Les habitants du Km5 lancent une alerte contre Blaise Mandazou, un maçon escroc
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-macon-blaise.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-macon-blaise.webp” alt=”Les habitants du Km5 lancent une alerte contre Blaise Mandazou, un maçon escroc…. ” width=”400″ height=”400″ />Monsieur Blaise Mandazou, le maçon
Les arnaques dans le secteur du bâtiment ne sont pas nouvelles à Bangui, mais certaines affaires finissent par déborder du cercle privé pour atterrir sur la place publique.
À Bangui, un maçon de profession laisse derrière lui des victimes et des chantiers abandonnés, après avoir empoché l’argent de ses clients sans jamais exécuter les travaux promis.
En effet, tout a commencé par une transaction simple, amicale qui devient par la suite une gigantesque arnaque à ciel ouvert. Pour comprendre l’histoire, il faut remonter au début. L’année dernière, un commerçant du quartier Km5 a confié à un maçon répondant au nom de Blaise Mandazou la rénovation de sa maison. Un devis avait été établi, les matériaux listés, et une somme de quatre millions de francs CFA remise à l’artisan pour démarrer les achats et les travaux. L’homme avait été recommandé comme quelqu’un de fiable, ayant déjà travaillé sur d’autres chantiers sans incident.
Mais à l’approche des fêtes de fin d’année 2025, Blaise Mandazou a cessé de répondre aux appels. Le commerçant a tenté de le joindre à plusieurs reprises, recevant à chaque fois les mêmes promesses d’un retour imminent qui ne venait jamais. L’argent, lui, avait déjà été dépensé : le maçon aurait utilisé la somme pour financer le réveillon de Noël de ses trois femmes et de ses nombreux enfants.
Ce qui a davantage pesé sur la victime, c’est la suite. Un parent gendarme de Blaise Mandazou aurait contacté le commerçant pour l’avertir qu’il risquait lui-même des ennuis judiciaires s’il osait réclamer son argent. Une forme de pression destinée à étouffer l’affaire avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
L’ironie de cette histoire, rapportée par un témoin proche du dossier, tient dans les calculs initiaux du maçon. Celui-ci croyait s’en prendre à un expatrié européen travaillant avec le commerçant, pensant que l’argent remis appartenait à ce dernier. En réalité, la somme volée venait entièrement de la poche du commerçant centrafricain, un homme du quartier qui avait mis de côté pour améliorer son logement.
Le commerçant envisage désormais de porter plainte pour tenter de récupérer sa mise. Blaise Mandazou, lui, est décrit par ceux qui le connaissent comme quelqu’un qui a longtemps donné l’image d’un artisan consciencieux avant ce coup d’éclat.
Suite à cette affaire, les bruits commencent à passer de quartier au quartier, de bouche à bouche. Les rumeurs commencent, puis finis par atteindre les réseaux sociaux. Depuis, des nombreuses alertes sont publiées en ligne, mettant en garde les autres citoyens contre ce monsieur que les victimes décrivent comme un véritable vipère.
CNC, de son côté, a tenté à plusieurs reprises de le joindre, mais en vain.
Le directeur général de l’office national pour le sport (ONASPORT) vient de perdre ses fonctions, au terme d’une enquête qui a mis au jour des actes d’une gravité certaine.
Par arrêté n° 006/MPJSEC/DIR-CAB.26 du 9 mars 2026, le ministre Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon a prononcé la suspension immédiate de M. Hervé Sévérin Lidamon de son poste de directeur général de l’ONASPORTS. Cette décision, signée en bonne et due forme, n’est pas tombée du ciel : elle fait suite à une enquête qui a établi des faits précis et documentés.
Les griefs retenus contre lui sont de trois ordres. D’abord, l’occupation illégale du stade Barthélemy Boganda, un patrimoine public censé appartenir à tout un peuple. Ensuite, des dégradations constatées sur les lieux, ainsi qu’un usage personnel d’une infrastructure nationale. À cela s’ajoute un comportement d’insubordination à l’égard de sa hiérarchie, ce qui a fini par faire déborder le vase.
Lidamon est désormais convoqué devant un conseil de discipline, instance chargée de statuer sur son sort. Ce n’est donc pas une simple mise à l’écart administrative, mais le début d’une procédure qui pourrait déboucher sur des conséquences bien plus lourdes pour sa carrière.
Ce dossier, à en croire certaines sources proches du milieu sportif, ne serait que la partie visible d’un ensemble de pratiques qui auraient prospéré dans l’ombre depuis un certain temps au sein de l’ONASPORTS. Des zones d’ombre qui, selon plusieurs observateurs, restent encore à défricher.
Nous allons publier dans nos prochains articles les détails sur les motifs réels qui ont poussé son ministre de tutelle à prendre cette décision lourde.
À Obo, la fête du 8 mars s’achève sur une échauffourée et un blessé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/journee-du-8-mars-2026-a-obo.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/journee-du-8-mars-2026-a-obo.webp” alt=”À Obo, la fête du 8 mars s’achève sur une échauffourée et un blessé” width=”400″ height=”218″ />Journée du 8 mars 2026 à Obo
La ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine, a célébré la Journée internationale des droits des femmes dans une ambiance qui a vite changé de couleur.
Comme dans plusieurs localités du pays, des habitants se sont réunis pour marquer la date. Un concert avait été organisé au quartier AIM, situé à l’entrée de la ville, situé à 4 kilomètres du centre Obo, , et la soirée attirait du monde, jeunes et adultes mêlés, venus profiter de l’ambiance.
Un soldat des Forces armées centrafricaines s’était lui aussi rendu sur les lieux avec ses camarades. À l’entrée, voulant sécuriser son arme avant de pénétrer dans l’enceinte, il a retiré le chargeur, ignorant qu’une munition était encore engagée dans la chambre. L’arme a craché un coup unique, tiré en l’air.
Le mouvement de panique qui a suivi a dispersé une partie de la foule, mais les présents ont rapidement compris qu’il s’agissait d’une maladresse, et la fête a repris son cours sans autre perturbation de ce côté.
Ce n’est qu’en toute fin de soirée qu’un second incident a éclaté, d’une nature plus grave. Une querelle a dégénéré entre deux jeunes, le premier est habitant du quartier AIM, le deuxième est un déplacé de Mboki venu à Obo avec sa famille. Lord d’altercation, le jeune du quartier AIM a sorti un couteau pour poignarder l’autre au dos.
La victime a été conduite à l’hôpital d’Obo où elle recevait des soins.
La COSCIPAC interpelle le peuple centrafricain sur les maux qui freinent le pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” alt=”La COSCIPAC interpelle le peuple centrafricain sur les maux qui freinent le pays” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Petit-Delphin Kotto de la COSCIPAC
La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine interpelle son peuple avec des mots qui pèsent.
Dans un texte daté du 03 mars 2026 à Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine (COSCIPAC) a adressé une lettre ouverte au peuple centrafricain. L’organisation y dresse un état des lieux lucide d’un pays qui possède tout pour avancer, mais qui tarde à le faire. Terres fertiles, sous-sol riche, jeunesse vive : la République centrafricaine n’est pas démunie. Pourtant, cette abondance ne se traduit pas dans le quotidien des populations.
La COSCIPAC pointe du doigt un écart persistant entre les ressources disponibles et les résultats obtenus sur le terrain. Pour l’organisation, cet écart prend sa source dans un mode de gouvernance où la fidélité politique prend souvent le dessus sur la valeur professionnelle. Quand un État nomme ses responsables non pas selon leurs aptitudes, mais selon leurs accointances, écrit la COSCIPAC, il s’expose à une administration qui improvise au lieu d’anticiper.
L’éducation, l’agriculture et la diplomatie sont les trois secteurs que la COSCIPAC cite en exemple pour illustrer ces carences de planification. Le système scolaire peine à se renouveler, privant la jeunesse des outils dont elle aurait besoin pour s’imposer dans un monde en mutation rapide. L’agriculture, elle, reste en retrait faute de politiques publiques cohérentes, alors qu’elle pourrait nourrir le pays et alimenter une croissance durable. Quant à la diplomatie, la COSCIPAC rappelle qu’elle requiert une maîtrise pointue pour que la RCA puisse défendre ses intérêts avec efficacité sur la scène internationale.
Ce que défend la COSCIPAC, c’est une conception exigeante de la paix. L’organisation refuse de réduire la paix à la seule absence de fusils. Une nation peut voir ses armes se taire et ses institutions continuer à fléchir sous le poids de la mauvaise gestion. La stabilité durable, insiste la COSCIPAC, ne peut germer que dans des institutions qui inspirent confiance, qui rendent des comptes et qui produisent des résultats visibles : des routes praticables, des écoles qui fonctionnent, de l’eau au robinet, de l’électricité et du travail.
Pour sortir de cette impasse, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine formule trois exigences fondamentales. La méritocratie d’abord : chaque poste stratégique doit revenir à la personne la plus compétente pour l’occuper. La planification ensuite : les politiques publiques doivent s’inscrire dans une vision à long terme, et non dans la réponse aux urgences du moment. La rigueur financière enfin : les deniers publics doivent être gérés selon des règles de transparence que nul ne peut contourner.
La COSCIPAC ne se contente pas de diagnostiquer, elle interpelle. Aux autorités, elle demande de placer la compétence et l’intégrité au cœur de chaque nomination. Aux élites du pays, elle rappelle que gouverner est un acte de redevabilité, pas un privilège. À la jeunesse centrafricaine, l’organisation adresse un encouragement ferme : ne pas accepter la médiocrité comme une norme, et tenir bon dans la conviction que le mérite vaut plus que la faveur. Aux simples citoyens, elle demande une vigilance active, une participation aux débats qui engagent l’avenir commun.
La COSCIPAC conclut sa lettre en appelant à un changement de culture politique profond. L’organisation demande que la flatterie, la manipulation et le mensonge cèdent la place à la franchise et à l’engagement civique. Elle rejette ce qu’elle nomme un « No man’s land institutionnel », cet espace sans règles ni repères où chacun fait ce qu’il veut au détriment de tous. Ce que la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine appelle de ses vœux, c’est un État fort dans ses structures, juste dans ses actes et lisible dans ses ambitions.
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa vient de comprendre ce que le Président Emmanuel Macron répète depuis longtemps : Touadéra est otage de Wagner. Il ne peut rien faire dans l’affaire pour Joseph Figueira Martin sans la décision des Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-bangui.jpg” alt=”Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa vient de comprendre ce que le Président Emmanuel Macron répète depuis longtemps : Touadéra est otage de Wagner. Il ne peut rien faire dans l’affaire pour Joseph Figueira Martin sans la décision des Wagner” width=”268″ height=”300″ />L’expert humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira Martin avec son avocat Nicolas Tiangaye lors de son procès à la cour d’appel de Bangui
Certains refusaient de croire ce que le Président français Emmanuel Macron dit souvent. Pourtant, le président portugais vient de faire le voyage à Bangui, et il en est revenu avec la même certitude amère : Touadera est un otage dans son propre pays.
Wagner ne gouverne plus dans l’ombre. Il agit au grand jour, arrête, frappe, incarcère et fabrique des dossiers judiciaires sur mesure. Et pendant ce temps, Touadéra regarde, reçoit des chefs d’État, fait des promesses qu’il ne tient pas, parce qu’il ne peut tout simplement pas les tenir.
C’est exactement ce qu’a vécu le président portugais sortant, Marcelo Rebelo de Sousa, lors de son déplacement à Bangui le 24 février dernier. Il croyait avoir obtenu de Touadéra l’accord pour libérer Joseph Figueira Martin, chercheur belgo-portugais arrêté par Wagner en mai 2024 à Zémio, alors qu’il travaillait pour l’ONG américaine FHI360.
Lisbonne avait même affrété un avion pour le rapatrier. À l’arrivée, rien. Touadéra n’a rien livré, parce que Touadéra ne pouvait rien livrer. Ce n’est pas lui qui tranche.
Condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés pour complicité d’association de malfaiteurs et atteinte à la sécurité de l’État, Figueira Martin croupit à la prison du camp de Roux à Bangui. La peine a été construite par Wagner. Le verdict aussi.
Devant ce mur, Marcelo Rebelo de Sousa a perdu patience. Il a menacé de retirer ses soldats de la MINUSCA, de couper la coopération bilatérale et de peser de tout son poids à l’Union européenne pour déclencher des sanctions ciblées contre Bangui. Il est reparti sans même s’asseoir au dîner officiel prévu en son honneur.
Ce n’est pas le seul cas d’ailleurs. Le même engrenage est en train de broyer un autre humanitaire. Le mercredi 4 mars, Corbeau News Centrafrique lançait une alerte sur l’arrestation de François Zampareni, cadre français de MSF-RDC, interpellé à Zémio par des éléments Wagner dans des circonstances qui ne laissent aucun doute sur la méthode.
Ce que l’enquête de CNC a permis d’établir est accablant. François Zampareni n’était pas venu à Zémio de sa propre initiative. C’est le sous-préfet lui-même qui l’avait convié à une réunion officielle. Il avait quitté Nzapay en République démocratique du Congo, franchi la rivière Mbomou, et rejoint Zémio en réponse à cette invitation des autorités locales.
C’est en pleine réunion, alors que les échanges se déroulaient normalement, que des éléments Wagner ont fait irruption dans la salle. Ils se sont saisis de lui sans le moindre avertissement, l’ont emmené de force dans leur base avant d’être déposé dans les geôles de la gendarmerie de Zémio.
Un transfert vers Bangui est déjà en cours pour l’acheminer à l’Office Central pour la Répression du Banditisme. C’est le même rail sur lequel Figueira Martin avait été placé en 2024. Arrestation musclée, passage par la base Wagner, remise à la gendarmerie, fabrication d’un dossier à Bangui. Figueira avait fini avec dix ans de prison ferme.
Pourtant, la mission de MSF-RDC dans cette zone n’avait rien d’opaque. L’organisation cherchait à ouvrir un couloir logistique depuis Bangui vers Zémio pour ravitailler les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, et envisageait de reprendre en partie la gestion de l’hôpital de Zémio. C’était sa troisième mission dans la ville.
Pendant ce temps, la MINUSCA continue d’expédier aux Nations Unies des faux rapports qui décrivent une situation calme et maîtrisée. La Minusca doit comprendre, Wagner n’est pas une force armée d’État. C’est une milice privée de voyous, sans ancrage légal reconnu, dont les actes à Zémio s’accumulent depuis des mois. L’absence de combats entre factions ne protège ni les populations ni les humanitaires qui opèrent sur le terrain.
Ceux qui viennent soigner et aider sont arrêtés, battus, jetés en prison. Ceux qui tuent et pillent voient leur bilan maquillé en progrès sécuritaire dans les rapports onusiens.
Fari Tahéruka Shabazz : « Tout ce que Touadéra touche devient un échec. CEMAC en faillite, BEAC pillée, routes fantômes » Rédigé le .
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” alt=”Fari Tahéruka Shabazz : « Tout ce que Touadéra touche devient un échec. CEMAC en faillite, BEAC pillée, routes fantômes » Rédigé le .” width=”300″ height=”297″ />Monsieur Fari Tahéruka Shabazz
Dix années au pouvoir, et chaque initiative se transforme en désastre. Fari Tahéruka Shabazz dresse un bilan sans appel du règne de Faustin-Archange Touadéra.
L’analyste politique centrafricain ne se contente pas d’opinions. Il compile des faits vérifiables, des chiffres publics, des annonces officielles suivies de résultats catastrophiques. Son constat tient en une phrase : tout ce que ce régime entreprend finit par s’effondrer. Pas des demi-ratés ou des retards conjoncturels, mais des naufrages complets.
Prenons l’opération « Kwa ti kodro», ce grand projet d’assainissement de Bangui lancé en grande pompe. Le président lui-même saisit la pelle et la brouette devant les caméras. Les communiqués se succèdent quotidiennement pour vanter les progrès accomplis. Et pourtant, en pleine saison sèche, l’Institut Pasteur annonce une invasion de moustiques jamais observée auparavant dans le pays.
L’accumulation d’ordures et d’eau stagnante crée un risque explosif de paludisme. La capitale n’a jamais été aussi sale qu’aujourd’hui, affirme Fari Tahéruka Shabazz. L’opération censée nettoyer la ville produit exactement l’inverse de son objectif affiché. C’est Sisyphe qui pousse son rocher : l’effort quotidien ne mène qu’à un retour au point de départ, voire pire.
La liste des projets phares avortés s’allonge comme un inventaire de promesses brisées. Sangocoin, la cryptomonnaie nationale qui devait révolutionner l’économie, n’existe que sur le papier. Memecoin suit la même trajectoire fantôme. Torgobank, Yacabank, Wallibank : des établissements bancaires annoncés comme des leviers de développement financier, introuvables dans la réalité économique du pays.
Le Château d’eau, infrastructure majeure destinée à résoudre la pénurie d’eau potable, laisse des quartiers entiers de Bangui assoiffés des années après son lancement. La Table Ronde de Bruxelles rassemble les bailleurs internationaux, génère des promesses de financement massif, et le terrain reste désespérément vide de réalisations concrètes. Chaque annonce grandiose débouche sur le néant.
Fari Tahéruka Shabazz enfonce le clou sur le dossier régional. Touadéra préside la CEMAC pendant deux ans, de 2024 à 2026. Cette communauté économique et monétaire regroupe six pays d’Afrique centrale, des dizaines de millions d’habitants, des richesses naturelles considérables. Le 5 février 2026, le président de la Commission annonce officiellement la faillite financière de l’institution.
Deux années de présidence centrafricaine suffisent à ruiner une organisation régionale entière. Fari Tahéruka Shabazz parle d’un cadeau empoisonné laissé au successeur. L’institution ne sort pas renforcée ou modernisée de cette période, elle en sort exsangue, incapable d’honorer ses engagements financiers les plus basiques.
La nomination d’Yvon SANA BANGUI à la tête de la BEAC produit des conséquences encore plus graves. Cette banque centrale gère la politique monétaire de toute la zone CEMAC, les réserves de devises, la stabilité du franc CFA en Afrique centrale. En février 2026, les réserves de devises couvrent à peine 1,5 mois d’importations, alors que le seuil de sécurité minimal s’établit à 3 mois.
Cette situation plonge la Centrafrique dans l’incapacité d’importer médicaments, équipements, carburant, denrées de base. Et comme si l’effondrement financier ne suffisait pas, le gouverneur se retrouve accusé de harcèlement sexuel et de viol par le personnel féminin de la banque. La débâcle institutionnelle se double d’un scandale moral retentissant.
