À Ndélé, les soldats FACA, déployés dans la ville, survivent avec moins de 5500 francs CFA par mois. L’armée nationale est en faillite totale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/deux-soldats-faca-en-casques-blindés-militaires-dans-leur-pickup-en-patrouille-à-Bangassou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Deux soldats FACA dans leur véhicule lors d’une patrouille. CopyrightCNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis plus de 8 ans, les militaires de l’armée centrafricaine, déployés dans les villes de provinces du pays, endurent des conditions qui relèvent de l’indignité. Privés de solde pendant des mois en raison du manque de service bancaire à l’intérieur du pays, ces militaires sont contraints de subsister avec des primes dérisoires. Ils incarnent, malgré eux, le fossé béant entre les discours officiels sur la montée en puissance de l’armée et la réalité du terrain.
Birao, Bria, Alindao, Bangassou, Zémio, Obo. Dans ces villes de province où l’État centrafricain déploie ses soldats pour assurer la sécurité, une même réalité s’impose : les militaires des Forces Armées Centrafricaines (FACA) vivent dans un dénuement qui défie l’entendement. À Birao, dans la préfecture de la Vakaga, au nord du pays, les soldats, déployés il y’a 8 mois, n’ont pas touché leur solde depuis ce temps. À Bangassou, la situation confine à l’absurde : six années sans PGA. Six années fermes et nettes.
À Ndélé, les soldats FACA, déployés dans la région militaire du nord-Est, la prime globale d’alimentation censée permettre aux militaires de se nourrir et d’entretenir leur tenue s’élève à 5 300 francs CFA par mois. Soit environ 16 000 francs CFA par trimestres versée aux soldats. Avec cette somme, un soldat doit acheter sa nourriture, son savon, laver ses uniformes. Moins de 200 francs par jour pour manger. L’administration militaire elle-même peine à trouver un qualificatif approprié pour cette allocation qu’on n’ose plus vraiment appeler “prime d’alimentation”.
Devant cet abandon, les militaires déployés dans certaines régions ont trouvé leur propre système de survie. Dans les préfectures du Nord-Ouest, Mambéré-Kadéi, Nana-Mambéré, Ouham-Pendé, Lim-Pendé, où circulent commerçants et trafiquants, les soldats installent des barrages routiers. Chaque véhicule qui passe contribue à leur subsistance. Ce racket de survie, cette corruption née du désespoir, permet à ces hommes de manger.
Mais que faire quand il n’y a pas de circulation ? Dans les zones isolées comme Bangassou, les militaires n’ont pas cette “chance”. Ils sont contraints d’ériger des barrières illégales moins rentables qui leur apportent jusqu’à 20 000 francs CFA, juste pour acheter le carburant nécessaire aux patrouilles et se procurer de quoi manger.
Par ailleurs, pendant des années, le gouvernement centrafricain a martelé le même argument : l’embargo sur les armes empêche la montée en puissance de l’armée nationale. Faustin-Archange Touadéra en personne a plaidé devant les instances internationales pour la levée de cette restriction. L’embargo a été levé. Il y a plus d’un an maintenant.
Et depuis ? Rien. Les armes promises n’arrivent pas. Les équipements non plus. Mais surtout, les militaires continuent de ne pas manger. L’embargo était-il vraiment le problème ? Ou servait-il surtout à masquer une incapacité chronique de l’État à assumer ses responsabilités les plus élémentaires envers ses propres forces de défense ?
On dit souvent que l’armée est “la grande muette”. En Centrafrique, cette expression prend un sens particulièrement cruel. Les soldats souffrent en silence, loin de Bangui, loin des caméras, loin des discours officiels sur la professionnalisation des forces armées. Certains, à bout, finissent par déserter. À Zémio, à Obo où la situation est encore pire, des militaires abandonnent leur poste pour tenter de rejoindre la capitale.
Comment un État peut-il exiger de ses soldats qu’ils protègent la population, qu’ils affrontent des groupes armés, qu’ils risquent leur vie, quand il est incapable de leur verser leur solde pendant des années et leur accorde une “prime d’alimentation” de 5 300 francs par mois ?
La réponse est simple : il ne peut pas. Et les conséquences de cet abandon sont prévisibles. Des militaires affamés, non payés, deviennent des militaires corrompus par nécessité. Des militaires abandonnés deviennent des militaires qui désertent. Des forces armées négligées deviennent des forces armées inefficaces.
Pendant ce temps, à Bangui, les autorités continuent de parler de renforcement de la défense nationale. Mais renforcer une armée ne se limite pas à augmenter des nombres. Cela commence par nourrir ses soldats et leur verser ce qu’on leur doit. Six ans de retard à Bangassou. Le gouvernement centrafricain devrait avoir honte.
qui a tué un interprète des Wagner près de Zemio ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/wagner-rca.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les Wagner en RCA
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La mort de Melschie, interprète des Mercenaires russes de Wagner et soldat des Forces armées centrafricaines, survenue il y a une semaine à environ 40 kilomètres de Zémio sur l’axe menant à Bangui, reste entourée de zones d’ombre. Personne ne sait vraiment ce qui s’est passé, et plusieurs versions circulent.
Les mercenaires russes avec qui Melchi effectuait une patrouille la semaine dernière ont simplement annoncé sa mort, sans donner plus de détails. Depuis, au moins quatre explications différentes tentent de reconstituer les faits.
La première version accuse les miliciens Azandé d’avoir tué l’interprète. Mais beaucoup doutent de cette explication. D’autres sources, qui semblent plus fiables, affirment que ce sont les Russes eux-mêmes qui ont éliminé leur propre interprète.
Parmi les raisons évoquées, une histoire de détournement d’argent : un propriétaire musulman basé à Bangui aurait envoyé un million de francs CFA à Melchi pour que les mercenaires russes escortent ses véhicules immobilisés et incendié entre Obo et Zemio jusqu’à Bangui. L’interprète n’aurait remis que 400 000 francs aux Wagner, gardant les 600 000 francs restants pour lui. Quand les mercenaires ont découvert la vérité sur le montant réel, ils l’auraient décidé simplement de le tuer.
Une autre hypothèse parle d’un vol de diamants que Melschie aurait commis quand il était interprète à Bria. Il aurait été transféré par les Wagner à Zémio exprès pour y être exécuté, loin de tout.
Enfin, une dernière version évoque un accident, une manipulation d’arme à feu qui aurait mal tourné.
Ce qui est certain, c’est que Melschie n’est pas le premier interprète de Wagner à mourir dans des circonstances troubles. Des dizaines d’interprètes ont déjà été tués, souvent par les mercenaires russes eux-mêmes. Un cas similaire s’est produit entre Bouar et Abba, où un interprète est mort dans des conditions tout aussi suspectes le mois dernier.
Le silence des mercenaires russes sur les véritables circonstances de la mort de Melchi ne fait qu’alimenter les spéculations. Pour l’instant, personne ne sait vraiment ce qui s’est passé sur cette route près de Zémio.
Mbomou : Un nouveau-né sauvé d’une latrine à Nzacko, la mère, une jeune femme Peule, est placée en garde à vue
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les forces de l’ordre de Nzacko , dans la préfecture du Mbomou, ont secouru un nouveau-né abandonné dans une latrine où il est resté durant quinze heures. Les faits se sont produits le 17 novembre dernier.
Selon nos informations, recoupées auprès des forces de l’ordre, l’enfant aurait été jeté dans la latrine par sa mère, une femme d’origine peule. Alertés, les éléments des forces de sécurité sont intervenus et ont extrait le nourrisson qui se trouvait dans un état critique.
L’enfant a été immédiatement transféré dans une structure de santé où il reste sous surveillance médicale. Son pronostic vital n’a pas été communiqué.
La mère a été placée en garde à vue. Une enquête est en cours pour établir les circonstances exactes de cet abandon. Les charges qui pourraient être retenues contre elle n’ont pas encore été précisées.
Plusieurs interrogations demeurent sur les circonstances entourant cet accouchement. La femme a-t-elle bénéficié d’un suivi médical prénatal ? A-t-elle accouché seule, sans assistance ? Quels facteurs ont conduit à ce geste désespéré ?
Si cette femme a effectivement accouché seule, sans assistance médicale, son propre état de santé demeure critique. Une femme qui vient d’accoucher dans de telles conditions nécessite des soins médicaux urgents. Sa détention immédiate sans prise en charge sanitaire préalable constitue un risque grave pour sa santé. La procédure normale voudrait qu’elle reçoive d’abord les soins nécessaires avant d’être transférée en garde à vue.
Dans cette zone reculée du Mbomou, l’accès aux soins de santé maternelle reste limité. De nombreuses femmes accouchent sans assistance médicale, faute de structures sanitaires fonctionnelles à proximité.
Toutefois, notre équipe a mené sa propre investigation, et a conclu que l’opération de sauvetage du nouveau-né a mobilisé plusieurs corps de sécurité. Des policiers, des gendarmes et des militaires des Forces armées centrafricaines (FACA) ont conjointement participé à l’extraction de l’enfant de la latrine.
Les circonstances entourant cet abandon sont tragiques. La jeune femme s’était mariée de manière coutumière avec un homme qui a par la suite rejoint la rébellion. Durant l’absence de son mari, elle a entretenu une relation extraconjugale avec un autre homme et est tombée enceinte.
Avec la signature de l’accord de paix de Ndjamena d’avril dernier, les combattants sont sortis de la brousse. Le retour de son mari a coïncidé avec la découverte de la grossesse. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, le mari avait accepté de garder l’enfant malgré les circonstances.
C’est la jeune femme elle-même qui, apparemment accablée par la situation, a pris la décision d’abandonner le nouveau-né après l’accouchement. Les voisins, constatant qu’elle n’était plus enceinte, se sont rendus chez elle pour la féliciter. Ne voyant pas le bébé mais entendant ses pleurs provenant de l’extérieur, ils ont découvert l’enfant dans la latrine et ont immédiatement alerté les forces de l’ordre.
La mère se trouve actuellement en garde à vue mais bénéficie d’un suivi médical. L’enfant reste hospitalisé sous surveillance.
Recrutement des agents recenseurs à Mongoumba : quand le test devient une mafia des amis et parents
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/La-foule.jpg” data-wpel-link=”internal”>La foule en colère à Mongoumba. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le processus de recrutement des agents recenseurs pour le quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4) crée l’indignation dans la commune de Mongoumba, située dans la préfecture de la Lobaye. Les résultats affichés cette semaine montre des irrégularités qui remettent en cause la crédibilité de l’ensemble de l’opération pilotée par l’Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales (ICASEES).
En effet, depuis plusieurs semaines, l’Institut Centrafricain des Statistiques et des Études Économiques et Sociales (ICASEES), département du Ministère du Plan, en charge du RGPH-4, organise dans les villes de province et à Bangui des tests de sélection pour constituer les équipes qui procéderont au dénombrement. À Mongoumba, instituteurs, directeurs d’école et jeunes diplômés se sont présentés en nombre pour tenter leur chance. Mais l’affichage des résultats a provoqué stupeur et colère parmi les candidats.
La liste définitive des candidats retenus affichée contient en effet deux noms de personnes qui n’ont jamais déposé de dossier et qui n’ont jamais passé le test. C’est le cas par exemple de KOLABA Evrard et KOLABA César. Ces deux personnes étaient à Bangui quand le teste avait eu lieu à Mongoumba. Pourtant, à la délibération, ces candidats fantômes figurent parmi les admis pour la formation des agents recenseurs. Comment expliquer leur présence sur cette liste, alors qu’ils n’ont franchi aucune des étapes du processus de sélection , ni même du dépôt de dossier ? Certaines voix disent que le formateur est leur propre frère qui les a intégré sans passer de teste.
Plus spectaculaire encore, des candidats ayant obtenu des notes largement insuffisantes figurent également parmi les retenus. Vomitiadé Ulrich , Il a obtenu au premier tour 2.5 points sur 60. De ce fait, il est normalement automatiquement mis à l’écart à cause de ses faibles notes. Pourtant, c’est le contraire. Il a été admis pour la formation. Et ce n’est pas tout! Certains avec 20 sur 100, d’autres avec 27, tous en dessous du seuil normalement requis pour une formation qui demande un minimum de compétences. À l’inverse, des candidats ayant obtenu des notes honorables, 30 ou 40 sur 100, découvrent avec amertume que leurs noms n’apparaissent pas sur la liste des admis. Quel intérêt organiser un test de sélection si les critères de réussite ne sont finalement pas respectés ?
Le cas des fraudeurs réintégrés ajoute à la confusion. Des candidats exclus pendant le test pour tentative de fraude se retrouvent miraculeusement admis dans la liste finale. C’est le cas de mademoiselle Dorcas qui a été sanctionné figure dans la liste définitive. Cette clémence sélective interroge sur les critères réels de la sélection et sur les interventions qui ont pu s’exercer entre l’examen et la publication des résultats.
La direction locale du recrutement invoque la nécessité de respecter une “cohésion sociale” pour justifier certains choix. Des membres de la communauté pygmée ont ainsi été intégrés dans l’équipe, une décision qui se comprend par la nécessité de pouvoir communiquer avec les populations autochtones dans leur langue lors du recensement. Mais cette logique de représentativité s’applique de manière pour le moins discriminatoire.
Des jeunes musulmans ayant passé le test avec succès, certains obtenant des notes de 30 ou plus, n’ont pas été retenus. Si la cohésion sociale justifie l’inclusion des Pygmées, pourquoi exclut-elle la communauté musulmane ? Cette incohérence pousse à s’interroger sur les critères réellement appliqués dans cette sélection et sur les pressions éventuelles qui ont pu s’exercer.
Au-delà de l’injustice faite aux candidats méritants, ces pratiques portent atteinte à la crédibilité du RGPH-4 lui-même. Un recensement de la population exige rigueur et compétence de la part des agents de terrain qui collecteront les données. Comment garantir la qualité de ce travail si les agents sont recrutés non pas sur leurs capacités, mais sur des critères opaques relevant davantage du clientélisme que de la compétence professionnelle ?
Le RGPH-4 représente un enjeu national majeur. Ses résultats serviront de base à la planification des politiques publiques pour les années à venir, de l’éducation à la santé en passant par les infrastructures. Des données faussées ou mal collectées auront des conséquences sur l’ensemble du développement du pays. L’ICASEES et le Ministère du Plan portent la responsabilité de garantir l’intégrité de ce processus à toutes ses étapes, y compris celle du recrutement des agents.
À Mongoumba comme sans doute dans d’autres localités du pays, le test de recrutement n’a été qu’une façade. Les véritables décisions se sont prises ailleurs, selon des logiques qui n’ont rien à voir avec la compétence des candidats. Si cette dérive n’est pas corrigée rapidement, c’est l’ensemble du recensement qui risque d’être entaché de suspicion. Les Centrafricains méritent mieux qu’un exercice statistique truqué dès sa préparation.
Inclusion scolaire des enfants handicapés : Action Solidaire interpelle le gouvernement centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/souds-muets.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’association Action solidaire en activité à l’école des sourds et muets de Benz-vi à Bangui. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’association Action Solidaire a adressé un manifeste aux ministres de l’Éducation nationale et des Affaires sociales pour dénoncer l’exclusion des enfants vivant avec handicap sensoriel au-delà du niveau fondamental 1.
Dans une lettre datée du 19 novembre 2025, dont la rédaction du CNC a eu copie, l’organisation non gouvernementale Action Solidaire tire la sonnette d’alarme sur une problématique que les autorités centrafricaines ignorent depuis des années : l’absence totale de structures d’accueil pour les enfants sourds, muets et aveugles dans l’enseignement fondamental 2.
“À ce jour, aucune structure adaptée n’existe pour accueillir ces enfants dans le fondamental 2, les privant ainsi du droit à une éducation continue et inclusive”, écrit Nadine Claudia KOSSI, signataire du manifeste au nom d’Action Solidaire.
L’association qualifie cette situation de “rupture de l’égalité des chances et une violation du droit à l’éducation”. Le manifeste rappelle que la République centrafricaine a pourtant ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (article 28) et la Convention relative aux droits des personnes handicapées (article 24), en plus de ses propres engagements nationaux en faveur de l’éducation inclusive.
Cette carence institutionnelle signifie concrètement que des milliers d’enfants centrafricains se retrouvent bloqués après le fondamental 1, sans possibilité de poursuivre leur scolarité, uniquement à cause de leur handicap sensoriel.
L’association Action Solidaire formule cinq recommandations précises aux ministères concernés :
La création de structures d’accueil inclusives dans les établissements du fondamental 2 pour les enfants sourds, muets et aveugles constitue la première demande. L’association réclame également la formation et l’affectation d’enseignants spécialisés maîtrisant la langue des signes, le braille et les pédagogies adaptées.
Le manifeste insiste aussi sur l’adaptation des programmes et supports d’enseignement aux besoins spécifiques de ces élèves, la mise en place d’un cadre de coordination interministériel pour le suivi et l’accompagnement, ainsi que l’implication des familles, associations et partenaires dans la conception d’une Politique nationale d’éducation inclusive durable.
“L’avenir d’une nation se mesure à sa capacité à inclure et à protéger les plus vulnérables de ses enfants”, affirme le document adressé aux deux ministres. Action Solidaire exhorte les autorités à “poser un acte fort et historique” en faisant de l’inclusion éducative des enfants handicapés “une priorité nationale conjointe de l’Éducation et des Affaires sociales”.
L’organisation reconnaît les “défis structurels et financiers” du système éducatif centrafricain, mais estime qu’une action concertée entre les deux départements ministériels peut amorcer un changement significatif.
Cette initiative intervient dans un contexte où la République centrafricaine peine à garantir l’accès à l’éducation même pour les enfants sans handicap, avec des infrastructures défaillantes et un manque chronique d’enseignants qualifiés. La question de l’éducation inclusive reste donc largement marginalisée dans les priorités gouvernementales.
Le manifeste attend désormais une réponse des ministères concernés, alors que les enfants vivant avec handicap continuent de voir leur avenir compromis par l’inaction des pouvoirs publics.
Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Mercenaires russes à Bangui” width=”450″ height=”346″ />Remise-officielle-du-batiment par les mercenaires russes à Bangui
Fin octobre, le directeur général de la Maison russe à Bangui, Dmitri Sytyi, a remis les clés d’une école située à Gobongo à Jean-Laurent Syssa-Magalé, ministre de l’Enseignement supérieur de la République Centrafricaine. Moscou renforce un peu plus sa domination sur le pays.
C’est tout sourire et dans une ambiance très festive que Dmitri Sytyi a donné les clés de la nouvelle école de Gobongo le 27 octobre dernier à Jean-Laurent Syssa-Magalé, en insistant sur « l’importance du développement de l’éducation en République centrafricaine ».
Il s’agit de la deuxième école attribuée dans le cadre de sa coopération avec la Russie. Et sans doute pas la dernière, car la Russie fait de Bangui sa principale tête de pont en Afrique.
Preuve que le pouvoir centrafricain est sclérosé par Moscou : pas une voix officielle ne s’est élevée pour contester le fait que ce soit une entreprise russe spécialisée qui a construit les bâtiments afin de « combler le manque d’espaces de classe, d’augmenter les heures d’étude et d’accueillir des élèves supplémentaires ». Les entreprises centrafricaines et leur personnel seraient donc indignes ou incapables d’ériger des bâtiments pour leurs enfants ? Les autorités de Bangui sont-elles à ce point aveugles pour ne pas déceler un colonialisme qu’elles ont soi-disant combattu ?
Souveraineté affaiblie
La mise en scène de l’inauguration du 27 octobre à Gobongo orchestrée par la Maison russe ne devrait tromper personne. Derrière cette façade pseudo-culturelle, Moscou amplifie son action de vampirisation de l’État centrafricain, à travers Wagner et ses sbires. Depuis son arrivée en janvier 2018, les mercenaires de Wagner ont fait main basse sur les rouages du pouvoir et certaines fonctions de l’État (notamment la sécurité) qui ont affaibli la souveraineté et la responsabilité de l’État centrafricain. Wagner qui est accusé de nombreuses exactions : villages incendiés et exécutions sommaires notamment, s’est aussi accaparée de nombreuses ressources, obtenant des concessions minières (or, diamants) et forestières.
Pour mieux ancrer son emprise sur le pays, la société militaire privée russe s’empare maintenant de l’éducation. Elle avait déjà poussé quelques feux en 2019 introduisant la langue russe dans les établissements scolaires (secondaire) avant de la rendre obligatoire en 2022 dès la première année de licence, jusqu’au master. Sous l’impulsion de Dmitri Sytyi, un « Centre d’éducation en russe » à l’Université de Bangui, a été inauguré en 2023 pour l’enseignement de la langue russe. Après avoir vampirisé l’université puis l’enseignement secondaire, le directeur général de la Maison russe s’attaque maintenant à l’enseignement primaire, pour mieux façonner les jeunes esprits à la culture russe et mieux faire accepter ce colonialisme rampant qui ne dit pas son nom… Le sango et le français sont les deux langues officielles du pays. Reste à savoir pour combien de temps…
Pris une nouvelle fois en flagrant délit de faux et usage de faux , Jean-Michel Mandaba éliminé honteusement de la présidentielle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/12/jean-michel-mandaba-de-bamingui.jpg” data-wpel-link=”internal”>jean-michel-mandaba-de-bamingui – Le député Jean-Michel Mandaba, embourbé dans une affaire de pot-de-vin, sera traduit devant la Haute Cour de Justice.
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Conseil Constitutionnel démasque l’ancien député corrompu Jean-Michel Mandaba qui a présenté un titre de propriété appartenant à quelqu’un d’autre pour déposer sa candidature.
Le jeudi 14 novembre 2025, le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision n° 014/CC/25 invalidant trois candidatures à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Parmi les candidats éliminés figure Jean-Michel Mandaba, candidat numéro 6 du parti PGD. Une invalidation qui ne surprend personne : Mandaba a été pris, une fois de plus, en train de falsifier des documents officiels.
La décision du Conseil Constitutionnel est sans appel. Après vérification auprès de la Direction des Domaines et de la Conservation Foncière, les juges constitutionnels, aussi corrompus qu’il faut le rappeler, ont découvert que Jean-Michel Mandaba avait versé à son dossier de candidature “la copie d’un titre de propriété bâtie numéro 9063 appartenant en réalité à Madame ASSANI Edith Pulchérie”.
La fiche de vérification n° 0200/MFB/DIR CAB/DECTCFD/SCF du 6 novembre 2025, signée du Directeur de l’Enregistrement de la Curatelle, du Timbre de la Conservation Foncière des Domaines du Patrimoine Immobilier, ne laisse aucun doute : Jean-Michel Mandabaa présenté le titre de propriété d’une autre personne comme si c’était le sien.
Le Conseil Constitutionnel a donc conclu que “le dossier de candidature de Monsieur Jean Michel Mandaba est entaché de fraude en écriture publique” et que “sa candidature doit être invalidée pour ce motif”.
Fraude en écriture publique. Faux et usage de faux. Voilà les termes juridiques qui qualifient, une nouvelle fois, les agissements de Jean-Michel Mandaba. Et ce n’est pas la première fois. Ni la deuxième. C’est devenu son mode opératoire habituel.
Le parcours criminel de Jean-Michel Mandaba est long et bien documenté. Cet homme a fait du faux et de la manipulation sa spécialité, sa marque de fabrique. À chaque fois qu’il se trouve dans une situation délicate, il sort les mêmes recettes : inventer des documents, falsifier des preuves, mentir effrontément.
Rappelons d’abord l’affaire qui a détruit sa carrière politique. En juillet 2019, Jean-Michel Mandaba, alors président de la commission ressources naturelles de l’Assemblée nationale, a été filmé en train d’empocher 40 millions de francs CFA versés par des exploitants miniers chinois en échange de permis d’exploitation à Bozoum.
La vidéo, projetée devant les députés lors d’une session extraordinaire, était accablante. Jean-Michel Mandaba n’a eu d’autre choix que de reconnaître les faits et de demander pardon. Une commission d’enquête parlementaire avait alors décidé qu’il serait traduit devant la Haute Cour de Justice. Mais cette procédure n’a jamais abouti. Mandaba s’en est sorti comme toujours.
Cette affaire de corruption l’a tout de même disqualifié pour se représenter aux Élections législatives de 2020. Mais cela ne l’a pas empêché de continuer ses magouilles en 2025.
Récemment, Mandaba a été au centre d’une nouvelle controverse immobilière. Expulsé d’un premier logement pour non-paiement de loyer, il avait profité de la générosité d’un propriétaire bienveillant qui lui avait offert l’usage gratuit d’une maison en face du restaurant Mirandela. Il y avait même installé le siège de son parti, le PGD.
Mais après le décès de ce propriétaire généreux, les héritiers ont exigé le paiement du loyer. Et là, Mandaba a sorti exactement le même scénario que dans l’affaire qui vient de le faire éliminer de la présidentielle : il a prétendu avoir acheté la maison au défunt propriétaire pour 34 millions de francs CFA, payés en liquide, sans aucune preuve écrite.
