Ouanda-Djallé : le bilan de la tension entre la population et les soldats FACA grimpe à 3 morts
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-foule-presente-devant-la-base-des-soldats-faca-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-foule-presente-devant-la-base-des-soldats-faca-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp” alt=”Ouanda-Djallé : le bilan de la tension entre la population et les soldats FACA grimpe à 3 morts” width=”400″ height=”373″ />La foule présente devant la base des soldats FACA à Ouanda-Djallé. Photo CNC
Une journée de marché ordinaire a tourné au carnage ce vendredi 27 février 2026 à Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, laissant trois morts et neuf blessés sur le carreau.
Tout a démarré dans la matinée au marché central de la ville, là où des dizaines de commerçants et d’acheteurs se croisent chaque jour. Deux soldats des Forces Armées Centrafricaines s’y sont présentés et se sont dirigés droit vers l’étalage d’un jeune vendeur d’eau. Ils ont exigé d’être servis gratuitement, mais le jeune homme leur a répondu, simplement et sans détour, que l’eau conditionnée dans des sachets plastiques était une marchandise comme une autre, et qu’elle se payait. Cette réponse, pourtant de bon sens, a mis les deux militaires dans un état de rage incontrôlable.
Ce qui a suivi a embrasé toute la ville. Les soldats ont commencé à porter des coups sur les jeunes présents autour de l’étalage. En un rien de temps, les habitants aux alentours ont vu la scène, et la nouvelle a couru de bouche en bouche à travers tout le marché. Des hommes, des femmes, des jeunes des quartiers voisins ont commencé à converger vers le lieu, portés par une colère longtemps contenue à l’égard des militaires.
La foule, de plus en plus dense, a décidé de marcher jusqu’au campement des FACA. Ces derniers ne séjournent pas dans une caserne classique, mais ont investi les locaux de l’OFCA, la coopérative des femmes, un bâtiment installé en plein centre-ville, à quelques mètres à peine de la mairie de Ouanda-Djallé. La population réclamait depuis un moment leur départ de cet endroit et leur retour à l’ancienne base militaire, celle qui se trouve à l’entrée de la ville. Les soldats avaient quitté ce poste en invoquant la crainte d’une attaque de groupes armés, mais leur installation au cœur des quartiers résidentiels n’avait fait qu’alimenter les frictions avec les civils.
C’est devant ce bâtiment que les Casques bleus et les autorités locales ont tenté d’établir un dialogue entre les deux camps. Les négociations étaient en cours, la tension semblait contenue, quand soudainement des soldats FACA ont jailli de plusieurs angles, armés, et ont ouvert le feu sans avertissement sur la foule massée devant eux. Les gens ont tenté de fuir dans tous les sens, certains se sont jetés à terre, d’autres ont couru se mettre à l’abri dans les ruelles adjacentes. Mais les balles ont fait leur œuvre.
Au total, douze personnes ont été touchées par des projectiles. Un homme a perdu la vie sur place, avant même que les secours puissent intervenir. Onze autres ont été transportés en urgence vers l’hôpital de la ville, mais deux d’entre eux n’ont pas résisté à leurs blessures, portant le nombre de morts à trois pour cette seule journée. Les neuf survivants hospitalisés se trouvent dans un état qui n’a pas encore été communiqué officiellement.
La population de Ouanda-Djallé nourrit désormais une défiance ouverte à l’égard de ces militaires. Dans les rues, les habitants ne mâchent pas leurs mots et désignent ces soldats non pas comme des protecteurs, mais comme des rebelles, ou alors des bandits du grand chemin qui terrorisent les quartiers. Beaucoup réclament leur départ immédiat des locaux de l’OFCA, pendant que les autorités locales tentent de maintenir un semblant de dialogue dans une ville qui retient son souffle.
Un soldat FACA sème la panique à Kouango en faisant des tirs en l’air, une femme hospitalisée sous oxygène
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-victime-a-l-hopital-de-kouango.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/la-victime-a-l-hopital-de-kouango.webp” alt=”La victime à l’hôpital de Kouango” width=”400″ height=”175″ />La victime à l’hôpital de Kouango
La ville de Kouango, dans la préfecture de la Ouaka, a vécu des instants de panique mercredi dernier en fin d’après-midi, quand un militaire des Forces armées centrafricaines a ouvert le feu dans un quartier habité de la ville.
C’était aux alentours de dix-sept heures, les habitants du quartier concerné ont soudainement pris la fuite dans tous les sens. La scène s’est déclenchée brusquement, semant aussitôt la confusion parmi les riverains qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes.
C’est dans ce mouvement de foule qu’une dame, sortie de sa concession pour comprendre ce qui se passait, a aperçu le militaire en train d’armer son fusil avant de lancer une sommation. Ce spectacle inattendu lui a provoqué une crise de tension artérielle, et elle s’est effondrée au sol sur place suite à la détonation assourdissante d’arme de guerre du soldat.
Prise en charge rapidement, elle a été conduite à l’hôpital où elle se trouve actuellement sous oxygène. Depuis son lit, elle a accepté de raconter les faits à l’une de nos équipes, décrivant avec ses propres mots la frayeur qui l’a terrassée ce jour-là.
Les populations de Kouango, qui faisaient face depuis plusieurs années à des tensions militaires dans la localité, continuent de subir ce type de comportements de la part de certains éléments des forces armées centrafricaines qui sèment la peur au sein des quartiers résidentiels.
Grève au Lycée Moderne de Boali : les élèves descendent dans la rue après la mort de l’un des leurs Jeudi 26 février 2026 dans la matinée, la ville de Boali a connu une journée d’agitation scolaire qui a tenu en haleine toute la localité.
C’est la mort d’un élève du Lycée Moderne de Boali, survenue le jour même, qui a mis le feu aux poudres. Les élèves, qui font face depuis plusieurs semaines par la disparition répétée de leurs camarades ces derniers temps, ont décidé de sortir de leurs salles de classe pour crier leur ras-le-bol. Des pierres ont été jetées contre les bureaux de l’administration du lycée et ceux de l’Académie de l’Ombella-M’Poko, donnant à cette journée une tournure que personne ne souhaitait.
Dans la rue, les voix se mêlaient pour réclamer des réponses. En sango, les manifestants scandaient leurs demandes aux autorités, ciblant particulièrement Stéphane Cérémalet, le premier responsable de l’éducation dans la préfecture. La gendarmerie a dû intervenir avec des tirs de sommation pour dissiper la foule qui cherchait à s’en prendre à lui.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-eleves-du-lycee-moderne-de-boali-en-greve-pour-reclamer-des-explications-sur-la-mort-mysterieuse-de-leurs-collegues-en-plusieurs-jours.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-eleves-du-lycee-moderne-de-boali-en-greve-pour-reclamer-des-explications-sur-la-mort-mysterieuse-de-leurs-collegues-en-plusieurs-jours.webp” alt=”Les élèves du lycée moderne de Boali en grève pour réclamer des explications sur la mort mystérieuse de leurs collègues en plusieurs jours” width=”400″ height=”322″ />Les élèves du lycée moderne de Boali en grève pour réclamer des explications sur la mort mystérieuse de leurs collègues en plusieurs jours
Sous couvert de l’anonymat, un élève du lycée moderne a livré le fond de sa pensée. Il a confié que depuis un certain temps, des condisciples meurent les uns après les autres sans que personne ne sache d’où vient le mal. Selon lui, le nombre de cas ne cesse de grimper, et l’hôpital lui-même n’a toujours pas fourni d’explication sur l’origine de ces drames. Ce flou total est ce qui a poussé les élèves à agir.
Les autorités locales ont fait le déplacement pour tenter de maîtriser la situation. Le secrétaire général de la sous-préfecture de Boali a reconnu que le gouverneur et la sous-préfète avaient déjà eu à traiter cette question par le passé, mais que la mort d’un nouvel élève ce jour-là avait ravivé la colère. Il a dit chercher les voies pour contenir ce qui était en train de se produire.
De passage dans la ville, BertinBéa, ancien député de Boali, devenu un clochard dans les rues de Paris en France avant de retourner au pays sous la pression de ses proches, a pris la parole ce jour pour appeler les jeunes manifestants à retrouver leur calme. Il a reconnu qu’il y avait des raisons valables derrière cette réaction, tout en demandant que le calme soit d’abord rétabli avant d’engager un dialogue sérieux avec les élèves. Il a également exhorté les autorités de Bangui à se rendre sur place pour comprendre ce qui se passe réellement à Boali.
À l’heure où ces lignes sont écrites, le bilan local fait état d’environ sept élèves du Lycée Moderne de Boali disparus en l’espace de deux mois seulement, sans que les causes de ces décès soient encore élucidées.
vague de crimes et assassinats, les porteurs de tenue deviennent braqueurs dans l’anarchie sociale, selon Fari Tahéruka Shabazz
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/faca-voleur-cathedrale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/faca-voleur-cathedrale.jpg” alt=”vague de crimes et assassinats, les porteurs de tenue deviennent braqueurs dans l’anarchie sociale, selon Fari Tahéruka Shabazz” width=”296″ height=”300″ />un soldat faca voleur de moto à la cathédrale Notre Dame de Bangui
Les forces de sécurité centrafricaines, censées protéger la population, se muent aujourd’hui en prédateurs qui terrorisent les travailleurs les plus vulnérables de la capitale.
Le politologue Fari Tahéruka Shabazz pointe du doigt les porteurs de tenue eux-mêmes, soldats FACA, gendarmes et policiers, devenus auteurs des crimes qui ensanglantent Bangui. Privés de soldes, de primes PJA, de ravitaillement et de conditions de vie décentes, ces agents de l’État basculent dans le braquage pour nourrir leurs propres familles. Cette mutation découle directement de la gestion catastrophique du régime Touadéra, qui a gonflé les effectifs des FACA à plus de 30 000 hommes au lieu des 10 000 recommandés.
Le pouvoir n’a jamais eu les moyens de payer, équiper ni nourrir correctement ces militaires surnuméraires, ce qui les contraint inexorablement à la criminalité pour subsister. L’analyste précise que cette situation ne découle pas d’actes dispersés mais de réseaux organisés avec leurs chefs, sous-chefs et hommes de main. Les vrais responsables ne sont pas forcément ceux qui opèrent sur le terrain, ils siègent parfois dans les bureaux de commandement.
Cette architecture criminelle traduit une décomposition avancée de l’appareil sécuritaire, où la hiérarchie militaire et policière couvre ou participe directement à l’économie du crime. Fari Tahéruka Shabazz constate que cette anarchie sociale que Touadéra ne peut plus masquer marque l’effondrement complet de l’autorité étatique sur son propre appareil répressif. Les agents censés maintenir l’ordre basculent de la protection vers la prédation des citoyens qu’ils sont censés défendre.
Les conducteurs de moto-taxi paient de leur vie les conséquences de cette débâcle dans la gestion des forces armées et de sécurité. Les attaques surviennent presque quotidiennement, avec des travailleurs agressés, dépouillés, blessés ou assassinés pendant qu’ils exercent honnêtement leur activité. Cette insécurité fragilise la paix sociale et expose Bangui à des tensions incontrôlées qui menacent d’exploser à tout moment.
Les familles des victimes enterrent leurs morts pendant que les braqueurs en uniforme continuent d’opérer en toute impunité, parfois même protégés par leur hiérarchie. Le régime se retrouve incapable de contrôler ses propres agents, plongeant le pays dans une spirale de violence où ceux qui devraient garantir la sécurité en deviennent la principale menace. Louis-Marie Congrebaud, secrétaire général de l’Organisation démocratique des syndicats des travailleurs de Centrafrique, a publié un communiqué exprimant sa vive indignation devant cette recrudescence des crimes visant les taxis-motos, ces acteurs incontournables du transport urbain.
Le syndicat exige le démantèlement sans complaisance des réseaux criminels et avertit que le silence ou les demi-mesures ne sauraient être tolérés plus longtemps
Absence de cimetières, de musées et de repères symboliques : une nation sans mémoire collective, selon Jean-Pierre Mara
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ancien-depute-jean-pierre-mara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ancien-depute-jean-pierre-mara.jpg” alt=”Absence de cimetières, de musées et de repères symboliques : une nation sans mémoire collective, selon Jean-Pierre Mara” width=”300″ height=”273″ />L’ancien député de Mala, monsieur Jean-Pierre Mara
Jean-Pierre Marat pointe un autre problème rarement évoqué : le pays ne dispose ni de cimetières nationaux, ni de lieux de mémoire, ni de véritables musées.
Il rappelle que les personnalités marquantes de la culture ou de la politique n’ont pas de lieu de repos identifié. Aucun espace symbolique n’a été conçu pour les dignitaires, les artistes ou les figures historiques. Le cas récent de l’artiste Malé Popo confirme cette lacune : personne ne sait quel lieu accueillera sa dépouille.
Le musée Boganda lui-même ne répond pas aux critères d’un musée national. Il s’agit avant tout de l’ancienne résidence de Boganda, avec quelques objets personnels. Il ne présente pas l’histoire des formes artistiques du pays, ne valorise pas les travaux des artisans, ne documente pas les créations populaires, et n’expose pas l’évolution culturelle des différentes régions.
Sans lieux de mémoire, il devient difficile de transmettre l’histoire du pays. Les jeunes ne disposent pas d’espaces permettant de reconnaître les œuvres, les objets ou les personnages qui ont marqué la société. Ce manque contribue à l’effacement de la culture au fil des générations.
Pour Marat, l’absence de repères symboliques est révélatrice. Elle montre que l’État n’a jamais investi dans la construction d’une mémoire collective. Un pays dépourvu de monuments, de musées et d’espaces de transmission peine à se projeter dans l’avenir, faute d’ancrage dans son propre passé.
Pérou – RCA : deux visions opposées du pouvoir politique, pour ne pas dire c’est le jour et la nuit
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-president-du-perou-destitue.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-president-du-perou-destitue.webp” alt=”Pérou – RCA : deux visions opposées du pouvoir politique, pour ne pas dire c’est le jour et la nuit” width=”400″ height=”245″ />Le Président du Perou destitué
Au Pérou, le parlement a destitué en quatre mois deux présidents intérimaires pour soupçons de trafic d’influence. En Centrafrique, c’est tout le contraire. Le dictateur, lui, garde la main sur l’Assemblée.
À Lima, le vote a été net. Soixante-quinze députés ont approuvé la destitution de Rosé Réry, vingt-quatre s’y sont opposés, trois se sont abstenus. Le président par intérim est mis en cause pour des rencontres non déclarées avec des entrepreneurs chinois et pour des recrutements irréguliers au sein du gouvernement.
Il occupait le pouvoir depuis octobre, après l’éviction de Dina Boluarte. Cette dernière avait été écartée pour sa gestion d’une vague de violence liée au crime organisé. En dix ans, le pays a connu sept présidents, signe d’une instabilité persistante mais encadrée par des procédures prévues par la Constitution.
Dans les rues de Lima, une partie de la population a salué la décision. Les élections générales sont fixées au 12 avril. Le congrès doit assurer l’intérim pendant deux mois et demi avant le scrutin, selon un calendrier déjà établi.
Ce fonctionnement met en avant un principe simple : le parlement peut mettre fin au mandat du chef de l’État lorsque des faits précis sont examinés et votés. Le rapport de force institutionnel reste actif, même dans un pays qui n’appartient pas au cercle des grandes puissances économiques.
En Centrafrique, le tableau diffère profondément. L’Assemblée nationale n’apparaît pas comme un contrepoids solide. Le président conserve une influence déterminante sur la composition du parlement, notamment à travers des candidatures soutenues par l’appareil d’État.
Des proches, des alliés politiques et des membres de cercles familiaux obtiennent des investitures. Les élections existent formellement, mais le choix réel des députés semble souvent verrouillé en amont. Les députés critiques s’exposent à des pressions judiciaires ou à des détentions.
Dans ce contexte, l’idée qu’un parlement puisse destituer le chef de l’État paraît lointaine. Le centre de décision demeure concentré à la présidence. Le renversement du rapport institutionnel observé au Pérou ne trouve pas d’équivalent à Bangui.
Le Pérou connaît une instabilité récurrente, mais les mécanismes de contrôle fonctionnent et aboutissent à des scrutins anticipés. En Centrafrique, la stabilité affichée repose sur une concentration du pouvoir, où l’Assemblée agit davantage comme relais que comme organe de contrôle, et où la justice reste étroitement liée à l’exécutif…
Flash info : vive tension à Ouanda-Djallé, la foule en colère contre les soldats FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” alt=”À Sam-Ouandja, une altercation verbale tourne à un affrontement physique entre un soldat FACA et un commerçant, forçant les mercenaires russes à intervenir” width=”475″ height=”500″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp 475w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto-399×420.webp 399w” sizes=”auto, (max-width: 475px) 100vw, 475px” />Trois soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto
Une dispute autour de l’eau vendue au marché central de Ouanda-Djallé a mis toute une ville en ébullition, opposant des civils en colère aux soldats des Forces Armées Centrafricaines.
Tout a éclaté ce jour-là quand deux soldats des FACA se sont présentés devant l’étalage d’un jeune vendeur du marché central. Ils ont réclamé de l’eau, mais le jeune homme leur a fait comprendre que l’eau, conditionnée dans des sachets plastiques, était en vente et non distribuée gratuitement. Cette réponse a mis les deux militaires hors d’eux.
Sans attendre, les soldats ont commencé à s’en prendre physiquement aux jeunes présents sur les lieux. Les coups ont tout changé. En quelques minutes, la nouvelle s’est répandue dans tout le marché, et les habitants, excédés, ont commencé à affluer de partout pour se dresser devant les militaires.
La foule, qui ne cessait de grossir, a poussé les soldats FACA à faire usage de leurs armes de service. Mais au lieu de calmer la situation, celle-ci s’intensifie malheureusement, poussant les deux soldats à se refugier dans leur base. Mais la foule ne se désarme pas, bien au contraire. Devant la base des soldats FACA, la foule hostile s’est rassemblée pour exiger le départ des soldats FACA du centre-ville.
La situation a fini par forcer une intervention des casques bleus de la Minusca. Les autorités locales, qui se sont jointes avec les casques bleus pour tenter de ramener le calme. Des discussions sont en cours, pendant que la foule reste massée devant la base, les regards rivés sur les soldats.
À quelques mois de sa nomination, le directeur par intérim plonge l’ÉNERCA dans une faillite totale : vol, détournement, corruption, népotisme au quotidien
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/2-Un-agent-de-lENERCA-travaillant-sur-un-pylone-electrique-sans-casque-sans-veritable-outil-de-travail.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/2-Un-agent-de-lENERCA-travaillant-sur-un-pylone-electrique-sans-casque-sans-veritable-outil-de-travail.jpg” alt=”À quelques mois de sa nomination, le directeur par intérim plonge l’ÉNERCA dans une faillite totale : vol, détournement, corruption, népotisme au quotidien” width=”300″ height=”298″ />Un agent de l’ÉNERCA travaillant sur un pylone électrique sans casque, sans véritable outil de travail. CopyrightCNC
L’ÉNERCA, société publique chargée d’alimenter la République centrafricaine en électricité, vit aujourd’hui une débâcle financière grave, pendant que Bangui continue de croupir dans l’obscurité totale.
Pour être clair, il faut comprendre que l’ÉNERCA n’a jamais été une société facile à diriger. Entre le manque d’infrastructures, les dettes accumulées et une clientèle parfois récalcitrante, la pression sur sa direction a toujours été forte. Mais ce que vit la société aujourd’hui dépasse largement les difficultés ordinaires d’une entreprise publique dans un pays sous- développé.
Depuis la nomination du nouveau directeur général par intérim, la situation a pris une tournure bien plus inquiétante. En quelques mois à peine, la société s’est retrouvée les caisses complètement à sec, incapable d’honorer ses engagements les plus élémentaires. Ce qui aurait dû être un redressement est devenu un naufrage total.
C’est dans ce contexte pesant que le mardi 25 février 2026, aux alentours de 6 heures du matin, le directeur général par intérim débarque en urgence au siège de l’ÉNERCA. Il ne monte pas dans son bureau. Il reste à l’entrée, et intercepte un à un chaque technicien qui arrive à la prise de service.
Ce geste inhabituel cache une réalité sombre que le directeur général va leur annoncer franchement. Réunis à la va-vite devant les locaux, les techniciens apprennent de leur propre Directeur général que la société n’a plus d’argent en caisse. Zéro franc dans les comptes bancaires. La direction ne peut plus payer, ne peut plus fonctionner normalement, et cherche une sortie de crise en urgence.
Face à ce vide financier d’urgence, la décision prise par le directeur général par intérim est aussi radicale qu’expéditive. Il a décidé ceci :
Tous les techniciens, sans exception, doivent descendre sur le terrain ce jour même pour forcer les clients mauvais payeurs à régler leurs factures en retard. Même les agents financés par la Banque mondiale dans le cadre d’un projet distinct sont embarqués dans cette opération.
Pour s’assurer que personne ne résiste, la direction mobilise en renfort des éléments de la police militaire. Techniciens et militaires partent ensemble dans les quartiers, en commençant par la zone commerçante derrière le stade 20 000 places de Bangui, où plusieurs marchands utilisent l’électricité depuis des mois sans payer. Une opération montée en quelques heures, sur fond de caisse vide.
Ce tableau suffit déjà à mesurer l’ampleur de la déroute. Mais ce qui rend cette affaire encore plus difficile à avaler, c’est ce qui se passe en parallèle du côté des dépenses. Car pendant que la direction crie à la pauvreté, elle a fait un choix financier que personne ne comprend.
Le site de Boali, situé à 95 km de Bangui et principal fournisseur d’énergie de la capitale, est en panne depuis un moment. Pour le réparer, l’ÉNERCA a sollicité des devis auprès de prestataires, conformément aux règles de passation de marchés. Deux sociétés ont répondu : la première a proposé 85 millions de francs CFA, la seconde a réclamé 283 millions de francs CFA.
Or, au lieu de retenir l’offre la moins chère, la direction a délibérément choisi celle à 283 millions. Aucun critère technique sérieux n’a été avancé pour justifier ce choix. Aucune explication officielle. Juste une décision prise dans l’ombre, qui creuse un écart inexpliqué de près de 200 millions de francs CFA.
C’est précisément cet écart qui nourrit aujourd’hui les soupçons les plus lourds. Dans un contexte où la société dit ne plus avoir un franc, choisir le devis le plus cher sans raison avouable ressemble moins à une erreur de gestion qu’à une manœuvre délibérée pour faire sortir de l’argent par la mauvaise porte.
Pendant ce temps, Bangui continue de vivre dans le noir. Les coupures d’électricité s’enchaînent, les ménages s’épuisent, les petits commerces perdent des revenus chaque jour. Et les techniciens de l’ÉNERCA, eux, patrouillent avec des militaires dans les rues pour renflouer une caisse que certains, visiblement, n’ont pas fini de ponctionner.
De Touadéra à Wagner : comment fonctionne la chaîne de commandement des crimes en Centrafrique. Maître Larochelle a tout documenté dans sa communication devant la CPI
Cérémonie au palais de la renaissance à Bangui : les 3 chefs de Wagner en Centrafrique, notamment le général Dmitri, le robot de Wagner alias « S’en fout la mort », Dimitri Sytyi et le Colonel Boris Représentent Wagner
Il y a les exécutants. Et il y a les commanditaires. En République centrafricaine, depuis 2018, des milliers de civils ont été massacrés, torturés, violés, pillés. Mais ces crimes ne sont pas le fait d’une violence anarchique ou de groupes armés incontrôlés. Ces crimes sont le produit d’un système organisé, hiérarchisé, centralisé, dont la chaîne de commandement part du sommet de l’État et s’étend jusqu’aux mercenaires du Groupe Wagner, aux Forces armées centrafricaines (FACA), aux Forces de sécurité intérieure (FSI), à la Garde Présidentielle et à la milice présidentielle des “Requins”.
