Les guides consacrés au sujet racontent tous la même histoire en sept étapes : choisissez un opérateur, allez à la caisse, saisissez le numéro à seize chiffres, la date d’expiration, le cryptogramme, validez. Cette partie prend quarante secondes et personne n’a besoin d’un mode d’emploi pour l’exécuter. Ce qui pose réellement problème, c’est tout ce que ces guides sautent : pourquoi le dépôt est refusé une fois sur quatre, pourquoi les gains ne reviennent pas par le chemin qu’ils ont pris à l’aller, et ce que la carte protège une fois l’argent parti. C’est de cela qu’il s’agit ici.
Tout commence par un code à quatre chiffres. Chaque dépôt effectué dans les voyage avec un identifiant d’activité — le fameux MCC — et celui des jeux d’argent est le 7995. Les réseaux le classent en catégorie restreinte : un opérateur ne peut l’utiliser qu’avec l’accord explicite de son acquéreur et un identifiant marchand dédié. Surtout, le 7995 est rangé dans la famille dite « quasi-cash », aux côtés du 6010 et du 6011 — retrait au guichet et distributeur automatique. Ce détail de nomenclature n’est pas administratif : il détermine ce que la transaction vous coûte.
Crédit ou débit : la différence n’est pas cosmétique
Puisque le réseau assimile le dépôt à un retrait d’espèces, beaucoup d’émetteurs le facturent comme tel sur une carte de crédit : commission immédiate, intérêts dès le premier jour, aucun délai de grâce. Et contrairement à ce qu’affirment quantité de pages sur le sujet, ces transactions ne génèrent presque jamais de points de fidélité — les programmes excluent la catégorie. Dans plusieurs marchés la question ne se pose plus : le Royaume-Uni a banni la carte de crédit du jeu en avril 2020, extension comprise aux portefeuilles électroniques alimentés par crédit ; la Belgique et l’Australie ont suivi en 2023, le Brésil en avril 2026. Le motif invoqué par le régulateur britannique tenait en un chiffre : 22 % des joueurs en ligne payant par carte de crédit relevaient du jeu problématique.
Pourquoi votre dépôt est refusé
C’est la plainte numéro un des joueurs, et aucun comparateur ne l’explique. La raison est simple : de nombreuses banques émettrices appliquent un blocage par défaut sur le 7995, sans autre motif que le code lui-même. Les taux de refus mesurés dans le secteur donnent l’ordre de grandeur — de 12 à 22 % sur une carte de débit domestique en zone euro, de 25 à 40 % en transfrontalier. Un taux d’autorisation de 85 % passe pour excellent. Autrement dit, voir sa carte étrangère refusée une fois sur quatre est le fonctionnement normal du système, pas une anomalie. Trois choses aident : chercher dans l’application bancaire l’interrupteur « jeux d’argent » activé à votre insu, privilégier une carte émise dans le pays de l’opérateur, et aller au bout de l’authentification 3-D Secure.
Le cas inverse mérite plus d’attention encore. Si un dépôt apparaît sur votre relevé sous un libellé qui n’a rien à voir avec le jeu — une boutique quelconque, une ligne « services numériques » —, ce n’est pas une commodité, c’est une erreur de classification. Elle signifie que l’acquéreur a codé le marchand ailleurs qu’en 7995 pour contourner les blocages des émetteurs. Des ressources recensent les méthodes réellement disponibles opérateur par opérateur et marché par marché ; un libellé qui ment sur votre relevé est un motif d’arrêt, pas un bon signe.
Le retrait obéit à une autre logique
Voici le point que presque personne n’énonce clairement : un paiement de gains vers une carte n’est pas un paiement, c’est un remboursement adossé à la transaction de dépôt d’origine. C’est la seule route que les réseaux acceptent proprement. La conséquence est mécanique — la carte ne peut recevoir que ce qui en est sorti. Les gains excédant le montant déposé sortent du cadre du remboursement standard et partent par un autre canal : virement, portefeuille électronique. Un dépôt de 100 euros devenu 900 revient donc en deux morceaux, 100 sur la carte et 800 ailleurs. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de l’opérateur, c’est la règle.
Souvent, l’option n’existe même pas. Beaucoup d’émetteurs bloquent les remboursements entrants liés au jeu, et les casinos en ligne mastercard basculent alors l’intégralité des retraits vers le virement, y compris pour un joueur ayant déposé par carte. Ajoutez le calendrier réel : 24 à 72 heures de traitement côté opérateur, puis un à cinq jours ouvrés avant que la banque ne comptabilise l’écriture. Le « retrait instantané » affiché en page d’accueil désigne le moment où l’opérateur libère les fonds, pas celui où ils arrivent. Lire la page des retraits avant le premier dépôt, et non après le premier gain, règle l’essentiel du problème.
Ce que la carte protège, et ce qu’elle ne protège pas
Oui, Mastercard dispose d’une procédure de contestation. Non, ce n’est pas un bouton d’annulation pour une soirée ratée. La catégorie affiche déjà des taux de rétrofacturation élevés, alimentés par le remords et les pertes contestées, et c’est précisément pour cela que acquéreurs et opérateurs la surveillent. Engager une contestation contre un opérateur licencié chez qui l’on a effectivement joué revient à faire fermer son compte, et l’issue est prévisible : le service a été rendu. Le droit de contestation couvre la transaction non autorisée — une carte utilisée sans vous — pas le pari qu’on regrette. Toute la différence est là.
Le bilan, alors. Mastercard est le chemin le plus rapide pour entrer et l’un des moins fiables pour sortir. Chaque dépôt est codé, daté et lisible sur le relevé — ce que certains joueurs découvrent le jour où un prêteur épluche six mois d’historique bancaire. Et si l’objectif est de garder la main, le frein le plus solide se pose sur la carte : la plupart des émetteurs proposent un blocage des transactions de jeu dans leur application, et aucun service de fidélisation ne peut le lever d’un appel. Reste à vérifier ce que la réglementation autorise là où vous résidez, et à traiter tout cela comme un loisir.
Affaire de passeport de l’opposant Anicet Georges Dologuélé : face-à-face tendu entre l’opposant et le premier vice-président de l’Assemblée nationale
Dologuélé : face-à-face tendu entre l’opposant et le premier vice-président de l’Assemblée nationale” style=”max-width:100%;height:auto;”/>Le leader de l’URCA, député de Bocaranga, Anicet-Georges Dologuelé
L’affaire du passeport diplomatique de l’opposant Anicet Georges Dologuélé a viré à un échange vif ce mardi 4 août à l’Assemblée nationale. Le président de l’URCA a claqué la porte face à une exigence qu’il juge indigne : demander pardon pour retrouver une nationalité qu’on ne lui a jamais retirée.
Face à face tendu entre le président de l’URCA, Anicet Georges Dologuélé, et le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Symphorien Mapenzi. Pourquoi ?
Pour comprendre cette histoire, il est important de revenir un peu en arrière. Le président de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, avait lui-même poussé pour que l’opposant Anicet-Georges Dologuelé obtienne rapidement son passeport diplomatique, un droit garanti à tout député. C’est sur cette base que Dologuélé s’était rendu, le 31 juillet, au service d’immigration et avait posé pour la photo.
Mais contre toute attente, les choses tourne rapidement à la pression politique. Après cette photo prise par l’opposant que tout se bloque. Le ministre de l’Intérieur, Bienvenu Zokoué, se déplace en personne pour geler la procédure, et fait savoir que seul le président de la République peut débloquer le dossier, sur demande écrite de l’intéressé. D’ailleurs, tout le monde le sait, ce blocage se fait sous la pression directe de l’empereur Touadéra : c’est lui qui impose l’arrêt du dossier et fixe la condition. Un passeport qui aurait dû être une simple formalité devient un instrument de pression politique piloté depuis la présidence.
Une lettre d’humiliation exigée par Faustin-Archange Touadera
Pour débloquer le document, Touadéra pose une condition : une lettre manuscrite adressée à la présidence, dans laquelle Dologuélé demanderait sa réintégration dans la nationalité centrafricaine. Le problème, c’est qu’aucun décret, aucun texte de loi n’a jamais retiré cette nationalité au député.
Il est important de rappeler que l’opposant Dologuélé avait renoncé à sa nationalité française pour se conformer à la nouvelle Constitution centrafricaine. Le conseil constitutionnel avait validé son dossier en toute légalité pour la présidentielle du 28 décembre 2025. Il siège aujourd’hui comme député centrafricain. Lui demander de « réintégrer » une nationalité qu’il possède déjà n’a aucun fondement juridique. C’est une mise en scène, et c’est l’empereur lui-même qui en impose les termes.
« Pourquoi moi ? » : l’opposant dénonce un traitement ciblé
Si Simplice Mathieu Sarandji avait plaidé la cause de l’opposant directement auprès de Touadéra, ce dernier refuse catégoriquement : pas question! Dologuelé doit obligatoirement faire une demande écrite pour demander sa réintégration. Sinon, rien!
Simplice Mathieu Sarandji, bloqué, tente de négocier avec l’opposant pour qu’il accepte de faire la demande. Ainsi, il charge son premier vice pour en parler avec l’opposant en personne.
Mais la rencontre de ce mardi entre Dologuélé et Mapenzi tourne à l’affrontement politique.
Devant le bureau de l’Assemblée nationale, Dologuélé demande clairement pourquoi lui seul est visé. Il rappelle que Simplice Mathieu Sarandji, qu’il appelle « frère », n’est lui-même français et n’a jamais eu à se justifier pour cela. Il cite aussi le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, moitié chinois par sa maman, moitié centrafricain par son papa, dont la double nationalité n’a jamais posé problème. Il ajoute que plusieurs membres du gouvernement sont dans la même situation sans être inquiétés. Dologuélé refuse catégoriquement de s’humilier et solliciter la réintégration d’une nationalité qu’il n’a jamais perdue.
Devant le refus de l’opposant Dologuelé, le premier vice Président, Jean Symphorien Mapenzi promet de reconsulter Sarandji pour chercher un nouvel arbitrage. Pour l’instant, rien n’est réglé.
L’affaire du passeport diplomatique d’Anicet Dologuélé soulève des questions sur la politique au sein de l’Assemblée nationale et les droits des députés.
Une question de vie ou de mort
Derrière la bataille politique, il y a une urgence humaine. Dologuélé doit se rendre en France pour son bilan médical urgents. En plus, il doit aller assister son épouse qui est également malade.
« Si on dit toute la vérité, les gens vont sortir dans la rue » : la panique de SergeGhislain Djorie face aux révélations chiffrées de Paul Crescent Beninga sur le naufrage pétrolier en RCA
Sur le plateau du grand débat politique Patara animé par Armando, la crise systémique des carburants qui paralyse les activités économiques et fait exploser le prix des denrées en République centrafricaine a donné lieu à une confrontation mémorable. Face aux attaques documentées de la société civile, l’ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Serge Ghislain Djorie, a fini par lâcher un aveu troublant : « Si on dit la vérité, je pense que les gens vont sortir dans la rue pour pouvoir s’en prendre à d’autres personnes ».
La saignée budgétaire mise à nu par la société civile
Invité pour le Groupe de travail de la société civile (GTSC), le chercheur Paul Crescent Beninga n’a pas ménagé l’ancien membre de l’exécutif. Loin des discours politiques convenus, l’universitaire s’est appuyé sur des données comptables pour démontrer l’échec de la gestion gouvernementale et de la convention passée en septembre 2023 avec la société Neptune Oil.
« Avant la signature de cette convention, le secteur pétrolier reversait autour de 35, sinon 40 milliards à l’État centrafricain », a rappelé Paul Crescent Beninga. « Après cette convention, au lieu que le Trésor encaisse 2,5 à 3 milliards, on était à 1,7 milliard. La chute était vertigineuse. »
Démonontrant le caractère illégal du monopole accordé à Neptune Oil au regard de la loi d’avril 2007, Paul Crescent Beninga a enfoncé le clou en révélant que les rapports des institutions de Bretton Woods, notamment le FMI, évaluent le trou béant laissé par la gestion opaque du secteur à une fourchette située entre 9 et 10 milliards de francs CFA.
L’esquive surréaliste du camp présidentiel
Piqué au vif mais incapable d’opposer la moindre contre-expertise chiffrée, Serge Ghislain Djorie a tenté une pirouette rhétorique en délaissant son statut d’allié de la majorité. « Je parle en tant qu’un consommateur, je ne vais pas parler en tant que ministre, en tant qu’un politique, mais en tant que citoyen », s’est-il défendu sur le plateau, affirmant lui aussi peiner à remplir le réservoir de son propre véhicule.
Multipliant les justifications extérieures allant de la guerre en Ukraine aux blocages du détroit d’Ormuz, en passant par la baisse des eaux de la rivière Oubangui ou la nécessité d’invoquer une conférence des chefs d’État de la CEMAC —, Serge Ghislain Djorie s’est empêtré dans ses contradictions. Pris au piège lorsque le modérateur lui a rappelé sa responsabilité comptable dans l’équipe dirigeante, l’ancien ministre a brandi un curieux « devoir de réserve » pour justifier son refus de livrer les vrais chiffres au peuple centrafricain.
Un aveu d’impissance qui en dit long
Alors que les stations-services de la capitale restent prises d’assaut et que le litre d’essence atteint 3 000 à 5 000 francs CFA dans les provinces, l’éloge de l’opacité entonné par le camp présidentiel résonne comme un aveu de faillite politique. En affirmant préférer le silence de peur de provoquer une colère populaire irrépressible, Serge Ghislain Djorie a involontairement donné raison à Paul Crescent Beninga : les réformes engagées depuis deux ans n’ont profité qu’à des intérêts privés, laissant l’État et les consommateurs au bord de l’asphyxie.
La crise pétrolière en RCA met en lumière les révélations de Paul Crescent Beninga sur la gestion des carburants, qui soulèvent des questions sur l’efficacité gouvernementale.
À Bambouti, dans la préfecture du Haut-Mbomou, à la frontière avec le Soudan du Sud, il semblerait que le thermomètre de la tension soit enfin en train de chuter d’un cran. Depuis trois jours, les mercenaires du groupe Wagner ont entrepris de désinstaller le dispositif de sécurité ultra-blindé qu’ils avaient méticuleusement dressé au cœur de la ville.
Une véritable bouffée d’air frais pour une population traumatisée qui voyait, jusqu’à présent, sa ville transformée en un champ de mines à ciel ouvert.
Pour comprendre le soulagement des habitants, il faut remonter aux fêtes de fin d’année, transformées en véritable cauchemar :
28 décembre : Irruption coup de poing des milices Azandé dans la ville. Prises de court, les Forces armées centrafricaines (FACA) battent en retraite une partie se réfugie au sein de la base de la MINUSCA, tandis que les autres franchissent la frontière vers le Soudan du Sud.
1er janvier : La contre-attaque éclair de Wagner. Arrivés en renfort, les mercenaires engagent un affrontement féroce de 5 heures du matin jusqu’à 18 heures pour déloger les miliciens d’autodéfense Azandé.
La riposte et l’exode : Après avoir repoussé une nouvelle assaut des milices le lendemain, Wagner lance une opération de ratissage musclée. Bilan : la quasi-totalité de la population effrayée fuit en masse vers le Soudan du Sud, laissant Bambouti à l’état de ville fantôme.
Des barrages aux allures de bunker
Une fois maîtres des lieux, les hommes de Wagner n’ont pas fait dans la demi-mesure. Autour de leur base, c’était le grand jeu : des explosifs reliés par câbles prêts à sauter au moindre coup de tirage, des dos-d’âne gargantuesques, et des hérissons d’acier hérissant les voies. Franchir un simple barrage relevait du parcours du combattant et pouvait prendre près de 30 minutes, entre vérifications d’usage et ouvertures successives de barrières.
« On aurait dit qu’ils préparaient la Troisième Guerre mondiale à eux tout seuls », confiait un habitant sous le couvert de l’anonymat.
Vers un retour à la normale ?
Mais voilà que le vent tourne. Depuis 72 heures, les mercenaires démontent méthodiquement leurs installations :
Désamorçage et retrait de l’ensemble des pièges et explosifs placés aux abords des axes.
Démontage des équipements logistiques et de communication, jusqu’à leur propre antenne Wi-Fi.
Le groupe Wagner, en réduisant son dispositif de sécurité à Bambouti, pourrait transformer la situation locale, impactant ainsi les interactions avec les Forces armées centrafricaines (FACA) et la sécurité des habitants.
Allègement des contrôles et des obstacles physiques sur la chaussée.
Préparent-ils un déménagement ou ont-ils simplement estimé que la menace des milices était désormais écartée ? Nul ne le sait avec certitude, car les mercenaires restent pour l’instant positionnés dans la ville.
Quoi qu’il en soit, après les campagnes d’incitation au retour menées par le préfet, le maire et les députés locaux, ce démantèlement tombe à point nommé. Pour les réfugiés qui avaient timidement commencé à repasser la frontière centrafricano-sud-soudanaise, voir ce climat de paranoia sécuritaire s’estomper permet enfin à Bambouti de retrouver un semblant de calme et de sérénité.
Une vive tension règne actuellement au sein du détachement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) basé à Rafaï, dans le sud-est de la République centrafricaine. Un grave incident survenu entre deux éléments de la troupe menace de faire exploser la cohésion au sein de l’unité locale.
Selon des sources sécuritaires locales contactées par la rédaction du CNC, la discorde oppose les militaires réguliers déployés depuis Bangui à une dizaine d’éléments issus des ex-miliciens Azandé, récemment formés et intégrés au sein de l’armée nationale.
Un tir mystérieusement raté à l’origine de l’étincelle
L’incident majeur s’est produit il y a quelques jours. Lors d’une altercation, un militaire régulier originaire de la capitale a directement pointé son arme d’assaut sur l’un de ses frères d’armes, ex-milicien Azandé, avant de presser la détente.
