sur le cyanure n’existent pas. Les 10 % pour l’État restent une promesse écrite dans un code que personne ne fait respecter.
Ce qui fonctionne, en revanche, c’est la machine à permis. Depuis des années, chaque conseil des ministres produit ses attributions minières. Les sociétés changent de nom, les préfectures changent, les minerais varient entre l’or, les diamants et les petites mines. Mais le schéma reste identique : un dossier déposé, des frais payés, un décret signé, et une société étrangère qui repart avec un accès légal aux ressources d’un pays dont la population ne voit jamais la couleur des revenus.
La RCA a un code minier. Elle a des ministères, des agences, des textes de loi. Ce qu’elle n’a pas, c’est un mécanisme qui oblige ces sociétés à rendre des comptes après la signature.
Wenjin One exploitera à Baboua. Kona Resources cherchera de l’or dans la Nana. Et dans le prochain conseil des ministres extraordinaire, il y aura sans doute d’autres noms, d’autres permis, d’autres décrets.
Pour Faustin Zaméto, sociologue et analyste politique, les 44 % de réussite globale au Baccalauréat 2026 ne traduisent pas seulement le niveau des élèves. Ils renvoient aussi aux inégalités de capital culturel et aux mécanismes de sélection de l’école centrafricaine. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Les résultats du Baccalauréat 2026 suscitent une lecture particulière de la part de Faustin Zaméto. Avec 44 % de réussite globale, contre 46,26 % en 2025, le sociologue estime que ces chiffres doivent être analysés au-delà des statistiques officielles.
Faustin ZAMÉTO, Sociologue et Écrivain
Dans une analyse consacrée au système éducatif centrafricain, Faustin Zaméto s’appuie sur les travaux de Pierre Bourdieu pour examiner les conditions de réussite et d’échec des candidats. Il s’intéresse notamment à la rigueur appliquée pendant les examens, à l’utilisation des téléphones et au recrutement annoncé de 1 500 enseignants. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Centrafrique : Faustin Zaméto considère le Bac comme un instrument de sélection sociale
Pour Faustin Zaméto, le Baccalauréat constitue bien plus qu’un examen permettant de sanctionner la fin des études secondaires. À partir de la pensée de Pierre Bourdieu, il présente le diplôme comme un titre qui transforme les compétences scolaires en capital culturel reconnu par l’État.
Le sociologue estime que les candidats n’entrent pas dans cette compétition avec les mêmes ressources. Certains disposent d’un environnement familial et scolaire plus favorable. D’autres arrivent aux examens avec des parcours beaucoup plus difficiles. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Faustin Zaméto analyse également le discours du ministre d’État Aurélien Simplice Kongbelet-Zingas sur la rigueur appliquée aux examens. Le ministre avait notamment évoqué la lutte contre la fraude et la saisie des téléphones utilisés par certains candidats. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Pour Faustin Zaméto, cette rigueur permet à l’État de défendre la valeur du diplôme. La baisse du taux de réussite peut alors être présentée comme la conséquence d’un contrôle plus strict, plutôt que comme une simple dégradation des résultats scolaires. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Centrafrique : Faustin Zaméto voit dans le téléphone un recours pour les élèves les plus fragiles
L’utilisation des téléphones Android pendant les examens constitue un autre axe de l’analyse de Faustin Zaméto. Le sociologue considère cet outil comme une forme de capital technologique pouvant servir de moyen de compensation pour certains candidats.
Dans son raisonnement, les élèves ne disposent pas tous du même capital culturel. Ceux qui ont bénéficié d’un environnement familial favorable peuvent avoir davantage intégré les habitudes et les connaissances attendues par l’institution scolaire. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Faustin Zaméto estime donc que la fraude ne peut pas être étudiée uniquement sous l’angle de la discipline scolaire. Il l’inscrit aussi dans les différences de ressources dont disposent les candidats avant même leur arrivée dans la salle d’examen.
Le sociologue analyse ensuite la décision de détruire les téléphones saisis. Il considère cette pratique comme une forme de violence symbolique au sens donné à cette notion par Pierre Bourdieu. L’objet utilisé pour contourner les règles devient ainsi le symbole d’un affrontement entre différentes formes de capital. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Centrafrique : Faustin Zaméto salue la redistribution annoncée de 1 500 enseignants
Le recrutement de 1 500 enseignants « craie en main », annoncé sur instruction du président Faustin-Archange Touadéra, occupe également une place importante dans l’analyse de Faustin Zaméto. Le sociologue y voit une tentative de réduire les écarts entre les différentes zones du pays.
Faustin Zaméto rappelle que les régions éloignées disposent souvent de moins d’enseignants et de ressources scolaires. Cette répartition inégale réduit les possibilités d’accès au capital culturel nécessaire à la réussite scolaire. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Pour le sociologue, l’affectation des 1 500 enseignants dans les inspections académiques constitue donc une intervention directe de l’État dans la distribution des ressources éducatives. Il rapproche cette fonction du concept de « capital étatique » développé dans la pensée de Bourdieu.
Cette mesure ne suffirait pas, à elle seule, à modifier les mécanismes de sélection scolaire. Faustin Zaméto estime que les résultats du Bac 2026 montrent que les inégalités accumulées au cours de la scolarité continuent de peser sur les candidats. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Centrafrique : Faustin Zaméto conteste une lecture limitée au « niveau réel » des candidats
Faustin Zaméto s’oppose aussi à une lecture des résultats qui considérerait les 44 % de réussite comme une mesure directe du niveau des élèves. En s’appuyant sur Bourdieu et Passeron, il rappelle que l’école évalue aussi les dispositions acquises par les élèves au cours de leur parcours.
Pour le sociologue, les exigences scolaires ne sont pas indépendantes des conditions sociales dans lesquelles les élèves grandissent et étudient. En Centrafrique, les interruptions de scolarité liées aux crises peuvent accentuer ces écarts. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Faustin Zaméto estime ainsi que l’échec scolaire ne peut pas toujours être attribué au manque de travail individuel. Une partie des difficultés résulte aussi, selon son analyse, de l’inégale distribution du capital culturel avant l’arrivée au Baccalauréat.
Il considère que l’école peut alors transformer des différences sociales de départ en différences de réussite scolaire. Le diplôme apparaît ensuite comme la récompense d’une sélection qui peut sembler uniquement fondée sur le mérite.
Centrafrique : Faustin Zaméto estime que les 44 % de réussite prolongent la sélection scolaire
Selon les chiffres repris par Faustin Zaméto, 14 820 candidats ont été admis au Baccalauréat 2026, tandis que 18 864 autres ont été recalés. Le sociologue distingue ainsi les candidats qui pourront convertir leur diplôme en nouvelles opportunités et ceux qui restent à l’écart de cette progression. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Pour Faustin Zaméto, les admis disposent d’un capital scolaire susceptible de faciliter leur accès à l’enseignement supérieur, puis à des ressources sociales et économiques. Les recalés peuvent, eux, finir par considérer leur résultat comme un échec strictement personnel.
Le sociologue estime que cette perception peut masquer le poids des conditions scolaires et sociales. Dans sa lecture de Bourdieu, c’est précisément l’un des mécanismes de la violence symbolique : les personnes en difficulté peuvent finir par attribuer leur situation à leurs seules insuffisances.
Faustin Zaméto considère enfin que la rigueur des examens reste nécessaire pour préserver la crédibilité du Baccalauréat. Il estime toutefois que la lutte contre la fraude ne suffit pas à régler les inégalités qui se construisent dès les premières années de scolarisation. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Pour Faustin Zaméto, l’enjeu dépasse donc la saisie et la destruction des téléphones. Son analyse invite à examiner les conditions dans lesquelles les élèves accèdent au capital culturel, à l’enseignement et aux mêmes possibilités de préparation aux examens, bien avant leur arrivée devant les épreuves du Baccalauréat. EDUC'NEWS BACCALAURÉAT 2026 44 POUR CENT DE RÉUS SITE GLOBALE. L'ÉCOLE CENTRAFRICAINE À L'ÉPREUVE DE LA RIGUEUR ANALYSE SOCIOLOGIQUE DU POINT DE VUE BOURDIEUSIEN.docx
Deux femmes ont été tuées sur le coup dans un accident de la circulation survenu jeudi 10 septembre 2026 à 21 heures, à la montagne de Kassango, à l’entrée de la ville de Boali. L’une des victimes a été identifiée, tandis que l’identité de la seconde reste inconnue.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, le camion dans lequel se trouvaient les deux femmes a rencontré un problème alors qu’il circulait sur la montagne de Kassango. Le véhicule s’est renversé, piégeant les deux passagères sous le camion.
Un moto taximan à Bangui devant un véhicule de la gendarmerie et prêt à dépasser un policier au contrôle
Alertés en urgence, les gendarmes de la brigade de Boali sont intervenus sur les lieux pour procéder aux premières constatations. Les deux femmes ont été retrouvées mortes sous le véhicule et leur décès a été constaté sur place.
L’une des victimes s’appelle Kossi Davila, originaire de Damara. Elle se rendait à Yaloké, une ville située à environ 225 kilomètres de Bangui. L’autre femme devait se rendre à Boali. Son identité n’a pas encore été établie par les forces de l’ordre.
Cet accident s’ajoute à la série d’accidents mortels enregistrés sur les routes centrafricaines. La circulation sur certains axes reste marquée par les difficultés liées à l’état des routes, aux conditions de transport et aux pannes mécaniques des véhicules.
La rédaction du CNC poursuit ses vérifications sur les circonstances précises de l’accident ainsi que sur l’identité de la seconde victime.
Dix-neuf personnes ont été blessées vendredi dans un accident de la circulation à l’entrée de Yaloké, une ville située à environ 225 kilomètres de Bangui. Aucun décès n’a été signalé pour le moment, selon les informations recueillies par la rédaction du CNC.
L’accident impliquait un minibus Toyota Hiace appartenant à l’agence de transport terrestre Pacifique. Le véhicule s’est renversé alors qu’il arrivait à l’entrée de la ville de Yaloké. Les circonstances précises ayant provoqué le renversement restent à déterminer.
À Zawa, situé entre Yaloké et Bossemptélé. CopyrightCNC
Les 19 blessés ont été évacués vers l’hôpital de Yaloké, où ils sont actuellement pris en charge par le personnel médical. Aucun décès n’a été enregistré parmi les passagers au moment de la rédaction de cet article.
Cet accident intervient quelques heures seulement après un autre drame enregistré à la montagne de Kassango, à l’entrée de Boali. Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 septembre, deux femmes ont été tuées sur le coup après le renversement d’un camion sur cet axe routier.
La multiplication des accidents de la circulation et le nombre de victimes enregistrées sur les routes centrafricaines préoccupent de plus en plus les usagers. Les difficultés liées à l’état des routes, aux conditions de transport et aux défaillances mécaniques sont régulièrement citées parmi les facteurs de risque.
Face à ces accidents qui se répètent, de nombreux Centrafricains disent ne plus compter que sur la protection de Dieu pour leurs déplacements. Cette inquiétude s’accentue alors que les usagers attendent des mesures concrètes des pouvoirs publics pour renforcer la sécurité routière et protéger les personnes qui empruntent quotidiennement les axes du pays.
Taxes écrasantes : Comment le gouvernement freine les jeunes entreprises centrafricaines
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka.jpg” data-wpel-link=”internal”>Thierry Patrick Akoloza
Les jeunes entreprises en République centrafricaine croulent sous des taxes écrasantes, tandis que le gouvernement manque de mesures concrètes pour soutenir l’entrepreneuriat national.
Le débat radiophonique Patara de la radio Ndékè Luka de juin 2025, animé par Armando Yanguendji, a dévoilé les obstacles majeurs auxquels font face les petites et moyennes entreprises (PME) centrafricaines, avec un accent particulier sur la fiscalité punitive imposée par l’État.