La communication déposée le 8 octobre 2025 à la Cour pénale internationale (CPI) établit pour la première fois, de manière détaillée et documentée, comment fonctionne cette chaîne de commandement. Elle identifie les noms, les fonctions, les relations hiérarchiques. Elle démontre que chaque ordre est attribué à la Présidence et qu’aucun ordre donné par le cercle restreint de Touadéra ou par un Dirigeant de Wagner ne peut être contesté par les subordonnés. Elle prouve que Touadéra, son cercle restreint et les Dirigeants de Wagner n’ont mis en place aucune action punitive ou préventive vis-à-vis des exactions commises par leurs subordonnés.
Cette chaîne de commandement engage la responsabilité pénale individuelle de chacun de ses maillons au sens de l’article 28 du Statut de Rome de la CPI, qui criminalise le fait pour un supérieur hiérarchique de ne pas empêcher ou punir les crimes commis par ses subordonnés lorsqu’il en a connaissance et qu’il a le pouvoir de les arrêter. La communication à la CPI ne se contente pas de documenter les crimes. Elle établit qui a donné les ordres, qui a transmis les ordres, qui a exécuté les ordres, et qui a couvert les exécutants.
Au sommet de cette pyramide criminelle se trouve Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine, Chef suprême des armées, et Président du Conseil Supérieur de la Magistrature. En vertu de la Constitution centrafricaine, Touadéra exerce un pouvoir de jure sur l’ensemble de la chaîne de commandement militaire, sécuritaire et judiciaire. Il dispose également d’un pouvoir de facto sur les mercenaires du Groupe Wagner, les “Requins” et les miliciens soutenant son régime. En sa qualité de supérieur hiérarchique, Touadéra ne peut ignorer les exactions massives, systématiques et répétées commises par ses subordonnés, notamment les meurtres, actes de torture, disparitions forcées, détentions arbitraires et violences sexuelles, documentés à Bangui et dans les provinces.
Touadéra a sciemment usé d’un système pyramidal dans lequel les ordres sont transmis par des proches collaborateurs faisant partie d’un “cercle restreint” et par les Dirigeants du Groupe Wagner. Ces derniers entretiennent des relations étroites avec Touadéra et son cercle restreint. L’autorité militaire et sécuritaire est centralisée autour de Touadéra, de son cercle restreint et des Dirigeants de Wagner par l’exercice d’une chaîne de commandement structurée et contrôlée depuis le sommet de l’État qui a pour plan commun de préserver le régime Touadéra. Chaque ordre est attribué à la Présidence et aucun ordre donné par le cercle restreint de Touadéra ou un Dirigeant de Wagner ne peut être contesté par les subordonnés.
Une autorité politique proche de Touadéra, interrogée par les enquêteurs, a confirmé que les exactions sont faites pour protéger le pouvoir de Touadéra et que toute personne disposée à dénoncer les exactions reçoit pour ordre de se taire de la part de la Présidence. Cette déclaration est capitale : elle établit que Touadéra sait, que Touadéra ordonne le silence, et que Touadéra protège les auteurs des crimes.
Le cercle restreint de Touadéra est composé de proches et de parents de son ethnie Ngbakamandja que Touadéra a placés à des postes-clés. On y trouve Sani Yalo, financier et conseiller spécial de Touadéra ; Claude Rameaux Bireau, neveu de Touadéra et Ministre de la Défense ; Arthur Bertrand Piri, neveu de Touadéra et ministre ; Jules Wananga, parent de Touadéra et homme-clé de la Garde Présidentielle ; Gervais Simplice Yarkokpa, parent de Touadéra et commandant de la Garde Présidentielle, Fidèle Gouandjika, ministre conseiller à la Présidence de la République. Mais le personnage le plus important de ce cercle restreint est sans conteste Hassan Bouba, ancien chef rebelle de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) devenu Ministre de l’Élevage et de la Santé Animale, et surtout interface privilégiée entre Touadéra et les Dirigeants de Wagner.
Dès 2018, Bouba transmettait les ordres reçus de Touadéra et des Dirigeants de Wagner à travers la chaîne de commandement de l’UPC. Bouba avait la mainmise sur les officiers militaires de l’UPC et tous les ordres opérationnels passaient par lui. Des anciens éléments de l’UPC ont confirmé que les massacres de Seko (21 mars 2018, 17 civils exécutés) et d’Alindao (15 novembre 2018, 112 morts) ont été commandités par Bouba. Après avoir rejoint le gouvernement en tant que ministre en janvier 2021, Bouba a été radié de l’UPC mais n’a pas quitté la scène militaire. Au contraire, il a facilité le recrutement et le déploiement d’ex-combattants de l’UPC dans le cadre d’opérations militaires contrôlées par le Groupe Wagner. Bouba a ainsi été placé à la tête des “Wagner noirs” dès 2018 et a opéré sous les instructions du Groupe Wagner.
Un bataillon d’infanterie territoriale, composé d’anciens miliciens de l’UPC recrutés par Bouba, opère au sein des FACA et agit pour le compte de la Présidence et du Groupe Wagner. Ces anciens miliciens ont été déployés dans des opérations militaires sous le commandement de mercenaires de Wagner, en particulier dans la préfecture de la Ouaka, et ont reçu des formations militaires prodiguées par Wagner à Berengo. Bouba est également impliqué dans le commandement d’exactions depuis qu’il est devenu ministre, en particulier le massacre de 9 exploitants chinois sur le site minier de Chimbolo le 19 mars 2023, qui a été commis par les “Wagner noirs” sous la direction du Colonel Kiri (proche de Bouba et chef des “Wagner noirs”) et planifié avec l’appui de Bouba.
Jules Wananga et Gervais Yarkokpa, parents de Touadéra et membres de la Garde Présidentielle, occupent également un rôle substantiel au sein du cercle restreint de Touadéra. Vu leur proximité, Touadéra, Wananga et Yarkokpa s’échangent des informations et collaborent aux fins de la commission d’exactions par le biais des éléments affectés à la Garde Présidentielle. Wananga est aux commandes de la Garde Présidentielle même s’il n’en est pas le Directeur Général (DG) et ne reçoit d’ordres que de Touadéra ou des Dirigeants de Wagner. Le DG actuel de la Garde Présidentielle est le Général Igor Sérégaza et son prédécesseur était le Général Alfred Service, mais le véritable patron, c’est Wananga. Officiellement, Wananga occupe le poste d’aide de camp du DG de la Garde Présidentielle.
Touadéra transmet à Wananga la plupart de ses instructions. Wananga assistait déjà Touadéra lorsqu’il était Premier Ministre. Wananga exécute tout ce que Touadéra lui demande de faire, y compris lorsqu’il reçoit pour instructions de fomenter des enlèvements ou des assassinats. Wananga exerce également une influence substantielle sur l’unité de la Garde Présidentielle dirigée par Yarkokpa et a distribué des armes à des milices locales de Bangui qui ont ensuite été vues agir aux côtés d’unités de la Garde Présidentielle, telles que celle de Yarkokpa. Wananga joue un rôle crucial dans les missions de ratissage visant à éliminer les membres de l’ethnie gbaya à Bangui dans le cadre de la contre-offensive contre la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC). Wananga assure également le recrutement de membres de l’ethnie Ngbakamandja au sein de l’armée afin de créer une “force privée fidèle” à Touadéra.
Touadéra a notamment eu recours aux “Requins”, la milice présidentielle dont Wananga fait partie en tant que membre de la Garde Présidentielle, pour commettre de nombreuses exactions. En particulier, Touadéra a fait enlever l’ancien Chef d’État-Major des FACA, le Général Ludovic Ngaïfé, à son domicile, avec l’assistance d’éléments de Wagner, de la gendarmerie, de la police, des FACA, de la Garde Présidentielle et des “Requins”, avant de le placer en détention arbitraire à la Section de Recherches et d’Investigations (SRI) et au Camp de Roux. L’enlèvement et la détention de Ngaïfé ont fait partie de la chasse aux sorcières menée par le régime Touadéra à l’encontre des Gbayas. Selon un haut-gradé des FACA interrogé par les enquêteurs, l’aisance avec laquelle les éléments des “Requins” commettent des exactions à Bangui démontre que les “Requins” doivent bénéficier d’une couverture qui ne peut être que celle du Président de la République.
Le parrain des parrain mafieux Gervais Simplice Yarkokpa, commandant de la garde présidentielle
Mais le cercle restreint de Touadéra ne suffit pas à expliquer le fonctionnement de la chaîne de commandement des crimes en RCA. Car au-dessus de ce cercle restreint, ou plutôt à côté de lui, se trouvent les Dirigeants du Groupe Wagner : Valery Zakharov, Dimitri Sytyi et Vitali Perfilev. Ces trois hommes entretiennent des relations étroites avec Touadéra et ses proches collaborateurs depuis 2017. Bien que le Groupe Wagner ne fasse officiellement partie d’aucune chaîne de commandement en RCA, les Dirigeants de Wagner ont reçu de Touadéra le pouvoir de donner des instructions aux ministres et aux hauts dirigeants centrafricains, tels que Claude Rameaux Bireau (Ministre de la Défense), Zéphirin Mamadou (Chef d’État-Major des FACA), Bienvenu Zokoué (Directeur Général de la Police) et Landry Ulrich Dépôt (Directeur Général de la Gendarmerie).
Les Dirigeants de Wagner ont également été habilités par Touadéra à transmettre des ordres d’opérations aux éléments appartenant aux FACA, aux FSI et à la Garde Présidentielle. Les mercenaires de Wagner peuvent ensuite sélectionner des éléments des FACA, de la Garde Présidentielle, de la police ou de la gendarmerie afin qu’ils les accompagnent dans leurs opérations. Les Dirigeants de Wagner ont dès lors été habilités de facto à exercer un contrôle effectif sur l’ensemble des autorités centrafricaines subordonnées à la Présidence, s’inscrivant dans une stratégie de consolidation à tout prix du pouvoir de Touadéra.
Valery Zakharov, un ancien agent de renseignement russe, a été détaché en RCA en tant que chef instructeur du Groupe Wagner dans le cadre d’une mission officielle. Dès son arrivée en RCA, Zakharov a occupé un poste de conseiller spécial de Touadéra en sécurité et a mis en place la mainmise de Wagner sur les institutions centrafricaines, telles que l’Assemblée Nationale et l’État-Major des FACA, jusqu’à son départ de RCA au milieu de l’année 2021. Zakharov a exercé un contrôle effectif et opéré comme un supérieur hiérarchique de facto. Sa connaissance et sa participation aux préparations d’exactions, telles que le massacre d’Alindao, sont documentées. Il disposait à la fois des moyens logistiques, de communication et de sanctions permettant d’altérer ou d’arrêter la perpétration des crimes. Son inaction constitue un défaut à ses obligations de prévention et de punition en tant que supérieur hiérarchique au sens de l’Article 28(a) et (b) du Statut de la CPI.
Dès le 13 décembre 2021, le Conseil de l’Union Européenne a placé sous sanctions le Groupe Wagner et Zakharov, décrivant ce dernier “comme un personnage clé de la structure de commandement du groupe Wagner” et déclarant que “compte tenu de sa position influente en RCA et de son rôle dirigeant au sein du groupe Wagner, il est responsable de graves atteintes aux droits de l’homme commises par le groupe Wagner en RCA, dont des exécutions et assassinats extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires”. Le 26 janvier 2023, Zakharov a également été placé sous sanction par le Département du Trésor américain sur base de son influence sur l’orientation stratégique du groupe Wagner en RCA et de son rôle de conseiller à la sécurité nationale auprès de Touadéra sur les questions de sécurité.
Deux corps de deux miliciens Anti-Balaka décapitées par les mercenaires russes à Bouka
Dimitri Sytyi est arrivé en RCA vers la fin septembre 2017. Sytyi a d’abord été l’assistant et traducteur de Zakharov, ce qui lui a permis de faire partie de toutes les rencontres stratégiques entre le Groupe Wagner et la Présidence centrafricaine. Sytyi a également accompagné Touadéra lors de certains déplacements en Russie, notamment au Forum économique international de Saint-Pétersbourg en mai 2018. Sytyi a rapidement occupé un rôle central dans l’organisation des opérations du groupe Wagner et des relations stratégiques du groupe avec le pouvoir centrafricain, faisant de lui “l’homme incontournable du pays”, à tel point que “Sytyi connaît tout le monde et tout le monde connaît Sytyi”.
Sytyi est devenu le leader du consortium de Wagner en RCA et gère tant le niveau militaire que les intérêts financiers de Wagner dans le pays. En tant que principal Dirigeant de Wagner en RCA, Sytyi a une connaissance effective des exactions qui ont été commises depuis l’arrivée du Groupe Wagner. Sytyi n’a mis en place aucune mesure de prévention ou de sanctions des exactions commises par ses subordonnés. De plus, suite au décès d’Evgueni Prigojine en août 2023, Touadéra avait demandé à la Russie de pouvoir continuer à travailler avec les représentants connus des autorités centrafricaines et avait spécifiquement exigé des assurances que Sytyi reste son partenaire en RCA, ce qui démontre le degré de collaboration entre Sytyi et Touadéra. À l’heure actuelle, Sytyi est non seulement considéré comme le nouveau patron officieux du groupe Wagner en RCA, mais également en Afrique dans sa globalité.
Le collecteur de diamant et or monsieur Sallahdine assassiné par les mercenaires russes du groupe Wagner près de Kouki
Sytyi a été impliqué dans la structuration économique servant le Groupe Wagner en RCA et gère depuis lors les compagnies d’extraction minières qui appartiennent au Groupe Wagner, telles que Lobaye Invest, dont il était devenu actionnaire dès le 10 août 2018. Un témoin qui était en détention au Camp de Roux confirme avoir parlé à Sytyi depuis sa cellule. Sytyi avait dit au témoin qu’il avait personnellement contacté l’OCRB et la SRI afin d’opérer son transfert dans un autre établissement pénitentiaire. Un autre témoin détenu plusieurs mois à la SRI a vu régulièrement Sytyi se rendre à la SRI avec des mercenaires de Wagner afin d’y réquisitionner des gendarmes du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) pour que ces derniers partent en opérations aux côtés des mercenaires de Wagner. Sytyi a également été placé sous sanctions par l’Union Européenne en 2023 et par le Département américain du Trésor dès septembre 2020 sur base de ses liens avec Prigojine dans le cadre des activités du Groupe Wagner en RCA.
Vitali Perfilev a été le bras droit d’Utkin (chef opérationnel du Groupe Wagner) en RCA où il était en charge de toutes les questions de sécurité et de défense jusqu’à son départ de RCA en juillet 2023. Perfilev a renforcé l’ancrage du Groupe Wagner dans les institutions sécuritaires de RCA et établi un réseau solide au sein de l’entourage de Touadéra, notamment auprès de Bireau, du chef du renseignement à la présidence Henri Wanzet-Linguissara, de Sérégaza (DG de la Garde Présidentielle), et de Zokoué (DG de la Police). En tant que responsable des opérations militaires du Groupe Wagner en RCA, Perfilev a disposé d’un contrôle direct sur la planification et l’exécution des opérations. Par sa position, Perfilev ne pouvait qu’avoir connaissance des exactions perpétrées par ses subordonnés et son inaction délibérée manifeste l’existence d’un manquement à l’obligation de prévenir ou de punir, engageant sa responsabilité pénale selon l’article 28. Perfilev a également été placé sous sanctions par l’Union Européenne en 2023.
Dès janvier 2021, Zakharov et Sytyi ont participé à des réunions relatives à la planification d’opérations militaires qui comprenaient également le Premier Ministre centrafricain Firmin Ngrébada, l’ambassadeur de Russie en RCA et même des représentants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Zakharov et Sytyi ont également été régulièrement vus auprès de dirigeants et officiers supérieurs centrafricains, ainsi qu’en train de passer en revue des troupes FACA. La présence de Dirigeants de Wagner dans des réunions de stratégie militaire démontre leur implication dans la coordination des opérations militaires menées conjointement entre leurs mercenaires, les FACA et les éléments de la MINUSCA, ainsi que leur connaissance de ces opérations et des exactions qui y étaient commises par leurs subordonnés.
Les Wagner ont bénéficié de la passivité de Claude Rameaux Bireau (Ministre de la Défense), Landry Ulrich Dépôt (DG de la Gendarmerie) et Zéphirin Mamadou (Chef d’État-Major des FACA). Bireau laisse les Wagner opérer en électrons libres dans la chaîne de commandement afin de préserver son poste et son pouvoir et faillit ainsi à son obligation de prendre des mesures pour prévenir ou punir les exactions commises par Wagner. Dépôt ne s’oppose à aucune des instructions qu’il reçoit de Touadéra et collabore avec les mercenaires de Wagner dans le cadre d’opérations conjointes réunissant des éléments de Wagner et de la gendarmerie.
En ce qui concerne l’armée centrafricaine, les mercenaires de Wagner sont au contrôle des opérations des FACA sur le terrain, avec la complicité de Mamadou qui laisse Wagner opérer à leur guise et ne s’oppose pas aux exactions qu’ils commettent. Les Dirigeants de Wagner ont exploité la faiblesse des relations de commandement et de contrôle nécessaires entre les unités FACA déployées et l’État-Major des FACA afin d’utiliser les unités des FACA à leurs propres fins, sans aucun contrôle de la part de la chaîne de commandement des FACA. Des sources militaires ont confirmé que Touadéra est au contrôle de tous les ordres et directives militaires qui concernent les opérations menées à Bangui, tandis que les Dirigeants de Wagner contrôlent les unités militaires centrafricaines avec lesquelles des opérations sont conduites en dehors de Bangui.
Des officiers supérieurs des FACA, tels que le Colonel Godfroy Omokozoyen (chef de cellule des renseignements opérationnels au sein de l’État-Major des FACA) et le Lieutenant-colonel Gabriel Patassé, ont collaboré dans le cadre d’exactions menées conjointement par les unités FACA sous leur commandement et les mercenaires de Wagner. Un chef de détachement FACA ayant opéré sous le commandement d’Omokozoyen confirme qu’Omokozoyen collaborait avec les mercenaires de Wagner et pouvait donner des instructions reçues de Touadéra et des Dirigeants de Wagner à des détachements FACA présents sur le terrain, y compris le sien, aux fins de commettre des exactions. Le même témoin indique également avoir été forcé de placer son détachement sous le commandement de mercenaires de Wagner avec l’aval de l’État-Major des FACA, dont faisait partie Omokozoyen.
Dans le cadre de la contre-offensive menée contre la CPC, de nouvelles unités des FACA ont été créées et formées par le Groupe Wagner. Ces unités opèrent sous le contrôle opérationnel des mercenaires de Wagner bien qu’elles soient censées relever directement de l’État-Major des FACA. Patassé dirige ainsi une unité d’appui des FACA qui supervise le renseignement militaire et recueille notamment des informations sur les personnes considérées comme loyales à la CPC ou perçues comme “les ennemis de la Russie” et de Touadéra. Un ancien FACA confirme que l’unité de Patassé a commis de nombreuses exactions telles que des vols, des pillages et des violences à l’égard de la population. Selon un haut gradé des FACA, des officiers supérieurs, tels qu’Omokozoyen et Patassé, ne rendent pas toujours compte à l’État-Major des FACA des missions effectuées avec les mercenaires de Wagner et effectuent leurs rapports de missions directement auprès du DG de la Garde Présidentielle, à Wananga ou à Touadéra qui les reçoit en aparté.
Touadéra et les Dirigeants de Wagner contrôlent également l’ensemble des institutions pénitentiaires ainsi que les unités de police et de gendarmerie, telles que Camp de Roux, l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB), Ngaragba ou la SRI, et n’ont pris aucune mesure raisonnable pour prévenir ou punir les détentions arbitraires et tortures qui y ont lieu. En particulier, Touadéra et les Dirigeants de Wagner collaborent avec Armel Paraba (directeur de l’OCRB) et son supérieur direct Bienvenu Zokoué (DG de la Police). Depuis au moins 2021, les mercenaires de Wagner et Paraba collaborent dans le cadre de missions d’arrestations arbitraires. Un témoin ayant participé à plusieurs de ces missions confirme qu’avant chaque mission, des réunions avaient lieu à l’OCRB avec Paraba et des mercenaires de Wagner. Plusieurs missions menées conjointement par des mercenaires de Wagner et l’OCRB en vue de procéder à des arrestations arbitraires ont également été effectuées à la demande de Zokoué. Paraba et Zokoué ne refusent rien aux mercenaires de Wagner.
Armel Paraba a notamment affirmé à un témoin en détention que les mercenaires de Wagner peuvent décider de tuer toute personne sur le terrain s’ils estiment celle-ci coupable de quoi que ce soit. Zokoué a également facilité la mise en place de tortures par Wagner à l’OCRB. Zokoué et Perfilev se sont rencontrés à de nombreuses reprises au Camp de Roux ou au siège de la police. Un témoin victime d’une arrestation arbitraire a confirmé que Yarkokpa, Patassé et la SRI collaborent avec un Procureur de la République, Benoit Narcisse Foukpio, afin de procéder à l’arrestation arbitraire de civils considérés comme des opposants au régime Touadéra.
De nombreux témoins ont également mis en avant la passivité de la MINUSCA face aux exactions commises par les mercenaires de Wagner. Des éléments de la MINUSCA et du Groupe Wagner ont été jusqu’à collaborer dans le cadre d’opérations militaires durant lesquelles la MINUSCA a notamment fourni de l’assistance médicale à des mercenaires de Wagner ainsi qu’une assistance logistique en accueillant les mercenaires de Wagner dans des bases de la MINUSCA. Un haut gradé des FACA a décrit la collusion entre la MINUSCA, les Dirigeants de Wagner et les autorités centrafricaines aux fins de procéder à son arrestation arbitraire. Alors que le témoin s’était abrité au sein de la base de la MINUSCA à Bria afin de se protéger de mercenaires de Wagner, la MINUSCA a remis le témoin à un contingent de mercenaires Wagner et des FACA avant que le témoin ne soit détenu arbitrairement à la SRI et au Camp de Roux.
Cette chaîne de commandement, telle qu’établie par la communication déposée à la CPI, engage la responsabilité pénale individuelle de chacun de ses maillons au sens de l’article 28 du Statut de Rome. Pour conclure à la responsabilité pénale d’un supérieur hiérarchique, les éléments suivants doivent être réunis : le chef militaire, le supérieur hiérarchique ou la personne faisant effectivement fonction de supérieur hiérarchique doivent exercer un commandement et un contrôle effectifs résultant d’un pouvoir de jure ou de facto sur des subordonnés ayant commis un ou plusieurs des crimes recensés aux articles 6 à 8 du Statut ; les crimes commis par les subordonnés doivent résulter du fait que le suspect n’a pas exercé sur celles-ci le contrôle qui convenait ; le suspect savait ou, en raison des circonstances, aurait dû savoir que les subordonnés commettaient ou allaient commettre un ou plusieurs des crimes recensés aux articles 6 à 8 du Statut pour ce qui est des militaires, ou a délibérément négligé de tenir compte des informations qui l’indiquaient clairement, pour ce qui est des supérieurs hiérarchiques civils ; et le suspect n’a pas pris les mesures nécessaires et raisonnables qui étaient en son pouvoir pour empêcher ou réprimer l’exécution de ces crimes ou pour en référer aux autorités compétentes aux fins d’enquête et de poursuites.