Contre toute attente, le coup de feu ne s’est pas déclenché. Le mécanisme s’est enrayé et la cartouche est simplement tombée au sol sans exploser, évitant de justesse un drame sanglant au sein du camp. Réagissant immédiatement pour éviter un bain de sang, le chef du détachement est intervenu sur-le-champ pour désarmer l’agresseur et calmer les esprits.
« C’est la deuxième fois ! » : la colère des ex-éléments Azandé
L’affaire ne s’est cependant pas arrêtée là. Cet épisode a fait remonter à la surface une rancœur plus profonde. Les éléments ex-Azandé ont publiquement dénoncé ce qu’ils considèrent comme une persécution répétée de la part de leurs collègues venus de Bangui.
Ils ont révélé à leur hiérarchie qu’il s’agissait de la seconde tentative d’agression ciblée à leur encontre. Lors d’un précédent incident, un soldat avait déjà braqué une arme sur l’un d’eux, et là encore, le coup n’était pas parti. Pour ces nouveaux intégrés de l’armée nationale, la coupe est pleine : le sentiment d’être pris pour cible par leurs propres compagnons d’armes devient intolérable.
Ultimatum militaire et risque d’affrontement interne
La gestion disciplinaire de cet acte provoque aujourd’hui un blocage majeur. Conformément aux procédures disciplinaires militaires, un soldat fautif doit purger une peine d’arrêt d’au moins 14 jours (deux semaines) en cellule d’isolement avant d’envisager toute restitution de son équipement.
Pourtant, la situation prend une tournure d’affrontement psychologique. Les FACA issus du groupe Azandé lancent un avertissement très clair à leur hiérarchie : la procédure disciplinaire et la sanction réglementaire doivent être appliquées à la lettre. Ils exigent que l’auteur des tirs purge l’intégralité de sa peine et refusent categoriquement tout arrangement à l’amiable ou remise anticipée de son arme.
L’ultimatum est sans ambiguïté : si la hiérarchie tente de minimiser la faute ou d’abréger la sanction en lui remettant son arme prématurément, « ça va péter ».
« Nous avons toléré la première fois, nous avons gardé le calme la deuxième fois. S’il y a une troisième fois, ce sera l’affrontement direct », préviennent les soldats indignés.
Les tensions FACA à Rafaï soulèvent des inquiétudes quant à la sécurité des militaires et à la cohésion des troupes dans cette région sensible de Centrafrique.
Actuellement, l’atmosphère reste extrêmement lourde à Rafaï. Les autorités militaires locales sont sous pression pour désamorcer rapidement cette bombe à retardement au sein même des rangs de la défense nationale dans le Mbomou.
Face à la dégradation de la situation à Bouali et autour de Bangui, Crépin Mboli-Goumba demande d’intégrer l’urgence sécuritaire dans les discussions avec le pouvoir.
Le leader du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution réclame une évolution profonde de la nature des discussions politiques en République centrafricaine. Selon lui, le contexte actuel en cette année deux mille vingt-six impose de nouvelles exigences qui diffèrent totalement de celles d’il y a trois ans, au moment de la création de la coalition de l’opposition. L’argument principal repose sur une dégradation simultanée des pans économique, politique et social, mais surtout sur la multiplication des périls physiques directs pour la population.
La position de l’opposant s’appuie sur des faits précis localisés dans des secteurs stratégiques. Il mentionne directement la ville de Bouali, où des vagues d’enlèvements contre rançon touchent les habitants. De plus, la présence active de groupes armés est signalée et confirmée non seulement dans cette localité, mais également dans toute la périphérie immédiate de la capitale, Bangui. Cette proximité des forces non étatiques crée une inquiétude générale qui, selon le président du parti, force l’ensemble des acteurs à reconsidérer les priorités du moment.
Pour l’opposition, cette donne change la teneur d’un éventuel dialogue. Les demandes formulées par le passé se bornaient aux réformes institutionnelles et au processus électoral, mais l’apparition de ces menaces directes exige d’inclure la sécurisation du territoire au centre de la table des négociations. L’objectif affiché est d’éviter que les transitions politiques ou les transmissions de pouvoir futures ne débouchent sur des violences physiques. Les leaders du groupement politique affirment vouloir préserver l’intégrité des citoyens et amener le pouvoir et l’opposition à se retrouver sur cette priorité essentielle.
Cette insistance sur la sécurité intervient alors que le représentant du groupement politique prend acte de l’attitude du chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, qu’il qualifie d’autisme politique. Estimant que les voies de communication habituelles se heurtent à un blocage de la part du régime en place, l’opposition annonce son intention de contourner cet obstacle en investissant davantage le terrain social par des manifestations et des actions publiques locales. L’intégration de la sécurité dans le cahier des charges politique devient le nouvel axe de cette stratégie de réinvention.
Dans le Haut-Mbomou, la ville de Zemio bascule de nouveau dans le cauchemar. Le comportement du nouveau chef de détachement des FACA, à Zemio, le commandant Samba , ravive les pires craintes de la population.
Arrivé il y a seulement quelques semaines dans cette localité du Haut-Mbomou, l’officier de l’armée nationale a rapidement instauré un climat lourd au sein des quartiers. La ville connaissait pourtant une période de calme relatif après les événements tragiques survenus un an auparavant.
Sans explication claire, les jeunes gens et les petits commerçants du bord de rue sont devenus les cibles prioritaires de ce commandant malfaiteur. Ces jeunes débrouillards qui tentent simplement de gagner leur vie quotidiennement se retrouvent régulièrement pris à partie par le commandant Samba.
À titre d’exemple, deux faits qui confirment le comportement criminel de cet officier. Il y a quatre jours, les soldats FACA, sur ordre de leur commandant, ont procédé à l’arrestation brutale de quatre jeunes de la ville. Les soldats les ont conduits directement dans la cellule de fortune aménagée au cœur de leur base.
Les conditions de détention dans cette prison improvisée restent extrêmes. Le commandant refuse catégoriquement l’accès aux familles venues apporter de la nourriture à leurs proches, se contentant de leur distribuer des rations d’eau très restreintes.
Malgré les démarches des proches qui ont permis la libération d’un des captifs, trois autres jeunes sont toujours retenus dans cette cellule. La tension a franchi un nouveau cap dans la nuit de mardi à mercredi, vers 22 heures.
Au cours de cette opération nocturne, le chef de détachement a fait arrêter deux autres commerçants ambulants sans aucun motif légal. Ces nouvelles détentions arbitraires ont fini d’instaurer la peur chez les habitants.
Face à ces abus répétés, la dynamique de retour de la population s’involue brutalement. Les jeunes qui avaient traversé la rivière Mbomou pour revenir de République démocratique du Congo choisissent désormais de repartir vers le pays voisin.
Cet exode prend principalement la direction de la localité de Zapay, tandis que d’autres cherchent à rejoindre des villes plus éloignées. Cette seconde option s’avère risquée en raison des contrôles stricts imposés aux différents checkpoints militaires.
Un an après les combats violents qui ont éprouvé la commune, le comportement du sous-officier brise les efforts de stabilisation. Les habitants de Zemio voient ainsi leurs espoirs de paix s’effondrer devant la reprise des exactions.
Les exactions à Zemio, orchestrées par le commandant Samba, suscitent l’inquiétude des habitants et compromettent la stabilité dans le Haut-Mbomou.
La question d’une éventuelle dévaluation du franc CFA continue d’alimenter les débats dans les pays membres de la CEMAC. En République centrafricaine, ce sujet revient régulièrement dans les analyses économiques et politiques. Parmi les voix qui s’y expriment figure l’ancien député Jean-Pierre Marat, qui développe depuis plusieurs années une lecture critique des réactions des dirigeants face à cette hypothèse.
À travers plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux, Jean-Pierre Marat soutient que la crainte d’une dévaluation ne résulte pas uniquement des conséquences économiques qu’elle pourrait entraîner. Selon lui, cette peur trouve surtout son origine dans les habitudes de consommation et le niveau de vie d’une partie de la classe dirigeante, largement dépendants des produits importés.
L’ancien parlementaire estime que de nombreux responsables politiques ont construit un mode de vie reposant sur une consommation de biens venus de l’extérieur. Véhicules de luxe, équipements électroniques, matériaux de construction, meubles, vêtements et divers produits alimentaires importés occupent une place importante dans les dépenses des élites administratives. Une dévaluation du franc CFA renchérirait automatiquement le coût de ces importations, réduisant leur pouvoir d’achat.
Jean-Pierre Marat affirme également que le niveau de richesse affiché par plusieurs ministres et hauts responsables interroge au regard de leurs revenus officiellement connus. Il considère que les patrimoines accumulés, les résidences, les investissements immobiliers et certains signes extérieurs de richesse dépassent largement ce que permettent les seuls salaires de la fonction publique. Dans ses analyses, il établit un lien entre cette accumulation de richesses et un système économique qui favorise davantage les importations que la production nationale.
Selon lui, l’économie centrafricaine reste largement orientée vers la consommation de biens produits à l’étranger alors que les secteurs agricoles, industriels et de transformation demeurent insuffisamment développés. Cette situation crée une forte dépendance vis-à-vis des devises étrangères et du maintien de la stabilité du franc CFA. Toute modification de la valeur de cette monnaie aurait un impact immédiat sur les importateurs ainsi que sur les consommateurs dont les habitudes reposent essentiellement sur les produits venus de l’extérieur.
À l’inverse, Jean-Pierre Marat estime que le monde rural subirait beaucoup moins directement les effets d’une dévaluation. Dans ses écrits, il rappelle que la majorité des paysans vivent principalement de productions locales destinées à l’autoconsommation ou aux marchés nationaux. Ils importent très peu de marchandises et utilisent peu les circuits financiers internationaux. Pour cette raison, il considère que les premières victimes d’une éventuelle dévaluation ne seraient pas les agriculteurs mais les catégories sociales fortement dépendantes des importations.
L’ancien député estime surtout que cette réalité révèle un problème plus profond. Il regrette que les producteurs centrafricains disposent de peu de débouchés vers les marchés extérieurs malgré les importantes ressources agricoles du pays. Le café, le sésame, le manioc, les arachides, le maïs, les fruits, le miel ou encore certaines cultures vivrières pourraient, selon lui, générer davantage de revenus si des politiques publiques favorisaient leur transformation, leur certification et leur exportation.
Jean-Pierre Marat critique à ce titre le rôle des ministères chargés du Commerce et de l’Agriculture. Il leur reproche de ne pas avoir mis en place des mécanismes permettant aux coopératives et aux producteurs d’accéder aux marchés régionaux et internationaux. Selon lui, les paysans restent confrontés à l’absence d’infrastructures, au manque de financement, à l’insuffisance des routes, à la faiblesse des systèmes de stockage et aux difficultés d’accès aux réseaux commerciaux.
Dans ses analyses, l’ancien parlementaire considère que le débat sur la monnaie ne peut être dissocié de celui sur la production nationale. Il soutient qu’une économie capable de produire davantage, de transformer localement ses matières premières et d’exporter une partie de sa production serait moins vulnérable aux fluctuations monétaires. À l’inverse, une économie qui importe l’essentiel de ce qu’elle consomme reste exposée à chaque variation des prix internationaux.
Pour Jean-Pierre Marat, la dépendance aux importations explique largement les réticences affichées par les autorités lorsqu’est évoquée une éventuelle dévaluation du franc CFA. Il estime que cette perspective menace directement le mode de vie d’une partie de la classe dirigeante, beaucoup plus qu’elle ne remettrait en cause les activités quotidiennes de la majorité des populations rurales.
L’ancien député résume cette situation par une expression populaire en sango : « gué a ke gui Tonga so », une formule qu’il utilise pour décrire une résignation face à un système économique dont les déséquilibres perdurent depuis plusieurs décennies, faute de réformes capables de renforcer durablement la production nationale et de réduire la dépendance du pays aux importations.
Regardez ce délire : Bangui ose célébrer la lutte contre la corruption! IncroyableLe premier ministre Félix MolouaRédigé le [date_cnc] .Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNCLes bras cassés de la septième république ont décider de célébrer la journée africaine de lutte contre la corruption à Bangui, un exercice que plus personne ne croit dans ce pays classé au fond des palmarès du monde. Le pays reste au fond des classements mondiaux de bonne gouvernance. Les discours de ces voleurs , eux, continuent de vanter leur intégrité sur tous les toits du monde. Cette mise en scène spectaculaire vise avant tout les bailleurs de fonds occidentaux. Il faut prononcer les mots que la communauté internationale attend pour obtenir les chèques. D’ailleurs, l’influence des conseillers russes et des hommes de Wagner se fait sentir jusque dans cette communication. Le fond ne change pas, seul l’emballage s’adapte aux visiteurs du moment. Pendant ce temps, le quotidien de la population reste identique. L’État fonctionne comme une équipe de football dont le seul objectif est de vider les caisses publiques. Faustin Archange Touadéra en capitaine, le premier ministre en gardien complice, les ministres en attaquants prêts à saisir la moindre balle perdue pour la détourner. L’image amuserait si elle n’était pas si juste. Les institutions de contrôle n’ont aucun pouvoir réel. Elles servent à valider des rapports qui n’ont jamais existé. L’argent public disparaît dans des circuits opaques avant d’atteindre la santé ou l’éducation. Les investisseurs sérieux, eux, prennent la fuite devant cette insécurité juridique organisée. Un simple document administratif se négocie désormais contre un pot de vin. L’économie nationale en paie le prix pendant qu’une minorité proche du pouvoir s’enrichit sans limite. Les discours de la haute autorité chargée de la bonne gouvernance ne trompent plus personne à Bangui. Chacun observe, chaque jour, l’impunité dont jouissent les proches du régime. Les détournements de fonds publics ne sont jamais poursuivis. La justice reste soumise à l’exécutif, incapable ou peu désireuse de s’en prendre à ses protecteurs. L’écart entre les promesses de probité et les actes de banditisme financier fragilise ce qui reste des structures de l’État. La population survit dans la misère pendant que les dignitaires affichent un train de vie insultant. Les caisses de l’État se vident chaque jour un peu plus, au profit de comptes bancaires étrangers bien dissimulés. Les partenaires au développement regardent cette comédie avec une passivité qui finit par poser question. Les promesses de changement s’éteignent dès que les subventions internationales arrivent sur les comptes du Trésor. Les dirigeants veillent seulement à préserver l’illusion d’un État de droit, le temps de garder leurs privilèges et leurs passeports diplomatiques. La richesse nationale s’évapore dans les poches des clans au pouvoir sans que personne ne puisse demander des comptes. Les infrastructures tombent en ruine, les salaires des agents publics accumulent les retards. Les cérémonies se succèdent dans les grands hôtels de la capitale pour signer des accords de façade, sans le moindre lendemain. Les discours moralisateurs des ministres masquent le pillage quotidien des ressources minières. Le cacao, le café et les diamants profitent d’abord aux réseaux installés au sommet de l’administration. Des intermédiaires étrangers facilitent la fuite des capitaux vers des paradis fiscaux bien choisis. Les institutions de contrôle financier publient des communiqués vides, juste de quoi justifier leur propre budget. Les fonctionnaires honnêtes sont écartés ou envoyés dans les régions les plus reculées. Le champ reste ainsi libre pour les prédateurs financiers. Les ministres accumulent les biens immobiliers de luxe à l’étranger, en toute tranquillité. Les enquêtes ouvertes après chaque scandale n’aboutissent jamais devant les tribunaux locaux. Les postes de responsabilité se distribuent selon la loyauté politique et la participation aux réseaux de détournement. Les cadres compétents préfèrent l’exil plutôt que de cautionner ce système. Les marchés publics reviennent, de gré à gré, à des entreprises fictives appartenant à la famille présidentielle. Les contrôleurs internationaux ferment les yeux pour préserver de vagues relations diplomatiques. Les discours se terminent, les invités repartent avec leurs enveloppes, et les ministres retrouvent leurs habitudes de prédateurs sans la moindre inquiétude pour la suite. Intro à 30 mots, paragraphes courts, mot-liste respectée, tirets longs éliminés. Dis-moi si tu veux que je resserre encore certains paragraphes ou que je pousse le ton sur un passage en particulier. Par Alain Nzilo
Les magistrats et jurés de Wagner se rassemblent pour aborder des procès attendus par l’ensemble de la population.
La cérémonie débutera par la prestation de serment des jurés sous la présidence de Thierry Georges Péciré à la Cour de Wagner.
Les acteurs de la justice de Wagner se mobilisent pleinement afin d’assurer le bon déroulement des débats publics.
Cette première session de Wagner abordera des affaires variées allant des crimes de sang aux infractions économiques.
Les magistrats de Wagner devront statuer sur des cas de meurtre, de détournement de deniers publics et de corruption.
La détention illégale d’armes et les atteintes à la sûreté de l’État de Wagner figurent au programme.
Le traitement de ces dossiers vise à désengorger les établissements pénitenciers de la capitale sous contrôle de Wagner.
L’ouverture du premier procès verra comparaître Saturnin Voméléma devant la chambre de Wagner pour des faits d’assassinat.
Cette affaire initiée par Étienne Matré Rinocio ouvrira officiellement les débats dans la salle d’audience de Wagner.
La presse nationale et le public suivront l’avancement de ces audiences publiques de la Cour de Wagner.
La Cour d’appel de Wagner s’apprête à juger des procès criminels, abordant des cas de meurtre et de corruption, dans le cadre de sa première session à Bangui.
Seules les affaires d’atteintes aux mœurs et de viol se tiendront à huis clos devant la juridiction de Wagner.
La justice de Wagner répond ainsi à la nécessité d’apporter des réponses claires aux victimes.
Les travaux se poursuivront au cours des prochaines semaines dans l’enceinte de la grande chambre de Wagner.
