Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
En République centrafricaine vivre avec le diabète représente un vrai défi. L’accès aux traitements est limité, les médicaments (l’insuline) sont coûteux et souvent difficiles à trouver, et les programmes de prise en charge des patients sont rares. A Carnot, au sud-ouest du pays, Médecins Sans Frontières (MSF) en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Population (MSP), assure une prise en charge médicale gratuite à de nombreuses personnes vivant avec le diabète. Depuis le début de la mise en place du programme en 2019, 245 patients diabétiques ont été accompagnés par MSF et le MSP.
Apprendre à vivre avec le diabète….
Adolphe Andoa, 22 ans, vient de Nola, à plus de 200 kilomètres de Carnot. Diagnostiqué diabétique de type 1 il y a cinq ans, il avait du mal à se procurer de l’insuline dans sa ville. « J’étais constamment fatigué, je buvais beaucoup d’eau et j’avais toujours faim », se souvient-il. « J’ai dû arrêter l’école en classe de 5ᵉ à cause de ma maladie. »
Grâce au soutien de MSF à la Clinique de Suivi de l’Hôpital de District de Carnot, Andoa reçoit désormais un traitement gratuit et a été formé à surveiller sa glycémie et à s’injecter lui-même l’insuline à domicile. « Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux », explique-t-il. « J’ai repris l’école en 2024 et je mène une vie normale. Mon rêve est de devenir médecin pour aider d’autres enfants diabétiques. »
Le diabète de type 1 est une maladie chronique dans laquelle le pancréas ne produit plus d’insuline, une hormone essentielle qui régule le taux de sucre dans le sang. Sans insuline, le glucose s’accumule dans le sang au lieu d’être utilisé comme source d’énergie, ce qui peut provoquer de graves complications, voire mettre la vie de la personne en danger. Le traitement repose donc sur des injections quotidiennes d’insuline et un suivi régulier de la glycémie (taux de sucre dans le sang).
Dans un contexte comme celui de la République centrafricaine, où l’insuline reste très coûteuse et où les structures de santé sont limitées, cette maladie représente une véritable épreuve pour les patients et leurs familles. Par ailleurs, le traitement doit être pris à vie par le patient, ce qui constitue une charge financière difficile à assumer pour beaucoup d’entre eux.
Pour les adultes comme Calvin Bedagba, 34 ans, apprendre à gérer le diabète a été une transformation majeure. Diagnostiqué en 2021, il était au début très anxieux. « Mes parents pensaient que le diabète était synonyme de mort », raconte-t-il. Grâce aux sessions de sensibilisation de MSF, Calvin a compris ce qu’est réellement le diabète et comment vivre avec. Aujourd’hui, il contrôle sa glycémie, s’injecte lui-même l’insuline à la maison et se rend chaque mois à la clinique pour son suivi.
Les parents ressentent également l’impact du programme. Emmanuel Warassio est le père de Carole, une jeune fille de 18 ans atteinte de diabète de type 1. Pendant des années, il devait l’accompagner à la clinique matin et soir pour ses injections. Aujourd’hui, Carole fait partie du programme d’autonomisation des patients, qui lui permet de gérer son traitement à domicile. « Seule MSF fournit l’insuline à Carnot », explique Warassio. « Nous espérons qu’à l’avenir, d’autres acteurs pourront renforcer cet appui afin que tous les enfants aient un accès durable aux soins dont ils ont besoin. »
Un programme qui change des vies…..
Le programme de MSF à Carnot se concentre sur l’autonomisation des patients. Les patients nouvellement diagnostiqués reçoivent un kit médical complet : glucomètre, insuline, seringues, lancettes et pots en argile pour conserver l’insuline. Ils apprennent à contrôler leur glycémie et à s’injecter eux-mêmes l’insuline. Les suivis mensuels et les visites à domicile garantissent que les patients maintiennent leur autonomie tout en bénéficiant d’un accompagnement professionnel.
Étive Marvin Houboutouni, responsable du programme diabète de MSF, explique : « Ce programme permet aux patients de stabiliser leur santé et de reprendre l’école, le travail et leur vie familiale. Aujourd’hui, 245 patients sont pris en charge, dont 63 enfants et 182 adultes. Parmi eux, 80 ont été autonomisés, dont 11 enfants. »
Regarder vers l’avenir….
Malgré les défis, comme la distance à parcourir pour se rendre à la clinique et la difficulté de se procurer leur traitement de façon abordable en dehors de MSF, ces histoires témoignent de l’espoir et de la résilience des patients diabétiques à Carnot. Grâce à l’éducation et à l’accès gratuit aux traitements, MSF améliore non seulement la vie des patients aujourd’hui, mais les prépare également à gérer leur diabète de manière durable demain. Toutefois, de nombreux défis restent à relever à l’échelle nationale afin que davantage de patients puissent bénéficier de ce type de soutien et accéder durablement aux soins dont ils ont besoin.
UN CONSEIL CONSTITUTIONNEL AUX ORDRES DU POUVOIR Politique PEUT-IL GARANTIR DÉMOCRATIQUEMENT UN PROCESSUS ÉLECTORAL ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Professeur-Jean-Pierre-Waboue-President-de-la-cour-constitutionnelle-de-la-Republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Jean-Pierre Waboué, Président de la conseil constitutionnel centrafricain
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La décision N014 du conseil constitutionnel en date du 14 novembre 2025 portant proclamation de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 était attendue comme la fumée blanche qui s’échappe traditionnellement de la cheminée à Rome lors du conclave des cardinaux pour l’élection d’un nouveau souverain pontife.
Cette décision inédite qui s’apparente à une victoire pour les uns, un leurre ou un piège pour les autres soulève des interrogations nées de l’incompréhension car incohérente, illogique et illisible alors que l’intelligentsia centrafricaine avait la soif, un désir impatient de s’approprier les problématiques de binationalité, de centrafricain d’origine ainsi que des origines douteuses du président de la République.
Le conseil constitutionnel a bien fait de rappeler l’article 67 de la constitution du 30 août 2023 pour rassurer l’opinion qui était partagée car l’on s’interrogeait si c’est l’ancienne ou la nouvelle constitution qui servait de fondement juridique à cette décision.
En plus, l’on se questionnait également de ce que le conseil constitutionnel a fait des articles 10 et 183 de la constitution du 30 août 2023 ainsi que des théories juridiques de la hiérarchie des normes, du parallélisme des formes, de la séparation de pouvoirs etc…pour pondre une telle décision dépourvue de mécanismes, de méthodes et de pédagogies.
Cet état de fait n’est nullement une surprise mais la résultante de la totale subordination au pouvoir exécutif du collège des juges constitutionnels qui par voie de conséquence perd son prestigieux caractère juridictionnel et sa noble mission d’arbitre des processus électoraux.
Il apparaît important de rappeler que le conseil constitutionnel, la plus haute juridiction dans l’architecture juridique représente la plus haute garantie de la démocratie électorale car il veille sur la régularité des opérations électorales, tranche les contentieux électoraux et veille à la bonne application de la loi fondamentale.
À ce titre, le conseil constitutionnel devrait éviter d’utiliser le droit à des fins politiques et ainsi fragiliser la stabilité constitutionnelle et démocratique.
Perdu dans cette cabale médiatique où tout le monde s’improvise en juristes chevronnés pour interpréter les textes de loi, le citoyen lambda s’interroge :
1- La décision du conseil constitutionnel portant proclamation de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle clôt-il le débat politico-juridique sur la notion de binationalité et de centrafricain d’origine ?
2- Déclarer les candidatures éligibles suffit-il à baisser les tensions palpables et multidimensionnelles dans le pays ?
3- Pourquoi le conseil constitutionnel n’a pas donné les détails de la conformité de chaque candidature aux exigences de l’article 37 alinéa 2 du code électoral ?
4- Un conseil constitutionnel aux ordres du pouvoir Politique peut-il garantir efficacement et démocratiquement un processus électoral ?
En tout état de cause, la décision rendue par le conseil constitutionnel sur la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 est tout sauf une œuvre juridique qui obéit à des règles strictes de forme et de fond. C’est un parfait habillage juridique d’une solution politique telle que annoncée la veille par le ministre conseiller spécial du président de la République sur les ondes de la radio ndeke luka.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…car un problème ne peut résoudre un autre problème et qu’un problème peut en cacher un autre.
Les chants des sirènes, le culte de personnalité et le piétinement du tapis rouge logoté de l’emblème national ne vous placeront jamais au dessus de la République.
Attention Monsieur le président, ce peuple facilement domptable de l’Afrique qui n’aspire qu’à la paix risque par vos chroniques turpitudes de retomber dans les frasques du passé.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial mais au contraire une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir car l’amour d’antan risque de se transformer en méchante haine…
Monsieur le président, nous avons le flair de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Monsieur le tyran, si vous semez de l’injustice en temps de paix, vous moissonnerez très certainement le désordre corollaire de troubles.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Pour finir, nous exhortons tous les résistants, les démocrates du monde entier à avoir une pensée patriotique pour des leaders incarcérés injustement pour des causes nobles plus particulièrement le Docteur Dominique Désiré ERENON qui a été arrêté à sa descente d’avion en provenance de Paris pour des faits qu’on ignore encore. À ce jour, il n’est toujours pas présenté à un juge instructeur.
Nous partageons la douleur de sa famille politique et biologique.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Troisième mandat : quand le Président Touadéra s’invente un peuple reconnaissant pour justifier sa nouvelle candidature
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/empereur-faustin-archange-touadera-marchant-en-dansan-de-meme.jpg” data-wpel-link=”internal”>Empereur Faustin Archange Touadera Marchant en Dansan de Meme
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Invité de la chaine française France 24, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a affirmé que sa nouvelle candidature répondait à “la volonté du peuple”. Interrogé sur la pauvreté persistante, l’absence de routes, d’écoles et d’hôpitaux, il a rejeté ces critiques d’un ton désinvolte, demandant si ces constats relevaient de “l’opinion” du journaliste ou des Centrafricains eux-mêmes. Il a présenté la République centrafricaine comme un pays “qui revient de loin”, évoquant un “État failli” dont il aurait permis le redressement, sans donner le moindre exemple concret.
Après dix ans de pouvoir, le Président Touadera alias Baba Kongoboro assure que le pays “relève la tête” et qu’il faut “continuer”. Pour justifier sa candidature, il invoque des “marches” et des “demandes” venues de la population, parlant d’un “peuple qui le sollicite”. Aucun chiffre. Aucune pétition. Aucune donnée électorale ne vient étayer cette prétendue mobilisation populaire. La formule sert à masquer l’absence de résultat et à transformer un bilan vide en preuve d’amour national.
Face à la question précise de son échec économique, le Président Touadéra s’est contenté d’un argument circulaire : “Nous avons progressé”. Il a présenté la survie du pays comme une réussite historique, évoquant la confiance dans les institutions et dans l’Autorité nationale des Élections pour organiser un scrutin “transparent et sécurisé”. Dans un pays où la majorité vit sans accès à l’eau potable, sans hôpital fonctionnel et sans routes praticables, l’affirmation sonne comme une provocation.
L’interview, censée être un échange sur les priorités de l’État, s’est transformée en monologue d’autosatisfaction. Le Président Touadéra a refusé de reconnaître l’échec de ses politiques publiques, préférant décrire la misère actuelle comme la preuve d’un chemin parcouru. L’idée d’un peuple “reconnaissant” devient un outil de légitimation, un bouclier contre toute critique, et le seul argument d’un dirigeant qui n’a plus rien d’autre à offrir que sa propre survie au pouvoir.
Regardons les faits. Dix ans de pouvoir. Dix ans pour construire des routes. Dix ans pour ouvrir des écoles. Dix ans pour bâtir des hôpitaux. Dix ans pour donner accès à l’eau potable. Dix ans pour créer des emplois. Et qu’est-ce qu’on a aujourd’hui ? Rien. Ou presque rien.
Les routes centrafricaines sont dans un état catastrophique. Même l’axe Bangui-Berberati, considéré comme prioritaire, reste impraticable pendant la saison des pluies. Les écoles manquent de tout. Les enseignants ne sont pas payés. Dans certaines régions, ce sont les parents d’élèves qui paient des maîtres parents pour que leurs enfants puissent étudier. Les hôpitaux sont des mouroirs. Notre reportage à l’hôpital pédiatrique de Bangui l’a montré : des bébés qui agonisent pendant deux heures sans voir un seul médecin.
Et Touadéra nous parle de progrès. Il nous parle d’un pays qui relève la tête. Il nous parle d’un peuple reconnaissant qui le supplie de continuer.
Quel peuple ? Où est ce peuple reconnaissant ? Est-ce que Touadéra parle des mamans qui ont vu leurs bébés mourir à l’hôpital pédiatrique parce qu’aucun médecin n’était présent ? Est-ce que Touadéra parle des enseignants contractuels qui ne sont pas payés pendant des mois ? Est-ce que Touadéra parle des commerçants massacrés sur les routes par des groupes armés ? Est-ce que Touadéra parle des jeunes qui fuient le pays parce qu’il n’y a aucun avenir ici ?
Non. Touadéra parle d’un peuple imaginaire. Un peuple qu’il s’est inventé pour justifier sa candidature. Un peuple qui n’existe que dans son discours et dans les meetings organisés par son parti avec des figurants payés pour applaudir.
Le journaliste de France 24 a posé les bonnes questions. Les questions que tout Centrafricain se pose. Pourquoi, après dix ans de pouvoir, le pays est-il toujours aussi pauvre ? Pourquoi n’y a-t-il toujours pas de routes ? Pourquoi n’y a-t-il toujours pas d’écoles fonctionnelles ? Pourquoi n’y a-t-il toujours pas d’hôpitaux dignes de ce nom ?
La réponse de Touadéra a été méprisante. Il a demandé si ces constats relevaient de “l’opinion” du journaliste ou des Centrafricains eux-mêmes. Comme si les faits pouvaient être des opinions. Comme si la misère pouvait être une question de point de vue.
Les routes en ruine ne sont pas une opinion. Ce sont des faits. Les écoles sans enseignants ne sont pas une opinion. Ce sont des faits. Les hôpitaux sans médecins ne sont pas une opinion. Ce sont des faits. La pauvreté généralisée n’est pas une opinion. C’est un fait.
Touadéra refuse de voir la réalité. Ou plutôt, il refuse de l’admettre. Parce qu’admettre l’échec de son bilan, c’est admettre qu’il n’a aucune raison légitime de se représenter. Alors il s’invente un autre récit. Un récit où la Centrafrique était un “État failli” en 2016 et où, grâce à lui, le pays a été redressé.
Redressé comment ? Avec quels résultats concrets ? Touadéra ne le dit pas. Il se contente de formules creuses. “Nous avons progressé”. “Le pays relève la tête”. “Il faut continuer”. Des mots vides qui ne correspondent à aucune réalité vécue par les Centrafricains.
La vérité, c’est que Touadéra a échoué. Sur tous les plans. Économiquement, le pays est au même point qu’en 2016. Peut-être même pire. Socialement, les inégalités se sont creusées. Sécuritairement, des pans entiers du territoire sont contrôlés par des Mercenaires russes de Wagner. Politiquement, les libertés ont reculé. Les journalistes sont intimidés. Les opposants sont arrêtés. La société civile est muselée.
Et maintenant, Touadéra veut un troisième mandat. Pour faire quoi ? Pour continuer à échouer pendant cinq ans de plus ? Pour continuer à enrichir son entourage pendant que le peuple meurt de faim ? Pour continuer à vendre le pays aux Russes ?
Il invoque “la volonté du peuple”. Il parle de “marches” et de “demandes” venues de la population. C’est vraiment pathétique cet homme.
Il n’y en a pas. Parce qu’elles n’existent pas. Ce que Touadéra appelle “la volonté du peuple” n’est rien d’autre que la volonté de son parti. La volonté de ses conseillers. La volonté de Wagner. La volonté de tous ceux qui profitent de son pouvoir et qui veulent continuer à en profiter.
Le vrai peuple centrafricain, lui, n’a rien demandé. Le vrai peuple centrafricain souffre. Il a faim. Il est malade. Il n’a pas d’école pour ses enfants. Il n’a pas d’hôpital quand il est malade. Il n’a pas de routes pour transporter ses marchandises. Il n’a pas de travail. Il n’a pas d’avenir.
Le vrai peuple centrafricain ne demande pas à Touadéra de continuer. Il demande à Touadéra de partir. De laisser la place à quelqu’un d’autre. À quelqu’un qui aura peut-être de meilleures idées. De meilleurs résultats. De meilleures intentions.
Mais Touadéra refuse de partir. Il s’accroche au pouvoir. Il viole la constitution. Il manipule les institutions. Il organise des meetings bidons. Il s’invente un peuple reconnaissant. Et il vient à la télévision internationale raconter ses mensonges.
L’idée d’un peuple “reconnaissant” est devenue son principal argument. Son seul argument. Parce qu’il n’a rien d’autre. Pas de routes à inaugurer. Pas d’écoles à montrer. Pas d’hôpitaux à visiter. Pas d’usines à ouvrir. Pas d’emplois à créer. Rien.
À trois mois des Élections prévues le 28 décembre 2025, le pouvoir en place, dirigé par Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro manipule les règles pour imposer un scrutin taillé sur mesure. Dans l’émission Patara du samedi 27 septembre 2025 sur la radio Ndèkè -Luka, Joseph Bindoumi et Chantal Touabéna ont démonté point par point la fraude électorale organisée par l’Autorité Nationale des Élections (ANE), instrument du régime Touadéra.
Joseph Bindoumi, président du réseau Arc-en-ciel, a dénoncé la violation claire du code électoral par l’ANE, qui refuse d’afficher publiquement les listes alors que l’article 19, alinéa 2 l’impose sans ambiguïté. « Ce sont des choses graves », a-t-il martelé, soulignant que l’ANE invente des prétextes mensongers pour cacher son forfait : « Vous ne pouvez pas dire que comme ils ont fait l’objet de révision, il faut attendre l’année prochaine ». En supprimant l’affichage obligatoire, l’ANE ouvre volontairement la porte à des irrégularités massives.
Chantal Touabéna, présidente des femmes leader Aouline, a qualifié cette manœuvre de supercherie pure et simple : « Envoyer les gens vérifier le fichier électoral sur Internet, ce n’est pas possible pour tout le monde ». Elle rappelle que les populations rurales, de Pavoie aux communes les plus enclavées, n’ont aucun accès à ces outils numériques. L’ANE a volontairement écarté des millions de Centrafricains, préparant une élection réservée à une minorité contrôlée par le pouvoir. « Moi, en tant que citoyenne, je veux voir mon nom affiché et vérifier si exactement mon nom y figure », a-t-elle insisté.
En foulant aux pieds la loi, l’ANE ne se comporte plus comme une institution neutre, mais comme la machine électorale du régime. Le pouvoir de Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro fabrique un scrutin frauduleux qui ne repose plus sur la volonté populaire mais sur la manipulation et l’exclusion. Ces Élections sont préparées non pour renforcer la démocratie, mais pour confisquer la souveraineté du peuple centrafricain.
Accord de paix centrafricain : quand la diplomatie ignore les vraies blessures
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/rebelles-upc-ali-darassa.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les rebelles de l’UPC du général Ali Darassa lors de leurs désarmements à Maloum
L’accord de paix centrafricain signé à N’Djaména cache les fractures ethniques et économiques du pays.
L’accord de paix centrafricain paraphé le 19 avril 2025 entre Bangui et les groupes armés 3R et UPC est un exemple parfait de l’art de soigner les apparences sans toucher au fond. Ce document, négocié sous médiation tchadienne, promet cessez-le-feu, désarmement et intégration des rebelles dans l’armée nationale. Une recette éprouvée qui a déjà échoué plusieurs fois dans ce pays meurtri par des décennies de violences.
Les termes de cet accord de paix centrafricain suivent un schéma prévisible. Cantonnement des combattants en trois mois, désarmement en quinze jours, transformation des chefs de guerre en officiers respectables. Ces mesures techniques occultent volontairement les véritables moteurs du conflit : les rivalités ethniques et la course aux ressources naturelles qui déchirent la société centrafricaine depuis l’indépendance.
Les tensions communautaires ne figurent nulle part dans ce texte consensuel. Pourtant, l’antagonisme entre Peuls, chrétiens et musulmans alimente directement les recrutements des groupes armés. Ces fractures identitaires, entretenues par des générations de politiciens opportunistes, nécessitent un travail de réconciliation de longue haleine. L’accord de paix centrafricain de Ndjamena préfère ignorer cette réalité dérangeante pour se concentrer sur des aspects plus facilement négociables.
La dimension économique du conflit disparaît également des radars diplomatiques. Les 3R ne contrôlent pas l’Ouham-Pendé par idéalisme mais pour exploiter les mines d’or près de Bozoum et ailleurs. L’UPC domine certaines zones de la Basse-Kotto et de la Haute-Kotto pour les mêmes raisons prosaïques. Ces groupes fonctionnent comme des entreprises mafieuses dont la violence constitue le principal outil commercial. Leur transformation en gardiens de l’ordre public relève de la pensée magique.
L’intégration promise aux leaders rebelles dans les institutions traduit une conception archaïque de la paix. Cette politique du partage du gâteau entre élites armées récompense la rébellion et décourage l’engagement démocratique. Elle perpétue un système où seule la force ouvre les portes du pouvoir, condamnant le pays à revivre indéfiniment les mêmes tragédies sous des formes légèrement différentes.
Le calendrier fixé par les négociateurs révèle leur déconnexion du terrain. Comment cantonner des milliers de combattants dispersés sur un territoire immense quand l’État centrafricain peine à sécuriser sa propre capitale ? Comment organiser un désarmement crédible sans moyens logistiques ni garanties sécuritaires ? Ces questions pratiques, pourtant essentielles, ne trouvent aucune réponse satisfaisante dans le document final.
L’histoire centrafricaine regorge d’accords similaires qui ont produit des trêves temporaires avant que les violences ne reprennent avec une intensité renouvelée. Chaque cycle de négociations reproduit les mêmes erreurs : privilégier l’urgence sur la durée, les élites sur les populations, les symptômes sur les causes. Cette approche cosmétique satisfait les chancelleries occidentales sans résoudre les problèmes de fond.
La médiation tchadienne, bien qu’appréciable par son pragmatisme régional, ne peut suppléer aux carences de vision des protagonistes principaux. N’Djaména dispose certes d’une influence sur les groupes armés centrafricains, mais cette influence reste limitée face à des dynamiques internes complexes que seuls les Centrafricains peuvent dénouer.
Les défis structurels demeurent intacts. Comment construire une identité nationale inclusive dans un pays fragmenté ethniquement ? Comment redistribuer équitablement des richesses naturelles considérables mais mal gérées ? Comment édifier des institutions crédibles après des décennies de prédation ? L’accord de paix centrafricain esquive ces interrogations fondamentales pour se cantonner dans l’immédiat et le superficiel.
Cette fuite en avant diplomatique condamne la Centrafrique à reproduire mécaniquement le même scénario : signature d’accords en grande pompe, mise en œuvre chaotique, retour progressif aux violences. Les populations civiles, otages de ces jeux d’élites, continuent de payer le prix fort d’une instabilité organisée par ceux-là mêmes qui prétendent la combattre.
L’accord de paix centrafricain signé à N’Djaména ne constitue qu’un nouvel épisode de cette tragédie à répétition. Sans courage politique pour s’attaquer aux racines du mal, sans vision à long terme pour réconcilier les communautés, sans stratégie économique pour partager les richesses, ce document rejoindra bientôt la longue liste des occasions manquées qui jalonnent l’histoire mouvementée de ce pays au potentiel immense mais constamment gâché….
Germain Nadjibe, candidat de la « Conquête inclusive du bonheur » , sort son dernier joker pour le problème économique du pays. Comment ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/germain-nadjibe-president-du-mouvement-Politique-conquete-inclusive-du-bonheur.jpg” data-wpel-link=”internal”>Germain Nadjibe, président du mouvement Politique « Conquête inclusive du bonheur ».
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Germain Nadjibe s’attaque maintenant à l’économie centrafricaine. Le candidat de la « Conquête inclusive du bonheur » promet de résoudre la hausse des prix qui étouffe les ménages. Ses recettes restent pourtant bien vagues.
Germain Nadjibe diagnostique le problème : « Le circuit de distribution est très mal organisé ». Il dénonce les monopoleurs et la spéculation. Ses observations ne surprennent personne. Tous les Centrafricains savent que les intermédiaires s’enrichissent pendant que les consommateurs paient toujours plus cher. Mais identifier un problème connu de tous ne constitue pas une solution.
Sa proposition se résume à « réorganiser le circuit de distribution avec efficacité ». Comment ? Mystère total. Quelles mesures concrètes ? Quel budget ? Quels partenaires financiers ? Germain Nadjibe reste muet sur l’essentiel. Il se contente de promettre qu’il va « réduire toutes ces difficultés » sans expliquer par quels moyens.
L’homme mise sur sa proximité avec les acteurs du secteur informel. Il rencontre les « Koli et wali gara » et les « Boubanguéré » pour les sensibiliser à « la nécessité de s’organiser ». Cette approche montre une méconnaissance profonde des mécanismes économiques. Comment des discussions informelles avec quelques commerçants peuvent-elles transformer un système économique national ?
La naïveté de son approche interpelle. Nadjibe semble croire qu’une simple réorganisation du circuit de distribution résoudra l’inflation. Il ignore les causes structurelles : mauvais état des routes, coût du transport, taxes multiples, faiblesse de la production locale, dépendance aux importations. Ces facteurs nécessitent des investissements massifs et des réformes profondes qu’un simple réaménagement commercial ne saurait corriger.
Son plan manque cruellement de substance technique. Aucune étude économique, aucun chiffrage, aucune timeline. Comment compte-t-il financer cette réorganisation ? Quelles institutions solliciter ? Quels partenaires internationaux mobiliser ? Le silence sur ces questions pratiques trahit l’amateurisme de sa démarche.
D’autres questions surgissent naturellement. Pourquoi les commerçants accepteraient-ils de réduire leurs marges sur sa simple demande ? Comment imposer une discipline collective dans un secteur traditionnellement individualiste ? Quels mécanismes de contrôle mettre en place ? Germain Nadjibe n’apporte aucune réponse convaincante.
Cette approche simpliste des enjeux économiques inquiète. L’économie centrafricaine nécessite des réformes structurelles, des investissements considérables et une expertise technique pointue. Les belles paroles sur l’organisation des commerçants ne créeront ni emplois ni richesses. Elles ne réduiront pas non plus le coût de la vie.
Au bout du compte, les promesses économiques de Germain Nadjibe ressemblent à ses autres engagements : beaucoup de mots pour peu de substance. Les Centrafricains qui peinent à boucler leurs fins de mois méritent mieux que des discussions de marché. Ils ont besoin de politiques économiques cohérentes, chiffrées et réalisables. Le candidat de la « Conquête inclusive du bonheur » n’en propose aucune.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le gouvernement vient d’ajouter un nouveau chapitre à son catalogue de promesses irréelles. Dans sa conférence de presse, le porte-parole Maxime Balalou a présenté la télévision numérique terrestre (TNT) comme une « révolution » qui garantirait à chaque citoyen centrafricain l’accès universel à l’information. Le projet est annoncé à hauteur de 28 millions de dollars, mais son discours montre surtout une propagande maladroite et grossière, à la limite de la folie.