Tous ces éléments sont réunis pour Touadéra, pour les membres de son cercle restreint (Bouba, Wananga, Yarkokpa, Bireau, Mamadou, Zokoué), et pour les Dirigeants de Wagner (Zakharov, Sytyi, Perfilev). Ils exerçaient un contrôle effectif sur les forces ayant commis les crimes. Ils savaient que ces crimes étaient commis. Ils ont délibérément négligé les informations qui l’indiquaient clairement. Ils n’ont pris aucune mesure pour empêcher ou punir ces crimes. Au contraire, ils ont ordonné, encouragé, facilité, récompensé les auteurs de ces crimes.
De Touadéra à Wagner, la chaîne de commandement des crimes en Centrafrique est établie. Les noms sont connus. Les fonctions sont identifiées. Les relations hiérarchiques sont documentées. Les responsabilités sont écrasantes.
La Cour pénale internationale est saisie. À elle de dire si ces hommes doivent répondre de leurs crimes devant la justice internationale.
Centrafrique : Le Conseil constitutionnel à l’heure du choix, les magistrats sauront-ils tenir bon ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Professeur-Jean-Pierre-Waboue-President-de-la-cour-constitutionnelle-de-la-Republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Professeur-Jean-Pierre-Waboue-President-de-la-cour-constitutionnelle-de-la-Republique-centrafricaine.jpg” alt=”Les coulisses agitées du Conseil constitutionnel avant le verdict électoral des législatives” width=”300″ height=”265″ />Jean-Pierre Waboué, Président de la conseil constitutionnel centrafricain
Le 28 février prochain, le Conseil constitutionnel centrafricain rendra une décision très attendue sur les élections législatives du 28 décembre, une décision qui dira beaucoup sur la santé réelle des institutions du pays.
Depuis le départ de Professeure Danielle Darlan, ancienne présidente réputée pour sa rigueur et son attachement à la Constitution du 30 mars 2016, beaucoup de citoyens regardent le Conseil avec des yeux moins confiants qu’avant. La question de savoir si les nouveaux membres sauront résister aux pressions politiques est désormais sur toutes les lèvres. Ce n’est pas une simple méfiance née du hasard, c’est une inquiétude qui couve depuis longtemps et qui s’est alourdie au fil des mois.
Au cœur de cette institution siègent six magistrats assermentés, qui ont la capacité réelle d’orienter le verdict final dans un sens ou dans un autre. Leur position est délicate, car ils doivent trancher non pas selon ce qui arrange les puissants, mais selon ce que dit la loi. L’histoire a toujours une manière de rattraper ceux qui ont préféré le confort à la rectitude.
Parmi les dossiers brûlants qui atterriront sur leur table, il y a celui des diplômes. Des faux diplômes. Lors de la précédente législature, une loi avait été votée pour exiger un niveau académique minimum des candidats, ce qui avait déjà semé la pagaille. Aujourd’hui, certains anciens députés jadis épinglés pour absence de diplôme reviennent en brandissant des documents obtenus dans des délais qui laissent perplexes plus d’un observateur.
À cela s’ajoute le retour en lice de candidats qui avaient été invalidés lors de scrutins antérieurs, comme fut le cas d’un gros voleur, candidat dans la Mambéré-Kadéi. Aucune amnistie officielle ni aucune décision judiciaire connue du public ne semble expliquer ce retour. Quand des règles fixées hier sont oubliées aujourd’hui sans explication, les citoyens ne savent plus à quel édifice se fier.
Il y a aussi le cas de certaines circonscriptions, comme celle de Baoro, où Simplice Mathieu Sarandji a recueilli la totalité des suffrages exprimés, sans un seul vote dissident ni bulletin blanc. Dans une compétition pluraliste, un tel résultat appelle un examen minutieux des procès-verbaux, non pas par méfiance gratuite, mais parce que la crédibilité du processus en dépend.
Les magistrats du Conseil ont donc devant eux des dossiers lourds, qui dépassent largement le sort de quelques élus. Dans d’autres pays, des juridictions constitutionnelles ont su dire non aux pouvoirs en place au nom du droit, et leur courage a renforcé durablement la confiance des peuples. En Centrafrique, cette même occasion se présente aujourd’hui aux juges, et leur réponse sera scrutée mot pour mot par un peuple qui attend de savoir si les institutions travaillent pour lui ou contre lui.
Nouvelle escroquerie, nouvelle victime. Au KM5, dans le troisième arrondissement de Bangui, le commandant Yarkokpa a encore frappé. Cette fois-ci, il a frappé dur sur un commerçant.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Le-parrain-des-parrain-mafieux-Gervais-Simplice-Yarkokpa.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Le-parrain-des-parrain-mafieux-Gervais-Simplice-Yarkokpa.jpg” alt=”Nouvelle escroquerie, nouvelle victime. Au KM5, dans le troisième arrondissement de Bangui, le commandant Yarkokpa a encore frappé. Cette fois-ci, il a frappé dur sur un commerçant.” width=”300″ height=”246″ />Le parrain des parrain mafieux Gervais Simplice Yarkokpa, commandant de la garde présidentielle
Les trafiques de drogues de synthèse, les braquages, les menaces sur ses proches ne lui ont pas suffi. Le commandant Yarkokpa vient de s’attaquer cette fois à Ibrahim, paisible vendeur de carburant au KM5.
Il y a des hommes qui portent le grade comme d’autres portent une licence pour faire ce qu’ils veulent. Dans les rues de Bangui, ce genre d’homme existe, il a un nom, et il continue d’opérer sans que personne ne lève le petit doigt.
C’est dans ce climat que le commandant Yarkokpa, ancien chef milicien Anti-Balaka s’est présenté chez Ibrahim, vendeur de carburant au PK5, dans le troisième arrondissement. Il a emporté du carburant d’une valeur de 1 250 000 francs CFA, en invoquant le nom du ministre de l’énergie, monsieur Bertrand Arthur Piri et en disant qu’il avait une mission à conduire.
Quelques jours plus tard après le premier coup, il est revenu. Cette fois pour 2 millions de francs CFA supplémentaires. Sans payer non plus. La dette totale du commandant envers Ibrahim a ainsi grimpé à 3 250 000 francs CFA, et aucun billet n’est sorti de sa poche.
Ibrahim commence à s’inquiéter. Il a commencé à appeler pour réclamer son argent. À chaque tentative, le commandant Yarkokpa avait une nouvelle excuse : tantôt il disait être en formation en Chine, tantôt il se déclarait indisponible. Mais quand les appels sont devenus trop pressants, le ton a basculé.
Le commandant Yarkokpa a alors menacé Ibrahim de mort. Il lui a dit clairement qu’il ne lui rembourserait pas un seul franc, et que s’il voulait aller se plaindre quelque part, il n’avait qu’à y aller.
Ne sachant plus vers qui se tourner, Ibrahim a décidé de porter l’affaire devant Fidèle Gouandjika, ministre conseiller du dictateur de Bangui, parent du commandant Yarkokpa. Celui-ci a bien essayé de joindre le commandant, mais Yarkokpa a refusé de se présenter. La réponse qui est revenue à Ibrahim a été encore plus glaçante.
Du côté de l’État-major, c’est de la mafia pure. Le chef d’état-major, le général Mamadou Zéphirin aurait fait savoir qu’il n’est pas acceptable de convoquer un officier militaire pour le mettre face à un civil. En d’autres termes, Ibrahim n’avait aucun droit de réclamer quoi que ce soit à un homme en uniforme, peu importe ce que cet homme lui avait pris.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ibrahim avait envoyé son jeune frère s’approvisionner en carburant à Garoua-Boulaï, avec tous les papiers de vente en règle. Sur la route du retour, le petit frère du commandant Yarkokpa et un garde du président Touadéra ont intercepté la marchandise.
Ils ont déclaré que le transport était interdit, saisi tout le carburant et l’ont vendu à leur propre compte. Les documents officiels du jeune homme n’ont servi à rien. La marchandise était partie, et personne n’a été inquiété.
Quand Ibrahim est retourné voir Fidèle Gouandjika pour cette nouvelle spoliation, la réponse a été courte : aller déposer une plainte au SRI pour chercher une solution. Ibrahim s’est retrouvé seul, sans son argent, sans sa marchandise, avec des menaces de mort dans les oreilles et des portes fermées devant lui.
Voilà la septième république des voyous, des bras cassés.
Ouadda-Maïkaga : conflit intense entre le capitaine, chef de détachement des FACA, et ses soldats
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” alt=”Ouadda-Maïkaga : conflit intense entre le capitaine, chef de détachement des FACA, et ses soldats” width=”300″ height=”135″ />Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
Un vent de colère souffle sur le détachement des forces armées centrafricaines (FACA) de Ouadda-Maïkaga, où les soldats et leur capitaine se regardent désormais en chiens de faïence.
Dans bien des garnisons du pays, les tensions entre chefs et subordonnés restent rares et vite étouffées. Mais à Ouadda-Maïkaga, localité de la préfecture de la Haute-Kotto, distante de 204 km de Bria, la situation a pris une tout autre tournure, et les langues se sont déliées.
Depuis leur arrivée dans cette ville de la Haute-Kotto, les militaires sous les ordres de ce capitaine affirment n’avoir jamais touché leur Prime Globale d’Alimentation, la PGA. Pourtant, selon eux, l’état-major aurait bel et bien acheminé ces fonds jusqu’à destination. C’est leur propre chef qui, disent-ils, aurait intercepté l’argent sans jamais le redistribuer aux intéressés.
Ce qui met davantage le feu aux poudres, c’est l’usage que ces soldats attribuent à cet argent détourné. Le capitaine aurait utilisé ces fonds pour bâtir des maisons en tôle à ses maîtresses dans la ville même où il commande. La première bénéficiaire, la maîtresse du capitaine, installée derrière l’hôpital d’Ouadda-Maïkaga, aurait reçu un logement neuf, une cave et même une auberge.
Et ce n’est pas tout. Une deuxième femme, musulmane, résidant derrière l’école de la ville, aurait elle aussi bénéficié d’une maison en tôle. En plus du logement, le capitaine lui aurait remis des fonds pour lancer un commerce de viandes boucanées, les charmoutes, un commerce qui génère des revenus considérables dans cette partie du pays.
Au-delà de ces accusations de détournement, c’est une autre affaire qui a fait basculer la situation dans quelque chose de plus grave. Un caporal-chef du détachement a perdu sa mère, puis son père, en l’espace de quelques mois. À chaque deuil, l’état-major a produit les documents nécessaires pour lui permettre de rentrer à Bangui. À chaque fois, le capitaine a opposé un refus catégorique.
Bloqué loin des siens dans les moments les plus douloureux de son existence, ce caporal-chef continuait de dormir dans l’ancienne base laissée vacante par la Minusca après son départ d’Ouadda-Maïkaga. Un soir, après avoir consommé de l’alcool chez l’une de ses maîtresses, le capitaine s’est rendu dans cette base et y a mis le feu. Il a également désarmé le caporal-chef et conserve son arme depuis lors.
Ce qui laisse incompréhensible les habitants de la zone, c’est que les soldats de ce détachement se montrent calmes et respectueux envers la population locale. Dans la plupart des villes de province, ce sont les chefs qui servent de rempart face aux débordements de leurs hommes. Ici, c’est l’inverse qui se produit, et le capitaine détaché à Ouadda-Maïkaga semble avoir inversé tous les repères habituels de commandement.
Entre Wagner, la MINUSCA et les Rwandais : que reste-t-il de l’armée nationale centrafricaine ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/patrouille-des-soldats-faca-dans-les-rues-de-bangui-capitale-de-la-rca-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/patrouille-des-soldats-faca-dans-les-rues-de-bangui-capitale-de-la-rca-photo-cnc.webp” alt=”Patrouille des soldats FACA dans les rues de Bangui, capitale de la RCA. Photo CNC” width=”400″ height=”224″ />Patrouille des soldats FACA dans les rues de Bangui, capitale de la RCA. Photo CNC
Wagner à l’est, l’ouest, nord et sud, la MINUSCA au centre, les Rwandais au nord. Le territoire centrafricain ressemble à un échiquier où chacun joue sa partie. Au milieu de ce jeu complexe, l’armée nationale tente de survivre avant sa mort totale. Mais survivre ne signifie pas exister, mais plutôt devenir tout simplement un objet de manipulation.
Serge Simon Bozanga , Président du Comité de Redressement pour le Salut Public (CRSP), a accepté de parler. Sans langue de bois, sans chercher à ménager qui que ce soit. Ses mots tranchent avec le discours de propagande officiel du gouvernement et des Wagner qu’on a l’habitude d’entendre souvent. Pour lui, “l’armée est en lambeau”, lâche-t-il d’emblée. Pas en difficulté, pas en reconstruction. En lambeau, ou peut-être en faillite tout simplement pour ne pas aller loin.
Dix années se sont écoulées depuis le passage de la Séléka. Dix ans que la communauté internationale promet de remettre sur pied les forces armées centrafricaines. La MINUSCA déploie ses 20 000 Casques bleus, le Rwanda envoie ses milliers d’instructeurs, Wagner fait venir ses 3000 mercenaires russes, syriens et libyens. Chacun prétend former, encadrer, professionnaliser les FAKA. Pourtant, le résultat est un fiasco total, et ne correspond même pas aux propagandes du régime.
“On a sous-traité l’armée centrafricaine, notre armée nationale, les FAKA aux mercenaires, aux casques bleus, etc ”, explique Serge Simon Bozanga avec une colère visible. La souveraineté militaire s’est totalement disparue quelque part entre les accords de coopération militaires que le dictateur signe partout dans le monde et les contrats de sécurité privés. Les FAKA ne décident plus vraiment de leurs opérations, de leurs stratégies, de leur avenir. D’autres tirent les ficelles comme des sorciers, pour ne pas dire des vampires.
Pourtant, cette dépendance se paie au prix fort. “L’armée raquette. L’armée elle-même tue. L’armée elle-même est soumise”, énumère Serge Simon Bozanga dans ses propos. Les exactions se multiplient contre les civils. Des soldats censés protéger la population la rançonnent aux barrages routiers. D’autres commettent des violences que rien ne justifie. La discipline s’effondre quand l’institution perd son âme et sa cohésion.
Devant ces accusations graves, le gouvernement, manipulé par Wagner, dans sa folie, parle de montée en puissance. Les communiqués officiels célèbrent chaque nouvelle promotion de recrues comme une victoire. “Et ça, on nous dit que l’armée monte en puissance”, raille Serge Simon Bozanga . Les chiffres peuvent impressionner sur le papier. La réalité du terrain raconte une autre histoire vraiment pathétique.
Ces jeunes soldats fraîchement incorporés méritent pourtant le respect. “Qui la sacrifie ? Pas qui sont prêts, ils la sacrifient et l’État n’est même pas prêt”, insiste-t-il. Ces hommes ne se contentent pas de promettre leur vie pour la nation. Ils la donnent effectivement dans des embuscades, des affrontements, des raids qui tournent mal. Pendant ce temps, l’État ne remplit pas sa part du contrat.
La question des prisonniers de guerre confirme cet abandon. “Quand même il y a des prisonniers de guerre, des prisonniers qui sont pris dans des provinces comme Zemio par les groupes armés, l’État ne vient même pas au secours de ces personnes-là. Elles sont complètement laissées à l’abandon”, déplore Serge Simon Bozanga . Des soldats capturés croupissent dans des camps rebelles sans que Bangui ne bouge le petit doigt. Aucune négociation, aucun échange, aucun plan de sauvetage. Le silence administratif devient la seule réponse aux familles qui réclament des nouvelles.
Le recrutement continue malgré tout. Il faut des effectifs, toujours plus d’effectifs. “Des jeunes sont formés et au bout de trois mois ils sont envoyés sur le terrain. Ce sont des chairs à canon”, dénonce-t-il sans détour. Trois mois pour transformer un civil en combattant. Trois mois pour apprendre le maniement des armes, les tactiques de base, la vie en caserne. Puis direction les zones rouges de la carte.
“Après trois mois de formation, ils vont sur le terrain et ils sont laminés par des gens qui sont aguerris par les armes”, poursuit Serge Simon Bozanga . Face à eux, des miliciens qui font la guerre depuis des années. Des hommes qui connaissent la brousse comme leur poche, qui savent tendre une embuscade, qui manient les armes depuis l’adolescence. Le rapport de force devient vite déséquilibré. Les jeunes recrues tombent les unes après les autres.
Cette stratégie du nombre rappelle les pires heures des conflits africains. On compense la mauvaise préparation par la quantité de chair fraîche envoyée au front. Les pertes humaines deviennent une statistique acceptable dans les états-majors. Pendant ce temps, des mères pleurent leurs fils de vingt ans partis depuis à peine quatre mois.
Serge Simon Bozanga conclut par une question aussi simple que dérangeante : “De quelle armée parle-t-on ?” Question qui reste suspendue dans l’air, sans réponse satisfaisante. Une armée morcelée entre différentes influences étrangères, une armée qui maltraite sa propre population, une armée qui sacrifie ses recrues sans leur donner les moyens de combattre, une armée qui abandonne ses prisonniers mérite-t-elle encore ce nom ?
Zémio asphyxiée : une ville centrafricaine au bord de l’effondrement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fuite-des-habitants-de-zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fuite-des-habitants-de-zemio.jpg” alt=”Zémio asphyxiée : une ville centrafricaine au bord de l’effondrement” width=”300″ height=”135″ />Fuite des habitants de Zemio vers la RDC
Dans la préfecture du Haut-Mbomou, en République centrafricaine, la ville de Zémio vit une crise humanitaire d’une gravité extrême. Depuis près d’un an, les affrontements entre miliciens azandés et forces gouvernementales appuyées par des mercenaires du Groupe Wagner ont plongé cette localité dans une détresse généralisée.
La guerre produit des conséquences qui dépassent largement le seul terrain des combats. À Zémio, c’est l’ensemble de la vie quotidienne qui s’est désintégré sous l’effet de la violence armée.
L’accès à la ville est devenu extrêmement périlleux pour les populations civiles, mais aussi pour les convois humanitaires censés apporter un minimum de soutien. Cette situation a provoqué une rupture quasi-totale des circuits d’approvisionnement. Les denrées de base, autrefois disponibles sur les marchés locaux, se sont raréfiées au point de devenir des produits de luxe inaccessibles pour la majorité des habitants.
L’inflation des prix montre de manière frappante cette asphyxie économique. Un sac de sel, vendu 4 500 francs CFA dans la capitale Bangui, atteint désormais 35 000 francs CFA à Zémio, soit près de huit fois son prix initial. Cette explosion des coûts ne concerne pas uniquement le sel : l’ensemble des produits de première nécessité connaît des hausses vertigineuses, parfois de trois à cinq fois leur valeur normale.
Au-delà de la crise économique, c’est toute la structure sociale de la ville qui vacille. L’insécurité permanente a vidé Zémio de ses habitants. La majorité d’entre eux ont trouvé refuge sur des sites de déplacés internes, où les conditions de vie demeurent difficiles. Seuls quelques quartiers, notamment les zones à majorité musulmane, conservent encore une présence humaine significative.
Cet exode massif a également touché les localités voisines. De nombreuses familles ont choisi de franchir la frontière pour se réfugier à Zapay, en République démocratique du Congo voisine, espérant y trouver davantage de sécurité. D’autres ont opté pour les camps de déplacés, préférant rester sur le territoire centrafricain malgré les risques.
L’effondrement du système éducatif confirme l’ampleur du désastre. Le lycée de Zémio, qui accueillait auparavant plus de 1 000 élèves, n’en compte désormais que moins de 300. Cette chute spectaculaire des effectifs scolaires reflète non seulement le départ massif des populations, mais aussi la destruction du tissu social et l’anéantissement des perspectives d’avenir pour toute une génération. Dans une ville devenue fantôme, l’éducation, comme tant d’autres piliers de la vie collective, n’est plus qu’un vestige du passé.
Quand la résistance devient un devoir : Kenny Yamba prend position pour les miliciens Azandé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Claude-Rameaux-Bireau.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Claude-Rameaux-Bireau.jpg” alt=”Quand la résistance devient un devoir : Kenny Yamba prend position pour les miliciens Azandé” width=”300″ height=”265″ />Le ministre centrafricain de la défense, le douanier Claude Rameaux Bireau
En Centrafrique, certaines prises de parole publiques ont le poids de celles qui coûtent quelque chose à celui qui les prononce.
Kenny Yamba n’a pas mâché ses mots. Dans sa récente publication sur les réseaux sociaux, il a affirmé sans détour que soutenir les miliciens Azandé représente, à ses yeux, la seule ligne patriotique qui tienne debout en ce moment. Pas une position parmi d’autres. La seule. Ce choix de vocabulaire dit déjà tout de la fermeté de sa conviction.
Pour comprendre d’où vient cette conviction, il faut regarder ce qui se passe sur le terrain. Les AAKG sont des miliciens originaires des régions du sud-est du pays, qui tiennent tête, depuis un moment déjà, aux mercenaires du groupe Wagner, déployés en Centrafrique sous couvert d’une coopération militaire avec Bangui. C’est dans ce rapport de force inégal que la résistance des AAKG a pris corps.
C’est précisément ce rapport de force que Kenny Yamba met au cœur du document qui circule et qui porte sa signature. Il y dit clairement qu’il se tient aux côtés de toutes les forces nationales qui se dressent, au prix de sacrifices, comme un rempart contre ce qu’il nomme « la nébuleuse Wagner ». Il ajoute que la guerre est sale, mais qu’il n’existe à ce jour aucune autre voie que la force pour répondre à la violence.
Cette posture est loin d’être légère dans un contexte où se positionner publiquement en faveur des AAKG peut exposer à des représailles. Kenny Yamba le sait, et c’est peut-être pour cela que sa déclaration résonne avec autant de netteté dans l’espace public centrafricain. Prendre la parole dans ces circonstances, c’est déjà un acte en soi.
Il termine son texte en s’adressant directement aux combattants : « Votre dignité est une redoutable arme de dissuasion, ne cédez rien car votre courage nous oblige. » Ces mots, dits à haute voix, semblent vouloir transformer une reconnaissance morale en engagement collectif, comme si le simple fait de nommer le courage des autres suffisait à en faire une dette pour ceux qui restent à l’abri.
La question de savoir si les AAKG peuvent tenir dans la durée, face à des adversaires mieux équipés et mieux financés, reste entière. Ce que Kenny Yamba a choisi de dire, c’est que cette question ne dispense personne de choisir son camp.
Fari Tahéruka Shabazz dénonce : les calculs louches qui sabotent la réélection de Touadéra
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/jean-pierre-waboue-avec-touadera-aeroport-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/jean-pierre-waboue-avec-touadera-aeroport-bangui.jpg” alt=”Fari Tahéruka Shabazz dénonce : les calculs louches qui sabotent la réélection de Touadéra” width=”300″ height=”200″ />jean-pierre-waboue-avec-touadera-aeroport-bangui – Conseil constitutionnel centrafricain: une institution à la botte du gouvernement
Le Conseil constitutionnel a validé la victoire de Faustin Archange Touadéra dès le premier tour, mais les chiffres annoncés cachent des anomalies qui minent toute crédibilité.