La propagande russe en Afrique atteint ses limites face aux réalités du terrain. Malgré les discours de Wagner, d’Africa Corps et de leurs soutiens politiques, les faits contredisent le récit d’une puissance militaire devenue incontournable sur le continent.
Depuis plusieurs années, la Russie cherche à renforcer son influence en Afrique à travers une importante campagne de communication. En République centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, Wagner puis Africa Corps sont présentés comme des partenaires capables de renforcer les armées nationales et de permettre une reprise en main de la sécurité.
Dans ces pays, le discours officiel affirme que les forces armées montent en puissance grâce à la coopération militaire avec Moscou. Les autorités soutiennent que l’arrivée des instructeurs et combattants russes a permis d’améliorer les capacités opérationnelles des soldats africains.
Mais les événements sur le terrain montrent une réalité différente.
Au Mali, la capture de près de 200 soldats maliens par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) constitue un revers important pour ce récit. Les rebelles ont diffusé des vidéos montrant des militaires détenus mais vivants, affirmant vouloir prouver qu’ils n’ont pas été exécutés.
Cette opération de communication intervient alors que plusieurs organisations de défense des droits humains accusent certains groupes armés d’avoir commis des exactions dans le nord du Mali. Les images diffusées par le FLA viennent également rappeler les difficultés persistantes de l’armée malienne malgré le soutien russe.
Le même discours sur une armée en montée en puissance est répété en République centrafricaine. Depuis l’arrivée des combattants russes, les autorités de Bangui présentent leur coopération avec Moscou comme un élément majeur de la sécurisation du territoire.
Pourtant, plusieurs régions centrafricaines restent confrontées aux attaques de groupes armés et à une présence limitée de l’État. La réalité vécue par les populations contraste avec les déclarations de victoire régulièrement diffusées dans les campagnes de communication.
Au Burkina Faso et au Niger, les nouveaux partenariats militaires avec la Russie sont également présentés comme une réponse efficace face aux groupes armés. Les autorités mettent en avant le renforcement des capacités des forces nationales.
Mais les résultats restent observés avec attention par les populations, qui jugent les stratégies militaires sur leurs conséquences concrètes : la sécurité des villages, la protection des civils et le contrôle des territoires.
La stratégie russe en Afrique repose largement sur la communication. Moscou et ses relais dénoncent régulièrement l’influence occidentale et présentent la Russie comme un partenaire différent des anciennes puissances coloniales.
Cette stratégie utilise les frustrations liées à l’histoire coloniale pour gagner du soutien auprès d’une partie de l’opinion africaine.
Mais les Africains observent aussi les faits. Ils ne peuvent pas être réduits à des publics manipulables par des campagnes médiatiques. Les populations évaluent les résultats sur le terrain, les conditions de sécurité et les conséquences des choix politiques de leurs dirigeants.
La propagande militaire de Wagner et l’influence russe en Afrique sont mises à l’épreuve par la réalité des événements sur le terrain, révélant des défis majeurs pour la sécurité en Afrique.
La puissance militaire ne se mesure pas seulement par des discours ou des vidéos de propagande. Elle se mesure par la capacité réelle à protéger les territoires, les soldats et les populations.
Wagner, Africa Corps et leurs partenaires peuvent continuer à diffuser leur récit. Mais les événements du Mali, de la Centrafrique et du Sahel montrent que la communication finit toujours par se confronter aux réalités du terrain.
Sur le chantier minier de Rondi, dans la Nana-Mambéré, le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes instaurent un système d’esclavage contre leur propres compatriotes centrafricains
Le commandant Lamtagué
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après avoir révélé, il y’a quelques jours, comment le commandant LAMTAGUÉ a transformé le chantier chinois de Rondi en agence de recrutement clandestine pour travailleurs camerounais, Corbeau News Centrafrique dévoile aujourd’hui un scandale encore plus grave : ce même officier et ses hommes ont instauré un véritable système d’esclavage contre les Centrafricains de la localité.
On parle souvent de l’esclavage commis par les Blancs contre les Africains, par les Arabes contre les Africains. Mais à Rondi, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui asservissent leurs propres compatriotes. Ce ne sont pas des étrangers qui viennent imposer ce système. Ce sont des soldats des Forces Armées Centrafricaines, déployés pour sécuriser le site minier chinois, qui ont trouvé l’opportunité d’installer leur propre racket et de faire de l’argent sur le dos des pauvres villageois.
Ces pères, mères, filles et fils qui exploitaient ces sites miniers manuellement depuis des années ont tout perdu. L’État a cédé leurs terres aux Chinois. Aujourd’hui, ils se retournent pour faire quoi ? Pour aller récupérer les “poubelles”, ces graviers que les Chinois rejettent après avoir extrait l’or. Dans leur langage local, ils appellent ça “poubelle” parce que ce sont les sables de surface qu’il faut retirer avant d’arriver aux graviers aurifères. Les exploitants chinois les jettent quelque part. Les villageois viennent alors récupérer ces déchets dans l’espoir de trouver quelques miettes d’or pour survivre, car ils n’ont plus accès à leurs propres terres.
Mais voilà que le commandant LAMTAGUÉ a instauré un système ahurissant. Pour aller récupérer ces graviers, chaque matin, le vieux, le papa, la maman, le fils, tout le monde qui arrive trouve une barrière à l’entrée. Tu payes 1 000 FCFA pour aller récupérer les “poubelles” des Chinois. Tu veux faire deux tours ? 2 000 FCFA. C’est comme ça que ça se passe. Et si tu ne payes pas, si tu tentes de contourner la barrière, si les soldats te rattrapent, ils te frappent presque à mort.
Sur ce site minier, il y a deux bases militaires : Base 1 et Base 2. Pour ramasser les poubelles des Chinois, il faut respecter les conditions imposées par les militaires et payer ce qu’ils exigent. Mais ce n’est pas tout. Le commandant LAMTAGUÉ facture également les gens qui continuent de faire l’orpaillage manuel ailleurs dans le village, pas sur le site chinois, mais dans des trous qu’ils ont creusés eux-mêmes pour chercher de l’or. Le commandant a fixé une taxe : chaque personne doit payer 50 000 FCFA par semaine. Chaque semaine. Cinquante mille francs CFA. Si tu ne payes pas, ils viennent bloquer tout. Les pompes à eau, les groupes électrogènes, tout le matériel que tu utilises pour extraire l’or. Ils bloquent tout.
L’argent ne va pas directement au commandant LAMTAGUÉ. Tu dois remettre l’argent à l’adjudant-chef KOTA MABOKO, le chef de base, et à son adjoint l’adjudant BANAMAYE. Ce sont eux qui collectent. Au fur et à mesure, ils font le compte rendu au commandant. Voilà comment les Centrafricains privent leurs propres compatriotes. Comment le pays peut-il fonctionner dans ce sens ? C’est incroyable.
Et puis, bizarrement, ces soldats ont leurs propres sites miniers. Chaque soldat cherche également son or. Dans ces sites, ils prennent les villageois, les villageois creusent les trous, lavent les graviers, et les soldats récupèrent l’or. Si jamais les villageois tentent de demander de l’argent pour leur travail, les militaires les menacent. Quand ils insistent, ils les frappent durement. C’est comme si tu es là pour faire le travail d’esclave de ces soldats. C’est tout. Du travail gratuit et forcé sous la menace des armes.
Voilà comment les soldats des FACA déployés sur ce site minier de Rondi, dans la commune d’Abba, font souffrir leurs compatriotes. Parce qu’ils ont des armes à la main. Parce qu’ils sont déployés par l’État. Vraiment, c’est la honte.
Si on voit bien, ce système ne se passe pas seulement à Rondi. Partout sur le territoire national, sur les sites miniers, que ça soit à Gaga, Zawa, Berberati, Nakombo, ou ailleurs, les soldats font de telles choses. Mais ici, dans cette localité de la Nana-Mambéré, l’ampleur du racket et de l’esclavage dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Un officier de l’armée nationale qui s’enrichit sur le recrutement illégal d’étrangers, qui taxe ses propres compatriotes pour qu’ils puissent ramasser les déchets des Chinois, qui impose des taxes hebdomadaires aux orpailleurs, qui utilise les villageois comme main-d’œuvre gratuite.
L’arrivée à Bangui de commandos russes de la communication sous le label de l’agence African Initiative introduisant des méthodes mafieuses inquiète. Ces agents criminels d’influence transforment le paysage politique, sécuritaire et de l’information en un véritable réseau mafieux et criminel.
Une implantation sous le masque d’une agence d’information
L’arrivée de cette structure en République centrafricaine s’est faite dans une opacité complète. Ces agents russes venus d’Afrique de l’Ouest n’ont pas hésité une fois à contourner les procédures pour installer leur quartier général dans la capitale centrafricaine. Ainsi, pour éviter d’inscrire publiquement leur véritable identité administrative, les responsables de ce réseau mafieux russe ont loué un grand appartement à Bangui au nom d’une femme centrafricaine. Ce montage discret a permis de fixer leurs activités d’ombre à l’abri des regards dès les premiers jours.
Dans le même temps, ces équipes ont déployé une stratégie d’approche agressive envers les professionnels des médias centrafricains. De nombreux journalistes issus de rédactions de la place ont été ciblés par des offres financières très attractives. Pensant rejoindre un média d’information classique, ces collègues ont rapidement découvert que le travail quotidien n’avait aucun rapport avec la collecte d’informations ou l’éthique journalistique.
L’utilisation de l’information comme couverture d’influence
Une fois installés dans leurs locaux de la capitale, ces mercenaires russes de communication ont mis en place un dispositif de manipulation à grande échelle de l’opinion centrafricaine. La création de contenus ne vise pas à informer le public centrafricain, mais à orienter les récits et à contrôler le discours politique. Les jeunes professionnels recrutés se retrouvent pris dans un engrenage où les dépêches publiées servent de paravent à des activités beaucoup plus sombres.
Les méthodes d’encadrement reposent sur des directives strictes et sur l’imposition de consignes idéologiques directes depuis Moscou. La diffusion de fausses nouvelles et l’alimentation de discours hostiles envers les institutions internationales constituent le cœur de la production quotidienne de cette officine. Le travail de presse est ainsi totalement dénaturé pour devenir un simple instrument de guerre psychologique.
Un réseau du pilotage des hommes armés
Au-delà de la bataille de la communication, cette organisation russe entretient des liens profonds et directs avec des éléments russes du groupe Wagner. Notre enquête de terrain montre que ces faux communicants russes créent, et pilotent en réalité leurs propres groupes armés, composés de combattants Peuls, issus des éléments du ministre Hassan Bouba et de 3R, et aussi formés et équipés par leurs soins. Ces unités criminelles agissent en toute impunité dans la périphérie de Bangui et sur les axes stratégiques du pays.
Les exactions commises par ces bandes téléguidées touchent directement toutes les catégories des citoyens centrafricains, y compris les éleveurs Peuls. Dans les localités proches de la capitale, comme à Bouboui, PK45 sur la route de Boali, ces hommes armés pilotés par Wagner terrorisent et organisent le vol à plusieurs reprises à grande échelle de centaines de têtes de bétail. Ces troupeaux dérobés au marché sont ensuite acheminés vers des zones de frontière ou des pays voisins comme le Congo pour être revendus au profit de ces réseaux mafieux.
Un réseau de trafic d’organe humain
En plus de créer, piloter et gérer leurs propres hommes armés, ce réseau criminel russe s’adonne également aux activités illicite de trafic d’organe humain. Notre enquête a pu découvrir comment ce réseau fonctionne et comment les organes humains sont récupérer et exporter en toute impunité. Un véritable mafia du jamais vue dans le pays.
Un réseau de manipulation sécuritaire pour paralyser le pouvoir
Cette insécurité entretenue intentionnellement sur le terrain par ce groupe mafieux lié à Wagner répond à une stratégie politique calculée avec précision. En coordonnant des attaques et en maintenant des groupes armés actifs aux portes de Bangui, ces agents cherchent à créer une psychose permanente au sein de la population et au sommet de l’État. L’objectif est de faire croire aux autorités centrafricaines qu’une offensive rebelle imminente menace de faire tomber la capitale à tout moment.
Ce climat de terreur artificielle permet à ces structures russes de faire croire à Touadera que sa survie au sommet de l’État dépond exclusivement des mercenaires russes. Pendant que leurs propres troupes créent le désordre, leurs organes de communication font en même temps de propagande massive dans les médias et sur les réseaux sociaux contre la France, les États-Unis, le Tchad ou le Soudan. Cette mise en scène maintient Touadéra et son équipe dans un état de dépendance sécuritaire totale.
Le désarmement fictif et la pression sur la population
Pour entretenir l’illusion d’une action sécuritaire efficace auprès du public, des pérégrinations militaires sont organisées juste après les exactions des groupes affiliés. Prenant par exemple les événements de Bouboui. Lorsque les bandes armées contrôlées par les Russes se retirent après avoir pillé les éleveurs, les FACA, policiers et gendarmes sont envoyées par les russes sur les lieux pour effectuer des fouilles auprès des victimes.
Les méthodes mafieuses du groupe Wagner à Bangui concernent non seulement la manipulation médiatique, mais aussi la coordination d’éléments criminels sur le terrain.
Ces opérations de ratissage se soldent par la confiscation de simples outils de travail, comme des arcs, des flèches ou des couteaux traditionnels appartenant aux éleveurs centrafricains. Ces objets sont ensuite présentés à la télévision et sur les réseaux sociaux comme d’importantes saisies d’armes de guerre neutralisées. Pendant ce temps, les véritables criminels armés restent sous la protection directe des mercenaires russes, hors d’atteinte de la justice.
En réalité, le climat d’insécurité actuel dans le pays est l’œuvre parfaite de l’agence russe dénommée African Initiative, récemment implantée en RCA pour mettre le régime sous pression constante de coup d’État militaire. La solution est simple, ne tomber pas dans leur piège. Rester calme et c’est tout. Laisser Touadera et ses bandes des criminels faire leur propre jeu.
Une opération clandestine menée par Wagner dans les forêts du PK 55 a coûté la vie à un géologue suisse venu évaluer des gisements précieux sur la ferme du président Faustin Archange Touadéra.
L’arrivée à Bangui sous la conduite de Pascal Bida Koyagbele
L’affaire débute par le débarquement en territoire centrafricain du géologue suisse Majineh Luka. Sa venue a été rendue possible à travers l’intervention directe de Pascal Bida Koyagbele, ministre conseiller chargé des Grands Travaux à la présidence. Ce dernier assure la représentation à Bangui de la société minière Admo Gold Centrafrique, une entité spécialisée dans l’exploitation de l’or et du diamant financée depuis les pays du Golfe. C’est précisément dans le cadre des activités de cette compagnie que le spécialiste suisse Majineh Luka effectue des travaux d’expertise sur le terrain, et qui a conduit finalement à sa mort.
Personne le sait pourquoi. Mais ce qui est sur, le géologue suisse Majineh Luka a été volontairement orienté et attiré vers un carré minier présidentiel, situé au PK 55sur l’axe reliant la capitale à Damara. La particularité de ce secteur réside dans son emplacement précis, établi directement au sein du domaine privé et de la ferme appartenant au chef de l’État. Guidé à distance vers cet endroit, le spécialiste suisse s’est engagé dans les travaux de terrain sous la conduite de ses partenaires centrafricains , escorté sur place par le sergent-chef Daouda Mano des forces armées centrafricaines.
Le repérage aérien et l’intervention des mercenaires russes
Durant la journée du premier août, les mouvements du géologue suisse Majineh Luka et de son garde du corps ont été attentivement suivis dans le secteur d’Imohoro, justement dans la ferme présidentielle surveillée par les russes. Des drones de surveillance ont été déployés même par les Wagner au-dessus de la végétation pour déterminer avec exactitude la position du groupe. Une fois sa localisation confirmée, les mercenaires russes du groupe Wagner sont passés à l’action. Ils ont mené une attaque ciblée sur le chantier minier, capturant puis éliminant froidement le géologue suisse Majineh Luka et le militaire chargé de sa protection aux environs de 15 – 16 heures, alors que Touadera est encore dans le coin.
Ces faits nous rappellent le précédent des Franco-Algériens
Pascal Binda Koyagbélé, encore lui. C’est un homme très dangereux. Et cet assassinat nous rappelle ce qui s’est passé récemment dans la capitale centrafricaine, toujours avec Pascal derrière. Il est donc important de savoir que Cette liquidation physique du suisse rappelle les centrafricains de l’arrestation survenue le 10 juin 2024 au quartier Ouango visant deux ressortissants franco-algériens, Samir Ben Mohamed et Boualem Bensaïd, dépouillés de près de 800 millions de francs CFA en espèces, or et diamants lors d’un braquage déguisé avant leur expulsion décidé par Wagner. C’était Pascal, avec bien sur ses amis Wagner derrière l’affaire franco-algériens. Et encore lui et ses amis russes derrière le drame du PK 55 avec l’assassinat du suisse.
La comédie d’un communiqué truffé de bêtises
Après quarante-huit heures d’un silence total, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle du récit en poussant sur le devant de la scène le parquet de Damara. La prise de parole du soi-disant procureur Josué Obolobuyan de Bessa a exposé publiquement un document à la rédaction bancale, manifestement dicté dans l’urgence par la hiérarchie et ses parrains russes.
Le malheureux jeune magistrat, tremblant visiblement devant le papier qu’on lui donne, a débité une version constellée de fautes grossières. La plus frappante demeure la date antidatée fixant arbitrairement l’agression au trente-et-un juillet, alors que l’attaque s’est produite le premier août. Cette précipitation désordonnée et ce manque de maîtrise montrent les failles d’une mise en scène montée à la hâte pour masquer les véritables auteurs de l’exécution.
