Le Parti du Changement Social (PCS) se retire des Élections : “un processus électoral illégitime qui ne permet pas l’expression sincère de la volonté du peuple”
chancel-sekode-ndeugbayi-ministre-centrafricain – RCA : le ministre délégué aux affaires étrangères placé en garde à vue à la SRI.
Le 11 octobre 2025, le Parti du Changement Social (PCS) a annoncé officiellement son retrait des Élections groupées prévues pour le 28 décembre 2025. Dans un communiqué de presse signé par son président Chancel Sekodé-Ndeugbayi, le PCS rejoint ainsi le BRDC dans le boycott d’un scrutin qu’il juge “pratiquement impossible” d’organiser de manière “libre, transparente et crédible” dans le contexte actuel.
Le communiqué du PCS est sans ambiguïté. Le parti “informe l’opinion nationale et internationale qu’il ne présentera aucun candidat aux Élections groupées prévues pour le 28 décembre 2025». Cette décision, précise le texte, est “mûrement réfléchie” et découle d’un “constat alarmant du contexte politique, sécuritaire et institutionnel actuel».
Ce retrait n’est pas un simple boycott tactique. C’est un réquisitoire en règle contre l’organisation des Élections par le régime Touadéra. Le PCS liste trois raisons majeures qui rendent impossible l’organisation d’Élections crédibles :
Le PCS constate qu’il existe une méfiance générale dans le pays vis-à-vis du processus électoral. Cette méfiance n’est pas infondée. Elle résulte de décennies de trucages électoraux, de manipulations, de résultats contestés. Le peuple centrafricain ne croit plus aux élections organisées par le pouvoir en place. Cette méfiance est telle qu’elle rend impossible toute élection crédible.
Le PCS dénonce ici le fait que les vrais partis d’opposition, ceux qui sont “authentiquement engagés dans la refondation démocratique”, sont systématiquement marginalisés par le régime. Leurs leaders sont arrêtés, comme le Docteur Erenon. Leurs militants sont harcelés. Leurs candidats sont écartés. Pendant ce temps, le régime fabrique de faux partis d’opposition qui acceptent de jouer le jeu de la parodie électorale.
Le PCS pointe le problème fondamental : il n’existe aucune garantie que les élections seront régulières. L’Autorité Nationale des Élections n’est pas indépendante. Le Conseil Constitutionnel est aux ordres du pouvoir. Les fichiers électoraux sont manipulés. Les résultats sont truqués. Dans ces conditions, comment organiser des élections crédibles ?
Face à ce triple constat, le PCS conclut que le contexte actuel “ne permet pas d’assurer l’expression sincère de la volonté du peuple centrafricain». Cette formulation est importante. Le PCS ne dit pas simplement que les élections seront truquées. Il dit que dans le contexte actuel, il est structurellement impossible que la volonté du peuple s’exprime sincèrement.
Le communiqué réaffirme ensuite l’attachement du PCS “aux valeurs de justice, de liberté et de démocratie véritable». Le parti précise qu’il demeure “convaincu qu’aucun progrès durable ne peut être atteint sans un dialogue inclusif, franc et constructif entre toutes les forces vives de la Nation».
Cette phrase est un appel à peine voilé à un dialogue national. Le PCS dit : avant d’organiser des élections, organisons d’abord un dialogue entre toutes les forces politiques du pays pour créer les conditions d’un scrutin crédible. Sans ce dialogue préalable, toute élection sera une mascarade.
Le PCS “appelle l’ensemble de la communauté nationale et internationale à prendre la pleine mesure de la gravité de la situation actuelle». Ce n’est pas un appel anodin. Le PCS demande à la communauté internationale de comprendre que la situation en Centrafrique est grave, que les élections du 28 décembre ne seront pas crédibles, et que la communauté internationale ne doit pas cautionner ce simulacre démocratique.
Le communiqué se termine par une affirmation forte : “Le peuple centrafricain mérite un processus électoral légitime, garant de la paix, de la stabilité et du renouveau démocratique». En d’autres termes : le peuple mérite mieux que la mascarade que le régime Touadéra est en train d’organiser.
Le retrait du PCS, deux jours après la notification similaire du MLPC à l’autorité nationale des élections et au conseil constitutionnel, conformément à la décision du BRDC, marque un tournant. Les grands partis d’opposition sont en train de se coordonner pour boycotter massivement les élections de décembre. Ce boycott coordonné va poser un problème majeur de légitimité au régime Touadéra.
Comment le régime pourra-t-il prétendre avoir organisé des “élections démocratiques” si tous les vrais partis d’opposition boycottent ? Comment pourra-t-il prétendre que “le peuple s’est exprimé” si les principaux représentants de l’opposition refusent de participer ?
Le régime a deux options. Soit il accepte de créer les conditions d’élections crédibles en répondant aux demandes des partis d’opposition : dialogue national, indépendance de l’ANE et du Conseil Constitutionnel, garanties de sécurité, transparence du processus électoral. Soit il ignore le boycott et organise quand même ses élections truquées avec des faux partis d’opposition fabriqués pour l’occasion.
La deuxième option est malheureusement la plus probable. Le régime Touadéra n’a aucune intention de créer les conditions d’élections libres. Il veut simplement organiser un scrutin pour se faire réélire et obtenir une légitimité formelle, même si cette légitimité est contestée par tous les vrais acteurs politiques.
Mais le boycott massif des partis d’opposition rendra cette stratégie plus difficile. Même si le régime fabrique de faux candidats d’opposition, tout le monde saura que les vrais partis ont boycotté. La légitimité du scrutin sera contestée dès le départ.
Le communiqué du PCS est aussi remarquable par sa clarté et sa fermeté. Contrairement à certains partis qui hésitent, qui tergiversent, qui négocient des postes en échange de leur participation, le PCS prend une position claire : nous ne participerons pas à cette mascarade.
Cette clarté est rafraîchissante. Elle montre qu’il existe encore en Centrafrique des partis politiques qui refusent la compromission, qui préfèrent le boycott assumé à la participation honteuse à des élections truquées.
Le PCS “reste engagé aux côtés des citoyens dans la quête d’une véritable alternance et d’un changement social fondé sur la transparence, la responsabilité et la dignité humaine». En d’autres termes : nous boycottons ces élections, mais nous ne renonçons pas au combat politique. Nous continuerons à nous battre pour une vraie démocratie en Centrafrique.
Cette position est importante. Le boycott n’est pas une démission. Ce n’est pas un renoncement. C’est un refus de cautionner une comédie . Le PCS reste dans le combat politique, mais il refuse de participer à des élections qui ne sont pas crédibles.
Le retrait du PCS et du BRDC crée une dynamique. D’autres partis d’opposition vont probablement suivre dans les jours qui viennent. Un front de boycott est en train de se constituer. Ce front pourrait regrouper tous les vrais partis d’opposition qui refusent de cautionner le simulacre électoral du régime Touadéra.
Si ce front se constitue effectivement, le régime se retrouvera complètement isolé. Il pourra toujours organiser ses élections avec des candidats fantômes, mais personne ne sera dupe. La communauté internationale elle-même aura du mal à cautionner un scrutin boycotté par toute l’opposition réelle.
Le communiqué du PCS pose aussi implicitement une question importante : pourquoi organiser des élections si les conditions ne sont pas réunies pour qu’elles soient crédibles ? Ne vaudrait-il pas mieux reporter le scrutin, organiser un dialogue national, créer les conditions d’élections libres, et ensuite seulement organiser le vote ?
Cette approche serait la plus sage. Mais elle supposerait que le régime Touadéra soit de bonne foi, qu’il veuille réellement organiser des élections démocratiques. Or, tout indique que le régime ne veut pas de vraies élections. Il veut simplement un simulacre électoral qui lui permettra de se maintenir au pouvoir avec une apparence de légitimité.
Le retrait du PCS est donc à la fois un acte de lucidité politique et un acte de courage. Lucidité parce que le PCS a compris qu’il était impossible d’organiser des élections crédibles dans le contexte actuel. Courage parce que prendre publiquement position contre les élections du régime expose le parti et ses dirigeants à des représailles.
On a vu ce qui est arrivé au Docteur Erenon : arrêté dès sa descente d’avion, interrogé pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Les dirigeants du PCS savent qu’ils prennent le même risque en annonçant publiquement leur boycott. Mais ils le font quand même, par principe, par attachement à la démocratie véritable.
Le peuple centrafricain observe. Il voit que les vrais partis d’opposition boycottent les élections. Il voit que seuls des partis fantômes fabriqués par le régime acceptent d’y participer. Il comprend que ces élections sont une mascarade. Et même si le régime réussit à organiser le scrutin, même s’il annonce des résultats, ces résultats n’auront aucune légitimité aux yeux du peuple.
Le PCS et le MLPC sont en train de gagner la bataille de la légitimité. En boycottant, ils disent au peuple : ces élections ne sont pas crédibles, ne vous laissez pas tromper. Et le peuple entend ce message. Il sait que si les vrais partis d’opposition boycottent, c’est parce que les élections sont truquées.
Le régime Touadéra peut organiser son scrutin. Il peut annoncer sa victoire. Mais cette victoire sera creuse, sans légitimité, contestée par tous les vrais acteurs politiques et par le peuple lui-même.
Le communiqué du PCS marque donc une étape importante dans la contestation politique en Centrafrique. Le boycott coordonné des grands partis d’opposition transforme les élections de décembre en simulacre assumé. Le régime ne pourra plus prétendre organiser des “élections démocratiques”. Tout le monde saura que c’est une mascarade.
Martin Ziguelé, député de Bocaranga accuse le parti présidentiel de vouloir instaurer un système à parti unique lors du congrès de Kyopoura.
Martin Ziguelé a choisi ses mots avec précision ce samedi lors du point de presse du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution. Le député de Bocaranga, commune située à 532 kilomètres de Bangui, s’est attaqué frontalement au congrès du Mouvement Cœurs Unis qui se déroulait simultanément à Bangui.
“Nous n’avons pas choisi la date du 26 juillet par hasard”, a lancé l’ancien Premier ministre devant la presse de la capitale. Sa coalition de treize formations politiques voit dans ce rassemblement du MCU une entreprise de “restauration d’une dictature où l’espace politique n’existe pas”.
L’accusation porte sur la méthode autant que sur l’objectif. Ziguélé dénonce un parti qui “travaille contre l’unité et la dignité du peuple centrafricain” en imposant son hégémonie. Les témoignages rapportés évoquent des pressions exercées sur les fonctionnaires de l’intérieur, sommés d’adhérer au MCU sous menace de sanctions administratives.
Cette stratégie d’enrôlement forcé heurte les convictions démocratiques du BRDC. “Nous ne sommes pas dans un pays à parti unique, nous sommes dans une démocratie”, a martelé le député, rappelant les fondements du pluralisme politique inscrit dans la Constitution.
L’ancien chef du gouvernement a appelé ses alliés à une mobilisation générale. Les responsables des partis membres doivent sensibiliser leurs bases sur ce qu’il qualifie de dérive autoritaire. L’enjeu dépasse les clivages partisans : il s’agit de préserver les acquis républicains face à une tentative d’hégémonie politique.
Le timing de cette sortie médiatique n’est pas fortuit. En organisant leur riposte le jour même du congrès du MCU, les opposants entendent démontrer qu’une alternative existe au modèle proposé par le parti présidentiel.
Cette escalade rhétorique entre pouvoir et opposition témoigne des tensions qui traversent l’échiquier politique centrafricain. Alors que le MCU revendique sa légitimité électorale, l’opposition conteste ses méthodes et alerte sur les risques d’une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’une seule formation….
quand la ville de Boda est au bord de l’asphyxie économique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/maire-de-boda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de la ville de Boda. Photo: RNL/Destin de Bonheur Wilikon
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de Boda, a accordé une interview sur l’état catastrophique des infrastructures routières de sa ville. Ses déclarations dressent le tableau d’une localité au bord de l’asphyxie économique, abandonnée par un gouvernement qui préfère annoncer des projets futuristes plutôt que d’entretenir les routes existantes.
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé commence par un constat simple : “Par rapport à la dégradation de la voie Mbaïki-Boda, vous voyez que la ville tourne au ralenti, tout est bloqué, ça joue sur beaucoup de choses à Boda”.
Cette route de 95 kilomètres qui relie Boda à Mbaïki constitue l’artère vitale de la ville. Son délabrement avancé transforme un trajet qui devrait prendre quelques heures en épreuve de plusieurs jours. Les véhicules s’enlisent dans les ornières, les marchandises pourrissent en route, les malades meurent avant d’atteindre l’hôpital.
Aimé Barthélémy Pilapédé ajoute : “Vous voyez la route Mbaïki-Boda dégradée, ainsi qu’à Boda, il n’y a plus de route”.
Cette précision est importante. Le problème ne se limite pas à l’axe externe. À l’intérieur même de Boda, les routes ont disparu. La ville n’a plus d’infrastructure routière fonctionnelle, ni pour se connecter à l’extérieur, ni pour permettre la circulation interne.
Les conséquences économiques de cette situation sont dramatiques. Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé explique : “C’est un problème parce que la population souffre. Avoir des produits de première nécessité, tel que le savon, le sucre, c’est un peu difficile. C’est pourquoi nous assistons à cette hausse de prix”.
Les commerçants ne peuvent plus acheminer les marchandises depuis Mbaïki ou d’autres centres d’approvisionnement. Cette pénurie artificielle créée par l’état des routes provoque une flambée des prix qui appauvrit encore davantage une population déjà dans la misère.
La situation du carburant aggrave ce cercle vicieux. Pilapédé précise : “Il y a aussi le problème du carburant. Vous savez, à Boda, c’est vers Bozoum qui nous ravitaille, mais nous sommes en saison pluvieuse où il pleut abondamment et par rapport à la dégradation, tout est en hausse. Donc tous les conducteurs, même les taxis, montent le prix par rapport au prix du carburant”.
Bozoum se trouve à environ 200 kilomètres au nord. L’approvisionnement en carburant depuis cette distance, sur des routes également dégradées, en saison des pluies, relève de l’exploit. Cette difficulté se répercute directement sur les prix du transport, rendant tous les déplacements prohibitifs pour la majorité de la population.
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé décrit l’impact sur le commerce local : “Les commerçants aussi se plaignent parce qu’avoir un véhicule pour le déplacement, c’est difficile. Ils peuvent aller sur le marché, mais ramener leurs produits, c’est un peu difficile. Donc nous avons tout un tas de problèmes”.
Ce témoignage résume le blocage économique total de Boda. Les commerçants peuvent éventuellement se rendre aux marchés d’approvisionnement, mais ne peuvent pas ramener les marchandises achetées faute de véhicules capables de circuler sur les routes défoncées. Cette paralysie du commerce local affecte toute l’économie de la ville.
La route Mbaïki-Boda est devenue un cauchemar logistique. Des rapports récents la décrivent comme un trajet où ce qui devrait prendre quelques heures s’étire sur 5 à 7 jours. Les véhicules s’enlisent, se renversent, restent bloqués pendant des journées entières.
Les routes secondaires vers des localités comme Yaloké ne sont pas en meilleur état. En saison des pluies, ces pistes deviennent complètement impraticables, coupant Boda de son arrière-pays et aggravant l’isolement.
Cette situation pousse les centrafricains à s’interroger sur les priorités du gouvernement centrafricain. Pendant que Boda étouffe faute de routes praticables, le régime annonce des projets de cités futuristes, d’aéroports modernes, d’éco-villes. Ces projets d’apparat accaparent l’attention médiatique pendant que les infrastructures de base s’effondrent.
L’entretien routier ne nécessite pas de technologies sophistiquées ni d’investissements colossaux. Il faut simplement une volonté Politique de maintenir les routes existantes, de les réparer régulièrement, de les rendre praticables en toute saison. Cette tâche basique semble pourtant au-delà des capacités du gouvernement actuel.
La dégradation des routes à Boda s’inscrit dans un schéma national. Dans tout le pays, les infrastructures routières héritées des décennies précédentes se détériorent faute d’entretien. Le réseau routier centrafricain rétrécit année après année, isolant progressivement les villes secondaires et les zones rurales.
Cette dégradation ne résulte pas uniquement du manque de moyens. Elle témoigne d’un choix Politique de privilégier certains secteurs – notamment la sécurité présidentielle et les dépenses liées à Wagner – au détriment des infrastructures publiques de base.
Les habitants de Boda paient le prix de ces choix. Ils vivent isolés du reste du pays, payent leurs produits de première nécessité à des prix prohibitifs, voient leur économie locale s’effondrer progressivement. Cette situation crée une pauvreté croissante et une frustration légitime envers un État absent.
Le maire Aimé Barthélémy Pilapédé reste diplomatique dans ses déclarations. Il décrit les problèmes sans accuser directement le gouvernement. Cette prudence reflète probablement la nécessité de maintenir de bonnes relations avec les autorités centrales pour espérer obtenir un jour l’aide nécessaire.
Mais cette diplomatie ne peut cacher la réalité : Boda agonise pendant que les autorités regardent ailleurs. La ville se vide progressivement de ses forces vives qui partent chercher des opportunités dans des zones mieux connectées. Ceux qui restent survivent dans des conditions de plus en plus difficiles.
Cette situation de Boda se répète dans des dizaines d’autres villes centrafricaines. L’enclavement progressif des zones rurales et des villes secondaires transforme le pays en archipel où quelques centres urbains reliés entre eux émergent d’un océan de zones inaccessibles.
Les déclarations du maire de Boda constituent un appel au secours que le gouvernement feint de ne pas entendre. Pendant combien de temps encore Boda et les autres villes enclavées devront-elles attendre que l’État assume ses responsabilités les plus élémentaires ?
Centrafrique : le BRDC saisit l’Union africaine contre les critères discriminatoires de la nouvelle Constitution de Touadera
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) vient d’adresser une lettre officielle à l’Union africaine pour contester des dispositions de la nouvelle Constitution centrafricaine du 30 août 2023 qu’il juge discriminatoires. Martin Ziguelé , porte-parole du BRDC, dénonce l’introduction d’articles qui limitent l’éligibilité des citoyens en fonction de leur origine.
Les articles 10 et 67 de la nouvelle Constitution imposent la condition de “Centrafricain d’origine né de parents centrafricains d’origine” pour accéder à certaines fonctions, notamment la présidence de la République. Cette formulation crée une catégorie de citoyens de première classe, les “Centrafricains d’origine” nés de parents eux-mêmes “Centrafricains d’origine” – et relègue tous les autres au rang de citoyens de seconde zone.
Martin Ziguelé qualifie cette disposition d’“absurdité juridique”. Son argument est imparable : la République centrafricaine existe comme État indépendant seulement depuis le 13 août 1960. Avant cette date, le territoire était une colonie française. Comment peut-on exiger d’être “Centrafricain d’origine” né de parents “Centrafricains d’origine” dans un pays qui a moins de 65 ans d’existence ?
Cette clause crée une impossibilité logique. Pour être “Centrafricain d’origine” selon cette définition, il faudrait que vos parents soient nés centrafricains. Mais si vos parents sont nés avant 1960, ils n’étaient pas centrafricains puisque le pays n’existait pas encore. Cette contradiction rend théoriquement tout le monde inéligible, y compris le président Touadéra lui-même qui a introduit cette réforme.
Le BRDC affirme que cette disposition instaure une “ségrégation entre citoyens” et l’assimile à une forme d’“apartheid juridique”. Cette comparaison peut sembler forte, mais elle correspond à la réalité : créer des catégories de citoyens avec des droits différents selon leur origine constitue bien une discrimination institutionnalisée.
Martin Ziguelé rappelle que la réforme constitutionnelle n’a pas seulement supprimé la limitation des mandats présidentiels – permettant à Touadéra de se présenter indéfiniment – mais a aussi introduit un critère inédit en Afrique qui menace l’unité nationale. Cette double manipulation constitutionnelle combine autoritarisme personnel et discrimination ethnique.
Dans sa correspondance à l’Union africaine, le BRDC exhorte l’organisation panafricaine à réagir pour empêcher l’aggravation de la crise politique et garantir un processus inclusif. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des recommandations du Conseil Paix et Sécurité de l’UA qui, dès 2023, avait demandé aux autorités centrafricaines d’engager un dialogue avec toutes les parties prenantes.
Le mouvement d’opposition insiste sur les conséquences de cette dérive : laisser passer une telle réforme reviendrait à légitimer une exclusion institutionnelle et à fragiliser davantage la cohésion sociale dans un pays déjà déchiré par des décennies de conflits.
Cette saisie de l’Union africaine pose aussi la question de la crédibilité de cette organisation. Combien de fois le Conseil Paix et Sécurité a-t-il déjà appelé au dialogue en Centrafrique ? Combien de résolutions ont été adoptées puis ignorées par le régime Touadéra ? L’UA a-t-elle les moyens et la volonté d’imposer le respect de ses propres décisions ?
L’expérience des dernières années enseigne le scepticisme. L’Union africaine émet régulièrement des communiqués et des recommandations sur la Centrafrique, mais le régime continue sa dérive autoritaire sans conséquence réelle. Cette passivité de l’organisation panafricaine encourage Touadéra à poursuivre ses violations constitutionnelles.
La disposition sur les “Centrafricains d’origine” pose également des questions pratiques pour les Élections à venir. Comment vérifier que les candidats remplissent ce critère ? Qui décidera si quelqu’un est “Centrafricain d’origine” ou non ? Sur quels documents cette détermination se basera-t-elle ? Ces questions ouvrent la porte à l’arbitraire le plus complet.
Le Conseil constitutionnel, désormais aux ordres du régime depuis le limogeage de Danièle Darlan, pourra disqualifier n’importe quel candidat gênant en invoquant cette clause floue. Cette arme juridique permet d’éliminer toute opposition sérieuse sans avoir à justifier la décision autrement que par une interprétation subjective de l’origine du candidat.
Cette discrimination institutionnalisée rappelle les heures les plus sombres de certains régimes africains qui avaient instauré des critères ethniques ou régionaux pour l’accès aux fonctions publiques. La Centrafrique rejoint malheureusement ce club peu glorieux des pays qui pratiquent l’exclusion constitutionnelle.
Le BRDC a raison de qualifier cette situation d’“apartheid juridique”. Quand la Constitution elle-même établit des catégories de citoyens avec des droits différents, quand l’accès aux plus hautes fonctions dépend d’un critère d’origine impossible à définir clairement, on entre effectivement dans une logique de ségrégation légale.
Cette dérive vient s’ajouter à toutes les autres violations du processus démocratique : convocation du corps électoral dans l’illégalité, absence de listes électorales vérifiables, refus du dialogue avec l’opposition, répression des voix dissidentes. Le régime Touadéra accumule les entorses aux règles démocratiques sans que personne ne l’arrête.
La saisine de l’Union africaine par le BRDC constitue une tentative de mobiliser la communauté continentale contre ces dérives. Mais cette démarche aboutira-t-elle ? L’UA a-t-elle la capacité et la volonté d’imposer le respect des principes démocratiques qu’elle prône officiellement ?
Les prochaines semaines donneront la réponse. Si l’Union africaine reste passive face à cette Constitution discriminatoire, elle validera implicitement l’introduction de critères d’apartheid juridique dans les textes fondamentaux des États membres. Si elle réagit fermement, elle pourrait contraindre le régime Touadéra à revoir ces dispositions problématiques.
Les Centrafricains attendent de voir si l’organisation panafricaine prendra au sérieux cette saisine ou si elle se contentera d’un communiqué de routine sans conséquence pratique. L’avenir de la démocratie en Centrafrique dépend aussi de la capacité des institutions régionales et continentales à faire respecter leurs propres principes.
Nadine Kossi : “La paix est possible, la cohésion sociale est entre nos mains”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Madame Nadine KOSSI, Présidente de l’association Action Solidaire
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Nadine Kossi, Présidente de l’association action solidaire vient de publier un texte intitulé “La paix et la cohésion sociale, socle de l’avenir centrafricain”. Dans cette tribune, elle analyse les défis actuels du pays et appelle chaque Centrafricain à prendre sa part de responsabilité dans la construction d’un avenir commun.
Selon Nadine Kossi, “la République centrafricaine secouée par des crises multiformes, a réussi à reprendre sa marche vers le développement grâce à l’étonnante résilience de sa population”. Elle estime que le pays est maintenant entré “dans la phase de consolidation de la stabilité, fondement de tout développement harmonieux”.
Cette analyse optimiste contraste avec la réalité quotidienne vécue par beaucoup de Centrafricains. Mais Nadine Kossi ne nie pas les difficultés. Elle reconnaît que “depuis trop longtemps, la société centrafricaine est déchirée, divisée par des conflits fratricides, des divisions identitaires et la prédominance de l’injustice”.
Elle identifie “le syndrome de la méfiance dans les communautés” comme “la conséquence directe de l’absence de la cohésion sociale et de la paix”. Cette observation touche un point sensible. La méfiance entre communautés reste un poison qui empêche toute reconstruction durable.
Nadine Kossi rappelle que “le destin commun en RCA s’est forgé dans une dynamique d’ensemble à travers un passé bâti dans la cohésion”. Cette référence à l’histoire commune vise à rappeler que les Centrafricains ont déjà su vivre ensemble et peuvent le refaire.
Pour l’auteure, “malgré les blessures ouvertes, les Centrafricains ont montré la force admirable de la résilience”. Mais elle ajoute immédiatement : “la résilience seule ne suffit pas”. Cette nuance est importante. La résilience permet de survivre aux crises, mais ne construit pas automatiquement l’avenir.
Nadine Kossi appelle donc à “faire un choix clair : celui de la paix durable”. Elle précise que cette paix ne doit pas “se limiter aux accords politiques et au cessez le feu mais s’enraciner dans nos quartiers, nos familles, nos lieux de culte et nos écoles”. Cette vision décentralise la responsabilité de la paix pour la placer au niveau de chaque citoyen.
Sur la cohésion sociale, elle propose une définition inclusive : “elle ne signifie pas l’uniformité. Elle signifie le respect des différences, la tolérance, le dialogue et surtout la justice”. Cette approche reconnaît la diversité centrafricaine comme une richesse à gérer plutôt qu’un problème à éliminer.
Nadine Kossi donne un exemple simple : la cohésion sociale “permet à un chrétien, un musulman, un animiste, un agnostique de vivre ensemble sans peur ni méfiance et le sentiment d’appartenance à une même nation”. Cette vision du vivre-ensemble reste un idéal à atteindre dans beaucoup de régions du pays.
L’auteure interpelle ensuite chaque catégorie de citoyens : “le Chef de quartier, l’enseignant, le commerçant, le jeune diplômé, la mère de famille, le leader religieux, le militaire, le député… tous doivent œuvrer chacun à son niveau pour apaiser les tensions, dénoncer la haine et promouvoir la paix”. Cette responsabilisation collective peut sembler ambitieuse, mais elle part d’une idée juste : la paix se construit par des actes quotidiens, pas seulement par des décisions politiques.
Nadine Kossi n’oublie pas le rôle de l’État. Elle rappelle que “les autorités publiques ont la responsabilité de garantir la sécurité, l’accès à la justice et aux services de base”. Elle ajoute une phrase qui mérite attention : “Une paix sans justice est une illusion. Une cohésion sociale sans équité est un mirage”.
Cette affirmation touche un point sensible. La paix ne peut pas se construire durablement sur l’injustice et l’inégalité. Les Centrafricains ne peuvent pas être appelés à la cohésion sociale pendant que certains s’enrichissent illégalement, que la justice fonctionne à deux vitesses, et que les services publics restent inaccessibles à la majorité.
L’auteure adresse un message particulier aux jeunes : “vous êtes les bâtisseurs de demain. Refusez la manipulation, rejetez la violence, engagez vous pour les causes nobles, croyez en la force de l’éducation, de la culture et du dialogue”. Cet appel à la jeunesse reconnaît son rôle dans la construction de l’avenir.
Nadine Kossi ajoute : “L’avenir de la République centrafricaine dépend de votre capacité à faire mieux que les générations précédentes”. Cette phrase place une responsabilité lourde sur les épaules des jeunes, mais reconnaît aussi que les générations précédentes ont échoué sur certains aspects.
Elle conclut par un appel : “Nous n’avons pas d’autres patrie que la République Centrafricaine. Nous n’avons pas d’autres choix que de la relever ensemble. Que chacun commence là où il est avec ce qu’il a pour semer les graines d’un vivre ensemble apaisé”.