Jean-Pierre Waboué, proche parent du chef de l’État, a proclamé officiellement 77,90 % des voix pour le sortant et un taux de participation de 64,42 %. Ces pourcentages semblent impressionnants sur le papier, mais selon le politologue Fari Tahéruka Shabazz, une simple vérification arithmétique fait tout basculer.
Quand on divise les 1 370 688 votants déclarés par les 2 392 946 inscrits, le résultat tombe à 57,28 % de participation réelle, affirme l’analyste politique. L’écart de sept points représente environ 90 000 voix rajoutées dans l’équation, un surplus inexplicable qui alerte immédiatement.
En partant cette fois du taux officiel de 64,42 %, on devrait compter 1 541 535,81 votants au total, souligne Fari Tahéruka Shabazz. Or l’institution n’en annonce que 1 370 688, ce qui crée un trou de 170 847 personnes. Ce manque correspond presque exactement au score attribué à Georges De Léguilé, une coïncidence qui interpelle.
Le politologue relève aussi l’absurdité mathématique de mentionner 0,81 d’électeur, une fraction impossible à justifier dans le monde réel où chaque citoyen compte pour un entier. Entre les chiffres provisoires de l’Agence nationale électorale et les données définitives du Conseil, Touadéra gagne subitement 111 000 suffrages supplémentaires.
Il passe ainsi de 48,6 % à près de 78 %, pendant que les six autres candidats réunis ne grappillent que 4 923 voix, détaille Fari Tahéruka Shabazz. Cette disproportion gigantesque suggère un ajustement massif en faveur du pouvoir en place, réalisé sans aucune explication plausible.
L’analyste insiste sur une réalité incontournable : 1 370 688 ne peut jamais égaler 1 541 535,81, même avec toute la bonne volonté du monde. Cette incohérence trahit un montage bâclé, exécuté par des responsables incapables de maîtriser une division digne du cours élémentaire, estime le politologue.
Le taux de 64,42 % apparaît alors comme un chiffre fabriqué de toutes pièces, déconnecté de la réalité du terrain. Si on accepte le vrai taux de participation, inférieur à 50 %, cela signifie que la majorité des Centrafricains n’a même pas pris part au scrutin, rappelle Fari Tahéruka Shabazz.
Une telle abstention retire toute légitimité au résultat proclamé, puisque le plébiscite annoncé repose sur une minorité d’électeurs. La victoire affichée perd ainsi son fondement démocratique et ne tient que grâce à des manipulations numériques, selon l’analyse du spécialiste.
Fari Tahéruka Shabazz rappelle également un lapsus révélateur de Touadéra, qui a félicité « ses autres candidats » comme s’il s’agissait de collaborateurs. Cette formulation laisse entendre que l’opposition n’était qu’une façade, des figurants destinés à donner une apparence de compétition.
Sans adversaires véritables, le processus électoral se réduit à une simple formalité administrative, constate le politologue. Les erreurs de calcul accumulées ne relèvent pas du hasard mais d’un bricolage grossier, incapable de masquer les contradictions.
Chaque écart, chaque fraction inventée, chaque décalage entre les sources officielles alimente le doute sur l’honnêteté du scrutin, martèle Fari Tahéruka Shabazz. Les Centrafricains se retrouvent devant des résultats que rien ne peut justifier mathématiquement.
L’analyse du politologue montre que les chiffres, loin de conforter la victoire annoncée, l’enterrent sous le poids de leurs propres incohérences. Le mandat qui en découle repose sur un socle fragilisé par les manipulations, un édifice que les calculs élémentaires suffisent à ébranler
Braquage à 14 km de Bossangoa : un commerçant et sa famille dépouillés de tout sur l’axe Bossembélé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg” alt=”Braquage à 14 km de Bossangoa : un commerçant et sa famille dépouillés de tout sur l’axe Bossembélé” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />CopyrightCNC
Les bandits armés continuent de terroriser les populations centrafricaines sur les axes routiers. Mardi 24 février 2025, c’est une famille entière qui en a payé le prix à 14 km de Bossangoa sur l’axe de Bossembélé.
Ce jour-là, un commerçant quittait Bangui, la capitale centrafricaine, avec sa femme et ses enfants, circulant sur deux engins en deux roues pleinement chargées. Rien ne laissait présager ce qui allait se passer à quelques kilomètres seulement de Bossangoa, sur l’axe menant à Bossembélé, dans la préfecture de l’Ouham.
C’est à ce moment précis que des individus armés non identifiés ont surgi et pris la famille en chasse. En quelques minutes, les assaillants ont pris le contrôle de la situation, laissant la famille sans aucune possibilité de fuir ou de résister.
Les deux motos ont été saisies sur place, ainsi qu’une importante somme d’argent que transportait le commerçant. La famille s’est retrouvée debout au bord de la route, les mains vides, avec des enfants en bas âge, loin de tout secours.
Fort heureusement, aucun coup n’a été porté sur les membres de la famille durant l’attaque. En RCA, sortir vivant d’un tel guet-apens sans blessure est une réalité que beaucoup de victimes n’ont pas eu la chance de connaître.
Ce qui frappe davantage, c’est que des familles entières continuent de prendre la route malgré tout, faute d’autre alternative. Le commerçant et les siens se sont retrouvés à des kilomètres de Bossangoa, sans moto, sans argent, attendant une aide qui tardait à venir.
Il y’a lieu de rappeler que les axes routiers centrafricains restent des espaces où l’État peine encore à garantir la moindre protection aux usagers. Et pendant ce temps, des familles comme celle-ci continuent de payer le prix fort d’une situation qui devient de plus en plus catastrophique …
Enquête exclusive du CNC : comment le général Bienvenu Zekoué, directeur général de la police, a organisé l’assassinat du policier de l’OCRB qui en savait trop sur la prétendue évasion de Nourd Gregaza
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Le-general-de-la-police-centrafricaine-Bienvenu-Zokoue-DG-de-la-police-nationale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Le-general-de-la-police-centrafricaine-Bienvenu-Zokoue-DG-de-la-police-nationale.jpg” alt=”Enquête exclusive du CNC : comment le général Bienvenu Zekoué, directeur général de la police, a organisé l’assassinat du policier de l’OCRB qui en savait trop sur la prétendue évasion de Nourd Gregaza ” width=”300″ height=”300″ />Le général de la police, Bienvenu Zokoué, directeur général de la police nationale ol
La rédaction du CNC a mené une enquête exclusive qui pointe directement le général Bienvenu Zekoué dans la mort d’un policier de l’OCRB, éliminé par les mercenaires russe de la milice Wagner.
Tout commence autour du 14 et 15 décembre, lorsque le parquet de Bangui annonce publiquement l’évasion du détenu Nourd Gregaza , gardé à l’Office Central pour la Répression du Banditisme depuis le 7 juillet 2025. Cette annonce va déclencher une série d’événements que personne dans les familles concernées n’avait anticipée. À peine la nouvelle rendue publique, les mercenaires russes du groupe Wagner se déploient dans la ville et commencent à interpeller les proches de monsieur Nourd Gregaza.
C’est ainsi que deux sœurs et un frère de Nourd Gregaza sont arrêtés sans mandat apparent, pendant que trois policiers qui assuraient la garde ce jour-là à l’OCRB subissent le même sort. Ces trois agents sont transférés à la Section des Recherches et d’Investigations, la SRI, où ils sont placés en garde à vue. Jusque-là, la procédure semblait suivre un cours ordinaire, mais ce qui allait se passer ensuite allait tout changer.
Quelques heures à peine après leur placement en détention à la SRI, les mercenaires russes de la milice Wagner font irruption à la SRI et repartent avec les trois policiers, ainsi qu’une sœur de Nourd Gregaza , Annie, elle-même policière.
Ce retour précipité des Wagner dans les locaux de la gendarmerie interpelle, car rien dans la procédure légale ne leur accordait ce droit. Quatre ou cinq jours plus tard, la sœur policière, Annie, est relâchée, mais les trois agents de l’OCRB, eux, disparaissent dans la prison privée du groupe Wagner.
Ce lieu de détention, que beaucoup à Bangui connaissent déjà de réputation, n’est soumis à aucun contrôle judiciaire centrafricain. C’est dans cet endroit que le sort de l’un des trois policiers va basculer définitivement. Le 16 janvier, le directeur général de la police convoque les familles de l’un d’eux et leur remet froidement un million de francs, en leur annonçant que leur proche est mort.
Il leur demande d’utiliser cet argent pour payer le transport du corps et organiser l’enterrement, comme si la chose était réglée et classée. Les familles, abasourdies par cette annonce, ont tout d’abord refusé l’argent, et réclament par la suite des comptes : comment un homme arrêté et gardé sous surveillance peut-il mourir sans que personne n’ait été prévenu ? La pression monte rapidement, et le corps finit par être restitué après un bras de fer douloureux.
Il faut le rappeler, ce policier tué n’était pas un inconnu dans les rangs de la police nationale. C’était un ancien auxiliaire à l’OCRB qui avait attendu de longues années avant d’être officiellement intégré, il y a près de deux ans, au sein de la promotion dite « persévérance». Un homme qui venait tout juste de commencer sa carrière officielle, et qui allait la terminer dans les geôles de la milice russe.
C’est là que l’enquête du CNC prend une dimension particulièrement accablante pour le général Bienvenu Zekoué.
Selon les éléments recueillis par la rédaction, c’est le directeur général de la police en personne qui aurait confié à ce policier une mission précise : celle de laisser filer le détenu Nourd Gregaza . Le policier, habitué à obéir à sa hiérarchie, aurait suivi les instructions sans mesurer le piège qui se refermait sur lui.
Lorsque l’évasion a éclaté au grand jour et que les arrestations ont commencé, ce policier est devenu le maillon le plus dangereux de toute la chaîne. Il connaissait le nom de celui qui avait donné l’ordre, il pouvait parler, témoigner, nommer. Pour le général Bienvenu Zekoué, laisser cet homme s’exprimer devant des enquêteurs ou un tribunal représentait un risque qu’il n’était pas prêt à courir.
C’est à ce moment précis qu’il aurait actionné ses contacts au sein du groupe Wagner, avec lesquels il entretient des liens étroits, des liens qui remonteraient jusqu’à sa propre nomination à la tête de la police nationale. Les mercenaires sont retournés à la SRI, ont récupéré le policier, et l’ont fait disparaître avant qu’il ne puisse dire un seul mot. Le million de francs remis à la famille n’était qu’une tentative d’acheter le silence de ceux qui restaient.
Le russe Dmitri Podolsky l’Avoue sur RT : Wagner Tient les Rênes de la RCA, Aucun Changement Prévu. Touadéra n’est qu’une poupée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/dmitri-podolsky-conseiller-russe-du-president-touadera-sur-la-television-de-propagande-russe-rt.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/dmitri-podolsky-conseiller-russe-du-president-touadera-sur-la-television-de-propagande-russe-rt.webp” alt=”Fari Tahéruka Shabazz : ce que Dmitri Podolski a dit sur la Zatistka annonce le pire pour les Zandé du sud-est centrafricain” width=”400″ height=”225″ />Dmitri Podolsky, conseiller russe du président Touadéra, sur la télévision de propagande russe RT
Petit à petit, Wagner a pris le contrôle total de la République Centrafricaine. Ce n’est plus une analyse : c’est Dmitri Podolsky lui-même, chef Wagner et soi-disant “conseiller” à la présidence, qui l’a confessé en direct sur RT, la télévision de propagande russe.
La Question et la Réponse qui Disent Tout
La journaliste de la télévision russe RT pose la question suivante à Podolsky :
“Que pensez-vous de l’impact du nouveau mandat de Touadéra sur l’avenir du pays et la stabilisation de la RCA sur le long terme ?”
Réponse de Dmitri Podolsky :
“En République Centrafricaine, la situation est pratiquement stabilisée. Reste à mettre l’accent sur le volet économique et social. Le président est au pouvoir depuis dix ans. Je pense donc qu’en principe, ce nouveau mandat sera profitable au pays. Il n’y aura pas de changements au sein de son équipe. La majeure partie restera en fonction. Cela devrait en principe contribuer au bien du pays”.
Lisez bien : “Il n’y aura pas de changements au sein de son équipe.”
Ce n’est pas Touadéra qui parle. Ce n’est pas le Premier ministre. Ce n’est pas un ministre centrafricain. C’est Dmitri Podolsky, un mercenaire russe issu de Wagner, qui décide et annonce publiquement la composition du gouvernement centrafricain. Qui nomme et maintient en poste les ministres en RCA ? Wagner. La réponse est dans la bouche de Podolsky lui-même.
La Préparation des Élections : Un Mensonge Construit sur la Terreur et la Manipulation Constitutionnelle
Podolsky déclare sur RT :
“Nous avons commencé à nous préparer aux élections de 2025 dès 2024. Nous avons mené avec succès de nombreuses opérations pour contraindre les combattants à faire la paix”.
C’est un mensonge partiel qui cache une vérité bien plus ancienne et bien plus grave.
La préparation de Wagner pour maintenir Touadéra au pouvoir ne date pas de 2024. Elle remonte à 2021-2022, quand Wagner a voulu modifier la Constitution centrafricaine pour lever les obstacles à un nouveau mandat de Touadéra. Ils se sont présentés devant la professeure Danielle Darlan, présidente de la Cour Constitutionnelle, pour obtenir sa validation. Elle a dit non.
Wagner l’a immédiatement limogée. Elle a été remplacée par Jean-Pierre Waboué, un oncle maternelle de Touadéra. La Constitution a ensuite été modifiée selon les désirs de Moscou. Voilà comment Wagner “prépare les élections” : en écartant les juges indépendants et en installant des hommes liges aux postes clés.
Quant aux “opérations pour contraindre les combattants à faire la paix
” : Podolsky s’attribue ici un mérite qui ne lui revient pas. L’accord de paix avec les groupes armés centrafricains a été obtenu grâce au président tchadien Mahamat Idriss Déby, qui, avec le soutien du Qatar, a exercé une pression directe sur les chefs de groupes armés pour qu’ils acceptent la paix avec Touadéra. Wagner n’y est pour rien. Ce mensonge est caractérisé.
Ce que Wagner a réellement fait avant les élections, c’est terroriser la population : emprisonner les opposants, emprisonner les récalcitrants, faire trembler les civils pour qu’aucune contestation ne soit possible le jour du scrutin. Podolsky lui-même l’admet entre les lignes quand il dit que “les élections se sont déroulées sans incident majeur”. Sans incident, oui — parce que la peur avait déjà fait son travail.
Les Élections du 28 Décembre 2025 : Une Formalité Sécurisée par la Violence
Podolsky se félicite :
“L’élection présidentielle du 28 décembre, ainsi que les élections locales et parlementaires, se sont tenues pour la première fois depuis 40 ans. Le processus électoral s’est déroulé sans incident majeur, à l’exception d’une tentative de déstabiliser la situation dans le nord-est du pays. Nous avons réagi à temps, et à la mi-décembre, nous avons déjoué les actions d’un groupe important de combattants. Et il en a été de même le 29 décembre à l’est. Nous avons accompli la tâche en deux jours.”
Traduction réelle : Wagner a mené des opérations militaires dans le nord-est et l’est du pays pour éliminer toute opposition armée — et non armée — avant et pendant le scrutin. “Accompli la tâche en deux jours” est le langage d’un militaire mercenaire décrivant une opération de répression, pas d’un conseiller humanitaire décrivant un accompagnement électoral.
Les élections “sans incident majeur” de Podolsky, c’est une élection organisée sous occupation russe, avec des juges constitutionnels choisis par Wagner, des opposants emprisonnés ou contraints au silence, et des opérations militaires actives pendant la période de vote.
“Pas de Changements” : La Preuve que Wagner Gouverne la RCA
Le passage le plus révélateur de toute l’interview reste celui sur l’absence de remaniement gouvernemental. Quand Podolsky dit qu’il n’y aura “pas de changements au sein de l’équipe” de Touadéra, il ne fait pas une prédiction. Il fait une annonce.
Le Premier ministre Félix Moloua restera. Les ministres pro-russes resteront. Les conseillers Wagner à la présidence resteront. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui servent les intérêts de Moscou. Un remaniement signifierait un risque : celui de voir arriver des personnalités centrafricaines indépendantes qui pourraient questionner la présence russe.
Touadéra est au pouvoir depuis dix ans. Wagner est en RCA depuis 2018. En dix ans, le pays n’a pas avancé économiquement, socialement, institutionnellement. Mais Wagner, lui, a consolidé son contrôle sur les mines d’or et de diamants, installé ses hommes à tous les niveaux de l’État, et éliminé toute voix discordante.
Podolsky appelle cela de la “stabilité”. Les Centrafricains, eux, appellent cela une occupation déguisée.
Dmitri Podolsky n’a pas accordé une interview à RT. Il a fait un rapport de situation à Moscou, en direct et en public, sur l’état du contrôle russe en RCA. Les élections sont sécurisées. L’équipe gouvernementale est maintenue. Les opposants sont neutralisés. Les juges indépendants sont remplacés. Wagner reste.
Un mercenaire russe qui annonce la composition du gouvernement d’un État souverain africain sur une chaîne de propagande étrangère : voilà où en est la République Centrafricaine en 2025.
Bertrand Kenguetona confond autorité et autoritarisme. Le secrétaire général de l’université de Bangui reconnaît publiquement avoir engueulé les étudiants sur l’insalubrité du campus universitaire.
Dans une déclaration publique sur les antennes de la radio Ndèkè-Luka, Bertrand Kenguetona affirme sans la moindre honte: “Je suis parti un jour engueuler ces étudiants pour leur dire que ce n’est pas possible”. Ne vous rêvez pas! C’est une réalité dans ce pays des bras cassés, où tout le monde devient fort et fait ce qu’il veut. Regardez ce qu’un secrétaire général d’une l’université a dit. L’homme parle des étudiants comme s’il s’agissait de ses propres enfants, oubliant visiblement qu’il dirige une institution académique, pas un foyer domestique.
La question se pose alors naturellement : que fait la direction des œuvres universitaires ? Cette structure existe précisément pour gérer les questions de logement, de restauration et de vie sur le campus. Elle emploie du personnel qualifié, dispose d’attributions claires et de protocoles établis. Pourtant, Kenguetona court-circuite ces mécanismes institutionnels pour imposer sa loi personnelle. Il se comporte en chef de clan plutôt qu’en administrateur.
Les faits sont têtus. Le secrétaire général se félicite d’avoir pris l’initiative de retirer les clés des toilettes que l’État a fait construire derrière la cité numéro 2. Une décision unilatérale sans concertation apparente avec les services compétents.
Kenguetona justifie son intervention musclée par l’état déplorable des latrines. Selon lui, les étudiants ne nettoient pas, jettent tout par les fenêtres, versent l’eau depuis les étages supérieurs. Soit. Mais quel lien logique existe-t-il entre ces constats et le fait d’aller engueuler personnellement les résidents ? Un secrétaire général convoque, dialogue, coordonne, mandate. Il n’arpente pas les couloirs en distribuant des réprimandes comme un surveillant de lycée.
Et ce n’est pas le premier dérapage de ce gangsters. D’autres incidents ont marqué la présence de cet homme à la tête de l’administration universitaire. Des affrontements au restaurant universitaire, l’unique que compte l’établissement, ont opposé Kenguetona à des étudiants. Ces altercations, connues de nombreux témoins, dessinent le portrait d’un responsable qui règle les différends par la confrontation directe. Une approche incompatible avec les exigences d’un poste aussi sensible.
L’université de Bangui accueille des milliers d’étudiants venus de tout le territoire centrafricain. C’est le seul établissement d’enseignement supérieur public du pays. Les jeunes qui y étudient ont entre 18 et 25 ans pour la plupart. Bertrand Kenguetona, lui, pourrait être leur père, voire leur grand-père. Cette différence d’âge ne lui confère aucun droit de parler sur ce ton, encore moins de traiter ces adultes en formation comme des gamins indisciplinés.
La direction des œuvres universitaires dispose de gardiens, d’agents d’entretien, de responsables de cité. Une chaîne hiérarchique complète existe pour régler les questions d’insalubrité. Des commissions peuvent être créées, des sanctions disciplinaires appliquées si nécessaire. Tous ces outils administratifs attendent d’être utilisés. Mais Kenguetona préfère la méthode expéditive, celle qui consiste à “partir engueuler” directement, comme il le dit lui-même avec une franchise désarmante.
Ce qui frappe dans son discours, c’est l’absence totale d’autocritique. L’homme ne voit rien de problématique dans sa démarche. Il raconte cet épisode comme une prouesse, une démonstration de fermeté. “Vous vivez dans ces conditions-là, vous-même, vous ne pouvez pas entretenir votre cadre”, lance-t-il aux étudiants. Mais qui est responsable de créer et maintenir ce cadre, sinon l’administration qu’il représente ?
Les toilettes modernes dont il parle ressemblent d’ailleurs à un dortoir des cochons. Dans un pays normal, on ne peut même pas dire toilettes modernes. Et il se permet de dire avec glorification qu’elles ont été financées par le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera.
En plus, il a même déclaré que l’eau ne monte pas aux étages, l’électricité coupe régulièrement, les forages tombent en panne. Ces dysfonctionnements techniques nécessitent des interventions de MAINTENANCE, des contrats avec des entreprises spécialisées, une planification budgétaire. Rien de tout cela ne se règle en allant engueuler les usagers. Un plombier ne répare pas une canalisation défectueuse en criant sur les robinets.
Pendant ce temps, l’université continue de se dégrader. Les murs s’effritent, les installations vieillissent, les chambres deviennent inhabitables. Kenguetona reconnaît lui-même que “le bâtiment n’a pas été entretenu pendant un moment”. Mais plutôt que d’activer les procédures de réhabilitation, il préfère tenir un discours moralisateur sur le comportement des étudiants. Une diversion commode qui permet d’éviter les vraies questions de gestion.
Le samedi 14 février dernier, dans la sous‑préfecture de Markounda, le MPC de Mahamat Al‑Khatim a célébré l’élévation aux grades du général de ses cadres de l’État-major sous le regard du sous-préfet et des mercenaires russes de la milice Wagner, donnant à l’événement une portée inattendue et spectaculaire.
L’atmosphère de cette journée singulière a surpris bien des habitants, car rien ne laissait présager qu’un mouvement armé puisse organiser une cérémonie d’une telle ampleur. Cette mise en scène a pris forme comme si le MPC cherchait à se présenter sous un jour nouveau, presque institutionnel, malgré son histoire profondément enracinée dans la lutte armée.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-trois-haut-grades-du-mpc-lors-de-la-ceremonie-le-14-fevrier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Les trois haut-gradés du MPC lors de la cérémonie le 14 février 2026
Cette évolution trouve son origine dans l’accord conclu entre Mahamat Al‑Khatim et les forces russes de Wagner, accord qui a transformé les combattants du MPC en auxiliaires étroitement liés à leurs partenaires. Les éléments du MPC sont devenus des russes noirs, autrement dit des Wagner noir. Cette proximité a façonné une dynamique particulière, donnant au MPC une assurance nouvelle qui s’est pleinement exprimée lors de cette cérémonie.
Le nouveau chef d’état-major du MPC, DJIDO ALI, ressortissant soudanais intégré dans les rangs du MPC, a été élevé au grade de général de corps d’armée 4 étoiles. Cette distinction, habituellement réservée à une armée régulière, a été annoncée avec une solennité qui a déconcerté plus d’un observateur, tant le contraste entre la forme et la réalité opérationnelle était saisissant.
