La descente aux enfers de Berberati : quand les routes disparaissent sous les yeux des habitants.
Centrafrique.org/berberati-celebre-lintroduction-de-la-carte-didentite-nationale/hotel-de-ville-de-berberati-copyrights-cnc/” rel=”attachment wp-att-64856″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Hotel-de-ville-de-Berberati-copyrights-CNC-450×338.jpg” alt=”Hôtel de ville de Berberati copyrights CNC” width=”450″ height=”338″ />Hôtel de ville de Berberati. copyrights CNC
Bangui, CNC. L’image de Berberati, deuxième ville de Centrafrique, se dégrade à vue d’œil. Les routes s’effondrent, les quartiers s’isolent, l’accès à la ville devient un parcours du combattant. Un natif tire la sonnette d’alarme sur l’état catastrophique de sa ville natale, révélant l’ampleur du désastre.
Berberati , une ville coupée du monde.
“Ça me fend le cœur de voir ces images de ma ville natale”, confie un habitant originaire de Berberati. Son témoignage dresse un tableau apocalyptique : la route vers Carnot avalée par un “grand trou” au quartier Ça va, l’accès à Nola bloqué du côté de Sambanda, obligeant à un détour par le lycée Barthélémy Boganda. Même l’aérodrome risque bientôt d’être inaccessible.
L’axe stratégique menant à la frontière camerounaise est lui aussi coupé. “Entre-temps cette route était coupée non loin de la gendarmerie et le bureau de la douane”, précise le témoin, soulignant l’aggravation de la situation. Le quartier Poto Poto se retrouve encerclé par des cratères béants.
La chute de Berberati , un abandon programmé.
“On savait que ça allait arriver un jour”, déplore l’habitant, résigné. “Depuis notre tendre enfance on s’y attendait, on savait que l’État ne pouvait rien faire”. Cette impuissance des autorités n’est pourtant pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques désastreux.
Pendant que Berberati et d’autres villes de province sombrent dans l’oubli, le gouvernement dépense sans compter pour les Mercenaires russes de Wagner et les forces rwandaises. Chaque semaine, ce sont des centaines de millions de francs CFA qui partent en fumée pour entretenir ces troupes étrangères, au détriment des infrastructures vitales du pays.
L’État centrafricain préfère tendre la main aux bailleurs internationaux ou demander de crédit bancaire pour financer le groupe Wagner plutôt que d’investir dans le développement du pays. Résultat : une dette qui explose, dépassant les 1000 milliards de francs CFA, un record historique. Malgré cet endettement massif, les Centrafricains ne voient aucune amélioration de leur quotidien.
Un appel à la mobilisation.
Les habitants de Berberati et des autres villes délaissées ne peuvent plus se contenter de se lamenter sur les réseaux sociaux. Il est temps de s’organiser, de manifester, d’exiger des comptes aux autorités locales et nationales. Le silence et la peur ne feront qu’aggraver la situation.
Le cas de Berberati illustre le déclin général des villes de province centrafricaines, sacrifiées sur l’autel des priorités douteuses et criminelles du pouvoir. Sans une prise de conscience et une mobilisation des citoyens, ces localités risquent de disparaître, englouties par l’incurie de l’État et l’érosion. Il est urgent d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
Affaire Yandocka, le procureur Benoit Narcisse Foukpio dos au mur
Centrafrique.org/drame-a-locrb-un-detenu-victime-de-torture-des-mercenaires-russes-decede-en-plein-tribunal/le-magistra-benoit-narcisse-foukpio-procureur-de-la-republique-pres-tgi-bangui/” rel=”attachment wp-att-70682″ data-wpel-link=”internal”>Le magistra Benoit Narcisse Foukpio, Procureur de la République près TGI Bangui
Festival-pour-accompagner-les-jeunes-artistes” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Bangui, CNC. L’arrestation de l’opposant Dominique Éphrem Yandocka plonge la justice centrafricaine dans l’embarras. Neuf mois après son incarcération, le dossier du député reste vide, mettant le procureur de la République, Benoit Narcisse Foukpio, dans une situation délicate.
Une arrestation controversée, et le procureur Benoit Narcisse Foukpio à la dérive.
Le 17 décembre 2023 à 4 heures du matin, Dominique Éphrem Yandocka, président du parti ITA, est arrêté à son domicile du quartier Fouh dans le 4e arrondissement de Bangui. Le député est accusé de tentative de coup d’État et immédiatement placé en détention au camp de Roux. Pour justifier cette arrestation sans la levée de son immunité parlementaire au préalable, le procureur Benoit Narcisse Foukpio évoque une “enquête en flagrance”.
Un dossier vide qui embarrasse le procureur Benoit Narcisse Foukpio .
Neuf mois plus tard, le député croupit toujours en prison sans avoir été jugé. Son état de santé s’est dégradé, le contraignant à l’infirmerie. Pendant ce temps, le dossier du procureur Benoit Narcisse Foukpio reste désespérément vide. “Le juge d’instruction n’a même pas de dossier, rien pour monter l’affaire”, confie une source proche du dossier. Le procureur Benoit Narcisse Foukpio lui-même se retrouve incapable de rassembler des preuves tangibles.
Des incohérences juridiques flagrantes.
L’accusation repose uniquement sur un enregistrement audio du député, censé prouver des achats d’armes et le recrutement des mercenaires étrangers. Or, comme le souligne un juriste, “un simple enregistrement ne constitue en aucun cas un flagrant délit”. La notion même de flagrance est remise en question, puisqu’aucun fait concret n’a été constaté. De plus, l’immunité parlementaire de Yandocka n’a toujours pas été levée, rendant sa détention très très illégale.
Le Procureur Benoit Narcisse Foukpio aux abois.
Désemparé, le procureur Benoit Narcisse Foukpio en est réduit à quémander des preuves auprès du gouvernement et du président Kongoboro . “Il demande au gouvernement de lui fournir des éléments pour étayer l’accusation“, révèle à CNC un magistrat proche du dossier. Cette situation ubuesque prouve pour la nième fois les dysfonctionnements criants de la justice centrafricaine.
Un deux poids, deux mesures qui interroge.
Le contraste est saisissant avec d’autres affaires récentes. Trois suspects arrêtés pour trafic de faux billets ont été jugés et condamnés en un temps record. De même, deux Franco-Algériens interpellés par des milices de la garde présidentielle ont écopé rapidement de deux ans de prison. Ces procédures expéditives tranchent avec l’enlisement de l’affaire Yandocka.
Une justice aux ordres.
Cette affaire pousse les centrafricains à s’interroger sur l’indépendance de la justice dans leur pays. Le procureur semble incapable d’assumer ses responsabilités sans l’aval du pouvoir politique. “On prend des bras cassés pour les mettre à des postes clés et ils sont incapables de respecter la loi”, s’indigne un avocat centrafricain sous couvert d’anonymat.
L’affaire Yandocka révèle au grand jour les failles béantes d’un système judiciaire à la botte du pouvoir. Instrumentalisée à des fins politiques, la justice centrafricaine perd toute crédibilité. Le procureur, pris à son propre piège, se retrouve dans l’impasse. Seule une réforme en profondeur pourrait restaurer l’État de droit dans un pays miné par l’arbitraire.
Pendant que Wagner tue, Piri et Moloua font la dense au rythme de Ndombolo centrafricain à Bangui
Centrafrique.org/augmentation-du-cout-de-lessence-un-prix-a-la-pompe-qui-fait-mal-a-la-poche-des-centrafricains-mais-soulage-le-president-touadera/le-ministre-en-charge-du-developpement-de-lenergie-et-des-ressources-hydrauliques-arthur-bertrand-piri-ngaba/” rel=”attachment wp-att-61983″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/01/Le-ministre-en-charge-du-developpement-de-lenergie-et-des-ressources-hydrauliques-Arthur-Bertrand-Piri-ngaba-450×300.jpg” alt=”Le ministre en charge du développement de l’énergie et des ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri ngaba” width=”450″ height=”300″ />Le ministre en charge du développement de l’énergie et des ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri. CopyrightDR
Bangui, CNC. Les festivités battent leur plein à Bangui pendant que le pays sombre dans le chaos. Le Premier ministre Félix Moloua et son ministre de l’Hydraulique Arthur Piri se sont livrés à un spectacle affligeant lors d’un concert de l’orchestre du MCU (mouvement des coeurs unis ) dans la capitale. Insouciance choquante des dirigeants au moment où la République centrafricaine traverse une crise profonde.
Pendant que Wagner tue, des scènes surréalistes à Bangui.
Le ministre Piri, le grand mafieux du gouvernement centrafricain, s’est donné en spectacle sur la piste de danse, se roulant au sol comme un enfant de 2 ans au rythme de Ndombolo centrafricain. Non content de cette exhibition indigne, le Premier ministre Moloua l’a rejoint dans cette débauche festive. Alcool à profusion, danses lascives… Un comportement indécent de la part de hauts responsables de l’État, pendant que Wagner tue.
Pendant que Wagner tue, un pays à l’agonie.
Pendant ce temps où la fête bat son plein, la situation du pays ne cesse de se dégrader. Les mercenaires de Wagner sèment la terreur dans les provinces, empoisonnant massivement la population avec leur alcool frelaté “Wanawa”. Les groupes armés multiplient les exactions contre les civils et les FACA. Le système de santé s’effondre, privant les centrafricains de soins. L’éducation est sacrifiée, avec le recrutement massif de maîtres-parents sous-payés.
Pendant que Wagner tue, l’isolement des villes de province s’accentue du fait d’infrastructures délabrées. Routes impraticables, ponts effondrés… Le délabrement est général. Les soldats centrafricains déployés en province souffrent de conditions de vie déplorables, pendant que que Wagner tue, .
Une gouvernance calamiteuse.
Ce décalage entre la fête à Bangui et la descente aux enfers du reste du pays montre l’inconscience totale des soi-disant autorités centrafricaines. La République centrafricaine est dirigée par des irresponsables déconnectés des réalités. Leur comportement pousse les centrafricains à se demander. Le pays mérite mieux que ces pitres incapables de prendre la mesure de la gravité de la situation.
Le retour en grande pompe de Touadera de Chine laisse un goût amer
Centrafrique.org/fiasco-diplomatique-touadera-transforme-une-visite-detat-en-chine-en-couteuses-vacances/touadera_president_chinois/” rel=”attachment wp-att-83213″ data-wpel-link=”internal”>Le Président centrafricaine, Faustin Archange Touadera, à gauche, et le Président chinois, Xi Jinping , à droite, au palais du peuple en Chine, le 6 septembre 2024. Copyrightla renaissance.
Bangui, CNC. Le président Baba Kongoboro est rentré à Bangui il y a quelques jours, après avoir participé au Forum Chine-Afrique. Accompagné d’une imposante délégation de 11 ministères, son retour s’est fait en fanfare. Pourtant, le silence règne sur les retombées concrètes de ce voyage.
Chose surprenante, une facture de 250 millions de francs CFA est arrivée au Trésor public centrafricain. De quoi s’agit-il ? Le contribuable centrafricain devra-t-il payer pour ce déplacement présidentiel ? Ces questions restent pour l’instant sans réponse.
L’opacité entoure les résultats de cette visite en Chine. Aucun bilan n’a été communiqué, aucun rapport n’a été rendu public. Le peuple centrafricain est en droit de s’interroger sur les bénéfices réels de ce voyage pour le pays.
Ailleurs, les chefs d’État se font généralement accompagner d’hommes d’affaires et de chefs d’entreprise lors de tels déplacements, afin de négocier des contrats. Ici, la délégation était essentiellement composée de ministres, avec une forte représentation du ministère de la Défense.
Le président Touadera devrait entreprendre une tournée dans le pays pour présenter un compte-rendu détaillé de sa visite en Chine. Les Centrafricains attendent des informations précises sur les accords conclus et les perspectives de coopération.
Comment expliquer qu’un voyage censé rapporter des financements et du soutien se solde par une facture de 250 millions ? La générosité chinoise aurait-elle ses limites ? Ces interrogations méritent des éclaircissements de la part des autorités.
L’ECAC tire la sonnette d’alarme : Touadera et son gouvernement coupables de non-assistance à éducation en danger en Centrafrique
l’Abbé Mercier Edgard Keket Ngbanda, Secrétaire général de l’Enseignement Catholique Associé de Centrafrique (ECAC),
Bangui, CNC. La conférence de presse tenue le 12 septembre 2024 par l’Abbé Mercier Edgard Keket Ngbanda, Secrétaire général de l’Enseignement Catholique Associé de Centrafrique (ECAC), a dévoilé l’incompétence flagrante du gouvernement en matière d’éducation. Les révélations faites sont accablantes pour les autorités centrafricaines.
Un État défaillant depuis 27 ans, l’ECAC tire la sonnette d’alarme.
Le scandale le plus retentissant concerne les cotisations sociales des enseignants. Depuis 1997, soit 27 ans, l’État centrafricain n’a pas versé un franc à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour les enseignants de l’ECAC. Cette négligence criminelle prive des milliers d’éducateurs de protection sociale et de retraite décente.
L’Abbé Keket Ngbanda a déclaré : “Selon la Convention de partenariat signée avec l’État, ces charges devraient être assurées par l’État. Chose qui n’est pas faite depuis 1997 et nous sommes obligés d’assumer avec les frais d’écolage que les parents nous versent”. Cette situation ubuesque démontre l’irresponsabilité totale des gouvernements successifs.
Une inflation galopante ignorée par le pouvoir, l’ECAC tire la sonnette d’alarme.
L’ECAC se voit contraint d’augmenter les frais de scolarité de ses élèves pour faire face à l’inflation. “C’est une réalité sur le plan social ; il y’a l’inflation des prix à tous les niveaux et cette inflation impacte négativement aussi bien sur l’organisation de nos structures éducatives”, explique l’Abbé. Pendant ce temps, le gouvernement reste les bras croisés, incapable de juguler la hausse des prix qui étrangle les familles centrafricaines.
Le carburant, dont le prix est fixé par l’État, connaît des augmentations vertigineuses. Ces hausses se répercutent sur tous les secteurs de l’économie, y compris l’éducation. Le gouvernement, plutôt que de soutenir les établissements scolaires, les laisse se débrouiller seuls.
L’ECAC dénonce une politique d’uniformisation irréfléchie.
Le Ministre de l’Éducation Nationale a récemment décidé d’uniformiser les tenues scolaires dans tout le pays. Cette décision, prise sans concertation, illustre le mépris du gouvernement pour les réalités du terrain. L’ECAC, soucieux du bien-être des familles, a préféré consulter les parents avant de se prononcer.
“Après des séries de rencontres aussi bien au niveau de Bangui qu’à l’intérieur du pays, unanimement les parents ont décidé de ne pas adhérer automatiquement à cette décision cette année car cette décision est arrivée à l’improviste”, explique l’Abbé Keket Ngbanda. Cette sage décision contraste avec l’autoritarisme aveugle du Ministre.
Un système éducatif au bord du gouffre.
Pendant que l’ECAC lutte pour maintenir la qualité de son enseignement, le système éducatif public centrafricain s’effondre. Les écoles manquent de tout : enseignants qualifiés, manuels scolaires, infrastructures décentes. Le gouvernement semble avoir abandonné sa mission éducative, laissant le secteur privé et confessionnel pallier ses défaillances.
La rentrée scolaire 2024-2025, qui s’était déroulée le 16 septembre, a été chaotique. Le Président Baba Kongoboro l’avait lancer officiellement à Bambari, dans la Ouaka, avec un discours plein de promesses creuses, comme à son habitude.
Un appel à la responsabilité gouvernementale.
Il est grand temps que le gouvernement centrafricain prenne ses responsabilités en matière d’éducation. Des mesures urgentes s’imposent :
Le versement immédiat des arriérés de cotisations sociales pour tous les enseignants, y compris ceux de l’ECAC.
La mise en place d’un plan de stabilisation des prix, notamment pour les produits de première nécessité et le carburant.
Une renégociation de la convention avec l’ECAC, assortie de garanties financières solides.
Un plan d’urgence pour la rénovation et l’équipement des écoles publiques.
Une revalorisation significative des salaires des enseignants, tous secteurs confondus.
L’ECAC, malgré les difficultés, continue de fournir une éducation de qualité à des milliers de jeunes Centrafricains. Son Secrétaire général lance un appel poignant : “Il faut tout mettre en œuvre pour l’éducation des enfants, afin de garantir l’avenir du pays.” Il est temps que le gouvernement entende ce message et agisse enfin pour l’avenir de la nation.
L’éducation est la clé du développement. En abandonnant ce secteur crucial, le gouvernement centrafricain hypothèque l’avenir du pays tout entier. Les citoyens ne peuvent plus se contenter de vaines promesses. Ils exigent des actes concrets pour sauver l’école centrafricaine.
La présence d’hommes armés, éléments des 3R, sème la panique parmi les populations de Kparé et Donga
Centrafrique.org/rca-installation-des-membres-de-la-commission-denquete-speciale-a-bangui/plusieurs-elements-des-3r-avec-des-armes-de-guerre-dans-une-position-horizontale/” rel=”attachment wp-att-46834″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/05/Plusieurs-elements-des-3R-avec-des-armes-de-guerre-dans-une-position-horizontale-450×337.jpg” alt=”Les éléments rebelles de 3R. Photo CNC” width=”450″ height=”337″ />Les éléments rebelles de 3R. Photo CNC
Les habitants des villages de Kparé et Donga, situés respectivement à 12 et 15 km de Bozoum sur les axes Bouar et Bocaranga, vivent dans l’angoisse depuis quelques jours. Des hommes armés, soupçonnés d’appartenir au groupe 3R, multiplient les déplacements dans la zone.