Selon Balalou, le numérique serait désormais « au cœur du dispositif » du Plan national de développement (PND). Il a promis que la TNT allait bouleverser le paysage médiatique, offrir « de nouveaux audits » et permettre à chaque citoyen, où qu’il vive, de regarder la télévision et d’écouter la radio. Une déclaration qui frôle l’indécence dans un pays où l’électricité reste rare, où des villes entières n’ont même pas de réseau stable, et où la majorité de la population survit sans accès aux services publics de base.
En présentant ce chantier comme un « projet révolutionnaire », le ministre a tenté de convaincre que la communication est devenue la clé de voûte du PND. Il a même pris en exemple la retransmission en direct de la table ronde de Casablanca pour montrer « la force de la communication ». Mais derrière ces effets d’annonce, chacun sait que cette prétendue révolution numérique n’est rien d’autre qu’une mise en scène politique. La priorité du gouvernement n’est pas de rapprocher l’information des citoyens, mais de contrôler le message, d’imposer sa propagande à grande échelle et de maquiller son inaction.
Balalou est allé jusqu’à affirmer que la TNT ouvrirait la voie à « une participation plus active des citoyens à la vie publique et économique ». Comment peut-on sérieusement parler de participation citoyenne quand la liberté d’expression est constamment menacée, quand les journalistes sont intimidés et quand les médias publics servent uniquement de caisse de résonance pour le pouvoir ? La TNT, loin d’être un outil d’ouverture, risque de devenir l’arme parfaite pour verrouiller encore davantage l’espace médiatique.
Le ministre a présenté ce projet comme un investissement stratégique de 28 millions de dollars, mais aucune explication claire n’a été donnée sur sa faisabilité technique, ni sur la capacité réelle du gouvernement à assurer sa mise en œuvre. Les Centrafricains n’ont pas oublié les promesses précédentes : 5 000 forages jamais construits, un aéroport moderne au PK-28 encore à l’état de rêve, et une cité futuriste sur l’île des Singes transformée en mirage électoral. Aujourd’hui, c’est la TNT qui est brandie comme une nouvelle vitrine, mais rien ne garantit que ce projet dépasse le stade des discours.
Cette mise en scène démontre à quel point la communication officielle est déconnectée de la réalité. Alors que la population attend des solutions concrètes à la crise sécuritaire, au chômage, à la pauvreté et à l’absence de services de base, le gouvernement préfère se vanter d’un projet technique de 28 millions de dollars, qui n’aura sans doute d’impact que sur les écrans de propagande.
En répétant que « la TNT révolutionnera le paysage médiatique », Balalou croit sans doute convaincre que le pays avance. En réalité, il illustre le fossé grandissant entre les annonces officielles et la vie quotidienne des Centrafricains. Cette nouvelle promesse rejoint la longue liste des illusions fabriquées pour distraire, manipuler et préparer les Élections. La propagande atteint désormais des sommets de folie. Et ceux qui portent ce discours semblent bel et bien être, comme le disent les Centrafricains, « nés avant la honte ».
Avec la croissance rapide de l’accès numérique, la sécurité en ligne est devenue un enjeu pressant pour les utilisateurs africains. Chaque jour, des millions de personnes se connectent pour travailler, apprendre ou effectuer des transactions, laissant des traces numériques précieuses.
La diversité des usages, du commerce électronique à la communication privée, expose désormais les internautes à des risques croissants de fraude, de vol d’identité et d’arnaques. Comprendre la valeur des données personnelles, adopter des pratiques sécurisées et promouvoir une culture collective de la protection numérique sont indispensables pour accompagner ce développement numérique en toute confiance.
La montée du numérique et les défis de la confiance
Les services connectés en Afrique s’inspirent parfois d’industries à forte exigence technologique, notamment des plateformes de jeux et de paris en ligne qui illustrent la question du contrôle d’identité, des paiements sécurisés et de la gestion des données financières.
Dans le secteur du casino en ligne, la vérification KYC (Know Your Customer) est souvent perçue comme un équilibre entre transparence et respect de la vie privée. Les opérateurs mettent en œuvre des processus rigoureux pour sécuriser les transactions, réduire la fraude et maintenir la confiance de l’utilisateur.
Pour l’Afrique, cette approche illustre comment la régulation de l’identité numérique peut être adaptée à divers domaines tout en maintenant un haut niveau de fiabilité technologique. De plus, des politiques inspirées de ces modèles favorisent la création de plateformes locales plus sûres et dignes de confiance.
La majorité des connexions africaines se font via le téléphone portable, rendant sa sécurité critique. Trois éléments dominent : la prudence dans l’installation d’applications, le contrôle des autorisations et la mise à jour régulière des logiciels. Les utilisateurs se fient souvent à des liens ou téléchargements non vérifiés, ouvrant la porte aux cyberattaques.
La responsabilité individuelle devient alors une mesure de défense essentielle. Des comportements simples, comme vérifier les sources des messages ou activer la double authentification, préviennent une grande partie des risques.
Dans certains contextes urbains, la montée du paiement mobile a renforcé cette prise de conscience : protéger ses identifiants revient à protéger ses finances. Mais l’éducation aux bonnes pratiques doit aussi se diffuser dans les zones rurales, où l’enthousiasme pour les innovations technologiques dépasse souvent la connaissance des menaces numériques.
La confiance des consommateurs et l’innovation africaine
Les start-up africaines jouent un rôle déterminant dans la protection des utilisateurs. En développant des solutions de chiffrement, des outils de gestion d’identité ou des systèmes d’authentification biométrique, elles appliquent la technologie locale à des besoins spécifiques du continent. Cette innovation renforce la confiance du consommateur, pilier fondamental du commerce en ligne.
L’intégration de protocoles de sécurité dès la conception des plateformes devient une tendance affirmée, influencée par les modèles adoptés dans les fintech internationales. Par ailleurs, la collaboration entre États, incubateurs et universités stimule une recherche appliquée sur la cybersécurité, adaptée aux réalités africaines.
Dans ce contexte, la sécurité n’est plus un simple service additionnel mais une caractéristique centrale de la croissance numérique. Plus les entreprises considèrent la protection des données comme une valeur ajoutée, plus l’écosystème digital se renforce et s’ouvre à la confiance régionale.
Jeux en ligne, transactions et responsabilité partagée
Les plateformes de divertissement numérique, notamment celles liées aux jeux, illustrent la nécessité d’un équilibre entre fluidité d’usage et sécurité des comptes. Les opérateurs doivent garantir des transactions protégées, éviter la manipulation des résultats et prévenir l’usage frauduleux des moyens de paiement.
Dans les milieux urbains africains, ces services connaissent un essor rapide, souvent accompagné d’un encadrement juridique variable. Comprendre la mécanique derrière les protocoles de sécurisation permet aux utilisateurs de mieux juger la fiabilité d’un service.
La généralisation de technologies de vérification automatisée, proche de celles utilisées dans d’autres industries, démontre l’importance de la responsabilité partagée : les entreprises assurent la protection technique, tandis que les usagers restent vigilants face aux manipulations sociales. À travers cet équilibre, la confiance numérique s’étend bien au-delà du jeu, irrigant toute la sphère en ligne africaine.
Une lettre adressée aux principaux partenaires internationaux, et signée par des proches conseillers d’Anicet-George Dologuélé, signale un risque de dérive dans le processus électoral centrafricain. Le document évoque des démarches administratives pouvant empêcher l’ancien Premier ministre de participer à la présidentielle de 2025, malgré sa renonciation formelle à toute nationalité étrangère conformément à la Constitution de 2023. Les signataires demandent une réaction rapide des institutions internationales afin de garantir la transparence des décisions liées aux candidatures.
Voici l’intégralité de la lettre ci-dessous :
LETTRE AUX PARTENAIRES INTERNATIONAUX CONCERNANT UNE PROBABLE DANGEUREUSE DERIVE DU PROCESSUS ELECTORAL EN CENTRAFRIQUE
À:
Monsieur le Président de la République française / Madame la Ministre des Affaires étrangères,
Monsieur le Secrétaire d’État (ou Secrétaire) aux Affaires étrangères des États-Unis,
Madame la Présidente de la Commission européenne, Monsieur le Haut Représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité,
Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,
Monsieur le Secrétaire général des Nations unies,
Monsieur le Président de la Banque mondiale, Madame la Directrice générale du FMI,
Madame la Présidente de la Commission de la CEMAC / du Conseil de la CEEAC,
Monsieur/Madame le/la Représentant(e) du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme,
Organisations internationales et ONG partenaires (Amnesty International, Human Rights Watch, International Crisis Group),
Objet: Alerte urgente — tentative d’exclusion politique de M. Anicet-George DOLOGUÉLÉ (RCA) — demande d’intervention, de pression diplomatique et de mesures conditionnelles
Excellences, Mesdames, Messieurs,
Nous nous adressons à vous en urgence et avec la plus grande gravité au nom de la démocratie, de l’état de droit et du respect des libertés politiques en République centrafricaine (RCA).
Résumé du cas.
Anicet-George DOLOGUÉLÉ, ancien Premier ministre, ancien ministre des Finances, dirigeant politique reconnu et député en exercice, est né de parents centrafricains et a longtemps servi la République centrafricaine dans des fonctions d’État et régionales.
Pour se conformer aux dispositions de la Constitution de la VIIᵉ République (30 août 2023) exigeant la nationalité exclusive pour prétendre à la magistrature suprême, M. Dologuélé a formellement renoncé à sa nationalité française. Malgré ce geste de conformité, des autorités et acteurs administratifs de Bangui cherchent à l’écarter de la course présidentielle 2025 par des arguments purement administratifs des interprétations sélectives et futiles du droit de la nationalité.
Notre appréciation.
Au regard des textes (Constitution 2023, Code de la nationalité, conventions, etc.) et des faits avérés — naissance centrafricaine, renonciation à toute nationalité étrangère, absence de décret officiel constatant une perte de nationalité centrafricaine — toute tentative d’invalidation de sa candidature relève d’une instrumentalisation politique des procédures administratives. Un tel acte serait une rupture du pluralisme politique et porterait atteinte aux standards internationaux de gouvernance démocratique pour lesquels vos pays et vos institutions portent une responsabilité morale et politique.
Face à cette situation qui menace la tenue d’Élections libres, inclusives, équitables et crédibles, nous sollicitons solennellement que vous mettiez en œuvre, sans délai, les actions suivantes:
Déclaration publique conjointe (immédiate) — Exhortez les autorités centrafricaines à garantir l’égalité d’accès aux Élections et à s’abstenir de toute décision administrative visant à empêcher la participation de candidats remplissant les conditions constitutionnelles. Une déclaration forte des grandes démocraties et des institutions multilatérales aura un effet dissuasif immédiat.
Observation renforcée et demande de transparence — Demandez, à titre d’observateur indépendant, l’accès total et immédiat aux dossiers administratifs et judiciaires relatifs à la nationalité, aux candidatures et à tout arrêté visant la disqualification d’un candidat; demandez la publication intégrale de tout décret ou décision administrative invoquée.
Missions d’enquête / observation électorale — Soutenez et déployez une mission conjointe d’observation/mission d’évaluation du respect des standards (Union africaine, CEDEAO/ECCAS/CEMAC, ONU, UE) pour garantir l’impartialité du processus.
Pression diplomatique coordonnée — Engagez, en coordination multilatérale, un canal de dialogue avec les autorités de Bangui pour exiger que toute contestation de candidature soit traitée exclusivement par les voies juridictionnelles compétentes, conformément à la Constitution, et non par simples manœuvres administratives.
Si malgré ces démarches la candidature de M. Dologuéle est invalidée pour des motifs administratifs ou politiques manifestement infondés, nous demandons que la communauté internationale mette en œuvre des mesures restrictives ciblées, comprenant notamment:
Sanctions individuelles ciblées: gel des avoirs et blocage des comptes bancaires à l’étranger des responsables centrafricains directement impliqués, interdiction de visa pour eux et leurs proches directs sur le territoire des États membres signataires.
Suspension ou révision conditionnelle de l’aide budgétaire et financière.
Sanctions économiques ciblées.
Mesures de suspension de coopération sécuritaire.
Mesures diplomatiques d’isolement.
Nous sommes conscients que des sanctions peuvent avoir des effets économiques et sociaux sur la population. C’est pourquoi nous privilégions des mesures ciblées visant les responsables, et non des embargos généralisés.
Cependant, l’absence d’action face à un détournement du processus démocratique aurait, à moyen terme, des conséquences encore plus graves: perte de confiance des investisseurs, réduction de l’aide multilatérale, isolement diplomatique, et une crise économique prolongée.
Nous vous demandons, Excellences, Mesdames et Messieurs, de considérer la présente comme un appel solennel et urgent. Le silence des grandes démocraties sera interprété comme une complicité et brisera la confiance dans les valeurs démocratiques dont vous êtes les défenseurs.
Nous proposons immédiatement:
Une déclaration publique conjointe dans les heures avenir, après reception de ce courrier;
Un canal diplomatique pour exiger la communication de tout acte administratif relatif à la nationalité et aux candidatures;
L’activation d’un mécanisme de sanctions graduelles si l’invalidation est confirmée par des motifs arbitraires.
Veuillez agréer, Excellences, Mesdames et Messieurs, l’expression de notre haute considération.
Plainte à la CPI : une riposte gouvernementale sans crédibilité. Entretien avec le Dr Cyriaque Gazagbaya
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/A-gauche-monsieur-Karim-Khan-procureur-de-la-Cour-Penale-Internationale-et-a-droite-Professeur-Faustin-Archange-TOUADERA-President-de-la-Republique-Centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>A gauche monsieur Karim Khan procureur de la Cour Pénale Internationale et à droite Professeur Faustin Archange TOUADERA Président de la République Centrafricaine
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 27 octobre, le ministère de la Justice a publié un communiqué en réponse à la plainte déposée à la CPI contre le président Touadéra et certains membres du gouvernement. Le texte, long de plusieurs pages, rejette les accusations, accuse les auteurs de la saisine de “manipulation politique” et vante la justice nationale. Une position jugée “pathétique” par plusieurs juristes, qui y voient une tentative d’étouffer la vérité. Le politologue Dr Cyriaque Gazagbaya livre ici son analyse.
CNC : Bonjour, Dr Gazagbaya. Le ministère de la Justice a publié un long communiqué dénonçant la plainte déposée devant la Cour pénale internationale (CPI) par le collectif des Douze Apôtres. Quelle première impression ce texte vous laisse-t-il ?
Dr Cyriaque Gazagbaya : Franchement, ce communiqué ressemble à une justification politique plus qu’à une réponse juridique. Le ministère tente de défendre l’indéfendable : il parle de souveraineté judiciaire alors que la justice centrafricaine ne peut, dans les faits, ni enquêter ni juger le président de la République et ses proches. C’est une manœuvre classique pour détourner l’attention, sans jamais répondre au fond des accusations.
CNC : Le gouvernement affirme que la justice nationale est “pleinement compétente” et que la Cour pénale spéciale suffit. Est-ce exact ?
Dr Gazagbaya : Non, pas du tout. La Cour pénale spéciale (CPS) ne peut pas juger le chef de l’État, ni ses ministres en fonction. Elle est limitée à certains crimes commis par des groupes armés, pas aux crimes d’État. Or, la plainte à la CPI vise précisément des crimes commis par les autorités elles-mêmes, avec le concours de forces étrangères. C’est donc une affaire qui dépasse totalement la compétence de la CPS.
CNC : Le communiqué évoque une “cabale médiatique orchestrée depuis l’étranger”.
Dr Gazagbaya : C’est une expression politique, pas juridique. La CPI accepte les communications venant de tout individu ou organisation qui détient des informations crédibles sur des crimes graves. Parler de cabale, c’est chercher à intimider les plaignants et à diaboliser la diaspora. C’est aussi oublier que la majorité des victimes vivent encore dans la peur à Bangui et ne peuvent pas parler librement.
CNC : Le ministère assure que les juridictions nationales sont actives et que les crimes graves sont déjà poursuivis.
Dr Gazagbaya : C’est faux. Prenons un seul exemple : le cas d’Assane Bouba, arrêté en novembre 2021, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, puis libéré quelques jours plus tard. Aujourd’hui, il est membre du gouvernement. Si la justice nationale était indépendante, cette situation serait impossible. Ce cas illustre parfaitement la protection politique accordée à certains responsables.
CNC : Le communiqué met aussi en cause l’avocat Philippe Larochelle, qu’il présente comme défenseur des groupes armés.
Dr Gazagbaya : Là encore, on détourne le débat. Me Larochelle agit en avocat, pas en chef de rébellion. Le droit international reconnaît à toute victime ou organisation le droit de mandater un avocat pour saisir la CPI. L’attaquer personnellement montre la nervosité du régime. Quand un gouvernement commence à insulter les avocats au lieu de contester les preuves, c’est qu’il n’a plus d’arguments.
CNC : Le ministère promet de “punir les auteurs d’incitation à la haine et à la révolte”.
Dr Gazagbaya : Ce passage est révélateur. Le pouvoir ne parle pas des massacres, des exécutions ou des disparitions forcées ; il parle d’“incitation”. C’est une inversion totale des priorités. En réalité, cette menace vise à faire taire toute voix critique. Dans un pays où la justice est sous contrôle du pouvoir et de ses alliés étrangers, ce genre de phrase annonce souvent des arrestations arbitraires.
CNC : Le gouvernement réaffirme sa “coopération exemplaire” avec la CPI.
Dr Gazagbaya : La coopération ne se mesure pas avec des mots mais avec des actes. Où sont les transmissions de dossiers, les demandes d’entraide, les procès des responsables ? Aucun haut fonctionnaire ni ministre n’a jamais été inquiété. Les seules procédures visent des opposants ou des chefs rebelles. La justice nationale sert de bouclier, pas de garde-fou.
CNC : Certains estiment que la saisine de la CPI fragilise la paix sociale.
Dr Gazagbaya : La paix sans justice est une illusion. Tant que les auteurs des crimes les plus graves resteront protégés, aucune réconciliation n’est possible. Le rôle de la CPI, c’est justement de garantir une justice là où les tribunaux nationaux sont soumis au pouvoir exécutif. En Centrafrique, ce n’est un secret pour personne : la justice est sous tutelle politique et, désormais, militaire.
CNC : Vous voulez dire qu’il est impossible que la CPS juge un jour le président ?
Dr Gazagbaya : C’est juridiquement et politiquement impossible. Le président Touadéra contrôle le Conseil supérieur de la magistrature, le parquet et la police judiciaire. Aucune procédure ne peut aboutir sans son aval. Parler de “justice nationale” dans ce contexte relève de la fiction. Le régime se cache derrière des institutions paralysées pour échapper à la justice internationale.
CNC : En conclusion, comment interprétez-vous cette sortie du ministère ?
Dr Gazagbaya : C’est une réaction de panique. Le gouvernement sait que la plainte touche le cœur du système : les exactions commises sous couvert de sécurité nationale. Au lieu de répondre point par point, il brandit la souveraineté pour détourner le débat. Mais le droit international est clair : lorsqu’un État protège ses auteurs de crimes graves, la CPI devient compétente. Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui en Centrafrique.
CNC : Dr Gazagbaya , CNC vous remercie vivement de votre analyse jugée très pertinente pour les centrafricains.
Dr Gazagbaya : c’est à moi de vous remercie madame la journaliste.
Entretien réalisé par le journaliste Gisèle MOLOMA, responsable de service d’investigation du CNC.
ACFPE : la ministre Annie-Michelle Mouanga retire discrètement le dossier de recrutement après avoir découvert que sa sœur Renée Bimbo n’a qu’une licence alors qu’elle avait exigé un master dans le profil
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/la-directrice-generale-de-l-acfpe-madame-renee-bimbo.jpg” data-wpel-link=”internal”>La Directrice générale de l’ACFPE, Madame Renée Bimbo
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La comédie continue à l’ACFPE. Mais cette fois, elle prend une tournure encore plus grotesque. Après avoir taillé sur mesure un appel à candidature pour sa petite sœur Renée Bimbo, après avoir truqué les termes de référence pour éliminer tous les autres candidats potentiels, après avoir confié le dossier au cabinet CIFOM pour donner un vernis de légitimité à cette parodie, la ministre du Travail Annie Michelle Mouanga vient de réaliser qu’elle a fait une grosse erreur. Une erreur qui pourrait tout faire capoter.
Dans le profil qu’elle a soigneusement concocté pour sa sœur Renée Bimbo, elle a exigé un diplôme de master. BAC+5. Obligatoire. Le problème ? Sa petite sœur Renée Bimbo n’a qu’une licence. Une simple licence en ressources humaines obtenue quelque part dans une école dont personne ne connaît vraiment la valeur. Pas de master. Rien. Alors maintenant, panique à bord. La ministre a discrètement retiré le dossier de recrutement auprès du cabinet CIFOM. Sans explication. Sans communication officielle. Juste comme ça. Et selon les informations concordantes qui nous parviennent du ministère du Travail, Renée Bimbo est actuellement en train de chercher désespérément un master. Vite fait. Dans une école privée. Une de ces écoles où tu payes, tu ne vas jamais en cours, et à la fin de l’année, tu reçois ton diplôme. Tout le monde connaît le système. Parce qu’il faut un master. Pour mettre dans le dossier. Pour sauver la face. Pour continuer la manipulation. Bienvenue dans la Centrafrique de Touadéra, où les ministres fabriquent des diplômes pour leurs sœurs comme on fabrique des faux bulletins de vote.
Rappelons comment nous en sommes arrivés là. Il y a plus d’un an, Annie Michelle Mouanga a placé sa petite sœur Renée Bimbo comme directrice générale par intérim de l’ACFPE. Sans processus de sélection. Sans consultation. Juste un placement familial assumé, tranquille, comme si c’était la chose la plus normale du monde.
Renée Bimbo n’avait qu’une licence en ressources humaines. Pas une grande expérience. Pas un parcours exceptionnel. Mais elle avait le meilleur atout possible : une grande sœur ministre qui pouvait la placer où elle voulait.
Après l’avoir installée comme intérimaire, la ministre a décidé de régulariser la situation. Il fallait transformer l’intérim en nomination définitive. Mais il fallait faire semblant de respecter les procédures. Alors elle a lancé un appel à candidature pour recruter un directeur général titulaire.
Sauf que cet appel était truqué de A à Z. Les termes de référence étaient taillés sur mesure pour Renée Bimbo. Les critères écartaient délibérément tous les autres candidats potentiels. Âge entre 45 et 55 ans. Au moins 10 ans d’expérience professionnelle. Au moins 1 an à un poste de directeur général. Et surtout, un diplôme BAC+5, c’est-à-dire un master.
Tous ces critères correspondaient parfaitement au profil de Renée Bimbo. Enfin, presque. Parce que voilà, il y avait ce petit détail du master. Ce diplôme BAC+5 que la ministre avait exigé dans le profil. Ce master que Renée Bimbo n’a pas.
La ministre a confié le dossier de recrutement au cabinet CIFOM. Ce cabinet était censé gérer le processus, recevoir les candidatures, faire les entretiens, sélectionner le meilleur candidat. Tout ça dans la transparence, bien sûr. Avec professionnalisme. Avec sérieux.
Mais au ministère du Travail, des cadres supérieurs ont commencé à se poser des questions. Ils ont regardé le profil exigé. Ils ont regardé le CV de Renée Bimbo. Et ils ont réalisé le problème : la directrice par intérim n’a qu’une licence. Pas de master. Comment va-t-elle postuler à un poste qui exige un master si elle n’a qu’une licence ?
La nouvelle est remontée jusqu’à la ministre Annie-Michelle Mouanga. Panique. La manipulation était sur le point d’être découverte. Parce que si Renée Bimbo postulait sans master, tout le monde verrait qu’elle ne remplissait pas les critères. Et si elle ne postulait pas, tout l’appel à candidature devenait inutile puisque l’objectif était de la recruter.
Alors la ministre Annie-Michelle Mouanga a pris une décision radicale : elle a discrètement retiré le dossier auprès du cabinet CIFOM. Personne ne sait exactement où ce dossier est maintenant. Peut-être dans un tiroir du ministère. Peut-être détruit. Peut-être en train d’être refait. Mais une chose est sûre : il a été retiré.
Et maintenant, selon les informations que nous recevons de sources concordantes au ministère du Travail, Renée Bimbo est en train de chercher un master. Rapidement. Dans une école privée. Une de ces écoles où l’argent fait tout.
Parce qu’il faut comprendre comment ça marche. Pour passer d’une licence à un master, il faut normalement deux ans. Master 1, puis Master 2. Deux années d’études. Des cours. Des examens. Des mémoires. C’est le parcours normal.
Mais dans les établissements d’enseignement supérieur en Centrafrique, on peut court-circuiter tout ça. Tu payes. Tu ne vas jamais en cours. Et à la fin, on te donne ton diplôme. Tout le monde le sait. Tout le monde connaît le système. C’est comme ça que des députés qui n’ont jamais dépassé la classe de sixième se retrouvent avec des baccalauréats. C’est comme ça que des candidats à la présidentielle qui n’ont jamais mis les pieds dans un collège déposent des dossiers avec des licences auprès de l’ANE.
La nouvelle constitution de Touadéra exige un baccalauréat pour les candidats aux législatives et une licence pour les candidats à la présidentielle. Alors le MCU, le parti au pouvoir, a fabriqué des diplômes en masse. Lors des examens de baccalauréat des deux dernières années, c’était la pagaille. Des députés qui n’avaient jamais franchi la classe préparatoire deuxième année se sont retrouvés avec des baccalauréats. Avec mention. Écoutez bien : avec mention.
D’autres ont reçu leur baccalauréat sous la table. Sans passer l’examen. Juste comme ça. Parce qu’ils en avaient besoin pour se présenter aux Élections.
Pour la licence, c’est pareil. Des candidats à la présidentielle qui n’ont même pas terminé le collège ont déposé leurs dossiers avec des licences. On se demande où ils ont trouvé ces diplômes. La réponse est simple : dans des écoles privées qui les fabriquent sur commande.
Et maintenant, c’est le tour de Renée Bimbo. Elle a besoin d’un master. Rapidement. Pour pouvoir postuler au poste de directrice générale de l’ACFPE que sa sœur a taillé pour elle. Alors elle va aller dans une école privée. Elle va payer. Et dans quelques semaines, elle aura son master. Fraîchement imprimé. Avec un beau tampon. Et une belle signature.
Et personne ne posera de questions. Personne ne vérifiera si elle a vraiment suivi les cours. Personne ne demandera à voir ses notes. Personne ne contrôlera la légitimité de ce diplôme. Parce que dans ce pays, les diplômes ne servent qu’à remplir des dossiers. Ils ne reflètent aucune compétence réelle.
Ce n’est même pas nouveau dans l’entourage d’Annie Michelle Mouanga. Le chargé de mission de la ministre, ce faussaire notoire, Aristide OlivierGanabo était parti en France. Il n’a pas fait d’études. Il est revenu à Bangui. Il passait son temps à jouer au basket dans son quartier. Et puis un jour, Annie-Michelle Mouanga est nommée ministre du travail, elle l’a récupéré pour le nommer chargé de mission.