Monsieur le Président, où sont vos psychologues pour les victimes du lycée Boganda ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/boganda-mort.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/boganda-mort-408×450.jpg” alt=”Monsieur le Président, où sont vos psychologues pour les victimes du lycée Boganda ?” width=”408″ height=”450″ />Une dizaine des évanouis du drame du lycée Boganda de Bangui déposés directement à la morgue de l’hôpital communautaire
Le gouvernement centrafricain a multiplié les annonces médiatiques après le drame du lycée Barthélémy-Boganda. Conseil des ministres, conférences de presse, déclarations officielles : tout a été dit, sauf la vérité.
Alors que les autorités affirmaient avoir mobilisé des services d’aide psychologique, aucune structure étatique n’a pris le relais après la seule intervention d’urgence, menée par l’Association des femmes juristes et financée par un partenaire international. Irène Moussa-Kembé, présidente de l’association, dénonce un abandon total. Les élèves traumatisés, censés reprendre les examens dans la foulée du drame, ont été sacrifiés au profit d’une communication politique mensongère.
Le contraste est agressif. D’un côté, le gouvernement affirme « avoir tout mis en place ». De l’autre, les faits révèlent une absence totale de suivi. Après l’intervention d’urgence coordonnée du 28 juin au 7 juillet par l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), plus rien. Aucun relais étatique, aucun soutien prolongé, aucune cellule psychologique mise en place par les ministères concernés. Le soutien apporté à 730 personnes – élèves, enseignants, parents – n’a tenu que dix jours. Une aide indispensable, financée par ONUFAM, mais restée isolée.
Irène Moussa-Kembé, juriste et militante, qualifie cette absence d’accompagnement de « démission pure et simple de l’État ». Selon elle, le gouvernement a sciemment laissé les victimes livrées à elles-mêmes, se contentant de discours creux et de formules sans lendemain. L’écart entre les annonces officielles et la réalité du terrain est tel qu’il ne peut être attribué à une négligence : il s’agit d’un choix politique.
Une population traumatisée, abandonnée dès le 8 juillet À l’issue des dix jours d’intervention, le constat est clair : les victimes présentent des symptômes graves et persistants. Stress, crises d’angoisse, perte de mémoire, cauchemars, insomnies, vertiges, troubles du comportement. Aucun de ces signes ne peut être traité en quelques jours. Les psychologues mobilisés ont recommandé un suivi minimal de trois à six mois, notamment pour les élèves encore en âge scolaire. Mais dès le 8 juillet, le projet a pris fin – et le gouvernement, informé par des rapports détaillés, n’a rien prévu pour la suite.
Cette inaction volontaire intervient alors même que les examens ont repris immédiatement après. Des adolescents traumatisés, incapables de dormir ou de se concentrer, ont été renvoyés en salle d’examen sans préparation, ni soutien, ni aménagement. « C’est une maltraitance institutionnelle », affirme Irène Moussa-Kembé. Une preuve, selon elle, que les autorités ont sacrifié la santé mentale des jeunes pour préserver l’image d’un calendrier scolaire soi-disant maîtrisé.
Une communication massive pour dissimuler le vide
La machine gouvernementale s’est pourtant emballée. Porte-parole du gouvernement, membres du cabinet, communiqués officiels : tous affirmaient que des cellules d’écoute avaient été déployées, que les services sociaux étaient mobilisés, que tout avait été prévu. En réalité, aucun service public n’a pris en charge les victimes. Aucun psychologue de l’Éducation nationale, aucun agent du ministère de la Santé n’a été vu sur le terrain après le départ de l’AFJC.
Cette stratégie de communication, organisée pour masquer l’absence d’action réelle, a provoqué une colère grandissante parmi les familles. Nombre de parents affirment n’avoir jamais vu l’ombre d’un agent de l’État sur les lieux. À la souffrance s’ajoute un sentiment d’humiliation : celui d’être instrumentalisés par une propagande officielle qui nie leur détresse.
Les conséquences immédiates sont graves. Plusieurs élèves ont interrompu leur scolarité. Certains ont fui Bangui pour rejoindre des proches en province, incapables de rester dans un environnement devenu anxiogène. D’autres témoignent de pertes de mémoire en pleine épreuve, de tremblements incontrôlables, d’absences prolongées. Pour ces jeunes, la rentrée scolaire s’annonce sous le signe de l’incertitude et de la peur.
Irène Moussa-Kembé insiste : « Ils n’ont même pas envisagé de repousser les examens ou de créer des sessions spéciales pour les élèves touchés. » Aucun aménagement, aucune exception. Le système scolaire, rigide, a poursuivi son calendrier comme si rien ne s’était passé. Une décision qui a détruit la confiance entre les élèves et leurs encadreurs. « On nous traite comme si on n’était rien », a résumé une élève interrogée à la sortie d’un examen.
La crise n’a pas touché que les élèves. Les parents, traumatisés par ce qu’ont vécu leurs enfants, n’ont bénéficié d’aucune forme d’accompagnement. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur désarroi face aux crises répétées de leurs enfants, sans savoir à qui s’adresser. Les enseignants aussi ont été oubliés. Certains ont assisté au drame, d’autres ont accueilli des élèves en pleurs dans leurs classes. Aucun n’a été soutenu, formé ou même consulté par les autorités éducatives.
« On leur demande d’enseigner à des jeunes brisés sans leur donner les outils pour le faire », résume Moussa-Kembé. Selon elle, l’ensemble du corps enseignant aurait dû être encadré après le drame pour assurer une reprise pédagogique adaptée. Là encore, le gouvernement a fait le choix de l’inaction.
Les psychologues de l’AFJC n’ont pas seulement accompagné les victimes. Ils ont aussi produit des rapports clairs, structurés, avec des données exploitables sur l’état psychologique des élèves, leurs besoins, et les risques encourus en l’absence de suivi. Ces documents ont été transmis aux autorités compétentes : ministère de l’Éducation nationale, ministère de la Santé, présidence. Aucune suite. Aucun appel. Aucun retour. Les données ont été classées sans suite.
Ce silence, selon Irène Moussa-Kembé, traduit un mépris total pour le travail de terrain et pour les professionnels qui tentent de combler les lacunes de l’État. « On aurait pu adapter les politiques publiques. On aurait pu au moins ralentir le rythme scolaire. Ils ont préféré faire comme si rien ne s’était passé. »
Pour les observateurs du système éducatif centrafricain, cette crise n’est pas une surprise. Chaque incident grave – qu’il soit sécuritaire, sanitaire ou scolaire, révèle le même mécanisme : absence de prévention, improvisation dans l’urgence, récupération politique, puis abandon des victimes. L’affaire du lycée Barthélémy-Boganda ne fait que confirmer ce cycle d’irresponsabilité.
Ce que dénonce Irène Moussa-Kembé, c’est un mécanisme rodé de communication mensongère. « Ils n’ont rien fait, mais ils font croire qu’ils ont tout fait. Et dans le vacarme des médias d’État, on perd de vue la vérité : les élèves sont seuls, les parents sont seuls, les enseignants sont seuls. »….
Anicet Georges Dologuélé officiellement déclaré apatride : Touadéra enterre politiquement son principal adversaire à la présidentielle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
L’opposant Anicet Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et député actuel de Bocaranga 1, vient d’être totalement enterré par le régime de Bangui sur la scène politique nationale. Comment ? En le déclarant officiellement apatride, c’est à dire qu’il n’est plus centrafricain. En plus de cela, il n’est plus français.
Anicet-Georges Dologuelé avait renoncé à sa nationalité française il y a quelques semaines pour pouvoir se porter candidat à la présidentielle de 2025. Pour déposer sa candidature, il faut joindre une copie du passeport national à la demande. L’ancien Premier ministre a donc sollicité, il y a trois semaines, la délivrance d’un passeport centrafricain suite à sa renonciation à la nationalité française.
La réponse du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, datée du 9 octobre 2025 et signée par le ministre de la Défense Rameaux Claude Bireau (pour le ministre de l’Intérieur), glace le sang. Le ministère déclare officiellement que Anicet-Georges Dologuelé a “perdu la nationalité centrafricaine” en détenant la nationalité française jusqu’au 25 août 2025.
Le ministère invoque l’article 48 du Code de la Nationalité de 1961 qui dispose : “Perd la nationalité centrafricaine, le Centrafricain majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère”.
Selon cette interprétation, Anicet-Georges Dologuelé aurait perdu automatiquement sa nationalité centrafricaine lorsqu’il a acquis la nationalité française. Le ministère lui demande donc de “déposer une demande de réintégration auprès du ministère chargé de la Justice, accompagnée de tous les documents justificatifs pour obtenir un décret de réintégration, lequel servira de base à l’établissement du passeport sollicité”.
En clair, le régime déclare Anicet-Georges Dologuelé apatride. Il n’est plus Français puisqu’il a renoncé à cette nationalité. Et il n’est plus Centrafricain selon l’interprétation du ministère. Il doit maintenant faire une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine, attendre qu’un décret soit signé, et seulement après pourra demander un passeport.
Cette manœuvre administrative enterre politiquement Dologuélé de trois manières.
D’abord, sur le plan électoral. Sans passeport centrafricain, il ne peut pas déposer sa candidature à la présidentielle. Le délai de dépôt des candidatures expire dans deux jours. Le processus de réintégration dans la nationalité, puis de délivrance du passeport, prendra des semaines voire des mois. Dologuélé ne pourra donc pas se porter candidat à la présidentielle de 2025 comme il a lui-même déclaré mercredi dernier.
Ensuite, sur le plan sanitaire.Anicet-Georges Dologuelé a des problèmes de santé. Il doit se rendre régulièrement en France pour consulter ses médecins. En le privant de passeport français (par la renonciation) et en lui refusant le passeport centrafricain, le régime le bloque. Comment va-t-il sortir du pays pour aller se soigner ? Comment va-t-il voyager sans passeport ?
Enfin, sur le plan symbolique. En le déclarant apatride, le régime humilie publiquement son principal adversaire. Il lui dit : tu n’es plus rien, tu n’as plus de nationalité, tu n’existes plus juridiquement.
Pour pousser l’humiliation encore plus loin, le ministre conseiller du président, Fidèle Gouandjika , a fait un live sur Facebook pour se moquer de Dologuélé. Il a rappelé que l’opposant avait déclaré “que le pays n’est pas gouverné, que le fauteuil présidentiel est vide”.Fidèle Gouandjika a alors fait une simulation de la demande que Dologuélé devrait maintenant envoyer au président : “J’ai l’honneur, Monsieur le Président, de venir auprès de vous respectueusement pour demander à nouveau la nationalité centrafricaine”.
Le message du régime est clair : tu as osé dire que Touadéra ne gouverne pas ? Maintenant, rampe et supplie pour récupérer ta nationalité. Humilie-toi publiquement devant celui que tu as critiqué. Reconnaît que tu as eu tort. Demande pardon. Et peut-être, si tu es assez servile, on te rendra ta nationalité.
Cette manœuvre est d’une perversité calculée. Le régime savait que Anicet-Georges Dologuelé allait renoncer à sa nationalité française pour se présenter. Ils l’ont laissé faire. Ils ont attendu qu’il renonce, qu’il perde sa nationalité française. Et à ce moment-là, quand il n’avait plus de retour en arrière possible, ils l’ont déclaré apatride en lui refusant le passeport centrafricain.
Cette manœuvre montre aussi la duplicité du régime sur la question de la nationalité. Touadéra a modifié la Constitution pour interdire la double nationalité et exiger que les candidats à la présidentielle n’aient que la nationalité centrafricaine. Anicet-Georges Dologuelé a joué le jeu : il a renoncé à sa nationalité française. Et le régime le punit pour avoir obéi à la loi.
Si Anicet-Georges Dologuelé avait gardé sa double nationalité, on lui aurait dit : tu ne peux pas te présenter, tu as la nationalité française. Maintenant qu’il a renoncé à la nationalité française, on lui dit : tu as perdu la nationalité centrafricaine, tu es apatride, tu ne peux pas te présenter non plus.
C’est un piège parfait. Quoi que fasse l’opposant, le régime trouve une raison juridique pour l’empêcher de se présenter.
Anicet-Georges Dologuelé n’est pas le seul dans cette situation. D’autres opposants de la diaspora qui ont la double nationalité font face au même dilemme. S’ils renoncent à leur nationalité étrangère pour se présenter, le régime peut les déclarer apatrides. S’ils ne renoncent pas, le régime les déclare inéligibles pour double nationalité.
Au-delà de la dimension électorale, cette affaire pose la question humanitaire. Anicet-Georges Dologuelé a des problèmes de santé. Il doit voyager régulièrement pour se soigner. En le privant de tout passeport, le régime met sa vie en danger. Si son état de santé se dégrade et qu’il a besoin de soins urgents à l’étranger, comment va-t-il sortir du pays ?
Le régime le sait. C’est peut-être même l’objectif. En privant Anicet-Georges Dologuelé de passeport, on l’empêche de se faire soigner à l’étranger. On espère peut-être qu’il tombera malade et mourra, éliminant ainsi définitivement cet opposant gênant.
Cette stratégie d’élimination physique par privation de soins médicaux est une forme de violence d’État. On ne tue pas directement l’opposant, mais on crée les conditions de sa mort en lui refusant l’accès aux soins dont il a besoin.
Anicet-Georges Dologuelé se retrouve dans une situation impossible. Apatride, sans passeport, incapable de se présenter à la présidentielle, incapable de voyager pour se soigner. Le régime lui laisse deux options : s’humilier publiquement en suppliant Touadéra de lui rendre sa nationalité, ou mourir lentement, bloqué en Centrafrique, sans possibilité de se faire soigner à l’étranger.
Cette affaire montre jusqu’où Touadéra est prêt à aller pour éliminer ses adversaires. On ne se contente plus d’emprisonner les opposants ou de les forcer à l’exil. On les déclare apatrides, on les prive de leur identité juridique, on les condamne à l’invisibilité administrative et peut-être à la mort faute de soins.
Les Centrafricains qui croient encore que les Élections de décembre 2025 seront libres et transparentes devraient regarder ce qui arrive à Dologuélé. Le principal opposant, ancien Premier ministre, député en exercice, est déclaré apatride et empêché de se présenter par une manœuvre administrative cynique.
Si le régime peut faire cela à Anicet-Georges Dologuelé , que fera-t-il aux autres candidats ? Combien d’opposants seront éliminés par des procédures administratives kafkaïennes ? Combien seront déclarés inéligibles pour des raisons inventées ?
Les Élections de 2025 ne seront pas des Élections. Ce sera une parodie où seuls les candidats approuvés par Touadéra pourront se présenter, et où le résultat est déjà écrit.
Plainte à la CPI contre Touadéra : le président répond en décorant officiellement les Mercenaires russes du groupe Wagner pour insulter la communauté internationale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/les-wagner-decores-par-touadera-officiellement_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les mercenaires russes de la société Wagner décorés par le Président Touadera pour leurs bravoures à assassiner massivement les centrafricains
Rédigé le .
Par : Alain Nzilo, Directeur de Publication de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 8 octobre 2025, deux événements simultanés ont montré le bras de fer qui s’engage entre le régime Touadéra et ses opposants sur la scène internationale. Alors que le cabinet de Maître Philippe Larochelle déposait officiellement une plainte contre le président centrafricain à la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Faustin-Archange Touadéra répondait par un geste de défi : la décoration officielle de mercenaires russes du groupe Wagner à Bangui.
Depuis un mois, le cabinet de Maître Philippe Larochelle, avocat canadien, avait annoncé le dépôt imminent d’une plainte officielle contre le président Touadéra. Cette démarche judiciaire est initiée par le collectif de la diaspora centrafricaine communément appelé “les 12 Apôtres”. Le 8 octobre 2025, la plainte a été officiellement déposée auprès du procureur de la Cour Pénale Internationale. L’Association des Douze Apôtres a publié un communiqué de presse (n°04.08.10.25) pour informer “la population centrafricaine, la communauté internationale et l’ensemble des médias tant nationaux qu’internationaux” de cette démarche judiciaire qui avait été initiée en avril 2024.
Les plaignants accusent Faustin-Archange Touadéra et ses complices de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ces accusations portent notamment sur les massacres commis par les mercenaires russes de Wagner sur le territoire centrafricain avec la complicité du président qui les a introduits dans le pays et leur a donné carte blanche.
Photo de famille des mercenaires de Wagner avec Touadera et le corps de l’armée après décoration
Pendant ce temps, le même jour, 8 octobre 2025, à Bangui, le président Touadéra organisait une cérémonie officielle pour décorer des mercenaires russes du groupe Wagner. Le choix de cette date n’est pas un hasard. C’est un geste calculé, une réponse publique à la plainte déposée à La Haye. En décorant officiellement des mercenaires de Wagner le jour même où une plainte le visant est déposée à la CPI pour ses liens avec ces mêmes mercenaires, Touadéra envoie un message clair : “Votre procédure ne me fait pas peur. Je continue mes relations avec Wagner ouvertement. Votre plainte est ridicule”.
Cette décoration des mercenaires russes du groupe Wagner est une opération de communication. Touadéra veut montrer à la Cour Pénale Internationale, à ses jeunes opposants de la diaspora et à la communauté internationale qu’il ne se laissera pas intimider. Il affirme sa souveraineté en décorant des mercenaires de Wagner le jour même où on l’accuse de complicité avec Wagner dans des crimes contre l’humanité. C’est aussi une manière de dire : “Je m’en bats les couilles de votre plainte. Vous pouvez déposer tous les dossiers que vous voulez, je fais ce que je veux dans mon pays”.
Les heureux mercenaires russes récipiendaires de la société Wagner décorés par le président Touadera
Ce 8 octobre 2025 marque le début d’une guerre de communication à grande échelle entre deux camps. D’un côté, les 12 Apôtres et leurs avocats utilisent les instruments du droit international pour mettre la pression sur Touadéra. Ils documentent les crimes, rassemblent les preuves, déposent des plaintes devant des juridictions internationales. Leur objectif est de faire basculer le rapport de force en utilisant le droit comme arme. De l’autre côté, Touadéra répond par la provocation et le défi. Il organise des cérémonies officielles avec Wagner précisément les jours où les plaintes sont déposées. Il veut montrer qu’il est intouchable, protégé par la Russie, et que les procédures juridiques internationales ne l’impressionnent pas.
Ces deux stratégies visent le même objectif : influencer l’opinion publique nationale et internationale. Les 12 Apôtres veulent isoler Touadéra sur la scène internationale et légitimer la lutte contre son régime. Touadéra veut montrer qu’il reste maître chez lui et que personne ne peut le contraindre.
La plainte déposée à la CPI porte notamment sur la complicité de Touadéra dans les crimes commis par les mercenaires russes de Wagner en Centrafrique. Cette complicité est évidente et documentée. C’est Touadéra qui a fait venir Wagner en Centrafrique. C’est lui qui les paie 10 milliards de francs CFA par mois. C’est lui qui leur a donné accès aux ressources minières du pays. C’est lui qui leur a permis de contrôler l’armée nationale. C’est lui qui ferme les yeux sur leurs exactions.
Les mercenaires russes du groupe Wagner tuent massivement dans le pays. À Ngbafio dans la Nana-Mambéré, ils ont assassiné deux civils dans leurs champs. À Mbokie, à Zémio, à Obo, partout où ils passent, Wagner laisse des cadavres de civils. Les viols, les pillages, les massacres se multiplient. Touadéra connaît ces crimes. Il les tolère. Il les couvre. Parce que Wagner protège son régime et lui garantit de rester au pouvoir jusqu’à sa mort. En échange de cette protection, Touadéra donne carte blanche aux mercenaires russes de Wagner pour faire ce qu’ils veulent : tuer impunément, instaurer la dictature, piller les ressources.
C’est cette complicité active dans les crimes de Wagner qui fonde l’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité portée contre Touadéra. Il ne se contente pas de fermer les yeux. Il facilite, organise et couvre les crimes commis par ces mercenaires russes.
La diaspora centrafricaine, épuisée de voir son pays sombrer dans la dictature et le chaos sous contrôle des mercenaires russes de Wagner, a décidé d’agir. Ne pouvant rien faire à l’intérieur du pays où toute opposition est réprimée, elle utilise les instruments juridiques internationaux. Les 12 Apôtres représentent cette diaspora qui refuse de baisser les bras. Ils savent que les procédures devant la CPI sont longues, que les condamnations sont rares, que les États protègent souvent leurs dirigeants. Mais ils considèrent qu’il faut tout essayer pour arrêter la machine de mort que représente l’alliance Touadéra-Wagner.
Le dépôt de cette plainte marque le début d’un long combat juridique. Il faudra des années pour que la CPI examine le dossier, décide s’il y a lieu d’ouvrir une enquête, rassemble les preuves, éventuellement émette un mandat d’arrêt. Mais ce combat juridique a aussi une dimension politique et symbolique. Il vise à délégitimer Touadéra sur la scène internationale, à documenter ses crimes, à maintenir la pression, à empêcher qu’on normalise son régime.
Le 8 octobre 2025 marque le début d’un bras de fer entre Touadéra et ses opposants sur le terrain juridique international. La plainte est déposée, le président répond par la provocation, les avocats préparent leurs arguments, le régime organise sa défense. Ce bras de fer va se jouer sur plusieurs terrains. Juridique d’abord : la CPI va-t-elle accepter d’examiner la plainte ? Les preuves sont-elles suffisantes ? Les témoins seront-ils protégés ? Diplomatique ensuite : les alliés de Touadéra, notamment la Russie, vont-ils bloquer toute procédure ? Médiatique enfin : qui va gagner la bataille de l’opinion publique ?
En décorant des mercenaires russes de Wagner le jour du dépôt de la plainte, Touadéra pense avoir gagné la première manche. Il montre qu’il ne se cache pas, qu’il assume ses alliances avec Wagner, qu’il ne craint pas la justice internationale. Mais cette provocation peut aussi se retourner contre lui. En affichant aussi ouvertement ses liens avec Wagner au moment précis où on l’accuse de complicité avec ces mercenaires dans des crimes de guerre, il fournit lui-même des arguments à ses accusateurs.
La décoration de mercenaires russes de Wagner n’est pas un crime en soi. Mais le timing et le symbole renforcent l’accusation de complicité active avec Wagner. Touadéra ne se contente pas de travailler avec Wagner pour des raisons sécuritaires. Il célèbre publiquement ces mercenaires le jour même où on l’accuse de crimes liés à Wagner. Cette guerre de communication ne fait que commencer. Les 12 Apôtres continueront à alimenter la procédure juridique avec de nouveaux éléments, de nouveaux témoignages, de nouvelles preuves. Touadéra continuera à défier ses accusateurs en affichant encore plus ouvertement son alliance avec Wagner.
Le peuple centrafricain, lui, continue de mourir sous les balles des mercenaires russes de Wagner pendant que se joue cette bataille judiciaire et médiatique dont l’issue reste incertaine.
Bowaye : Le CICR distribue des kits alimentaires aux habitants, les Wagner arrivent et pillent tous les vivres distribués
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/Habitation-dun-habitant-du-village-Bowaye-brule-par-les-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Habitation du chef de groupe du village Bowaye incendiée par les Mercenaires russes du groupe Wagner. CopyrightCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les mercenaires russes du groupe Wagner sont de retour dans le village de Bowaye, situé à 70 km de Bossangoa dans la sous-préfecture de Nana-Bakassa, préfecture de l’Ouham. Ce n’est pas la première fois qu’ils reviennent dans ce village. Depuis des mois, ils y mènent des opérations de terreur, tabassant et agressant les habitants sous prétexte de rechercher le chef d’État-major du CMSPR, Florent Kema.
Mais ce jeudi 9 octobre 2025, les mercenaires de Wagner ont franchi un nouveau palier dans la honte. La veille, des agents humanitaires de la Croix-Rouge internationale étaient venus dans le village pour distribuer des kits alimentaires à la population : du riz, des sardines, des vivres pour aider des habitants qui ont énormément souffert.
Comme vous le savez, cette population fuit régulièrement Wagner pour se réfugier dans la brousse, puis revient quand les mercenaires partent. Ce va-et-vient permanent les empêche de cultiver normalement. La galère domine dans le village. C’est pourquoi la Croix-Rouge internationale a décidé de venir porter secours aux habitants en distribuant des vivres.
Le lendemain de cette distribution, Wagner est arrivé. Apparemment informés de la distribution humanitaire, les mercenaires russes ont encerclé le village. Ils ont commencé à fouiller maison par maison, soi-disant pour rechercher le chef rebelle Florent Kema.
Mais en réalité, ils profitaient de ces fouilles pour ramasser les provisions que la Croix-Rouge avait distribuées la veille. Le riz, les sardines, tous les kits alimentaires destinés à la population affamée ont été confisqués par les mercenaires de Wagner. Ils ont dépouillé le village systématiquement, pillant les vivres que les humanitaires venaient d’apporter.
Voilà comment les Centrafricains subissent le vol massif des mercenaires russes, non seulement les violences et les humiliations, mais aussi le pillage organisé de l’aide humanitaire.
Cette opération de Wagner à Bowaye montre plusieurs choses. D’abord, que ces mercenaires surveillent les mouvements des organisations humanitaires. Ils savaient que la Croix-Rouge avait distribué des vivres la veille. Ils sont arrivés le lendemain pour piller ces vivres.
Ensuite, que le prétexte de la recherche de Florent Kema n’est qu’une excuse pour terroriser et piller la population. Si Wagner cherchait vraiment ce chef rebelle, ils ne perdraient pas leur temps à confisquer du riz et des sardines dans les maisons.
Enfin, que Wagner considère les Centrafricains comme un butin à exploiter. Ils ne se contentent pas de contrôler le territoire, d’exploiter les mines, de massacrer ceux qui résistent. Ils volent aussi les vivres destinés aux populations affamées.
La population de Bowaye vit un calvaire permanent. Quand Wagner arrive, elle fuit dans la brousse. Quand Wagner part, elle revient au village. Cette instabilité permanente l’empêche de cultiver, de stocker des récoltes, de mener une vie normale. C’est pour cela que la Croix-Rouge est intervenue : pour aider des gens qui n’ont plus rien à manger à cause du terrorisme de Wagner.
Et comment Wagner répond à cette aide humanitaire ? En venant piller les vivres distribués. En confisquant le riz et les sardines que la Croix-Rouge avait apportés pour empêcher ces familles de mourir de faim.
Ce pillage de l’aide humanitaire constitue un crime de guerre. La Convention de Genève interdit formellement le pillage des biens destinés aux populations civiles. Elle interdit de détourner l’aide humanitaire. Wagner viole ouvertement ces règles en confisquant systématiquement les vivres distribués par la Croix-Rouge.
Mais qui va poursuivre Wagner pour ce crime de guerre ? Certainement pas le gouvernement centrafricain qui paie ces mercenaires 10 milliards par mois et leur donne carte blanche pour faire ce qu’ils veulent. Certainement pas Touadéra qui vient de décorer officiellement des mercenaires de Wagner le jour même où une plainte était déposée contre lui à la CPI pour complicité avec Wagner.
La Croix-Rouge internationale doit dénoncer publiquement ce pillage de son aide humanitaire. Elle doit documenter ces faits, porter plainte, alerter la communauté internationale. On ne peut pas laisser des mercenaires piller impunément des vivres destinés à des populations affamées.
Les organisations humanitaires qui travaillent en Centrafrique doivent savoir que Wagner surveille leurs activités et pille l’aide qu’elles distribuent. Elles doivent adapter leurs stratégies pour protéger les bénéficiaires de leurs programmes. Elles doivent dénoncer publiquement ces pillages plutôt que de garder le silence par peur de représailles.
Les habitants de Bowaye ont tout perdu. Wagner les terrorise depuis des mois. Ils ne peuvent plus cultiver normalement. Ils fuient régulièrement dans la brousse. La Croix-Rouge vient leur apporter des vivres pour qu’ils ne meurent pas de faim. Et le lendemain, Wagner vient confisquer ces vivres.
C’est le sort réservé aux Centrafricains dans les zones contrôlées par Wagner : terreur permanente, impossibilité de cultiver, famine, et pillage de l’aide humanitaire quand elle arrive enfin.
Touadéra peut continuer à décorer les mercenaires de Wagner. La réalité sur le terrain est celle-ci : ces mercenaires qu’il honore pillent les vivres destinés aux Centrafricains affamés, confisquent l’aide humanitaire, et transforment des villages entiers en zones de famine organisée.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le nouveau maire MCU de la commune de la Haute-Bombé impose un système d’exploitation esclavagiste aux mineurs de Mbagana, les forçant à vendre leur or à prix dérisoire.