Comme l’a souligné Dieubéni Antiga, secrétaire général du collectif des jeunes entrepreneurs centrafricains, les nouvelles entreprises sont soumises à des taxes dès leur première année d’activité, une pratique qui contraste avec d’autres pays où des exonérations fiscales sont accordées pour encourager la création et la pérennité des PME. Cette charge fiscale excessive contribue à la disparition de 80 % des jeunes entreprises dans les trois premières années, selon les observations des intervenants.
Le manque de mesures d’accompagnement aggrave cette situation. Les entrepreneurs, comme l’a exprimé M. Antiga, peinent à accéder à des financements abordables et à des services pour certifier leurs états financiers, un processus coûteux qui freine leur développement. Malgré les promesses gouvernementales, telles que la mise en place du fonds national de garantie ou la relance du CAPMEA (Centre d’appui aux petites et moyennes entreprises africaines), ces initiatives restent inefficaces ou inaccessibles. Les intervenants ont dénoncé l’absence de guichets dédiés pour accompagner les entrepreneurs sérieux, ainsi qu’un manque de transparence dans la communication des dispositifs existants, comme les exonérations fiscales potentielles évoquées au ministère des Finances.
Par ailleurs, le débat a révélé un sentiment d’abandon face à la concurrence des entreprises étrangères, qui bénéficient souvent de marchés publics au détriment des PME nationales. Cette situation, couplée à une fiscalité oppressante, décourage les entrepreneurs centrafricains et limite leur contribution au développement économique national. Le gouvernement, critiqué pour son manque de gouvernance et d’engagement concret, doit revoir ses priorités pour offrir un environnement fiscal et administratif favorable à l’émergence d’un secteur privé dynamique….
Les combats entre Séléka et anti-balaka ont déchiré la Centrafrique de 2013 à 2016. Le bilan est catastrophique : des milliers de victimes et un exode massif de plus de deux millions des centrafricains. À Bégoua, au nord de Bangui, des centaines de familles musulmanes ont tout abandonné dans la précipitation pour sauver leur peau. Et la suite, on connait.
Ces quartiers, situés aux abords des PK13, PK14 et PK15 le long de la route de Boali, abritait une communauté multiethnique. Le marché à bétail, situé auparavant au PK14, attirait des centaines des commerçants et éleveurs peuls venus de tout le pays. Les transactions y étaient quotidiennes, les familles y vivaient depuis des générations. Lorsque la coalition Séléka a renversé le président François Bozizé en mars 2013, personne n’imaginait l’ampleur du désastre à venir. Les représailles ont été immédiates et sanglantes. Les miliciens anti-balaka se sont organisés pour répondre aux exactions de la Séléka, déclenchant un cycle de violence incontrôlable.
CopyrightCNC
À Bégoua, la situation est devenue invivable, voir difficile en quelques semaines, pour ne pas dire quelques jours. Les habitants musulmans ont compris qu’ils devaient partir ou mourir. L’Organisation internationale pour les migrations a également organisé l’évacuation en urgence. Des dizaines de camions ont transporté les familles vers l’intérieur du pays ou vers les frontières. Direction le Tchad pour certains, le Cameroun pour d’autres. Quelques-uns ont traversé jusqu’en République démocratique du Congo ou au Congo-Brazzaville. Le départ s’est fait dans la panique, sans préparation, sans pouvoir emporter grand-chose.
Les maisons sont restées là, intactes pour la plupart. Des centaines de constructions abandonnées du jour au lendemain. Rapidement, d’autres centrafricains ont compris l’opportunité de faire de l’argent vite fait. Des chefs de quartier se sont proclamés gestionnaires des biens vacants. Des combattants anti-balaka ont revendiqué certaines parcelles comme butin de guerre. De simples opportunistes ont saisi l’occasion. Les ventes illégales ont commencé presque immédiatement. Des terrains qui ne leur appartenaient pas ont changé de mains contre quelques billets. D’autres occupants ont simplement investi les lieux sans payer quoi que ce soit, construisant leurs propres habitations sur les fondations des anciennes.
Quand la paix est revenue progressivement, à partir de 2016, une partie des déplacés a tenté de rentrer au pays, y compris dans la capitale. Mais vue la tension qui règne encore, beaucoup se sont installés au quartier KM5, dans le troisième arrondissement de Bangui, où la communauté musulmane s’est regroupée. D’ailleurs c’est le dernier bastion des musulmans dans la capitale durant cette crise. C’était plus sûr, plus facile de recommencer leur vie là-bas. Quelques courageux ont essayé de regagner Bégoua, timidement, testant l’accueil de leurs anciens voisins. Mais pour la majorité des victimes des PK12, PK13 et PK14, le retour reste un rêve inaccessible. Leurs propriétés sont occupées par de nouveaux habitants qui refusent de partir.
Les plaintes se sont multipliées devant les juridictions. Les dossiers s’empilent dans les tribunaux de Bangui. Le dictateur Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro a promis de faire quelque chose aux victimes à plusieurs reprises. À chaque fois, le même discours : il faut patienter, le gouvernement va trouver une solution. Avant l’élection présidentielle de 2020, on leur avait assuré qu’après le scrutin, les choses allaient se débloquer. Le vote a eu lieu, Touadéra a été frauduleusement réélu, mais rien n’a bougé pour les déplacés de Bégoua.
Aujourd’hui, à quelques mois de l’élection de 2025, on leur répète à nouveau d’attendre encore. Après le scrutin, promet-on, une commission spéciale sera créée pour examiner chaque cas. Les victimes ont entendu ces mots tellement de fois qu’elles ne savent plus si elles doivent y croire.
Pendant ce temps, la vie continue tant bien que mal. Les familles musulmanes de Bégoua louent des logements au PK5, payant des loyers qui grèvent leurs budgets. Certains occupent des chambres exiguës à plusieurs, faute de moyens. Les anciens propriétaires qui possédaient de vastes concessions à Bégoua se retrouvent entassés dans des espaces minuscules. L’injustice est quotidienne, visible, palpable.
Le réquisitoire du juriste malien fustige les appareils judiciaires asservis qui éliminent les rivaux politiques, une dérive dont le régime de Bangui offre désormais une application totale et implacable.
Dans sa vibrante lettre ouverte du 10 juillet 2026, l’avocat et ancien garde des Sceaux malien, Mamadou Ismaila Konaté, posait un diagnostic implacable sur l’état de la justice sur le continent africain : « On ne demande plus à nos justices de trancher, on leur demande d’éliminer. » Évoquant les tactiques de l’exclusion politique les condamnations de circonstance, les exils forcés et les contestations de nationalité —, la tribune de Konaté trouve son incarnation la plus spectaculaire et la plus brutale en République Centrafricaine (RCA). Sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra, Bangui est devenue le cas d’école parfait de cette dérive institutionnelle, où la Constitution et l’appareil judiciaire ne servent plus à organiser l’État, mais à fabriquer administrativement l’exclusion des rivaux politiques.
Le « coup d’État constitutionnel » imposé par les armes et le reniement des juges
Le texte de Konaté rappelle que l’arbitraire a cruellement besoin de la signature des magistrats pour paraître légal. En RCA, l’histoire récente s’est écrite dans le sang et le déni du droit. Lorsque le président Touadéra a voulu s’offrir une présidence à vie en faisant sauter le verrou limitant les mandats présidentiels, la Cour constitutionnelle alors présidée par l’intrépide juge Danièle Darlan s’y est opposée avec fermeté, invalidant les projets de décrets du pouvoir.
Touadera et Ngamana lors de la remise du projet de la nouvelle constitution du troisième mandat illégal
La réponse du régime, solidement parrainé par les mercenaires russes du groupe Wagner, a été d’une violence institutionnelle inouïe : la destitution brutale et illégale de Danièle Darlan pour « empêchement définitif ». Une fois le dernier rempart judiciaire brisé et la Cour reprise en main par son oncle et des magistrats dociles, la nouvelle Constitution rédigée sur mesure a été imposée par référendum. Ce n’est plus la justice qui protège les citoyens, c’est une parodie de légalité qui sanctuarise le pouvoir d’un homme sous la surveillance de forces paramilitaires étrangères.
L’arme de la « nationalité exclusive » : L’exclusion à géométrie variable
Le cœur de la démonstration de Konaté réside dans ce qu’il qualifie de « prétextes » : utiliser la loi pour trier qui a le droit d’être candidat. La Constitution centrafricaine de Touadéra a introduit une clause d’exclusion redoutable sous des dehors patriotiques : pour briguer la magistrature suprême, il faut être « Centrafricain d’origine et n’ayant que la seule nationalité centrafricaine ».
Sur le papier, l’argument flatte le souverainisme. Dans les faits, c’est une guillotine administrative exclusivement réservée à l’opposition. Le cas de l’opposant Anicet-Georges Dologuélé (URCA) en est l’illustration parfaite. Pour se conformer à cette nouvelle règle en vue des scrutins, cet économiste et ancien Premier ministre a officiellement renoncé à sa double nationalité française. Pourtant, la machine d’État s’est immédiatement retournée contre lui : refus de renouvellement de passeport, contestation acharnée de son certificat de nationalité par les tribunaux, le laissant dans une situation ubuesque d’apatride de fait, bien qu’il soit élu député de la nation. On lui complique la vie à dessein, l’enfermant dans un labyrinthe juridique pour l’empêcher d’exister politiquement.
L’impunité des proches du pouvoir : Le règne du double standard
Ce qui achève de démontrer la nature purement politicienne de cette législation, c’est l’asymétrie totale de son application. Pendant que Dologuélé est harcelé et que d’autres leaders d’opposition sont exclus, le premier cercle de Faustin-Archange Touadéra jouit d’une immunité absolue face aux mêmes textes.
La présidence de l’Assemblée nationale, les ministères clés et les cabinets de conseillers regorgent de cadres du pouvoir possédant la double nationalité (notamment française) ou des origines régionales transfrontalières complexes. Le père même du chef de l’État a fait l’objet de vifs débats quant à ses attaches géographiques, ce qui a récemment alimenté des pétitions citoyennes sur les « vraies origines » de Touadéra. Pourtant, sous les yeux des procureurs et des juges centrafricains, le silence est total. La loi n’est pas la même pour tous : elle est un bouclier pour les courtisans du régime, et un glaive pour ceux qui osent contester la présidence à vie.
Le stylo du juge face à la caserne de Wagner
« La grandeur de votre fonction n’est pas dans le pouvoir de condamner. Elle est dans la liberté de ne pas obéir quand obéir serait trahir », écrivait Mamadou Ismaila Konaté à l’adresse des magistrats. En République Centrafricaine, l’appareil judiciaire s’est agenouillé devant les kalachnikovs de Wagner et les décrets de la présidence. En acceptant d’avaliser l’exclusion de figures majeures de l’opposition et en fermant les yeux sur les violations flagrantes des critères d’éligibilité au sein du parti au pouvoir, les juges centrafricains ont transformé l’État en une caserne.
Le cas d’école de la RCA démontre tragiquement la thèse de la tribune de Konaté : lorsque le politique réussit à confisquer la nationalité et le droit de vote avec la complicité de la robe noire, la démocratie s’éteint pour laisser place à la tyrannie, habillée bien pauvrement des oripeaux du droit.
Pour approfondir les mécanismes géopolitiques complexes et l’influence des puissances étrangères en République Centrafricaine, vous pouvez consulter ce reportage détaillé : Centrafrique : l’ombre de Wagner sur les institutions. Cette vidéo analyse précisément comment les dynamiques politiques et les réformes constitutionnelles à Bangui s’articulent avec la présence des paramilitaires russes pour verrouiller l’espace démocratique et cibler les figures de l’opposition.
