Entre Wagner et Afrikakor, que choisir pour la Centrafrique ?

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Entre Wagner et Afrikakor, que choisir pour la Centrafrique ?

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Des réfugiés maliens installés en Mauritanie racontent leur fuite devant les paramilitaires russes de l’Africa Corps. Leurs témoignages donnent un aperçu de ce qui attend peut-être la population centrafricaine si le groupe remplace définitivement Wagner.

 

En Centrafrique, le président Touadéra souhaite garder Wagner. Moscou préfère imposer l’Africa Corps. Avec Wagner, le paiement se fait par le pillage massif des ressources du pays. Avec l’Africa Corps, Poutine réclame 10 milliards de francs CFA par mois. Pour la population centrafricaine, le choix se résume à une équation sinistre : même niveau de violence, même niveau des crimes, même niveau des massacres, seul le mode de rémunération change. Alors, que choisir ?

 

Après la mort d’Evguéni Prigojine en juin 2025, l’Africa Corps a pris la succession de Wagner au Mali. Les civils espéraient un changement. Ils ont vite déchanté. “Ce sont les mêmes hommes, payés par le gouvernement, et ils poursuivent les massacres. Il n’y a aucune différence entre Wagner et Africa Corps”, assure un chef de village malien ayant fui.

 

La principale différence tient à la structure de commandement. L’Africa Corps dépend directement du ministère russe de la Défense, contrairement à Wagner qui fonctionnait de manière plus autonome. Tout crime de guerre commis par l’Africa Corps engage donc en principe la responsabilité du gouvernement russe, selon un expert interrogé par Associated Press.

 

L’Africa Corps reste une entité opaque. Les analystes estiment leurs effectifs à environ 2000 hommes au Mali. Tous les combattants ne viennent pas de Russie. Plusieurs réfugiés ont signalé la présence d’hommes noirs parlant des langues étrangères. D’après un rapport du Conseil européen en relations internationales, l’Africa Corps recrute en Russie, en Biélorussie et dans plusieurs États africains.

 

Les témoignages venus du Mali laissent entrevoir ce qui attend les civils centrafricains si l’Africa Corps s’installe durablement dans leur pays. Trente-quatre réfugiés maliens ont accepté de témoigner près de la frontière mauritanienne auprès de l’agence Associated Press. La plupart gardent l’anonymat, redoutant des représailles même depuis leur refuge. Leurs récits décrivent des assassinats sans distinction, des enlèvements, des viols répétés.

 

Fatma fixe la photo de sa fille morte. Dans son village de Kurmare, les “hommes blancs” ont tout pris. Ils entraient dans les maisons, arrachaient les bijoux des femmes, abattaient les hommes. Son fils a péri sous leurs balles. Sa fille de 18 ans, déjà inconsciente à cause d’une crise, n’a pas survécu. “Je suis simplement quelqu’un qui est vivant d’apparence comme avant, mais qui n’est pas, en réalité, vivante”, confie-t-elle.

 

Mougaloa, éleveuse peule, cherche toujours sa fille disparue. Elle a vu son fils Koubadi, âgé de 20 ans, battu puis égorgé devant elle. Les Peuls paient un lourd tribut. Cette ethnie est soupçonnée d’avoir rejoint les djihadistes. Quand l’Africa Corps débarque avec l’armée malienne pour traquer les militants, personne ne fait de tri.

 

“Si vous ne dites pas à l’armée que vous avez vu des djihadistes, l’armée vous tuera”, explique Mougaloa. “Mais si tu leur dis, les djihadistes te trouveront et te tueront.” Un chef de village malien ayant fui décrit une “politique de terre brûlée”. Les soldats n’adressent la parole à personne. Toute personne aperçue devient une cible. Pas d’interrogatoire, pas d’avertissement. “Les gens ne savent même pas pourquoi ils sont tués”, dit-il.

 

Deux réfugiés ont montré des vidéos de villages incendiés. D’autres ont découvert des corps de proches auxquels manquaient le foie et les reins. Sur les réseaux sociaux, des membres de Wagner partageaient déjà des vidéos où ils découpaient des organes sur des cadavres de civils maliens.

 

Les chiffres des morts civils attribués aux Russes ont baissé cette année : 447 contre 911 l’an dernier. Mais ces données pourraient ne pas refléter la réalité complète. La peur des représailles réduit beaucoup de gens au silence. “Il y a beaucoup de gens violés, attaqués, tués. Les familles sont séparées, il n’y a aucun doute là-dessus”, indique Sukru Cansizoglu, représentant en Mauritanie de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Mais “il est parfois difficile de vraiment identifier qui en sont les auteurs”​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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