Cette situation intervient après les affrontements du mardi 10 septembre 2024 à Ngoutere, 45 kilomètres de Bocaranga sur l’axe de Bozoum, entre les forces loyalistes et des éléments rebelles de 3R, membre de la coalition des patriote pour le changement (CPC), qui ont coûté la vie à deux militaires.
Dans la nuit de samedi à dimanche, ces hommes en armes ont bloqué la circulation pendant plus d’une heure sur l’axe Bozoum-Bouar. Ils ont intercepté des passants, à la recherche de personnes en uniforme. Des conducteurs de taxi-moto et des piétons ont été retenus pendant 3 heures avant d’être relâchés.
Selon un habitant de Kparé s’exprimant sous couvert d’anonymat, les assaillants n’ont ni volé ni maltraité les otages. Ils les ont interrogés sur la ville de Bozoum et la direction de Ngoutere avant de les libérer. Le même scénario s’est ensuite répété sur l’axe Bozoum-Bocaranga.
Après ces incidents, les hommes armés se sont dispersés dans la brousse vers une destination inconnue, plongeant les populations locales dans la psychose. Les habitants de Kparé et Donga lancent un appel pressant au gouvernement pour assurer leur sécurité.
la Cour pénale spéciale concrétise les réparations aux victimes de Paoua
Centrafrique.org/dans_la_salle_de_la_cour_penale_speciale/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/dans_la_salle_de_la_cour_penale_speciale-450×300.jpg” alt=”Trois juges de la Cour Pénale Spéciale en République centrafricaine lors d’une séance officielle, filmés par la CPS. Corbeaunews-Centrafrique.” width=”450″ height=”300″ />Les juges de la Cour Pénale Spéciale lors d’une audience dédiée aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité. CopyrightCPS
Bangui, CNC. Une première historique vient de se produire en République centrafricaine. La Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé avoir achevé l’exécution des réparations ordonnées dans l’affaire dite de Paoua. C’est la première fois qu’une juridiction centrafricaine voit ses décisions de réparations aux victimes effectivement mises en œuvre.
Le 31 août 2024, le Service d’aide aux victimes et à la défense (SAVD) de la CPS a remis un montant total de 18 855 000 francs CFA aux parties civiles. Parmi les bénéficiaires figurent 9 victimes directes des crimes, dont 5 victimes de violences sexuelles, ainsi que 32 familles touchées par l’attaque des villages de Lemouna et Koundjili le 21 mai 2019.
Cette affaire avait abouti le 23 octobre 2023 à la condamnation de trois accusés : Issa Sallet Adoum, Yaouba Ousman et Mahamat Tahir. La chambre d’appel de la CPS avait alors ordonné des réparations individuelles et collectives.
Au-delà de l’aspect financier, les victimes de violences sexuelles bénéficieront également du soutien du Projet Nengo. Ce dispositif vise à apporter un accompagnement psychologique et social aux survivantes de crimes sexuels.
La CPS souligne que ces réparations ont pu être mises en œuvre seulement 10 mois après la décision de justice, grâce notamment au soutien des partenaires internationaux. En effet, les personnes condamnées étant indigentes, un fonds spécial alimenté entre autres par les États-Unis a permis de concrétiser ces réparations.
Pour Bernard Mbari, expert juridique, “c’est un moment historique pour la justice centrafricaine. Pour la première fois, des victimes de crimes de masse voient leurs souffrances reconnues et compensées de manière concrète”. Il estime que cela pourrait “redonner espoir aux populations et les encourager à s’impliquer dans les procédures judiciaires”.
La CPS affirme sa volonté de continuer sur cette voie pour les futures affaires. Elle appelle les partenaires internationaux à poursuivre leur soutien financier, afin de garantir l’effectivité des réparations même lorsque les condamnés sont insolvables.
Cette décision marque une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité en Centrafrique. Elle démontre que la justice peut non seulement condamner les auteurs de crimes, mais aussi apporter un soutien concret aux victimes pour les aider à se reconstruire. Un message d’espoir pour un pays qui cherche à tourner la page des violences passées.
Kpongbo, 35 km de Boda : un village oublié de la Lobaye
Centrafrique.org/lobaye-wagner-pille-et-tue-a-35-km-de-boda-le-chaos-regne/village-de-zoundombo-situe-entre-mbaiki-et-boda-dans-la-prefecture-de-la-lobaye/” rel=”attachment wp-att-76930″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/Village-de-Zoundombo-situe-entre-Mbaiki-et-Boda-dans-la-prefecture-de-la-Lobaye-450×203.jpg” alt=”Vue du village de Zoundombo, près de Boda, en République centrafricaine, avec une église évangélique et des maisons en arrière-plan.” width=”450″ height=”203″ />Dans le village de Zoundombo , près de l’église Coopération Évangélique, symbole de foi et de communauté dans ce village centrafricain. CopyrightCNC
Bangui, CNC. À 35 km de Boda, le village Kpongbo dans la commune de Lobaye-Ngotto semble coupé du monde. Ses habitants vivent dans un dénuement total, privés des services de base les plus élémentaires.
Dans le village Kpongbo , l‘eau potable y est un luxe inaccessible faute de forage. La route d’accès a disparu sous la végétation, isolant davantage cette communauté. L’éducation est quasi-inexistante, compromettant l’avenir des jeunes.
Les agriculteurs, principale force économique du village, se désespèrent de voir leurs récoltes pourrir sur place, faute d’acheteurs. La situation est alarmante.
“Au gouvernement, il faut que vous nous aidiez, sinon on va tous mourir, avant que les poulets se terminent”, implore Monsieur Monsoua Ghislain, agriculteur et artisan minier.
Il poursuit : “On vous dit la vérité, 35 km de Boda – Mbaïki, c’est pas facile. Il n’y a pas même des routes, même tous les caniveaux pleins, il n’y a rien du gouvernement. On va mourir, on va ouvrir les yeux, on regarde.”
Ce cri du cœur traduit le sentiment d’abandon ressenti par les villageois. Kpongbo apparaît comme le symbole d’une Centrafrique rurale laissée pour compte, où les populations attendent désespérément que l’État joue son rôle.
La rentrée scolaire traîne en longueur à Cantonnier
Centrafrique.org/ecole-a-cantonnier/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/ecole-a-cantonnier-450×450.jpg” alt=”Une ecole publique à Cantonnier, une ville frontalière centrafricaine à la frontière nord-ouest de la Centrafrique avec le Cameroun. l’ecole est un bâtiment de 3 salles chacune, au total trois. corbeaunews-centrafrique” width=”450″ height=”450″ />Une école publique à Cantonnier, une ville frontalière centrafricano-camerounaise. CopyrightCNC
Une matinée d’attente.
Bangui, CNC. Toute la semaine dernière, la rentrée scolaire tarde à prendre son envol à Cantonnier, une ville centrafricaine à la frontière avec le Cameroun, au nord-ouest de la RCA. À 9h, l’école mixte A présente un tableau inhabituel : seule une poignée d’élèves s’ébattent dans la cour, tandis que de longues files de parents s’étirent devant les bureaux de la direction.
Parmi eux, Alida Rosaline, commerçante, et Alfred de Sakia, cultivateur. Tous deux viennent d’achever les formalités d’inscription de ses enfants. “Je suis soulagée d’avoir pu payer l’assurance et inscrire mon enfant”, confie Alida. Alfred partage ce sentiment : “Malgré les difficultés, l’éducation reste une priorité pour notre famille”.
Larentrée scolaire à Cantonnier: un corps enseignant présent mais inquiet.
Les enseignants, postés devant leurs salles de classe, attendent l’arrivée des élèves. Leur présence contraste avec le faible nombre d’enfants dans l’établissement. Cette situation alarmante pousse le directeur de l’école à s’exprimer sur les défis de cette rentrée.
Le directeur tire la sonnette d’alarme.
Ludovic Nganamon, directeur de l’école Cantonnier Mixte A, dresse un constat sans détour :
“Nous observons une baisse alarmante des effectifs cette année. Plusieurs facteurs sont en cause : la pauvreté grandissante des familles, un certain désintérêt pour l’école, et l’insécurité qui pousse certains à quitter la région.
Nous sommes aussi aux prises avec l’absentéisme de certains enseignants. Beaucoup sont là par nécessité plutôt que par vocation. Le gouvernement doit intensifier le recrutement et améliorer la formation des maîtres.
Les parents ont aussi leur part de responsabilité. Certains négligent le suivi scolaire de leurs enfants, préférant les voir travailler aux champs ou s’adonner à des activités peu recommandables.
Malgré ces obstacles, nous gardons espoir. Nous appelons les parents à inscrire leurs enfants et à s’impliquer dans leur éducation. C’est déterminant pour l’avenir de notre pays.”
Des pistes pour relancer la machine éducative pour cette rentrée scolaire à Cantonnier.
Le directeur Nganamon propose des solutions pour redresser la barre pour cette rentrée scolaire à Cantonnier:
“Il faut repenser notre approche. Le gouvernement devrait envisager des mesures incitatives, comme des bourses ou des repas gratuits, pour attirer les élèves. Une campagne de sensibilisation sur l’importance de l’éducation s’impose également.
Nous devons aussi adapter nos méthodes d’enseignement. L’introduction de nouvelles technologies pourrait stimuler l’intérêt des jeunes. Enfin, il est impératif de renforcer la sécurité dans la région pour rassurer les familles.”
Un appel à la mobilisation.
En un mot, pour cette rentrée scolaire à Cantonnier, M. Nganamon lance un appel : “L’éducation est l’affaire de tous. Parents, enseignants, autorités locales et gouvernement doivent unir leurs efforts. C’est à ce prix que nous pourrons offrir un avenir meilleur à notre jeunesse.”
Le directeur espère une amélioration dans les prochains jours pour cette rentrée scolaire à Cantonnier, avec l’arrivée progressive des élèves. Il invite le gouvernement à revoir sa politique éducative pour relancer la fréquentation scolaire dans la région de Cantonnier.
La rentrée scolaire 2024-2025 s’annonce donc comme un défi majeur pour cette localité centrafricaine. Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer l’ampleur réelle de la crise et la capacité des acteurs locaux à y répondre.
Le pillage de l’État centrafricain atteint des sommets avec Roméo Gribingui et Obed Namsio
Centrafrique.org/scandale-au-secteur-parapublic-les-pratiques-autoritaires-du-ministre-romeo-bienvenu-guerret-sindo-lene-mises-en-lumiere/romeo-gribingui-2/” rel=”attachment wp-att-68762″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Romeo-Gribingui-1-450×443.jpeg” alt=”” width=”450″ height=”443″ />Roméo GRIBINGUI Contrôleur Général des Entreprises parapubliques
Bangui, CNC. À Bangui, capitale de la République centrafricaine, le détournement des fonds publics bat son plein. Le régime en place semble avoir érigé la kleptocratie en système de gouvernance. De la tête de l’État avec Baba Kongoboro aux échelons inférieurs de l’administration, les cas de vols, détournements et corruption se multiplient, laissant le peuple centrafricain désemparé. C’est un pillage organisé de l’État centrafricain.
Pillage organisé de l’État centrafricain avec un exemple flagrant : le cas Roméo Gribingui.
Roméo Gribingui, ministre contrôleur des sociétés parapubliques, incarne à lui seul l’ampleur du pillage de l’État centrafricain. Ce “ministre contrôleur” cumule les postes dans les conseils d’administration de nombreuses entreprises publiques. ONI, ONASPORT, et bien d’autres sociétés parapubliques figurent à son tableau de chasse. Résultat : des millions de francs CFA empochés mensuellement, en toute illégalité et au vu de tous, et le pillage de l’État centrafricain s’intensifie.
Plus grave encore, cette situation perdure sans que personne ne bronche. Ni le Premier ministre, Félix Moloua, ni le Président de la République, Baba Kongoboro ni même l’Inspection générale d’État ne semblent s’en émouvoir. La brigade anti-corruption, pourtant mise en place en grande pompe par le Premier ministre, reste curieusement inactive face à ces abus manifestes.
Le pillage de l’État centrafricain , un système qui gangrène jusqu’au sommet de l’État.
Le pillage de l’État centrafricain ne s’arrête pas là. Des enquêtes menées par la rédaction du CNC montrent que même Obed Namsio, ministre d’État et directeur de cabinet du Président de la République, trempe dans ces combines maléfiques et criminelles. Depuis près de 5 ans, il préside le Conseil de Régulation de l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes), percevant au passage 1 million de FCFA d’indemnités mensuelles. Plus grave encore, c’est lui le moteur des faussaires à la présidence chargés d’escroquer les investisseurs étrangers
Selon un témoin interrogé par la rédaction du CNC, cette situation du ministre Namsio est en violation flagrante de la loi 20.004, censée encadrer ces pratiques. Comment le président Kongoboro et le père des mafieux Roméo Gribingui peuvent-ils ignorer ces infractions à la loi ? La question reste sans réponse.
Un témoin direct de ces pratiques, s’exprimant sous couvert d’anonymat par peur de représailles, explique : “Nombreuses sont les personnalités politiques qui occupent et perçoivent, en toute illégalité, des jetons de présence ou indemnités mensuelles forfaitaires au sein des conseils d’administration des entités du secteur parapublic. Mais attention, si vous les dénoncez, au mieux on vous suspend ; au pire, on vous pend !” C’est un véritable pillage de l’État centrafricain.
Des pratiques bien rodées pour contourner la loi.
Notre source détaille le fonctionnement de ce système bien huilé : “Les jetons de présence ne devraient être perçus qu’à l’issue d’une session du Conseil d’administration. Le nombre de Conseils est, légalement, limité à 3 par année, hors cas exceptionnel. Mais le nombre effectif de sessions va généralement au-delà, sans réelle justification”.
Elle ajoute : “Si les jetons de présence sont versés aux administrateurs mensuellement, cela constitue un détournement pur et simple. On se doit de les requalifier. Les administrateurs n’ont pas le droit de percevoir d’autres indemnités que les jetons de présence. C’est ce que la Loi 20.004 a essayé de corriger”.
Malheureusement, l’application des dispositions de cette loi est farouchement combattue par ceux-là mêmes qui devraient la faire respecter. Notre informateur s’indigne : “D’autres membres du Contrôle Général du secteur Parapublic sont également membres de certains Conseils d’administration. Comment peut-on être juge et partie ?”
Un pillage généralisé de l’État centrafricain.
Ces pratiques ne se limitent pas à quelques cas isolés. Elles semblent s’être généralisées à tous les niveaux de l’administration centrafricaine. Des ministres aux hauts fonctionnaires, en passant par les directeurs d’entreprises publiques, tous semblent avoir leur part du gâteau.
Pendant ce temps, la population centrafricaine s’enfonce dans la misère. Les services publics de base – santé, éducation, infrastructures – sont dans un état déplorable. Les routes de Bangui, par exemple, sont dans un état catastrophique, entravant le développement économique et social du pays.
Une mascarade pour tromper la communauté internationale.
Ironiquement, dans ses discours officiels, le gouvernement centrafricain clame haut et fort sa lutte contre la corruption. Une mascarade destinée à tromper la communauté internationale, laissant croire qu’en Centrafrique, tout va pour le mieux.
La réalité est tout autre. Ces détournements systématiques des ressources de l’État privent le peuple centrafricain de son droit au développement. Les fonds qui devraient servir à améliorer les conditions de vie de la population finissent dans les poches d’une élite kleptocrate.
En effet, les instances de contrôle nationales – Inspection générale d’État, brigade anti-corruption – doivent être dotées de réels pouvoirs d’investigation et de sanction. Leur indépendance doit être garantie pour qu’elles puissent mener à bien leur mission sans crainte de représailles.
Enfin, la société civile centrafricaine et les médias ont un rôle à jouer dans la dénonciation de ces pratiques. Malgré les risques, il est impératif que ces voix continuent de s’élever pour exiger des comptes de leurs dirigeants.
Comme le dit si bien notre source en sango, la langue nationale : “Ayooo, RCA, mawa ti mo a gbou mbi !!” (Hélas, RCA, ta souffrance me fait mal !). Un cri du cœur qui résume le désarroi des Centrafricains devant ce pillage organisé des ressources du pays.
Il est temps que ce système prenne fin. Le peuple centrafricain mérite mieux que des dirigeants qui s’enrichissent sur son dos. L’avenir du pays en dépend.
Le Poutinisme, un poison pour l’Afrique selon Adrien Poussou
Centrafrique.org/tribune-de-monsieur-adrien-poussou-au-sujet-de-limpossibilite-de-la-prorogation-du-mandat-du-president-de-la-republique/adrien-georges-poussou/” rel=”attachment wp-att-37099″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/adrien-georges-poussou-450×294.jpg” alt=”adrien georges poussou” width=”450″ height=”294″ />L’ancien ministre adrien georges poussou. CopyrightDR
Bangui, CNC. Dans son dernier ouvrage intitulé “L’Afrique n’a pas besoin de Poutine”, l’ancien ministre centrafricain Adrien Poussou dénonce l’influence grandissante de la Russie sur le continent. Un point de vue qui provoque un débat sur le sol africain.
Une présence russe croissante en Afrique.
Depuis quelques années, la Russie multiplie les initiatives pour renforcer sa présence en Afrique. Sommets Russie-Afrique, accords militaires, envoi de mercenaires… Moscou déploie une stratégie tous azimuts pour s’implanter sur le continent.
Une politique qui porte ses fruits dans certains pays comme le Niger, le Mali, la Centrafrique ou le Burkina Faso. Ces États se sont rapprochés de la Russie, au détriment de leurs partenaires occidentaux traditionnels.