C’est une scène qui prêterait à sourire si l’avenir économique du pays n’était pas en jeu. Devant les caméras, le Premier ministre Félix Moloua s’est fendu d’une déclaration ridicule pour justifier la paralysie du Plan National de Développement (PND), ce programme censé guider notre essor économique. Pointant du doigt les « acteurs de la chaîne de gestion », les partenaires financiers et les coordonnateurs internationaux, il a tenté d’expliquer pourquoi ce plan stratégique fait du surplace. À l’écouter, il serait un simple observateur, un spectateur impuissant découvrant subitement les blocages d’une machine qu’il est pourtant censé piloter.
Mais à qui croit-il faire avaler cette couleuvre ?
Amnésie sélective au sommet de l’État
Pour comprendre l’indécence de cette sortie, il faut rafraîchir la mémoire du chef du gouvernement. L’argument du « spectateur » ne tient pas face aux faits. L’homme n’est pas un novice parachuté par hasard pour constater les dégâts. C’est un pur produit de cette administration : ancien haut fonctionnaire au sein même du ministère du Plan et de l’Économie, il y a fait ses armes. Mieux encore, avant d’être nommé Premier ministre, il a dirigé ce super-ministère de l’Économie et du Plan pendant plus de cinq ans.
Le premier ministre Félix Moloua avec sa bouche entre-ouverte
Le PND, c’est son bébé. Pendant une demi-décennie, c’est lui, et personne d’autre, qui tenait le stylo, qui négociait les financements avec les bailleurs de fonds et qui mettait en place cette fameuse « chaîne de gestion » qu’il critique aujourd’hui. S’il y a des défaillances, des blocages ou de l’incompétence dans l’exécution de ce plan national, ce sont les fruits directs de sa propre gestion. Se plaindre aujourd’hui de l’inefficacité du système, c’est signer l’aveu de son propre échec professionnel et politique.
Le « blabla » comme méthode de gouvernance
En brandissant l’arrivée d’un « nouveau ministre du Plan » comme la solution miracle et la nouvelle « porte d’entrée » pour sauver le PND, le Premier ministre tente une manœuvre politique grossière : se trouver un fusible. C’est la politique du bouc émissaire. Après cinq ans de promesses non tenues et de stagnation économique, la rhétorique du pouvoir se résume toujours à la même chose : du verbiage, du vent, du « blabla » permanent pour masquer un vide abyssal en matière de résultats concrets pour la population.
Comment un chef de gouvernement, dont le rôle constitutionnel est d’impulser et de coordonner l’action publique, peut-il se délester de sa responsabilité avec autant de légèreté ? Si le Premier ministre n’a aucun contrôle sur l’exécution du plan le plus important du pays après tant d’années au pouvoir, une question légitime se pose : à quoi sert-il ?
Un duo responsable du naufrage
La vérité que cette déclaration tente de masquer est pourtant évidente : le premier et unique responsable de la faillite du PND, c’est lui.
Mais il ne faudrait pas s’arrêter au Premier ministre. Ce théâtre d’ombres ne se joue pas à guichets fermés. Il s’articule directement sous la direction du chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra. Ce système à double tête, caractérisé par un contrôle absolu des institutions et une dérive autocratique, ne laisse aucune place à l’imprévu. Rien ne se fait, rien ne se finance, et rien ne se bloque sans l’aval ou la passivité complice du sommet de l’État.
Le Premier ministre et son président forment les deux faces d’une même pièce : celle d’un régime qui préfère blâmer les cadres intermédiaires et les partenaires internationaux plutôt que d’assumer son incapacité chronique à développer le pays.
En voulant rejeter la faute de l’échec du PND sur les autres, le Premier ministre n’a réussi qu’une chose : démontrer sa propre inutilité et confirmer ce que les citoyens savent déjà. Le poisson pourrit par la tête, et il est temps que ceux qui confisquent le pouvoir assument enfin les conséquences de leur naufrage économique.
À Bangui, Anicet-Georges Dologuélé dénonce l’usage de la nationalité comme arme d’exclusion politique. Le chef de l’opposition dit sa honte face à ce spectacle offert à la jeunesse centrafricaine.
La nationalité, une arme politique aux mains du pouvoir
« J’ai honte de cette image que nous donnons aux jeunes », a déclaré le leader de l’opposition devant plusieurs témoins de son entourage. Le pouvoir transforme un droit civique fondamental en privilège accordé selon les circonstances, dénonce-t-il. Cette pratique installe une insécurité juridique permanente pour l’ensemble des citoyens, selon des juristes proches du dossier. Les autorités écartent ainsi des figures gênantes du jeu démocratique sans recourir aux textes fondateurs. Un cadre de l’opposition affirme que « aucune procédure légale ne motive ces décisions ». Cette stratégie affaiblit la cohésion nationale à un moment charnière pour le pays.
Le leader de l’URCASA, monsieur Anicet Georges DOLOGUELÉ
Les nouvelles générations espèrent des dirigeants capables d’incarner l’unité et le progrès collectif. Le pouvoir leur offre à la place l’image d’un affrontement stérile autour de questions d’appartenance, estiment des observateurs de la scène politique. Ce décalage entre les aspirations du peuple et les intrigues du sommet inquiète des acteurs associatifs. « Les jeunes se détournent des institutions quand ils voient leurs aînés se déchirer ainsi », confie un responsable d’une organisation de jeunesse. La confiance envers les institutions républicaines s’érode chaque jour davantage, selon plusieurs témoignages recueillis à Bangui.
Le blocage du dialogue accentue la fracture nationale
Le gouvernement ferme la porte au dialogue constructif et au respect des textes fondateurs, selon l’entourage de Dologuélé. Cette obstination à maintenir un leader d’opinion en captivité administrative freine l’épanouissement démocratique du pays. Des voix de la société civile réclament une sortie de crise fondée sur le droit plutôt que sur l’arbitraire. « Le pays a besoin d’apaisement, pas de nouvelles fractures », plaide un analyste centrafricain cité par des relais de l’opposition. La reprise d’un dialogue politique inclusif reste, pour beaucoup d’observateurs, la seule issue durable à cette crise.
Des mercenaires russes du groupe Wagner ont violemment agressé mercredi dernier des habitants dans une église du village Tamboura, à 20 kilomètres de Zémio.
Des habitants frappés dans l’enceinte de l’église
Les faits se sont produits mercredi 9 septembre 2026 dans le village Tamboura PK20, sur l’axe Mboki, dans la préfecture du Haut-Mbomou. Des mercenaires russes du groupe Wagner sont arrivés dans la localité alors que plusieurs habitants se trouvaient dans l’église MSEP, Mission de Sainte Esprit par la Prophétie en train de faire le culte.
Les Wagner, lourdement armés, sont entrés dans l’église et ont empêché les personnes présentes de sortir. Les habitants ont ensuite été déshabillés complètement avant d’être frappés un par un par les mercenaires.
Les violences ont touché plusieurs personnes présentes dans le lieu de culte. Une matrone du village, exerçant comme l’unique sage-femme, se trouve actuellement dans un état critique après avoir été violemment battue.
Cette nouvelle opération intervient quelques jours après le retour des députés du Haut-Mbomou dans leurs circonscriptions. Les parlementaires avaient effectué une mission de sensibilisation auprès des habitants déplacés ou réfugiés.
Ils avaient demandé aux populations de regagner leurs villages et de reprendre progressivement leurs activités. Le message visait notamment les habitants qui hésitaient encore à rentrer en raison de l’insécurité.
Après cette campagne, plusieurs familles avaient commencé à revenir dans leurs localités. Les députés ont ensuite regagné Bangui. Une semaine plus tard, les mercenaires russes se sont rendus à Tamboura et ont agressé les habitants présents dans l’église.
Des violences dont les habitants attendent des explications
Aucun motif précis n’a été communiqué pour expliquer cette intervention des mercenaires du groupe Wagner à Tamboura. Les habitants victimes des violences restent confrontés aux conséquences des coups reçus, tandis que l’état de santé de la matrone provoque une vive inquiétude dans la localité.
Les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique auprès des victimes permettent déjà d’établir la réalité des violences survenues mercredi dans cette église.
La rédaction du CNC poursuivra ses investigations sur cette affaire. Un article plus complet sera publié lundi prochain avec les témoignages de plusieurs victimes et des précisions sur le déroulement des violences dans le village Tamboura.
Fidèle Gouandjika accuse directement la France dans l’affaire de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé. Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le conseiller du pouvoir affirme que la décision française de prendre acte de la renonciation de Dologuélé à sa nationalité française aurait contribué à créer une situation d’apatridie.
« J’accuse la France »
« J’ACCUSE LA FRANCE, je persiste et je signe », écrit Fidèle Gouandjika en ouverture de son texte.
Le conseiller du pouvoir présente ensuite la situation comme la conséquence d’un enchaînement entre la renonciation de Dologuélé à sa nationalité française et la contestation de sa nationalité centrafricaine.
Cette présentation laisse pourtant de côté un élément central du dossier : c’est la position défendue aujourd’hui par les autorités centrafricaines sur la nationalité de Dologuélé qui place celui-ci au cœur de cette controverse.
Fidèle Gouandjika affirme que « la France, ayant ratifié la convention internationale sur les apatrides, savait pertinemment qu’en libérant Monsieur DOLOGUÉLÉ de son allégeance, elle allait faire de lui un apatride ».
Le raisonnement présenté par le conseiller du pouvoir inverse ainsi les responsabilités dans le dossier. La France est accusée d’avoir créé le risque d’apatridie alors que la contestation actuelle porte d’abord sur la reconnaissance de la nationalité centrafricaine de Dologuélé.
Si les autorités centrafricaines considèrent aujourd’hui que Dologuélé n’est plus Centrafricain, c’est cette position qui produit directement les conséquences administratives et politiques dénoncées dans le dossier.
« La seule voix de sortie »
Fidèle Gouandjika écrit également que « la seule voix de sortie » serait une demande de réintégration de Dologuélé dans la nationalité française auprès de Paris si le gouvernement ne lui rétablissait pas son certificat de nationalité centrafricaine.
Cette formulation est particulièrement révélatrice. Elle place Dologuélé devant une alternative créée par le débat actuel : obtenir la reconnaissance de sa nationalité centrafricaine ou redevenir Français.
Le député se retrouve ainsi présenté comme susceptible de devenir apatride alors même que la controverse porte sur l’interprétation des règles centrafricaines relatives à la perte de nationalité.
Un député présenté comme « apatride »
Fidèle Gouandjika reconnaît lui-même dans son texte que Dologuélé est « de surcroît député de la Nation ».
Cette situation crée une contradiction politique difficile à ignorer. Un homme élu député par les citoyens peut-il être présenté simultanément par des responsables du pouvoir comme ayant perdu sa nationalité centrafricaine ?
La question devient encore plus sensible lorsque la même personne est concernée par une candidature à la magistrature suprême et par des procédures administratives liées à son identité nationale.
« Pour avoir violé un code de nationalité »
Fidèle Gouandjika affirme que Dologuélé aurait « reconnu sa faute pour avoir violé un code de nationalité ».
Cette formulation transforme une controverse juridique en reconnaissance de culpabilité. Or, l’existence d’une infraction ou d’une perte de nationalité ne peut pas être établie par une simple affirmation politique.
Le cœur du débat reste précisément de déterminer si Dologuélé a perdu sa nationalité centrafricaine, dans quelles conditions cette perte aurait été constatée et quels effets juridiques peuvent en découler.
Dacko, Bokassa, Kolingba : une comparaison contestable
Fidèle Gouandjika élargit ensuite son argument aux anciens chefs d’État David Dacko, Jean-Bedel Bokassa et André-Dieudonné Kolingba.
