Insécurité à Bangui : Maxime Balalou minimise les braquages et accuse la presse
Le porte-parole gouvernemental refuse de reconnaître la gravité de la situation sécuritaire dans la capitale Bangui.
Rédigé le 26 août 2025.
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Nouvelle performance décevante pour Maxime Balalou lors de la conférence de presse gouvernementale du lundi 18 août dernier. Interrogé sur la montée de l’insécurité à Bangui, le ministre de la Communication a livré une réponse confuse qui banalise les agressions subies par les habitants de la capitale tout en détournant l’attention vers des comparaisons inappropriées.
Le journaliste de RJDH, avait pourtant posé une question précise et documentée : “Ces derniers temps, les habitants de Bangui se plaignent pour l’insécurité qui monte en puissance, précisément dans le quatrième arrondissement, où les femmes sont souvent dépouillées lorsqu’elles finissent leur travail tardivement. Et aussi, la récente au niveau du SICA 2, la population pointe du doigt aussi les FACA qui sont récemment formés, qui sont impliqués dans les braquages. Comment est-ce que le gouvernement réagit ?”
La réaction de Balalou a immédiatement pris un tour accusateur envers le journaliste. “Faites très attention lorsque vous indexez des gens. Quand vous n’avez pas les éléments de preuve, il faut faire attention. Vous passez des rumeurs pour dire que c’est telle unité, telle unité”.
Cette attaque frontale contre la presse expose une stratégie bien connue : plutôt que de répondre aux préoccupations sécuritaires légitimes, le porte-parole préfère museler les journalistes qui relaient les inquiétudes des citoyens.
Sa suite de propos confirme cette approche défensive : “Si on a attrapé quelqu’un, c’est que cette personne ressortait du temps, on peut en parler. Mais si on n’a pas vu quelqu’un et que vous faites des spéculations, c’est dangereux. Il ne faut pas salir l’unité”.
Cette logique tordue exige des journalistes qu’ils attendent les arrestations avant d’évoquer les problèmes de sécurité. Une approche qui viderait de tout sens le travail d’information et d’alerte que doivent assurer les médias dans un pays normal.
Après cette réprimande inappropriée, Balalou tente une reconnaissance timide des faits. “Moi je pense qu’on condamne fermement ces actes-là et qu’il y a un travail qui se fait en ce moment, un travail qui se fait un peu partout dans certains coins et reculés. Vous avez des petits malfrats qui trouvent le malin plaisir de déposséder parfois des honnêtes citoyens de leurs biens et c’est une préoccupation”.
Cette formulation édulcorée transforme les agressions violentes en simple “malin plaisir” de “petits malfrats”. Une banalisation choquante qui témoigne d’une déconnexion totale avec la réalité vécue par les Banguissois.
Le ministre enchaîne alors avec une comparaison aussi déplacée qu’absurde. “Mais vous pensez que le braquage-là c’est le fait de l’armée? Mais un peu partout dans le monde vous avez ces phénomènes-là. Même dans les plus grands pays organisés, les gens braquent même. En plein jour”.
Cette référence incongrue et cette relativisation internationale révèlent un ministre complètement à côté de la plaque. Comparer la situation sécuritaire de Bangui à celle des “plus grands pays organisés” relève soit de l’ignorance, soit de la manipulation pure et simple.
L’accusation suivante atteint des sommets de désinvolture : “Vous faites ça comme si vraiment c’est un problème grave”. Pour Balalou, l’insécurité qui terrorise les femmes dans le quatrième arrondissement rentrant du travail ne constitue donc pas un “problème grave”. Cette déclaration à elle seule disqualifie son approche de la sécurité publique.
Sa tentative de rattrapage sonne faux : “C’est un phénomène d’insécurité qui doit être combattu fermement et je salue le travail que fait la police et les unités. Et je pense qu’on va continuer à travailler pour ramener la quiétude”.
Ces formules convenues contrastent avec sa banalisation précédente et démontre l’incohérence de son discours. Comment “combattre fermement” un phénomène qu’on refuse de considérer comme grave ?
La suite de sa réponse enfonce le clou : “Là où il y a quelques cas de braquage, ce n’est pas un truc généralisé ou en attendant peut-être de la grossesse. Ce sont des cas isolés de quelques malveillants mais qui seront réduits très rapidement”.
Cette phrase incompréhensible, notamment la référence mystérieuse à “la grossesse”, témoigne encore une fois de l’improvisation permanente du porte-parole. Sa qualification de “cas isolés” contredit les témoignages quotidiens des habitants et les rapports des forces de l’ordre.
Son optimisme affiché paraît totalement déconnecté de la réalité : “Ces cas-là seront réduits. Donc je ne vois pas de préoccupation à ce niveau-là. Au contraire, la sécurité assurera Bangui”.
Cette assurance péremptoire, sans aucun élément factuel à l’appui, relève de la méthode Coué appliquée aux politiques publiques.
La conclusion de Balalou atteint des hauteurs de cynisme : “Vous savez bien, vous circulez toute la nuit jusqu’au petit matin. Les mamans très tôt le matin vont aller faire leurs achats et autres. Bangui est bien sécurisé”.
Cette description idyllique d’une capitale où tout le monde circule sereinement “toute la nuit” contredit frontalement la question initiale du journaliste qui évoquait les femmes “souvent dépouillées lorsqu’elles finissent leur travail tardivement”.
Cette performance désastreuse démontre un gouvernement en complet décalage avec les inquiétudes de ses administrés. Plutôt que de prendre au sérieux l’insécurité grandissante, Balalou préfère attaquer les messagers, banaliser les agressions et mentir sur la réalité sécuritaire.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)