Selon sa version, il aurait envoyé cette somme en espèce dans un sac banko par l’intermédiaire de son fils. Évidemment, aucun reçu. Aucun document. Juste sa parole.
Les héritiers ont traîné Mandaba en justice. Le tribunal de première instance lui a donné tort. La cour d’appel a confirmé. La cour de cassation aussi. Trois juridictions ont ordonné son expulsion. Il a finalement été expulsé de force, et son frère procureur a même tenté d’utiliser les forces de l’ordre pour chasser les héritiers légitimes de leur propre maison.
Voilà le vrai visage de Jean-Michel Mandaba. Un homme qui ment comme il respire. Un homme qui falsifie des documents. Un homme qui prétend posséder ce qui appartient aux autres. Un homme dont le passé est lourd de fausseté.
Et maintenant, pour sa candidature à l’élection présidentielle, il a recommencé exactement la même chose. Il a présenté au Conseil Constitutionnel le titre de propriété de Madame ASSANI Edith Pulchérie en prétendant que c’était le sien.
Comment a-t-il pu croire qu’il s’en sortirait ? Comment a-t-il pu penser que personne ne vérifierait ? Ou peut-être comptait-il, encore une fois, sur des complicités pour faire passer son dossier frauduleux ?
La Constitution centrafricaine exige que tout candidat à l’élection présidentielle possède une propriété bâtie sur le territoire national. Mandaba ne possède aucune propriété bâtie. Il ne possède rien. Alors il a volé l’identité d’une propriété appartenant à Madame ASSANI Edith Pulchérie.
C’est du vol d’identité immobilière. C’est de la fraude en écriture publique. C’est du faux et usage de faux caractérisé. Des infractions pénales graves qui devraient normalement entraîner des poursuites judiciaires.
Cette fois-ci, Jean-Michel Mandaba doit être traduit devant la justice. Pas pour des paroles, mais pour la réalité de ses actes. Il doit répondre de cette fraude devant un tribunal pénal. Il doit être poursuivi pour faux et usage de faux dans le cadre d’une candidature présidentielle.
Le Parquet de la République doit ouvrir une information judiciaire. Le Procureur Général doit agir. On ne peut pas laisser un homme avec un tel passé criminel continuer à bafouer la loi sans jamais être sanctionné.
Mandaba a été filmé en train de recevoir 40 millions de francs CFA de pot-de-vin. Il a inventé un faux achat de maison pour 34 millions de francs CFA. Il a présenté le titre de propriété de quelqu’un d’autre pour sa candidature présidentielle. À chaque fois, c’est le même schéma : le faux, la manipulation, le mensonge.
Ce qui est peut-être le plus choquant dans cette affaire, c’est que Mandaba a osé se présenter à l’élection présidentielle. Un homme avec un tel parcours, un homme condamné par trois juridictions dans une affaire immobilière, un homme qui a reconnu avoir reçu 40 millions de pot-de-vin, se présente pour diriger le pays.
Quelle image cela donne-t-il de la classe politique centrafricaine ? Quelle image cela donne-t-il du niveau d’exigence morale dans ce pays ?
Le Conseil Constitutionnel a fait son travail. Il a vérifié. Il a découvert la fraude. Il a invalidé la candidature. Mais maintenant, il faut que la justice pénale prenne le relais.
Jean-Michel Mandaba ne doit pas simplement être éliminé de la course électorale. Il doit être poursuivi, jugé et condamné pour faux et usage de faux. C’est la seule façon de montrer que personne n’est au-dessus de la loi, que la fraude a des conséquences, que le mensonge ne paie pas.
La décision du Conseil Constitutionnel du 14 novembre 2025 a réduit à sept le nombre de candidats validés pour l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Trois candidatures ont été invalidées, toutes pour des raisons liées à des fraudes sur les titres de propriété ou les diplômes.
Trois candidatures éliminées. Trois cas de fraude. Trois dossiers qui montrent le niveau de médiocrité et de malhonnêteté qui caractérise une partie de la classe politique centrafricaine.
Pour Jean-Michel Mandaba, cette invalidation devrait marquer la fin définitive de toute ambition politique. Un homme qui a été pris en flagrant délit de corruption, qui a été expulsé de force d’une maison pour occupation illégale, et qui vient d’être démasqué pour fraude en écriture publique n’a plus aucune crédibilité.
Mais connaissant Mandaba et connaissant le système judiciaire centrafricain, on peut craindre qu’une fois de plus, il s’en sorte sans véritable sanction. Qu’il retourne tranquillement à ses affaires, sans jamais avoir à répondre véritablement de ses actes devant la justice.
C’est pourtant maintenant ou jamais. Le Conseil Constitutionnel a qualifié les faits de “fraude en écriture publique”. C’est une qualification pénale. Le Parquet doit agir. Le système judiciaire doit montrer qu’il fonctionne, que la loi s’applique à tous, y compris aux anciens députés, y compris aux candidats à la présidentielle.
Jean-Michel Mandaba a dépassé toutes les normes. Il a un passé lourd de criminalité, lourd de fausseté. Il a été pris en flagrant délit à l’Assemblée nationale. Il est dans la fausseté d’une propriété. À chaque fois, c’est le faux et usage de faux.
Cette fois-ci, il doit être traduit devant la justice. Pour de vrai. Pas pour le langage, mais pour la réalité. Parce qu’il dépasse vraiment les normes.
L’Autorité Nationale des Elections publiera le 15 novembre 2025 la liste définitive des candidats au scrutin présidentiel, conformément à la décision du Conseil Constitutionnel. Le nom de Jean-Michel Mandaba n’y figurera pas. Sa candidature a été annulée. Sa fraude a été démasquée.
Reste maintenant à savoir si la justice fera son travail et le poursuivra pour faux et usage de faux, ou si, comme c’est trop souvent le cas en Centrafrique, l’affaire sera classée et Mandaba continuera tranquillement ses magouilles sans jamais avoir à rendre compte de ses actes.
À Rondi, DANS LA NANA-MAMBÉRÉ, le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes ont créé leur propre tribunal et règnent par la terreur
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/01/des-soldats-FACA-lors-dune-patrouille.jpg” data-wpel-link=”internal”>Patrouille des soldats FACA
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le commandant LAMTAGUÉ ne se contente pas de recruter illégalement des Camerounais et d’asservir ses compatriotes. Lui et ses hommes ont franchi une ligne encore plus dangereuse : ils ont supprimé toute autorité locale et instauré leur propre système judiciaire à Rondi.
Dans ce village de la Nana-Mambéré, les soldats FACA se sont transformés en tout. Gendarmes le matin, policiers l’après-midi, agents miniers quand il faut, percepteurs des impôts quand ça arrange, douaniers si nécessaire. Ils cumulent tous les pouvoirs. Ils ont créé leur tribunal, leur cour d’appel, leur cour de cassation. Le tout en une seule personne : eux-mêmes.
Le chef de village nommé WAMBETO ? Il ne compte plus. Son rôle de chef coutumier, celui qui depuis toujours règle les différends dans la communauté ? Balayé. Les soldats ont pris sa place. Quand il y a un problème dans le village, les habitants ne vont plus voir le chef. Ils vont voir les militaires. Ou plutôt, ils sont obligés d’aller voir les militaires.
Et leur justice n’a rien à voir avec ce qu’on connaît. Prenez un couple qui se dispute. La femme porte plainte contre son mari. Les soldats débarquent, attrapent l’homme, le jettent par terre et le tabassent. Pas une gifle, pas une tape. Un vrai passage à tabac. Ensuite, ils lui fixent une amende. Tu payes ou tu restes en prison. C’est comme ça que ça marche.
Une dette entre deux personnes ? Même procédé. Quelqu’un vient porter plainte. Les soldats se déplacent, arrêtent le débiteur présumé sans poser de questions, sans vérifier quoi que ce soit. Direction la détention improvisée. Tu payes l’amende qu’ils ont décidée, et seulement après tu sors. Peu importe si tu devais vraiment cet argent ou pas.
Traditionnellement, le chef WAMBETO réglait ce genre de conflits. C’est son travail de chef coutumier. Dans un village sans tribunal, sans commissariat, sans gendarmerie, c’est lui l’autorité naturelle. Mais depuis que le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes se sont installés pour protéger le site minier chinois, ils ont décidé que c’était leur territoire. Leur zone. Leurs règles.
Leur justice ne passe par aucun tribunal, aucune procédure, aucun jugement équitable. C’est une justice de poings. La victime accuse, ils arrêtent, ils frappent, ils encaissent. Dans cet ordre. À chaque fois. Et quand on dit “frapper”, il ne s’agit pas de quelques coups symboliques. C’est de la torture pure et simple. Ces militaires frappent vraiment. Durement. Longtemps.
Le commandant LAMTAGUÉ supervise ce système. L’adjudant-chef KOTA MABOKO, chef de base, et son adjoint l’adjudant BANAMAYE appliquent les décisions sur le terrain. Ils arrêtent qui ils veulent. Ils punissent qui ils veulent. Ils fixent les amendes qu’ils veulent. Personne ne peut contester. Personne ne peut se plaindre ailleurs. Parce qu’il n’y a pas d’ailleurs. Il n’y a qu’eux.
Ces soldats abusent de leur uniforme. Ils ont transformé leur déploiement militaire en racket organisé. Leur mission de sécurisation du site minier en prétexte pour terroriser toute une population. Ce ne sont plus des militaires. Ce sont des criminels en tenue qui ont créé un État dans l’État.
WAMBETO assiste, impuissant, à la destruction de son autorité. Les autorités administratives ? Absentes. Les forces de l’ordre classiques ? Inexistantes. Les juges, les procureurs, les tribunaux ? À des centaines de kilomètres. À Rondi, il n’y a que ces soldats qui font tout. La loi, c’est eux. La justice, c’est eux. La punition, c’est eux. L’enrichissement, c’est pour eux.
À Rondi, le commandant LAMTAGUÉ et ses hommes ont bâti leur petit empire. Ils recrutent des étrangers illégaux et empochent des commissions. Ils asservissent leurs compatriotes et les taxent pour survivre. Maintenant, ils rendent leur propre justice et terrorisent ceux qui osent les déranger. Trois étages de corruption, d’abus, de violence. Et ça continue.
ACFPE : Renée Bimbo, débordée, sanctionne illégalement les cinq délégués du personnel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/la-directrice-generale-de-par-interim-de-l-acfpe-madame-renee-bimbo.jpg” data-wpel-link=”internal”>La Directrice générale par intérim de l’ACFPE, madame Renée Bimbo
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La rédaction de Corbeau News Centrafrique vient d’apprendre que la directrice générale par intérim de l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE), Renée Bimbo, a sanctionné vendredi dernier les cinq délégués du personnel de l’agence. Huit jours de mise à pied pour chacun d’eux. Le motif inscrit sur le document qu’elle a signé ? “Comportement irresponsable envers la hiérarchie”. Rien de plus. Aucun fait précis. Aucune procédure respectée. Une décision qui bafoue ouvertement les protections légales dont bénéficient les représentants du personnel.
Les délégués du personnel de l’ACFPE étaient six au total. L’un d’eux est décédé récemment. Les cinq autres viennent de recevoir leur notification de sanction. Renée Bimbo a décidé seule de les mettre à pied pendant huit jours. Ces huit jours seront déduits de leur salaire. Une double peine pour des hommes qui ne font que leur travail : défendre les droits du personnel face à une direction qui accumule les abus.
Le document de sanction signé par la directrice générale ne donne aucune précision. Aucun fait concret n’est mentionné. On ne sait pas ce qu’elle entend par “comportement irresponsable”. On ne sait pas quelle procédure disciplinaire a été suivie. On ne sait même pas si une procédure a été suivie. Tout laisse penser que Renée Bimbo a simplement décidé de punir les délégués parce qu’ils font leur travail.
Le problème, c’est que le droit du travail centrafricain protège les délégués du personnel. Ces protections existent justement pour empêcher que les directions sanctionnent arbitrairement ceux qui défendent les employés. Les délégués ont le droit de contester les décisions de la direction. Ils ont le droit de déposer des plaintes. Ils ont le droit de saisir les tribunaux ou l’inspection du travail. Ils ont le droit de défendre les intérêts des travailleurs. C’est leur rôle.
Les accords d’établissement de l’ACFPE prévoient également ces protections. On ne peut pas sanctionner un délégué du personnel simplement parce qu’il fait son travail de représentant. Toute sanction doit suivre une procédure stricte, avec l’accord préalable de l’inspection du travail. Renée Bimbo a ignoré toutes ces règles. Elle a signé une décision de mise à pied comme si les protections légales n’existaient pas.
N’importe quel étudiant en première année de gestion des ressources humaines sait cela. C’est un cours de base. Les délégués du personnel sont protégés. On ne les sanctionne pas comme on sanctionne un employé ordinaire. Il y a des procédures à respecter. Renée Bimbo prétend avoir une licence en gestion des ressources humaines. Si c’était vrai, elle saurait tout cela. Mais visiblement, soit elle ne l’a jamais appris, soit elle a tout oublié, soit elle s’en fiche complètement.
Le timing de cette sanction n’est pas un hasard. Les cinq délégués sanctionnés sont exactement ceux qui ont déposé plainte au tribunal administratif contre le faux appel à candidature organisé pour légaliser la nomination de Renée Bimbo comme directrice générale titulaire.
Rappelons les faits : en septembre 2025, la ministre du Travail Annie Michelle Mwanga et le président du Conseil d’administration Henri Koulayom ont lancé un appel à candidature taillé sur mesure pour la sœur de la ministre. Les critères ont été conçus pour écarter tous les candidats qualifiés et garantir que seule Renée Bimbo puisse postuler.
Les délégués du personnel ont contesté cette manipulation. Ils ont saisi le tribunal administratif pour dénoncer les termes de référence discriminatoires de cet appel à candidature. Ils ont défendu le principe du recrutement transparent contre le népotisme assumé de la ministre et de sa sœur. Cette action en justice a déplu à Renée Bimbo. Comment ose-t-on contester sa nomination ? Comment ose-t-on dénoncer le népotisme qui l’a placée à la tête de l’ACFPE malgré son incompétence ? Comment ose-t-on vouloir un directeur général qualifié plutôt qu’une simple sœur de ministre ?
La sanction des cinq délégués est la réponse de Renée Bimbo : la terreur administrative. Puisque les délégués osent contester, ils seront sanctionnés. Puisqu’ils osent défendre le personnel, ils seront punis financièrement. Puisqu’ils osent réclamer le respect de la loi, ils seront mis à pied. C’est aussi simple que cela. Renée Bimbo pense qu’en terrorisant les délégués, elle va les faire taire. Elle se trompe.
Cette décision confirme l’incompétence totale de Renée Bimbo. Elle ne comprend pas les procédures administratives. Elle ne connaît pas le droit du travail. Elle ne respecte pas les protections légales. Elle gère l’ACFPE comme si c’était sa propriété personnelle. Depuis sa nomination comme directrice générale par intérim, elle a accumulé les scandales : l’expulsion des couturiers-stylistes pour faire place au restaurant de sa sœur ministre, le détournement de 22 millions de francs CFA sur le projet ICOMPETE, le chaos organisationnel qui a privé des milliers de jeunes de formations, l’attribution de marchés à sa sœur Nadia Sandy Ledot et à sa nièce Diane, les plaintes du personnel concernant les salaires impayés et les conditions de travail déplorables.
Face à tous ces scandales, face aux critiques de plus en plus nombreuses, face aux plaintes qui s’empilent, Renée Bimbo est totalement débordée. Elle ne maîtrise plus la situation. Elle panique. Et quand une directrice incompétente panique, elle recourt à la terreur. Ne pouvant pas répondre sur le fond aux critiques des délégués du personnel, elle les sanctionne. Ne pouvant pas justifier sa gestion catastrophique de l’ACFPE, elle tente de faire taire ceux qui la dénoncent. Ne pouvant pas démontrer sa compétence, elle cherche à terroriser le personnel pour l’empêcher de protester.
C’est une stratégie pathétique. On ne dirige pas une administration publique par la terreur. On ne fait pas taire les revendications légitimes en sanctionnant arbitrairement les représentants du personnel. On ne compense pas l’incompétence par l’autoritarisme. Renée Bimbo semble vouloir imiter sa grande sœur Annie Michelle Mwanga qui dirige le ministère du Travail de manière dictatoriale.
Renée Bimbo accumule les erreurs grossières. Elle sanctionne les délégués du personnel en violation de la loi. Elle signe des documents compromettants. Elle laisse des traces de ses malversations partout. Elle se comporte comme une apprentie dictatrice sans en avoir ni l’intelligence ni la subtilité. Le résultat ? Elle s’enfonce chaque jour un peu plus dans le scandale. Chaque décision qu’elle prend aggrave sa situation. Chaque mesure autoritaire qu’elle impose renforce l’opposition du personnel. Chaque violation de la loi qu’elle commet rapproche le moment où elle devra rendre des comptes.
La question du diplôme de Renée Bimbo se pose sérieusement. Comment une personne qui prétend avoir une licence en gestion des ressources humaines peut-elle ignorer des notions aussi basiques que la protection des délégués du personnel ? Deux explications possibles : soit elle a réellement étudié mais elle est tellement incompétente qu’elle a tout oublié, soit elle n’a jamais réellement étudié et son diplôme est un faux.
Les rumeurs qui circulent au sein de l’ACFPE penchent pour la deuxième option. Plusieurs employés affirment que Renée Bimbo aurait acheté son diplôme quelque part. Certains vont même jusqu’à suggérer qu’elle l’aurait obtenu à l’université dirigée par Henri Koulayom, l’actuel président du Conseil d’administration de l’ACFPE. Si ces allégations sont vraies, cela expliquerait beaucoup de choses. Cela expliquerait pourquoi Henri Koulayom a organisé un appel à candidature taillé sur mesure pour elle. Cela expliquerait pourquoi il la protège malgré son incompétence. Cela expliquerait le lien de complicité évident entre le président du Conseil d’administration et la directrice générale.
Corbeau News Centrafrique n’a pas pu vérifier ces allégations de manière indépendante. Mais l’incompétence de Renée Bimbo dans la gestion de l’ACFPE donne du crédit à ces rumeurs. Comment expliquer autrement qu’une personne prétendant avoir une licence en gestion des ressources humaines puisse commettre des erreurs aussi grossières ? Les autorités compétentes devraient vérifier l’authenticité du diplôme de Renée Bimbo. Si elle dirige l’ACFPE sur la base d’un faux diplôme, c’est un scandale qui dépasse le simple népotisme. C’est une escroquerie qui justifie des poursuites pénales.
Renée Bimbo pense que sanctionner les délégués du personnel va les intimider et les empêcher de continuer leur action. Elle se trompe lourdement. Cette sanction illégale va produire l’effet inverse. D’abord, elle donne aux délégués un motif supplémentaire de saisir la justice. Ils vont pouvoir contester cette sanction devant l’inspection du travail et devant les tribunaux. Et ils ont toutes les chances de gagner puisque la sanction viole les protections légales dont ils bénéficient.
Ensuite, elle va radicaliser le personnel de l’ACFPE. Les employés qui hésitaient encore à soutenir les délégués vont maintenant comprendre que la direction est prête à tout pour les faire taire. Cette prise de conscience va renforcer la solidarité au sein du personnel et durcir les positions. Enfin, elle va attirer l’attention des institutions de contrôle. Comment l’Inspection générale d’État, la Cour des comptes ou l’Assemblée nationale peuvent-elles continuer à ignorer une directrice qui sanctionne illégalement les représentants du personnel ? Cette affaire va probablement déclencher des enquêtes qui révéleront l’ampleur des dysfonctionnements à l’ACFPE.
Il faut rappeler pourquoi les syndicats et les délégués du personnel existent. Ce ne sont pas des caprices. Ce ne sont pas des obstacles à la bonne gestion. Ce sont des garde-fous essentiels contre l’arbitraire et l’abus de pouvoir. Sans délégués du personnel, les directions d’entreprises et d’administrations pourraient faire n’importe quoi. Elles pourraient payer les salaires quand elles veulent. Elles pourraient imposer des conditions de travail inhumaines. Elles pourraient licencier sans motif. Elles pourraient discriminer en toute impunité.
Les délégués du personnel existent justement pour empêcher ces abus. Ils sont les yeux et les oreilles des travailleurs. Ils veillent au respect de la loi et des accords d’établissement. Ils défendent les droits des employés face aux directions qui voudraient les piétiner. C’est exactement ce que font les cinq délégués sanctionnés à l’ACFPE. Ils défendent le personnel face à une direction incompétente et népotiste. Ils réclament le respect des procédures de recrutement. Ils dénoncent les détournements de fonds. Ils exigent que l’agence soit dirigée dans l’intérêt des Centrafricains et non dans celui du clan Mwanga-Gambor.
Pour cela, ils sont sanctionnés. Pour avoir fait leur travail de représentants du personnel, ils sont punis. Pour avoir défendu la loi contre le népotisme, ils subissent une perte de salaire. Cette sanction en dit long sur la nature de la direction de l’ACFPE. Elle confirme que Renée Bimbo ne dirige pas cette agence pour servir l’intérêt général. Elle la dirige comme une dictature personnelle où toute contestation est réprimée.
Avec cette nouvelle provocation, Renée Bimbo pousse l’ACFPE au bord de l’explosion. Le personnel est à bout. Les délégués sont sanctionnés illégalement. Les procédures judiciaires s’accumulent. Les scandales financiers se multiplient. L’incompétence de la direction atteint des sommets. Combien de temps cette situation peut-elle durer ? Combien de temps les autorités vont-elles continuer à fermer les yeux sur le naufrage de l’ACFPE ? Combien de temps le clan Mwanga-Gambor va-t-il pouvoir piller impunément cette institution publique ?
Ahmat Deleris alias Rator : l’imposteur tchadien qui a pris en otage le CSISCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator.jpg” data-wpel-link=”internal”>Ahmat Deleris alias Rator
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Il faut dire les choses clairement : l’homme qui dirige aujourd’hui le Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA) est un ressortissant tchadien qui a frauduleusement obtenu la nationalité centrafricaine. Ahmat Deleris, connu sous le sobriquet de Rator, maintient son emprise sur cette institution par la menace, la corruption et le chantage.
Notre enquête le confirme : cet agent double a infiltré la plus haute institution musulmane du pays et refuse aujourd’hui de lâcher le pouvoir qu’il a confisqué.
Contrairement à ce qu’il proclame sur tous les réseaux sociaux, Ahmat Deleris n’est pas originaire de Moungoumba. Nos investigations dans cette localité ont permis d’établir la vérité : cet homme est arrivé tout bébé à Moungoumba avec sa mère tchadienne. Personne dans cette ville n’a jamais connu son père biologique.
Sa mère s’est ensuite remariée avec Mahamat Kotaya, un opérateur économique tchadien installé à Moungoumba, parent de l’ex-maire de la ville surnommé “le français”, lui-même frère du défunt Zackariya Attahir jadis installé au quartier Sissongo à Bangui.
Élevé dans cette famille tchadienne, Rator a grandi dans la rue, en compagnie de joueurs de cartes et de cambrioleurs. Ce parcours de délinquant explique son comportement actuel à la tête du CSISCA.
En poursuivant son investigation, nos journalistes ont découvert que Ahmat Deleris dit Rator a falsifié l’acte de naissance du défunt Amit Idriss pour se fabriquer une identité centrafricaine. Cette fraude documentaire lui a permis d’obtenir illégalement la nationalité centrafricaine et de s’infiltrer progressivement dans les structures de la communauté musulmane.
La preuve de sa nationalité tchadienne ? En 2015, cet individu a lui-même créé une “Association des Tchadiens de Centrafrique”. Le ministre de l’Administration du Territoire de l’époque a transmis le dossier à la Communauté Islamique Centrafricaine (CICA) pour avis technique. Le défunt président Oumar KobineLayama s’est opposé fermement à ce projet divisionniste qui visait à fragmenter la communauté musulmane en associations ethniques et nationales (Haoussa, Foulbé, Bornou, Sénégalais, Maliens, Camerounais…).
Un Centrafricain d’origine ne crée pas une “Association des Tchadiens”. Cette initiative prouve son appartenance réelle.
La prise de contrôle du CSISCA par Ahmat Deleris s’est faite par étapes, avec la ruse d’un manipulateur professionnel.
Lors de l’Assemblée Générale du 15 mars 2020, un accord de réconciliation prévoyait qu’il conserve son poste de deuxième vice-président. Mais l’homme avait d’autres ambitions. Par la corruption, les menaces, l’escroquerie et le mensonge, il a réussi à tromper les membres présents pour se faire élire premier vice-président.
Six mois plus tard, l’imam Oumar Kobine Layama décédait. Deleris devenait président par intérim.
