Le naufrage politique de Mahamat Al-Khatim et de son MPC

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis les accords de Khartoum signés en 2019 entre son mouvement et le gouvernement centrafricain, le chef du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique ne fait plus l’unanimité parmi ses troupes. Fâché avec N’djamena et isolé dans son propre mouvement, cet autoproclamé général tente désormais d’obtenir un arrangement avec Bangui pour rentrer en Centrafrique, malgré son unique nationalité tchadienne.
En effet, le MPC naît en 2015 comme une branche dissidente de l’ex-Séléka de l’ancien Président de transissions, Michel Djotodia. Cette rupture avec la Seleka, comme l’a fait l’UPC et autres, donne naissance à un groupe armé composé essentiellement de musulmans centrafricains et tchadiens. Mahamat Al-Khatim s’installe dans les préfectures septentrionales du pays, notamment la Kémo, la Nana-Gribizi, y compris l’Ouham, devenu aujourd’hui Ouham-Fafa, zones proches de la frontière avec le Tchad. Le mouvement se présente comme le protecteur des éleveurs arabes de ces régions, mais plusieurs anciens combattants racontent une autre histoire. « Ce général de pacotille ne pense qu’à l’argent et rançonne ceux qu’il prétend défendre », confie un ancien lieutenant.
Longtemps affilié au FPRC de Nourredine Adam dans une petite coalition dénommé la CNDS où il occupait des fonctions opérationnelles et d’état-major, Mahamat Al-Khatim participe aux négociations de Sant’Egidio en juin 2017, puis à celles de Khartoum deux ans plus tard, supervisées par l’Union africaine mais téléguidées par les mercenaires russes du groupe Wagner. En décembre 2020, le MPC fusionne avec cinq autres groupes armés pour former la Coalition des Patriotes pour le Changement. Cette alliance ne dure pas. En novembre 2023, le mouvement quitte la CPC et reprend les discussions avec le gouvernement dans le cadre des engagements de Khartoum.
À ce moment-là, les rangs du MPC commencent sérieusement à se vider. D’après des informations recueillies, celui que ses anciens compagnons d’armes surnomment « Tourougou Kata », en français militaire bordel, perd le soutien de ses principaux généraux. Hissein Koursi prend ses distances, tandis que Saleh Zabadi, autre figure du mouvement, trouve la mort au Darfour en mai 2025 en combattant comme mercenaire au Soudan. Les combattants ordinaires désertent aussi, ne croyant plus aux promesses de leur chef.
Cette hémorragie pousse Mahamat Al-Khatim vers le régime de Faustin-Archange Touadéra, qu’il espère amadouer. Mais le président centrafricain ne se laisse pas séduire. Pour lui, le leader du MPC ne représente plus rien ni sur le plan militaire ni sur le plan politique. Ses hommes sont partis ailleurs, son influence territoriale s’est évaporée. Touadéra préfère négocier avec des groupes qui comptent encore des combattants prêts à déposer les armes et à s’engager dans le processus de désarmement. Mahamat Al-Khatim se retrouve dans les oubliettes.
La guerre civile au Soudan aggrave la situation. Le général Hamdan Daglo, surnommé « le boucher du Darfour », recrute des mercenaires dans toute la sous-région. Plusieurs officiers du MPC répondent à cet appel, attirés par l’argent facile et l’aventure militaire. Zabadi y perd la vie, d’autres continuent de se battre pour des causes qui n’ont rien à voir avec la Centrafrique. Cette dispersion achève de vider le mouvement de sa substance.
Aujourd’hui, Mahamat Al-Khatim ventile entre le Tchad et les antichambres du pouvoir centrafricain. Ses tentatives de négociation avec Bangui n’aboutissent pas. Les mercenaires russes qui conseillent Touadéra ne voient aucun intérêt à intégrer un chef sans troupes. Le président centrafricain utilise d’ailleurs une stratégie bien mécanisée : appâter les leaders rebelles avec des postes ministériels, consolider son pouvoir, puis les éliminer une fois son troisième mandat assuré.
Un proverbe bantou dit que « la hyène ne renonce jamais à ses ambitions ». Mahamat Al-Khatim semble l’avoir oublié. Ses anciens lieutenants, eux, ont compris qu’ils devaient chercher fortune ailleurs, que ce soit dans les déserts soudanais ou en déposant définitivement les armes. Le MPC n’existe plus que sur le papier, vestige d’une époque où son fondateur comptait encore sur le paysage militaire centrafricain.
Par Ulriche Mallo….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)