Menacé par Touadéra, Évariste Ngamana, en plus de perdre ses 100 millions, mais se retrouve complètement roulé dans la farine. Suivez nos regards dans les coulisses du baiser de Judas au Palais du Peuple
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’ouverture de la huitième législature au palais du peuple à Bangui ce lundi 4 mai dernier restera gravée comme le moment où les calculs les plus sophistiqués se sont brisés contre la volonté d’un seul homme, le dictateur de Bangui Baba Kongoboro. Entre trahisons et billets de banque, récit d’un naufrage politique.
Le décor était planté pour ce qui devait être le grand soir d’Évariste Ngamana. Depuis cinq ans, l’homme ne cache plus son appétit pour le fauteuil de Simplice Mathieu Sarandji. Pour lui, le perchoir n’est pas une possibilité, c’est une destination finale. Pour y parvenir, il a bâti une véritable armée de l’ombre au sein même du MCU.
Pendant que Sarandji, en tant que secrétaire exécutif, validait certains candidats aux investitures officielles du parti, Ngamana, le porte-parole, jouait une partition beaucoup plus fine. Il a parrainé et fait élire une multitude de candidats dits « indépendants », mais en réalité totalement acquis à sa cause. Le résultat du premier tour des législatives est clairs : alors que Sarandji ne peut compter que sur une vingtaine de fidèles, Ngamana dispose d’un bloc de cinquante députés prêts à basculer en sa faveur.
Fort de cette supériorité numérique, Ngamana s’était mis d’accord avec Faustin Archange Touadéra pour accélérer le calendrier et pousser Sarandji vers la sortie. La stratégie était claire : bousculer le vieux lion pour installer la nouvelle garde. Pour garantir ce hold-up, Ngamana n’a pas lésiné sur les moyens. Lors d’une réunion secrète avec les élus, il a distribué deux millions de francs CFA à chaque député en échange de leur vote. Plus de cent millions de francs investis pour s’offrir le perchoir.
Pourtant, le jour J, le vent a tourné de manière spectaculaire. Faustin Archange Touadéra a montré une facette que Ngamana n’avait pas anticipée. Prenant la parole devant une salle médusée, le chef de l’État a sifflé la fin de la récréation. Pas de compétition, pas de duel fratricide. L’ordre est tombé : Sarandji doit être maintenu, et voté par acclamation.
D’un coup, les cent millions de francs investis par Ngamana se sont évaporés dans l’air climatisé de l’Assemblée. Celui qui se voyait déjà calife à la place du calife a dû faire volte-face en quelques secondes, se rangeant derrière l’ordre présidentiel pour éviter le suicide politique immédiat. Voir Sarandji reconduit sans même avoir à se battre a littéralement rendu Ngamana malade de rage et d’incompréhension.
La gifle ne s’est pas arrêtée là. Une fois réinstallé au perchoir, Sarandji n’a pas joué la carte de la réconciliation. Sa première déclaration a pris la forme d’un missile à tête chercheuse. Sans nommer son adjoint, il a dénoncé ceux qui veulent sa mort, ceux qui complotent dans l’ombre pour l’éliminer physiquement et politiquement. Le message est arrivé à destination.
Celui qui croyait avoir piégé Sarandji s’est retrouvé, en quelques secondes, le dindon d’une farce très coûteuse. Non seulement il a perdu sa fortune dans cette opération, mais il a dû assister, impuissant, au sacre de son rival.
Aujourd’hui, Ngamana bout de rage. Rester premier vice-président sonne pour lui comme une défaite totale. De son côté, Touadéra a fait son choix : il a compris que l’ambition dévorante de son jeune poulain représentait, à terme, un danger pour son propre fauteuil. En coulisses, la guerre est désormais déclarée, et le président préfère garder un Sarandji prévisible plutôt qu’un Ngamana trop pressé de prendre le pouvoir.
Par Alain Nzilo
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