Le porte-parole du régime, Maxime Balalou, finit par reconnaître publiquement le « manque d’investissement dans les infrastructures ». Cet aveu intervient après des années de financements colossaux : la BAD, le FMI, la Banque mondiale, la France, les émissions de titres à la BVMAC, tous ces flux d’argent convergent vers la Centrafrique. Et le résultat visible sur le terrain reste obstinément nul.
Des routes annoncées et budgétées n’existent que dans les discours. Des quartiers de la capitale manquent d’eau et d’électricité. Le réseau existant vieillit et se dégrade sans qu’aucune rénovation sérieuse ne vienne compenser l’usure. Les milliards affluent, les infrastructures disparaissent. Fari Tahéruka Shabazz pose la question évidente : où va cet argent ?
L’image la plus dévastatrice reste celle des opérations chirurgicales menées à l’hôpital universitaire de Bangui. Les chirurgiens opèrent à la lumière des torches de téléphone portable. Il n’y a plus d’électricité, plus de groupes électrogènes fonctionnels dans l’établissement de santé le plus important du pays. Des vies humaines dépendent de la batterie d’un smartphone.
Cette scène résume à elle seule l’écroulement des fonctions les plus élémentaires de l’État. Un pays qui ne peut garantir l’éclairage dans son hôpital universitaire a cessé d’assurer les services minimaux attendus d’une autorité publique. Le simulacre institutionnel remplace progressivement toute réalité administrative tangible.
Fari Tahéruka Shabazz observe ce phénomène répétitif avec une stupéfaction qui vire à la sidération. Chaque matin, le régime annonce une nouvelle initiative, un nouveau chantier, une nouvelle réforme. Chaque soir, le rocher retombe. Kwa ti kodro produit une invasion de moustiques. Les cryptomonnaies s’évaporent avant même d’exister. La CEMAC sombre. La BEAC s’assèche. Les routes restent des fantômes budgétaires.
Et le lendemain, le cycle recommence. Nouvelle annonce, nouvelle promesse, même résultat. Zéro. L’analyste ne formule même plus de prédictions. Il se contente de documenter la répétition mécanique de l’échec, comme un horloger qui note l’heure à laquelle l’aiguille revient toujours au même point. Dix ans de cette danse absurde, dix ans de ce retour perpétuel au vide initial.
Les Centrafricains qui vivent cette réalité quotidienne n’ont plus besoin d’analyses sophistiquées pour comprendre. Ils voient leurs rues envahies d’ordures malgré les opérations d’assainissement. Ils subissent les coupures d’électricité dans les hôpitaux. Ils constatent l’absence de routes là où les budgets ont été votés. Ils mesurent l’écart vertigineux entre les discours officiels et leur existence concrète.
Fari Tahéruka Shabazz ne fait qu’articuler ce que tout le monde observe déjà. Sa contribution réside dans la mise en ordre de ces observations éparses, dans l’établissement d’un fil conducteur qui relie tous ces désastres. Ce fil, c’est l’incapacité structurelle du régime à transformer l’intention en réalisation, l’annonce en construction, le budget en infrastructure. Tout ce qu’il touche devient du chaos, affirme l’analyste. Les faits lui donnent raison, jour après jour, projet après projet, milliard après milliard englouti dans le néant
Nour Grégaza : Touadéra envoie discrètement son ministre Guismala Hamza au Tchad pour ramener un fantôme
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Nourd-Gregaza.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Nourd-Gregaza.jpg” alt=”Nour Grégaza : Touadéra envoie discrètement son ministre Guismala Hamza au Tchad pour ramener un fantôme” width=”300″ height=”128″ />Nourd Gregaza, Président du PRNC
L’affaire Nour Grégaza dépasse désormais les frontières centrafricaines : Bangui a mandaté en secret son ministre de l’Agriculture Guismala Hamza pour tenter de localiser Nourd Gregaza à N’Djamena.
Le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadéra a dépêché discrètement son ministre de l’Agriculture, Guismala Hamza, au Tchad avec une mission officieuse : retrouver la trace de Nour Grégaza. Officiellement, le ministre était en déplacement pour trois jours dans la capitale tchadienne. En réalité, l’objectif était tout autre, et il rentre ce lundi 9 mars 2026 à Bangui les mains vides.
Tout remonte à la nuit du 14 au 15 décembre 2025, quand les autorités centrafricaines ont annoncé l’évasion de Nour Grégaza de l’OCRB (office central pour la répression du banditisme), cette prison où il était détenu depuis le 7 juillet 2025 après un bref passage à la prison du camp de Roux. Pourtant, s’échapper d’un lieu aussi étroitement gardé par les forces de l’ordre lourdement armés relève de l’exploit. Personne à Bangui ne sait véritablement où il se trouve, et cette incertitude nourrit toutes les spéculations.
Ce qui est certain, en revanche, c’est la vague d’arrestations qui a suivi. Les frères et sœurs de Grégaza ont été cueillis un à un par les mercenaires russes du groupe Wagner, dont son propre frère, garde du corps du ministre Guismala Hamza lui-même. Cette coïncidence n’a échappé à personne : le ministre chargé de retrouver Grégaza au Tchad est celui là même qui recrute dans sa sécurité rapprochée le frère du soi-disant fugitif.
Le réseau de parenté autour de cette affaire va encore plus loin. Guismala Hamza est lui-même un parent de Nour Grégaza. Le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène l’est également. Et le ministre des Transports, Gautron Djono-Ahaba, partage lui aussi des liens familiaux avec l’homme recherché. Touadéra est donc en train de retourner une famille entière contre l’un des siens, divisant par la pression et la peur ceux qui partagent le même sang.
En outre, les 3 policiers, en garde cette nuit de la disparition de Nourd Gregaza, ont également été arrêtés par les mercenaires russes en mi-décembre dernier. Mais à la grande surprise de tout le monde, les mercenaires russes ont annoncé, plus d’un mois après l’arrestation de ces trois policiers, la mort de l’un d’eux. Les Wagner ont tout simplement assassiné l’un des policiers, l’accusant d’avoir ouvert la porte de la cellule à monsieur Nourd Gregaza. Après l’assassinat du policier, les Wagner ont tout simplement empêché sa famille de récupérer le corps durant plusieurs jours.
Toutefois, , la question est de savoir si Nourd Gregaza se trouve effectivement au Tchad, et si Guismala Hamza l’a identifié, est-ce que le Tchad va-t-il accepter de le livrer aux mercenaires russes encore ? Il faut le rappeler, le Tchad n’a aucune raison d’extrader qui que ce soit vers la RCA, d’autant que les précédents parlent d’eux-mêmes. Charles Massi, extradé à l’époque du président Idriss Déby père, a disparu depuis lors dans les geôles centrafricaines. Armel Sayo, lui, a été livré par N’Djamena en mars 2025 et se retrouve aujourd’hui dans une prison privée de Wagner, torturé à vie par ces criminels de Poutine.
Le 2 mars 2026, dans l’amphithéâtre historique Gaston Bachelard de la Sorbonne à Paris, un événement majeur s’est produit : le premier colloque international entièrement consacré à la responsabilité juridique des crimes commis par le groupe Wagner et ses structures affiliées. Organisé par l’Institut de recherche en droit international et européen de la Sorbonne (IREDIES) en partenariat avec le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, la FIDH, TRIAL International, Truth Hounds, le projet All Eyes on Wagner, la Geneva School of Diplomacy et la Coalition africaine pour la justice et contre l’impunité, ce rassemblement marque un tournant décisif.
Pour la première fois, des experts du monde entier, des universitaires, des avocats internationaux, des enquêteurs de terrain et des représentants d’ONG se sont réunis publiquement pour démonter, pièce par pièce, le voile juridique derrière lequel Wagner opérait depuis des années en toute impunité. Le message est clair : le groupe paramilitaire russe ne pourra plus se cacher derrière le flou de son statut, ses contrats opaques ou ses changements de nom successifs.
Dans son discours d’ouverture, le coordinateur scientifique du colloque a rappelé avec force la réalité humaine derrière les débats juridiques :
« En amont des questions de responsabilité qui vont nous occuper, il y a des violations graves du droit et des victimes de ces violations, des victimes qui souffrent dans leur chair et qui appellent, qui espèrent et qui ont foi dans la protection juridique, en République Centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso, en Syrie, en Ukraine et j’en passe. »
Ces mots résonnent particulièrement en Centrafrique, où les populations de plusieurs régions ont payé un lourd tribut aux exactions attribuées à Wagner : exécutions sommaires, viols, pillages, déplacements forcés, tortures. Pendant trop longtemps, les victimes centrafricaines ont eu l’impression que leurs cris n’étaient pas entendus au-delà de leurs frontières. Aujourd’hui, ce sentiment commence à changer.
Le colloque n’a pas été qu’une discussion théorique. Il a posé les bases concrètes d’un arsenal juridique mondial pour poursuivre les responsables :
– Clarification du statut de Wagner comme entreprise militaire privée ou comme bras armé de l’État russe
– Identification des mécanismes de responsabilité pénale individuelle (commandement, complicité, co-action)
– Voies possibles devant les juridictions nationales (exercice de la compétence universelle), la CPI, ou des tribunaux hybrides
– Utilisation accrue des enquêtes ouvertes par des États tiers et des preuves collectées par des ONG
Les participants, dont certains ont bravé des menaces réelles pour être présents ou pour témoigner, ont confirmé que le processus est lancé : le voile d’impunité se déchire, lentement mais sûrement.
Pour les Centrafricains qui ont vu leurs villages brûlés, leurs proches disparus, leurs droits bafoués, cette mobilisation internationale est un premier signe fort : vous n’êtes plus invisibles. La justice, même si elle avance à son rythme, n’est plus un mirage lointain. Des enquêtes sérieuses se structurent, des dossiers se construisent, des États et des organisations internationales se coordonnent.
Le monde a commencé à répondre à l’appel des victimes. Et ce n’est qu’un début.
Nations-Unies : Un diplomate centrafricain plaide pour Macky Sall à la tête de l’ONU
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/macky-sall-ancien-president-senegalais.webp” data-wpel-link=”internal”>Macky Sall, ancien Président sénégalais
Dans une déclaration signée depuis Paris, Son Excellence Chancel SEKODE NDEUGBAYI, ancien ministre délégué aux Affaires étrangères de la République Centrafricaine, apporte son soutien public à la candidature de Macky Sall au poste suprême des Nations unies.
SEKODE NDEUGBAYI a rendu public ce texte le 9 mars 2026. Dans ce document, l’ancien ministre appelle à une mobilisation africaine autour de la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal de 2012 à 2024, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, en remplacement du Portugais António Guterres.
Pour asseoir ce soutien, SEKODE NDEUGBAYI rappelle d’abord ce que Macky Sall a accompli à la tête du Sénégal. Sous la conduite de Macky Sall, le pays a connu une modernisation notable avec des investissements dans les routes, l’électricité, les transports et les infrastructures urbaines, dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations et de consolider la place du Sénégal en Afrique de l’Ouest.
Déclaration du soutien à l’ancien Président sénégalaisDéclaration de l’ancien ministre des affaires étrangères centrafricaines soutenant l’ancien Président sénégalais Macky Sall
Au-delà de cette action intérieure, SEKODE NDEUGBAYI met en avant l’envergure internationale de Macky Sall. L’ancien président sénégalais a défendu les intérêts du continent africain dans les grands débats mondiaux sur la dette, le financement du développement et la transition énergétique, et a continué, après la présidence, à porter la voix de l’Afrique dans de nombreux forums internationaux.
C’est toutefois dans la partie la plus personnelle du document que SEKODE NDEUGBAYI livre ce qui fonde réellement son appel. L’ancien ministre centrafricain indique avoir côtoyé Macky Sall lors de plusieurs sommets internationaux, en présence de MANKEUR Ndiaye, ancien représentant du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique entre 2018 et 2020, et avoir pu mesurer de près la rigueur de l’analyse de Macky Sall et la profondeur de sa réflexion sur les enjeux du monde.
SEKODE NDEUGBAYI décrit Macky Sall comme un homme qui écoute avant de décider, qui cherche le consensus plutôt que l’affrontement, et qui place l’intérêt collectif au-dessus des calculs partisans. Ces qualités, selon SEKODE NDEUGBAYI, font de Macky Sall non pas simplement un candidat africain, mais un homme d’État à la hauteur d’une fonction qui exige vision, équilibre et capacité à rassembler des nations aux intérêts souvent divergents.
SEKODE NDEUGBAYI inscrit par ailleurs la candidature de Macky Sall dans un mouvement plus vaste visant à corriger un déséquilibre ancien dans la représentation du continent africain au sein des grandes institutions mondiales. Porter la voix du Sud global depuis le siège de l’ONU n’est pas, aux yeux de SEKODE NDEUGBAYI, une ambition ordinaire, mais une nécessité au regard des défis — conflits, inégalités, changement climatique — qui pèsent aujourd’hui sur les nations les plus vulnérables.
Dans les établissements publics de la capitale Bangui, la pratique des enseignants qui monnayent leurs cours est devenue une réalité que personne ne semble vouloir enrayer. Avec la complicité du sommet de l’État, les choses deviennent de plus en plus pires.
Le lycée de Miskine, situé dans le cinquième arrondissement de Bangui, n’échappe pas à cette dérive pathétique. Depuis plusieurs années, des actes dignes de la mafia italienne y ont été relevées par une équipe de la rédaction de Corbeau News Centrafrique dépêchée sur place.
Ce que nos journalistes ont constaté sur place dans ce lycée dépasse ce que l’on pouvait imaginer : l’argent y conditionne tout, des évaluations aux simples autorisations de composer.
Dans la classe de 3ème 2 lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC
En effet, la semaine dernière, vendredi 6 mars dernier, la situation a atteint un degré rarement vu. En classe de troisième 2, un professeur de mathématiques, monsieur AGOUBEYE christ , arrive avec un devoir, distribue les questions, puis attend.
Les élèves, estimant les sujets délibérément incompréhensibles, refusent de composer et commencent à manifester bruyamment dans la salle. C’est à ce moment que l’enseignant sort sa propre solution : réclamer de l’argent aux élèves.
Sans se presser, le professeur se lève et commence à faire le tour des tables, une par une, tendant la main. Les élèves cotisent, certains à contrecœur, d’autres sans doute par peur de vengeance sur leurs notes. La scène, observée par notre équipe via les fenêtres de la classe ce jour-là, ressemble moins à un cours qu’à une levée de fonds organisée en bonne et due forme.
La question que certains centrafricains se demandent est de savoir : où ces enfants sont-ils censés trouver cet argent ? Ils ne travaillent pas, ils n’ont pas de revenus, pas de bourses d’études. Certains observateurs estiment que cette pression permanente pousse les élèves à aller voler l’argent de leurs parents, ou à mendier, pour ne pas se retrouver exclus d’un devoir auquel ils ont pourtant droit.
Ce type de comportement n’est pas uniquement réservé au lycée de Miskine. C’est un fait observé partout dans la capitale, des établissements publics à ceux du privé également. Il reflète une gangrène, pardon, une pourriture, qui s’est installée dans plusieurs établissements de la capitale, au vu et au su de tout le monde. Le ministère de l’Éducation nationale, interpellé de fait par ces pratiques répétées, n’a jusqu’ici produit aucune sanction visible contre les contrevenants.
Pourtant, des voix s’élèvent de plus en plus dans le pays pour pointer la responsabilité du sommet de l’État.
Si on se souvient bien de ce que l’opposant Anicet-Georges Dologuelé, dit AGD, avait lui-même affirmé : le pays n’est plus gouverné, il est livré à l’anarchie. Et c’est vrai, tout est pourri depuis le sommet de l’État jusqu’à la base.
À Abba-Bogani, Nana-Mambéré, un cultivateur grièvement blessé par des éleveurs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg” alt=”À Abba-Bogani, Nana-Mambéré, un cultivateur grièvement blessé par des éleveurs ” width=”300″ height=”214″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village-100×70.jpg 100w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Un cultivateur centrafricain qui se plaint d’arrivée massive des peuls dans son village, et potentiellement pour détruire les champs agricoles
En République centrafricaine, les zones rurales de l’ouest du pays vivent depuis des années sous la pression de conflits qui opposent ceux qui cultivent la terre à ceux qui y font paître leurs bêtes.
C’est dans ce climat tendu que le village d’Abba-Bogani, dans la sous-préfecture d’Abba, non loin de Bouar, a été le cadre d’une nouvelle agression samedi 7 mars 2026. Des éleveurs avaient conduit leur troupeau dans les parcelles d’un cultivateur, piétinant et ravageant ce qu’il avait semé. Quand l’homme a voulu demander des comptes, les éleveurs l’ont accueilli au couteau, le laissant grièvement blessé.
Ce type de confrontation n’est pas propre à Abba-Bogani. Vers Batangafo et Sido, un éleveur peul avait lui-même perdu la vie dans des circonstances similaires, signe que la violence va dans les deux sens et épargne personne. La saison sèche ramène chaque année des milliers de têtes de bétail poussées depuis le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Tchad ou le Soudan vers les pâturages centrafricains, et avec elles, des étincelles qui tardent rarement à s’enflammer.
Ce qui aggrave la situation, c’est le discours que tiennent certains de ces éleveurs étrangers. Ils se vantent ouvertement de ne plus avoir à se plier à aucune règle, convaincus que les 3R, ex-groupe armé ayant signé l’accord de paix de Ndjamena , ont désormais pris le contrôle du pays. Cette lecture erronée du paysage politique centrafricain leur sert de justification pour ignorer les couloirs de transhumance pourtant balisés.
Même les éleveurs centrafricains, qui connaissent ces couloirs, ne les empruntent pas toujours. Avec le retour de la saison sèche, les troupeaux affluent en masse, et la pression sur les terres agricoles monte d’un cran.
Alors, les éleveurs disent qu’ils vont attaquer maintenant tout le monde, car ils sont déjà au pouvoir. Mais quel pouvoir ? Parlent-ils de Touadera que son père est peul ou de quoi ?
Chaque année, le monde entier s’arrête un instant pour regarder la place qu’il offre à ses femmes. En République centrafricaine, cet arrêt a pris, ce dimanche 8 mars 2026, des allures de bilan à ciel ouvert.
C’est dans cette atmosphère que la ministre Marthe Kirimat, en charge de la promotion du genre, a ouvert les festivités officielles à Bangui. Devant un parterre d’autorités, elle a dressé un état des lieux sans détour : des progrès réels ont été accomplis, mais les femmes centrafricaines restent encore loin du compte dans les postes de décision. Certains départements ministériels, a-t-elle déploré, ignorent le quota de représentation féminine pourtant inscrit dans les textes en vigueur.
