L’ONM TENTE UN PASSAGE EN FORCE POUR LA REPRISE DES TRAVAUX SUR L’AXE Ndélé ET OUADDA-MAÏKAGA

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L’ONM TENTE UN PASSAGE EN FORCE POUR LA REPRISE DES TRAVAUX SUR L’AXE Ndélé  ET OUADDA-MAÏKAGA

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 La paralysie des chantiers routiers dans la préfecture de Bamingui-Bangoran connaît un nouveau développement suite à une concertation tendue entre les bailleurs, les autorités locales et les responsables étatiques. Alors que les engins ont été rapatriés au chef-lieu depuis plusieurs jours, la pression s’accentue sur les ouvriers pour une reprise immédiate de l’activité dès ce lundi 11 mai 2026, malgré des revendications salariales non satisfaites.

 

Le blocage actuel concerne le tronçon stratégique reliant Ndélé à Ouadda-Maïkaga, un axe de près de 200 kilomètres où le génie civil s’est interrompu brusquement à seulement quinze kilomètres du village de Boungou. Ce projet, dont le financement dépend directement de la Banque mondiale, subit les conséquences d’un mouvement de contestation massif déclenché par le personnel de terrain. Ces travailleurs, lassés par l’absence de versement de leurs émoluments depuis deux mois, ont choisi de cesser toute activité et de ramener le matériel lourd à Ndélé. Cette décision a plongé le projet dans une stagnation totale, provoquant une inquiétude majeure chez les partenaires internationaux, notamment l’UNOPS, détenteur du marché sur cette portion spécifique de la route.

 

Pour tenter de débloquer la situation, une conférence conjointe a réuni le représentant résident de la Banque mondiale, le directeur général de l’Office National du Matériel (ONM), ainsi que des délégués de l’UNOPS et de la MINUSCA. Cette rencontre, qui s’est tenue ce vendredi 8 mai 2026 sous forme de téléconférence pour certains participants, a également associé des figures locales d’importance, au premier rang desquelles le Sultan-Maire de Ndélé. L’objectif affiché par les instances décisionnelles était clair : obtenir le retour des équipes sur le chantier pour ne pas compromettre davantage les délais de livraison des infrastructures, vitales pour le désenclavement de la région et l’accès humanitaire vers Wandadjali.

 

Toutefois, la teneur des échanges a révélé un fossé profond entre les propositions de la hiérarchie et les réalités vécues par les employés. Le directeur général de l’ONM a formulé une offre consistant à demander aux ouvriers de retourner à leurs postes dès lundi, avec la promesse d’un versement global des deux mois d’arriérés seulement à la fin du mois en cours. Cette proposition, perçue par beaucoup comme une manœuvre dilatoire, a provoqué des discussions extrêmement vives. Les travailleurs, restés fermes sur leur position initiale, exigent la régularisation intégrale de leur situation financière avant tout mouvement vers le village de Boungou ou les zones de travaux situées à quarante-cinq kilomètres de Ouadda-Maïkaga.

 

La tension est montée d’un cran lorsque l’organisation de la parole durant la conférence a été restreinte. Afin d’éviter une saturation des débats et de garder le contrôle sur l’issue de la réunion, seuls quelques représentants des autorités locales et le Sultan-Maire ont pu s’exprimer longuement. Cette méthode de médiation dirigée a permis aux responsables de l’ONM de conclure unilatéralement à une reprise du travail pour ce lundi, sans pour autant avoir obtenu l’aval formel de la base des travailleurs. Ces derniers se sentent exclus du processus de décision alors qu’ils sont les premiers impactés par ce que certains qualifient de gestion opaque des ressources financières.

 

Au cœur de cette crise, la responsabilité de l’Office National du Matériel est directement pointée du doigt par les grévistes. Les employés soutiennent que les fonds nécessaires au paiement des salaires ont été décaissés par le partenaire financier international dans les délais impartis. Ils dirigent leurs accusations vers la direction générale de l’ONM, soupçonnée de malversations internes ayant entraîné la rétention des salaires. Pour les ouvriers, le fait que les budgets soient disponibles au niveau des bailleurs mais bloqués au niveau de l’administration nationale constitue la preuve d’un dysfonctionnement grave dont ils refusent de faire les frais.

 

Le malaise est d’autant plus perceptible que le directeur général de l’ONM semble manifester un agacement croissant face à la persistance de la grève. En tant qu’autorité décisionnaire sur le déploiement du personnel, il insiste sur l’obligation de reprendre les opérations pour ne pas froisser la Banque mondiale et l’UNOPS, qui surveillent de près l’avancement de la portion Ndélé et Ouadda-Maïkaga. Cependant, la confiance est rompue. Les familles des travailleurs à Ndélé subissent de plein fouet cet arrêt de revenus, et l’idée de retourner travailler un mois supplémentaire sans garantie tangible de paiement immédiat passe mal auprès des syndicats de fait qui se sont formés sur le tas.

 

Pendant ce temps, sur le terrain, le paysage reste figé. Le village de Boungou, qui espérait voir la route arriver à ses portes, voit les engins s’éloigner vers le chef-lieu de la Bamingui-Bangoran. La réussite de ce chantier est pourtant primordiale pour l’économie locale. Mais au-delà de la technique et de la poussière des routes, c’est une crise de gouvernance qui se joue. La volonté de l’ONM de forcer la reprise ce lundi apparaît comme un pari risqué, car sans la motivation des hommes qui conduisent les machines et stabilisent la chaussée, les promesses de fin de mois risquent de ne pas suffire à relancer durablement la machine de construction. La journée de lundi sera donc un test de force entre une administration pressée de rassurer ses bailleurs et une masse salariale déterminée à obtenir justice pour son labeur.

 

Par Barthelemy Kossi

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