Il affirme que le même Code de la nationalité aurait été « violé plusieurs fois » par ces dirigeants ainsi que par plusieurs hauts cadres civils et militaires.
Cette comparaison ne répond pas à la question centrale du dossier Dologuélé. Le fait que d’autres responsables aient pu, dans le passé, se trouver dans une situation comparable ne détermine pas automatiquement le statut juridique actuel de l’ancien Premier ministre.
La question demeure celle de l’application précise de la loi à son cas et de l’existence des actes juridiques nécessaires pour constater une éventuelle perte de nationalité.
« Pour redevenir un étranger »
Le passage le plus dur du texte intervient lorsque Fidèle Gouandjika écrit qu’il ne souhaite pas qu’un « enfant de la Patrie », député de la Nation, « puisse perdre définitivement sa tacite nationalité pour redevenir un étranger en réintégrant la nationalité française ».
Cette formulation révèle l’ampleur de la conséquence envisagée. Dologuélé pourrait passer du statut de citoyen centrafricain élu à celui d’étranger s’il devait suivre la voie de la réintégration dans la nationalité française défendue dans le texte.
Le conseiller du pouvoir décrit donc lui-même une situation dans laquelle un député élu pourrait se retrouver sans nationalité centrafricaine.
« Qu’attend réellement le gouvernement et le parlement ? »
Fidèle Gouandjika interpelle ensuite directement les institutions : « Qu’attend réellement le gouvernement et le parlement pour ratifier la convention internationale sur les apatrides ? »
Cette question déplace une nouvelle fois le débat. Le problème immédiat n’est pas seulement celui de l’adhésion de la République centrafricaine à une convention internationale.
Il est d’abord celui de la situation juridique créée autour de Dologuélé par l’interprétation des règles centrafricaines sur la nationalité et par les décisions des institutions nationales.
« Sommes encore dans un état de droit ? »
Fidèle Gouandjika termine son texte par une interrogation adressée aux magistrats : « Sommes encore dans un état de droit en Centrafrique messieurs les magistrats de la République ? »
Cette question est particulièrement paradoxale dans le contexte actuel. Le débat sur Dologuélé oppose justement plusieurs interprétations de textes nationaux et de décisions judiciaires et constitutionnelles.
Le conseiller du pouvoir demande aux magistrats de se prononcer sur l’État de droit, alors que le dossier nécessite avant tout que les institutions appliquent les textes selon leurs compétences et que les décisions rendues soient respectées.
Le chemin tracé par Fidèle Gouandjika
La publication de Fidèle Gouandjika intervient après les déclarations d’Évariste Ngamana, qui affirme que Dologuélé doit engager une procédure de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
Elle intervient également après la prise de position du Parti du Changement Social, qui demande la délivrance immédiate du passeport de Dologuélé et considère que celui-ci n’a jamais perdu sa nationalité centrafricaine.
Le texte de Gouandjika apporte donc une nouvelle pièce au débat. Il présente désormais l’apatridie comme une conséquence possible du refus de Dologuélé de suivre la procédure de réintégration défendue par le pouvoir.
En accusant la France et en interrogeant les magistrats sur l’État de droit, Fidèle Gouandjika déplace ainsi la responsabilité vers l’extérieur, alors que la question centrale reste posée aux institutions centrafricaines : quel est exactement le statut juridique d’Anicet-Georges Dologuélé et sur quel acte légal repose la contestation de sa nationalité ?
L’incohérence des puissances occidentales en Afrique est de nouveau sous le feu des critiques. Réagissant au discours du président français Emmanuel Macron lors de la fête nationale du 14 juillet, le porte-parole et figure de proue du BRDC, Maître Crépin Mboli-Goumba, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la posture diplomatique de Paris sur le continent africain.
Pour le juriste et opposant centrafricain, l’attitude de la France s’inscrit dans la continuité d’une politique qu’il qualifie d’arrogante et en total déphasage avec les réalités actuelles. Il s’étonne du décalage criant entre le discours officiel français axé sur la défense des valeurs républicaines et démocratiques et la réalité du terrain. Sur le sol centrafricain, ceux qui luttent au quotidien pour la liberté, la justice et la démocratie se retrouvent traités comme des pestiférés, tandis que les régimes coupables de violations répétées des droits de l’homme et de fraudes électorales massives continuent de bénéficier de l’aval et du soutien de Paris.
Maître Crépin Mboli-Goumba, Président du PATRIE
Maître Mboli-Goumba dénonce une vision stratégique à géométrie variable où la défense des droits fondamentaux est sacrifiée sur l’autel d’intérêts à court terme. Il fustige une rhétorique dépassée qui évoque parfois la volonté de s’imposer par la force, rappelant de sombres souvenirs coloniaux à une opinion publique africaine désormais très vigilante.
Rappelant que l’opposition démocratique d’aujourd’hui incarne le pouvoir légitime de demain, l’orateur du BRDC appelle la France à clarifier d’urgence sa ligne politique en République centrafricaine et en Afrique. Selon lui, aucune puissance globale ne peut prétendre bâtir un partenariat durable tout en fermant les yeux sur l’oppression subie par les peuples.
Maître Crépin Mboli-Goumba met en lumière la politique française en Afrique, soulignant son soutien aux régimes autoritaires qui violent les droits de l’homme en Centrafrique.
Le classement 2026 de Passport Reports place le passeport centrafricain au 160e rang mondial et au 39e rang africain, avec un accès facilité vers 32 des 53 destinations du continent.
Un score de mobilité établi à 58 points
spécimen de l’ancien passeport centrafricain
Passport Reports calcule un score de mobilité de 58 points pour la République centrafricaine. Ce chiffre additionne trois catégories. Il compte 23 destinations sans visa, 32 avec visa à l’arrivée ou entrée simplifiée, et 3 sous autorisation électronique de voyage (eTA). À l’échelle mondiale, le taux d’accès du passeport centrafricain atteint 29,3 %. Cependant, 140 destinations exigent encore un visa obtenu avant le départ.
Ce résultat positionne la Centrafrique au 160e rang mondial et au 39e rang parmi les 54 nations africaines classées. Le rapport confirme la cohérence de ces catégories : 23 plus 32 plus 3 égalent bien 58 points. Ainsi, la mobilité du passeport centrafricain repose principalement sur le continent africain plutôt que sur une portée mondiale étendue.
L’Afrique, principal terrain d’accès du passeport centrafricain
Sur les 53 destinations africaines évaluées par le rapport, 60,4 % appartiennent à une catégorie qui ne nécessite pas de visa obtenu avant le voyage. Cette proportion se décompose ainsi : 24,5 % sont accessibles sans visa, 32,1 % proposent un visa à l’arrivée ou un dispositif d’entrée simplifié, et 3,8 % fonctionnent avec une autorisation électronique. Les 21 destinations restantes, soit 39,6 % du total, imposent un visa préalable aux voyageurs centrafricains.
Par conséquent, un voyageur muni du passeport centrafricain trouve davantage de facilités sur le continent qu’ailleurs dans le monde. Cette concentration africaine explique en grande partie le score global de mobilité obtenu par le pays.
Huit pays accessibles sans aucune formalité préalable
Le Bénin, le Burkina Faso, le Tchad, la Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun et le Sénégal figurent parmi les destinations accessibles sans visa. Ces huit pays autorisent des séjours allant jusqu’à 90 jours selon les données du rapport. Le Kenya applique une durée de 60 jours, tandis que le Togo limite le séjour sans visa à 30 jours.
Une deuxième catégorie regroupe les pays proposant un visa à l’arrivée ou un système d’entrée simplifié. Cette liste comprend le Burundi, Djibouti, l’Éthiopie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la République démocratique du Congo, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, le Nigeria, la Sierra Leone, la Tanzanie et l’Ouganda. Plusieurs de ces destinations offrent également une option d’eVisa en alternative au visa physique à l’arrivée.
Deux pays africains utilisent uniquement l’autorisation électronique de voyage. Le Ghana accorde un séjour de 30 jours sous ce régime. Les Seychelles combinent quant à elles cette autorisation avec un enregistrement touristique obligatoire, pour une durée de 90 jours.
De fortes disparités selon les régions du monde
L’écart régional devient particulièrement visible en dehors du continent africain. Les 47 destinations européennes couvertes par le rapport exigent toutes un visa préalable, sans exception. Ce taux de 100 % se retrouve également chez les six pays du Golfe et les cinq pays d’Asie centrale.
Au Moyen-Orient, 16 destinations sur 17 imposent un visa avant le départ, soit un taux de 94,1 %. L’Asie se montre légèrement plus accessible : 13 destinations sur 50 offrent une entrée facilitée, réparties entre 3 sans visa, 9 avec visa à l’arrivée et 1 avec eTA.
Les Caraïbes comptent 7 destinations facilitées sur 16. L’Amérique du Nord en propose 6 sur 23, l’Océanie 4 sur 14 et l’Amérique du Sud seulement 3 sur 12. Le rapport précise par ailleurs que les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’ensemble de l’espace Schengen exigent tous un visa préalable pour les détenteurs du passeport centrafricain.
Une réciprocité de visas qui joue dans les deux sens
Passport Reports distingue clairement deux logiques différentes. D’un côté, la mobilité du passeport centrafricain mesure les possibilités offertes aux voyageurs centrafricains à l’étranger. De l’autre, les exigences de visa pour entrer en République centrafricaine concernent les ressortissants étrangers qui souhaitent s’y rendre, et ces règles fonctionnent en sens inverse.
Certains pays appliquent une asymétrie favorable à leurs propres ressortissants. Les Émirats arabes unis, Israël, le Liberia et le Niger permettent à leurs citoyens d’entrer en Centrafrique sans visa, avec une autorisation électronique ou avec un visa à l’arrivée. Pourtant, le passeport centrafricain reste soumis à un visa préalable pour se rendre dans ces quatre pays.
L’inverse se produit aussi, et concerne une liste plus longue de destinations. Le Bangladesh, la Barbade, la Bolivie, Djibouti, l’Éthiopie, les Philippines, le Ghana, le Kenya, la Malaisie, le Népal, les Seychelles, Singapour, le Sri Lanka et le Vietnam accordent ainsi une entrée facilitée aux voyageurs centrafricains, alors que leurs propres ressortissants doivent obtenir un visa pour entrer en Centrafrique.
Ce que révèlent ces chiffres sur la mobilité centrafricaine
L’ensemble de ces données dessine une mobilité concentrée essentiellement sur le continent africain. Sur 53 destinations régionales, 32 restent accessibles sans visa obtenu à l’avance, un chiffre qui contraste nettement avec la couverture mondiale limitée à 29,3 %. Le score global de 58 points repose sur cet équilibre entre 23 destinations sans visa, 32 avec entrée simplifiée et 3 sous eTA, face à 140 destinations qui exigent toujours un visa préalable.
Un Centrafricain vivant à Bangui, capitale centrafricaine, s’exprimant sans langue de bois sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Il a décidé de répondre au dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera pour lui répondre directement au discours qu’il a tenu à Moscou. Le dictateur de Bangui y invitait les centrafricains vivant à l’étranger à rentrer pour développer le pays, en sous-entendant que l’hésitation venait d’un manque de courage ou de patriotisme.
Alors que Touadéra venait juste de rentrer à Bangui, ce jeune centrafricain n’a pas sa langue dans la poche pour dire haut ce que beaucoup disent bas. Ce banguissois passe à l’offensive : même ici, dans la capitale, personne ne se sent en sécurité. Même moi qui parle. Je ne suis pas en sécurité. La protection existe seulement pour vous monsieur le Président. Vous et vos proches qui sont en sécurité. Pour nous les autres, la peur est constante.
Touadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en RussieTouadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en Russie
Et le monsieur ne s’arrête pas! Il donne des exemples précis qui circulent partout : Élysée Nguemalé, membre de la société civile, a été tabassé par des miliciens liés à votre pouvoir. La justice a réagi ? Pas du tout. Pas d’enquête, pas de suite. L’opposant Anicet-Georges Dologuelé attend son passeport depuis longtemps, bloqué sans raison claire. Pourquoi on le lui refuse ? Silence total.
Il va plus loin et dit ce que beaucoup pensent tout bas : « Ceux qui disent la vérité deviennent des cibles. Moi qui parle comme ça aujourd’hui, je sais qu’un matin on peut me retrouver tabassé à mort. » Selon lui, les centrafricains de la diaspora ne cessent de l’appeler pour lui mettre en garde par rapport à ce qu’il dit à visage découvert : fais attention à toi mon frère. Ils me disent cela chaque jour. Comment les gens qui sont à l’étranger, écoutant les mauvaises nouvelles du pays, peuvent-ils rentrer ? Impossible. La peur est partout.
Le dictateur de Bangui ne cesse de claironner partout pour dire qu’il faut rentrer au pays pour contribuer au développement de notre pays. Mais ce banguissois pose la question directe : revenir pour quoi exactement ? Pour vivre dans le même chaos que nous ? Pour risquer les violences comme Élysée Nguemalé? Pour attendre la carte nationale d’identité ou le passeport qui n’arrive jamais quand on critique le pouvoir ?
« Ceux qui vous entourent traumatisent les gens. Ils cognent, ils bloquent, ils menacent. Et vous voulez qu’on revienne partager ça ? »
Aucune garantie réelle. La justice ne protège pas tout le monde de la même façon. La parole libre reste un risque majeur. Dire ce qu’on pense peut coûter très cher. C’est ça qui empêche les retours. Pas un défaut de patriotisme. La réalité quotidienne : ici, la sécurité est un privilège réservé à quelques-uns, la justice sert qui elle veut, et parler ouvertement expose à la violence.
Ce Centrafricain qui reste sur place à Bangui et qui prend des risques en publiant ça résume l’évidence : Faustin-Archange Touadéra parle de retour et de patriotisme, mais il maintient un pays où la peur domine, où les critiques sont punies et où la protection n’existe pas pour tous. Dans ces conditions, qui voudrait rentrer ?
Yalinga crève la dalle. C’est aussi simple et aussi violent que ça.
Un an et demi après l’arrivée de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, il n’existe toujours aucun marché digne de ce nom dans la localité. Les rares produits champêtres qu’on y voit encore se comptent sur les doigts d’une main. Les habitants survivent comme ils peuvent, mais la faim reste leur compagnon le plus fidèle.
Mme Akani ne tourne pas autour du pot : après toutes les années de chaos que le pays a connues, Yalinga est resté totalement livré à lui-même. Résultat ? Pas de marché. Pas d’activités agricoles organisées. Rien. Le vide total.
Et pendant ce temps, Bangui et ses fameux partenaires continuent leur petit jeu habituel : ils annoncent des efforts, ils disent qu’ils « structurisent » la zone, ils font des discours. Mais sur le terrain, rien ne bouge vraiment. On ne peut pas tout faire en même temps, paraît-il. Sauf que la population, elle, ne peut pas attendre « un peu de temps » pour manger.
Le plus rageant dans cette histoire, c’est que personne ne semble prêt à s’attaquer sérieusement au vrai problème : relancer l’agriculture. La sous-préfète elle-même lance un appel désespéré pour qu’on envoie enfin des agronomes, des techniciens agricoles, et surtout des graines. Parce qu’aujourd’hui, les paysans de Yalinga sont abandonnés à leur sort, sans formation, sans intrants, sans aucun soutien concret.
On préfère construire une belle gendarmerie bien équipée et un bureau de sous-préfecture impeccable, ça fait joli sur les photos. Mais laisser les gens sans marché et sans possibilité de produire leur propre nourriture, ça, visiblement, ce n’est pas urgent.
C’est le même vieux schéma qui se répète partout en Centrafrique : on sécurise un minimum pour dire qu’on a fait quelque chose, on pose quelques briques pour l’affichage, et on laisse l’économie locale pourrir sur pied. Les partenaires internationaux déversent des millions dans des projets qui finissent en rapports bien écrits, pendant que les femmes et les hommes de Yalinga continuent à gratter la terre avec presque rien.
Yalinga ne demande pas la lune. Il demande simplement qu’on arrête de faire semblant. Qu’on envoie de vrais techniciens. Qu’on distribue des semences adaptées. Qu’on organise enfin un marché où les paysans pourront écouler ce qu’ils produisent. Et qu’on sorte de cette hypocrisie permanente où l’on célèbre le « retour de l’État » alors que les ventres restent vides.
Tant que Bangui et ses partenaires continueront à traiter l’agriculture de Yalinga comme un détail secondaire, la localité ne se relèvera pas. Elle continuera simplement à survivre, la faim au ventre, pendant que d’autres se congratulent pour des avancées qui n’existent que dans leurs communiqués.
La vérité est sans appel : à Yalinga, aujourd’hui, il n’y a ni marché ni agriculture. Et tant que ce double vide ne sera pas comblé, tout le reste n’est que poudre aux yeux.
Pour une fois, un responsable du Ministère des Transports n’a pas tourné autour du pot. Invité sur Guira FM dans l’émission « Circulation routière », Cyr Gédéon Ngaïssé, directeur de la circulation et de la sécurité routière, a passé près d’une heure à décrire en détail les trois services qu’il est censé diriger : prévention et sensibilisation, délivrance des permis de conduire, et contrôle technique des véhicules.
Il a expliqué comment ces services devraient fonctionner : éduquer les conducteurs et les piétons, vérifier les documents avant de prendre la route, contrôler l’état des voitures et des bus, lutter contre les transformations sauvages qui transforment des véhicules de 12 places en engins de 18 places avec des sièges mal soudés, refuser les épaves trop anciennes, organiser les examens pour les permis, etc.
Tout cela a été présenté de manière claire et pédagogique, comme un cours magistral sur ce que la direction devrait faire pour rendre les routes plus sûres.
Mais au moment où le journaliste lui a demandé s’il avait les moyens de mettre tout cela en pratique, le directeur a répondu sans filtre. Pas de véhicules de service pour se rendre sur le terrain. Pas de budget pour collecter les données des accidents ou identifier les zones dangereuses. Pas d’internet pour travailler avec la police et la gendarmerie. Pas de formation spécialisée pour ses agents, seulement des généralistes. Le service des capacités professionnelles est bloqué depuis des années par des désaccords sur les taux avec la mairie. Impossible de descendre régulièrement pour sensibiliser les taxis-motos ou contrôler les bus.
En résumé, la direction chargée de la sécurité routière en Centrafrique n’a presque aucun outil pour accomplir les missions que l’État lui a confiées.
Cyr Gédéon Ngaïssé a terminé en lançant un appel direct : au gouvernement pour augmenter le budget, à la MINUSCA, à l’OMS et aux autres partenaires pour fournir même des vieux véhicules, afin que son équipe puisse enfin sortir du bureau et agir.
Cette intervention change complètement du discours habituel. Au lieu de promettre des campagnes ou d’annoncer des mesures qui ne voient jamais le jour, le directeur a choisi de montrer la réalité nue : une administration qui sait exactement ce qu’il faut faire, mais qui reste paralysée par le manque total de moyens depuis des années.
Les Centrafricains entendent tous les jours parler d’accidents, de blessés dans les hôpitaux, de motos qui circulent sans règles. Aujourd’hui, ils ont entendu de la bouche même du responsable que la structure supposée régler ces problèmes n’a ni les outils, ni les ressources pour le faire.
C’est une situation rare dans l’administration centrafricaine : un directeur qui reconnaît publiquement les limites de son service au lieu de les cacher. Cela pose une question simple et directe au gouvernement et aux partenaires : maintenant que tout le monde sait que cette direction tourne à vide, que comptez-vous faire pour lui donner les moyens réels d’exister ?
Le directeur régional Afrique de l’UNOPS, Sanjay Mathur, rejette les accusations formulées par les autorités centrafricaines sur les projets routiers et affirme que 503 kilomètres de route ont déjà été réalisés.
Cette déclaration intervient alors que le gouvernement centrafricain a demandé à la Banque mondiale de ne plus financer de nouvelles opérations impliquant l’UNOPS en République centrafricaine. Cette position fait suite à des reproches portant notamment sur l’exécution de plusieurs projets financés par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD).
Les agents des travaux de route entre Ndélé et Ouadda
Interrogé sur cette décision, Sanjay Mathur dit en avoir connaissance, tout en affirmant que l’UNOPS poursuit son travail en Centrafrique. Il indique avoir rencontré le Premier ministre et le ministre d’État chargé du Plan et souligne avoir eu avec eux des échanges directs sur la poursuite des projets.
Au centre du différend figure notamment le projet de réhabilitation de l’axe Ndélé-Ouadda. Les financements annoncés s’élèvent à 30,6 millions de dollars de la Banque mondiale et à 5 millions d’euros de l’AFD. Les autorités centrafricaines ont fait état de manquements contractuels et de retards dans l’exécution de plusieurs travaux.
Sanjay Mathur présente une situation différente. Selon lui, l’UNOPS a déjà achevé 503 kilomètres de route et il ne resterait que 40 kilomètres à réaliser. Il indique que l’organisation travaille avec le ministère sur un troisième avenant destiné à permettre l’achèvement de l’ensemble du tronçon, pour atteindre environ 543 kilomètres.
Cette version apporte un élément important au débat sur l’état réel du projet. Alors que les autorités évoquent des difficultés dans l’exécution des travaux, l’UNOPS soutient qu’une grande partie du chantier est déjà terminée et que le projet n’est pas à l’arrêt.
Les quatre ponts restent en attente
La situation est différente pour les quatre ponts prévus sur l’axe Mbrès-Ndélé. Sur ce point, Sanjay Mathur reconnaît que les travaux de construction n’ont pas encore commencé.
Le directeur régional explique que l’UNOPS est toujours en négociation avec les entreprises contractantes. Il évoque notamment la nécessité d’obtenir certaines garanties et de finaliser les avenants avant le lancement effectif des travaux.
Cette déclaration contraste avec son affirmation précédente selon laquelle les fonds destinés aux ponts ont déjà été entièrement décaissés. Sanjay Mathur assure que l’UNOPS dispose des devis et des documents permettant de démontrer que les décaissements ont été effectués.
Une contradiction sur les paiements
La question des paiements constitue l’un des principaux points de désaccord dans ce dossier. Le Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), dans sa déclaration du 17 août, affirme que la coordination du projet PURIC a versé à l’UNOPS 5 millions d’euros pour les marchés financés par l’AFD et 30 637 410 dollars pour ceux financés par la Banque mondiale. Le GTSC affirme ensuite que l’UNOPS n’a pas honoré ses engagements auprès de certaines entreprises chargées des travaux. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
Le communiqué du GTSC cite notamment l’Office National du Matériel (ONM) et le groupement MATIERE/SOFIA TP. L’organisation affirme que les travaux avaient été lancés sur le terrain, mais que les engagements financiers envers les entreprises n’avaient pas été respectés. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
La déclaration de l’UNOPS introduit une autre version. Sanjay Mathur affirme que les fonds destinés aux ponts ont été décaissés et que l’organisation possède les pièces justificatives correspondantes. Il ne fournit pas, dans cette interview, le détail des paiements entreprise par entreprise.
Le dossier reste donc difficile à trancher sur la seule base des déclarations publiques. Une affirmation de décaissement de la part de l’UNOPS ne permet pas, à elle seule, d’établir que chaque entreprise a effectivement reçu les sommes attendues. De même, la déclaration du GTSC ne permet pas de déterminer à quel niveau un éventuel blocage serait intervenu.