Photo de famille à la fin de la cérémonie. Photo CNC
À ses côtés, le Premier ministre Félix Moloua, venu représenter le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a choisi d’apporter une réponse nuancée à cette critique. Pour lui, la question ne se résoudra pas d’un claquement de doigts. Le choix des personnes nommées aux postes de responsabilité, a-t-il soutenu, repose d’abord sur les compétences, et non sur le genre.
Ce positionnement n’a pas manqué de nourrir un débat dans les coulisses de la cérémonie. Car si la compétence est effectivement un critère légitime, encore faut-il que les femmes aient eu, dès le départ, les mêmes chances d’acquérir ce capital humain. C’est précisément là que le Premier ministre a reconnu un chantier majeur : créer les conditions d’un accès équitable à l’éducation et à la formation.
Le Premier ministre et la ministre de la promotion du genre, de la protection de la femme, de la famille et de l’enfant visitent les stands de l’exposition dans l’enceinte de la clôture de l”ONASPORT.Photo CNC
Sur ce point, il a cité l’initiative du chef de l’État d’accorder des bourses aux filles, présentée comme un signal fort envoyé aux familles centrafricaines. Les femmes présentes dans la salle ont aussi offert, à travers une course et des sketches, une démonstration de leur capacité à prendre la parole, à revendiquer et à entreprendre. Le Premier ministre y a vu la preuve que le dialogue entre hommes et femmes avait progressé.
La note conceptuelle de l’UNFPA, publiée à l’occasion de cette journée, donne pourtant une autre mesure de la réalité. L’organisation onusienne rappelle que les femmes et les filles centrafricaines restent exposées aux mariages précoces, aux violences de genre et à un accès limité aux soins de santé reproductive. Le thème retenu pour 2026, « Droits. Justice. Action pour TOUTES les femmes et les filles », n’est pas un slogan de circonstance.
Le thème national choisi par le gouvernement centrafricain, « De la reconnaissance des droits à l’action concrète », va dans le même sens. Il reconnaît implicitement que les lois existent, que les engagements ont été pris, mais que leur traduction dans la vie quotidienne des femmes du pays reste un travail inachevé.
Félix Moloua a conclu ses propos en appelant le secteur privé à s’associer à cet effort, pour que les femmes puissent créer de la richesse et accéder à l’entrepreneuriat. Un appel qui sonne comme un aveu : l’État seul ne peut pas porter ce chantier.
Action Solidaire appelle les femmes centrafricaines à oser prendre leur place dans la construction du pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” alt=”Action Solidaire appelle les femmes centrafricaines à oser prendre leur place dans la construction du pays” width=”300″ height=”200″ />Madame Nadine KOSSI, Présidente de l’association Action Solidaire
Les femmes portent des nations entières sur leurs épaules, souvent sans que personne ne le remarque ni ne le reconnaisse à sa juste valeur.
C’est depuis cette conviction profonde que Nadine Kossi, présidente de l’Association Action Solidaire, a adressé un message aux femmes de Centrafrique à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, ce 8 mars. Dans ses mots, elle rend hommage à des femmes qui, malgré les pesanteurs du quotidien, continuent de tenir debout leurs familles et leurs communautés. Elle parle de résilience, non pas comme d’un mot vide, mais comme d’une réalité que vivent des millions de Centrafricaines chaque jour.
À partir de là, Nadine Kossi articule son message autour de trois points qu’elle juge non négociables. Le premier est l’autonomisation des femmes : pour elle, aucun pays ne peut avancer durablement si la moitié de ses habitants reste économiquement à la remorque de l’autre moitié. Elle demande un accès concret à l’éducation, à la formation et au financement, car une femme qui dispose de ses propres moyens, dit-elle, c’est toute une famille qui gagne en solidité.
Le deuxième point touche à la participation des femmes aux postes de décision. La présidente d’Action Solidaire affirme sans détour que les femmes centrafricaines ont les aptitudes et la lucidité nécessaires pour siéger là où se décide l’avenir du pays, que ce soit dans l’administration, la politique ou l’économie. Elle appelle à en finir avec ces obstacles invisibles qui bloquent leur montée en responsabilité depuis trop longtemps.
Le troisième engagement est la tolérance zéro envers les violences fondées sur le genre. Nadine Kossi le dit avec une netteté qui ne laisse place à aucune ambiguïté : aucune tradition, aucune pression sociale ne peut légitimer qu’une femme soit maltraitée ou réduite au silence. Protéger les femmes, insiste-t-elle, c’est défendre la dignité humaine dans ce qu’elle a de plus fondamental.
Elle conclut en lançant un appel direct aux femmes : qu’elles se forment, qu’elles entreprennent, qu’elles dirigent et qu’elles fassent entendre leur voix. L’Association Action Solidaire, dit-elle, demeure à leurs côtés pour soutenir leurs initiatives et
Pour la Journée Internationale des Droits des Femmes en Centrafrique, les Élèves et étudiantes sont mobilisés
Les deux jeunes femmes rescapées photographiées à Samuandia après leur fuite des mains de la LRA. Elles avaient été enlevées en 2014 à Bria alors qu’elles n’avaient que 11 ans.
À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, la radio Ghira FM, voix emblématique de la Minusca, a initié une action éducative marquante. Le 6 mars 2025, au lycée Marie-Jeanne Caron de Bangui, une émission spéciale en direct a réuni élèves et intervenantes pour échanger sur l’émancipation féminine.
Animée par Liliane Nyatia, responsable des programmes à Ghira FM, aux côtés d’autres journalistes, cette session visait à motiver les jeunes filles. Les participantes ont partagé leurs histoires personnelles, démontrant que la persévérance ouvre des portes, même dans un environnement complexe. “Nous avons voulu montrer que l’avenir reste accessible, et que les défis ne doivent pas décourager les ambitions”, explique Liliane Nyatia. Les témoignages ont mis en avant des femmes qui ont surmonté des obstacles pour réaliser leurs objectifs professionnels.
L’événement, ouvert au public, encourageait les auditrices à prendre en charge leur destin. Parmi les moments forts, des récits de femmes accomplies ont captivé l’auditoire. Elles ont décrit comment elles ont maintenu leur engagement envers leurs études et carrières, malgré les pressions extérieures. Une élève présente a confié : “Ces exemples m’ont poussée à décider de mon propre chemin. Peu importent les barrières, je reste déterminée pour mes études. Mon rêve est de devenir gestionnaire.”
Cette initiative s’inscrit dans les efforts plus larges de promotion de l’égalité entre les genres, un pilier du mandat des Nations Unies. Elle combat les inégalités en encourageant l’autonomisation. Les jeunes filles ont évoqué les défis quotidiens, comme les remarques dévalorisantes de certains garçons qui estiment que les filles sont destinées uniquement au foyer. “Il faut ignorer ces voix et se concentrer sur ses buts”, a insisté une intervenante.
Pour l’édition 2025, la Journée internationale des droits des femmes adopte le thème « Pour toutes les femmes et les filles, droit, égalité et autonomisation ». Ghira FM, par cette émission, contribue à cet appel en inspirant la nouvelle génération. Des actions similaires pourraient multiplier les impacts positifs, favorisant une société plus inclusive en Centrafrique.
Cet événement rappelle l’importance de telles plateformes pour amplifier les voix féminines et bâtir un avenir équitable.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/image-d-illustration-de-casino-en-lien.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/image-d-illustration-de-casino-en-lien.webp” alt=”Image d’illustration de casino en lien” width=”400″ height=”218″ />
La popularité des casinos en ligne s’envole dans l’ensemble des pays francophones d’Afrique. Toutefois, tous les États ne possèdent pas les mêmes législations. En Côte d’Ivoire et au Congo, ils sont légaux et réglementés par leur ministère des Finances.
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Wagner retourne l’arrestation de François Zampareni contre MSF et contre la France, en inondant les réseaux avec une propagande générée par intelligence artificielle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” alt=”Wagner retourne l’arrestation de François Zampareni contre MSF et contre la France, en inondant les réseaux avec une propagande générée par intelligence artificielle” width=”500″ height=”286″ />Les mercenaires russes et les soldats FACA en patrouille à Zemio
La propagande ne s’improvise pas. Elle se fabrique, se calibre, puis se déverse. C’est exactement ce que Wagner vient de faire après l’arrestation du cadre français de MSF-RDC, François Zampareni, à Zémio.
CNC avait lancé l’alerte dès le mercredi 4 mars. Notre enquête avait établi les faits : Zampareni n’était pas arrivé clandestinement à Zémio. C’est le sous-préfet lui-même qui l’avait convoqué pour une réunion officielle. Il avait quitté Nzapay, traversé la rivière Mbomou, et rejoint la ville en réponse à une invitation des autorités locales.
C’est en pleine réunion que des éléments Wagner ont fait irruption et se sont emparés de lui. Ils l’ont conduit de force dans leur base, avant d’être remis à la brigade de gendarmerie de Zémio. Un transfert vers Bangui est déjà enclenché, avec pour destination l’OCRB.
Ce déroulement, personne ne devrait le découvrir pour la première fois. C’est mot pour mot le même procédé qui avait broyé le consultant belgo-portugais Martin Joseph Figueira en mai 2024 : arrestation musclée, passage par la base Wagner, remise à la gendarmerie, puis fabrication d’un dossier pénal à Bangui. Figueira avait écopé de dix ans de prison pour espionnage. Zampareni est aujourd’hui sur ce même parcours.
La mission de MSF-RDC dans cette zone n’avait pourtant rien d’ambigu. L’organisation cherchait à ouvrir un couloir logistique depuis Bangui vers Zémio pour ravitailler les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, et envisageait de reprendre en partie la gestion de l’hôpital de Zémio pour y accueillir les cas médicaux graves évacués depuis le camp. C’était sa troisième mission dans la ville.
Plutôt que de répondre de ses actes, Wagner a choisi l’offensive informationnelle. Des textes générés par intelligence artificielle circulent depuis peu sur les réseaux sociaux, présentant Zampareni comme un mercenaire français mandaté par Paris pour déstabiliser le régime de Bangui à la veille de l’investiture de Touadéra. Le vocabulaire est calibré, les accusations construites, la narration bien connue.
Ce n’est pas la première fois que cette mécanique est mise en branle. Les mêmes accusations, les mêmes formulations, le même cadrage avaient été utilisés contre Figueira en 2024. Wagner réutilise un patron éprouvé, cette fois avec l’appui de l’IA pour amplifier la diffusion et donner une apparence de diversité aux sources.
Pendant ce temps, la MINUSCA continue d’adresser aux Nations Unies des faux rapports qui décrivent une situation stable et maîtrisée dans le Sud-est. L’organisation feint d’ignorer que Wagner n’est pas une composante des forces armées centrafricaines. C’est une milice privée, sans statut légal reconnu, dont les agissements à Zémio s’accumulent depuis des mois sans que personne ne soit comptable de quoi que ce soit.
Maître Nicolas Tiangaye : « On ne peut pas faire de justice à deux vitesses entre Bozizé et Hassan Bouba »
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg” alt=”Maître Nicolas Tiangaye : « On ne peut pas faire de justice à deux vitesses entre Bozizé et Hassan Bouba »” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Maître Nicolas Tiangaye, Président de la Convention Républicaine pour le progrès social (CRPS)
Dans une intervention tranchante lors de l’émission « Actualité et nous » sur Radio Fréquence RJDH 100.5 FM, Maître Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre et président de la Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS), a violemment dénoncé ce qu’il qualifie de « justice à géométrie variable » en République centrafricaine, en pointant du doigt le traitement différencié réservé à l’ancien président François Bozizé et au ministre Hassan Bouba, sans oublier d’autres membres du gouvernement.
À la suite de l’émission du mandat d’arrêt de la Cour pénale spéciale (CPS) contre François Bozizé le 26 janvier, Maître Tiangaye refuse de se limiter à une lecture purement juridique du dossier :
« La question n’est pas seulement juridique. Si c’était juridique, on aurait réglé beaucoup de choses, beaucoup de problèmes. […] Les démocrates que je suis, les militants des droits de l’homme que je fus et que je suis encore, pensent que la justice doit examiner les dossiers dans lesquels il y a des victimes ou des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ont été commis. »
Mais le juriste et opposant va beaucoup plus loin en accusant directement le régime de pratiquer un deux poids, deux mesures intolérable :
« Que fait Hassan Bouba dans le gouvernement centrafricain ? […]Pourquoi deux poids, deux mesures ? Pourquoi vous le liez automatiquement ? […] Pourquoi Hassan Bouba qui a massacré des Centrafricains à l’Hindaho ? Plus d’une centaine de Centrafricains ont été massacrés par lui quand il était le coordinateur militaire de son mouvement. »
Maître Tiangaye rappelle les faits : Hassan Bouba a été arrêté par la CPS pour son rôle présumé dans le massacre de plus d’une centaine de civils, dont deux prêtres catholiques, à Alindao. Pourtant, il a été libéré dans des conditions troubles, sans qu’une décision judiciaire claire ne l’explique, et il continue d’occuper un poste ministériel :
« Il a été arrêté, mais vous savez comment il est sorti de prison. […] La présomption d’innocence ne signifie pas impunité. […] On ne fait pas de bruit là-dessus et on veut parler de Bozizé. Moi je trouve qu’on ne peut pas dans un pays avoir une justice à géométrie variable. Mettez d’abord Hassan Bouba en prison, ramenez-le en prison et on parlera de Bozizé après. »
Avec cette formule choc – « On ne peut pas faire de justice à deux vitesses entre Bozizé et Hassan Bouba » –, Maître Nicolas Tiangaye accuse le pouvoir en place d’instrumentaliser la justice pour protéger ses alliés tout en pourchassant ses adversaires. Il dénonce une instrumentalisation politique flagrante qui sape la crédibilité de la Cour pénale spéciale et renforce l’impunité pour les crimes commis par ceux qui sont proches du régime.
Ces déclarations constituent une charge lourde contre le système judiciaire centrafricain sous la présidence Touadéra, accusé de privilégier la loyauté politique au détriment de la vérité et de l’égalité devant la loi. Pour Maître Tiangaye, tant que des figures comme Hassan Bouba resteront impunies et au gouvernement, toute poursuite contre Bozizé ne pourra être perçue que comme une justice sélective et partisane.
Baboua 2 : Ninga Luc, ancien député MLPC passé au MCU, déclaré vainqueur dès le premier tour par le Conseil constitutionnel malgré deux faux baccalauréats 2012 et 2025 et bourrage d’urnes massif
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-depute-sans-bac-de-baboua-monsieur-ninga-luc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-depute-sans-bac-de-baboua-monsieur-ninga-luc.webp” alt=”Le député sans bac de Baboua, monsieur Ninga Luc” width=”400″ height=”401″ />Le député sans bac de Baboua, monsieur Ninga Luc
Ninga Luc, ancien chauffeur devenu député MCU de Baboua 2, s’appuie sur deux attestations baccalauréat falsifiées de 2012 – 2025 pour déposer à nouveau sa candidature pour sa propre succession. Avec une grande surprise digne de la mafia italienne, le Conseil constitutionnel déclare sa victoire dès le premier tour, malgré des bourrages massifs et preuves claires des faux documents produits. Retour sur les faits.
Depuis la reforme de la nouvelle constitution illégale imposée par le groupe Wagner sous la bénédiction du Président russe Vladimir Poutine et sa poupée centrafricaineTouadéra, les élections législatives exigent désormais un baccalauréat minimum pour les candidats.
Cette règle, selon ces initiateurs, elle vise à assurer un niveau d’éducation chez les députés. Pourtant, le MCU, parti au pouvoir, qui a soutenu fermement cette loi, contourne ces obligations par des moyens criminel.
Le cas du député Ninga Luc à Baboua 2 est un exemple parfait de cette dérive.
Pour mieux comprendre cette histoire, il faut se pencher réellement sur les documents fournis par ce député sans bac. Lors du dépôt de candidature, monsieur Ninga Luc a présenter deux documents qui lui attribuent un baccalauréat. D’abord le premier qu’il a présenté date de juin 2012, série A4, mention Passable. Le numéro d’admission est 28142/2012. Le centre d’examen est le Lycée Barthélémy Boganda, centre n°1.
Puis, vient le tour du deuxième document. Ce nouveau bac, soi-disant obtenu en 2025, reprend les mêmes détails personnels du premier baccalauréat. Il date de juin 2025, mention Assez bien. Le numéro devient 28142/2025. Le centre passe à n°2, toujours au même lycée. Le numéro principal 28142 reste identique à celui de 2012, malgré 13 ans passés entre les deux documents.
Rien que pour les deux numéros identique, Cette répétition rend les deux attestations du baccalauréat hautement suspects. La signature de Rufin Modeste Bissaholo apparaît sur les deux : celui de 2012, et celui de 2025.
Les photos varient : plus jeune en 2012, plus âgé avec lunettes en 2025. Mais ce n’est pas grave de ce côté. Mais plus grave, le document de 2025 montre une faute : “SESSION DE DE JUIN 2025”. Une administration d’examen peut-elle faire une telle erreur grossière ?
Ninga Luc, né en 1968, obtient son premier baccalauréat en 2012, c’est à dire à 44. Puis en 2025, il obtient le deuxième en 57 ans. Aucun antécédent scolaire n’explique ces réussites tardives.
Pourtant, selon notre investigation, Ninga Luc commence comme chauffeur des missionnaires à Baboua. Il passe ensuite au commerce d’alcools et autres produits.
Son entrée en politique change tout. Élu député en 2020 sous l’étiquette du MLPC de Martin Ziguélé. Il bascule ensuite vers le MCU du président Touadéra.
Mais en 2023, tout a basculé. Touadera veut modifier la constitution pour s’offrir un troisième mandat, pour ne pas dire une présidence à vie, il a modifier la constitution, et instaurer une nouvelle loi fondamentale imposée par les russes. Mais dans cette nouvelle loi, une disposition impose le baccalauréat pour l’éligibilité.
Ainsi, monsieur Ninga Luc est parti au quartier Miskine, dans le cinquième arrondissement, au royaume des faux documents, produire des faux baccalauréat. Ces attestations qu’il a produit dans le quartier lui servirait à combler ce manque.
Et ce n’est pas tout! Ninga Luc a encore frappé. Lors des élections groupées à Baboua 2, les électeurs ont assisté à un Festival des fraudes massives : des urnes bourrées, cachées chez lui, puis transportées illégalement pour remettre à l’autorité nationale des élections.
Heureusement, tout ce qu’il a fait, il croyait faire intelligemment pour tromper les électeurs. Bien au contraire. Ils le suivent de bout en bout. Ils prennent des Photos et recueillis des témoignages concernant ces fraudes massives.
Alors, pour tenter de stopper Ninga Luc dans son délire, ses adversaires croyaient encore que le conseil constitutionnel vaut quelques chose. Or non! C’est tout pourri. Eh bien, ils sont allés au conseil constitutionnel et déposent des recours. Ils dénoncent les faux diplômes de Ninga Luc et produit les images de la fraude et des urnes cachées à son domicile.