Depuis, il a instauré un régime de terreur. Il a transféré unilatéralement le siège du CSISCA de l’enceinte de la mosquée de Yapélé vers sa boutique du Km5, un local qui ressemble à une geôle, sans aucune ouverture d’aération en dehors de la porte d’entrée. Ce transfert viole toutes les dispositions statutaires de l’institution.
Le mode de gouvernance de Ahmat Deleris repose sur l’intimidation. Il menace verbalement par téléphone et par messages vocaux sur WhatsApp toute personne qui ose parler d’une Assemblée Générale du CSISCA. Les membres du Bureau Exécutif National sont muselés. Toutes les décisions et déclarations sont prises sans aucune concertation préalable, dans un exercice autocratique du pouvoir.
Son mandat de président par intérim a expiré le 15 mars 2025. Mais l’homme refuse de partir. Il conditionne son départ à une nomination au poste de conseiller à la présidence de la République, en rémunération de “services rendus au pouvoir”. Un chantage éhonté qui montre la nature de ses relations avec certains cercles du pouvoir.
Lorsque l’escroc et mafieux Daniel Nzéwé a évoqué publiquement la question des étrangers dans notre pays, Deleris s’est immédiatement senti visé et a réagi avec une violence inhabituelle. Depuis, il ne cesse de crier sur les réseaux sociaux qu’il est “Centrafricain d’origine”.
Cette insistance pathologique prouve son imposture. Un véritable Centrafricain d’origine n’a pas besoin de convaincre ses compatriotes de sa nationalité. Il l’est naturellement, sans avoir à le prouver quotidiennement.
La Constitution de la Septième République est claire : un étranger ne peut diriger une institution en Centrafrique, fût-elle religieuse. Or Ahmat Deleris est tchadien. Sa présence à la tête du CSISCA viole nos lois fondamentales.
Cette situation est d’autant plus intolérable que cet agent double a infiltré une institution qui représente plusieurs centaines de milliers de Centrafricains musulmans. Il parle en leur nom, prend des décisions qui les engagent, alors qu’il n’est même pas des nôtres.
la mafia des actes de naissance gratuits à la mairie de Bangui bat son plein
Bangui-en-centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>mairie-de-Bangui-en-centrafrique – RCA : Mairie de Bangui, quatre mois d’arriéré de salaire remontent les nerfs du personnel
Le pays sombre désormais dans une corruption généralisée qui n’épargne aucun secteur. Des bureaux de l’administration aux services de base, tout est devenu prétexte à soutirer de l’argent aux citoyens. La mairie de Bangui en donne un exemple étonnant : un projet financé par l’Union européenne pour délivrer gratuitement des actes de naissance se heurte à un réseau des employés de la mairie qui ont organisé leur propre mafia, exigeant des paiements illégaux à chaque étape.
Depuis plusieurs mois, des affiches tapissent la capitale et les radios diffusent des annonces : les actes de naissance pour les nouveaux-nés sont désormais gratuits à la mairie de Bangui, grâce au financement de l’Union européenne et de ses partenaires. Mais la réalité contredit complètement ces promesses. Aucun parent n’obtient réellement son document sans débourser d’argent à ces mafieux de la mairie.
Dès le dépôt du dossier, les complications surgissent. Les employés réclament aux demandeurs entre 2 000 et 3 000 francs CFA, officiellement pour “le suivi du dossier”. Sans ce paiement, le dossier reste bloqué indéfiniment.
Rencontré à la mairie de Bangui par la rédaction du CNC, un père de famille, venu faire le suivi du dossier d’acte de naissance de son fil témoigne : “Ça fait deux mois que j’ai déposé pour l’acte de naissance de mon bébé. On m’a demandé de verser 2 000 francs CFA pour le suivi. Mais j’ai refusé. Voilà que le dossier de mon bébé traine toujours, et j’attends indéfiniment. ”. Une jeune mère, de son côté, raconte une expérience similaire, avec une demande de 2 000 francs CFA. » Quand je suis arrivée à la mairie pour déposer le dossier d’acte de naissance de mon nouveau né, on m’a redirigé dans un bureau en haut. Sur place, l’employé m’a demandé une somme de 2000 francs CFA avant le dépôt du dossier », affirme-t-elle. Une autre maman, rencontrée également à la mairie, raconte la même chose. Ceci dit, cette mafia est générale est bien planifiée par la mairie elle-même.
Ce racket s’explique par une logique cynique. Auparavant, la légalisation et la délivrance des actes de naissance constituaient une importante source de bakchichs pour les employés municipaux. Le financement européen réduit drastiquement leurs profits illégaux habituels. Plutôt que d’accepter cette perte de revenus, les employés ont organisé leur propre système parallèle. Chaque demande d’acte de naissance devient prétexte à exiger des “frais de suivi” à différentes étapes du processus administratif.
Cette situation transforme une initiative humanitaire en nouvelle source de corruption. L’argent européen censé faciliter l’accès à l’état civil pour les familles centrafricaines finance en réalité un service que les employés municipaux utilisent comme levier d’extorsion. Les victimes se comptent par dizaines. Les parents, souvent démunis, n’ont d’autre choix que de céder au chantage ou de renoncer à obtenir ce document pourtant essentiel pour leurs enfants. Même les programmes d’aide internationale destinés aux populations les plus vulnérables se retrouvent détournés par des fonctionnaires sans scrupules.
Gadzi : Quand Dimanche Beya, président sous-préfectoral du MCU, terrorise la population et impose des taxes illégales aux commerçants et éleveurs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Ville-de-Gadzile-10-avril-2022.jpg” data-wpel-link=”internal”>Ville-de-Gadzile-10-avril-2022 – Centrafrique : violent affrontement entre les Mercenaires russes et des hommes armés à Gadzi
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
En Centrafrique, l’impunité est devenue la règle plutôt que l’exception. Des années durant, les abus de pouvoir se multiplient sans que leurs auteurs ne soient inquiétés. Qu’ils soient agents de l’État, responsables politiques ou cadres de partis au pouvoir, MCU, nombreux sont ceux qui se croient au-dessus des lois et transforment leurs fonctions en instruments d’enrichissement personnel. Cette culture de l’impunité tue le pays petit à petit de la capitale jusqu’aux coins les plus reculés, où les populations subissent quotidiennement les caprices de ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir. Gadzi, dans la sous-préfecture, n’échappe pas à cette logique. Voici ce qui s’y passe avec Dimanche Beya, président sous-préfectoral du MCU.
Depuis l’arrivée de Faustin-Archange Touadéra au pouvoir en 2016, une nouvelle manière de gouverner s’est installée en Centrafrique. Le président a choisi une approche que son ministre conseiller, Fidèle Gouandjika, résument par cette formule : « Tout zo à té yé », ou alors en français “tout le monde doit manger”. Dans les faits, cela signifie que les responsables du parti au pouvoir, du sommet jusqu’à la base, ont compris qu’ils pouvaient se servir librement. Cette politique officieuse a créé une classe de militants et de cadres qui considèrent leur position comme un moyen d’enrichissement rapide. Les populations en font les frais.
Dimanche Beya connaît bien cette réalité. Nommé président sous-préfectoral du MCU à Gadzi, dans la préfecture de la Mambéré il y a quatre mois, il a rapidement mis en place son propre système. Dès son installation à la tête du MCU local, les commerçants de la zone ont reçu la même consigne : 5 000 francs CFA par boutique. L’ordre concerne tous les commerces, de Gadzi jusqu’à Guen et Diguiri. Personne n’est épargné.
Le mécanisme est simple. Dimanche Beya passe d’une boutique à l’autre, ou envoie ses relais. Ceux qui acceptent de payer évitent les problèmes. Ceux qui refusent reçoivent une convocation exactement comme un chef de la police ou de la gendarmerie. Dimanche Beya utilise son titre de président sous-préfectoral exactement comme un chef mafieux pour donner du poids à ses menaces, même si sa fonction est purement politique et ne lui confère aucune autorité administrative. Mais dans un pays où les lignes entre pouvoir politique et pouvoir administratif se brouillent constamment, cette confusion profite à ceux qui savent en jouer.
Un boutiquier de Gadzi, interrogé par la rédaction du CNC, confirme : “Il est venu me demander mon impôt du MCU. J’ai dit que je n’avais rien. Deux jours après, on m’a fait savoir qu’il fallait que je passe le voir chez lui. J’ai compris que ça pouvait mal tourner pour moi. J’ai fini par lui verser le montant qu’il m’a exigé ”. D’autres commerçants confirment la même histoire. La somme de 5 000 francs peut paraître modeste, mais pour des petits commerces qui peinent déjà à survivre, c’est une charge de plus qui vient rogner des revenus déjà faibles.
Les éleveurs de la région subissent le même traitement, avec des montants encore plus élevés. Dimanche Beya se transforme également au commissaire de police ou au commandant de brigade de gendarmerie pour délivrer des documents officiels. Il impose des “déclarations de pertes” aux éleveurs. Chaque déclaration de perte est facturée à 25 000 francs CFA par éleveur. Le principe est clair : pour circuler librement avec leurs troupeaux sur le territoire, les éleveurs doivent d’abord passer par cette étape payante. La libre circulation, pourtant garantie par la loi, devient un service payant entre les mains du responsable local du MCU.
Ces prélèvements forcés créent une économie parallèle dont Dimanche Beya est le seul bénéficiaire. Les éleveurs, qui dépendent de la mobilité de leurs animaux pour trouver des pâturages et de l’eau, se retrouvent coincés. Refuser de payer signifie prendre le risque d’une convocation, voire de tracas administratifs qui peuvent bloquer leur activité pendant des jours. Beaucoup préfèrent céder pour avoir la paix.
La situation devient encore plus spectaculaire quand on apprend que les tensions ne se limitent pas aux habitants de Gadzi. Selon plusieurs sources interrogées par la rédaction du CNC, les relations entre Dimanche Beya et les candidats locaux du MCU sont mauvaises. Ces derniers voient d’un mauvais œil les méthodes de leur président sous-préfectoral, qui ternissent l’image du parti dans la zone. Mais personne ne semble pouvoir ou vouloir le freiner.
En quatre mois seulement, Dimanche Beya a réussi à installer un système qui fonctionne à son profit. Les commerçants paient, les éleveurs paient, et ceux qui tentent de résister finissent par plier. Cette situation n’est pas unique à Gadzi. Partout en Centrafrique, des responsables locaux du MCU utilisent les mêmes méthodes. La différence, c’est que personne ne semble intervenir pour y mettre fin.
Les habitants de Gadzi, Guen et Diguiri vivent désormais sous cette pression constante. Chaque jour, des commerçants ouvrent leurs boutiques en sachant
qu’une partie de leurs revenus ira dans les poches d’un homme qui n’a aucun droit légal de leur réclamer quoi que ce soit. Les éleveurs déplacent leurs troupeaux en ayant déjà payé pour un droit qui devrait être gratuit. Et tout cela se passe sous les yeux d’autorités administratives qui restent silencieuses.
Centrafrique : QUAND 20 PERSONNES PRÉTENDENT RÉPRÉSENTER TOUTE LA RÉGION DE FERTIT. L’ÉCHEC DE MOBILISATION DE TOUADÉRA EXPOSÉ EN IMAGES
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/la-reunion-tenue-mardi-11-novembre-2025-par-des-ex-chefs-des-groupes-armes-de-la-seleka-reclamant-la-region-de-fertit-photo-publiee-sur-les-reseaux-so.jpg” data-wpel-link=”internal”>La réunion tenue mardi 11 novembre 2025 par des ex-chefs des groupes armés de la SELEKA réclamant la région de fertit. Photo publiée sur les réseaux sociaux
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le mardi 11 novembre 2025, le ministre des Transports et de l’Aviation civile Herbert Gotran-Djono Ahaba et le coordonnateur de campagne de la région du Fertit, le mafieux konon Arnaud Djoubaye Abazene, ont organisé à l’hôtel Azimut de Bangui ce qui devait être la “première réunion stratégique” destinée à mobiliser “l’ensemble des cadres” de cette région qui représente près d’un tiers du territoire centrafricain. Le résultat? Un fiasco total que les images de la réunion montre sans concession possible.
Le communiqué initial, signé par Abazene, annonçait modestement une “réunion stratégique de campagne” convoquant “les cadres et ressortissants de la région de Fertit”. Rien de spectaculaire. Mais la propagande diffusée ensuite sur les réseaux sociaux a transformé ce rendez-vous raté en triomphe imaginaire. On y parle d’une mobilisation de “l’ensemble des cadres originaires de la région”, d’un “engagement unanime” et même d’un objectif délirant de “99% de suffrages” pour Touadéra en décembre 2025.
Dans Azimut
Les photographies de la réunion publiées sur les réseaux sociaux racontent une tout autre histoire. Sur la première image, une dizaine de personnes sont assises autour d’une table, pendant que derrière elles s’alignent des rangées entières de chaises rouges désespérément vides. Sur la seconde, cinq personnes occupent la table d’honneur, seules dans un décor de rideaux dorés qui souligne encore davantage la vacuité de l’événement.
Voilà donc la “mobilisation” tant vantée: au maximum vingt personnes dans une salle préparée pour accueillir plusieurs dizaines de participants. Pour une région qui englobe trois préfectures (Haute-Kotto, Vakaga et Bamingui-Bangoran) et représente près d’un tiers du territoire national, le spectacle est pathétique. Où sont passés tous ces “cadres” censés former une “base électorale déjà largement acquise”?
La maigreur de la participation n’est pas le seul problème de cette réunion. Plus grave encore est le profil de ceux qui y siègent. Car sous l’appellation flatteuse de “cadres de la région”, se cachent en réalité d’anciens chefs de groupes armés qui devraient normalement répondre de leurs actes devant la justice, et non organisé des stratégies électorales dans des hôtels de luxe.
Ces hommes, pour la plupart issus de la coalition Séléka et d’autres factions rebelles, ont été attirés dans le gouvernement de Touadéra par des nominations ministérielles et des postes de complaisance. Certains ont même été interrogés discrètement par la Cour pénale spéciale (CPS), avant d’être tranquillement laissés en liberté. Pourquoi? Parce que la CPS, affaiblie et instrumentalisée, n’a ni la puissance ni la capacité pour les arrêter. Résultat: ces individus se transforment aujourd’hui en “coordinateurs de campagne” et en “stratèges électoraux”.
Prenons le cas du coordonnateur lui-même, le magistrat Arnaud Djoubaye Abazene. Cet homme, qui brandit aujourd’hui un titre de “docteur en droit”, était vice-procureur sous le régime de François Bozizé. Il a été arrêté et placé en détention à l’époque à Bossembélé pour des raisons que tout le monde en Centrafrique connaît. Sa place devrait être en prison, pas derrière un micro à l’hôtel Azimut en train de discourir sur les “grandes orientations” de campagne.
Et que dire de Herbert Gotran-Djono Ahaba, ce ministre qui “impulse la stratégie” avec la solennité d’un technocrate, alors que son passé dans les groupes armés est de notoriété publique? La propagande le présente comme un “technicien rigoureux et méthodique”. La réalité est qu’il fait partie de cette galaxie de chefs rebelles reconvertis en hommes politiques grâce à la bienveillance du régime Touadéra. Le cas de monsieur Ernest Mada est aussi grave. Grand voleur, l’homme est actuellement imputé de son salaire par le trésor public pour vol aggravé.
Ce qui se passe dans cette salle d’hôtel est le reflet fidèle de ce qu’est devenu le régime de Faustin Archange Touadéra: un système mafieux où les criminels de guerre côtoient les ministres, où les anciens rebelles dictent la ligne politique, et où la justice ne s’applique qu’aux faibles et aux opposants.
Ces hommes auraient dû être jugés. Leur place devrait être devant la Cour pénale spéciale, ou mieux encore, devant la Cour pénale internationale pour répondre des crimes commis pendant les années de guerre. Au lieu de cela, ils organisent des réunions de campagne et promettent de livrer 99% des voix à Touadéra.
Cette impunité généralisée n’est pas un fait rare. C’est une stratégie délibérée du président Touadéra, qui a compris qu’il ne peut gouverner qu’en s’entourant de mafieux, de criminels et d’hommes de main prêts à tout pour préserver leurs privilèges. C’est ainsi que fonctionne ce régime: en achetant la loyauté de ceux qui devraient être en prison.
Malgré les efforts de propagande, cette réunion du Fertit confirme une vérité que le régime ne peut plus cacher: l’édifice Touadéra est en train de s’effondrer. Quand une région qui représente un tiers du pays ne parvient à mobiliser qu’une vingtaine de personnes pour une réunion stratégique à six semaines d’une élection, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.
Les centros ne sont pas dupes. Ils voient bien que ces prétendus “cadres” ne représentent qu’eux-mêmes et leurs intérêts personnels. Ils comprennent que ces promesses de “99% de suffrages” ne sont que du vent. Ils savent que cette parodie électorale n’a qu’un seul but: maintenir au pouvoir un homme qui a échoué sur tous les fronts.
Ce n’est pas avec une poignée d’anciens chefs rebelles assis devant des rangées de chaises vides qu’on construit un projet de société. Ce n’est pas avec des ministres dont la place devrait être en prison qu’on redresse un pays en ruines. Le Fertit, comme le reste de la Centrafrique, a compris le message: il est temps que Touadéra et son équipe de mafieux quittent le pouvoir et laissent la place à ceux qui veulent véritablement travailler pour l’avenir du pays.
Le mensonge court vite, la vérité arrive lentement : quand le ministre Bertrand Arthur Piri pris en flagrant délit de mensonge sur les déplacés internes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/01/Le-ministre-en-charge-du-developpement-de-lenergie-et-des-ressources-hydrauliques-Arthur-Bertrand-Piri-ngaba.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre en charge du développement de l’énergie et des ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri
Le gouvernement, par la voix du ministre de l’hydraulique et du développement énergétique, Bertrand Arthur Piri, a affirmé, en mars dernier, avoir résolu totalement le phénomène des déplacés internes. Pourtant, les chiffres disent le contraire.
À Bangui, le ministre de l’Énergie et du Développement hydraulique, Bertrand Arthur Piri, a déclaré qu’il n’existe plus de déplacés internes en Centrafrique. Cette affirmation, présentée comme une réussite politique, entre en contradiction directe avec la réalité du terrain.
En mars dernier, lors du neuvième anniversaire du mandat présidentiel, Piri s’est exprimé sur les ondes de la radio Ndéké-Luka : « Il n’y a plus de déplacés internes grâce aux efforts du président Touadéra ». Le ministre voulait démontrer l’efficacité des opérations de sécurisation et la reconquête progressive des territoires.
Des chiffres qui contredisent le discours officiel
Les données des organisations internationales racontent une autre histoire. Le rapport conjoint de l’OIM et du HCR, publié en mai dernier, comptabilise plus de 500 000 Centrafricains toujours déplacés à l’intérieur du pays. Ces populations vivent dans des camps de fortune ou trouvent refuge chez des proches.
Dans l’est et le sud-est, particulièrement à Zemio, Mboki, Obo et Mobaye, les habitants continuent de traverser la frontière vers la République démocratique du Congo pour fuir les violences armées. Ces mouvements de population témoignent de l’instabilité persistante dans ces régions.
Un forum qui révèle les contradictions
Le forum de haut niveau organisé à Bangui les 1er et 2 juillet expose l’incohérence du discours ministériel. Cette rencontre, dédiée à la « réintégration » et aux investissements dans les zones de retour, a réuni les représentants de la Centrafrique, du Cameroun, du Tchad, du Congo et de la RDC.
L’organisation même de cet événement prouve que la question des déplacés reste d’actualité. Si le problème était vraiment résolu, comme l’affirme Piri, pourquoi mobiliser autant d’acteurs régionaux et internationaux autour de cette problématique ?
Une stratégie de communication pathétique
En attribuant la fin des déplacements forcés aux actions du chef de l’État, Bertrand Arthur Piri adopte une approche communicationnelle destinée à préserver l’image du régime. Proche parent du président et membre du Mouvement Cœurs Unis (MCU), il représente un gouvernement qui transforme la gestion politique en exercice de propagande.
Cette stratégie privilégie l’apparence de stabilité à la reconnaissance des difficultés humanitaires réelles. Dans un contexte où l’insécurité demeure un défi quotidien, ces déclarations semblent déconnectées de la réalité vécue par les populations.
L’invisibilisation comme outil politique
Pendant que des milliers de familles survivent sous des abris de fortune, sans accès aux services essentiels, le ministre efface leur existence d’une simple déclaration. Cette négation systématique fait partie d’une stratégie plus large qui consiste à répéter un récit de victoire et de progrès.
Les déplacés internes n’ont ni tribune ni moyens de répondre à cette négation de leur situation. Leur invisibilisation devient ainsi un instrument au service d’un discours politique qui refuse d’admettre ses limites….
Centrafrique : comment la ministre Nina-Josiane Bemaka Soui, candidate aux législatives à Bimbo 3, a acheté le président de l’ANE Morouba Mathias Barthélemy
Josiane-Nina-Bemaka-Soui – Josiane Bemaka – Soui : la cinquième maîtresse du président Touadera qui sème la pagaille dans son quartier à Bangui
À Bangui, l’Autorité Nationale des Élections n’appartient plus aux Centrafricains. Elle appartient au régime. Et quand un ou une militante du MCU veut gagner des Élections, elle sait exactement comment s’y prendre. Nina-Josiane Bemaka Soui, ministre des Actions Humanitaires et candidate à Bimbo 3, a trouvé la formule parfaite pour transformer le président de l’ANE en allié personnel.
Les partenaires internationaux continuent de parler d’Élections libres et transparentes. Ils débloquent des millions d’euros. Ils envoient des observateurs. Ils croient assister à un exercice démocratique. Pendant ce temps, à Bangui, le régime Touadéra a perfectionné une machine de fraude qui transforme chaque scrutin en comédie. L’affaire Bemaka Soui–Morouba révèle comment fonctionne cette machine dans les moindres détails.
Tout commence par un décès. Un directeur général du ministère des Actions Humanitaires part en mission. Il meurt. Son corps est rapatrié et inhumé. Nina-Josiane Bemaka Soui doit le remplacer. C’est là que débute la manipulation.
La ministre occupe deux positions simultanément : elle dirige le ministère des Actions Humanitaires et se présente comme candidate du MCU aux Élections législatives dans la circonscription de Bimbo 3. Pour remplacer le directeur général décédé, elle fait un choix qui n’a rien d’administratif : elle nomme l’épouse du président de l’Autorité Nationale des Élections, Dr. Morouba Mathias Barthélemy.
Cette nomination crée instantanément un lien de dépendance. L’épouse du président de l’ANE doit désormais sa position à la ministre Nina-Josiane Bemaka Soui. Elle devient l’intermédiaire parfaite entre son mari et la candidate. Le système se met en place naturellement : l’épouse organise les rencontres entre la ministre et le président de l’ANE. Les rendez-vous se multiplient. Chaque semaine, Nina-Josiane Bemakassoui se rend à l’Autorité Nationale des Élections. Chaque semaine, elle rencontre Morouba Mathias Barthélemy.
Personne ne connaît le contenu exact de ces discussions hebdomadaires. Mais leur fréquence parle d’elle-même. Une ministre-candidate qui fréquente chaque semaine le bureau du président de l’institution chargée de superviser les élections auxquelles elle participe : voilà le niveau de corruption que le régime a normalisé.
Ce système fonctionne parce que le régime Touadéra a transformé toutes les institutions en instruments personnels. L’ANE n’existe plus comme organe indépendant. Le Conseil constitutionnel obéit. Les préfets appliquent les consignes. Le MCU contrôle l’appareil administratif dans chaque circonscription. Les élections ne sont plus des scrutins, ce sont des opérations de validation des candidats du pouvoir.
À Bimbo 3, les jeux sont faits avant même le début de la campagne. Les opposants peuvent déposer leurs candidatures. Ils peuvent faire campagne. Ils peuvent mobiliser leurs militants. Mais Nina-Josiane Bemakassoui a déjà gagné. Elle a placé l’épouse du président de l’ANE dans son ministère. Elle a créé un lien de subordination. Elle a transformé Morouba Mathias Barthélemy en complice.
Cette manipulation confirme comment le MCU va remplir l’Assemblée nationale en décembre. Circonscription après circonscription, ministre après ministre, le parti au pouvoir utilise les mêmes méthodes : nominations stratégiques, réseaux de dépendance, contrôle de l’appareil électoral. Les résultats sont écrits avant le vote. Les urnes ne servent qu’à valider ce qui a été décidé dans les bureaux ministériels et à l’ANE.
Le régime a compris une chose essentielle : on ne truque plus les élections en bourrant les urnes. On les truque en contrôlant ceux qui organisent le scrutin, ceux qui comptent les votes, ceux qui valident les résultats. Morouba Mathias Barthélemy n’est qu’un rouage dans cette machine. Mais son cas montre que même le président de l’ANE peut être acheté avec un simple poste ministériel accordé à son épouse.
