Justice à vendre : quand la corruption gangrène le commissariat de police de Paoua avec le commissaire adjoint comme le chef d’orchestre
Tout commence par un problème familial qui aurait pu se régler autrement. Dans la ville de Paoua, chef-lieu de la préfecture de Lim-Pendé, un père de famille perd patience. Sa fille a disparu depuis plusieurs heures, et il soupçonne où elle se trouve.
Le 8 août dernier, cet homme découvre que sa fille se cache chez le cousin de son petit ami. Pris de colère et d’inquiétude, il se rend sur place. Au lieu de frapper à la porte, il préfère la défoncer à coups de machette et des outils en fer.
Les voisins accourent pour alerter le jeune propriétaire. Ce dernier, alerté par la foule des badauds, arrive pour découvrir sa porte totalement brisée.
“Pourquoi cassez-vous ma porte ?”, demande le jeune propriétaire, surpris. La réponse de l’agresseur ne tarde pas : une machette qui blesse grièvement le propriétaire innocent.
Cette agression aurait dû conduire à une arrestation logique. Or, c’est là que commence le véritable problème. Le 9 août, la victime se rend à l’hôpital pour établir son certificat médical. Le lendemain, elle dépose plainte au commissariat de police de Paoua.
L’adjoint commissaire, monsieur Herbert Amangbe convoque immédiatement l’agresseur le 14 août. Tout semble suivre la procédure normale jusqu’à ce que l’impensable arrive : l’homme repart libre, et le dossier disparaît dans la nature.
Les proches de la victime ne comprennent pas. Ils se rendent au parquet près du tribunal de grande instance de Paoua, où le procureur leur confirme leurs doutes : “Il faut arrêter cet homme ! C’est une double infraction : agression et destruction de biens. Il doit comparaître devant le tribunal”.
Pourtant, Herbert Amangbe avait déjà libéré l’agresseur le 14 août, affirmant avoir transmis le dossier au parquet. Un mensonge que découvrent rapidement les proches de la victime lors de leur passage au tribunal.
“Nous n’avons reçu aucun dossier”, leur confirme-t-on au parquet. De retour au commissariat, les questions gênantes pleuvent sur l’adjoint commissaire. Comment un dossier peut-il disparaître ? Pourquoi un agresseur violent échappe-t-il aux poursuites ?
Confronté à ces questions embarrassantes, le commissaire adjoint Herbert Amangbe réagit de manière inattendue. Plutôt que d’expliquer ses actes, il menace de mort les proches de la victime. Un comportement qui montre clairement l’état de certaines institutions en République centrafricaine.
Ces menaces montrent l’ampleur du problème. Quand un représentant de l’ordre comme l’adjoint commissaire Amangbe menace des citoyens qui demandent justice, c’est tout le système judiciaire qui tremble.
Pendant ce temps, les rumeurs se répandent dans la ville de Paoua. Le père de la jeune fille aurait versé une somme importante à Herbert Amangbe pour acheter son silence et sa liberté. Une information difficile à vérifier, mais qui correspond parfaitement à l’enchaînement des événements et au comportement suspect de l’adjoint commissaire.
Cette affaire montre la réalité de nombreux citoyens centrafricains : une justice à deux vitesses, où l’argent décide des verdicts et où les plus faibles n’ont d’autre choix que le silence face à des responsables comme Amangbe.
Cette histoire dépasse le simple cas d’Herbert Amangbe à Paoua. Elle montre les problèmes profonds qui minent l’appareil judiciaire centrafricain. Corruption, menaces, dysfonctionnements : tous les éléments sont réunis pour détruire la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Comment faire confiance à un État de droit quand ses représentants comme l’adjoint commissaire Amangbe violent ouvertement la loi ? Comment espérer la paix sociale quand la justice se vend au plus offrant ?
L’affaire impliquant Herbert Amangbe à Paoua n’est sans doute qu’un exemple parmi d’autres. Combien de victimes subissent-elles le même sort dans l’indifférence ? Combien de dossiers finissent-ils oubliés contre quelques billets dans les poches d’agents comme Amangbe ?
La République centrafricaine ne retrouvera la stabilité qu’en nettoyant ses institutions et en sanctionnant les comportements comme ceux d’Herbert Amangbe. Mais cela demande du courage politique et une vraie volonté de changement. En attendant, à Paoua comme ailleurs, la justice reste à vendre, et des hommes comme l’adjoint commissaire Amangbe continuent d’agir sans conséquences.
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)