Vers l’annulation du scrutin du 28 décembre ? Joseph Bindoumi signale des anomalies trop lourdes devant le Conseil constitutionnel

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Joseph Bindoumi, magistrat à la tête du Réseau Arc-en-ciel pour l’observation des scrutins, a lancé un avertissement dans l’émission Patara sur la radio Ndèkè-Luka. Les dysfonctionnements constatés lors de l’élection du 28 décembre risquent de pousser le Conseil constitutionnel à invalider l’ensemble du processus.
Le responsable de la mission d’observation refuse de clore le débat sur l’affichage des listes électorales. Il renvoie directement à l’article 11 du code électoral qui impose cet affichage au chef-lieu de chaque commune, en accord avec l’autorité administrative locale et l’Agence nationale des Élections. « Je ne comprends pas pourquoi tout le temps on nous dit que l’affichage n’est pas obligatoire », insiste-t-il, rejetant les arguments de l’ANE qui minimise cette obligation légale.
Au-delà de cette controverse, Bindoumi relance également la question des procès-verbaux non distribués aux représentants des candidats, sujet déjà évoqué par d’autres intervenants. Mais il franchit un palier supplémentaire en dénonçant les retards inexplicables dans la transmission des documents officiels. Les procès-verbaux des bureaux de vote de Bangui, Bégoua et Bimbo ont mis trois ou quatre jours pour parvenir à l’ANE après le scrutin. « Comment on peut expliquer ça ? », interroge-t-il, soulignant l’absence de justification technique ou logistique à ces délais anormaux dans des zones pourtant dans la capitale.
Le magistrat monte d’un cran dans sa critique de la gestion de l’ANE. Il rejette fermement l’excuse du rappel à l’ordre à distance, estimant qu’une autorité électorale responsable doit se déplacer sur le terrain et sanctionner directement les agents qui agissent de façon autonome. Bindoumi alerte ensuite sur le danger juridique que représentent ces accumulations de manquements. « On peut craindre que s’il y a beaucoup d’irrégularités qui sont susceptibles d’atteindre la sincérité du vote, le conseil constitutionnel peut décider que les manquements sont tellement nombreux que cette élection n’a plus le sens d’élection et procède à son annulation », déclare-t-il avec une gravité inhabituelle.
Cette perspective d’annulation totale n’est pas une simple hypothèse théorique selon lui. L’ANE doit mesurer ce risque juridique majeur et ne peut pas se contenter d’organiser un scrutin tout en acceptant qu’une haute juridiction vienne ensuite l’invalider. Bindoumi évoque également l’article 121 du code électoral, qui a donné lieu à des plaintes renforcées par le communiqué de l’ANE demandant la remise des procès-verbaux aux demandeurs. Ces éléments fourniront au Conseil constitutionnel des motifs tangibles pour statuer éventuellement en faveur d’une annulation.
Toutefois, le magistrat nuance aussitôt son propos en reconnaissant que le Conseil constitutionnel pourrait ne pas aller jusqu’à cette extrémité. Il mentionne une décision exceptionnelle prise par cette institution depuis l’indépendance du pays : le déploiement de 61 magistrats répartis sur le territoire pour mener une observation indépendante du processus. Ces magistrats ne rendent pas compte à l’ANE mais directement au Conseil constitutionnel, qui les a mandatés pour disposer de données fiables et non filtrées par l’autorité électorale.
Bindoumi précise que ces rapports ne transitent pas par l’Agence nationale des Élections. Lorsqu’un intervenant cherche à confirmer que ces observations servent à l’institution elle-même, le magistrat rectifie immédiatement : « Non, c’est pour le conseil constitutionnel. » Cette mission spéciale traduit, selon lui, une volonté de pallier les insuffisances de l’observation habituelle et de s’assurer que la décision finale reposera sur des faits vérifiés de manière autonome.
Malgré cette prudence affichée, Bindoumi maintient son analyse critique en estimant que le Conseil constitutionnel a pris des dispositions exceptionnelles pour être suffisamment éclairé avant de trancher. Les 61 magistrats ont été déployés précisément parce que les conditions normales d’observation n’ont pas fonctionné. Leur travail représente une garantie de transparence que l’ANE n’a pas su offrir pendant le déroulement du scrutin.
Le chef de mission du Réseau Arc-en-ciel ne pense pas que le résultat final de cette enquête indépendante conduira forcément à l’annulation du processus, mais il laisse entendre que cette option demeure ouverte. Le Conseil constitutionnel dispose désormais de tous les éléments pour évaluer la gravité des anomalies et décider si elles ont altéré la sincérité du vote au point de rendre le scrutin invalide. Les retards dans la transmission des procès-verbaux, l’absence d’affichage des listes, la non-distribution des documents aux représentants des candidats constituent autant de pièces à verser au dossier d’examen de la haute juridiction
Par Gisèle MOLOMA
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)