Un système d’exploitation particulièrement cynique vient d’être mis en place sur les sites miniers de Mbagana, dans la commune de Haute-Bombé, préfecture de la Mambéré-Kadéï. Le nouveau maire, membre du parti MCU et président local de cette formation Politique, a instauré un véritable régime d’esclavage moderne qui prive les mineurs de leur liberté et de leurs revenus.
Cette situation se déroule dans la sous-préfecture d’Amadagaza, où le site minier de Mbagana attire de nombreux chercheurs d’or. Cette localité frontalière avec le Cameroun dispose d’un gisement aurifère de qualité supérieure, avec de l’or 21-24 carats particulièrement recherché. Cette richesse naturelle attire les convoitises et explique la mise en place de ce système d’exploitation.
Le processus d’extraction sur ce site nécessite un travail de longue haleine. Les ouvriers doivent creuser pendant trois à quatre mois, parfois plus, avant d’obtenir des graviers aurifères. Ces graviers, une fois lavés, montre leur contenu en or. Ce travail pénible et patient justifierait normalement une rémunération équitable pour les mineurs.
Le système d’esclavage instauré par le nouveau maire Malingö fonctionne selon un mécanisme particulièrement pervers. Oumarou Bondo, le chef de chantier, récupère d’abord sa part sur l’extraction. Ensuite, chaque ouvrier peut normalement ressortir trois sacs de graviers pour son propre compte. Traditionnellement, ces graviers pouvaient être transportés ailleurs pour être lavés et l’or obtenu vendu librement.
Mais le nouveau maire MCU a complètement verrouillé ce système. Il interdit désormais aux ouvriers miniers communément appelés Nagbata de sortir du chantier avec leurs graviers. Tous doivent laver leurs graviers sur place, sous surveillance constante. Cette première restriction limite déjà considérablement la liberté des travailleurs.
La deuxième contrainte est encore plus grave : l’or extrait ne peut être vendu qu’au maire lui-même. Alors que le prix habituel du gramme d’or s’établit à 50 000 francs CFA localement et 55 000 francs côté camerounais, le maire impose un prix d’achat dérisoire de 30 000 à 35 000 francs le gramme dans ses bons jours.
Cette différence de prix représente un vol caractérisé. En achetant l’or à 35 000 francs et en le revendant au prix du marché à 50 000 francs minimum, le maire réalise un bénéfice de 15 000 francs par gramme sur le dos des mineurs. Cette plus-value illégitime se chiffre rapidement en millions quand on considère les quantités produites.
Pour maintenir ce système d’exploitation, le maire a d’abord fait appel aux soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) qui contrôlaient les accès au chantier. Mais après la signature de l’accord de paix du 19 avril à Ndjamena au Tchad, ce sont maintenant des ex-éléments du groupe armé 3R qui assurent cette surveillance. Ces hommes armés empêchent physiquement les mineurs de quitter le site avec leurs graviers.
Cette utilisation d’ex-rebelles pour maintenir un système d’esclavage économique pose des questions graves sur la réintégration de ces combattants. Au lieu d’être démobilisés, ils deviennent les gardiens d’un système d’exploitation au profit d’un responsable Politique.
Les conséquences de ce système sont dramatiques pour les mineurs. Certains ont tenté de fuir en traversant la frontière camerounaise pour travailler sur des sites similaires de l’autre côté. Bien que l’or y soit de qualité inférieure, les conditions de travail y sont plus libres et les prix plus équitables.
Mais beaucoup restent piégés sur le site de Mbagana, contraints d’accepter ce système d’exploitation faute d’alternatives. Cette situation correspond à la définition moderne de l’esclavage : travail forcé, restriction de liberté de mouvement, appropriation des fruits du travail par un tiers.
Le maire tire sa légitimité de sa nomination par Évariste Ngamana, vice-président de l’assemblée nationale et porte-parole du parti MCU. Cette filiation politique explique son impunité et sa capacité à maintenir ce système sans craindre de sanctions pénales.
Cette affaire contredit totalement les déclarations de la ministre du Travail, également membre du MCU, qui accusait régulièrement les groupes armés d’exploiter les enfants sur les sites miniers. L’exemple de Mbagana montre que les responsables MCU eux-mêmes pratiquent l’esclavage moderne, utilisant même d’anciens rebelles comme gardiens de leur système.
Cette situation témoigne de la transformation des maires MCU en prédateurs économiques qui utilisent leurs fonctions pour s’enrichir personnellement. Le maire de Haute-Bombé n’administre plus sa commune, il l’exploite comme une propriété privée.
L’absence de réaction des autorités face à ce système d’esclavage moderne démontre soit leur complicité, soit leur impuissance. Dans les deux cas, les mineurs de Bagana restent abandonnés à leur sort, privés de leurs droits les plus élémentaires.
Dans la préfecture de la Vakaga, le bureau de l’Autorité Nationale des Élections lance un appel désespéré. Depuis l’ouverture de la période de dépôt des candidatures le 2 octobre jusqu’au 6 octobre, aucun candidat n’a déposé son dossier pour les Élections présidentielle, législatives ou municipales prévues en décembre 2025.
Le responsable du bureau ANE de la Vakaga a fait une déclaration publique pour supplier les candidats de venir déposer leurs dossiers : “Depuis le 2 et nous sommes aujourd’hui le 6, jusqu’à là, il n’y a pas un seul candidat qui est venu déposer ses dossiers. Et donc là, c’est vraiment un souci pour moi, il ne reste plus que grand-chose. Donc je demande aux candidats de venir déposer leurs dossiers».
Il précise l’adresse du bureau : “Notre bureau local se trouve au Forum des droits de l’homme derrière la maison des jeunes. Nous sommes là provisoirement. Et donc je demande vraiment à la population, aux électeurs ou aux candidats de venir nous trouver ici, nous sommes là à n’importe quelle heure pour venir déposer leurs dossiers».
Le responsable tente de rassurer sur les conditions techniques : “Si nous n’avons pas une agence ici, un trésor ici, nous avons un divisionnaire des impôts qui est là, qui travaille ici à la mairie. Les candidats peuvent s’adresser à ce divisionnaire des impôts et ils peuvent fournir leurs dossiers. Il n’y a pas quelque chose de gravité. Il n’y a pas vraiment quelque chose de gravité. On les attend».
Son appel se termine par une interrogation inquiète : “Une grande circonscription comme la Vakaga, et particulièrement à Birao, qui n’a pas de candidats. En tout cas, ce n’est pas possible. Il y a des leaders ici qui peuvent bien déposer leurs dossiers, mais jusqu’à là, je ne sais pas, ils ne sont pas encore venus».
Ce désespoir du responsable ANE cache une réalité que tout le monde connaît en Centrafrique : la population boude massivement ces Élections. Les Centrafricains ne veulent même pas participer car ils savent que les circonstances de ces élections montrent clairement que c’est le régime qui va décider des résultats.
Ce ne sont pas des élections mais des nominations sous couvert électoral. Le peuple l’a compris et refuse de cautionner cette parodie en participant. Dans toute la Centrafrique, les candidatures sont rares. Dans la Vakaga, elles sont inexistantes.
Les habitants de Birao et de toute la Vakaga savent que voter ne servira à rien. Touadéra a modifié la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat. L’Autorité Nationale des Élections est aux ordres du pouvoir. La Cour Constitutionnelle valide tout ce que veut le président. Les conditions d’un scrutin libre et transparent n’existent pas.
Pourquoi se porter candidat quand on sait que les résultats sont déjà écrits ? Pourquoi dépenser de l’argent pour une campagne quand le vainqueur est déjà connu ? Pourquoi mobiliser ses partisans quand le système truquera les chiffres ?
La Vakaga a déjà subi tellement d’épreuves. Les habitants ont vécu sous occupation de groupes armés, ont subi les exactions de rebelles soudanais, ont prié collectivement pour empêcher le retour de Wagner. Maintenant, on leur demande de participer à une élection truquée d’avance.
Ils répondent par le boycott silencieux. Pas de manifestations, pas de déclarations fracassantes. Simplement, personne ne se porte candidat. C’est la forme de protestation la plus efficace : refuser de jouer dans la pièce de théâtre organisée par le régime.
L’appel pathétique du responsable ANE montre que même l’appareil électoral du régime commence à paniquer. Comment organiser des élections sans candidats ? Comment prétendre à la démocratie quand personne ne veut participer ? Comment convaincre la communauté internationale que le scrutin est crédible quand des circonscriptions entières n’ont aucun candidat ?
Le régime va probablement trouver des solutions de dernière minute. Convaincre quelques personnes de se porter candidates en échange d’argent ou de promesses. Fabriquer des candidatures fictives pour donner l’illusion du pluralisme. Mais le mal est fait : le rejet populaire de ces élections est patent.
La situation dans la Vakaga n’est qu’un exemple d’un problème national. Partout en Centrafrique, la population comprend que ces élections ne sont qu’une formalité pour légitimer la mainmise de Touadéra sur le pouvoir. Le président a déjà annoncé sa candidature pour un troisième mandat inconstitutionnel. L’issue du scrutin ne fait aucun doute pour personne.
Ce boycott silencieux de la population centrafricaine est le verdict le plus accablant sur dix ans de présidence Touadéra. Après une décennie au pouvoir, le président ne peut même pas organiser des élections auxquelles les citoyens accepteraient de participer. La légitimité du régime est tellement érodée que même la fiction électorale ne tient plus.
Sonia Bindoumi, ou l’art de se discréditer en direct sur la radio mille colline de Fidèle Gouandjika
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Sonia Bindoumi a encore déliré en direct. Et comme à son habitude, elle l’a fait avec la subtilité d’un marteau-piqueur et l’élégance d’un égout à ciel ouvert. À l’écouter, on se demande si la sénilité est une maladie ou un choix de carrière. Car il faut un certain talent pour accumuler autant de contradictions, d’insultes et de mépris en si peu de temps. Cette dame, qui se croit encore une « jeune fille » alors que son âge devrait lui commander la sagesse, a offert sur les ondes de la Radio Mille Collines de Fidèle Gouandjika une masterclass en hypocrisie Politique, en voyoutisme assumé, et en mépris de classe. Passons en revue ses perles, une à une, pour lui montrer à quel point son discours est non seulement indigne, mais surtout révélateur de sa propre décadence.
La jeunesse, cette valeur que Sonia Bindoumi piétine dans sa folie. On ne sait pas si c’est son vrai nom. Mais on l’appelle quand même Sonia Bindoumi. Cette dame, en l’écoutant, elle s’indigne : « Martin Ziguélé, à 70 ans, doit apprendre à dire la vérité ». Ah, l’ironie ! Voici une femme qui, à un âge où l’on devrait être un pilier de sagesse, se comporte comme une adolescente qui cherche son premier copain, insultant tout ce qui bouge pour se faire une place parmi les criminels, parmi les criminels, les voyous de la République, les cherchés à manger. Elle qui se dit « jeune » à 50 ans passés, alors que chez nous, la jeunesse se mesure à l’énergie et aux idées, pas à la capacité à hurler des insanités à la radio. Mais après tout, quand on a passé sa vie à mendier des miettes de pouvoir, on finit par confondre la maturité avec la capacité à aboyer comme des chiennes plus fort que les autres.
Si éduquer un enfant qui devient bordel est une honte pour la famille, que dire alors de Sonia Bindoumi qui, à l’âge où l’on devrait être un modèle, se transforme en conseillère du « bordélisme Politique » ? Il faut être clair, Sonia Bindoumi n’est pas une jeune fille, c’est une vieille dame en crise d’adolescence, qui croit que la politique se résume à des règlements de comptes et à des coups bas. Elle qui se prétend être « jeune fille de ce pays » ne propose rien, ne construit rien, ne fait que cracher sur ceux qui, au moins, ont le mérite d’avoir un parcours. Elle est le parfait exemple de ce qu’elle dénonce : une génération qui a échoué à élever ses enfants, et qui passe son temps à insulter ceux qui, eux, ont au moins fait quelque chose.
« Ces hommes politiques centrafricains de l’opposition comme Martin Ziguelé, Anicet-Georges Dologuelé recevaient beaucoup d’argent pendant les dialogues, c’est devenu leur fond de commerce ». Voici une accusation qui en dit long sur l’état mental de celle qui la porte. Car qui, mieux que Sonia Bindoumi, connaît les dessous des combines politiques ? Elle qui, visiblement, a fait du bordelisme politique, du putage politique son unique compétence. Quand on passe sa vie à quémander des faveurs, à chercher « de quoi manger » dans les couloirs du pouvoir, on n’a pas de leçon à donner sur l’intégrité. Si le dialogue était un commerce pour certains, Sonia Bindoumi en est la caissière zélée, toujours prête à monter les enchères pour un bout de pain des criminels de Boy-Rabe.
Elle s’indigne que Martin Ziguélé ou Dologuélé aient pu bénéficier de fonds. Mais où étaient ses principes quand elle-même courait derrière les hommes du pouvoir pour se remplir les poches ? La différence, c’est qu’eux au moins ces hommes politiques ont occupé des fonctions de haut niveau dans ce pays, ils ont construit des écoles, des partis, des carrières. Mais toi Sonia Bindoumi , toi, tu n’as construit qu’une réputation sale : celle d’une pute politique, une « griotte » payée pour aboyer quand le régime te donne 1000 ou 2000 francs CFA à chaque insulte.
« Bonne retraite, Martin Ziguélé ! ». Voici une phrase qui en dit long sur sa folie. Car si Ziguélé prend sa retraite, c’est après des décennies de combat politique, avec des hauts et des bas, mais au moins avec une trace. Sonia Bindoumi, elle, n’a jamais été élue, elle n’a jamais occupé une fonction digne dans ce pays, elle n’a jamais dirigé quoi que ce soit, elle n’a jamais proposé un seul projet pour son pays. Elle n’est qu’une voix criarde, un parasite des ondes de la radio mille colline, une spécialiste de l’insulte facile. Quand elle souhaite une retraite à Ziguélé, on se demande : et elle, quand compte-t-elle prendre la sienne ? À 80 ans ? Quand elle aura fini de salir la réputation de tous ceux qui osent encore croire en la politique ?
Elle célèbre le départ de Ziguélé comme une victoire. Mais quelle victoire ? Celle d’une femme qui n’a jamais rien gagné, si ce n’est le droit de parler fort sans jamais être écoutée. Elle, elle s’accroche comme une pute politique à son micro de la radio mille colline, persuadée que son voyoutisme valent une carrière.
« Martin Ziguelé doit passer devant la justice authentique ! ». Voici une exigence qui ferait rire, si elle n’était pas si pathétique. Sonia Bindoumi, qui passe son temps à accuser les autres de corruption, de manipulation, de malversations, oublie un détail : elle n’a jamais prouvé quoi que ce soit. Elle qui réclame la justice pour les autres semble terrifiée à l’idée qu’on puisse un jour examiner son propre parcours. Car que trouverait-on, si on fouillait dans ses affaires ? Des faveurs sexuelles obtenues en échange de services rendus ? Des déclarations radio payées à coup des billets de banque?
Sonia Bindoumi hurle à la manipulation, à la trahison, aux « gros loups ». Mais qui, mieux qu’elle, incarne la manipulation ? Qui, mieux qu’elle, a fait carrière en jouant les marionnettes des puissants ? Elle qui accuse Crépin Mboli-Goumba et Dologuélé de se déchirer pour de l’argent, elle qui connaît si bien les mécanismes de la trahison, ne serait-elle pas tout simplement jalouse de ne pas en être ?
« C’est de la maladie mentale ! », avait dit un auditeur de la radio mille colline à son sujet. Difficile de lui donner tort. Car il faut une certaine forme de folie pour croire que la politique se résume à des règlements de comptes radiophoniques. Il faut une certaine forme de déni pour passer sa vie à insulter les autres, tout en se croyant intouchable. Il faut une certaine forme de mépris pour soi-même pour se comporter ainsi, à son âge, sans jamais réaliser à quel point on fait pitié.
Sonia Bindoumi n’est pas une menace pour quiconque. Elle est une caricature, un exemple de tout ce qui pourrit la politique : le culte de la personnalité toxique, l’absence totale de projet, la recherche éperdue de reconnaissance par la destruction. Elle est la preuve vivante que quand on n’a rien à dire, on crie. Quand on n’a rien à offrir, on insulte. Quand on n’a rien construit, on démolit.
Sonia Bindoumi n’est pas une opposante. Elle n’est pas une intellectuelle. Elle n’est même pas une polémiques digne de ce nom. Elle est une pute politique en colère », une « voyoute des ondes », une « spécialiste du bordélisme politique ». Elle incarne tout ce qu’elle prétend combattre : la corruption des esprits, la médiocrité des ambitions, la lâcheté de ceux qui préfèrent insulter plutôt que d’agir.
Alors oui, Sonia Bindoumi , vous avez raison sur un point : « la fin de toute chose vaut mieux que le commencement ». Pour vous, la fin ne saurait tarder. Car un pays qui se respecte ne peut tolérer indéfiniment une telle indécence. Votre retraite, madame, ne sera pas célébrée. Elle sera un soulagement.
Et quand vous partirez enfin, personne ne vous regrettera. Pas même ceux que vous avez passé votre vie à insulter. Car vous n’aurez laissé derrière vous qu’un vide, un bruit, et une question : comment une seule personne a-t-elle pu gaspiller autant de salive pour si peu de résultat ?
À vous, Sonia Binoumi, nous pourrions dire : bonne retraite. Mais à quoi bon ? Vous n’avez jamais vraiment commencé.
Maître Crépin Mboli-Goumba n’y va pas par quatre chemins. Samedi 26 juillet, au siège de son parti dans la capitale, le président du Parti Patrie et coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place.
« Actuellement, il y a la peur partout. Les militants ont peur, mais si vous êtes venus aujourd’hui, c’est que vous avezle courage », a-t-il lancé à une assemblée de fidèles venus défier l’intimidation ambiante. Pour l’opposant, manifester son appartenance politique équivaut désormais à « signer son arrêt de mort ».
Les disparitions d’Armel Sayo, ancien ministre volatilisé après son arrestation, et d’Issa Manou, enlevé au siège du MCU, alimentent cette atmosphère délétère. « On traite les Centrafricains comme des gibiers », s’indigne Mboli-Goumba, qui dénonce un « pays des morts » où la vie humaine a perdu sa valeur.
Le chantage à l’emploi constitue un autre levier de pression. « Soit tu adhères au parti au pouvoir, le MCU, sinon on va te licencier », explique-t-il, pointant du doigt l’utilisation du travail comme instrument de soumission politique. Pendant ce temps, des figures comme Ali Darassa, chef de l’UPC, ou le musicien congolais Zèkètè Mon non bénéficient d’un traitement de faveur au détriment des citoyens centrafricains.
La question foncière occupe une place centrale dans son discours. Les accaparements illégaux de terres, notamment dans la Lobaye, menacent l’héritage ancestral. « Quand tu dis que tu es Centrafricain, c’est parce que tu travailles le sol de tes ancêtres pour avoir de quoi manger », rappelle-t-il avec force.
Face à cette situation, le leader du BRDC prône la résistance pacifique. Loin de tout appel à la violence, il mise sur l’unité politique pour restaurer la dignité nationale. « Il faut que nous, Centrafricains, nous unissions, que l’on soit de l’opposition ou du parti au pouvoir », plaide-t-il, récusant l’organisation d’Élections précipitées susceptibles d’engendrer de nouveaux troubles.
La forte mobilisation observée lors de cette assemblée générale unitaire du BRDC nourrit son optimisme. « Quand je vous regarde nombreux, je suis très content », confie-t-il aux militants présents. Cette participation témoigne d’une volonté populaire de briser le carcan de la peur.
« Nous ne pouvons plus accepter de vivre dans la peur sur la terre de nos ancêtres », martèle Mboli-Goumba. Son message résonne comme un appel à la conscience collective, invitant chaque Centrafricain à se dresser contre l’arbitraire et l’injustice. Dans un pays où l’espace démocratique se rétrécit, cette voix dissidente porte l’espoir d’un sursaut citoyen capable de redonner vie aux institutions républicaines….
Depuis trois jours, les gendarmes déployés à Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, organisent une opération de rafle massive dans les différents quartiers sous prétexte de vérification des papiers d’identité. Mais cette opération de routine s’est transformée rapidement en une opération de racket organisé de la population.
Pendant l’opération, les gendarmes exigent à chacun la présentation de la carte nationale d’identité. Ceux qui ne peuvent pas la présenter doivent payer obligatoirement la somme de 5 000 francs CFA sur place. Au marché de Ndélé, plusieurs personnes ont été contraintes de payer cette somme. D’autres ont refusé et ont été embarquées.
Les gendarmes justifient cette opération par des instructions reçues de leur hiérarchie à Bangui. Selon eux, il s’agirait de contrôler les nouveaux arrivants à Ndélé dans le cadre de la préparation des Élections prévues dans les mois à venir. Mais sur le terrain, cette opération n’a rien d’un contrôle de sécurité. C’est un racket pur et simple.
Pourtant, les gendarmes savent parfaitement que Ndélé se trouve à plus de 600 kilomètres de Bangui. Pour un habitant de Ndélé qui veut obtenir une carte d’identité, il faut quitter sa ville, payer entre 20 000 et 40 000 francs de transport pour atteindre Bangui, dépenser pour le logement et la nourriture pendant plusieurs jours, payer les 4 000 francs de la carte, et repayer le transport pour rentrer.
Le coût total pour obtenir une carte d’identité peut facilement atteindre 50 000 à 60 000 francs. Pour des populations qui vivent avec quelques milliers de francs par mois, c’est une somme astronomique. Beaucoup renoncent simplement à faire la carte.
Mais au lieu de décentraliser le service de délivrance des cartes d’identité pour permettre aux citoyens de Ndélé de faire leurs cartes sur place, l’État préfère envoyer des gendarmes racketter ceux qui n’ont pas de carte.
La situation est encore pire pour les citoyens de confession musulmane. Ndélé est une zone majoritairement musulmane, bien qu’il y ait également des chrétiens. Mais quand un musulman dépose une demande de carte nationale d’identité en Centrafrique, c’est un parcours du combattant.
On lui demande tous les papiers du monde. Parfois on lui dit que tel document est faux, qu’il faut le refaire. Le musulman dépense une fortune partout sur le territoire pour obtenir une simple carte d’identité à laquelle il a droit en tant que citoyen centrafricain.
Cette discrimination fait que beaucoup de musulmans centrafricains renoncent à demander leur carte. Ils savent que le processus sera long, coûteux, humiliant, et qu’au bout du compte, leur dossier risque d’être rejeté pour des raisons fallacieuses.
Les gendarmes de Ndélé connaissent cette situation. Ils savent que la population locale a des difficultés à obtenir des cartes d’identité à cause de l’éloignement, du coût et de la discrimination. Mais au lieu de faciliter l’accès à ce document, ils en profitent pour racketter.
Exiger 5 000 francs à quelqu’un qui n’a pas de carte d’identité n’a aucune base légale. Ne pas avoir de carte d’identité sur soi n’est pas un délit. Encore moins un délit punissable par une amende payable immédiatement au gendarme.
Ce que font les gendarmes de Ndélé s’appelle du racket. Ils abusent de leur position pour extorquer de l’argent à des citoyens qui n’ont commis aucune infraction. Ceux qui paient évitent d’être embarqués. Ceux qui refusent de payer sont conduits au poste.
Cette pratique est courante dans toute la Centrafrique. Policiers et gendarmes utilisent les contrôles de papiers comme prétexte pour racketter la population. Pas de carte d’identité ? Paie. Pas de permis de conduire ? Paie. Pas de carte grise ? Paie. Même si tu as tous tes papiers en règle, ils trouveront toujours un prétexte pour te faire payer.
Les forces de l’ordre centrafricaines sont devenues des bandits en uniforme. Au lieu de protéger les populations, elles les terrorisent et les rackettent. Les citoyens ont plus peur des policiers et des gendarmes que des criminels.
À Ndélé, une ville qui a déjà vécu des moments difficiles avec les groupes armés, une ville où la population aspire à la paix et à la sécurité, les gendarmes viennent ajouter une couche supplémentaire de souffrance en rackettant les habitants.
Les gendarmes prétendent agir sur instruction de leur hiérarchie à Bangui pour contrôler les nouveaux arrivants avant les Élections. Mais pourquoi contrôler uniquement ceux qui n’ont pas de carte d’identité ? Pourquoi leur faire payer 5 000 francs ? Si c’était vraiment un contrôle de sécurité, on vérifierait l’identité de tous, on demanderait des explications sur la présence à Ndélé, on enregistrerait les informations.
Au lieu de cela, on demande 5 000 francs et tout est réglé. Cela prouve que ce n’est pas un contrôle de sécurité mais un racket organisé sous couvert d’instructions venues de Bangui.
Les habitants de Ndélé sont pris en otage par un système qui les écrase. L’État ne décentralise pas les services pour leur faciliter l’accès aux documents. Au contraire, il concentre tout à Bangui pour obliger les citoyens à dépenser des fortunes pour obtenir leurs droits.
Ensuite, les forces de l’ordre viennent racketter ceux qui n’ont pas pu obtenir ces documents à cause des obstacles mis en place par l’État lui-même. C’est un système pervers où l’État crée le problème puis punit ceux qui en sont victimes.
Les musulmans de Ndélé subissent une double peine : discrimination dans l’obtention de la carte d’identité, puis racket par les gendarmes parce qu’ils n’ont pas cette carte qu’on leur refuse ou qu’on rend inaccessible.
Cette opération de racket à Ndélé montre une fois de plus que sous le régime Touadéra, les forces de l’ordre ne servent pas le peuple mais se servent sur le peuple. Au lieu de protéger et servir, elles terrorisent et volent.
“Je ne comprends pas que nous, les Leaders Politiques de l’opposition démocratique ne comprenions pas que nous sommes sur un point de basculement politique inévitable.” Par ces mots accusateurs, Jean Serge WAFIO ouvre un brûlot politique qui secoue les fondements de la classe politique centrafricaine. Dans ce document de près de 20 pages, le Président du PDCA ne mâche pas ses mots : il accuse l’opposition d’avoir joué un “karaoké politico-politique” inaudible, dénonce l’instrumentalisation du BRDC par le régime de Bangui, et révèle des informations explosives sur la préparation frauduleuse des Élections de décembre 2025.
Selon WAFIO, les résultats électoraux seraient déjà “fabriqués et stockés sur des clés USB”, les responsables de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) et du Conseil Constitutionnel auraient été “initiés à Moscou” à la proclamation de faux résultats, et 1020 délégués sur 1200 seraient des hommes de main chargés de substituer les vrais procès-verbaux. Plus grave encore, il affirme que “ce sont les mercenaires russes qui dirigent la République de Bangui”, citant la déclaration du Ministre d’État WILIBIRO SAKO qui aurait avoué en 2021 : “En ce moment, ce sont les russes qui dirigent le pays ; Et ce sont eux qui décident.”
Entre prophétie religieuse et analyse politique implacable, WAFIO annonce une “confrontation” finale où chaque responsable politique devra répondre devant Dieu de ses actes. Un document qui ne laissera personne indifférent.
À lire le document intégral ici :
LA RÉPUBLIQUE DE BANGUI AU RYTHME D’UN KARAOKÉ PRÉMONITOIRE……
Et nous voilà, nous Leaders Politiques Centrafricains, face à nous-mêmes dans le cul de sac de la 7ème République, au rythme d’un karaoké joué avec de fausses notes, caractéristique d’un moment où les acteurs politiques de la République semblent perdre leurs réflexes ou bons sens politiques, tant les faits et phénomènes du moment semblent leur échapper, lesquels acteurs se livrent à des renonciations par ci, des mises en causes réciproques par là, des récusations politiciennes par là-bas et des recherches de compromissions par ici, d’où mon interrogation plurielle à travers les paragraphes qui suivent.
1 – LE CINGLANT NIET DE MOLOUA AU BRDC, UN KARAOKÉ POLITICO-POLITIQUE AU GOÛT TRÈS AMER
De l’absolue défense de la constitution du 30 mars 2016 a la demande du dialogue politique, une sibylline renonciation a un idéal politique, qui interpelle…, je m’interroge et je nous interroge, politiquement…..