Pour Adrien Poussou, cette influence croissante du “poutinisme” représente un danger pour l’Afrique. L’ancien ministre centrafricain s’en explique dans son livre paru aux éditions L’Harmattan.
Le Poutinisme, un partenariat déséquilibré selon l’auteur.
D’après Adrien Poussou, le rapprochement avec la Russie ne profite pas réellement aux pays africains : “Poutine nous utilise comme des marionnettes pour ses propres intérêts géopolitiques. Nous ne devons pas continuer dans cette logique”.
L’auteur pointe notamment du doigt l’action du groupe Wagner, accusé d’exactions dans plusieurs pays africains: “Ce sont des mercenaires payés. Cet argent pourrait servir à renforcer nos propres armées”.
Pour lui, la Russie n’apporte pas de réelles solutions aux problèmes du continent : “A-t-elle construit une seule école en Afrique depuis les indépendances ?”, s’interroge-t-il.
Un appel à l’indépendance africaine.
Face à cette situation, Adrien Poussou prône une plus grande indépendance des pays africains : “Il nous appartient de choisir nos partenaires en fonction de nos priorités, pas en épousant les visées de Poutine ou d’autres puissances”.
L’ancien ministre plaide pour un renforcement de la coopération entre pays africains, notamment dans le domaine militaire : “Nous avons des puissances sur le continent comme le Tchad, l’Angola, l’Afrique du Sud ou le Rwanda. Pourquoi ne pas faire appel à elles ?”
Il appelle également à une refonte des relations avec les partenaires traditionnels comme la France : “Il faut revoir le logiciel des rapports avec le continent africain. Le monde a changé, les enjeux ont évolué”.
Des critiques qui font débat sur le Poutinisme.
Les positions d’Adrien Poussou ne font pas l’unanimité. Certains lui reprochent de tenir un discours pro-occidental et de minimiser les aspects positifs de la coopération russo-africaine.
“La Russie nous aide à lutter contre le terrorisme là où l’Occident a échoué”, argumente un observateur malien. “Poutine respecte notre souveraineté, contrairement à la France”, ajoute un autre commentateur.
D’autres saluent au contraire la lucidité de l’auteur. “Il a raison de nous mettre en garde contre une nouvelle forme de dépendance”, estime un universitaire sénégalais.
Le débat reste vif sur les réseaux sociaux africains, où s’affrontent pro et anti-Poutine. Signe que la question de l’influence russe continue de diviser l’opinion publique sur le continent.
Vers un nouveau positionnement africain ?
Au-delà de la controverse, l’ouvrage d’Adrien Poussou pose la question du positionnement de l’Afrique sur la scène internationale. Faut-il choisir un camp entre Occident et Russie ? Ou au contraire diversifier les partenariats ?
Pour l’auteur, la priorité est claire : “Nous devons nous appuyer sur nous-mêmes plutôt que sur les autres. L’urgence est de constituer un État fédéral panafricain.”
Une vision ambitieuse, qui peine encore à se concrétiser malgré les tentatives d’intégration régionale. Les divergences entre pays africains restent nombreuses, comme l’illustrent les tensions actuelles au Sahel.
La multiplication des acteurs extérieurs sur le continent (Chine, Turquie, pays du Golfe…) complique également la donne. L’Afrique parviendra-t-elle à parler d’une seule voix face à ses partenaires ?
C’est tout l’enjeu des prochaines années. En attendant, le débat lancé par Adrien Poussou montre que la réflexion sur la place de l’Afrique dans le monde reste plus que jamais d’actualité.
Ballets de sanctions et guerres de positionnement au sein des groupes armés centrafricains
Bambari-en-fevrier-2022/” rel=”attachment wp-att-54008″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Le-chef-rebelle-Ali-Darassa-et-ses-hommes-dans-la-localite-de-Bambari-en-fevrier-2022-450×203.jpg” alt=”Le chef rebelle Ali Darassa et ses hommes dans la localité de Bambari en février 2022″ width=”450″ height=”203″ />Le chef rebelle Ali Darassa et ses hommes, ici dans la localité de Bambari en février 2022
Bangui, CNC. La scène politique centrafricaine est le témoin d’un spectacle inattendu ces derniers jours. Les groupes armés centrafricains, généralement unis contre le régime de Bangui, s’engagent maintenant dans une série de manœuvres internes. On observe une succession rapide de communiqués contradictoires, de sanctions disciplinaires et de créations de nouvelles alliances. Cette agitation expose les profondes divisions qui existent au sein de ces groupes armés centrafricains et expose leurs luttes internes pour le leadership.
Le point de départ de cette situation remonte au mois dernier suite à la publication d’un communiqué d’Ali Darassa, chef de l’UPC (Unité pour la Paix en Centrafrique). Dans ce document, Darassa a appelé à l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement centrafricain. Cette déclaration a créé des remous au sein de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), dirigée par l’ancien président François Bozizé.
La réaction de Bozizé ne s’est pas fait attendre. Il a rapidement limogé Darassa de son poste de chef d’état-major de la CPC. En réponse, Darassa a pris l’initiative de créer sa propre coalition, baptisée CPC-F (Fondamentale). Pour cette nouvelle alliance, il s’est associé à certains de ses alliés dans les groupes armés centrafricains, notamment une faction du FPRC (Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique) de Noureddine Adam.
Cependant, la composition exacte de cette nouvelle coalition reste floue et sujette à controverses. Plusieurs groupes armés centrafricains, initialement cités comme membres, ont rapidement démenti leur participation. C’est le cas notamment des anti-balaka et du MPCR. Seule une petite faction anti-balaka, dirigée par Bernard Mokom, dont les éléments sur le terrain n’existe pas, semble avoir effectivement rejoint les rangs de la CPC-F. Il est important de noter que les éléments de ce groupe sur le terrain sont pratiquement inexistants.
La situation au sein du FPRC est tout aussi complexe. Certains généraux ont publiquement exprimé leur volonté de rester fidèles à la CPC originelle. En réaction, la direction du FPRC, menée par Aroun Gay, a pris des mesures disciplinaires. Un officier a été suspendu, accusé d’avoir produit un faux document de démission collective au sein du FPRC engageant ses collègues sans leur consentement.
Du côté de l’UPC, la confusion règne également. Un responsable a d’abord annoncé son intention de rester dans la CPC. Peu après, un autre communiqué affirmait sa démission de la CPC et son ralliement à la CPC-F. La CPC a rapidement réagi, dénonçant ce dernier communiqué comme un faux fabriqué par la CPC-F.
Cette multiplication de déclarations contradictoires et de sanctions internes rend la situation particulièrement difficile à déchiffrer. Les différents groupes armés centrafricainssemblent davantage préoccupés par des luttes de positionnement et de leadership que par des actions concrètes sur le terrain.
Dans ce contexte chaotique, seul le mouvement 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) semble maintenir une certaine cohésion. Il reste uni et déterminé dans sa position, contrairement aux autres formations qui donnent l’impression de se disputer des postes ou des financements potentiels.
Ce spectacle de divisions ne joue pas en faveur de la crédibilité de ces groupes armés centrafricains. Il contraste fortement avec la relative cohésion affichée par certaines factions, comme les anti-balaka dirigés par des figures connues telles que Ngaïssona, ou le fils de Bozizé, Francis.
La situation reste donc très instable. Certains éléments semblent ouverts à l’idée d’un dialogue avec le gouvernement, tandis que d’autres s’y opposent fermement. Ces reconfigurations semblent avant tout refléter des conflits de personnes et des luttes de pouvoir au sein de la rébellion centrafricaine.
Pendant que ces groupes se livrent à ces querelles internes, leurs actions sur le terrain semblent limitées. Cette situation pose la question de leurs véritables motivations. Cherchent-ils réellement à défendre une cause ou sont-ils plus intéressés par l’obtention de postes au gouvernement ou de financements ?
En fin de compte, ce ballet de sanctions et de communiqués contradictoires offre un spectacle peu glorieux. Il révèle les faiblesses et les divisions au sein de ces groupes armés, tout en questionnant leur capacité à présenter un front uni face au gouvernement centrafricain.
Pour l’instant, la population centrafricaine reste spectatrice de ces manœuvres, attendant de voir comment cette reconfiguration des forces rebelles va influencer l’avenir politique et sécuritaire du pays. Une chose est certaine : cette situation complexe et changeante rend les perspectives de paix et de stabilité en République centrafricaine plus incertaines que jamais.
L’UNICEF dénonce l’état catastrophique des routes en Centrafrique
Un véhicule de l’UNICEF tente de traverser une route dégradée proche de la ville de Batangafo , alors qu’il se dirige vers Batangafo pour livrer des kits scolaires aux élèves. Cette route, impraticable, rend le trajet extrêmement difficile, nécessitant 10 jours pour parcourir 100 km. Capture d’écran de la vidéo de l’UNICEF publié sur Twitter
Bangui, CNC. Pendant que le putschiste de Bangui Baba Kongoboro prononce des discours creux à Bambari, la réalité du terrain en République centrafricaine est tout autre. L’UNICEF vient de lever le voile sur une situation alarmante dans le pays.
Routes chaotiques et impraticables en Centrafrique: un cauchemar national.
Dans un message posté sur Twitter dimanche, l’agence onusienne révèle qu’il faut 10 jours pour parcourir les 103 km séparant Bouca de Batangafo en saison des pluies. Cette information choquante n’est que la partie visible de l’iceberg de la situation des routes en Centrafrique.
De Boda à Mbaïki, 92 km se transforment en odyssée de 7 jours. Le trajet Bambari-Alindao, long de seulement une centaine de kilomètres, nécessite 3 semaines à 1 mois. Ces exemples montrent l’ampleur du désastre des routes en Centrafrique.
Routes en Centrafrique: Un gouvernement sourd aux souffrances du peuple.
Malgré ces difficultés criantes, le gouvernement Touadera reste muet. Au lieu d’investir dans les infrastructures vitales comme des routes en Centrafrique, il préfère dilapider les milliards de Francs CFA pour payer le groupe Wagner.
Les Centrafricains souffrent du manque de routes praticables, de ponts, d’électricité et d’eau potable. Pendant ce temps, le pouvoir en place se lance dans une vaste campagne de désinformation.
L’UNICEF brise l’omerta.
En publiant ces informations accablantes, l’UNICEF rompt le silence sur la situation réelle du pays. L’agence onusienne rejoint ainsi les voix qui dénoncent depuis longtemps les mensonges du gouvernement.
Il est temps que la vérité éclate au grand jour. La manipulation et la propagande doivent cesser. Les Centrafricains méritent mieux que des discours creux et des promesses non tenues. Le régime Touadera doit agir maintenant pour le bien-être de la population, au lieu de se complaire dans le déni.
Bangui, CNC. La capitale centrafricaine Bangui offre un spectacle désolant à l’aube de la rentrée scolaire 2024 – 2025. Une enquête approfondie menée dans plusieurs établissements scolaires par le journaliste Christian Aimé Ndota révèle des conditions d’accueil catastrophiques pour les élèves, mettant en lumière l’état déplorable du système éducatif.
Des écoles transformées en latrines : des excréments en guise de tableau noir.
À l’école Pétévo du 6e arrondissement, le reporter Christian Aimé Ndota alias CRIS CAN découvert une scène révoltante : des salles de classe jonchées d’excréments humains. Comble de l’horreur, des matières fécales ont même été projetées sur les tableaux noirs. “On ne voit même pas bien le tableau en question. C’est comme un tableau de l’année 1600-1700”, décrit Emenota, choqué par l’ampleur du désastre. Ainsi, des écoles transformées en latrines.
Capture d’écran de la vido de Christian Aimé Ndota sur l’école de Pétévo, à Bangui
Un gardien fantôme , et des écoles transformées en latrines.
Le gardien censé surveiller l’établissement brille par son absence. “Il reste debout, les gens le voient, et après il disparaît dans l’école”, rapporte une source locale. Son inaction laisse le champ libre aux vandales qui transforment l’école en dépotoir public, sans aucune conséquence, transformant ces écoles transformées en latrines.
Des infrastructures en ruine.
L’état de délabrement ne se limite pas à l’école de Pétévo. À l’école Saint-Jean, également dans le 6e arrondissement sur l’avenue David DACKO, le constat est tout aussi alarmant, et ces deux écoles sont d’ailleurs transformées en latrines : “Les salles ne sont pas fermées, les tables sont cassées”, déplore le journaliste. La situation empire dans les quartiers périphériques comme Ouango (7e arr.) ou encore à Malimaka, dans le cinquième arrondissement, l’école Malimaka où les conditions sont encore plus déplorables.
Une rentrée compromise.
À 24h de la rentrée officielle fixée au 16 septembre, où le journaliste faisait son reportage, rien n’est prêt pour accueillir les élèves. “Ils vont juste se regarder, et puis pas question de rentrée scolaire”, s’indigne une source proche du dossier. L’absence criante de préparatifs pose des questions sur la réalité de la rentrée administrative et la volonté des autorités de garantir une éducation décente aux enfants centrafricains, transformant ainsi ces écoles transformées en latrines.
Un système éducatif à l’abandon, et les écoles transformées en latrines à Bangui.
Ce tableau apocalyptique dresse le portrait d’un système éducatif laissé à l’abandon. “Le pays n’est pas en 2024, le pays ressemble à un village, un gros village, où les écoles sont transformées en latrines “, fustige un observateur. L’urgence d’une remise à niveau des infrastructures scolaires n’a visiblement pas été prise en compte par les autorités, malgré les promesses répétées du gouvernement.
Des parents d’élèves désemparés.
Les parents d’élèves, témoins impuissants de cette débâcle, expriment leur désarroi. Mme Mbari, mère de trois enfants scolarisés à l’école primaire de Pétévo, s’indigne : “Comment peut-on espérer que nos enfants apprennent dans de telles conditions ? C’est une honte pour notre pays.” Beaucoup craignent que cette situation ne pousse les jeunes vers la délinquance ou l’enrôlement dans des activités illicites.
Une responsabilité gouvernementale en question.
Le ministre d’État à l’Éducation nationale, M. Aurélien Simplice Zingas, brille par son silence face à ce désastre annoncé. Aucune déclaration officielle n’a été faite concernant les mesures d’urgence pour assainir les établissements avant la rentrée. Cette inaction pose énormément des questions sur la priorité réellement accordée à l’éducation par le gouvernement centrafricain.
Un espoir ténu.
Seule lueur d’espoir dans ce sombre panorama : le lycée Pie 12 , qui fait figure d’exception avec des locaux propres et bien entretenus. Cette situation démontre qu’avec une gestion rigoureuse et un investissement adéquat, il est possible de maintenir des conditions d’apprentissage dignes, même dans un contexte difficile.
L’éducation, pilier du développement et de la stabilité d’un pays, ne peut être sacrifiée sur l’autel de l’incompétence et de la négligence. Le sort des écoles de Bangui est un miroir tendu à la société centrafricaine tout entière. Il est temps que chacun prenne ses responsabilités pour que l’école redevienne un lieu de savoir et d’espoir, non un symbole de déchéance.
Centrafrique.org/ecole_7_kilometres_de_ouadda/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/ecole_7_kilometres_de_ouadda-450×203.jpg” alt=”École rudimentaire en paille avec bancs en bois sous un abri ouvert près de Ouaddala préfecture de la Haute-Kotto , , Centrafrique"” width=”450″ height=”203″ />Une salle de classe improvisée à 7 km de Ouadda, dans la préfecture de la Haute-Kotto, illustre les conditions précaires de l’éducation en zone rurale centrafricaine. CopyrightCNC
Bangui, CNC. La rentrée scolaire 2024 – 2025 en Centrafrique dévoile une situation alarmante dans la préfecture de la Haute-Kotto. Un témoignage exclusif obtenu par Corbeau News Centrafrique dévoile l’ampleur de la crise éducative qui frappe cette région nord de la RCA.
Dans la Haute-Kotto , Des écoles en paille au 21ème siècle.
“Sur environ 46 écoles dans les 4 sous-préfectures de la Haute-Kotto, seuls 6 instituteurs sont envoyés par le gouvernement”, affirme notre source locale. La majorité des établissements sont construits en paille par les parents d’élèves eux-mêmes, faute d’infrastructures adéquates. “En 2024, des enfants étudient encore sous des hangars en paille”, s’indigne le témoin.
Dans la Haute-Kotto , les parents contraints de payer les enseignants.
Pour pallier le manque criant d’enseignants qualifiés, les parents doivent financer eux-mêmes des “maîtres-parents”. Cette situation précaire compromet gravement la qualité de l’éducation dans la région.
L’inaction des élites pointée du doigt.
Notre source dénonce l’inaction des originaires de la Haute-Kotto occupant des postes importants à Bangui : “Ils laissent tomber leurs villages”. Le cas du général d’armée de l’armée nationale, Timangoa, originaire de Yalinga, est particulièrement critiqué. Malgré ses activités minières dans la région, il n’aurait rien fait pour améliorer les conditions de vie dans son village natal.
Un constat amer s’impose : alors que certains profitent des ressources de l’État à Bangui, les populations rurales sont abandonnées à leur sort. Cette situation n’est pas propre à la Haute-Kotto, mais se retrouve dans d’autres préfectures comme Bamingui-Bangoran, Vakaga ou Ouaka, Mambéré, Mambéré-Kadéi, Lobaye ou autres.
L’éducation, fondement du développement, est sacrifiée sur l’autel de l’indifférence des élites. Sans une prise de conscience urgente et des actions concrètes, l’avenir de toute une génération est compromis dans ces régions oubliées de Centrafrique.