À l’étranger, on parle de processus électoral inclusif. On salue les efforts du gouvernement centrafricain. On évoque les progrès démocratiques. Pendant ce temps, à Bangui, Nina-Josiane Bemakassoui rencontre chaque semaine le président de l’ANE pour préparer sa victoire à Bimbo 3. Et personne ne s’en offusque parce que tout le monde sait que c’est devenu la norme.
Voilà comment fonctionne la Centrafrique de Touadéra. Voilà comment le MCU prépare son triomphe électoral de décembre. Voilà pourquoi ces élections ne seront qu’une farce destinée à légitimer cinq années supplémentaires de règne sans partage.
Présidentielle 2025 : Le Conseil Constitutionnel invalide la candidature de l’illettrée Saint Cyr TANZA pour faux et usage de faux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Saint-Cyr-TANZA-bon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le candidat à la présidentielle qui fait rire tout le momde, monsieur Saint Cyr TANZA
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La candidature de Saint Cyr TANZA à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 a été invalidée par le Conseil Constitutionnel dans sa décision n°014/CC/25 rendue publique ce jeudi 14 novembre. Le candidat du parti RCAN est accusé d’avoir produit un faux titre de propriété dans son dossier de candidature, une fraude qui lui vaut désormais d’être passible de poursuites judiciaires.
La question du titre foncier a été au cœur de l’examen du dossier. Dans son instruction, le Conseil Constitutionnel a découvert que Saint Cyr TANZA avait versé à son dossier un titre de propriété n°11516 qui n’était pas le sien. Les vérifications effectuées auprès de la Direction de l’Enregistrement, de la Curatelle, du Timbre, de la Conservation Foncière, des Domaines et du Patrimoine Immobilier par le conseil constitutionnel ont établi que ce titre foncier non bâti d’une valeur de 600.000 FCFA appartient en réalité à Monsieur Jérémie GOUNOUMOUNDJOU.
“Considérant que l’instruction du dossier du candidat Saint Cyr TANZA fait ressortir que celui-ci a versé à son dossier un titre de propriété nº11516 non bâtie d’une valeur de 600.000 F, appartenant à Monsieur Jérémie GOUNOUMOUNDJOU”, indique la décision du Conseil. “Qu’il n’est donc pas propriétaire du titre foncier dont l’original est versé à son dossier de candidature à l’issue de la vérification faite auprès des services compétents.”
La juridiction constitutionnelle a tranché sans ambiguïté : “La candidature de Saint Cyr TANZA doit être invalidée du chef de faux et usage de faux.”
La fraude commise par Saint Cyr TANZA présente un double caractère d’illégalité. D’une part, l’article 67 de la Constitution centrafricaine exige explicitement que tout candidat à l’élection présidentielle doit “avoir une propriété bâtie sur le territoire national” – condition que TANZA ne remplissait manifestement pas. D’autre part, en présentant un document appartenant à autrui, il s’est rendu coupable de faux et usage de faux en écriture publique, un délit pénal passible de poursuites judiciaires.
Le titre présenté par TANZA était non seulement frauduleux, mais concernait également un terrain non bâti, alors que la Constitution exige une propriété bâtie. Cette double irrégularité témoigne soit d’une méconnaissance grave de la loi électorale, soit d’une tentative délibérée de fraude.
Le parcours Politique de Saint Cyr TANZA mérite d’être rappelé. La candidature de cet homme aux capacités politiques et intellectuelles limitées avait posé de nombreuses questions depuis son annonce. Plusieurs sources concordantes affirment que le président Faustin Archange TOUADÉRA lui-même l’avait propulsé dans cette course pour donner l’apparence d’un pluralisme Politique .
Cette stratégie de manipulation n’aura finalement pas tenu longtemps. Après la réunion du clan présidentiel restreint à Damara et les déclarations d’ouverture du pouvoir, la décision d’éjecter Saint Cyr TANZA de la course a été prise. Le Conseil Constitutionnel, qui n’est pas une juridiction indépendante mais un simple outil aux mains du pouvoir, a exécuté cette décision en s’appuyant sur les irrégularités bien réelles du dossier du candidat.
Les centrafricains avaient depuis longtemps estimé que le profil de Saint Cyr TANZA ne correspondait pas aux exigences d’une candidature présidentielle crédible. Si le Conseil Constitutionnel ne s’est pas prononcé sur la validité de son diplôme dans cette décision, il s’est concentré sur la question de la propriété immobilière, suffisante pour invalider la candidature.
Le faux et usage de faux en écriture publique constitue un délit grave qui expose son auteur à des sanctions pénales. La décision du Conseil Constitutionnel, qui établit formellement la fraude commise par Saint Cyr TANZA, devrait normalement entraîner l’ouverture d’une procédure judiciaire à son encontre.
Cette affaire montre une fois de plus les failles du système électoral centrafricain et la facilité avec laquelle certains candidats tentent de contourner les exigences constitutionnelles. Elle pose également des questions sur les mécanismes de vérification de l’Autorité Nationale des Elections (ANE), qui avait initialement accepté et enregistré ce dossier frauduleux avant de le transmettre au Conseil Constitutionnel.
Au terme de cet examen, seuls sept candidats ont été retenus pour le scrutin du 28 décembre 2025. Avec l’invalidation de Saint Cyr TANZA, ainsi que celles de Jean Michel MANDABA (PGD) et Parfait Symphorien NZANGA (Indépendant), la liste définitive comprend : Faustin Archange TOUADÉRA (MCU), Eddy Symphorien KPAREKOUTI (PUR), Serge Ghislain DJORIE (CAPNCA), Marcelin YALIMENDE (Indépendant), Henri Marie DONDRA (UNIR), Aristide Briant REBOAS (PCD) et Anicet Georges Dologuélé (URCA).
L’ANE a été sommée par le Conseil Constitutionnel de publier la liste définitive des candidats ce vendredi 15 novembre 2025. Quant aux candidats invalidés, ils devraient voir leur caution remboursée par le Ministère des Finances et du Budget, “lorsque celle-ci a été effectivement payée”, précise la décision.
30 000 soldats pour quelle armée ? Balalou confond quantité et efficacité militaire
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Les-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-dune-intervention-sur-un-chantier-minier-vers-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour d’une intervention sur le chantier minier de Keye vers Ouanda-Djallé le 30 avril 2025
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le ministre se félicite d’avoir dépassé le seuil des 30 000 soldats avec 644 nouvelles recrutes, oubliant que le nombre ne fait pas la force dans une armée professionnelle, sauf dans une armée des vigiles pour des sites miniers des chinois.
Le 1er septembre 2025, Maxime Balalou a livré une nouvelle démonstration de sa conception particulière de la stratégie militaire. Avec un enthousiasme débordant, le ministre s’est félicité de l’incorporation de 644 nouvelles recrues de la 17e promotion des FACA, permettant selon lui de franchir le cap symbolique des 30 000 soldats. Cette obsession du chiffre rond témoigne d’une approche quantitative de la défense qui confond effectifs pléthoriques et efficacité opérationnelle.
“Et nous dépassons le cap de 30 000 soldats , ce qui nous rassure et renforce l’idée que le gouvernement se fait de donner la capacité de renforcer la sécurité dans le pays et de sécuriser également les développements de notre pays”, déclare fièrement Balalou. Cette satisfaction béate devant un simple chiffre dévoile une méconnaissance profonde des enjeux de la défense moderne, où la qualité prime largement sur la quantité.
Le porte-parole gouvernemental présente cette incorporation comme un “pas décisif” vers une “armée républicaine professionnelle”. Mais qu’y a-t-il de professionnel dans cette course effrénée aux effectifs ? Une armée professionnelle se caractérise par la formation de ses cadres, la modernité de ses équipements, la pertinence de sa doctrine et l’efficacité de son commandement, pas par le nombre brut de ses soldats.
Cette stratégie du “toujours plus” interroge d’autant plus que la Centrafrique peine déjà à équiper, nourrir et payer correctement ses militaires actuels. Comment le gouvernement compte-t-il assurer la formation, l’encadrement et la logistique de ces 30 000 hommes quand il éprouve déjà des difficultés avec des effectifs moindres ?
Mais le véritable problème de ce recrutement de masse réside dans sa qualité déplorable. Sur le terrain, cette armée de 30 000 hommes se distingue davantage par ses dérives que par son efficacité opérationnelle. Nombreux sont ces soldats mal formés qui se livrent au braquage et à la criminalité, faute d’encadrement adéquat et de formation professionnelle digne de ce nom.
Ces militaires improvisés n’ont reçu qu’une formation sommaire des Mercenaires russes centrée sur l’usage des armes. “Nous sommes formés pour tuer”, confient certains d’entre eux à Zemio avec une franchise glaçante. Cette approche primitive de la formation militaire transforme l’armée centrafricaine en réservoir de violence plutôt qu’en instrument de sécurité. Le rôle d’un soldat professionnel ne se résume pas à “tuer” mais à protéger, dissuader, pacifier et servir la nation.
Sans logistique digne de ce nom, ces 30 000 hommes ne constituent pas une armée mais une masse désorganisée d’hommes en armes. Une force armée sans approvisionnement, sans coordination et sans doctrine cohérente ne peut prétendre au statut d’institution militaire professionnelle. L’absence de structures logistiques transforme ces effectifs pléthoriques en charge plutôt qu’en atout stratégique.
La réalité du terrain dévoile l’utilisation détournée de ces soldats. Beaucoup sont affectés à la garde de sites miniers chinois, à la protection de magasins libanais ou à la sécurité personnelle de dirigeants. Cette armée de 30 000 hommes se transforme ainsi en agence de gardiennage géante, où les militaires deviennent gardiens de boutiques ou gardes du corps de directeurs généraux et de ministres.
Cette dérive fonctionnelle vide l’armée centrafricaine de sa mission régalienne. Au lieu de défendre le territoire et d’assurer la sécurité collective, ces soldats se muent en employés de sécurité privée au service d’intérêts particuliers. Cette privatisation déguisée de la force publique constitue une négation des principes fondamentaux de la défense nationale.
Le comportement de ces militaires face au danger achève de décrédibiliser cette armée de façade. Dès les premiers coups de feu, ces soldats prennent la fuite au lieu de tenir leurs positions. Cette couardise chronique transforme l’armée centrafricaine en tigre de papier, impressionnante sur les parades mais défaillante au combat.
Cette réalité désolante contraste avec l’efficacité d’armées numériquement inférieures mais professionnellement supérieures. Une poignée d’hommes bien formés, bien équipés et bien commandés peut maîtriser une foule de 5 000 personnes, là où des milliers de soldats mal préparés fuient devant une évasion massive. La qualité militaire ne se mesure pas aux effectifs mais à la capacité opérationnelle réelle.
La composition de cette 17e promotion montre d’ailleurs les limites de cette politique de recrutement massif : 635 hommes pour seulement 9 femmes. Cette disproportion criante témoigne d’une approche archaïque de la modernisation militaire, qui ignore les bénéfices avérés de la mixité dans les forces armées contemporaines.
Balalou lie directement ce renforcement numérique aux “besoins sécuritaires persistants malgré les progrès”. Cette formulation euphémistique masque mal l’échec des politiques sécuritaires antérieures. Si malgré des années d’efforts et de soutien international, les “besoins sécuritaires persistent”, c’est peut-être que le problème ne se résume pas à un simple déficit d’effectifs.
Cette obsession quantitative traduit une vision militaire héritée des conflits du siècle passé, où les masses humaines constituaient encore un facteur décisif. Dans les conflits contemporains, une unité bien formée, bien équipée et bien commandée vaut largement plusieurs unités nombreuses mais déficientes en formation et en matériel.
Cette course aux chiffres pose également la question cruciale du financement. Comment la Centrafrique, pays parmi les plus pauvres au monde, peut-elle durablement entretenir 30 000 militaires ? Cette surcharge budgétaire ne risque-t-elle pas de compromettre d’autres secteurs essentiels comme l’éducation, la santé ou les infrastructures ?
Le ministre évoque la “vision du président Touadéra” pour justifier cette politique de recrutement massif. Mais quelle vision stratégique cohérente peut-on déceler dans cette accumulation d’effectifs sans considération apparente pour les moyens de les encadrer efficacement ?
Cette approche quantitative dévoile également une méconnaissance des défis sécuritaires spécifiques à la Centrafrique. Face aux groupes armés mobiles et insaisissables qui sévissent dans le pays, une armée nombreuse mais lourde et mal coordonnée risque de se montrer inadaptée aux exigences du terrain.
La vraie question n’est pas de savoir combien de soldats compte la Centrafrique, mais quelle est leur capacité opérationnelle réelle. Cette interrogation fondamentale reste soigneusement évitée par Balalou, trop occupé à célébrer ses statistiques flatteuses.
Bangui : L’intoxication chimique, nouvelle arme des voleurs de taxi-motos, prend de l’ampleur. Trois victimes inconscientes amenées à l’hôpital rien que le samedi dernier
Samedi dernier, au moins trois conducteurs des taxis – motos hospitalisés après avoir été empoisonnés par des bandits qui utilisent des substances toxiques pour neutraliser leurs victimes avant de leur dérober leurs motos.
Depuis quelques mois, une nouvelle forme de criminalité se propage dans la capitale centrafricaine. Les voleurs de motos ont abandonné les armes à feu au profit de substances chimiques pour neutraliser leurs victimes.
Dimanche 15 novembre, l’équipe de Corbeaunews-Centrafrique s’est rendue à l’hôpital communautaire de Bangui où trois jeunes conducteurs de taxi-moto ont été hospitalisé, tous victimes d’intoxication volontaire lors d’agressions.
Le cas le plus grave concerne un conducteur qui demeure inconscient depuis son agression dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 novembre au quartier Fondo, dans le troisième arrondissement de Bangui. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès du personnel hospitalier, la victime avait pris en charge des clients pour une course vers l’aéroport. Arrivé dans une zone reculée du quartier, le jeune homme a été brutalement intoxiqué par un produit chimique, probablement administré par inhalation, avant de s’effondrer. Les agresseurs ont alors dérobé sa moto et pris la fuite.
Le conducteur, retrouvé inconscient sur place, a été transporté d’urgence à l’hôpital où il reste sous perfusion. Ses deux compagnons de chambre, victimes d’agressions similaires dans d’autres quartiers de la capitale, notamment à Gobongo et Combattant, ont heureusement repris conscience.
Cette méthode d’agression change la donne dans la criminalité urbaine à Bangui. Auparavant, les voleurs n’hésitaient pas à tirer sur les conducteurs pour s’emparer de leurs véhicules. Désormais, ils privilégient l’usage de substances toxiques dont la nature exacte reste à déterminer.
Le mode opératoire est toujours le même : les criminels se font passer pour des clients ordinaires, demandent une course vers une destination éloignée, généralement dans des zones peu fréquentées, puis administrent le produit toxique au conducteur avant de disparaître avec la moto.
Face à la multiplication de ces agressions, les conducteurs de taxi-moto doivent redoubler de prudence. Il leur est recommandé d’éviter les courses tardives, particulièrement après 21 heures, de refuser les courses vers des zones isolées sans accompagnement, et de signaler immédiatement tout comportement suspect.
Ce phénomène s’ajoute aux nombreux défis sécuritaires auxquels font face les habitants de Bangui, dans un contexte où les forces de sécurité peinent à endiguer la criminalité urbaine.
Vakaga : un hippopotame attaque des pêcheurs à Ndifah
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/un-homme-dans-sa-pirogue-sur-la-rivière-koto-très-bonne-dimension-pour-extérieur-et-intérieur-de-larticle-avec-moise-banafio-le-12-octobre-2019-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un homme dans sa pirogue sur la rivière Kodtto, à Bria, dans la Haute-Kotto. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un pêcheur a été blessé aux jambes ce lundi après-midi dans la préfecture de la Vakaga, à l’extrême nord-est du pays. L’attaque s’est produite vers 15 heures alors qu’il se trouvait dans sa pirogue.
En effet, les hippopotames ont attaqué violemment la pirogue pendant qu’il pêchait sur la rivière de Ndifah, située à 35 kilomètres de Tiringoulou, . L’un des piroguiers, nommé Hassan, a reçu plusieurs coups aux jambes.
Après l’incident, monsieur Hassan a été transporté jusqu’au village 5 kilos communément appelé Mandjam, à environ cinq kilomètres de là, où il reçoit des soins.
Rappelons que dans ces localités, les rencontres avec les hippopotames peuvent tourner au drame. Ces animaux attaquent régulièrement les pirogues qui s’approchent trop près d’eux.
À peine deux semaines après le décès de la députée Aziza Kassara Soumaïne de Ndélé 1, survenu le 25 octobre dernier à Bangui, une vive controverse secoue la préfecture de Bamingui-Bangoran. Le sultan-maire de Ndélé, Ibrahim Senoussi, a rapidement dépêché un proche pour assurer l’intérim parlementaire de la défunte et préparer sa candidature aux prochaines Élections législatives. Cette démarche précipitée a déclenché la colère de la famille de la députée et d’une partie de la population de Ndélé.
Le 6 novembre 2025, les membres de la famille de la députée Aziza se sont rendus en masse au domicile du sultan-maire pour exprimer leur indignation. Leur grief principal : Ibrahim Senoussi n’a pas respecté les traditions de deuil de la communauté musulmane centrafricaine.
« Dans notre communauté, il faut attendre 45 jours après un décès pour organiser la cérémonie finale. C’est seulement après cette période qu’on peut envisager d’autres questions », explique un proche de la famille joint au téléphone par la rédaction du CNC. « Mais le sultan n’a même pas attendu que notre sœur repose en paix. Avant les 45 jours, il se précipite déjà pour la remplacer. C’est un manque de respect total pour sa mémoire ».
La députée Aziza Kassara Soumaïne était l’unique femme députée musulmane de l’Assemblée Nationale centrafricaine. Sa disparition a créé un vide dans la représentation de Ndélé 1, mais aussi dans la communauté musulmane du pays.
Le sultan-maire a choisi Mahamat Daoud pour assurer l’intérim parlementaire et préparer une candidature aux prochaines législatives. M. Daoud est actuellement directeur intérimaire des Mines. Originaire de la localité, il a été rapidement déployé à Bangui pour prendre le relais de la députée décédée.
Mais cette désignation pose plusieurs problèmes. D’abord, elle ignore les règles institutionnelles qui prévoient que c’est le député suppléant de la circonscription qui doit assurer l’intérim à l’Assemblée Nationale en cas de décès du titulaire. Les autorités à Bangui ont d’ailleurs demandé au suppléant de descendre dans la capitale pour prendre ses fonctions.
Ensuite, si une nouvelle candidature doit être présentée aux prochaines législatives, c’est au parti MCU – sous l’étiquette duquel Madame Aziza avait été élue – de choisir qui sera le candidat. Ce n’est pas à une seule personne, fût-elle sultan-maire, de décider qui remplacera la députée défunte.
« Si Madame Aziza a été candidate au nom du MCU, c’est ce parti qui doit maintenant réfléchir à celui qui postera à sa place », commente un observateur politique à Ndélé. « Pour l’intérim à l’Assemblée, c’est le député suppléant qui doit l’assurer. Mais ce sultan, malgré sa licence en sociologie, se comporte comme s’il ne comprend rien aux règles démocratiques. »
Cette affaire s’ajoute à une série de controverses qui ont terni l’image du sultan-maire Ibrahim Senoussi ces dernières années. À Ndélé, nombreux sont ceux qui comparent défavorablement son règne à celui de son père.
« À l’époque de son papa, le défunt sultan, le sultanat était respecté par tout le monde », raconte un habitant de Ndélé. « Mais maintenant, le sultanat est devenu un truc de vol, de mafia. C’est vraiment incroyable ce qui se passe. »
Ibrahim Senoussi a succédé à son père en 2015. Depuis, son cumul de fonctions – chef traditionnel et maire élu, et sa gestion autoritaire ont fait l’objet de plusieurs critiques dans la presse centrafricaine et internationale.
La situation actuelle rappelle d’autres affaires où le sultan-maire a été accusé de confisquer des biens, de distribuer des permis miniers à des étrangers au détriment des populations locales, et d’agir comme s’il était au-dessus des lois.
La précipitation du sultan dans le dossier de remplacement de la députée Aziza s’explique aussi par ses propres ambitions politiques. Ibrahim Senoussi compte se présenter aux prochaines Élections municipales pour conserver son poste de maire de Ndélé.
Certains observateurs voient dans la désignation rapide de Mahamat Daoud une tentative de contrôler à la fois le pouvoir local (la mairie) et la représentation nationale (le siège de député). Une telle concentration de pouvoir entre les mains du sultan et de ses proches inquiète une partie de la population.
Face aux accusations de la famille, le sultan-maire Ibrahim Senoussi a tenté de se dédouaner. Selon lui, ce n’est pas lui qui est à l’origine de la désignation de Mahmat Daoud pour remplacer la députée Aziza. Il rejette toute responsabilité dans cette affaire.
Mais la famille de la défunte n’en croit pas un mot. « C’est le sultan qui a fait ce jeu », affirme un membre de la famille. « Il peut dire ce qu’il veut maintenant, mais tout le monde à Ndélé sait que c’est lui qui tire les ficelles. »
Cette version est corroborée par plusieurs habitants de la localité qui confirment que le sultan-maire a bien pris l’initiative de cette désignation, probablement pour placer un homme de confiance à l’Assemblée Nationale.
La controverse autour du remplacement de la députée Aziza a créé des tensions importantes à Ndélé. D’un côté, la famille de la défunte et une partie de la population dénoncent le manque de respect du sultan pour les traditions et les procédures démocratiques. De l’autre, les partisans du sultan-maire défendent sa légitimité à intervenir dans les affaires de la circonscription.
Cette crise intervient dans un contexte politique tendu en République centrafricaine, avec les préparatifs des Élections législatives et municipales de décembre 2025. À Ndélé comme ailleurs dans le pays, les querelles pour le contrôle des sièges de députés et des mairies s’intensifient.
Mais au-delà des calculs politiques, c’est la mémoire de la députée Aziza Kassara Soumaïne qui est au cœur de cette affaire. Première femme musulmane à siéger à l’Assemblée Nationale centrafricaine pour représenter Ndélé 1, elle mérite que sa succession se fasse dans le respect des traditions et des règles institutionnelles.
Pour l’instant, la tension reste vive entre la famille et le sultan-maire. À Bangui, l’Assemblée Nationale a demandé au député suppléant de prendre ses fonctions. Mais à Ndélé, Ibrahim Senoussi semble déterminé à imposer son candidat pour les prochaines législatives.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans le cadre de l’opération de vérification de la régularité des paiements des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, le Ministre de la Fonction Publique, Président du Comité mis en place à cet effet, avait pris par Note n° 068/PM/CICVRPSFAE/PC.22 du 26 septembre 2022, une instruction suspendant jusqu’à nouvel ordre, le traitement des dossiers des rappels sur salaires.
Il s’agit, selon les raisons invoquées, de la nécessité de vérifier l’exactitude des dossiers de tous ces fonctionnaires et agents de l’Etat afin d’éviter des cas de fraudes ou de faussetés.
Cette suspension était également liée à la situation économique précaire de la République centrafricaine (RCA) qui avait des difficultés à garantir les services publics de base.
Aussi, elle visait à assainir la gestion de la masse salariale de l’Etat et à contrôler les dépenses, dans un contexte où la transparence dans la gestion des ressources publiques était considérée comme un enjeu majeur.
Cependant, la question qu’on se pose est celle relative à la légalité de cette suspension.
En effet, tenant compte du cadre juridique de la République centrafricaine (RCA), aucun texte n’autorise le Ministre de la Fonction Publique à prendre de telle mesure.
Celle-ci n’était juste qu’une décision administrative justifiée par des motifs impérieux, comme par exemple : le contrôle budgétaire strict et les difficultés financières temporaires de l’Etat.
Seulement, l’administration doit toujours respecter les lois et règlements qui régissent la fonction publique centrafricaine, y compris, les procédures d’avancement, de rétablissement de salaire et de paiement dont les violations pourraient rendre illégale de telle suspension.
Certes que cette décision est circonstancielle et justifiée par des motifs estimés légitimes d’une part mais elle semble d’autre part, être arbitraire et discriminatoire car elle n’est pas prise par un acte administratif, n’a pas respecté les procédures relatives aux lois des finances et ne visait que les fonctionnaires dont les dossiers des rappels sur salaires étaient en cours de traitement.
Il est important de préciser ici que cette suspension devrait normalement être basée sur une loi ou une décision du gouvernement et non sur une simple note de service.
Elle est, à cet effet, unilatérale, prise par une note de faible niveau et n’est pas une procédure appropriée car, une simple note de service ou une simple instruction ministérielle ne suffit pas à suspendre légalement des droits acquis.
