Boda : un lieutenant-colonel réclame cinq millions pour libérer ou tuer

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Boda : un lieutenant-colonel réclame cinq millions pour libérer ou tuer

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 28 juillet 2021, à Boda, l’entrepreneur malien Ibrahim Traoré, déjà victime d’escroqueries et de détournements judiciaires, tombe dans un nouveau piège. Arrêté après une plainte douteuse transmise depuis Bangui, il se retrouve face au lieutenant-colonel Kondro, chef du détachement militaire des FACA, qui lui pose un ultimatum : payer cinq millions de francs CFA ou mourir.

 

En effet, après les détournements organisé par le magistrat Thierry Ouedemona et les escroqueries d’Armel Balegbaya et Fred Yagbanga, l’histoire d’Ibrahim Traoré prend une tournure plus cruelle. Alors qu’il tente de poursuivre ses activités, il est convoqué à Boda sous prétexte d’une plainte judiciaire venue de la capitale. Conduit par deux gendarmes, il est présenté devant la procureure locale, laquelle reconnaît avoir reçu un appel direct du premier substitut de Bangui, un certain Dama.

 

Pendant ce temps, aucun mandat d’amener n’est présenté, aucune plainte écrite ne lui est notifiée. Tout repose sur un coup de fil de Bangui. Trois jours de détention à la gendarmerie de Boda suffisent à Ibrahim Traoré pour comprendre que cette affaire dépasse Boda et trouve son origine dans le cercle mafieux qui s’acharne contre lui depuis 2020.

 

C’est alors qu’entre en scène le lieutenant-colonel Kondro, chef du détachement militaire des Forces armées centrafricaines (FACA). Ce dernier convoque Traoré et lui lance un chantage glaçant : “Tu paies cinq millions ou on te tue ici à Boda”. Eh! Les escrocs!

 

Dans ce scénario, la justice disparaît totalement. Un officier supérieur, censé protéger les citoyens, transforme son uniforme en instrument de rançon. L’ultimatum est clair : l’argent contre la vie. Ibrahim Traoré, déjà ruiné par des escrocs et spolié de ses biens, se retrouve acculé.

 

L’intervention de son avocat permet d’éviter le pire. Alerté, ce dernier fait pression pour obtenir son transfert vers Bangui et confier l’affaire à la Section des Recherches et d’Investigations (SRI). Mais l’épisode reste gravé comme l’un des plus violents : l’État, par la voix d’un de ses officiers, exige de l’argent pour ne pas ôter la vie d’un citoyen.

 

C’est une mafia qui mêle juges, escrocs et militaires. Avec l’affaire de Boda, un maillon supplémentaire s’ajoute à la chaîne de prédation qui enferme Ibrahim Traoré depuis des années. Après un magistrat devenu voleur de ciment, des faux “parents du président” devenus extorqueurs, la justice de proximité se transforme en bras armé d’une mafia politico-judiciaire.

 

À chaque étape, le scénario se répète : fausse accusation, arrestation arbitraire, torture ou menace, puis exigence d’une somme d’argent. Chaque autorité qui croise la route de l’entrepreneur malien se sert au passage, jusqu’à transformer son existence en calvaire permanent.

 

Et le prix du silence? Franchement, le cas Traoré dévoile la profondeur de la corruption en Centrafrique. Comment un lieutenant-colonel en poste peut-il poser un tel ultimatum à un civil ? Comment des magistrats et des escrocs peuvent-ils agir main dans la main pour ruiner et enfermer un homme sans qu’aucune institution ne s’interpose ?

 

Depuis près de cinq ans, Ibrahim Traoré est enfermé à Ngaragba. Derrière les murs de cette prison, il n’est pas seulement détenu : il est l’otage d’un système où les vies s’achètent et se bradent au prix fort. Le montant exigé à Boda — cinq millions de francs CFA — résume à lui seul la logique de prédation qui gangrène l’appareil judiciaire, politique et militaire du pays.

 

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