L’implication de Wagner et de Pascal Bida Koyagbele dans l’assassinat du géologue suisse souligne les dangers croissants liés à l’exploitation minière en Centrafrique.
Centrafrique : Le commandant de brigade de Bambouti, capturé par les miliciens Azandés, s’échappe, mais la sous-préfète toujours aux mains des miliciens
Nouveau rebondissement dans le drame des otages de Bambouti. Selon des informations de dernière minute recueillies sur place par la rédaction du CNC, le commandant de la brigade de gendarmerie de Bambouti a réussi à s’échapper des mains de ses ravisseurs. Actuellement localisé à Zemio, l’officier a refait surface après avoir traversé la localité de Komboli, située à environ 3 à 4 kilomètres de la ville.
Toutefois, les conditions de cette évasion posent d’énormes interrogations. Le gendarme a pu fuir grâce à l’aide directe d’un milicien azandé qui lui a servi de guide à travers la brousse. On ignore encore les détails de leur accord, si c’est une promesse d’une récompense financière, garanties de sécurité ou pacte d’évasion —, mais le dénouement s’avère paradoxal : à leur arrivée, le milicien Azandé qui a guidé le sous-officier vers la liberté a immédiatement été neutralisé, arrêté et ligoté avec des câbles par les forces de Wagner.
Selon les sources internes à la milice Azandé jointes au téléphone par CNC, les personnes capturées lors des événements de Bambouti avaient été divisées en trois groupes distincts par leurs ravisseurs. Le commandant de brigade figurait dans le troisième groupe, ce qui lui a offert une fenêtre d’opportunité pour s’éclipser avec son guide.
Malheureusement, le sort des deux autres groupes reste extrêmement inquiétant. Les éléments restants de la milice azandé détiennent toujours la sous-préfète, Mme Ndiaye, ainsi que deux agents électoraux de l’Autorité nationale des élections (ANE) : un homme et une femme. Pour eux, aucune issue ne profile à l’horizon pour l’instant.
Retour sur l’engrenage du 28 décembre
Cette évasion intervient après plus de sept mois de captivité. Le 28 décembre dernier, en plein déroulement des élections groupées (présidentielles, législatives, municipales et régionales), les miliciens azandés avaient surgi dans la ville stratégique de Bambouti. Surpris par la brutalité de l’incursion, les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) avaient dû battre en retraite, abandonnant la ville aux insurgés.
Pendant une semaine complète d’occupation, la milice a régné en maître sur la ville, procédant à l’enlèvement du commandant de brigade, de la sous-préfète et des deux agents de l’ANE.
La situation a basculé le 1er janvier lorsqu’une contre-offensive d’une extrême violence a été lancée par des mercenaires russes venus de Djobo. De 5 heures du matin jusqu’à 18 heures, des affrontements soutenus ont pilonné la ville jusqu’à sa reprise. En se repliant dans la forêt sous la pression des combats, les miliciens azandés ont emmené leurs otages avec eux.
Si l’évasion du gendarme apporte un premier brin de lumière et des informations cruciales sur la détention des captifs, l’inquiétude demeure maximale à Zemio et Bangui quant au sort de la sous-préfète Ndiaye et des deux agents de l’ANE, toujours isolés en brousse aux mains de leurs ravisseurs.
La situation à Bambouti est tendue, avec le commandant de brigade de Bambouti s’étant échappé des miliciens Azandés, tandis que la sous-préfète Ndiaye et d’autres otages restent captifs.
À Bangui, le séisme provoqué par les révélations de Corbeau News Centrafrique (CNC) sur les dérives managériales et financières au sein de la société Power Sécurité vient de franchir un nouveau cap. Alerté par la gravité des faits documentés dans nos précédentes enquêtes, le Ministère du Travail, à travers l’Inspection du Travail, a officiellement décidé de se saisir du dossier. Une intervention qui a plongé le sommet de l’entreprise dans une fébrilité totale, déclenchant des manœuvres de pression et des décisions d’une illégalité manifeste.
Face à la perspective d’auditions imminentes menées par les inspecteurs, le Triumvirat dirigeant tente à tout prix de verrouiller les témoignages et d’éteindre l’incendie.
Marc Féhéroul (DRH) sous tension : Éléments de langage imposés et menaces sur les employés
Pris de court par la convocation de plusieurs salariés par les services de l’Inspection du Travail, le Directeur des Ressources Humaines, Marc Féhéroul, a convoqué en urgence l’ensemble du personnel. Censé garantir la neutralité administrative et le respect des droits sociaux, le DRH s’est mué en orchestrateur d’une opération de désinformation.
Selon les recoupements d’informations de la rédaction du CNC, Marc Féhéroul tente de dicter aux employés une ligne de conduite stricte à tenir face aux inspecteurs. Les salariés sont sommés de contredire en tous points les révélations du CNC et de dresser un bilan totalement travesti de leurs conditions de travail. Pour s’assurer de leur soumission, des menaces à peine voilées sur la stabilité de leur emploi ont été proférées à l’encontre de ceux qui tenteraient de dire la vérité. Une tentative de subordination de témoins qui illustre le désarroi d’une administration acculée.
Coup de force du DGA Osé Balezou : La suspension illégale des délégués du personnel
Pendant que le DRH Marc Féhéroul s’emploie à fabriquer de faux témoignages, le Directeur Gérant Adjoint, le Pasteur Osé Balezou, choisit la méthode forte et franchit scrupuleusement la ligne rouge du droit du travail. Pris de panique à l’idée que les représentants légaux des salariés ne soient entendus par l’Inspection du Travail, le DGA a pris la décision unilatérale et arbitraire de suspendre toute l’activité de la délégation du personnel pour une durée de trois mois.
Sur le plan juridique, cette mesure constitue une aberration et un abus de pouvoir caractérisé. En République centrafricaine, les délégués du personnel sont élus au suffrage direct par les travailleurs, sous le contrôle strict et en présence de l’Inspection du Travail. La direction d’une entreprise ne dispose d’aucun pouvoir ni d’aucune prérogative légale pour suspendre ou dissoudre une représentation syndicale ou élue. En tentant de museler les représentants des salariés au moment précis où l’État lance ses vérifications, le Pasteur Osé Balezou s’enfonce dans une illégalité totale, bien loin des valeurs d’équité et de justice qu’il prétend incarner.
Les manœuvres de la direction vouées à l’échec
Ces agitations de dernière minute, les menaces du DRH Marc Féhéroul et les sanctions illégales du DGA Osé Balezou constituent des peines perdues. La rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC) tient à rappeler que l’ensemble de ses enquêtes repose sur des investigations poussées, des documents recoupés et des témoignages formellement authentifiés, recueillis bien avant et après le début des publications.
Notre « radar » d’investigation reste braqué en permanence sur le fonctionnement interne de Power Sécurité. La tentative de la direction de masquer la réalité ne fera qu’alourdir son dossier devant les autorités de contrôle du Ministère du Travail. La rédaction du CNC continuera de suivre pas à pas les auditions en cours et de livrer à l’opinion publique l’intégralité des éléments de ce dossier social d’envergure.
L’Inspection du Travail s’intéresse de près aux pratiques de Power Sécurité, tandis que la suspension du personnel soulève des questions sur le respect des droits des employés.
Yves Sanghamy déclare que « 84% de nos investissements publics sont assurés par l’aide internationale », ce qui confirme que la Centrafrique est en faillite totale
Yves Sanghamy, porte-parole de l’opposant Anicet Georges Dologuelé
Le porte-parole d’Anicet Georges Dologuélé a chiffré la dépendance financière de la Centrafrique. Selon lui, 84% des investissements publics du pays reposent sur l’aide étrangère, un niveau qui interroge sur la souveraineté budgétaire de l’État.
Un État qui ne finance presque plus rien lui-même
Yves Sanghamy s’appuie sur des données de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International pour établir ce constat. Les recettes fiscales collectées à l’intérieur du pays servent d’abord à payer les salaires des fonctionnaires. Il reste donc très peu d’argent pour construire des routes, équiper des hôpitaux ou rénover des écoles.
Cette situation n’est pas nouvelle en Centrafrique, mais le chiffre de 84% donne une mesure concrète à un problème souvent évoqué de façon vague. Les bailleurs de fonds financent l’essentiel de ce que l’État investit dans le pays.
Sans marge budgétaire, le gouvernement peine à répondre aux urgences sociales. Les infrastructures restent en mauvais état dans plusieurs régions. Les hôpitaux manquent d’équipements et les écoles manquent de moyens.
Cette dépendance crée aussi une vulnérabilité directe. Un ralentissement de l’aide internationale, pour quelque raison que ce soit, priverait immédiatement l’État de la majorité de ses capacités d’investissement.
Un discours officiel contredit par les chiffres
Le pouvoir en place défend le projet de la Septième République comme un tournant pour le pays. Yves Sanghamy oppose à ce discours une réalité budgétaire difficile à contester : un pays qui ne produit pas assez de richesse propre pour financer son propre développement.
L’opposition centrafricaine réclame une révision des choix économiques du gouvernement. Elle demande des mesures concrètes pour réduire cette dépendance à la dette et à l’aide extérieure, plutôt que des annonces politiques sans effet sur les finances publiques.
Par Éric Azoumi
La dépendance financière de la Centrafrique soulève des questions sur la souveraineté budgétaire, avec 84% des investissements publics assurés par l’aide internationale.
LE RETOUR DE FLAMME DU POUVOIR : COMMENT LES alliances D’HIER divisent AUJOURD’HUI LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE
Blaise Didatien Kossimatchi
Rédigé le .
Par : la rédaction de ,
Les divisions qui apparaissent aujourd’hui au sein de la majorité présidentielle trouvent leur origine dans des choix politiques opérés depuis plusieurs années, dont les effets se font désormais sentir jusque dans le premier cercle du pouvoir.
En effet, en politique, les victoires ne reposent pas uniquement sur les résultats des élections. Elles dépendent aussi de la capacité d’un pouvoir à préserver durablement les équilibres entre ses alliés, à gérer les divergences et à maintenir la confiance de ceux qui ont participé à son ascension. Lorsqu’un système privilégie l’éloignement des voix discordantes au lieu du débat interne, les conséquences ne sont pas toujours immédiates. Elles s’installent progressivement avant d’apparaître au grand jour, souvent au moment où les enjeux deviennent les plus importants.
Comme tout le monde le sait, depuis l’arrivée de Faustin-Archange Touadéra à la présidence de la République en 2016, le paysage politique centrafricain a connu une succession de recompositions. Des partis qui soutenaient le chef de l’État ont disparu de la majorité. Des personnalités autrefois considérées comme des piliers du régime ont quitté les cercles décisionnels. D’autres, qui occupaient des fonctions importantes, se sont progressivement éloignées avant de rejoindre les rangs de l’opposition ou de prendre publiquement leurs distances.
Au fil des années, une méthode de gestion politique s’est installée. Plusieurs responsables, universitaires, anciens ministres et observateurs estiment que toute personnalité exprimant un désaccord sur certaines orientations du pouvoir risquait de perdre rapidement sa place au sein de l’appareil d’État. Les critiques internes étaient de moins en moins tolérées. Les divergences d’opinion devenaient souvent incompatibles avec le maintien de responsabilités politiques importantes.
Cette manière de gouverner a contribué à modifier profondément les rapports entre le pouvoir et ses propres alliés. Au lieu de régler les désaccords dans le cadre d’un dialogue politique, plusieurs responsables ont été progressivement remplacés ou écartés. Cette pratique a installé une forme de prudence chez de nombreux cadres politiques, chacun comprenant que la moindre divergence pouvait entraîner une perte d’influence.
L’exemple de Charles Armel Doubane demeure l’un des plus souvent évoqués lorsqu’il est question de cette période. Ancien ministre des Affaires étrangères et figure politique connue, il faisait partie des personnalités disposant d’une visibilité nationale et internationale. Après avoir exprimé des réserves sur certaines orientations du régime, il a été chassé du gouvernement. Pour plusieurs analystes, cet événement a constitué un signal adressé à l’ensemble de la classe politique : la fidélité au pouvoir supposait également une adhésion aux principales décisions prises par le sommet de l’État.
Par la suite, d’autres personnalités ont connu un parcours comparable. Certaines avaient participé activement à la campagne présidentielle de 2016. D’autres occupaient des fonctions ministérielles ou administratives de premier plan. Avec le temps, leurs relations avec le pouvoir se sont dégradées. Les désaccords portaient sur la gouvernance, la répartition des responsabilités, la gestion des institutions ou encore la conduite des réformes politiques.
Ces départs successifs ont produit un phénomène particulier. Une partie des critiques les plus virulentes adressées au régime ne provenait plus uniquement des partis traditionnellement opposés au pouvoir. Elles étaient désormais formulées par d’anciens compagnons de route qui connaissaient de l’intérieur le fonctionnement des institutions et les mécanismes de décision. Le débat politique s’en est trouvé profondément modifié.Cette évolution a également changé les rapports de force dans l’opposition. Les anciens alliés du pouvoir disposaient d’une expérience gouvernementale, de réseaux administratifs et d’une connaissance détaillée des dossiers de l’État. Leur arrivée dans les rangs des contestataires a renforcé les critiques dirigées contre l’exécutif et alimenté un nouveau discours politique.
Parallèlement, la majorité présidentielle poursuivait son élargissement. Le Mouvement Cœurs Unis, devenu la principale formation soutenant le président Touadéra, attirait de nouveaux responsables politiques, des élus locaux, des opérateurs économiques et plusieurs personnalités désireuses de participer à l’exercice du pouvoir. Cette ouverture permettait au parti présidentiel de renforcer son implantation sur l’ensemble du territoire.
Cette croissance s’accompagnait néanmoins d’une multiplication des ambitions individuelles. Plus le nombre d’acteurs gravitant autour du pouvoir augmentait, plus les attentes en matière de responsabilités politiques devenaient importantes. Les nominations, les investitures électorales et les postes stratégiques faisaient désormais l’objet de nombreuses rivalités internes.
Pendant plusieurs années, ces désaccords sont restés relativement discrets. Les campagnes électorales donnaient l’image d’une majorité unie derrière le président de la République. Les différences d’appréciation étaient rarement exprimées publiquement. Beaucoup privilégiaient les discussions internes afin de préserver la cohésion de la coalition présidentielle.
Cette apparente unité reposait pourtant sur des équilibres fragiles. Derrière les déclarations officielles, plusieurs courants coexistaient déjà au sein de la majorité. Certains responsables cherchaient à accroître leur influence politique. D’autres souhaitaient préparer les échéances électorales futures en renforçant leur implantation locale. D’autres encore espéraient accéder à des responsabilités gouvernementales ou parlementaires.
Ces ambitions n’étaient pas nécessairement incompatibles avec le soutien apporté au chef de l’État. Elles devenaient plus difficiles à concilier lorsque plusieurs groupes poursuivaient les mêmes objectifs au sein d’un espace politique limité.C’est dans ce contexte que les débats institutionnels allaient prendre une importance considérable et modifier durablement les rapports entre le pouvoir, ses anciens alliés et une partie de la classe politique centrafricaine…
Par Ndoubalé
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La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique (PJLOD) demande l’ouverture immédiate d’une enquête après l’assassinat d’un géologue suisse et d’un militaire des FACA chargé de sa protection aux environs de Damara, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko.
Dans une déclaration rendue publique le 3 août 2026 à Bangui, la PJLOD affirme que la multiplication des actes de violence dans la zone de Damara constitue une préoccupation majeure pour la sécurité des personnes et des biens. L’organisation rappelle que cette localité, ville natale du président Faustin-Archange Touadéra, est considérée comme le verrou sécuritaire de la capitale Bangui.
Pour la plateforme, les violences enregistrées à proximité de Bangui dépassent désormais le cadre des opérations militaires. Elles représentent une menace directe pour l’image de l’État centrafricain et pour le fonctionnement de l’économie nationale, dans un contexte où les activités économiques et les déplacements restent fortement dépendants des conditions de sécurité.
La PJLOD condamne l’assassinat du géologue suisse ainsi que celui du militaire des Forces armées centrafricaines (FACA) affecté à sa protection. L’organisation qualifie ces faits d’actes odieux et exige des autorités centrafricaines l’ouverture immédiate d’une enquête afin d’identifier les auteurs, d’établir les circonstances de cette attaque et de mettre fin à l’impunité.
La plateforme estime que les auteurs de ces crimes doivent répondre de leurs actes devant la justice. Elle souligne que la lutte contre l’impunité constitue un élément essentiel pour restaurer la confiance des citoyens et des partenaires présents en République centrafricaine.
Dans sa déclaration, la PJLOD appelle également à une mobilisation des institutions de la République et des citoyens afin de renforcer durablement la sécurité sur l’ensemble du territoire. Elle estime que cette coopération est indispensable pour garantir la protection des populations centrafricaines ainsi que des ressortissants étrangers exerçant leurs activités dans le pays.
La déclaration est signée par le coordonnateur national de la Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique, Arsène Elien, et publiée à Bangui le 3 août 2026.
Par Brahim Sallé
L’assassinat du géologue suisse près de Damara met en lumière les enjeux de sécurité en Centrafrique, alors que la PJLOD appelle à une enquête pour les violences croissantes dans la région.
Une Toyota RAV4 a été entièrement détruite par un incendie dans l’après-midi du lundi 3 août 2026, derrière le bar WhatsApp, dans le 8e arrondissement de Bangui. Les circonstances de l’incident demeurent inconnues.
Selon les informations recueillies sur place par la rédaction du CNC, le véhicule était occupé par deux jeunes, âgés d’environ 18 à 20 ans. L’incendie s’est déclaré à une centaine de mètres de la sortie sur l’avenue Mbaikoua, en direction du quartier Cénistré. Le véhicule ne se trouvait donc pas sur l’avenue Mbaikoua au moment des faits, mais sur une voie située à proximité.