Le PRAPAM booste l’agriculture et l’élevage dans les savanes centrafricaines
Centrafrique.org/le-prapam-un-projet-ambitieux-pour-le-developpement-rural-en-Centrafrique/monsieur-yvon-francis-bouba-dalambaye-coordonnateur-du-prapam/” rel=”attachment wp-att-83264″ data-wpel-link=”internal”>Monsieur Yvon Francis BOUBA DALAMBAYE, coordonnateur du PRAPAM
Bangui, CNC. Une enquête exclusive de Corbeau News révèle l’impact positif du Projet d’Amélioration de la Productivité et de l’Accès aux Marchés des Produits Agropastoraux dans les Savanes (PRAPAM) en République centrafricaine. Ce jeune projet provoque l’enthousiasme des populations dans ses zones d’intervention.
Le PRAPAM , des résultats probants dans quatre préfectures.
Le PRAPAM concentre ses actions dans quatre préfectures : la Nana-Mambéré, l’Ouham-Pendé, la Lobaye et l’Ombella-M’Poko. Il touche également 11 sous-préfectures. Les habitants de ces localités se déclarent très satisfaits du travail accompli jusqu’à présent, selon les intéressés interrogés par la rédaction du CNC.
“Grâce au PRAPAM, notre production agricole a nettement augmenté cette année”, témoigne Joseph, agriculteur à Bouar. “Le projet nous a fourni des semences améliorées et une formation sur les techniques culturales. Les résultats sont là”.
Le PRAPAM , un rayon d’action optimisé.
Le PRAPAM innove en se concentrant sur des bassins de production à fort potentiel. Il cible des sous-bassins de taille raisonnable, avec des sites exploitables regroupés dans un rayon de 30 km maximum autour du centre. Cette approche permet d’optimiser les interventions et les résultats.
“C’est une première en RCA”, souligne Jeannette, spécialiste en développement rural. “Cette stratégie ciblée permet de créer une véritable dynamique dans les zones sélectionnées”.
Un leader dans la lutte contre la pauvreté rurale.
Le projet s’affirme comme un acteur majeur du développement agricole en Centrafrique. Son objectif est de contribuer durablement à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire des ménages ruraux. Il vise également l’insertion économique des femmes et des jeunes dans les régions 1, 2 et 3 du pays.
Ces zones regroupent environ 38% des 1 419 232 actifs agricoles centrafricains. Le potentiel d’impact est donc considérable.
Complémentarité avec le PREPAS.
Le PRAPAM agit en synergie avec le Projet de Relance de la Productivité Agropastorale dans les Savanes (PREPAS). Mais leurs missions diffèrent. Outre l’agriculture, le PRAPAM intervient dans le domaine de l’élevage. Son ambition va au-delà du slogan “Faire de l’agriculture un métier” : il vise aussi à “Faire de l’élevage un métier..
“Le PRAPAM nous aide à développer notre élevage de façon professionnelle”, explique Marie Nathalie Mbioko, éleveuse près de Bozoum. “Nous avons reçu des formations sur la santé animale et la gestion d’un cheptel. C’est un vrai plus”.
Des marchés plus accessibles.
L’accès aux marchés est un axe fort du projet. Le PRAPAM œuvre à désenclaver les zones de production et à faciliter la commercialisation des produits agropastoraux.
“Avant, il était difficile d’écouler nos récoltes”, raconte Paul Binga, producteur de manioc et de Maïs à Pougole. “Maintenant, avec les pistes réhabilitées par le projet, les acheteurs viennent directement dans notre village. Nos revenus ont augmenté”.
Vers une agriculture et un élevage durables.
Le PRAPAM, selon le coordinateur joint au téléphone par l’une de nos équipes, ne se contente pas d’accroître la production. Il promeut des pratiques durables, respectueuses de l’environnement.
“Nous apprenons à cultiver sans épuiser les sols”, indique Jeanne Sérémalé, maraîchère. “Le projet nous a formés au compostage et à la rotation des cultures. C’est bon pour nos terres et pour nos revenus à long terme”.
Des défis à relever.
Malgré ces avancées, le chemin reste long. L’insécurité dans certaines zones freine parfois les activités. Le changement climatique pose aussi de nouveaux défis aux agriculteurs et éleveurs.
“Nous devons nous adapter”, reconnaît Yvon Francis Bouba Dalambaye, coordinateur du PRAPAM. “Mais nous sommes déterminés à poursuivre nos efforts pour transformer durablement l’agriculture et l’élevage centrafricains”.
Une interview exclusive en perspective.
La rédaction de Corbeau News a sollicité un entretien avec M. Bouba Dalambaye. Nous espérons qu’il acceptera de nous parler de sa récente tournée dans les provinces et des perspectives du projet.
Le PRAPAM semble avoir trouvé la bonne formule pour dynamiser le secteur agropastoral centrafricain. Son approche ciblée et intégrée porte ses fruits. Reste à voir si ces résultats encourageants pourront être maintenus et étendus dans la durée. L’avenir de l’agriculture et de l’élevage en RCA en dépend en grande partie.
Yassimandji : Le marché de la honte au cœur de Bangui
Centrafrique.org/marche_yassimandji/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/marche_yassimandji-450×359.jpg” alt=”Vue du marché Yassimandji filmé par Fortuné Bobérang pour le journal Corbeau News Centrafrique dans le cinquième arrondissement, avec une route dégradée et des commerçants installés le long de la voie.” width=”450″ height=”359″ />La rue principale passant devant le marché Yassimandji, dans le cinquième arrondissement, où les conditions de la chaussée compliquent le quotidien des habitants. CopyrightCNC
Bangui, CNC. Dans le cinquième arrondissement de Bangui, le marché de Yassimandjioffre un spectacle à faire pleurer les ancêtres. Les étals croulent sous les marchandises, mais c’est la crasse qui règne en maître. L’odeur qui vous prend à la gorge ferait fuir même les mouches les plus téméraires.
“Mama Bangui pleure ses enfants”, soupire Thérèse, marchande de fruits et légumes depuis une décennie. “On se bat comme des diables pour vendre nos produits, mais la saleté nous ronge comme la rouille sur une vieille machette”.
Quand le ciel ouvre ses bouches, Yassimandji, pour ne pas dire Gbakoundja se transforme en marigot puant. Arsène, vendeur de pagnes, peste : “On patine dans la boue comme des cabris égarés. Les grands hommes de la ville, ils ont oublié qu’on existe ou quoi ?”
Les camions-bennes de la mairie ? Aussi rares que l’eau en saison sèche. “Ils passent en coup de vent, comme si le marché était un feu de brousse à éteindre”, raconte David, un vendeur de viande.
Le docteur Sévérin, qui connaît les marchés de Bangui comme sa poche, prévient : “Ce n’est pas avec des pansements qu’on soigne une plaie béante. Gbakoundja a besoin d’une vraie cure, pas d’un gri-gri de pacotille”.
De l’aube au crépuscule, les gens du quartier Yassimandji et Gbakoundja se battent, l’espoir chevillé au corps. Ils lancent un appel aux autorités : “Venez voir comment vos frères et sœurs vivent ! Nettoyez notre marché, donnez-nous la dignité !”
En attendant, la vie continue à Yassimandji et Gbakoundja. Les rires des enfants se mêlent aux cris des marchands. Car ici, même dans la gadoue, le cœur de Bangui bat encore, fort et fier.
Bangui, CNC. Un drame sanglant a frappé le village de Ngoutéré, situé à 45 km de Bocaranga dans la préfecture de l’Ouham-Pendé. Des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) ont massacré un patriarche musulman et ses enfants, révélant la brutalité des forces gouvernementales envers les civils qu’elles sont censées protéger.
L’horreur s’est déchaînée quelques heures après une attaque dévastatrice des rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) contre la position des FACA à Ngoutéré. Les soldats gouvernementaux, pris de panique, s’étaient alors dispersés. Certains avaient fui dans la forêt, d’autres s’étaient cachés chez des villageois. Comme des rats peureux dans un trou, perpétrant ainsi un Carnage à Ngoutéré .
Nos investigations minutieuses révèlent qu’au moins 5 soldats FACA, dont nous taisons les noms pour l’instant, sont restés dissimulés et se sont cachés à Ngoutéré après l’attaque des rebelles. Mais 15 heures du temps plus tard, dans la nuit du 11 au 12 septembre 2024, ces hommes ont défoncé la porte d’un patriarche musulman respecté de tous. Avec une cruauté inouïe, ils ont abattu ce père de famille ainsi que ses 4 enfants. C’est un véritable Carnage à Ngoutéré.
“Ce vieux musulman était aimé de tous ici. Même pendant la crise de 2013-2015, les chrétiens l’avaient protégé. On ne comprend pas pourquoi les FACA l’ont tué, lui et sa famille, faisant ainsi un Carnage à Ngoutéré “, témoigne à CNC un habitant sous couvert d’anonymat.
Après ce Carnage à Ngoutéré , les soldats ont fui comme des trouillards en moto vers Bocaranga, abandonnant définitivement leur position à Ngoutéré. Le village se retrouve désormais sans protection militaire.
Des versions contradictoires circulent sur ces événements tragiques. La CPC affirme dans un communiqué que les Mercenaires russes de Wagner et les FACA auraient massacré 19 civils le 12 septembre en représailles. Mais notre enquête démontre que ni les Russes ni d’autres FACA ne sont revenus à Ngoutéré après l’attaque rebelle. Seuls les 5 soldats cachés au village ont perpétré ces meurtres avant de s’enfuir.
Le communiqué de la CPC, daté du 14 septembre 2024, dénonce : “Les mercenaires russes de Wagner et leurs alliés les FACA s’en sont pris, le jour suivant du 12 septembre 2024, comme à leur habitude, à la paisible population civile. Ainsi, sont-ils allés au domicile d’un père de famille nommé Aladji SIHO qu’ils ont assassiné ainsi que sa femme et ses six (6) enfants.En chemin, ils ont massacré une douzaine de civils qui vaquaient à leurs occupations”.
Nos sources sur place contredisent cette version de ce Carnage à Ngoutéré , confirmant que seuls les 5 soldats FACA cachés dans le village sont responsables du massacre. La confusion autour de ces événements souligne le chaos qui règne dans la région et la difficulté d’établir la vérité.
Ce massacre gratuit de civils innocents par des soldats censés les protéger pose de sérieuses questions sur la discipline et le contrôle des FACA. Le gouvernement doit faire toute la lumière sur ce drame et punir sévèrement les coupables. Sans quoi, la confiance déjà fragile entre l’armée et les populations ne pourra que s’éroder davantage.
La situation à Ngoutéré démontre la complexité du conflit centrafricain, où civils, rebelles et forces gouvernementales s’entremêlent dans un cycle de violence apparemment sans fin. Les populations locales, prises entre le marteau et l’enclume, paient le prix fort de cette instabilité chronique.
L’attaque initiale des rebelles et la réaction brutale des soldats FACA montrent l’urgence d’un dialogue inclusif pour résoudre pacifiquement la crise. Sans une solution politique durable, les civils centrafricains continueront d’être les principales victimes de ce conflit meurtrier qui déchire le pays depuis trop longtemps.
Centrafrique.org/audience-cruciale-a-la-cour-penale-speciale-les-enjeux-des-exceptions-preliminaires-dans-laffaire-le-procureur-special-contre-azor-kalite-et-consorts/aimee-pascal-delimo-president-de-la-cour-penale-speciale-en-Centrafrique/” rel=”attachment wp-att-67245″ data-wpel-link=”internal”>Aimée-Pascal Delimo, président de la Cour pénale spéciale en Centrafrique. CopyrightDR
L’enquête de la Cour Pénale Spéciale (CPS) en République centrafricaine est au cœur d’une vive polémique. De nombreux observateurs questionnent l’impartialité et l’efficacité de cette institution judiciaire.
Le chercheur Roland Marshall pointe du doigt une tendance inquiétante : la CPS semblerait concentrer ses efforts sur des personnes éloignées du pouvoir actuel, laissant de côté certains individus réputés proche du régime actuel, pourtant soupçonnés de graves exactions.
L’inaction de la CPS envers Sébastien Wénézoui est particulièrement flagrante. Cet ancien chef de milice Anti-Balaka, impliqué dans de nombreuses attaques meurtrières à Bangui, notamment contre le quartier PK5, occupe aujourd’hui un poste de conseiller à la présidence. Malgré son passé trouble, la CPS reste muette à son sujet.
Le cas de Thierry Lébéné, alias “12 puissances”, est tout aussi interpellant. Connu pour ses activités criminelles de haute intensité, à Damara, Bogangolo et Bangui, il a été nommé à un poste au ministère de la Jeunesse et des Sports avant d’intégrer l’armée nationale. Son lien de parenté avec le président pose question, tandis que la CPS s’abstient de toute action à son encontre.
D’autres figures échappent aux poursuites. Le commandant Yarkokpa, ex-chef anti-balaka affecté à la garde présidentielle, ainsi que de nombreux soldats FAKA et officiers de l’armée nationale suspectés d’exactions, restent hors d’atteinte.
Cette situation alimente le débat sur la capacité de la CPS à combattre l’impunité en Centrafrique. Les critiques se multiplient, appelant à revoir les priorités et méthodes de travail de cette juridiction censée apporter justice et réconciliation au pays.
Contactée par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, la Cour Pénale Spéciale (CPS) a indiqué, par la voix de son porte-parole, que plusieurs mandats d’arrêt ont effectivement été émis mais sont toujours en attente d’exécution. La CPS n’a cependant pas souhaité commenter les cas spécifiques de Sébastien Wénézoui, Thierry Lébéné alias “12 puissances”, ou du commandant Yarkokpa, laissant planer le doute sur l’existence de mandats les concernant. L’institution judiciaire a rappelé que la confidentialité de ses procédures ne lui permettait pas de confirmer ou d’infirmer publiquement l’identité des personnes visées par ses enquêtes.
Dimanche, Bangui croule à nouveau sous les ordures : L’échec cuisant de l’opération Kwa ti kodro
Centrafrique.org/bangui-de-la-poussiere-a-la-boue-une-capitale-en-plein-chaos/poubelle/” rel=”attachment wp-att-76906″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/06/poubelle-450×255.jpg” alt=”Décharge de déchets près de l’église Baptiste vers le pont des Castors à Bangui, Centrafrique” width=”450″ height=”255″ />Accumulation de déchets près de l’église Baptiste vers le pont des Castors à Bangui, illustrant la gestion défaillante des ordures dans la capitale Bangui. CopyrightCNC
Bangui, CNC. La capitale centrafricaine suffoque littéralement sous les montagnes d’ordures. Un triste spectacle capté par le journaliste Christian Aimé Ndota lors d’un reportage qu’il a organisé dimanche dernier au centre-ville de Bangui. Les images sont accablantes et soulèvent de sérieuses interrogations sur l’efficacité de l’opération Kwa ti kodro, lancée en grande pompe par Kota Baba Kongoboro.
Une ville transformée en dépotoir géant, malgré l’opération Kwa ti kodro.
Les rues de Bangui offrent un spectacle désolant. Partout, des tas d’immondices jonchent les trottoirs et envahissent la chaussée. Les eaux stagnantes et nauséabondes complètent ce tableau peu reluisant. La capitale centrafricaine, jadis surnommée “Bangui la coquette”, mérite aujourd’hui le sobriquet peu flatteur de “Bangui la poubelle”.
Cette situation catastrophique pousse les centrafricains à s’interroger. Où est passée l’opération Kwa ti kodro , censée assainir la ville ? Que font exactement les équipes mobilisées pour ce programme ? Le constat est sans appel : soit Bangui a été oubliée par Kwa ti kodro, surnommé KTK , soit l’opération est un fiasco total.
Mairie vs gouvernement : le jeu du chat et de la souris face à l’opération Kwa ti kodro.
La mairie de Bangui, pointée du doigt, se défend en rejetant la responsabilité sur l’État. Elle dénonce le système d’unicité des recettes qui l’empêcherait d’accéder à ses propres fonds pour financer les activités de nettoyage. Le Trésor public est accusé de confisquer l’argent de la municipalité, rendant impossible le paiement des agents et l’organisation des opérations d’assainissement.
De son côté, le gouvernement renvoie la balle à la mairie, arguant que la gestion de la propreté urbaine relève de ses compétences. Cette valse-hésitation entre les deux institutions laisse les Banguissois dans l’expectative et la saleté.
Pour tenter de pallier ce manque de ressources, la mairie a considérablement augmenté ses tarifs, notamment pour les actes de légalisation et les mariages. Une mesure qui a provoqué l’ire du ministère de l’Administration du territoire, sans pour autant résoudre le problème de la propreté.
Un terreau fertile pour les épidémies.
L’insalubrité généralisée de Bangui n’est pas sans conséquences sur la santé publique. La capitale est devenue un terreau fertile pour la prolifération des maladies. Les épidémies se succèdent à un rythme alarmant, la dernière en date étant celle de la dengue, transmise par les moustiques qui pullulent dans les eaux stagnantes.
Les tas d’ordures et les flaques d’eau croupie sont autant de nids à moustiques et autres vecteurs de maladies. Bangui s’est ainsi transformée en un gigantesque foyer épidémique, mettant en danger la santé de ses habitants.
L’urgence d’agir.
Face à cette situation alarmante, l’inaction n’est plus une option. Il est impératif que les autorités municipales et gouvernementales mettent fin à leurs querelles stériles et s’attaquent sérieusement au problème. L’opération Kwa ti kodro doit être remise sur les rails, avec des objectifs clairs et des moyens adéquats.
La population banguissoise, première victime de cette incurie, est en droit d’exiger des résultats concrets. Il en va de la santé publique, de l’image de la ville et, plus largement, de la dignité des habitants de la capitale centrafricaine.
