Harsene Yele Moussa, célèbre escroc de l’or et du diamant, arrêté par la brigade minière mais libéré dès le lendemain

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Il y’a quelques semaines, les enquêteurs de la brigade minière ont arrêté Harsene Yele Moussa en pleine activité. Le suspect des escroqueries à au niveau international a été libéré vingt-quatre heures plus tard par la gendarmerie. Incroyable!
L’arrestation a eu lieu sur l’axe de Mbaïki, dans le sud-ouest de la Centrafrique. Les enquêteurs de la brigade minière l’ont embarqué dans un petit village après plusieurs semaines de recherches. Le dossier pèse lourd : quarante-six millions de francs CFA disparus dans une transaction qui n’a jamais abouti, des documents falsifiés, des promesses de livraison d’or vers Dubaï qui se sont volatilisées.
Mais cette arrestation n’aura duré que le temps d’une nuit. L’avocat de la partie plaignante avait préparé son argumentaire, rassemblé les preuves, anticipé une instruction longue. Quand il s’est présenté à la gendarmerie le lendemain, on lui a annoncé que le détenu avait déjà quitté les lieux.
Le motif invoqué par les agents a de quoi laisser sans voix tous ceux qui suivent ce dossier. Les gendarmes ont tout simplement justifié leur geste que le suspect est candidat aux législatives du MCU. Donc il faut le laisser d’abord le temps d’aller battre sa campagne électorale. Cette justification a laissé l’avocat sans voix.
Pourtant, aucun article du code de procédure pénal ne prévoit pareille immunité provisoire. Dans quel registre une candidature aux Élections efface-t-elle des accusations d’escroquerie internationale ? Pourtant, les gendarmes ont tranché, et le gros escrocs circule à nouveau librement pour aller faire une autre victime.
Rappelons que l’affaire qui lui vaut ces poursuites remonte à novembre dernier. Un homme d’affaires franco-israélien établi entre le Cameroun et les Émirats arabes unis reçoit une proposition alléchante : acquérir vingt-cinq kilogrammes d’or brut centrafricain. Le contact initial passe par David Ford Aka’a, un Camerounais se faisant passer pour pasteur.
Ce dernier garantit la fiabilité des interlocuteurs à Bangui et la conformité administrative de l’opération. Le 22 novembre, l’investisseur franco-israéliens atterrit dans la capitale centrafricaine et pose ses valises à l’hôtel Ledger. C’est là que Moussa entre en scène, se présentant comme directeur d’une coopérative minière baptisée Face à Face.
Dès les premières heures, les demandes d’argent commencent à pleuvoir. Sept cent mille francs pour des formalités, cinq cent mille pour des démarches parallèles, encore cinq cent mille en prêt personnel, puis trois cent cinquante mille pour la logistique. Chaque versement s’accompagne de la même assurance : le colis attend, il suffit de régler les derniers détails avant le départ pour Dubaï.
Puis la quantité annoncée double sans crier gare. Les vingt-cinq kilogrammes initiaux deviennent cinquante. Moussa explique que des taxes douanières imprévues bloquent l’expédition, que le Becdor impose des frais supplémentaires.
Le montant grimpe à quarante et un millions de francs CFA. Pour convaincre son client, il produit une série de papiers officiels : factures commerciales estampillées au nom de la coopérative Face à Face, puis d’une autre structure nommée KE-MINES, laissez-passer délivrés par la Direction générale des ressources minières. Un bordereau de transport aérien émis par une compagnie appelée Anchor Way Lines complète le dossier.
Les documents mentionnent un envoi vers Diamanterie, société basée dans la zone franche de Dubaï. Les cachets de l’aéroport de Bangui-Mpoko figurent sur plusieurs pièces. Tout semble en ordre, du moins en apparence.
L’investisseur paie donc sans se méfier. Vingt et un mille cinq cents dollars en cryptomonnaie, cinquante mille dollars en liquide, cinq millions de francs CFA pour les billets d’avion. Une fois arrivé aux Émirats, il tente de localiser le colis.
Il contacte les services de fret, vérifie le numéro de cargo inscrit sur l’Airway Bill, cherche à joindre la compagnie de transport. Aucune trace de l’envoi. Le numéro de référence ne correspond à rien dans les bases de données.
La société Anchor Way Lines n’existe pas sous la forme indiquée. Les coordonnées mènent à des impasses. Le colis n’a jamais quitté Bangui, peut-être n’a-t-il jamais existé.
Cette mécanique n’est pas une première pour Moussa. Quelques semaines auparavant, un homme d’affaires kenyan du nom de Godoua Imendji Jesus Pierrot s’est fait piéger par un schéma identique. Les autorités de Nairobi ont arrêté deux suspects, Peter Odhiambo Onyango et Doreen Mary Odour, qui orientaient les victimes vers un intermédiaire à Bangui.
Le nom donné par ces complices kenyans : Moussa Yele Harsene, encore le redoutable escroc centrafricain est cité dans cette affaire. Les montants en jeu dépassaient cinq cent cinquante-huit mille dollars américains, auxquels s’ajoutaient cent douze mille dollars déjà versés en Centrafrique et soixante-quinze mille dollars supplémentaires. Là encore, promesse d’or, documents officiels, montée des frais, puis disparition du colis une fois les paiements effectués.
Un laissez-passer prétend qu’un lot de cinquante kilogrammes a été acheté dans la région de Boda entre octobre et novembre, pour une valeur de soixante-quinze millions de francs CFA. Le destinataire final reste toujours Triplex Diamond DMCC. Le bordereau de transport indique un poids de cinquante-deux virgule quarante-cinq kilogrammes, un mode de paiement en espèces, un enlèvement prévu le 20 novembre et une livraison attendue le 22.
Sauf que rien ne part jamais de Bangui. Les documents changent au fil des jours pour s’adapter aux circonstances. Après le dépôt de plainte du 26 novembre, une nouvelle facture apparaît, datée du 8 décembre, signée par KE-MINES.
Elle décrit un lingot portant le numéro de barre quinze, avec un titre à vingt-trois virgule soixante-huit carats et une pureté de quatre-vingt-seize pour cent. Le destinataire demeure Diamanterie, le paiement toujours prévu à Dubaï après des tests en raffinerie. Cette facture arrive après que l’investisseur a découvert la supercherie, comme si le réseau adaptait ses papiers au fur et à mesure que les blocages se multipliaient.
Notons que monsieur David Ford Aka’a, le rabatteur camerounais, circule toujours librement entre Yaoundé et Bangui. Son rôle de premier contact est clairement établi dans les documents, mais aucune autorité n’a confirmé l’ouverture d’une enquête le concernant. La victime affirme qu’il aurait déjà approché d’autres investisseurs avec des propositions similaires.
Il y’a lieu de rappeler que monsieur Harsene Yele Moussa n’est pas à sa première arrestation. On se souvient il y’a quelques mois, ce monsieur a été interpelé et écroué à la maison d’arrêt de Ngaragba. Mais 24 heures après son arrivée à Ngaragba, Harsene Yele Moussa sort librement. C’est incroyable!
Alors, les centrafricains se demandent si ce genre de personnage accède au parlement, les conséquences pour le pays risquent d’être considérables. L’Assemblée nationale compte déjà des députés controversées et voleurs dans ses rangs. Mais l’arrivée de tel individus poursuivis pour des escroqueries internationales changerait encore la donne et installerait un précédent dangereux pour l’avenir des institutions
Par Alain Nzilo
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)