Qu’il me soit permis d’emprunter à la rédaction du quotidien LE CITOYEN son habituelle phrase d’entame, « JE NE COMPRENDS PAS QUE LES CENTRAFRICAINS NE COMPRENNENT PAS QUE….. », pour m’adresser à travers cette analyse politique à nous les Leaders Politiques de l’opposition démocratique.
Eh oui, je ne comprends pas que nous, les Leaders Politiques de l’opposition démocratique ne comprenions pas ou refusions de comprendre que nous sommes depuis mai-juin 2025 sur une ligne de crête, pour le dire encore mieux, sur un point de basculement politique inévitable qui exclut toutes compromissions ou arrangements de circonstance, parce qu’il est question de vie ou de mort ; un tel contexte contraint à capitaliser ou à positiver, avec très grande intelligence politique partagée, ce moment de basculement tant attendu par le Peuple Centrafricain tout entier et pour l’histoire. Malheureusement, nous sommes en train de jouer, en solo pour beaucoup d’entre-nous, des karaoké politico-politiques qui deviennent de plus en plus inaudibles et nihilistes dans le cul de sac de la 7ème République duquel nous devons impérativement sortir pour la 8ème République en capitalisant ou positivant avec très grande intelligence partagée ce moment de basculement politique qui s’offre.
Je ne comprends pas, que nous lesdits Leaders Politiques de l’opposition démocratique, n’avions pas encore compris que depuis le 30 mars 2016, le déclaré Président élu TOUADERA nous a distraits et a déroulé, parfois avec la complicité de certains d’entre nous, ses agendas politiques cachés, qui depuis le 30 août 2023, nous ont mis devant nos naïvetés, inconstances, égos individuels et refus de visions ou d’alternatives unitaires ou partagées.
Et encore, je ne comprends pas que nous n’avions pas compris que le contexte politique depuis 2018 ne permet pas et ne permettra jamais à un Leader Politique, quel qu’il soit, de réussir de manière isolée une lutte politique contre un despote qui a fait des mensonges d’État, du terrorisme d’État, du mercenariat d’État, de la mafia d’État, de l’empoisonnement d’État ses forces de frappes pour s’accrocher au pouvoir.
L’histoire politique, depuis la sombre antiquité, nous enseigne que tenir un langage de démocrate ou adopter des comportements de démocrate face à un tyran, signifie verser de l’eau sur un canard qui est dans un cours d’eau, donc peine perdue. Face à un despote qui fait de la cruauté son moyen d’écraser et de soumettre son Peuple pour régner, il n’y a d’autre alternative que la force, ce que le regretté LUMUMBA Émery Patrice nous enseigne par ses affirmations : « … Sans lutte, vous n’obtiendrez rien. Ni aujourd’hui, ni demain…. » – « ….. Sans dignité, il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité, et sans indépendance, il n’y a pas d’hommes libres….. ».
Nous, Leaders Politiques de l’opposition démocratique, n’avons pas encore compris ou refusons de comprendre que le despote dépouille toujours le Peuple de ses pouvoirs politiques pour mieux l’aliéner ?
L’histoire humaine foisonne d’exemples de despotes, tyrans ou dictateurs qui n’ont connu que de brutales fins de règne , parfois au péril de leurs vies. Seuls, les Israélites, selon la Thora , ont été divinement soustraits à la tyrannie du pharaon d’Égypte antique, grâce au Bon DIEU qui a instruit et guidé MOÏSE. Et depuis ce divin acte, le Père Céleste donne à l’Homme ce dont il a besoin, au moment dont il en a besoin, mais ne se substitue pas à lui, par contre soutient ses efforts, parce que le Bon DIEU a rendu l’Homme libre, autonome, responsable, pour question de vie ou de mort ; par voie de conséquence, DIEU a chargé l’Homme de veiller sur lui-même et de veiller sur son semblable, d’aimer son semblable comme lui-même, d’où la solidarité qui constitue aussi l’une des essences de l’Alliance que le Bon DIEU a conclue avec le Peuple et par laquelle IL a fait du Peuple le détenteur naturel des pouvoirs politiques et du Roi ou Président de la République, le serviteur du Peuple. Et si le serviteur ne s’assume pas comme le veut le Bon DIEU, IL soutient l’Homme à se trouver un autre serviteur Et nous sommes au moment où le Bon DIEU accepte de soutenir nos efforts pour nous doter d’un nouvel serviteur. Le rôle divin ci-avant évoqué oblige tout Leader Politique qui aspire à conduire la destinée d’un Peuple à être un bon père de famille ou un bon berger qui doit conduire les brebis vers le vert pâturage, par conséquent, il doit être porteur d’espoirs; malheureusement, pour beaucoup d’entre nous, Leaders Politiques Centrafricains, nous ne sommes que des porteurs de désespoirs à cause de notre conception opportuniste de la politique fonction, d’où l’Existentialisme Politique, qui nous empêche de nous assumer en Hommes Politiques conséquents ; de ce fait, nous nous sommes laissés distraire ou endormir pendant longtemps par des concentrés de mensonges et d’intentions politiques irréalistes, de parjures et violations répétées de la constitution du 30 mars 2016 que le Sieur TOUADERA a fini par remplacer par la sienne, un autre concentré d’exclusions, de discriminations, de personnalisation des pouvoirs politiques, de mépris et d’aliénation populaires, de subordination des Institutions Républicaines et de la vassalisation de la République à la Fédération de la Russie.
Ce triste constat nous obligeait et nous oblige à une mobilisation pour de fortes actions politiques concertées, par contre, nous avons opté individuellement pour de pieuses déclarations de condamnation ou de prise à témoin sans aucun effet, et pour nous faire bonne conscience politique, nous nous regroupons en plateformes politiques, minées de l’intérieur par les questions d’égos et sans vision politique transformationnelle partagée, d’où trahison de nos idéaux politiques, et partant, trahison du Peuple Centrafricain au nom duquel nous prétendons parler. Ainsi, nous avons accompagné de manière active ou passive ou encore malgré nous le déclaré Président élu dans le déroulement de ses agendas politiques cachés, qui pour les réussir, s’est reposé entièrement sur ses protecteurs qui sont devenus par la suite ses maîtres, et qui détiennent l’effectivité des pouvoirs politiques et qui ont fait de leur protégé un simple Président de la République de façade. Et en tant qu’interface politique, le Sieur TOUADERA est réduit au rôle de courroie de transmission, qui pour sa propre survie politique, ne fait que faire exécuter les instructions à lui données par ses maîtres, au détriment du Peuple Centrafricain.
Pourquoi avoir demandé un dialogue politique, alors que le BRDC avait rejeté le dialogue républicain et la constitution du 30 août 2023 ?
Certes, question anodine, peut-être incongrue, mais mérite d’être posée, parce que depuis mai-juin 2025, nous avons successivement décrié l’élimination par empoisonnement du tribun BEDOUNGA, Député de la Nation,, déploré et condamné fermement le drame du Lycée BOGANDA de Bangui survenu le 25 juin, crié, parce que scandalisés par la disparition du chef rebelle SAYO, colonel des Armées de son État et l’élimination aussi par empoisonnement de BLAGUE, Leader de la Société Civile, avec à chaque fois cette puérile interrogation, « qui sera le prochain ? », au lieu d’une réflexion politique concertée pour chercher voies et moyens de juguler ou empêcher ce genre d’assassinat politique.
En demandant ce dialogue politique, n’est ce pas une manière de raser les tombes encore fraîches de ces martyrs ?
BOGANDA Barthélémy, Député de son territoire Oubangui Chari à l’Assemblée Nationale Française, a voulu restituer l’Oubanguien déshumanisé et bestialisé, devenu Centrafricain, dans sa personne sacrée et dans sa dignité humaine avec ses cinq mots, Nourrir, Vêtir, Loger, Soigner et Instruire, et créer chez lui le sentiment d’appartenir à une Nation avec la devise républicaine, UNITE-DIGNITE-TRAVAIL, des mots qui lui ont été chers et qui ont fondé toute sa philosophie politique de 1946 à 1959. A peine transformés en programme socio-politique, les colons de Bangui qui ne voudraient aucunement entendre parler de l’émancipation du nègre, l’ont fait disparaître à leur manière le 29 mars 1959, laissant orpheline la République Centrafricaine proclamée le 1er décembre 1958. Sa mort pour certains ou sa disparition pour d’autres a sonné le glas de la jeune République. La vision politique de BOGANDA a été galvaudée par la suite par ses successeurs cooptés par les colons de Bangui, ensuite par la FrançAfrique, si bien que la politique pratiquée en République Centrafricaine depuis le 13 août 1960, est une politique d’improvisation en fonction des intérêts en jeu, sur fond des accords des indépendances. Et cette politique d’intérêts contradictoires, s’est complexifiée depuis le 30 mars 2016 à cause des mensonges d’État, du terrorisme d’État, du mercenariat d’État, de la mafia d’État érigés en méthodes de gestion des pouvoirs politiques usurpés au Peuple Centrafricain, si bien que parler de la Politique aujourd’hui en Centrafrique, c’est prendre des lampions pour des lanternes. Nous n’avons jamais pratiqué la Politique en tant que science d’organisation de la société, mais plutôt par opportunisme pluriel.
Cet opportunisme pluriel nous a amenés à développer de répulsifs comportements sur fond de récupérations politiciennes : une pertinente alternative d’à peine proposée, la voilà aussitôt rejetée, parce qu’initiée par l’autre, et quelques mois après on la reprend sibylline ment pour se valoriser et ensuite mal l’assumer. Une action unitaire de proposé, elle est aussitôt rejetée, parce qu’elle est envisagée par l’autre dont la tête ne plaît pas ou parce qu’elle est susceptible de valoriser ou de grandir l’autre. On se plaît à se faire opposant le jour, mais la nuit on fait des appels de pieds aux dignitaires du régime de Bangui pour ses petites affaires personnelles. On qualifie l’autre qui veut rencontrer officiellement TOUADERA pour certaines préoccupations, de ‘‘traître’’ , mais nuitamment, on veut à tout prix le rencontrer comme NICODEME qui cherche à rencontrer JESUS la nuit ; TOUADERA, certes, est otage et marionnette entre les mains de ses protecteurs, les mercenaires russes, mais jusqu’à preuve du contraire, il est et demeure le déclaré élu Président de la République, et à ce titre et surtout par respect politique, il doit recevoir tout opposant politique, quel qu’il soit, qui souhaite le voir pour questions personnelles ou nécessité collective donnée. Par conséquent, tout opposant politique n’a pas besoin d’aller voir TOUADERA à la NICODEME, en cas de nécessité.
Ces donnes rétrogrades sus évoquées nous obligent, nous, Leaders Politiques Centrafricaines, à oser maintenant et désormais l’audace ou le patriotisme politique : faire autrement la Politique en combinant les valeurs traditionnelles positives qui avaient fait la cohésion des sociétés oubanguiennes, tirées des philosophies UBUNTU et MANDÉ, toutes deux issues de la MAÂT, avec les principes universels de la démocratie pour une démocratie transformationnelle par laquelle tout le Peuple Centrafricain se doit de se relever politiquement, de se refonder socialement et de se construire économiquement pour une prospérité future partagée.
Jusqu’à preuve du contraire, la démocratie est et demeure une science à vocation sociale et économique, c’est à dire, celle d’organiser la société pour un bien-être commun ; organiser une société s’entend par une conception, une planification ou programmation, une animation, un accompagnement et une régulation pour adaptation, désadaptation et réadadaptation. C’est dire que la Politique est évolutive et adaptative, donc, elle n’est pas innée ni ne dépend de la perception du Chef, mais des aspirations et attentes du Peuple, parce que c’est le Peuple qui donne le tempo politique.
Les considérations sus-évoquées, tranchent radicalement avec les pratiques politiques d’une autre ère du régime de Bangui qui est en place grâce aux mercenaires russes, hommes sans foi ni loi, d’où une certaine méfiance politique dans les approches. Certes, dans le souci de décrispation et de participation aux Élections de décembre 2025, le BRDC a eu le seul tort de demander au Président de la République de façade un dialogue politique sous parrainage international. Ce dernier, avec une insultante inconsidération et dans une méprisante désinvolture, le 30 mars 2025, a déclaré : « …. J’ai été sensible aux préoccupations d’une partie de l’opposition démocratique, dénommée Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), qui sollicite l’organisation d’un dialogue politique dont l’objectif serait ‘‘d’explorer les solutions pouvant garantir l’organisation des prochaines Élections générales avec des garanties d’inclusivité, de transparence et de strict respect des délais légaux, afin d’éviter, entre autres, une crise électorale aux conséquences forcément graves ‘’ « Et son Premier Ministre MOLOUA d’enfoncer le clou dans son allocution inaugurale du 02 septembre 2025, rappelant au BRDC « ….. les pages émouvantes du dialogue républicain de mars 2022, fondé sur des consultations populaires à la base et structuré par la diversité de représentations de forces vives qui attestent de la volonté de recherche permanente de consensus….
« Ses recommandations couvrant les thématiques de paix, de sécurité, de gouvernance, de l’État de droit, de développement socio-économique, de politique étrangère et de coopération internationale, ont suscité des ferveurs citoyennes et des réformes incontournables…..
« Dans cet ordre des choses, il y a eu l’organisation le 30 juillet 2023 d’un référendum au travers duquel le peuple a décidé de se doter d’une nouvelle constitution qui se distingue, entre autres, par des innovations à l’encadrement des pouvoirs publics…..
« Je voudrai rappeler que la République Centrafricaine est un État souverain avec des Institutions légitimes et fonctionnelles, capables d’assurer des dialogues directs entre Centrafricains que nous avons le devoir de protéger. »
« Je voudrais par ailleurs rappeler que dans le cadre du processus électoral, dont le chronogramme constitutionnel est en cours de mise en œuvre, des mécanismes de concertation et de dialogue existent et contribuent dans leurs capacités respectives, à la création des conditions favorables pour une tenue d’Élections crédibles, inclusives, transparentes et paisibles en décembre 2025, je voudrais notamment citer le Comité Stratégique d’Appui au Processus Électoral et le Cadre de Concertation pour les Élections. »
« Je voudrais enfin vous assurer que l’Exécutif reste attaché et ouvert au dialogue avec toutes les formations politiques, y compris le BRDC,, dès que vous aurez proposé les thématiques du dialogue que vous avez sollicité ».
Une politicienne humiliation non seulement pour le BRDC, mais aussi pour tous les Leaders Politiques de l’opposition démocratique qui, dans le sillage du BRDC, avaient adhéré à la noble cause, celle de défendre becs et ongles la constitution du 30 mars 2016. Comme si cette première humiliation ne suffisait pas, TOUADERA s’est donné le luxe de faire arrêter et détenir arbitrairement, dès sa descente d’avion qui le ramenait à Bangui ce vendredi 03 septembre 2025, le Leader Politique ERENON, Président de MDSP. Alors, il y a lieu de se demander, jusqu’où TOUADERA, fort de ses protecteurs les mercenaires russes, voudrait pousser l’humiliation des Leaders Politiques Centrafricains, alors qu’il a utilisé politicienne ment le BRDC, demandeur du dialogue politique pour recherche d’un financement.
BRDC comme appui politique pour recherche de financements du PND 2024-2025. En opportuniste, TOUADERA voulant faire deux coups d’une pierre, a instruit son Premier Ministre MOLOUA Félix de (1) rencontrer le BRDC, quelques jours avant la réunion des partenaires financiers de Casablanca (Maroc) pour une garantie politique et (2) faire bonne conscience politique, eu égard à l’insistante recommandation de la communauté internationale, relative à un dialogue politique inclusif pour décrisper la situation socio-politique très crisogène dans les perspectives des élections. Mais n’ayant reçu que des promesses à hauteur de 9 milliards de fcfa, pour des besoins financiers exprimés de 5000 milliards de fcfa, TOUADERA fait fermer la porte du dialogue politique, à peine ouverte, par son Premier Ministre qui, le 26 septembre 2025, dans sa déclaration relative à la situation du pays, a accusé le BRDC de faire du dilatoire et de chercher à plonger le pays dans une crise en ces termes : « Ils sont dans les dispositions de réunir les éléments pour déstabiliser le pays…, mais, ils doivent savoir que le Gouvernement ne les laissera pas faire », ce qui sonne comme une déclaration de guerre. Et dans la suite logique de cette déclaration de guerre, dans sa lettre n° 059/PM.25 du 26 septembre 2025, une fin de non recevoir est réservée au BRDC, mettant ainsi terme au nauséabond karaoké politico-politique joué sur le bord nord de l’Oubangui. Humilié et utilisé politicienne ment le BRDC connaît une cinglante fin de non recevoir, ce qui interpelle à propos du sérieux politique du pouvoir de Bangui et de la capacité du rebondissement politique du BRDC, parce que politiquement, en demandant le dialogue politique, le BRDC renonce à l’absolue défense de la constitution du 30 mars 2016, noble cause qui a mobilisé tous les Leaders Politiques de l’opposition démocratiques dans son sillage, et de fait adhère à la constitution du 30 août 2023, ce qui pourrait susciter interrogation ou condamnation pour trahison.
En déduction, en demandant ce dialogue politique, le BRDC a commis une faute politique en acceptant tacitement la constitution du 30 mars 2025, qu’il avait décriée et rejetée, laquelle constitution est la suite logique et politique du dialogue républicain de mars 2022, ce qui explique la satisfaction intérieure de TOUADERA, d’où ses propos insultants et méprisants ce 30 mars 2025.
2 – QUE DIRE DES ÉLECTIONS DE DÉCEMBRE 2025, AUXQUELLES LE BRDC VOUDRAIT PARTICIPER ?
“`
« Tout ce qui est couvert d’un voile, sera dévoilé. Tout ce qui est caché, sera su » Parole du Seigneur JÉSUS « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps » ABRAHAM LINCOLN “`
Missionné à Bria en terre de BAREM BAKIE (Préfecture de la haute Kotto) par les mercenaires russes pour mettre en garde les anciens rebelles, le Ministre d’État WILIBIRO SAKO qui s’y est séjourné du 13 au 15 septembre 2021, leur a transmis ladite mise en garde en ces termes : » Il y aura une grande opération de ratissage à venir. Tenez-vous bien ! Si vous faîtes la tête, c’est vous qui verrez les conséquences. Je tiens à vous prévenir. Ce n’est pas la responsabilité du gouvernement ou du Chef d’État. »
En réaction à ce froid message, valant ultimatum, le chef des rebelles désarmés de déduire : « Donc, cela veut dire que nous ne sommes pas en sécurité en ce moment, malgré que nous nous sommes désarmés ? »
Et le Ministre d’État WILIBIRO SAKO de préciser : « En ce moment, ce sont les russes qui dirigent le pays ; Et ce sont eux qui décident »
Sidéré, un participant à la réunion a lâché ceci : « Dire que ce sont des russes, des étrangers qui dirigent le pays, n’est pas digne d’un homme d’État. Et c’est une manière de fuir ses responsabilités. Le gouvernement veut nous faire savoir qu’il y aura un autre évènement militaire à venir, et il ne sera pas tenu responsable des conséquences. » (cf Corbeau News Centrafrique-CNC du 15 février 2022)
Utiliser le mal pour combattre le mal : Seule la force arrête la force brute, quand il n’y a plus d’autre alternative. Depuis cet aveu de démission politique du Ministre WILIBIRO SAKO, fait au nom de tout le régime de Bangui, tout Centrafricain, lettré ou illettré, sait que ce sont les mercenaires russes qui dirigent la République de Bangui. Et ce serait une hérésie politique si les Leaders Politiques du BRDC l’ignoraient. Et cette démission politique est une véritable insulte à la mémoire des grandes figures de l’Oubangui Chari, NGOUKOU, KPOKOLITA, YAFO, NGOTO, NGARA, KARINOU, YALOKE, WEN NGAÏ, NGAÏ SIYO, WANANGA, KREBEDJE, NGREMALE, NDJOUBISSI, BAREM BAKIE, BANGASSOU, RAFAÏ, ZEMIO et autres, qui ont consenti l’ultime sacrifice, en tombant avec leurs arcs, flèches, lances en main. Cette vérité crue, lâchée par un membre du gouvernement se doit d’être ancrée dans le subconscient de tout Leader Politique de l’opposition démocratique et obliger à une très grande prudence, parce que les mercenaires russes, hommes sans loi ni foi, n’ont aucun état d’âme, parce qu’ils ne connaissent que le langage de la violence. Et quand la force brute est utilisée comme moyen de domination pour mieux piller le pays, seule la force demeure l’alternative pour arrêter la force brute. Et les entités capables d’user de la force pour neutraliser cette force brute, que sont les mercenaires russes, se sont honteusement faites aliénées, dans le but de ramasser par terre des étoiles et galons, faisant offense à la mémoire de leur frère d’armes RAWLINGS Jerry qui avait justifié son coup d’État au Nigeria en ces termes : « Lorsque le Peuple est écrasé par ses dirigeants avec la complicité des juges, il revient à l’armée de rendre au Peuple sa dignité. » Au lieu de dignité et honneur, les officiers généraux, officiers supérieurs, officiers et sous-officiers centrafricains actifs ont indigné et déshonoré la République en se faisant sodomiser ou se soumettre aux mercenaires russes.
Considérant le contexte socio-politique qui vient d’être décrit ci-dessus, parler des élections de décembre 2025, revient à parler des élections à la stalinienne ou la soviétique parce que celles-ci sont voulues par les mercenaires russes qui ont besoin de l’insécurité pour justifier leur présence et continuer de piller Centrafrique dans les perspectives de l’expansion de la Fédération de la Russie en Afrique Centrale. Même dans les pays de grande tradition démocratique, il n’y a jamais eu quatre (4) élections simultanées d’organisé dans le même mois. Quels moyens dispose Centrafrique pour organiser des élections présidentielles, législatives, régionales et municipales, dont les deux dernières le seront pour la première fois, le même jour et dans un pays où la population est analphabète à 90 % et qui ignore encore l’électricité en 2025, à moins qu’on ne veuille créer des troubles ?
Organiser des élections, signifie disposer d’une liste électorale établie selon les normes de la loi électorale et disponible officiellement dans le respect du délai constitutionnel. A la date du 02 octobre 2025, date qui marque le point de départ de la période des inscriptions des différents candidats , la liste électorale définitive qui devrait être publiée, depuis au moins janvier 2025, ne l’est pas encore ; interrogée à propos de ce retard dans l’émission PATARA sur radio Ndéké Luka,, la secrétaire de l’ANE, la dame AGUENE Gypsiane, sans vergogne, déclare que « ce n’est pas une obligation pour l’ANE d’afficher la liste définitive » et fait insolence en demandant aux électeurs d’aller vérifier leurs noms sur la liste électorale électronique, dans ce pays qui ne fournit l’électricité qu’à 5 % de sa population ; les Mbororo illettrés importés du Tchad par le sulfureux BOUBA Hassan, à qui de nombreuses cartes nationales d’identité ont été gracieusement distribuées pour fraudes électorales et probable coup d’
Touadéra à Paoua : discours démagogique d’un président qui a détruit l’éducation nationale pendant dix ans
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/touadera-a-paoua-le-6-octobre-2025.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera à Poua ce lundi 6 octobre 2025 pour lancer l’année scolaire 2025 – 2026
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président Faustin-Archange Touadéra s’est rendu à Paoua le 6 octobre 2025 pour lancer officiellement l’année scolaire 2025-2026. Mais son discours, rempli de promesses et de chiffres spectaculaire, ne peut voiler la réalité catastrophique de l’éducation centrafricaine après dix ans de sa gouvernance.
Comme tout le monde le sait déjà, Touadéra, qui est un ancien recteur de l’université de Bangui, se présente désormais comme un spécialiste de l’éducation. Pourtant, son bilan dans ce secteur est chaotique et désastreux. Aucune école construite avec les moyens de l’État. Aucune université ouverte à l’intérieur du pays. Les infrastructures éducatives laissées à l’abandon ou confiées aux ONG et à la communauté internationale, dont la Minusca, l’Union européenne et la banque mondiale.
Pourtant, dans son discours à Paoua, le présidentTouadera a énuméré des réalisations qui, à y regarder de près, proviennent toutes de projets financés par des partenaires extérieurs. Il cite le Projet d’Urgence de Soutien à l’Éducation de Base (PUSEB),le Projet d’Appui au Secteur de l’Éducation (PARSE 2), le Projet d’Accélération des Résultats de l’Éducation financé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation.
Le PrésidentTouadera a déclaré : “27 établissements scolaires ont pu bénéficier de 1 422 tables bancs, ainsi que de 142 ensembles composés de chaises et de bureaux pour enseignants”. Il a ajouté que le PARSE 2 “a permis la construction de 291 salles de classe et de 54 blocs de latrines à trois cabines chacun” et “a fourni 2 970 tables bancs, 244 ensembles bureaux et chaises pour enseignants”.
Mais ce sont des chiffres sur le papier, une réalité catastrophique sur le terrain. Oui, oui. Tous ces projets sont financés par la Banque mondiale, l’Union européenne, l’UNICEF, le PAM, et d’autres partenaires. Quelle est la contribution propre de l’État centrafricain ? Zéro. Le président Touadera se vante de réalisations qu’il n’a pas financées, construites par des partenaires qu’il remercie longuement dans son discours.
Mais ce que le Président Touadéra ne dit pas, c’est que ces fonds versés par les partenaires internationaux à l’État centrafricain disparaissent dans les détours de l’administration. La Banque mondiale verse les fonds au gouvernement, mais l’argent ne parvient jamais aux écoles. Les sommes débloquées par les bailleurs restent bloquées quelque part entre le ministère des Finances et celui de l’Éducation. Résultat : les projets annoncés avec fanfare restent sur le papier.
Sur le terrain, l’état des écoles donne envie de pleurer. Des bâtiments délabrés, des salles de classe sans toits, des élèves assis par terre faute de tables-bancs. Dans certaines écoles, ce sont les anciens élèves qui travaillent aujourd’hui et qui cotisent pour acheter des tables pour leurs anciens établissements. Des citoyens ordinaires qui paient de leur poche ce que l’État devrait fournir.
La quasi-totalité des enseignants dans les écoles sont des maîtres-parents. Ce ne sont pas des enseignants formés, mais des jeunes qui ont atteint la sixième, la cinquième ou la quatrième et qui enseignent aux élèves du primaire. Dans le secondaire, on retrouve des anciens élèves qui n’ont aucune formation pédagogique et qui font du bénévolat dans les lycées parce qu’il n’y a personne d’autre.
Les maîtres-parents sont payés par les parents d’élèves eux-mêmes. L’État ne leur verse rien. Ce sont des familles déjà écrasées par la pauvreté qui doivent payer les salaires des enseignants de leurs enfants parce que le gouvernement ne remplit pas ses obligations.
Le Président Touadéra a évoqué “le doublement de l’indemnité de craie, passée de 5 000 à 10 000 francs, une première depuis plus de 40 ans”. Dix mille francs par mois pour acheter de la craie. Cette somme dérisoire montre le peu de considération du gouvernement pour les enseignants. Pendant ce temps, Wagner reçoit 10 milliards par mois.
Le président Touadera a annoncé “l’intégration de 1 569 enseignants titulaires, déjà en situation de classe, ainsi que la contractualisation de 6 000 autres enseignants pour l’année en cours, grâce à l’appui de la Banque mondiale”. Encore une fois, c’est la Banque mondiale qui paie. L’État centrafricain ne finance même pas le recrutement de ses propres enseignants.
En plus, ces enseignants contractuels sont souvent impayés pendant des mois. Cela prête à sourire, mais c’est une réalité. La Banque mondiale verse les salaires à l’État, mais l’argent ne parvient pas aux enseignants. Ils attendent pendant des mois, parfois six mois, sans recevoir un franc. Quand ils font grève pour réclamer leurs salaires, on leur répond que l’argent a été versé à l’État et que c’est l’État qui ne débloque pas.
Où passe cet argent ? Personne ne peut le dire. Les fonds de la Banque mondiale destinés aux salaires des enseignants entrent dans les caisses de l’État et disparaissent. Pendant ce temps, les enseignants font grève, les élèves restent chez eux, et l’année scolaire est compromise.
C’est le chaos total dans le système éducatif centrafricain. Des enseignants non payés, des maîtres-parents sans formation, des écoles délabrées, des élèves sans tables ni cahiers. Et le président Touadera vient faire des discours pompeux sur les millions investis par les partenaires.