Le GTSC demande des explications
Dans sa déclaration, le Groupe de Travail de la Société Civile demande à l’Assemblée nationale d’interpeller le gouvernement, notamment le ministre d’État chargé de l’Équipement et des Travaux publics, afin d’obtenir des explications sur le dossier. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
Le GTSC estime que les difficultés liées aux travaux pénalisent les populations du Nord-Est, alors que les routes concernées sont déjà fortement dégradées. L’organisation s’interroge également sur le rôle de l’UNOPS dans le dispositif associant le gouvernement centrafricain, la Banque mondiale et l’AFD. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
Le GTSC annonce par ailleurs se réserver le droit d’engager une action en justice contre l’UNOPS. Il recommande au gouvernement de revoir les futurs accords afin d’accélérer la réalisation des projets destinés aux populations. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
L’UNOPS dit ne pas avoir licencié son personnel
L’interview aborde également les accusations concernant la gestion du personnel de l’UNOPS. Le GTSC évoque notamment des licenciements abusifs et des retards dans le paiement des salaires.
Sanjay Mathur affirme ne pas avoir connaissance du rapport du GTSC. Il explique que l’UNOPS fonctionne essentiellement à travers des projets et que les contrats des employés recrutés pour un projet prennent fin lorsque celui-ci arrive à son terme.
Selon lui, il ne s’agit donc pas de licenciements, mais de fins de contrats lorsque ceux-ci ne sont pas renouvelés. Il précise que les mêmes employés peuvent être repris lorsqu’un nouveau projet est disponible.
Mathur veut poursuivre les projets
Malgré la décision du gouvernement de demander à la Banque mondiale de ne plus financer de nouvelles opérations impliquant l’UNOPS, Sanjay Mathur affirme que l’organisation souhaite continuer à travailler avec les autorités centrafricaines.
Il assure que l’UNOPS reste disponible pour accompagner les projets de développement en cours et participer à de nouvelles opérations lorsque le gouvernement disposera de financements supplémentaires.
Sur la reprise des travaux des ponts, le directeur régional évoque un délai court. Il explique que les négociations avec le consortium doivent permettre d’obtenir les garanties nécessaires avant la finalisation des avenants et le lancement des travaux.
Pour l’axe Ndélé-Ouadda, Sanjay Mathur maintient que le chantier n’est pas arrêté. Il affirme que 503 kilomètres sont déjà réalisés, que 40 kilomètres restent à traiter et que l’UNOPS travaille avec le ministère sur un avenant destiné à achever le projet.
Le dossier reste ainsi suspendu entre plusieurs versions. Le GTSC demande des explications sur les fonds et l’exécution des contrats, tandis que l’UNOPS affirme avoir effectué les décaissements et avoir déjà réalisé l’essentiel du chantier routier. Les documents de paiement, les contrats, les avenants et les preuves de réception des fonds par les entreprises permettraient de vérifier précisément les différentes affirmations.
Le champion incontesté du détournement de deniers publics, JeanSymphorien Mapenzi, s’invite dans le débat sur la nationalité. Cet habitué du pillage des ressources de l’État prétend aujourd’hui dicter la loi et affirme que l’obtention d’un passeport par Anicet-Georges Dologuélé passe par une procédure administrative criminelle mise en place par ces bras cassés de la septième république. Selon ce pilier du système, l’ancien Premier ministre devrait engager une démarche de réintégration dans la nationalité centrafricaine.
« Le seul moyen pour lui d’obtenir son passeport, c’est de faire une demande de réintégration », ose déclarer Jean Symphorien Mapenzi. Par cette affirmation grotesque, le voleur de la République cherche à bloquer un opposant en le renvoyant vers une procédure administrative biaisée avant toute délivrance d’un document de voyage.
Cette sortie confirme la panique du régime face au droit. La question du passeport est ainsi instrumentalisée par ce spécialiste de la malversation financière pour transformer un droit civique fondamental en un chantage politique.
Pour ce champion des détournements de fonds publics, il ne s’agit pas de respecter les arrêtés constitutionnels. Il tente de faire croire que Dologuélé doit effectuer une demande de réintégration, une manœuvre grossière censée forcer l’opposant à renoncer à ses droits.
Ce cacique du pouvoir défend une lecture biaisée du dossier. Selon sa position intéressée, la délivrance du passeport devrait intervenir après des démarches de soumission auprès d’une administration sous contrôle.
En agitant le chiffon rouge de la nationalité, le voleur de la République place le déni de droit au centre du débat. En exigeant une demande de réintégration, Jean Symphorien Mapenzi tente d’imposer un obstacle illégal pour priver un citoyen de son document d’identité.
Le dossier prend ainsi une tournure scandaleuse. Au cœur des déclarations de Jean Symphorien Mapenzi, la stratégie du régime reste d’utiliser la bureaucratie administrative pour neutraliser les figures de l’opposition.
En prétendant fixer « le seul moyen pour lui d’obtenir son passeport », Jean Symphorien Mapenzi confirme l’arbitraire du pouvoir en fermant la porte à la délivrance légitime du document. Ce prévaricateur de la nation renvoie Dologuélé vers une fausse étape préalable, illustrant le mépris de la majorité pour les lois de la République.
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oupe Wagner ne constitue pas un simple prestataire de sécurité mais une organisation terroriste reconnue internationalement. Son implantation en Centrafrique a créé le modèle qui se reproduit désormais dans trois autres pays de la région sahélienne.
Ce statut d’organisation terroriste n’est pas une opinion mais un fait juridique établi par l’Union européenne et les États-Unis. Pourtant, le gouvernement centrafricain maintient sa collaboration avec cette milice russe, en toute connaissance de cause. Cette relation dépasse la simple imprudence diplomatique : elle transforme l’État lui-même en financeur direct du terrorisme. Chaque contrat signé, chaque concession accordée, chaque autorisation d’exploitation délivrée à Wagner alimente des circuits que les capitales occidentales combattent partout ailleurs dans le monde.
Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC
Les dirigeants actuels savent parfaitement ce qu’ils font. Ils comprennent que le financement du terrorisme et de la criminalité bloque le développement du pays, asphyxie l’économie, détruit toute perspective d’avenir pour les populations. Mais leur calcul politique les pousse à accepter ce prix. Garder le pouvoir justifie à leurs yeux tous les compromis, y compris celui de livrer les ressources nationales à une milice étrangère classée terroriste par les États puissants du monde.
La mécanique mise en place en Centrafrique fonctionne avec une efficacité redoutable. Wagner contrôle l’exploitation des diamants, de l’or, du bois et d’autres richesses naturelles à travers des accords passés directement avec les plus hautes autorités. Les quantités extraites échappent à tout contrôle douanier sérieux, les revenus générés ne transitent jamais par les caisses publiques. On parle de centaines de milliards de francs CFA chaque année qui quittent le territoire sans laisser la moindre trace comptable dans les budgets officiels.
Cet argent ne disparaît pas dans la nature. Il finance les opérations de la milice russe sur place, rémunère ses mercenaires, achète des armes, entretient des réseaux logistiques qui s’étendent désormais bien au-delà des frontières centrafricaines. Une partie alimente aussi les comptes personnels du dictateur Faustin-Archange Touadera et de son clan qui facilitent ce système, créant une chaîne d’intérêts qui rend toute remise en cause extrêmement difficile.
Le discours officiel préfère pointer des petits groupes armés, souvent désorganisés et dépourvus de moyens comparables à ceux de la milice russes Wagner. Cette stratégie de diversion permet de détourner l’attention du vrai problème. Les soi-disant autorités parlent de rébellions, de bandes criminelles, de menaces sécuritaires diverses, alors que la principale organisation terroriste opère librement, avec leur autorisation explicite, sous couvert de partenariat stratégique.
La Centrafrique a servi de terrain d’expérimentation pour ce modèle. C’est ici que Wagner a testé et perfectionné son système d’extraction des richesses couplé à une présence militaire qui intimide toute contestation. Une fois le dispositif calculé, il a été exporté au Mali, où les mêmes mécanismes se sont mis en place après le coup d’État. Puis au Burkina Faso, où les nouvelles autorités militaires ont reproduit le schéma centrafricain. Enfin au Niger, où la présence de Wagner commence à se structurer selon les mêmes lignes.
Dans chacun de ces pays, le même scénario se répète : un pouvoir fragile accepte l’implantation de la milice russe en échange d’un soutien militaire, puis laisse cette organisation ponctionner les ressources nationales sans aucune transparence ni aucun contrôle. Les populations assistent impuissantes à ce pillage organisé, pendant que leurs dirigeants justifient ces choix par des arguments de souveraineté et de lutte contre l’impérialisme occidental.
Les conséquences économiques de ce système dépassent largement la simple perte de revenus pour l’État. Quand les flux financiers illicites dominent les flux légaux, toute l’économie bascule dans une logique parallèle. Les entreprises légales ne peuvent pas concurrencer des structures qui ne paient ni taxes ni impôts. Les investisseurs étrangers fuient un environnement où les règles du jeu sont faussées par la présence d’acteurs échappant à toute régulation. Les partenaires financiers internationaux durcissent leurs conditions d’engagement, craignant d’être associés à des circuits de blanchiment.
Le Groupe d’action financière internationale surveille de près ces évolutions. Ses évaluations pénalisent les États où le financement du terrorisme prospère sans réaction des autorités. Une mauvaise notation limite l’accès aux marchés financiers internationaux, complique l’obtention de prêts, décourage les investissements productifs. La Centrafrique se trouve ainsi progressivement coupée des circuits économiques mondiaux, non pas à cause de sanctions formelles, mais par l’effet mécanique de la méfiance généralisée.
Cette marginalisation renforce la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure. Incapable de mobiliser des ressources internes suffisantes puisque Wagner capte l’essentiel des richesses nationales, l’État centrafricain reste tributaire des bailleurs internationaux pour financer ses dépenses courantes. Mais ces mêmes bailleurs conditionnent leur aide à des réformes dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Le gouvernement se retrouve pris dans une contradiction qu’il ne peut pas résoudre sans remettre en cause sa relation avec Wagner.
Les négociations interminables entre Moscou et Bangui viennent de livrer un verdict inattendu pour les observateurs du continent africain.
En effet, la structure Africa Corps pensée par le ministère russe de la Défense pour remplacer le groupe Wagneren Afrique n’a pas réussi à s’imposer sur le territoire centrafricain. Le pouvoir central de Moscou a dû se résoudre à valider un partage des rôles très favorable aux mercenaires de l’organisation fondée par Evgueni Prigozhin.
Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie
L’offensive diplomatique menée depuis le printemps dernier par les émissaires de l’armée russe visait à absorber entièrement les mercenaires russes installés dans le pays. Les exigences financières astronomiques fixées par la hiérarchie militaire ont provoqué d’importantes réticences au sommet du pouvoir centrafricain. Le président Faustin-Archange Touadéra a préféré temporiser pour éviter un choc budgétaire lourd et un vide sécuritaire sur les zones d’exploitation.
Solidement implantés dans l’appareil d’État centrafricain et disposant de puissants relais économiques, les hommes de Dmitri Sytyi ont opposé une résistance tenace à ce projet de dissolution. Leur connaissance du terrain et leurs liens étroits avec certains acteurs influents du pouvoir centrafricain ont pesé lourdement dans la balance lors des discussions diplomatiques. Les récentes opérations militaires dans la région de la Vakaga ont achevé de prouver leur rôle dans le dispositif du groupe Wagner.
La réunion tenue chez l’ambassadeur de Moscou entérine un recul visible du pouvoir central russe face aux mercenaires sur place. La nouvelle entité Africa Corps doit désormais se satisfaire d’un effectif très limité à Bangui, tandis que le groupe Wagner conserve la maîtrise des filières minières et des contrats sécuritaires. Cette coexistence inédite démontre les limites de la reprise en main voulue par le pouvoir central de Poutine sur les mercenaires en Centrafrique.