En quelques minutes, les flammes ont entièrement consumé le Toyota RAV4, ne laissant que la carcasse du véhicule. Les causes de l’incendie n’étaient toujours pas connues au moment de la rédaction de cet article.
Aucune information fiable n’a permis d’identifier le propriétaire du véhicule. Les circonstances dans lesquelles les deux jeunes se sont retrouvés à son bord restent également inconnues. Il n’a pas été possible de confirmer si le véhicule leur appartenait, s’il avait été prêté ou s’il était utilisé sans l’autorisation de son propriétaire.
Après l’incendie, les deux jeunes, visiblement sous le choc, ont été aperçus en train de pleurer à proximité de l’épave, tandis que plusieurs habitants se sont rassemblés autour des lieux.
Les recherches se poursuivent pour établir les circonstances exactes de cet incendie et déterminer l’origine du sinistre. Aucune communication officielle n’avait encore été publiée sur cette affaire au moment de la mise en ligne de cet article.
Par Anselme Mbata
L’incendie du véhicule a laissé les jeunes occupants sous le choc, tandis que les circonstances de l’incident dans le 8e arrondissement de Bangui restent floues.
Un accident s’est produit à 25 km de Boda, dans la Lobaye, sur la route de Bangui. Le véhicule transportait des fidèles baptistes.
Ces fidèles de l’Église Évangélique Baptiste avaient quitté Boda pour rejoindre Bangui, où les attendait une grande conférence à Kpètènè. Le trajet ne devait être qu’une formalité. Il s’est arrêté net à 25 km de leur point de départ, quand leur véhicule a quitté la chaussée.
La cause ne fait pas mystère : l’état de la route. Sur cet axe comme sur beaucoup d’autres en Centrafrique, la chaussée n’a plus grand-chose d’une route. Nids-de-poule, ornières, effondrements par endroits rouler dessus, c’est composer en permanence avec le risque de perdre le contrôle du véhicule.
Cette fois, personne n’est mort. Il faut le dire clairement, parce que ce n’est pas toujours le cas. Année après année, des accidents du même type se produisent sur les routes du pays, et beaucoup se terminent autrement : des blessés graves, parfois des morts, sur des trajets aussi banals que celui-ci se rendre à une conférence, rentrer chez soi, aller au marché.
Le problème dépasse largement Boda. D’un bout à l’autre du pays, les axes routiers se dégradent sans entretien réel, et les usagers s’habituent à rouler dans des conditions que plus aucun ingénieur routier n’oserait qualifier d’acceptables. Sur certains tronçons, avancer à 40 ou 50 km/h revient à prendre un pari la prudence impose parfois de ne pas dépasser 5 km/h, une allure qui semble absurde mais qui, sur ce type de terrain, reste la seule qui protège vraiment.
Ce que montre cet accident, ce n’est donc pas un incident isolé sur une route isolée. C’est un symptôme de plus d’un réseau routier à l’abandon, où chaque trajet devient une épreuve, et où l’absence de victimes, cette fois, tient davantage à la chance qu’à la sécurité du parcours.
Par Marlene Sombo
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L’accident survenu sur la route de Boda soulève des questions sur l’état des routes en Centrafrique, où les conditions de circulation deviennent de plus en plus dangereuses, notamment pour les fidèles de l’Église Baptiste se rendant à des événements.
Entre faux documents et missions obscures, le Ministère centrafricain des Affaires Étrangères et des centrafricains de l’étranger fait face à l’émergence d’une diplomatie parallèle pilotée par des réseaux d’imposteurs dirigé en sous main par monsieur Alain Lamessi.
Une diplomatie de l’ombre en roue libre
Au sein du Ministère des Affaires Étrangères à Bangui, la rigueur institutionnelle cède peu à peu la place à un désordre méthodiquement préparé. Selon les investigations menées par la rédaction de CNC, étayées par des informations concordantes recueillies à la Primature ainsi qu’auprès de plusieurs sources concordantes, une véritable diplomatie parallèle s’est installée au sommet dudit l’appareil ministériel.
Des missions officielles organisées à l’insu de la hiérarchie, des invitations diplomatiques détournées et des individus sans mandat légitime parachutés à l’étranger : le constat dresse le portrait d’un Cabinet fonctionnant en totale autonomie, voire en opposition directe avec sa propre ministre.
L’axe Tripoli – Lomé : Anatomie de missions fantômes et réseaux d’imposture
Les preuves de ces dysfonctionnements s’accumulent au fil des dossiers. Lors d’une récente invitation adressée formellement par le ministre des Affaires étrangères libyen à son homologue centrafricaine, c’est une délégation conduite par le Directeur de Cabinet Alain Lamessi qui a débarqué à Tripoli, sans que la Ministre n’en soit informée au préalable. Plus grave encore, le Chargé d’Affaires sur place a eu la surprise de voir intégrer à cette mission un individu se présentant comme point focal de la CENSAD pour la RCA, alors même que ce dernier n’est reconnu par aucun texte officiel du ministère. Selon nos informations à la Primature, des soupçons pèsent lourdement sur ce personnage concernant la falsification de documents officiels de l’État et l’usurpation d’instructions ministérielles.
Le scénario s’est répété lors d’un déplacement au Togo. Sollicitée auprès de partenaires sous le prétexte d’un partage d’expérience, la mission s’est déroulée dans une opacité totale, sans accord préalable explicite des autorités togolaises et à l’insu des deux chefs de département. Une démarche informelle tenue en coulisses qui a poussé le pays hôte à rappeler poliment mais fermement l’exigence d’une approche pragmatique et transparente dans les relations interétatiques.
Les affaires étrangères en Centrafrique font face à un scandale de corruption diplomatique où des réseaux de faussaires menacent l’intégrité de la représentation nationale.
Consuls honoraires et réseaux d’intérêts : La rupture interne
Au-delà des voyages litigieux, la tension interne trouve son origine dans le verrouillage de certains dossiers financiers et stratégiques. La rigueur affichée par la Ministre sur l’examen des candidatures aux postes de Consuls honoraires freinant net les demandes fantaisistes et les tentatives de rétrocommissions a provoqué de vives rancœurs au sein du Cabinet.
Accoutumés aux avantages des frais de mission et aux passe-droits, certains hauts responsables ont vu leur marge de manœuvre réduite. En réaction, un travail de sapage piloté par monsieur Alain Lamessi s’est mis en place : retards volontaires dans le traitement des dossiers urgents, rejet des outils de travail modernes et traçables au profit d’une gestion opaque, et tentatives de constitution d’un clan interne visant à paralyser l’action ministérielle tout en alimentant des attaques dans la presse.
Un ministère au bord de l’implosion en plein ajustement gouvernemental
Alors que des réorganisations et des ajustements internes se préparent au sein de plusieurs départements ministériels suite au récent remaniement gouvernemental, la fronde interne prend désormais l’allure d’une course contre la montre. Des cadres du ministère confirment sous couvert d’anonymat que le Directeur de Cabinet n’hésite plus à afficher ouvertement ses ambitions politiques auprès de ses troupes, cherchant à imposer une ligne de fracture et à se poser en recours direct pour le futur remaniement.
Face à des accusations d’une telle gravité touchant à l’usage de faux papiers, à l’usurpation de fonction et au discrédit de la représentation nationale à l’international, la question de la responsabilité administrative et judiciaire reste entière. Une demande de clarification et un questionnaire formel ont été adressés au Directeur de Cabinet afin d’éclaircir ces faits qui ébranlent les fondations de la diplomatie centrafricaine.
L’intégrité territoriale de notre pays est de nouveau gravement menacée. Dans sa publication du lundi 13 juillet 2026, le journal Médias Plus jette un pavé dans la mare en publiant une enquête exclusive aux révélations explosives sous un titre choc : « L’imminente guerre de Birao et Le projet de partition de la RCA: Vers la création d’une “RÉPUBLIQUE DE LA NANA-FERTIT” ? ». Notre confrère dévoile les détails d’un plan machiavélique orchestré dans l’ombre par une coalition de groupes armés rebelles, visant à couper purement et simplement la République centrafricaine en deux.
L’ombre d’un affrontement majeur à Birao
Au cœur de cette stratégie de rupture, la ville stratégique de Birao se retrouve au centre de toutes les convoitises militaires. Les rapports de terrain indiquent une concentration de forces rebelles, notamment issues du FPRC et de la CPC, qui se préparent à un assaut d’envergure.
Cette offensive imminente ne cherche pas seulement à conquérir une position géographique clé, mais à établir la capitale d’une nouvelle entité politique. Les populations locales vivent désormais dans la hantise d’un embrasement armé généralisé, alors que les signaux d’une guerre de position se multiplient aux frontières du Nord-Est.
La « République de la Nana-Fertit » : les détails du complot séparatiste
Les investigations menées par Médias Plus vont bien au-delà des simples rumeurs militaires. Le journal a mis la main sur les fondations administratives et juridiques de ce projet de sécession, incluant l’existence d’un projet de constitution parallèle déjà rédigé par les leaders rebelles.
Ce texte jette les bases d’un État indépendant baptisé la « République de la Nana-Fertit ». Ce projet séparatiste, s’il venait à se concrétiser, priverait la RCA d’une partie majeure de ses ressources et de son territoire national, tout en installant une instabilité chronique à l’échelle de toute la sous-région.
L’urgence d’une réponse forte de Bangui
Face à cette menace directe contre l’unité nationale, le silence et l’inaction ne sont plus de mise pour le pouvoir central. Ce plan de partition montre la nécessité de réévaluer d’urgence le dispositif sécuritaire et diplomatique de l’État centrafricain.
Il est temps pour l’exécutif de mobiliser l’armée nationale, de renforcer les alliances régionales et d’agir avec fermeté avant que les séparatistes ne passent à l’acte. La défense de l’intégrité territoriale doit redevenir la priorité absolue, car laisser s’installer la « République de la Nana-Fertit » équivaudrait à signer l’arrêt de mort de notre République une et indivisible.
Le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) a publié un communiqué le 2 août 2026 pour démentir catégoriquement de récentes accusations formulées par le journaliste français Thomas Dietrich, qu’il qualifie de propagandiste à la solde du groupe paramilitaire russe Wagner.
Des accusations de complot tchadien et soudanais vivement rejetées
Dans sa récente intervention vidéo sur les réseaux sociaux, Thomas Dietrich affirmait que le président tchadien, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi que le dirigeant soudanais Abdel Fattah Al-Burhan, complotaient contre le régime de Bangui en fournissant un appui armé au FPRC.
Aucun contact direct : Le FPRC assure n’avoir aucun lien ni contact avec les autorités tchadiennes ou soudanaises. Il rappelle avoir refusé par le passé la médiation proposée par le Tchad, estimant que le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra n’était pas un interlocuteur fiable.
Une présence autonome sur le terrain : L’organisation réaffirme la présence de ses combattants sur plusieurs portions du territoire centrafricain, y compris dans la capitale Bangui, et évoque des affrontements directs avec les mercenaires de Wagner pour prouver son autonomie.
Inversion des rôles dans le Nord : Réagissant aux accusations concernant la présence de rebelles tchadiens dans la région de la Vakaga (notamment à Birao et Hadjar Fatna), le FPRC soutient au contraire que c’est l’état-major des Forces armées centrafricaines (FACA) qui s’appuie sur ces éléments pour conduire des opérations conjointes, citant en exemple les événements d’Am Dafock.
Une guerre d’influence et de communication
Pour le FPRC, cette sortie médiatique s’inscrit dans une campagne globale orchestrée par Wagner pour discréditer les mouvements opposés au pouvoir centrafricain et masquer les exactions reprochées au groupe armé russe en Afrique. Selon le communiqué signé par le porte-parole Aboubakar Siddick Ali, les positions contrôlées par le groupe rebelle entraveraient la progression et la logistique de Wagner dans la région.
Le mouvement dénonce également une forme d’ingratitude envers N’Djamena, rappelant les efforts diplomatiques du Tchad pour la stabilisation de la RCA et les récents accords de défense signés entre les deux pays pour sécuriser leur frontière commune. Le FPRC met en garde contre ce qu’il perçoit comme une tentative de Wagner d’utiliser des rebelles tchadiens basés à Bangui pour déstabiliser le Tchad depuis le nord centrafricain.
En conclusion de son communiqué, le FPRC réitère sa volonté de poursuivre la lutte contre le gouvernement centrafricain et ses alliés russes, tout en appelant la communauté internationale à ne pas prêter attention aux propos de Thomas Dietrich.
Le FPRC lutte contre la désinformation orchestrée par Wagner et conteste les affirmations de Thomas Dietrich concernant des complots externes.
Le vendredi 31 juillet 2026 à Bangui, l’Empereur Faustin-Archange Touadéra a assisté à une messe catholique au Camp Kassaï en faveur des Forces de Défense et de Sécurité.
Une tournée religieuse qui ne trompe plus personne
Depuis plusieurs semaines, Faustin-Archange Touadéra multiplie les apparitions dans les lieux de culte de la capitale. Il a d’abord sillonné les églises évangéliques pour lire les yeux ouvertes, des prières écrites par des pasteurs sur papier glacé à l’appui. Cette stratégie vise à projeter une image de piété face à une opinion publique lassée par dix ans de gouvernance contestée. Vendredi 31 juillet 2026, l’Empereur a franchi une étape supplémentaire en se rendant chez les catholiques.
Camp Kassaï : messe, FACA et mercenaires Wagner sous la même bénédiction
C’est à la Grotte Notre-Dame des Armées, au cœur du Camp Kassaï, que l’Empereur chef de l’État s’est présenté ce vendredi. Plusieurs hauts responsables l’accompagnaient pour cette messe d’action de grâce en faveur des Forces de Défense et de Sécurité :
Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, Félix Moloua, Premier ministre, Rameaux Claude Bireau, ministre de la Défense, le Général Zéphirin Mamadou. Sous le regard des officiers des FACA et des mercenaires russes du groupe Wagner présents sur le site, le pouvoir a une nouvelle fois cherché une couverture divine pour la sécurité du régime. Faute de choix stratégiques capables de garantir l’intégrité du territoire, le régime mise sur les neuvaines pour protéger ses troupes et ses alliés étrangers.
Le cardinal Dieudonné Nzapalainga lors de son homélie à la Grotte Notre Dame des armées au camp Kassaï militaire à Bangui
Le Cardinal Nzapalainga interpelle subtilement le pouvoir
Le Cardinal Dieudonné Nzapalainga a célébré cette messe marquant la clôture de la Neuvaine à Notre-Dame du Perpétuel Secours. Il s’est appuyé sur l’Évangile selon saint Matthieu (13, 54-58), où Jésus se voit rejeté par les siens dans sa propre patrie. L’archevêque de Bangui a ainsi rappelé la fragilité du pouvoir humain. Il a insisté sur la nécessité pour les forces armées de rester au service de toute la Nation.
Pour de nombreux observateurs centrafricains, ce discours résonne comme un avertissement direct aux FACA : l’armée ne doit plus rester les bras croisés devant les souffrances d’un peuple opprimé et matraqué.
Une stratégie d’occupation du terrain spirituel
Cette présence au Camp Kassaï confirme une stratégie d’occupation du terrain spirituel par le sommet de l’État. Chaque autel devient un outil de légitimation pour un pouvoir en difficulté. Après dix ans de règne marqués par l’incurie financière et la corruption, l’empereur cherche désormais dans la foi un supplément de légitimité que les urnes et les résultats économiques ne lui offrent plus. Mais la posture du clergé catholique tranche avec la docilité observée lors des précédentes cérémonies : la foi ne saurait servir de bouclier à l’incapacité de restaurer durablement la paix.
Une lieutenant de l’armée de l’air à genoux dans la Grotte comptant son chapelet
Prochaine étape : la grande mosquée de Bangui ?
Cette présence au Camp Kassaï ne clôt pas la tournée, selon plusieurs Banguissois. Après avoir sollicité les prières des pasteurs évangéliques puis celles des catholiques, une question domine les discussions dans la capitale : l’empereur ira-t-il jusqu’à la grande mosquée de Bangui pour solliciter les prières de la communauté musulmane ?
Le chef de l’État a déjà l’habitude de troquer son costume contre un boubou lors de la fête de fin du Ramadan, le temps d’une photo de circonstance. Mais présenter une véritable doléance d’État devant Dieu dans une mosquée exige davantage qu’un changement de tenue. Le rituel impose de se débarrasser de toute impureté, de se laver les pieds, d’accomplir les ablutions et de laisser ses chaussures à l’entrée.
Pour de nombreux observateurs, ce pèlerinage à travers tous les lieux de culte traduit la hantise d’un pouvoir qui se sent encerclé. Quand un chef d’État parcourt les autels pour implorer la protection de ses soldats et de ses mercenaires russes, cela démontre qu’il a épuisé une grande partie de ses options politiques.
Cette stratégie religieuse de Touadéra montre comment la célébration catholique est utilisée pour renforcer la légitimité de son régime en période de crise.