Le Président Touadéra a parlé du “nouveau projet d’accélération des résultats de l’éducation, cofinancé par la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation, d’une enveloppe d’environ 120 millions de dollars américains”. Cent vingt millions de dollars pour l’éducation centrafricaine, mais aucun franc ne vient du budget national. Tout vient des partenaires, et en plus, cet argent est totalement invisible pour les centrafricains.
Le président Touadera a déclaré : “Au total, les investissements combinés du PUSEB, du PARSE 2 et ce qui est prévu dans le cadre de la mise en œuvre du PAR pour la préfecture de l’Oupham-Pendé s’élèvent à 5 milliards 32 millions.” Cinq milliards investis dans l’éducation de l’Oupham-Pendé, mais pas un franc du budget centrafricain.
Ces chiffres impressionnants sur le papier ne se traduisent par aucune amélioration concrète sur le terrain. Les fonds promis restent bloqués. Les projets annoncés ne se réalisent pas. Les partenaires versent l’argent, mais les écoles ne voient rien arriver.
Pendant son discours, le Président Touadéra a multiplié les remerciements aux partenaires : “Je tiens à vous exprimer ma profonde reconnaissance pour le partenariat agissant entre vous et le gouvernement dans le domaine éducatif. Je vais citer ici l’UNICEF, chef de file des partenaires du système éducatif, la Banque mondiale, le PAM, l’Union européenne, la MINUSCA, la Fédération de Russie, des États-Unis d’Amérique, de la Chine, du Maroc”.
Cette longue liste de partenaires qu’il remercie montre que le gouvernement centrafricain ne fait rien par lui-même. L’éducation nationale dépend entièrement de la générosité des bailleurs étrangers. Sans eux, le système éducatif centrafricain s’effondrerait totalement. Mais même avec eux, le système est au bord de l’effondrement parce que l’argent qu’ils versent ne parvient jamais aux bénéficiaires.
Touadéra a parlé de “l’école inclusive” et de “l’accès à une éducation de qualité” pour tous les enfants. Mais comment parler d’éducation de qualité quand les enseignants ne sont pas payés pendant des mois, quand les écoles n’ont ni tables ni bancs, quand les bâtiments tombent en ruine ? Comment parler d’école inclusive quand les familles doivent payer les maîtres-parents parce que l’État a abandonné ses responsabilités ?
Le président Touadera a lancé un appel aux parents : “Je vous encourage vivement à maintenir cette implication avec constance et rigueur.” Mais comment les parents peuvent-ils maintenir leurs enfants à l’école quand ils n’ont pas de quoi les nourrir, quand ils doivent payer les maîtres-parents, quand ils doivent acheter eux-mêmes les tables-bancs pour les écoles ?
C’est une campagne déguisée en lancement de rentrée. Cette visite à Paoua n’était pas un lancement de rentrée scolaire. C’était le lancement de la campagne présidentielle de Touadéra. Tout son discours visait à se présenter comme le sauveur de l’éducation centrafricaine alors qu’il en est le fossoyeur.
Dix ans au pouvoir, dont une grande partie avec une relative stabilité sécuritaire, et aucune école construite sur fonds propres. Dix ans au pouvoir en tant qu’ancien universitaire, et aucune université ouverte à l’intérieur du pays. Dix ans au pouvoir, et l’éducation centrafricaine dépend totalement des bailleurs étrangers dont les fonds disparaissent dans les poches des responsables gouvernementaux.
Le président dépense 10 milliards par mois pour Wagner pendant que les enseignants reçoivent 10 000 francs d’indemnité de craie. Il paie des mercenaires russes pour protéger son pouvoir pendant que les écoles manquent de tout et que les enseignants attendent leurs salaires pendant six mois.
Ce déplacement à Paoua avec son cortège d’hélicoptères et sa caravane coûte des millions. Ces millions auraient pu servir à débloquer les salaires des enseignants, à acheter des tables-bancs, à construire des salles de classe. Mais Touadéra préfère la propagande à l’action concrète.
Son discours était rempli de chiffres impressionnants sur des projets qu’il n’a pas financés, des réalisations qu’il n’a pas accomplies, des promesses qu’il ne tiendra pas. C’est la marque de fabrique de ce régime : beaucoup de communication, zéro réalisation. Des millions versés par les partenaires qui disparaissent dans les méandres de l’administration sans jamais atteindre les écoles.
Les parents de Paoua et de toute la Centrafrique savent la vérité. Leurs enfants étudient dans des conditions misérables. Les enseignants ne sont pas payés. Les écoles tombent en ruine. Ce sont eux qui paient les maîtres-parents. Ce sont les anciens élèves qui cotisent pour acheter des tables. Et le président vient leur faire des discours démagogiques en se vantant de projets financés par d’autres dont l’argent n’arrive jamais à destination.
Touadéra a conclu son discours par : “Ensemble, bâtissons une école solide, une école accessible, inclusive et équitable et surtout sécurisée.” Mais comment bâtir ensemble quand le gouvernement détourne les fonds destinés à l’éducation ? Comment parler d’école sécurisée quand le pays est livré à Wagner et aux groupes armés ? Comment parler d’école de qualité quand les maîtres sont des bénévoles sans formation et que les enseignants contractuels attendent six mois leur salaire ?
Le président peut multiplier les déplacements et les discours. La réalité reste implacable : après dix ans de Touadéra, l’éducation centrafricaine est exsangue, abandonnée aux ONG et aux bailleurs dont les fonds sont détournés, sacrifiée sur l’autel de la survie politique d’un régime sans vision et sans scrupules.
Assemblée nationale : les employés en grève depuis ce matin, l’entrée bloquée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/vue-densemble-de-lassemblee-nationale-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>vue d’ensemble de l’assemblée nationale centrafricaine
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La grève des employés de l’Assemblée nationale a démarré ce jeudi matin à Bangui et devrait durer huit jours. Dès 8 heures du matin, les employés ont bloqué l’entrée de l’Assemblée en installant des feux de palmier pour protester contre l’arrêt du paiement de leurs salaires.
Les employés de l’Assemblée cumulent plusieurs mois d’arriérés de salaire. Certains députés sont également dans la même situation avec plusieurs mois impayés.
Les employés avaient déposé un préavis de grève de huit jours auprès du bureau de l’Assemblée nationale. Les huit jours sont passés sans aucune réponse de la part du bureau. C’est ce qui a poussé les employés à déclencher le mouvement de grève ce matin en bloquant l’accès au palais de l’Assemblée.
Cette grève s’inscrit dans un contexte plus large de non-paiement généralisé des salaires dans la fonction publique. Des employés de l’État, des employés de l’unité du DDRR et même certains députés n’ont pas reçu leurs salaires depuis plusieurs mois.
Pendant ce temps, le président Touadéra trouve 10 milliards de francs CFA par mois pour payer les Mercenaires russes de Wagner, mais ne trouve pas les moyens de payer les salaires des employés de l’Assemblée nationale, de certains fonctionnaires, et des employés de l’unité de DDRR qui ont cumulé deux ans de non paiement.
Le gouvernement joue sur plusieurs tableaux, payant certains par intermittence pour donner l’illusion qu’il gère la situation, pendant que des milliers d’agents de l’État attendent leurs salaires depuis des mois.
Cette grève à l’Assemblée nationale montre que même les institutions de la République sont paralysées par la mauvaise gestion financière du régime Touadéra, qui préfère financer Wagner et sa campagne électorale plutôt que de payer les salaires des agents de l’État.
Croissance imaginaire, diplomatie fantôme : le show Balalou sur le bilan de la présidence de Touadéra à la tête de la CEMAC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-chefs-deta-de-la-cemac-apres-leur-sommet-a-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les chefs d’État de la CEMAC après leur sommet à Bangui, le 9 et 10 septembre 2025
Le 4 septembre, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement a déroulé un long discours sur les “réalisations” de Touadéra à la tête de la CEMAC. Selon lui, le chef de l’État aurait apporté croissance économique, stabilité politique et intégration régionale.
Maxime Balalou a transformé sa conférence de presse du 4 septembre en exercice de propagande pure. Le ministre de la communication a énuméré les prétendus exploits de Touadéra à la présidence de la CEMAC, mais chaque affirmation flotte dans le vide, dépourvue du moindre élément tangible.
Le porte-parole du gouvernement attribue à son patron la stabilité retrouvée au Gabon après le coup d’État. Une médiation présentée comme un “succès diplomatique majeur” de la République centrafricaine. Pourtant, Balalou ne cite aucune démarche précise entreprise par Touadéra. Quels voyages officiels ? Quelles rencontres bilatérales ? Quels accords négociés ? Le Kitandaire reste muet sur ces détails pourtant essentiels.
Cette crise gabonaise relevait d’ailleurs des affaires internes, réglée entre acteurs locaux. L’attribuer à l’action de la présidence CEMAC relève de la pure invention propagandiste et criminelle.
Eh! On parle aussi de la croissance de la CEMAC, sortie du chapeau de l’ex-détenu Maxime Balalou. Le Kitandaire cite un taux de 2,7 % de croissance régionale de la CEMAC en 2024. Mais qu’a fait Touadéra pour atteindre ce chiffre ? Quelle réforme économique en RCA ? Quelle décision régionale pilotée par Bangui ? En réalité, cette moyenne est portée par le Cameroun et la Guinée équatoriale. Dans son propre pays, la croissance est totalement nulle, asphyxiée par l’insécurité et les barrages routiers. Comment un président incapable de redresser l’économie nationale pourrait-il être le moteur de toute la CEMAC ? Balalou ne l’explique pas, car il n’y a rien à expliquer.
Le plus pathétique, c’est la paix régionale, sans un seul problème résolu. Le Kitandaire Maxime Balalou évoque l’accord de N’Djamena signé avec deux groupes armés centrafricains : le 3R et l’UPC, présenté par ce Kitandaire comme une contribution régionale. Mais cet accord est un dossier strictement interne à la République centrafricaine, ce qu’il a oublié. Il ne relève pas de la CEMAC. Le présenter comme une victoire régionale est une manipulation. Aucun conflit sous-régional n’a été réglé par Touadéra. La paix régionale reste hors de sa portée.
On arrive au niveau de la maladie mentale de l’ex-détenu quand il parle de la diaspora. Le Kitandaire tente de tourner la diaspora en dérision. Interrogé par un journaliste sur la place de la diaspora, Balalou s’est permis de la qualifier de “championne des insultes”. Là encore, aucun programme, aucun dispositif concret. Pas de fonds dédiés, pas de guichet, pas de résultats. Seulement du mépris.
Et si ceci n’est pas une propagande maladive? Au lieu de présenter des preuves, Balalou recycle les mêmes slogans : intégration, solidarité, prospérité partagée. Mais à chaque fois, une question reste sans réponse : qu’a fait Touadéra, concrètement ? Pour le Gabon, pour la croissance, pour la paix, pour l’intégration : rien n’est montré, tout est proclamé.
Pendant que Balalou invente des succès régionaux, la Centrafrique s’enfonce. Pas de routes praticables, pas d’électricité régulière, pas de sécurité pour circuler, pas de salaires payés à temps. La libre circulation qu’il vante est bloquée par des barrages illégaux. La croissance qu’il cite n’existe pas dans les marchés de Bangui, où les prix flambent. Ce contraste rend son discours encore plus indécent : un ministre qui délire en chiffres fictifs pour glorifier un président déconnecté.
Wagner en Centrafrique : L’ombre de Prigojine et l’héritage empoisonné de Dmitri Sytyi, Quand la « sécurité » russe rime avec crimes, pillages et chaos
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/wagner-ti-azande.jpg” data-wpel-link=”internal”>Instructeur du groupe Wagner patrouillant avec des miliciens de la milice Azandé sur une route en terre battue
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis l’installation du groupe russe Wagner en Centrafrique, la promesse de stabilité s’est muée en cauchemar humanitaire et économique pour les populations centrafricaines.
L’arrivée des mercenaires russes en République centrafricaine a bouleversé l’équilibre du pays. Depuis 2018, Wagner prétend sécuriser le territoire, mais les faits racontent une autre histoire. Les rapports onusiens et des ONG humanitaires documentent une série d’exactions commises par ces forces : pose des mines, villages incendiés, exécutions sommaires, déplacements forcés de populations entières. Les habitants de Bambari témoignent de violences méthodiques commises par des hommes censés les protéger.
Dmitri Sytyi dirige cette machine de terreur depuis la capitale centrafricaineBangui. Officiellement responsable de la “Maison russe”, il exerce en réalité une autorité qui dépasse celle du gouvernement centrafricain. Cet homme négocie directement avec les groupes armés, supervise l’exploitation des mines d’or, et contrôle les circuits d’exportation des diamants et or centrafricains.
Faustin-Archange Touadéra découvre amèrement les conséquences de son alliance avec les russes Wagner. Le président espérait utiliser ces forces pour consolider son pouvoir, mais la réalité s’inverse rapidement. Les mercenaires russes dictent désormais les orientations politiques et économiques du pays. Touadéra ne gouverne plus qu’avec l’aval de Sytyi, transformant la présidence en simple chambre d’enregistrement des décisions moscovites.
L’emprise russe s’étend bien au-delà de la sécurité. Les mines alimentent directement les comptes russes sans retombées nationales.
Cette mainmise économique appauvrit systématiquement le pays. Les revenus de l’or transitent par des circuits contrôlés par Wagner. L’État centrafricain perd ainsi ses principales sources de financement, aggravant la crise budgétaire et l’effondrement des services publics.
Les centrafricains témoignent d’une dégradation continue de leurs conditions de vie. Les écoles fonctionnent grâce aux ONG et aux appuis des partenaires, les dispensaires manquent de médicaments et les routes se dégradent sans possibilité de réparation.
Touadéra navigue entre deux écueils mortels. Rompre avec Wagner exposerait son régime à des représailles immédiates.
Maintenir cette alliance coûte encore plus cher. Moscou exige désormais la signature d’un contrat avec Africa Corps, structure encore plus intrusive que Wagner. Cette évolution transformerait officiellement la Centrafrique en protectorat russe, avec des obligations financières impossibles à honorer.
Les organisations internationales alertent sur l’ampleur de la catastrophe humanitaire. Les déplacements de populations atteignent des niveaux record dans les zones contrôlées par Wagner. Les habitants de Zemio, à 1100 kilomètres de Bangui, fuient vers les pays voisins comme la RDC pour échapper aux violences et aux extorsions.
Dmitri Sytyi organise cette déstabilisation avec méthode. Son objectif dépasse le simple pillage économique : il s’agit de transformer la Centrafrique en base arrière pour les opérations russes en Afrique centrale.
L’impunité totale dont jouissent les mercenaires aggrave la situation. Aucun crime commis par Wagner n’a donné lieu à des poursuites judiciaires. Cette absence de sanctions encourage la multiplication des exactions et l’extension du territoire sous contrôle russe.
La communauté internationale assiste impuissante à cette dérive. Les partenaires traditionnels de la Centrafrique peinent à contrer l’influence russe sans risquer une escalade militaire. Cette paralysie diplomatique livre les Centrafricains à leur sort et valide implicitement l’occupation progressive de leur territoire.
L’héritage de Wagner transforme durablement la société centrafricaine. Une génération entière grandit dans la violence et l’arbitraire, perdant confiance dans les institutions étatiques. Cette destruction du lien social hypothèque lourdement l’avenir du pays, même en cas de départ des forces russes.
Touadéra devient progressivement otage de ses protecteurs. Chaque concession accordée à Moscou réduit sa marge de manœuvre et renforce la dépendance du pays. Le président centrafricain découvre trop tard qu’il a vendu son âme au diable, condamnant son peuple à subir les conséquences de ses choix politiques désastreux.
La députée de Bayanga Bernadette Gomina-Pampali a livré un réquisitoire accablant contre l’ANE lors du débat Patara du 27 septembre dernier, dénonçant une institution qui bafoue ouvertement ses propres obligations légales.
La phrase de Bernadette Gomina-Pampali résonne comme un uppercut en pleine figure de l’Autorité Nationale des Élections. Lors du débat Patara sur la radioNdèkè -Luka, la députée de Bayanga Bernadette Gomina-Pampali a résumé en quelques mots le paradoxe centrafricain : un pays qui adopte de belles lois mais les viole aussitôt avec un cynisme déconcertant.
Face à Gypsiane Aguené, secrétaire permanente de l’ANE, qui tentait péniblement de justifier l’injustifiable, la députée Bernadette Gomina-Pampali a livré un diagnostic sans appel sur cette institution qui se moque ouvertement de la loi qu’elle est censée appliquer.
“C’est vraiment inquiétant, ce que nous sommes en train de vivre est inquiétant”, a martelé Gomina-Pampali, pointant du doigt une ANE qui agit “comme si tout le monde avait accès à Internet et un niveau élevé d’instruction”. Cette remarque cinglante met à nu l’arrogance d’une institution complètement déconnectée des réalités du terrain.
À Bayanga, circonscription de la députée Bernadette Gomina-Pampali, la population rurale et largement analphabète se retrouve exclue du processus électoral par une ANE qui préfère les solutions high-tech aux obligations légales de base. Pendant que l’institution se gargarise de sa plateforme internet, les citoyens de brousse ne peuvent pas vérifier leur inscription sur des listes électorales qu’ils ne peuvent ni voir ni lire.
Cette situation “désolante” selon les mots de Bernadette Gomina-Pampali montre une stratégie délibérée d’exclusion. L’ANE viole sciemment l’article 11, alinéa 3 du code électoral qui exige un affichage public des listes dans chaque unité administrative. Cette violation n’est pas accidentelle mais témoigne d’un mépris assumé pour la loi et les citoyens.
Joseph Bindoumi, président du réseau Arc-en-ciel, a enfoncé le clou en accusant l’ANE de se “détacher du code électoral”. Cette formulation diplomatique cache une réalité plus crue : l’ANE se torche littéralement avec la loi électorale qu’elle est censée respecter.
“Si nous ratons la gestion du fichier électoral, nous ratons pratiquement les Élections à suivre”, a averti Bindoumi. Cette évidence semble échapper à une ANE qui accumule les ratages avec une régularité de métronome.
Chantal Touabéna, présidente des femmes leader Aouline, a livré les chiffres qui tuent : seulement 5% de la population a accès à Internet et 26% sont analphabètes. Dans ce contexte, la stratégie numérique de l’ANE relève de la pure provocation envers les populations les plus vulnérables.
“C’est un fiasco”, a tranché Touabéna, résumant parfaitement l’état de la gestion électorale centrafricaine. Un fiasco orchestré par une ANE qui transforme chaque obligation légale en option négociable.
L’ironie de la formule de Bernadette Gomina-Pampali prend tout son sens quand on observe cette ANE qui adopte des procédures sophistiquées sur le papier mais les sabote dans l’application. Cette institution maîtrise l’art de créer des règles qu’elle viole immédiatement après.
Le débat de la radioNdèkè -Luka aura au moins eu le mérite de démasquer cette ANE qui prétend moderniser les Élections tout en excluant la majorité des électeurs. Cette modernité de façade cache une volonté délibérée de limiter l’accès à l’information électorale.
Face aux critiques argumentées de ces personnalités respectées, les justifications de Gypsiane Aguené ont sonné comme des excuses de mauvaise foi. Comment défendre l’indéfendable quand les preuves de la violation de la loi s’accumulent ?
Cette ANE qui se “détache du code électoral” selon Bindoumi illustre parfaitement le mal centrafricain dénoncé par Gomina-Pampali. Le pays excelle dans l’adoption de belles lois démocratiques mais les viole avec une créativité qui force l’admiration.
Au final, ce débat aura révélé une ANE qui transforme chaque élection en loterie où seuls les privilégiés ayant accès à Internet peuvent jouer. Cette exclusion programmée des populations rurales pose une question simple : peut-on encore parler d’Élections démocratiques quand l’institution électorale viole délibérément la loi pour empêcher les citoyens d’exercer leurs droits ?
La réponse de Bernadette Gomina-Pampali résonne comme un avertissement : “On est champions en adoption des lois, mais aussi en violation des lois.” Cette ANE en est la parfaite incarnation.
Obo : une ville en prière pour empêcher le retour de Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les miliciens Azandé pendant leur formation par les Mercenaires russes de la société Wagner
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ce mercredi 8 octobre 2025, la ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, a vécu une journée extraordinaire. Toute la population s’est mise en prière pour demander à Dieu d’empêcher le retour des mercenaires russes du groupe Wagner dans leur ville.
Cette journée a été complètement morte. Personne n’a vendu quoi que ce soit sur le marché, personne n’a circulé dans les bureaux, personne n’a travaillé. Seules les forces de l’ordre ont pu effectuer leurs patrouilles. Tout le reste de la ville était à l’arrêt.
La population a demandé à tout le monde de rester à la maison pour faire la prière contre l’arrivée du mal dans la ville. Car pour les habitants d’Obo, Wagner représente le mal absolu. Ils appellent d’ailleurs ces mercenaires russes “les démons de Touadera ”.
Ils ne veulent pas du retour de Wagner dans leur ville. Les habitants d’Obo savent ce que signifie la présence de ces mercenaires. Ils l’ont déjà vécue et en gardent des souvenirs traumatisants. À Mbokie, à Zémio et partout dans le pays, Wagner a créé le chaos. Même à Obo lors de leur précédent passage, les exactions ont été nombreuses.
La population dit qu’elle a demandé au gouvernement de ne pas ramener Wagner, mais le gouvernement n’écoute pas. Puisque ce sont les autorités qui amènent Wagner, puisque c’est le gouvernement qui fait venir ces mercenaires qui tuent les Centrafricains, la population a décidé de s’en remettre à une autorité supérieure que Touadera : Dieu.
Les habitants d’Obo disent qu’ils vont demander à Dieu d’intervenir. Dieu seul peut les aider. Dieu seul peut décider de bloquer l’arrivée de Wagner dans la ville. Face à un gouvernement sourd à leurs supplications, face à des autorités qui sacrifient leur sécurité pour leur propre survie Politique, ils n’ont plus que la prière.
Le comité d’organisation de cette journée de prière a veillé au respect strict de la consigne. Même certaines ONG qui tentaient de travailler ont dû s’arrêter. Par exemple, l’ONG Alima dont certains employés voulaient distribuer des médicaments a été bloquée. Le comité de gestion leur a demandé de rentrer et de ne pas travailler. La journée de prière devait se terminer à 15 heures. Après 15 heures, ils pourraient reprendre leur travail, ou plutôt le lendemain.
Cette journée a été laissée uniquement à la demande de Dieu. Une ville entière qui s’arrête de vivre pour prier contre le retour de mercenaires étrangers – voilà où en est arrivée la Centrafrique sous Touadéra.
Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la terreur que Wagner inspire aux populations. Les habitants d’Obo préfèrent perdre une journée de travail, une journée de commerce, une journée de revenus plutôt que de risquer le retour de ces mercenaires dans leur ville.
Les rumeurs annonçant le retour de Wagner à Obo circulent depuis quelques mois. Ces simples rumeurs suffisent à terroriser la population. Les gens se souviennent des assassinats, des viols, des pillages, des humiliations commis par Wagner lors de leur précédent passage.
À Mbokie, à Zémio, dans toute la préfecture du Haut-Mbomou, Wagner a semé la mort et la terreur. Les populations civiles ont été massacrées, les femmes violées, les biens pillés. Ces mercenaires russes se comportent comme une armée d’occupation qui considère les Centrafricains comme des ennemis à soumettre.
Le fait qu’une ville entière se mette en prière pour empêcher le retour de forces censées assurer sa sécurité montre l’absurdité de la situation. Wagner est présenté par le gouvernement comme un partenaire qui aide à sécuriser le pays. Mais les populations qui ont vécu sous contrôle de Wagner savent la vérité : ces mercenaires sont une menace, pas une protection.
Les habitants d’Obo appellent Wagner “les démons”. Cette qualification n’est pas exagérée. Les exactions commises par ces mercenaires dans tout le pays justifient amplement ce terme. Ils tuent, violent, pillent en toute impunité, protégés par le gouvernement qui les paie 10 milliards par mois.
Cette journée de prière à Obo pose aussi une question politique fondamentale : pourquoi un gouvernement ramènerait-il dans une ville des forces que la population entière rejette et craint ? Pourquoi imposer la présence de mercenaires étrangers à des citoyens qui les considèrent comme des démons ?
La réponse est simple : Wagner ne sert pas à protéger les populations centrafricaines. Wagner sert à protéger le pouvoir de Touadéra. Les mercenaires russes sont déployés non pas là où les populations ont besoin de sécurité, mais là où le régime veut contrôler ou terroriser.
Si Wagner revient à Obo malgré le rejet total de la population, ce sera une nouvelle preuve que le gouvernement centrafricain ne sert pas son peuple mais des intérêts étrangers et sa propre survie.
Les habitants d’Obo ont fait ce qu’ils pouvaient : ils ont demandé au gouvernement de ne pas ramener Wagner, et face au mépris des autorités, ils ont prié Dieu d’intervenir. Cette prière collective témoigne de leur désespoir face à un État qui les abandonne et les livre aux mercenaires.
Que Dieu entende ou non les prières des habitants d’Obo, cette journée du 8 octobre 2025 restera dans les mémoires comme le jour où une ville entière s’est arrêtée de vivre pour supplier qu’on lui épargne le retour des démons.
L’ancien ministre Aristide Briand Reboas met en garde contre les risques d’infiltration étrangère dans l’armée nationale centrafricaine post-accord de Ndjamena.
Aristide Briand Reboas exprime ses réserves sur l’accord de cessez-le-feu signé à N’Djaména, redoutant une stratégie d’infiltration des groupes armés.
L’atmosphère politique centrafricaine s’électrise autour des déclarations fracassantes d’Aristide Briand Reboas. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports ne mâche pas ses mots face au micro de la radio Ndèkè – Luka. Son diagnostic est sans appel : l’accord de cessez-le-feu paraphé le 19 avril 2025 dans la capitale tchadienne pourrait s’avérer être un cheval de Troie pour la République centrafricaine.
Au cœur de ses préoccupations se trouvent l’UPC et le 3R, ces acronymes qui hantent la stabilité centrafricaine depuis des années. Aristide Briand Reboas dépeint un scénario alarmant où des combattants d’origine tchadienne, soudanaise ou nigérienne, sous couvert d’intégration militaire, pourraient infiltrer les rangs de l’armée nationale. Cette stratégie d’infiltration masquerait, selon lui, des ambitions territoriales bien plus vastes que les simples revendications sécuritaires affichées.
L’ancien responsable gouvernemental dresse un parallèle saisissant avec la question kurde, évoquant une quête identitaire et territoriale qui transcende les frontières nationales. Dans cette optique, la Centrafrique ne serait qu’un terrain d’expérimentation pour des groupes cherchant à établir une base arrière durable. Les frontières poreuses du pays offriraient un terreau fertile à ces ambitions expansionnistes.
La mémoire politique de Reboas se révèle impitoyable lorsqu’il évoque l’historique des accords de paix. Dix-huit tentatives précédentes, autant d’échecs cuisants qui alimentent son pessimisme. Les noms de Baba Laddé et Ali Darassa résonnent comme des rappels douloureux d’une récurrence troublante. Ces figures emblématiques de la rébellion, actives depuis 2006, incarnent pour lui la persistance d’une logique de prédation plutôt que de réconciliation véritable.
La situation démographique de Birao cristallise également ses angoisses sécuritaires. Cette ville frontalière, où les réfugiés dépassent numériquement les autochtones dans des proportions inquiétantes, symbolise la vulnérabilité structurelle du territoire centrafricain. Cette configuration démographique atypique créerait, selon Reboas, un environnement propice aux manœuvres déstabilisatrices et aux infiltrations massives des rebelles soudanais.
L’ancien ministre ne se contente pas de diagnostics alarmistes. Il pointe du doigt les carences structurelles de l’accord de N’Djaména. L’absence de garanties contraignantes et l’implication de signataires aux antécédents douteux fragilisent, à ses yeux, toute perspective de paix durable. Sendé Bobo, alias Abdelkader, et Ali Darassa cristallisent cette méfiance institutionnelle, leurs parcours étant jalonnés de parjures répétés.
La critique s’étend également au système judiciaire centrafricain. Reboas déplore l’inexistence d’un code de procédure pénale adapté à la Constitution de 2025, handicap majeur dans la lutte contre l’impunité. Cette lacune juridique compromettrait l’efficacité de toute politique de réconciliation, sacrifiant la justice sur l’autel de compromis politiques hasardeux.