Une telle suspension constitue une mesure lourde qui doit respecter des procédures strictes, avec une base légale et un préavis suffisant, afin de ne pas léser certains fonctionnaires.
L’article 21 de la Loi n° 99.016 modifiant et complétant certaines dispositions de l’Ordonnance 93.008 du 14 juin 1993, portant Statut Général de la Fonction Publique Centrafricaine, du 16 juillet 1999, à son alinéa 1 dispose : « Tout fonctionnaire a droit, après service fait, à une rémunération à terme échu comportant le traitement et les autres composantes de solde déterminées par la présente Loi ».
Les salaires dont il est souvent question de rappeler aux fonctionnaires et agents de l’Etat constituent ceux non perçus à l’échéance indiquée, pour des causes de suspension par erreur de leur salaire respectif, de la lenteur dans les traitements des dossiers de prise en charge des avancements en grade, des nominations aux différents postes de responsabilité et d’intégration dans la fonction publique.
C’est des salaires déjà planifiés dans la Loi des Finances de l’année mais c’est seulement leur versement qui a subi des entorses qu’il est obligatoire de réparer en versant par rappel ceux-ci aux intéressés, et non de prendre une note pour les suspendre.
Cette instruction du Ministre de la Fonction Publique doit logiquement devenir caduque en ce moment, car elle était temporaire mais le Ministère des Finances et du Budget continue de l’évoquer pour bloquer le traitement de nouveaux dossiers de ces rappels.
Les conséquences potentielles d’une telle décision sont la désaffection des fonctionnaires, une baisse du moral et de la productivité, ainsi qu’un mécontentement général qui peut mener à des grèves et à des manifestations.
Heureusement que les fonctionnaires et agents de l’Etat de l’heure sont tolérants et passifs face à cette situation mais vu le fait que cela perdure, la situation risque un jour de sombrer.
L’interdiction d’exporter du bois brut par la CEMAC en 2028 oblige la République centrafricaine à transformer rapidement son secteur forestier défaillant.
Le secteur forestier centrafricain traverse une période charnière. L’interdiction d’exporter du bois brut adoptée par la CEMAC oblige le pays à repenser entièrement sa filière. Cette mesure, qui entrera en vigueur en 2028, vise à favoriser la transformation locale et créer davantage d’emplois qualifiés.
Les années Wagner ont laissé des traces profondes. L’exploitation intensive menée par Bois Rouge et ses filiales a vidé les forêts sans créer d’infrastructure de transformation. Ces entreprises expédiaient directement leur production vers Douala, au Cameroun, évitant tout processus de valorisation sur le territoire centrafricain. Leur départ brutal, consécutif aux sanctions internationales, a révélé la fragilité d’un secteur entièrement dépendant de l’exportation brute.
Les industriels locaux font face à des obstacles majeurs. Dans les zones d’exploitation comme Berbérati (à 584 km de Bangui) et Nola (à 720 km de la capitale), l’énergie demeure le principal goulot d’étranglement. Les usines fonctionnent au générateur, alimentées par un fioul dont les prix ont explosé. Cette situation rend les investissements en machines de transformation peu attractifs pour les entreprises privées.
L’État centrafricain peine à proposer des solutions concrètes. Les discussions avec le secteur privé stagnent depuis des mois. Les industriels réclament des incitations fiscales et un accès à l’électricité, mais les autorités se contentent d’annonces générales sans calendrier précis. Le Plan national de développement évoque des projets hydroélectriques, mais aucune date de mise en service n’est communiquée.
Cette transformation forcée pourrait néanmoins bénéficier au pays. La valeur ajoutée locale générerait plus de recettes fiscales que l’exportation brute. Les scieries modernes créeraient des emplois techniques dans des villes comme Bambari (385 km de Bangui) ou Bossangoa (305 km), traditionnellement dépendantes de l’agriculture de subsistance.
L’horloge tourne pour la RCA. Sans investissements massifs dans les infrastructures énergétiques et un dialogue constructif avec les opérateurs économiques, le pays risque de voir son secteur forestier s’effondrer plutôt que se moderniser. L’échéance de 2028 approche, et les atermoiements actuels compromettent une transition qui pourrait pourtant redynamiser l’économie nationale….
Ça y est! Wagner présente sa dernière facture à Touadéra et pose ses conditions avant de laisser la place à d’AfrikaCorp
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Wagner-depart-premier.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les Mercenaires russes du groupe Wagner ici au camp de Roux à Bangui. CopyrightCNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
C’est le piège qui se referme sur Touadéra. Alors que Poutine exige depuis le mois d’août le départ de Wagner au profit d’AfrikaCorp, les mercenaires russes viennent de présenter leur facture définitive au président centrafricain. Une somme tellement énorme qu’elle transforme le chef d’État Baba Kongoboro en otage permanent de ses propres protecteurs.
L’information que Corbeau News –Centrafrique s’est procurée exclusivement montre l’ampleur du piège dans lequel Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro s’est enfermé. Depuis des mois, le président russe Vladimir Poutine demande au chef d’État centrafricain d’accepter le départ de Wagner et son remplacement par AfrikaCorp, une structure du mercenariat privée directement rattachée au ministère russe de la Défense. Cette transition a déjà eu lieu dans plusieurs pays africains où Wagner était implanté. Mais pas en Centrafrique.
Touadéra refuse. Il temporise, négocie, tente de gagner du temps face à la pression du Kremlin. La raison de cette résistance vient d’apparaître au grand jour : les chefs du groupe Wagner présents en Centrafrique ont déposé leur facture définitive. Pour partir, ils exigent 783 milliards de francs CFA.
Ce montant colossal correspond, selon les mercenaires russes, au coût de l’ensemble du matériel militaire qu’ils ont déployé dans le pays pour protéger le régime Touadéra : véhicules blindés, chars, avions de chasse, armements divers. Mais la facture comprend également les indemnisations réclamées pour les mercenaires tués lors des combats en Centrafrique. Wagner exige que le gouvernement centrafricain paie pour ses propres morts, des hommes tombés en accomplissant des missions souvent criminelles sur le territoire national.
La logique est implacable : tout ce que Wagner a amené doit être payé. Rien ne part gratuitement. Les mercenaires russes ont transformé leur protection du régime en créance qu’ils comptent bien recouvrer avant de céder la place à AfrikaCorp.
Face à ce chantage monumental, Touadéra se trouve paralysé. Accepter de payer cette somme est impossible pour un pays dont le budget national annuel tourne autour de 300 milliards de francs CFA. Refuser de payer signifie que Wagner reste et continue d’exploiter les ressources du pays jusqu’à récupération complète de sa créance. Dans les deux cas, la Centrafrique perd.
L’alternative proposée par Moscou n’arrange rien. AfrikaCorp, la structure qui doit remplacer Wagner, coûterait 10 milliards de francs CFA par mois, à verser directement en espèces au Kremlin. Un montant mensuel qui, sur une année, représente 120 milliards de francs CFA. Là encore, une facture insoutenable pour les finances centrafricaines.
Touadéra est donc pris entre deux gouffres financiers : la dette colossale de Wagner d’un côté, le coût permanent d’AfrikaCorp de l’autre. Entre les deux, aucune marge de manœuvre. Le président centrafricain est devenu l’otage de ceux qu’il a fait venir pour le protéger.
Cette situation place le chef de l’État dans une dépendance totale vis-à-vis de Wagner. Les mercenaires russes détiennent aujourd’hui le pouvoir de renverser Touadéra quand ils le souhaitent. Ce n’est même plus une question de rébellion armée comme le pays en a connu par le passé. Wagner peut déposer le président “comme un claquement de doigts”, pour reprendre une expression au sein de l’armée nationale. La capacité de nuisance est immédiate, la marge de résistance inexistante.
Depuis août 2024, ce bras de fer à trois entre Poutine, Wagner et Touadéra se joue dans l’ombre. Moscou veut rationaliser sa présence militaire en Afrique et passer d’un système de mercenaires privés à une structure étatique plus contrôlable. Wagner refuse de partir sans être payé intégralement. Touadéra, lui, préfère garder le diable qu’il connaît plutôt que d’en accueillir un nouveau, tout en sachant qu’il n’a aucun moyen de payer l’un ou l’autre.
Les 783 milliards exigés par Wagner représentent plus de deux budgets annuels de la Centrafrique. Même en vendant la totalité des ressources naturelles du pays pendant plusieurs années, impossible de réunir une telle somme. Wagner le sait parfaitement. L’objectif n’est d’ailleurs pas de recevoir cet argent rapidement, mais de justifier une présence prolongée et une exploitation continue des richesses centrafricaines.
Pendant ce temps, la population centrafricaine paie le prix de cette alliance mortifère. Chaque jour qui passe enfonce un peu plus le pays dans une servitude économique et militaire dont il ne pourra pas s’extraire sans conséquences dramatiques. Les jeunes Centrafricains, en particulier, vont supporter le poids de cette erreur historique commise par leur président.
L’accord passé entre Touadéra et Wagner engage aujourd’hui la responsabilité de l’État centrafricain. Ce n’est plus une simple décision présidentielle qui peut être annulée au prochain changement de pouvoir. C’est une dette nationale, une hypothèque sur l’avenir du pays, contractée par un homme qui prétendait le protéger.
Touadéra est ainsi devenu le premier et le dernier esclave du groupe Wagner en Afrique. Premier, parce qu’aucun autre dirigeant africain ne s’est laissé piéger à ce point. Dernier, parce que Wagner est en train de disparaître partout ailleurs sur le continent, remplacé par des structures plus discrètes et mieux contrôlées par le Kremlin.
La Centrafrique reste l’exception, l’anomalie, le territoire où les mercenaires russes peuvent encore dicter leurs conditions et fixer leurs prix sans la moindre limite. Tout cela avec la signature d’un président qui, en voulant sauver son pouvoir personnel, a hypothéqué l’indépendance de son pays pour des décennies.
Affaire Fatime Alim : le ministre de la justice Arnaud Djoubaye Abazène défie la Cour de Cassation et maintient sa prisonnière personnelle en détention par jalousie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/arnaud-djoubaye-abazene-ministre-d-etat-charge-de-la-justice-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Arnaud Djoubaye Abazène, ministre d’État chargé de la justice en Centrafrique
Même le Procureur Général près la Cour de Cassation ne peut rien contre un ministre qui transforme la justice en instrument de vengeance personnelle.
L’affaire Fatime Alim franchit un nouveau seuil dans l’absurdité et l’horreur. Ce qui était déjà un scandale de corruption judiciaire se montre désormais être quelque chose de bien plus sombre : une affaire de vengeance personnelle d’un ministre jaloux qui utilise l’appareil d’État pour punir une femme qui a refusé ses avances amoureuses.
En effet, le 11 novembre 2025, le Procureur Général près la Cour de Cassation, la plus haute autorité du ministère public en Centrafrique, a pris une décision rare du genre. Dans une lettre officielle portant la référence N° 253 / C. Cass/PG/25, il ordonne formellement au Procureur Général près la Cour d’Appel de Bangui de libérer immédiatement Dame Alim Fatime Aboubakar.
Le document, dont la rédaction de Corbeau News-Centrafrique a obtenu copie, est d’une clarté absolue. Le Procureur Général près la Cour de Cassation qualifie explicitement la détention continue de Fatime Alim de “détention arbitraire”. Il rappelle que le message porté utilisé pour justifier son maintien en prison “ne figure pas sur la liste des titres de détention reconnus par les lois pénales et par le règlement pénitentiaire”.
L’instruction est sans ambiguïté : “Je vous instruis de retirer la mesure que vous avez prise et laisser la Dame ALIM FATIME ABOUBAKAR partir libre pour avoir complètement exécuté la seule peine privative de liberté à laquelle elle a été condamnée”.
Le Procureur Général près la Cour de Cassation conclut même avec une formule qui ne laisse place à aucune interprétation : “l’exécution ne doit souffrir d’aucun retard ou contestation”.
Voilà le scandale : cette décision de la plus haute instance judiciaire du pays n’a jamais été exécutée. Le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène a tout simplement refusé de s’y conformer. Il a donné ordre de maintenir Fatime Alim en détention, en violation directe de l’instruction du Procureur Général près la Cour de Cassation.
La régisseuse de la maison d’arrêt de Bimbo, celle qui gère cette prison réservée aux femmes, madame Natacha Clarisse Ndokoyanga, s’est retrouvée face à un dilemme impossible : obéir à la loi et aux ordres de la plus haute autorité judiciaire, ou céder à la pression d’un ministre tout-puissant. Elle a finalement refusé d’exécuter la décision de libération de madame Fatima.
Aujourd’hui, des jours après que le Procureur Général près la Cour de Cassation ait ordonné sa libération, Fatime Alim croupit toujours en prison. Sans aucune base légale. En violation de tous les principes du droit. Par la seule volonté d’un homme qui refuse de lâcher prise.
Mais pourquoi un tel acharnement ? Pourquoi le ministre Arnaud Djoubaye Abazène refuse-t-il d’obéir même aux plus hautes instances judiciaires du pays ? Des sources proches du dossier dévoilent une vérité glaçante. Le ministre, attiré par la beauté de Fatime Alim depuis le début, devient un bébé devant cette jolie dame. Il aurait formulé une proposition bien plus personnelle que professionnelle : il voulait désormais l’épouser simplement. C’est comme si un hippopotames veut épouser une chatte. C’est terrible!
Mais Fatime Alim a refusé. Catégoriquement. Et c’est là que l’affaire a basculé du marchandage judiciaire vers quelque chose de bien plus sinistre : la vengeance d’un homme puissant éconduit.
La jalousie du ministre est devenue le moteur de cette détention illégale. Son objectif, selon plusieurs observateurs de l’affaire, serait de briser la jeune femme, de “dégrader sa beauté” par les conditions de détention, de la punir pour avoir osé lui dire non.
Ce n’est plus une affaire de corruption judiciaire. C’est devenu une affaire personnelle. Une affaire où un ministre transforme l’appareil d’État en instrument de vengeance privée contre une femme qui a refusé ses avances.
Cette affaire confirme de manière éclatante l’effondrement complet de l’État de droit en Centrafrique. Même quand la justice décide, même quand la plus haute autorité du ministère public ordonne, l’exécutif peut simplement refuser d’obéir.
La séparation des pouvoirs n’existe plus. Le ministre de la Justice, celui-là même qui devrait garantir l’application des décisions judiciaires, est devenu l’obstacle principal à leur exécution.
Pendant que les autorités centrafricaines continuent de proclamer que “la Centrafrique est un État de droit”, la réalité dans les prisons de Bangui raconte une histoire bien différente. Une histoire où une jeune femme reste enfermée illégalement parce qu’elle a osé refuser les avances d’un ministre puissant.
Fatime Alim est devenue une prisonnière d’État. Non pas une prisonnière de la justice, mais une prisonnière du ministre Arnaud Djoubaye Abazène. Sa détention n’a plus rien de judiciaire. C’est une détention purement politique, ou plutôt personnelle.
Chaque jour qui passe dans sa cellule de Bimbo est une journée d’illégalité supplémentaire. Une journée où l’État centrafricain bafoue ses propres lois. Une journée où un ministre défie impunément la Cour de Cassation.
Le Procureur Général près la Cour de Cassation a fait son travail. Il a ordonné la libération. Il a qualifié la détention d’arbitraire. Il a rappelé la loi. Mais face à un ministre qui se place au-dessus de tout, même la plus haute instance judiciaire se trouve impuissante.
C’est cela, la “version 3D” de la justice centrafricaine dont parlent cyniquement les observateurs à Bangui : une justice à trois dimensions où corruption, impunité et vengeance personnelle se mélangent pour créer un système où plus rien ne fonctionne normalement.
Dans ce système, un ministre peut vendre des décisions judiciaires au plus offrant, changer de camp selon les enchères, maintenir quelqu’un en prison illégalement, défier la Cour de Cassation, transformer une affaire judiciaire en règlement de comptes personnel, et tout cela sans jamais être inquiété.
Fatime Alim paie le prix de cette dérive. Elle paie le prix d’avoir cru qu’elle pouvait obtenir justice. Elle paie le prix d’avoir osé refuser un ministre puissant.
Corbeau News-Centrafrique continuera de suivre cette affaire jusqu’à ce que justice soit rendue. Jusqu’à ce que Fatime Alim retrouve la liberté qui lui est due selon la loi. Jusqu’à ce que le ministre Arnaud Djoubaye Abazène soit contraint de respecter les décisions de la justice qu’il est censé servir.
L’affaire de l’héritage d’Alhadji Biri continuera d’être traitée dans nos prochains articles. Mais aujourd’hui, ce qui importe, c’est de documenter cette dérive inacceptable : un ministre qui transforme la justice en instrument de vengeance personnelle, en violation totale de toutes les lois de la République.
ACFPE : Le recrutement du Directeur Général vire au scandale à 50 millions de francs CFA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/la-directrice-generale-de-l-acfpe-madame-renee-bimbo.jpg” data-wpel-link=”internal”>La Directrice générale de l’ACFPE, Madame Renée Bimbo
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le processus de recrutement du nouveau Directeur Général de l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE) tourne au chaos administratif et financier. Une enquête exclusive menée par Corbeau News Centrafrique dévoile un scandale impliquant le double paiement de cabinets de recrutement, des violations massives des procédures réglementaires et un réseau de népotisme orchestré au plus haut niveau de l’institution.
Vingt-cinq millions dilapidés sans résultat….
Le cabinet CIFOM, mandaté initialement pour organiser le recrutement du Directeur Général de l’ACFPE, a reçu vingt-cinq millions de francs CFA pour mener à bien cette mission. Après avoir entamé l’examen des dossiers de candidature, le cabinet s’est retiré du processus sans rembourser les fonds publics déjà encaissés. Les vingt-cinq millions ont ainsi disparu sans aucun résultat tangible pour l’ACFPE.
Selon les informations recueillies par notre service d’investigation, ce retrait soudain résulte des pressions contradictoires exercées sur le cabinet. D’un côté, le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom et la ministre du Travail Annie-Michelle Mouanga ont exigé la validation de la Directrice Générale intérimaire actuelle, Renée Michèle Bimbo, qui occupe ce poste depuis un an et demi. De l’autre, des instances proches du parti au pouvoir, le MCU, auraient proposé leurs propres candidats. Pris dans cet étau politique, le cabinet CIFOM a préféré abandonner le dossier plutôt que de cautionner un processus manifestement truqué.
Un second cabinet, un nouveau gaspillage de vingt-six millions….
Après cette impasse, le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom a immédiatement sollicité le cabinet de l’ancien Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour reprendre le processus de recrutement. Ce nouveau mandataire recevra à son tour vingt-six millions de francs CFA pour effectuer exactement la même mission que son prédécesseur.
Le coût total de cette opération chaotique s’élève désormais à cinquante et un millions de francs CFA pour un seul recrutement, alors que les statuts de l’ACFPE prévoient explicitement que cette procédure relève directement du Conseil d’Administration sans recours obligatoire à des prestataires externes coûteux.
Un comité de façade pour légitimer le recours aux cabinets….
Un arrêté ministériel a officiellement créé un comité de recrutement pour le poste de Directeur Général de l’ACFPE. Ce comité, présidé par le Professeur Henri Koulayom en sa qualité de Président du Conseil d’Administration, devait comprendre selon les textes : M. Aristide Ganabo et M. Victor Mazanga (administrateurs de l’ACFPE), un représentant du Contrôle Général du Secteur Parapublic, un représentant du Ministère du Travail, le Contrôleur Financier de l’ACFPE, un représentant de l’UNPC, un représentant du GICA et un représentant des syndicats de travailleurs.
La création de ce comité apparaît désormais comme une simple opération de communication destinée à donner une apparence de légalité au processus. En réalité, la présence de nombreux représentants de diverses structures de l’État et de l’ACFPE au sein de ce comité aurait rendu difficile, voire impossible, toute manipulation ou trucage du recrutement. Ces représentants, issus d’horizons différents et dotés de prérogatives de contrôle, constituent normalement un garde-fou contre les dérives.
C’est précisément pour contourner cet obstacle que le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom a choisi de confier l’intégralité du processus à des cabinets externes. Cette externalisation permet de court-circuiter le comité statutaire et de conduire le recrutement en dehors de tout contrôle effectif. Les cabinets privés, rémunérés grassement sur les fonds de l’ACFPE, deviennent ainsi les instruments d’un trucage que le comité officiel aurait rendu impossible.
Cette stratégie de contournement explique le double paiement de cinquante et un millions de francs CFA à des prestataires externes, alors que le comité prévu par l’arrêté ministériel aurait pu effectuer ce travail sans coût supplémentaire pour l’établissement. Le recours aux cabinets ne répond à aucune nécessité technique ou réglementaire. Il sert uniquement à créer les conditions d’une manipulation qui n’aurait pas été possible dans le cadre des procédures normales.
Des termes de référence vidés de leur substance….
L’examen comparatif des termes de référence utilisés lors des précédents recrutements du Directeur Général de l’ACFPE avec ceux élaborés par le PCA Henri Koulayom révèle une manipulation délibérée des critères de sélection.
En septembre 2021, sous la présidence de Félix N’Ganga, les termes de référence comportaient une section détaillée sur les expériences professionnelles requises. Le document exigeait explicitement : “Avoir travaillé au moins pendant dix (10) ans dont trois (03) à un poste de responsabilité de niveau de Directeur ou équivalent.” Cette exigence garantissait que seuls des candidats ayant fait leurs preuves dans des fonctions de direction de haut niveau pourraient prétendre au poste.
De même, en août 2019, sous la présidence de Noël Ramadan, figure respectée du syndicalisme centrafricain, les termes de référence contenaient exactement la même exigence d’expérience professionnelle. Ces standards rigoureux assuraient la sélection de candidats qualifiés et expérimentés, capables de diriger une institution aussi importante que l’ACFPE.
Sous la direction d’Henri Koulayom, ces exigences ont été purement et simplement supprimées ou considérablement affaiblies. Les termes de référence actuels ne comportent plus de critères précis sur l’expérience professionnelle minimale requise. Cette régression majeure crée les conditions pour valider des candidatures qui n’auraient jamais franchi les seuils de sélection appliqués par les précédents Conseils d’Administration.
Cette manipulation des critères traduit une intention claire : tailler les termes de référence sur mesure pour la Directrice Générale intérimaire Renée Michèle Bimbo, dont le profil ne correspondrait manifestement pas aux standards rigoureux établis en 2019 et 2021. En abaissant délibérément le niveau d’exigence, le PCA Koulayom transforme un processus de recrutement compétitif en simple formalité administrative destinée à légitimer une nomination déjà décidée en coulisses.
Les conflits d’intérêts du Professeur Koulayom….
Le Président du Conseil d’Administration Henri Koulayom, présenté comme un universitaire reconnu par le CAMES et titulaire de plusieurs doctorats, se trouve au centre d’un réseau de conflits d’intérêts manifestes. Il dirige une université privée, Go to School, qui reçoit chaque année entre vingt-cinq et trente-cinq millions de francs CFA de l’ACFPE pour la formation des agents de l’établissement.
Cette situation crée une dépendance financière directe entre le PCA et l’institution qu’il est censé superviser de manière indépendante. Plus troublant encore, plusieurs agents de l’ACFPE se sont plaints d’avoir été contraints de suivre des formations dans l’université privée du Professeur Koulayom, même lorsque ces formations ne correspondaient pas à leurs besoins professionnels. Aucun appel d’offres n’a jamais été lancé pour sélectionner d’autres établissements de formation, l’université du PCA bénéficiant d’un monopole de fait sur ces marchés publics.
En manipulant les termes de référence du recrutement pour faciliter la confirmation de la Directrice Générale intérimaire, Henri Koulayom chercherait selon plusieurs sources à “remettre l’ascenseur” à la ministre Annie-Michelle Mouanga, garantissant ainsi la pérennité de ses lucratifs contrats de formation. Cette pratique transforme le Conseil d’Administration en instrument de captation de ressources publiques plutôt qu’en organe de gouvernance responsable.
Un réseau familial au sommet de l’ACFPE….
La Directrice Générale intérimaire Renée Michèle Bimbo, que l’ensemble du processus vise manifestement à confirmer dans ses fonctions, entretient des liens familiaux étroits avec la ministre du Travail Annie-Michelle Mouanga. Cette dernière est elle-même apparentée au Premier Ministre Félix Moloua et à la deuxième épouse du Président de la République, Tina Touadéra, créant ainsi une concentration de pouvoir familial au sein de l’appareil d’État.
Cette configuration explique l’acharnement déployé pour contourner les procédures réglementaires et imposer une candidature qui ne survivrait probablement pas à un processus de sélection véritablement transparent et compétitif. Le népotisme institutionnalisé atteint ici des sommets, transformant les établissements publics en fiefs familiaux où les compétences et l’intérêt général cèdent le pas aux loyautés personnelles et aux arrangements clientélistes.