Mais il n’avait pas de diplôme. Alors il est allé voir Henri Koulayom, ce fameux “professeur” qui dirige une école privée et qui est maintenant président du conseil d’administration de l’ACFPE. Koulayom lui a fabriqué une licence. Rapidement. Le chargé de mission a déposé cette licence au ministère de la Fonction Publique. Et on l’a intégré. Comme ça. Sans vérification. Sans contrôle.
Voilà comment ça marche. Les diplômes se fabriquent. Les CV se gonflent. Les compétences s’inventent. Et tout le monde fait semblant de ne rien voir.
Alors maintenant, Renée Bimbo va suivre le même chemin. Elle va aller voir une école privée. Elle va payer pour un master. Elle va recevoir son diplôme sans jamais avoir suivi un seul cours. Et ensuite, elle va postuler au poste de directrice générale de l’ACFPE avec son beau master tout neuf.
La ministre Annie-Michelle Mouanga va alors relancer l’appel à candidature. Ou peut-être qu’elle va juste dire que le processus suit son cours normal. Le cabinet CIFOM va recevoir les candidatures. Renée Bimbo va postuler avec son master fraîchement fabriqué. Et miracle, elle va être sélectionnée. Parce que son profil correspond parfaitement aux critères. Critères qu’on avait taillés pour elle dès le départ.
Et Henri Koulayom, le président du conseil d’administration, va valider cette nomination. Il va signer les documents. Il va féliciter la nouvelle directrice générale. Et il va expliquer à tout le monde que c’était un processus transparent, professionnel, exemplaire.
Pendant ce temps, les employés de l’ACFPE continueront de subir. Ils ne seront toujours pas payés correctement. Leurs frais médicaux ne seront toujours pas remboursés. Leurs heures supplémentaires ne seront toujours pas honorées. Mais Renée Bimbo sera officiellement directrice générale. Avec un master. Un beau master fabriqué dans une école privée, ou peut-être à l’université de Miskine.
ACFPE : 22 millions FCFA détournés sur le budget communication du projet ICOMPETE
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/la-directrice-generale-de-par-interim-de-l-acfpe-madame-renee-bimbo.jpg” data-wpel-link=”internal”>La Directrice générale de par intérim de l’ACFPE, madame Renée Bimbo
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après avoir révélé le chaos organisationnel qui a conduit le recrutement des candidats du projet ICOMPETE à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE), Corbeau News-Centrafrique dévoile aujourd’hui les dessous financiers de ce scandale. Une enquête menée par notre équipe d’investigation montre qu’un détournement de 22 millions de francs CFA, destinés à la communication du projet, a été instrumenté par une véritable mafia impliquant le chargé de mission au ministère du Travail Aristide Ganabo, la directrice générale de l’ACFPE Renée Bimbo (sœur de la ministre du Travail), le directeur comptable de l’ACFPE et la cheffe de communication Mbalanga Evodie.
Dans notre précédent article, Corbeau News Centrafrique a exposé le désastre organisationnel du projet ICOMPETE, financé par la Banque mondiale pour former 2 000 jeunes déscolarisés. Ce projet qui devait être une bouée de sauvetage pour les jeunes centrafricains âgés de 18 à 25 ans a viré au cauchemar : délai de dépôt des candidatures réduit à moins d’une semaine, saisie monopolisée par Monga Aubin (directeur de la Formation) qui a transformé le processus en machine à cash (500 FCFA par fiche de candidat), affichage des listes le samedi à 11h pour une composition le dimanche, listes désorganisées sans ordre alphabétique avec des milliers d’omissions, et plus de 500 jeunes arrivés trop tard à cause d’une communication inexistante.
Aujourd’hui, notre investigation explique pourquoi cette communication a été si catastrophique : les 22 millions de francs CFA prévus pour sensibiliser les populations ont été purement et simplement détournés.
La première révélation choc de notre enquête concerne le profil de Mbalanga Evodie, cheffe de Service de la Communication du projet ICOMPETE. Cette dernière n’a aucune formation en communication. Mbalanga Evodie est diplômée en géographie.
Comment une géographe se retrouve-t-elle à diriger la communication d’un projet de plusieurs millions financé par la Banque mondiale ? La réponse tient en un nom : Aristide Ganabo, chargé de mission au ministère du Travail. C’est lui qui a imposé cette nomination.
Le projet ICOMPETE prévoyait un budget de 22 millions de francs CFA pour la communication. Cet argent devait financer :
– Une campagne intensive d’une semaine dans la capitale
– Location de plusieurs véhicules pour couvrir tous les quartiers de Bangui
– Carburant en quantité suffisante
– Campagnes radio sur les stations les plus écoutées
– Mobilisation des ONG nationales pour sensibiliser dans les quartiers
– Affiches, dépliants et supports de communication
La réalité découverte par notre investigation est terrible:
Durée de la campagne réduite à : 48 heures au lieu d’une semaine
Véhicules mobilisés : seulement deux véhicules. Le premier appartenait déjà à l’ACFPE (donc aucun coût de location). Le second était un pickup appartenant à un parent ou proche des organisateurs, loué de manière complaisante.
Couverture : deux allers-retours dans Bangui, incapables de couvrir correctement tous les quartiers.
Campagne radio : réduite au strict minimum.
Aucune trace de spots publicitaires.
ONG mobilisées : zéro. Aucune organisation n’a été contactée ni sous-traitée.
Supports de communication : zéro. Pas d’affiches, pas de dépliants, rien.
Si on évalue généreusement les dépenses réelles – location d’un pickup pendant 48 heures, carburant pour deux véhicules – on arrive au maximum à 500 000 francs CFA ou 1 million de francs CFA. Il manque donc au moins 21 millions de francs CFA. Cet argent a été détourné.
La mafia à quatre têtes….
Notre investigation établit que ce détournement n’est pas le fait d’une personne. C’est une opération collective impliquant quatre acteurs clés :
1. Aristide Ganabo – Le parrain
Chargé de mission au ministère du Travail, c’est lui qui a imposé Mbalanga Evodie au poste de cheffe de communication malgré son profil inadéquat. Ganabo détient une influence considérable au ministère et intervient dans les nominations à l’ACFPE. Il est le cerveau de l’opération qui a permis de capter les 22 millions.
2. Renée Bimbo – La directrice générale complice
Sœur cadette de la ministre du Travail Anne-Michelle Mwanga, Renée Bimbo dirige l’ACFPE. En tant que première responsable, elle a validé le budget de 22 millions, accepté la nomination de Mbalanga Evodie malgré son incompétence, et certifié les rapports d’exécution mensongers. Sans sa complicité institutionnelle, le détournement aurait été impossible. Au lieu de sanctionner les responsables du chaos, elle a préféré mettre à pied cinq délégués du personnel qui dénonçaient ces dérives.
3. Le directeur comptable de l’ACFPE – Le facilitateur
C’est lui qui a validé les dépenses fictives, signé les ordres de paiement et certifié les rapports financiers mensongers. Son rôle était de contrôler les dépenses et de garantir leur conformité. Au lieu de cela, il a trahi sa mission en fabriquant ou en validant de fausses pièces justificatives pour faire croire à la Banque mondiale que les 22 millions avaient été correctement dépensés.
4. Mbalanga Evodie – L’exécutante
Placée à ce poste grâce à sa relation avec Aristide Ganabo, cette géographe sans expérience en communication a été l’outil du détournement. Elle a signé des rapports d’activité mensongers et s’est pliée aux instructions de ses protecteurs. Son double statut (cheffe de communication et membre du conseil d’administration) lui permet d’échapper aux contrôles.
Pendant que ces quatre personnes se partageaient les 22 millions, plus de 500 jeunes se sont présentés à l’ACFPE après la clôture des inscriptions, ignorant totalement l’existence du projet. Des milliers d’autres dans les quartiers périphériques n’ont jamais su que cette opportunité existait.
L’absence de communication n’était pas une incompétence ordinaire. C’était le résultat voulu d’un détournement planifié. Moins il y avait de communication, plus il était facile de justifier des dépenses fictives et d’empocher la différence.
Alors, la Banque mondiale doit exiger cet audit avant tout nouveau décaissement. Le procureur de la République doit ouvrir une enquête pénale pour détournement de fonds publics. Les responsables identifiés – Aristide Ganabo, Renée Bimbo, le directeur comptable et Mbalanga Evodie – doivent être suspendus de leurs fonctions et poursuivis en justice.
Les sommes détournées doivent être restituées au projet, et une nouvelle campagne de communication, cette fois sérieuse et transparente, doit être lancée pour donner une seconde chance aux milliers de jeunes qui ont été exclus.
Par Alain Nzilo….
Affaire ACFPE : deux mois après, les couturiers toujours dans l’impasse face au silence d’Annie Michelle Mouanga
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-gendarmes-centrafricains-en-intervention-dans-enceinte-de-acfpe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les gendarmes, appelés en urgence par la ministre du travail Annie Michelle Mouanga pour venir déloger les couturiers stylistes au sein de l’ACFPE le vendredi 12 septembre 2025. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Deux mois. Cela fait exactement deux mois que les couturiers stylistes formés à l’ACFPE errent dans les quartiers de Bangui sans moyens, sans travail, sans perspectives. Leurs machines à coudre restent enfermées dans les locaux de l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi. Leur équipement, leur gagne-pain, tout est bloqué. Et pendant ce temps, la ministre Annie Michelle Mouanga, celle qui les a recrutés en 2022 avec de belles promesses avant de les exploiter pendant trois ans et demi, fait comme si ces jeunes n’existaient pas.
Souvenez-vous, le 12 septembre dernier, sur ordre de la ministre Annie-Michelle Mouanga, la gendarmerie avait expulsé ces artisans de leurs ateliers. Depuis, ces jeunes ont tout tenté pour faire entendre leur voix, pour récupérer leurs outils, pour obtenir justice. Mais ils se heurtent partout au même système : la dictature du silence.
Fidèle Gouandjika : “On ne peut pas critiquer les ministres” sur mes antennes….
Après leur expulsion, les couturiers ont d’abord voulu alerter l’opinion publique sur leur situation. Ils se sont rendus à la radio de Fidèle Gouandjika, le ministre conseiller spécial du président Faustin-Archange Touadéra, qui anime lui-même son antenne. Les jeunes pensaient trouver là une oreille attentive pour exposer leur situation.
Voici l’atelier de couture installé au sein de l’ACFPE, où les couturiers stylistes centrafricains font leurs activités. Photo CNC
Fidèle Gouandjika les a effectivement reçus. Il leur a posé des questions. Il a écouté leur histoire. Mais quand ils ont voulu parler de la responsabilité de la ministre Annie-Michelle Mouanga, la réponse a été cinglante : “Sur mon antenne, on ne peut pas critiquer les ministres. On ne peut pas critiquer Mme Mouanga quand vous n’êtes pas membres de sa famille, et elle accepte de vous héberger gratuitement à l’ACFPE, vous devez dire merci seulement “.
Et le ministre conseiller spécial du président a poursuivi, avec un cynisme désarmant : “Elle a bien fait de vous héberger à l’ACFPE pendant trois ans pour vous former. Maintenant c’est fini. Elle vous chasse peut-être pour récupérer la salle pour d’autres activités. Ou peut-être qu’elle veut ramener des membres de sa famille. C’est son droit, c’est la ministre“.
Autrement dit : circulez, il n’y a rien à voir. Une ministre peut exploiter des jeunes pendant trois ans, capter tous les financements internationaux destinés à leur formation, puis les jeter à la rue comme des malpropres. Et il faudrait se taire parce que “c’est la ministre”.
Les couturiers stagiaires
La radio Ndèkè-Luka : la peur de la censure….
Face à cette fin de non-recevoir de la part du ministre conseiller Fidèle Gouandjika, les couturiers se sont tournés vers la radio Ndèkè-Luka, une station qui se présente comme indépendante. Là au moins, ils ont pu raconter leur histoire. Les journalistes de cette station ont enregistré l’information, pris leurs témoignages, documenté leur situation.
Mais pour diffuser, il fallait respecter les règles du journalisme : recouper l’information, demander la version de la ministre. Les journalistes de Ndékéluka se sont donc rendus au ministère du Travail pour solliciter une interview avec Annie Michelle Mouanga.
Résultat : silence radio. La ministre refuse de recevoir les journalistes. Elle ne répond pas aux demandes d’interview. Et quand les journalistes insistent, on leur explique que “la ministre est à l’étranger”, “la ministre est occupée”, “la ministre est sortie”. Ou alors : “Voyez avec le directeur.” Mais le directeur lui aussi est “occupé”, lui aussi refuse de parler.
Face à ce mur de silence, la radio Ndèkè-Luka a compris le message. Publier ce reportage sans la version de la ministre serait trop risqué. Dans la Centrafrique de Touadéra, critiquer un ministre peut vous coûter votre antenne. La radio Ndèkè-Luka a donc préféré ranger le reportage dans un tiroir.
Comme l’explique un membre de la société civile centrafricaine avec amertume : “C’est la dictature. Même les radios indépendantes doivent se taire. Parfois tu joues du côté du gouvernement, parfois tu joues dans le milieu. Mais tu ne peux jamais vraiment critiquer”.
Les couturiers avec leur formatrice
Le médiateur renvoie vers le Premier ministre….
Devant l’impossibilité de faire entendre leur voix dans les médias, les jeunes couturiers ont décidé de saisir les institutions. Ils se sont rendus chez le médiateur de la République, Laurent Gon-Baba, espérant trouver là quelqu’un capable d’arbitrer ce conflit.
Le médiateur les a reçus. Il a écouté leur histoire. Et sa réponse a été diplomatique : “De mon côté, je prends note de votre dossier. Mais je vous conseille d’aller voir le Premier ministre. Expliquez-lui votre situation. C’est lui le chef hiérarchique de la ministre du Travail Annie-Michelle Mouanga “.
Autrement dit, le médiateur de la République considère que ce conflit dépasse ses compétences. Il renvoie les couturiers vers la Primature. Message implicite : si même le médiateur n’ose pas affronter Annie Michelle Mouanga, c’est que cette femme dispose d’une protection solide.
À la primature, un colonel qui enregistre les couturiers … puis plus rien….
Les couturiers ont suivi le conseil du médiateur. Ils se sont rendus au cabinet du Premier ministre. Là, ils n’ont pas été reçus par le chef du gouvernement lui-même, mais par un colonel chargé de gérer les conflits et les doléances.
Ce colonel les a écoutés attentivement. Il a même enregistré leurs voix sur son téléphone, expliquant qu’il allait faire écouter ces témoignages au Premier ministre pour l’informer de la situation. Les jeunes sont repartis avec un espoir : enfin, leur dossier allait remonter jusqu’au sommet de l’État.
Quelques jours plus tard, ils ont rappelé le colonel pour connaître la suite. Sa réponse les a remplis d’espoir : “Le Premier ministre a demandé à Mme Annie Michelle Mouanga de vous rencontrer pour débattre du problème. Elle doit vous recevoir.”
Mais les jours ont passé. Les semaines ont passé. La ministre n’a jamais contacté les couturiers. Elle n’a jamais fixé de rendez-vous. Elle fait comme si l’instruction du Premier ministre n’existait pas.
Quand les jeunes ont rappelé le colonel pour s’en plaindre, il leur a promis de faire un nouveau compte rendu au Premier ministre. C’était il y a plus d’une semaine. Depuis, silence total. Le colonel ne rappelle pas. La ministre ne bouge pas. Et les couturiers attendent.
Le bras de fer d’une ministre contre des jeunes impuissants
Cette situation est proprement scandaleuse. Annie Michelle Mouanga, ministre de la République, mère de famille comme elle aime le rappeler, fait un bras de fer avec des jeunes qu’elle a elle-même exploités pendant trois ans et demi.
Ces jeunes n’ont rien fait de mal. Ils ont répondu à un appel du ministère du Travail en 2022. Ils ont accepté de suivre une formation. Ils ont cru aux promesses de la ministre. Ils ont travaillé pour elle, cousu des uniformes, participé à des défilés. Et quand elle n’a plus eu besoin d’eux, quand elle a voulu récupérer leurs ateliers pour installer son restaurant privé, elle les a jetés à la rue.
Et maintenant, elle verrouille tout. Elle refuse de les rencontrer. Elle refuse de parler aux journalistes. Elle ignore les instructions du Premier ministre. Elle se comporte comme une intouchable, persuadée que sa proximité avec la famille Touadéra la met au-dessus des lois.
Pendant ce temps, ces jeunes couturiers souffrent. Ils ont des familles à nourrir. Ils ont des enfants qui attendent. Mais leurs machines restent sous scellés à l’ACFPE. Leur matériel est bloqué. Ils ne peuvent pas travailler. Ils ne peuvent pas gagner leur vie. Et personne ne leur vient en aide.
Comme le dit l’un d’eux avec colère : “Elle dit qu’elle est ministre. Elle dit qu’elle est mère de famille. Mais les enfants des autres, elle veut juste les exploiter. C’est comme si tu tiens un citron : tu presses le jus et tu jettes l’écorce. Nous, on est l’écorce.”
Combattre une femme ministre avec tous ses attribues, c’est difficile”… Dans les quartiers de Bangui, certains commentent cette affaire avec un certain fatalisme. Comme le dit Solonge Seregaza , un cadre de la fonction publique : “Combattre une femme ministre, c’est difficile. Une femme, c’est une femme d’abord. Elle fait la bataille avec ses attributs que Dieu lui a donné. En plus une ministre, ses attribues ont plus de valeur… “.
Cette remarque, aussi maladroite soit-elle, pointe vers une réalité : Annie Michelle Mouanga utilise tous les leviers à sa disposition pour écraser ces jeunes couturiers. Sa position de ministre. Sa proximité avec le pouvoir. Les protections dont elle bénéficie. Et face à elle, des jeunes désœuvrés, sans moyens, sans avocats, sans défenseurs.
Mais comme le rappellent les couturiers eux-mêmes : “Tout n’est pas éternel. Il y a eu un début, il y aura une fin. Aujourd’hui elle est au pouvoir et elle fait sa médecine. Demain elle ne sera plus au pouvoir. Elle dira quoi ?”
Cette phrase contient une vérité essentielle : les pouvoirs passent, mais les actes restent. Annie Michelle Mouanga ne sera pas ministre toute sa vie. Le jour où elle perdra cette protection, le jour où elle se retrouvera elle aussi citoyenne lambda, elle regrettera peut-être d’avoir traité ces jeunes avec autant de mépris. Par Alain Nzilo
bataille contre les murs de la justice, Dologuélé persiste et signe, le Procureur ne le lâche pas
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele-president-du-parti-urca-declare-apatride-par-touadera.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le leader de l’URCA, député de Bocaranga, Anicet-Georges Dologuelé
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Pour la deuxième fois en moins d’un mois, le Procureur de la République Guy Martial Damanguère obtient l’annulation d’un certificat de nationalité d’Anicet Georges Dologuélé. Le Premier Vice-Président du Tribunal de Grande Instance de Bangui, Roger Poussinga, a signé jeudi 7 novembre une ordonnance qui invalide le certificat délivré le 6 août 2025.
Cette nouvelle offensive judiciaire intervient après une première tentative d’annulation en octobre. À l’époque, le procureur avait visé le certificat délivré en 2012. Dologuélé avait alors obtenu un nouveau certificat en août dernier. Mais le parquet ne désarme pas et revient à la charge avec une nouvelle requête.
Le procureur s’appuie toujours sur le même argument : Dologuélé aurait perdu automatiquement sa nationalité centrafricaine en 1994 lorsqu’il a obtenu la nationalité française. L’article 46 du code de nationalité centrafricaine stipule qu’un citoyen majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd sa nationalité d’origine.
Damanguère accuse l’ancien Premier ministre d’avoir caché sa nationalité française pour obtenir deux certificats distincts : le premier en octobre 2012, le second en août 2025. Le document judiciaire parle de manœuvres frauduleuses et demande la nullité du certificat du 6 août.
L’ordonnance montre un autre élément. Le 25 août 2025, le gouvernement français a libéré Dologuélé de son allégeance par décret. Mais pour le tribunal, cette démarche ne suffit pas à lui restituer automatiquement la nationalité centrafricaine. La loi impose une procédure de réintégration prévue aux articles 32 et suivants du code de nationalité que Dologuélé n’aurait pas suivie.
Le procureur a utilisé la procédure d’urgence de l’ordonnance sur requête. Cette procédure permet au tribunal de statuer sans entendre la partie adverse lorsque les circonstances l’exigent. Dologuélé n’a donc pas été entendu avant cette décision qui déclare son certificat nul et de nul effet.
Cette bataille juridique répétée montre la détermination du parquet à contester la citoyenneté de l’opposant. Chaque tentative de Dologuélé pour régulariser sa situation se heurte à une nouvelle action du procureur. Les frais de procédure sont mis à la charge du procureur, conformément à la pratique habituelle en matière d’ordonnance sur requête.
L’affaire prend une dimension Politique dans un contexte où Dologuélé cherche à participer aux échéances électorales. Le bras de fer entre l’ancien candidat à la présidentielle et les autorités judiciaires se poursuit depuis des mois sans qu’aucune solution durable ne se dessine.
À l’approche des Élections en République centrafricaine (RCA), le respect de la neutralité et de la transparence des institutions électorales est au cœur des préoccupations démocratiques. Dans ce contexte, une question sensible a émergé :
La fuite du certificat de nationalité d’un candidat à la présidence, Anicet Georges DOLOGUÉLÉ, qui aurait été communiqué à l’un de ses concurrents via des responsables institutionnels (Cour Constitutionnel ou Autorité Nationale des Élections).
Un tel acte, qui est d’ailleurs bien avéré, soulève un débat majeur :
Constitue-t-il une violation de l’obligation d’impartialité exigée de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) ou du Conseil constitutionnel (CC) ?
L’analyse juridique ci-dessous permet de comprendre ce qu’impliquerait une telle situation au regard de la Constitution, du code électoral, des lois organiques et des normes internationales applicables.
1. Cadre juridique national : neutralité, indépendance et transparence
La Constitution de la République centrafricaine (2023)
Elle institue l’Autorité Nationale des Élections comme organe pérenne, autonome et indépendant chargé de l’organisation des scrutins. Même si la Constitution ne mentionne pas explicitement le terme « impartialité » dans un article clairement identifié, cette neutralité est un principe constitutionnel implicite : aucun organe de gestion électorale ne peut favoriser un candidat au détriment d’un autre.
Le Code électoral (loi n° 24.007 du 02 juillet 2024)
Ce texte régit les règles de dépôt de candidatures, la gestion des listes, la publication de documents électoraux et l’ensemble du processus. Il doit être appliqué conformément à la Constitution et impose le respect de l’égalité des candidats ainsi que la transparence de la procédure.
La loi organique n° 20.022 du 07 août 2020 encadrant l’ANE.
Cette loi précise que l’Autorité doit garantir un scrutin crédible, impartial et équitable. Elle fait peser sur ses dirigeants et membres une obligation de neutralité fonctionnelle et politique.
2. L’obligation d’impartialité : une exigence juridique essentielle
L’impartialité électorale n’est pas une simple valeur morale : c’est une obligation légale. Elle implique notamment que :
Toutes les candidatures soient traitées de manière égale ;
Aucune information confidentielle concernant un candidat ne puisse être transmise à un autre, hors cadre légal ;
Les autorités électorales (ANE, CC) ou judiciaires ne puissent en aucune façon favoriser un camp.
La fuite d’un certificat de nationalité – document confidentiel placé dans un dossier de candidature– vers un concurrent, serait donc en contradiction directe avec cette obligation. Par voie de conséquence, la combinaison de la loi organique, du code électoral et des principes fondamentaux de l’État de droit permet de qualifier un tel acte COMME UN MANQUEMENT ÉVIDENT, GRAVE.
3. Application au cas, stricto sensu, évoqué : la question d’un traitement inégal des candidats
Dans le cas hypothétique où le dossier de candidature d’Anicet Georges DOLOGUÉLÉ a (aurait) été divulgué au profit de Faustin Archange TOUADERA, ou par l’intermédiaire d’un président d’institution électorale ou judiciaire (via le garde des sceaux/le procureur), plusieurs problèmes juridiques surgissent (surgiraient) :
Divulgation d’informations confidentielles ;
Rupture de l’égalité de traitement entre candidats ;
Atteinte à la neutralité des institutions garantes de l’élection ;
Possible abus de fonction ou instrumentalisation de l’appareil électoral.
Dans un tel cas, on peut (pourrait) invoquer une violation des droits du candidat concerné, un manquement à la transparence du processus et une atteinte à la crédibilité du scrutin.
4. Références au droit international
Les normes internationales – notamment celles défendues par les Nations Unies et l’Organisation internationale de la Francophonie – rappellent que les Élections doivent être :
Libres,
Équitables,
Transparentes,
Organisées par une autorité impartiale.
L’égalité de traitement entre candidats et la protection des données confidentielles sont des prérequis essentiels dans toute démocratie. Une rupture de ces principes expose l’État à des critiques internes et internationales.
5. Voies de recours possibles
Étant donné que la fuite est prouvée (puisque le procureur de la République, DAMANGUÉRÉ s’en est servi pour pondre son torchant de requête en annulation), le candidat, Anicet Georges DOLOGUÉLÉ, lésé dispose de plusieurs options :
Saisir le Conseil constitutionnel ou la juridiction compétente pour contester la régularité de la procédure. Problème, toutes ces institutions ou juridictions sont soumises au pouvoir en place ; je veux dire TOUADERA,
Demander l’annulation de l’acte ou de la décision qui en découle,
Invoquer une irrégularité grave susceptible d’affecter la validité du scrutin.
En théorie, une violation de cette nature pourrait même conduire à l’annulation ou la requalification d’une élection, si l’atteinte à l’équité est démontrée.
En résumé, si l’Autorité Nationale des Élections ou un membre du Conseil constitutionnel a délibérément transmis une pièce confidentielle d’un candidat, en l’occurrence Anicet Georges DOLOGUÉLÉ, à un concurrent, Faustin Archange TOUADERA, il s’agirait d’un manquement grave à l’obligation d’impartialité électorale. Un tel acte compromettrait la neutralité du processus, porterait atteinte à l’égalité entre candidats et pourrait faire l’objet d’un recours juridictionnel.
Dans un pays où l’enjeu majeur est la consolidation des institutions démocratiques, la transparence et la neutralité des organes électoraux demeurent non seulement, une exigence juridique, mais aussi une condition indispensable pour préserver la confiance politique, l’unité sociale et la légitimité du pouvoir issu des urnes.
NB : Je ne suis pas un juriste mais, j’observe la vie politique de mon pays. Donc, Cette réflexion ne constitue en aucun cas avis juridique rigoureux et officiel, mais une analyse sur la base des textes disponibles et des principes généraux du droit électoral et constitutionnel centrafricain…
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après l’arrestation de leur chef Al Habo à Ngarba au Tchad par les forces tchadiennes, neuf de ses hommes viennent de sortir du maquis à Akroussoulback, dans le Bamingui-Bangoran. Le village est situé à une centaine de kilomètres de Ndélé. Et ces bandits tchadiens demandent maintenant leur désarmement à la Minusca.
L’histoire serait presque comique si elle n’était pas aussi révélatrice. Al Habo, ce chef de gang tchadien qui terrorisait le nord de la Centrafrique depuis des années, a été arrêté il y a quelques jours à Ngarba alors qu’il tentait de faire entrer au Tchad un stock d’armes acheté au Soudan. Désormais, sans leur chef, ses hommes ne savent plus quoi faire. Alors ils sortent du maquis. Et ils demandent à être désarmés.