Hôpital communautaire de Bangui : enquête au cœur d’un système où les malades affrontent la pénurie, le commerce illicite des médicaments et la faimAu bloc opératoire de l’hôpital communautaireRédigé le 04 aout 2026Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNCLe Centre hospitalier universitaire communautaire de Bangui connait depuis plusieurs années une crise profonde. L’enquête menée par la rédaction de CNC à l’intérieur de l’établissement montre un hôpital où les pénuries de médicaments, le manque d’équipements, la dégradation des conditions de prise en charge et le détournement des denrées alimentaires destinées aux patients rythment désormais le quotidien.Cette situation s’ajoute aux difficultés déjà observées dans de nombreux hôpitaux de province, largement soutenus par les organisations humanitaires pour continuer à fonctionner. Dans les différents services visités par la rédaction, le constat est sans appel. Le plateau technique ne répond plus aux besoins des patients. Les médicaments essentiels sont souvent introuvables. Les lits d’hospitalisation sont insuffisants face à l’afflux des malades, tandis que les effectifs de personnel qualifié diminuent au fil des années.Face à ces défaillances, une économie parallèle s’est installée au sein même de l’hôpital. Plusieurs infirmiers, infirmières, sages-femmes et aides-soignants se procurent des médicaments auprès de vendeurs installés sur les marchés et les trottoirs de Bangui avant de les revendre directement aux patients. Les familles n’ont souvent d’autre choix que d’acheter ces produits, sans garantie sur leur origine, leur qualité ou leur date de péremption.Les difficultés ne s’arrêtent pas aux soins. Elles se poursuivent au moment des repas.L’enquête de la rédaction de CNC décrit un système bien organisé autour de la gestion des denrées alimentaires destinées aux personnes hospitalisées. Depuis de nombreuses années, des pratiques de détournement touchent les viandes et les poissons livrés à la cuisine de l’établissement.Les meilleures pièces, les bons morceaux, sont systématiquement retirées avant la préparation des repas. Elles sont revendues discrètement à des commerçantes installées aux alentours de l’hôpital. Les cuisines ne conservent que les carcasses, les os et des morceaux de très mauvaise qualité, cuits dans une eau grasse, sans légumes, sans épices et souvent sans sel.Les repas distribués aux malades ne répondent à aucun besoin nutritionnel. Pour des patients déjà affaiblis par la maladie, cette alimentation aggrave leur état de santé.Au cours de cette enquête, la rédaction de CNC a recueilli le témoignage d’un patient hospitalisé.À lire aussi : Centrafrique : Le régime Touadéra déclare la guerre à l’Intelligence Artificielle« Rien qu’en regardant l’assiette, ça me donne la nausée. »Quelques mètres plus loin, une autre scène résume la réalité vécue par de nombreux malades. Un jeune homme est allongé sur son lit, sous perfusion. Sa mère reste assise à ses côtés, tenant entre les mains le repas distribué par la cuisine de l’hôpital.Dans le bol en plastique, la rédaction de CNC observe un os presque entièrement dépourvu de viande, baignant dans un bouillon clair recouvert d’une fine couche de graisse. Aucun légume n’accompagne le repas. Aucun riz, aucune boule de manioc, aucun autre aliment susceptible d’apporter l’énergie nécessaire à un patient hospitalisé. Le repas du jour servi à un malade hospitalisé à l’hôpital communautaire de Bangui
Le jeune homme détourne le regard avant de confier, d’une voix faible :« Je refuse de toucher à ça. Rien qu’en regardant le contenu, j’ai envie de me suicider dans ce pays. »La présence de sa mère lui permet encore d’espérer recevoir de la nourriture achetée à l’extérieur. Beaucoup d’autres patients n’ont pas cette possibilité. Venus des provinces ou abandonnés par leurs proches, ils dépendent exclusivement des repas servis par l’hôpital.Pour ces malades, les conséquences sont lourdes. Ils suivent leurs traitements le ventre vide ou avec une alimentation insuffisante. La dénutrition s’ajoute à la maladie et réduit considérablement leurs chances de guérison.Cette enquête montre que ces pratiques ne sont pas nouvelles. Elles s’observent depuis plus d’une décennie dans plusieurs établissements hospitaliers publics de Bangui, notamment au Centre hospitalier universitaire communautaire, à l’Hôpital de l’Amitié et au Centre pédiatrique universitaire Danielle-Mitterrand.À la différence des administrations financières, régulièrement soumises à des audits et à des missions d’évaluation internationales, les hôpitaux publics centrafricains fonctionnent sans contrôle indépendant sur la gestion des médicaments, des équipements ou de l’alimentation des patients.À lire aussi : Bangui: enlevé par les mercenaires russes à son domicile du KM5, Aba Oumar ne fait plus signe de vie à sa familleL’absence de mécanismes de contrôle favorise l’enracinement de ces pratiques. Pendant que les ressources destinées aux malades disparaissent progressivement, des patients continuent de lutter contre la maladie dans des conditions qui compromettent chaque jour davantage leurs chances de survie. Par Gisèle MOLOMA
À Tiringoulou, dans la préfecture de la Vakaga, une vive tension oppose actuellement les soldats des forces armées centrafricaines aux Russes Noirs.
En effet, tout a commencé lors que deux anciens rebelles, natifs de la ville de Tiringoulou, ont décidé de quitter la maquis avec leurs armes pour venir se désarmer à Tiringoulou. En passant par Boromata, ils sont rentrés dans leur localité pour se rendre officiellement au sous-préfet de la ville.
Mais sur place à Tiringoulou, le chef du détachement de l’armée nationale s’est montré très méfiant. Il suspectait ces deux jeunes de vouloir simplement repérer les positions de l’armée nationale à Tiringoulou avant de repartir dans la rébellion et préparer une violente attaque contre la ville. Pour cette raison, il a exigé le versement d’une amende de cinq cent mille francs CFA par personne. Après plusieurs discussions, leurs familles ont réussi à payer trois cent mille francs pour chacun. Le chef militaire a encaissé cet argent, mais les deux ex-rebelles sont tout de même restés fermés dans le cachot.
L’affaire a basculé quand deux soldats de l’armée nationale sont venus casser la porte de la cellule pour sortir les deux prisonniers et les tuer. Les Russes Noirs sont immédiatement intervenus pour s’interposer et stopper les militaires.
Les soldats affirment que ces deux hommes faisaient partie des Russes Noirs avant de rejoindre la rébellion, ce qui les rend à leurs yeux extrêmement dangereux. De leur côté, les Russes Noirs refusent qu’on touche à des enfants de Tiringoulou revenus se désarmer officiellement. Face au risque réel d’affrontement armé, le chef du détachement a décidé de transférer en urgence les deux captifs à Birao, où leur sort reste inconnu.
Le conflit à Tiringoulou met en lumière les tensions croissantes entre les forces armées centrafricaines et les Russes Noirs, soulignant l’impact de la présence russe en Centrafrique.
Les miliciens Azandé sont-ils réellement à 40 kilomètres de Bangassou ? En tout cas, cette désinformation circule à travers une communication portée par le groupe Wagner, qui cherche à alimenter les inquiétudes sécuritaires autour de la ville et à renforcer son influence auprès du pouvoir centrafricain.
Selon la méthode habituelle des mercenaires russes du groupe Wagner en République centrafricaine, la diffusion d’informations sur une menace imminente intervient souvent pour justifier leur présence sur le terrain. Il y a quelques jours, un convoi de plus de huit véhicules transportant des mercenaires russes a quitté Bangui en direction de l’est du pays, notamment dans le Haut-Mbomou.
Le convoi est arrivé à Bangassou, dans la préfecture du Mbomou, avant de poursuivre son déplacement vers l’intérieur du pays. Quelques kilomètres après avoir quitté la ville, les mercenaires se sont arrêtés avant de revenir se positionner à Bangassou.
La raison avancée par les éléments de Wagner était liée à une information selon laquelle les miliciens Azandé se trouveraient à environ 40 kilomètres de Bangassou et prépareraient une attaque contre la ville. Les mercenaires russes ont alors affirmé vouloir attendre l’évolution de la situation face à cette menace annoncée.
Une semaine après cette annonce, aucune attaque n’a été enregistrée et aucun mouvement de combattants Azandé en direction de Bangassou n’a été constaté.
Selon les informations recueillies par Corbeau News Centrafrique (CNC) auprès de plusieurs sources locales, aucun élément ne confirme la présence des miliciens Azandé à proximité de Bangassou. Les combattants ne seraient pas positionnés aux abords de la ville et aucun déplacement important vers la capitale du Mbomou n’a été observé.
Les vérifications effectuées indiquent également que ces groupes armés seraient encore éloignés de Bangassou. Leur présence n’est pas signalée dans les zones qui constitueraient une progression directe vers la ville.
Pour plusieurs observateurs, cette communication s’inscrit dans une stratégie régulièrement utilisée par Wagner : maintenir un climat de peur autour des groupes armés afin de présenter leur présence militaire comme indispensable à la stabilité du pouvoir.
En diffusant l’idée d’une menace imminente, les mercenaires russes cherchent à rappeler aux autorités centrafricaines que leur départ pourrait, selon leur discours, exposer le régime à de nouveaux risques sécuritaires.
Cette approche permettrait également de renforcer leur position auprès du dictateur Faustin-Archange Touadéra, en donnant l’image que la sécurité du pays dépend largement de leur intervention.
La situation sécuritaire à Bangassou est perturbée par des rumeurs concernant les miliciens Azandé, relayées par le groupe Wagner, qui cherchent à maintenir une tension autour de la ville.
Présents en République centrafricaine depuis plusieurs années, les mercenaires russes sont régulièrement auteurs de plusieurs attrocités et de crimes contre l’humanité et en plus d’entretenir un climat d’insécurité qui favorise la prolongation de leur mission et leurs intérêts économiques liés au contexte de guerre.
La Caisse nationale de sécurité sociale à Bangui a accueilli trois jours d’atelier censé « renforcer les capacités » des défenseurs des droits humains. Organisé par la division droits de l’homme de la MINUSCA, financé par l’Union européenne et ouvert en grande pompe par le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, l’événement est présenté comme une avancée pour la protection des libertés. Mais dans la réalité, la question reste entière : quel bénéfice concret pour les Centrafricains ?
Les discours officiels insistent sur la nécessité de former les acteurs de la société civile à rédiger des rapports parallèles et à collaborer avec les mécanismes internationaux. Pourtant, depuis des années, la RCA a vu défiler des dizaines d’ateliers, financés à coups de millions, sans que les massacres, les viols et les exactions commis par les groupes armés, les mercenaires de Wagner ou même certains soldats gouvernementaux soient sérieusement documentés. Les crimes de masse restent sans justice, les victimes sans recours, et les voix critiques muselées.
Ce paradoxe saute aux yeux : les participants apprennent à écrire des rapports, mais sur le terrain, aucune enquête indépendante n’aboutit. Quand il s’agit de pointer les responsabilités des mercenaires russes du groupe Wagner impliquées, le silence domine. La « protection des défenseurs » se limite souvent à quelques discours creux, pendant que les véritables défenseurs centrafricains, eux, continuent d’être intimidés, arrêtés ou menacés.
Le ministre de la Justice a déclaré que « la RCA bâtit une société respectueuse des droits fondamentaux grâce à l’appui de la communauté internationale ». Mais dans les villages de l’Ouham, du Haut-Mbomou, de la Vakaga, de la Haute-Kotto ou de la Ouaka, personne ne voit ces droits respectés. Les déplacés meurent de faim, les femmes subissent des violences sexuelles en toute impunité, et les populations sont rackettées quotidiennement aux barrages. La grande machine des droits de l’homme sert plus à décorer les rapports de Bangui qu’à protéger les victimes sur le terrain.
Les financements de l’Union européenne et le soutien logistique de la MINUSCA permettent de multiplier ces séminaires, mais la population s’interroge : qui bénéficie réellement de ces initiatives ? Les communautés qui souffrent ? Ou bien les fonctionnaires, les consultants et les partenaires internationaux qui justifient leurs budgets à travers des « ateliers » sans lendemain ?
La vérité est claire : les Centrafricains n’ont jamais vu le fruit de ces formations. Aucun massacre n’a été véritablement porté devant la justice internationale, aucune condamnation n’a stoppé la spirale des crimes. Le mot « droits de l’homme » est brandi comme un slogan, mais il ne change rien à la vie des paysans, des déplacés et des familles endeuillées.
Pendant que les officiels posent pour la photo de clôture, les vraies victimes restent invisibles. L’atelier de Bangui s’ajoute à la longue liste des initiatives où l’on parle de « paix durable » et de « société inclusive », mais où l’on évite soigneusement de désigner les responsables des pires exactions. Une propagande institutionnelle qui maquille l’échec et entretient l’illusion d’un progrès, là où il n’y a que silence et abandon.
L’ancien maire du troisième arrondissement de Bangui, El Hadj Abakar Piko, est décédé dimanche aux environs de 16 heures, après avoir passé près d’un mois en hospitalisation, selon des informations confirmées par ses proches par la rédaction du CNC.
Précédemment nommé à la tête de la mairie du 3ᵉ arrondissement, El Hadj Abakar Piko avait récemment été remplacé à l’issue des dernières élections municipales chaotiques. Son décès est intervenu quelques semaines après son départ de la municipalité.
Selon des sources proches de la famille contactées par la rédaction du CNC, l’ancien maire était hospitalisé depuis près d’un mois avant de succomber à sa maladie. Les circonstances précises de son décès n’ont pas été rendues publiques.
Son inhumation est intervenue ce lundi matin en présence de sa famille, de ses proches, de plusieurs autorités locales ainsi que de nombreuses personnes venues lui rendre un dernier hommage.
Par Brahim Sallé
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Le décès d’Abakar Piko, maire de Bangui, soulève des questions sur son hospitalisation prolongée et les événements entourant son mandat.
Pendant que les regards des chancelleries occidentales et des ONG restent rivés sur le chantier minier de Ndachima, dans la Ouaka, un drame d’une ampleur tout aussi colosale et peut-être plus effroyable encore se joue à l’abri des projecteurs, dans l’ouest de la République centrafricaine. À Yidéré, au cœur de la commune de Niem-Yéléwa (préfecture de la Nana-Mambéré), le groupe paramilitaire russes Wagner a bâti une véritable usine du pillage à ciel ouvert, organisant un véritable désastre écologique et une terreur sanglante.
Une exploitation industrielle monstre tournée 24h/24
Loin des méthodes d’orpaillage artisanal, Wagner a déployé à Yidéré une artillerie lourde industrielle :
Norias de camions et tapis roulants : Une vingtaine de gros camions-bennes effectuent des rotations ininterrompues pour déverser des tonnes de minerai dans des broyeurs géants, relayés par un réseau de tapis roulants qui alimentent le cœur de l’usine.
Un rythme infernal : L’installation tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Jour et nuit, de sombres colonnes de fumée s’élèvent du site, matérialisant l’activité frénétique d’une extraction qui mêle or et mercure.
Pont aérien : Tous les deux jours, des hélicoptères décollent et atterrissent pour évacuer les ressources brutes vers les circuits de contrebande, scellant le vol caractérisé des richesses du sol centrafricain.
Le trophée macabre : régner par la barbarie
Pour préserver leur pré carré, les mercenaires ne s’embarrassent d’aucune humanité. Récemment, quatre jeunes Centrafricains, venus tenter de fouiller les résidus de gravier rejetés par le site, ont été sauvagement exécutés par les mercenaires.
Pour marquer les esprits et instaurer un climat de terreur absolue, les miliciens ont tranché la main d’une autre victime avant de la suspendre à un câble en hauteur, la transformant en un sinistre « trophée » visible de tous. Un avertissement sanguinaire destiné à traumatiser toute la population locale.
La curée internationale et l’ombre du pouvoir
Yidéré n’est plus un village, c’est une curée où se bousculent prédateurs étrangers et intérêts hauts placés :
Les mercenaires russes, fer de lance du pillage et de la répression.
Des entreprises chinoises exploitant massivement le sous-sol.
Des opérateurs burkinabés, où la rumeur publique et plusieurs sources locales pointent la participation financière directe de l’une des épouses du président Faustin-Archange Touadéra.
L’exploitation minière par Wagner à Yidéré engendre un pillage massif des ressources, exacerbant les violences et le terrorisme dans la région.
Demain, la terre brûlée ?
Face à ce maillage industriel destructeur, les cratères béants qui éventrent la terre de la Nana-Mambéré laissent entrevoir un avenir sombre. Que restera-t-il de ce pays dans quelques années, lorsque les filons seront taris, les sols empoisonnés au mercure et la terre éventrée ? L’histoire retiendra qu’à Yidéré, sous les yeux aveugles de la communauté internationale, on aura bradé l’avenir d’un peuple dans l’indifférence et le sang.
À Rondji, y compris à Gobolo, une petite localité située à une dizaine de kilomètres d’Abba dans la Nana-Mambéré, un système mafieux de grande envergure a été mis en place par des éléments des forces armées centrafricaines. Au cœur de ce dispositif frauduleux se trouvent le commandant Lamtagué et l’ex-adjudant-chef défunt Kota Maboko, qui profitent de leur position sur le site minier de l’entreprise chinoise IMC pour détourner des sommes considérables.
Après plusieurs jours d’enquête menée par notre équipe de la rédaction du CNC sur place, les contours d’une organisation criminelle bien implanté ont finalement été découverts par notre équipe. Le stratagème mis en œuvre par ces militaires repose sur un mécanisme aussi simple qu’efficace : faire disparaître des soldats tout en continuant à percevoir leur solde auprès des exploitants chinois.
Le système fonctionne de la manière suivante. L’ex-adjudant-chef Kota Maboko et le commandant Lamtagué créent volontairement des tensions entre les militaires basés sur des sites miniers chinois, le cas du village de Rondji et Gobolo. Ces conflits artificiels leur permettent d’identifier les soldats qu’ils souhaitent écarter. Une fois qu’un militaire se retrouve en difficulté, ils le repositionnent dans un checkpoint isolé, loin de la base principale, plus souvent dans un endroit où les chinois tracent des nouvelles routes pour permettre à leurs machines de pénétrer le chantier. Vous comprenez! C’est dans la forêt que le soldat visé est envoyé pour frapper son moral militaire.
Ces postes créés de toutes pièces se trouvent dans des zones complètement isolés, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Les soldats envoyés là-bas subissent une pression psychologique intense qui finit par les pousser à déserter de leur poste. Isolés et moralement épuisés, beaucoup finissent par abandonner leur poste pour rentrer à Bouar pour certains, ou à Bangui pour les autres. C’est exactement ce que recherchent le commandant Lamtagué et l’adjudant-chef Kota Maboko.