Pourtant, le Conseil bouche ses oreilles et ferme ses yeux pour valider d’une manière stupide et criminelle la victoire de Ninga Luc dès le premier tour. Incroyable! Oui, on est en Centrafrique.
Mais pourquoi cette tolérance envers Ninga Luc malgré tout ce désordre ? Et bien il ne faut pas chercher loin. Son appartenance désormais au MCU explique cette décision rapide sans vérification du conseil constitutionnel.
Il bien le rappeler, Ninga Luc est aussi un brigand. Il n’hésite pas à frapper physiquement les chefs des villages, des chefs des quartiers à Baboua. Il a d’ailleurs menacé les électeurs avant les élections que si on ne vote pas pour lui, il va se jeter sur eux, et ils vont regretter de leur vie. Regarde un brigand qui se dit député de la République. Incroyable!
En plus, la MINUSCA, qui finance et accompagne ces désordre électoral ne dit aucun mot sur ce problème. D’ailleurs, la rwandaise, cheffe de la Minusca, a clairement dit que tout ce que les observateurs et les électeurs vigilants ont dénoncé ne sont que de mensonge. Des rumeurs. Vous comprenez déjà non? Oui, la rwandaise est l’épouse de l’ami direct de dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera..
D’ailleurs, les rapports de la Minusca aux Nations unies sont souvent truffés des contre vérité, des mensonges. Ils font des faux rapports pour habiller le dictateur, et tout le monde le sait.
Il faut comprendre que ce cas dépasse Baboua 2 et touche tout le pays. De nombreux candidats produisent des diplômes douteux. Les fraudes se répètent dans plusieurs circonscriptions.
Budget agricole 2025 : Touadéra peut-il expliquer la disparition de 21 milliards de FCFA ? Où est passée cette somme? Wagner, campagne électorale ou corruption ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget-450×345.jpg” alt=”Budget agricole 2025 : Touadéra peut-il expliquer la disparition de 21 milliards de FCFA ? Où est passée cette somme? Wagner, campagne électorale ou corruption ?” width=”450″ height=”345″ />Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Le rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2025 vient de dévoiler un scandale d’une ampleur stupéfiante. Sur les 21,4 milliards de francs CFA budgétisés pour le secteur agricole en 2025, seulement 26 millions ont été effectivement payés au 30 juin. Un taux d’exécution catastrophique de 0,12%. Pas 12%, pas 1,2%, mais zéro virgule douze pour cent.
Dans un pays où plus de 70% de la population vit de l’agriculture, où la sécurité alimentaire reste précaire, où le développement rural constitue théoriquement une priorité nationale, cette non-exécution du budget agricole équivaut à une condamnation à mort économique pour des millions de Centrafricains.
La question s’impose : où sont passés les 21,37 milliards de francs CFA qui n’ont pas été dépensés ? Cette somme colossale a-t-elle été réaffectée discrètement ? A-t-elle servi à financer d’autres postes budgétaires non prévus ? A-t-elle été détournée ? Le rapport budgétaire reste muet sur le devenir de cet argent fantôme.
Le secteur agricole n’est malheureusement pas une exception dans ce désastre budgétaire. L’analyse complète du rapport montre une catastrophe touchant tous les secteurs productifs de l’économie centrafricaine. Les combustibles et l’énergie affichent un taux d’exécution dérisoire de 2,93% avec seulement 93 millions payés sur 3,2 milliards prévus. Les industries extractives ne font guère mieux avec 2,43% d’exécution – 130 millions payés sur 5,3 milliards budgétisés.
Le secteur du logement et des équipements collectifs atteint des sommets dans l’absurde. Sur les 206 millions prévus pour le logement, seulement 2,5 millions ont été dépensés, soit 1,22% d’exécution. Quant à la recherche et développement dans le logement, c’est encore plus caricatural : 500 000 francs prévus, zéro franc dépensé. Une exécution de 0%.
Cette catastrophe touche l’ensemble de la catégorie “Affaires économiques” qui regroupe tous les secteurs productifs. Sur 30,6 milliards prévus, seulement 1,28 milliard a été effectivement payé, soit un taux d’exécution de 4,18%. Les quatre cinquièmes de l’argent destiné au développement économique du pays n’ont tout simplement pas été dépensés.
Pendant que les secteurs productifs agonisent faute de financement, d’autres postes budgétaires se portent remarquablement bien. La défense affiche un taux d’engagement de 60,85%. Les services généraux de l’administration tournent normalement. La santé et l’éducation maintiennent des taux d’exécution acceptables autour de 40-50%.
Cette disparité démolit l’argument officiel du “manque généralisé de moyens”. Si le gouvernement peut exécuter correctement le budget de la défense et de l’administration, pourquoi ne peut-il pas faire de même pour l’agriculture et les secteurs productifs ? Cette question embarrassante mérite une réponse claire que le rapport budgétaire n’apporte pas.
Le rapport lui-même avance trois explications officielles pour justifier cette débâcle. Premièrement, les “retards dans la mise en œuvre des projets financés sur fonds internes, souvent liés à des procédures d’engagement et de passation de marchés”. Cette excuse bureaucratique ne tient pas la route. Comment expliquer que ces mêmes procédures fonctionnent correctement pour la défense mais paralysent complètement l’agriculture ?
Deuxièmement, le “contingentement de certaines dépenses en vue de respecter les critères quantitatifs des revues combinées du programme FEC du FMI”. Cette explication est probablement la plus proche de la vérité, mais elle est politiquement explosive. Elle signifie que le gouvernement centrafricain sacrifie délibérément les investissements productifs pour satisfaire les exigences du Fonds Monétaire International.
Troisièmement, la “faible mobilisation des ressources extérieures”. Sur 136,4 milliards d’appuis projets prévus, seulement 23,4 milliards ont été mobilisés, soit 17,19%. Cette défaillance dans la mobilisation des financements extérieurs témoigne soit d’une incompétence diplomatique, soit d’une perte de confiance des bailleurs de fonds, soit des deux.
Le rapport évoque également des “difficultés à collecter les données relatives à l’exécution des dépenses financées sur ressources extérieures dues à un manque de synergies entre les Unités de Gestion de Projets et la chaîne d’exécution budgétaire”. Traduction : les différentes structures censées gérer l’argent ne se parlent pas, ne se coordonnent pas, et personne ne sait vraiment où va l’argent.
Cette désorganisation institutionnelle ouvre la porte à toutes les dérives. Quand les circuits de financement sont opaques, quand les UGP fonctionnent en silos isolés, quand la traçabilité des fonds est impossible, la corruption prospère nécessairement.
Une question se pose : ces 21 milliards non dépensés dans l’agriculture ont-ils servi à financer d’autres priorités du régime ? Les mercenaires de Wagner coûtent cher. Les campagnes électorales truquées nécessitent des moyens considérables. Le maintien du réseau clientéliste du MCU exige des financements importants. L’argent destiné aux paysans centrafricains a-t-il été réaffecté discrètement à ces postes non budgétisés ?
Le rapport budgétaire ne répond évidemment pas à cette question. Mais l’opacité même qui entoure le devenir de ces milliards non dépensés alimente les soupçons. Dans un pays où la corruption gangrène toutes les institutions, où les détournements de fonds publics sont monnaie courante, où l’impunité règne pour les voleurs en col blanc, ces soupçons ne relèvent pas de la paranoïa mais du simple bon sens.
Les conséquences de cette non-exécution budgétaire sont dramatiques pour les populations rurales. Les programmes de développement agricole promis ne se matérialisent pas. Les semences améliorées n’arrivent pas. Les intrants agricoles restent inaccessibles. Les infrastructures rurales ne se construisent pas. Les paysans centrafricains continuent de cultiver avec des méthodes ancestrales faute d’appui technique et financier.
Cette situation compromet la sécurité alimentaire du pays pour les années à venir. Sans investissements agricoles, pas de modernisation. Sans modernisation, pas d’augmentation de la productivité. Sans productivité accrue, le pays reste dépendant des importations alimentaires et de l’aide humanitaire.
Le tableau est encore plus sombre pour le ministère du Développement Rural dans son ensemble. Sur un budget total de 29,4 milliards, seulement 3 milliards ont été exécutés, soit 10,47%. Les investissements agricoles spécifiquement prévus à hauteur de 27,2 milliards n’ont été exécutés qu’à 6,61% avec seulement 1,8 milliard dépensé.
Cette catastrophe budgétaire se répète année après année. Le rapport indique explicitement que ces problèmes sont “récurrents”. Ce n’est donc pas un accident ponctuel mais une politique délibérée ou une incompétence chronique, ce qui revient au même pour les victimes.
Le régime MCU a fait un choix clair, même s’il ne l’avoue pas publiquement : privilégier les dépenses de fonctionnement, de sécurité et de maintien du pouvoir au détriment des investissements productifs qui bénéficieraient réellement aux populations. Cette orientation budgétaire condamne le pays à rester un État rentier vivant de l’aide internationale plutôt qu’un pays productif capable de nourrir sa population.
Les contraintes du programme FMI, invoquées dans le rapport, posent également question. Si le respect des critères du FMI oblige le gouvernement à geler les investissements agricoles, alors ce programme sert-il vraiment l’intérêt du pays ? Un programme économique qui sacrifie le développement rural au profit de ratios budgétaires abstraits ne mérite-t-il pas d’être renégocié ?
Le gouvernement centrafricain porte l’entière responsabilité de cette catastrophe. C’est lui qui a accepté les conditionnalités du FMI. C’est lui qui a choisi de contingenter les dépenses agricoles. C’est lui qui a échoué à mobiliser les financements extérieurs promis. C’est lui qui maintient des structures bureaucratiques dysfonctionnelles qui paralysent l’exécution budgétaire.
Au final, ce rapport budgétaire du deuxième trimestre 2025 constitue un acte d’accusation accablant contre la gestion économique du régime Touadéra. Il démontre chiffres à l’appui que le développement rural n’est qu’un slogan creux, que les promesses de soutien à l’agriculture restent lettre morte, et que l’argent budgétisé pour les secteurs productifs disparaît mystérieusement sans que personne ne puisse expliquer où il est passé.
Les 21 milliards fantômes de l’agriculture centrafricaine symbolisent parfaitement ce régime : des budgets impressionnants sur le papier, une exécution catastrophique sur le terrain, une opacité totale sur le devenir des fonds, et au final, des populations abandonnées à leur sort pendant que l’argent public se volatilise dans les méandres d’une administration corrompue et incompétente.
Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” alt=”Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité” width=”400″ height=”624″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto-269×420.webp 269w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Les soldats FACA à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
Une armée qui fuit le danger qu’elle est censée combattre, cela peut paraître impossible. Pourtant, en République Centrafricaine, c’est une réalité que vivent les populations au quotidien, et la ville de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, en est l’’exemple parfait.
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Si dans tous les pays du monde l’armée est là pour protéger la population et combattre l’insécurité, en Centrafrique, les FACA sont perçus davantage comme des racketteurs que comme des protecteurs.
Rappelons qu’à Ouanda-Djallé, le lieutenant Denis commande le détachement des Forces Armées Centrafricaines. Mais ce qui s’est passé il y’a quelques semaines laisse les habitants sans vois.
Ce jour, un exploitant minier venu de Tiringoulou, une ville centrafricaine dans la Vakaga, a fait une halte dans cette ville avant de poursuivre sa route vers Sam-Ouandja. Conscient des dangers qui guettent les voyageurs sur cet axe, il a sollicité une escorte militaire auprès du lieutenant.
La réponse qu’il a reçue a de quoi laisser sans voix. Le lieutenant Denis lui a expliqué que la route était trop dangereuse et qu’il ne pouvait pas exposer ses hommes à un tel risque. Un chef militaire qui reconnaît lui-même que son unité ne peut pas opérer là où l’insécurité règne, c’est-à-dire là où elle devrait justement intervenir, est incroyable.
Devant ce refus, l’exploitant n’a pas baissé les bras. Il a contacté la commune d’Ouandja par téléphone pour demander du renfort. Six soldats des Forces Armées Centrafricaines, dont un sous-officier au grade d’adjudant-chef, ont alors fait le déplacement jusqu’à Ouanda-Djallé pour le rejoindre et l’accompagner jusqu’à Sam-Ouandja.
Ce qui interpelle ici, c’est l’absurdité de la situation. Des soldats déployés à Ouanda-Djallé précisément pour lutter contre l’insécurité, et qui déclarent ne pas pouvoir bouger à cause de cette même insécurité. Pendant ce temps, six militaires venus d’une autre commune ont dû parcourir des kilomètres pour accomplir le travail que ceux sur place ont refusé de faire.
Et pendant ce temps, sur la route entre Ouanda-Djallé et Sam-Ouandja, les bandits, eux, n’ont aucune raison de rester immobiles.
Et ça continue. Au lycée Providence de Bangui, des plantes des sorciers frappent une deuxième classe en moins d’une semaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” alt=”Et ça continue. Au lycée Providence de Bangui, des plantes des sorciers frappent une deuxième classe en moins d’une semaine” width=”300″ height=”169″ />Les élèves de la classe de CM2 entrain de faire cours de français dans l’arrondissement de Belou dans la commune de Mbata. Photo CNC
Une école du neuvième arrondissement de Bangui vit des jours agités depuis que des plantes irritantes, utilisées souvent par des sorciers, ont commencé à circuler entre ses murs, touchant élève après élève.
Les premiers faits avaient débuté le vendredi 27 février 2026, quand la salle de la sixième A avait été contaminée par des végétaux sauvages connus sous le nom de kotto mo langö, capables de provoquer de vives irritations sur la peau. Six élèves avaient été atteints ce jour-là, l’un d’eux avait même perdu connaissance, et les cours avaient dû s’arrêter net. La piste d’un élève délégué de la sixième B, qui aurait agi par vengeance après une querelle de table-bancs, avait rapidement été retenue.
À peine une semaine après ce premier épisode, le mercredi 4 mars 2026, c’est la classe de seconde qui s’est retrouvée à son tour dans la même détresse. Des plantes du même type ont de nouveau été répandues dans une salle, provoquant des démangeaisons chez plusieurs élèves. Ce deuxième épisode, si proche du premier, indique que la situation à l’école Providence est loin d’être réglée.
Les familles, déjà éprouvées par les événements de la semaine passée, voient leur inquiétude grandir à mesure que les jours passent. L’enchaînement rapide des deux incidents laisse penser que personne, ni parmi les élèves ni parmi les adultes présents dans l’établissement, n’a encore trouvé le moyen d’enrayer ce phénomène.
Des voix commencent à s’élever pour réclamer l’implication des responsables de l’éducation, des forces de sécurité intérieure ainsi que des services de renseignement, afin que la lumière soit faite sur l’origine de ces actes et que des mesures concrètes soient prises. Pour l’heure, les élèves de l’école Providence continuent d’aller en classe sans savoir ce que leur réserve la prochaine journée.
Gouverner, c’est faire des choix” : Martin Ziguelé plaide pour une diplomatie équilibrée en Centrafrique
L’ancien premier ministre martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, et Président du MLPC
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé critique l’alignement exclusif et prône une gestion pragmatique des relations internationales centrée sur l’intérêt national.
Le président du MLPC développe sa vision d’une diplomatie centrafricaine plus nuancée et stratégique.
Martin Ziguelé pose d’emblée le principe fondamental : “Gouverner, c’est faire des choix.” Mais pour lui, ces choix ne doivent jamais être exclusifs en matière de relations internationales. L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé questionne la stratégie actuelle : “Est-ce qu’on est obligé de faire un choix unique en matière de relations internationales ?”.
Sa réponse s’appuie sur l’observation des pratiques diplomatiques mondiales. “Qu’est-ce que font les dirigeants de tous les pays ? Ils recherchent l’intérêt de leur pays. Ils cherchent à équilibrer leurs relations”, explique-t-il. Cette approche pragmatique consiste à “préserver des acquis” tout en “améliorant les marges de manœuvre”.
Pour Martin Ziguelé, la règle d’or reste simple : “On ne prend pas la décision de rééquilibrer les relations en sacrifiant les acquis”. Une leçon que la réalité semble avoir imposée au gouvernement actuel, à travers cette “feuille de route avec la France” qui témoigne d’un retour progressif vers plus d’équilibre.
L’homme politique rejette catégoriquement les accusations de parti pris. “Ce n’est pas une question de France”, insiste-t-il. “Je ne suis pas français. Je n’ai pas la nationalité française. Je n’ai jamais étudié un jour en France”. Cette précision personnelle vise à couper court à toute “manipulation politique” qui voudrait le présenter comme “pro-français”.
Son parcours parle pour lui : “Je suis centrafricain et je n’ai que la nationalité centrafricaine. J’ai fait toutes mes études en Centrafrique, puis au Cameroun”. Une biographie qui, selon lui, le met à l’abri de tout soupçon d’influence extérieure.
Martin Ziguelé recourt ensuite à une métaphore familière pour expliquer sa vision de la gouvernance. “Lorsque vous êtes un chef de famille, votre épouse doit nourrir la famille avec ce que vous lui remettez”, commence-t-il. Si les ressources ne suffisent pas, “vous vous battez ensemble pour améliorer”, mais “vous ne dites pas que je vais démissionner du travail qui me permet de lui donner 1000 francs par mois pour faire le tour de la ville en espérant gagner 5000 par jour”.
Cette comparaison domestique révèle sa philosophie politique : “La gestion d’un État, c’est la gestion d’un bon père de famille. C’est une question de bon sens”. Une approche qui privilégie la prudence et la continuité sur les paris risqués.
L’ancien Premier ministre mobilise aussi son expérience professionnelle. “Je rappelle que je suis assureur de métier”, précise-t-il. Cette formation lui a appris que “le monde n’a pas commencé avec nous” et qu’il repose sur “des rapports de force”. Dans ce contexte, chaque dirigeant doit veiller à ce que “son pays soit le moins empêtré dans des problèmes inextricables”.
La conclusion de Martin Ziguelé dessine une voie claire : “Vous ne créez pas les problèmes vous-même. Vous utilisez la géopolitique, vous utilisez les relations internationales pour résoudre les problèmes qui vous semblent prioritaires pour votre pays”.
Cette vision pragmatique tranche avec les choix diplomatiques actuels. L’ancien chef du gouvernement appelle à une diplomatie plus mature, qui sache tirer parti de tous les partenariats sans tomber dans la dépendance exclusive. Une leçon de realpolitik que sa longue expérience des affaires publiques lui permet de formuler avec autorité.
