Centrafrique : pourquoi la COSCIPAC avait appelé les fonctionnaires à boycotter le défilé officiel du premier mai à Bangui

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pourquoi la COSCIPAC avait appelé les fonctionnaires à boycotter le défilé officiel du premier mai à Bangui

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Tandis que le défilé du 1er mai s’est tenu à Bangui sous les habituels dispositifs protocolaires, une organisation indépendante s’était élevée deux jours plus tôt pour appeler au boycotte de l’événement en RCA .

 

En effet, le 30 avril 2026, la Coordination des organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC) avait publié une lettre ouverte appelant syndicats, fonctionnaires et agents de l’État à boycotter la cérémonie du premier mai 2026.

 

Signée par son Coordonnateur National, Petit Delphin Kotto, ce document enregistré sous la référence N°0125, constitue un réquisitoire en règle contre les conditions de travail dans l’administration publique centrafricaine.

 

La COSCIPAC ne réclamait pas un simple geste protestataire. Petit Delphin Kotto expliquait dans sa lettre que le 1er mai ne devait pas être « réduit à un défilé symbolique dépourvu de sens », mais redevenir « un moment fort de revendication et de mobilisation collective ».

 

Derrière cet appel, une accumulation de griefs que l’organisation documente avec précision.

 

Le premier concerne les salaires.

La COSCIPAC constate dans son document que depuis plusieurs décennies, aucune revalorisation significative n’a été engagée, alors que le coût de la vie n’a cessé de grimper sous l’effet des crises économiques mondiales et des séquelles de la pandémie de Covid-19. Les fonctionnaires centrafricains, écrit Petit Delphin Kotto, perçoivent des rémunérations « héritées d’une autre époque, totalement déconnectées des réalités économiques actuelles ».

 

Le deuxième grief porte sur les conditions matérielles.

La lettre décrit une administration à bout de souffle : absence de fournitures de bureau, manque de moyens logistiques, lignes budgétaires inexistantes. La COSCIPAC soutient que cette dégradation a ouvert la voie à la corruption, le service public étant devenu un espace où l’accès aux prestations est parfois conditionné à des pratiques contraires à l’éthique.

 

L’éducation occupe une place particulière dans l’argumentaire de Petit Delphin Kotto.

Les enseignants, note-t-il, exercent leur métier dans une précarité qui compromet la qualité de l’enseignement et, au-delà, l’avenir du pays tout entier. À cela s’ajoutent des pratiques de gouvernance que l’organisation dénonce sans détour : clientélisme, promotions fondées sur l’appartenance politique au parti au pouvoir, et affaiblissement des contre-pouvoirs, illustré selon elle par la dissolution de l’ANECA.

 

Contacté par la rédaction du CNC, Petit Delphin Kotto n’a pas donné suite à nos sollicitations. La COSCIPAC, dans sa lettre, avait réclamé cinq mesures concrètes : l’amélioration des conditions de travail, la revalorisation des salaires, l’équité de traitement entre tous les agents de l’État — y compris ceux affectés à la Présidence, à la Primature et à l’Assemblée nationale —, la lutte contre la corruption et la restauration de la dignité du fonctionnaire centrafricain.

 

Le défilé a eu lieu. Mais les revendications portées par la COSCIPAC deux jours avant la cérémonie restent, elles, entières.​​​​​​​​​​​​​​​​

Par Éric Azoumi

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