Malgré le respect qu’il affiche envers l’expérience présidentielle de Faustin-Archange Touadéra, Reboas assume pleinement sa posture de conseiller critique. Sa recommandation finale résonne comme un avertissement solennel : face à ces menaces multiformes, le chef de l’État doit maintenir une vigilance absolue, “dormir avec les deux yeux ouverts” pour préserver l’intégrité territoriale et institutionnelle de la République centrafricaine.
Cette prise de position courageuse d’un ancien membre du gouvernement révèle les fissures profondes qui traversent l’élite politique centrafricaine face aux défis sécuritaires. Elle souligne également la complexité des enjeux régionaux où se mêlent questions identitaires, territoriales et géopolitiques dans un contexte sahélo-saharien en pleine recomposition.
Ouadda-Maïkaga : le chef du détachement des FACA continue de terroriser la population comme un chef rebelle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto, le chef du détachement des Forces armées centrafricaines se comporte exactement comme les chefs rebelles que l’armée est censée combattre. Il impose sa loi par la violence, le racket et le pillage.
Chaque semaine, ce commandant exige des commerçants du marché une cotisation collective de 200 000 francs CFA. Il justifie cette extorsion par l’absence du versement de primes globale d’alimentation pour ses éléments par l’État-major. Tous les commerçants doivent payer, sans exception. Ceux qui refusent ou qui n’ont pas les moyens s’exposent aux conséquences graves.
Ce système de racket organisé transforme les militaires censés protéger la population en prédateurs qui vivent sur son dos. Au lieu de recevoir leurs primes de l’État, ils se servent directement dans les poches des commerçants qui peinent déjà à survivre.
Rappelons – le, il y’a quelques semaines, le commandant avait également envoyé ses hommes dans la brousse pour abattre des dizaines des bœufs appartenant aux éleveurs. Ces vols de bétail rappellent les méthodes des groupes armés de l’UPC qui pillent les troupeaux pour se nourrir ou les revendre. La différence, c’est que ces vols sont commis par l’armée nationale, pas par des rebelles.
Et ce n’est pas tout! Dans cette même sous-préfecture, le chef du détachement exerce une pression particulière sur la famille de Zakaria Damane, ancien premier chef rebelle centrafricain qui avait déposé les armes avant d’être tué par des Mercenaires russes à la sortie de Ouadda en 2022. Pourtant, malgré ces faits, ses proches continuent de subir des pressions alors qu’ils n’ont commis aucun crime. L’un d’eux, un jeune de 35 ans nommé Djouma, a été accusé sans preuve d’être rebelle. Face aux menaces, il a dû fuir dans la brousse pour sauver sa vie. Après son départ, le chef militaire a saccagé sa maison et emporté tout dans sa maison.
Pour renforcer son emprise, le commandant recrute des jeunes qu’il utilise comme informateurs. Ces derniers lui fournissent des renseignements souvent orientés qui servent à justifier des arrestations arbitraires. La semaine dernière, trois jeunes de Ouadda-Maïkaga ont été arrêtés, battus et dépouillés de leurs téléphones portables.
Le chef du détachement ne s’arrêt pourtant pas là! Il a également pillé des boutiques et des dépôts au marché, emportant notamment des sacs de café qu’il revend pour son compte personnel. Ces actes de banditisme en uniforme détruisent l’économie de la ville et ruinent les petits commerçants.
Des cas de violences familiales sont aussi signalés. Des habitants ont été passés à tabac. Plus grave encore, une fillette de moins de 15 ans a été violée par ce criminel en arme. La fillette est actuellement enceinte.
À Ouadda-Maïkaga, la population vit maintenant sous la terreur d’un commandement militaire qui impose son autorité par la prédation. Les habitants ne savent plus vers qui se tourner. L’armée qui devrait les protéger est devenue leur bourreau.
Le comportement de ce commandant ressemble trait pour trait à celui des chefs rebelles. Racket méthodique de la population, vol de bétail, pillage des commerces, arrestations arbitraires, violences contre les civils, viol des fillettes : tous les éléments caractéristiques du banditisme armé sont présents.
La seule différence est que ces crimes sont commis par des soldats de l’armée nationale portant l’uniforme FACA. Cette différence devrait normalement rendre ces actes encore plus graves puisqu’ils trahissent la mission même de l’armée. Mais en République centrafricaine actuelle, porter l’uniforme FACA semble garantir l’impunité plutôt qu’imposer la discipline.
Cette dérive n’est malheureusement pas unique à Ouadda-Maïkaga. Dans plusieurs localités du pays, des soldats FACA se comportent comme des occupants plutôt que comme des protecteurs. Ils rackettent, pillent, violent, tuent parfois, sans que leur hiérarchie ne les sanctionne.
Cette impunité détruit la confiance entre la population et son armée. Comment les habitants d’Ouadda-Maïkaga peuvent-ils faire confiance aux FACA quand leur chef local se comporte comme un bandit ? Comment peuvent-ils dénoncer les groupes armés quand l’armée nationale commet les mêmes exactions ?
Le cas de ce commandant devrait normalement conduire à une enquête rapide, à sa révocation immédiate, et à son jugement devant un tribunal militaire. Ses hommes impliqués dans les pillages et les violences devraient également être sanctionnés. Les victimes devraient recevoir des réparations pour leurs pertes.
Mais l’expérience nous enseigne le scepticisme. Combien de commandants FACA ont déjà été sanctionnés pour des comportements similaires ? Combien de soldats ont été traduits devant la justice militaire pour avoir pillé et violenté des civils ? La réponse est probablement proche de zéro.
Cette impunité encourage la reproduction des exactions. Quand un commandant voit qu’il peut racketter, piller et terroriser une population sans conséquence, il continue et peut-être même intensifie ses pratiques. Quand ses soldats constatent que leur chef agit ainsi en toute impunité, ils se sentent autorisés à faire de même.
Le ministre de la Défense et le chef d’état-major des armées portent la responsabilité de cette situation. C’est à eux de faire respecter la discipline dans les rangs, de sanctionner les officiers corrompus, et de protéger les populations civiles contre les exactions de soldats indisciplinés.
Mais dans un pays où les Mercenaires russes massacrent des civils sans que personne ne les inquiète, où les groupes armés pillent librement après avoir signé des accords de paix, où la corruption gangrène tous les niveaux de l’administration, peut-on vraiment espérer que les autorités militaires sanctionnent un simple chef de détachement ?
Les habitants d’Ouadda-Maïkaga se retrouvent pris au piège. Ils ne peuvent pas fuir car ils perdraient tout. Ils ne peuvent pas se plaindre car le commandant contrôle la localité. Ils ne peuvent pas résister car ils seraient immédiatement accusés de complicité avec les rebelles et subiraient des représailles encore plus graves.
Cette situation d’impuissance totale face à un pouvoir militaire prédateur constitue une négation de tous les droits des citoyens. Dans un État de droit, les forces de sécurité protègent la population. À Ouadda-Maïkaga, elles la terrorisent.
Centrafrique : Le Ministère de la Culture provoque ouvertement le nouveau bureau élu de l’UMC en convoquant de nouvelles Élections
Dany Ngarasso, Président par intérim à gauche, puis à droite, son ami, le chargé de mission, Philipp Bokoula. Photo collage réalisée par la rédaction du CNC
À peine un mois après l’élection démocratique d’Armand Touaboy à la tête de l’UMC, le ministère de la culture veut organiser un processus électoral parallèle qui défie toute logique juridique.
Dans un nouvel épisode de cette saga administrative qui n’en finit pas, le Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme vient de franchir un cap supplémentaire dans son ingérence illégale dans les affaires de l’Union des Musiciens Centrafricains (UMC). Par une note circulaire, l’administration culturelle annonce l’organisation d’une Assemblée Générale Élective pour pourvoir “tous les postes prévus par les textes réglementaires de l’UMC”.
Cette initiative constitue une provocation manifeste à l’égard du bureau exécutif légitimement élu le 30 août dernier. Elle confirme l’analyse que nous avons développée dans nos précédentes publications : nous assistons à une tentative de coup de force administratif organisée par Philippe Bokoula au profit de son ami Dany Ngarasso, qui refuse obstinément de quitter son poste d’intérimaire.
Le communiqué ministériel invoque un prétendu “désaccord entre les responsables de l’Union des Musiciens Centrafricains” pour justifier cette nouvelle intervention. Cette formulation est aussi vague qu’elle est trompeuse. Quel désaccord ? Entre quels responsables ? Le ministère se garde bien de préciser, préférant maintenir le flou pour légitimer une démarche qui n’a aucun fondement juridique.
La réalité est beaucoup plus simple : il n’y a pas de “désaccord entre responsables”, mais un refus catégorique de Dany Ngarasso d’accepter le nouveau burau de l’UMC mis en place. Transformant sa défaite personnelle en prétexte administratif, l’ancien président par intérim bénéficie une fois de plus du soutien actif de son ami Philippe Bokoula pour tenter d’invalider une élection parfaitement régulière.
Le ministère justifie son intervention par la nécessité d’“assurer le respect des procédures électorales et garantir la transparence du processus”. Cette formulation est d’une ironie consommée quand on connaît le dossier. Comment peut-on parler de respect des procédures électorales quand on invalide arbitrairement une élection organisée conformément aux statuts de l’association ? Comment peut-on invoquer la transparence quand on organise un processus parallèle en violation manifeste de l’autonomie associative ?
Cette nouvelle manœuvre révèle surtout l’acharnement d’une administration qui refuse d’accepter que les musiciens centrafricains aient démocratiquement choisi leurs dirigeants en dehors de son contrôle. Le ministère de la Culture semble considérer l’UMC comme sa propriété privée, dont il pourrait disposer à sa guise au mépris des règles de droit les plus élémentaires.
La note circulaire fixe des modalités précises pour ce processus électoral parallèle. Les candidatures doivent être déposées au secrétariat de la Direction Générale des Arts et de la Culture, situé au rond-point des Nations Unies, jusqu’au vendredi 25 octobre 2025 à 15h30. L’Assemblée Générale devrait ensuite se tenir à l’École Nationale des Arts (ENA).
Ces dispositions soulèvent plusieurs questions juridiques fondamentales. De quel droit le ministère de la Culture fixe-t-il les modalités d’organisation d’une élection au sein d’une association qui ne relève pas de sa tutelle ? Comment peut-il imposer un lieu et un calendrier pour une consultation qui devrait être organisée exclusivement par les membres de l’association concernée ?
Plus bouleversant encore, pourquoi les candidatures doivent-elles être déposées au secrétariat du ministère et non auprès des instances de l’UMC ? Cette centralisation administrative transforme de facto le ministère en organisateur direct du scrutin, ce qui constitue une violation claire de l’autonomie associative.
Rappelons une vérité juridique fondamentale que le ministère de la Culture semble vouloir ignorer obstinément : l’Union des Musiciens Centrafricains est une association officiellement reconnue par l’État centrafricain. Cette reconnaissance relève exclusivement du Ministère de l’Administration du Territoire, seule tutelle compétente en matière associative.
Le Ministère de la Culture n’est qu’un partenaire institutionnel de l’UMC. Il peut collaborer avec l’association, la soutenir dans ses projets culturels, mais il n’a strictement aucune prérogative légale pour intervenir dans son organisation interne et encore moins pour organiser ses Élections.
En s’arrogeant ces pouvoirs qu’il ne possède pas, le ministère crée un précédent extrêmement dangereux. Si cette dérive est tolérée, n’importe quel ministère partenaire pourra demain s’immiscer dans la gouvernance interne des associations sous prétexte de “dialogue constructif” ou de “résolution de désaccords”.
Cette situation dépasse largement le cadre de l’UMC et menace les fondements mêmes de la liberté associative en République Centrafricaine. Elle ouvre la voie à une instrumentalisation politique généralisée des organisations de la société civile.
Derrière cette initiative ministérielle se cache toujours le même schéma de manipulation que nous avons révélé dans nos précédentes enquêtes. Philippe Bokoula, chargé de mission au ministère, utilise sa position administrative pour servir les intérêts de son ami Dany Ngarasso.
Cette complicité est manifeste depuis le début de la crise. C’est Bokoula qui avait rédigé la note circulaire du 25 août dernier tentant d’empêcher l’Assemblée Générale du 30 août. C’est encore lui qui avait instrumenté l’intervention ministérielle du 2 septembre contestant les résultats du scrutin. Et c’est toujours lui qui, aujourd’hui, organise ce processus électoral parallèle destiné à remettre son ami au pouvoir.
Cette instrumentalisation de la fonction publique à des fins personnelles constitue une dérive éthique grave qui nécessite une réaction ferme des autorités compétentes. Comment accepter qu’un fonctionnaire puisse utiliser sa position pour favoriser ses relations personnelles au détriment de l’intérêt général et du respect du droit ?
Le nouveau bureau exécutif de l’UMC, dirigé par Armand Touaboy, se trouve maintenant confronté à un choix difficile. Doit-il ignorer cette convocation ministérielle et continuer à exercer son mandat légitime ? Doit-il au contraire engager un bras de fer juridique avec une administration qui outrepasse manifestement ses prérogatives ?
Quelle que soit la stratégie adoptée, une chose est certaine : les musiciens centrafricains ne peuvent accepter que leur organisation soit confisquée par des manœuvres administratives douteuses. Ils ont démocratiquement élu leurs dirigeants dans le respect de leurs statuts. Cette décision souveraine ne peut être remise en cause par un ministère qui n’a aucune compétence légale en la matière.
L’attitude du bureau élu sera déterminante pour l’avenir de l’autonomie associative en Centrafrique. S’il cède face à cette pression administrative, il créera un précédent catastrophique qui légitimera toutes les ingérences futures. S’il résiste fermement en s’appuyant sur le droit, il défendra non seulement les intérêts des musiciens mais aussi ceux de l’ensemble du tissu associatif centrafricain.
Comment Albertine Ouaboua, Directrice Générale des Arts et de la Culture, peut-elle continuer à avaliser des décisions manifestement illégales rédigées par son collègue Bokoula ? Comment peut-elle signer des documents qui violent l’autonomie d’une association qu’elle-même avait reconnue comme indépendante ?
Ces questions dépassent le cadre individuel et interrogent le fonctionnement même de l’administration culturelle centrafricaine. Elles appellent une réaction des autorités supérieures pour rappeler à l’ordre un ministère qui s’égare dangereusement hors de ses attributions légales.
Face à cette nouvelle provocation administrative, plusieurs options s’offrent aux musiciens centrafricains et à leur bureau légitimement élu. La voie judiciaire apparaît de plus en plus comme une nécessité pour faire cesser cette ingérence illégale et établir clairement les limites des prérogatives ministérielles.
Un recours devant les juridictions compétentes permettrait de clarifier définitivement la question de la tutelle administrative de l’UMC et de rappeler que le Ministère de la Culture n’a aucune compétence pour organiser les Élections d’une association qui ne relève pas de son autorité.
Au-delà de l’aspect juridique, cette affaire nécessite aussi une mobilisation politique. Les députés, les autorités administratives compétentes et les organisations de défense des libertés associatives doivent être interpellés sur cette dérive qui menace les fondements de l’État de droit.
Les musiciens centrafricains doivent également faire entendre leur voix massivement. Leur refus collectif de participer à ce processus électoral illégal organisé par le ministère constituerait un signal fort que la légitimité démocratique ne se décrète pas depuis les bureaux d’une administration.
En définitive, cette tentative d’organisation d’Élections parallèles par le Ministère de la Culture constitue une provocation caractérisée qui ne vise qu’un seul objectif : annuler par des manœuvres administratives le résultat d’un scrutin démocratique qui n’a pas satisfait les ambitions personnelles de Dany Ngarasso et de son protecteur Philippe Bokoula.
Cette démarche n’a aucune base légale. Elle viole l’autonomie associative garantie par les textes législatifs centrafricains. Elle transforme une administration publique en instrument au service d’intérêts privés. Elle constitue un précédent dangereux pour l’ensemble du tissu associatif du pays.
Les musiciens centrafricains ont fait leur choix le 30 août dernier. Ils ont élu Armand Touaboy et son équipe dans le respect des procédures statutaires de leur association. Cette décision démocratique et souveraine ne peut être remise en cause par des fonctionnaires qui outrepassent manifestement leurs prérogatives.
Il appartient maintenant aux autorités compétentes de rappeler fermement à l’ordre un ministère qui s’égare dans une aventure administrative sans fondement juridique et de garantir le respect de l’autonomie associative, principe fondamental de tout État de droit digne de ce nom.
BRDC : La Minusca doit se garder de cautionner un processus électoral illégal
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Anicet-Georges DOLOGUELÉ, leader de l’URCA, et membre influent du BRDC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’opposition accuse l’ONU d’être complice malgré elle d’un processus électoral jugé anticonstitutionnel et demande à la Minusca de ne pas cautionner le pouvoir en place.
Lors de sa conférence de presse du jeudi 25 septembre 2025 à Bangui, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a lancé une mise en garde directe à la communauté internationale, et en particulier à la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca). Pour l’opposition, l’organisation onusienne prend le risque de légitimer un processus électoral qu’elle qualifie d’illégal, organisé en violation des textes fondamentaux du pays.
Le porte-parole du BRDC a rappelé que le pouvoir, par l’intermédiaire de l’Autorité nationale des Élections (ANE), a publié un chronogramme électoral qu’il juge “caduc et anticonstitutionnel”. Selon lui, ce document repose sur une base juridique inexistante, en raison des contradictions entre la Constitution de 2023 et le code électoral sans cesse modifié au gré des intérêts du régime. L’opposition souligne que ce décalage mine totalement la légitimité du processus et annonce une “liquidation programmée de la démocratie et du pluralisme politique” en Centrafrique.
En mettant en avant ces irrégularités, le BRDC accuse Touadéra de duplicité : d’un côté, il invite les forces politiques au dialogue, et de l’autre, il enclenche un processus électoral destiné, selon l’opposition, à verrouiller les institutions. L’absence de liste électorale définitive et le non-respect du calendrier logistique – notamment la non-commande des matériels électoraux prévue pour le 22 décembre 2025 – viennent, selon l’opposition, confirmer l’illégalité de la démarche.
C’est dans ce contexte que le BRDC interpelle directement la Minusca. “Aucune forme de caution de la communauté internationale ne sera tolérée pour le compte d’un processus électoral organisé en dehors de tout cadre légal”, a déclaré son porte-parole. Pour l’opposition, si la Minusca continue à soutenir le gouvernement dans la mise en œuvre de ce calendrier biaisé, elle endossera une responsabilité politique et morale dans le chaos électoral annoncé.
La critique s’adresse aussi aux partenaires internationaux plus larges. Le BRDC les appelle à ne pas fermer les yeux face à ce qu’il qualifie de “hold-up électoral”, mais à pousser pour un véritable dialogue politique, seul cadre consensuel pouvant restaurer un processus crédible. Pour l’opposition, “sauver la République et la démocratie en Centrafrique” passe par une refondation des règles du jeu, et non par la légitimation d’un calendrier truqué.
En plaçant la Minusca au cœur de son discours, le BRDC frappe fort. L’opposition veut transformer l’institution onusienne, jusque-là perçue comme un simple appui technique, en acteur responsable de l’avenir démocratique du pays. La question désormais est claire : la Minusca assumera-t-elle le risque d’apparaître comme le garant d’un processus électoral illégal ?
Amdafock : à 25 kilomètres, dans le village Bilibili, Abdoul Galli, cultivateur, froidement assassiné par les rebelles soudanais au retour du champ
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-deplaces-interne-de-la-vakaga.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les déplacés internes fuyant leurs villages pour se regrouper devant la base de la Minusca à Amdafock, 60 kilomètres de Birao, dans la Vakaga. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Abdoul Galli, un cultivateur a été assassiné lundi 6 octobre 2025 vers 10 heures par des rebelles soudanais dans le village de Bilibili, situé à 25 km de Amdafock, préfecture de la Vakaga.
Le drame s’est produit alors que Abdoul Galli et ses deux confrères cultivateurs revenaient de leurs champs. Les rebelles soudanais avaient tendu un guet-apens sur leur chemin. Dès qu’ils ont aperçu les trois hommes, ils ont ouvert le feu immédiatement. Abdoul Galli a été touché et est mort sur place. Ses deux compagnons ont réussi à prendre la fuite et à regagner le village de Bilibili pour donner l’alerte.
L’information a commencé à circuler à partir de 13 heures, bien que les faits se soient déroulés vers 10 heures du matin.
La Coordination de la Jeunesse Consciente de la Vakaga a réagi dans un communiqué publié le 6 octobre 2025 et signé par son secrétaire général Zoyondoko Hakim Adoum. L’organisation exprime “une profonde tristesse et une grande douleur” face à cette mort tragique.
Dans son communiqué, la Coordination adresse “ses condoléances les plus émues à sa famille éprouvée, ainsi qu’à tous les habitants de la Vakaga”. Elle déplore le nombre croissant de victimes dans cette région frontalière avec le Soudan : “Trop de sang a coulé. Trop de vies innocentes ont été arrachées. Quand est-ce que la Vakaga pourra enfin respirer ?”
La jeunesse consciente de la Vakaga appelle “au respect de la mémoire des victimes et à un réveil collectif pour exiger la paix, la sécurité et la justice dans notre région”. Le communiqué se termine par un hommage au jeune assassiné : “Repose en paix, frère Galli. Ton nom restera gravé dans notre mémoire collective.”
Cet assassinat intervient quelques jours seulement après que le préfet de la Vakaga se soit rendu auprès des rebelles soudanais pour discuter de paix. Ces négociations devaient théoriquement permettre d’apaiser la situation et de protéger les populations civiles. Mais l’assassinat d’Abdoul Galli montre que ces rebelles ne respectent aucun engagement.
À quoi servent les discussions de paix si, quelques jours après, ces mêmes rebelles tendent des guet-apens et assassinent des cultivateurs innocents ? Le préfet négocie pendant que les populations continuent de mourir. Cette situation pose la question de la crédibilité de toute négociation avec des groupes qui ne respectent rien ni personne.
Cet assassinat s’inscrit dans un contexte d’insécurité permanente dans la préfecture de la Vakaga, zone frontalière avec le Soudan. Des bandes armées soudanaises franchissent régulièrement la frontière pour commettre des exactions contre les populations civiles centrafricaines. Ces groupes terrorisent les habitants, pillent les villages, tuent des innocents en toute impunité.
Les Centrafricains de la Vakaga vivent dans la peur permanente, ne pouvant même plus se rendre dans leurs champs sans risquer leur vie. Abdoul Galli travaillait paisiblement ses cultures pour nourrir sa famille. Il revenait du champ avec deux compagnons quand des rebelles soudanais les ont pris pour cibles. Il n’est jamais rentré chez lui.
La question posée par la Coordination de la Jeunesse Consciente résonne douloureusement : “Quand est-ce que la Vakaga pourra enfin respirer ?” Combien de cultivateurs devront encore mourir avant que l’État centrafricain ne sécurise cette région ? Combien de familles devront encore pleurer leurs enfants assassinés par des groupes armés étrangers ?
La présence de Wagner en Centrafrique devait théoriquement sécuriser le territoire national, selon le Président Touadera, papa de ces mercenaires russes. Mais dans la Vakaga, les populations continuent de mourir sous les balles de rebelles soudanais qui opèrent librement. Les mercenaires russes protègent le pouvoir à Bangui pendant que les Centrafricains de la Vakaga se font massacrer aux frontières.
L’appel de la jeunesse de la Vakaga à “un réveil collectif pour exiger la paix, la sécurité et la justice” mérite d’être entendu. Ces jeunes réclament simplement le droit de vivre en sécurité sur leur propre terre, de cultiver leurs champs sans craindre d’être assassinés dans des guet-apens tendus par des rebelles étrangers.
Corbeau News Centrafrique présente ses condoléances à la famille d’Abdoul Galli et à toute la population de la Vakaga. Nous nous associons à l’appel de la Coordination de la Jeunesse Consciente pour que l’État centrafricain assume enfin sa responsabilité de protéger ses citoyens dans cette région martyrisée.
Centrafrique : une nouvelle bavure des gendarmes à Zawa, un jeune pousseur, Dekoyo Hervé, interpellé illégalement et racketté par ces bandits gendarmes pour un simple conseil donné à son ex-belle sœur
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un jeune pousseur de Zawa, monsieur Dekoyo Hervé, a été interpellé illégalement, emprisonné pendant trois jours et rackетté par les gendarmes du poste local pour avoir simplement conseillé à son ex-belle-sœur de ne pas construire sur le terrain de son frère décédé.
Les faits se sont déroulés à Zawa, commune de Guezeli, dans la deuxième circonscription de Yaloké 2, à 245 kilomètres de Bangui sur l’axe de Béloko. Rappelons le, le poste de gendarmerie de Zawa, situé à 20 kilomètres de Yaloké, dépend de la brigade de cette dernière ville.
Pour comprendre les faits, il faut d’embler savoir que Dekoyo Hervé travaille comme pousseur à Zawa. Il transporte les bagages des habitants dans sa pousse-pousse pour déposer à la destination des clienst. C’est un jeune qui se bat pour survire comme des nombreux jeunes comme lui. Il habite à Zawa depuis quelques temps avec son grand frère qui est aujourd’hui décédé. Mais avant la mort de son grand frère, celui-ci avait acheté un terrain et construit une maison où il vivait avec son épouse et leurs quatre enfants.
Moins d’un an après le décès du grand frère de Dekoyo Hervé, la veuve, Ngoubayo Natalie s’est remise rapidement en couple avec un nouveau compagnon. L’homme est venu vivre dans la maison du défunt avec la veuve et les quatre orphelins. Le nouveau couple a eu des enfants ensemble et a ensuite acheté des tôles pour construire une nouvelle maison dans la même concession, sur le terrain du défunt.
C’est à ce moment que Dekoyo Hervé s’est rendu chez son ex-belle-sœur, Ngoubayo Natalie, pour lui parler. Il lui a dit qu’il était heureux qu’elle ait retrouvé un compagnon, car ce n’était pas bien de rester seule. Mais il lui a fait remarquer un problème : construire une nouvelle maison sur le terrain du défunt risquait de créer des conflits futurs.
Le jeune homme lui a expliqué que les enfants du défunt allaient grandir, tout comme les enfants qu’elle avait eus avec son nouveau mari. Un jour, ces deux groupes d’enfants pourraient se disputer l’héritage et le terrain. Il valait mieux que le nouveau couple achète son propre terrain et construise ailleurs, laissant la maison et le terrain du défunt à ses quatre enfants. C’était un conseil de bon sens, dicté par le souci d’éviter des conflits familiaux futurs.
Mais au lieu d’écouter ce conseil sensé, Ngoubayo Natali s’est rendue au poste de gendarmerie de Zawa où elle a remis 20 000 francs CFA aux gendarmes. Sans autre explication, sans plainte formelle, juste 20 000 francs.
Le lendemain matin, les gendarmes ont débarqué chez Dekoyo Hervé. Ils l’ont interpellé et conduit au poste. Sans interrogatoire, sans lui expliquer de quoi on l’accusait, ils l’ont jeté en cellule. Le jeune pousseur est resté trois jours en prison. Trois jours pour avoir donné un conseil à son ex-belle-sœur.
Au bout de ces trois jours d’emprisonnement arbitraire, les gendarmes l’ont fait sortir de cellule. Ils lui ont annoncé qu’il devait payer 20 000 francs CFA pour être libéré. Dekoyo Hervé leur a expliqué qu’il n’avait pas cet argent. Il était simple pousseur, comment pourrait-il trouver une telle somme ?
Face à cette situation injuste, les collègues pousseurs de Dekoyo Hervé ont décidé d’agir. Ils ont fait une collecte entre eux et ont réuni 10 000 francs CFA qu’ils ont apportés aux gendarmes. Ils ont expliqué que leur collègue n’avait pas 20 000 francs, que c’était un pousseur comme eux, sans moyens, et qu’ils ne pouvaient réunir que 10 000 francs.
Les gendarmes ont accepté les 10 000 francs mais ont posé une condition qui transforme leur racket en esclavage moderne : ils ont gardé la carte nationale d’identité de Dekoyo Hervé. Le jeune devait retourner travailler avec sa pousse-pousse, économiser, et revenir avec les 10 000 francs restants. Seulement alors, ils lui rendraient sa carte d’identité.
