Violences dans le Haut-Mbomou : la CPS menace d’ouvrir une enquête, les crimes de Wagner sont-ils concernés ?

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Parquet spécial de la Cour pénale spéciale menace de lancer des investigations sur les crimes commis dans le Haut-Mbomou. Alors, les centrafricains se demandent si tous les belligérants seront-ils véritablement concernés par ces poursuites éventuelles ?
Les combats qui ont éclaté à Bambouti depuis le jour des Élections groupées du 28 décembre 2025, suivie le lendemain de double attaque contre les positions des forces de l’ordre ont poussé la Cour pénale spéciale à sortir de son silence. La préfecture du Haut-Mbomou vit des heures sombres où les affrontements entre des miliciens Azandés et les forces gouvernementales multiplient les victimes civiles. Ainsi, depuis la capitale Bangui, le Parquet spécial annonce qu’il suit ces développements de très près et se réserve le droit d’engager des procédures judiciaires contre les responsables présumés.
La déclaration officielle du Parquet spécial évoque des attaques ciblées menées par les combattants Azandés contre des figures locales. La sous-préfète de Bambouti et plusieurs agents de l’État ont été enlevés durant l’assaut des assaillants. Parmi eux, un agent de recensement aurait perdu la vie dans des circonstances particulièrement violentes. Ces faits entreraient dans le champ de compétence de la juridiction qui peut poursuivre les crimes relevant du droit international pénal commis contre des civils ou des représentants de l’autorité publique, selon la CPS.
Toutefois, cette annonce provoque des interrogations sur l’impartialité des futures investigations que la CPS menace d’engager contre les auteurs des nombreux crimes dans cette région. Il faut aussi noter que les mercenaires du groupe Wagner opèrent également contre les miliciens Azandé depuis plusieurs mois et accumulent des crimes de guerre et crime contre l’humanité contre les populations. Ces combattants russes et syriens procèdent à des arrestations massives, exécutent des civils sans jugement et placent des engins explosifs dans plusieurs localités de Bambouti et de Zemio.
Les éléments de forces armées centrafricaines ne sont pas en reste dans cette accumulation de violations. Des civils sont régulièrement arrêtés sans motif valable et transférés vers la capitale où ils sont détenus arbitrairement. Ces personnes n’ont souvent aucun lien avec les groupes armés mais se retrouvent assassinées, d’autres emprisonnées pendant des semaines voire des mois. Le silence de la Cour pénale spéciale sur ces pratiques alimente les soupçons d’une justice à géométrie variable.
La situation à Bambouti montre la complexité du conflit dans le Haut-Mbomou. Les soldats FACA ont abandonné leurs positions face à l’offensive des miliciens Azandés. Certains ont jeté leurs armes et franchi la frontière vers le Soudan du Sud. Les casques bleus népalais de la Minusca sont restés dans leur campement sans intervenir pendant que les combattants prenaient le contrôle de la ville avant de se replier vers les zones forestières.
À Zémio, au lendemain de l’attaque de Bambouti du 28 décembre, autre localité de la préfecture, des tirs ont retenti aux premières heures de la matinée sans que les circonstances précises ne soient établies.
Le Parquet spécial dispose maintenant d’une occasion d’affirmer son indépendance en élargissant le périmètre de ses enquêtes potentielles. Les crimes commis dans le Haut-Mbomou touchent tous les camps et nécessitent une approche équilibrée. Les organisations humanitaires collectent quotidiennement des témoignages sur les abus commis par les différents acteurs armés. Ces informations sont accessibles et ne demandent qu’à être exploitées par une institution judiciaire déterminée à faire respecter le droit.
La crédibilité de la Cour pénale spéciale se joue dans sa capacité à traiter de manière égale tous les auteurs présumés de violations. Une enquête qui se limiterait aux seuls miliciens Azandés alimenterait les accusations de manipulation politique de la justice.
Par Cédric Nzapa
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