Mais voilà où l’affaire devient absurde. La MINUSCA et les Mercenaires russes se font maintenant concurrence pour aller désarmer ces neuf individus. La MINUSCA a été contactée en premier la semaine dernière. Les mercenaires russes ont aussitôt voulu prendre l’affaire en main. Chacun veut être celui qui désarmera ces bandits tchadiens. Comme si c’était un trophée.
Sauf que tout le monde semble oublier un détail essentiel. Ces neuf hommes ne sont pas des rebelles centrafricains. Ce sont des criminels tchadiens. Ils ne parlent même pas sango. Peut-être qu’ils se débrouillent un peu, mais ce sont des Tchadiens. Leur chef tchadien vient d’être arrêté au Tchad et transféré à la prison centrale de Ndjamena dans la nuit du lundi à mardi 11 novembre. Et maintenant ces bandits armés tchadiens veulent bénéficier du processus de désarmement centrafricain. Peut-être pour intégrer les forces armées nationales. Peut-être pour toucher des kits de réinsertion. On ne sait pas exactement ce qu’ils espèrent.
Mais la question reste posée. Depuis quand désarme-t-on des bandits étrangers qui ont passé des années à braquer, kidnapper et assassiner sur le territoire centrafricain? Al Habo envoyait régulièrement ses hommes commettre des crimes sur l’axe Ngarba-Ndélé, sur l’axe Ouanda-Djallé, sur l’axe Miamani. Ces neuf individus faisaient partie de ce gang. Ils ont du sang centrafricain sur les mains.
Et aujourd’hui, parce que leur chef s’est fait attraper au Tchad, ils sortent tranquillement du maquis à Akroussoulback pour demander leur désarmement. Comme si de rien n’était. Comme si les années de terreur qu’ils ont fait subir aux populations du Bamingui-Bangoran pouvaient s’effacer d’un simple geste de reddition.
La MINUSCA et les mercenaires russes feraient bien de se rappeler qui sont ces hommes avant de se disputer l’honneur de les désarmer.
Le monstre juridique de Touadéra : un député en exercice déclaré apatride, ou comment le régime crée des absurdités pour éliminer ses adversaires
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” alt=”Le monstre juridique de Touadéra : un député en exercice déclaré apatride, ou comment le régime crée des absurdités pour éliminer ses adversaires” width=”318″ height=”344″ />Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
Dans sa lettre du 14 octobre 2025, Anicet-Georges Dologuélé soulève une question juridique qui devrait stupéfier tous les observateurs : comment peut-on être simultanément député en exercice et apatride ? Cette situation absurde, ce monstre juridique créé par le régime Touadéra, montre à quel point le gouvernement est prêt à violer toute logique légale pour éliminer ses adversaires politiques.
Voici ce que dit Dologuélé : “Quand on voit sur sa page Facebook, le courrier, que le ministère de l’administration de l’éducation, le ministère de la sécurité publique l’a envoyé, qu’il ait déclaré selon lui apatride, ça veut dire un député en exercice qui est apatride, comment comprendre cela aujourd’hui ? C’est ça le paradoxe et les gens se demandent pour quelles raisons».
Et plus tôt dans sa lettre, Dologuélé rappelle : “C’est toujours mon certificat de nationalité qui m’a permis de briguer la circonscription électorale de Bocaranga 1 et d’y avoir été élu Député de la Nation depuis bientôt dix ans».
Analysons cette situation ubuesque. Anicet-Georges Dologuélé est député de la circonscription de Bocaranga 1 depuis bientôt dix ans. Il a été élu en 2016, réélu en 2020. Il siège à l’Assemblée Nationale. Il participe aux débats parlementaires. Il vote les lois. Il représente officiellement les citoyens de Bocaranga 1 au sein de l’institution législative de la République Centrafricaine.
Pour être député, il faut remplir des conditions constitutionnelles strictes. L’une des plus fondamentales est d’être citoyen centrafricain. Un apatride, par définition, ne peut pas être député. Un étranger ne peut pas être député. Seul un citoyen centrafricain peut représenter le peuple centrafricain à l’Assemblée Nationale.
Dologuélé a rempli toutes ces conditions quand il s’est présenté aux élections législatives en 2016 et en 2020. Il a fourni son certificat de nationalité. La Cour Constitutionnelle a validé sa candidature. Les électeurs de Bocaranga 1 l’ont élu. Il a prêté serment comme député. Il exerce son mandat parlementaire depuis bientôt dix ans.
Et maintenant, le gouvernement Touadéra déclare que ce même homme est apatride. Qu’il n’a pas de nationalité. Qu’il n’est citoyen d’aucun pays.
Cette déclaration crée une situation juridique absurde qui soulève des questions vertigineuses :
Si Dologuélé est apatride, comment peut-il continuer à siéger comme député ? Un apatride ne peut pas être député selon la Constitution. Donc logiquement, si Dologuélé est vraiment apatride, son mandat parlementaire devrait être immédiatement annulé. L’Assemblée Nationale devrait le déchoir de son siège. On devrait organiser des élections partielles à Bocaranga 1 pour le remplacer.
Mais rien de tout cela ne se passe. Dologuélé reste député. Il continue d’exercer son mandat. Le gouvernement ne demande pas l’annulation de son mandat parlementaire. Pourquoi ? Parce que le gouvernement sait parfaitement que Dologuélé n’est pas apatride et que cette déclaration est un mensonge politique qui ne résisterait pas à un examen juridique sérieux.
Si Dologuélé était apatride quand il s’est présenté aux élections, pourquoi sa candidature a-t-elle été validée ? La Cour Constitutionnelle, devenue aujourd’hui Conseil Constitutionnel, a examiné son dossier de candidature en 2016 et en 2020. Elle a vérifié qu’il remplissait toutes les conditions d’éligibilité, notamment la condition de nationalité. Elle a validé sa candidature.
Si vraiment Dologuélé était apatride depuis 1994 comme le prétend maintenant le gouvernement avec la loi de 1961, alors la Cour Constitutionnelle aurait dû rejeter sa candidature. Le fait qu’elle l’ait validée deux fois prouve que Dologuélé était reconnu comme citoyen centrafricain.
Si Dologuélé est devenu apatride entre son élection et aujourd’hui, par quel processus juridique ? Une personne ne devient pas apatride du jour au lendemain par décret administratif. Il faut une procédure judiciaire. Il faut une décision de justice qui retire la nationalité. Il faut respecter les droits de la défense, permettre à la personne concernée de contester, donner des preuves, faire appel.
Rien de tout cela ne s’est produit dans le cas de Dologuélé. Aucun tribunal ne l’a convoqué. Aucun juge n’a examiné son dossier. Aucune décision de justice n’a retiré sa nationalité. Un beau jour, le Ministère de la Défense lui envoie une lettre lui disant qu’il a perdu la nationalité centrafricaine. C’est tout. Pas de procès. Pas de jugement. Juste une lettre administrative.
Comment les électeurs de Bocaranga 1 doivent-ils comprendre cette situation ? Ils ont élu Dologuélé pour les représenter à l’Assemblée Nationale. Ils ont voté pour lui en 2016 et en 2020. Ils lui ont fait confiance pour porter leur voix, défendre leurs intérêts, voter les lois en leur nom.
Maintenant on leur dit que l’homme qu’ils ont élu est apatride. Qu’il n’a pas de nationalité. Donc logiquement, il ne devrait pas pouvoir être leur député. Mais en même temps, il continue d’être leur député. Il siège à l’Assemblée. Il vote les lois.
Les électeurs de Bocaranga 1 doivent se poser des questions légitimes : leur vote a-t-il été valide ? Leur député est-il légitime ? Sont-ils vraiment représentés à l’Assemblée Nationale ? Ou ont-ils été trompés ?
Comment l’Assemblée Nationale elle-même peut-elle tolérer cette situation ? L’institution parlementaire devrait avoir un minimum de cohérence juridique. On ne peut pas avoir simultanément un député en exercice et un apatride. C’est une contradiction logique fondamentale.
L’Assemblée Nationale devrait se saisir de cette question. Elle devrait demander des clarifications au gouvernement. Elle devrait vérifier le statut de Dologuélé. Si vraiment il est apatride, elle devrait prononcer la déchéance de son mandat. Si au contraire il est citoyen centrafricain, elle devrait condamner le gouvernement pour avoir diffusé de fausses informations.
Mais l’Assemblée Nationale sous Touadéra n’est plus une institution indépendante. Elle est contrôlée par le MCU. Elle fait ce que le régime lui dit de faire. Si le régime veut que Dologuélé reste député tout en étant déclaré apatride, l’Assemblée accepte cette absurdité sans broncher.
Comment la communauté internationale doit-elle interpréter cette situation ? Les partenaires de la Centrafrique, les organisations internationales, les observateurs étrangers voient ce spectacle grotesque : un gouvernement qui déclare apatride l’un de ses propres députés en exercice, sans procédure judiciaire, par simple lettre administrative.
Que doivent-ils penser de l’état de droit en Centrafrique ? Que doivent-ils penser du système juridique centrafricain ? Que doivent-ils penser de la démocratie dans ce pays où un député peut être déclaré apatride sans jugement ?
Cette situation détruit complètement la crédibilité des institutions centrafricaines. Elle montre que le droit n’existe plus, que tout est politique, que le régime peut créer n’importe quelle absurdité juridique pour servir ses intérêts.
Le monstre juridique créé par Touadéra dans le cas de Dologuélé montre la méthode du régime : créer des situations absurdes, juridiquement incohérentes, qui violent toute logique légale, mais qui servent l’objectif politique d’éliminer les adversaires.
Peu importe que ce soit absurde. Peu importe que ce soit incohérent. Peu importe que ce soit illégal. L’important, c’est que Dologuélé soit empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Et si pour cela il faut créer un monstre juridique – un député apatride – le régime n’hésite pas.
Batangafo : Plus de 300 ménages déplacés commencent à recevoir de l’aide après la destruction de leurs abris par les pluies
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/distribution-des-kits-humanitaires-aux-deplaces-de-batangafo-dans-la-prefecture-de-l-ouham-fafa-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Distribution des kits humanitaires aux déplacés de Batangafo, dans la Préfecture de l’Ouham-Fafa, en Centrafrique
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les récentes intempéries qui se sont abattues sur la préfecture de l’Ouham-Fafa ont causé des dégâts considérables parmi les populations les plus vulnérables. À Batangafo, chef-lieu de ladite préfecture, située au nord de la République centrafricaine, plus de 300 ménages de personnes déplacées ont vu leurs abris complètement détruits par les pluies diluviennes.
Devant cette situation d’urgence humanitaire, l’ONG InterSOS est intervenue la semaine dernière pour apporter une assistance concrète aux sinistrés. Grâce au financement du Fonds humanitaire centrafricain (CBPF), l’organisation a distribué des matériaux de construction aux familles affectées, leur permettant de reconstruire leurs habitations et de retrouver un minimum de dignité.
Cette catastrophe naturelle vient aggraver les conditions de vie déjà difficiles des déplacés internes qui ont trouvé refuge à Batangafo, une zone qui accueille depuis plusieurs années des milliers de personnes fuyant les violences dans d’autres régions du pays. La destruction massive des abris expose ces populations à des risques sanitaires accrus et compromet leur sécurité.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en Centrafrique (OCHA CAR), souligne l’ampleur des besoins humanitaires dans cette partie du territoire. L’intervention d’InterSOS, bien que salutaire, ne représente qu’une réponse d’urgence face à une crise qui nécessite des solutions durables pour protéger les populations déplacées des aléas climatiques récurrents.
Cette situation confirme la fragilité des conditions d’existence dans les sites de déplacement à travers le pays, où des milliers de Centrafricains vivent dans des abris de fortune particulièrement vulnérables aux intempéries.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/pub-du-samedi-26-juillet-2025.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/pub-du-samedi-26-juillet-2025-450×281.jpg” alt=”Comment sont calculées les cotes de pari sportif en Belgique ?” width=”450″ height=”281″ />
Les cotes de paris sportifs fascinent autant qu’elles intriguent les parieurs belges. Derrière ces chiffres apparemment simples se cache un système complexe qui mêle statistiques, analyses et stratégie commerciale. Comprendre leur fonctionnement permet de mieux appréhender l’univers des paris et de parier de manière plus éclairée.
Les fondamentaux du calcul des cotes
Les bookmakers belges utilisent principalement trois formats de cotes : les cotes décimales (les plus répandues en Europe), les cotes fractionnaires (britanniques) et les cotes américaines. En Belgique, le format décimal domine largement. Une cote de 2,50 signifie qu’un pari de 10 euros rapportera 25 euros en cas de victoire (mise incluse).
Le calcul initial d’une cote repose sur la probabilité estimée d’un événement. Si une équipe a théoriquement 50% de chances de gagner, la cote “pure” serait de 2,00 (100 divisé par 50). Mais les bookmakers ajustent systématiquement ces valeurs pour intégrer leur marge commerciale, appelée “vig” ou “juice”. Cette marge garantit leur rentabilité à long terme, quelle que soit l’issue du match.
Plusieurs éléments entrent en jeu dans la détermination des cotes. Les statistiques historiques constituent la base : performances passées des équipes, confrontations directes, statistiques à domicile ou à l’extérieur. Les algorithmes modernes analysent des milliers de données pour établir des probabilités initiales.
L’actualité sportive joue également un rôle crucial. Une blessure d’un joueur clé, un changement d’entraîneur ou des conditions météorologiques peuvent faire varier les cotes en temps réel. Les bookmakers emploient des traders spécialisés qui ajustent continuellement les valeurs selon les informations disponibles.
Le comportement des parieurs influence aussi les cotes. Si une majorité mise sur une équipe, le bookmaker peut réduire sa cote pour limiter son exposition financière, tout en augmentant celle de l’adversaire pour encourager les paris équilibrés. Ce mécanisme s’apparente aux ajustements observés sur les autres jeux de hasard, comme le blackjack sur internet, où les probabilités restent un élément central.
La marge du bookmaker
La marge intégrée par les opérateurs constitue leur principal levier de rentabilité. En additionnant les probabilités implicites de tous les résultats possibles d’un événement, on obtient généralement un total supérieur à 100%. Cette différence représente la marge du bookmaker, qui varie habituellement entre 5% et 10% en Belgique.
Par exemple, pour un match avec des cotes de 2,00 pour chaque équipe (incluant la marge), les probabilités implicites totalisent 105% au lieu de 100%. Ces 5% supplémentaires constituent la commission du bookmaker.
Un divertissement avant tout
Il convient de rappeler que les paris sportifs doivent rester un divertissement occasionnel à but strictement ludique et non rémunérateur. Les cotes sont calculées pour favoriser l’opérateur sur le long terme, rendant les gains réguliers statistiquement improbables. Pour profiter d’un meilleur site de divertissement en ligne en toute sécurité, la prudence et la modération demeurent essentielles pour préserver le plaisir du jeu sans risquer des pertes financières significatives.
Nationalité de Dologuélé : Ses conseillers saisissent le Conseil Constitutionnel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuelé, leader de l’URCA. Photo Jeune Afrique
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans un mémoire de plusieurs pages déposé le 11 novembre 2025 auprès du Conseil Constitutionnel, les conseillers politiques d’Anicet-George DOLOGUÉLÉ lancent un cri d’alarme juridique et démocratique. L’ancien Premier ministre et candidat déclaré à la présidentielle se retrouve au cœur d’une bataille constitutionnelle sans précédent : sa nationalité centrafricaine, reconnue sans interruption pendant 40 ans par l’État, est aujourd’hui contestée.
Ministre des Finances, Premier ministre, député de la Nation, directeur de la BDEAC… Pendant près de sept décennies, aucune autorité n’a jamais remis en question la qualité de Centrafricain d’origine de DOLOGUÉLÉ. Pourtant, à quelques mois d’un scrutin présidentiel décisif, son éligibilité est désormais contestée au motif qu’il aurait “perdu” sa nationalité en épousant une Française.
Le mémoire, signé par Arsène Thierry BENGUEWE, dénonce une “manœuvre d’éviction Politique” et invoque le droit international, notamment la Convention de 1961 sur l’apatridie. L’argument central : aucun décret, aucune publication officielle, aucun acte légal n’atteste d’une perte de nationalité. Pire encore, priver DOLOGUÉLÉ de sa nationalité centrafricaine alors qu’il a renoncé à la nationalité française le rendrait apatride, ce qui constituerait une violation flagrante du droit international.
Le Conseil Constitutionnel est désormais saisi. Sa décision pourrait redéfinir les contours de la démocratie centrafricaine.
Voici l’intégralité du mémoire adressé au Conseil constitutionnel :
MÉMOIRE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Objet : Recours en interprétation de la Constitution et en constatation de la qualité de citoyen centrafricain d’origine de M. Anicet-George DOLOGUÉLÉ
À
Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Les soussignés, Arsène Thierry BENGUEWE, conseillers politique de Monsieur Anicet-Georges DOLOGUÉLÉ et, les partisans et sympathisants du parti politique URCA, ont l’honneur d’exposer, en droit et en faits, ce qui suit :
I – Sur la qualité de Centrafricain d’origine
Anicet-George DOLOGUÉLÉ est né en 1957, de père et de mère centrafricains, en conformité avec l’Article 8 du Code de la nationalité de 1961, disposant :
« Est centrafricain l’individu né hors du territoire de la République Centrafricaine d’un parent centrafricain. »
Depuis 66 ans, sa qualité de Centrafricain d’origine n’a jamais fait l’objet de contestation.
Elle a été reconnue et exercée par l’État comme en attestent :
Sa nomination comme Ministre des Finances,
Sa nomination comme Premier Ministre,
Son élection comme Député de la Nation,
Sa nomination à la tête de la BDEAC, poste réservé aux citoyens centrafricains (à l’époque).
L’État a donc reconnu, validé et exercé sa nationalité pendant des décennies.
Il n’est pas juridiquement admissible qu’un État nie aujourd’hui ce qu’il a reconnu publiquement et sans interruption pendant plus de 68 ans.
II – Sur l’acquisition de la nationalité françaiseD
DOLOGUÉLÉ a acquis la nationalité française du fait de son mariage avec une ressortissante française.
Or, l’article 46 du Code de la nationalité de 1961 ne concerne que les cas d’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère, impliquant un choix personnel conscient de se défaire de sa nationalité d’origine.
La nationalité obtenue par mariage est, en droit français, une attribution dérivée (Code civil français – Article 21-2 : « L’étranger qui épouse un conjoint de nationalité française acquiert la nationalité française par déclaration. »), et non une démarche volontaire d’abandon de sa nationalité centrafricaine.
Ainsi :
L’article 46 n’est pas applicable,
Aucune volonté explicite d’abandon n’a été exprimée,
Aucune perte automatique de nationalité ne peut être retenue.
III – Sur l’absence de tout acte légal de perte de nationalité
Les articles 48, 50 et 51 du Code de 1961 sont sans ambiguïté :
La perte de nationalité doit être constatée par décret, publié, notifié et opposable.
Or :
Aucun décret présidentiel,
Aucune publication au Journal Officiel,
Aucune notification administrative,
Aucun acte légal,
…n’atteste d’une quelconque perte de nationalité.
En droit, la nationalité ne se présume pas perdue.
Elle ne disparaît que si elle est légalement constatée.
À défaut : la nationalité demeure.
IV – Sur la renonciation à la nationalité française
Depuis l’adoption de la Constitution du 30 août 2023, M. DOLOGUÉLÉ a officiellement renoncé à la nationalité française.
L’article 67 exige uniquement :
« Le candidat doit être Centrafricain d’origine et ne détenir que la seule nationalité centrafricaine. »
Aujourd’hui :
Il est Centrafricain d’origine,
Il ne détient plus qu’une seule nationalité,
Il remplit toutes les conditions constitutionnelles.
La Constitution ne prévoit nulle part qu’un citoyen né centrafricain doive “REACQUERIR” une nationalité qu’il n’a jamais perdue légalement.
V – Sur la supériorité de la Constitution (Hiérarchie des normes)
La Constitution est la norme suprême de l’État. Aucune loi antérieure, y compris le Code de 1961, ne peut empêcher l’application directe d’un droit constitutionnel.
Toute interprétation restrictive empêchant la candidature d’un citoyen remplissant l’article 67 serait une violation évidente de la Constitution et du pluralisme démocratique.
VI – Analyse juridique au regard de la Convention de 1961 et du droit international
La République centrafricaine a ratifié la Convention de 1961 sur la réduction de l’apatridie le 7 septembre 1962. Elle y est donc juridiquement liée.
► Principe fondamental – Article 8(1)
Un État ne peut priver une personne de sa nationalité si cette privation la rend apatride.
Seule exception :
Fraude,
Fausse déclaration,
Ou mauvaise foi.
Or :
M. DOLOGUÉLÉ est né en RCA,
De parents centrafricains,
Reconnu comme tel pendant toute sa vie publique,
Aucune fraude n’est alléguée (comme le prétend le Procureur de la République),
Et il ne possède aujourd’hui aucune nationalité étrangère.
Toute décision ayant pour effet de le priver de la nationalité centrafricaine LE RENDRAIT APATRIDE, ce qui est explicitement interdit par la Convention.
► Déclaration universelle des droits de l’homme – Article 15
« Tout individu a droit à une nationalité »,
« Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité ».
Une exclusion sans base légale, sans décret, ni procédure contradictoire serait une privatisation arbitraire, condamnée par le droit international.
Conclusion internationale
Ainsi, retirer la nationalité à M. DOLOGUÉLÉ serait :
Une violation de la Convention de 1961,
Une création illégale d’apatridie,
Une privation arbitraire d’un droit fondamental,
Un acte internationalement illicite engageant la responsabilité de l’État Centrafricain.
VII – Sur le risque d’instrumentalisation politique
Pendant 40 ans, l’État a reconnu la nationalité de M. DOLOGUÉLÉ.
Ce n’est que lorsqu’il se présente à nouveau contre le pouvoir que certains redécouvrent subitement un “problème”.
Ce n’est pas du droit.
C’est une manœuvre d’éviction politique, contraire :
À la Constitution,
Au pluralisme démocratique,
Au droit international.
CONCLUSION & DEMANDES
Nous demandons au Conseil constitutionnel de :
Constater que M. Anicet-George DOLOGUÉLÉ est Centrafricain d’origine ;
Constater qu’il ne détient plus aucune nationalité étrangère ;
Dire qu’il remplit toutes les conditions constitutionnelles pour se présenter à l’élection présidentielle ;
Refuser toute tentative d’exclusion illégale ou politiquement motivée.
La Centrafrique vous regarde, le monde vous observe, l’histoire se souviendra de votre décision…
Fait à Paris, le 11 novembre 2025 Pour droit et justice.T
Haut-Mbomou : le député de Zémio Éric Kpiodigui recherché par les Mercenaires russes. L’ancien sous-préfet Romaric Sangou Zirani déjà arrêté
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/le-depute-de-Zemio-Monsieur-Eric-Kpiodigui.jpg” data-wpel-link=”internal”>le député de Zémio, Monsieur Éric Kpiodigui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis les violences qui ont débuté dans la ville de Zémio le 4 avril dernier et dans le Haut-Mbomou en général, les mercenaires russes cherchent à mettre la main sur certaines personnalités issues de cette région. L’ancien sous-préfet, Romaric Sangou Zirani, a été piégé et attrapé par les mercenaires russes. Il est actuellement détenu à la Section des Recherches et d’Investigation de la Gendarmerie.
Le député de Zémio, Éric Kpiodigui, est également recherché. Il vit dans la peur. Il se cache. Il craint pour sa vie. Les mercenaires russes veulent l’arrêter.
On ne sait pas exactement ce que ces mercenaires russes veulent au juste. Pour eux, ce qui s’est passé à Zémio est la responsabilité du député, de l’ancien sous-préfet et de certaines personnalités locales. Ils pensent que ces personnes sont derrière les événements.
C’est pourquoi monsieur Tisso René , un conseiller de la mairie de Zemio, a été enlevé et tué par les mercenaires russes du groupe Wagner. Certains commerçants ont été enlevés et tués. Les mercenaires russes n’ont aucun respect pour la vie humaine. Ils arrêtent qui ils veulent. Ils tuent qui ils veulent. Et personne ne dit rien.
Le régime Touadéra avale tout ce que Wagner fait. Il n’a aucune volonté de dire non à ces criminels russes. Il n’a aucune capacité de limiter les actions des mercenaires russes. Wagner arrête des députés, des sous-préfets, des conseillers municipaux, des commerçants. Wagner tue. Wagner emprisonne. Et le gouvernement centrafricain ne dit rien.
Le régime ne peut même pas protéger un député élu. Éric Kpiodigui représente la population de Zémio à l’Assemblée nationale. C’est un député de la République. Mais il est recherché par des mercenaires étrangers et le gouvernement ne fait rien pour le protéger.
Romaric Sangou Zirani était sous-préfet. C’est un fonctionnaire de l’État. Mais il a été arrêté par des mercenaires étrangers et détenu à la gendarmerie. Sur ordre de qui ? Wagner n’a pas d’autorité légale en Centrafrique. Les mercenaires russes ne peuvent pas légalement arrêter des citoyens centrafricains et les mettre en prison.
Mais ils le font quand même. Parce que le régime Touadéra leur a donné tous les pouvoirs. Wagner fait ce qu’il veut en Centrafrique. Les mercenaires russes sont devenus la vraie autorité du pays. Ils arrêtent. Ils emprisonnent. Ils tuent. Et personne ne peut rien dire.
Voilà le pays de Touadéra. Un pays où des mercenaires étrangers ont plus de pouvoir que les institutions nationales. Un pays où un député doit se cacher pour échapper à des mercenaires. Un pays où un ancien sous-préfet est arrêté et détenu sans que personne ne connaisse les charges retenues contre lui.
ACFPE : Quand le projet ICOMPETE, destinés aux jeunes déscolarisés et financés par la Banque mondiale, vire au scandale de détournement et de mauvaise gestion
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/la-directrice-generale-de-l-acfpe-madame-renee-bimbo.jpg” data-wpel-link=”internal”>La Directrice générale de l’ACFPE, Madame Renée Bimbo
Des millions de la Banque mondiale dilapidés dans un chaos administratif du jamais vu à l’Agence dirigée par la sœur de la ministre du Travail, madame René Bimbo.
Le projet ICOMPETE (Projet d’Investissement de Compétitivité des Entreprises pour l’Emploi), financé par la Banque mondiale et destiné à former des milliers de jeunes centrafricains déscolarisés, est devenu le terrain d’un scandale de détournement et de mauvaise gestion à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE). Une enquête menée par le service d’investigation du CNC montre clairement l’ampleur d’un désastre organisationnel qui prive des milliers de jeunes d’une opportunité de formation tout en enrichissant une poignée de responsables corrompus.
Un projet vital transformé en machine à cash….
Le projet ICOMPETE devait être une bouée de sauvetage pour les jeunes centrafricains. Son objectif : former 2 000 jeunes déscolarisés âgés de 18 à 25 ans, ayant au moins le niveau CM1 jusqu’à la classe de cinquième, dans des métiers porteurs comme la menuiserie, la couture, le carrelage ou la mécanique. Ces formations devaient permettre à une génération sacrifiée par les crises successives du pays de se reconstruire un avenir.