Cette affaire interroge sur l’état de droit en Centrafrique. Sur quelle base légale Dekoyo Hervé a-t-il été interpellé ? Quel crime a-t-il commis ? Donner un conseil à son ex-belle-sœur constitue-t-il une infraction ? Les gendarmes n’ont procédé à aucun interrogatoire, n’ont établi aucun procès-verbal, n’ont formulé aucune accusation. Ils ont simplement emprisonné un citoyen parce que quelqu’un leur a donné 20 000 francs.
Le système est parfaitement connu et montre l’effondrement complet de l’État de droit : quelqu’un paie les gendarmes, ils interpellent la personne désignée, l’emprisonnent sans motif légal, puis exigent une somme pour la libérer. C’est du racket organisé sous couvert d’autorité publique. La confiscation de la carte d’identité pour forcer le paiement du solde s’apparente à de l’esclavage. Les gendarmes obligent ce jeune à travailler pour leur payer une “dette” qui n’a aucun fondement légal.
Dans un État de droit, les forces de l’ordre interpellent sur la base de preuves d’infraction, interroge les suspects, établit des procès-verbaux, les défère devant un juge. À Zawa, les gendarmes interpellent celui qui paie le moins et libèrent contre rançon. Cette dérive confirme l’effondrement complet de l’État centrafricain. Le directeur général de la gendarmerie laisse le chaos s’installer. Le chef d’état-major ne contrôle rien. Le ministre de tutelle ferme les yeux.
Le président, comme le déclare son ministre conseiller Fidel Gouandjika, considère que “tout le monde doit manger”. “Tout zo à té yé ” sur le dos de pauvres pousseurs qui gagnent péniblement leur vie. “Manger” en rackettant des citoyens qui n’ont commis aucun crime. “Manger” en transformant les postes de gendarmerie en entreprises mafieuses.
La Centrafrique est devenue un pays où la loi n’existe plus, où chacun fait sa propre loi, où les forces de l’ordre sont devenues des gangs en uniforme qui terrorisent et rackettent les populations qu’elles sont censées protéger. Dekoyo Hervé a donné un conseil sage pour éviter des conflits futurs dans sa famille. Pour cela, il a été emprisonné trois jours et rackетté. Sa carte d’identité reste confisquée jusqu’à ce qu’il paie le solde de sa “dette” à des gendarmes qui ont transformé leur poste en boutique de racket.
Flash info : grave accident sur l’avenue David Dacko, trois blessés dans un état critique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/accident-avenue-david-dacko.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les victimes de l’accident sur l’avnue David Dacko transportées à la clinique du MSF à Bongabonga. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un grave accident de la circulation s’est produit ce mercredi sur l’avenue David Dacko à Bangui, faisant trois blessés dont l’état est jugé critique.
Un taxi-moto transportant deux passagères sortait du côté de la Radio sur le Trafic pour s’engager sur l’avenue David Dacko. Une autre moto arrivant à vive allure du côté du centre-ville (Rond-point Zéro) a percuté violemment le taxi-moto.
Le choc a été d’une extrême violence. Le conducteur du taxi-moto et ses deux passagères, y compris le conducteur de la moto qui vient du côté centre-ville ont été projetés au sol. Les deux motos sont complètement détruites, irrécupérable.
Le conducteur de la moto Apache se trouve dans un état très grave et ne parle plus. L’une des passagères a les pieds broyés. Les quatre victimes ont été transportées à la clinique médicale de l’ONG Médecins Sans Frontières à Bongabonga où elles reçoivent actuellement des soins d’urgence.
Cet accident confirme une fois de plus la gravité de la situation de la sécurité routière dans la capitale centrafricaine. Les excès de vitesse, le non-respect du code de la route et l’absence de contrôles efficaces multiplient les accidents mortels sur les axes de Bangui.
Corbo News Centrafrique souhaite un prompt rétablissement aux victimes et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour faire respecter le code de la route et sanctionner les chauffards qui transforment les avenues de la capitale en circuits dangereux.
Flash info : un auxiliaire de la gendarmerie vient d’être assassiné à Bria
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/intervention-des-éléments-de-la-gendarmerie-au-quartier-Nguinda-le-lundi-20-avril-2020-à-09h.jpg” data-wpel-link=”internal”>Opération des gendarmes au quartier Ginda . Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un auxiliaire de la gendarmerie nommé Aba a été assassiné ce mercredi 9 octobre 2025 vers 14 heures dans le quartier Mandé 3 à Bria, préfecture de la Haute-Kotto.
La victime, identifiée sous le nom d’Aba, s’était rendue au domicile de son ancienne conjointe pour voir leur enfant. Cette femme vit désormais avec un nouveau compagnon nommé Bashir alias diamant taillé dans le quartier Mandé 3.
Mais ce mercredi, vers 13h30, Aba s’est rendu chez le couple pour voir son enfant qu’il a eu avec son ex-épouse. Cependant, lorsqu’Aba est entré dans la concession du couple, Bashir l’a interpellé en lui demandant ce qu’il vient chercher ici chez lui. Aba a expliqué qu’il venait voir son enfant. Bashir a immédiatement sorti un couteau et l’a poignardé. Alors qu’Aba tentait de fuir, Bashir a pris un second couteau et l’a poignardé dans le dos.
Aba s’est effondré au sol. Bashir a pris la fuite. Des témoins ont transporté Aba vers l’hôpital, mais il est décédé en cours de route.
Pour le moment, Bachir est dans la nature, et les forces de sécurité sont actuellement à la recherche du suspect qui reste introuvable. Un quadrillage par les soldats FACA du quartier Mandé 3 est en cours pour tenter de retrouver Bashir.
Ce drame montre une fois de plus les conséquences tragiques de la jalousie et de la violence. Aba voulait simplement voir son enfant. Il a été assassiné par un homme qui ne supportait pas sa jalousie maladive.
Corbo News Centrafrique présente ses condoléances à la famille de la victime et appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour arrêter le meurtrier.
Maxime Balalou, donc tu as volé plus des poteaux qu’on le croyait! Une dizaine! C’est terrible! Un voleur c’est un voleur
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-du-lundi-21-juillet-2025.jpg” data-wpel-link=”internal”>Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 14 juillet 2025 à Bangui. Photo CNCScreenshot
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un lampadaire ? Non, des dizaines. Un vol exceptionnel? Non, un pillage organisé par une clique des voleurs. Un ministre malhonnête ? Non, une bande des criminels en col blanc. L’affaire des lampadaires solaires détournés par Maxime Balalou, ministre de la Communication, n’est pas un simple fait divers. C’est un exemple parfait d’un système pourri jusqu’à la moelle, où les biens de l’État deviennent la propriété privée d’une caste de voleurs en costume-cravate.
Les révélations de l’enquête menée par la rédaction du CNC sont clairs : l’ex-détenu Maxime Balalou, ministre de la Communication, n’a pas volé un ou deux lampadaires solaires. Il en a détourné des dizaines, avec la complicité active ou passive de ses proches, de ses collaborateurs, et très probablement d’autres membres du gouvernement.
Certains de ces poteaux, financés par le Fonds saoudien pour éclairer les rues de Bangui, ont été retrouvés devant la concession familiale des Balalou que le ministre occupe en ce moment, et d’autres encore chez des alliés politiques du MCU ou des membres de sa famille.
L’éclairage public est devenu un butin privé. Oui! L’État centrafricain, un supermarché des voleurs, surtout ceux dans le gouvernement.
L’affaire de vol des poteaux électrique par l’ex-détenu Maxime Balalou ne se limite pas aux lampadaires. Souvenez-vous, l’année dernière, trois véhicules avaient été offerts gratuitement par la Minusca au ministère de la communication. Mais le ministre Maxime Balalou en a profité pour détourné l’un de ces véhicules au bénéfice de son fils. C’est le fils qui roule paisiblement avec ce véhicule en ce moment comme une voiture privée achetée par son père voleur. Un symbole de plus de l’impunité qui règne : ce qui appartient à tous devient la propriété de quelques-uns. Balalou et ses complices ont transformé les biens publics en héritage familial. Et pendant ce temps, les Centrafricains, eux, restent dans le noir.
Maxime Balalou n’est pas un voleur solitaire. Il est le visage visible d’un système pourri jusqu’à l’os, jusqu’à na ya ti a bio ti ala. Pourtant, dans son droit de réponse pathétique, il avait osé parler de “détracteurs jaloux” et de “manipulations politiques”. Mais les faits sont têtus. Les lampadaires marqués « Fonds saoudien » installés devant chez lui, les témoignages accablants des riverains, les documents de l’ENERCA confirmant leur disparition des stocks, et maintenant, cette découverte : des dizaines de poteaux ont été dérobés, pas un seul. Et Balalou n’est pas le seul impliqué. D’autres ministres, d’autres hauts fonctionnaires, d’autres proches du pouvoir ont bénéficié du même trafic. Qui sont-ils ? Nous le saurons. Parce que cette fois, nous irons jusqu’au bout.
La question qui se pose est simple : à qui appartient la Centrafrique ? Aux Centrafricains, qui paient leurs impôts et attendent des services publics dignes de ce nom ? Ou à une bande de voleurs en costume, qui considèrent l’État comme leur propriété privée, leurs ressources comme leur cagnotte personnelle, et leurs fonctions comme une licence pour piller en toute impunité ?
Balalou et ses comparses ont fait leur choix. Ils ont choisi le vol. Ils ont choisi le mépris. Ils ont choisi de traiter les biens publics comme un butin de guerre, et les Centrafricains comme des sujets à exploiter. Mais ils ont oublié une chose : un peuple qui a faim, qui a soif de justice, et qui en a assez d’être volé, finit toujours par se rebeller.
Alors, que faire ? Exiger des comptes. Exiger la vérité. Exiger que chaque lampadaire volé soit restitué, que chaque responsable soit identifié, que chaque complice soit traîné devant les tribunaux. Maxime Balalou peut toujours crier à la “calomnie”. Les preuves sont accablantes. Les lampadaires sont là, devant chez lui. Les documents sont là, dans les archives de l’ENERCA. Les témoignages sont là, dans la bouche des riverains. Et la colère, elle, grandit chaque jour.
Un ministre qui vole n’a pas sa place au gouvernement. Un ministre qui ment n’a pas sa place dans la République. Un ministre qui transforme les biens publics en héritage familial n’a pas sa place dans une société digne de ce nom. Balalou doit partir. Ses complices doivent être démasqués. Et la justice doit passer. Sinon, il ne restera plus qu’une option : la révolte. Parce que quand les voleurs gouvernent, le peuple n’a plus rien à perdre.
Nous, à CNC, nous ne lâcherons rien. Nous publierons les noms. Nous exigerons des comptes. Nous ferons tomber les masques. Parce que cette fois, la honte ne sera plus du côté de ceux qui dénoncent. Elle sera du côté de ceux qui volent. Et la justice, elle, sera du côté du peuple.
Centrafrique : le procureur de la République sortant, Benoît Narcisse Foukpio, après avoir arrêté sa femme et son bébé à la gendarmerie, récidive à nouveau et fait enlever Son enfant malade par la police
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/le-magistrat-et-ancien-procureur-de-la-republique-benoit-narcisse-foukpio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le magistrat et ancien Procureur de la République, Bénoît Narcisse Foukpiole-magistrat-et-ancien-procureur-de-la-republique-benoit-narcisse-foukpio
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Quatre semaines après notre première publication sur son comportement inadmissible, le même magistrat, Benoit Narcisse Foukpio, ancien Procureur de la République, utilise à nouveau les forces de l’ordre dans son conflit familial avec son épouse. Cette fois, son bébé d’un an a été enlevé et emmené par des policiers du commissariat du deuxième arrondissement pour une destination inconnue.
En effet, tout a commencé ce lundi 6 octobre 2024 dans le quartier Lakouanga, non loin du commissariat du deuxième arrondissement de Bangui. Rappelons le, il y’a quatre semaines, nous avons dénoncé le comportement du même magistrat dans notre précédent article. Voilà que l’affaire que nous avons dénoncée connaît un nouveau rebondissement inquiétant. Le magistrat que nous cherchions à identifier formellement il y’a quatre semaines est finalement l’ex-procureur de la République Benoît Narcisse Foukpio. Il a de nouveau fait intervenir les forces de l’ordre, cette fois dans une situation impliquant toujours et toujours son enfant malade, et âgé de seulement un an.
Selon les informations recueillies par notre équipe présente sur les lieux, l’enfant du magistrat Benoît Narcisse Foukpio souffrait d’une blessure à la jambe nécessitant des soins médicaux, possiblement une radiographie. La mère de l’enfant, résidant dans le 7e arrondissement, a contacté le père, Benoît Narcisse Foukpio, pour qu’il prenne en charge les soins de l’enfant. Mais fait surprenant, Benoît Narcisse Foukpio commence son petit malin. Il joue le jeu comme un petit gamin qui fait la tête et refuse de prendre en charge son propre enfant.
Ainsi, face au refus du magistrat Benoît Narcisse Foukpio de s’occuper de la situation, la mère s’est rendue au domicile du père, situé au quartier Lakouanga , non loin du commissariat du 2e arrondissement. À son arrivée, elle a trouvé un policier devant le portail. Le gardien lui a indiqué que le magistrat était absent. La mère a pris son téléphone et appelle le magistrat. Ils ont parlé longuement.
Après l’échange téléphonique entre la mère et le magistrat, ce dernier, au lieu de venir récupérer son enfant pour le soigner, a fait intervenir les policiers du 2e arrondissement pour arrêter le bébé qui a seulement un an. Ces derniers ont pris l’enfant et l’ont emmené vers une destination inconnue.
Au moment de l’arrivée des policiers, l’une de nos équipes se trouvait justement dans le coin dans le cadre d’une autre enquête. L’équipe s’est rendue rapidement sur le lieu, avec la foule qui observe la scène, commence à documenter l’affaire discrètement. Après le départ des policiers, notre équipe s’est rapprochée de la maman, mais celle-ci se contente de se poser des questions : Où les policiers ont-ils emmené son enfant ? Au commissariat, malgré les moustiques et les conditions inadaptées pour un enfant malade ?Pourquoi le père fait-il systématiquement intervenir les forces de l’ordre (policiers, gendarmes, militaires) au lieu de gérer directement ses responsabilités parentales ?
Notre équipe, présente, a assisté à toute la scène. Nous avons tenté d’interroger la mère sur place, mais elle est restée discrète, évoquant simplement et vaguement “un problème concernant l’enfant”.
C’est d’ailleurs un schéma qui se répète avec le magistrat Benoît Narcisse Foukpio. L’intervention du lundi 6 octobre rappelle celle que nous avons documentée il y a quelques semaines dans le quartier Ngaragba, dans le septième arrondissement, où le même magistrat Benoît Narcisse Foukpio avait fait arrêter la mère et le bébé par des gendarmes, les conduisant à la Section de Recherches et d’Investigation après une dispute liée à l’achat de médicaments pour le bébé.
Un magistrat qui se dit magistrat qui refuse de prendre en charge son enfant malgré avoir donné son nom à l’enfant, une mère seule qui assume les responsabilités, et l’utilisation répétée des forces publiques pour gérer des conflits familiaux, c’est Un comportement indigne de la magistrature.
Comment un magistrat, censé incarner la justice et condamner les comportements répréhensibles, peut-il lui-même agir de cette manière ? L’utilisation des forces de l’ordre comme instrument dans des querelles familiales constitue un détournement de pouvoir et un gaspillage des ressources publiques.
Notre enquête se poursuit dans cette affaire pour établir formellement l’identité de ces policiers qui sont intervenus aux ordre de ce magistrat afin d’arrêter son bébé. Nous allons documenter point par point cette affaire pour en faire un reportage complet dans nos prochain article.
Touadéra piégé par sa propre Constitution, aucun candidat ne peut plus se représenté à la prochaine présidentielle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Remise-du-projet-de-la-nouvelle-constitution-par-le-President-Touadera-a-son-directeur-national-de-campagne-Evariste-Ngamana-dans-lhemicycle-de-lassemblee.jpg” data-wpel-link=”internal”>Remise du projet de la nouvelle constitution au Président Touadera par son directeur national de campagne Evariste Ngamana-
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans leur stratégie de maintien au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra, les Mercenaires russes du groupe Wagner avaient initialement cherché à réviser la Constitution de 2016, mais leur manœuvre juridique a créé un piège qui pourrait exclure le président lui-même de toute élection future.
Le pays de Boganda, pays de Zo Kwé Zo vit aujourd’hui un paradoxe constitutionnel d’une rare complexité. Ce qui devait être l’arme juridique parfaite pour écarter les opposants politiques de Faustin-Archange Touadéra s’est transformé en un boomerang susceptible de frapper de plein fouet le président actuel et l’ensemble de la classe Politique du pays. Cette situation découle d’une série de manœuvres politiques organisée par les mercenaires russes du groupe Wagner, dont les conséquences juridiques n’avaient manifestement pas été anticipées.
L’histoire de cette dérive constitutionnelle commence par une tentative classique de révision de la Constitution de 2016. Les mercenaires russes, dans leur volonté de pérenniser le pouvoir de Touadéra, avaient d’abord envisagé de modifier le texte existant pour faciliter une réélection. Cette approche se heurtait néanmoins à un obstacle de taille : la Cour constitutionnelle de l’époque, dirigée par la Professeure Danièle Darlan, refusait de cautionner cette démarche. Face à cette résistance institutionnelle, les stratèges du régime ont opté pour une solution radicale : le remplacement pur et simple de la présidente de la Cour constitutionnelle.
Professeure Danièle Darlan a ainsi été limogée et remplacée par son vice-président, Jean-Pierre Waboué, un proche parent du Président Touadera. Ce dernier, soumis à des pressions considérables, a finalement cédé en proposant non plus une révision, mais la rédaction complète d’une nouvelle Constitution. Cette décision marquait un tournant dans la stratégie du pouvoir, qui abandonnait la voie de la modification pour celle de la refondation constitutionnelle totale.
C’est dans l’élaboration de ce nouveau texte que les mercenaires de Wagner ont commis leur erreur fatale. Obsédés par l’idée d’écarter définitivement les principaux opposants de Touadéra de toute compétition électorale future, ils ont inséré dans l’article 10 une disposition particulièrement restrictive. Cette clause exige que tout candidat à la présidence et aux plus hautes fonctions publiques soit de nationalité centrafricaine d’origine. Mais les rédacteurs ne se sont pas contentés de cette formulation générale. Dans un souci de précision qui va se révéler catastrophique, ils ont décidé de définir explicitement dans le texte constitutionnel ce qu’ils entendaient par “nationalité d’origine”.
L’article 10 stipule ainsi que la nationalité centrafricaine d’origine s’obtient exclusivement en étant né de parents eux-mêmes centrafricains d’origine. Cette définition, en apparence logique, cache en réalité une impossibilité mathématique et historique que ses auteurs n’avaient pas perçue. Pour comprendre l’ampleur de cette bévue, il faut remonter aux origines mêmes de l’État centrafricain.
Le territoire qui constitue aujourd’hui la République centrafricaine portait avant 1960 le nom d’Oubangui-Chari et constituait une colonie française. Les habitants de ce territoire possédaient donc la nationalité française, statut qui avait été renforcé et généralisé par la loi Lamine Guèye adoptée en 1946. Cette loi accordait la citoyenneté française à tous les ressortissants des territoires d’outre-mer, ce qui incluait naturellement les habitants de l’Oubangui-Chari.
La République centrafricaine n’a acquis son existence juridique qu’en 1958, dans le cadre de la Communauté française, avant d’accéder à l’indépendance complète le 13 août 1960. C’est seulement à partir de cette date historique que l’on peut légitimement parler de nationalité centrafricaine au sens strict. Avant cette échéance, tous les habitants du territoire étaient juridiquement français, quelle que soit leur origine ethnique ou leur lieu de naissance.
Cette chronologie historique simple crée une impossibilité logique totale pour l’application de l’article 10. Les générations nées avant 1960 étaient de nationalité française et sont devenues centrafricaines par acquisition lors de l’indépendance. Elles ne peuvent donc pas être considérées comme centrafricaines “d’origine” selon la définition stricte retenue par la Constitution. Les enfants nés après l’indépendance sont effectivement centrafricains d’origine par leur naissance, mais leurs parents, nés avant 1960, ne remplissent pas ce critère.
Selon la logique implacable de l’article 10, il faudrait donc attendre l’émergence de la troisième génération post-indépendance pour qu’un citoyen puisse prétendre remplir pleinement les critères d’éligibilité. Autrement dit, seuls les petits-enfants des Centrafricains de 1960 pourraient théoriquement se porter candidats aux plus hautes fonctions de l’État. Cette situation crée un vide juridique total qui frappe l’ensemble de la classe politique actuelle, sans exception.
Le président Touadéra lui-même se trouve pris au piège de cette définition. Né en 1957, il était juridiquement français au moment de sa naissance et n’est devenu centrafricain qu’en 1960, par acquisition de la nouvelle nationalité. Ses parents, nés bien avant l’indépendance, étaient également français. Selon les critères de sa propre Constitution, Touadéra ne peut donc pas se prévaloir de la nationalité centrafricaine d’origine telle qu’elle est définie par l’article 10.
Cette situation concerne également tous les leaders politiques actuels, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité. L’âge moyen de la classe politique centrafricaine fait que la quasi-totalité de ses membres sont nés avant 1960 ou sont enfants de personnes nées avant cette date. Le verrouillage électoral imaginé pour consolider un pouvoir vacillant a donc créé une impasse juridique qui frappe aveuglément tous les acteurs du jeu politique.
Le Conseil constitutionnel se trouve désormais confronté à un casse-tête juridique d’une complexité rare. Il devra soit interpréter l’article 10 de manière à le rendre applicable, au risque de trahir la lettre de la Constitution, soit accepter que personne ne puisse légalement se porter candidat aux prochaines Élections présidentielles. Cette situation place l’institution dans une position particulièrement délicate, où toute décision risque d’être contestée.
L’ironie de cette situation dépasse le simple aspect technique. Elle montre une méconnaissance profonde de l’histoire du pays de la part de ceux qui ont conçu cette Constitution. Les mercenaires de Wagner, malgré leur influence politique considérable, ont manifestement négligé les réalités historiques et juridiques locales dans leur empressement à verrouiller le système électoral. Cette négligence transforme aujourd’hui leur arme politique en un poison qui menace de paralyser complètement le système démocratique centrafricain.
La manœuvre politique, conçue dans l’ignorance de l’évolution juridique du pays depuis l’indépendance, montre les dangers des manipulations constitutionnelles improvisées. En voulant exclure les adversaires politiques de Touadéra, ses conseillers ont créé un monstre juridique qui pourrait bien exclure tout le monde, y compris leur protégé. L’article 10 n’est plus un outil de contrôle politique, mais un obstacle majeur au fonctionnement normal des institutions démocratiques.
Pont effondré entre Damara et Sibut : le Président Touadera demande aux routiers de cotiser pour les réparations
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/blocage-des-vehicule-entre-damara-et-sibut-apres-effondrement-du-pont.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des camions bloqués sur la route entre Sibut et Damara, dans le village Kangamoté, situé à 10 kilomètres de Sibut après l’effondrement d’un pont
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le pont sur la route nationale entre Damara et Sibut s’est effondré il y a quelques jours, bloquant la circulation sur cet axe stratégique. La réponse du Président Touadera ? Demander aux chauffeurs de camions de cotiser 5 000 à 10 000 francs CFA chacun pour acheter des barres de fer et construire un pont provisoire.
L’effondrement de ce pont montre le visage réel du régime du Président Touadera: pendant qu’il dépense 10 milliards de francs CFA par mois pour payer les Mercenaires russes qui protègent son pouvoir à Bangui, les infrastructures du pays s’effondrent littéralement.
Cet effondrement du pont entre Sibut et Damara, notamment au village Kangamoté, situé à 10 kilomètres de Sibut, a créé un blocage massif avec des dizaines de véhicules coincés de part et d’autre. Au lieu d’intervenir rapidement avec les moyens de l’État, le gouvernement a envoyé des délégations demander aux camionneurs de verser entre 5 000 et 10 000 francs CFA pour acheter des barres de fer permettant de construire un pont provisoire.
Cette demande est d’autant plus scandaleuse que les transporteurs paient déjà des péages sur cet axe. Ils paient pour circuler sur une route non goudronnée, totalement à l’abandon, et maintenant on leur demande de payer pour réparer un pont que l’État aurait dû entretenir.
À quoi servent les péages si ce n’est à entretenir les routes et les ouvrages ? Les transporteurs paient, mais ne voient aucun entretien, aucune amélioration. Les routes se dégradent, les ponts s’effondrent, et on leur demande de payer encore pour réparer ce que l’État a laissé se détruire.
Cette situation dépasse l’entendement. Un gouvernement qui dépense 10 milliards par mois pour des mercenaires de Poutine et demande à des camionneurs de cotiser quelques milliers de francs pour réparer un pont. Les priorités du régime sont claires : protéger le pouvoir de Touadéra plutôt que servir la population.
L’abandon des infrastructures ne se limite pas aux routes. L’éducation, la santé, tous les secteurs sont à l’abandon. Pendant que les pays voisins progressent, la Centrafrique régresse. Le Tchad, qui envoyait ses étudiants se former à Bangui, a aujourd’hui dépassé la Centrafrique dans tous les domaines. Le Cameroun et le Congo ne sont même plus comparables.
Cette régression est le fruit d’une décennie de gouvernance Touadéra. Au Burkina Faso, les présidents précédents avaient construit le pays avant que le pouvoir actuel n’arrive. Au Mali, malgré les difficultés, il existe une vision. En Centrafrique, c’est le chaos absolu.
Et c’est dans ce contexte catastrophique que Touadéra veut un troisième mandat. Un président qui laisse les ponts s’effondrer et demande aux transporteurs de payer pour les réparer veut rester au pouvoir à vie. Un président qui dépense des milliards pour Wagner pendant que le pays s’effondre veut diriger la Centrafrique jusqu’à sa mort.
La campagne de propagande de Wagner et du gouvernement tente de faire croire que tout va bien. Mais la réalité sur le terrain est implacable : routes détruites, ponts effondrés, écoles sans moyens, hôpitaux sans médicaments, population appauvrie.
La Centrafrique a reculé de deux siècles. Pendant que les autres pays africains construisent et progressent, la Centrafrique sous Touadéra détruit et régresse. Un pont qui s’effondre et qu’on demande aux transporteurs de réparer résume parfaitement l’état du pays : un État absent qui se décharge de ses responsabilités sur une population déjà écrasée par la misère.
le coach national Sylvain Lautié accuse la Fédération de basketball de travail non rémunéré et annonce des plaintes pénales en France
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/President-de-la-federation-de-Basketball-centrafricain-Serge-Singha-Bengba.jpg” data-wpel-link=”internal”>President-de-la-federation-de-Basketball-centrafricain-Serge-Singha-Bengba – Centrafrique : dissolution du bureau exécutif de la fédération de basketball sur fonds du détournement des fonds
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le coach de l’équipe nationale de basketball de Centrafrique, Sylvain Lautié, affirme avoir travaillé plus d’un an sans rémunération pour la Fédération Centrafricaine de Basketball (FCBB). Il met en cause le président de la FCBB Serge Singha Bengba, le Directeur technique national Maurice Beyina, ainsi que le ministre des Sports Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wamzoumon Kiki. Il annonce des plaintes pénales en France et la saisine de la FIBA.
Selon sa déclaration joint au téléphone par la rédaction du CNC le 6 octobre 2025, Sylvain Lautié affirme qu’un contrat officiel de deux saisons a été signé par le ministre des Sports. Le chef de cabinet du ministre, Bernard Hamadjida, aurait supervisé la préparation de dossiers et de projets validés avant de cesser tout contact. Pour Lautié, la signature ministérielle devait garantir le sérieux de l’engagement mais elle a entraîné une charge de travail importante sans paiement et bloqué d’autres opportunités professionnelles qui s’offre à lui.
Le coach national Sylvain Lautié revendique plusieurs missions effectuées au profit de la FCBB : suivi individuel du joueur international Allan Dokossi avec plus de 60 séances intensives en six semaines, mobilisation de la filière centrafricaine en France via des échanges avec des agents, travail conjoint avec le capitaine Max Kouguere pour convaincre la quasi-totalité des joueurs disponibles, organisation d’un stage à Nancy avec accès à des infrastructures de haut niveau obtenues gratuitement ou à faible coût, et élaboration de plans de préparation et de stages annulés au dernier moment par la Fédération.
