Centrafrique : Bernard Fotolo confond indépendance et soumission en direct sur Radio Centrafrique

En direct de l’antenne sur la radio Centrafrique, le journaliste Bernard Fotolo célèbre pathétiquement une indépendance politique qui n’existe que dans son esprit.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ce 13 août, jour de la fête nationale censée célébrer l’indépendance de la RCA, le journaliste Bernard Fotolo, figure vieillissante de la Radio Centrafrique et fervent soutien du régime, a livré un discours pour le moins déroutant. Entre propos incohérents, flatteries appuyées envers le président Faustin-Archange Touadéra et affirmations erronées sur la notion d’indépendance, son intervention a provoqué l’incompréhension général des auditeurs et moqueries de ces derniers.
Dans ses propos, Bernard Fotolo a affirmé que la République centrafricaine disposerait déjà de son indépendance politique, mais pas de son indépendance économique. Pour appuyer son propos, il a cité pêle-mêle la présence sur le marché centrafricain des produits en provenance des pays voisins comme la RDC, le Tchad, le Cameroun, le Soudan, accusant les Centrafricains de « copier » les habitudes alimentaires, vestimentaires, musicales ou gestuelles de leurs voisins. Selon lui, ces comportements prouveraient que le pays reste économiquement dépendant. Puis, sans transition, il a conclu par un éloge appuyé du chef de l’État, affirmant que « nous sommes tous derrière le président » et invitant quiconque qui conteste ses propos à venir sur le plateau de la radio Centrafrique à débattre avec lui en direct.
Contrairement à ce qu’affirme Bernard Fotolo, l’indépendance politique ne se limite pas à l’existence d’un drapeau ou d’un gouvernement national. Elle suppose la pleine capacité d’un État à prendre ses décisions souverainement, sans influence extérieure contraignante. Or, depuis plusieurs années, les choix stratégiques, militaires et économiques de la RCA sont fortement orientés, voire dictés, par Moscou, le groupe Wagner et le Rwanda. Le président Touadéra lui-même accepte l’installation des Mercenaires russes au sommet de la chaîne de commandement de notre armée, mais également de la justice et de l’économie, et rémunère au passage les mercenaires russes de Poutine à hauteur de 10 milliards de francs CFA par mois. Dans ce contexte, parler d’« indépendance politique » relève de la fiction ou de la folie.
Effectivement, sur le plan économique, l’indépendance signifie la capacité d’un pays à produire, transformer et commercialiser l’essentiel de ses biens et services, sans dépendre excessivement des importations pour ses besoins vitaux. Elle implique également la maîtrise des ressources nationales et la diversification des échanges. Si la présence de commerçants étrangers sur les marchés centrafricains est un fait, elle ne constitue pas en soi la preuve d’un manque d’indépendance : le véritable problème réside dans l’absence de politiques publiques efficaces pour stimuler la production nationale et structurer des filières compétitives.
En revanche, la dépendance chronique aux importations de denrées alimentaires, de biens manufacturés ou d’équipements, combinée à une balance commerciale déficitaire, démontre que l’indépendance économique reste hors de portée. Cette dépendance n’est pas le fruit de simples habitudes « copiées » sur les voisins, mais d’un choix politique et d’un abandon stratégique du secteur productif.
En associant ces notions complexes à des anecdotes vestimentaires ou musicales, Bernard Fotolo réduit le débat à des clichés et détourne l’attention des véritables enjeux. Surtout, en terminant par un plaidoyer inconditionnel en faveur du président Touadéra, il transforme une réflexion sur l’indépendance nationale en exercice de propagande. Sa position illustre une tendance inquiétante au sein de certains médias publics : confondre information, analyse et communication politique au service du pouvoir.
Le contraste est saisissant : pendant que Fotolo célèbre une indépendance politique illusoire et défend un pouvoir inféodé à des intérêts étrangers, la population subit la hausse des prix, l’effondrement des services publics et la marginalisation des producteurs nationaux. Le 13 août devait être un jour de lucidité et de bilan ; il s’est transformé, à l’antenne de la Radio Centrafrique, en tribune pour flatter un régime contesté et nier la réalité.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)