Mais au lieu d’un programme d’insertion sociale, c’est une véritable mafia qui s’est organisée au sein de l’ACFPE, dirigée par Renée Bimbo, sœur cadette de la ministre du Travail Annie-Michelle Mouanga. Sous couvert d’un projet financé par la Banque mondiale, plusieurs responsables ont transformé cette initiative en un système de prédation financière sophistiqué.
Une communication sabotée dès le départ….
Le premier maillon de cette chaîne de dysfonctionnements se nomme Mbalanga Evodie, cheffe de Service de la Communication du projet ICOMPETE. Placée à ce poste grâce à la bénédiction d’Aristide Ganabo, chargé de mission au ministère du Travail, cette dernière ne cache pas son incompétence. “Tout le monde sait qu’elle ne vaut rien, mais elle est protégée par Ganabo, c’est pourquoi elle fait les choses à sa façon sans avoir peur”, confie un cadre de l’ACFPE sous couvert d’anonymat.
Le projet prévoyait pourtant une communication massive : sensibilisation dans les quartiers via des ONG nationales, campagnes radio, affichages publics. La Banque mondiale a débloqué des millions de francs CFA pour cette composante essentielle. Résultat : zéro communication digne de ce nom.
Au lieu d’une campagne de plusieurs semaines permettant aux jeunes vulnérables de se préparer, Mbalanga Evodie a bâclé son travail. Le délai de dépôt des candidatures ? Moins d’une semaine. Trois à cinq jours tout au plus. Un timing aberrant pour un projet censé toucher les populations des quartiers les plus reculés de Bangui.
Les conséquences de cette légèreté criminelle se sont fait sentir immédiatement. Alors que les dossiers avaient été clôturés en catastrophe, plus de 500 jeunes se sont encore présentés le lundi suivant la composition pour déposer leur candidature, ignorant que le délai était dépassé. Ces centaines de jeunes, déjà frappés par la galère, se sont vu refuser une chance de formation à cause d’une communication défaillante.
La mafia de la saisie : 500 FCFA par candidat….
Si la communication a été un désastre, la phase de traitement des candidatures a viré au scandale pur et simple. Sur les quelque 11 000 dossiers reçus dans ce délai éclair, la direction de la Formation, menée par Monga Aubin, Directeur de la Formation et du Conseil en Organisation, a instrumenté un détournement de fonds méthodique.
Le scénario était bien calculé : officiellement, l’ACFPE aurait recruté un “cabinet informatique” pour saisir les noms des candidats et traiter les dossiers. Dans les faits, Monga Aubin et son équipe ont recruté quelques agents de saisie à la volée dans les quartiers, puis se sont enfermés dans les bureaux pour effectuer eux-mêmes la majorité du travail.
La raison de cette monopolisation ? Une manne financière alléchante. Chaque fiche de candidat saisi rapporte 500 FCFA. Avec 11 000 candidatures, c’est un pactole de 5,5 millions de francs CFA qui était en jeu. Les cadres de la direction de la Formation, pourtant bien rémunérés, n’ont pas résisté à l’appât du gain. Ils ont écarté les autres agents de l’ACFPE et se sont partagé le gâteau entre amis et complices.
Pire encore, les quelques agents externes qu’ils avaient recrutés se sont fait duper. On leur avait promis 500 FCFA par fiche, mais au moment du paiement, ils n’ont reçu que 350 FCFA. Une différence de 150 FCFA empochée par les organisateurs de cette fraude. Une fausseté pure qui transforme un projet humanitaire en racket organisé.
Parmi les acteurs de cette dérive, on retrouve également Kizima Guy, chef de service de la Formation Continue, complice de ce système de captation des fonds. Le chef de projet ICOMPETE, nouvellement recruté et inexpérimenté, a été complètement manipulé et écarté par ces vieux routiers de la corruption administrative.
Un affichage dans le chaos : samedi 11h pour composer dimanche….
Après des heures de saisie clandestine dans les bureaux fermés de la direction de la Formation, le samedi précédent, vers 11 heures du matin, l’ACFPE a finalement affiché la liste des candidats admis à composer. Mais au lieu de respecter les procédures habituelles qui exigent un affichage trois à quatre jours avant le test, et surtout un affichage dans tous les centres de composition, la direction a choisi le chaos.
Un seul point d’affichage : le siège de l’ACFPE au centre-ville de Bangui. Des centaines de jeunes, arrivés dès 6 heures du matin, ont dû attendre cinq heures sous le soleil pour découvrir si leur nom figurait sur les listes. Certains agents ont finalement pris l’initiative d’aller afficher les listes dans quelques lycées (Boganda, Bimbo, Miskine) dans l’après-midi, mais le mal était fait.
Et la composition ? Fixée au dimanche, soit moins de 24 heures après l’affichage. Un délai dérisoire qui traduit l’improvisation totale de l’organisation. C’est également le samedi, à la dernière minute, que les responsables de l’ACFPE sont allés négocier avec les proviseurs de lycées pour obtenir des salles de classe. Aucun contrat n’avait été signé au préalable, aucune préparation n’avait été faite.
Résultat : les candidats se sont retrouvés dans des salles sales, non nettoyées. Les récentes pluies avaient rendu les locaux boueux et insalubres. Normalement, les établissements scolaires auraient eu le temps de préparer leurs installations, de nettoyer les tables et les chaises. Mais avec un préavis de quelques heures, impossible d’assurer des conditions décentes de composition.
Des listes catastrophiques : même numéro pour cinq candidats….
Lorsque les candidats ont pu consulter les listes, l’horreur a continué. Les noms n’étaient pas classés par ordre alphabétique. Pour vérifier si son nom figurait, un candidat dont le patronyme commence par “B” devait parcourir l’intégralité de la liste, car les noms étaient mélangés dans un désordre absolu : A, puis Z, puis E, puis P…
Comment un service informatique peut-il produire un tel résultat ? C’est la question que se posent encore aujourd’hui les agents de l’ACFPE écartés du processus. La réponse est simple : ceux qui ont effectué la saisie dans la précipitation et le secret n’avaient qu’un objectif, toucher leur 500 FCFA par fiche, pas produire un travail de qualité.
Autre aberration qui défie l’entendement : plusieurs candidats se sont retrouvés avec le même numéro d’enregistrement. Dans certains cas, quatre à cinq personnes portaient le numéro 555, par exemple. Une situation du jamais vue qui traduit l’amateurisme total du système mis en place.
Les omissions ont été massives. Des milliers de candidats qui avaient déposé leur dossier dans les délais ne figuraient nulle part sur les listes. Face à l’afflux de réclamations, l’ACFPE a dû créer en catastrophe un service de contentieux. Ces jeunes omis ont été autorisés à composer, mais leur avenir reste incertain : leurs noms ayant été exclus du système, rien ne garantit que leurs copies seront prises en compte lors de la correction.
Le dimanche de la honte : des candidats perdus dans Bangui….
Le jour de la composition a été le théâtre d’un chaos indescriptible. Les candidats ont couru dans tous les sens, cherchant désespérément leur centre d’examen. Les listes mal organisées ne précisaient pas clairement les affectations. Des jeunes habitant du quartier Bimbo ont dû parcourir 10 kilomètres pour se retrouver à Boganda, d’autres de Ouango ou Kassaï se sont retrouvés au PK16. Sans information claire, sans organisation logique par quartier de résidence, le dimanche s’est transformé en calvaire pour ces candidats déjà éprouvés par la vie.
Dans les centres de composition, le spectacle était tout aussi désolant. Salles bondées, bureaux sales, désorganisation totale. Monga Aubin, directeur de la Formation, au lieu de rassurer les candidats perdus et stressés, s’est montré agressif. Au lieu d’apaiser les tensions et de reconnaître les défaillances du système, il s’en est pris aux jeunes qui cherchaient leurs noms, grondant même sur certains personnels de l’ACFPE tentant de gérer le chaos.
Népotisme et complaisance : un projet familial….
Derrière ce désastre organisationnel se cache une réalité bien connue en Centrafrique : le népotisme et la gestion clanique des institutions publiques. Le projet ICOMPETE n’échappe pas à cette règle. Les postes clés sont occupés par des proches de la directrice générale Renée Bimbo et de sa sœur, la ministre Annie-Michelle Mouanga.
Mbalanga Evodie tient son poste uniquement grâce à sa relation avec Aristide Ganabo. Les membres de l’équipe du projet sont des amis, des parents, des obligés. Le mérite et la compétence n’entrent pas en ligne de compte. Ce qui compte, c’est la proximité avec le pouvoir et la possibilité de s’enrichir rapidement sur le dos d’un projet financé par la Banque mondiale.
Les véritables agents de l’ACFPE, ceux qui connaissent les procédures et qui auraient pu assurer une gestion saine du projet, ont été écartés. Ils n’ont pas été associés au processus, car leur présence aurait rendu plus difficile les détournements et les magouilles. Le personnel qualifié a été mis à l’écart pendant que des incompétents et des corrompus se partageaient le butin.
La correction : un nouveau scandale en gestation ?
Depuis le lundi suivant la composition, la phase de correction a débuté. Mais après le chaos de la saisie, de l’affichage et de la composition, peut-on espérer une correction impartiale ? Les mêmes personnes qui ont monopolisé la saisie dans leurs bureaux vont-elles assurer une correction transparente ?
Les questions se multiplient. Comment seront traitées les copies des candidats omis qui ont finalement composé ? Leurs noms n’étant pas dans le système, leurs résultats seront-ils validés ? Ou servira-t-on la pirouette habituelle : “Désolé, vous n’avez pas réussi” ?
Les milliers de jeunes qui se sont présentés après la clôture du délai, victimes d’une communication défaillante, seront-ils purement et simplement oubliés ? L’ACFPE prendra-t-elle la responsabilité de rouvrir un second cycle d’inscription avec une communication digne de ce nom ?
L’indifférence coupable de la hiérarchie….
Face à cette accumulation de dysfonctionnements, d’irrégularités et de détournements, la direction de l’ACFPE et le ministère du Travail brillent par leur silence. Renée Bimbo et sa sœur Annie-Michelle Mouanga n’ont pris aucune mesure corrective. Aucune enquête interne n’a été diligentée. Aucun responsable n’a été sanctionné.
Au contraire, le vendredi précédant la composition chaotique, après une réunion avec les représentants syndicaux de l’ACFPE, la direction a infligé une mise à pied de huit jours à cinq délégués du personnel. Ces représentants, qui défendent les droits des agents de l’ACFPE et dénoncent les dérives, ont été punis. Une mise à pied qui aura des conséquences financières sur leurs salaires, alors que les véritables responsables du chaos – Mbalanga Evodie, Monga Aubin, Kizima Guy et leurs complices – continuent de travailler tranquillement, protégés par leurs réseaux.
Cette inversion des sanctions est révélatrice d’un système où les lanceurs d’alerte sont punis pendant que les corrompus sont récompensés.
Un gâchis humain et financier….
Le projet ICOMPETE devait être une chance pour des milliers de jeunes centrafricains. Avec les crises successives qui ont déchiré le pays, des générations entières ont été privées d’éducation. Beaucoup errent dans les rues de Bangui, sans perspectives, sans avenir. Ce projet de formation professionnelle était une opportunité de leur donner des compétences, de leur ouvrir des portes, de leur redonner espoir.
Au lieu de cela, l’incompétence, la corruption et le népotisme ont transformé cette initiative en une farce tragique. Les jeunes ont été humiliés, baladés, exclus. Les millions de la Banque mondiale ont été détournés pour enrichir quelques individus sans scrupules. Les 500 FCFA par fiche de candidat, les pots-de-vin sur les contrats de location des salles, les faux cabinets informatiques : autant de petites et grandes magouilles qui, mises bout à bout, représentent des sommes considérables.
Akandji-Kombé : Touadéra a transformé la Centrafrique en goulag tropical vendu à Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/touadera-priere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Faustin Archange Touadera, diacre de son Église Baptiste Ngoubagara lors de sa prière à Dieu
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans une émission exceptionnelle sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Martin Ziguélé et Jean-François Akandji-Kombé ont dressé un réquisitoire accablant contre dix ans de présidence Touadéra. Leur diagnostic converge : la Centrafrique est devenue un “goulag tropical” où une milice étrangère contrôle tout pendant que la population s’enfonce dans la misère.
Avec un bilant économique totalement catastrophique. Martin Ziguélé s’appuie sur les chiffres de la Banque mondiale : “Quand le président Touadéra est arrivé au pouvoir en 2016, il y avait 53% des Centrafricains qui vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Dix ans après, cette proportion est passée à 67%. Sous Touadéra, la population s’est appauvrie de 15 points de plus. C’est sans appel”.
L’ancien Premier ministre compare avec d’autres pays africains : “En Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Congo, les présidents qui modifient la constitution construisent des routes, des infrastructures. Vous arrivez en Centrafrique, c’est l’inverse : la pauvreté augmente, il n’y a pas de route.”
Le constat sur les infrastructures est accablant : “Depuis que Touadéra est au pouvoir, il n’a pas reconstruit 10 kilomètres de route sur le budget national”. Martin Ziguélé raconte : “De Sibut à Bambari, 200 kilomètres, ils ont fait 16 heures. Une route qui se pratiquait en 3 heures.”
En plus, c’est un pays sans vision. Au lieu d’investir dans les routes, les écoles, les hôpitaux, le régime lance des projets fantaisistes : “Qu’est-ce que le gouvernement fait ? De la crypto-monnaie. Le sango coin, le meme coin. Cette fébrilité cache l’impuissance et l’absence de vision”.
Dans l’éducation, malgré le profil universitaire du président : “Au bout de dix ans, pas une seule université construite à l’intérieur du pays”. Dans la santé : “Pas un seul grand hôpital. C’est Dieu qui protège les Centrafricains, ce n’est pas le système de santé.”
Wagner : le mal total pour la Centrafrique. Le Professeur Akandji-Kombé qualifie Wagner de “mal total” : “Cette milice privée est comme un monstre qui a jeté ses tentacules sur la République Centrafricaine et qui aspire tout. La politique, l’économie, la sécurité”.
Le professeur décrit la condition des Centrafricains : “Dans toutes les régions où il y a la présence massive de Wagner, les Centrafricains sont réduits à l’esclavage. Il faut se souvenir de la colonisation avec des sociétés concessionnaires qui avaient droit de vie ou de mort sur les populations.C’est aujourd’hui la situation dans les provinces”.
Ziguélé dénonce un “schéma colonial” : “Wagner fonctionne dans l’économie de traite, l’économie de rente. Ils sont le centre, nous sommes la périphérie. Ils exploitent l’or, le diamant directement sans investir pour transformer”.
Avec une armée nationale sous contrôle étranger. Akandji-Kombé s’insurge : “Notre armée nationale est sous les ordres de Wagner. Il faut manquer de dignité, de sens de l’État pour accepter que ce qui représente notre sécurité dépende d’un groupuscule d’hommes sans foi ni loi”.
Pour Ziguélé, cette situation résulte d’un “poker menteur” : “La fédération de Russie nous a donné des mercenaires à la place des conseillers militaires. Aujourd’hui, c’est le chef de guerre ici.”
Pour ne pas aller loin, c’est tout simplement un président anti-national. Akandji-Kombé porte une accusation grave : “Il y a à la tête de notre pays un pouvoir anti-national par ses actions et par sa politique. Touadéra se met à vendre à la découpe son pays. Ses meilleurs amis sont tous les prédateurs du monde entier. Il est plus à l’aise dans les palais des pays du Golfe parce qu’il va vendre notre pays à vil prix”.
Ziguélé complète : “Moi, je n’arrêterai jamais de dénoncer le silence de tous par rapport à cette recolonisation de notre pays par le groupe Wagner. C’est comme le virus du sida : il entre dans les gènes, les transforme, pour affaiblir l’État, désosser l’État, désarticuler l’État”.
En fin, le pays est devenu un goulag tropical. Ziguélé emploie une métaphore forte : “Nous sommes dans un goulag, une sorte de goulag tropical. Moi je suis interdit d’expression sur la radio de mon propre pays, interdit de participation à un débat à la télévision d’État.”
L’ancien Premier ministre décrit la régression : “Regardez le chemin parcouru en renversant l’Empire, en restaurant la République, en instaurant la démocratie, en créant une alternance démocratique. Et regardez le recul aujourd’hui”.
Les médias publics sont “transformés en radio-collines” selon Ziguélé, référence aux médias rwandais qui ont diffusé la propagande du génocide.
Une Constitution taillée pour l’impunité. Akandji-Kombé dénonce la Constitution de 2023 : “On a enterré la constitution de 2016 non pas au profit d’un nouvel état de droit mais au profit d’un no man’s land juridique”.
Ziguélé précise : “Cette Constitution parle de Centrafricains d’origine, donc il y en aurait d’autres qui ne seraient pas d’origine. Elle est inacceptable”.
Le dialogue, seule issue. Face à cette situation, les deux hommes appellent au dialogue. Ziguélé : “Notre demande de dialogue n’est pas tactique. Elle va à l’essence même de la République et de la Nation. Il nous faut nous réconcilier.”
Akandji-Kombé insiste sur l’urgence : “Il y a urgence à restaurer notre pays, à le libérer. Ce que les Centrafricains vivent est un retour au temps de la colonisation. Le défi, c’est de reprendre notre destin en main.”
Ziguélé conclut par un message d’espoir : “Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour se lève toujours. Les graines que nous semons pousseront et donneront de bons fruits. Dieu nous a tout donné. Il reste que nous devons travailler sur le capital humain. Mais cela n’est possible que si nous nous faisons confiance, que si nous sommes unis, réconciliés”.
Cette intervention croisée de Ziguélé et Akandji-Kombé dresse le portrait d’un pays à la dérive sous contrôle étranger, où un président sans vision vend les ressources nationales pendant que sa population s’appauvrit massivement et que l’espace démocratique se ferme totalement.
Suite à l’embuscade de la CPC-Fondamentale à Saraïbo ayant coûté la vie à trois Wagner, six jeunes de Vakaga arrêtés par les Russes à Birao
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/11/Plusieurs-rebelles-de-la-cpc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Plusieurs-rebelles-de-la-cpc – Centrafrique : violent affrontement à 100 kilomètres de Bria, près de 50 morts
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La semaine dernière, les Mercenaires russes du groupe Wagner ont essuyé une défaite cuisante à Saraïbo. Trois d’entre eux, dont leur chef de mission, ont été tués par la CPC-Fondamentale. De retour à Birao, les Wagner ont arrêté six jeunes de l’ethnie Sara dans la ville de Birao. Ils sont accusés de détenir des armes de guerre.
En effet, la semaine dernière, le revers cuisant des mercenaires russes à Saraïbo face aux rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement-Fondamentale (CPCF) a marqué définitivement les esprit des russes. Le bilan était lourd : trois Wagner tués dont leur chef de mission, et plusieurs blessés. Les Russes avaient fui en catastrophe vers Birao.
De retour dans la ville de Birao, les Wagner tentent désormais de rejeter leur échec sur la population locale. C’est dans ce contexte qu’ils ont prétexté organiser une réunion de sécurité avec la population locale. Or, leur objectif est totalement autre. Quand les gens se sont rassemblés pour cette réunion, les mercenaires russes en ont profité pour mettre la main sur six commerçants et cultivateurs de l’ethnie Sara. Après leur arrestation, les russes ont sorti une fausse accusation de leur chapeau. Ils les ont accusé de détenir des armes de guerre en leur possession.
Les six victimes ont rejeté ces accusations. Ils affirment être de simples cultivateurs et commerçants qui n’utilisent pas d’armes. Les Russes ont refusé de les croire et les ont maintenus en détention.
Après 48 heures d’emprisonnement, les Wagner ont fixé un ultimatum : soit les détenus sortent les armes qu’ils cacheraient prétendument, soit ils doivent payer le montant de ces armes. Le prix fixé par les mercenaires russes : 430 000 francs CFA par personne.
Ces pauvres cultivateurs n’ont pas une telle somme. Finalement, les parents de deux des victimes ont réussi à réunir des fonds. Ils sont allés payer aux mains des mercenaires russes les 430 000 francs CFA par personne. Les Russes ont libéré ces deux jeunes.
Il reste quatre autres détenus, tous des cultivateurs. Les Russes refusent de les relâcher. Et pour aggraver leur situation, les Wagner ont ajouté une nouvelle accusation contre eux. Selon les mercenaires russes, ce seraient ces quatre hommes qui auraient trahi leur position aux rebelles de la CPC-Fondamentale.
Les Russes soutiennent que lorsqu’ils avaient quitté Birao pour attaquer les positions de la CPC-Fondamentale à Saraïbo, les rebelles étaient déjà bien informés de leur arrivée. Ils avaient pu se positionner et tendre leur embuscade qui s’était révélée catastrophique pour les Wagner.
Actuellement, les quatre victimes arrêtées frauduleusement et illégalement par les mercenaires russes restent en détention à Birao, entre les mains des Wagner.
Dans sa lettre du 14 octobre 2025 adressée au président Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé formule une accusation d’une gravité exceptionnelle qui dépasse largement sa situation personnelle. Il accuse le régime Touadéra de pratiquer une forme de violence psychologique qui détruit non seulement les corps, mais surtout les esprits, la dignité humaine, et l’âme même des Centrafricains.
Voici les mots exacts de Dologuélé : “Il est à la fois surprenant et consternant de noter qu’au cours de cette décennie à la tête de notre pays, tous vos actes et décisions n’ont été guidés que par des sentiments négatifs : la rancune, la méchanceté, le désir d’écraser, d’humilier et de réduire à néant vos adversaires ou quiconque émet un avis qui vous contrarie. En généralisant cette pratique dans le fonctionnement de l’État, vous avez changé le logiciel éducatif des citoyens et réussi à détruire tous les fondements culturels de la société centrafricaine. Cette pratique est une forme de violence pire que la violence armée, car elle ne détruit pas seulement le corps, elle détruit la dignité de l’homme, son esprit et son mental”.
Cette analyse de Dologuélé mérite qu’on s’y arrête longuement. Ce qu’il décrit ici n’est pas simplement de la répression politique classique. Ce n’est pas simplement de l’autoritarisme ordinaire. C’est quelque chose de plus profond, de plus insidieux, de plus destructeur : une violence psychologique institutionnalisée qui vise à briser l’esprit des citoyens, à détruire leur dignité, à les réduire à l’état de masses apeurées et soumises.
Dologuélé identifie les sentiments qui guident tous les actes de Touadéra : la rancune, la méchanceté, le désir d’écraser, d’humilier, de réduire à néant. Ce ne sont pas des motivations politiques rationnelles. Ce ne sont pas des stratégies de gouvernance. Ce sont des pulsions destructrices, des affects négatifs qui transforment l’exercice du pouvoir en une entreprise de démolition psychologique des adversaires et de tous ceux qui osent exprimer un désaccord.
La rancune d’abord. Touadéra ne pardonne jamais. Il n’oublie jamais. Chaque critique, chaque opposition, chaque désaccord est enregistré, catalogué, conservé dans sa mémoire comme une offense personnelle qui appelle vengeance. Des années peuvent passer, mais la rancune reste intacte. Et un jour, quand l’occasion se présente, la vengeance tombe. Brutale. Disproportionnée. Implacable, exactement comme il l’a fait avec l’ancien Président François Bozizé.
La méchanceté ensuite. Pas simplement la dureté ou la fermeté qu’on pourrait attendre d’un dirigeant. Non, une méchanceté gratuite, un plaisir pris à faire souffrir, à humilier, à détruire. Dologuélé parle d’une “image de méchanceté primitive qui commence à coller à la peau” de Touadéra. Primitive, c’est le mot juste. Une cruauté instinctive, non raffinée, qui ne cherche même pas à se justifier par des raisons d’État.
Le désir d’écraser, d’humilier, de réduire à néant. Touadéra ne cherche pas simplement à neutraliser ses adversaires, à les écarter de la scène politique. Il veut les détruire complètement. Les anéantir. Les effacer. Les réduire au silence définitif. Et surtout, les humilier publiquement avant de les éliminer. Parce que l’humiliation fait partie du processus. Elle est essentielle. Elle sert d’exemple aux autres. Elle dit : voilà ce qui arrive à ceux qui osent s’opposer à moi.
Mais ce qui est encore plus grave, selon Dologuélé, c’est que Touadéra a “généralisé cette pratique dans le fonctionnement de l’État”. La violence psychologique n’est pas réservée aux opposants politiques de haut niveau. Elle est devenue la norme dans toutes les institutions. Tous les fonctionnaires, tous les agents de l’État, tous les citoyens qui interagissent avec l’administration sont soumis à cette violence.
Les Centrafricains qui vont dans les ministères sont humiliés par des fonctionnaires qui ont appris que l’humiliation est la manière normale de traiter les citoyens. Les enseignants contractuels qui demandent leurs salaires sont écrasés par une administration qui trouve normal de les laisser sans revenus pendant des mois. Les malades qui cherchent des soins dans les hôpitaux publics sont traités avec mépris par un système qui ne voit en eux que des nuisances. Les commerçants sont rackettés par des agents qui considèrent que leur pouvoir leur donne le droit d’écraser économiquement les faibles.
Cette généralisation de la violence psychologique dans tout l’appareil d’État a, selon Dologuélé, “changé le logiciel éducatif des citoyens”. Cette expression est puissante. Le “logiciel éducatif”, c’est la manière dont une société apprend à ses membres comment se comporter, quelles valeurs adopter, comment interagir les uns avec les autres.
Avant Touadéra, le logiciel éducatif centrafricain, malgré toutes ses imperfections, contenait encore des valeurs de solidarité, de respect mutuel, de dignité humaine. On apprenait aux enfants à respecter les aînés, à aider les faibles, à dire la vérité, à tenir ses engagements. Ces valeurs étaient transmises dans les familles, dans les écoles, dans les églises.
Touadéra a reprogrammé ce logiciel. Le nouveau programme apprend aux Centrafricains que la force écrase le droit, que l’humiliation est normale, que le mensonge est acceptable si on a le pouvoir, que la trahison est récompensée, que la cruauté est une vertu si elle sert le pouvoir. Les enfants qui grandissent sous le régime Touadéra apprennent que pour réussir dans la vie, il faut être prêt à écraser les autres, à mentir, à voler, à trahir.
Dologuélé va encore plus loin : Touadéra a “réussi à détruire tous les fondements culturels de la société centrafricaine”. Les fondements culturels, ce sont les croyances profondes, les valeurs partagées, les normes sociales qui permettent à une société de fonctionner, de maintenir sa cohésion, de se reproduire génération après génération.
Quand ces fondements sont détruits, la société se fragmente. Les gens ne se font plus confiance. Les familles se déchirent. Les communautés se divisent. Chacun devient un loup pour les autres. La loi de la jungle remplace les règles sociales. C’est exactement ce qu’on observe en Centrafrique aujourd’hui après dix ans de Touadéra.
Mais l’accusation la plus grave de Dologuélé est celle-ci : “Cette pratique est une forme de violence pire que la violence armée, car elle ne détruit pas seulement le corps, elle détruit la dignité de l’homme, son esprit et son mental
Pire que la violence armée. Réfléchissons à ce que cela signifie. La violence armée tue, mutile, fait souffrir physiquement. C’est horrible. C’est condamnable. Mais selon Dologuélé, la violence psychologique pratiquée par Touadéra est encore pire. Pourquoi ?