Le nouveau général 4 étoiles du MPC
D’autres cadres ont reçu des grades tout aussi imposants, à l’exemple de ADAM SAÏD, devenu général de division 3 étoiles, , et ADRAMAN AFIESSA, lui, passe également au grade du général de division 3 étoiles . Tout a été organisé comme si le mouvement patriotique pour la Centrafrique cherchait à se doter d’une hiérarchie comparable à celle d’une structure étatique. Cette démarche a renforcé l’impression d’un glissement progressif vers une forme d’organisation hybride, mêlant codes militaires et pratiques issues de la guérilla.
Ce qui a stupéfié les habitants, c’est la présence du sous‑préfet de Markounda, venu assister à la cérémonie comme s’il s’agissait d’un événement administratif ordinaire. Il a prononcé un discours en arabe devant une assemblée composée majoritairement de membres du MPC, renforçant l’impression d’une reconnaissance tacite et d’un glissement institutionnel difficile à comprendre pour la population locale.
Opération de confiscation des motos des jeunes par les Wagner noirs et leurs patrons vers Markounda
Pendant que les discours se succédaient, les nouveaux gradés poursuivaient leurs activités habituelles sur le terrain, souvent en tandem avec les mercenaires russes. Leur rôle consiste désormais à contrôler des axes, imposer des prélèvements forcés et maintenir une pression constante sur les petits commerçants qui dépendent de ces routes pour assurer leur subsistance quotidienne.
Ainsi, le jour même de la cérémonie, une opération conjointe a été menée sur un itinéraire fréquenté par les motocyclistes transportant marchandises et passagers. Les hommes du MPC et leurs alliés russes du groupe Wagner ont intercepté la voie, immobilisé les voyageurs et saisi plus d’une trentaine de motos, sans fournir la moindre justification, laissant les propriétaires désemparés.
Deux jeunes conducteurs des taxi-motos, surpris par la présence de ces Wagner noirs sur leur route, ont tenté de rebrousser chemin dans un mouvement de panique. Constatant les faits, ces hommes du MPC avec leurs alliés russes ont tiré sur eux par le dos. Mais depuis cette attaque, personne ne sait ce qu’il est advenu. Morts ou vivant, personne le sait. Leurs familles demeurent également dans une attente lourde.
Rappelons que ces trois nouveaux gradés du MPC, devenus des russes noirs, avaient trahi leurs collègues du MPC aux mercenaires russes du groupe Wagner il y’a quelques mois. Trahis par leurs collègues, ces quatre ex-rebelles du MPC ont été Arrêtés, transférés à Kaga-Bandoro, puis portés disparus jusqu’à ce jour. Pas de nouvelle d’eux.
Comme disent les centrafricains, tôt ou tard, la justice va rattraper ces bandits traitres.
Our monsieur David Gbeti, Emile Gros-Rémond Nacombo a transformé Bangui à une poubelle géante
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/Emile-Gros-Nakombo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/Emile-Gros-Nakombo.jpg” alt=”Our monsieur David Gbeti, Emile Gros-Rémond Nacombo a transformé Bangui à une poubelle géante” width=”271″ height=”186″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/Emile-Gros-Nakombo.jpg 271w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/Emile-Gros-Nakombo-218×150.jpg 218w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/Emile-Gros-Nakombo-100×70.jpg 100w” sizes=”auto, (max-width: 271px) 100vw, 271px” />Emile-Gros-Nakombo – Maire en question, Gouvernement en Défense : la Scandaleuse affaire à la Mairie de Bangui
Le secrétaire général de la mairie de Bangui, monsieur David Gbeti, dans une interview accordée à la radio Ndèkè-Luka, a dénoncé d’une manière directe neuf années de négligence ayant plongé la capitale centrafricaine dans l’insalubrité.
David Gbeti ne reconnaît plus la ville qu’il administre. Bangui, autrefois surnommée la coquette ville de Paris, s’est métamorphosée en un immense tas d’ordures. Le secrétaire général impute cette déchéance à Emile Gros-Rémond Nacombo, président de la délégation spéciale depuis neuf ans. Les détritus s’accumulent dans chaque quartier sans que personne n’intervienne.
Les moustiques pullulent désormais dans toutes les zones urbaines. Cette prolifération découle directement de l’eau stagnante qui croupit entre les monticules de déchets. Les habitants respirent quotidiennement des odeurs pestilentielles qui émanent des caniveaux bouchés. L’air de la capitale charrie des relents insupportables du matin au soir.
Le bruit envahit également l’espace public de manière chaotique. Les nuisances sonores s’ajoutent à la pollution olfactive pour rendre la vie quotidienne pénible. Gbeti énumère ces fléaux comme autant de symptômes d’une administration défaillante. Chaque problème trouve sa source dans l’absence totale d’entretien urbain.
Les inondations frappent régulièrement la ville lors des pluies. Les canaux d’évacuation, jamais curés, débordent et transforment les rues en rivières boueuses. L’eau charrie les immondices jusque dans les habitations. Les quartiers les plus pauvres subissent des déluges à répétition sans aucun secours municipal.
Pourtant, l’argent destiné au nettoyage arrive bel et bien dans les caisses. Le secrétaire général rappelle que les lignes budgétaires prévues pour l’assainissement existent. Mais Nacombo suspend ces dépenses considérées comme prioritaires. Les fonds s’évaporent vers d’autres destinations que personne ne peut identifier clairement.
Les services municipaux chargés du ramassage des ordures manquent de tout. La Direction des grands travaux ne dispose même pas du carburant nécessaire pour faire rouler ses camions. Les agents municipaux restent paralysés pendant que les monticules de déchets grandissent. Cette situation perdure depuis des années sans amélioration visible.
Gbeti explique que les dépenses prioritaires sont détournées de leur objectif initial. L’argent qui devrait alimenter les opérations de nettoyage sert à financer les voyages de Nacombo à l’étranger. Le président de la délégation part régulièrement sans rendre compte de ses déplacements. Aucun résultat concret ne découle de ces missions dispendieuses.
Le conseil municipal ne se réunit plus depuis plus de trois ans. Cette paralysie démocratique empêche tout débat sur les priorités de la commune. Sans budget voté, sans délibération collective, la mairie navigue à vue. Nacombo prend toutes les décisions dans son cabinet sans consulter les instances prévues par la loi.
Les institutions de contrôle ont toutes dénoncé cette dérive. Les inspecteurs centraux ont produit des rapports cinglants sur la gestion municipale. L’Assemblée nationale a critiqué ouvertement l’état de gouvernance à la mairie. Tous ces organes pointent la responsabilité personnelle du premier citoyen dans cette catastrophe.
Gbeti assume sa part de vigilance dans ce naufrage. Il reconnaît que se taire davantage ferait de lui un complice de cette mauvaise administration. Depuis trois ans et demi qu’il occupe son poste, il observe la situation se dégrader. Son premier rapport adressé au ministère de l’Administration du territoire date de son arrivée.
La population réclame le départ de Nacombo. Le ministre conseiller spécial du chef de l’État a même joint sa voix à cette demande. Mais le président de la délégation reste en place et poursuit sa gestion opaque. Les Banguissois continuent de patauger dans les ordures pendant que leur premier responsable voyage.
Les conséquences de neuf années d’incurie deviennent irréparables. Les infrastructures d’assainissement ont cessé de fonctionner faute d’entretien. Les canalisations anciennes se sont effondrées sans être remplacées. Reconstruire tout ce qui a été détruit par la négligence demandera des décennies et des sommes colossales.
Gbeti insiste sur un point crucial : le président de la République ne gère pas la commune. Cette responsabilité incombe entièrement à celui qui a été désigné pour diriger Bangui. Nacombo bénéficie d’une confiance qui lui confère des pouvoirs étendus. Mais avec ces pouvoirs vient l’obligation de rendre des comptes
Bambouti, une milicienne Azandé témoigne : “Nous resterons en forêt tant que Wagner occupera le Haut-Mbomou
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans une vidéo largement partagée sur les plateformes des réseaux sociaux centrafricains, une milicienne originaire de Bambouti explique pourquoi elle a quitté la ville pour rejoindre la résistance armée dans le maquis.
Pour connaitre son histoire, cette femme milicienne vient de Bambouti, localité de la préfecture du Haut-Mbomou située à plus de 1300 kilomètres de Bangui, tout près de la frontière soudanaise. Elle appartenait aux groupes d’autodéfense azandés que les instructeurs russes de la milice Wagner ont commencé à former en mars 2024. Son histoire commence avec une promesse d’intégration dans l’armée régulière, une opportunité qu’elle croyait saisir pour construire un avenir stable.
L’objectif affiché par les miliciens du groupe Wagner était de constituer leur propre supplétifs armés communément appelés russes noirs, mais également d’incorporer une partie de ces combattants dans les rangs officiels de l’armée centrafricaine, par vagues successives de 120 braves. Les deux premières fournées ont effectivement rejoint les forces gouvernementales comme prévu. La jeune femme devait normalement faire partie du troisième contingent de 150 ex-combattants, mais quelque chose s’est déréglé dans ce processus d’enrôlement.
Mais à la surprise, l’incorporation de ces ex-miliciens d’autodéfense Azandé s’est arrêtée à la deuxième vague. La jeune dame qui s’apprêtait d’intégrer l’armée nationale s’est alors retrouvée bloquée dans les quartiers d’Obo. Cette attente forcée l’a plongée dans une incertitude pesante, coincée entre deux mondes sans appartenir vraiment à aucun.
Les mois ont passé dans cette situation bancale jusqu’au début du mois d’avril 2025. Quand les affrontements ont finalement éclaté entre miliciens et troupes gouvernementales, elle a dû prendre une décision rapide. La vie en ville était devenue invivable pour quiconque portait certaines marques corporelles, notamment les traces de rasoirs sur le corps.
Elle explique dans son témoignage que les personnes arborant ces traces de rasoir sont immédiatement repérées et arrêtées par les forces de l’ordre. Selon ses mots, beaucoup de ces innocents sont embarqués dans des hélicoptères de Wagner en direction de la capitale. Certains ne parviennent jamais à destination, disparaissant mystérieusement en route.
Leurs corps sont retrouvés parfois dans la jungle, souvent jamais identifiés par leurs proches qui cherchent en vain des réponses. D’après ses explications, Elle aussi porte elle-même ces traces de rasoir sur le corps, héritage culturel devenu soudainement dangereux. Rester en zone urbaine équivalait pour elle à attendre passivement son arrestation, une perspective qu’elle refusait d’accepter.
Mais au-delà de sa propre sécurité, ce qui l’a vraiment poussée à rejoindre la résistance concerne sa famille entière. Ses frères ne peuvent plus aller chasser en forêt pour ramener de quoi nourrir le foyer. Ils sont traqués dès qu’ils s’éloignent des habitations, privant ainsi la famille de ses moyens de subsistance traditionnels.
L’atmosphère dans le Haut-Mbomou est devenue irrespirable au fil des mois. Elle désigne clairement les mercenaires russes comme responsables directs de cette dégradation sécuritaire. Ces étrangers, qui viennent d’ailleurs de fouler le sol centrafricain, sèment la terreur dans sa région natale selon ses observations.
Ils interpellent arbitrairement, tuent, commettent toutes sortes d’exactions sans répondre de leurs actes devant la justice. Cette situation insoutenable nourrit la colère des miliciens qui refusent désormais de quitter leurs maquis. Le ressentiment grandit chaque jour davantage parmi les populations qui subissent ces violences.
Elle lance un message sans équivoque dans sa vidéo : tant que Wagner restera déployé dans le Haut-Mbomou, les combattants azandés ne déposeront pas les armes. Le gouvernement refuse toute négociation avec eux, alors ils maintiennent fermement leur position. L’impasse paraît totale, aucune des deux parties ne semblant prête à céder du terrain.
La jeune femme accuse directement le président Touadéra d’avoir importé ces mercenaires dans le pays. Elle dénonce les sommes colossales versées chaque mois aux Russes pendant que la population centrafricaine souffre de la faim. Cette répartition des ressources lui paraît scandaleuse et profondément injuste, un gaspillage criminel face aux besoins criants de ses compatriotes.
Les forces de défense et de sécurité intérieure centrafricaines, autrefois garantes de l’ordre, sont devenues aussi imprévisibles que les mercenaires russes. Elles reproduisent désormais les mêmes méthodes selon elle : arrestations arbitraires, violences, emprisonnements sans motif valable. Cette spirale répressive alimente paradoxalement la détermination des groupes d’autodéfense à poursuivre leur lutte.
Leur combat n’est pas séparatiste, précise-t-elle avec insistance. Ils ne cherchent pas à créer un nouvel État indépendant ni à fragmenter le pays. Ils veulent simplement retrouver la tranquillité qui régnait autrefois dans leur région, avant l’arrivée des mercenaires russes.
Une existence paisible, loin des brimades et des disparitions, voilà leur revendication essentielle. La milicienne insiste sur le caractère défensif de leur lutte armée. Ils campent dans les bois non par choix idéologique, mais par nécessité vitale face aux menaces qui pèsent sur eux.
Le départ des mercenaires russes demeure leur condition préalable à toute sortie de crise. Sans ce retrait complet, aucun apaisement n’est envisageable selon elle, aucun dialogue possible. Elle décrit un quotidien rythmé par la peur et l’incertitude pour les civils restés dans les villes du Haut-Mbomou.
Martin Ziguelé est-il victime d’un accident ou d’agression sur l’avenue du 15 mars ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/collision-entre-un-rouleau-compresseur-du-chantier-de-la-route-de-pk12-et-le-vehicule-de-l-opposant-politique-martin-ziguele-a-bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/collision-entre-un-rouleau-compresseur-du-chantier-de-la-route-de-pk12-et-le-vehicule-de-l-opposant-politique-martin-ziguele-a-bangui.webp” alt=”Collision entre un rouleau compresseur du chantier de la route de Pk12 et le véhicule de l’opposant politique Martin Ziguélé à Bangui.” width=”400″ height=”406″ />Collision entre un rouleau compresseur du chantier de la route de Pk12 et le véhicule de l’opposant politique Martin Ziguélé à Bangui. Photo CNC
Ce mardi 24 février, l’ancien Premier ministre Martin Ziguelé a été victime d’un incident sur l’avenue du 15 mars, à Bangui, dans des circonstances qui poussent les centrafricains à s’interroger.
Tout a débuté dans les embouteillages provoqués par les travaux de bitumage en cours depuis 3 ans sur cette avenue du 15 mars. Martin Ziguelé, de retour de l’enterrement d’un cadre supérieur de son parti le MLPC, monsieur Dieudonné Thierry Kiandji. Au niveau du PK12, à l’entrée de la capitale, il a emprunté la voie à sens unique pour rentrer chez lui comme tout le monde. Arrivé à un niveau, les soldats de forces armées centrafricaines, positionnés sur la voie pour réguler les circulations, ont sommé son chauffeur de quitter la voie à sens unique pour emprunter la chaussée nouvellement goudronnée. D’après ses explications, l’ancien Premier ministre a dit qu’il a d’abord refusé, mais l’un des soldats, un adjudant-chef, a insisté jusqu’à ce que le chauffeur finisse par s’engager le véhicule sur cette portion de l’avenue.
L’opposant Martin Ziguélé sorti de son véhicule après que le rouleau compresseur du chantier de la route de Pk12 a foncé sur son véhicule à Bangui. Photo CNC
Avançant tranquillement sur cette avenue, le véhicule est arrivé au niveau de l’entrée du quartier Pindao que les choses ont pris une autre tournure. À peine le véhicule engagé sur la route fraîche, le rouleau compresseur du chantier, conduit par une dame, s’est avancé dans sa direction. L’engin a percuté la portière droite du véhicule, l’endommageant visiblement, sous les yeux de l’ancien chef du gouvernement.
Sur place, devant la foule qui a assisté à la scène, Martin Ziguelé a aussitôt réclamé un constat officiel. Les gendarmes se sont déplacés, ont dressé un procès-verbal et auditionné le chauffeur. Le véhicule lui a été restitué et il a déclaré prendre personnellement en charge les réparations.
Notre équipe est restée discrètement sur place après son départ pour mener ses propres vérifications. Ce qui en est ressorti va dans le sens de l’intentionnel : la conductrice du rouleau compresseur aurait délibérément dirigé son engin vers le véhicule. Pourquoi cette ouvrière aurait-elle visé précisément cette voiture, à ce moment précis ? D’après ses explications, aucun véhicule ne devrait rouler sur cette voie en construction. Mais le problème est qu’elle a d’abord laissé le passage au véhicule avant de revenir le coincer.
La question reste entière. Et dans un pays où les actes contre des personnalités politiques passent souvent pour des faits ordinaires, personne ne semble pressé d’y répondre. Alors, Martin Ziguelé est-il victime d’un accident ou d’une agression ?
Après avoir imposé une taxe forfaitaire aux éleveurs peuls, les Wagner passent à la vitesse supérieure et leur imposent le « sofa », une contribution obligatoire par tête de bœuf
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/06/les-éleveurs-Mbororos-image-de-lassociation-pour-lintégration-et-le-développement-social-des-Peuls-de-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>les-éleveurs-Mbororos-image-de-lassociation-pour-lintégration-et-le-développement-social-des-Peuls-de-Centrafrique – RCA : 3 présumés rebelles de 3R arrêtés à Bozoum, 4 jours après, le doute persiste.
Un nouveau cap vient d’être franchi dans l’extorsion pratiquée contre les éleveurs peuls. Les mercenaires russes, assistés par leurs relais issus du mouvement 3R, collectent désormais une cotisation annuelle baptisée « sofa » dans les zones de la Nana-Mambéré, lu’Ouham-Pendé, , la Mambéré et Mambéré-Kadéi.
Le terme « sofa », emprunté à la langue foulbé, désigne une contribution annuelle calculée selon l’importance du cheptel. Chaque propriétaire doit céder entre une et quatre têtes de bétail, parfois davantage. Cette nouvelle taxe illégale s’ajoute à l’ancienne taxe déjà imposée avant par les Wagner.
Les zones touchées s’étendent autour de Bouar, Ngaoundaye, Amada Gaza, Berberati, et Carnot, là où les éleveurs sont nombreux. Les préfectures citées en haut subissent cette pression depuis deux semaines. Impossible pour les bergers de se dérober ou de fuir avec leurs bêtes.
Rappelons le, le mouvement 3R avait vu le jour en 2014-2015 sous la conduite d’Abbas Siddiqui. Au départ, ses fondateurs affirmaient vouloir défendre les populations peules contre les exactions des milices anti-balaka qui s’en prenaient régulièrement aux bergers et volaient leur bétail. Mais l’organisation a progressivement changé de nature.
Après avoir signé un accord avec le gouvernement centrafricain en avril 2025, plusieurs de ses rebelles ont rejoint les structures officielles. Certains ont intégré l’armée nationale, d’autres ont reçu une formation dispensée par les Russes pour devenir ce qu’on appelle souvent des « Russes noirs ». Ces auxiliaires travaillent désormais aux côtés des mercenaires du groupe Wagner.
Ces anciens rebelles connaissent parfaitement le terrain et savent exactement où trouver les campements des éleveurs. Cette connaissance intime du territoire centrafricain facilite grandement les opérations de collecte menées par les mercenaires russes. Aucun berger ne peut échapper à leur vigilance.
Les montants exigés varient entre 600 000 et un million de francs CFA par éleveur, selon la taille du troupeau. Contrairement aux rançons ponctuelles réclamées auparavant, le « sofa » s’inscrit dans la durée. Il s’agit d’un prélèvement annuel récurrent qui pèse lourdement sur les finances des familles peules.
Parfois, le gouvernement lui-même organise des collectes de bétail au nom du chef de l’État, obligeant les éleveurs peuls à contribuer en têtes de bœufs. Cette pratique officielle sert aujourd’hui de modèle aux mercenaires russes. Ils ont calqué leur propre système de taxation sur ces méthodes gouvernementales.
Les éleveurs reçoivent l’ordre de vendre les animaux désignés et de remettre l’argent liquide aux ex-rebelles de 3R. Ces derniers se présentent ensuite aux mercenaires du groupe Wagner pour partager les sommes récoltées. Ce mécanisme de collaboration entre ex-rebelles de 3R et forces de Wagner fonctionne à plein régime depuis une quinzaine de jours.
Les transferts d’argent de main à main se font sans grande discrétion, tant les auteurs semblent assurés de leur impunité. Cette situation s’amplifie jour après jour dans les préfectures concernées. Les éleveurs se retrouvent pris au piège, incapables de refuser.
Récemment, dans la Nana-Mambéré, des heurts ont éclaté entre les éleveurs Peuls et les ex-rebelles du 3R. Ces affrontements ont coûté la vie à trois combattants du mouvement 3R. Malgré cette tension, la collecte du « sofa » se poursuit sans interruption.
Des gaz lacrymogènes tirés sur des enseignants à Bangui : la PJLOD hausse la voix et reclame des comptes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp” alt=”Centrafrique : la PJLOD alerte sur la formation militaire de mineurs par le groupe Wagner” width=”400″ height=”450″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie-373×420.webp 373w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Monsieur Arsène Élien, Coordinateur de la PJLOD. Photo de courtoisie
Des enseignants grévistes aspergés de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre, des blessés dans les rangs, et une situation qui s’étend de plus en plus au-delà de la capitale.
C’est dans ce contexte que la Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique, la PJLOD, a découvert à travers des vidéos et publications circulant sur les réseaux sociaux, concernant les événements survenus le mardi 24 février 2026 lors de la grève des enseignants de l’Institut Universitaire de Gestion des Entreprises, l’IUGE, rattaché à l’Université de Bangui.
Ces hommes et femmes qui enseignent chaque jour dans des conditions de travail et de rémunération très difficiles avaient, une fois de plus, choisi de cesser les cours pour réclamer le paiement de leurs vacations. Ce n’est pas la première fois qu’ils empruntent ce chemin, tant leur situation est devenue difficile à endurer au quotidien.
Ce qui a particulièrement indigné la PJLOD, c’est que les autorités aujourd’hui au pouvoir sont elles-mêmes issues du milieu enseignant. Elles savent donc mieux que quiconque ce que vivent leurs anciens collègues, ce qui rend l’usage de la force encore plus difficile à justifier. La PJLOD condamne avec la plus grande fermeté ces actes de répression et rappelle que des cas semblables auraient également été signalés à Sibut, chef-lieu de la Kémo, ce qui montre que le phénomène ne se limite pas à Bangui.
Face à cette réalité, la PJLOD appelle les autorités à mettre fin immédiatement à toute répression, à s’asseoir autour d’une table avec les enseignants de l’IUGE pour trouver des réponses concrètes à leurs revendications, et à garantir le respect de leur droit de grève. Elle demande aussi qu’une enquête soit ouverte sur les circonstances dans lesquelles la force a été employée, et que les personnes responsables en répondent. La question des conditions de travail et de rémunération doit, selon la PJLOD, être réglée de manière juste et pérenne.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/pub-mercredi.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/pub-mercredi.webp” alt=”Évolution des stratégies défensives dans le football africain” width=”400″ height=”266″ />
Les équipes africaines s’adaptent aux exigences des matchs modernes. D’autres équipes créent de nouvelles formations afin de prévenir les attaques adverses. La coordination collective et la discipline tactique jouent un rôle clé, notamment lorsqu’il s’agit de suivre les performances défensives lors des rencontres via des plateformes de paris sportifs reconnues comme https://1xbet.sn/fr. Ces modifications permettent de mieux se préparer lors des matchs et des séances d’entraînement.