Aucun de ces travaux n’aurait donné lieu à rémunération, affirme Sylvain Lautié. Il évoque également une perte d’opportunités professionnelles et un impact familial. Il indique dans notre échange que son fils, atteint de troubles autistiques, n’a pas pu bénéficier des soins nécessaires faute de moyens, conduisant à une hospitalisation durant l’été.
Dans sa déclaration, le coach Sylvain Lautié met en cause la gestion des engagements publics en République centrafricaine : un ministre signataire qui ne respecte pas le contrat, un chef de cabinet injoignable, et une perte de crédibilité internationale relevée par l’Ambassade de France. Il attribue à ces dysfonctionnements l’absence de paiement et l’interruption des projets annoncés.
Sylvain Lautié affirme également que des crédits destinés à l’exécution du contrat seraient sortis du ministère des Finances puis transférés au ministère des Sports, sous la responsabilité du ministre Héritier Doneng. Il dit n’avoir jamais perçu de paiement et pose la question de la destination des fonds. Il demande des explications sur le circuit financier entre Finances et Sports et l’identification des responsables.
Le coach Sylvain Lautié déclare fermement qu’il déposera prochainement en France des plaintes pour travail dissimulé, tromperie et détournement de fonds publics. Sont cités Serge Singha Bengba président de la FCBB, Maurice Beyina Directeur technique national, Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wamzoumon Kiki ministre des Sports, et Bernard Hamadjida chef de cabinet du ministre. Il annonce aussi la saisine de la FIBA pour d’éventuelles sanctions contre la FCBB.
Sylvain Lautié affirme vouloir publier dans les prochains jours un communiqué auprès de grandes agences internationales : AFP, Reuters, AP, EFE, Anadolu, dpa, Euronews, ainsi que Panapress, Africanews, ANA, APS, ANGOP, MAP, NAN, entre autres. L’objectif est d’alerter la communauté sportive et les institutions internationales sur des pratiques jugées contraires à l’éthique.
Cette affaire s’inscrit dans un schéma répétitif en Centrafrique : des contrats signés au plus haut niveau qui ne sont jamais honorés, des engagements pris qui restent lettre morte, des fonds qui disparaissent entre les ministères. Le sport centrafricain, comme tous les autres secteurs, souffre d’une gouvernance catastrophique où la signature d’un ministre ne garantit plus rien.
Un coach français, Sylvain Lautié, accepte de travailler pour l’équipe nationale, signe un contrat avec le ministre, effectue des missions importantes pendant plus d’un an, et ne reçoit jamais un franc. Pendant ce temps, des fonds sortent du ministère des Finances, transitent vers le ministère des Sports, et personne ne peut expliquer où ils sont passés.
Cette situation déshonore la Centrafrique aux yeux de la communauté sportive internationale. Comment convaincre des entraîneurs et des techniciens de qualité de travailler pour les équipes nationales si les contrats signés par les ministres ne valent pas le papier sur lequel ils sont écrits ?
La population d’Amdafock a organisé samedi dernier une importante manifestation devant le bureau de la Minusca pour exiger la libération de Wouya Mocko Abel, candidat à la mairie de la sous-préfecture, enlevé à Bangui par des mercenaires russes alors qu’il s’apprêtait à déposer son dossier de candidature.
Les manifestants se sont rassemblés devant la base de la Mission des Nations Unies pour remettre un mémorandum et faire entendre leur colère. Plusieurs orateurs ont pris la parole pour dénoncer cette arrestation qu’ils qualifient de “coup monté contre les candidatures de la victime “.
Un premier manifestant a déclaré : “Nous, la population d’Amdafok, sommes particulièrement tristes d’avoir péniblement les douleurs au fond du cœur. Abel Mokouya est un homme simple, sympathique, reconnu par la population d’Amdafok comme candidat au maire. Il n’a aucun problème avec la population. Il représente le meilleur garant de l’avenir des jeunes de la sous-préfecture d’Amdafok“.
Il a poursuivi : “Il a été menacé il y a quelques mois par certains hommes politiques. Et effectivement, il est arrêté à Bangui au moment du dépôt des dossiers. Nous sommes convaincus que c’est un coup monté contre sa candidature.Nous disons non à l’arrestation de ce monsieur au moment du dépôt des dossiers, puisque ce monsieur est le candidat préféré de la population“.
Une manifestante a également pris la parole pour exprimer l’inquiétude de la communauté et demander l’intervention des autorités pour la libération du candidat.
Les habitants d’Amdafock ont lancé un appel direct au gouvernement : “Si vous reconnaissez qu’Amdafock peut soutenir le président Touadéra à l’élection qui vient, libérez Abel Mokouya.”
Cette manifestation témoigne de la forte mobilisation de la population d’Amdafok autour de leur candidat enlevé. L’arrestation de Wouya Mocko Abel intervient dans un contexte où plusieurs candidats de l’opposition ou indépendants sont ciblés en cette période de dépôt des candidatures pour les Élections de décembre 2025.
La population locale considère Abel Mokouya comme “la personne sur qui elle a mis son espoir” et refuse cette arrestation qu’elle perçoit comme une manœuvre pour l’empêcher de se présenter aux Élections municipales.
Au moment de la publication de cet article, Wouya Mocko Abel reste détenu sans que sa localisation exacte ne soit connue de sa famille et de ses partisans.
des ministres candidats aux législatives en violation du Code électoral
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/01/Le-ministre-en-charge-du-developpement-de-lenergie-et-des-ressources-hydrauliques-Arthur-Bertrand-Piri-ngaba.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre en charge du développement de l’énergie et des ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Alors que les législatives sont prévues pour le 28 décembre, plusieurs ministres du gouvernement Touadéra, investis candidats sous la bannière du MCU, refusent toujours de se mettre en disponibilité, en contradiction flagrante avec le Code électoral qu’ils ont eux-mêmes adopté.
En effet, l’article 141 du Code électoral est sans ambiguïté : les membres du gouvernement, tout comme les fonctionnaires, doivent se mettre en disponibilité trois mois avant la date de l’élection. Ce délai n’est pas une option. À défaut de la décision formelle, un simple récépissé du dépôt de la demande, daté d’au moins trois mois avant le scrutin, peut être accepté. Seule exception prévue : les Élections partielles, où le délai est ramené à deux semaines.
Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé
Or, le calendrier est clair. Les Élections législatives et présidentielle sont fixées au 28 décembre 2025. Le délai de trois mois imposait donc aux ministres candidats de se retirer au plus tard le 28 septembre 2025. À la date de publication de cet article, aucun n’a quitté son poste.
Pendant ce temps, les ministres qui sont en précampagne bénéficient des moyens de l’État. En restant en fonction, ces ministres cumulent les avantages de leurs portefeuilles et leur statut de candidats. Véhicules administratifs, gardes rapprochés, financements publics : tout leur appareil ministériel sert désormais à des ambitions partisanes. Ce mélange des genres viole l’article 56 du même Code, qui interdit strictement l’utilisation du patrimoine et du personnel de l’État pour une campagne électorale.
Monsieur Hyppolite Ngatté, ministre des petites et moyenes entreprises
C’est tout simplement une violation grave du code électoral qui discrédite le processus en cours. Comment garantir une compétition équitable quand ceux qui font la loi sont les premiers à la piétiner ? Les ministres candidats du MCU, en refusant de respecter le délai légal de démission, placent les législatives de décembre sous le signe de l’illégalité. Ils confisquent à leur profit les ressources publiques et faussent le jeu prétendument démocratique.
Voilà maintenant une question de légitimité. En s’accrochant à leurs portefeuilles tout en battant campagne, ces ministres créent une situation intenable : comment peuvent-ils prétendre légiférer demain alors qu’ils violent déjà la loi aujourd’hui ? La République centrafricaine peut-elle se permettre que ses propres dirigeants transforment le Code électoral en chiffon de papier ?
L’ex-détenu Maxime Balalou, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement
Centrafrique : le ministre Bruno Yapandé termine sa tournée européenne de mendicité diplomatique pour financer des Élections après avoir insulté l’Occident toute l’année
Bruno Yapande, ministre en charge de l’Administration du territoire Une personne parlant dans un microphone devant une foule de personnes Texte possible Paroisse. Merit Ausiliatrice
Le ministre Bruno Yapandé termine sa tournée européenne de mendicité diplomatique pour financer des Élections que même les États-Unis jugent impossibles à organiser en décembre prochain.
Le ministre centrafricain Bruno Yapandé vient de terminer sa mission à Paris et Bruxelles, une énième tournée de mendicité diplomatique qui en dit long sur les contradictions du régime de Touadéra. Pendant une semaine, du 13 au 20 septembre, ce responsable gouvernemental a parcouru les capitales européennes la main tendue, quémandant des fonds pour organiser des Élections que tout le monde sait impossibles à tenir en décembre.
Cette mission intervient dans un contexte particulièrement cynique. Toute l’année, le gouvernement centrafricain multiplie les discours anti-occidentaux, insultant régulièrement la France et l’Union européenne. Mais dès qu’il s’agit de financer leurs projets, ces mêmes dirigeants n’hésitent pas à faire le tour des chancelleries européennes, casquette à la main.
L’hypocrisie atteint son comble quand on sait que le régime de Touadéra paie actuellement 10 milliards de francs CFA par mois aux Mercenaires russes de l’ex-groupe Wagner, rebaptisé Africa Corps. Ces sommes astronomiques, confirmées par des sources proches du Kremlin, suffiraient largement à financer les Élections dont se préoccupe tant le ministre Bruno Yapandé.
Mais voilà le paradoxe centrafricain : on dépense sans compter pour des mercenaires russes de Poutine tout en mendiant auprès de ceux qu’on insulte publiquement. Cette schizophrénie diplomatique témoigne d’une absence totale de cohérence politique de la part du régime en place.
À Paris, Bruno Yapandé prétend avoir eu des “discussions fructueuses” avec les autorités françaises. Mais ces discussions peuvent-elles vraiment être fructueuses quand elles se déroulent dans un climat de défiance mutuelle ? Comment peut-on demander de l’argent à un pays qu’on accuse régulièrement de néocolonialisme ?
À Bruxelles, la délégation a sollicité “un accompagnement supplémentaire” de l’Union européenne. Cette formule diplomatique cache mal la réalité : le gouvernement centrafricain demande encore de l’argent à une institution qu’il critique constamment dans ses médias officiels et à travers ses avatars sur les réseaux sociaux.
Cette tournée européenne intervient après l’échec de missions similaires dans d’autres capitales. Le Qatar, sollicité récemment par le Président Baba Kongoboro, aurait décliné toute aide financière. Cette multiplication des refus témoigne de la perte de crédibilité internationale du régime de Touadéra.
Car les partenaires internationaux ne sont pas dupes. Ils savent que l’Autorité Nationale des Elections (ANE) ment sur ses propres réalisations, comme l’a démontré le constat d’huissier sur la non-publication des listes électorales. Ils savent aussi que l’organisation d’Élections crédibles en décembre relève de l’impossible.
D’ailleurs, même les représentants des États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leurs doutes sur la faisabilité de ces élections en décembre. Quand les Américains, pourtant peu enclins à critiquer publiquement leurs “partenaires” africains, émettent des réserves, c’est que la situation est vraiment préoccupante.
Le régime centrafricain semble avoir choisi de grouper les élections présidentielle, législatives, municipales et régionales non par souci d’efficacité, mais faute de financement suffisant pour les organiser séparément. Cette stratégie du tout-en-un masque mal l’incapacité financière et organisationnelle du gouvernement.
Bruno Yapandé parle de “processus inédit d’élections groupées” comme s’il s’agissait d’une innovation démocratique. En réalité, cette approche répond surtout à des contraintes budgétaires et à l’incapacité chronique de l’ANE à organiser des scrutins séparés.
Les bailleurs de fonds internationaux commencent à comprendre le piège. Ils ne veulent plus financer des mascarades électorales qui ne servent qu’à légitimer un pouvoir contesté. Cette réticence croissante explique la multiplication des missions de mendicité comme celle de Bruno Yapandé.
Le comble de l’hypocrisie réside dans cette double approche : on va chercher l’argent en Europe pour les élections tout en payant des fortunes aux Russes pour la sécurité du régime. Cette schizophrénie budgétaire interroge sur les véritables priorités du régime centrafricain.
Cette situation rappelle un proverbe centrafricain : “On ne peut pas cracher dans la main qui nous nourrit”. Pourtant, c’est exactement ce que fait le régime de Touadéra depuis des mois. Cette attitude explique la lassitude croissante des partenaires traditionnels du pays.
Au final, cette mission de Bruno Yapandé ressemble davantage à un exercice de communication qu’à une véritable recherche de solutions. Le ministre pourra toujours prétendre avoir “sensibilisé” les partenaires européens, mais les résultats concrets risquent d’être décevants.
Car les Européens ont compris que financer des élections bâclées ne sert à rien. Ils préfèrent attendre que le régime centrafricain retrouve un minimum de cohérence dans sa politique étrangère avant d’ouvrir à nouveau leurs bourses aux voleurs de Bangui afin de leur permettre la construction de leurs villas de luxe à la cité de golf.
Cette tournée européenne de mendicité diplomatique confirme l’impasse dans laquelle s’est enfermé le régime de Touadéra. Entre ses contradictions internes et sa perte de crédibilité internationale, le gouvernement centrafricain peine à trouver des solutions durables à ses problèmes chroniques de financement et de gouvernance.
Anicet Georges Dologuélé : “Sans dialogue, le boycott des élections est la seule option sérieuse”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/De-gauche-a-droite-Le-professeur-Faustin-archange-TOUADERA-Crepin-Mboli-Goumba-et-Anicet-Georges-Dologuele.-Photos-montage-par-CNC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/De-gauche-a-droite-Le-professeur-Faustin-archange-TOUADERA-Crepin-Mboli-Goumba-et-Anicet-Georges-Dologuele.-Photos-montage-par-CNC-450×142.jpg” alt=”Anicet Georges Dologuélé : "Sans dialogue, le boycott des élections est la seule option sérieuse"” width=”450″ height=”142″ />De-gauche-a-droite-Le-professeur-Faustin-archange-TOUADERA-Crepin-Mboli-Goumba-et-Anicet-Georges-Dologuele.-Photos-montage-par-CNC – Rédaction du projet d’une nouvelle constitution : jeu de ping-pong entre le gouvernement et le BRDC
L’opposant Anicet-Georges Dologuelé conditionne la participation de son parti aux réformes institutionnelles et au dialogue direct avec Touadéra.
Anicet Georges Dologuélé évoque un boycott électoral si le pouvoir refuse les discussions politiques réclamées par l’opposition centrafricaine.
Le président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) durcit le ton. Anicet Georges Dologuélé ne ferme plus la porte à un boycott des élections de décembre 2025 si Faustin-Archange Touadéra persiste à ignorer les demandes de dialogue de l’opposition. Cette escalation intervient à quinze mois d’un scrutin qui doit renouveler l’ensemble des institutions du pays.
L’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuelé dresse un bilan accablant de l’Autorité Nationale des Élections (ANE). “L’ANE n’a pas de COPEC, elle ne parvient pas à gérer le fichier électoral, et la révision des listes traîne depuis un an”, affirme-t-il. Cette institution devrait pourtant superviser quatre consultations simultanées : présidentielle, législatives, municipales et régionales. Une mission que Dologuélé juge impossible dans les conditions actuelles.
La Constitution de 2023 concentre également les critiques de l’opposition. Le texte confère au président et à son entourage la nomination de six membres sur onze au Conseil constitutionnel, compromettant l’indépendance de cette instance. Plus controversées encore, les nouvelles règles d’éligibilité excluent les binationaux de la course présidentielle et exigent d’être Centrafricain “d’origine”, avec un père et une mère centrafricains. Ces dispositions créent, selon Dologuélé, des barrières injustifiées à la compétition politique.
Le chef de file de l’opposition rappelle que ses formations politiques sollicitent des discussions depuis deux ans sans recevoir de réponse claire. Le paradoxe touche au symbole : lors de la fête nationale du 12 août, Touadéra a parlé de “main tendue” tout en qualifiant l’opposition d’ennemie de la paix. Pour sortir de cette impasse, Dologuélé maintient sa proposition d’une médiation par un dirigeant d’Afrique centrale.
La dimension financière complique encore la donne. Membre de la commission des finances à l’Assemblée nationale, Dologuélé révèle qu’aucune ligne budgétaire n’est prévue pour organiser les élections. Le pays dépend entièrement de ses partenaires internationaux : Union européenne, France et MINUSCA. “Si les compétiteurs ne participent pas, pourquoi l’UE financerait-elle un scrutin pour faire de Touadéra un empereur ?”, questionne-t-il.
Cette dépendance externe pourrait jouer en faveur de l’opposition. Un boycott massif risquerait de compromettre la légitimité du processus aux yeux des bailleurs de fonds, qui pourraient alors suspendre leur soutien financier. Cette perspective place le pouvoir face à un dilemme : accepter les réformes réclamées ou organiser des élections sans financement extérieur.
La menace de boycott traduit la détermination de l’opposition à ne plus accepter un statu quo défavorable. Dologuélé assume cette stratégie risquée, conscient qu’elle pourrait accentuer les tensions politiques mais convaincu qu’elle représente le seul moyen de forcer les négociations.
Le compte à rebours a commencé. Entre réformes institutionnelles et dialogue politique, le gouvernement centrafricain dispose de quinze mois pour éviter une crise électorale majeure qui compromettrait la stabilité du pays.
quand Marcel Djimassé annonce la création de 480 emplois-types pour mieux piéger la fonction publique ⸻
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/FB_IMG_1708372228235.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/FB_IMG_1708372228235-450×351.jpg” alt=”Centrafrique : quand Marcel Djimassé annonce la création de 480 emplois-types pour mieux piéger la fonction publique ⸻” width=”450″ height=”351″ />
Marcel Djimassé, ministre de la fonction publique a annoncé lors du conseil des ministres du 4 septembre dernier la création de 480 emplois-types dans la fonction publique. Officiellement, il s’agit d’une réforme moderne. En réalité, ce système complique la vie des fonctionnaires et renforce le contrôle du pouvoir sur eux.
Mais qu’est-ce qu’un emploi-type ? En définition simple, un emploi-type, c’est une catégorie de poste standardisée. Par exemple : enseignant de collège, secrétaire administratif, inspecteur des impôts.
Chaque emploi-type regroupe des fonctions similaires et correspond à une grille de salaire.
Normalement, ce système sert à organiser la fonction publique et à rendre les carrières plus claires. Dans beaucoup de pays africains, on compte quelques dizaines d’emplois-types. En Centrafrique, le gouvernement, via son ministre de la fonction publique, en a créé 480, un chiffre énorme et ingérable qui ressemble plus à une usine à gaz qu’à une solution.
Alors, pourquoi en créer autant ? Oui, le ministre de la Fonction publique, Marcel Djimassé, de sa propre bouche, explique que ce guide normatif va :
réduire les inégalités salariales,
améliorer la performance de l’administration, • permettre une meilleure gestion des carrières.
Mais derrière ces beaux mots, le but est clair : multiplier les cases pour mieux contrôler les recrutements et les promotions.
Avec 480 catégories, les fonctionnaires ne savent plus dans quelle case ils se trouvent, ni à quoi ils ont droit. Cela ouvre la voie à des décisions totalement arbitraires et au clientélisme politique.
Alors, c’est finalement une réforme qui étouffe au lieu d’améliorer. Oui, officiellement, le gouvernement veut remplacer le système basé sur les diplômes, jugé injuste. Mais le nouveau système n’est pas plus équitable :
les postes sont définis par des technocrates déconnectés du terrain, • les agents publics sont classés dans des catégories rigides, • les fonctionnaires subissent une gestion lourde et compliquée.
En pratique, les agents auront plus de règles à respecter, mais aucune amélioration dans leurs conditions de travail. Cette réforme ne vise pas à motiver, mais à enfermer les fonctionnaires dans un carcan administratif.
Finalement, c’est un outil politique plus qu’administratif. Sans doute. En reliant les salaires aux postes (et non plus aux diplômes), le régime se donne un nouvel instrument pour maintenir sa mainmise :
récompenser les proches du pouvoir, en les plaçant dans des catégories mieux payées, • punir les opposants, en les bloquant dans des postes sans valeur.
Ce guide normatif n’est donc pas une réforme neutre, mais un moyen de soumission.
Même les partenariats internationaux, comme celui signé avec la France en juin 2025, servent uniquement à donner une façade respectable à une réforme qui n’apporte aucune solution aux problèmes réels : corruption, opacité et incapacité à fournir des services publics.
Définitivement, ce sont finalement des promesses irréalistes. Le gouvernement promet que ce guide réduira de 30 % les inégalités salariales d’ici fin 2025. Mais les vraies inégalités ne viennent pas du classement des postes. Elles viennent d’un système où les promotions et les avantages dépendent surtout de la proximité avec le pouvoir.
Les agents sans protecteurs restent coincés au bas de l’échelle, tandis que les fidèles au régime cumulent les primes et les privilèges.
Les syndicats sont également fragilisés. Avec 480 catégories différentes, il devient presque impossible pour les syndicats de mobiliser tout le monde autour d’une revendication commune. Les fonctionnaires sont dispersés, divisés par leurs statuts, et chacun défend sa petite case.
Cette réforme affaiblit donc le syndicalisme en Centrafrique. Les grèves ou les revendications collectives auront moins de force, puisque le gouvernement pourra toujours jouer sur les différences entre les catégories pour opposer les agents les uns aux autres.
Finalement, c’est une réforme qui ne résout rien à la fin. En clair, ce guide normatif :
ne combat pas la corruption,
ne simplifie pas la gestion de l’État, • ne motive pas les agents, • mais renforce le contrôle politique du régime et divise les travailleurs.
Avec 480 emplois-types, le système devient illisible, injuste et encore plus lourd. C’est moins une réforme qu’une manipulation administrative pour mieux asservir la fonction publique.
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro refuse l’ultimatum du Président russe Vladimir Poutine sur le remplacement de Wagner par Africa Corps
Le silence qui durait depuis des semaines s’est rompu le 31 août 2025. Un ultimatum de Moscou est arrivé sur le bureau du président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro , déclenchant une réaction de colère inhabituelle chez le dirigeant centrafricain. Selon nos sources proches du palais présidentiel, le chef d’État Baba Kongoboro confie désormais en privé qu’il regrette la mort d’Evgueni Prigojine et ne comprend pas pourquoi le chef de Wagner n’avait pas mené sa rébellion jusqu’au bout contre Vladimir Poutine.
Cette amertume trouve sa source dans l’ultimatum russe qui exige la signature d’un nouveau contrat militaire. Moscou veut remplacer la milice Wagner par une structure officielle plus coûteuse : Africa Corps. Pour Touadéra, cette transition représente bien plus qu’un simple changement administratif. Elle signifie la perte de son autonomie et sa transformation en simple exécutant des ordres du Kremlin.
L’alliance entre la République centrafricaine et la Russie s’est construite autour de la présence des mercenaires du groupe Wagner depuis 2018. Ces soldats privés ont assuré la protection personnelle de Touadéra tout en sécurisant et exploitant les mines d’or, de diamants et les forêts du pays, sans oublier le pillage et massacre de la population centrafricaine. Cette collaboration permettait au président centrafricain de maintenir une certaine marge de manœuvre dans ses relations avec Moscou.
Vladimir Poutine souhaite désormais “professionnaliser” cette présence militaire en la plaçant sous le contrôle direct de l’armée russe à travers Africa Corps. Cette nouvelle structure eliminerait l’intermédiaire que représentait Wagner et placerait les forces russes en Centrafrique sous commandement militaire officiel.
La proposition russe pose plusieurs problèmes à Bangui. D’abord, elle est financièrement plus lourde que l’arrangement précédent avec Wagner. Ensuite, elle prive Touadéra de la flexibilité dont il bénéficiait avec Prigojine, qui agissait comme un entrepreneur indépendant capable de négocier directement avec le palais présidentiel. Enfin, elle transforme le président centrafricain en simple relais des décisions prises à Moscou.
Le conseiller militaire russe présent à Bangui, ancien lieutenant de Prigojine, devient dans ce nouveau schéma un représentant direct du ministère russe de la Défense. Cette évolution supprime la relation personnalisée que Touadéra entretenait avec l’organisation Wagner et son défunt patron.
La disparition d’Evgueni Prigojine dans des circonstances troubles a privé Touadéra d’un interlocuteur privilégié. Le patron de Wagner avait développé une relation de confiance avec le président centrafricain, agissant comme un entrepreneur à la fois loyal au Kremlin mais doté d’une indépendance suffisante pour négocier directement avec Bangui.
Prigojine représentait un modèle d’alliance qui convenait parfaitement à Touadéra : un partenaire russe puissant mais pas totalement inféodé à Moscou. Cette configuration permettait au président centrafricain de maintenir une certaine autonomie tout en bénéficiant du soutien militaire russe.
La tentative de coup d’État de Prigojine contre Poutine en juin 2023 avait été suivie avec attention à Bangui. Selon nos informations, Touadéra aurait secrètement espéré que cette rébellion aboutisse, pensant qu’un affaiblissement de Poutine aurait consolidé l’indépendance de Wagner et offert à la Centrafrique un allié plus autonome vis-à-vis du Kremlin.
Aujourd’hui, le président centrafricain réalise qu’il n’est plus considéré comme un partenaire mais comme un tintin, un simple pion dans la stratégie géopolitique russe en Afrique. Cette prise de conscience explique ses regrets concernant l’échec de la rébellion de Prigojine et sa résistance actuelle à l’ultimatum de Moscou.
Le refus de Touadéra de céder immédiatement aux exigences russes place la Centrafrique dans une situation délicate. Moscou dispose de plusieurs leviers de pression pour contraindre Bangui à accepter ses conditions. Le rappel de l’ambassadeur russe constitue la première étape d’une escalade possible.
La Russie pourrait également suspendre son soutien militaire, laissant le gouvernement centrafricain vulnérable face aux groupes armés qui contrôlent encore une partie du territoire. Plus grave encore, Moscou pourrait décider d’armer directement ces groupes rebelles pour déstabiliser le régime de Touadéra.
L’option la plus radicale consisterait pour la Russie à s’emparer directement des sites miniers qu’elle exploite actuellement en partenariat avec le gouvernement centrafricain. Cette mainmise sur les ressources naturelles priverait Bangui de revenus vitaux et démontrerait publiquement l’impuissance du régime.
Face à ces menaces, Touadéra explore discrètement ses options. Un rapprochement avec d’anciens partenaires comme la France reste théoriquement possible, mais il comporterait des risques considérables. Paris a gardé rancune de l’expulsion de ses forces et du choix de Bangui en faveur de la Russie.
L’Italie et les États-Unis représentent des alternatives potentielles, mais aucun de ces pays ne semble disposé à s’engager militairement en Centrafrique avec la même intensité que la Russie. De plus, tout rapprochement avec l’Occident provoquerait une réaction immédiate et probablement violente de Moscou.
La Chine, présente économiquement en Centrafrique, pourrait théoriquement offrir une alternative, mais Pékin évite généralement de s’impliquer dans les conflits internes africains et préfère maintenir de bonnes relations avec tous les acteurs locaux, y compris la Russie.
Le 31 août 2025 pourrait devenir une date historique dans l’histoire récente de la Centrafrique. Pour la première fois depuis l’arrivée de Wagner, le président Touadéra a choisi de résister aux pressions de son protecteur russe. Cette décision témoigne d’une volonté de préserver une autonomie minimale face aux ambitions géopolitiques de Moscou.
L’issue de cette crise déterminera l’avenir des relations russo-centrafricaines et, plus largement, le modèle d’influence russe en Afrique. Si Touadéra cède finalement, il établira un précédent inquiétant pour d’autres dirigeants africains tentés de résister aux exigences de Moscou. Si il maintient sa position, il pourrait ouvrir la voie à une redéfinition des rapports de force entre la Russie et ses alliés africains.
Dans tous les cas, l’ombre de Prigojine continue de planer sur cette crise. Le défunt patron de Wagner incarnait un modèle de partenariat russo-africain que Moscou semble désormais vouloir abandonner au profit d’un contrôle plus direct et plus rigide de ses alliés continentaux.