Réaction de La MDSP au discours de Touadera : « un chef qui n’assume pas ses échecs »
Centrafrique.org/vers-lannulation-pour-inconstitutionnalite-du-decret-n-22-248-du-26-aout-2022-portant-creation-dun-comite-charge-de-rediger-le-projet-dune-nouvelle-constitution/dominique-desire-erenon-2/” rel=”attachment wp-att-59581″ data-wpel-link=”internal”>Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP
Le Dr Dominique Désiré Erenon, président de la Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), critique sévèrement les récentes interventions du président Faustin Archange Touadéra dans une déclaration publiée le 14 janvier 2025.
Dans ce document officiel numéroté 01-2025, le président de la MDSP relève des “affirmations erronées, contradictoires, le double langage permanent et le constat d’un chef qui n’assume pas ses échecs.”
“Car le 28 décembre dernier, après avoir dressé un bilan idyllique, en particulier sur le plan économique, sans chiffres exacts à l’appui, sans éléments factuels significatifs de ses quasi neuf années à la tête de l’État, le Président Touadéra pratique l’art de l’autocongratulation permanente“, dénonce le Dr Erenon dans sa déclaration.
Le leader de la MDSP souligne particulièrement la faible performance économique sous l’administration actuelle : “Rappelons que sous l’ère Touadéra, nous sommes le pays qui a connu les taux de croissance les plus bas de l’Afrique (de l’ordre de seulement 1%/an, dont seulement 0,7% attendu pour 2024 selon la dernière estimation de la Banque Mondiale).”
Le Dr Erenon s’interroge également sur le discours présidentiel du 9 janvier au Conseil des ministres. “Dans un discours rendu public et diffusé à la télévision nationale pour la première fois, et dont on peut légitimement se poser la question d’une instrumentalisation politique manifeste, il sermonne vertement son Premier ministre et l’ensemble de son Gouvernement”, observe le président de la MDSP.
“Par cette seule scène, on voit bien que l’on est dans un phénomène de pouvoir autocratique. On a assisté à un second discours présidentiel ‘hors sol’, très curieux, déconcertant et machiavélique”, conclut le Dr Dominique Désiré Erenon dans cette déclaration officielle de la MDSP.
Le parti MDSP, dont le siège est situé dans le quartier Gobongo à Bangui, appelle à une prise de conscience face à ce qu’il qualifie de “grand bond en arrière” pour la République centrafricaine.
Boganangone : Un conducteur de moto-taxi assassiné près de Zoumbélé
Centrafrique.org/trouble-et-violence-a-yaloke-2-personnes-tuees-2-assaillants-capturees/commissariat-de-police-de-yaloke-par-cnc/” rel=”attachment wp-att-70597″ data-wpel-link=”internal”>Commissariat de police de Yaloké. CopyrightCNC
Un meurtre a été commis la semaine dernière sur la route reliant Zalingo à Zoumbélé, dans la sous-préfecture de Boganangone, à 192 km de Bangui. Alidou, conducteur de moto-taxi, a été mortellement poignardé par Abakar, un homme déjà connu des habitants pour ses actes de violence.
Les faits se sont déroulés alors qu’Alidou se rendait à Bojula, dans la sous-préfecture de Boganangone. En chemin, il croise Abakar qui lui demande de le conduire à Zoumbélé. Durant le trajet, l’agresseur poignarde sa victime et lui tranche la gorge avant de s’enfuir avec la moto jusqu’à Yaloké, située à 225 km de Bangui.
“Abakar était considéré comme un véritable fauteur de troubles à Bojula. Il était connu pour ses agressions au couteau et le vol de bétail aux éleveurs peuls dans la sous-préfecture de Boganangone “, indique une source locale interrogé par la rédaction du CNC.
L’assassin présumé a été appréhendé et se trouve actuellement en détention à la gendarmerie de Boda, dans la préfecture de la Lobaye. Une enquête est en cours pour établir les circonstances exactes de ce meurtre qui révèle la persistance de l’insécurité dans la région.
La cryptomonnaie est devenue une force transformatrice dans divers secteurs et son potentiel de révolutionner le secteur du divertissement en Afrique est immense. Alors que le continent connaît une renaissance numérique et culturelle, l’intégration de la cryptomonnaie dans les écosystèmes de divertissement pourrait redéfinir la manière dont le contenu est créé, distribué et consommé. De l’autonomisation des créateurs à l’élargissement de l’accès du public, la cryptomonnaie a le potentiel de débloquer des opportunités sans précédent dans le paysage dynamique du divertissement en Afrique.