Quelles technologies de défense ont été développées ?
De nombreuses équipes utilisent des systèmes mixtes, combinant marquage individuel et défense zone. Les autres équipes conservent la formation 4-4-2, tandis que d’autres utilisent le 3-5-2 ou le 4-2-3-1 pour mieux gérer les espaces et stopper les ailiers rapides. Les formations serrées réduisent les espaces entre arrières et milieux, mais permettent aussi de retourner le ballon. Ces changements traduisent une volonté d’équilibrer rigueur et réactivité.
Le développement de la défense en zone ?
Dans la plupart des compétitions africaines, la défense de zone progresse. Protection individuelle combinée à une couverture de zone permet d’éviter les entrées profondes. Les défenseurs s’adaptent rapidement à l’intensité du jeu pour corriger les faiblesses. Après s’être inscrits via https://1xbet.sn/fr/registration, les utilisateurs peuvent suivre les statistiques des rencontres en direct, ce qui met en évidence l’importance de la coordination et de la communication entre les joueurs, tout en aidant à anticiper les actions collectives de l’équipe adverse. Si un joueur repère un espace vulnérable, il peut immédiatement ajuster sa position pour limiter le danger. Cette réactivité contribue à renforcer la stabilité défensive et à préparer des contre-attaques efficaces.
Et pour la transition de protection ?
Une équipe bloque les changements défensifs après une perte de balle. Si un milieu récupère le ballon, il doit orienter le jeu vers l’arrière pour garder la possession. Les défenseurs se retirent rapidement et bloquent les routes et les passages. Réagir vite, quand on perd le ballon dans sa moitié de terrain, permet à l’adversaire de s’en débarrasser. Cela signifie que le football africain doit répondre.
La part des milieux de recyclage
Les milieux récupérateurs connectent défense et attaque et évoluent avec le phénomène. L’aile ou le centre du terrain peuvent être renvoyés. Ils sont solides tactiquement et anticipent les courses adverses pour réduire les risques de contre-attaque. Ces profils sont utilisés par les entraîneurs pour maintenir la formation défensive et avoir des options en attaque.
Les données influent-elles sur les choix ?
Une problématique statistique de défense Les coachs contrôlent la pression exercée, les courses défensives et la fermeture des espaces pour améliorer les consignes. Si une équipe n’a pas de défense régulière, elle peut redonner les rôles ou les responsabilités à certains joueurs. La coordination, la réactivité et le positionnement stratégique sont les facteurs de la validation.
Les concurrents rapides : évolutions ?
Les clubs africains adaptent leur jeu au jeu du concurrent. Les routes centrales sont bloquées par la défense. Les deux parties avancent ou reculent en fonction de la situation, jouent défense et liberté d’attaque. Ces approches illustrent la nécessité de la rigueur collective et du savoir-faire personnel pour affronter des équipes performantes.
La croissance des ailes et des côtés
Il devient un robot qui pilote l’espace. Un défenseur latéral qui monte avec le ballon attire la défense, permettant aux milieux ou aux ailiers de se dégager. Ces couloirs permettent aux équipes de créer des écarts et de perturber les défenses rigides. Les combinaisons défenseurs, milieux et attaquants permettent d’enrichir le jeu défensif et d’élaborer des stratégies de contre-attaque.
Problèmes du football africain ?
Le développement des tactiques défensives reflète une professionnalisation accrue du football africain. Si les équipes sont souples et rigoureuses, leur compétitivité en Europe revient. Les données, l’analyse et la multifonctionnalité des joueurs permettent aux coachs de s’adapter aux concurrents. Les défenses seront plus robustes et efficaces.
Les équipes africaines sont basées sur la tactique et la performance. Les lignes hybrides, la gestion des milieux et l’utilisation des flancs transforment la défense en un élément stratégique. Si ces habitudes persistent, les équipes seront plus structurées, réactives et solides. L’étude des comportements défensifs permet d’anticiper les actions des équipes et d’améliorer la préparation des rencontres.
Ils ont déjà vidé le sous-sol centrafricain. Ils reviennent maintenant endoctriner la jeunesse. La colonisation de la RCA se poursuit à grande échelle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/apprentissage-des-jeunes-adolescents-civils-centrafricains-aux-tirs-d-armes-de-guerre-par-les-mercenaires-russes-de-wagner-a-berengo.webp” data-wpel-link=”internal”>Apprentissage des jeunes adolescents civils centrafricains aux tirs d’armes de guerre par les mercenaires russes de Wagner à Berengo
La République Centrafricaine est devenue le laboratoire vivant d’une ambition russe qui ne se dissimule plus : prendre un pays, ses richesses, ses institutions, et maintenant ses jeunes.
Tout a commencé bien avant ce samedi 21 février 2026. Depuis leur arrivée sur le sol centrafricain, les mercenaires du groupe Wagner, envoyés par Moscou sous couvert de coopération militaire, ont méthodiquement mis la main sur tout ce que le pays possédait. L’or, le diamant, les douanes, le commerce, les finances. Rien n’a échappé à cette prise en main silencieuse mais totale.
Maniement au DKM d’un jeune
Ce pillage économique aurait pu suffire. Mais Wagner ne s’arrête pas là, et vous allez comprendre. En effet, le samedi 21 février 2026, en prélude à la Journée des défenseurs de la patrie célébrée chaque 23 février en Russie, la Maison Russe de Bangui a conduit une cinquantaine de jeunes jusqu’à Bérengo, à 80 kilomètres de la capitale. Ce centre militaire, tenu par des instructeurs russes de la milice Wagner, n’est pas une école. C’est une base de formation armée.
Sur place, ces jeunes ont été initiés au maniement de la Kalachnikov et de la DKM, deux armes de guerre. On leur a fait visiter les champs de tir, on leur a expliqué les cycles d’instruction militaire, on leur a parlé de sacrifice et de défense de la patrie. Mais pas de la patrie centrafricaine.
Formation des jeunes adolescents civils centrafricains aux tirs d’armes de guerre par les mercenaires russes de Wagner à Berengo
Car c’est là que tout bascule vraiment. L’un des participants, présenté comme encadreur du programme russe Alabuga Start 2026, a déclaré publiquement : ils se préparaient à défendre leur patrie, comme les Russes l’ont fait. Pas comme les Centrafricains. Comme les Russes. Cette phrase, publiée fièrement sur les réseaux sociaux par les cercles proches de Wagner, résume à elle seule ce que cette journée visait vraiment.
Le programme Alabuga Start n’est pas un détail mineur dans cette histoire. C’est un dispositif russe qui recrute des jeunes Africains pour les former dans des zones économiques spéciales en Russie. Que son encadreur soit précisément la voix choisie pour parler au nom du groupe ce jour-là, à Bérengo, n’a rien d’étonnant.
Ce que Wagner déploie en RCA ressemble trait pour trait à ce que la Russie pratique depuis des années chez elle avec la Younarmia, cette structure paramilitaire qui façonne les jeunes esprits bien avant qu’ils n’aient l’âge de choisir leur camp.
Et Bérengo n’est qu’un point sur la carte. Dans les villes de province également, loin des regards et des débats, comme à Bocaranga dans l’Ouham-Pendé, des responsables de la jeunesse locale ont été rassemblés pour suivre des formations similaires. Cette extension géographique montre que ce qui s’est passé le 21 février n’était pas une initiative locale improvisée.
Ceux qui sont censés gouverner la RCA aujourd’hui observent sans broncher, ou peut-être sans pouvoir faire autrement. Wagner les maintient, Wagner les protège, Wagner décide. Ce que certains appellent encore un gouvernement souverain ressemble davantage à une façade derrière laquelle d’autres mains tiennent les rênes.
Au terme de la journée à Bérengo, plusieurs participants ont exprimé le souhait de rejoindre les Forces Armées Centrafricaines. Ce résultat-là, les organisateurs l’attendaient probablement depuis le matin.
Menace, torture, licenciement : comment le commandant Lamtagué sème le chaos sur les sites miniers de Rondji et Gobolo, sous prétexte de chasse aux informateurs du CNC
Le commandant Lamtagué , directeur de sécurité d’IMC, multiplie, d’une manière violente, les descentes musclées et accuse n’importe qui d’être des informateurs de Corbeau News Centrafrique.
Depuis plusieurs semaines maintenant, le commandant Lamtagué des Forces Armées Centrafricaines ne se contrôle plus. Dès qu’il entend parler de publications sur Corbeau News Centrafrique, la panique le gagne. Il voit des informateurs partout, dans chaque ouvrier, derrière chaque téléphone portable. L’homme qui dirige la sécurité des installations minières chinoises d’IMC est devenu obsédé par cette chasse. Il passe d’un site à l’autre, de Gobolo à Rondji , de Yaloké aux autres bases, toujours à la recherche du coupable qu’il ne trouve jamais vraiment.
Cette histoire commence bien avant les événements du 25 décembre à Rondji . Il faut remonter à une première intervention pathétique et musclée du commandant qui avait déjà quitté Gobolo, la base principale située à une dizaine de kilomètres de Rondji . Ce jour-là, il s’était rendu directement au site de Rondji le 5 décembre 2025 pour une réunion qu’il disait importante. Les ouvriers s’étaient rassemblés comme on le leur demandait, sans se douter de ce qui allait se passer.
Le commandant est arrivé à Rondji vers 16 heures. Il a fait rassembler tous les employés du site sans exception. Ouvriers, chauffeurs, personnel de tous niveaux ont été convoqués. Il parlait d’une réunion de travail. Personne ne pouvait refuser, personne n’imaginait ce qui allait suivre.
Dès le début, l’atmosphère était pesante. Le commandant Lamtagué avait ce regard dur, cette tension dans la voix qui annonçait quelque chose de grave. Il a commencé par ordonner la confiscation de tous les téléphones portables de chaque employé. Pas d’exception, pas de discussion possible. Un par un, chaque employé a dû remettre son appareil. Les téléphones s’empilaient devant lui. Il voulait fouiller leur contenu, traquer ceux qui lisaient les articles de Corbeau News, ceux qui suivaient les publications, ceux qui pouvaient avoir des contacts avec la rédaction.
Site d’exploitation minière chinoise de Gaga. Photo CNC
L’inspection a commencé méthodiquement. Le commandant Lamtagué passait d’un téléphone à l’autre, ouvrait les applications, parcourait les messages, scrutait les photos. Il cherchait une preuve, n’importe laquelle, qui lui permettrait d’identifier les “traîtres”. Dans sa tête, quelqu’un sur ce chantier avait forcément livré des informations à la presse. Il était convaincu que les journalistes ne pouvaient pas connaître tous ces détails sans l’aide d’employés du site.
Mais la surprise arrive. Dans les téléphones de deux ouvriers, il a trouvé ce qu’il cherchait. Les articles de CNC étaient là, consultés, peut-être même sauvegardés. Pour ces deux hommes, ce moment a marqué le début d’un cauchemar de leur vie. Le commandant Lamtagué les a désignés publiquement devant toute l’assemblée. Sa voix tremblait de colère. “Vous m’avez trahi. Vous avez raconté des choses à mon nom à Corbeau News Centrafrique, les journaux de CNC. C’est à cause de vous qu’on m’a convoqué à Bangui.”
Les accusations fusaient maintenant. Le commandant hurlait. “On m’a convoqué deux fois à Bangui, deux fois. Mais ils se sont trompés. Ils ne vont rien me faire. J’ai donné mes explications et c’est terminé. Je suis officier supérieur, je suis commandant. Rien ne va m’arriver. Rien.”
Puis, sans prévenir, il s’est jeté sur les deux ouvriers. Il les a plaqués au sol avec violence. Cet homme qui affirmait publiquement n’avoir jamais frappé personne de toute sa vie, qui disait n’avoir jamais connu la bagarre même dans sa jeunesse, s’est transformé en bandit du grand chemin d’une férocité inouïe. Les coups ont commencé à pleuvoir. Des coups de poing, des coups de pied, sans retenue, sans limite. Les deux hommes au sol tentaient de se protéger la tête, de rouler sur le côté, mais le commandant continuait, acharné, possédé par une fureur vengeresse.
L’assemblée assistait à cette scène dans un silence glacé. Personne n’osait bouger. La terreur paralysait tous les témoins. Ils voyaient le chef de sécurité de l’IMC, un officier supérieur de l’armée nationale, torturer deux de leurs collègues en plein jour, devant tout le monde, sans la moindre gêne. Le tabassage a duré plusieurs minutes. Entre les coups, le commandant continuait de hurler ses accusations, ses menaces, ses justifications. “Vous allez voir aujourd’hui ce qui arrive quand on raconte des choses à mon nom. Vous allez regretter d’être nés.”
Après ce premier épisode, les semaines ont passé dans une tension permanente. Les ouvriers travaillaient en regardant par-dessus leur épaule, en faisant attention à leurs conversations, en cachant leurs téléphones. L’information circulait discrètement : le commandant cherchait des traîtres, des gens qui parleraient aux journalistes. Chacun essayait de rester invisible, de ne pas attirer l’attention sur lui.
Puis est arrivé le 25 décembre dernier, et avec lui une nouvelle descente du commandant à Rondji . Cette fois, l’objectif affiché était différent. Les élections se profilaient pour le 28 décembre, et beaucoup d’ouvriers souhaitaient rentrer chez eux pour voter. Les Chinois d’IMC ne voulaient pas arrêter la production, même pour une journée. Le commandant devait convaincre les travailleurs de rester sur place.
Il avait donc organisé une réunion générale à Rondji . Son discours initial portait sur une prime d’encouragement que les Chinois verseraient à ceux qui accepteraient de travailler le jour des élections. Les ouvriers écoutaient, certains semblaient accepter la proposition, d’autres calculaient mentalement si cette prime en valait la peine. L’atmosphère semblait presque normale, presque professionnelle.
À la fin de son intervention, le commandant avait demandé si quelqu’un voulait prendre la parole pour ajouter quelque chose. Un chauffeur congolais avait levé la main. L’homme voulait simplement parler d’un problème récurrent : les demi-journées que les Chinois comptabilisaient même quand ce n’était pas la faute des ouvriers. Un véhicule tombait en panne, et hop, la journée était comptée comme une demi-journée de travail. Un accident survenait, et le salaire était coupé sans explication satisfaisante.
Le Congolais expliquait calmement son souci, espérant peut-être que le commandant pourrait intercéder auprès des Chinois. Mais dès que l’homme a terminé sa phrase, tout a basculé. Le commandant s’est levé d’un bond, comme si on venait de l’attaquer. Il s’est jeté sur le chauffeur congolais en criant qu’il le dérangeait trop, qu’il faisait toujours des problèmes, qu’il parlait trop.
Il a attrapé le Congolais par la chemise, l’a tenu au cou devant tous les autres. Sa voix montait dans les aigus tandis qu’il hurlait des accusations incompréhensibles. Puis il a appelé ses soldats pour emmener le chauffeur, avant de changer d’avis brutalement et d’ordonner qu’on le ramène. Cette indécision nerveuse montrait à quel point il perdait pied.
Il a alors ordonné qu’on force le Congolais à s’asseoir sur un tas de sable qui se trouvait là. L’homme s’est exécuté sous les regards horrifiés de ses collègues. Tout le monde se taisait maintenant. La réunion avait pris une tournure cauchemardesque que personne n’avait anticipée. Le commandant tournait en rond, gesticulait, continuait de crier.
Quand la réunion s’est terminée, le commandant a désigné trois personnes qui devaient rester. Le chauffeur congolais qu’il venait d’humilier publiquement, un autre chauffeur centrafricain, et un mécanicien. Il leur a dit de l’attendre, qu’il devait encore leur parler. Les autres ouvriers sont partis en silence, soulagés d’échapper à cette folie mais inquiets pour leurs trois collègues.
Les trois hommes ont été conduits sous un hangar où le commandant venait souvent se reposer. Ils attendaient, ne sachant pas vraiment ce qui allait suivre. Quand Lamtagué est arrivé, il leur a immédiatement demandé leurs téléphones. Il voulait les fouiller un par un. Selon lui, c’était forcément l’un d’eux qui envoyait des informations à Corbeau News et qui causait ses convocations à Bangui.
Il a commencé par le téléphone du Congolais. Il a ouvert WhatsApp, a écouté tous les messages vocaux, a parcouru les conversations, a vérifié les photos. Il cherchait n’importe quelle preuve, n’importe quel lien avec des journalistes. Le Congolais le regardait faire sans rien dire, sachant qu’un mot de travers pouvait déclencher une nouvelle crise de rage.
Le mécanicien centrafricain a alors expliqué que son téléphone était en charge chez lui, qu’il ne l’avait pas sur lui. Le commandant a immédiatement ordonné qu’on envoie deux soldats avec lui pour aller le chercher. Impossible de refuser. Le mécanicien est donc parti, escorté par deux militaires armés, pour débrancher son téléphone et le ramener. Lamtagué l’a fouillé de la même manière, application par application.
Le troisième chauffeur, le Centrafricain, a essayé d’expliquer que son téléphone était cassé depuis son accident de camion. Le pare-chocs avait été endommagé lors de l’incident, et son téléphone aussi. Il avait beau le brancher, rien ne fonctionnait. Le commandant a crié que c’était un mensonge, que le chauffeur faisait le malin pour cacher quelque chose.
Le chauffeur a sorti son téléphone et le chargeur pour prouver ses dires. Les soldats ont branché l’appareil, ont essayé de l’allumer, ont tapé sur l’écran. Rien ne se passait. L’appareil était vraiment mort. Même cette preuve concrète n’a pas calmé le commandant. Il continuait d’accuser les trois hommes, répétant qu’ils envoyaient des choses sur lui, que c’était à cause d’eux qu’on le convoquait à Bangui.
Il a ensuite raconté ces convocations à l’État-major devant les trois ouvriers, comme pour justifier sa paranoïa. On l’avait appelé deux fois déjà à l’état-major. Mais il était ressorti libre à chaque fois, parce qu’il était officier supérieur, parce que son grade le protégeait. Il le répétait avec une assurance mêlée de rage, comme s’il voulait se convaincre lui-même que rien ne pouvait lui arriver.
Puis il a menacé directement les trois hommes. Il a dit qu’il allait chercher un par un tous ceux qui collaboraient avec Corbeau News, tous ceux qui parlaient à ces journalistes. Et quand il trouverait le vrai coupable, il le tuerait. Cette menace de mort prononcée calmement devant des témoins a glacé l’atmosphère. Les trois ouvriers savaient maintenant qu’ils étaient en danger réel.
Après cette séance d’intimidation, le commandant a ordonné aux soldats de faire sortir les trois hommes. Ils sont partis sans un mot, trop effrayés pour protester ou pour demander quoi que ce soit. Le lendemain, Lamtagué a contacté les Chinois pour leur demander de payer le chauffeur congolais et de le licencier immédiatement. Les patrons chinois ont obéi sans discuter.
Le Congolais a reçu son argent et a dû quitter le site le jour même. Aucun préavis, aucune explication officielle, aucun recours possible. Il travaillait là depuis des années, mais cela n’a compté pour rien. Le commandant avait décidé qu’il devait partir, alors il est parti. Cette méthode expéditive montrait bien qui détenait le vrai pouvoir sur ces chantiers miniers.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il faut maintenant se tourner vers Gobolo, la base principale d’IMC. Quelque temps auparavant, un incident était survenu concernant un transformateur de soudure. Des militaires avaient détourné cet équipement électrique, un appareil de forte puissance indispensable au fonctionnement du site. Le commandant Lamtagué avait réagi en arrêtant plusieurs ouvriers camerounais qu’il soupçonnait d’être mêlés à cette affaire.
Il avait fait emprisonner ces Camerounais à la gendarmerie de Abba sans vraiment de preuve solide. Le patron chinois du site s’était mis en colère en découvrant cette arrestation arbitraire. Il était allé libérer lui-même les ouvriers, ce qui avait créé une tension énorme entre lui et le commandant. Lamtagué n’avait pas apprécié d’être ainsi contredit, surtout devant tout le monde.
Dans ce contexte déjà tendu, un des mécaniciens camerounais était parti bien avant en congé pour rentrer au Cameroun. Il avait pris quelques semaines pour voir sa famille, se reposer un peu. Le 12 janvier dernier, il était revenu pour reprendre le travail. Il était arrivé à Beloko avec d’autres travailleurs camerounais qui montaient dans les véhicules pour rejoindre Gobolo.
Dès que le commandant l’a aperçu, il s’est approché et lui a dit qu’il ne pouvait pas retourner à Gobolo travailler. Il lui a annoncé qu’il était licencié, que c’était terminé pour lui. Le Camerounais ne comprenait pas. Il était parti en congé normal, il revenait comme prévu, et on lui refusait maintenant l’accès au chantier. Mais Lamtagué ne voulait rien entendre.
Le mécanicien a essayé de négocier, d’expliquer qu’il n’avait rien fait de mal. Le commandant est monté dans son véhicule et est parti sans plus de discussion. Le Camerounais a alors profité du départ du commandant pour monter discrètement dans un autre camion transportant des ouvriers. Il espérait peut-être que personne ne le remarquerait, qu’il pourrait rejoindre le site et clarifier la situation avec les Chinois directement.
Le convoi de véhicules a roulé pendant des heures. Après Baboua, ils sont arrivés à Gallo, un village situé à environ cinquante ou soixante kilomètres de Bouar. C’est à Gallo qu’il faut tourner à gauche pour rejoindre Aba et les sites miniers. Le commandant attendait là, et il a immédiatement repéré le mécanicien camerounais dans le camion.
Il s’est précipité vers le véhicule en criant. Il a ordonné au Camerounais de descendre immédiatement. L’homme a dû obéir devant tous les autres travailleurs qui assistaient à la scène sans pouvoir intervenir. Lamtagué a répété qu’il devait rester à Gallo, qu’il ne pouvait pas continuer vers le chantier. Il a accusé le mécanicien d’être le correspondant local de CNC, de transmettre des informations aux journalistes.
Le Camerounais a tenté de se défendre, de dire qu’il ne connaissait aucun journaliste, qu’il voulait juste travailler. Mais le commandant ne l’écoutait plus. Il a dit que c’était lui qui parlait trop, qui racontait des choses sur son nom à Corbeau News. Il l’a chassé sur place, au milieu de nulle part, à Gallo, à des centaines de kilomètres de la frontière camerounaise.
Les autres ouvriers sont montés dans les camions et sont partis vers Gouboulou, laissant le mécanicien seul au bord de la route. L’homme n’avait pas d’argent sur lui, pas de moyen de rentrer chez lui. Il a essayé d’appeler les Chinois pour expliquer sa situation. Les patrons ont fini par comprendre ce qui s’était passé et ont envoyé de l’argent au mécanicien le lendemain.
Avec cet argent, le Camerounais a pu payer un transport pour retourner vers la frontière. Il a quitté la Centrafrique sans avoir revu le chantier où il travaillait depuis longtemps. Une fois de plus, le commandant Lamtagué avait décidé seul du sort d’un employé, sans consulter personne, sans procédure, sans justification réelle. Les Chinois d’IMC acceptaient ces décisions parce qu’ils savaient que leur sécurité dépendait de cet homme.