Évacués en urgence par MSF, deux des 9 victimes des balles des soldats FACA à Ouanda-Djallé sont désormais à l’hôpital de Bria
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/lors-de-leur-evacuation-vers-bria-par-msf.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/lors-de-leur-evacuation-vers-bria-par-msf.webp” alt=”Évacués en urgence par MSF, deux des 9 victimes des balles des soldats FACA à Ouanda-Djallé sont désormais à l’hôpital de Bria ” width=”400″ height=”400″ />Lors de leur évacuation vers Bria par MSF. Photo CNC
Cinq jours après les coups de feu des soldats FACA qui ont coûté la vie à trois personnes et fait neuf blessés à Ouanda-Djallé, deux jeunes victimes viennent d’être transférés d’urgence par avion vers Bria, où l’ONG internationale Médecins Sans Frontières dispose de capacités médicales adaptées à leurs blessures.
Les deux cas sont graves. L’un des jeunes a les jambes broyées par les balles, des lésions qui dépassent de loin ce que les maigres structures sanitaires locales peuvent prendre en charge. C’est MSF, présente à Ouanda-Djallé depuis quelques jours déjà, qui a évalué l’état des blessés et pris en charge le transfert par voie aérienne, la seule option réaliste dans cette région enclavée.
Bria se trouve à environ 330 kilomètres de Ouanda-Djallé, en comptant les 204 kilomètres jusqu’à Wadamaikaga, puis les 125 kilomètres restants jusqu’à Bria. Par route, cette distance est difficilement praticable dans des délais raisonnables pour des blessés dans un état aussi critique, d’où le recours à l’avion.
Ce sont encore les organisations humanitaires internationales qui pallient l’absence totale de réponse de l’État. Si MSF n’était pas là, ces deux jeunes auraient très probablement perdu la vie, faute de soins accessibles dans les délais nécessaires. L’État centrafricain, lui, reste muet, absent, sans le moindre geste en direction des victimes de ses propres soldats.
Atelier national de plaidoyer à Bangui, les 4 et 5 mars 2026 : la République centrafricaine appelle à des réparations durables pour les femmes meurtries par les conflits
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/photo-de-famille-lors-de-la-cloture-de-l-atelier.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/photo-de-famille-lors-de-la-cloture-de-l-atelier.webp” alt=”Atelier national de plaidoyer à Bangui, les 4 et 5 mars 2026 : la République centrafricaine appelle à des réparations durables pour les femmes meurtries par les conflits” width=”400″ height=”224″ />Photo de famille lors de la clôture de l’atelier. Photo CNC
Les 4 et 5 mars 2026, dans la salle de conférence de l’hôtel Ledger Plaza de Bangui, le Global Survivors Fund a réuni des survivantes de violences sexuelles liées aux conflits, des membres du gouvernement et des représentants d’organisations internationales pour un atelier national de plaidoyer autour d’une question centrale : comment transformer une expérience pilote en un programme national de réparation pérenne en République centrafricaine.
Tout est parti d’un projet lancé en février 2023 à Dékoa, une ville de la préfecture de Kémo, marquée par les blessures du conflit. Ce projet de mesures réparatrices intérimaires, mis en œuvre avec plusieurs organisations dont la Fondation Dr Denis Mukwege et Women Act for Living Together, a accompagné 277 survivant.es, dont 17 hommes, à travers des soins médicaux, un suivi psychosocial, un appui pour l’obtention de papiers d’identité, et un programme de réinsertion économique.
Mme Josiane-Lina BEMAKA-SOUI, ministre de l’Action Humanitaire, de la Réconciliation et de la Solidarité Nationale lors de son interview
C’est cette expérience de terrain que la ministre de l’Action Humanitaire, de la Réconciliation et de la Solidarité Nationale, Mme Josiane-Lina Bemaka-Soui, a tenu à saluer lors de son discours d’ouverture. Elle a rappelé que le retrait du financement du Global Survivors Fund ne marquait pas la fin d’un engagement, mais ouvrait plutôt une responsabilité historique pour l’État centrafricain : celle de reprendre le flambeau et de bâtir un mécanisme national structuré, ancré dans la souveraineté du pays.
La ministre a notamment insisté sur les enseignements tirés du projet de Dékoa, qu’elle avait personnellement visité quelques jours plus tôt pour la cérémonie de clôture. Elle a énuméré ce que cette expérience avait révélé d’indispensable : une approche qui place les survivantes au cœur de chaque décision, une coordination solide entre institutions, et une reconnaissance officielle des préjudices subis comme acte à la fois symbolique et réparateur.
Lors de son interview en marge de l’atelier, la ministre a tenu à préciser que l’objectif n’était pas de maintenir des aides ponctuelles, mais de pérenniser et répliquer le modèle dans d’autres régions touchées, comme Berberati, Bambari et d’autres villes centrafricaines. Elle a aussi rappelé qu’elle est le point focal du comité stratégique de lutte contre les violences sexuelles en période de conflit armé, mis en place par la présidence.
De son côté, Maya Shah, Directrice des Opérations du Global Survivors Fund, a mis en avant la méthode qui a fait la particularité de ce projet : la co-création avec les survivantes elles-mêmes. Selon elle, c’est précisément cette manière de travailler, en plaçant les survivant.es au centre de toutes les décisions et stratégies, qui a produit des changements profonds et durables dans leur vie. Elle a exprimé l’espoir que ces acquis méthodologiques puissent désormais être portés à l’échelle nationale par le gouvernement centrafricain.
Les débats de l’atelier ont également abordé la question des réparations dites transformatrices, celles qui ne se contentent pas de réparer un tort individuel, mais qui cherchent à corriger les déséquilibres structurels qui ont rendu possibles ces violences. La cohésion sociale, la prévention des conflits et la mémoire collective sont apparues comme des piliers incontournables de cette réflexion.
La question du financement durable est pourtant restée en suspens tout au long des échanges, comme un nœud difficile à dénouer. Construire un mécanisme national de réparation crédible suppose de trouver des ressources prévisibles à court, moyen et long terme, sans dépendre de la seule générosité des bailleurs extérieurs. Un appel a donc été lancé aux partenaires financiers pour qu’ils s’engagent dans la continuité de ce qui a été amorcé à Dékoa, afin que les femmes des autres préfectures du pays ne restent pas sans réponse.
LA SÉCURISATION DU PAYS PAR LE DROIT, UN REMPART INSTITUTIONNEL CONTRE TOUTE PRISE D’OTAGE DE L’ÉTAT PAR LES MERCENAIRES DE WAGNER….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”CENTRAFRIQUE : LA SÉCURISATION DU PAYS PAR LE DROIT, UN REMPART INSTITUTIONNEL CONTRE TOUTE PRISE D’OTAGE DE L’ÉTAT PAR LES MERCENAIRES DE WAGNER….” width=”400″ height=”228″ />Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou
Au lendemain des indépendances massives des États africains dans les années avoisinant 1960, la République centrafricaine à l’instar des autres nations aspire à savourer et à jouir pleinement de ses attributs de souveraineté.
Ainsi dans le cadre de cette analyse, la notion de souveraineté d’un État qui est le fondement de toute démocratie s’entend par l’autogouvernance, l’autonomie, la liberté d’organisation interne et le strict respect du principe de “non-ingérence”.
Cela sous-entend que l’État souverain élabore librement son architecture juridique et gère à sa guise leur affaire intérieure en adaptant les décisions aux réalités socio-économiques et aux attentes de la population.
En droit international, la souveraineté est un droit indivisible c’est-à-dire qui ne peut être délégué ou partagé par un quelconque État.
Mais la crise politico-militaire de de 2013 a laissé de stigmates et depuis le retour à l’ordre constitutionnel, les nouvelles autorités établies ont de la peine à restaurer le volet sécuritaire.
En conséquence de ce qui précède et en plus des forces onusiennes, des partenariats militaires se multiplient dont celui des mercenaires du groupe Wagner conclu dans des conditions opaques sans l’aval des institutions républicaines prescrites par la loi fondamentale.
Il est évident que face aux défis sécuritaires d’antan, le recours aux partenaires étrangers peut paraître légitime mais sollicité le service des mercenaires alors que la convention des nations unies du 04 décembre 1989 interdit leur recrutement pose problème.
Ainsi progressivement, cette nébuleuse des Wagners a absorbé la machine étatique centrafricaine.
La dépendance et la captation est ainsi complète au point de changer la constitution au gré de leurs orientations, d’imposer des lois de la cryptomonnaie, de la tokenisation et de faire de La République centrafricaine le meilleur laboratoire d’expérience hégémonique des Wagners en Afrique avec une cargaison de meurtres, viols, des exactions de tout genre même du droit de vie ou de mort.
La dernière sortie médiatique du conseiller russe à la présidence en matière de sécurité qui dicte les grandes orientations politiques pour le nouveau septennat en est une belle illustration.
Face à la sous-traitance totale de ses pouvoirs régaliens aux Wagners, la République centrafricaine est devenue un État failli car les éléments constitutifs d’un État ne sont plus réunis.
Partant de ce constat, le pouvoir de Bangui est bien passible de crime de haute trahison pour avoir trahi la confiance du peuple qui s’est exprimé par le suffrage universel car ils ont facilité leur implantation…la prédation à grande échelle.
Pire à comprendre est la complicité de la mission onusienne en Centrafrique qui coopère avec les mercenaires du groupe Wagners sur le terrain alors que non seulement leur recrutement est interdit par les conventions internationales mais classé “groupe terroriste” par les Nations Unies.
C’est ainsi que la problématique des Wagners a été au cœur d’une réflexion scientifique lors d’un colloque international inédit organisé à l’université de Paris 1 Pantheon la sorbonne sous la direction du professeur Jean François AKANDJI-KOMBÉ et coordonnateur général du Rassemblement Unitaire.
Ce colloque a enregistré un panel d’experts et praticiens de droit dont l’avocat Philippe LAROCHELLE qui ont ergoté sur la responsabilité des Wagners et de la possibilité de rendre justice aux victimes.
Ce colloque a également conclu que la préoccupation essentielle n’est plus exclusivement sécuritaire mais juridique et institutionnelle c’est-à-dire qu’on ne peut pas seulement sécuriser un pays par des partenariats militaires mais la consolidation de l’État peut passer par le respect des lois de la République, la séparation des pouvoirs pour garantir la souveraineté.
Fort de ce bradage de souveraineté unique en Afrique, le citoyen lambda s’interroge :
1- La sécurisation du pays par le droit peut-elle se révéler efficace pour garantir la souveraineté ?
2- La promotion du droit peut-elle empêcher l’accaparement du pouvoir par les mercenaires du groupe Wagner ?
3- Au regard de l’ancrage des Wagners en Centrafrique, peut-on restaurer la souveraineté par des procédés juridiques ?
En tout état de cause, il apparaît important de souligner qu’un État peut-être militairement ultra sécurisé mais politiquement instable car les standards de la démocratie ne sont respectés.
En attendant cette septième République des danseurs pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous éclabousser.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
N’oubliez jamais à partir de ce jour Monsieur le Président qu’à l’instar des opérations “aux cailloux” de janvier et avril 1979 organisées par les élèves et étudiants, les centrafricains d’aujourd’hui sont classés dans la catégorie d’un peuple latent qui a le sacré devoir de parcourir les quatre étapes de l’allégorie de la caverne développée par le celebre philosophe grec Platon dans son livre “La République” rédigé au quatrième siècle.
Ainsi selon Platon, dans la première étape les centrafricains sont d’abord dans la caverne noire avec une représentation symbolique et métaphorique d’inconscience, de l’illusion, de la naïveté, de la souffrance, de la prison où ils se sentent bien…
La seconde étape de l’allégorie de la caverne de Platon est réservée au bouleversement des croyances antérieures en créant le doute né de la peur de l’inconnu caché derrière nouveau monde c’est-à-dire que les centrafricains peuvent concevoir les choses autrement que de rester dans leur état de souffrance d’où la nécessité de s’en sortir.
À la troisième étape, les centrafricains vont se rendre compte qu’ils sont enchaînés et qu’il faut développer les stratégies de lutte pacifique pour se libérer.
Enfin, viendra le moment de la libération où les souffrances des centrafricains prendront fin et que la justice sociale ainsi que les droits fondamentaux triompheront.
La métaphore de l’allégorie de la caverne de Platon montre l’ascension des centrafricains à la liberté sous le joug du pouvoir de Bangui et de ses alliés.
Quand les centrafricains vont se lever, aucune armée au monde ni même vos prédateurs du groupe Wagner ne pourront vous aider…
Ce sera l’apocalypse qui tournera une page sombre qualifiée de calamité politique de notre chère patrie.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.
Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dolosives des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agissait d’une responsabilité limitée dans le temps et qui pouvait être assumée en conformité au principe de continuité du service public par un autre centrafricain…
Alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté se révolte pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Affaire Sayo : pourquoi l’ex-détenu Maxime Balalou tente de couvrir l’enlèvement de l’ancien ministre Armel Sayo par Wagner ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/le-clepto-mythomane-maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-hebdomadaire-du-lundi-26-janvier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/le-clepto-mythomane-maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-hebdomadaire-du-lundi-26-janvier-2026.webp” alt=”Maxime Balalou vs Podolski : quand le gouvernement se contredit sur les « alliés » russes” width=”500″ height=”281″ />Le clepto-mythomane Maxime Balalou, lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 26 janvier 2026
En tentant de justifier l’extraction illégale d’Armel Sayo de la prison du camp de Roux, le ministre Maxime Balalou s’enfonce dans des contradictions qui confirment une manipulation organisée du système judiciaire par les mercenaires russes d’Afrika Corps. Pendant ce temps, l’ancien ministre reste aux mains de ces mêmes mercenaires, sans que la justice centrafricaine ne lève le petit doigt.
Le 4 août 2025, lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Bangui, Balalou a affirmé qu’Armel Sayo, extradé du Cameroun et détenu au camp de Roux, aurait fomenté un vaste complot depuis sa cellule. Cette déclaration, présentée comme une réponse aux questions sur la disparition de plusieurs semaines de l’ancien ministre, n’a convaincu ni les journalistes présents ni les observateurs. Elle a au contraire relancé les accusations d’enlèvement organisé par les plus hautes autorités, dans le seul objectif de remettre l’ancien ministre aux mercenaires russes.
À aucun moment Balalou ne présente une preuve tangible. Il se contente de termes vagues : « documents saisis », « vaste complot », « action combinée », pour tenter de justifier une opération d’extraction nocturne menée par des paramilitaires russes avec le soutien du conseiller spécial du président, Cédric Gbaka. Or, cette opération n’avait rien de légal : l’extraction de Sayo avait été précédée d’un ordre improvisé, rédigé à la hâte par un substitut du procureur sous pression directe du ministre conseiller de Touadéra, probablement du Président de la République lui-même.
Cette affaire prend un tour encore plus grave lorsque l’on sait que la fouille de la cellule avait été menée par le ministre conseiller en personne, accompagné de paramilitaires russes, en violation de toutes les procédures carcérales. Le juge d’instruction en charge du dossier n’avait pas ordonné cette perquisition. Aucun procès-verbal n’a été rendu public. Et surtout, aucune commission judiciaire n’a été saisie pour enquêter sur cette prétendue tentative de coup d’État.
Pendant que le gouvernement évoquait des « plans d’attaque de la capitale Bangui », les témoins parlaient d’un scénario monté de toutes pièces pour livrer Sayo à Wagner. Dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025, il avait été enlevé au sein même de l’OCRB par un groupe de mercenaires, avant d’être mystérieusement ramené plusieurs semaines plus tard sous la pression diplomatique de Yaoundé, de l’ambassade de France, du CICR et d’autres partenaires internationaux. Ces acteurs avaient exigé des preuves de vie et dénoncé l’exfiltration extrajudiciaire. Ce retour avait alors été présenté par le gouvernement comme un retour à la normale. C’était un mensonge.
Car fin juillet, Sayo n’a été présenté qu’une seule fois, brièvement, devant un juge. Depuis lors, plus rien. L’ancien ministre est toujours aux mains des mercenaires russes, retenu dans une structure carcérale privée qui échappe à tout contrôle judiciaire centrafricain, sans accès à un avocat, sans visite consulaire, sans la moindre procédure transparente. Ce que Balalou appelle la justice, c’est une mise en scène ponctuée de faux-semblants, organisée pour calmer les partenaires étrangers le temps que la pression retombe.
Pour habiller cette séquestration prolongée, Wagner a désormais recours à l’intelligence artificielle. Leurs équipes ont fabriqué une vidéo dans laquelle la voix d’Armel Sayo est clonée pour lui faire prononcer des déclarations qu’il n’a jamais tenues. Le texte, rédigé par IA, lui fait affirmer que la France et l’opposition politique seraient derrière lui. Le résultat est diffusé comme s’il s’agissait d’un véritable témoignage de l’ancien ministre. C’est une falsification grossière, une technique de guerre de l’information que Wagner a déjà rodée au Mali et au Burkina Faso, et qu’ils importent maintenant en Centrafrique pour tromper les Centrafricains.
Balalou ne dit mot sur cette vidéo fabriquée. Lui qui parle de démocratie et d’État de droit ne demande aucune enquête, n’exige aucune vérification, ne condamne pas la manipulation. C’est que ce silence lui convient. L’ancien détenu, devenu porte-parole d’un régime sous tutelle étrangère, sait exactement ce qu’il couvre. Accuser Me Nicolas Tiangaye d’être « aux antipodes de la démocratie » pour avoir posé des questions, qualifier les journalistes de « manipulateurs », c’est la posture d’un homme qui n’a pas de faits à opposer et qui le sait.
L’argument selon lequel Sayo serait coupable parce qu’il aurait reconnu ses fautes est tout aussi creux. Balalou déclarait : « Il reconnaît le tort qu’il a commis à notre pays. » Mais dans quelles conditions ces aveux ont-ils été obtenus ? Après un enlèvement illégal, des semaines de disparition entre les mains de mercenaires, et désormais une fabrication vocale par intelligence artificielle, quelle valeur juridique et morale accorder à de tels propos ?
Plutôt que de faire preuve de transparence, le porte-parole multiplie les contradictions. Il parle de justice indépendante tout en admettant que l’enquête est pilotée par le gouvernement. Il invoque la présomption d’innocence tout en traitant Sayo de criminel. Il se dit attaché aux droits humains tout en justifiant une opération conduite de nuit par des hommes armés sans cadre légal, et en couvrant la détention clandestine prolongée qui s’ensuit.