Parce qu’un corps blessé peut guérir. Un corps mutilé peut s’adapter. Même un corps mort ne souffre plus. Mais un esprit détruit, une dignité anéantie, un mental brisé, cela ne guérit pas facilement. Cela laisse des cicatrices invisibles mais profondes qui durent toute une vie, qui se transmettent même aux générations suivantes.
La violence psychologique tue quelque chose de plus fondamental que le corps : elle tue l’humanité de la personne. Elle détruit sa capacité à se voir comme un être humain digne de respect. Elle brise sa confiance en elle-même, sa confiance dans les autres, sa confiance dans la possibilité même d’une vie meilleure.
Quand Touadéra humilie publiquement un opposant, quand il le déclare apatride après des années de service à la nation, quand il le persécute méthodiquement pendant des années, il ne cherche pas simplement à l’éliminer de la scène politique. Il cherche à briser son esprit, à détruire sa dignité, à le réduire psychologiquement à rien.
Et les millions de Centrafricains qui observent ce spectacle apprennent la leçon : voilà ce qui arrive à ceux qui osent défier le pouvoir. Ils apprennent à courber l’échine, à accepter l’inacceptable, à vivre dans la peur permanente. Leur esprit est dressé comme on dresse un animal : par la peur de la punition, par l’humiliation répétée, par la destruction de toute velléité de résistance.
Cette violence psychologique a des conséquences concrètes sur la société centrafricaine. Dologuélé l’identifie clairement : “Du fait des pratiques de votre régime, la politique est devenue dans l’imaginaire collectif centrafricain synonyme de tout ce que l’on réprouve : mensonge, manipulation, intérêts personnels, trahison, injustice, violence, roublardise, corruption, débauche, machiavélisme…”
La politique, qui devrait être l’art de gouverner pour le bien commun, est devenue synonyme de toutes les pires qualités humaines. Les jeunes Centrafricains qui observent la scène politique ne voient que des menteurs, des manipulateurs, des voleurs, des traîtres. Comment voulez-vous qu’ils aient envie de s’engager en politique ? Comment voulez-vous qu’ils croient encore en la possibilité d’un changement positif ?
Cette destruction de l’image de la politique est peut-être le crime le plus grave de Touadéra. Parce qu’elle hypothèque l’avenir du pays. Si les jeunes Centrafricains associent la politique au mensonge et à la corruption, ils n’essaieront jamais de changer le système. Ils deviendront cyniques, apathiques, résignés. Ou pire, ils décideront que pour réussir en politique, il faut être encore plus menteur, encore plus corrompu, encore plus cruel que Touadéra.
La violence psychologique institutionnalisée par Touadéra crée ainsi un cercle vicieux qui menace de détruire durablement la société centrafricaine. Les valeurs morales sont inversées. Le vice devient vertu. La cruauté devient force. La trahison devient intelligence. Et les jeunes générations intériorisent ces valeurs inversées.
Dologuélé, dans sa lettre, identifie aussi le paradoxe le plus choquant du régime Touadéra : les démonstrations publiques de piété religieuse. “Vous nous habituez pourtant à visionner sur les réseaux sociaux des scènes de démonstration publique de votre piété et de votre dévotion à l’Éternel, notamment la dernière qui vous montre à genoux, en train de recevoir la bénédiction de pasteurs et de dignitaires religieux. Mais ces scènes sont malheureusement aux antipodes des réalités que vous faites vivre aux Centrafricains.
L’accusation de Dologuélé est donc bien plus qu’une plainte personnelle d’un opposant persécuté. C’est un diagnostic lucide sur la nature profonde du régime Touadéra et sur les dégâts qu’il inflige à la société centrafricaine. C’est aussi un avertissement : si nous ne mettons pas fin à cette violence psychologique institutionnalisée, elle détruira durablement l’âme de la nation centrafricaine.
Le BRDC exige des poursuites après le rapport accablant sur les hydrocarbures
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le porte-parole du BRDC, le député de Bocaranga 3 Martin Ziguelé lors de la conférence de presse de l’opposition démocratique à Bangui le 25 septembre 2025. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution monte au créneau. Dans un communiqué rendu public le 11 novembre 2025, la coalition de l’opposition démocratique centrafricaine réagit vivement au rapport du GI-TOC sur la gestion mafieuse du secteur pétrolier et exige que la justice centrafricaine se saisisse de l’affaire.
Ce qui indigne particulièrement l’opposition, c’est l’absence totale de réaction du gouvernement. Depuis la publication début novembre du rapport de l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale, aucune déclaration officielle n’a été faite. Pire encore, sur le plan judiciaire, aucune enquête ne semble avoir été ouverte malgré les accusations de dilapidation de deniers publics.
« Paradoxalement, aucune réaction officielle du gouvernement n’a encore été enregistrée à ce jour », constate le BRDC dans son communiqué. Ce mutisme face à des allégations aussi graves interroge. Quand un organisme international parle de gestion « mafieuse » et d’implication « profonde » de l’État dans la criminalité organisée, le silence vaut réponse.
La coalition d’opposition rappelle que ces révélations ne sortent pas de nulle part. Plusieurs missions du Fonds Monétaire International ont demandé avec insistance au gouvernement de revoir la structure des prix des hydrocarbures, qui demeurent les plus élevés d’Afrique centrale. Ces experts internationaux réclamaient également un retour au niveau des ressources fiscales liées aux hydrocarbures historiquement inscrit au budget général de l’État. Mais ces recommandations ont été méthodiquement ignorées par le régime Touadéra.
Pour le BRDC, la persistance de prix exorbitants alors que les recettes budgétaires continuent de fondre année après année prouve la non-transparence des politiques publiques dans le secteur pétrolier. Une opacité qui se retrouve également dans d’autres domaines comme les mines et les forêts, précise le communiqué.
Devant cette situation, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution formule des exigences claires. La coalition demande que les institutions nationales de contrôle et la justice centrafricaine s’autosaisissent de cette affaire « afin que toute la lumière soit faite dans le cadre du devoir de reddition qui est un principe cardinal en République ». Cette demande d’auto-saisine traduit le peu de confiance de l’opposition dans la volonté du pouvoir de faire la lumière sur ces allégations. En l’absence de plainte formelle ou de pression Politique, les autorités judiciaires devront prendre l’initiative si elles veulent que justice soit faite.
Le communiqué du BRDC ne se contente pas de réclamer des enquêtes. Il condamne « avec la plus grande fermeté toute forme avérée d’institutionnalisation de la mafia dans la gestion de la chose publique ». Une formulation qui pointe directement la transformation de l’appareil d’État en instrument de captation de ressources au profit d’un clan. Martin Ziguélé, Crépin Mboli-Goumba, Nicolas Tiangaye, Mahamat Kamoun et autres se disent solidaires du peuple centrafricain qui souffre du chômage, de la vie chère, de la précarité quotidienne, de la maladie et du délabrement des infrastructures routières. Autant de maux aggravés par la dilapidation des ressources publiques dénoncée dans le rapport du GI-TOC.
Le BRDC va plus loin en rendant le président Touadéra personnellement responsable de « la montée en flèche de la misère dans notre pays depuis dix années consécutives ». L’opposition accuse le chef de l’État d’avoir pour « seule obsession désormais connue la confiscation du pouvoir de l’État ». Le rapport du GI-TOC estime les pertes fiscales à 30 millions de dollars, soit plus de 17 milliards de francs CFA détournés par des systèmes opaques au profit de proches du pouvoir nommément cités. Cette prise de position du BRDC place les institutions centrafricaines face à leurs responsabilités et leur degré d’indépendance face au pouvoir exécutif.
Lors de l’émission débat Patara diffusée sur la radio Ndèkè -Luka, Elysée Nguimalé de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique a dénoncé la mainmise du pouvoir exécutif sur les institutions censées garantir l’équilibre démocratique. Selon lui, la Constitution de 2023 a restructuré le Conseil constitutionnel et l’Autorité Nationale des Élections (ANE) de manière à les placer sous le contrôle du président Touadéra.
Elysée Nguimalé commence par comparer les deux textes constitutionnels : “Dans la constitution de 2016, la composition du Conseil constitutionnel était au moins équilibrée avec neuf membres. Il n’y a que deux, peut-être trois, qui sont issus des autorités politiques parce que le Président de la République nomme un membre, le Président de l’Assemblée nomme un membre et il y avait le Sénat aussi. Donc ça fait trois qui viennent de l’autorité politique et les six sont issus des entités vraiment indépendantes qui les ont choisies. Mais tel n’est pas le cas pour le conseil constitutionnel actuel”.
Cette différence de composition est au cœur du problème selon Nguimalé. La Constitution de 2016 garantissait une majorité de membres nommés par des entités indépendantes – enseignants, magistrats, avocats. La Constitution de 2023 inverse cet équilibre en donnant la majorité au pouvoir politique.
Le résultat est sans appel : “C’est pourquoi aujourd’hui, le BRDC demande que ces institutions-là soient réformées”. Cette exigence de réforme témoigne de la perte de crédibilité de ces organes censés superviser le processus démocratique.
Elysée Nguimalé insiste sur le caractère systématique du problème : “C’est le plan institutionnel. Voilà le problème de Conseil constitutionnel et de l’ANE, ça pose problème au regard de la nouvelle constitution”. Les deux institutions clés – celle qui tranche les litiges constitutionnels et celle qui organise les Élections, souffrent du même vice : une composition qui favorise le pouvoir en place.
L’opposition maintient une pression constante sur cette question : “Nous pouvons aller dans ce sens en demandant, comme l’opposition même du BRDC continue de demander, la refonte même du conseil constitutionnel et de l’ANE. Tout cela aussi pose un certain nombre de questions sur la clarté et la crédibilité des institutions mises en cause”.
Le manque de clarté et de crédibilité n’est pas accidentel. Il découle directement des choix opérés dans la Constitution de 2023. En restructurant ces institutions de manière à les aligner sur les intérêts du pouvoir exécutif, le texte fondamental les a rendues partiales.
Elysée Nguimalé identifie le mécanisme précis de cette partialité : “Pour le pouvoir public, vous savez qu’il y a une majorité, c’est un pouvoir qui est fixé par la constitution. Et c’est ça. Et c’est la majorité, si le pouvoir a déjà la majorité, c’est ça qui cause le problème”.
La Constitution de 2023 donne au pouvoir public une majorité structurelle dans la composition du Conseil constitutionnel. Cette domination mathématique garantit que les décisions de l’institution pencheront systématiquement en faveur du régime.
William Ndjapou tente de défendre l’indépendance du Conseil en arguant que ses membres sont désignés par des entités indépendantes : enseignants, magistrats, avocats. Nguimalé rejette cet argument : “Vous pensez que pour le BRDC, les enseignants vont aller changer, les magistrats également, les avocats également. Mais cette désignation n’est pas faite par le pouvoir public, ce sont des entités qui constituent le conseil constitutionnel.”
Cette réponse pointe du doigt la différence entre l’apparence et la réalité. Formellement, des entités indépendantes désignent certains membres. Mais structurellement, la Constitution donne au pouvoir public une majorité qui annule cette pseudo-indépendance.
Ndjapou mentionne que le Conseil constitutionnel est “déjà opérationnel” et que “les autres institutions se mettent progressivement en place”. Mais il ne répond pas aux accusations de partialité ou de manque d’indépendance. Cette absence de contre-argument renforce les critiques de Elysée Nguimalé.
La question du Conseil constitutionnel et de l’ANE cristallise les défauts de la Constitution de 2023. Ces deux institutions jouent un rôle capital : l’une interprète la Constitution et tranche les litiges électoraux, l’autre organise matériellement les scrutins. Si elles sont sous contrôle du pouvoir en place, aucune élection ne peut être libre et transparente.
La composition déséquilibrée du Conseil constitutionnel contraste directement avec la Constitution de 2016 qui assurait une majorité de nominations indépendantes. Cette régression institutionnelle n’est pas accidentelle : elle vise à garantir que le Conseil valide systématiquement les décisions du pouvoir.
L’influence politique excessive dans ces institutions compromet leur impartialité. Quand le pouvoir nomme la majorité des membres du Conseil constitutionnel, comment espérer que cet organe le sanctionne en cas de violation constitutionnelle?
Cette perte de confiance affecte toute la crédibilité du processus démocratique. Des Élections supervisées par une ANE sous contrôle politique et dont les résultats sont validés par un Conseil constitutionnel aux mains du pouvoir ne peuvent convaincre personne de leur sincérité.
Les demandes répétées du BRDC et de l’opposition pour une refonte de ces institutions témoignent de leur rejet par les forces démocratiques. Ces organisations comprennent qu’aucun progrès n’est possible tant que les institutions censées garantir l’équilibre des pouvoirs restent sous la coupe de l’exécutif.
La Constitution de 2023 apparaît ainsi comme un texte conçu pour verrouiller le système politique au profit du président Touadéra. En s’assurant le contrôle du Conseil constitutionnel et de l’ANE, le régime se garantit qu’aucune contestation institutionnelle ne pourra prospérer.
Cette critique du Conseil constitutionnel et de l’ANE s’inscrit dans une méfiance plus large envers la Constitution de 2023, perçue comme un outil de consolidation du pouvoir présidentiel. Suppression des garde-fous anti-corruption, réhabilitation des criminels économiques, bradage des ressources, et maintenant contrôle des institutions de régulation – tout concourt à renforcer l’autoritarisme.
Les Élections de décembre 2025 se dérouleront donc sous la supervision d’institutions biaisées. Le Conseil constitutionnel validera probablement tous les choix du pouvoir. L’ANE organisera le scrutin selon les directives présidentielles. Et l’opposition devra constater son impuissance face à cette architecture institutionnelle verrouillée.
Tant que la Constitution de 2023 restera en vigueur avec ses institutions aux mains du pouvoir, la République centrafricaine ne pourra prétendre à une vie démocratique normale. Les appels du BRDC et de la société civile pour une refonte du Conseil constitutionnel et de l’ANE resteront lettre morte tant que ce texte fondamental garantira la domination présidentielle sur tous les contre-pouvoirs.
Sam-Ouandja : quand Wagner coupe les réseaux téléphoniques et Internet pendant 21 jours
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Pylone-reseau-telephonique-mobile-GSM.jpg” data-wpel-link=”internal”>Pylone de réseau téléphonique mobile GSM
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la ville de Sam-Ouandja, située dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la RCA, les Mercenaires russes de Wagner ont coupé les réseaux téléphoniques et Internet pendant 21 jours. Ils viennent de les rétablir il y a quelques jours. Pourquoi ces mercenaires coupent-ils les réseaux à leur volonté ?
Ce n’est pas seulement à Sam-Ouandja. Partout dans le pays, dès qu’ils veulent faire une opération, ils coupent les réseaux téléphoniques. La nuit, ils partent et coupent les réseaux. Dès qu’ils veulent arriver dans un village ou dans une ville, ils coupent les réseaux.
C’est une technique connue de tous les groupes armés et des rebelles. Dès que les réseaux coupent, les rebelles savent que les mercenaires russes sont déjà arrivés et qu’ils préparent des opérations.
Pour Wagner, les rebelles ont leurs informateurs dans les villes. Donc dès qu’ils arrivent ou dès qu’ils partent pour faire des opérations, ces informateurs vont appeler les rebelles pour les prévenir qu’il va se passer quelque chose. C’est pour cette raison qu’ils coupent les réseaux.
Mais à Sam-Ouandja, ça a duré 21 jours. Pas de téléphone. Pas de réseau internet. Rien. Ils ont tout coupé.
Voilà comment les mercenaires russes agissent dans le pays. Pour eux, le pays n’est rien. Ils font ce qu’ils veulent. Priver la population de communication, ils s’en fichent.
Pour aller attaquer les rebelles du PRNC, ils ont décidé de couper les réseaux. Donc ils ont coupé les réseaux, ils sont partis fouiller jusqu’à retrouver l’ancienne base des rebelles du PRNC.
Sauf que les rebelles du PRNC ne restent jamais longtemps au même endroit. Quand ils font une base, c’est juste pour 3 ou 4 jours, puis ils changent. Ils se déplacent constamment.
Wagner est arrivé à l’ancienne base. Ils n’ont trouvé personne. Alors ils ont tiré des armes en l’air pendant plus d’une heure, peut-être deux heures. Ils ont tiré, tiré, tiré. Et après ils sont rentrés.
Pour Wagner, le réseau téléphonique est leur principal ennemi. Parce que parfois quand ils vont sur le terrain, les rebelles les prennent en embuscade. Wagner pense qu’on les a trahis. Qu’on a appelé les rebelles pour les prévenir.
Parfois lors de ces embuscades, des mercenaires russes sont tués. Ils ont peur. Leur seul moyen de se protéger, c’est de couper les communications. Mais même comme ça, ils ont du mal à faire face à ces groupes armés sur le terrain.
Cette coupure des réseaux pendant 21 jours à Sam-Ouandja a eu des conséquences graves pour la population. Les habitants ne pouvaient plus appeler leurs proches. Les commerçants ne pouvaient plus passer leurs commandes ou recevoir des transferts d’argent par mobile money.
Et qui a autorisé Wagner à couper les réseaux ? L’opérateur Orange, Télécel et Moov sont des entreprises privées. Wagner n’a aucune autorité légale pour ordonner à Orange de couper ses services. Seul l’État centrafricain pourrait légalement demander une telle coupure, et seulement dans des circonstances exceptionnelles très strictement encadrées par la loi.
Mais Wagner n’a pas besoin d’autorisation. Les mercenaires russes font ce qu’ils veulent en Centrafrique. Ils ordonnent. Et les opérateurs téléphoniques obéissent. Parce que tout le monde a peur de Wagner.
DDRR : Les membres du comité consultatif paralysent la coordination de Bangui pour réclamer près de deux ans d’arriérés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/Entree-du-ministere-du-DDRR-bloquee-par-les-grevistes.jpg” data-wpel-link=”internal”>Entrée de la coordination du DDRR bloquée par les grèvistes, membres du comité consultatif du suivi du désarmement à Bangui. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La coordination du Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR) à Bangui a de nouveau été bloquée ce mardi 11 novembre par les membres de son comité consultatif de suivi, mécontentés par près de deux ans d’impayés de leurs indemnités.
Les grèves se succèdent sans que les autorités ne trouvent de solution pérenne. Mardi 11 novembre dernier, les membres du comité consultatif du suivi du DDRR ont totalement paralysé, dès 8 heures du matin, l’accès à la coordination, brandissant une revendication aussi légitime qu’urgente : le paiement de leurs arriérés d’indemnités accumulés depuis bientôt deux ans.
Selon les représentants des grévistes contactés par la rédaction de CNC, ces agents se heurtent automatiquement au même scénario spectaculaire. Quand ils sollicitent le coordinateur, la réponse est invariablement la même : “revenez demain”. Et ce “demain” n’arrive jamais. Depuis près de deux ans, cette litanie de promesses creuses se répète, transformant l’espoir en amertume.
Les démarches auprès du Trésor public et du ministère des Finances n’ont pas donné plus de résultats. Aucune perspective de règlement ne se profile à l’horizon. Face à cette impasse administrative, la grève s’impose comme l’ultime recours pour des agents qui sacrifient leur temps au service d’un programme que l’État semble incapable de financer correctement.
Le paradoxe est étonnant : comment peut-on poursuivre un programme aussi stratégique que le DDRR sans honorer les engagements envers ceux qui le font fonctionner ? Si les caisses sont vides au point de ne pouvoir payer les membres du comité consultatif, la question mérite d’être posée : l’État centrafricain a-t-il les moyens de ses ambitions en matière de désarmement et de réintégration des ex-combattants ?
La récurrence de ces mouvements de grève confirme une gestion chaotique du DDRR, programme pourtant capital pour la stabilisation du pays. Tant que cette question salariale ne sera pas réglée, les paralysies continueront, compromettant davantage un processus déjà fragile.
Dans les nouvelles comme dans la rue, on parle souvent de croissance, d’investissement ou de taux d’intérêt mais bien plus rarement de ce qui soutient tout cela : la connaissance. La stabilité économique ne vient pas seulement des grandes décisions politiques ou des marchés internationaux, mais aussi et peut-être surtout de l’éducation financière des citoyens.
Si l’argent circule plus vite que l’information, comprendre les bases de la gestion, de l’épargne et de l’investissement devient une forme de pouvoir tranquille. Ce savoir, une fois diffusé, crée les fondations d’une économie durable et résiliente.
Le savoir comme moteur d’indépendance
Apprendre à gérer son budget, à anticiper les imprévus, à distinguer un placement risqué d’un investissement solide, voilà des compétences autrefois réservées aux initiés. Aujourd’hui, elles deviennent indispensables à chacun. L’école, les médias, les associations et même les réseaux sociaux participent à cette démocratisation des savoirs économiques.
Et la curiosité joue un grand rôle. Beaucoup de jeunes, par exemple, découvrent la finance à travers des sujets plus concrets ou inspirants : l’immobilier, les start-ups ou les cryptomonnaies. Ces dernières, souvent perçues comme complexes, offrent pourtant un formidable terrain d’apprentissage.
Savoir dans quelle crypto-monnaie investir n’est pas seulement une question de rentabilité, c’est aussi une manière d’apprendre à évaluer un marché, à suivre des tendances, à mesurer le risque, bref, à développer une forme d’intelligence économique accessible à tous.
En Centrafrique, cette ouverture vers de nouvelles formes de finance pourrait d’ailleurs jouer un rôle clé dans la structuration d’une économie plus autonome, moins dépendante des grands circuits bancaires traditionnels.
De la théorie à la pratique : une culture à construire
L’éducation financière ne doit pas rester dans les manuels. Elle prend vie dans les gestes du quotidien : savoir comparer les offres de crédit, planifier un projet professionnel ou simplement comprendre sa fiche de paie.
Ce qui manque souvent, ce n’est pas la volonté, mais les outils. Dans bien des régions, le manque de ressources pédagogiques freine l’accès à ces connaissances. Pourtant, les initiatives locales se multiplient : programmes de sensibilisation dans les écoles, formations courtes pour adultes ou encore applications mobiles conçues pour apprendre à gérer ses finances personnelles.
Et l’effet est visible, car une population informée réagit mieux aux crises, dépense plus intelligemment et s’endette moins. Telle une chaîne vertueuse, plus les citoyens maîtrisent les mécanismes économiques, plus l’économie du pays gagne en stabilité.
Parler d’argent reste parfois tabou, mais c’est un langage qu’il faut réapprendre, dans les familles comme dans les entreprises. Ce n’est pas une question de chiffres, mais de confiance pour savoir quand investir, quand attendre et comment épargner sans se priver.
Les nouvelles générations abordent ce sujet avec moins de gêne. Elles s’informent, expérimentent, échangent et c’est cette curiosité collective qui redessine peu à peu notre rapport à la finance.
En somme
L’éducation financière n’est pas un luxe réservé aux économistes, il s’agit d’une nécessité publique. Dans un monde où les décisions individuelles ont un poids collectif, apprendre à gérer son argent, c’est aussi apprendre à stabiliser son avenir et, par extension, celui de son pays.
En Centrafrique comme ailleurs, cet apprentissage progressif peut devenir une force. Une façon d’équilibrer le présent tout en préparant demain. Car la véritable richesse, au fond, ne se compte pas seulement en chiffres, elle se construit dans la connaissance partagée et dans la confiance qu’elle inspire.
Le monde des casinos en ligne ne cesse de croître, offrant une myriade de plateformes, chacune prétendant être meilleure que la précédente. Parmi ces nombreuses options, Ma Chance Casino se démarque comme un établissement de jeu en ligne français qui attire une large base d’utilisateurs. Que vous soyez un joueur débutant ou un passionné à la recherche d’une nouvelle expérience, Ma Chance Casino mérite une attention particulière pour sa diversité de jeux, ses bonus attractifs et sa sécurité. Dans cet article, nous vous offrons une revue détaillée de ce casino, accompagnée d’une FAQ complète pour répondre à toutes vos interrogations.
Ma Chance Casino est un casino en ligne opérant principalement pour le marché francophone. Grâce à une interface conviviale et un design élégant, la plateforme parvient à combiner simplicité d’utilisation et richesse fonctionnelle. Le site propose une large gamme de jeux de casino, allant des machines à sous aux jeux de table, en passant par des options de casino en direct.
Créé avec l’objectif de proposer une expérience immersive et fluide, Ma Chance Casino s’appuie sur des logiciels développés par des fournisseurs de renom tels que Betsoft, iSoftBet, Play’n GO et bien d’autres. Cela garantit non seulement la qualité des graphismes, mais aussi l’équité des résultats.
Bonus et promotions : ce que Ma Chance Casino propose
Avant de jouer, il est naturel de se demander si le casino offre des incitations pour maximiser vos dépôts. Sur ce point, Ma Chance Casino frappe fort.
Voici les principaux types de promotions proposées par le casino :
Type de Bonus
Détails
Bonus de bienvenue
100% jusqu’à 250 € + 20 tours gratuits
Tours gratuits
Offerts régulièrement via les promotions hebdomadaires
Bonus de recharge
Disponibles pour les joueurs réguliers
Programme VIP
Récompenses exclusives, cashback, gestionnaire de compte personnel
Cette diversité de promotions permet aux joueurs de tirer pleinement parti de leur temps sur la plateforme.
Sélection de jeux : un catalogue varié et de qualité
Un bon casino en ligne se juge souvent à la qualité et à la diversité de ses jeux. Ma Chance Casino ne déçoit pas sur ce point. Avec plus de 500 titres disponibles, le site couvre tous les genres populaires.
Voici un aperçu des principales catégories de jeux proposées :
Machines à sous (slots) : Thèmes variés, jackpots progressifs, fonctionnalités spéciales.
Jeux de table : Blackjack, roulette, baccarat, poker – en version numérique ou en direct.
Casino en direct : Jeux avec croupiers en direct pour une expérience réaliste.
Jeux spécialisés : Keno, cartes à gratter, jeux instantanés.
La navigation entre les jeux est fluide, grâce à une interface bien pensée et un système de recherche efficace.
Sécurité, équité et confidentialité
La sécurité est l’un des piliers fondamentaux de l’expérience de jeu en ligne. Ma Chance Casino utilise un cryptage SSL 256 bits pour protéger les données personnelles et financières des utilisateurs. Les jeux sont régulièrement testés par des auditeurs indépendants, assurant l’équité des résultats et le respect des taux de redistribution annoncés.
De plus, le casino est licencié et réglementé par une autorité compétente, ce qui ajoute un gage supplémentaire de fiabilité.
Méthodes de paiement et retrait
Les options bancaires disponibles sont un autre point fort de Ma Chance Casino. La plateforme prend en charge une variété de méthodes de dépôt et de retrait, adaptées aux préférences des joueurs français.
Voici les principales méthodes de paiement acceptées :
Méthode
Dépôt
Retrait
Délai estimé
Carte bancaire
✔
✔
2 à 5 jours ouvrables
Virement bancaire
✔
✔
3 à 5 jours ouvrables
Cryptomonnaie (Bitcoin)
✔
✔
24 à 48 heures
Cartes prépayées
✔
✘
Dépôt instantané
Avec des délais de traitement relativement rapides et une sécurité renforcée, les opérations financières sont gérées de manière transparente et efficace.