L’analyste politique FariTahérukaShabazz critique vivement la gestion des finances publiques centrafricaines et réclame la démission du gouvernement dirigé par Félix Moloua, après la publication de données faisant état d’un poids de 81% des salaires dans les recettes fiscales et douanières.
Dans une publication diffusée sur Facebook, Fari Tahéruka Shabazz affirme qu’un tel niveau de dépenses salariales traduit, à ses yeux, une forte pression sur les finances de l’État. L’auteur fonde son analyse sur la comparaison avec la norme communautaire de 35% retenue dans l’espace CEMAC.
« Un mauvais gouvernement qui est obligé de démissionner ou d’être démis par le chef de l’État ou par l’Assemblée nationale via une motion de censure est un gouvernement qui consacre 35% de son budget aux salaires », écrit Fari Tahéruka Shabazz.
Fari Tahéruka Shabazz met en avant l’écart entre 35% et 81%
Pour Fari Tahéruka Shabazz, l’écart entre le seuil de 35% et le niveau de 81% constitue le principal élément de son argumentation. Il estime que la masse salariale absorbe une part trop importante des ressources publiques disponibles.
« Alors quand un gouvernement consacre 81%, c’est clairement un gouvernement dangereux », affirme-t-il dans sa publication.
L’auteur poursuit son analyse en établissant un lien direct entre le poids des rémunérations et la capacité de l’État à financer les autres secteurs. « Quand un gouvernement atteint ce niveau, cela signifie qu’il n’a plus aucune marge de manœuvre », écrit Fari Tahéruka Shabazz.
Son analyse porte donc sur la capacité du gouvernement à maintenir les dépenses liées aux investissements, aux services publics et aux autres engagements de l’État après le paiement des salaires.
« Il est en train de sombrer », affirme l’auteur
Fari Tahéruka Shabazz utilise des termes particulièrement sévères pour décrire ce qu’il considère comme une dérive des finances publiques. « Il est en train de sombrer », écrit-il à propos du gouvernement.
Il évoque également « l’apocalypse de la fonction publique » pour décrire les conséquences qu’il associe à une masse salariale devenue trop lourde. Pour l’auteur, la question ne concerne donc pas uniquement l’équilibre budgétaire, mais aussi la capacité de l’administration à continuer à fonctionner normalement.
Fari Tahéruka Shabazz redoute également des conséquences sociales. Il écrit qu’un tel niveau de dépenses peut « pousser à de graves mouvements sociaux », en estimant que les difficultés économiques pourraient accentuer la colère de la population.
Une interpellation directe de Touadéra et Sarandji
Dans sa publication, Fari Tahéruka Shabazz adresse directement ses critiques au président Faustin-Archange Touadéra et à Simplice-Mathieu Sarandji. Il leur demande d’intervenir sur la composition et la gestion du gouvernement.
« Donc c’est simple, soit Touadéra ou Sarandji met fin à ce gouvernement ou soit ce gouvernement met fin aux mandats de Touadéra et de l’Assemblée nationale », écrit-il.
Cette formule constitue l’un des passages les plus politiques de sa publication. Fari Tahéruka Shabazz présente la question budgétaire comme un problème susceptible d’avoir des conséquences sur l’équilibre politique du pays.
Il affirme également que les responsables du pouvoir ne doivent pas considérer ses critiques comme de simples déclarations sans portée. « Je sais que les gens de ce régime prennent toujours pour de la blague ce que j’écris mais tant pis pour eux », écrit-il.
Les députés directement interpellés
Fari Tahéruka Shabazz réserve également une partie importante de sa publication aux députés de l’Assemblée nationale. Il leur reproche leur attitude face à la situation financière du pays et les invite à envisager une motion de censure contre le gouvernement Moloua.
« Quant aux députés qui ont pris des crédits pour leur élection, tant pis pour vous si vous ne votez pas une motion de censure contre le gouvernement de Moloua », écrit-il.
L’auteur estime que les parlementaires doivent prendre position sur la question des dépenses publiques. Il associe leur responsabilité parlementaire aux conséquences sociales qu’il anticipe en cas de maintien de la situation actuelle.
Fari Tahéruka Shabazz adresse même une mise en garde politique aux députés. « Vous n’avez pas voulu soulager les Centrafricains, eh bien ils vous le feront payer après la chute du régime », écrit-il.
Une analyse centrée sur la capacité financière de l’État
Au-delà de son appel à la démission du gouvernement, Fari Tahéruka Shabazz développe une analyse centrée sur la structure des finances publiques. Son raisonnement repose sur une idée centrale : plus les recettes disponibles sont absorbées par les salaires, moins l’État dispose de ressources pour financer les autres priorités.
Il insiste ainsi sur le dépassement du seuil de 35%. « Un gouvernement qui consacre 81% » des recettes concernées aux salaires, selon les données qu’il cite, se trouve pour lui dans une situation financière qui limite fortement ses possibilités d’action.
Fari Tahéruka Shabazz ne présente donc pas le chiffre de 81% comme une simple donnée comptable. Dans son analyse, ce ratio devient un indicateur de la capacité du gouvernement à financer durablement les autres dépenses publiques.
Une accusation de risque pour le pouvoir
L’auteur va plus loin en estimant que les difficultés budgétaires peuvent également affecter le pouvoir politique. « C’est clairement un gouvernement dangereux. Dangereux pour la nation et dangereux pour son propre régime », écrit Fari Tahéruka Shabazz.
Cette lecture politique établit un lien entre la gestion des finances publiques, le fonctionnement de l’administration et la stabilité du pouvoir. Pour lui, une forte pression sur les finances de l’État peut progressivement provoquer des difficultés dans le paiement des dépenses publiques et accroître le mécontentement social.
Fari Tahéruka Shabazz conclut sa publication en maintenant sa demande de changement à la tête du gouvernement et en renvoyant la responsabilité de cette décision au chef de l’État et aux parlementaires. « À vous de voir », écrit-il à l’adresse des députés après les avoir appelés à prendre position contre le gouvernement de Félix Moloua.
République centrafricaine, le déni politique atteint des sommets. Face aux profs impayés et aux milices actives, le gouverneur Victor Bissekoin assure calmement que la priorité satisfaite des habitants était la réélection de Touadéra. Ce délire spectaculaire du gouverneur Bissekoin, totalement déconnecté des réalités, choque autant qu’il dévoile l’ampleur du mépris face à la détresse du peuple.
Un aveu d’impuissance masqué sous la langue de bois
Sur le plan sécuritaire, le constat dressé par le gouverneur de la région du Haut-Oubangui est d’une passivité alarmante. Alors que la préfecture du Mbomou, et particulièrement la ville de Bangassou, subit la présence volatile et imprévisible de groupes armés, l’autorité régionale concède ne rien comprendre aux motivations des assaillants. Le recours à un prétendu “jeu de cache-cache” pour qualifier des violences armées persistantes démontre l’incapacité de l’appareil étatique à imposer l’ordre constitutionnel et à protéger ses concitoyens, malgré le déploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) et de leurs alliés.
Victor-Bissekoin-
L’administration et l’éducation nationale à l’abandon
Au-delà de la crise sécuritaire, c’est le naufrage des services publics de base qui paralyse la région. Le discours officiel vante un redéploiement théorique des fonctionnaires, mais la réalité administrative est tout autre : les agents de l’État sur place sont privés de la logistique la plus élémentaire pour se déplacer et accomplir leurs missions.
La situation s’avère encore plus dramatique dans le secteur éducatif. Pour pallier le déficit criant d’enseignants qualifiés, l’État s’appuie sur des personnels contractuels qui, de l’aveu même du gouverneur, accumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire. Exiger des résultats de fonctionnaires maintenus dans la précarité financière et l’impossibilité de subvenir à leurs besoins vitaux relève d’une inconséquence managériale et sociale majeure.
Le hold-up du contrat social
Le point d’orgue de cette faillite réside dans l’interprétation des attentes populaires. Interrogé sur les besoins urgents d’un peuple privé de soins de santé fiables, d’écoles fonctionnelles et de sécurité, le gouverneur Bissekoin choisit d’ignorer les revendications matérielles prioritaires. En érigeant le processus électoral contesté en faveur de Faustin-Archange Touadéra comme la principale attente déjà “satisfaite” de la population, l’autorité provinciale substitue la propagande politique aux obligations constitutionnelles de développement et de justice sociale.
Le ministère de la Culture veut recadrer certaines productions de rappeurs jugées contraires aux bonnes mœurs. Cette décision intervient alors que la consommation de stupéfiants, de tramadol et d’alcools frelatés gagne du terrain dans le pays.
La ministre chargée des Arts, de la Culture et du Tourisme a présenté au Conseil des ministres des mesures de recadrage et de censure visant plusieurs productions musicales devenues virales. Certaines chansons sont notamment critiquées pour leurs propos jugés dégradants à l’égard des femmes.
Journée de lancement du Premier Festival Franco-Centrafricain au centre culturel Missy Momo à Bangui
Le gouvernement peut encadrer les contenus artistiques qui enfreignent la loi. Mais s’attaquer uniquement aux chansons revient à intervenir sur les manifestations visibles d’un problème dont les causes se trouvent ailleurs.
La consommation de stupéfiants et de substances psychoactives dépasse largement le milieu musical. Dans certains bars, boîtes de nuit et autres lieux fréquentés par les jeunes, la consommation de produits illicites et de médicaments détournés de leur usage médical fait partie des phénomènes régulièrement signalés.
Le tramadol occupe une place particulière dans cette évolution. Ce médicament, destiné au traitement de certaines douleurs, est également consommé à des fins non médicales. Son usage détourné alimente un phénomène d’addiction qui ne peut pas être traité uniquement par des mesures visant les artistes.
À cela s’ajoute la circulation massive des alcools frelatés et des boissons alcoolisées conditionnées en sachets. Ces produits sont accessibles à bas prix dans plusieurs quartiers, villages et zones d’exploitation minière. Ils touchent particulièrement une population jeune et des travailleurs dont les conditions de vie favorisent parfois une consommation régulière d’alcool.
Le gouvernement ne peut donc pas prétendre combattre les dérives de la jeunesse sans agir avec la même détermination sur les produits qui alimentent ces comportements.
Le Wanawa constitue un exemple particulièrement révélateur. Cet alcool en sachet produit et commercialisé par Wagner en Centrafrique est aujourd’hui présent dans différentes régions du pays.
Sa commercialisation a d’abord été documentée dans certaines localités, notamment à Cantonnier. Le produit s’est ensuite étendu à d’autres zones, jusqu’à des villes, villages et sites d’exploitation minière.
Dans la Vakaga, notamment autour de Birao et dans des localités éloignées, le Wanawa est devenu un produit accessible à la population. Les sachets sont vendus dans les circuits commerciaux locaux et proposés à des consommateurs parfois très jeunes.
Cette progression accompagne également l’implantation de Wagner dans plusieurs régions. Le Wanawa n’est donc plus un produit limité à une zone particulière. Il s’est installé dans différents espaces où les populations peuvent désormais s’en procurer facilement.
Le gouvernement interdit le whisky en sachet, mais que fait-il du Wanawa ?
Le 20 août 2026, le Conseil des ministres a demandé de renforcer la lutte contre l’importation frauduleuse du whisky en sachet en Centrafrique. Le gouvernement justifie cette mesure par les risques sanitaires et sécuritaires associés à ces boissons.
Les autorités veulent renforcer les contrôles douaniers, multiplier les inspections dans les marchés, sanctionner les agents impliqués dans les circuits frauduleux et intensifier la sensibilisation de la population.