Le cri d’alarme lancé par le journaliste Christian Aimé Ndota ne doit pas rester lettre morte. Il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités et agissent enfin pour rendre à Bangui son lustre d’antan. La “coquette” ne doit pas rester éternellement une “poubelle”.
La jeunesse dénonce la destruction de son rondpoint à Bétoko et appelle le DG de la gendarmerie au secours
Centrafrique.org/rondpoint-de-betoko-bon/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/rondpoint-de-Betoko-bon-316×450.jpg” alt=”Rond-point de l’Unité à Bétoko avec une statue d’oiseau au sommet, peint aux couleurs du drapeau centrafricain” width=”316″ height=”450″ />Le Rond-Point de l’Unité, symbole du dynamisme de la jeunesse de Bétoko, réalisé par l’association BJA (Bétoko Jeunesse Avenir). CopyrightCNC
Bangui, CNC. Le 23 juin dernier à Bétoko, un camion de marchandises a percuté et endommagé le rond-point de l’unité, construit grâce aux efforts de la jeunesse locale et de la diaspora. Interpellés, les bureaux de la jeunesse ont saisi la gendarmerie de Bemal pour trouver une solution.
Mais l’affaire a pris une tournure inattendue. Selon nos sources, le commandant de compagnie de la gendarmerie de Paoua, M. Kisso Patrice, et l’adjudant-chef Madji Evariste auraient ordonné la libération immédiate du véhicule incriminé. Celui-ci aurait poursuivi sa route vers Bangui sans aucune mesure prise pour la réparation des dégâts.
Cette situation scandalise la jeunesse de la commune de Mia-Péndé, plus particulièrement celle de Bétoko, qui s’interroge sur l’existence même de la loi dans le pays. “Pourquoi ces trois responsables se comportent-ils ainsi ?”, s’indigne un porte-parole de la jeunesse locale. Les jeunes dénoncent un “trio de la corruption” et le tiennent pour responsable des conséquences de cette affaire.
Le Rond-Point de l’Unité à Bétoko, fierté de la jeunesse locale, sévèrement endommagé suite à un accident de la route, soulignant l’urgence de sa réhabilitation. CopyrightCNC
Outrés par ce qu’ils considèrent comme un déni de justice, les jeunes de Bétoko en appellent désormais au ministre de l’Intérieur et au directeur général de la gendarmerie. Ils réclament une intervention rapide pour que leur rond-point, symbole de l’unité et du développement local, soit réhabilité dans les plus brefs délais.
L’affaire prouve une fois de plus les tensions entre la population et certaines autorités locales, accusées de ne pas servir les intérêts des citoyens. Elle soulève aussi la question de l’impunité dont jouiraient certains acteurs économiques au détriment des efforts de développement des communautés.
Centrafrique.org/degradation-routiere-un-cauchemar-pour-mbaiki-et-boda/degradation-alarmante-de-la-route-mbaiki-boda-en-saison-des-pluies/” rel=”attachment wp-att-76491″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/Degradation-Alarmante-de-la-Route-Mbaiki-Boda-en-Saison-des-Pluies-450×338.jpg” alt=”La Dégradation Alarmante de la Route Mbaïki-Boda en Saison des Pluies” width=”450″ height=”338″ />La Dégradation Alarmante de la Route Mbaïki-Boda en Saison des Pluies
Bangui, CNC. L’axe routier reliant Boda à Mbaïki, long de seulement 92 km, est devenu un véritable enfer pour les usagers. Ce qui devrait être un trajet de quelques heures se transforme en odyssée de 5 à 7 jours, plongeant la région dans une crise économique et sanitaire alarmante.
Une route “du diable” selon les usagers.
“C’est presque la route du diable”, déplore Abdoulaye Youssouf, conducteur de taxi-moto. Son témoignage dresse un tableau effrayant de la situation : chaussée impraticable, ponts réduits à l’état de ferraille, inondations fréquentes. “Quand il pleut, tu ne vois même pas la différence entre le pont et la rivière”, explique-t-il, soulignant les risques mortels encourus par les voyageurs.
Des conséquences économiques désastreuses.
Cette artère vitale pour le ravitaillement de Boda, ville minière importante, est paralysée depuis plus de 5 ans. Les camions de marchandises restent bloqués pendant des jours, entraînant la perte de denrées périssables et des pénuries dans toute la région. Les commerçants voient leurs revenus s’effondrer, tandis que le coût de la vie augmente pour les habitants.
L’inaction des autorités pointée du doigt.
Malgré l’importance stratégique de cet axe routier, aucune action concrète n’a été entreprise pour sa réhabilitation. “Ça dure depuis plus de 5 ans… Et il n’y a aucun réaménagement, aucun travail”, dénonce Abdoulaye Youssouf. Cette négligence des pouvoirs publics provoque la colère et l’incompréhension des populations locales.
Un appel à une réponse urgent.
La situation critique de la route Boda-Mbaïki nécessite une intervention immédiate des autorités. La réhabilitation de cet axe est importante pour le développement économique de la région et le bien-être de ses habitants. Sans action rapide, c’est tout un pan de l’économie centrafricaine qui risque de s’effondrer, aussi sûrement que les ponts vétustes de cette route maudite.
Bozoum isolée : le chaos des infrastructures s’étend en Centrafrique
Ville de Bozoum, dans l’Ouham-Pendé
Bangui, CNC. Après Berberati, dans la Mambéré-Kadéi, c’est au tour de Bozoum, dans l’Ouham-Pendé de sombrer dans l’isolement. Le cri d’alarme du maire Jean-Louis Sinakolo révèle l’ampleur de la crise qui frappe la République centrafricaine, où les promesses de reconstruction du président Kongoboro restent lettre morte.
Bozoum isolée , une ville au bord du gouffre.
“La ville de Bozoum est enclavée. Il n’y a pas une voie pour circuler librement”, déplore le maire Sinakolo. Le pont sur la rivière Kparé , artère vitale pour la région, menace de s’effondrer à tout moment. Cette situation dramatique paralyse l’économie locale et met en danger la vie des habitants.
Débordement de la rivière Kparé , située à 12 kilomètres de Bozoum, sur la route de Bouar, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé
Bozoum isolée , les infrastructures totalement en ruine .
Le tableau dressé par l’édile est alarmant :
– Routes impraticables, entravant tout développement
– Absence de canaux d’évacuation, provoquant des inondations régulières
– Pont reliant Bozoum à la préfecture “au bord de l’écroulement”
Cette détérioration généralisée contredit frontalement les engagements pris par Kota Baba Kongoboro en 2016 pour reconstruire le pays.
La route Bossemptélé – Bozoum dans l’Ouham-Pendé
Une population abandonnée.
Les conséquences pour les habitants de Bozoum sont désastreuses :
– Accès aux soins et à l’éducation compromis
– Economie locale à l’arrêt, aggravant la pauvreté
– Retour des déplacés dans des conditions précaires, selon le maire
Face à ce désastre, le maire en est réduit à supplier : “Il faudrait que l’État et les ONG volent à notre secours”. Un appel qui souligne cruellement l’absence de l’État dans cette région sinistrée.
Un mal qui s’étend.
Bozoum n’est pas un cas isolé. Après Berberati, où le pont principal s’était effondré, divisant la ville en deux, c’est une nouvelle ville stratégique qui se retrouve coupée du reste du pays. Cette situation illustre l’incapacité du gouvernement Touadéra à enrayer l’effondrement des infrastructures qui gangrène la Centrafrique.
L’urgence d’agir est criante. Sans une mobilisation rapide des autorités, Bozoum et d’autres villes risquent de sombrer dans un isolement total, avec des conséquences dramatiques pour leurs habitants.
Bangui : La rentrée scolaire relance le ballet frénétique des bus
Centrafrique.org/rca-un-minibus-belier-fonce-sur-des-pietons-et-fait-plusieurs-blesses-sur-lavenue-david-dacko-a-bangui/des-bus-au-terminal-nord-au-centre-ville-de-bangui-corbeaunews-Centrafrique-micka-2/” rel=”attachment wp-att-39799″ data-wpel-link=”internal”>Des minibus stationnés au terminus nord au centre-ville de Bangui. Photo CNC / Mickael Kossi
Bangui, CNC. En ce lundi 16 septembre 2024, Bangui s’éveille dans une effervescence familière. La rentrée scolaire transforme la capitale centrafricaine en une ruche bourdonnante, rythmée par le va-et-vient incessant des bus.
Dès l’aube, au marché PK12, une foule dense se masse. “Quatrième!, Miskine!, Centre-ville !, 5 kilos !”, scandent les receveurs, donnant le signal d’une ruée effrénée vers les portes des bus.
Le parcours des bus dessine la géographie vivante de la ville. Après le départ de PK12, les véhicules font halte au marché Gobongo. Puis, arrivés au croisement du 4e arrondissement, ils empruntent une déviation vers le croisement Marabéna sur l’avenue Koudoukou.
Au croisement Koudoukou, les bus passent sur l’avenue des martyrs pour progresser vers le centre-ville, passant devant l’hôpital communautaire sur l’avenue des Martyrs, multipliant les arrêts pour charger et décharger des passagers. Le trajet se poursuit jusqu’à l’université, avant de remonter sur la rue Touadera vers le lycée technique, le lycée Caron, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU), pour finalement atteindre le terminus nord au centre-ville.
Si dans les établissements publics, la rentrée reste timide, les écoles privées semblent prendre de l’élan. Au bord des routes, c’est la cohue. Élèves, professeurs, fonctionnaires, commerçants, tous se précipitent pour attraper un bus.
“C’est le même cirque chaque année”, soupire Jeannette, une vendeuse du marché Gobongo. “Mais c’est notre quotidien, il faut bien se déplacer”.
Cette frénésie fait le bonheur des transporteurs, conducteurs et receveurs. Après des vacances difficiles où les recettes étaient maigres, la rentrée est un soulagement. “C’est parti pour neuf mois”, s’exclame Alban, un chauffeur. “Enfin, on va pouvoir travailler normalement”.
Au fil de la journée, exactement comme dans la matinée, les itinéraires se diversifient. Des bus partent vers le marché Combattant, d’autres vers KM5 ou Boy-Rabe, pour le nord, dessinant une toile complexe à travers la ville. Mais d’autres points restent encore, sur la voie du sud, vers Kassaï – Ouango, ou encore vers Pétévo- Bimbo à la sortie ouest de la ville, ou encore vers KM5, les trajets sont nombreux à explorer.
Ce ballet urbain se répète quotidiennement, rythmant la vie de milliers de Banguissois. Une chorégraphie certes chaotique, mais essentielle, symbole d’une ville en perpétuel mouvement, malgré les défis.
Dans cette fresque vivante de Bangui, les bus sont bien plus qu’un simple moyen de transport. Ils incarnent le pouls de la ville, battant au rythme des espoirs et des luttes de ses habitants. La rentrée scolaire marque ainsi non seulement le retour à l’école, mais aussi le retour à une certaine normalité économique pour de nombreux acteurs de la ville.
Rafle, arrestation et intimidation, Bambari sous tension à quelques jours de la visite présidentielle
Centrafrique.org/ecole-en-ruine-enseignants-absents-touadera-ne-repond-pas-aux-attentes-des-citoyens/touadera-lors-du-lancement-de-lannee-scolaire-2023-2024-a-bossembele-bon/” rel=”attachment wp-att-70177″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Touadera-lors-du-lancement-de-lannee-scolaire-2023-2024-a-Bossembele-bon-450×423.jpg” alt=”Touadera lors du lancement de l’année scolaire 2023 2024 à Bossembélé” width=”450″ height=”423″ />Faustin Archange Touadera
Bangui, CNC. La ville de Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, vit des heures agitées. À quelques jours de l’arrivée du président Baba Kongoboro pour le lancement officiel de l’année scolaire 2024-2025, une vague d’arrestations et de contrôles sécuritaires sème le trouble dans les quartiers musulmans.
Depuis le jeudi 12 septembre, les forces de l’ordre et les mercenaires du groupe Wagner multiplient les opérations de bouclage et de vérification d’identité. Les zones de Bokolobo, Bornou et Élevage sont particulièrement visés. À Chimbolo, localité située à 30 km de Bambari, un raid des Wagner a conduit à l’interpellation de 44 personnes mercredi dernier. Si 35 d’entre elles ont été relâchées, 9 restent en détention à la gendarmerie et au commissariat de police.
Ces interventions musclées surviennent dans un contexte délicat. Des négociations de paix sont en cours entre le gouvernement et Ali Darassa, leader de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC). Le chef rebelle a récemment exprimé sa volonté de dialoguer avec le pouvoir central. Pourtant, les autorités justifient les opérations en cours par des “rumeurs d’infiltration de groupes armés, notamment les rebelles de l’UPC “.
Pour de nombreux habitants de Bambari, ces explications des autorités ne tiennent pas la route. “On nous traite comme des parias dans notre propre pays. Ces arrestations, c’est de l’intimidation pure et simple”, s’indigne un commerçant du marché central de Bambari. Le sentiment d’être injustement ciblés grandit au sein de la communauté musulmane.
La visite présidentielle prévue le 16 septembre cristallise toutes les tensions. L’an dernier, Touadéra avait choisi Bossembélé, à 160 km de Bangui, pour lancer la rentrée scolaire 2023 – 2024. Son déplacement à Bambari, plus éloignée de la capitale, est perçu comme un test pour un peureux Président, que les centrafricains le surnomment « Baba Kongoboro ».
“Le président Baba Kongoboro a la trouille au ventre. Ces rafles, les Wagner veulent le rassurer “, lâche un fonctionnaire à Bambari. Un avis partagé par plusieurs observateurs, qui pointent la rareté des déplacements présidentiels en province. La dernière visite de Touadéra à Bambari remonte à 2021, dans un contexte sécuritaire tendu.
Les autorités, elles, affichent leur sérénité. “Toutes les dispositions sont prises pour garantir le bon déroulement de la cérémonie”, assure un responsable préfectoral. Un important dispositif sécuritaire sera déployé le jour J. Des délégations ministérielles sont déjà sur place pour préparer l’événement.
Au-delà de l’aspect protocolaire, c’est tout l’enjeu de la rentrée scolaire qui se joue. Après des années de conflit, le système éducatif centrafricain peine à se relever. Manque d’enseignants, infrastructures délabrées, insécurité persistante… Les défis restent immenses.
À Bambari même, plusieurs écoles ont été détruites ou pillées lors des affrontements. La réhabilitation progresse avec le soutien de la Minusca, mais lentement. “On espère que la venue du président permettra de régler le problème des maîtres parents dans nos écoles “, confie un directeur d’établissement. L’attente est forte chez les parents d’élèves comme chez les enseignants.
L’Assemblée nationale centrafricaine au cœur des débats sur le Plan national de développement
Bambouti-et-sidiki-au-coeur-de-linterpellation-du-gouvernement-a-lassemblee-nationale-ce-jour/lassemblee-nationale-centrafricaine-img_8mars2018154143-5/” rel=”attachment wp-att-33796″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/11/l’Assemblée-Nationale-Centrafricaine-IMG_8mars2018154143-450×254.jpg” alt=”” width=”450″ height=”254″ />Assemblée nationale centrafricaine…
Bangui, CNC. L’élaboration du Plan national de développement (PND) en République centrafricaine dévoile aux yeux du monde ce qui a été caché depuis plusieurs années au peuple centrafricain sous le régime du putschiste de Bangui Faustin Archange Touadéra, alias “Baba Kongoboro”.
Rappelez-vous, en 2016, plus de 45% des députés ne savaient ni lire ni écrire. Ce taux a augmenté en 2020, dépassant les 50%. Cette situation a poussé Baba Kongoboro à inclure dans sa nouvelle Constitution totalement illégale, promulguée en août 2023, l’exigence du baccalauréat comme niveau minimum d’études pour se porter candidat au poste de député.
En plus, au sein de l’administration parlementaire, le népotisme règne. La majorité des employés sont des proches ou des amis des membres du régime actuel.
L’Assemblée nationale, longtemps reléguée au second plan et dépendante financièrement de l’Exécutif, ne voit que 10% de ses besoins financiers couverts par les dotations nationales. Le reste provient principalement des partenaires techniques et financiers.
Les conflits armés à répétition ont eu des conséquences désastreuses : plus de 70% des infrastructures parlementaires ont été endommagées ou pillées au cours de la dernière décennie.
En termes de ressources humaines, environ 60% des postes administratifs et techniques sont soit vacants, soit occupés par du personnel non qualifié. Près de 75% des élus n’ont reçu aucune formation sur les procédures législatives et le contrôle gouvernemental.
Cette situation se traduit par une faiblesse de la fonction législative : moins de 15% des propositions de loi émanent des députés. L’organisation administrative manque de rigueur, avec des procédures internes dépassées, ce qui nuit à la productivité.
Dans ce contexte, l’Assemblée nationale centrafricaine se trouve réduite à un rôle plus symbolique qu’opérationnel, compromettant ainsi la stabilité et l’efficacité de la gouvernance politique du pays.
Jean-Jacques Démafouth : de l’opposition armée aux crimes d’État
Centrafrique.org/jean-jacque-demafouth-pour-la-premiere-partie-de-sa-biographie/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/05/jean-jacque-demafouth-pour-la-première-partie-de-sa-biographie-450×371.jpg” alt=”jean jacque demafouth pour la première partie de sa biographie” width=”450″ height=”371″ />
Jean-Jacques Démafouth, né en 1959 à Bangui, incarne les dérives d’un système politique centrafricain gangréné par la violence et l’impunité. Son parcours, de la rébellion à ministre de la Défense en passant par la criminalité dans la capitale, est jalonné d’actes criminels et d’ambitions démesurées. Portrait d’un homme qui n’a pas hésité à semer la terreur pour assouvir sa soif de pouvoir.