Jouer sur mobile : une plateforme responsive
Ma Chance Casino est parfaitement optimisé pour les appareils mobiles. Que vous utilisiez un smartphone Android ou un iPhone, la navigation reste fluide, sans perte de fonctionnalités. Aucune application n’est nécessaire : le site mobile est accessible directement depuis un navigateur, ce qui permet de jouer en toute liberté, où que vous soyez.
Service client : disponible et professionnel
Un service client réactif est crucial en cas de problème ou de question. Sur ce plan, Ma Chance Casino assure un support de qualité.
Les options de contact incluent :
Chat en direct (7j/7).
Formulaire de contact.
Adresse e-mail.
Les agents sont généralement disponibles rapidement et offrent des réponses précises, que ce soit pour des questions techniques, des problèmes de retrait ou des informations sur les bonus.
FAQ
Pour répondre aux préoccupations les plus courantes, voici une FAQ complète :
Ma Chance Casino est-il légal en France ?
Oui, Ma Chance Casino est un site réglementé qui accepte les joueurs français. Il respecte les normes de sécurité et de confidentialité imposées par les autorités de jeu.
Le bonus de bienvenue est-il soumis à des conditions ?
Oui, comme tous les casinos en ligne, les bonus sont assortis de conditions de mise. Généralement, il faut miser 30 à 40 fois le montant du bonus avant de pouvoir retirer les gains.
Puis-je jouer gratuitement ?
Oui, de nombreux jeux sont disponibles en mode “démo”, ce qui permet de tester sans miser de l’argent réel.
Quels sont les délais pour retirer mes gains ?
Cela dépend de la méthode de retrait choisie. En général, les retraits par crypto ou carte bancaire sont traités entre 24h et 5 jours ouvrables.
Y a-t-il un programme de fidélité ?
Oui, Ma Chance Casino dispose d’un programme VIP sur invitation. Il offre des avantages tels que des bonus personnalisés, des limites de retrait plus élevées et un gestionnaire de compte dédié.
Notre verdict sur Ma Chance Casino
En résumé, Ma Chance Casino coche toutes les cases pour les amateurs de jeux en ligne francophones. Entre une ludothèque bien garnie, des bonus généreux, une sécurité exemplaire et un service client de qualité, la plateforme se positionne comme un acteur sérieux du marché.
Bien qu’il reste des points à améliorer, notamment sur la transparence de certaines conditions de bonus ou le nombre de jeux en direct, le bilan global reste très positif. C’est un casino qui mérite d’être testé, que vous soyez un joueur régulier ou simplement curieux de découvrir une nouvelle expérience de jeu en ligne.
Bangui, quand le ministre Bertrand Arthur Piri, invité dans une église des frères de Bégoua, annonce aux fidèles des choses dangereuses qui vont arriver après les Élections du décembre prochain. Quelle surprise ?
Le ministre en charge du développement de l’énergie et des ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri
La visite de Bertrand Arthur Piri à l’église évangélique des frères du quartier PK15, sur la route de Boali, s’est transformée la semaine dernière en un moment de malaise généralisé.
En effet, le ministre de l’Énergie et neveu du président Touadéra, également candidat aux législatives dans la circonscription de Bégoua, a tenu des propos qui ont glacé tous les fidèles de cette église des frères.
Invité exceptionnel du culte du dimanche dernier, le ministre Bertrand Arthur Piri, par ailleurs musicien et animateur radio, a pris la parole après les prières pour lancer un appel pressant aux fidèles. « Il faut beaucoup prier pour le pays », a-t-il martelé, avant d’ajouter que « ce qui va arriver après les Élections risque d’être très, très dangereux pour le pays ». Bertrand Arthur Piri est allé jusqu’à évoquer une situation « pire que celle de 2013 en Centrafrique », référence directe à la crise qui avait secoué le pays après la prise du pouvoir de la Séléka qui avait chasser le président François Bozizé du pouvoir.
Après les propos glaçants du ministre Bertrand Arthur Piri , le silence s’est abattu dans l’église. Les fidèles, venus pour un culte dominical ordinaire, se sont retrouvés face à un membre du gouvernement leur annonçant des « choses violentes » à venir après les Élections groupées de décembre.
« Ça sent très, très mal », a insisté le ministre, multipliant les appels à la prière.
Ces Élections groupées – qui doivent réunir les présidentielles, législatives, municipales et régionales, sont déjà au cœur d’une crise politique majeure. Le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro y brigue un troisième mandat, en violation de la Constitution centrafricaine de 2016 qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. C’est précisément cette candidature illégale qui cristallise les tensions et fait redouter une explosion post-électorale.
À la sortie du culte, la stupéfaction a laissé place à l’indignation. « Quelle est cette histoire ? », se demandaient les fidèles entre eux. Nombreux sont ceux qui y voient un aveu : le gouvernement serait lui-même à l’origine des crises qu’il prétend redouter.« Ils sont au pouvoir, ils ont tout. Ce sont eux-mêmes qui créent les crises », résumait un fidèle. « Ils ne veulent pas que l’opposition aille aux élections, ils créent personnellement les crises post-électorales, et maintenant ils viennent nous demander de prier pour eux ? »
La comparaison utilisée par les fidèles est cinglante : ils se sentent comme des chercheurs d’or qu’on fait travailler avant de leur confisquer le fruit de leur labeur.« Ils sont au pouvoir, ils bénéficient, ils mangent, ils construisent des immeubles partout, ils ne pensent même pas à la population. Et maintenant ils viennent demander à cette même population de prier pour eux ? Leur intérêt, c’est seulement de protéger leur richesse ».
Le contexte politique donne du poids à ces accusations. À quelques semaines des élections groupées de décembre, le pays connaît déjà une crise pré-électorale avec le boycott de l’opposition, hostile au troisième mandat du président Touadéra. Dans un climat où les tensions sont palpables et où de nombreux acteurs politiques sont écartés du processus électoral, les propos alarmistes d’un ministre en campagne prennent une résonance particulière.
« Tout le monde sait que le pays ne va pas bien », confiait un autre fidèle à la sortie de l’église. « Le pays va bien pour ceux qui sont au pouvoir. Pour le reste, c’est le chaos. Routes, écoles, rien ne fonctionne. La vie est dure et chère. Et ils viennent à l’église annoncer des mauvaises nouvelles ? »
La visite de Bertrand Arthur Piri au PK15 a donc eu l’effet inverse de celui probablement escompté. Au lieu de rassurer ou de mobiliser les fidèles, le ministre a alimenté la colère d’une population qui se sent instrumentalisée par un pouvoir qu’elle accuse de préparer le terrain d’une crise dont il serait lui-même l’artisan. En évoquant le spectre de 2013, année noire de l’histoire centrafricaine, Piri a involontairement révélé les craintes d’un régime conscient de jouer avec le feu en maintenant un troisième mandat inconstitutionnel.
Sur France 24, Touadera rebaptise Wagner “coopération sécuritaire”. Eh! Baba Kongoboro, arrête de te ridiculiser honteusement devant le monde
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Invité sur la chaîne de télévision française France 24, Faustin-Archange Touadéra a offert un numéro d’équilibriste face aux questions sur Wagner. Le président centrafricain a tout nié, tout esquivé, tout reformulé. Interrogé sur la pression de Moscou pour officialiser un accord avec Afrika Korps, la structure qui a remplacé Wagner après la mort de Prigojine , il s’est retranché derrière la dénonciation d’une « désinformation » occidentale. Puis il a exigé qu’on cesse ces « propos pour décourager les gens », avant de se réfugier dans le vocabulaire aseptisé de la diplomatie : son pays entretient une simple « coopération » avec la Fédération de Russie.
Ce mot – coopération – est devenu le paravent d’une réalité que tout le monde connaît. Derrière cette formule lisse, la Centrafrique paie désormais 10 milliards de francs CFA par mois à la société Afrika Korps. Soit 120 milliards par an. Une somme colossale pour un État qui peine à exécuter son budget. Cette facturation mensuelle ne concerne pas une hypothétique assistance technique ou une formation ponctuelle. Elle finance la présence permanente de milliers de combattants russes qui contrôlent la garde présidentielle, les sites miniers stratégiques, certaines prisons et la totalité de l’appareil sécuritaire du pays.
Wagner n’a jamais quitté le terrain. Le groupe s’est simplement rebaptisé Afrika Korps après la disparition de Prigojine, conservant les mêmes hommes, les mêmes méthodes et les mêmes zones d’influence. Nos précédentes enquêtes ont montré comment ces mercenaires opèrent dans des régions entières sans contrôle institutionnel visible, comment ils assurent la sécurité rapprochée de Touadéra, comment ils interviennent dans des affaires judiciaires ou dans la gestion de l’exploitation aurifère. Rien de tout cela n’a changé avec le nouveau nom. Seule la facture mensuelle a été officialisée.
Sur le plateau de France 24, Touadéra refuse de prononcer les mots « Wagner » ou « Afrika Korps ». Il parle de « pays amis », de « soutien armé », de « partenariat stratégique ». Lorsque le journaliste insiste pour savoir s’il a signé un nouvel accord avec Moscou, le président se ferme immédiatement : « Ce n’est pas sur votre plateau que je vais m’étaler sur ces questions-là. » Cette réponse marque la frontière entre la posture publique et le secret d’État. Elle confirme surtout que des engagements ont été pris, mais qu’ils ne peuvent être assumés devant les caméras.
Le langage diplomatique sert ici à voiler une tutelle russe payante. En refusant de nommer Wagner ou Afrika Korps, Touadéra tente de légitimer une occupation déguisée en partenariat bilatéral. Pourtant, aucun État souverain ne paie 10 milliards par mois à des forces étrangères pour assurer sa propre sécurité sans que cela ne relève d’une forme de protectorat. Aucun gouvernement indépendant n’accepte que des combattants privés, sans uniforme national et sans mandat international, contrôlent ses infrastructures vitales et la personne même du chef de l’État.
Touadéra présente cette dépendance comme un choix souverain. Mais la réalité est inverse : sans Afrika Korps, son régime ne tiendrait pas. Les Élections de 2023 ont été boycottées par l’opposition, les zones hors contrôle gouvernemental restent nombreuses, et la légitimité du pouvoir repose désormais sur la force d’une milice étrangère. Le mensonge diplomatique remplace la vérité politique. Le mot « coopération » devient le masque d’un pouvoir sous tutelle payante.
Moscou a trouvé en Centrafrique un modèle économique rentable : facturer la protection d’un régime fragile tout en exploitant les ressources du pays. Afrika Korps n’est pas une force d’interposition neutre. C’est une entreprise militaire privée qui vend ses services à un État incapable de se défendre seul, et qui profite de cette faiblesse pour s’implanter durablement. Les 10 milliards mensuels ne sont que la partie visible d’un système où les concessions minières, les accords commerciaux et l’influence politique constituent la vraie contrepartie.
En refusant de répondre clairement sur France 24, Touadéra confirme ce qu’il nie. Son irritation face aux questions, son vocabulaire évasif et son refus de nommer les acteurs réels de sa sécurité révèlent l’ampleur du malaise. La Centrafrique n’a plus de souveraineté militaire. Elle loue sa défense à une société étrangère, et son président refuse d’en parler publiquement. C’est cela, la « coopération » : un euphémisme pour une subordination totale, maquillée en partenariat entre États amis.
Ernest Mada, ministre voleur du gouvernement, dont le salaire est saisi par le trésor public, veut devenir député de Bria
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ernest-mada.jpg” data-wpel-link=”internal”>Ernest Mada, ministre en charge du secrétariat du gouvernementScreenshot, pris en flagrant délit du vol au ministère de l’éducation
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ernest Mada n’a aucune honte. Condamné à rembourser les 90 millions de francs CFA qu’il a volés au ministère de l’Éducation, ce ministre voleur se présente aujourd’hui aux législatives à Bria 1. Rejeté par les militants du MCU lors des primaires, il revient par la petite porte comme candidat indépendant. Dans la Centrafrique de Touadera, même les voleurs avérés et les faux diplômés peuvent espérer siéger à l’Assemblée nationale.
Ernest Mada connaît bien les dossiers de corruption. Quand il était directeur de cabinet au ministère de l’Éducation nationale, les partenaires internationaux ont fait des dons importants : de l’argent, des kits scolaires, du matériel destiné aux élèves centrafricains. Plus de 90 millions de francs CFA devaient servir à acheter des livres scolaires et des motos pour le personnel éducatif. Mais Ernest Mada a préféré rediriger cet argent vers ses propres comptes.
Quand l’affaire a éclaté en 2023 grâce au courage du journaliste Fiacre Salabe, Mada a d’abord nié. Il a affirmé publiquement qu’il s’agissait d’un autre Ernest Mada, pas lui. Une défense pathétique qui n’a trompé personne. L’Inspection générale d’État, mandatée par le président Touadera, a enquêté et rendu son verdict : Ernest Mada devait rembourser les fonds détournés. Au lieu de le sanctionner véritablement, le système s’est contenté d’organiser un prélèvement automatique sur son salaire. Chaque mois, le Trésor public coupe une partie de sa paye pour récupérer l’argent volé.
Mais voilà qu’aujourd’hui, ce cleptomane ministre se présente aux Élections législatives dans la circonscription de Bria 1, chef-lieu de la Haute-Kotto. Il n’est même pas candidat officiel du MCU, le parti au pouvoir. Les militants de Bria l’ont battu sèchement lors des primaires. La population locale a clairement exprimé son rejet. Qu’à cela ne tienne : Ernest Mada revient comme candidat indépendant, utilisant sa position privilégiée au sein de l’appareil du parti pour manœuvrer.
Car Ernest Mada occupe un poste stratégique : directeur de cabinet du directeur national de campagne du MCU. Ce directeur national de campagne n’est autre que le président de l’Assemblée nationale et premier secrétaire général du MCU. Avec de tels appuis, Mada pense pouvoir contourner le verdict des urnes et manipuler le processus électoral à son avantage. Une manœuvre mafieuse qui permet aux voleurs de rester dans le système, voire de grimper les échelons.
Sa récente mission à Bria du 7 au 12 mars 2025 confirme cette stratégie. Dans les communes de Daumbutu et Dabanidu, Mada a joué les héros de la paix devant les médias. Il a assisté à la destruction de 250 armes artisanales et vanté les succès du programme de désarmement. Il a parlé de relèvement, de stabilisation, de vision présidentielle. De beaux discours pour un homme dont le salaire est amputé chaque mois parce qu’il a volé l’argent des écoliers.
Quand Mada évoque les défis de l’éducation et de la santé dans la région, on se demande s’il se moque du monde. Comment peut-il disserter sur l’éducation alors qu’il a privé des milliers d’élèves de leurs livres scolaires ? Comment peut-il parler de développement alors qu’il a détourné des fonds destinés à équiper le personnel éducatif en motos ? Cette hypocrisie atteint des sommets rarement égalés.
Le journaliste Fiacre Salabe a payé cher son courage. Après avoir révélé les détournements de Mada avec des documents authentiques et vérifiés, il a reçu des menaces des partisans du président Touadera. Mada lui-même a refusé de répondre à ses questions et l’a menacé lors d’une apparition à l’Assemblée nationale. Voilà comment ce régime traite ceux qui osent dire la vérité : on menace les journalistes et on promeut les voleurs.
Car depuis que l’affaire a éclaté, Mada n’a cessé de monter : directeur de cabinet du Premier ministre, puis ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement. Touadera fait la promotion des détourneurs de deniers publics. C’est un signal envoyé à toute l’administration : volez tranquillement, vous serez récompensés.
Cette candidature pose aussi la question du rôle de la Cour constitutionnelle. En 2020, sous la présidence de Danielle Darlan, plusieurs candidatures avaient été invalidées. Madame Darlan avait rejeté les dossiers d’anciens rebelles, de miliciens, de détourneurs, de personnes ayant fait plusieurs fois la prison. Elle n’avait pas la visibilité sur tous les candidats, mais elle avait au moins sanctionné bon nombre de profils incompatibles avec le mandat législatif.
Aujourd’hui, la Cour constitutionnelle accepte la candidature d’Ernest Mada sans broncher. Un homme dont la culpabilité est établie par un rapport officiel de l’Inspection générale d’État. Un homme dont le salaire est saisi mensuellement pour rembourser ses vols. Un homme rejeté par sa propre formation politique lors des primaires. Et pourtant, il peut se présenter devant les électeurs comme si de rien n’était.
À Bria, les habitants n’oublient rien. Ils savent qui est Ernest Mada. Ils l’ont déjà rejeté une première fois. Mais avec les moyens de l’État à sa disposition, avec ses connexions au sommet du parti au pouvoir, avec la complicité silencieuse de la Cour constitutionnelle, Mada espère forcer son passage vers l’hémicycle.
Pendant que des Centrafricains luttent pour survivre dans un pays aux infrastructures délabrées et aux services publics en ruines, Ernest Mada se pavane et prépare sa campagne électorale. Pendant que des élèves n’ont toujours pas les livres qui devaient leur être distribués, Mada rêve de devenir député. Pendant que le peuple souffre, les voleurs gouvernent et se présentent aux Élections.
Ernest Mada devrait être devant un tribunal, pas sur une liste électorale. Mais dans le pays de Barthelemy Boganda, devenu depuis neuf ans une entreprise mafieuse où les criminels économiques dictent leur loi, même les voleurs les plus notoires peuvent briguer des mandats législatifs. Et c’est toute la République qui s’effondre un peu plus chaque jour.
Centrafrique : la santé de Jackson Mazette, ancien vice-président du MLPC et le mercenaire en chef de Touadéra se dégrade grave. La trahison paie toujours comptant
Les mercenaires politiques de Touadéra découvrent que la trahison finit toujours par se retourner contre ceux qui la pratiquent. Jackson Mazette, l’ancien deuxième vice-président du vrai MLPC de Martin Ziguélé devenu l’un des plus zélés traîtres au service du président Touadéra, voit aujourd’hui sa santé se dégrader gravement pendant que ses commanditaires l’abandonnent à son triste sort.
En effet, la semaine dernière, Jackson Mazette a été admis en urgence à la clinique Sainte-Blondine, située derrière le commissariat du 4ème arrondissement de Bangui. Selon nos sources, sa situation était si critique qu’il fallait trois personnes pour le soutenir et l’accompagner jusqu’à l’établissement hospitalier. Un spectacle pathétique pour celui qui se proclamait encore récemment “président fondateur” du MLPC fantoche.
Ce nouvel épisode médical intervient quelques jours seulement après le retour de Jackson Mazette du Maroc, où il venait de subir des interventions chirurgicales pour des problèmes graves de prostate et de cœur. Ces opérations coûteuses avaient été financées avec l’argent que Touadéra lui avait remis pour organiser le congrès du MLPC fantoche, 20 millions de francs CFA détournés de leur objectif initial.
Mais visiblement, les soins reçus au Maroc n’ont pas suffi. L’état de santé de Mazette nécessite maintenant un nouveau retour au Maroc pour des soins complémentaires. Problème : il n’a plus d’argent. L’homme qui a trahi son parti et ses anciens camarades pour quelques millions se retrouve aujourd’hui démuni, obligé de mendier l’aide de son “patron” Faustin-Archange Touadéra.
Abandonné et humilié par ses maîtres, Jackson Mazette est totalement paniquée. En effet, le plus ironique dans cette histoire c’est le retournement de l’histoire. . La semaine dernière, le président Touadéra a convoqué à la présidence plusieurs mercenaires politiques du MLPC fantoche, notamment Jean-Édouard Koyambounou, Christian Gonénderé et d’autres traîtres. Lors de cette réunion, le Président Baba Kongoboro leur a remis 4 millions de francs CFA en espèce, ils se sont partagés le butin : 350 000 francs pour certains, 150 000 pour d’autres.
Jackson Mazette, lui, n’était pas parmi les invités.
Cet homme qui s’est proclamé “président fondateur” du MLPC fantoche, qui a organisé des putschs internes, qui a éjecté et nommé des dirigeants à sa guise, n’a même pas été convoqué pour recevoir sa part du butin. Est-ce Koyambounou qui l’a retiré de la liste ? Est-ce Touadéra qui ne veut plus de lui ? Mystère.
Ce qui est certain, c’est que l’humiliation est totale pour Jackson Mazette. Récemment, Josephat Tagoto , ce SDF que Mazette avait lui-même fait élire lors d’un congrès bidon, a publié une décision le nommant simple “suppléant du 3ème vice-président” du MLPC fantoche. De “président fondateur” autoproclamé à simple suppléant d’un vice-président : la chute est vertigineuse.
Rappelons le parcours de cet homme pour comprendre où la cupidité et la trahison l’ont mené.
Jackson Mazette était le deuxième vice-président du vrai MLPC dirigé par l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé. Un parti historique, respecté, porteur d’une vraie vision pour la Centrafrique. Mais Mazette a préféré l’argent à l’honneur. Il a quitté le MLPC en prétendant être le “fondateur” du parti et détenir ainsi son monopole.
Avec le soutien financier et moral de Touadéra, Mazette et d’autres traîtres comme Jean-Édouard Koyambounou (ancien premier vice-président) et Étienne Malekoudou (ancien secrétaire général) ont d’abord créé le “MLPC Courant Originel”. L’objectif était clair : semer la confusion, diviser l’opposition, et affaiblir le vrai MLPC.
Mais cette stratégie a échoué. Le vrai MLPC est resté solide derrière Martin Ziguélé. Alors Jackson Mazette a changé de tactique. Il a décidé de ne plus parler de “MLPC Courant Originel” mais simplement du “MLPC”, pour tenter de s’approprier totalement le nom du parti historique.
Touadéra lui a remis 20 millions de francs CFA pour organiser un grand congrès et donner de la crédibilité à cette imposture. Que fait Mazette ? Il prend l’argent, file au Maroc se faire soigner, et utilise les fonds pour ses dépenses personnelles et la construction de sa maison à Bangui.
Pendant son hospitalisation au Maroc, ses complices paniquent. Ils craignent la colère de Touadéra qui attend son congrès. Alors ils organisent une parodie de réunion dans une salle de la CNSS à Bangui avec moins de 10 personnes. Ils appellent ça un “congrès” et élisent Josephat Tagoto, un sans-domicile-fixe originaire de Markounda – comme président du MLPC fantoche.
Quand Mazette apprend ça depuis son lit d’hôpital au Maroc, c’est la panique. Dès son retour à Bangui, il accuse Tagoto de détournement et l’éjecte de la présidence. Il nomme à sa place son propre neveu, Christian Gonénderé Kossi, un ex-coursier de Martin Ziguélé qui n’a même pas son baccalauréat.
Mais Tagoto ne se laisse pas faire. Il publie des décisions administratives, suspend des partisans de Jackson Mazette, et finit par humilier son ancien mentor en le nommant simple suppléant d’un vice-président.
Dans cette guerre fratricide entre mercenaires, une figure mérite une attention particulière : Jean-Édouard Koyambounou. Cet homme détient un record peu enviable : c’est la troisième fois qu’il se fait éjecter d’une structure politique.
Première éjection en 2022 : suspendu du vrai MLPC de Martin Ziguélé pour indiscipline et trahison.
Deuxième éjection : éjecté par Étienne Malekoudou du “MLPC Courant Originel” qu’ils avaient pourtant créé ensemble.
Troisième éjection : suspendu par Josephat Tagoto du MLPC fantoche.
Au lieu de rester dans le MLPC Courant Originel qu’il avait créé avec Malekoudou, Koyambounou a préféré se rallier à Jackson Mazette, laissant Malekoudou seul dans sa structure. Et aujourd’hui, il se retrouve suspendu par Tagoto dans le MLPC fantoche. Vraiment, cet homme n’a pas de chance – ou plutôt, il récolte ce qu’il a semé.
Cette histoire de Jackson Mazette est l’illustration parfaite d’une vérité universelle : la trahison finit toujours par se retourner contre le traître.
Jackson Mazette a trahi Martin Ziguélé et le vrai MLPC pour de l’argent. Il a accepté de devenir le mercenaire de Touadéra. Il a créé une structure fantoche pour diviser l’opposition. Il a détourné l’argent du congrès pour ses soins personnels et sa maison.
Et aujourd’hui ? Il est malade, abandonné par ses commanditaires, humilié par ceux qu’il avait lui-même mis en place, sans argent pour se soigner. Même ses maîtres ne le convoquent plus aux réunions de distribution d’argent. Il est devenu inutile, encombrant, embarrassant.
Centrafrique : bientôt toutes les écoles vont fermer leurs portes dans les provinces
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/eleves_dans_la_cours_de_ecole_primaire_fondamental_de_baboua.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les élèves dans la cour de l’école de Baboua centre . CopyrightCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Lundi 3 novembre. À Baboua, les élèves des écoles Centre 1 et Œuvre sont restés chez eux. Pas de grève, pas d’épidémie, pas de problème de sécurité. Leurs enseignants sont partis passer des tests sur tablette pour devenir agents recenseurs. Tous, sans exception. Les directeurs d’école compris. À Bouar, même scénario dans les écoles publiques et au lycée moderne. Les classes vides, les enfants livrés à eux-mêmes, les parents obligés de se débrouiller.
Pendant ce temps, dans ces mêmes villes de la Nana Mambéré, des centaines de jeunes diplômés cherchent du travail. Des gens disponibles, capables d’apprendre à utiliser une tablette, prêts à parcourir les quartiers pour compter les habitants. Mais non. L’Institut Centrafricain des Statistiques et des Etudes Économiques et Sociales a préféré mobiliser ceux qui ont déjà un emploi. Un emploi, en plus : former les enfants.
L’argument officiel ? Les enseignants ont le niveau requis pour ce travail technique. Admettons. Mais depuis quand les chômeurs centrafricains n’ont-ils pas de diplômes ? Des licenciés qui attendent une opportunité, il y en a dans chaque ville de province. Ce recensement, le quatrième du genre, aurait pu être l’occasion de leur donner un revenu temporaire. Au lieu de ça, on organise une redistribution bizarre : on retire les enseignants des écoles pour les transformer en recenseurs, on laisse les élèves à la maison, et on ignore les sans-emploi.
Les parents se demandent : qui a pensé ce système ? Qui a décidé qu’en pleine année scolaire, il était acceptable de vider les établissements de leurs enseignants ? Le RGPH4 est prévu pour octobre 2025. Les préparatifs traînent depuis des mois. Personne n’a jugé utile de programmer ces formations pendant les vacances ? Personne n’a considéré l’impact sur le calendrier scolaire ?
Dans un pays où le taux de scolarisation reste fragile, où beaucoup d’enfants abandonnent l’école en cours de route, chaque semaine de classe compte. Les enseignants le savent. Les parents aussi. Apparemment, pas ceux qui organisent le recensement. L’éducation attendra. Les statistiques démographiques, elles, ne peuvent pas patienter.
Certains parents à Bouar commencent à parler de fermeture prolongée des écoles si cette mobilisation continue. On n’en est pas encore là, mais l’inquiétude monte. Les évaluations de fin de trimestre approchent. Les programmes ne sont pas bouclés. Les enfants accumulent du retard. Et pour quoi ? Pour compter la population, alors qu’on aurait pu embaucher des gens qui ont besoin de ce travail.