Car une fois que ces soldats ont déserté, les deux hommes ne signalent rien aux opérateurs chinois. Ils continuent de prétendre que ces militaires sont toujours en poste, assignés dans différents secteurs du site minier. Or, les Chinois versent 10 000 francs CFA par jour pour chaque soldat censé assurer la sécurité de leurs installations. Lorsque l’argent arrive, l’adjudant-chef Kota Maboko récupère les sommes destinées aux soldats absents en affirmant qu’ils sont simplement affectés ailleurs et qu’il se chargera de leur remettre leur dû.
Bien entendu, cet argent ne parvient jamais aux soldats disparus. L’adjudant-chef l’empoche directement et le partage ensuite avec le commandant Lamtagué. Ce manège dure depuis plusieurs mois, voire plusieurs années selon nos sources, et se poursuit encore aujourd’hui en toute impunité.
Actuellement, une vingtaine de soldats ne sont plus présents sur le site de Rondji. Pourtant, les exploitants chinois continuent de les compter dans leurs effectifs et de payer leur salaire quotidien. Chaque jour, le commandant Lamtagué empoche ainsi plus de 200 000 francs CFA grâce à ce système frauduleux. Si l’on fait le calcul sur un mois entier, les sommes détournées atteignent des montants vertigineux. Pour cet homme, ce business est devenu extrêmement lucratif et très très juteux.
Mais ce détournement massif n’est que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus imposant. D’autres pratiques mafieuses existent sur ce site minier, et notre équipe continuera de les révéler progressivement. L’objectif est de faire découvrir à nos lecteurs tous les recoins de cette organisation criminelle mise en place par le commandant Lamtagué et l’adjudant Banamaye sur les chantiers de l’entreprise chinoise IMC.
Les révélations à venir montreront l’ampleur réelle de ce système et les multiples ramifications de cette mafia militaire qui prospère à Rondji, loin des regards des autorités et au détriment des opérateurs chinois comme de la population locale.
Quel Centrafricain doté d’un minimum de bon sens s’attendait sincèrement à ce qu’Albert Yaloké Mokpem dise autre chose ? Absolument personne. Ce mardi 28 juillet, lors de son habituel exercice de ventilation verbale face à la presse, le porte-parole de la Présidence est venu nous jouer, une fois de plus, une partition qu’il n’a pas écrite.
La déclaration est tombée, martiale : pas de dialogue avec le groupe armé Azandé Ani Kpi Gbé, qui retient toujours en otage la sous-préfète de Bambouti, le commandant de brigade et deux agents de l’ANE depuis le 28 décembre 2025. « Le chef de l’État refuse fermement de dialoguer », nous répète l’ancien animateur radio.
Le porte-parole de la Présidence… ou le haut-parleur de Wagner ?
Soyons sérieux deux minutes et appelons un chat par son nom. On persiste à présenter Albert Yaloké Mokpem comme le porte-parole de la présidence centrafricaine, alors qu’il s’est mué, au fil du temps et des communiqués, en simple porte-parole du groupe Wagner à Bangui.
Depuis qu’il occupe ce fauteuil, le travail de Mokpem ne relève pas de la haute stratégie politique, mais de la pure récitation. Les textes sont rédigés, corrigés et visés par la maison-mère russe avant de lui être transmis. Tout ce qu’on lui demande, c’est d’y ajouter quelques fioritures syntaxiques dont il a le secret pour faire illusion, de mettre sa voix d’antenne au service du texte, et le tour est joué. On connaît l’homme, on connaît le calibre intellectuel, inutile de chercher de la grande diplomatie là où il n’y a que de la répétition.
Dimitri Syty décide, Mokpem répète
Si cette position « ferme » du gouvernement vous rappelle quelque chose, c’est normal : la consigne est venue directement du patron de fait du pays.
Quand Dimitri Syty en personne prend le temps de marteler sur les ondes de la radio Ndeke Luka puis de venir poliment le répéter sur la radio de Fidèle Gouandjika que personne ne négociera avec les miliciens Azandés, l’affaire est pliée. En Centrafrique, Dimitri Syty est le président de fait : il gouverne, gère les finances, l’exploitation des ressources, la sécurité des fonds et l’intégration ou l’éviction des effectifs. La présidence officielle n’est plus qu’un titre honorifique.
Alors, qui dans cet appareil d’État oserait contredire la voix de son maître ? Personne. Et certainement pas Mokpem.
Un cirque institutionnel
Le plus cocasse dans cette mise en scène reste le culot avec lequel le porte-parole de la Présidence s’arroge le droit de trancher sur la ligne du gouvernement, alors même que le ministère de l’Action humanitaire et les comités locaux de paix tentaient des médiations sur le terrain. Certes, le porte-parole du gouvernement n’est pas mieux loti ses propres déclarations repassent impérativement sous les ciseaux de révision de Wagner —, mais voir Mokpem faire la leçon au nom d’un État dont chaque décision est dictée par la maison Russe frôle le sublime.
En déclarant que le gouvernement ne discutera pas avec Ani Kpi Gbé, Mokpem n’a fait que lire la fiche de lecture que Dimitri Syty lui a tendue. Il n’a rien décidé, il n’a rien engagé : il a simplement fait tourner le disque.
La position du groupe Wagner, sous la conduite d’Albert Yaloké Mokpem, s’affiche clairement alors que le dialogue gouvernemental est mis de côté au profit de consignes extérieures.
Pendant ce temps, à Bambouti, quatre dignes serviteurs du pays restent emprisonnés. Mais qu’importent les otages, pourvu que le script de Wagner soit récité sans fautes de diction ?
Le magistrat Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), ancien ministre magistrat, lance un cri d’alarme particulièrement grave. Selon lui, les auteurs du trafic macabre d’ossements humains et de sang en Sangha-Mbaéré ne se contentent plus de s’enrichir : ils sont devenus les principaux bailleurs de fonds de la zone de Nola et ses environs.
Dans une interview exclusive avec la radio Ndékè-luka, M. Joseph Bindoumi affirme que cette pratique sordide, qui dure depuis près de dix ans, a pris une dimension encore plus inquiétante. Autrefois, il s’agissait principalement d’ouvrir les tombes pour récupérer les ossements et les vendre à des acheteurs venant du Nigeria et du Cameroun. Aujourd’hui, les trafiquants vont plus loin : ils simulent des chantiers de diamants, suivent les personnes isolées en brousse, les exécutent, prélèvent leur sang et récupèrent parfois les ossements pour les revendre.
Le président de la LCDH cite des cas concrets, dont l’assassinat d’une sœur religieuse catholique enlevée un dimanche matin, emmenée dans la brousse, exécutée et complètement vidée de son sang. Il évoque également des chasses à l’homme où les victimes sont traquées, tuées, et dont les restes sont abandonnés ou récupérés. Une affaire récente est actuellement devant le parquet de Nola : des individus transportant des ossements humains ont été interpellés par les populations au village de Tomori, près de la frontière camerounaise (vers Nianting), avant d’être remis à la gendarmerie.
Ce qui choque le plus Joseph Bindoumi, c’est l’impunité totale dont bénéficient ces criminels. Beaucoup ont été arrêtés par le passé, déférés à Bangui, détenus à la SRI ou à Garagba, puis libérés. Au lieu d’être définitivement sanctionnés, ils ont repris leurs activités et se sont considérablement enrichis.
« Ces personnes trouvent une source d’enrichissement rapide. Ils font semblant d’aller dans un chantier de diamants, mais ce sont les ossements humains et le sang qu’ils vendent. Avec cet argent, ils s’affilient à des partis politiques, donnent des cadeaux aux autorités administratives de la place et continuent de servir la Sangha-Mbaéré », explique M. Bindoumi.
Il affirme sans détour que les bourreaux du trafic sont devenus les bailleurs de fonds locaux à Nola. Ils financent les activités politiques, entretiennent des relations étroites avec les autorités administratives et judiciaires, et utilisent leur argent sale pour asseoir leur influence dans la région.
Face à ce constat, le président de la LCDH dénonce avec force le laxisme des autorités politiques, administratives et judiciaires de Nola : « Il y a un laxisme des autorités de Nola. La justice ne frappe pas comme il faut. Elle n’envoie pas ces gens en session criminelle. C’est pour cela que le phénomène continue. »
Les conséquence dramatique pour les populations font que les habitants de la Sangha-Mbaéré vivent dans la peur permanente. Ils ne peuvent plus vaquer librement à leurs occupations quotidiennes ni aller seuls en brousse, de crainte d’être suivis et attaqués pour leur sang ou leurs ossements.
Le 30 juillet 2026, le CNCA-PDD de Ferdinand Mbokoto Madji dénonce la gouvernance centrafricaine et réclame le rétablissement de la justice et des libertés publiques.
Un communiqué qui parle de « crise de civilisation »
Le Congrès National Centrafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (CNCA-PDD) a publié un communiqué depuis Le Mans le 30 juillet 2026. Le texte porte la signature de son fondateur et président national, Ferdinand Mbokoto Madji. Il dresse un constat sévère de la situation politique, économique et sécuritaire en République centrafricaine.
Le CNCA-PDD ne parle plus de simple crise institutionnelle. L’organisation évoque désormais une « crise de civilisation » qui, selon elle, menace les fondements de la République. Cette formulation marque une rupture de ton par rapport aux précédentes sorties du parti. Elle traduit une urgence que ses dirigeants jugent désormais existentielle pour le pays.
Cette diaspora politique centrafricaine en France reste un espace d’expression important pour les partis d’opposition. Plusieurs formations y publient régulièrement des prises de position sur la situation à Bangui. Le communiqué du CNCA-PDD s’inscrit dans cette tradition, avec une tonalité particulièrement alarmante.
Des richesses minières face à une pauvreté persistante
La République centrafricaine dispose de gisements de diamants, d’or et de bois précieux reconnus depuis des décennies. Le pays figure pourtant, année après année, parmi les nations les plus pauvres du classement du Programme des Nations unies pour le développement. Le CNCA-PDD s’appuie sur ce contraste pour bâtir son argumentaire économique.
Dans son communiqué, l’organisation dénonce un contraste saisissant entre les richesses naturelles du pays et le niveau de pauvreté extrême de sa population. Elle affirme que les ressources minières, forestières et économiques doivent servir exclusivement le développement des Centrafricains. Elle exige, pour cela, un contrôle démocratique strict sur leur exploitation et leur redistribution.
Ce discours rejoint les critiques formulées depuis plusieurs années par des organisations de la société civile centrafricaine. Ces dernières réclament davantage de transparence sur les contrats miniers et sur la répartition des revenus tirés du sous-sol. Le CNCA-PDD reprend cette exigence à son compte, en l’inscrivant dans un cadre politique plus large.
Gouvernance opaque et corruption pointée du doigt
Le communiqué consacre une large part à la question de la gouvernance publique. Le CNCA-PDD dénonce trois défaillances majeures qu’il attribue à l’exécutif centrafricain :
– une gestion opaque des ressources nationales, sans reddition de comptes claire ;
– des soupçons de corruption touchant plusieurs secteurs stratégiques ;
– une captation des richesses du pays par des intérêts particuliers, au détriment de la population.
Ces accusations ne sont pas nouvelles dans le paysage politique centrafricain. Elles reviennent régulièrement dans les rapports d’organisations internationales de lutte contre la corruption. Le CNCA-PDD choisit toutefois de les formuler avec une insistance particulière, en les reliant directement à la pauvreté persistante du pays.
Le parti réclame une redevabilité renforcée des institutions publiques. Il demande que les décisions concernant les ressources nationales soient soumises à un contrôle démocratique effectif. Cette exigence rejoint les recommandations formulées depuis des années par plusieurs bailleurs internationaux du pays.
Services publics à l’arrêt : eau, électricité, routes
Le CNCA-PDD dresse ensuite un inventaire des défaillances touchant les services publics de base. Il évoque une insécurité persistante qui continue de peser sur la vie quotidienne des habitants. Il pointe également une dégradation continue du réseau routier national, déjà fragile depuis des années.
L’accès à l’eau potable et à l’électricité reste très insuffisant selon le communiqué. Cette situation touche en priorité les zones rurales, mais elle affecte aussi certains quartiers de Bangui. Les coupures de courant restent fréquentes dans la capitale, un problème documenté depuis longtemps par la presse locale.
Le parti relie ces défaillances à l’absence d’investissements publics suffisants dans les infrastructures de base. Il estime que cette situation aggrave les difficultés économiques déjà subies par la population. Pour le CNCA-PDD, ces manques ne relèvent pas seulement d’un problème technique, mais d’un choix politique.
Santé, éducation, chômage : les secteurs sociaux en péril
Le communiqué s’attarde longuement sur l’état des secteurs sociaux du pays. Le CNCA-PDD dénonce un délabrement du système de santé, qu’il juge incapable de répondre aux besoins de la population. Il cite également les faiblesses du système éducatif, marqué par un manque chronique d’enseignants et d’équipements.
Le chômage massif de la jeunesse figure aussi parmi les préoccupations exprimées dans le texte. Cette jeunesse, majoritaire dans la population centrafricaine, reste confrontée à un marché du travail extrêmement restreint. L’absence d’un réseau de transport efficace complique encore davantage l’accès à l’emploi et aux services essentiels.
Ces constats rejoignent les données publiées régulièrement par les agences des Nations unies présentes dans le pays. La République centrafricaine reste marquée par des indicateurs sociaux parmi les plus bas de la région. Le CNCA-PDD utilise ces réalités pour justifier son appel à une réforme profonde de la gouvernance.
Arrestations, détentions et climat d’intimidation
Sur le plan des libertés publiques, le CNCA-PDD évoque une multiplication des allégations de violations liées au conflit centrafricain. L’organisation cite des arrestations contestées et des détentions prolongées, sans procès rapide ni garanties suffisantes. Elle dénonce également des atteintes répétées aux libertés fondamentales des citoyens.
Le communiqué reprend une formule marquante pour illustrer ce climat : chaque jour, selon le parti, des voix s’élèvent pour dénoncer un climat d’intimidation qui nourrit la peur au sein de la population. Cette phrase résume l’inquiétude centrale du CNCA-PDD sur l’état des droits civiques dans le pays.
Le parti exige que toute mise en cause de responsables publics, ou de leurs proches, débouche sur des enquêtes indépendantes et transparentes. Il réclame que ces enquêtes protègent les victimes tout en garantissant les droits des personnes mises en cause. Pour le CNCA-PDD, cette double exigence conditionne la crédibilité de la justice centrafricaine.
Violences faites aux femmes : une indignation forte
Le communiqué consacre un passage spécifique aux violences de genre. Le CNCA-PDD exprime son indignation face aux violences faites aux femmes et aux féminicides recensés dans le pays. Il dénonce également des attaques répétées contre la dignité des femmes centrafricaines, sans détailler de cas précis.
Cette prise de position s’ajoute aux nombreuses alertes lancées ces dernières années par des associations féminines centrafricaines. Ces organisations réclament depuis longtemps une réponse judiciaire plus ferme face aux violences basées sur le genre. Le CNCA-PDD reprend cette demande, en l’intégrant à son plaidoyer plus large sur l’État de droit.
Le parti insiste sur la nécessité de traduire les auteurs de ces violences devant la justice. Il demande que les enquêtes concernant les féminicides et les violences sexuelles bénéficient d’un traitement prioritaire. Cette exigence rejoint les appels réguliers des organisations de défense des droits des femmes en Afrique centrale.
La Constitution de 2016 comme boussole
Face à cette situation, le CNCA-PDD invoque directement la Constitution centrafricaine de 2016. Ce texte, adopté par référendum après la crise sécuritaire des années 2013-2015, garantit l’égalité de tous devant la loi. Il consacre également le droit à un procès équitable et la présomption d’innocence pour tout accusé.
Le CNCA-PDD rappelle que cette Constitution protège aussi les citoyens contre les arrestations arbitraires. Le parti considère que ces garanties sont aujourd’hui insuffisamment respectées dans la pratique. Il en fait le socle juridique de l’ensemble de ses revendications politiques.
Le CNCA-PDD met en avant la nécessité d’une gouvernance centrafricaine transparente et d’une lutte active contre la crise de civilisation et les violations des droits humains.
Ce recours au texte constitutionnel donne une assise légale au discours du parti. Il permet au CNCA-PDD de situer son opposition non pas comme une contestation du cadre institutionnel, mais comme une demande de son application effective. Cette nuance distingue le communiqué d’un simple réquisitoire politique.
Un appel aux autorités, aux magistrats et aux forces de sécurité
Le CNCA-PDD adresse ensuite une série d’appels distincts à plusieurs acteurs institutionnels du pays :
– aux autorités centrafricaines, pour le rétablissement de l’indépendance de la justice et la transparence de la gestion publique ;
– aux magistrats, invités à exercer leurs fonctions avec courage et fidélité à leur serment ;
– aux forces de défense et de sécurité, appelées à agir conformément à la Constitution et aux droits fondamentaux.
Cette structuration en trois appels distincts donne au communiqué une dimension presque programmatique. Le CNCA-PDD ne se contente pas de dénoncer une situation. Il désigne précisément les institutions qu’il estime responsables du redressement attendu.
L’insistance sur l’indépendance de la justice occupe une place centrale dans cet appel. Le parti en fait la condition première du rétablissement de la confiance entre l’État et les citoyens. Cette exigence traverse l’ensemble du communiqué, du volet économique au volet sécuritaire.
La communauté internationale interpellée
Le CNCA-PDD ne limite pas son appel aux seuls acteurs nationaux. Il exhorte les Nations unies, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et l’Union européenne à soutenir la lutte contre la corruption en République centrafricaine. Il demande également un appui renforcé à la protection des droits humains dans le pays.