Issu d’une famille nombreuse, Jean-Jacques Démafouth grandit loin de ses parents et connaît une scolarité chaotique. Dès sa jeunesse, il est attiré par l’agitation politique. En 1979, alors lycéen, il participe au mouvement de contestation contre le régime Bokassa. Cette première expérience semble avoir forgé son goût pour l’intrigue et les manœuvres de coulisses.
Après un bref passage dans le journalisme, Démafouth entre au service de l’État sous le régime du CMRN. Mais son implication dans l’attentat meurtrier du cinéma “le Club” en 1981 révèle déjà sa propension à recourir à la violence pour arriver à ses fins. Cet épisode sanglant, qui fait trois morts et des dizaines de blessés, annonce la suite de sa carrière, jalonnée d’actes criminels.
Jean-Jacques Démafouth , Un apprentissage de la subversion au Tchad et en Libye
Fuyant la RCA en 1982, Jean-Jacques Démafouth se réfugie au Tchad où il noue des contacts avec l’opposition armée. Arrêté et emprisonné par le régime d’Hissène Habré, il parvient à s’échapper et rejoint le Bénin. C’est là qu’il se rapproche d’Ange-Félix Patassé et du MLPC, servant d’intermédiaire avec la Libye de Kadhafi.
Cette période est décisive dans la formation politique et militaire de Jean-Jacques Démafouth. Il reçoit un entraînement en Libye et s’imprègne des méthodes de déstabilisation en vogue dans la région. De retour en RCA en 1984, il monte une rébellion appelée “commando Mbakara” alliée aux rebelles tchadiens “Codos”.
Les exactions commises par ce groupe armé sont nombreuses : attaque de Markounda, pillage des caisses de la SOCADA à Paoua. En représailles, l’armée mène une opération de ratissage brutale dans la région de Paoua, faisant de nombreuses victimes civiles. Démafouth porte une lourde responsabilité dans cette spirale de violence qui a ensanglanté le nord-ouest du pays.
Un ascension fulgurante sous Patassé
Après un exil en France, Jean-Jacques Démafouth revient en RCA dans les bagages de Patassé en 1992. Devenu conseiller juridique à la présidence, il tisse un réseau d’influence et se hisse progressivement vers les sommets du pouvoir. Sa nomination à la tête du Centre national de recherche et d’investigation (CNRI) en 1995 marque un tournant.
À ce poste stratégique, Démafouth se distingue par ses méthodes brutales et arbitraires. Arrestations de journalistes, dossiers de corruption montés de toutes pièces, éliminations d’opposants : le CNRI devient un instrument de répression au service du régime. Démafouth en profite pour placer ses hommes à des postes clés et consolider son emprise sur l’appareil sécuritaire.
Promu ministre de la Défense en 1999, il franchit un nouveau cap dans l’usage de la violence d’État. L’expédition punitive qu’il mène personnellement à Kembé en novembre 1999 se solde par l’assassinat de plusieurs personnes, dont des gendarmes. Cet épisode sanglant révèle la dangerosité de Démafouth et son mépris total pour l’État de droit.
Le coup d’État manqué de 2001
C’est lors de la tentative de coup d’État de mai 2001 que les ambitions démesurées de Jean-Jacques Démafouth éclatent au grand jour. Alors que le putsch fomenté par Kolingba échoue, le ministre de la Défense tente de tirer profit de la situation pour s’emparer du pouvoir. Il orchestre l’assassinat du général Ndjadder, puis manipule Kolingba pour le pousser à se compromettre publiquement.
Dans les jours qui suivent, Démafouth se livre à une véritable chasse aux sorcières. De nombreuses exécutions sommaires sont commises sur ses ordres, visant aussi bien des militaires que des civils. L’assassinat du colonel français Lhommée, représentant du PNUD, atteint un nouveau degré dans l’horreur et l’arbitraire.
Finalement démasqué et arrêté, Jean-Jacques Démafouth est jugé pour atteinte à la sûreté de l’État. Son acquittement en octobre 2002 “au bénéfice du doute”, malgré les preuves accablantes, laisse un goût amer. Il illustre l’impunité dont bénéficient trop souvent les auteurs de crimes politiques en Centrafrique.
Jean-Jacques Démafouth , Un bilan accablant.
Le parcours de Jean-Jacques Démafouth est emblématique des dérives du système politique centrafricain. Passé de la rébellion armée aux plus hautes sphères de l’État, il a utilisé la violence comme moyen d’ascension et de maintien au pouvoir. Son action a contribué à affaiblir durablement les institutions et l’État de droit dans le pays.
Les multiples exactions commises tout au long de sa carrière ont laissé des traces profondes. De l’attentat du cinéma “Club” en 1981 aux assassinats de 2001, Démafouth a semé la mort et la terreur pour assouvir ses ambitions personnelles. Son acquittement contestable n’efface en rien la gravité des faits qui lui sont reprochés.
Au final, Jean-Jacques Démafouth apparaît comme l’un des fossoyeurs de la démocratie centrafricaine. Son parcours illustre la dérive d’un système gangrené par la violence politique et l’impunité. Tant que de tels agissements resteront sans réelles sanctions, la RCA aura du mal à sortir du cycle infernal des coups d’État et de l’instabilité chronique.
La ville de Bocaranga est désormais sous l’emprise de l’alcool frelaté de Wagner
Centrafrique.org/wagner-rend-la-jeunesse-centrafricaine-accro-a-ses-poisons-alcoolises/sachet_vodka_wanawa-_vendu_par_wagner/” rel=”attachment wp-att-78259″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/sachet_vodka_wanawa-_vendu_par_wagner-337×450.jpg” alt=”Paquet orange de Vodka Wa Na Wa de 50 ml avec un rhinocéros en image de marque” width=”337″ height=”450″ />Paquet de Vodka Wa Na Wa, alcool à 40%, contenant 50 ml de liquide, produit en Cent⬤
L’empire de l’alcool frelaté de Wagner s’étend désormais jusqu’à Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, avec la complicité des plus hautes autorités centrafricaines. Deux camions chargés de boissons toxiques “made in Wagner ” sont arrivés dans la ville la semaine dernière, menaçant gravement la santé de la population locale et l’avenir de la jeunesse centrafricaine.
l’alcool frelaté de Wagner , une invasion orchestrée au sommet de l’État.
Les produits Wagner, déjà tristement célèbres dans le reste du pays, inondent maintenant le marché de Bocaranga. Bières ” Wagner ti l’or “, “Ange ti l’or ” et d’autres bières de Wagner en bouteilles plastiques, ainsi que les redoutables sachets d’alcool frelaté Wa na Wa vendu dans des petits sachets 100 FCFA, sont désormais disponibles en quantité. Cette arrivée massive n’est que la dernière étape d’une stratégie d’empoisonnement national instrumentée depuis Bangui, avec l’apparent assentiment du président Faustin-Archange Touadéra lui-même.
Un paquet de Vodka Wa Na Wa, contenant 30 ml de boisson alcoolisée à 40%, produit par “First Industrial Company”, une entreprise de Wagner à Bangui. CopyrightCNC
l’alcool frelaté de Wagner : une complicité généralisée des autorités
Si la préfète de l’Ouham-Pendé, madame Geneviève Gbadin, a émis un arrêté scandaleux interdisant la vente d’alcools traditionnels communément appelé Ngbako au profit des produits Wagner, cette décision ne semble être que le reflet d’une politique nationale. Le silence et l’inaction du gouvernement central, y compris du président Touadéra, face à cette invasion toxique, témoignent d’une complicité qui s’étend jusqu’au sommet de l’État.
Conséquences dévastatrices pour la jeunesse centrafricaine.
Les effets désastreux de l’alcool frelaté Wagner sont déjà visibles dans tout le pays, et Bocaranga ne fera pas exception. La multiplication des accidents, des agressions, des vols et de la criminalité en général est directement liée à la consommation de ces produits nocifs. Cette situation laisse penser que les autorités, à commencer par le président Touadéra, ont délibérément choisi de sacrifier l’avenir de la jeunesse centrafricaine au profit de leurs relations avec le groupe Wagner.
L’arrivée de l’alcool frelaté Wagner à Bocaranga marque une nouvelle étape dans l’exploitation criminelle de la Centrafrique. L’inaction et la complicité des autorités, du niveau local jusqu’à la présidence, permettent à Wagner d’étendre son emprise toxique. Cette situation soulève de graves questions pousse les observateurs à s’interroger sur les véritables priorités du gouvernement et son engagement envers le bien-être et l’avenir de son peuple.
Wagner menace à Boda : prélude à un bain de sang ?
Centrafrique.org/Centrafrique-la-coscipac-sonne-lalarme-sur-la-situation-securitaire-dans-le-pays/deux-mercenaires-du-groupe-wagner-sur-deux-motos-en-province/” rel=”attachment wp-att-70634″ data-wpel-link=”internal”>Les mercenaires du groupe Wagner sur des motos
Bangui, CNC. Une réunion sécuritaire s’est tenue vendredi dernier à l’hôtel de ville de Boda, préfecture de la Lobaye. Organisée par les Mercenaires russes du groupe russe Wagner, elle a réuni plusieurs responsables locaux. Objectif affiché : “tirer les oreilles” des habitants et les pousser à la délation.
Wagner à Boda : les Russes voient des suspects partout.
Pour Wagner, l’insécurité rôde dans la périphérie de Boda. Les mercenaires veulent donc “travailler dans le cerveau des gens” pour qu’ils dénoncent tout comportement suspect. Ils mettent en garde contre des groupes armés portant des cagoules qui pourraient être confondus avec eux.
“Il faut bien voir comment la personne marche pour savoir si elle est de Wagner“, ont-ils expliqué aux notables présents. Message clair : signalez immédiatement toute personne suspecte.
Wagner à Boda : la population prise en otage.
Wagner à Boda demande aux responsables locaux de relayer ces consignes dans les quartiers et partout dans des villages voisins. Pour les habitants, c’est une provocation pure et simple. Les Russes menacent d’abattre quiconque porterait une arme blanche en forêt ou dans les champs.
“Circulez sans arme, sinon c’est un danger pour vous”, martèlent les mercenaires du groupe Wagner à Boda. Une injonction aberrante pour des paysans habitués à se défendre contre les bêtes sauvages.
Cette réunion montre que Wagner impose sa loi à Boda, au mépris des réalités locales. La population se retrouve prise entre le marteau des groupes armés et l’enclume des mercenaires russes. Une situation explosive qui risque d’aggraver l’insécurité plutôt que de la réduire.
La colère gronde à Bangui après la déroute des Fauves face aux panthères du Gabon
Centrafrique.org/lespoir-persiste-malgre-la-defaite-des-fauves-centrafricains/touadera-avec-les-fauves-centrafricains-a-yaounde/” rel=”attachment wp-att-66116″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Touadera-avec-les-fauves-centrafricains-a-Yaounde-450×229.jpg” alt=”Touadera avec les fauves centrafricains à Yaoundé” width=”450″ height=”229″ />
Bangui, CNC. Les rues de Bangui bruissent de mécontentement depuis une semaine. Les Fauves de Bas-Oubangui, l’équipe nationale de football centrafricaine, viennent d’essuyer une nouvelle défaite cuisante contre les Panthères du Gabon. Le score de 2-0 ne dit pas tout, mais c’est la manière qui choque les supporters.
“On dirait qu’ils jouaient les yeux bandés!”, s’exclame Parfait, boucher au grand marché du quartier Combattant. “Pas une seule occasion de but, ni en première mi-temps, ni en deuxième. C’est comme s’ils avaient oublié comment on joue au foot!”
Cette défaite ravive de vieilles blessures chez les amateurs du ballon rond centrafricain. Beaucoup évoquent une longue série de déceptions. “Un pas en avant, dix en arrière. C’est l’histoire de notre équipe”, soupire Marie, vendeuse de fruits au marché de Pétévo, dans le sixième arrondissement. “On leur fait confiance, et ils nous laissent tomber à chaque fois”.
Sur les réseaux sociaux, la frustration se transforme en colère. Certains internautes appellent à des mesures radicales : “Il faut tout recommencer à zéro!”, peut-on lire sur des postes sur la messagerie sociale WhatsApp. “Qu’on les envoie tous en prison à Birao, à 1000 km d’ici. Qu’ils réfléchissent à leur trahison pendant un an ou deux!”
Ces réactions extrêmes témoignent du désarroi d’une nation qui place tant d’espoir dans son équipe de football. Pour beaucoup, le sport est plus qu’un simple jeu – c’est une question de fierté nationale.
“Ils ont les mêmes pieds, les mêmes mains, la même tête que les autres joueurs africains. Pourquoi ne peuvent-ils pas faire aussi bien?”, s’interroge Uscul Mathieu, chauffeur de taxi. Cette question résume le sentiment d’incompréhension qui domine.
Certains supporters cherchent des explications. “C’est peut-être parce qu’ils n’ont pas reçu leur prime de match”, avance timidement un jeune étudiant. Mais cette excuse ne convainc pas la majorité. “Ça fait des années que ça dure”, rétorque un vieux monsieur. “Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de cœur!”
Le débat fait rage dans les quartiers et dans les caves, ces bars populaires où l’on refait le match. Faut-il vraiment tout recommencer? Donner leur chance aux jeunes? Changer d’entraîneur? Les avis divergent, mais tous s’accordent sur un point : il faut que ça change.
Cette défaite intervient dans un contexte délicat. Les éliminatoires pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025 battent leur plein, et les espoirs de qualification s’amenuisent. Pour un pays qui n’a jamais participé à une phase finale de CAN, c’est un coup dur.
Au-delà du football, cette crise sportive affiche les attentes d’une nation en quête de reconnaissance. Dans un pays tourmenté par des années de conflit, le sport est vu comme un moyen de briller sur la scène internationale. Chaque défaite est ressentie comme un rappel douloureux des défis qui restent à surmonter.
Les autorités sportives restent silencieuses pour le moment. Mais la pression monte pour qu’elles prennent des mesures. Le retour des Fauves au pays s’annonce tendu. Les supporters attendent des explications, et surtout des solutions.
En attendant, les Centrafricains se consolent comme ils peuvent. “Au moins, on n’a pas perdu 7-0 comme contre le Maroc l’année dernière”, plaisante amèrement un supporter. L’humour comme dernier rempart contre le désespoir.
L’avenir des Fauves de Bas-Oubangui est incertain. Une chose est sûre : les prochains matches seront scrutés de près. La patience des supporters a des limites, et cette défaite contre le Gabon pourrait bien être celle de trop. Le football centrafricain est à la croisée des chemins. Saura-t-il se réinventer pour enfin répondre aux attentes de tout un peuple? L’histoire reste à écrire.
Le lourd tribut environnemental de l’exploitation minière en Centrafriqu
Centrafrique.org/site_minier_de_gaga/” data-wpel-link=”internal”>Site minier de Gaga. Photo : Rolf Steeve Domia-Leu
Bangui, CNC. À 260 kilomètres de Bangui, le village de Gaga, autrefois paisible, porte aujourd’hui les cicatrices béantes de l’exploitation minière intensive. Ce qui était jadis une communauté de 3000 âmes vivant en harmonie avec la nature s’est transformé en un champ de bataille écologique.
“Avant, nous avions une rivière ici”, raconte Rolf Steeve Domia-Leu, un journaliste centrafricain, pointant du doigt un terrain vague poussiéreux. “Maintenant, regardez. C’est comme si elle n’avait jamais existé”, ajoute-t-il.
L’exploitation aurifère, principalement menée par des entreprises chinoises, a littéralement asséché les ressources naturelles de Gaga. Sur une zone de 3 kilomètres carrés, hommes, femmes et même enfants s’activent dans des conditions déplorables, sacrifiant leur santé et leur environnement sur l’autel du profit.
Centrafrique.org/consequence_exploitation_miniere_gaga/” data-wpel-link=”internal”>Exploitation minière à Gaga, dans l’Ombella-Mpoko. Les conséquences sont visibles pour la population. Photo : Rolf Steeve Domia-Leu
Mais Gaga n’est que la partie visible de l’iceberg. À Bozoum, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, le constat est tout aussi alarmant. Dès 2018, une commission parlementaire avait tiré la sonnette d’alarme sur la destruction massive de l’écosystème par les exploitants chinois. Pourtant, quatre ans plus tard, la situation n’a fait qu’empirer.
À Diba, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, c’est le même scénario qui se répète. Les entreprises chinoises y ont établi un véritable empire de la destruction, rasant forêts et détournant cours d’eau sans vergogne.
Et que dire de Ndachima, ou encore de Ydéré, où les Mercenaires russes du groupe Wagner règnent en maîtres ? Collines éventrées, rivières polluées, la nature paie un lourd tribut à cette ruée vers l’or moderne.
Face à ce désastre écologique, le gouvernement centrafricain semble étrangement muet. Pire encore, il pointe du doigt les petits exploitants locaux, ceux-là mêmes qui luttent pour nourrir leurs familles en produisant du charbon de bois.
“C’est nous qu’on accuse de détruire la forêt”, s’indigne Pierre, un charbonnier de Gaga. “Mais regardez autour de vous ! Ce ne sont pas nos machettes qui ont fait disparaître la rivière !”
Alors que la Centrafrique prétend lutter contre la déforestation et le changement climatique sur la scène internationale, la réalité sur le terrain est tout autre. Les géants miniers, qu’ils soient chinois ou russes, semblent jouir d’une impunité totale, laissant derrière eux un paysage lunaire là où se dressaient autrefois des forêts luxuriantes.