Dans un pays qui serait réellement un État de droit, aucune extraction n’aurait eu lieu sans décision judiciaire. Aucun détenu ne disparaîtrait entre les mains d’une milice étrangère pendant des semaines, pour n’être présenté à la justice qu’une seule fois, le temps d’une apparition, avant de replonger dans le néant carcéral de Wagner. Et aucune vidéo fabriquée par intelligence artificielle ne circulerait librement pour faire dire à un prisonnier ce que ses geôliers veulent lui faire dire. Balalou le sait. Il préfère parler d’État de droit plutôt que d’expliquer pourquoi une milice étrangère détient un Centrafricain dans sa propre prison privée, sur le sol national, avec la bénédiction muette de Bangui. Ce n’est pas de la gouvernance. C’est de la colonisation.
Axe Bangui-Mbaïki : deux braqueurs tués par la foule après une attaque armée à Gbokila
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/en-operation-un-policier-centrafricain-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/en-operation-un-policier-centrafricain-photo-cnc.jpg” alt=”Axe Bangui-Mbaïki : deux braqueurs tués par la foule après une attaque armée à Gbokila” width=”300″ height=”219″ />Image d’illustration
Dans la nuit du 4 au 5 mars 2026, le secteur ADECAF du quartier Gbokila, sur l’axe Bangui-Mbaïki, traverse à nouveau un problème sécuritaire. Une tentative de braquage qui a mal tourné pour ses auteurs.
En effet, trois individus mal intentionnés, munis d’arme de guerre AK47, sont venus discrètement pour voler des cabris des villageois sous le voile de la nuit. Malheureusement pour eux, les propriétaires de ces cabris les ont surpris et crient au voleur. Les voisins, loin de céder à la peur, ont réagi avec une vigueur inattendue et réussi à ceinturer deux des trois agresseurs sur place.
Le troisième complice, lui, portait une kalachnikov. Coincé par la réaction des habitants, il a tiré des coups de feu pour ouvrir son propre chemin vers la sortie, disparaissant dans l’obscurité sans laisser de trace immédiate.
Les deux malfrats capturés, eux, n’ont pas eu cette chance. La foule, animée d’une colère longtemps contenue contre l’insécurité persistante dans le village, les a roués de coups. Tous deux ont rendu l’âme sur les lieux mêmes de leur forfait.
Le fugitif armé court toujours. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles opérations de recherche engagées dans le secteur…
À Bangui, la capitale centrafricaine, le feu ne rencontre plus aucune résistance de l’État, laissant les habitants seuls face aux flammes.
Ce vendredi 6 mars 2026, un incendie d’une ampleur redoutable a éclaté sur l’avenue des Martyrs, en plein cœur de Bangui, juste en face de l’église apostolique Le Chandelier. Plusieurs boutiques, garages, magasins et débits de boisson ont été engloutis par les flammes en un temps très court. Les dégâts matériels sont considérables et pourraient s’élever à plusieurs centaines de millions de francs CFA, selon les premières estimations des riverains présents sur place.
Ce qui rend la situation encore plus accablante, c’est l’absence totale d’intervention des sapeurs-pompiers. Plus d’une heure après le déclenchement du sinistre, aucun véhicule de secours ne s’est pointé sur les lieux. Sollicités par téléphone, les agents ont répondu qu’ils manquaient de carburant, que leurs engins étaient en panne, que les conditions n’étaient pas réunies pour intervenir. Une réponse devenue si habituelle qu’elle ne choque plus personne à Bangui.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-incendie-geant-survenu-dans-un-garage-sur-l-avenue-des-martyrs-en-face-de-l-eglise-apostolique-chandelier-a-bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-incendie-geant-survenu-dans-un-garage-sur-l-avenue-des-martyrs-en-face-de-l-eglise-apostolique-chandelier-a-bangui.webp” alt=”Bangui sans pompiers : un incendie ravage des commerces en plein cœur de la capitale…. ” width=”400″ height=”412″ />L’incendie géant survenu dans un garage sur l’avenue des Martyrs en face de l’église apostolique chandelier à Bangui
Face à l’inertie totale des services publics, c’est la population elle-même qui a tenté d’étouffer l’incendie avec les moyens du bord. Des seaux, des récipients remplis à la hâte, des chaînes humaines improvisées — tout cela pour contenir un brasier que des professionnels auraient pu maîtriser bien plus vite. Seule la Minusca, la mission onusienne déployée dans le pays, dispose encore d’un service de pompiers opérationnel, mais son périmètre d’action ne couvre pas les urgences civiles ordinaires.
La scène a été captée par des dizaines de téléphones et les vidéos ont rapidement inondé les réseaux sociaux, provoquant colère et amertume dans les commentaires. Beaucoup de Banguissois ont détourné les paroles de la chanson de la campagne présidentielle du dictateur de Bangui pour exprimer leur désarroi : là où la chanson dit Koua goué ti lo goué ngoo, que le travail va poursuivre, les habitants disent, eux, qu’on va tous mourir. Une manière sombre et populaire de dire que rien ne change, que personne ne viendra.
Un court-circuit survenu dans l’un des garages touchés serait, selon les témoins oculaires, à l’origine du départ de feu. Aucune perte en vie humaine n’a été rapportée pour l’instant, mais la menace demeure réelle tant que les conditions restent identiques. Car à Bangui, après les inondations qui ont transformé les rues en bourbiers et les ordures qui s’accumulent à chaque carrefour, c’est désormais le feu qui s’installe comme un visiteur que personne ne peut chasser.
Félix Moloua salue la « victoire éclatante » du dictateur Touadéra après le coup d’État électoral
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Le-Premier-ministre-centrafricain-Felix-Moloua-devant-les-elus-de-la-Nation-ce-24-aout-2022.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Le-Premier-ministre-centrafricain-Felix-Moloua-devant-les-elus-de-la-Nation-ce-24-aout-2022.jpg” alt=”Félix Moloua salue la « victoire éclatante » du dictateur Touadéra après le coup d’État électoral” width=”300″ height=”199″ />Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua devant les élus de la Nation, ce 24 août 2022. CopyrightprimatureRCA
Le Premier ministre Félix Moloua a choisi la flatterie plutôt que la lucidité lors du conseil des ministres du 23 janvier dernier, louant un scrutin que la quasi-totalité des Centrafricains rejettent comme un hold-up démocratique.
Au lendemain de la validation par le Conseil constitutionnel du coup d’État électoral de Faustin Archange Touadéra, Félix Moloua a livré un message de félicitations qui a révolté le pays. Le 23 janvier, devant les ministres réunis lors du premier conseil des ministres après la validation du coup d’État électoral, le chef du gouvernement a osé parler de « confiance incontestable » en brandissant les chiffres du scrutin : 77,9% de suffrages et 64,42% de participation.
Ces statistiques présentées comme preuves de légitimité ne trompent personne dans un pays qui a vécu ce hold-up en direct. Moloua affirme pourtant sans rougir que « la tenue périodique des élections depuis le retour à la légalité constitutionnelle en 2016 témoigne de la dynamique de notre modèle de démocratie et d’une vitalité institutionnelle inédite ».
Cette déclaration relève du mensonge d’État assumé. La Centrafrique a d’abord subi un coup d’État constitutionnel lorsque Touadéra a manipulé la loi fondamentale pour s’offrir un troisième mandat. Le scrutin du 28 décembre 2025 n’était que le prolongement logique de cette confiscation du pouvoir.
Le Premier ministre pousse le cynisme plus loin en évoquant des « pages nouvelles de la République » qui « pulvérisent des préjugés ». Les seules pages écrites sont celles d’un basculement définitif vers la dictature. Moloua ajoute que ces pages « pulvérisent des préjugés et des perceptions incitées par le pisme d’une époque révolue aux grandes âmes des obédiences politiques et géopolitiques réputées réfractaires aux idéaux de la démocratie ».
Derrière ce jargon incompréhensible se cache une tentative pathétique de légitimer l’illégitime. Le chef du gouvernement prétend ensuite que « sous le leadership éclairé du président, notre pays a transcendé des limites jadis supposées immuables pour partager au monde une expérience unique en matière de résilience ».
La réalité centrafricaine dément chaque mot de cette assertion. Le pays reste fragmenté, des pans entiers du territoire échappent au contrôle de Bangui qui a vendu cela au groupe Wagner, et la population survit dans des conditions déplorables. L’expérience unique partagée au monde est celle d’un régime qui s’accroche au pouvoir en piétinant toutes les règles démocratiques.
Puis arrive le moment le plus choquant du discours quand Moloua qualifie le bilan de Touadéra d’« inattaquable ». Le Premier ministre énumère : « l’autorité de l’État restaurée, l’administration redéployée, deux embargos levés, l’armée et la police remises sur une pente ascendante, les services sociaux et les infrastructures relevés de manière spectaculaire ». Un véritable voyou ce type.
Chacune de ces prétendues réussites s’écroule au contact de la réalité. L’autorité étatique reste théorique dans des régions entières où Bangui ne contrôle rien du tout, laissant place au groupe Wagner qui fait sa loi. L’administration redéployée fonctionne au ralenti, paralysée par le népotisme et les pénuries chroniques.
Les deux embargos levés n’ont rien changé au quotidien des Centrafricains qui manquent toujours d’eau, d’électricité et de soins de santé. Les infrastructures spectaculaires vantées par le gouvernement demeurent invisibles, si ce n’est que dans son propre rêve.
Le chef du gouvernement mentionne également « les salaires payés à terme échus grâce à des réformes financières courageuses ». Cette affirmation fait sourire amèrement les fonctionnaires qui connaissent la réalité quotidienne de leur travail et les montants dérisoires qui les obligent à chercher d’autres sources de revenus pour nourrir leurs familles.
Moloua ne s’arrête pas là et affirme que « l’éclatante victoire du président plébiscite la stature d’un grand homme d’État, certifie sa grandeur d’âme, approuve sa vision à long terme ». Grand homme d’État, celui qui manipule la Constitution pour se maintenir indéfiniment au pouvoir ?
La grandeur d’âme supposerait peut-être d’accepter l’alternance démocratique plutôt que de faire valider par des juges acquis un scrutin truqué. Le Premier ministre conclut son message en formulant « des vœux de plein succès pour le septennat qui s’annonce en faveur d’une Centrafrique émergente et prospère sous le magistère du président et par la grâce toute suffisante de Dieu ».
Invoquer Dieu pour bénir un coup d’État électoral constitue le sommet de l’hypocrisie. La Centrafrique n’avance pas vers l’émergence promise depuis des années mais s’enfonce chaque jour davantage dans l’autoritarisme et le clientélisme d’État.
Ce premier conseil des ministres après la validation du hold-up électoral par le Conseil constitutionnel le 19 janvier dernier révèle la vraie nature du régime. Pendant que Moloua et ses ministres se congratulent, les Centrafricains continuent de survivre dans la misère et l’incertitude.
Les jeunes dont le Premier ministre vante le « génie créateur » et « la capacité à opérer des ruptures novatrices » ne trouvent pas d’emplois et beaucoup choisissent l’exil. Le discours officiel parle d’« intelligence collective » alors que le régime étouffe toute initiative ne venant pas de lui.
Les « trajectoires d’émergence et de progrès durables » promises restent des formules creuses répétées depuis des années sans jamais se concrétiser. Le fossé entre les mots prononcés au sommet et l’expérience vécue par les gens ordinaires n’a jamais été aussi profond et continue de se creuser
Lomé : Le Réseau des Journalistes du ROGEAP renforce la visibilité de l’énergie hors réseau
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau.webp” alt=”Lomé : Le Réseau des Journalistes du ROGEAP renforce la visibilité de l’énergie hors réseau” width=”400″ height=”300″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau-80×60.webp 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau-265×198.webp 265w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Le Réseau des Journalistes du ROGEAP renforce la visibilité de l’énergie hors réseau
Ce jeudi 5 mars 2026, l’hôtel Sarakawa à Lomé au Togo a vibré au rythme du lancement d’un nouvel atelier régional de sensibilisation et d’information sur le projet ROGEAP (Projet Régional d’Électrification Hors Réseau).
Une rencontre stratégique qui voit la participation active des journalistes experts du réseau, notamment Christian NDOTAH et META, actuellement sur le terrain pour porter la voix de l’électrification durable.
Une mobilisation de haut niveau pour l’accès à l’énergie
La cérémonie officielle d’ouverture a été marquée par une série d’interventions de premier plan, soulignant l’importance capitale du projet pour la région. Le Coordonnateur du Projet, M. El hadj SYLLA, a ouvert le bal, suivi de M. Credo TETTEH, vice-Président du réseau des journalistes.
La présence diplomatique et institutionnelle a également été forte avec les allocutions de Mme l’Ambassadeur Emily Gray DEWEH, Représentante Résidente de la CEDEAO, et de M. TCHAPO A Singo, Directeur Général de l’Énergie, représentant le ministre de tutelle.
Un engagement de longue date : Rappel du rapport de mission 2024
Cette participation de Christian NDOTAH n’est pas une première. En tant que membre actif du Réseau des Journalistes du ROGEAP, il avait déjà pris part au 2ème atelier régional tenu du 13 au 14 mars 2024, également à l’Hôtel Sarakawa de Lomé.
À l’issue de cette mission de 2024, il avait produit un rapport exhaustif mettant en avant plusieurs points clés :
Objectifs de l’époque : L’atelier visait déjà à mettre à jour les connaissances des points focaux sur les activités du projet depuis son démarrage en mars 2022.
Actions concrètes : Christian NDOTAH avait assuré une couverture médiatique rigoureuse, incluant la diffusion de reportages sur les ondes de Radio Centrafrique les 14 et 15 mars 2024.
Focus PME : Il avait réalisé une interview stratégique avec M. Niyibizi MBANZABIGWI, chef d’équipe du Project Fund Manager (PFM), pour souligner les opportunités de financement pour les PME nationales.
Stratégie régionale : Le rapport mentionnait la mise en place d’un plan d’intervention pour accroître la visibilité du ROGEAP dans les 19 États membres, incluant les pays hors CEDEAO comme la RCA, le Tchad, le Cameroun et la Mauritanie.
Qu’est-ce que le ROGEAP ?
Pour rappel, le ROGEAP est une initiative d’envergure mise en œuvre par la Commission de la CEDEAO et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).
Objectif : Accroître l’accès aux services d’électricité durable pour les ménages, les entreprises et les infrastructures publiques de santé et d’éducation.
Enjeu social : Environ 208 millions d’habitants en Afrique de l’Ouest et au Sahel n’ont pas accès à l’électricité, dont 70% en zone rurale.
Financement : Le projet dispose d’une enveloppe de 338,7 millions USD, financée par la Banque mondiale, le Fonds de Technologie Propre (CTF) et la Coopération néerlandaise (DGIS).
Grâce à cette continuité entre les actions de 2024 et l’atelier de 2026, les journalistes du réseau s’assurent que les populations et le secteur privé restent au cœur de la transition énergétique régionale.
Centrafrique : la ville de Boda paralysée par un manque cruel d’eau potable
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/ville-de-boda-dans-la-lobaye-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dans un quartier de la ville de Boda, chef-lieu de la sous-préfecture de la Lobaye. Photo CNC
Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de Boda, a abordé lors d’une interview accordée à la radio Ndèkè -Luka la grave pénurie d’eau potable qui frappe sa ville et provoque des maladies diarrhéiques. Ses déclarations confirment une situation sanitaire inquiétante sans solution à court terme.
Interrogé sur le problème d’accès à l’eau potable, le maire répond : “Vous savez que la population s’accroît de jour en jour. Donc notre nombre continue d’accroître. Nous avons des besoins en eau, donc nous lançons un appel aux ONG qui peuvent nous aider de venir vraiment aider la population de Boda parce qu’il y a tellement de besoins”.
Cette réponse commence par constater l’évidence, la population augmente, avant de conclure par un appel aux ONG. Entre les deux, aucune mention d’actions concrètes entreprises par la mairie pour résoudre le problème.
Le maire explique l’augmentation démographique : “Surtout après ces événements, nous avons reçu la présence de beaucoup de gens qui ont fui les conflits et qui se sont résidés à Boda. Donc notre nombre continue d’accroître”.
L’afflux de personnes déplacées fuyant les violences dans d’autres régions a effectivement augmenté la pression sur les ressources hydriques limitées de Boda. Mais cette explication ne change rien au problème : les habitants n’ont pas accès à l’eau potable et tombent malades.
Sur les actions menées par la mairie, la réponse est éclairante : “Nous, on continue d’éclairer, on continue de plaider au gouvernement et aux ONG. C’est ce que nous avons à faire”.
“Éclairer” la population et “plaider” auprès du gouvernement et des ONG – voilà l’étendue de l’action municipale face à une crise sanitaire qui provoque des maladies diarrhéiques. Aucune mention de forages en cours, de réhabilitation de puits existants, de distribution d’eau en urgence, de kits de purification.
Cette impuissance avouée du maire témoigne de la situation réelle des communes centrafricaines : des structures administratives sans moyens, qui se contentent de lancer des appels à l’aide en attendant que quelqu’un vienne résoudre les problèmes.
La pénurie d’eau potable à Boda n’est pas une catastrophe naturelle soudaine. C’est le résultat d’années de négligence des infrastructures hydrauliques, d’absence d’investissement dans les forages et les systèmes de distribution, et d’incapacité à maintenir les équipements existants.
Les maladies diarrhéiques mentionnées par le maire constituent une conséquence directe de la consommation d’eau non potable. Ces maladies touchent particulièrement les enfants et peuvent être mortelles sans traitement approprié. Dans une ville où l’hôpital manque probablement de médicaments, cette situation sanitaire devient rapidement dramatique.
L’augmentation démographique due aux déplacements de populations aggrave un problème préexistant. Boda manquait déjà d’eau potable avant l’arrivée des personnes déplacées. Leur présence a simplement rendu la situation plus visible et plus urgente.
Le maire ne mentionne aucune infrastructure hydraulique fonctionnelle à Boda. Cette absence suggère que la ville dépend probablement de puits traditionnels souvent contaminés, de sources naturelles éloignées, ou de rivières dont l’eau nécessite un traitement avant consommation.
L’appel répété aux ONG témoigne de la dépendance totale de Boda à l’aide extérieure. La mairie ne peut rien faire seule et attend passivement qu’une organisation humanitaire vienne installer des forages ou des systèmes de purification.
Cette passivité des autorités locales face à un problème sanitaire urgent pose des questions. Au-delà des appels lancés, qu’est-ce que la mairie fait concrètement au quotidien ? Existe-t-il un plan d’urgence ? Des distributions d’eau organisées ? Des points de traitement temporaires ?
Les réponses du maire suggèrent que non. La commune se contente de constater le problème et de demander de l’aide sans développer de solutions locales même temporaires.
Cette situation de Boda se répète dans des dizaines d’autres villes centrafricaines où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Pendant que le gouvernement annonce des projets de cités futuristes, des populations entières n’ont pas accès à l’eau potable et tombent malades à cause de l’eau contaminée qu’elles sont contraintes de boire.