Un précédent dangereux pour la gouvernance publique….
Au-delà du cas spécifique de l’ACFPE, ce scandale montre la dérive généralisée de la gouvernance des entreprises et établissements publics en République Centrafricaine. La loi numéro 20.004 du 13 janvier 2020, qui organise le cadre institutionnel, juridique et financier applicable à ces structures, devait justement prévenir de telles dérives en instaurant des mécanismes de contrôle et de transparence.
Force est de constater que ces garde-fous réglementaires sont systématiquement contournés lorsque des intérêts politiques ou financiers puissants sont en jeu. L’impunité dont bénéficient les auteurs de ces malversations encourage la reproduction de ces pratiques dans d’autres établissements publics.
Les cinquante et un millions de francs CFA dilapidés dans ce processus de recrutement chaotique représentent des ressources qui auraient pu financer des programmes de formation professionnelle pour des centaines de jeunes Centrafricains. Ils auraient pu contribuer à l’amélioration des infrastructures de l’ACFPE ou au renforcement de ses capacités opérationnelles. Au lieu de cela, ils enrichissent des cabinets de complaisance et alimentent un système de corruption institutionnalisée.
Où sont les organes de contrôle?
Devant cette hémorragie financière et ce mépris affiché des textes réglementaires, l’absence de réaction des organes de contrôle interpelle. Ni l’Inspection Générale d’État, ni la Cour des Comptes n’ont manifesté leur intention d’examiner ce dossier explosif. Le Contrôle Général du Secteur Parapublic, pourtant membre statutaire du comité de recrutement, semble avoir été marginalisé ou s’est abstenu d’exercer sa mission de surveillance.
Cette passivité des institutions de contrôle montre soit leur impuissance devant les réseaux politiques protégeant les protagonistes de ce scandale, soit leur complaisance dans un système où la corruption a cessé d’être l’exception pour devenir la norme. Dans les deux cas, c’est la crédibilité de l’ensemble de l’appareil d’État qui est érodée.
Les agents de l’ACFPE, témoins impuissants de ce pillage organisé de leur institution, expriment leur désarroi devant une situation qui sape le moral et décrédibilise l’établissement. Comment peuvent-ils accomplir leur mission de service public lorsque les dirigeants censés incarner l’exemplarité se comportent en prédateurs?
Corbeau News Centrafrique continuera de suivre ce dossier et publiera prochainement de nouveaux développements sur les sanctions prises contre les représentants du personnel de l’ACFPE.
Le capitaine Gilles Siméon Yassolo des Forces armées centrafricaines (FACA), retenu en otage depuis plusieurs mois par des miliciens Azandé dans la région de Zemio, a été ramené à Bangui depuis 3 jours. Actuellement pris en charge au Camp de Roux, l’officier se remet des conditions difficiles de sa détention. Mais les circonstances exactes de sa libération demeurent enveloppées d’un silence total.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, le capitaine est arrivé dans la capitale accompagné de son conducteur de moto originaire du Haut-Mbomou. Les versions sur sa libération divergent considérablement. D’après certaines sources, le capitaine et son accompagnateur auraient réussi à s’échapper de leurs ravisseurs avant de rejoindre Zemio, d’où un hélicoptère de Wagner les aurait transportés jusqu’à Bangui.
Toutefois, des sources locales avancent une version différente : ils auraient été libérés moyennant le versement d’une somme d’argent. Impossible de confirmer l’une ou l’autre de ces versions. Que ce soit une fuite ou une libération négociée, les autorités maintiennent un silence absolu sur les détails de l’opération.
Pour l’heure, le capitaine Gilles Siméon Yassolo est maintenu au Camp de Roux où il reçoit des soins. Après plusieurs mois passés dans des conditions précaires entre les mains des miliciens, son état de santé nécessite une prise en charge médicale.
Il y’a lieu de rappeler que le capitaine Gilles Siméon Yassolo avait été capturé alors qu’il se rendait à Zemio pour y assurer la sécurité du bureau de démembrement de l’Autorité nationale des Élections (ANE). Détaché par l’État-major à l’ANE pour cette mission, il circulait en civil sur sa moto privée lorsque les miliciens Azandé l’ont intercepté avec son conducteur Zandé.
Selon les informations recoupées à l’époque, les ravisseurs réclamaient notamment la libération de deux de leurs membres, arrêtés depuis près d’un an par les Mercenaires russes du groupe Wagner à Bangui.
Cette prise d’otage s’était déroulée dans l’indifférence totale de l’État-major des armées et de l’ANE. Aucune communication officielle n’avait été faite sur le sort de cet officier, laissant sa famille se débattre seule pour tenter de trouver une solution.
Aujourd’hui encore, alors que le capitaine est de retour à Bangui, les autorités militaires et l’ANE gardent le même silence sur cette affaire. On ignore si des négociations ont été menées, si une rançon a été versée, ou si l’officier a effectivement réussi à s’enfuir. Cette opacité interroge une fois de plus sur la manière dont l’État centrafricain traite ses propres agents lorsqu’ils se retrouvent en difficulté dans l’exercice de leurs fonctions.
ACFPE : le défilé du 1er décembre transformé en business personnel par la directrice Renée Bimbo
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Defile-du-Premier-Mai-a-Bangui–Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Défilé sur l’avenue des martyrs à Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE), la préparation du défilé du 1er décembre, journée de la République, est devenue un véritable marché noir interne, dénoncé par le personnel comme une manœuvre de la direction pour en tirer profit. Ce qui devait être une activité institutionnelle est aujourd’hui perçu comme une opération commerciale organisée depuis le bureau de la directrice générale Renée Bimbo.
Selon plusieurs agents, la directrice a confisqué la gestion des tenues du défilé, écartant les délégués du personnel du processus habituellement participatif. Autrefois, les employés choisissaient ensemble les modèles et les couleurs avant la commande. Désormais, seule la directrice décide. Les agents se contentent d’indiquer une couleur générale, tandis que les tissus, les fournisseurs et les prix sont fixés par la direction, sans aucune consultation.
Le système de la mafia traditionnelle, connu dans plusieurs institutions publiques et parapubliques, ou privées, prévoyait que les fournisseurs reversent entre 10 et 15% de ristournes au service des ressources humaines, une pratique officieuse mais répandue. “C’est un business interne, tout le monde le sait, même dans les autres structures publiques, c’est le service RH qui gère ce pourcentage”, explique un agent interrogé par la rédaction du CNC. Mais à l’ACFPE, la directrice aurait voulu s’approprier ces marges pour son propre compte. Plusieurs employés affirment qu’elle a écarté les ressources humaines pour contrôler seule le marché des tenues et encaisser directement les 10 à 20% de bénéfice.
Certains soupçonnent même un réseau personnel autour d’elle : “C’est peut-être elle qui achète les tenues à bas prix par ses proches et les revend à l’agence comme si c’étaient des fournisseurs indépendants ”, rapporte un employé de l’agence contacté par CNC. Les prix pratiqués confirment ces doutes : des habits coûtant 15 000 à 20 000 francs CFA sur le marché sont revendus jusqu’à 140 000 francs à l’agence. “C’est de la pure spéculation interne”, résume un autre cadre.
Cette situation a provoqué un boycott silencieux du défilé par une partie du personnel. Plusieurs employés ont refusé de participer, estimant qu’ils ne pouvaient cautionner un système injuste. Interpellée sur la question lors de la réunion du 23 octobre dernier, la directrice a affirmé que le défilé n’était pas obligatoire, une réponse qui a davantage choqué les agents. Pour eux, cette déclaration prouve son incompétence administrative, car chaque institution reçoit un quota officiel, souvent fixé à cinquante participants. “Si les employés refusent de défiler, elle fera venir ses proches ou les nouveaux recrutés pour combler les rangs”, ironise un agent.
Le défilé du 1er décembre est une tradition en Centrafrique. Toutes les administrations publiques, les entreprises parapubliques, les forces de défense et de sécurité défilent pour célébrer la proclamation de la République. Chaque institution reçoit un quota de participants. Pour l’ACFPE, c’est généralement cinquante personnes.
Normalement, le service des ressources humaines organise la commande des tenues. Le personnel choisit ensemble les modèles et les couleurs. On identifie des fournisseurs. On négocie les prix. Et effectivement, comme dans beaucoup d’institutions publiques, les fournisseurs reversent entre 10 et 15% de ristourne au service RH. C’est une pratique officieuse mais connue de tous.
Mais Renée Bimbo a décidé de changer le système. Elle a écarté le service des ressources humaines. Elle a pris le contrôle total de la commande des tenues. Elle décide seule des modèles, des tissus, des fournisseurs, des prix. Le personnel n’a rien à dire. On leur demande juste de donner une couleur générale, et c’est tout.
Pourquoi ce changement ? Parce que Renée Bimbo veut récupérer les 10 à 20% de ristourne pour elle-même. Elle ne veut pas que le service RH touche cet argent. Elle veut le garder pour son compte personnel.
Plusieurs employés soupçonnent même que Renée Bimbo a monté un système encore plus lucratif. Elle achèterait les tenues à bas prix par l’intermédiaire de ses proches. Ensuite, elle les revendrait à l’agence comme si c’étaient des tenues officielles confectionnées par des fournisseurs externes. Comme ça, elle empoche à la fois la marge sur l’achat des tissus et la ristourne sur la vente des tenues.
Les prix pratiqués confirment ces soupçons. Des tenues qui coûtent normalement entre 15 000 et 20 000 francs CFA sur le marché sont vendues jusqu’à 140 000 francs à l’ACFPE. C’est sept fois le prix normal. Où va la différence ? Dans la poche de Renée Bimbo et de ses complices.
Et maintenant, elle transforme le défilé national en business personnel. Elle utilise une activité institutionnelle pour s’enrichir. Elle arnaque son propre personnel en leur vendant des tenues surfacturées. Et elle garde les bénéfices pour elle.
C’est de la corruption pure et simple. C’est du détournement. C’est de l’abus de fonction. Renée Bimbo utilise sa position de directrice générale pour s’enrichir au détriment du personnel et de l’institution qu’elle dirige.
Vakaga : la communauté Sara, un groupe ethnique très marginalisé sous le régime de Touadera, se demande actuellement si elle fait encore partie de la République centrafricaine
Dans la préfecture de la Vakaga, la communauté Sara se pose une question qui résonne comme un cri d’alarme : fait-elle encore partie de ce pays ? Absente de tous les postes de responsabilité dans l’administration Touadéra, cette communauté frontalière vit une marginalisation organisée par un petit groupe ethnique qui veut désormais confisquer tout le pouvoir et écrase toute tentative de la communauté Sara de se relever.
La communauté Sara de Centrafrique, particulièrement celle de la Vakaga, ne se retrouve plus dans la gestion des affaires publiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et dressent un tableau glaçant : sur 32 ministres, aucun Sara. Sur 7 gouverneurs, aucun Sara. Sur 16 préfets, aucun Sara. Sur 83 sous-préfets, aucun Sara. Dans les rangs des conseillers à la présidence, des conseillers à l’Assemblée nationale, des conseillers à la primature, aucun Sara. Même dans l’intégration en cours dans la fonction publique, les Sara brillent par leur absence.
Cette population frontalière, installée depuis des siècles dans le pays, notamment à la frontière avec le Soudan et le Tchad, se demande aujourd’hui si elle fait vraiment partie de la République centrafricaine. Les Sara sont nombreux dans le pays, mais depuis quelque temps, ils semblent volontairement mis à l’écart partout. À l’Assemblée nationale, aucun député Sara. Dans les municipalités, aucun maire Sara, aucun secrétaire général de mairie Sara. Dans les directions générales, aucun Sara. C’est bizarre et cette population se demande ce qu’elle a fait pour mériter un tel traitement.
Pourtant, la communauté Sara ne manque pas de compétences. Elle compte des intellectuels, des diplômés d’université, des cadres formés qui ont toutes les qualifications pour occuper des postes de responsabilité. Ces diplômés Sara existent, ils sont là, mais on ne leur donne aucune chance. Pire encore, les Sara ont massivement soutenu le président Touadéra lors de son élection. Ils ont voté pour lui, ils ont cru en lui, ils ont participé à sa victoire. Mais aujourd’hui, ce même président qu’ils ont soutenu les a complètement oubliés dans la distribution des postes. C’est comme si leur soutien ne comptait pas, comme si leurs votes n’avaient aucune valeur.
Le slogan “tout zo a tè yé” (tous les Centrafricains doivent manger ) qui résonnait comme une promesse d’unité nationale sonne désormais creux pour les Sara. Cette marginalisation n’est pas qu’une question de statistiques. Elle traduit une exclusion méthodique d’une communauté entière des processus de décision qui affectent son propre territoire et son avenir. Les Saras constatent amèrement que certaines communautés sont largement représentées dans l’administration Touadéra, mais pas la leur.
Pour comprendre l’ampleur de cette frustration, il faut regarder ce qui s’est passé à Amdafock, localité frontalière avec le Soudan, dans la sous-préfecture de la Vakaga. Un homme nommé Wouya Mocko Abel, membre de la communauté Sara, avait décidé de se porter candidat au poste de maire de cette ville. Conscient de la marginalisation de sa communauté, il voulait se frayer un chemin pour relever la tête. Il avait manifesté sa volonté de postuler et devait se rendre à Bangui pour finaliser les formalités auprès de l’Autorité nationale des Élections.
Mais Wouya Mocko Abel n’a jamais pu déposer son dossier. Dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 octobre 2025, des mercenaires russes l’ont arrêté à Bangui. Depuis, il est porté disparu. On ne sait pas où on l’a emmené, probablement dans le sous-sol de la prison de Wagner au camp de Roux. Aucune information sur les raisons de cette arrestation. Aucune nouvelle de lui. C’est comme si un membre de la communauté Sara qui ose vouloir postuler pour un poste de responsabilité doit être immédiatement éliminé.
Cette arrestation montre clairement une réalité inquiétante : dans la Vakaga, on dirait qu’une seule ethnie veut dominer toutes les autres. Un petit groupe s’est accaparé tous les postes, toutes les responsabilités, tous les leviers du pouvoir. Si une autre ethnie tente de se frayer un chemin pour se relever, ce petit groupe va l’écraser. C’est exactement ce qui se passe avec les Sara. L’absence totale de Sara partout dans l’administration n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un système où un groupe ethnique minoritaire a confisqué le pouvoir et bloque l’accès à tous les autres. Même pour de simples postes comme directeur régional ou directeur d’école à Birao, aucun Sara. Même dans les candidatures actuelles pour les Élections municipales et régionales, aucun Sara. Il y a un problème, mais les Sara se demandent ce qu’ils ont fait.
La frustration est immense dans la communauté Sara, et l’arrestation de Wouya Mocko Abel, candidat déclaré qui a été arrêté avant même le dépôt de sa candidature, a provoqué une colère profonde. Les Sara vivent sur ce territoire depuis des siècles, ils sont Centrafricains au même titre que les autres, mais ils sont traités comme des citoyens de seconde zone dans leur propre pays. Cette marginalisation pose une question fondamentale sur l’application du principe “tout zo a tè yé” dans la République centrafricaine d’aujourd’hui.
Les Sara ne demandent pas de privilèges. Ils réclament simplement leur place légitime dans la gestion de leur pays. Ils veulent pouvoir se présenter aux Élections sans être arrêtés par des mercenaires étrangers. Ils veulent être représentés dans les institutions nationales et locales. Ils veulent que leurs enfants puissent aspirer à devenir ministres, préfets, maires ou directeurs généraux comme les enfants des autres communautés. Ils ont soutenu Touadéra, ils ont voté pour lui, ils ont des diplômés compétents, mais pour l’instant, la réalité est implacable : la communauté Sara est mise à l’écart, écrasée par un petit groupe ethnique qui a confisqué tous les leviers du pouvoir dans la Vakaga, et toute tentative de s’affirmer est brutalement réprimée par les mercenaires russes.
Cette situation est intenable et ne peut pas durer indéfiniment. Les Sara ont le droit de se demander si le slogan “tout zo a tè yé” les concerne vraiment. Jusqu’à quand cette marginalisation va-t-elle continuer ? Jusqu’à quand un petit groupe va-t-il pouvoir écraser toute une communauté ? Affaire à suivre.
Sur les réseaux sociaux centrafricains, un panneau de sensibilisation routière financé par la MINUSCA provoque l’hilarité et l’indignation. Laid, mal conçu, probablement coûteux, ce panneau concentre toutes les critiques contre une mission qui engloutit plus d’un milliard de dollars américains par an sans résultats tangibles pour la population.
Mais au-delà de l’anecdote esthétique, ce panneau pousse bon nombre des centrafricains à s’interroger : que fait réellement la MINUSCA en Centrafrique?
Le gaspillage comme marque de fabrique….
Avec un budget annuel dépassant le milliard USD, la MINUSCA dispose de moyens colossaux. Pourtant, sur le terrain, les Centrafricains peinent à identifier les bénéfices concrets de cette présence. La sécurité ne s’améliore pas, les infrastructures restent défaillantes, et voilà que la mission finance des panneaux de sensibilisation routière d’une laideur consternante.
Ces dépenses montrent une mauvaise allocation chronique des ressources. Pendant que des fonds sont dilapidés dans des projets cosmétiques, les priorités urgentes de protection des civils et de stabilisation du pays passent au second plan.
Une mission qui a oublié son mandat….
Le mandat initial de la MINUSCA était clair : protéger les populations civiles contre les menaces, même pour les mercenaires russes, , faciliter l’accès humanitaire, soutenir la transition politique et accompagner le processus de réconciliation nationale. La mission a dérivé de ces objectifs fondamentaux.
Aujourd’hui, la MINUSCA semble davantage préoccupée par des campagnes de communication que par sa mission de stabilisation. Pendant ce temps, l’insécurité persiste, la gouvernance ne s’améliore pas, et le pays reste enlisé dans une crise multidimensionnelle.
Le soutien inquiétant à un processus électoral controversé….
Plus grave encore, la MINUSCA s’apprête à cautionner des Élections que toute l’opposition centrafricaine dénonce comme non-inclusives. Malgré les appels répétés de l’opposition à ne pas soutenir ce simulacre électoral, la mission onusienne maintient son engagement.
Les faits sont là : le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro s’accroche au pouvoir pour un troisième mandat anticonstitutionnel, l’opposition est méthodiquement bloquée et marginalisée, le Conseil constitutionnel est aux ordres, et l’administration électorale manque de toute indépendance et transparence.
Plusieurs experts des Nations Unies ont d’ailleurs exprimé leurs réserves sur ce processus électoral biaisé. Certains observateurs internationaux, y compris au sein du système onusien, reconnaissent l’impossibilité d’organiser des Élections crédibles dans ces conditions. Pourtant, la MINUSCA persiste à soutenir cette parodie.
Une complicité dans la dérive autoritaire….
En choisissant de soutenir ces Élections truquées d’avance, la MINUSCA devient complice de la consolidation d’une dictature. Elle répète les erreurs tragiques du passé, notamment celles commises au Rwanda, où l’inaction et les mauvais choix des missions onusiennes ont eu des conséquences catastrophiques. Ironie du sort, la cheffe de la Minusca est une rwandaise en plus.
La MINUSCA finance aujourd’hui, de facto, le régime de Touadéra dans sa dérive autoritaire. Elle légitime un pouvoir qui piétine la Constitution, musèle l’opposition, et transforme le processus électoral en simple formalité administrative pour reconduire un président déjà illégitime.
Trump a-t-il raison…?
Dans ce contexte, la position du président américain Donald Trump de réduire, voire de couper l’aide américaine aux missions onusiennes comme la MINUSCA mérite réflexion. Si ces missions coûtent des milliards sans apporter de solutions, si elles gaspillent les ressources dans des projets futiles, si elles soutiennent des régimes autoritaires plutôt que de défendre les valeurs démocratiques qu’elles sont censées promouvoir, à quoi servent-elles?
La MINUSCA devait être un instrument de paix et de stabilisation. Elle est devenue une bureaucratie coûteuse, inefficace, et maintenant complice d’une dérive dictatoriale. Ce panneau hideux sur une route de Bangui n’est que le symptôme visible d’un dysfonctionnement bien plus profond.
MPC en crise : Mahamat Al-Khatim nomme Dianga Cyrano Ibrahim alias Mahmoud, un réfugié au Cameroun pour sauver son mouvement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/monsieur-dianga-cyrano-ibrahim-nouveau-charge-de-relation-avec-le-monde-arabe-du-mpc-nomme-par-mahamat-al-khatim.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Dianga Cyrano Ibrahim , nouveau chargé de relation avec le monde arabe du MPC nommé par Mahamat Al-Khatim
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le général autoproclamé Mahamat Al-Khatim, chef du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), vient de nommer Dianga Cyrano Ibrahim alias Mahmoud comme “Conseiller en charge des Relations avec le Monde Arabe”. La nomination intervient alors que la quasi-totalité des cadres du mouvement ont abandonné leur chef.
La décision de Mahamat Al-Khatim de nommer Dianga Cyrano Ibrahim à ce poste pour le seconder confirme son isolement croissant. Réfugié centrafricain qui vit actuellement au Cameroun, Dianga Cyrano Ibrahim est un ancien cadre du mouvement qui avait pris ses distances avec la structure ces dernières années. La nomination ressemble moins à un renforcement stratégique qu’à l’appel au secours d’un dirigeant en pleine débâcle. Mahamat Al-Khatim se retrouve aujourd’hui pratiquement seul à la tête d’un mouvement qui se vide progressivement de ses membres et cadres historiques.
Le constat est sans appel : le MPC traverse la période la plus difficile de son existence. Après avoir été l’un des groupes armés les plus actifs dans le nord de la Centrafrique, le mouvement subit une hémorragie de ses effectifs et de ses responsables comme ses éléments rebelles . Les départs se sont multipliés ces derniers mois. Des cadres ont choisi de tourner le dos à leur chef pour se diriger vers d’autres activités civiles. Cette vague de désertions a laissé Mahamat Al-Khatim dans un isolement quasi-total, sans le soutien des hommes qui l’ont accompagné pendant des années.
Le choix de nommer Dianga Cyrano Ibrahim, actuellement en exil au Cameroun, montre le manque d’options dont dispose désormais le chef du MPC. En faisant appel à un ancien cadre démissionnaire et réfugié à l’étranger, Al-Khatim confirme indirectement l’étendue de sa solitude et l’absence de personnalités crédibles encore disposées à le soutenir au sein du mouvement. Le titre de “Conseiller en charge des Relations avec le Monde Arabe” relève davantage d’une stratégie de communication que d’une véritable fonction opérationnelle. Dans les faits, Dianga Cyrano Ibrahim est appelé à devenir le principal lieutenant, voire le second d’un chef de mouvement qui n’a plus personne sur qui s’appuyer.
Au-delà de la question des cadres, le problème auquel fait face Mahamat Al-Khatim est bien plus profond. Toute la base du mouvement semble avoir perdu confiance en son leadership. Actuellement, le chef du MPC ne dispose d’aucun soutien significatif au sein même de sa structure pour mener ses démarches politiques ou militaires. La faillite organisationnelle transforme le MPC en une coquille vide, une structure qui n’existe plus que par le nom et quelques tentatives désespérées de son chef pour maintenir une apparence de légitimité. La nomination de Dianga Cyrano Ibrahim apparaît ainsi comme un ultime effort pour donner l’illusion d’une continuité et d’une dynamique qui n’existent plus.
Reportage entre Obo et Bambouti : quand 110 kilomètres d’enfer devienenent un calvaire pour les voyageurs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/les-commercants-sud-soudanais.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les commerçants, sur velo, en provenance du Sud-Soudan jusqu’à Obo, dans le Haut-Mbomou. Photo CNC
Deux localités du Haut-Mbomou, Obo et Bambouti, séparées par 110 kilomètres de route impraticable toutes saisons confondues.
Les 110 kilomètres qui séparent Obo de Bambouti, dans la préfecture du Haut-Mbomou, transforment un simple trajet en véritable expédition. Situées respectivement à 1320 et 1429 kilomètres de Bangui, ces deux localités vivent dans un isolement géographique qui s’aggrave chaque année. Sur ce parcours difficile, deux villages servent de repères aux voyageurs téméraires : Ngoumé, à 7 kilomètres d’Obo, et Ligwa, à 25 kilomètres plus loin.
En saison sèche, le voyage reste pénible. Les véhicules progressent lentement sur une piste défoncée, parsemée de nids-de-poule et de ravines. Mais quand les pluies s’abattent sur cette partie reculée du territoire centrafricain, la route devient un piège mortel. La terre rouge se transforme en bourbier visqueux, avalant roues et essieux. Les voyageurs peuvent mettre trois semaines à un mois pour boucler un trajet qui devrait normalement se faire en quelques heures. Le rythme de progression tombe parfois à deux ou trois kilomètres par jour, transformant chaque kilomètre en conquête douloureuse.
