Bertrand Kenguetona nie puis avoue : les bâtiments universitaires sont-ils vraiment habitables ? Retour sur l’interview contradictoire et pathétique du secrétaire général de l’Université sur la radio Ndèkè-Luka

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’interview de Bertrand Kenguetona, secrétaire général de l’Université de Bangui, a viré au naufrage verbal sur la radio Ndèkè-Luka : déni catégorique suivi d’aveux techniques qui démentent chaque phrase prononcée quelques minutes auparavant.
Reçu sur les ondes de la radio Ndèkè-Luka, Bertrand Kenguetona devait répondre à une interrogation précise concernant l’état de dégradation avancée des résidences estudiantines. Le journaliste a posé la question sans détour : « Les bâtiments du campus universitaire sont dans un état de délabrement avancé, ce qui empêche les étudiants d’étudier dans de bonnes conditions. Quelle solution l’administration universitaire propose-t-elle à ce problème ? »
La réponse du secrétaire général a d’abord consisté en un refus catégorique d’admettre la réalité décrite. Bertrand Kenguetona a déclaré que les bâtiments ne sont pas dans un état de dégradation avancée, et que si tel était le cas, les étudiants ne devraient tout simplement pas y habiter. Cette logique semblait claire selon lui : des infrastructures vraiment dégradées ne sauraient accueillir personne.
Pourtant, son raisonnement n’a tenu que quelques secondes avant de s’effondrer sous le poids des aveux qui ont suivi. Le même secrétaire général a enchaîné en reconnaissant que les bâtiments n’avaient bénéficié d’aucune MAINTENANCE depuis des années. Il a évoqué des difficultés répétées, des anomalies récurrentes et une incapacité manifeste à maintenir les infrastructures dans un état acceptable pour les occupants.
Puis, comme s’il prenait soudainement conscience de la gravité de la situation, il a dressé une liste accablante des carences techniques. Bertrand Kenguetona a parlé de vieillissement généralisé des installations, de chambres qui ne respectent aucune norme, de tuyauteries complètement hors service, de pannes électriques fréquentes et de matériels devenus totalement obsolètes. Malgré ce tableau désolant, il a confirmé que les étudiants continuent d’occuper l’ensemble des campus universitaires sans exception.
Ces aveux décrivent précisément une réalité matérielle qui contredit de manière claire son refus initial d’employer le terme de délabrement avancé. L’absence prolongée d’entretien qu’il reconnaît, les logements non conformes qu’il admet et les réseaux défaillants qu’il énumère confirment objectivement d’une usure profonde et dangereuse des structures. Comment peut-on nier la dégradation tout en décrivant minutieusement ses manifestations les plus graves ?
Cette contradiction n’est pas un simple glissement sémantique ou une maladresse de communication passagère. Bertrand Kenguetona, qui a lui-même été étudiant sur ce campus universitaire, connaît parfaitement la réalité de ces bâtiments et les conditions de vie qu’ils imposent. Il sait ce qu’est une chambre insalubre, une douche qui ne fonctionne pas, une installation électrique hasardeuse.
Pourtant, devant le micro, il a choisi de minimiser d’abord avant de reconnaître ensuite, comme s’il espérait que personne ne remarquerait l’incohérence. Après avoir admis toutes ces défaillances techniques, le secrétaire général a tenté de déplacer l’attention vers des promesses budgétaires lointaines. Il a mentionné des lignes financières inscrites dans la loi en préparation et annoncé qu’une entreprise serait sollicitée prochainement pour effectuer des travaux de réhabilitation.
Cette référence aux crédits futurs ne répond nullement à la question initiale qui portait sur la réalité actuelle vécue quotidiennement par les résidents. Elle n’explique pas pourquoi des bâtiments reconnus comme défectueux, dangereux et inhabitables selon sa propre logique continuent d’héberger des centaines d’étudiants sans aucune mesure d’urgence. Le budget ne colmate pas les fuites d’eau, ne répare pas les courts-circuits et ne rend pas les chambres conformes aux normes de sécurité.
Le double langage employé par l’administration montre une gêne certaine à assumer pleinement l’ampleur du problème devant l’opinion publique. D’un côté, le déni initial cherche manifestement à minimiser la responsabilité institutionnelle et à éviter toute critique directe de la gestion administrative. De l’autre, la reconnaissance détaillée des faits techniques trahit l’impossibilité de masquer une réalité trop visible et trop connue de tous.
Cette contradiction ne fait qu’aggraver la perception d’une gestion défaillante et d’un manque de considération pour la sécurité des étudiants. Les occupants continuent de vivre dans des conditions reconnues comme inappropriées par le responsable lui-même, sans qu’aucune action concrète ne soit engagée pour garantir leur protection immédiate. Ils subissent les conséquences d’une administration incapable de dire clairement les choses et d’agir en conséquence.
Par Gisèle MOLOMA
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