Le comble, c’est que ce recensement est censé aider à planifier le développement du pays. Mais quel développement peut-on bâtir en négligeant l’éducation des générations futures ? Les données du RGPH4 vont servir à établir des politiques publiques, à allouer des ressources, à orienter les investissements. Très bien. Sauf qu’on sacrifie aujourd’hui ce qui devrait être la première des priorités : la formation de ceux qui porteront ces politiques demain.
L’ICASEES publiera bientôt les listes des candidats retenus comme agents recenseurs. On verra alors combien d’enseignants ont été sélectionnés, et combien de chômeurs. Les paris sont ouverts. En attendant, les écoles des villes de provinces comme Baboua et Bouar fonctionnent au ralenti. Les élèves perdent des jours d’apprentissage qu’ils ne rattraperont jamais vraiment. Les familles s’adaptent comme elles peuvent.
Ce qui se passe dans la Nana Mambéré n’est qu’un exemple. D’autres provinces vivent la même situation. Partout, le même choix incompréhensible : prendre ceux qui travaillent déjà plutôt que ceux qui cherchent du travail. Vider les services publics plutôt que de créer des emplois temporaires. Perturber l’année scolaire plutôt que d’attendre le bon moment.
Bossemptélé : quand la police transforme les cartes d’identité en machine à racketter la population
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Le-general-de-la-police-centrafricaine-Bienvenu-Zokoue-DG-de-la-police-nationale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général de la police, Bienvenu Zokoué, directeur général de la police nationale ol
Les policiers de Bossemptélé ont trouvé depuis quelques temps un nouveau moyen facile de voler les citoyens centrafricains. Les cartes d’identité confectionnées et payées sont bloquées au commissariat. Pour les récupérer, chaque demandeur doit verser à nouveau de l’argent aux policiers. Un racket massif qui gangrène tout le pays : Boda, Yaloké, Paoua, Ndélé, Bozoum, partout la police pille la population.
En effet, pour obtenir une carte nationale d’identité en Centrafrique, les citoyens doivent payer environ 4 000 FCFA, auxquels s’ajoutent les frais de photo et autres documents requis. Au total, chaque demandeur dépense une somme importante avant même que son dossier ne soit envoyé à Bangui. La société libanaise Almadina, qui détient le monopole de la fabrication des cartes nationales d’identité en Centrafrique, envoie régulièrement des agents en province pour collecter les dossiers. Ces agents vérifient les pièces, ramassent les documents, puis les acheminent à Bangui où les cartes sont produites. Une fois confectionnées, les cartes sont renvoyées dans les villes concernées pour être distribuées gratuitement aux demandeurs.
Justement, à Bossemptélé, les agents d’Almadina ont passé plusieurs semaines sur place pour collecter les dossiers, les ont acheminés à Bangui pour la fabrication, puis les cartes terminées ont été ramenées à Bossemptélé et déposées au commissariat de police pour distribution. C’est là que commence le racket. Au lieu de remettre les cartes gratuitement aux demandeurs qui ont déjà tout payé, le commissariat exige un paiement supplémentaire de 2 000 FCFA par personne. Pour mieux organiser cette extorsion, les policiers ont divisé la ville par quartiers. Chaque quartier se voit attribuer un jour précis pour venir récupérer les cartes. Les habitants doivent se présenter avec leurs 2 000 francs, sinon leur document leur est refusé.
“On a déjà payé tout ce qu’on nous a demandé. Maintenant ils veulent encore 2 000 francs juste pour nous remettre notre propre carte. C’est du vol”, dénonce un habitant de Bossemptélé. Dans un pays où la majorité des citoyens vivent avec moins de 1 000 FCFA par jour, ces 2 000 francs supplémentaires représentent une charge insupportable. Et sans carte nationale d’identité, les Centrafricains deviennent des cibles faciles pour les militaires, les gendarmes, y compris les mêmes policiers qui leur ont refusé leur document. Lors des contrôles routiers, aux barrages, ceux qui n’ont pas de carte se font racketter, arrêter, humilier. C’est un système pervers où les policiers créent délibérément le problème pour ensuite exploiter leurs victimes à chaque occasion.
Ce système de racket n’a rien de nouveau et surtout, il n’est pas rare. À Paoua, le commissaire adjoint et le commandant du corps urbain imposent exactement la même arnaque. À Ndélé, les gendarmes exigent 5 000 FCFA à ceux qui n’ont pas de carte. À Boda, à Yaloké, à Bozoum, à Berberati, partout dans le pays, les forces de l’ordre utilisent les cartes nationales d’identité comme moyen d’extorquer de l’argent aux citoyens. Depuis deux à trois ans, ces pratiques sont dénoncées régulièrement. Les habitants se plaignent, les articles sont publiés, les témoignages s’accumulent. Mais rien ne change.
Le directeur général de la police laisse faire. Pire, son silence ressemble à une autorisation. Comme si ces rackets étaient tolérés, voire encouragés au plus haut niveau. Dans chaque ville, les policiers continuent tranquillement de transformer un service public en source de revenus illégaux, sans la moindre sanction. Les citoyens n’ont aucun recours. Se plaindre ne sert à rien. Les autorités locales ferment les yeux. Le directeur général à Bangui fait semblant de ne rien voir, alors que ces pratiques sont connues de tous depuis des années.
À Bossemptélé comme ailleurs, les policiers impliqués dans ce racket opèrent en toute impunité. Le commissariat continue de bloquer les cartes, d’organiser la distribution par quartiers pour mieux contrôler le racket, d’exiger leurs 2 000 francs à chaque citoyen. Les habitants se retrouvent piégés, obligés de payer une deuxième fois pour récupérer un document qu’ils ont déjà payé. Certains attendent depuis des mois, mais refusent de céder à cette extorsion. D’autres cèdent, résignés, sachant qu’ils n’ont pas d’alternative.
Depuis 2016, la trajectoire politique, de mon pays, la Centrafrique s’est durcie : recentrage du pouvoir à la présidence, affaissement des contre-pouvoirs et dépendances sécuritaires externes. L’interview de M. Faustin-Archange Touadera à France24 expose un récit d’un “ordre retrouvé” – Élections « transparente(s), sécurisée(s) et paisible(s) », DDR « historique », détente diplomatique – qui contraste avec les analyses et faits discutés. La présente note est le fruit de ma modeste réflexion et un regard à froid sur cette entretien…
Ai-je bien compris la profondeur des propos du président ?
“Le 28 décembre, l’ANE organisera des Élections sûres, transparentes et paisibles.”
C’est l’affirmation centrale du président (« …de manière transparente, sécurisée et paisible… »)
Or un Expert indépendant de l’ONU, M. Yao AGBETSE a, le 26 juin 2025, alerté sur les « sérieux obstacles opérationnels » de l’ANE et mis en doute sa capacité à tenir les délais et les standards requis (logistique, inclusivité, sécurité). Il faut rappeler que dans un scrutin, il faut 15mn à l’électeur lettré pour voter. Un illettré a besoin de 20 à 30 mn pour un scrutin, donc pour 4 scrutins, il faut 1h par électeur dans l’arrière-pays. A cela s’ajoute la question de l’identité des électeurs car en province on ne délivre pas l’actes de naissances depuis les années blanches. Pire les candidats sont binationaux dans la plupart… d’où problème. Combien de personnes auront vite avant 17h avant le décompte des voix à 18h sans lumière, pas d’électricité ???
De plus, l’opposition démocratique (plateforme BRDC) a annoncé boycotter le quadruple scrutin du 28 décembre 2025 en dénonçant un processus « verrouillé » – exactement l’objection que l’interview évacue.
Qualifier l’opposition de “non constructive” parce qu’elle refuse de participer à des Électionstruquées d’avance est un sophisme autoritaire.
L’affirmation que “cette opposition n’est pas suivie par la population” est contredite par les manifestations réprimées et l’espace politique rétréci.
Son indifférence – “ceux qui ne veulent pas participer, on n’oblige pas” – montre son mépris du pluralisme démocratique.
“Je tends la main, l’accord de N’Djamena d’avril 2025 est un tournant.” Une communication qui remplace la réalité.
Vous rappelez l’accord du 19 avril 2025 (UPC et 3R) et l’initiation du désarmement ‘’ …grâce à l’entremise du président Déby… ‘’.
Les faits : l’accord a bien été signé à N’Djamena le 19 avril et les deux groupes ont été officiellement dissous en juillet, avec des opérations DDR lancées mi-juillet et en octobre 2025 (UPC à Maloum ; redditions 3R appuyées par la MINUSCA). C’est un progrès réel, mais un progrès qui cache un agenda, autre que les intérêts de notre pays…
Mais, disant le, la réalité est fragile : factions 3R rivales se sont encore affrontées à Bozoum en juin (civils tués, milliers de déplacés), et des éléments de la CPC restent actifs.
Donc, présenter les accords de N’Djamena comme un succès alors que les violences persistent dans de nombreuses régions relève de la désinformation.
La mention de “11 groupes sur 14” désarmés est non vérifiée par les observateurs internationaux, qui documentent plutôt la recomposition des groupes armés.
Définitivement cette narration optimiste contraste avec les rapports de l’ONU sur la recrudescence des exactions contre les civils.
Bref : avancée tactique, pas de stabilisation stratégique.
“La coopération russe : on discute, pas de ‘pressions’, je n’en dirai pas plus.” Une souveraineté vendu et un déni de vassalisation
Dans l’interview, le M. TOUADERA élude (« …ce n’est pas sur votre plateau… »)
Or, depuis 2024-2025, Moscou pousse au basculement de Wagner vers “Africa Corps”, avec négociations financières et demande de contractualisation ; plusieurs enquêtes et dépêches décrivent ces pressions et l’entre-deux actuel sur le terrain. Ici il faut se rappeler que longtemps, le gouvernement ne voulait pas reconnaître s’être trompé avec Poutine qui avait envoyé Wagner, force non conventionnelle. Le même gouvernement a peur de remplacer Wagner par Africa Corp.
Parallèlement, des abus graves et un contrôle controversé de sites aurifères/diamantifères par des entités liées à Wagner persistent (Ndassima, Lobaye Invest, etc.).
La non-réponse (ou refus de clarification) présidentielle sur Africa Corps relève moins de la « courtoisie » que d’un déficit de transparence sur un enjeu souverain clé. Elle confirme que la RCA est devenue un protectorat mercenaire.
Sa colère feinte quand on évoque les “pressions” russes trahit un complexe d’infériorité et une paranoïa caractéristique des régimes dépendants.
L’affirmation “nous sommes un pays fragile” qui accepte toute aide est la capitulation assumée de sa souveraineté nationale.
“Avec la France, nous avons renoué et tout va très bien.” Un double jeux diplomatique soit un opportunisme cynique.
Oui, feuille de route bilatérale validée à l’Élysée le 17 avril 2024, et reprise de coopérations ciblées ; Paris a même rouvert des appuis techniques/financiers.
Mais ce réchauffement n’efface pas l’empreinte russe (militaire, sécuritaire, minière) ni les inquiétudes démocratiques internes.
Après des années d’anti-français virulent instrumentalisé par Wagner, le soudain “les choses se passent très bien” avec Macron révèle un opportunisme sans principe. Après avoir insulté la France, après avoir traité la France de tous les noms, il revient aux bons sentiments et comme la France a des problèmes structurelles et diplomatiques, elle mobilise ORANO et les autres au détriment du payeur d’impôt en France
Son “je ne suis l’otage de personne” sonne particulièrement faux quand on connaît le contrôle exercé par les mercenaires russes sur les mines et les institutions.
Bilan depuis 2016 : gouvernance, État de droit, dérive autoritaire
Révision constitutionnelle (30 juillet 2023), une autocratie masquée : suppression des limites de mandats, mandat porté à 7 ans, création d’une vice-présidence nommée, affaiblissement du contrôle parlementaire sur les contrats miniers, recomposition de la Cour constitutionnelle. Validation des résultats malgré boycott et contestations. C’est une concentration de pouvoirs conforme à une personnalisation du régime.
Le tout intervient après la révocation de la présidente de la Cour constitutionnelle, Danièle Darlan, en octobre 2022 – signal majeur d’atteinte à l’indépendance de la justice.
TOUADERA esquive honteusement en invoquant “on ne peut pas savoir ce qui se passe dans 7 ans”, alors qu’il a personnellement piloté la révision constitutionnellepour conserver le pouvoir.
Son accusation “infantilisation” de la Centrafrique, mon pays, est particulièrement hypocrite venant d’un leader qui traite son peuple comme des enfants en refusant toute alternance démocratique.
Cette manœuvre s’inscrit dans la tradition des dictatures constitutionnelles africaines qu’il prétend pourfendre.
Qualifier l’opposition de “non constructive” parce qu’elle refuse de participer à des Électionstruquées d’avance est un sophisme autoritaire.
L’affirmation que “cette opposition n’est pas suivie par la population” est contredite par les manifestations réprimées et l’espace politique rétréci.
Son indifférence – “ceux qui ne veulent pas participer, on n’oblige pas” – montre son mépris du pluralisme démocratique.
Espace civique et médias : la Centrafrique reste classée 72ᵉ/180 à l’Index RSF 2025 (score 60,15) – loin d’un environnement libre et sûr pour la presse.
Ressources & intégrité : la RCA a été temporairement suspendue de l’EITI fin 2024, ce qui interroge la transparence du secteur extractif (déjà sous influence d’acteurs russes liés à Wagner).
Le verdict final sur l’interview : éléments de langage vs. faits
Élections “sûres et transparentes” : l’affirmation est faiblement crédible au regard des signaux d’alerte de l’ONU, des incohérences de l’ANE, des contradictions sur la nationalité des candidats, du nombre fictif des électeurs car sans preuve de centrafricanité et du boycott de l’opposition. La confiance dans l’ANE ne se décrète pas ; elle se démontre.
Accord DDR “historique” : oui, utile, mais partiel et réversible. Le pouvoir survend sa portée.
Russie/Africa Corps : l’esquive publique masque une réalité de pressions et de contreparties – sécurité contre rentes minières – qui mine la souveraineté qu’on revendique.
“Nous relevons la tête” sur l’économie et le social : le diagnostic officiel ne cadre pas avec les indicateurs (croissance molle, pauvreté massive, besoins humanitaires élevés). Narratif optimiste, réalité austère.
Gouvernance/État de droit : la réforme constitutionnelle + la mise au pas de la Cour constitutionnelle = dérive hyper-présidentialiste. Régression démocratique, même si l’emballage reste électoral.
En bref, depuis 2016, la Centrafrique a centralisé le pouvoir exécutif, affaibli des contre-pouvoirs clés, externalisé sa sécurité et peu amélioré la condition sociale moyenne. L’interview défend un récit d’“ordre retrouvé” et de “coopérations apaisées”, mais les indicateurs (État de droit, transparence extractive, pauvreté, dépendance sécuritaire) racontent plutôt une normalisation de la dérive autoritaire sous vernis électoral et des reculs socio-économiques persistants.
Hugues Francis Mongombé dénonce le calendrier électoral du 28 décembre 2025 comme une « mission suicidaire », accusant le gouvernement Touadera d’improvisation et de fraude électorale en préparation….
Dans l’émission Débat Patara sur la radio Ndèkè-Luka, animée par Armando Yanguendji, Hugues Francis Mongombé, vice-président du parti ITA, a livré une critique virulente du processus électoral centrafricain, qualifiant le calendrier fixé au 28 décembre 2025 pour les Élections groupées (présidentielle, législative, municipale et régionale) de « mission suicidaire ». Face à Davy Yama, commissaire à l’Autorité Nationale des Élections (ANE), Hugues Francis Mongombé a dénoncé un processus entaché par l’improvisation, le manque de transparence et une volonté évidente du gouvernement du président Touadera de manipuler les Élections pour asseoir son pouvoir. Ses propos montre clairement une crise de légitimité qui menace la démocratie centrafricaine, révélant un système où les institutions sont instrumentalisées pour servir les intérêts du régime de Baba Kongoboro….
Hugues Francis Mongombé commence par souligner l’irréalisme du calendrier électoral. Organiser quatre scrutins simultanés en seulement quatre mois pour une population d’environ 6 millions d’habitants, répartie sur 623 000 kilomètres carrés, est, selon lui, une entreprise vouée à l’échec. Il pointe l’état délabré des infrastructures routières, particulièrement en saison pluvieuse, qui rend la logistique électorale quasi impossible. « Comment humainement ils vont réussir un tel pari ? », s’interroge-t-il, accusant l’ANE et le gouvernement de sous-estimer les défis techniques et financiers. Cette précipitation, loin d’être un simple manque de compétence, reflète, selon Hugues Mongombé, une stratégie délibérée pour marginaliser l’opposition et fausser le jeu démocratique. Il voit dans ce calendrier un outil conçu pour désavantager les adversaires politiques du président Touadera, limitant leur capacité à organiser une campagne efficace….
L’absence de concertation avec les acteurs politiques et la société civile est un point central de sa critique. La constitution et le code électoral exigent un cadre de concertation permanent réunissant le gouvernement, les partis politiques et la société civile pour garantir un processus transparent et inclusif. Pourtant, Mongombé affirme que ce cadre est devenu un « pot de fleur », une coquille vide où les décisions sont prises unilatéralement par le pouvoir en place. Il accuse le gouvernement Touadera de contourner ce mécanisme pour imposer un chronogramme irréaliste, conçu pour désavantager les opposants et limiter leur capacité à mobiliser. Cette marginalisation des voix dissidentes, selon lui, est une preuve de l’autoritarisme du régime, qui privilégie son agenda politique au détriment de la démocratie….
Un autre grief majeur concerne la gestion du fichier électoral. Hugues Francis Mongombé s’indigne de la décision de permettre à environ 8 000 électeurs de voter sans carte biométrique, en utilisant des pièces d’état civil. Il qualifie cette mesure de « nid à la fraude », arguant qu’elle viole l’article 29 du code électoral, qui exige des garanties de fiabilité pour toute modification des règles d’identification des électeurs. Cette décision, validée par le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, sans consensus préalable, est perçue comme une tentative claire de manipuler le scrutin. Hugues Francis Mongombé affirme que le pouvoir cherche à faire voter des individus non identifiés pour gonfler les résultats en faveur du président Touadera. « Aujourd’hui, on écarte tous les acteurs, on décide seul », martèle-t-il, dénonçant une gouvernance autoritaire qui sacrifie l’état de droit pour des intérêts partisans….
Hugues Francis Mongombé va plus loin, qualifiant le processus électoral de « campagne de chicote électorale », une métaphore saisissante pour décrire une entreprise punitive visant à intimider et marginaliser l’opposition. Il accuse le gouvernement de transformer les élections en un outil de répression plutôt qu’en un exercice démocratique. Cette « punition » se manifeste par des décisions unilatérales, comme la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour modifier le code électoral en pleine période pré-électorale. Mongombé y voit une atteinte grave à l’état de droit : « Lorsqu’on tripote tous les jours une loi, cette loi n’est plus une loi pour tous. […] Elle est construite pour plaire à une personne ou une catégorie de personnes ». Cette personnalisation de la loi, selon lui, sert directement les intérêts du président Touadera et de son entourage, au mépris des principes d’impartialité et de généralité qui doivent régir un cadre légal….
L’improvisation et la précipitation dénoncées par Hugues Francis Mongombé sont également illustrées par les problèmes techniques rencontrés par l’ANE. Les tablettes vétustes utilisées pour le recensement électoral ont empêché la biométrisation de milliers d’électeurs, un échec que Davy Yama attribue à des contraintes techniques, mais que Mongombé considère comme un symptôme d’une mauvaise gouvernance systémique. Il critique l’ANE pour son manque de proactivité, arguant que ces problèmes auraient pu être anticipés et résolus en amont si le gouvernement avait pris ses responsabilités. « Gouverner, c’est prévoir », répète-t-il, accusant le pouvoir de n’avoir ni prévu ni mobilisé les ressources nécessaires pour des élections crédibles. Cette négligence, selon lui, reflète l’incapacité du régime Towa à assumer ses obligations régaliennes, préférant s’appuyer sur des bailleurs étrangers plutôt que de mobiliser des ressources nationales….
Hugues Francis Mongombé prédit que ce processus vicié conduira à une crise post-électorale. « Nous sommes déjà en crise », affirme-t-il, pointant une crise juridique née du non-respect des textes légaux. Les modifications incessantes du code électoral, les décisions unilatérales et l’exclusion des acteurs de l’opposition et de la société civile créent un « schéma chrysogène » qui, selon lui, est délibérément orchestré par le gouvernement. Il avertit que les frustrations engendrées par l’impossibilité pour certains électeurs de voter, ou pour des candidats de se présenter dans des conditions équitables, pourraient déboucher sur des tensions politiques majeures, voire un boycott par l’opposition. Le BRDC, coalition de partis d’opposition, a déjà exprimé son manque de confiance en l’ANE et le Conseil constitutionnel, renforçant les craintes d’un scrutin contesté….
Face à ces accusations, Davy Yama adopte une posture défensive, insistant sur le respect des délais constitutionnels et la nécessité de tenir les élections pour éviter un vide institutionnel. Il affirme que l’ANE travaille dans le respect des lois et que les difficultés techniques, comme les problèmes de biométrisation, ont été présentées en toute transparence lors des journées d’information du cadre de concertation. Cependant, Mongombé rejette ces justifications, les qualifiant de prétextes pour masquer l’incompétence et les intentions manipulatrices du pouvoir. Il reproche à l’ANE sa proximité avec le gouvernement, qui compromet son indépendance et sa crédibilité. Selon lui, l’institution, censée être un organe technique impartial, est devenue un instrument au service du régime Touadera, incapable de garantir un processus électoral transparent….
Hugues Francis Mongombé insiste sur l’urgence d’une concertation nationale pour redéfinir les règles du jeu. Il rappelle que la loi prévoit un cadre de concertation pour résoudre les blocages, mais que le gouvernement l’a ignoré, préférant imposer ses décisions. Cette absence de dialogue, combinée à des ressources insuffisantes – notamment un déficit de financement de plus de 2 milliards pour le matériel électoral – renforce l’impression d’un processus biaisé. Mongombé souligne que même des pays mieux équipés financent leurs élections avec leurs propres moyens, critiquant la dépendance de la Centrafrique aux bailleurs étrangers, un autre signe de la faiblesse de la gouvernance sous Towa. Il déplore que le gouvernement n’ait pas anticipé ces défis, laissant le pays dans une situation de vulnérabilité à quatre mois des échéances.
La suite dans le prochain article sur CNC
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE….
WhatsApp deux cent trente-six, soixante-quinze, soixante-douze, dix-huit, vingt et un .
Soudan : Des réfugiés centrafricains dénoncent le détournement de l’aide humanitaire à leur détriment
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/papa-au-soudan.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un réfugié centrafricain au Soudan
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un responsable des réfugiés centrafricains au Soudan dénonce sur les réseaux sociaux l’exclusion méthodique de ses compatriotes des distributions d’aide humanitaire malgré leur recensement officiel à plusieurs reprises.
Une déclaration relayée massivement sur les réseaux sociaux découvre les conditions difficiles des réfugiés centrafricains au Soudan. Un vieux papa, responsable des réfugiés centrafricains, installés au Soudan près de la frontière, a dénoncé publiquement les pratiques de certaines organisations humanitaires dans ce pays voisin qui excluent les Centrafricains des distributions d’aide.
Notons que ces réfugiés avaient fui leur pays en 2020 lors des violents affrontements intercommunautaires qui avaient opposé les Rounga, les Kara appuyés par les Goula dans toutes les régions du nord de la RCA. À cette époque, la situation était devenue incontrôlable avec des armes qui crépitaient de partout, poussant de nombreuses familles à abandonner leurs foyers.
Devant cette violence, beaucoup s’étaient d’abord regroupés devant la base de la Minusca avant de prendre la décision difficile de franchir la frontière pour chercher refuge au Soudan. Une fois arrivés dans ce pays voisin, ils avaient été dûment recensés et identifiés comme réfugiés centrafricains par les autorités compétentes et les organisations humanitaires présentes sur place.
Le processus d’enregistrement s’était déroulé normalement. Les organisations humanitaires avaient pris leurs noms, établi des listes et promis une assistance régulière sous forme de distributions de vivres et d’autres produits de première nécessité. Ces réfugiés centrafricains pensaient alors avoir trouvé un refuge temporaire en attendant le retour de la paix dans leur pays.
Mais la réalité s’est avérée tout autre. Selon le témoignage de ce papa refugiés centrafricain, quand arrivent les moments de distribution des kits alimentaires ou autres, les refugiés Centrafricains se retrouvent exclus. Lorsqu’ils se présentent avec leurs noms, on leur répond invariablement que ces noms ne figurent pas sur les listes de distribution.
Cette situation se répète à chaque distribution d’aide. Les réfugiés centrafricains voient arriver les équipes humanitaires, assistent aux distributions, mais n’y ont jamais accès. Quand ils s’approchent pour recevoir leur part, on leur oppose l’absence de leurs noms sur les listes, alors même qu’ils avaient été enregistrés lors des recensements précédents.
Le phénomène est si organisé qu’il ne peut relever du simple hasard ou de l’erreur administrative. Selon le responsable des réfugiés, tous les produits distribués sont accaparés uniquement par les Soudanais présents sur le site, tandis que ses compatriotes repartent les mains vides à chaque fois.
Cette exclusion a poussé les réfugiés centrafricains à remettre une dernière fois leurs noms sur les listes, estimant que la situation était devenue intolérable. Beaucoup de Centrafricains présents sur les lieux de distribution n’ont jamais reçu, selon l’expression du responsable, “aucune soupe sur leur cuillère ”, autrement dit aucune aide concrète.
Cette affaire montre clairement un phénomène plus large de détournement de l’aide humanitaire qui ne se limite pas à la République centrafricaine. Au Soudan aussi, certaines organisations semblent utiliser les noms des réfugiés pour obtenir des financements et des donations, tout en redistribuant l’aide selon des critères qui ne correspondent pas aux listes officielles.
Cette pratique constitue une forme de détournement particulièrement cynique. Les noms des réfugiés centrafricains servent à justifier l’obtention d’aide internationale, mais ces mêmes réfugiés n’en bénéficient jamais. Cette utilisation frauduleuse de leur identité les transforme en victimes deux fois : d’abord de la guerre qui les a chassés de chez eux, puis de la corruption qui les prive de l’aide qui leur est destinée.
La situation de ces réfugiés est d’autant plus tragique qu’ils ne peuvent pas facilement rentrer chez eux. Bien qu’ils souhaiteraient regagner la République centrafricaine, les conditions sécuritaires actuelles ne le permettent pas. Le pays connaît toujours des déplacements massifs de populations, avec des incursions répétées de bandits soudanais qui terrorisent les communautés frontalières.
À ces menaces s’ajoutent les agissements des mercenaires russes dans la Vakaga qui sèment également la terreur parmi les populations civiles. Cette insécurité permanente empêche tout retour serein des réfugiés vers leurs villages d’origine, les contraignant à rester au Soudan malgré les difficultés qu’ils y rencontrent.
Même si le Soudan offre plus de sécurité que leur région d’origine, les conditions de vie y restent précaires pour ces réfugiés. Privés de l’aide humanitaire qui leur revient de droit, ils doivent survivre avec leurs propres moyens dans un pays qui traverse lui-même de nombreuses difficultés.