Cette décision pose directement la question du Wanawa. Si les boissons alcoolisées en sachet représentent un danger pour la santé publique, pourquoi le même niveau de contrôle ne s’applique-t-il pas à ce produit fabriqué et vendu en Centrafrique ?
Quelle autorité contrôle sa production ? Quel service vérifie sa composition ? Quel organisme contrôle son degré d’alcool ? Quelles normes sanitaires encadrent sa fabrication ? Quelles autorisations permettent sa commercialisation dans les villes, les villages et les zones minières ?
Le problème n’est donc pas de comparer simplement un produit importé clandestinement avec un produit fabriqué localement. Le problème est celui de la cohérence de la politique publique.
Une lutte contre les conséquences plutôt que contre les causes
Le même raisonnement vaut pour les stupéfiants. Une brigade antidrogue existe en Centrafrique. Des opérations peuvent être menées dans certains bars, boîtes de nuit ou autres lieux de consommation.
Mais une politique efficace ne peut pas se limiter à interpeller quelques consommateurs. Elle doit remonter jusqu’aux producteurs, aux importateurs, aux distributeurs et aux réseaux qui permettent aux substances d’atteindre les consommateurs.
Le gouvernement doit aussi expliquer pourquoi certains produits sont combattus avec vigueur tandis que d’autres, pourtant présents massivement sur le marché, continuent de circuler.
La question est encore plus importante lorsque les produits sont associés à des acteurs bénéficiant d’une présence particulière dans le pays. Si le Wanawa produit par Wagner circule librement dans plusieurs régions, les autorités doivent expliquer clairement le cadre juridique, sanitaire et commercial qui permet cette situation.
La chanson n’est que le symptôme
Certaines productions rap peuvent être vulgaires, misogynes ou provocatrices. Une chanson qui insulte les femmes peut légitimement susciter des critiques. Le succès d’un morceau sur les réseaux sociaux ne transforme pas pour autant son contenu en modèle à promouvoir.
Mais le gouvernement ne peut pas faire de la chanson le principal problème alors que les conditions sociales et économiques qui favorisent certaines dérives restent largement intactes.
Lorsqu’un jeune peut acheter facilement un sachet d’alcool à bas prix, accéder à du tramadol détourné de son usage médical ou être exposé à des stupéfiants, la réponse ne peut pas commencer et finir par la censure d’un artiste.
La prévention, l’éducation, le contrôle des produits et la répression des réseaux de distribution doivent intervenir bien avant la diffusion d’une chanson.
Le gouvernement doit s’attaquer à la racine
La question posée au ministère de la Culture dépasse donc largement le contenu des chansons. Elle concerne la cohérence de l’action de l’État face aux addictions et aux produits dangereux.
Si le gouvernement veut réellement protéger la jeunesse, il doit s’attaquer à la production et à la distribution des stupéfiants, au détournement du tramadol, aux circuits de vente d’alcools frelatés et aux produits alcoolisés en sachet.
Le cas du Wanawa est particulièrement parlant. Le gouvernement vient de réaffirmer sa volonté de lutter contre les boissons alcoolisées en sachet importées frauduleusement. Dans le même temps, le Wanawa produit et commercialisé par Wagner continue d’être vendu dans plusieurs régions du pays.
La priorité ne devrait donc pas être uniquement de contrôler ce que chantent les artistes, mais de contrôler ce que consomment les jeunes et surtout ce que les réseaux de production et de distribution mettent à leur disposition.
Tant que les stupéfiants, le tramadol détourné et les alcools frelatés resteront facilement accessibles, censurer quelques chansons ne changera pas la réalité. Le problème se trouve en amont : dans la production, l’approvisionnement, la distribution et le contrôle des produits qui alimentent ces dérives.
Le Congrès national pour la paix, la démocratie et le développement (CNCA-PDD) accuse le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra de laisser s’installer des réseaux qui favoriseraient le recrutement de jeunes Centrafricains au profit des intérêts russes. Dans un communiqué publié le 8 septembre 2026, le parti affirme que des jeunes seraient attirés vers la Russie par des promesses d’emploi, de salaires élevés, de formation ou d’une vie meilleure avant d’être exposés au conflit en Ukraine.
Le parti estime que la pauvreté, le chômage et l’absence de perspectives rendent une partie de la jeunesse centrafricaine particulièrement vulnérable à ces offres. « Derrière ces promesses peut pourtant se cacher une réalité tragique : l’enrôlement militaire et l’envoi vers les zones les plus dangereuses du front ukrainien », écrit le CNCA-PDD dans son communiqué.
Le pouvoir directement mis en cause
Le CNCA-PDD met directement en cause le président Faustin-Archange Touadéra ainsi que plusieurs responsables politiques. Le communiqué cite Hassan Bouba, Firmin Ngrebada, Rameaux-Claude Bireau, Noel Bienvenu Selesson, Thierry Oronfei et Issa Bourma, auxquels le parti reproche d’avoir laissé s’installer des réseaux favorisant, selon lui, le recrutement de jeunes Centrafricains pour les intérêts russes.
Le parti affirme que « la jeunesse centrafricaine n’est pas une marchandise » et refuse qu’elle devienne une réserve de soldats destinée à des conflits étrangers. Il estime que les jeunes Centrafricains ne doivent pas être envoyés combattre pour des intérêts géopolitiques qui ne concernent pas directement la République centrafricaine.
Le CNCA-PDD avance également le chiffre de plusieurs centaines de jeunes qui auraient déjà été attirés vers la Russie. Le parti précise que ces affirmations doivent être vérifiées par des enquêtes indépendantes, transparentes et crédibles afin d’établir les responsabilités éventuelles des différents acteurs.
Le parti demande des chiffres sur les recrutements
Le communiqué demande au gouvernement de fournir des informations précises sur l’ampleur du phénomène. Le CNCA-PDD veut notamment savoir combien de jeunes Centrafricains ont été recrutés, combien auraient été envoyés dans les zones de combat et combien auraient déjà perdu la vie en Ukraine.
Pour le parti, les familles doivent être informées du sort de leurs proches. « Les familles centrafricaines ont le droit de savoir », affirme le communiqué, qui réclame des informations sur les jeunes partis en Russie dans le cadre de ces recrutements présumés.
Le CNCA-PDD insiste sur le rôle de la pauvreté dans ce phénomène. Il estime qu’un jeune sans emploi, sans formation et sans perspective peut facilement être attiré par une proposition de salaire élevé. Le parti considère que la responsabilité de l’État est engagée lorsqu’il ne parvient pas à offrir suffisamment de possibilités d’emploi et de formation aux jeunes en Centrafrique.
Vigilance demandée aux jeunes et aux familles
Le CNCA-PDD appelle les jeunes Centrafricains et leurs familles à la vigilance face aux offres d’emploi, de formation ou de voyage vers la Russie dont les objectifs ne seraient pas clairement établis. Le parti demande de vérifier la nature réelle de ces propositions avant tout départ.
Dans son communiqué, le parti rappelle que la Centrafrique a besoin de sa jeunesse pour reconstruire ses écoles, ses hôpitaux, ses routes, son économie et ses institutions. Il cite notamment les besoins du pays en médecins, enseignants, ingénieurs, agriculteurs, entrepreneurs, policiers et autres citoyens engagés dans le développement national.
Le CNCA-PDD exige enfin une enquête sur les mécanismes de recrutement de ressortissants centrafricains à destination de la Russie et sur les éventuelles complicités ou facilités accordées par des responsables centrafricains. Le communiqué, signé par Ferdinand Mbokoto Madji, président national et fondateur du parti, a été publié depuis Le Mans le 8 septembre 2026.
Le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana affirme que « la question de la nationalité ne relève pas du Conseil constitutionnel », alors que cette juridiction a été appelée à examiner la situation d’Anicet-Georges Dologuélé dans le cadre du contentieux électoral. Cette déclaration oppose directement la lecture du gouvernement à celle de la plus haute juridiction constitutionnelle du pays.
Une compétence que le gouvernement conteste
Lors de sa conférence de presse, Évariste Ngamana soutient que la compétence en matière de nationalité revient au tribunal de grande instance.
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana
« La compétence en ce qui concerne la question de la nationalité […] revient au tribunal de grande instance », affirme-t-il. Il ajoute : « La question de la nationalité ne relève pas du Conseil constitutionnel. »
Le ministre d’État établit ainsi une distinction entre la juridiction judiciaire et le Conseil constitutionnel. Selon son raisonnement, le tribunal de grande instance est compétent pour statuer sur la nationalité, tandis que le Conseil constitutionnel intervient dans le cadre du contentieux électoral.
Cette lecture place directement la question de la compétence au centre de l’affaire Dologuélé.
Nationalité et éligibilité
La difficulté tient au fait que la nationalité constitue une condition d’éligibilité à une élection présidentielle. Lorsqu’un candidat voit sa nationalité contestée, cette question peut donc intervenir dans l’examen de son éligibilité par le Conseil constitutionnel.
C’est précisément ce qui s’est produit dans le dossier d’Anicet-Georges Dologuélé.
Le président de l’URCA conteste l’interprétation du pouvoir sur sa nationalité. Il soutient notamment que la perte de la nationalité centrafricaine ne peut pas être considérée comme automatique sans l’existence d’un acte formel prévu par la législation.
Évariste Ngamana défend une position différente. Il estime que la décision judiciaire relative à la nationalité doit être distinguée de la décision du Conseil constitutionnel portant sur l’éligibilité.
Le Conseil constitutionnel au cœur de la controverse
Le ministre d’État insiste sur le fait que le Conseil constitutionnel « n’est pas une juridiction d’ordre judiciaire ».
Cette distinction institutionnelle ne règle pas à elle seule la question de la compétence lorsqu’un litige relatif à la nationalité intervient directement dans une procédure électorale.
Le Conseil constitutionnel est chargé du contentieux électoral. Lorsque la nationalité constitue une condition pour être candidat, son appréciation peut donc devenir un élément du contrôle de l’éligibilité.
Le débat porte alors sur la portée de cette appréciation et sur son articulation avec les décisions rendues par les juridictions judiciaires.
C’est sur ce point que la déclaration d’Évariste Ngamana devient particulièrement importante.
Une contestation directe de la portée de la décision constitutionnelle
En affirmant que « la question de la nationalité ne relève pas du Conseil constitutionnel », le ministre d’État ne se contente pas de défendre une position juridique.
Il réduit la portée de l’intervention de cette juridiction dans le dossier Dologuélé au seul cadre électoral.
Cette position entre directement en contradiction avec la lecture défendue par l’opposant, qui considère que la décision du Conseil constitutionnel doit être prise en compte dans l’appréciation de sa situation.
Le désaccord porte donc sur une question institutionnelle précise : une juridiction chargée de déterminer l’éligibilité d’un candidat peut-elle examiner une condition de nationalité sans que cette appréciation ait de portée sur la situation de nationalité du candidat ?
Une affaire qui dépasse Dologuélé
La controverse dépasse la situation personnelle d’Anicet-Georges Dologuélé. Elle concerne les règles applicables à tout candidat dont la nationalité serait contestée au moment d’une élection.
Elle concerne également les Centrafricains disposant d’une double nationalité et l’interprétation des dispositions du Code de la nationalité.
En affirmant que « la question de la nationalité ne relève pas du Conseil constitutionnel », Évariste Ngamana place ainsi le gouvernement face à une question institutionnelle majeure : comment une question de nationalité qui conditionne l’éligibilité d’un candidat peut-elle être totalement étrangère au contrôle exercé par la juridiction constitutionnelle sur cette éligibilité ?
Le débat porte désormais sur les textes, les compétences respectives des juridictions et la portée exacte des décisions rendues dans l’affaire Dologuélé.