Tous ces événements montrent comment Lamtagué gère les sites miniers qu’il contrôle. À Rondji , à Gobolo, à Yaloke, partout où IMC exploite des mines, le même schéma se répète. Le commandant accuse, menace, frappe, licencie sans avoir besoin de preuves. Il suffit qu’il soupçonne quelqu’un pour que cette personne devienne une cible. Et dans son esprit, tout le monde peut être suspect.
Cette obsession de trouver les informateurs de Corbeau News le consume de plus en plus. Il passe son temps à fouiller des téléphones, à écouter des conversations, à surveiller les moindres mouvements des ouvriers. Il voit des complots partout, des trahisons dans chaque regard. Sa paranoïa grandit au fur et à mesure que de nouveaux articles paraissent sur ses agissements.
Pourtant, c’est lui-même qui crée les conditions de ces publications. Les taxations illégales, le recrutement clandestin de travailleurs étrangers, les brutalités, tout cela est documenté parce que cela existe vraiment. S’il cessait ces pratiques, les journalistes n’auraient plus rien à raconter. Mais il ne semble pas capable de faire ce lien. Dans sa tête, le problème vient toujours des autres, jamais de lui.
Les ouvriers vivent maintenant dans une peur permanente. Chacun sait qu’une simple accusation peut détruire son emploi, voire mettre sa vie en danger. Le commandant a prouvé qu’il n’hésitait pas à frapper publiquement, à humilier devant tout le monde. Il a montré qu’il pouvait faire emprisonner quelqu’un sur un simple soupçon. Cette démonstration de pouvoir absolu terrorise tous ceux qui travaillent sous ses ordres.
Les sites miniers d’IMC comptent plus d’une vingtaine d’emplacements différents. Sur chacun d’eux, Lamtagué a placé des sous-officiers et des lieutenants qui reproduisent ses méthodes. Mais c’est lui qui reste le chef, celui qui donne les ordres finaux, celui qui décide qui peut travailler et qui doit partir. Les Chinois le savent et ne le contredisent presque jamais
Le clepto-mythomane Balalou et sa “nouvelle dynamique” : quand l’ex-détenu, devenu porte-parole délire sur la cohésion sociale divine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/balalou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/balalou.jpg” alt=”Le clepto-mythomane Balalou et sa “nouvelle dynamique” : quand l’ex-détenu, devenu porte-parole délire sur la cohésion sociale divine” width=”280″ height=”300″ />Le ministre centrafricain de la communication, porte-parole du gouvernement,, l’ex-détenu Maxime Balalou
Le mythomane Maxime Balalou a atteint ce lundi 26 janvier un nouveau sommet dans l’art du charabia propagandiste. Entre formules creuses et délire mystique, le clepto-mythomane transforme sa conférence de presse en prêche politique incompréhensible.
« Notre pays a besoin de renforcer son unité. Notre pays a besoin de vivre ensemble. Notre pays a besoin de la cohésion au niveau national. Il s’agit là d’une nouvelle dynamique que le président de la République veut impulser dans le cadre de cette nouvelle mandature », a déclaré le mythomane Balalou avec un sérieux imperturbable. Cette nouvelle dynamique dont il parle n’est qu’un empilement de mots creux destinés à masquer l’absence totale de projet pour le pays.
Le mythomane Balalou tente ensuite de valoriser un événement religieux. « J’ai la faiblesse de penser à tous ceux qui ont participé dernièrement à l’événement de ce week-end, à savoir ce culte d’action de grâce que le président de la République a organisé dans son Église », déclare-t-il en référence au culte célébré après la validation du hold-up électoral.
Puis vient la dimension divine du discours de Balalou, celle qui transforme la politique en prêche propagandiste. « Le samedi 24 janvier dernier, à l’Église baptiste de Ngoubagara, ce culte a permis au peuple centrafricain de remercier son Dieu », affirme le clepto-mythomane en présentant le culte d’action de grâce comme la preuve de la légitimité divine de Touadéra.
Le mythomane Balalou poursuit son prêche politique. « Ce culte d’action de grâce a permis au président de la République de passer aussi un message fort qui concerne l’unité nationale, qui concerne le vivre ensemble, qui concerne la cohésion entre Centrafricains », déclare-t-il en transformant une cérémonie religieuse en événement politique.
Le clepto-mythomane Balalou évoque ensuite la dimension spirituelle de Touadéra. « Le président de la République a su montrer par l’Église la dimension de l’homme. Je parlerai un peu de l’humilité qui se traduit lorsqu’on occupe cette haute fonction et qu’on mesure la gravité de la mission confiée par le peuple et surtout la volonté de Dieu », affirme-t-il en élevant le président au rang de figure transcendante guidée par la providence.
Le mythomane Balalou continue son délire mystique. « Il a exprimé sa reconnaissance envers son peuple, pas sans l’appui ou sans la conduite de la lumière, en rendant grâce à Dieu pour ses bienfaits », déclare-t-il. La conduite de la lumière ? Le clepto-mythomane sacralise le pouvoir politique en le présentant comme guidé par une force surnaturelle.
Le porte-parole tente un syncrétisme religieux. « Il a souligné l’importance des serviteurs de Dieu, des chrétiens et des musulmans », affirme-t-il. Cette formule œcuménique vise à rassembler toutes les confessions derrière le régime après un hold-up électoral cautionné par les mercenaires russes.
Le clepto-mythomane Balalou lance ensuite un appel à l’unité nationale. « Il a dit avec force qu’une nouvelle ère s’ouvre pour notre pays. Le temps n’est plus aux diatribes. Le temps n’est plus aux discours de haine. Le temps est venu pour que nous, Centrafricains, nous unissions pour relever le défi du développement de notre pays », déclare-t-il en transformant toute critique du régime en discours de haine.
Le mythomane Balalou poursuit dans son charabia répétitif. « Tous les actes qui seront posés désormais nous conduisent au renforcement de la paix, de cette cohésion nationale, de la fraternité et aussi de la solidarité », affirme-t-il. Cohésion, fraternité, solidarité : ces termes reviennent en boucle comme une litanie hypnotique destinée à endormir l’esprit critique.
Le clepto-mythomane Balalou tente une formule philosophique. « Je me rappelle ce dicton africain qui dit que les peuples sont éternels, les hommes politiques passent. C’est pourquoi il est important aujourd’hui de faire la volonté de ce peuple qui a choisi un homme pour conduire son destin », lance-t-il en tentant de légitimer le hold-up électoral par une sagesse populaire inventée.
Le porte-parole termine sur une note d’apaisement imposé. « La nouvelle République centrafricaine impose à chaque citoyen une nouvelle vision, un nouveau regard porté vers l’émergence d’une nation plus fraternelle et plus solidaire », affirme-t-il en donnant un vernis respectable à son discours propagandiste.
Cette conférence de presse du clepto-mythomane Balalou restera dans les annales. Entre la nouvelle dynamique qui n’est qu’un empilement de mots vides, le culte d’action de grâce à l’Église de Ngoubagara transformé en événement politique, et la conduite de la lumière divine, le porte-parole a réussi l’exploit de transformer un discours politique en prêche mystique.
Mais derrière le ridicule se cache une stratégie dangereuse. En divinisant le pouvoir de Touadéra, en transformant un hold-up électoral en miracle de Dieu célébré à l’Église de Goubaraaga du quartier Fouh, en noyant toute critique sous un déluge de mots vides sur l’unité et la cohésion, le mythomane Balalou prépare le terrain pour la répression de toute dissidence.
Cette nouvelle dynamique dont parle le clepto-mythomane est exactement ce qu’il pratique : une inflation de concepts vides qui masquent l’absence totale de substance démocratique. Le régime n’a plus de projet, alors il se rabat sur la propagande mystique célébrée dans l’Église de Goubaraaga.
En 2024, Dimitri Sytyi qualifiait les rebelles de l’UPC de “mercenaires étrangers”. Mais quelques mois plus tard, il s’allie à eux contre les Azandés qu’il formait et louait leur courage
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/dmitri-sytyi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/dmitri-sytyi.jpg” alt=”En 2024, Dimitri Sytyi qualifiait les rebelles de l’UPC de “mercenaires étrangers”. Mais quelques mois plus tard, il s’allie à eux contre les Azandés qu’il formait et louait leur courage” width=”300″ height=”300″ />Dmitri Sytyi
En mai 2024, Dimitri Sytyi, le chef des Wagner en Centrafrique défendait les miliciens Azandés comme des braves courageux et dénonçait les rebelles de l’UPC qu’il qualifiait des mercenaires étrangers venus dans le Haut-Mbomou pour piller la population. Mais quelques mois plus tard, il s’allie avec les même mercenaires étrangers de l’UPC qu’il critiquait auparavant pour traquer ces mêmes Azandés dans le Haut-Mbomou.
Les enregistrements audio de mai 2024 dont CNC dispose témoignent d’un tout autre discours. À Obo, Dimitri Sytyi, responsable des mercenaires russes du groupe Wagner en Centrafrique, présentait alors les miliciens Azandés sous un jour favorable. “C’est la population d’origine du Haut-Mbomou. Ce sont des indigènes locaux ”, déclarait-il pour légitimer leur armement et leur courage contre les rebelles de l’UPC qu’ils combattaient.
Le chef des Wagner poursuivait ses propos en affirmant la citoyenneté des miliciens Azandé. “Ce n’est pas un groupe ethnique qui habite là-bas, mais les Zandé faisaient partie des ethnies du Haut-Mbomou. Ce sont des citoyens centrafricains à part entière ”, insistait Dimitri Sytyi dans son intervention à cette époque.
Pour lui, l’UPC constituait alors la cible prioritaire des mercenaires russes et des miliciens Azandé qu’il baptisait Wagner ti Azandé. “ Par contre, les UPC qui viennent là-bas, ils ne sont pas centrafricains. Ils sont des mercenaires qui viennent de l’étranger pour piller les ressources du pays et piller la population”, affirmait Dimitri Sytyi. Ces accusations servaient avant tout à justifier la mobilisation des combattants Azandés contre les rebelles de de l’UPC, et surtout justifier l’intervention des Wagner dans le conflit du Haut-Mbomou.
Le chef des Wagner dénonçait également ce qu’il appelait une campagne de désinformation menée par les rebelles de l’UPC pour justifier l’intervention de la Minusca dans le Haut-Mbomou. “Il y avait beaucoup de fausses informations qui circulent par rapport au mouvement d’autodéfense Azandé. Ce sont les rebelles de l’UPC qui sont à l’origine pour créer le prétexte de la présence des forces de maintien de la paix dans le Haut-Mbomou ”, expliquait-il. Selon Dimitri Sytyi, ces rumeurs propagées par les rebelles de l’UPC visaient surtout à faire passer les milices Azandé pour “un nouveau groupe armé pour enfin tenter de justifier leur présence sur le sol des Zandé ”.
Cette version de Dimitri Sitiy permettait de mobiliser les combattants Azandé et de se présenter ensuite comme des libérateurs. “Quand on a commencé à vérifier ça, beaucoup d’informations, on a trouvé que ce n’est pas vrai”, ajoutait le chef Wagner. Il transformait ainsi une mobilisation armée en légitime défense d’une population isolée face à des agresseurs extérieurs.
L’isolement géographique servait d’argument principal à cette stratégie de Dimitri Sitiy . “C’est juste la population locale qui, compte tenu du fait que la zone a été coupée, presque coupée de la capitale, il y avait des difficultés avec les moyens logistiques pour établir le vrai contrôle de l’État là-bas”, justifiait Dimitri Sytyi. Cette situation expliquait selon lui pourquoi les Azandés “se sont organisés contre les mercenaires qui viennent de l’étranger”.
La solution ainsi proposée par Dimitri Sitiy passait par une intégration dans l’armée régulière des miliciens Azandé. “On a discuté tout ça avec le chef d’État-major, avec Monsieur le Président, et c’est décidé que dans les nouvelles sessions de formation des éléments des forces armées centrafricaines, on a prévu un quota pour la population de Haut-Mbomou”, annonçait le chef des Wagner. Cette incorporation devait officialiser le statut des combattants Azandés.
Les formateurs russes jouaient un rôle central dans ce processus. “La formation est faite par les formateurs des FACA et les formateurs russes qui sont à Berongo, qui ont été détachés là-bas à Obo ”, précisait Dimitri Sytyi. L’encadrement mixte centrafricain-russe donnait une apparence de légitimité à l’opération menée sur place.
L’objectif affiché visait le rétablissement de l’autorité étatique. “Le but final, c’est d’intégrer la population de Haut-Mbomou dans les FACA pour établir le contrôle de l’État dans la zone. Donc ils seront FACA”, martelait le chef Wagner. Il évoquait la participation du “général Gbelet Bangui de l’État-major” aux cérémonies marquant la fin des formations.
Dimitri Sytyi concluait son propos en rejetant toute accusation de milice privée. “Ce n’est pas une milice, maintenant ils sont une force étatique, et c’est ça le but, le rétablissement du contrôle de l’État dans la zone”, affirmait-il avec assurance. Ces déclarations de mai 2024 tranchent avec la réalité du terrain quelques mois plus tard.
Mais 8 mois plus tard, l’arrestation à Bangui de deux chefs des miliciens Azandés incorporés dans l’armée nationale a changé la donne. Ces responsables sont aujourd’hui portés disparus et les relations entre Azandés et Russes se sont effondrées depuis cet événement. Dimitri Sytyi et ses hommes qualifient désormais ces mêmes combattants de “fauteurs de troubles”, de “criminels” et de “mercenaires”.
Le retournement d’alliance apparaît complet dans le Haut-Mbomou. Les forces russes du groupe Wagner collaborent maintenant avec les ex-rebelles de l’UPC, ces “mercenaires venus de l’étranger” qu’elles dénonçaient en mai pour “piller les ressources du pays”. Ensemble, ils pourchassent les miliciens formés à Obo sous supervision russe quelques mois auparavant.
Les conséquences humanitaires de ce revirement se comptent en milliers. L’église catholique du Haut-Mbomou recense environ 32 000 déplacés depuis le 4 avril 2025 à cause des combats qui durent depuis près d’un an. Les établissements scolaires restent perturbés dans toute la préfecture et la population civile subit les affrontements entre les miliciens Azandés et les forces russo-UPC qui les traquent désormais
Touadéra, regarde ton préfet de Bamingui-Bangoran : il vient de voler le kourou mbororo des jeunes à Ndélé pour ramener à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Baba-Kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours.jpg” alt=”Touadéra, regarde ton préfet de Bamingui-Bangoran : il vient de voler le kourou mbororo des jeunes à Ndélé pour ramener à Bangui” width=”300″ height=”200″ />Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
À Ndélé, des jeunes commerçants de kourou mbororo ont été arrêtés, dépouillés de leur marchandise, et leurs viandes boucanées appelées également Charmoutes se sont retrouvées discrètement dans les bagages du préfet Francis Bangué Dongoupo.
Cette affaire trouve ses racines dans les villages reculés de la sous-préfecture de Birao, notamment à Ndiffa, Madao, Tiringoulou, Boldja et Ouandjia. Des jeunes commerçants locaux s’y rendaient régulièrement à moto pour acheter du kourou mbororo, cette viande séchée que l’on appelle aussi Charmoute en langue nationale, avant de la revendre à Ndélé. Des femmes commerçantes venues de Bangui s’y approvisionnaient ensuite pour l’écouler dans la capitale. C’était un petit commerce honnête qui permettait à ces jeunes de survivre.
C’est au retour de l’un de ces voyages à l’intérieur de ladite préfecture que tout a basculé. Les dix-sept jeunes commerçants sur leur motos chacun ont été interceptées aux abords de Gounda par les écogardes de WCS, alertés par un informateur depuis Ndiffa. Après arrestation de ces jeunes, les écogardes ont exigé cent cinquante mille francs par moto, une somme que tous ne pouvaient pas réunir sur le champ.
Six conducteurs ont pu payer et ont repris leur route. Les onze autres, sans argent sur eux, ont été conduits de force au commissariat de Ndélé avec tout leur kourou mbororo chargé sur les motos. C’est à partir de ce moment que la situation a glissé vers quelque chose de bien plus grave qu’une simple arrestation.
Car le kourou mbororo saisi n’a jamais suivi une procédure légale. À la place, il a été discrètement distribué entre autorités de la ville. Le préfet Francis Bangué Dongoupo, le commissaire de police et le commandant du groupement de gendarmerie se sont partagé l’ensemble des viandes boucanées et les ont acheminées vers Bangui, chacun pour sa famille.
Ce qui choque encore davantage, c’est que ce comportement n’est pas nouveau chez le préfet Francis Bangué Dongoupo. Avant cette affaire, lorsque le bureau de l’OCHA, l’organisation des Nations Unies chargée de la coordination humanitaire, avait quitté Ndélé, il avait profité du vide laissé pour occuper le bâtiment vacant et voler les équipements qui s’y trouvaient encore.
Pendant que ces autorités se partageaient tranquillement le kourou mbororo de ces jeunes, les cinq détenus continuaient de croupir en cellule au commissariat de Ndélé, sans jugement, sans que leurs proches ne reçoivent la moindre nouvelle, attendant un sort que personne ne semblait pressé de régler.
Rappelons que parmi les 11 jeunes arrêtés, 7 avaient pris fuite dans la nuit du mercredi à jeudi 19 février 2026, dont 1 a été récupéré, les 6 autres courent toujours.
Bangui : drame au KM5, un supporteur a été poignardé à mort par un autre
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Ambulance-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Ambulance-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui.png” alt=”Bangui : drame au KM5, un supporteur a été poignardé à mort par un autre” width=”300″ height=”169″ />Ambulance sur l’avenue des martyrs à Bangui
À Bangui, les rivalités entre les supporters de clubs européens continuent de déboucher sur des drames humains dans les rues de la capitale centrafricaine, et cette fois, l’irréparable s’est produit au cœur même du troisième arrondissement.
C’est dans la nuit du vendredi 21 février 2026, aux environs de 22 heures, que les faits ont éclaté au quartier km5. Une dispute verbale entre partisans de deux équipes européennes opposées a rapidement quitté le terrain des mots pour virer au sang, lorsqu’un coup de couteau a été porté sur un jeune homme.
La victime, un garçon de 21 ans, élève en classe de seconde au Lycée Barthélemy Boganda et résidant au quartier Miskine, a été conduite en urgence à l’hôpital communautaire dans un état critique. Malgré les soins reçus, son corps n’a pas tenu jusqu’au lendemain matin.
C’est le 22 février 2026, au petit matin, que le jeune homme a rendu l’âme, laissant derrière lui une famille dévastée et un quartier sous le choc. Les autorités compétentes ont aussitôt ouvert des investigations pour retrouver et identifier l’auteur du coup fatal, dont l’identité demeure à ce jour inconnue.
Braquage spectaculaire incroyable à quelques mètres des postes des soldats FACA : plus de 65 millions emportés par les assaillants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg” alt=”Braquage spectaculaire incroyable à quelques mètres des postes des soldats FACA : plus de 65 millions emportés par les assaillants” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Homme-conduisant-une-moto-a-la-sortie-de-la-ville-de-Kouki.-La-route-est-en-terre-a-lentree-de-Kouki-sur-laxe-Nana-Bakassa-tout-ensoleille-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />CopyrightCNC
Entre les villages de Gomignon et Ziki, dans la sous-préfecture de Yaloké 2, des bandits armés opèrent librement sur la route, à quelques pas des checkpoints militaires, sans que personne ne les inquiète.
C’est dans ce couloir routier, situé à environ 245 kilomètres de Bangui, que des hommes armés ont choisi de faire leur terrain de chasse. Le samedi 14 février dernier, sept individus ont bloqué la route entre Gomignon et Ziki depuis le matin jusqu’au soir. Deux des assaillants portaient des kalachnikovs, les autres brandissaient des couteaux, et tous ceux qui passaient ont été fouillés et dépouillés sans exception jusqu’au soir.
Le butin arraché par ces criminels ce jour-là dépasse les 65 millions de francs CFA, une somme colossale volée en pleine journée, sur une route que les soldats des Forces Armées Centrafricaines sont censés surveiller. Les victimes n’ont pas tardé à courir vers les checkpoints des FACA non loin pour alerter les éléments en poste, mais leur appel est resté lettre morte, aucun militaire ne s’est déplacé.
Mais la chose la plus spectaculaire, le lendemain, dimanche 15 février, les soldats FACA se sont déplacés sur le lieu pour tenter de capturer les braqueurs. Lisez bien, 24 heures plus tard que ces vaillants soldats se sont finalement déplacés pour capturer les bandits. Incroyable!
Encouragés par cette absence totale de réaction des forces de désordre, les assaillants ont récidivé le samedi 21 février, une semaine jour pour jour après le premier braquage. Ils sont revenus sur le même endroit, et ce, durant plusieurs heures. Motos, taxis, transporteurs, tout le monde a de nouveau été arrêté et dépouillé au même endroit, pendant que les militaires restaient vissés à leurs barrages, indifférents.
Car aux yeux des populations locales, ces checkpoints ne servent qu’à une chose : percevoir de l’argent sur les passagers. Une moto paie 500 francs, les colis sont taxés au passage, et c’est là que s’arrête le travail de ces soldats. La sécurité des habitants, elle, ne figure nulle part dans leurs priorités.
Les populations de Gomignon et Ziki en appellent directement à l’état-major des FACA pour que ces soldats soient retirés de leurs positions. Pour elles, des hommes qui regardent des bandits armer et rançonner leurs voisins sans lever le petit doigt n’ont aucune raison valable d’occuper ces postes.
Obo : braquage dans le quartier Combattant, plus de 350 000 francs emportés par les assaillants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/La-ville-de-Obo-dans-la-prefecture-du-Haut-Mbomou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/La-ville-de-Obo-dans-la-prefecture-du-Haut-Mbomou.jpg” alt=”Obo : braquage dans le quartier Combattant, plus de 350 000 francs emportés par les assaillants” width=”300″ height=”157″ />La ville de Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou. CopyrightMinusca
À Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, les braquages nocturnes ne s’arrêtent plus. Cette fois, c’est le quartier Combattant qui a été visé par des hommes armés.
Depuis plusieurs mois, la ville de Obo vit au rythme de ces attaques nocturnes qui se répètent presque chaque nuit dans les quartiers. La population, épuisée, commence à mettre des noms sur ces visages cachés par l’obscurité.
C’est dans ce climat tendu que le quartier Combattant, dirigé par le chef BIH Odon, a été frappé dans la nuit du jeudi au vendredi de la semaine dernière. Vers 2 heures du matin, des hommes armés ont surgi au domicile d’un petit commerçant du quartier.
Sans perdre de temps, les assaillants ont pointé leurs armes sur l’homme, le contraignant à rester immobile pendant qu’ils fouillaient chaque recoin de la maison. Ils sont repartis avec plus de 350 000 francs CFA, la réserve d’argent que la famille gardait chez elle.
Avant de disparaître dans la nuit, les hommes ont tiré trois coups de feu en l’air. Un geste qui ressemblait moins à une menace qu’à une célébration, comme s’ils savaient qu’aucune riposte ne viendrait.
Ce qui a le plus marqué les victimes et les témoins, c’est la voix de ces hommes. Leur accent, leur façon de parler, rien ne correspondait à ce que l’on entend habituellement dans les rues de Obo ou dans les villages alentour.
Or à Obo, dans cette petite ville du sud-est de la République Centrafricaine où tout le monde se connaît, un accent étranger ne passe pas inaperçu. Les habitants savent d’instinct quand quelqu’un n’est pas du coin, et cette nuit-là, ils en ont eu la certitude.