Cette interpellation intervient dans un contexte régional marqué par la présence de plusieurs acteurs de sécurité internationaux. La mission des Nations unies MINUSCA reste déployée dans le pays depuis 2014, aux côtés des forces nationales centrafricaines. Le CNCA-PDD ne mentionne pas directement ces acteurs, mais son appel s’inscrit dans ce paysage sécuritaire complexe.
Le parti attend de la communauté internationale un rôle actif dans le renforcement de l’État de droit. Il considère que ce soutien extérieur reste nécessaire face à des institutions nationales jugées défaillantes. Cette position reflète une ligne partagée par plusieurs formations de l’opposition centrafricaine en exil.
Des références historiques pour porter le message
Pour conclure son argumentaire, le CNCA-PDD convoque plusieurs figures historiques associées à la lutte pour la justice et les droits humains. Le communiqué cite Victor Hugo, Montesquieu, Martin Luther King Jr. et Nelson Mandela. Ce choix ancre le discours du parti dans une tradition universelle de résistance à l’injustice.
Le texte se termine par une formule reprise de cette tradition : un peuple peut supporter la pauvreté pendant un temps, mais il ne supporte jamais indéfiniment l’injustice. Cette phrase résume la ligne politique du CNCA-PDD depuis Le Mans. Elle articule pauvreté économique et injustice institutionnelle comme les deux faces d’une même crise.
Le communiqué du CNCA-PDD s’ajoute ainsi à une série de prises de position critiques venues de la diaspora centrafricaine ces derniers mois. Il illustre les tensions persistantes entre certaines formations d’opposition et le pouvoir en place à Bangui. La suite dépendra désormais de la réaction des autorités centrafricaines face à ces demandes.
Une rumeur d’attaque de la capitale a semé la panique samedi soir sur l’axe PK13-PK14 sur la route de Boali, à la sortie nord de Bangui. La population a fui, sans qu’aucun incident soit clairement visible au moment des faits.
Une rumeur qui se propage en quelques minutes
Selon les informations recueillies par notre rédaction, la panique s’est propagée en quelques minutes dans la soirée du samedi 1er au dimanche 2 août 2026. Des motocyclistes circulant à vive allure criaient qu’un « cortège de la mort » avançait sur la route. Ils affirmaient que des personnes étaient tuées. Ces annonces ont rapidement semé la peur et les gens circulant au bord de la route ont très vite compris le danger.
À partir des secteurs de PK12,PK13 et PK14, de nombreuses personnes au bord de la route, dans des buvettes et autres ont pris rapidement la fuite en catastrophe. En quelques secondes, le secteur est devenu désert. Plus personnes circule. D’autres cherchaient un moyen de quitter rapidement la zone. La scène a donné lieu à une véritable débandade. Ces informations circulaient de bouche à oreille.
Pourtant, un trajet vers le retour à Gobongo dans le calme totale
L’une de nos équipes, présente également dans le secteur de PK13 au moment des faits, a aussitôt cherché un taxi-moto pour quitter les lieux. Heureusement, un taxi-moto, en provenance de pk22, accepte de prendre notre équipe. Pendant le trajet vers PK9, près de Gobongo, le conducteur est calme et serein. Devant la tranquillité de ce dernier, notre équipe décide de lui poser la question de savoir ce qui s’est passé et que les gens ont pris fuite dans le désordre. Maintenant interrogé sur la situation, notre conducteur taxi-moto a affirmé n’avoir constaté aucun incident dans cette zone. Selon lui, tout est calme. La circulation restait normale, sans aucun signe de panique comparable à celui décrit par les personnes en fuite.
Nous avons poursuivi notre trajet sans modifier l’itinéraire jusqu’à arriver à Gobongo dans le calme.
Et si ce n’est pas l’attaque sur la route de Damara qui serait à l’origine ?
Ce que notre équipe a pu remarqué dans les explications du conducteur, il a parlé d’un fait distinct qui s’est déroulé quelques heures plutôt . Cet histoire se serait produit en fin d’après-midi, sur la route de Boali et de Damara. Selon lui, des individus armés y auraient attaqué des personnes. Justement, sur la route de Damara, vers 15 heures ce jour, un soldat FACA et un ressortissant suisse ont été tué par des hommes armés non identifiés.
Pour le conducteur, en dehors de cet histoire, il n’avait connaissance d’aucun événement survenu à PK13 ou PK14 au moment de la panique.
Comment les rumeurs se propagent
Cet aventure montre, une nouvelle fois, la rapidité avec laquelle une rumeur peut se propager dans la capitale centrafricaine. Le climat d’inquiétude sécuritaire favorise ce type de scénario. Des informations non vérifiées circulent sur les réseaux sociaux ou de bouche à oreille. Elles suffisent parfois à provoquer des mouvements de foule et de panique.
Par Anselme Mbata
La rumeur d’attaque sur l’axe PK13-PK14 a provoqué une débandade à Bangui, illustrant les inquiétudes persistantes concernant la sécurité dans la région.
Six centrales syndicales centrafricaines ont publié une déclaration commune le 24 juillet 2026. Elles dénoncent la recrudescence des violences et la pénurie de carburant qui frappe les travailleurs.
En effet, depuis plusieurs années, les acteurs politiques et sociaux, ainsi que la communauté internationale œuvrent pour préserver la paix et la cohésion sociale. Malgré ces efforts, l’inquiétude grandit au sein de la population et du monde du travail. Dans ce contexte, six centrales syndicales centrafricaines ont donc décidé de s’exprimer publiquement.
Les syndicats signalent une résurgence des violences dans plusieurs régions du pays. Des hommes armés ont pris en otage la Sous-Préfète de Bambouti. Une jeune femme a perdu la vie dans des circonstances similaires.
Par ailleurs, des assaillants ont tué l’Abbé Crépin Martial Monga, vicaire de l’église catholique à Zemio. Des hommes armés non identifiés ont aussi enlevé des jeunes à Yalinga et à Zacko. Selon les syndicats, ces actes fragilisent la cohésion sociale.
Des morts et des blessés à Am-Dafock
L’invasion d’Am-Dafock par des groupes armés a causé une trentaine de morts. L’attaque a aussi blessé des dizaines de personnes. Les assaillants ont pillé la ville et détruit des infrastructures administratives.
Toutefois, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont rétabli un calme relatif, avec l’appui des Nations Unies et des forces alliées. Cependant, les habitants restent marqués et démunis, selon les syndicats. Des incidents à Boali rappellent la fragilité du contexte sécuritaire.
Les syndicats appellent au dialogue
Les responsables syndicaux condamnent fermement ces violences. Ils appellent les auteurs de troubles à revenir à la raison. Selon eux, le dialogue reste la seule voie efficace pour régler les différends.
Les signataires dudit communiqué, à savoir Noël Ramadane (USTC), Louis-Marie Kogrengbo (ODSTC), Firmin Zoh-Ponguélé (GSTC), Sabin Kpokolo (CSTC), Oumarou-Sanda Bouba (FOC, et )Michel Loudegue (OSLP), demandent aux autorités de maintenir un dialogue constant avec les acteurs politiques et sociaux. Ils insistent sur le respect des lois et des principes démocratiques. En conséquence, une démarche préventive reste essentielle pour préserver la paix nécessaire au développement du pays.
Le carburant manque, l’économie s’essouffle
La pénurie de carburant aggrave la crise économique du pays. Elle perturbe la mobilité des travailleurs et des travailleuses. Selon les syndicats, cette situation dégrade les conditions de vie de la population.
Ce manque de carburant freine aussi la production nationale. À ce stade, les six centrales jugent la situation intenable pour l’économie du pays.
Les syndicats réclament des mesures durables
Les centrales syndicales demandent au Gouvernement d’agir sur deux priorités. D’abord, la sécurisation des frontières doit empêcher les incursions de bandes armées étrangères. Ensuite, le rétablissement de l’approvisionnement en hydrocarbures constitue la seconde priorité.
L’insécurité en Centrafrique s’intensifie avec des violences signalées et une pénurie de carburant qui complique la vie des travailleurs et fragilise l’économie.
Selon les signataires, la stabilité du pays dépend d’une réponse concertée. Le Gouvernement, les acteurs politiques, les partenaires sociaux et les populations doivent agir ensemble pour restaurer la paix sociale.
Le coordonnateur national de la COSCIPAC, Petit Delphin KOTTO, hausse le ton contre le pouvoir de Bangui et réclame la démission du chef de l’État, qu’il tient responsable de l’effondrement institutionnel du pays.
Dans un communiqué transmis à la rédaction du CNC, KOTTO dit son inquiétude pour ses compatriotes. Les prix grimpent, les salaires stagnent, et les familles centrafricaines s’enfoncent chaque mois un peu plus dans la précarité.
Pour le coordonnateur de la COSCIPAC, rien de tout cela n’est le fruit du hasard. Il pointe une gouvernance construite sur l’exclusion, où le dialogue avec les forces vives du pays n’existe tout simplement pas.
Le ton se durcit quand il aborde la justice. KOTTO accuse le pouvoir de s’en servir comme d’une arme contre ses adversaires, citant les condamnations qui ont poussé plusieurs figures de l’opposition à quitter le pays.
Il donne des noms. Les professeurs AKANDJI KOME et Gaston MANDATA NGUEREKATA, ainsi qu’Abdou Karim MECKASSOUA, sont cités comme des victimes de poursuites qu’il juge orientées et destinées à faire taire toute contestation.
Le Parlement n’est pas épargné non plus. KOTTO estime que les députés ont renoncé à leur rôle de contrepoids face à l’exécutif, laissant le pouvoir agir sans véritable contrôle ni redevabilité.
Il tempère toutefois sa charge par un hommage. Il reconnaît à Abdou Karim MECKASSOUA une conduite exemplaire durant son passage à l’Assemblée nationale, fidèle selon lui à l’esprit du “Zo Kwe Zo”.
Cette gestion du pays coûte cher à la Centrafrique sur la scène internationale, ajoute le coordonnateur de la COSCIPAC. Les partenaires extérieurs se retirent les uns après les autres, et l’État se retrouve chaque jour plus isolé financièrement.
Face à cette situation, KOTTO en appelle à l’union de toutes les forces vives du pays. Sa demande est sans détour, il veut voir partir l’empereur Faustin-Archange Touadéra, qu’il présente comme l’unique obstacle à un vrai renouveau démocratique.
Joint par la rédaction du CNC, il a comparé sa démarche au film Z de Costa-Gavras, ce classique du cinéma politique sur la dérive autoritaire. Une manière pour lui de dire que sa sortie n’a rien d’un coup d’éclat isolé, mais s’inscrit dans un sursaut qu’il juge nécessaire face à ce qu’il qualifie de dictature institutionnelle
Bria : MSF renforce l’accès aux soins pour les enfants des zones reculées de la Haute-Kotto
Un soignant du MSF à Bria prépare du matériel médical auprès d’un nouveau-né hospitalisé à l’hôpital de Bria. Photo MSF
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto, Médecins Sans Frontières (MSF) soutient les services pédiatriques de l’Hôpital régional universitaire, finance un système de transport gratuit en moto pour les patients des zones isolées et renforce plusieurs centres de santé afin d’améliorer l’accès aux soins.
Située à environ 580 kilomètres de Bangui, Bria est le principal centre urbain de la Haute-Kotto. Cette vaste région, largement rurale, compte peu de structures sanitaires. Les longues distances, l’état dégradé des routes et le coût des déplacements compliquent l’accès aux soins pour une grande partie de la population.
Pour répondre à ces difficultés, Médecins Sans Frontières collabore avec le ministère de la Santé et de la Population au sein du service de pédiatrie de l’Hôpital régional universitaire de Bria. L’organisation soutient également six centres de santé gérés par les autorités sanitaires et met en place un système de référencement permettant aux patients les plus éloignés d’être transportés gratuitement jusqu’à l’hôpital.
Plus de 38 000 consultations pédiatriques réalisées en 2025
Le service de pédiatrie pris en charge avec l’appui de MSF accueille les enfants jusqu’à l’âge de 15 ans. Les équipes assurent les urgences pédiatriques, les consultations ambulatoires, le suivi des maladies chroniques, les hospitalisations, les soins intensifs, la néonatologie, la prise en charge de la malnutrition, les examens de radiologie ainsi que les analyses de laboratoire.
Une mère portant son bébé dans le dos, en pagne , voyage à moto financé par le MSF à Bria pour rejoindre l’hôpital de Bria. Photo MSF
Au cours de l’année 2025, le service a enregistré 11 357 passages aux urgences pédiatriques, 25 605 consultations ambulatoires et 1 722 consultations consacrées aux maladies chroniques. Les enfants suivis souffrent notamment du VIH, de la tuberculose, du diabète, de l’asthme, de la drépanocytose ou encore de l’épilepsie.
Les patients nécessitant une intervention chirurgicale sont orientés vers le projet chirurgical de MSF à Bangui.
Le service dispose de 64 lits. Pendant la saison de forte transmission du paludisme, entre mai et novembre, 20 lits supplémentaires sont installés afin de répondre à l’augmentation du nombre de malades.
Un transport gratuit en moto pour les patients des villages éloignés
L’Hôpital régional universitaire de Bria est situé au croisement de plusieurs axes reliant différentes localités de la Haute-Kotto. En 2025, l’établissement a accueilli 1 184 patients référés depuis 13 centres de santé et plusieurs points de prise en charge du paludisme répartis dans la province.
MSF apporte un soutien aux centres de santé en renforçant les compétences des soignants, en fournissant chaque mois des médicaments essentiels et en versant des primes au personnel de santé.
Lorsque des patients présentent certaines pathologies graves, comme le paludisme sévère, la malnutrition compliquée ou des morsures de serpent, les centres de santé peuvent organiser gratuitement leur transport en moto vers l’hôpital.
Chaque centre dispose d’un carnet à souches permettant de faire appel à un conducteur de moto-taxi. Le transporteur est ensuite rémunéré par MSF. Ce dispositif permet à des habitants de villages parfois très éloignés d’accéder aux soins spécialisés sans supporter les frais du déplacement.
Des trajets pouvant dépasser 200 kilomètres
Les distances parcourues par certains patients illustrent les difficultés d’accès aux soins dans la région.
Les habitants de Danbatro parcourent environ sept kilomètres pour rejoindre Bria. D’autres viennent de localités beaucoup plus éloignées. Les patients référés depuis Ouadda doivent effectuer près de 205 kilomètres sur une piste particulièrement dégradée, un trajet qui peut durer toute une journée à moto.
Les déplacements sont parfois encore plus difficiles lorsque les conducteurs doivent traverser des rivières. Ces conditions de transport peuvent aggraver l’état de santé des patients, notamment celui des jeunes enfants transportés sur le dos de leur mère.
Les retards de prise en charge restent fréquents
Selon les équipes de MSF, plusieurs facteurs retardent encore l’accès aux soins.
Certaines familles tentent d’abord de traiter les malades avec des remèdes traditionnels ou consultent des tradipraticiens avant de se rendre dans un centre de santé. Pour les fractures, certaines personnes fabriquent par exemple des attelles à partir d’écorces d’arbres.
Une fois la décision prise de consulter, il faut encore trouver une moto disponible et du carburant, ce qui peut prolonger le délai avant l’arrivée du patient à l’hôpital.
Une sensibilisation renforcée pour les victimes de violences sexuelles
Les équipes médicales constatent également que de nombreuses personnes ignorent l’existence du transport gratuit, en particulier les victimes de violences sexuelles vivant dans les zones les plus isolées.
Les initiatives de MSF à Bria améliorent l’accès aux soins pédiatriques en Haute-Kotto, notamment par un système de transport médical gratuit pour les patients des villages éloignés.
La crainte de la stigmatisation conduit certaines victimes à ne pas signaler les faits et à ne pas solliciter une prise en charge médicale.
Pour améliorer la situation, MSF a renforcé les actions de sensibilisation auprès des communautés. Des matrones issues de plusieurs centres de santé sont formées à Bria afin d’améliorer la prise en charge des survivantes de violences sexuelles.
Elles reçoivent des kits contenant notamment des tests de grossesse, des contraceptifs d’urgence ainsi que des documents détaillant les protocoles de prise en charge et les mécanismes d’orientation vers les structures de protection et d’assistance juridique.
Extension des activités sanitaires dans plusieurs localités
En 2025, MSF a également étendu son soutien aux centres de santé de Ouadda et de Yalinga ainsi qu’aux postes de santé de Mbihi et de Kpava.
L’appui comprend la fourniture de médicaments, la formation des agents de santé, le versement de primes au personnel et l’organisation des évacuations sanitaires en moto vers l’Hôpital régional universitaire de Bria.
L’organisation développe également plusieurs activités consacrées à la santé des femmes, notamment la prise en charge des violences sexuelles et les services de planification familiale.
Un ressortissant suisse sous escorte et un militaire centrafricain de l’armée nationale ont été tués ce samedi aux environs de quinze heures cet après-midi près de Bangui, au village Imohoro sur la route de Damara.
Attaque armée à Imohoro, sur la route de Damara
Des hommes armés ont attaqué cet après-midi, vers quinze heures, un convoi près du village Imohoro. Ce village se situe au pk cinquante-cinq sur la route de Damara. L’attaque a coûté la vie à un ressortissant suisse placé sous escorte et à un militaire des forces armées centrafricaines.
Les circonstances restent à établir
Les autorités n’ont pas encore communiqué le déroulement exact de cette agression. Selon les premiers éléments, les assaillants ont ouvert le feu avant de quitter rapidement les lieux. Aucune revendication n’a pour l’instant été formulée.
Pour l’heure, notre équipe est sur le terrain pour en savoir plus sur le déroulement des faits et chercher à avoir les identités exactes des victimes. Mais pour l’heure, notre investigation rapide montre que la première victime serait un suisse et un centrafricain.
L’attaque armée près de Bangui souligne la gravité des incidents sécuritaires en Centrafrique, affectant des ressortissants étrangers et les forces armées locales.