Cette situation d’enclavement extrême pousse les populations du Haut-Mbomou vers une dépendance totale au Soudan du Sud voisin. Sucre, carburant, sel, savon, ciment, médicaments : tous les produits de première nécessité franchissent la frontière depuis le pays voisin. L’État centrafricain brille par son absence dans cette zone stratégique, laissant ses citoyens se tourner vers l’étranger pour leurs besoins les plus élémentaires.
Les préparatifs d’un voyage sur cet axe ressemblent à ceux d’une expédition en terre inconnue. Vivres pour plusieurs semaines, bidons d’eau potable, ustensiles de cuisine, matériel de couchage : tout doit être soigneusement calculé et emporté. Vélos renforcés, motos tout-terrain ou robustes camions allemands MAN chargés de marchandises s’engagent sur cette piste incertaine, où les embouteillages naturels, la boue collante et les coupures multiples transforment chaque déplacement en loterie dangereuse.
“S’il n’y avait pas le Soudan du Sud, on vivrait ici comme à l’époque des premières civilisations”, confie amèrement un habitant d’Obo interrogé par l’équipe de reportage du CNC. Cette phrase résume parfaitement l’ampleur de la dépendance. Le carburant atteint des prix prohibitifs qui étranglent l’économie locale : 2000 francs CFA le litre d’essence, jusqu’à 3500 francs pour le gasoil. Ces tarifs explosent littéralement les budgets familiaux et paralysent toute activité économique. La Minusca et les organisations humanitaires elles-mêmes s’approvisionnent depuis le Soudan du Sud, reconnaissant implicitement l’incapacité de l’État centrafricain à desservir cette partie de son territoire.
Cette situation génère une inflation galopante qui frappe de plein fouet les populations les plus vulnérables. Un sac de ciment, vendu entre 11000 et 12000 francs à Bangui, grimpe à 40000 francs en saison sèche et peut atteindre 50000 francs quand les pluies rendent la route totalement impraticable. Les tôles ondulées de 3 mètres passent de 7500 francs dans la capitale à 30000, voire 40000 francs à Obo. Ces prix astronomiques rendent la construction d’un logement décent pratiquement impossible pour la majorité des habitants. Construire devient un privilège réservé aux plus fortunés, condamnant les autres à vivre dans des habitations précaires.
Le prix des denrées alimentaires suit la même courbe ascendante vertigineuse. Un sac de riz qui coûte 25000 francs à Bangui peut atteindre 45000 francs à Obo. L’huile de cuisine, le sucre, la farine voient leurs prix doubler ou tripler selon les saisons et l’état de la route. Cette hausse constante du coût de la vie pousse de nombreuses familles vers la malnutrition et la pauvreté extrême.
Aux difficultés logistiques majeures s’ajoutent les pratiques douteuses et systématiques de certains agents de l’État. À l’entrée d’Obo, policiers, gendarmes et soldats des Forces Armées Centrafricaines organisent des fouilles minutieuses et imposent leurs propres “taxes douanières” informelles. Ces prélèvements frappent tous les moyens de transport : 7500 francs CFA pour un simple vélo, davantage pour une moto, et des sommes considérables pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de francs pour les camions de marchandises.
Cette économie parallèle florissante enrichit quelques individus au détriment de l’intérêt général, au lieu d’alimenter les caisses de l’État. Dans une ville frontalière au potentiel économique important, l’absence criante de la douane officielle laisse le champ libre à tous les abus imaginables. Ceux qui devraient faire respecter la loi et protéger les citoyens se transforment en collecteurs privés sans scrupules, vidant de son sens la notion même de service public et d’équité fiscale.
Les commerçants qui tentent de faire des affaires entre ces deux localités subissent un véritable racket organisé. Ils doivent négocier à chaque contrôle, payer des “facilitations” multiples, et supporter des délais imprévisibles qui peuvent anéantir leurs bénéfices. Beaucoup préfèrent abandonner cette activité ou se tourner vers les circuits informels, privant l’État de recettes fiscales légitimes.
Cette situation d’abandon territorial a des conséquences dramatiques sur l’accès aux services sociaux de base. L’éducation souffre énormément : les enseignants refusent souvent d’être affectés dans ces zones reculées, et quand ils acceptent, ils peinent à recevoir leurs salaires. Les fournitures scolaires, quand elles arrivent, coûtent une fortune. De nombreux enfants abandonnent l’école, perpétuant le cycle de la pauvreté et de l’ignorance.
Le système de santé n’est pas en reste. Les médicaments essentiels manquent cruellement, et leur acheminement depuis Bangui coûte si cher que les prix deviennent inabordables pour la population. Les évacuations sanitaires vers la capitale relèvent de l’exploit, condamnant de nombreux malades à mourir faute de soins appropriés. Les femmes enceintes accouchent dans des conditions précaires, sans assistance médicale qualifiée.
L’agriculture, pourtant prometteuse dans cette zone fertile, pâtit également de cet enclavement. Les paysans ne peuvent écouler leurs productions vers les marchés urbains à cause des coûts de transport prohibitifs. Ils se contentent de l’autoconsommation ou de la vente locale à des prix dérisoires, décourageant toute ambition de développement agricole à grande échelle.
Le Haut-Mbomou est un exemple parfait de l’abandon de pans entiers du territoire centrafricain par un État défaillant. Entre Obo et Bambouti, ces 110 kilomètres d’enfer racontent l’histoire douloureuse d’un gouvernement qui a renoncé à désenclaver ses propres citoyens, les condamnant à vivre aux marges géographiques et économiques de leur propre pays. Cette négligence administrative et politique transforme des Centrafricains en étrangers sur leur propre terre, obligés de se tourner vers un pays voisin pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.
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La justice russe convoque l’imposteur Loïc Ouangapou. L’homme disparait de la Russie après l’affaire du soldat centrafricain mort au front ukrainien
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/le-faux-loic.jpg” data-wpel-link=”internal”>C’est Mr Loïc Ouangapou Fortuné, conseiller consulaire et social au sein de l’ambassade de la RCA en Russie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La convocation judiciaire russe visant Loïc Ouangapou après la mort de Derrick Agoma a précipité sa fuite de Moscou.
À Moscou, le nom de Loïc Ouangapou est désormais associé à une imposture sans précédent. Déjà éclaboussé par des accusations de détournement des dons présidentiels, d’usurpation de fonction et de fraude sur les bourses étudiantes, il a franchi un cap avec l’affaire tragique de Derrick Agoma, ce soldat centrafricain enrôlé clandestinement et retrouvé mort sur le front russe.
Face à la gravité de ce dossier, la justice russe a émis une convocation officielle. Mais au lieu de répondre aux enquêteurs, Loïc Ouangapou a choisi la fuite. Il a disparu de Moscou dans des conditions opaques qui ajoutent une dimension criminelle à son parcours déjà chargé.
Selon des sources proches de l’ambassade de Centrafrique en Russie jointes au téléphone par la rédaction du CNC, les autorités judiciaires russes avaient accumulé des preuves compromettantes sur son rôle direct dans l’enrôlement illégal de Derrick Agoma. Son faux statut de représentant estudiantin, utilisé pour tromper étudiants et autorités, ne tenait plus face à l’ampleur des révélations.
L’affaire était prête à être instruite, mais l’intéressé, averti par des complicités, a pris la fuite avant de se présenter devant les magistrats. Cette disparition précipitée confirme l’image d’un fugitif, plus proche d’un criminel organisé que d’un étudiant en difficulté.
Pour de nombreux étudiants centrafricains à Moscou, cette fuite sonne comme une trahison supplémentaire. Déjà traumatisés par la mort de Derrick Agoma et par la peur d’être instrumentalisés dans les combines macabres de Loïc Ouangapou, ils voient désormais dans sa disparition une preuve de culpabilité.
Car un homme innocent n’abandonne pas son poste, son entourage et ses prétentions de leader estudiantin face à une convocation de justice. Cette cavale met à nu l’étendue d’un réseau de mensonges et confirme que ses actions n’étaient pas celles d’un étudiant, mais bien d’un manipulateur protégé par des appuis politiques douteux.
Les autorités russes, embarrassées par cette fuite, considèrent désormais Loïc Ouangapou comme un individu en rupture avec la loi. À Bangui, le silence officiel persiste, malgré l’évidence d’un scandale qui engage la réputation du pays à l’international.
Comment un simple étudiant a-t-il pu accumuler autant de pouvoirs frauduleux, détourner des fonds, manipuler les bourses, et jusqu’à livrer un soldat centrafricain à la mort, sans jamais être inquiété ? Comment a-t-il pu quitter Moscou alors qu’il était visé par une convocation judiciaire ?
Ces interrogations pointent vers les complicités et la couverture dont il a bénéficié dans les cercles du pouvoir centrafricain. Sa fuite n’aurait pas été possible sans des appuis logistiques et financiers importants. Qui l’a aidé à échapper à la justice russe ? Quels réseaux ont facilité sa disparition ?
La fuite de Loïc Ouangapou ne marque pas la fin de cette affaire, mais l’aggrave considérablement. Elle confirme qu’il ne s’agissait pas seulement d’un escroc étudiant, mais d’un acteur central d’un système de corruption transnationale qui mêle argent, bourses, et vies humaines sacrifiées.
Les généraux du carburant : quand l’armée et le MCU se partagent le butin de la mafia du carburant, selon la Global Initiative Against Transnational Organized Crime
Le ministre centrafricain de l’énergie, Bertrand Arthur Piri dans le studio de sa radio privée
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Derrière la façade des stations-service confisquées à TAMOIL se cache un système de pillage organisé qui enrichit les cadres militaires et les dirigeants du Mouvement Cœurs Unis. L’enquête de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime expose un mécanisme bien connu où l’argent du carburant finance directement le parti du président Touadéra, le MCU.
Le dispositif repose sur un circuit simple mais efficace. Des agences publiques liées au ministère de l’Énergie délivrent des bons d’essence officiels, soi-disant destinés aux besoins opérationnels des forces de sécurité. Ces bons sont ensuite échangés contre de l’argent liquide dans les stations-service confisquées. Selon plusieurs fonctionnaires et opérateurs économiques qui connaissent le système de l’intérieur, ces paiements en espèces sont redistribués à de hauts fonctionnaires, dont de nombreux membres du parti au pouvoir.
Les profits sont colossaux. Chaque camion-citerne de 35 000 litres revendu dans ces stations rapporte environ 14 millions de francs CFA, soit 25 000 dollars américains. Cette marge s’explique par les prix gonflés appliqués par Neptune Oil, auxquels s’ajoutent les taxes et droits d’importation non payés grâce aux exonérations frauduleuses. Si la moitié des importations de Neptune Oil en 2024 – soit environ 1 200 camions-citernes – a transité par les stations confisquées, les bénéfices excédentaires dépassent 30 millions de dollars américains.
Au cœur de ce système figure le général Zéphirin Mamadou, chef d’état-major des Forces armées centrafricaines. Son épouse Prisca Rosaline Mamadou contrôle quatre des dix stations-service confisquées, toutes situées à Bangui. Le général n’est pas qu’un simple bénéficiaire : il est identifié comme l’un des principaux bailleurs de fonds du MCU, le parti présidentiel. Son ascension au sein de l’appareil militaire s’accompagne d’une mainmise économique qui lie étroitement pouvoir militaire et intérêts financiers.
Le partage du butin s’inscrit dans un système pyramidal de rétrocommissions qui a rapporté entre 17,5 et 30 millions de dollars américains en 2024. Les services de sécurité figurent parmi les principaux bénéficiaires, aux côtés des acteurs politiques clés du MCU et des opérateurs économiques. Ce réseau fonctionne avec l’approbation tacite du sommet de l’État, transformant le secteur du carburant en machine à cash pour financer le parti au pouvoir.
Les six autres stations confisquées ont été attribuées à Souleymane Bassou, un ressortissant malien entretenant depuis des décennies des liens étroits avec les élites politiques et économiques de Bangui. Bassou est propriétaire d’Inter-Oil Centrafrique, une société qui ne dispose même pas de licence de commercialisation valide selon le registre du commerce centrafricain. Cette anomalie n’empêche nullement ses stations de fonctionner et de vendre du carburant au prix fort.
Le rapport de la GI-TOC révèle également que ces stations confisquées vendent du carburant provenant d’importateurs non agréés, en violation directe des directives gouvernementales. Le ministère de l’Énergie interdit explicitement l’intégration de ce carburant au réseau officiel de distribution, mais la règle ne s’applique manifestement pas aux protégés du régime.
Au-delà du réseau formel, le carburant circule aussi par des vendeurs non agréés et des dépôts clandestins apparus lors de la crise de 2022. Ces points de vente illégaux, identifiés à plusieurs endroits de Bangui, approvisionnent principalement les chauffeurs routiers et les vendeurs ambulants. Là encore, les bénéfices sont prélevés et redistribués sous forme de paiements en espèces aux autorités complices, selon plusieurs acteurs économiques du secteur interrogés par les enquêteurs.
Le comité anti-fraude du ministère de l’Énergie participe activement à ce système. Officiellement chargé de lutter contre l’importation frauduleuse de carburant, ce comité détourne en réalité une partie des fonds collectés. Les transporteurs d’autres marchandises qui emportent du carburant supplémentaire pour refaire le plein en cours de route versent régulièrement des pots-de-vin aux agents pour éviter des sanctions. Ces recettes extrabudgétaires servent à financer les opérations et les salaires du comité, et sont réparties de manière informelle entre les hauts fonctionnaires du ministère.
Le comité opère dans une zone grise sur le plan juridique malgré son rôle prépondérant. Sur ses 90 agents recensés, moins de la moitié sont effectivement actifs, et aucun n’est sous contrat officiel. Cette absence de transparence et de supervision permet au comité de devenir un maillon supplémentaire d’une économie du carburant où se mêlent légalité, pouvoir étatique et profit.
Prisca Rosaline Mamadou n’est pas une novice dans les cercles du pouvoir. Ancienne directrice du budget à la gendarmerie et ex-directrice financière au ministère de la Sécurité publique, elle connaît parfaitement les rouages de l’administration. Sa nomination à la tête des stations-service les plus rentables de la capitale confirme la fusion totale des sphères politique, militaire et économique sous le régime Touadéra.
Le ministre de l’Énergie Arthur Bertrand Piri, secrétaire exécutif adjoint du MCU, joue un rôle central dans ce dispositif. C’est lui qui a supervisé l’attribution des stations confisquées, justifiant la mesure par des dettes impayées et une mauvaise gestion de TAMOIL. Mais les faits montrent que cette réquisition visait surtout à renforcer la centralisation du contrôle du secteur entre les mains d’acteurs politiquement connectés.
Les forces de sécurité profitent directement du système grâce aux bons d’essence qui leur permettent de convertir le carburant en liquidités. Ce mécanisme garantit la loyauté de l’armée et des services de renseignement envers un régime qui les enrichit. Le carburant devient ainsi un outil de patronage politique, un moyen d’acheter les fidélités et de maintenir le pouvoir.
Le rapport estime que ce système a privé l’État centrafricain de recettes fiscales essentielles tout en remplissant les poches d’un cercle restreint de privilégiés. Les recettes gouvernementales issues du carburant sont passées de 41,6 millions de dollars américains en 2021 à seulement 29,5 millions de dollars en 2024, malgré une reprise quasi complète des volumes d’importation. Cette baisse préoccupante s’explique en grande partie par l’évasion fiscale sur le chiffre d’affaires et les exonérations dont bénéficie Neptune Oil, avec la complicité des hauts responsables.
Les Centrafricains paient le prix fort à la pompe pendant que les généraux et les cadres du MCU s’enrichissent. Le gazole coûte toujours 2,17 dollars américains le litre, un prix inabordable dans un pays où 70% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour. Cette situation ne résulte pas d’une simple défaillance du marché, mais d’une captation délibérée de l’État par des réseaux criminels qui opèrent sous couvert de l’autorité publique.
Le capitaine Brice Zingas, chef du détachement des Forces Armées Centrafricaines à Ouadda-Maïkaga dans la préfecture de la Haute-Kotto, vient de franchir un nouveau cap dans la criminalité.
Les faits remontent à la semaine dernière, plus précisément le 9 novembre 2025. Un soldat FACA basé à Ouadda-Maïkaga a ouvert le feu sur Mahamat Khèr , un jeune habitant de cette sous-préfecture située au nord de la République centrafricaine. La balle a atteint la victime à la jambe, lui infligeant une blessure grave nécessitant des soins urgents. Jusqu’à présent, personne ne connaît les raisons qui ont poussé ce militaire à utiliser son arme de service contre un civil. Était-ce une dispute ? Un racket qui a mal tourné ? Une simple démonstration de force ? Le mystère demeure entier. Ce qui est certain, c’est qu’un soldat censé protéger la population a tiré sur un jeune sans défense. Mais selon une source sécuritaire locale, le militaire aurait demandé un service à monsieur Mahamat Khèr lorsque celui-ci voudrais se rendre à une invitation. Le militaire lui aurait demandé de le déposer quelque part, mais monsieur Khèr a refusé, disant qu’il n’a pas de carburant nécessaire pour faire cette course supplémentaire. Pris de colère, le militaire sort son arme de service et tire sur monsieur Mahamat Khèr simplement, sans raison.
Mais face à la gravité de la blessure, les proches de la victime ont naturellement voulu transférer Mahamat Khèr vers Bria, le chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto, où se trouve un hôpital capable de le soigner. Rappelons que Bria se situe à environ 204 kilomètres d’Ouadda-Maïkaga, une distance qui peut se parcourir en quelques heures en motos, mais pas en véhicule. Mais le capitaine Brice Zinga en a décidé autrement. De manière totalement arbitraire et criminelle, il a bloqué le transfert sanitaire. Il a refusé que le jeune blessé soit évacué vers Bria. Il l’a condamné à rester à Ouadda-Maïkaga, dans une localité qui ne dispose d’aucune infrastructure médicale adaptée pour traiter ce genre de blessure par balle.
Cette décision relève du crime. Refuser des soins médicaux à une personne grièvement blessée équivaut à une tentative de meurtre. Le capitaine Brice Zinga sait pertinemment qu’une blessure par balle à la jambe non traitée rapidement peut entraîner des complications mortelles : infection, gangrène, septicémie. Il sait aussi que même si le jeune survit, l’absence de soins appropriés pourrait nécessiter une amputation. Mais cela ne le concerne pas. Ce qui compte pour lui, c’est étouffer l’affaire. Empêcher que le crime commis par son soldat ne soit connu à Bria ou à Bangui. Faire disparaître le problème en laissant le jeune agoniser tranquillement à Ouadda-Maïkaga, loin des regards.
La question qui se pose est simple : de quel droit un militaire peut-il autoriser ou interdire le transfert sanitaire d’un civil ? Depuis quand un chef de détachement militaire décide-t-il qui peut ou non recevoir des soins médicaux ? Le capitaine Brice est devenu un petit dictateur local qui s’arroge tous les pouvoirs, y compris celui de vie ou de mort sur les habitants.
Le capitaine Brice Zinga ne s’est pas arrêté là. Conscient que son crime et celui de son soldat pourraient être dénoncés sur les réseaux sociaux, il a mis en place une stratégie d’intimidation et de censure digne d’une dictature. Quelques minutes après que son soldat ait tiré sur Mahamat Khèr , le capitaine Brice Zinga et deux de ses hommes se sont rendus discrètement au marché central de Ouadda-Maïkaga, où il y’a un point wifi public. Ce point wifi se trouve au marché, dans une boutique d’un commerçant qui laisse sa connexion internet ouverte aux jeunes pour qu’ils puissent se connecter, regarder des vidéos, communiquer avec leurs familles, consulter les réseaux sociaux.
Le capitaine Brice Zinga et ses deux hommes se sont installés là, ont pris des chaises, et ont fait semblant de communiquer normalement sur leurs téléphones. Ils feignaient de regarder des vidéos, d’envoyer des messages à leurs proches, comme n’importe quel civil. Mais en réalité, ils surveillaient. Ils écoutaient. Ils épiaient tous les jeunes qui venaient se connecter. Leur mission était claire : identifier toute personne qui tenterait de publier l’information sur les réseaux sociaux ou de la transmettre par téléphone à Bangui. Et immédiatement l’arrêter.
Cette présence militaire au point wifi a eu l’effet escompté. Les jeunes ont rapidement compris le jeu du capitaine Brice Zinga. Ils ont vu ces militaires installés là, faussement détendus mais en réalité aux aguets. Ils ont compris qu’ils risquaient l’arrestation s’ils tentaient de dénoncer le crime. Alors ils sont partis tranquillement, sans rien publier. Le capitaine Brice peut maintenant se féliciter : sa stratégie a fonctionné. L’information n’est pas sortie sur les réseaux sociaux. Elle n’a pas été relayée par les médias. Le crime de son soldat et son propre refus criminel d’évacuation sanitaire restent dans l’ombre. La censure par l’intimidation a réussi.
Cette surveillance du wifi n’est pas nouvelle pour le capitaine Brice Zinga. Il utilise régulièrement cette tactique pour étouffer les informations sur ses exactions. À Ouadda-Maïkaga, il n’y a que quelques points d’accès à internet. La Minusca dispose d’un wifi, mais sa base se trouve à environ 5 kilomètres de la ville, ce qui est trop loin pour la plupart des habitants. Le seul point wifi facilement accessible se trouve donc au marché, dans les boutiques de commerçants qui ont installé des antennes.
Les jeunes viennent régulièrement à ces points pour se connecter. Cinq ou six jeunes à la fois se rassemblent là pour consulter les réseaux sociaux, regarder des matchs de football, communiquer avec leurs familles à Bria ou Bangui. Le capitaine Brice Zinga a compris que c’est par ces points wifi que les informations sur ses crimes peuvent sortir. Alors il a systématisé la surveillance. À chaque fois qu’il commet une exaction ou que ses hommes se rendent coupables d’abus, il envoie ses soldats surveiller le wifi. Ils s’installent discrètement, font semblant d’être des utilisateurs normaux, mais en réalité ils espionnent et intimident.
Cette stratégie vise à bloquer toute tentative de dénonciation à la source. Puisque le capitaine Brice Zinga ne peut pas couper physiquement la connexion internet comme il l’a déjà fait par le passé, il opte pour une surveillance rapprochée. Il transforme les points wifi publics en zones surveillées où personne n’ose plus rien publier.
Ce nouveau crime s’ajoute à une longue liste d’exactions commises par le capitaine Brice et ses hommes à Ouadda-Maïkaga. Nos lecteurs se souviennent que ce même capitaine Brice avait déjà ordonné la coupure du réseau internet à Ouadda après la publication par Corbeau News d’un article dénonçant les désertions massives de soldats FACA affamés dans cette garnison. Furieux de voir son nom associé à cette situation catastrophique, il avait puni toute la population en coupant internet et en exigeant qu’elle paie pour la réinstallation du réseau.
Le capitaine Brice a également instauré un système de racket. Il taxe la population d’Ouadda-Maïkaga à hauteur de 200 000 francs CFA par semaine, soit 800 000 francs par mois, prétendument pour “nourrir l’armée”. Mais cet argent ne parvient jamais aux soldats. Il l’empoche pour son enrichissement personnel pendant que ses hommes crèvent de faim. Sous son commandement, sept civils ont déjà été tués par les FACA à Ouadda-Maïkaga : Romaric, Paterne, Paquet Maurice, Yaya Adam, Lindi, Adam Bienvenu, et un maçon d’ethnie Nzakara. À ces sept morts s’ajoute maintenant Mahmat Nour, qui risque de mourir des suites de sa blessure non soignée.
Rappelons que les soldats FACA, il y’a quelques mois, ont également arrêté et torturé dix civils qu’ils accusaient de “sorcellerie” après qu’un de ses soldats en ait tué un autre lors d’une dispute alcoolisée. Une femme est morte sous la torture. Trois chefs traditionnels ont été battus et emprisonnés.
Ce qui permet aux soldats FACA de continuer leurs crimes en toute tranquillité, c’est l’impunité totale dont il jouit. À Bangui, le chef d’état-major général Zéphirin Mamadou reste muet face aux exactions de son subordonné. Le ministre de la Défense ne bronche pas. Le président Touadéra ne dit rien. Au niveau local, le sous-préfet, le maire et le député d’Ouadda-Maïkaga gardent un silence complice. Le capitaine Brice le sait. Il sait qu’il ne sera jamais sanctionné. Il sait qu’il peut tuer, torturer, voler, censurer sans que personne ne l’inquiète. Alors il continue. Il intensifie même ses exactions, convaincu de son impunité.