C’est ce constat qui a conduit une grande partie de la population à pointer du doigt les éléments des Forces Armées Centrafricaines, les FACA. Pour les habitants, des hommes capables de mener une telle opération armée, coordonnée, en pleine nuit, ne peuvent pas être de simples voleurs de rue.
Les accusations sont lourdes, mais aucune autorité locale n’a jusqu’ici pris la parole pour répondre à ces suspicions. Les nuits à Obo restent longues, et les portes du quartier Combattant se ferment désormais bien avant que l’obscurité ne tombe.
Ouanda-Djallé : 24h après leur première attaque, les bandits soudanais frappent encore. Cette fois, c’est lourd
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Deux-mercenaires-du-groupe-Wagner-sur-deux-motos-en-province.jpg” alt=”Ouanda-Djallé : 24h après leur première attaque, les bandits soudanais frappent encore. Cette fois, c’est lourd” width=”300″ height=”263″ />Deux mercenaires du groupe Wagner sur deux motos
Les bandits soudanais n’ont pas attendu longtemps avant de frapper à nouveau. Le lendemain de leur première attaque sur l’axe Ouanda-Djallé – Sam-Ouandja le samedi dernier, ils ont de nouveau capturé des commerçants au même endroit, avec les mêmes méthodes.
Dès sept heures du matin, ce dimanche 22 février, les bandits soudanais lourdement armés étaient déjà en position sur l’axe Ouanda-Djallé – Sam-Ouandja. Ils ont commencé à intercepter des commerçants, des conducteurs de taxi-moto, les uns après les autres, pour les ligoter contre des arbres, exactement comme ils l’avaient fait la veille avec le mécanicien et son conducteur. À quatorze heures, de nouvelles victimes, en route sur leurs motos en provenance de Sam-Ouandja, sont capturés. Ils venaient encore grossir le nombre des otages retenus attachés dans la brousse.
C’est en plein milieu de cette journée de terreur qu’un événement inattendu a changé le cours des choses. Un véhicule escorté par des mercenaires russes est apparu sur la route en provenance de Sam-Ouandja. Les bandits, en voyant un véhicule militaire, ont aussitôt abandonné leurs positions et ont disparu dans la brousse.
Les mercenaires russes sont passés tranquillement sans savoir que des jeunes commerçants et les conducteurs des taxi-moto étaient attachés contre les arbres non loin de là. Les bandits, eux, sont restés tapis dans la végétation au côté de leurs victimes.
Vers 19 heures, les ravisseurs sont venus détacher l’une des victimes et lui ont ordonné d’aller chercher de l’eau pour faire boire les autres otages. Dès qu’il s’est retrouvé hors de leur portée, l’homme n’a pas cherché midi à quatorze heures : il a pris la fuite et a rejoint Ouanda-Djallé à toutes jambes.
Les autres sont restés ligotés jusqu’aux environs de dix-neuf heures et demi, quand les bandits ont fini par les détacher. Les victimes libérées ont alors entamé le chemin jusqu’à Ouanda-Djallé, les mains enflées et douloureuses, le sang n’ayant plus bien circulé durant toutes ces heures passées les bras attachés.
En arrivant à Ouanda-Djallé, les jeunes ont croisé les mercenaires russes et leur ont tout raconté, leur montrant leurs mains boursouflées comme preuve de ce qu’ils avaient enduré. Sans tarder, les mercenaires, appuyés par des soldats FACA, ont pris la route ce lundi matin pour tenter de retrouver la trace des bandits dans la brousse.
Centrafrique : la PJLOD alerte sur la formation militaire de mineurs par le groupe Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp” alt=”Centrafrique : la PJLOD alerte sur la formation militaire de mineurs par le groupe Wagner” width=”400″ height=”450″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/monsieur-arsene-elien-coordinateur-de-la-pjlod-photo-de-courtoisie-373×420.webp 373w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Monsieur Arsène Élien, Coordinateur de la PJLOD. Photo de courtoisie
La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique (PJLOD) a publié, le 23 février 2026 à Bangui, un communiqué officiel dénonçant des initiatives de formation militaire impliquant des mineurs centrafricains et des instructeurs du groupe paramilitaire russe Wagner.
Selon le communiqué n°007/BCPJLOD/26, signé par son coordonnateur Arsène ELIEN, des étudiants de la Maison Russe auraient été initiés au maniement des armes lors d’une excursion à Berengo organisée dans le cadre de la Journée des Défenseurs de la Patrie. Durant cette sortie officielle, des jeunes auraient été soumis à des exercices militaires encadrés par des mercenaires de Wagner.
La PJLOD affirme également avoir été informée d’un autre rassemblement, cette fois à Bocaranga, où certains responsables de la jeunesse locale auraient été regroupés pour recevoir une formation à l’utilisation d’armes de guerre. Pour l’organisation, ces faits constituent des violations graves des droits de l’enfant et contreviennent aux lois nationales en matière de protection des mineurs.
L’organisation estime que ces pratiques, loin d’être anecdotiques, représentent une menace directe pour la stabilité et la sécurité du pays. Elle appelle les autorités nationales à intervenir de manière urgente afin de mettre un terme à toute forme d’endoctrinement ou d’enrôlement militaire de la jeunesse.
La PJLOD sollicite également l’attention de la communauté internationale, invitée à soutenir les efforts visant à protéger les enfants centrafricains contre toute exploitation à des fins militaires. Les parents, ainsi que l’ensemble de la société civile, sont encouragés à rester vigilants et à signaler tout comportement suspect.
Arsène ELIEN réaffirme la position de la plateforme PJLOD : refuser que la jeunesse centrafricaine soit transformée en instrument de guerre, alors que des acteurs étrangers semblent s’immiscer de manière croissante dans son encadrement et son éducation.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/pub-1.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/pub-1.webp” alt=”Sweet Bonanza expliqué : format du jeu et principales caractéristiquespub 1″ width=”400″ height=”264″ />
Sweet Bonanza a un look ludique, mais fonctionne différemment des machines à sous traditionnelles. Il n’y a pas de rouleau vertical dans ce design lumineux, adapté aux enfants. En fait, la première chose que la plupart des joueurs remarquent, c’est qu’il n’y a pas de lignes de paiement. Les joueurs de machines à sous classiques sont généralement les plus touchés par cela. Au Sénégal, Sweet Bonanza est particulièrement populaire car il est facile à comprendre et offre une expérience légèrement différente à chaque partie. Il s’agit d’un design intuitif qui ne nécessite pas de longs tutoriels.
Ce qu’est Sweet Bonanza à la base
Le format de Sweet Bonanza se distingue par l’absence de lignes de paiement classiques et l’utilisation de gains en grappes, ce qui modifie la manière dont les joueurs perçoivent chaque tour. Les symboles disparaissent après une combinaison gagnante et sont remplacés par de nouveaux, créant une séquence continue plutôt qu’un résultat unique. Cette mécanique donne au jeu un rythme particulier, où l’attention se porte davantage sur l’enchaînement des événements que sur un seul instant.
Sweet Bonanza est un jeu de machines à sous basé sur des grappes plutôt que sur des lignes de paiement fixes, ce qui signifie qu’au lieu d’aligner des symboles sur une ligne de paiement, les combinaisons gagnantes sont obtenues en obtenant un certain nombre de symboles identiques n’importe où sur la grille pendant le jeu. Cela nécessite un changement dans la manière dont les joueurs lisent l’écran, car la grille est également plus grande que celle des machines à sous classiques. Une grille plus grande signifie plus de combinaisons possibles, ce qui rend chaque tour plus imprévisible. Même si les règles sont cohérentes, cela aide le joueur à se concentrer davantage sur le comportement du jeu plutôt que sur l’apprentissage de nouveaux mécanismes.
Le format Cluster Pays
À l’inverse, Aviator jeux repose sur une structure beaucoup plus linéaire, centrée sur une progression visible et une décision unique prise au bon moment. Bien que les mécaniques diffèrent, les deux formats partagent une logique de tension croissante, où le déroulement reste simple, mais l’issue incertaine. Cette comparaison met en évidence différentes façons de capter l’attention du joueur sans multiplier les règles.
Le système de paiement par grappes est fondamental dans Sweet Bonanza. Pour remporter un gain, vous devez obtenir un certain nombre de symboles identiques alignés sur la grille. Lorsque cela se produit, les symboles disparaissent. Après leur disparition, de nouveaux symboles retombent du haut de l’écran. Ce phénomène est généralement appelé « cascade » ou « tumble ». Ce mécanisme est une fonctionnalité très intéressante qui permet aux joueurs de jouer plusieurs fois au cours d’un même tour. Le tour ne se termine que lorsqu’il n’y a plus de clusters gagnants.
Victoires en cascade et déroulement du jeu
Le rythme et la conception structurée du gameplay de Sweet Bonanza s’appuient sur le principe des gains en cascade. Au lieu d’avoir l’impression de jouer des tours individuels, les joueurs vivent de courtes séquences où les gains s’enchaînent et où l’écran se vide régulièrement. Si certains tours ne donnent aucun résultat, d’autres sont remplis de multiples vides en cascade. Dans l’ensemble, cette conception attire l’attention des joueurs, car le jeu ne se déroule pas trop rapidement. Elle donne en fait le contrôle aux joueurs, leur permettant de jouer sans influencer le résultat, car l’écran se vide. Dans l’ensemble, cette conception convient bien aux joueurs mobiles qui apprécient un rythme plus lent et des résultats clairs plutôt que des animations rapides.
La caractéristique qui définit le jeu Sweet Bonanza, ce sont les multiplicateurs. Alors que les autres multiplicateurs de machines à sous s’appliquent aux gains individuels d’une cascade, dans Sweet Bonanza, ils s’appliquent au total des gains d’une cascade et ne sont le plus souvent déclenchés que pendant les tours bonus gratuits. Comme les autres multiplicateurs de machines à sous s’appliquent après les gains individuels de la cascade, cela signifie que dans Sweet Bonanza, le résultat d’une méga-cascade peut être considérablement modifié. Comme les multiplicateurs de Sweet Bonanza ne s’appliquent que pendant certaines phases du jeu et ne sont jamais appliqués de manière aléatoire, les attentes des joueurs à leur égard sont gérées.
Mécanismes des tours gratuits et des bonus
Pour activer les tours gratuits, vous devez obtenir un certain nombre de symboles scatter sur le terrain de jeu. Une fois que vous avez déclenché les tours gratuits, les mécanismes du jeu changent, car vous pouvez obtenir des multiplicateurs bien plus souvent. À part les tours gratuits, tous les autres mécanismes du jeu restent inchangés. Même si les combinaisons gagnantes peuvent être plus fréquentes, ne vous attendez pas à remporter un gros gain simplement parce que vous avez obtenu des tours gratuits. Le jeu est conçu pour offrir une plus grande variété de résultats que le jeu de base ; c’est pourquoi vous pouvez remporter un gros gain après un tour, même en mode jeu de base.
Voici comment fonctionnent les mécanismes de jeu dans Sweet Bonanza :
Élément
Description
Type de jeu
Machine à sous à clusters
Grille
Format élargi sans lignes fixes
Mécanique principale
Combinaisons par regroupement
Cascades
Symboles remplacés après un gain
Bonus
Tours gratuits avec multiplicateurs
Au premier abord, Sweet Bonanza semble simple, sans être technique. À mesure que vous vous plongez dans le jeu, vous vous rendez compte que l’accent est mis sur les séquences plutôt que sur les tours individuels.
Voici quelques éléments que les joueurs ont remarqués :
Les gains proviennent souvent de cascades, et non des chutes initiales.
Les tours gratuits modifient le rythme, mais pas les règles.
La simplicité visuelle cache des mécanismes complexes.
Les résultats varient considérablement d’une session à l’autre.
Ces points expliquent pourquoi les réactions au jeu diffèrent d’un joueur à l’autre.
Pourquoi ce format séduit-il un large public ?
Sweet Bonanza connaît un grand succès car il reste simple sans pour autant supprimer les véritables subtilités du jeu. Les joueurs gagnent en fonction de combinaisons plutôt que de simples tours individuels. Compte tenu de l’importance des paiements mobiles au Sénégal, ce jeu répond à un besoin. Il n’impose aucune contrainte de temps, se déroule en une seule partie et reste cohérent. Parfois, c’est tout ce dont un jeu a besoin pour rester intéressant.
Les communautés sportives en ligne en Afrique ne se contentent pas de se développer, elles transforment complètement la façon dont les gens vivent le sport. Les fans n’attendent plus les résumés télévisés ou les analyses dans les journaux. Ils discutent des matchs en direct, partagent des mèmes en quelques secondes et nouent des amitiés avec des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées en personne. Qu’il s’agisse d’un match de Premier League ou d’un derby local, quelqu’un en parle déjà en ligne. Ce changement semble naturel, et non forcé, car les fans voulaient plus que simplement regarder. Ils voulaient se connecter, réagir et faire partie de l’histoire.
Comment les fans restent connectés aujourd’hui
À travers le continent, les réseaux sociaux sont devenus le nouveau terrain de jeu sportif. Les gens discutent des tactiques sur Twitter, partagent les compositions d’équipes dans des groupes WhatsApp et regardent les matchs ensemble en streaming via Facebook Live. Au lieu d’écouter les experts à la télévision, ils deviennent eux-mêmes des experts. Les fans ne se contentent pas de consommer, ils participent. C’est ce qui rend ces espaces en ligne si vivants.
Le changement s’est amorcé discrètement, mais s’est rapidement accéléré à mesure que les smartphones sont devenus moins chers et que les données mobiles plus accessibles. Aujourd’hui, un habitant d’une région rurale du Kenya peut discuter d’un match en temps réel avec un autre fan à Lagos, partager ses pronostics, ou commenter les résultats de ses paris sportif en ligne. Pour beaucoup, c’est enfin l’impression d’appartenir à une culture sportive mondiale. Pas besoin d’être dans le stade – un simple téléphone suffit.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-fans-africains-transforment-le-sport-en-ligne.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-fans-africains-transforment-le-sport-en-ligne.webp” alt=”Les fans africains transforment le sport en ligne” width=”400″ height=”235″ />Les fans africains transforment le sport en ligne
Les plateformes à l’origine du mouvement
L’essor des communautés africaines de fans de sport en ligne n’est pas le fruit du hasard. Plusieurs plateformes clés en ont jeté les bases, chacune répondant à un objectif et s’adressant à un public différents :
X (Twitter) Spaces : après les grands matchs, les fans organisent des discussions en direct qui peuvent attirer des milliers d’auditeurs. C’est rapide, sans filtre, et parfois même avec la participation de journalistes ou d’anciens joueurs.
Groupes Facebook : ils fonctionnent comme des fan clubs numériques où les gens publient des photos, partagent des rumeurs de transfert et organisent des rencontres locales.
Chaînes YouTube : des créateurs indépendants couvrent les matchs, interviewent les joueurs et offrent une véritable visibilité aux ligues moins importantes, souvent ignorées par les médias traditionnels.
Ces plateformes ont rendu les contenus sportifs africains plus démocratiques. Il n’est plus nécessaire d’avoir une licence de diffusion pour partager son opinion, il suffit d’une bonne connexion Internet. En parallèle, des sites de paris comme Betclic gagnent en popularité, car les discussions en ligne s’accompagnent souvent de pronostics et d’analyses avant les matchs. Elles ont également permis à de jeunes créateurs de se constituer un public à partir de zéro, en se concentrant souvent sur des sujets négligés par les médias traditionnels.
Pourquoi cela est important pour les médias sportifs africains
L’essor des communautés en ligne n’est pas seulement une tendance, il modifie le fonctionnement des médias sportifs à travers l’Afrique.
Des voix indépendantes remplacent la couverture traditionnelle
Pendant des années, les fans comptaient sur les chaînes de télévision ou les commentateurs radio pour obtenir des informations et les temps forts. Mais ce monopole a disparu. Aujourd’hui, ce sont les blogueurs, les podcasteurs et les youtubeurs qui donnent le ton. Ils sont plus rapides, ont des opinions plus tranchées et sont généralement plus proches de ce qui intéresse réellement les fans. Leur authenticité est leur plus grande force : les gens les écoutent parce qu’ils semblent sincères.
Certains de ces créateurs indépendants s’associent désormais à des clubs et des ligues pour produire du contenu numérique. Ils couvrent les tournois juniors, le football féminin et les ligues communautaires qui étaient rarement diffusés auparavant par les médias traditionnels. C’est un énorme pas en avant. Cela signifie que les histoires sportives africaines sont enfin racontées par ceux qui les vivent, sans passer par le filtre des médias étrangers.
Les communautés se transforment en véritables réseaux
Ce qui n’était au départ que de simples groupes de fans est en train de se transformer en quelque chose de plus structuré. De nombreuses communautés en ligne organisent désormais des événements hors ligne : soirées de visionnage, collectes de fonds caritatives et petits tournois. Elles collectent des fonds pour des causes locales ou soutiennent de jeunes joueurs qui ont besoin d’aide pour s’équiper ou se faire connaître.
Ces communautés créent également de précieuses opportunités marketing. Les marques et sponsors locaux les utilisent pour toucher un public engagé, en particulier les jeunes fans qui passent plus de temps en ligne que devant leur télévision. Il s’agit d’un écosystème modeste mais en pleine croissance, dont les fans, les clubs et les entreprises tirent tous profit.
Les défis liés à la croissance
Bien sûr, cette transition n’est pas parfaite. Il existe encore de réels obstacles qui la freinent. L’accès à Internet reste inégal, en particulier dans les zones rurales. Le coût des données mobiles peut rendre le streaming ou l’utilisation de plusieurs plateformes coûteux pour de nombreux fans. Et même si l’accès aux smartphones s’est amélioré, la qualité de la connectivité varie encore selon les régions.
Les fans africains transforment le sport en ligne échanges, analyses et passion partagée sur les réseaux.
Il y a ensuite le problème de la désinformation. Les fausses informations sur les transferts, les clips montés ou les rapports « d’initiés » non vérifiés se propagent rapidement dans les discussions de groupe. Cela peut nuire à la réputation des joueurs ou semer la confusion chez les fans qui souhaitent simplement obtenir des informations fiables. Cependant, de nombreuses communautés apprennent à s’autoréguler : elles vérifient les faits, dénoncent les pages peu fiables et encouragent la transparence. Au fil du temps, cette responsabilité collective contribue à renforcer la confiance dans les espaces en ligne.
La situation dans son ensemble
Les communautés sportives en ligne en Afrique ne sont plus une tendance marginale : elles façonnent l’avenir de la manière dont les gens suivent, discutent et soutiennent le sport. Elles ont rendu l’expérience des fans plus interactive, plus inclusive et plus créative. Il ne s’agit plus seulement d’encourager son équipe, mais de faire partie d’un réseau actif qui entretient la conversation au quotidien.
L’énergie est là, le public est prêt et la technologie rattrape rapidement son retard. Les fans africains n’attendent pas d’être reconnus : ils créent leurs propres plateformes, racontent leurs propres histoires et redéfinissent ce qu’est le fandom à l’ère numérique. Le jeu n’a pas changé, mais la façon dont les gens le vivent a complètement changé.
Violente altercation verbale à l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 entre le Pasteur Faki et un diacre de son église
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” alt=”Violente altercation verbale à l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 entre le Pasteur Faki et un diacre de son église” width=”300″ height=”289″ />Le Pasteur controversé Faki Issene
Le samedi 21 février 2025, l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 a chauffée, mais d’une manière spectaculaire. Ce jour, l’église est devenue une scène d’une dispute ouverte et tendue entre son pasteur et l’un de ses propres diacres, ancien policier à la retraite.
Ce jour du samedi dernier -là, le conseil de l’église s’était réuni comme à l’accoutumée, dans une ambiance de travail ordinaire. Le Pasteur Issène Faki Saïté avait pris la parole pour soumettre deux projets à l’assemblée des responsables, diacres et diaconesses réunis.
Le premier projet proposé par le pasteur Faki consistait à placer un diacre sur chaque organisation interne de l’église, que ce soit la JEA, le groupe Lumière, Coral ou l’écodim, afin d’en assurer un meilleur suivi. Le second projet proposé par le pasteur Faki , plus ambitieux, prévoyait la mise en place d’un comité chargé de nouer des contacts avec de hauts responsables du pays, en vue d’obtenir une audience auprès du dictateur de Bangui pour solliciter un financement.
Un projet clair et encourageant. Mais dans son discours, le pasteur avait lui-même annoncé qu’il ne ferait pas partie de ce comité. Il a expliqué que des médias comme Corbeau News Centrafrique et certains blogueurs Facebook comme KeremBessey l’avaient durement attaqué par le passé, et qu’il préférait rester en retrait pour ne pas nuire à la démarche.
C’est à ce moment précis qu’un diacre, ancien élément de la police nationale admis à la retraite depuis peu, a demandé la parole. D’un ton posé, il a d’abord sollicité l’indulgence du pasteur avant de livrer le fond de sa pensée.
Il lui a dit, avec respect mais sans détour, qu’un homme à la tête d’une église devait se placer au-dessus des petites querelles, des rumeurs et des attaques de moindre importance. Il a ajouté qu’il était regrettable de constater que le pasteur revenait sans cesse sur les mêmes griefs dans ses discours, attaquant les gens à répétition au lieu de prendre de la hauteur.
Le conseil s’est poursuivi sans incident apparent, et tout semblait vouloir se terminer dans l’ordre. Mais à peine la séance close, le Pasteur Faki a repris le micro d’une manière que personne n’attendait.
Il s’en est pris directement à l’ancien policier, avec des mots durs et des accusations graves. L’échange qui a suivi est rapidement devenu une confrontation à voix haute, devant l’ensemble des membres du conseil, médusés et silencieux.
Le pasteur est allé très loin dans ses propos, traitant le diacre de sorcier et d’homme de ténèbres, des accusations qui ont figé l’assemblée. Un lourd silence s’est installé dans la salle, que personne n’osait rompre.
Un autre diacre, gendarme de profession, a tenté de calmer les esprits en entonnant un chant de louange pour couper court à l’altercation. Mais le pasteur l’a interrompu sèchement, le rembarrant avec des mots qui ont accentué le malaise général.
L’accrochage a duré entre une heure et une heure trente, sous les yeux des responsables de l’église, tous muets. Personne n’a osé intervenir, ni soutenir l’un ou l’autre des deux hommes.
Quand le Pasteur Faki a finalement quitté les lieux, l’ancien policier s’est tourné vers l’assemblée et a posé la question directement : selon vous, ce qui vient de se passer ici, c’est quoi ? Silence. Il a insisté une deuxième fois. Toujours rien.
Face au mutisme général, le diacre a prononcé une phrase courte mais lourde de sens : à partir d’aujourd’hui, il ne remettra plus les pieds dans cette église. Il s’est levé et il est sorti, laissant derrière lui une salle figée.
Ce n’est pas la première fois que le Pasteur Faki se retrouve au cœur d’un tel débordement au sein de sa propre communauté. Il y a peu, il avait déjà pris à partie le secrétaire général de l’église, et ce, devant la femme de ce dernier et d’autres membres présents. Mais pour cette affaire, CNC va revenir sur ça dans nos prochains articles.
Le pasteur Faki, ancien musulman converti, semble convaincu que ce sont des membres de son église, diacres ou diaconesses, qui alimentent les médias en informations à son sujet. Il oublie au passage que CNC dispose des journalistes qui sont également membres de cette église, peut être Alain Nzilo lui en personne ?