Le 3R dénonce les multiples provocations de Wagner contre ses positions
La déclaration officielle du mouvement 3R en public montre clairement une escalade des violations depuis l’accord de Ndjamena.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans une déclaration officielle rendue publique ce lundi 18 août 2025, Yahya Amadou, coordinateur politique du mouvement 3R, a dénoncé les attaques organisés menées par les forces russes du groupe Wagner contre les différentes positions de son organisation depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu de Ndjamena.
Cette escalade qui ne date pas d’hier trouve ses racines dans les premiers jours suivant la signature de l’accord. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le Président Faustin-Archange Touadera et son entourage, ces provocations ne sont pas un phénomène nouveau. Dès la première semaine suivant la signature de l’accord du 19 avril 2025, les mercenaires russes ont pris pour cible les positions du 3R à Nandobo et Houou, marquant le début d’une série de violations qui n’a cessé de s’intensifier.
L’analyse des événements rapportés par le coordinateur du 3R permet d’identifier un pattern d’agression documenté qui s’étend sur plusieurs mois. Les faits dessinent un tableau inquiétant. Le 8 août 2025, les forces Wagner ont désarmé un combattant du mouvement à Tatalé, s’emparant de son arme, de ses chargeurs, de son équipement personnel et d’une somme de 200 000 francs CFA. Deux jours plus tard, le 10 août, c’est la base de Houou qui subissait un raid, les assaillants emportant les vivres et détruisant l’ensemble des équipements récents.
La situation a connu une dégradation majeure avec l’attaque de Soura, qui constitue un véritable point de non-retour. Ce lundi 18 août, l’escalade a atteint un nouveau seuil avec l’attaque de la position du 3R à Soura, une localité située à l’Est de Bossemptélé. Le bilan est lourd : un mort, un blessé et trois portés disparus du côté du mouvement. Cette offensive marque une rupture dans l’intensité des hostilités.
Malgré les tentatives de règlement par les voies officielles, ces recours sont demeurés sans effet. Face à ces violations répétées, le leadership du 3R n’est pas resté inactif. Le chef d’état-major du mouvement avait adressé une correspondance officielle au chef d’état-major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) pour demander un contrôle de ces éléments perturbateurs. Parallèlement, des recours ont été formulés auprès du garant de l’accord de Ndjamena et du gouvernement centrafricain.
L’accumulation de ces incidents a fini par épuiser la patience du mouvement 3R. “Franchement, nous sommes fatigués à faire des recours au garant et au gouvernement centrafricain. Il est temps que ces menaces s’arrêtent”, a déclaré Yahya Amadou, exprimant l’exaspération grandissante de son organisation face à l’inaction des autorités compétentes.
Cette déclaration pousse les centrafricains à s’interroger sur l’efficacité des mécanismes de garantie de l’accord de Ndjamena et sur la capacité des instances internationales à faire respecter les engagements pris par les différentes parties. Elle dévoile également la fragilité d’un processus de paix qui semblait pourtant prometteur lors de sa signature en avril dernier.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)