Cette situation démontre parfaitement la faillite de l’État centrafricain. Dans un pays normal, un officier qui refuse l’évacuation sanitaire d’un blessé grave serait immédiatement relevé de ses fonctions, traduit en cour martiale, et condamné. Dans un pays normal, un militaire qui surveille les points wifi publics pour censurer l’information serait sanctionné pour atteinte aux libertés fondamentales. Mais la Centrafrique n’est pas un pays normal. C’est un pays où les militaires font régner la terreur sur les populations qu’ils sont censés protéger. Un pays où des officiers criminels deviennent des petits dictateurs locaux. Un pays où l’uniforme FACA sert de licence pour tuer et voler en toute impunité.
Le cas du capitaine Brice démontre que les FACA comptent dans leurs rangs des criminels en uniforme. Des hommes qui utilisent leur position militaire non pour servir leur pays, mais pour terroriser, piller et assassiner. Le soldat qui a tiré sur Mahamat Khèr est un criminel. Il a utilisé son arme de service contre un civil sans raison apparente. Il mérite d’être jugé et condamné. Le capitaine Brice est un criminel. En refusant l’évacuation sanitaire, il s’est rendu complice de tentative de meurtre. En surveillant le wifi pour censurer l’information, il viole les libertés fondamentales. En rackettant la population, il se livre au banditisme. En empochant l’argent destiné à nourrir ses soldats, il détourne des fonds publics. Mais aucun des deux ne sera inquiété. Parce que dans le régime Touadéra, l’impunité des militaires est la règle.
Par Moïse Banafio….
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Touadéra, es-tu fier des massacres que les drones de tes amis Wagner commettent au Soudan ? Des centaines de civils tués avec des armes livrées depuis Birao
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-officiers-rebelles-du-FSR-soudanais-en-conclave-dans-la-ville-soudanaise-dAmdafock.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général soudanais Gazouli en train de prendre parole en face de ses collègues officiers rebelles soudanais du FSR réunis en conclave à Amdafock.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Touadéra, regarde ce que tu as fait. Des centaines de civils massacrés au Soudan. Des femmes. Des enfants. Des personnes âgées. Tués par des drones que Wagner a livrés aux rebelles FSR depuis Birao. Avec ton accord. Avec la complicité de ton ministre Hassan Bouba. Es-tu content maintenant ?
Depuis le déclenchement de la guerre au Soudan, tout le monde sait que tu es impliqué personnellement. Ton entourage. Les Mercenaires russes de Wagner. Les Rwandais. Tout ce beau monde soutient les rebelles des Forces de Soutien Rapide. Ils leur fournissent des armes. Des munitions. Des drones. Depuis ta base de Birao. Avec ton autorisation.
On ne sait pas pourquoi tu fais ça. Pourquoi tu t’impliques dans une guerre qui ne te concerne pas. Pourquoi tu livres des armes à des rebelles qui massacrent des civils au Soudan. Quel est ton intérêt ? L’argent ? L’or soudanais ? Une alliance stratégique avec Wagner ? Ou simplement la soumission totale aux ordres de Moscou ?
Mais aujourd’hui, ce n’est plus une simple guerre. C’est un génocide. Un nettoyage ethnique. Des massacres graves de civils à El-Fasher, Bara et El-Obeid. Des centaines de morts. Des femmes enceintes tuées. Des enfants bombardés. Des personnes âgées égorgées. Tout ça avec des armes que tu as permis de livrer.
Le 31 octobre 2025, l’ambassade du Soudan en France a publié un communiqué accablant. Elle dénonce les massacres commis par les FSR à El-Fasher. Elle parle de crimes terroristes, de massacres sanglants, de nettoyage ethnique à grande échelle. Et ces massacres sont commis avec des drones. Des drones qui viennent de Birao. De ta base. Avec ton accord.
Il y a quelques semaines, des rebelles soudanais des FSR sont arrivés à Birao. Ils sont venus dans la base de Wagner. Ils ont rencontré les mercenaires russes. Et ils sont repartis avec un arsenal complet. Des armes. Des munitions. Des drones de combat. Des équipements militaires sophistiqués.
Ces drones ont été transférés aux FSR. Les mercenaires russes ont formé les rebelles. Ils leur ont montré comment utiliser ces drones. Comment les piloter. Comment cibler. Comment bombarder. Et maintenant, ces drones massacrent des civils au Soudan.
À El-Fasher, les FSR ont utilisé ces drones pour bombarder des quartiers résidentiels. Des marchés. Des hôpitaux. Des écoles. Des centaines de civils tués. Des familles entières décimées. Des enfants arrachés à leurs mères. Des personnes âgées brûlées vives.
À Bara et El-Obeid, c’est la même horreur. Les FSR ciblent les civils. Ils les bombardent avec des drones. Ils les tuent par centaines. Et ensuite, ils filment leurs crimes. Ils les partagent sur les réseaux sociaux. Ils s’en vantent.
Touadéra, tu as vu ces vidéos ? Tu as vu les corps déchiquetés ? Tu as vu les enfants morts ? Tu as vu les femmes qui pleurent leurs maris, leurs fils, leurs frères ? Tu as vu les vieillards qui ont tout perdu ? Es-tu fier de ce que tu as fait ?
Parce que c’est toi qui as permis ça. C’est toi qui as autorisé Wagner à livrer ces drones aux FSR. C’est toi qui as envoyé ton ministre Hassan Bouba à Birao pour sceller le deal. C’est toi qui as cédé ta base de Birao à Wagner pour en faire une plaque tournante du trafic d’armes vers le Soudan.
Hassan Bouba, ton ministre de l’Élevage, est allé à Birao il y a quelques semaines. Officiellement pour des questions d’élevage. Mais personne n’est dupe. Il est allé rencontrer les chefs rebelles soudanais des FSR. En présence des mercenaires russes. Pour négocier. Pour sceller le deal. Pour autoriser le transfert de drones et d’armes.
Pourquoi Hassan Bouba ? Parce que c’est un mercenaire politique. Un ancien chef rebelle de l’UPC. Un Tchadien d’origine. Un agent de renseignement tchadien. Un homme qui sert plusieurs maîtres en même temps. Et maintenant, il sert d’intermédiaire entre toi, Wagner et les rebelles soudanais.
Tu pensais qu’on ne saurait pas ? Tu pensais pouvoir te cacher derrière Hassan Bouba ? Tu pensais que personne ne ferait le lien entre les drones livrés à Birao et les massacres au Soudan ? Tu te trompes. Tout le monde sait. Tout le monde voit. Et maintenant, tout le monde accuse.
Le gouvernement soudanais accuse. L’ambassade du Soudan en France accuse. Les organisations internationales commencent à comprendre. Et bientôt, la Cour Pénale Internationale va s’intéresser à ton rôle dans ces massacres.
Parce que tu n’es pas juste complice. Tu es coauteur. Tu as fourni les armes. Tu as autorisé le transfert. Tu as cédé ta base. Tu as envoyé ton ministre négocier. Tu es aussi responsable que les rebelles qui appuient sur la gâchette.
Depuis le début de la guerre au Soudan, tu soutiens les FSR. Pourquoi ? Personne ne comprend. Tu n’as pas d’intérêt stratégique évident. Alors pourquoi ?
Certains disent que c’est l’or. Que les FSR te promettent de l’or soudanais en échange des armes. D’autres disent que c’est Wagner qui te l’impose. Que tu n’as plus ton mot à dire. Que tu obéis simplement aux ordres de Moscou. Que tu as vendu ton pays et ta souveraineté aux Russes.
D’autres encore disent que tu te prépares. Que tu soutiens les FSR pour qu’ils te renvoient l’ascenseur un jour. Si jamais tu perds le pouvoir. Si jamais tu dois fuir Bangui. Tu auras un refuge au Soudan. Chez les rebelles que tu as soutenus. Chez les massacreurs que tu as armés.
Quelle que soit la raison, le résultat est le même. Des centaines de civils massacrés. Des femmes violées. Des enfants orphelins. Des familles détruites. Des villes rasées. Un génocide en cours. Et toi, tu es complice.
Au Soudan, le conflit n’est pas seulement politique. Il est racial et ethnique. Les Arabes soudanais, ou ceux qui se considèrent comme Arabes, méprisent les autres ethnies qu’ils appellent “les Noirs”. Pourtant, eux aussi ont la peau noire. Mais ils se disent Arabes. Ils se considèrent supérieurs. Et ils veulent éliminer “les Noirs”.
C’est ce qui s’est passé au Darfour il y a vingt ans. Un génocide. Des centaines de milliers de morts. Des villages entiers brûlés. Des populations entières déplacées. Et la communauté internationale n’a rien fait. Elle a regardé. Elle a condamné. Mais elle n’a rien fait.
Et maintenant, ça recommence. À El-Fasher. À Bara. À El-Obeid. Les mêmes massacres. Les mêmes méthodes. Les mêmes motivations. Et toi, Touadéra, tu fournis les armes.
Quand les FSR ont repris deux villes importantes au Soudan grâce aux drones que tu as livrés, leurs combattants basés à Markounda en Centrafrique ont célébré toute la nuit. Ils ont tiré en l’air. Ils ont dansé. Ils ont crié de joie. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux.
Pourquoi des combattants basés en Centrafrique célèbrent-ils la prise de villes soudanaises ? Parce que ces combattants sont eux-mêmes soudanais. Ils font partie des FSR. Ou ils en sont sympathisants. Et ils célèbrent la victoire de leurs frères. Une victoire obtenue grâce aux armes que tu as fournies.
Touadéra, es-tu content maintenant ? Es-tu fier de ce que tu as fait ? Quand tu te regardes dans le miroir le matin, que vois-tu ? Un président ? Un chef d’État ? Ou un complice de génocide ? Un homme qui a vendu son âme pour quelques lingots d’or ? Un homme qui a livré des armes à des massacreurs ?
Les aéroports que tu as cédés à Wagner. Les bases que tu as mises à leur disposition. Les facilités que tu leur accordes. Tout ça pour quoi ? Pour qu’ils puissent livrer des armes aux rebelles soudanais ? Pour qu’ils puissent massacrer des civils ? Pour qu’ils puissent commettre un génocide ?
Le sang des victimes soudanaises est sur tes mains. Les cris des femmes violées résonnent jusqu’à Bangui. Les pleurs des orphelins t’accusent. Et un jour, tu devras répondre de tes actes. Devant la justice internationale. Devant l’histoire. Devant Dieu.
Ndélé : Issaka Loïc, le “Chinois Ndoka” binational, ouvre des bureaux de campagne et promet du pétrole – mais son village natal n’a ni école ni poste de santé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/chinois-capture-et-libere-par-les-rebelles.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le chinois capturé par les rebelles dans une embuscade près de Koundé le 31 octobre 2024 et libéré le 01 novembre 2024. CopyrightCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dimanche dernier à Ndélé, les partisans d’Issaka Loïc ont ouvert un bureau de cellule politique au quartier Golomandjia. D’autres bureaux vont suivre dans les jours à venir dans différents quartiers de la ville. Issaka Loïc, surnommé “Chinois Ndoka” par les habitants du Bamingui-Bangoran, prépare sa candidature aux Élections législatives. Il veut être député de la nation. Mais il y a un problème. Plusieurs problèmes même.
Premier problème : Issaka Loïc est binational. Il est chinois, en même tant centrafricain. Mais la loi de 1961 brandi par le régime est claire : ce chinois n’est plus centrafricain. Soi il est chinois, soi il est centrafricain. Mais le fait de prendre la nationalité chinoise de sa mère, il perd automatiquement la nationalité centrafricaine. Mais comment, dans ce contexte, il peut se présenter aux Élections? Avec quelle nationalité ?
Deuxième problème : les promesses qu’il fait aux populations de Ndélé sont totalement déconnectées de la réalité. Lors de l’ouverture de son bureau dimanche, ses représentants ont informé les populations qu’Issaka Loïc va créer beaucoup d’écoles dans le Bamingui-Bangoran. Beaucoup d’écoles. Alors que le village natal de son papa n’a même pas une école. Ni un poste de santé. Ni même un petit bâtiment de deux mètres carrés en tôle.
Comment peut-on promettre de créer beaucoup d’écoles dans toute une préfecture quand on n’a même pas été capable de construire une seule école dans son propre village natal ? Comment peut-on se présenter comme le sauveur de l’éducation dans le Bamingui-Bangoran quand on laisse les enfants de son propre village dans l’ignorance totale ?
Troisième problème :Issaka Loïc promet d’exploiter le pétrole de Gaskaye, situé à 225 kilomètres de Ndélé. Avec la complicité de Touadéra, dit-il. Voilà une promesse intéressante. Exploiter le pétrole. Comme si c’était aussi simple. Comme si un député pouvait décider seul d’exploiter du pétrole. Comme si les populations du Bamingui-Bangoran allaient bénéficier de cette exploitation.
Nous connaissons la chanson. Nous avons vu ça partout en Centrafrique. Des promesses d’exploitation de ressources naturelles. Du pétrole. De l’or. Des diamants. Et au final, ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent. Les populations locales ne voient jamais la couleur de cet argent.
Dans le Bamingui-Bangoran, l’éducation avance très lentement. Malgré le courage des jeunes volontaires qui se trouvent dans les différentes villes et villages. Ces jeunes ne sont pas bien formés. Ils n’ont pas les qualifications nécessaires. Mais ils font ce qu’ils peuvent avec les moyens du bord.
Au total, dans le Bamingui-Bangoran, il y a 198 maîtres parents. Des enseignants communautaires qui ne sont pas payés par l’État. Ce sont les parents d’élèves qui les paient chaque fin de mois. 198 maîtres parents qui font tourner le système éducatif d’une préfecture entière. Parce que l’État a abandonné le Bamingui-Bangoran.
Et maintenant, Issaka Loïc arrive avec ses belles promesses. Il va créer beaucoup d’écoles. Il va exploiter le pétrole. Il va développer la région. Tout ça pour obtenir les voix des électeurs. Tout ça pour devenir député. Et après ? Après, comme tous les autres, il va s’installer confortablement à Bangui et oublier Ndélé.
Issaka Loïc veut être député de la nation. Comment va-t-il faire ? Va-t-il renoncer à sa deuxième nationalité ? Va-t-il présenter de faux documents ? Va-t-il compter sur la complicité du régime Touadéra pour contourner la loi ?
Parce que c’est ça, la réalité. Le régime Touadéra ferme les yeux sur les binationaux qui le soutiennent. Et beaucoup d’autres dans le gouvernement et à l’Assemblée. La loi s’applique seulement aux opposants comme Dologuélé. Mais pour les partisans du régime, tout est permis.
4 orpailleurs tués dans un éboulement d’un site minier à Sikikédé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/sur-le-chantier-minier-de-sikikede-dans-la-prefecture-de-la-vakaga-a-l-extreme-nord-est-de-la-republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Sur le chantier minier de Sikikédé, dans la préfecture de la Vakaga, à l’extrême nord-est de la République centrafricaine
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Quatre jeunes artisans miniers ont trouvé la mort jeudi dernier dans un éboulement de terre survenu sur un chantier aurifère à Sikikédé, dans la préfecture de la Vakaga. Cette tragédie rappelle les conditions périlleuses dans lesquelles opèrent les orpailleurs artisanaux dans cette région reculée du nord-est de la Centrafrique.
L’accident s’est produit alors que les victimes étaient en pleine activité d’extraction aurifère. Selon les informations recueillies sur place, l’éboulement de terre a enseveli les quatre jeunes travailleurs, ne leur laissant aucune chance de survie.
La nouvelle a plongé l’ensemble du chantier dans une profonde tristesse. Dans un geste empreint de solidarité et de douleur, les camarades des victimes ont procédé à leur inhumation dans la foulée, témoignant de l’urgence et de l’émotion qui ont marqué cette journée tragique.
La Vakaga n’en est malheureusement pas à son premier accident mortel de ce type. La préfecture a déjà enregistré plusieurs éboulements meurtriers par le passé, notamment à Sikikédé même, à Tiringoulou et dans d’autres localités aurifères de la région.
Ces incidents récurrents pousse les centrafricains à s’interroger sur les conditions de sécurité dans lesquelles travaillent les artisans miniers. L’absence de normes de sécurité, le manque d’encadrement technique et l’utilisation de méthodes d’extraction rudimentaires exposent quotidiennement des centaines de travailleurs à des risques mortels.
Il y’a lieu de rappeler que dans la Vakaga comme dans d’autres régions aurifères de la Centrafrique, l’orpaillage artisanal attire de nombreux jeunes en quête de revenus. Toutefois, cette activité se déroule souvent dans des conditions extrêmement difficile, sans équipements de protection ni respect des normes minimales de sécurité.
Les excavations profondes réalisées sans étayage adéquat, l’absence de systèmes d’alerte et le manque de formation aux risques géologiques constituent autant de facteurs aggravants qui transforment régulièrement ces chantiers en pièges mortels.
Ce nouveau drame souligne l’urgence d’une meilleure régulation du secteur minier artisanal en Centrafrique. Les autorités sont appelées à renforcer les mesures d’encadrement et de sécurisation des sites d’orpaillage, afin d’éviter que de nouvelles familles ne soient endeuillées par des accidents qui pourraient être évités.
Pour l’heure, quatre familles pleurent leurs proches, victimes d’une quête de l’or qui se montre trop souvent mortelle dans les contrées reculées de la Vakaga.
Appel à l’unité lancé par l’équipe d’Anicet-Georges Dologuélé après la validation de sa candidature à la présidentielle du décembre prochain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’équipe d’Anicet-Georges Dologuélé a lancé un appel à l’unité après la validation de sa candidature pour l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Depuis septembre, le candidat faisait face à une procédure judiciaire qui avait invalidé sa nationalité centrafricaine, malgré sa renonciation à la nationalité française pour se conformer aux exigences de la nouvelle constitution instaurée par le chef de l’État Baba Kongoboro. Malgré cette décision, le Conseil constitutionnel a surpris en approuvant sa candidature. Cette annonce a conduit son entourage à inviter la société civile, l’opposition et la diaspora à se rassembler autour de cette campagne présentée comme déterminante pour la suite du processus politique.
Lire ci-dessous l’intégralité de la lettre :
APPEL A L’UNITE POUR LA RENAISSANCE DE LA Centrafrique
Camarades Centrafricains,
Peuple centrafricain, aujourd’hui, nous nous trouvons à un tournant décisif de notre histoire. Après le long, rude et juste combat mené par Anicet-Georges DOLOGUÉLÉ pour faire triompher sa ‘’centrafricanité’’, sa candidature, qui représente bien plus qu’une simple option pour un vote vient, enfin, d’être validée pour les Élections présidentielles du 28 décembre 2025. C’est l’écho des aspirations profondes de notre peuple, un appel à la résistance et à l’espoir après des années d’injustices, de souffrances et de désespoir.
Aujourd’hui, un nouvel horizon s’ouvre pour notre pays. Il est temps de nous lever, tous ensemble ! Je, viens par ce message, lancer un vibrant appel à la société civile, à l’opposition démocratique, au BRDC dont nous partageons les mêmes convictions, à tous ceux qui se sont senti trahis par le régime en place (MCU compris), à la jeunesse pleine d’énergie et d’espoir d’un avenir meilleur, à notre diaspora qui, jour après jour, porte en elle l’espérance d’une Centrafrique renouvelée et, à tous les citoyens sincèrement épris de justice, de liberté, de démocratie et de développement.
Rejoignons-nous tous pour ce combat final, celui de la conquête du pouvoir, un pouvoir qui sera synonyme de justice, de liberté et de démocratie. Nous avons suffisamment souffert sous le règne mafieux de Faustin Archange TOUADERA et de son parti, le MCU, dont le bilan en dix ans n’est qu’un catalogue d’échecs, de désolation, de paupérisation et de souffrances infligées à notre peuple. Pendant que, Faustin Archange TOUADERA et son entourage se sont livrés à un enrichissement ostentatoire et indécent dans l’arrogance et le mépris total du peuple.
Cela doit cesser !
Ce combat, ce n’est pas seulement celui d’un homme, c’est celui de tout un peuple. Notre victoire ne sera pas seulement celle d’Anicet Georges Dologuélé mais celle de tout un pays, celle de la restauration de nos droits, de nos valeurs, de notre dignité, celle du retour de la démocratie, de la renaissance de la République.
Ensemble, faisons entendre notre voix.
Ensemble, redonnons à la Centrafrique sa grandeur perdue.
Centrafrique : une délégation de voyous et de soûlards du MCU est arrivée a Birao pour la précampagne électorale, mais une surprise attend les habitants
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Convoqués pour un financement agricole, les habitants de Birao ont assisté fâcheusement à un meeting de campagne pour le troisième mandat de Baba Kongoboro.
La Centrafrique vit depuis bientôt sept ans sous le règne du mensonge institutionnalisé. Depuis que les hommes de Wagner ont débarqué en 2018, le pouvoir en place a progressivement abandonné toute prétention à la sincérité. Dix années de gouvernance ont transformé le régime en machine à tromper, capable de dire n’importe quoi pour tenter de sauver une popularité en chute libre. Les Centrafricains ne reconnaissent plus leur pays dans cette succession de fausses promesses et de manipulations grossières qui insultent leur intelligence.
Dans ce contexte de désillusion générale, la pré-campagne électorale a débuté sur les mêmes bases : le mensonge. Ainsi, le vendredi 14 novembre 2025, une délégation du MCU, parti présidentiel, a quitté la capitale pour Birao, chef-lieu de la Vakaga. Les habitants de cette région isolée allaient faire les frais d’une nouvelle tromperie.
Quelques heures avant l’arrivée de la délégation à Birao, les chefs de quartiers avaient appelé la population pour assister à une présentation d’un financement agricole de l’ACDA, censé provenir directement de la présidence. Dans cette région isolée où l’agriculture constitue la principale activité économique, l’annonce a provoqué un déplacement massif. Les villageois sont venus en nombre, espérant obtenir des informations sur les modalités d’attribution de cette aide promise et sur le partage éventuel des fonds.
Mais une fois que les habitants sont arrivés sur le lieu indiqué, aucun projet agricole n’a été présenté. Aucun financement n’a été annoncé. La réunion s’est transformée en meeting Politique entièrement consacré à la promotion du président Faustin Archange Touadéra alias Baba Kongoboro et à la préparation de sa candidature pour un troisième mandat controversé.
La composition de la délégation expliquait d’emblée la nature réelle du déplacement. Elle était menée par Albert Toumou Deya, ministre délégué au désarmement et ex-chef rebelle du MLCJ, intégré au gouvernement après les accords de paix. À ses côtés figurait Héritier Doneng, ministre de la Jeunesse et des Sports, chef de la milice Requin, une milice armée au service du régime connue pour ses méthodes particulièrement violentes.
Le groupe comprenait également Euloge Doctrouvé, surnommé “l’insulteur public” pour ses attaques quotidiennes contre les centrafricains sur les réseaux sociaux, ainsi que Blaise Didatien Kossimatchi, connu sous le surnom de “Le Soûlard”. Ce dernier s’est rendu célèbre par ses menaces répétées, notamment celle de “broyer les tibias des jeunes de l’opposition”. Ces profils sont largement documentés sur internet et dans l’espace public centrafricain.
Sur place, les discours n’ont porté que sur la nécessité de soutenir le président sortant et de mobiliser pour les échéances électorales. La délégation a procédé à la validation d’associations et de comités de soutien à la candidature de Touadéra, comme l’attestent les publications diffusées ensuite sur les réseaux sociaux par les militants du MCU. “Birao, chef-lieu de la Vakaga, a vibré ce jour au rythme de la validation des Associations et Comités de soutien à la candidature du Professeur Faustin Archange Touadéra”, pouvait-on lire sur leurs pages.
Les habitants, interrogés par la rédaction du CNC, expriment leur colère face à cette manipulation. “On nous a fait croire qu’on venait pour l’agriculture et l’argent du président. Mais c’était juste pour nous forcer à écouter leur tas de mensonge ”, témoigne l’un d’eux.
En effet, après dix ans de pouvoir, le régime peine à mobiliser sans recourir à ces stratagèmes. La popularité du président a chuté et les populations ne répondent plus aux convocations politiques classiques du régime. Les gens n’aiment pratiquement plus le président Baba Kongoboro.
Pour tenter de créer une apparence de soutien populaire, le pouvoir multiplie les mensonges. À Birao, la méthode a fonctionné : les villageois sont venus massivement, attirés par la promesse d’un financement. Mais une fois sur place, piégés, ils ont dû subir un meeting électoral qu’ils n’étaient pas venus entendre.
L’envoi de cette délégation composée d’anciens chefs de guerre reconvertis en ministres, de responsables de milices armées et de militants connus pour leur agressivité démontre la nature de cette pré-campagne. Dans une région déjà marginalisée économiquement, l’utilisation d’une fausse promesse agricole pour organiser un rassemblement politique constitue une forme supplémentaire de mépris envers les populations.
Le régime a hérité des méthodes de Wagner : mensonge sur mensonge, tromperie sur tromperie. Les autorités ne savent même plus dire la vérité, même une seule fois. Cette machine du mensonge tourne à plein régime, épuisant une population qui ne croit plus aux promesses officielles.