L’exploitation minière rapporte certes des revenus à court terme, mais à quel prix ? Si rien n’est fait, c’est l’avenir même de la Centrafrique qui est en jeu. Il est grand temps que le gouvernement des bras cassés prenne ses responsabilités et mette un terme à ce pillage environnemental avant qu’il ne soit trop tard.
À l’heure où la République centrafricaine se targue de soi-disant progrès, une réalité sombre persiste dans l’arrière-pays. De Grimari à Yalinga, en passant par Birao et Bria, voir Ndélé, le tableau est le même : des populations abandonnées à leur sort, assoiffées et oubliées par ceux-là mêmes qui devraient être leurs porte-voix. Un reportage exclusif du CNC.
À Grimari, sous-préfecture située à 60 kilomètres de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, les enfants vivent un calvaire quotidien pour un besoin aussi élémentaire que l’eau. Chaque jour, ces jeunes âmes parcourent plus de 4 kilomètres aller-retour, bravant le soleil et les dangers, pour atteindre des puits de fortune. Ces “sources”, souvent de simples trous creusés à même le sol, profondes d’un à deux mètres, sont leur seul espoir d’étancher leur soif et d’assurer l’hygiène minimale de leurs familles, a constaté un reporter du CNC.
La ministre des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo TémonImage : Pressedienst
Pendant ce temps, à Bangui, les lambris dorés du pouvoir semblent avoir fait oublier à certains leur devoir envers leurs terres natales. Sylvie Baïpou-Temon, ministre des Affaires étrangères et enfant de Grimari, brille par son absence sur le terrain. Ses discours grandiloquents sur le développement de sa région contrastent cruellement avec la réalité vécue par ses compatriotes.
“On entend toujours parler de millions, de projets, mais ici, c’est le désert”, confie Parfait, un jeune de Grimari. “Nos sœurs et nos mères souffrent chaque jour pour avoir un peu d’eau. C’est ça, le développement?”
À Yalinga, les enfants s’approvisionnent en eau dans une source naturelle aménagée de façon sommaire. CopyrightCNC
À Yalinga, sous-préfecture de la Haute-Kotto, la situation n’est guère plus reluisante. Ici, pas de robinets, pas même de puits. Les habitants sont contraints de s’aventurer dans la forêt pour puiser l’eau des sources naturelles, bravant les dangers et l’insalubrité.
“Nos enfants boivent la même eau que les animaux sauvages”, témoigne Marie, mère de famille à Yalinga. “Est-ce ainsi que doivent vivre les citoyens d’un pays indépendant depuis plus de 60 ans?”
L’ironie de la situation n’échappe à personne. Le ministre des Transports, Gautron Djono Ahaba, enfant du pays ayant fait ses études à Yalinga, siège aujourd’hui dans les bureaux climatisés de Bangui. Ses comptes en banque, gonflés de millions de francs CFA, contrastent cruellement avec le dénuement de ses anciens camarades de classe.
“Nous l’avons vu grandir ici, nous étions fiers de le voir réussir”, confie un ancien enseignant. “Mais aujourd’hui, c’est comme s’il avait oublié d’où il venait”.
Ce constat amer ne se limite pas à ces deux localités. À Birao et Ndélé, voir Bria, d’autres régions représentées au gouvernement par le ministre d’État à la justice, ou encore le ministre de l’agriculture ainsi que celui du désarmement, , le tableau est tout aussi sombre. Les populations locales, abandonnées à leur sort, ne doivent leur survie qu’à l’intervention des organisations humanitaires et de la Minusca.
Face à cette situation, une question brûle les lèvres : jusqu’à quand les fils et filles du pays, aujourd’hui aux commandes, resteront-ils sourds aux cris de détresse de leurs propres communautés? À quoi servent ces millions qui transitent dans les ministères si ce n’est pas pour améliorer le sort des citoyens?
L’heure n’est plus aux discours creux ni aux promesses vaines. La Centrafrique a soif, non seulement d’eau, mais aussi de justice et d’équité. Il est temps que ceux qui ont gravi les échelons du pouvoir se souviennent du chemin parcouru et tendent la main à ceux qu’ils ont laissés derrière.
En attendant, de Grimari à Yalinga en passant par Birao ou Ndélé, , les enfants continueront leur quête quotidienne d’eau, portant sur leurs épaules le poids d’un développement qui semble les avoir oubliés.
La santé en RCA : un système en ruine, une population en détresse
Centrafrique.org/crise-sanitaire-a-bangui-quand-leau-et-lelectricite-dictent-le-sort-des-hopitaux/dr-pierre-somse-ministre-de-la-sante-et-de-la-population/” rel=”attachment wp-att-75240″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Dr.-Pierre-Somse-ministre-de-la-sante-et-de-la-population-450×300.jpg” alt=”Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé et de la population lors de son point de presse à Bangui le 7 avril 2024 à Bangui.” width=”450″ height=”300″ />Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé et de la population
Bangui, CNC. Le dernier magazine santé diffusé sur la radio Ndékè Luka la semaine dernière dresse un tableau effarant de la situation sanitaire en République centrafricaine. Entre un système de santé délabré et des autorités incompétentes, la population centrafricaine se trouve littéralement abandonnée à son sort.
La santé en RCA : l’hôpital de la honte à Kaga-Bandoro.
À Kaga-Bandoro, 385 km au nord de Bangui, l’hôpital local ressemble davantage à un mouroir qu’à un établissement de santé. Le Dr Jerry Martial Mouté, chef du district sanitaire, avoue sans sourciller que seuls “6 à 8 cas de hernie par semaine” peuvent être traités. Une goutte d’eau dans l’océan des besoins. Les patients, livrés à eux-mêmes, agonisent dans des couloirs insalubres, attendant une prise en charge qui ne vient jamais.
Paul, un patient récemment opéré, témoigne : “J’ai souffert durant trois jours. J’avais une douleur intense au ventre.” Un calvaire qui aurait pu être évité avec une prise en charge rapide. Mais dans ce pays où la santé n’est qu’un vœu pieux, chaque jour est une lutte pour la survie.
La santé en RCA : un personnel médical au bord du gouffre.
L’infirmier anesthésiste Dieudonné Ladum, visiblement dépassé, lâche : “Quand on parle de hernie étranglée, c’est des urgences. On les prête rapidement”. Cette phrase trahit l’ampleur du désastre. Les soignants, en sous-effectif chronique, jouent les équilibristes entre urgences vitales et moyens dérisoires.
Le manque de formation est criant. Les gestes les plus basiques deviennent des défis insurmontables. Comment parler de qualité des soins quand le personnel peine à maîtriser les protocoles élémentaires ? C’est un miracle que des vies soient encore sauvées dans ces conditions.
Des autorités sanitaires aux abonnés absents.
Pendant ce temps, que font les autorités ? Le ministre de la Santé, Dr Pierre Somsé , se contente de vagues appels à la vigilance. Aucune mesure concrète n’est proposée pour endiguer la catastrophe sanitaire qui se profile. Son intervention sur le Monkeypox est symptomatique de cette politique de l’autruche : “Notre pays va faire partie des premiers contingents de pays qui recevra le vaccin contre le M-Pox.” Une annonce creuse, sans calendrier ni plan de déploiement.
Cette inaction coupable laisse le champ libre aux épidémies. Le choléra, la rougeole, la poliomyélite… autant de fléaux qui menacent une population déjà exsangue. Mais à Bangui, on préfère se gargariser de promesses plutôt que d’agir.
L’alimentation, parent pauvre de la santé publique.
Le Dr Barry Siolo, invité de l’émission, tente d’aborder la question cruciale de l’alimentation. Mais ses conseils semblent sortir d’un autre monde. “Mangez tout, vous avez tout”, affirme-t-il. Une phrase qui sonne comme une cruelle ironie dans un pays où 63% de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue.
Comment parler d’alimentation équilibrée quand la majorité des Centrafricains luttent pour avoir même un repas par jour ? Le docteur évoque les bienfaits des fruits et légumes, oubliant que ces denrées sont un luxe inaccessible pour beaucoup. Son discours déconnecté des réalités du terrain illustre le fossé entre les élites médicales et la population.
Un système de santé en état de mort cérébrale.
La vérité, c’est que le système de santé centrafricain est cliniquement mort. Les hôpitaux, quand ils existent encore, sont des coquilles vides. Le matériel médical, obsolète ou inexistant, met en danger la vie des patients. Les médicaments ? Un mirage pour la plupart des malades, contraints de se tourner vers des remèdes traditionnels aux effets incertains.
La formation du personnel médical est une farce. Les écoles de médecine, sous-financées, produisent des diplômés mal préparés aux défis qui les attendent. Comment s’étonner ensuite des erreurs médicales à répétition qui émaillent le quotidien des structures de santé ?
La corruption gangrène le peu qui reste. Les postes sont attribués au favoritisme plutôt qu’au mérite. Les fonds, déjà insuffisants, sont détournés au profit de quelques-uns. Pendant ce temps, les patients meurent faute de soins basiques.
Un avenir sanitaire en péril.
Si rien n’est fait, la RCA court à la catastrophe sanitaire. Les indicateurs sont déjà alarmants : mortalité infantile parmi les plus élevées au monde, espérance de vie en berne, résurgence de maladies pourtant évitables… Le pays semble revenir des décennies en arrière en matière de santé publique.
L’aide internationale, quand elle arrive, est une goutte d’eau dans un océan de besoins. Les ONG, débordées, ne peuvent pallier les carences d’un État défaillant. Il est urgent que les autorités centrafricaines prennent enfin leurs responsabilités.
Des solutions existent, mais nécessitent une volonté politique forte. Réinvestir massivement dans les infrastructures de santé, former et recruter du personnel qualifié, lutter sans merci contre la corruption… Autant de chantiers titanesques, mais vitaux pour l’avenir du pays.
La santé n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental. Il est temps que les Centrafricains l’exigent haut et fort. Sans un sursaut national, c’est tout l’avenir d’une nation qui est compromis. La RCA mérite mieux que ce système de santé moribond. Il est grand temps d’agir, avant qu’il ne soit trop tard.
Ingérence politique dans les affaires religieuses à Mbaïki : la nouvelle mosquée fermée
Centrafrique.org/mosquee_de_mbaiki/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/mosquee_de_mbaiki-450×203.jpg” alt=”Façade de la nouvelle mosquée de Mbaïki, inaugurée le 9 septembre et fermée deux jours plus tard par les autorités locales.” width=”450″ height=”203″ />
Bangui, CNC. La mosquée centrale de Mbaïki, chef-lieu de la Lobaye, a été fermée par les autorités locales à peine quelques jours après son inauguration. Cette décision choquante intervient suite à un désaccord sur la désignation de l’imam.
Immixtion inacceptable des politiques dans l’affaire de la mosquée de Mbaïki .
Les autorités locales et certains députés se sont ingérés dans un domaine qui ne relève pas de leur compétence. Le député de Mbaïki 1, Brice Kakpayen, a révélé que l’imam venu de Bangui a désigné un imam tchadien pour diriger la mosquée, provoquant la colère de la communauté musulmane locale.
“Ils veulent à tout prix mettre leur marionnette à la tête de cette mosquée. C’est inacceptable !”, s’indigne un fidèle sous couvert d’anonymat.
Cette ingérence va à l’encontre du principe de laïcité et de la liberté religieuse. L’État n’a pas à s’immiscer dans la nomination des responsables religieux.
mosquée de Mbaïki : la discrimination envers les Tchadiens ?
Un observateur centrafricain s’interroge: “Si la communauté musulmane, si le chef de la communauté musulmane a désigné un imam tchadien pour diriger cette mosquée, quel est le problème des autorités ? Dans l’Église catholique, on voit des prêtres italiens, tchadiens, camerounais, congolais diriger sans problème. Pourquoi y a-t-il une telle opposition pour la mosquée ?”
Cette remarque prouve une possible discrimination envers les Tchadiens. “Donc tout ce qui est tchadien dans le pays est interdit ?”, s’interroge un habitant de Mbaïki.
Tensions communautaires attisées.
Cette manœuvre politique crée des tensions au sein de la communauté musulmane de Mbaïki. D’un côté, les fidèles locaux qui ont contribué à la construction de la mosquée. De l’autre, une équipe venue de Bangui.
Un pouvoir qui cherche à tout contrôler.
Cette affaire montre la volonté du pouvoir en place de mettre la main sur toutes les sphères de la société, y compris religieuse. Même le président de la communauté islamique centrafricaine est qualifié de “griot du régime” par certains observateurs.
“Ils veulent que tout le monde fasse la glorification de Touadéra. Si ce n’est pas pour Touadéra, il ne faut pas le mettre à la tête de la mosquée”, dénonce un habitant de Mbaïki.
Cette ingérence politique risque d’amplifier les tensions dans une région déjà instable. Les autorités feraient mieux de se concentrer sur les vrais problèmes du pays plutôt que de créer artificiellement des conflits religieux.
“Les autorités n’ont rien à voir dans cette histoire. Elles doivent rester en dehors de ça et laisser le chef de la communauté musulmane décider“, conclut un leader communautaire local, appelant au respect de l’autonomie religieuse.
En Centrafrique, l’insécurité étouffe les villes de province
Le MDRPC du général ARDA HAKOUMA à Akroussoulback , dans la Bamingui-Bangoran
Bangui, CNC. Malgré les déclarations optimistes du gouvernement, l’insécurité reste une réalité quotidienne dans les villes de province centrafricaines. Les autorités à Bangui affirment contrôler jusqu’à 100% du territoire national grâce à leur partenariat avec le groupe Wagner. Pourtant, la situation sur le terrain raconte une toute autre histoire.
À Ndélé, Bozoum ou Akroussoulback, le même scénario se répète. La présence des forces de sécurité assure une relative tranquillité dans les centres-villes. Mais au-delà d’un rayon de 5 à 10 km, les groupes armés et les bandits règnent en maîtres.
“Comment parler de sécurité quand les cultivateurs, les travailleurs et les commerçants ne peuvent pas circuler librement ?”, s’interroge l’opposant Maître Crépin Mboli-Goumba. Une analyse que confirment de nombreux témoignages recueillis sur place.
À Akroussoulback, près de la frontière tchadienne, la situation est particulièrement alarmante. “Dans un rayon de 5 à 20 km, vous risquez d’être braqué par des hommes armés”, rapporte Ismaël, un opérateur économique victime de ces exactions.
Cette insécurité asphyxie l’économie locale. À Akroussoulback, ville natale du chef rebelle Abdoulaye Hissen, le prix d’un verre de sel a triplé, passant de 50 à 150 francs. “Parfois, on n’en trouve même pas sur le marché”, déplore Kadjidja, une habitante.
La population réclame des patrouilles régulières des FACA au-delà des centres urbains. Mais selon Abdrahman, un résident, “on aurait dit à ces militaires de limiter leurs patrouilles aux localités”.
Le sous-préfet de Ndélé, Dieu béni CélestinTebifra, reconnaît la gravité de la situation. Il assure que “des dispositions sont en train d’être prises” et appelle à la collaboration entre habitants et forces de sécurité.
L’insécurité persistante dans les provinces met à mal les efforts de développement et de reconstruction du pays. Elle souligne l’écart entre les discours officiels et la réalité vécue par de nombreux Centrafricains loin de Bangui.
La maladie de la dengue frappe Bangui à cause de la saleté
Centrafrique.org/bangui-quand-la-coquette-devient-une-poubelle/rue_marche_pk5_poubelle/” rel=”attachment wp-att-77815″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rue_marche_pk5_poubelle-450×338.jpg” alt=”Rue principale de Kilomètre 5 à Bangui avec des piles de déchets tout le long.” width=”450″ height=”338″ />La rue principale de Kilomètre 5, remplie de déchets. Photo : Aimé Ndota
Bangui, CNC. Bangui croule sous les ordures et la maladie. La capitale centrafricaine subit de plein fouet une épidémie de dengue, révélant au grand jour l’incompétence flagrante des autorités dans la gestion des déchets urbains. L’Institut Pasteur a confirmé 13 cas positifs entre juillet et août dans les quartiers Sika 1, 2, 3, Boy-Rabe et Bimbo. Ce bilan risque de s’alourdir rapidement si rien n’est fait.
La dengue frappe Bangui : un terrain propice aux moustiques.
Le Dr. Martial Ketté, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, tire la sonnette d’alarme : “Le moustique albobictus, vecteur de la dengue, prolifère dans les eaux stagnantes des déchets abandonnés”. Ces insectes trouvent un terrain de reproduction idéal dans les montagnes d’ordures qui défigurent Bangui, témoignage criant de l’inaction gouvernementale.
La dengue frappe Bangui , et dans les arrondissements, les autorités dépassées.
Micheline Tetea, maire du 2e arrondissement, ne mâche pas ses mots : “Il y a trop d’ordures dans la ville. Après le Kwa ti kodro , elles restent sur place et les moustiques y pondent leurs œufs. Nous sommes démunis sans l’intervention du gouvernement”. Cette situation catastrophique prouve l’absence totale de politique de gestion des déchets au niveau national.
Un gouvernement aux abonnés absents.
Malgré l’urgence sanitaire, le ministre de la Santé brille par son silence. Aucun plan d’action n’a été présenté pour endiguer l’épidémie ou nettoyer la ville. Cette inertie coupable expose les Banguissois à un risque sanitaire majeur, la dengue s’ajoutant à l’épidémie de Monkeypox déclarée en juin.
La population abandonnée à son sort.
Les habitants de Bangui paient le prix fort de cette négligence. “Nous vivons dans la peur constante de tomber malades“, témoigne Félicité Ngrebada, résidente de Sika. “Les enfants jouent au milieu des ordures, c’est un scandale!” Les quartiers populaires, déjà fragilisés économiquement, sont les plus touchés par ce fléau.