Les maladies diarrhéiques causées par le manque d’eau potable tuent probablement plus de Centrafricains chaque année que tous les conflits armés réunis. Mais cette mortalité silencieuse n’intéresse personne à Bangui où les priorités budgétaires vont ailleurs.
Les habitants de Boda continueront donc de boire de l’eau contaminée en attendant qu’une ONG vienne peut-être installer quelques forages. Le maire continuera de “plaider” et d’“éclairer” sans rien faire de concret. Et les maladies diarrhéiques continueront de frapper, particulièrement les plus vulnérables.
Qui est Sani Yalo dit “Bélébélé”, et comment son réseau s’est imposé au sommet de l’État ? Troisième interview exclusive avec Moussa Gervais
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo.webp” alt=”Le parrain des parrains mafieux Sani Yalo” width=”400″ height=”266″ />Le parrain des parrains mafieux Sani Yalo
Sani Yalo, connu sous le surnom de “Bélébélé”, a grandi dans l’environnement du PK5, derrière le bar ABC, dans une famille liée au commerce et à la mécanique. Son père, Mahamat Yalo, mécanicien et revendeur de pièces détachées, a longtemps travaillé dans ce secteur, tandis que sa mère, Maimouna Sani, est décrite comme une commerçante influente, active autour de l’état-major, et proche de François Bozizé. De l’école primaire de Gbaya Dombia au petit séminaire catholique de Bangassou, puis au lycée des Martyrs à Bangui où il s’arrête en classe de seconde, le parcours de Sani Yalo précède une trajectoire d’affaires et de réseaux qui le ramènera au cœur du pouvoir.
Pour la troisième fois, Moussa Gervais revient, en exclusivité, sur les étapes-clés de ce parcours, les alliances, et les affaires qui ont marqué son ascension.
À lire l’intégralité de l’interview ci-dessous.
CNC (Directeur de publication) : Bonjour Moussa Gervais. Merci d’être avec nous pour cette troisième interview.
Moussa Gervais : Bonjour Directeur de publication, bonjour aux lecteurs de CNC.
CNC : On repart du début, parce que c’est là que beaucoup de lecteurs veulent comprendre. Sani Yalo, c’est qui, et il vient d’où ?
Moussa Gervais : C’est un enfant de Bangui, né le 10 mars 1966. Il grandit dans l’environnement du PK5, derrière le bar ABC, dans un milieu de petits commerces et d’artisans. Son père, Mahamat Yalo, est connu comme mécanicien et revendeur de pièces. Sa mère, Maimouna Sani, est une commerçante, en lien avec l’état-major, et ce lien-là va compter parce qu’il ouvre des portes et crée des proximités.
CNC : Sur la famille, les lecteurs entendent beaucoup de choses. Qu’est-ce qui revient le plus dans son entourage ?
Moussa Gervais : Ce qui revient, c’est une famille structurée, avec plusieurs branches, et des connexions qui se construisent tôt. On parle d’un père arrivé avant l’indépendance, originaire du Tchad, qui a eu des enfants avec plusieurs femmes. On parle aussi d’une mère qui fréquente des espaces où se croisent militaires, commerçants, responsables. Dans un pays comme le nôtre, ce type d’ancrage familial, c’est déjà un réseau.
CNC : Et sur l’école ? Où il a étudié exactement ?
Moussa Gervais : Il commence au primaire dans le quartier Gbaya Dombia à Bangui. Ensuite, il passe par le petit séminaire catholique de Bangassou, ce qui surprend beaucoup de monde parce qu’il vient d’une famille musulmane. Puis il revient à Bangui et fréquente le lycée des Martyrs. Il s’arrête en classe de seconde. Et à partir de là, il entre dans la vie active.
CNC : Sa vie active commence comment ?
Moussa Gervais : Il fait du petit commerce, il devient boutiquier, il fait taxi, il touche aux pièces détachées. C’est aussi là qu’il devient “Bélébélé” dans les quartiers : quelqu’un que les gens voient, qui parle, qui négocie, qui sait se débrouiller et qui se fait connaître par ses affaires.
CNC : À quel moment il change de catégorie et approche le pouvoir ?
Moussa Gervais : Le basculement se fait avec les alliances. Il se rapproche d’un cercle lié au régime Kolingba, notamment par un mariage : il épouse la petite sœur de Jonathan Koué, neveu du président Kolingba et patron de Petroca. Ça, c’est une porte directe vers une structure stratégique, et surtout vers des relations financières et administratives.
CNC : Concrètement, ce mariage lui apporte quoi ?
Moussa Gervais : Il lui apporte un poste, une couverture, une légitimité dans certains milieux, et la possibilité d’accéder à des crédits et à des facilités. Dans un pays où l’économie est très relationnelle, ce type d’alliance change une vie. C’est une ascension par la proximité.
CNC : Après Kolingba, il y a l’affaire qui revient toujours : Zongo Oil. Pourquoi cette affaire colle à son nom ?
Moussa Gervais : Parce que c’est la première grosse affaire où son nom est cité comme acteur central dans un montage. Importations de carburant, société écran, revente avec marge, et surtout l’idée que l’opération ne sert pas seulement à faire de l’argent, mais aussi à nourrir des intérêts politiques. C’est à partir de là qu’il est vu comme un homme capable de financer, de payer, de graisser, et d’échapper aux conséquences pendant longtemps.
CNC : On dit aussi que cette affaire l’a opposé à Dologuélé, au point de créer une rancune durable.
Moussa Gervais : Oui, parce que lorsque Dologuélé expose publiquement la fraude, cela place Sani Yalo en situation de fuite, de saisies, de procédures. Dans ce genre de trajectoire, quelqu’un qui vous met à nu devient un ennemi durable. Et ensuite, on voit que cette rivalité revient par épisodes, directement ou indirectement.
CNC : Il est condamné plus tard, et pourtant il revient. Comment expliquer cette capacité à rebondir ?
Moussa Gervais : C’est le cœur du problème centrafricain : le système fonctionne par protection. Une condamnation ne suffit pas à faire tomber quelqu’un si, au même moment, ce quelqu’un est utile à un cercle de pouvoir, ou s’il peut racheter sa tranquillité par ses réseaux et son argent.
CNC : Après la chute de Bozizé et l’arrivée de la Séléka, on le voit changer de camp, puis revenir encore. Comment vous lisez cette séquence ?
Moussa Gervais : Je la lis comme une stratégie de survie. Beaucoup d’acteurs ont fait ça : s’adapter, se repositionner, profiter du chaos, puis se remettre au centre dès que le nouveau rapport de force se stabilise. Ceux qui n’ont pas ce réflexe disparaissent. Ceux qui l’ont restent.
CNC : Ensuite, il y a la présidentielle de 2016, que vous avez déjà évoquée dans nos précédents échanges. Pourquoi vous dites que c’est un tournant décisif ?
Moussa Gervais : Parce que là, Sani Yalo passe de l’influence informelle à l’influence institutionnelle. Il devient un intermédiaire, un homme de financement, puis il obtient une position dans un organisme clé du transport routier. Ce n’est pas symbolique : c’est un levier financier et un levier de contrôle.
CNC : Le BARC, c’est souvent cité, mais beaucoup ne savent pas ce que ça représente réellement.
Moussa Gervais : Le BARC, c’est un point névralgique. Le corridor Douala–Bangui, c’est la survie économique du pays. Celui qui contrôle la régulation, les flux, les autorisations, les circuits, contrôle des fortunes et des dépendances. Et quand vous contrôlez ça, vous contrôlez aussi une partie du silence, parce que beaucoup de gens ont peur de perdre leur activité.
CNC : On parle alors d’un réseau. Qui compose ce réseau, de manière générale ?
Moussa Gervais : Un réseau, ce n’est pas seulement des amis. C’est une mécanique : famille, proches, partenaires, comptables, relais administratifs, relais sécuritaires. Quand vous placez des gens à Beloko, à Douala, dans les postes qui touchent l’argent et les documents, vous tenez le circuit. Et quand vous tenez le circuit, vous tenez les hommes.
CNC : Son nom revient aussi dans des manœuvres politiques, des attaques contre des adversaires du régime.
Moussa Gervais : Oui. Parce qu’il n’est pas seulement dans l’économie. Il est dans l’action politique indirecte : financer, organiser, neutraliser. C’est une influence discrète, rarement assumée en public, mais réelle dans les rapports de force.
CNC : Dernière question. Si vous deviez dire aux lecteurs ce qu’il faut retenir de son parcours, ce serait quoi ?
Moussa Gervais : Qu’il n’est pas un accident. Sani Yalo est un produit du système centrafricain : un système où les alliances priment sur les institutions, où les secteurs stratégiques servent de caisse, et où la proximité avec le sommet protège plus que la loi.
CNC : Moussa Gervais, merci pour votre disponibilité.
Moussa Gervais : Merci à vous, Directeur de publication.
Propos recueillis par Alain Nzilo, directeur de publications
Koï, le ‘docteur en insulte’, révèle le vrai visage de Baïpo-Temon : Hémorragie des cerveaux et diplomatie en lambeaux !
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Le-fameux-et-sulfureux-Professeur-et-Dr-en-Sciences-po-Euloge-Doctrouve-Koi.jpeg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Le-fameux-et-sulfureux-Professeur-et-Dr-en-Sciences-po-Euloge-Doctrouve-Koi.jpeg” alt=”Koï, le ‘docteur en insulte’, révèle le vrai visage de Baïpo-Temon : Hémorragie des cerveaux et diplomatie en lambeaux !” width=”300″ height=”240″ />Euloge Doctrouvé Koï
Euloge Doctrouvé Koï, alias le « docteur en insulte » du régime, balance tout : hémorragie des cerveaux au ministère des Affaires étrangères et diplomatie en ruines sous Baïpo-Temon. Le griot qui léchait le pouvoir expose le chaos qu’il a aidé à créer !
Dans son live Facebook, Euloge Doctrouvé Koï, ce même « griot insulteur public » qui a passé des années à encenser Faustin Archange Touadéra comme un sauveur divin, à insulter tous les opposants et à se poser en « sanctuaire de sécurité » du régime – lâche une tirade qui sent le désespoir et le retournement de veste. Aujourd’hui, il pointe du doigt le naufrage complet du département des Affaires étrangères sous Sylvie Baïpo-Temon, et les mots qu’il emploie sont sans pitié : « hémorragie des cerveaux », « diplomatie en péril », « institution qui s’effondre », « isolement international ».
Le cœur du réquisitoire ? Une fuite massive des compétences. Koï décrit des cadres expérimentés, des diplomates chevronnés qui ont consacré 10, 15 ans ou plus au service de l’État, préférant démissionner en cascade plutôt que de continuer à subir « l’inacceptable ». Pourquoi ? Parce que la ministre a créé un climat toxique où la méritocratie est morte, où l’espoir de carrière a disparu, où il n’y a plus de plan de carrière, plus de perspective. Les fonctionnaires sont « privés d’espoir », répète-t-il. Les élites du ministère partent parce qu’elles ne supportent plus le népotisme, l’arbitraire, les nominations de stagiaires ou de jeunes intégrés depuis quelques mois à des postes stratégiques pendant que les vrais pros sont relégués au placard.
Koï va plus loin : cette hémorragie n’est pas un accident, c’est le symptôme d’une « perte de confiance totale envers le sommet de la hiérarchie ». Les agents sont révoltés mais impuissants, humiliés, obligés de financer eux-mêmes le fonctionnement minimal du service (impressions, fournitures). Et quand ils restent, c’est pour assister au démontage méthodique de l’outil diplomatique national par celle qui devrait le protéger.
Le clou du spectacle : l’incident avec Air France, provoqué directement par les « sorties scabreuses » et les déclarations maladroites de Baïpo-Temon. Koï le qualifie d’« incident diplomatique majeur », d’« action unilatérale » qui a poussé un partenaire historique à claquer la porte, aggravant l’isolement du pays. Il parle d’« amateurisme » qui a franchi les murs du ministère, de « tensions inutiles » créées par l’humeur de la ministre, de liaisons stratégiques fragilisées. Résultat ? La RCA perd des connexions aériennes vitales, son image internationale se dégrade, et la diplomatie – censée être le « visage de la République », le « rempart de notre souveraineté », le « moteur de notre rayonnement » – est réduite à néant.
Ironie suprême : Koï, qui se dit « défenseur des intérêts de la République », qui répète qu’il est le « sanctuaire de sécurité » du régime, qui a passé son temps à lécher les bottes de Touadéra et à insulter quiconque critiquait le pouvoir, est celui qui expose aujourd’hui ce chaos. Il a contribué à créer ce monstre par sa propagande servile, par son silence complice pendant des années, et maintenant il joue les lanceurs d’alerte pour se repositionner ou par pur opportunisme. Il appelle à un audit, à un memorandum des agents, au rétablissement de la légalité… mais oublie de dire que c’est le même système qu’il a glorifié qui a permis à Baïpo-Temon de tout saccager.
Baïpo-Temon, de son côté, apparaît comme l’architecte du désastre : une ministre qui note 0,5/20 (selon Koï lui-même), qui crée un « règne de l’arbitraire », qui paralyse l’institution par incompétence et intérêts personnels. La diplomatie centrafricaine est en lambeaux, les cerveaux fuient, les partenaires s’éloignent, et le pays paie le prix de cette gestion catastrophique.
Koï le « docteur en insulte » a raison sur un point : c’est un signal d’alarme sans précédent. Mais qu’il assume : en mordant aujourd’hui la main qui l’a nourri, il révèle non seulement le vrai visage de Baïpo-Temon, mais aussi le sien – celui d’un opportuniste qui change de camp quand le vent tourne.
Corbeau News le répète : le régime se dévore de l’intérieur. Hémorragie des cerveaux, diplomatie en ruines, isolement croissant. Les Centrafricains méritent mieux que ces clowns qui sabotent leur pays tout en se disputant les miettes du pouvoir.
Dans le climat social actuel du pays, les témoignages de satisfaction de la part de la population civile vers le régime actuel des bras cassés se font rares. Pourtant, une courte séquence vidéo d’une dizaine de secondes, montée discrètement par le parti au pouvoir, le MCU, et relayée massivement sur les plateformes WhatsApp et Facebook, montre une femme exprimant sa gratitude envers le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera pour l’amélioration de ses conditions de vie professionnelles.
Sur la vidéo de propagande du MCU, cette citoyenne explique avec émotion qu’après avoir traversé une période de chômage et de souffrance, elle dispose désormais d’un emploi lui permettant de subvenir aux besoins de sa famille. Elle attribue ce changement directement à l’action du président Faustin-Archange Touadéra.
Toutefois, ce qui devait être un message de soutien politique s’est transformé en un véritable phénomène de foire numérique. En cause ? Une maîtrise de la langue de Molière qui semble avoir subi un court-circuit sévère. En déclarant qu’elle gagne désormais « quelques l’argent » pour « garder son foyer », la dame a involontairement ouvert les vannes d’un humour national sans pitié.
L’entrée triomphale de « Madame Tanzani »
Il n’en fallait pas plus pour que les internautes centrafricains, toujours prompts à débusquer le ridicule, lui trouvent un nom de scène. Puisque la syntaxe est malmenée avec une telle conviction, la parenté intellectuelle était évidente : elle est désormais surnommée « Tanzanie », l’épouse spirituelle (ou virtuelle) du célèbre Saint-Cyr Tanza, alias j’ai le copie dans ma bureau.
Rappelons que Monsieur Tanza, ancien candidat déclaré à la présidentielle de 2025, est déjà entré dans l’histoire pour son célèbre « J’ai le copie sur ma bureau » et sa confusion légendaire entre un conseil « constitutionnel » et « consultatif ». Voir cette dame s’exprimer avec le même mépris pour la grammaire a convaincu le public qu’ils ont sans doute partagé le même banc à l’école… ou qu’ils ont séché les mêmes cours de français au CI.
Le « couple » de l’année : Entre 15 millions de caution et « quelques l’argent »
Le contraste est saisissant et prête à rire. D’un côté, nous avons le « mari », Saint-Cyr Tanza, qui vit dans une modeste maison de location mais parvient miraculeusement à sortir 15 millions de FCFA de caution pour sa candidature, un miracle financier que beaucoup attribuent aux largesses du Palais de la Renaissance. De l’autre, sa « femme » de buzz, qui se réjouit de gagner « quelques l’argent ».
Les internautes s’amusent de cette union sacrée de l’incompétence :
Lui, il cherche son « copie » sur sa « bureau ».
Elle, elle cherche ses « quelques l’argent » pour son « foyer ».
À eux deux, ils forment l’équipe de choc du régime, capable de traumatiser n’importe quel dictionnaire de la langue française en moins de deux phrases.
Le rire comme arme politique
Au-delà de la moquerie facile, ce nouveau buzz souligne une réalité qui agace autant qu’elle amuse : le profil des soutiens que le régime Touadéra met en avant. Entre un candidat à la présidence qui se fait corriger ses lettres de motivation par des écoliers et des témoignages de gratitude truffés de perles linguistiques, l’image de la « rupture » promise en prend un coup.
Les Centrafricains, bourrés chaque jour par de propagande pathétique du régime, ont trouvé en « Tanzanie » et son « époux » une soupape de sécurité. Si l’économie ne décolle pas, l’humour, lui, est en pleine croissance. On conseille vivement à ce « couple » de ne pas ouvrir la bureau commun : on risquerait d’y perdre à la fois le copies, l’argent, et le Bescherelle.
Quand l’orgueil tombe : le pasteur Faki contraint de courber l’échine devant le diacre qu’il avait humilié à l’église baptiste Bataillon 2
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” alt=”L’église UFEB bataillon 2 est sur le point de s’exploser: Le Pasteur Faki menace, lors d’un conseil d’église, de balancer tout ses complices” width=”300″ height=”289″ />Le Pasteur controversé Faki Issene
À l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 de Bangui, un homme réputé pour son caractère intraitable vient de vivre ce que beaucoup attendaient en silence depuis longtemps : une reculade publique, lui qui ne recule jamais.
Pour rappelle, le samedi 21 février 2025, lors d’un conseil d’église, le pasteur Issène Faki Saïté avait pris à partie un diacre, ancien policier admis à la retraite, l’accusant de sorcellerie et de ténèbres devant toute l’assemblée des responsables. L’accrochage avait duré près d’une heure et demie, sans que personne n’ose intervenir. À la sortie du pasteur, le diacre, seul face au mutisme de ses pairs, avait prononcé une seule phrase avant de partir : je ne remettrais plus les pieds dans cette église.
