Bambari : Quand les poubelles et les herbes révèle l’impuissance municipale
Entre herbes folles et excuses bancales, Abel Matchipata, le maire de Bambari incarne -t-il l’incompétence généralisée des maires ou la faillite d’un système qui abandonne ses citoyens ?
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Bambari, les herbes poussent plus vite que les solutions d’Abel Matchipata. Le maire de cette ville, visiblement dépassé par l’ampleur de la tâche, multiplie les déclarations d’intention pendant que sa commune se transforme en savane urbaine. Entre les bâtiments publics envahis par la végétation et les espaces privés livrés à eux-mêmes, Bambari offre le spectacle désolant d’une administration locale qui a baissé les bras.
Pourtant, les explications du maire frisent la naïveté désarmante. “C’est tout à fait naturel que pendant la saison pluvieuse les herbes puissent pousser”, déclare-t-il avec le sérieux d’un botaniste découvrant la photosynthèse. Effectivement, monsieur le maire, les herbes poussent ! Et c’est justement pour cela qu’on nomme chez nous des responsables municipaux : pour anticiper, organiser, gérer. Mais visiblement, à Bambari, on découvre les saisons avec la même surprise qu’un touriste débarquant sous les tropiques.
Pourtant, devant cette révélation saisonnière, la riposte municipale se résume à l’opération “Kwa Ti Kodro” présidentielle. “Il est question que chaque samedi tous les citoyens puissent prendre leur temps, deux à trois heures, pour désherber”, explique Abel Matchipata. Génial ! Pendant que les taxes municipales se perdent dans les zigzags administratifs, on demande aux contribuables de faire le travail de la voirie bénévolement. Le cynisme a ses limites, mais apparemment pas à l’hôtel de ville de Bambari.
D’ailleurs, cette stratégie du “travail gratuit pour tous” a rapidement montré ses limites. “L’effectif a commencé par se réduire du fait que les gens pensaient qu’après les travaux, il devait y avoir quelque chose”, avoue le maire avec une candeur déconcertante. Quelle surprise ! Des citoyens qui peinent à survivre s’attendaient à être rémunérés pour nettoyer leur ville. Mais non, dans l’univers municipal de Matchipata, l’altruisme doit suffire à nourrir les familles et à motiver les troupes.
Mais le plus pathétique reste la litanie des “succès” municipaux. “Le samedi passé, un groupe a travaillé dans l’enceinte de l’hôpital et un autre au rond-point”, se félicite-t-il comme s’il venait de construire une autoroute. Un hôpital et un rond-point nettoyés par des bénévoles ! Voilà le bilan d’une administration municipale en 2025. À ce rythme, Bambari sera propre vers 2085, si les herbes acceptent de coopérer avec le maire.
Pourtant, face aux bâtiments administratifs envahis par la végétation, le maire découvre soudain les responsabilités de chacun. “Il y a des bâtiments occupés par des fonctionnaires, et leur devanture est envahie par de hautes herbes”, constate-t-il avec la perspicacité d’un détective privé. Alors là, monsieur Matchipata, il faut choisir : soit vous êtes maire et vous faites respecter la réglementation, soit vous êtes commentateur sportif et vous observez le match depuis les tribunes.
Finalement, l’exemple de l’LENI qui a embauché un personnel pour nettoyer régulièrement” le fait rêver. Embaucher du personnel pour l’entretien urbain ! Quelle innovation révolutionnaire ! On se demande pourquoi personne n’y avait pensé avant. Peut-être parce que cela s’appelle tout simplement… la gestion municipale de base.
L’aveu de faiblesse ultime arrive avec la justification finale : “Comme il y a un problème d’effectifs, on ne peut pas tout faire à la fois”, soupire le maire. Bien sûr ! Avec zéro budget alloué au nettoyage, zéro personnel municipal dédié et zéro stratégie cohérente, effectivement, les effectifs manquent. Mais ce n’est pas un problème d’effectifs, monsieur Matchipata, c’est un problème de compétence et de volonté politique.
Abel Matchipata reste pourtant “déterminé à poursuivre les efforts”. Quels efforts exactement ? Continuer à demander aux citoyens de travailler gratuitement ? Espérer que les herbes arrêtent de pousser ? Attendre que la magie opère ? À Bambari, la détermination du maire ressemble davantage à de l’entêtement dans l’incompétence qu’à une véritable volonté de changement. Pendant ce temps, les herbes continuent de pousser, indifférentes aux déclarations municipales et aux opérations présidentielles fantômes.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)