Un appel urgent.
La situation exige une réaction immédiate du gouvernement. Un plan d’urgence de nettoyage de la ville et de lutte contre les moustiques doit être mis en place sans délai. La santé des Centrafricains ne peut plus attendre les tergiversations d’un pouvoir qui semble avoir abandonné ses responsabilités les plus élémentaires.
L’épidémie de dengue à Bangui n’est que la partie visible de l’iceberg. Elle révèle les carences profondes d’un État incapable d’assurer la salubrité publique. Sans un sursaut rapide des autorités, Bangui risque de devenir le théâtre d’une catastrophe sanitaire aux conséquences dévastatrices pour toute la République Centrafricaine.
L’inspecteur d’académie du Mbomou tire la sonnette d’alarme
Centrafrique.org/alain-nicaise-gobangassia-inspecteur-dacademie-du-mbomou/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/09/Alain-Nicaise-Gobangassia-inspecteur-dacademie-du-Mbomou-450×401.jpg” alt=”Alain Nicaise Gobangassia, inspecteur d’académie du Mbomou. Photo : RNL/Jean Balipio, septembre 2024.” width=”450″ height=”401″ />Alain Nicaise Gobangassia, inspecteur d’académie du Mbomou. Photo : RNL/Jean Balipio, septembre 2024.
Bangui, CNC. À 750 km de Bangui, dans la préfecture du Mbomou, l’éducation traverse une crise sans précédent. Alain Nicaise Gobangassia, inspecteur d’académie de la région, a accordé un entretien exclusif à la radio Ndékè Luka, dressant un tableau alarmant de la situation dans sa circonscription.
“C’est très difficile. La chaise que j’utilise, c’est le proviseur du lycée moderne de Bangassou qui m’a donné le bureau. J’avais ramassé les chaises passées par là et je suis en train de les utiliser”, révèle l’inspecteur, prouvant une fois de plus le manque criant de moyens auquel il est quotidiennement.
La mobilité, essentielle pour superviser les établissements de la région, est également problématique. “Je n’ai aucun moyen roulant. Si il s’agit de faire des descentes sur le terrain, parfois, j’emprête la moto entre les mains de mes collaborateurs qui sont là, ou parfois, je roule la moto pour que cette moto-là m’amène dans les établissements pour le travail sur le terrain”, explique M. Gobangassia.
Cette pénurie de ressources n’épargne pas les établissements scolaires. L’inspecteur souligne : “On voit des portes de certains établissements et des tables bancs cassées”. Il pointe du doigt la mauvaise gestion des fonds des Associations de Parents d’Élèves (APE) : “Les frais de l’APE sont destinés à entretenir les écoles, payer les gardiens, à réparer les tables bancs, les portes. Mais malheureusement, cet argent-là est utilisé autrement. Parfois, ce sont les directeurs qui détournent cet argent. Parfois, c’est une entente entre le directeur et les membres de l’APE”.
Le manque d’enseignants qualifiés reste un défi majeur. Malgré l’arrivée de nouveaux enseignants, la situation demeure critique. “J’ai combien d’écoles dans le Mbomou? Plus de 200 et quelques écoles. Si on compte l’effectif global des enseignants actuels avec les nouveaux intégrés qui sont affectés ici, 33 plus les 30, mais 16, 63 là ne peut pas couvrir plus de 200 écoles”, calcule l’inspecteur.
Cette pénurie oblige le recours massif aux maîtres-parents, une solution qui pose ses propres défis. “Ils sont presque 500 dans l’inspection académique du Mbomou, mais leur prise en charge pose problème”, admet M. Gobangassia. Il appelle les parents à honorer leurs engagements : “Je lance un appel. Je crois qu’il y a des difficultés financières, mais comme ils ont déjà accepté, ils aident également ces maîtres-parents-là pour que les choses marchent”.
L’approvisionnement en matériel pédagogique n’est pas en reste. Le nouveau document “Champion” introduit par le ministère brille par son absence. “Dès mon arrivée, c’est la toute première question que j’avais posée. Et pourtant, ce document était distribué dans toutes les inspections académiques. Je suis arrivé au niveau de l’inspection académique, aucun document”, s’étonne l’inspecteur.
Malgré ces difficultés, des lueurs d’espoir persistent. L’ONG Nationale Espérance a lancé un projet d’éducation dans la région. “L’ONG Espérance nous a vraiment aidé. Pendant les grandes vacances, l’ONG a organisé au moins trois formations. Il y a la formation des maîtres-parents, il y a la formation des membres de la paix. L’ONG également a formé les chefs secteurs, le chef de circonscription de Mbomou”, se réjouit M. Gobangassia.
La rentrée scolaire, prévue le 16 septembre, approche à grands pas. L’inspecteur assure que les préparatifs sont en cours : “J’avais reçu une instruction officielle. Je l’avais mise également sur les zones locales. Radio Mbaré, Radio Limont du Mbomou pour le nettoyage de ces écoles. Le samedi passé, on était sur le terrain. La population s’était mobilisée pour le nettoyage de certaines écoles de la ville de Bangassou et les écoles environnantes”.
Cependant, la mobilisation n’est pas totale. “Lorsque j’avais fait la descente sur le terrain, je me suis rendu compte que même les directeurs, les censeurs , les responsables pédagogiques n’étaient pas sur le terrain”, déplore-t-il.
Face à ces défis multiples, Alain Nicaise Gobangassia reste déterminé. Il promet de veiller à une meilleure gestion des fonds et à une répartition équitable des enseignants. “Dès la rentrée, je serai sur le terrain pour voir comment ils ont utilisé cet argent-là et pourquoi les portes, les fenêtres et pourquoi les tables bancs demeurent encore cassées”, affirme-t-il.
L’inspecteur d’académie du Mbomou lance un appel aux autorités pour un soutien accru. Sans moyens adéquats, l’éducation dans cette région enclavée de Centrafrique risque de continuer à pâtir, compromettant l’avenir de milliers d’élèves. L’urgence d’agir n’a jamais été aussi criante.
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Confiscation du terrain sur l’avenue des martyrs : le Premier ministre stoppe les travaux de sa grande sœur Bemaka-Soui
Le directeur de cabinet du ministère de l’Urbanisme et sa délégation sur le site du terrain confisqué par la ministre Josiane Bemaka-Soui, avenue des Martyrs à Bangui CopyrightCNC
Le Premier ministre Félix Moloua a ordonné la restitution immédiate du terrain de l’État illégalement occupé par sa grande sœur, ministre de l’Action humanitaire, Josiane Bemaka-Soui. Cette décision intervient après la publication d’un article de Corbeau News Centrafrique révélant cette affaire qui secoue la capitale Bangui.
Le chef du gouvernement, Félix Moloua, a directement saisi la ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat pour qu’elle se charge de récupérer ce terrain stratégique situé sur l’avenue des Martyrs, à 200 mètres de la Primature. D’après nos informations, le ministère de l’Habitat, sur l’ordre du premier ministre, a déjà dépêché des agents sur place pour stopper les travaux entamés par Mme Bemaka-Soui. Les sacs de ciment ont été saisis et le chantier bloqué.
Mme Konan, née Bemaka Soui Josiane Lina, ministre des Actions humanitaires
L’avenue des martyrs , une convoitise de longue date.
Ce terrain de l’État au cœur de Bangui est depuis longtemps l’objet de toutes les convoitises. Plusieurs anciens chefs d’État et organismes ont tenté de se l’approprier par le passé. Sous la présidence d’Ange-Félix Patassé, il avait été cédé au Comité national de lutte contre le sida (CNLS) pour y construire un immeuble. Mais le projet n’avait jamais vu le jour.
Durant la transition de 2013-2014, Michel Djotodia avait à son tour essayé de récupérer ce terrain pour en faire sa propriété personnelle, sans succès. Même scénario avec Catherine Samba-Panza lors de la seconde transition entre 2014 et 2016.
Plus récemment, des opérateurs économiques libanais avaient jeté leur dévolu sur ce site stratégique. Mais l’État avait mis un terme à leurs velléités. C’est finalement la ministre Josiane Bemaka-Soui qui est passée à l’action en lançant des travaux sans aucune autorisation.
Le terrain de l’État, confisqué par Josiane Bemaka-Soui, à cause de la jalousie
Confiscation du terrain sur l’avenue des martyrs , des justifications douteuses de Bemaka-Soui.
Pour justifier cette occupation illégale, la ministre de l’Action humanitaire a avancé vouloir “nettoyer une zone de débauche” où des prostituées exerceraient la nuit. Un prétexte qui ne trompe personne. “Elle veut juste récupérer ce terrain et y faire ses propres constructions”, confie un riverain.
Cette nouvelle affaire rappelle un précédent incident impliquant Mme Bemaka-Soui. La ministre avait déjà défrayé la chronique en érigeant des barricades dans son quartier et en imposant un couvre-feu à ses voisins. Elle prétextait alors vouloir éviter que le président Touadera ne soit “tenté par les filles du voisinage” lors de ses passages.
Ces agissements révèlent une jalousie maladive de la part de la ministre. “Elle voit des rivales potentielles partout, même chez les prostituées”, confie une source proche du dossier. “Elle craint que le président, amateur de femmes, ne succombe aux charmes d’une prostituée postée dans le coin la nuit”.
Une relation trouble avec le président.
Le comportement de Mme Bemaka-Soui interroge sur la nature de sa relation avec le chef de l’État. Est-elle la guérisseuse traditionnelle du Président, ou est-elle la simple maitresse ?Plusieurs sources évoquent une double liaison, y compris celle du maraboutage entre les deux personnalités. Ce qui expliquerait le silence du président face aux agissements de sa ministre.
“Le président est au courant mais ne dit rien. Il semble incapable de la rappeler à l’ordre”, note une source proche de la présidence. Cette inaction alimente les rumeurs sur un système mafieux au sommet de l’État.
D’après nos informations, Josiane Bemaka-Soui ne serait que l’une des nombreuses maîtresses du président Touadera à profiter de sa position. “Toutes les maîtresses commencent à récupérer des terrains bien placés pour y construire des immeubles sans autorisation”, s’alarme un opposant politique.
Un âge qui pose question.
Autre élément troublant dans cette affaire: l’âge réel de la ministre Bemaka-Soui. D’après nos sources, elle serait née en 1969. Mais sur son acte de naissance actuel, qu’elle aurait falsifié, figure l’année 1978. En Côte d’Ivoire, elle aurait même déclaré être née en 1976 lors de son mariage avec monsieur Konan.
Cette falsification de près de 10 ans interroge sur l’intégrité de la ministre. Pourquoi ce rajeunissement ? Est-ce pour conserver les faveurs du président ? Les zones d’ombre persistent.
Un abus de pouvoir symptomatique.
L’affaire du terrain de l’État prouve une fois de plus les dérives d’un pouvoir qui semble avoir perdu tout sens des limites. Comment une ministre peut-elle s’approprier impunément un bien public en plein cœur de la capitale ?
Ce scandale s’ajoute à une longue liste d’abus impliquant l’entourage du président Touadera. Il fragilise des institutions déjà précaires et sape les efforts de reconstruction nationale.
Alors que la population s’enfonce dans la pauvreté, les proches du pouvoir semblent se partager les richesses du pays sans vergogne. Cette affaire alimente la défiance des Centrafricains envers des dirigeants jugés plus préoccupés par leurs intérêts personnels que par le bien-être de la population.
Vers l’impunité ou la justice ?
L’intervention du Premier ministre laisse espérer que cette affaire connaîtra des suites. Mais beaucoup doutent qu’une enquête impartiale soit menée, tant la justice semble aux ordres du pouvoir.
Le cas de Mme Bemaka-Soui pose la question de l’État de droit en République centrafricaine. Si même les ministres peuvent s’approprier impunément des biens publics, que reste-t-il des principes de bonne gouvernance tant vantés par le régime ?
Cette nouvelle affaire de corruption au sommet de l’État compromet sérieusement les perspectives de développement du pays. Au moment où la Centrafrique peine à se relever des années de conflit, de tels agissements sapent tous les efforts de stabilisation.
L’avenir dira si la ministre sera sanctionnée ou si, comme tant d’autres scandales, cette affaire sera étouffée. En attendant, elle laisse un goût amer aux Centrafricains, témoins impuissants du pillage de leur pays par ceux-là mêmes qui sont censés le diriger.
Corbeau News Centrafrique continuera d’enquêter sur cette affaire et de tenir ses lecteurs informés des derniers développements. Notre rédaction reste mobilisée pour faire toute la lumière sur ce nouveau scandale qui ébranle le pouvoir à Bangui.
Bouar : Le désarmement vire au drame, huit jeunes brutalisés par des mercenaires russes
Minusca/” rel=”attachment wp-att-44228″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/les-wagner-et-les-faca-a-bouar-et-la-minusca-450×286.jpg” alt=”Patrouille des forces de sécurité intérieure avec leur allié à Bouar.” width=”450″ height=”286″ />Patrouille des forces de sécurité intérieure avec leur allié à Bouar.
Un geste de paix tourné au cauchemar.
En décembre 2023, à Bouar, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré, un acte de bonne volonté s’est transformé en tragédie. Huit jeunes centrafricains, désireux de tourner la page sur leur passé armé, se sont rendus au bureau de la MINUSCA à Bouar pour déposer leurs armes. Cette démarche, censée marquer le début d’une nouvelle vie, a pris une tournure dramatique avec l’intervention des mercenaires russes.
Les huit individus, dont l’identité n’a pas été révélée pour raison de sécurité, ont remis leurs armes aux forces de la MINUSCA dans l’espoir d’intégrer un programme de réinsertion. La mission onusienne a enregistré leur reddition et sécurisé les armes, conformément aux procédures habituelles. Les jeunes ont ensuite été installés dans la ville, dans l’attente de leur éventuelle intégration dans l’armée nationale ou dans un projet générateur de revenus.
L’irruption violente des mercenaires russes pendant Le désarmement .
La situation a basculé lorsque les mercenaires russes ont eu vent de l’opération via la radio Ndékè Luka. Informés par leurs réseaux locaux, ils ont rapidement convergé vers Bouar. Leur arrivée a marqué le début d’une série d’événements tragiques.
Les Russes ont d’abord exigé que la MINUSCA leur remette les armes collectées. Face au refus catégorique de la mission onusienne, invoquant les protocoles internationaux, les mercenaires ont décidé de prendre les choses en main. Ils ont emmené de force les huit jeunes dans leur camp, situé en périphérie de la ville.
Le désarmement tourne au cauchmar: Interrogatoire et violence dans le camp russe.
Dans l’enceinte du camp, les jeunes ont subi un interrogatoire brutal. Les mercenaires les ont accusés de désobéissance envers le président Touadéra, affirmant que ce dernier avait ordonné que tout désarmement se fasse exclusivement sous leur supervision.
Malgré les tentatives d’explication des jeunes, qui ont affirmé avoir agi de bonne foi en se rendant à la MINUSCA, les Russes sont restés inflexibles. La situation a rapidement dégénéré. Les mercenaires ont commencé à frapper violemment les détenus, cherchant à obtenir des aveux ou des informations.
Un mort et des tortures.
Dans la confusion de l’interrogatoire, l’impensable s’est produit. L’un des mercenaires, apparemment hors de contrôle, a ouvert le feu, tuant sur le coup l’un des huit jeunes. Cet acte de violence extrême a plongé les survivants dans la terreur.
Les sept jeunes restants ont ensuite enduré des sévices graves. L’un d’eux, en particulier, a subi des tortures à l’électricité. Les mercenaires cherchaient à lui faire accuser le commandant de brigade de la gendarmerie de Bouar du meurtre d’un capitaine survenu près de Baoro. Malgré sa résistance initiale, le jeune a fini par céder sous la menace de mort, répétant les accusations dictées par ses tortionnaires.
Manipulations et emprisonnements arbitraires.
Dans les jours qui ont suivi, deux des détenus, dont le gendarme accusé, ont été transférés à Bangui. Ils ont d’abord été détenus à l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB), avant d’être incarcérés à la prison du camp de Roux. Depuis décembre 2023, ils sont maintenus en détention sans motif clair, victimes d’un système judiciaire manipulé par les mercenaires russes.
Cette affaire révèle les méthodes brutales et les manipulations Des mercenaires russes en Centrafrique. Ils n’hésitent pas à fabriquer des preuves, à torturer des innocents et à interférer dans le système judiciaire pour servir leurs intérêts.
Une population inquiète, une communauté internationale silencieuse.
Cette affaire soulève de nombreuses questions parmi la population centrafricaine. Comment les mercenaires russes peuvent-ils agir avec une telle impunité ? Quel est leur véritable pouvoir dans le pays ? Les Centrafricains s’interrogent sur la capacité de leur gouvernement à contrôler ces forces étrangères.
Pendant ce temps, la communauté internationale semble détourner le regard. Malgré les violations flagrantes des droits humains et l’ingérence dans les affaires intérieures du pays, aucune réaction significative n’a été enregistrée de la part des organisations internationales ou des pays partenaires de la Centrafrique.
Cette situation laisse un goût amer aux Centrafricains, qui se sentent abandonnés face à la brutalité des mercenaires russes. L’espoir d’une paix durable et d’un État de droit semble s’éloigner, tandis que règne un climat de peur et d’arbitraire.
Le cas de Bouar n’est malheureusement pas isolé. Il montre une tendance inquiétante où les efforts de paix et de désarmement sont sabotés par ceux-là mêmes qui prétendent assurer la sécurité du pays. Pour de nombreux observateurs, cette situation ne peut que compromettre les chances d’une réconciliation nationale et d’une stabilisation durable de la Centrafrique.