Les jours qui ont suivi ont pris une tournure que peu imaginaient. Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, le diacre insulté par le pasteur Faki aurait rédigé une lettre circonstanciée retraçant son parcours depuis son arrivée à l’église de Bataillon, ses manœuvres, ses compromissions, ses ambitions cachées. Une copie de cette lettre a été transmise au conseil de l’église. Ce document a produit l’effet d’une déflagration de bombe dans les cercles habituellement discrets de la communauté de l’église baptiste.
C’est dans ce contexte que le pasteur Faki, celui-là même que ses proches décrivent comme un homme sans vergogne ni complexe, a fait une démarche que personne ne lui connaissait : il a cherché à demander pardon au diacre qu’il venait d’insulter publiquement.
Ainsi, le jeudi 26 février, il s’est rendu au domicile du diacre. Il n’a trouvé que l’épouse de ce dernier, qui lui a expliquer que ce genre de problème, née au sein de l’église, devait se régler dans l’église. Mais le pasteur, qui rentre comme un rat, ne se désarme pas.
Le lendemain, vendredi 27 février, il est revenu. Cette fois, le diacre était là à la maison. Le pasteur Faki lui a présenté ses excuses. Mais le diacre, sans refuser le pardon sur le plan personnel, a posé une condition : que le pasteur se présente devant le conseil de l’église, là où tout s’était passé, pour y formuler ses regrets devant les mêmes membres qui avaient assisté à la scène. Le pasteur est reparti sans répondre clairement.
Le samedi 28 février, jour prévu pour cette démarche devant le conseil, le pasteur Faki était introuvable. Il avait quitté Bangui pour son champ à PK 55, c’est-à-dire 55 kilomètres de la capitale sur la route de Damara.
Pour ceux qui le connaissent, ce repli n’a rien de nouveau : à chaque fois qu’il commet un dégât au sein de son église, il se replie dans sa ferme du PK55 pour des semaines, parfois des mois, laissant les choses se décanter loin de lui.
Pour nous, à la rédaction du CNC, nous sommes toujours à la recherche d’une copie de la lettre rédigée par le diacre. Ce document, dont le contenu serait particulièrement accablant pour le pasteur, sera mis à disposition des lecteurs dès qu’il aura été obtenu.
Un ex-chef d’état-major de 3R offre un spectacle digne d’un film à l’ivoirienne lors de sa formation à Berongo par les mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/les-rebelles-de-3r-en-formation-a-berongo-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/les-rebelles-de-3r-en-formation-a-berongo-photo-cnc.jpg” alt=”Un ex-chef d’état-major de 3R offre un spectacle digne d’un film à l’ivoirienne lors de sa formation à Berongo par les mercenaires russes” width=”193″ height=”300″ />Les rebelles de 3R en formation à Berongo. Photo CNC
À Berongo , la formation des ex-combattants rebelles du mouvement 3R présente un cas inoubliable dans l’histoire du pays. L’autoproclamé général Comté, ancien chef d’État-major de 3R, qui portait fièrement le titre de général dans le maquis, peine aujourd’hui à maîtriser les geste simples que ses propres ex-combattants exécutent sans difficulté sous l’encadrement des mercenaires russes.
L’accord signé le 19 avril à N’Djamena entre les autorités centrafricaines et deux mouvements armés constitue une étape importante dans le processus de paix. Les ex-rebelles de 3R et de l’UPC ont accepté de déposer les armes en échange d’une incorporation dans les forces régulières. Cette démobilisation, selon les auteurs, s’inscrit dans une démarche de soi-disant réconciliation nationale portée par le gouvernement depuis plusieurs mois. Le camp Berongo , installé à 80 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de la Lobaye, accueille désormais ces anciens combattants pour leur reconversion. Les mercenaires russes du groupe Wagner, que Bangui appelle pudiquement des instructeurs militaires russes, supervisent cette formation censée transformer des maquisards Peuls en soldats professionnels.
Parmi les recrues figure un personnage qui attire l’attention de tous. Cet homme occupait autrefois le poste de chef d’état-major au sein du Mouvement 3R, un groupe armé qui a longtemps perturbé le nord-ouest du pays. Son parcours dans la rébellion lui avait valu le titre de général de corps d’armée, où les grades s’attribuent dans cette rébellion selon la puissance de feu plutôt que la compétence tactique. Au camp Berongo , la réalité rattrape rapidement les prétentions. Les instructeurs découvrent avec stupeur que ce soi-disant stratège militaire ignore les gestes les plus élémentaires du métier des armes.
Le garde-à-vous, mouvement basique enseigné dès les premiers jours de toute formation militaire, devient un calvaire pour l’ex-général Comté, l’ancien chef d’État-major de 3R. Ses tentatives répétées tournent au spectacle digne de la comédie à l’ivoirienne. Les formateurs reprennent infatigablement les mêmes consignes : talons joints, pointes légèrement écartées, buste droit, bras le long du corps. Rien n’y fait. L’ex-général Comté multiplie les approximations, oscillant entre rigidité excessive et relâchement inapproprié. Près d’une centaine de démonstrations s’avèrent nécessaires avant qu’il parvienne à reproduire tant bien que mal la posture attendue.
Pour le général Comté, le salut militaire constitue une autre épreuve insurmontable. Ce geste codifié, porteur de sens et de tradition dans toutes les armées du monde, échappe totalement à sa compréhension. Ses combattants jadis, aujourd’hui ses camarades de formation, exécutent le mouvement sans difficulté apparente. Eux ont certainement reçu un minimum d’encadrement durant leur passage dans la rébellion ou possèdent simplement une meilleure capacité d’assimilation. Leur ancien supérieur hiérarchique tâtonne, hésitant entre plusieurs variantes approximatives qui déclenchent l’exaspération des formateurs.
Pour l’heure, l’armée nationale centrafricaine ne reconnaît évidemment pas ces grades autoproclamés du général. À l’issue de sa formation, cet ex-général -chef d’état-major se verra attribuer le galon de caporal, une chute vertigineuse dans la hiérarchie militaire. Du commandement théorique de centaines d’hommes, il passera à l’exécution d’ordres simples sous l’autorité de sergents et lieutenants.
Chaque jour apporte son lot d’apprentissages pour ces hommes qui doivent désormais respecter des horaires fixes, porter l’uniforme réglementaire et obéir à une chaîne de commandement claire. Pour certains, l’adaptation s’opère rapidement. Pour d’autres, comme cet ancien général devenu élève caporal, le chemin promet d’être long et semé d’embûches. Les mercenaires russes continuent de répéter les mêmes gestes, espérant que la répétition finira par porter ses fruits. L’ex-chef d’état-major s’efforce tant bien que mal d’imiter ses camarades, conscient que son nouveau statut dépend de sa capacité à assimiler ces rudiments qu’il n’a jamais jugés utiles durant ses années dans le maquis
La première société de téléphonie mobile de Centrafrique ne paie plus personne. Ni ses propriétaires, ni ses créanciers, ni l’État qui commence à perdre patience.
En effet, ce mercredi 4 mars 2026, les agents de l’Agence Centrafricaine de Formation Professionnelle et de l’Emploi, l’ACFPE, ont débarqué dans la matinée au siège de Telecel situé sur l’avenue Barthélémy-Boganda à Bangui. Leur mission était claire : recouvrer des arriérés de cotisations patronales accumulés depuis longtemps, et au besoin, procéder à la saisie de véhicules de la société. Des négociations ont finalement eu lieu avec la direction, et les agents sont repartis les mains vides, mais avec une date butoir en tête.
Ce coup de pression de l’ACFPE intervient quelques jours seulement après la fermeture de l’agence Telecel de Berberati, chef-lieu de la Mambéré-Kadéï. Le 28 février 2026, le propriétaire du bâtiment avait tiré le verrou, réclamant 1,5 million de francs CFA de loyers non réglés malgré plusieurs relances depuis décembre dernier.
Ces deux affaires, à quelques jours d’intervalle, donnent la mesure de ce que traverse une entreprise qui refusait encore récemment d’admettre l’étendue de ses difficultés. À Bangui comme en province, les obligations financières les plus ordinaires ne sont plus tenues.
Telecel a changé plusieurs fois de mains. Après le fondateur centrafricain Pismiss, puis des investisseurs égyptiens, la société est passée entre les mains d’hommes d’affaires français avant d’atterrir aux mains des libanais dont la gestion a mené l’entreprise dans une impasse dont elle n’arrive plus à sortir.
Les agents de l’ACFPE ont promis de revenir, et la suite s’inquiète déjà les employés.
La COSCIPAC porte les crimes du Haut-Mbomou devant la Cour Pénale Internationale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” alt=”La COSCIPAC porte les crimes du Haut-Mbomou devant la Cour Pénale Internationale” width=”500″ height=”225″ />Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Une organisation centrafricaine de la société civile, la COSCIPAC, a franchi un cap décisif en déposant une requête officielle à La Haye contre des crimes commis dans le Haut-Mbomou.
C’est la COSCIPAC, une plateforme regroupant plusieurs organisations de la société civile centrafricaine, qui a pris la décision de saisir le Procureur de la Cour Pénale Internationale. Ce geste, posé le 13 février 2026 depuis Bangui, repose sur l’article 15 du Statut de Rome, un texte qui autorise toute personne ou groupe à soumettre des informations au Procureur sur des crimes relevant de la compétence de la Cour. Cette base juridique est solide, car la République Centrafricaine a adhéré à ce Statut depuis le 3 octobre 2001.
C’est précisément cette adhésion qui ouvre la voie à une telle démarche, et la COSCIPAC en a pleinement tiré parti. Le document déposé à La Haye vise directement les plus hautes autorités de l’État centrafricain, à commencer par le Président Faustin Archange Touadéra, désigné comme Chef suprême des armées. Des mercenaires étrangers rattachés au groupe Wagner sont également mis en cause, accusés d’avoir opéré aux côtés des forces gouvernementales et de milices favorables au pouvoir.
Ce sont justement ces acteurs réunis qui sont accusés d’avoir mené des opérations d’une violence extrême contre des populations civiles dans une région reculée du pays. Les faits décrits dans la requête concernent principalement les populations zandé de la préfecture du Haut-Mbomou. Selon les témoignages recueillis, ces populations auraient été délibérément prises pour cible en raison de leur vote lors des scrutins présidentiels de 2016, 2020 et 2025, perçu comme une marque d’hostilité envers le pouvoir central.
C’est cette dimension politique qui confère à l’affaire un poids particulier aux yeux des auteurs de la saisine. Les crimes invoqués couvrent un éventail très large au regard du droit international. La requête mentionne des meurtres de civils non armés, des déplacements forcés de milliers de personnes, des arrestations arbitraires suivies de disparitions, ainsi que des actes de torture et des violences sexuelles dirigées principalement contre des femmes et des jeunes filles.
À ces violences directes s’ajoute une autre forme de destruction, plus lente mais tout aussi mortelle. Des villages entiers auraient été rasés, des récoltes brûlées, du bétail abattu, privant délibérément les habitants de toute possibilité de survie sur leurs terres. Ces actes, selon la requête, ont été utilisés comme un outil de domination collective destiné à briser les structures communautaires zandé.
Ce qui distingue cette requête d’un simple témoignage, c’est la rigueur avec laquelle chaque fait allégué est rattaché à un article précis du Statut de Rome. Les auteurs du document ont pris soin de qualifier juridiquement chacun des actes dénoncés, du meurtre à l’extermination, en passant par la persécution pour motifs ethniques et politiques. Cette construction minutieuse témoigne d’une volonté d’entrer pleinement dans le registre du droit pénal international.
Fort de ce dossier, la COSCIPAC adresse au Procureur quatre demandes précises. Elle lui demande d’ouvrir un examen préliminaire, d’identifier tous les responsables qu’ils soient nationaux ou étrangers, d’envisager une enquête formelle, et de prendre des mesures concrètes pour protéger les victimes et les témoins. Le sort réservé à cette requête dépend désormais du bureau du Procureur, qui dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour décider s’il convient d’aller plus loin dans l’examen des faits.
Bangui, huitième arrondissement, nouvel accident de circulation, nouvelle victime
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc.webp” alt=”Bangui, huitième arrondissement, nouvel accident de circulation, nouvelle victime” width=”400″ height=”495″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc-339×420.webp 339w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc-324×400.webp 324w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />L’image de l’accident survenu sur l’avenue Mbbaïkou, dans le huitième arrondissement de Bangui. Photo aCNC
Un accident de circulation impliquant une moto à trois roues et un véhicule s’est produit merdcredi dernier sur l’avenue Mbaïkoua, une semaine après celui du Pk12 qui a fait un mort
À Bangui, les accidents de circulation s’enchaînent. Après le mort du PK12 la semaine dernière, avenue Mbaïkoua vient d’enregistrer une nouvelle collision entre une moto à trois roues et un camion.
Les routes de la capitale centrafricaine ne pardonnent pas. Chaque semaine, un nouveau drame vient rappeler que circuler à Bangui relève parfois du parcours à risque, faute de signalisation suffisante et de contrôle rigoureux.
La semaine dernière, c’est au PK12, à la sortie nord de la ville, qu’un conducteur de moto a perdu la vie. Son engin, chargé de planches de bois, avait été heurté par un véhicule venant derrière lui. Le choc avait été si violent que le motocycliste était mort sur place.
Une semaine plus tard, un fait presque identique s’est produit sur l’avenue Mbaïkoua, dans le huitième arrondissement, à la hauteur de l’église de l’ancien Président François Bozizé. Un camion de transport a percuté une moto à trois roues qui acheminait également du bois. Sous l’impact, la moto et son chargement se sont renversés sur la chaussée.
Le conducteur de la moto à trois roues a eu plus de chance que son prédécesseur du PK12. Gravement blessé, il a été transporté à l’hôpital. Mais le chauffeur du camion, lui, n’a pas attendu l’arrivée des secours.
Quand les gendarmes ont débarqué sur les lieux pour établir le constat, le véhicule fautif avait déjà disparu. Sans identification possible du camion ni de son conducteur, l’enquête s’annonce difficile. La moto accidentée est restée sur place, seule trace visible du choc.
Sur l’avenue Mbaïkoua, comme sur bien d’autres axes de Bangui, aucun panneau de signalisation ne guide les usagers.
En moins d’un an, la ville de Zémio est devenue la ville fantôme du Haut-Mbomou
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Zémio n’est plus qu’une coquille vide. Les combats qui durent depuis neuf mois ont poussé des dizaines de milliers d’habitants à fuir vers la RDC ou d’autres régions du pays. L’église catholique dénombre 32 000 déplacés dans cette ville autrefois animée du Haut-Mbomou.
Cette fuite massive trouve son origine dans les violences qui opposent les miliciens Azandé aux mercenaires de la milice russe Wagner, soutenus par l’armée centrafricaine, les gendarmes, les policiers et la MINUSCA. Les habitants ont pris la décision de partir, parfois en quelques heures seulement.
Certains se sont déplacés vers l’intérieur du territoire centrafricain, cherchant refuge dans des zones qu’ils jugent moins dangereuses comme au sein de l’église catholique. D’autres ont préféré franchir la frontière pour rejoindre Zapay, en République démocratique du Congo, où ils espèrent obtenir le statut de réfugiés. Les familles ont abandonné leurs maisons, leurs biens, leurs commerces. Les marchés se sont vidés progressivement. Les boutiques ont fermé leurs portes une à une.
Plus de la moitié de la population a disparu des rues de la ville. Cette année, moins de 100 élèves ont franchi les portes des écoles de Zémio. Les salles de classe sont restées vides, les tableaux noirs intacts.
Derrière cet exode se cache une réalité qui explique la terreur des habitants. Les mercenaires de la milice russe Wagner et les soldats des forces armées centrafricaines ont instauré une méthode d’identification qui terrorise la population locale.
Leur critère d’arrestation repose sur la présence de cicatrices de lames de rasoir sur le corps des jeunes hommes. Pour ces forces, ces marques constituent la preuve irréfutable d’une appartenance aux miliciens Azandé, d’un engagement dans les combats armés. Peu importe que ces scarifications soient portées par la quasi-totalité des Centrafricains depuis leur plus jeune âge, qu’elles fassent partie des pratiques culturelles ancestrales, qu’elles n’aient aucun lien avec une quelconque activité militaire. Un jeune peut se promener sans arme, sans équipement suspect, sans rien qui l’associe de près ou de loin à un groupe armé. Si son corps porte ces traces, il devient automatiquement une cible.
Les forces le considèrent comme un combattant et procèdent à son arrestation sur-le-champ. Cette logique d’arrestation a provoqué une vague de déportations des jeunes du Haut-Mbomou vers la capitale. Les personnes appréhendées à Zémio sont envoyées à Bangui, parfois sans procès, sans interrogatoire digne de ce nom.
Les forces ne se contentent pas d’arrêter ceux qu’elles croisent dans les rues. Elles se rendent également sur les sites où se regroupent les déplacés, ces espaces censés offrir une protection minimale aux populations vulnérables.
Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Récemment, dix personnes ont été arrêtées directement sur un camp de déplacés de l’église catholique de Zemio. Parmi elles se trouvait un jeune boucher. Une fois arrivé à Bangui, ce garçon a été tué par des mercenaires russes du groupe Wagner. Son corps a ensuite été déposé à la morgue, sans explication, sans que sa famille soit immédiatement informée. Cette mort s’inscrit dans une série d’exécutions attribuées aux mercenaires Wagner présents dans le pays. Le groupe a tué de nombreuses personnes depuis son arrivée sur le territoire centrafricain.
Face à ces violences, aucune instance internationale ne semble en mesure d’agir. La Cour pénale internationale, informée, est sur le dossier, mais la justice est lente dans ses procédures. Cette absence d’investigation laisse le champ libre aux forces présentes à Zémio et dans les environs. Wagner poursuit ses opérations sans contrainte apparente.
Touadera continue également ses activités criminelles. Personne n’ose s’interposer ou remettre en question les méthodes employées par ses criminels russes. Le silence des institutions internationales encourage la poursuite des arrestations arbitraires, des déportations, des exécutions sommaires. Les habitants de Zémio le savent. Ils comprennent qu’aucune protection ne leur sera offerte tant que cette situation perdurera. C’est précisément cette absence de recours qui alimente leur décision de partir, de tout abandonner pour sauver leur vie et celle de leurs proches.
Parfois, après quelques semaines de calme relatif, certaines familles tentent de rentrer à Zémio. Elles espèrent retrouver leurs maisons, reprendre leurs activités, redonner une normalité à leur existence. Mais ces tentatives de retour se heurtent rapidement à la réalité du terrain. Les forces présentes dans la ville leur rendent la vie impossible dès leur arrivée. Les contrôles se multiplient, les interrogatoires recommencent, la menace d’arrestation plane constamment. Récemment, ces mêmes forces ont pris une décision qui complique encore davantage la situation : elles ont bloqué la frontière avec la RDC.