Bangui cherche un financier du Golfe pour solder la note des Mercenaires russes, selon Africa intelligence

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À quelques semaines de l’échéance électorale du 28 décembre où il brigue un nouveau mandat illégal, Faustin-Archange Touadéra jongle entre campagne électorale et équilibrisme géopolitique. Son principal casse-tête demeure ses relations avec la Russie, qui multiplie les pressions pour imposer la transition entre Wagner et sa nouvelle structure, Africa Corps, directement rattachée au ministère russe de la Défense.
Dans cette équation complexe, le président centrafricain a identifié un potentiel médiateur : les Émirats arabes unis. Selon L’Afrique Intelligence, Touadéra prévoit de se rendre prochainement à Abu Dhabi pour conclure un arrangement financier et sécuritaire avec le président émirien Mohammed bin Zayed Al Nahyan.
Selon Afrique intelligence, cette diplomatie triangulaire s’est concrétisée lors d’une réunion discrète organisée le 12 septembre dernier à Abu Dhabi. Le président centrafricain Baba Kongoboro y a rencontré Mohammed bin Zayed, qui avait organisé la présence d’un envoyé de Vladimir Poutine. La rencontre incluait également Taha Osman Ahmed al-Hussein, figure éminemment controversée disposant de passeports congolais, saoudien et émirien. Ce conseiller privé de Mohammed bin Zayed, sanctionné par Washington depuis 2023, représente les intérêts de Mohamed Hamdan Dagalo, surnommé “Hemeti”, commandant des Forces de soutien rapide au Soudan.
Pour Abu Dhabi, faciliter les discussions entre Bangui et Moscou répond à une logique précise : consolider les voies d’approvisionnement vers les milices de Hemeti, qui ont pris le contrôle d’El-Fasher le 26 octobre, opération accompagnée de violences contre les populations civiles et des crimes graves qui pourraient couter chère au Président centrafricain devant la CPI.
Il convient de rappeler que la Russie de Vladimir Poutine présente à Bangui une facture mensuelle de 15 millions de dollars en liquide pour le déploiement d’Africa Corps, rapporte L’Afrique Intelligence dans son édition du 21 juillet 2025. Cette somme représente plus de la moitié des recettes internes prévues au budget 2025 du pays. Face à des autorités russes inflexibles, Touadéra s’est tourné vers les Émirats, qui se montrent ouverts à discuter d’un financement.
En contrepartie, Abu Dhabi vise à transformer la Centrafrique en plateforme logistique criminelle pour approvisionner Hemeti, notamment depuis Birao, selon L’Afrique Intelligence du 31 mars 2025. Cette route s’ajouterait aux circuits existants via le nord du Tchad, où les Émirats contrôlent l’aéroport d’Amdjarass mais redoutent une fragilisation du président Mahamat Idriss Déby face à des contestations internes.
Cette manœuvre dévoile la diplomatie à double visage de Touadéra. Officiellement, le président centrafricain affiche son soutien au général Abdel Fattah al-Burhan, l’homme fort de Khartoum qui bénéficie de l’appui russe. Dans les faits, en réalité, Baba Kongoboro soutient les rebelles soudanais. Ces arrangements avec Abu Dhabi le placent officiellement désormais du côté de Hemeti, l’adversaire de Burhan. Ce double jeu s’explique par des considérations financières : sans le financement émirien, Bangui ne peut régler la facture imposée par Moscou. Touadéra navigue ainsi entre des alliances contradictoires, sachant que chacun de ses partenaires poursuit ses propres objectifs et que les engagements pris aujourd’hui pourraient se révéler caducs demain.
Les Émirats promettent des investissements dans les secteurs aurifère et énergétique, ainsi qu’un projet aéroportuaire près de Bangui incluant un centre de maintenance pour la compagnie Emirates destiné à l’Afrique centrale et une installation solaire de grande envergure. Toutefois, l’intervention émirienne dans la région s’accompagne de déstabilisations notables, Abu Dhabi jouant un rôle actif dans le conflit soudanais qui génère une crise humanitaire majeure.
Depuis son implantation en 2017, Wagner s’est rendu incontournable pour le régime centrafricain. Dmitri Sytyi, trentenaire officiellement à la tête de la Maison russe, a structuré un système qui a survécu à la mort d’Evgueni Prigozhin en août 2023, note L’Afrique Intelligence du 23 mai 2024.
Avec l’arrivée prévue d’environ 1 000 hommes d’Africa Corps début 2026, Sytyi devrait officiellement devenir conseiller présidentiel. Touadéra, qui lui accorde sa confiance, craint particulièrement un affaiblissement de son dispositif de protection. Le chef d’État redoute notamment les services de renseignement soudanais fidèles au général Burhan, très actifs à Bangui.
Dmitri Sytyi réorganise actuellement son dispositif pour cohabiter avec Africa Corps, qui devrait intégrer certains de ses éléments. Bien qu’il abandonne la formation des Forces armées centrafricaines, il envisage de redéployer ses contingents vers des zones reculées mais stratégiques comme la Vakaga, proche du Soudan, en concentrant davantage ses activités sur l’exploitation minière.
Par Anselme Mbata….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)