Violence militaire à Obo : Un civil grièvement blessé par des soldats FACA
Un homme violemment agressé par des militaires centrafricains dans la nuit du 13 au 14 août à Obo.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est du pays, un jeune homme a été grièvement blessé par des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) dans la nuit du 13 au 14 août 2025. L’agression, qui a causé de graves traumatismes crâniens, a nécessité une hospitalisation d’urgence de la victime. L’affaire montre la dégradation rapide des relations entre militaires et civils dans cette ville frontalière de la République centrafricaine.
Pour comprendre cette agression, il faut remonter aux événements de cette soirée. Tout commence par une visite de courtoisie. Un couple se rend chez la mère de l’épouse, souffrante. Après s’être enquis de son état, les époux se séparent. Le mari, qui habite dans le quartier AIM, rejoint la maison, tandis que sa femme, accompagnée de sa petite -sœur, part retrouver un Soldat FACA avec qui elle entretient une discrète relation amoureuse.
La situation se complique rapidement. En rentrant chez elle, la belle-sœur du mari découvre ce dernier assis dans l’obscurité, près de la maison. Prise de panique à l’idée qu’il puisse surprendre sa sœur avec le militaire, elle court la prévenir. Alertée, l’épouse quitte rapidement le soldat, abandonnant ce dernier et ses compagnons d’armes visiblement contrariés et choqué.
C’est alors que la violence éclate. Humiliés par cette fuite précipitée de la femme, les soldats décident d’aller confronter le mari qui est toujours dans l’obscurité. Dès leur arrivée, ils l’accusent de les espionner et de surveiller leurs activités. Sans autre explication, ils se jettent sur lui et le frappent violemment à coups de crosse, visant particulièrement la tête et tout son corps.
Heureusement, l’agression n’a pas duré plus longtemps. Un pasteur de l’église quartier AIM assiste à l’agression. Il alerte immédiatement le chef de quartier qui intervient pour arrêter les coups. Ce dernier accompagne ensuite la victime à l’hôpital où elle reçoit les premiers soins. Les blessures, notamment au niveau du crâne, nécessitent une prise en charge médicale immédiate.
Au-delà de cet incident particulier, la situation d’Obo pose des questions plus larges. Cet événement n’est pas un cas rare à Obo. Plusieurs habitants font état de comportements problématiques de la part de certains soldats : abus de pouvoir, violences, intimidations. Ces agissements créent un climat de méfiance entre la population et ceux qui sont censés la protéger.
Cette dégradation des relations préoccupe d’autant plus les autorités locales. Dans cette ville du Haut-Mbomou, beaucoup s’interrogent sur l’évolution du rôle des forces armées. Au lieu d’assurer la sécurité des citoyens, certains éléments semblent être devenus une source d’insécurité. Cette situation inquiète d’autant plus qu’Obo se trouve dans une zone frontalière sensible avec le Soudan du Sud.
Les répercussions de ces incidents dépassent le cadre local. La multiplication de ces événements érode progressivement la confiance que les habitants accordent à leur armée. Dans une région où la stabilité reste fragile, cette dégradation des relations civilo-militaires pose des questions sur l’efficacité du dispositif sécuritaire et sa capacité à maintenir la paix.
L’affaire d’Obo pose plusieurs problèmes concrets. D’abord, celui de la discipline au sein des forces armées. Ensuite, celui de la formation des soldats sur leurs relations avec les civils. Enfin, celui des mécanismes de contrôle et de sanction quand des dérapages se produisent.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)