Transformer les événements en direct et les jeux
Les événements en direct et les jeux sont deux segments de l’industrie du divertissement qui sont sur le point de bénéficier considérablement de l’adoption de la cryptomonnaie. Pour les événements en direct, les cryptomonnaies peuvent rationaliser la vente de billets, réduire la fraude et améliorer la transparence. Les systèmes de billetterie basés sur la blockchain garantissent que les billets ne peuvent pas être dupliqués ou revendus, améliorant ainsi l’expérience des organisateurs et des participants.
Le secteur du jeu est tout aussi transformateur. Les cryptomonnaies et la technologie blockchain permettent aux joueurs de posséder en toute sécurité des actifs de jeu, qui peuvent être échangés ou vendus sur plusieurs plateformes, créant ainsi une valeur réelle à partir des réalisations du jeu. Ce modèle décentralisé permet aux joueurs africains de participer à l’économie mondiale du jeu sur un pied d’égalité.
Le succès des nouveau casino en ligne montre comment les crypto-monnaies peuvent révolutionner les interactions numériques. Ces plateformes démontrent les avantages des transactions sécurisées, rapides et transparentes, créant un précédent pour les innovations dans le domaine de l’eSport et du jeu compétitif. Les paiements de prix en crypto-monnaie garantissent des transactions transparentes et sans frontières, attirant des sponsors et des joueurs internationaux dans la communauté croissante des joueurs africains.
Ouvrir de nouvelles sources de revenus pour les créateurs
La crypto-monnaie a le potentiel de révolutionner le divertissement en Afrique en ouvrant de nouvelles sources de revenus pour les créateurs. Les musiciens, les cinéastes et les créateurs de contenu sont souvent confrontés à des défis tels que des opportunités de financement limitées, des partages de revenus injustes et un piratage généralisé. La technologie Blockchain, fondement des crypto-monnaies, fournit un cadre sécurisé et transparent pour la gestion de la propriété intellectuelle et des paiements.
Les créateurs peuvent tirer parti des plateformes basées sur la crypto-monnaie pour recevoir des paiements directs de leurs fans, en contournant les intermédiaires traditionnels qui prennent souvent une part substantielle de leurs revenus. Les contrats intelligents améliorent encore cet écosystème en automatisant les paiements, garantissant que les créateurs sont rémunérés instantanément et équitablement pour leur travail.
Cette approche décentralisée élimine les retards et les litiges tout en permettant aux artistes africains de monétiser leurs talents plus efficacement et d’atteindre un public mondial. Alors que l’industrie du divertissement adopte les innovations de la blockchain, les créateurs ont la possibilité de créer des flux de revenus durables et de se connecter avec les fans de manière transformatrice.
Élargir l’accessibilité pour les consommateurs
La crypto-monnaie a le potentiel d’élargir l’accessibilité au divertissement à travers l’Afrique, où les systèmes financiers traditionnels sont souvent limités ou coûteux. De nombreux pays africains ont une forte population non bancarisée, mais la pénétration de la téléphonie mobile augmente rapidement. Les crypto-monnaies, accessibles via des appareils mobiles, permettent aux consommateurs de participer à l’économie numérique sans avoir besoin d’un compte bancaire traditionnel.
Pour l’industrie du divertissement, cela signifie que davantage de personnes peuvent payer pour des services de streaming, acheter des billets pour des événements en direct ou soutenir leurs créateurs préférés sans être exclues par des barrières financières. Les microtransactions devenant plus faciles grâce à la crypto-monnaie, les consommateurs peuvent également payer de petites sommes pour des éléments de contenu individuels, rendant le divertissement plus abordable et inclusif.
De plus, les transactions transfrontalières en cryptomonnaie éliminent les frais de change et les délais, ce qui permet au public africain d’accéder plus facilement aux contenus internationaux et aux consommateurs du monde entier de s’intéresser aux divertissements africains. Cette intégration transparente des paiements pourrait favoriser les échanges culturels et promouvoir les talents africains à l’échelle mondiale.
Améliorer l’engagement des fans grâce à la tokenisation
La cryptomonnaie transforme l’engagement des fans en Afrique grâce à la tokenisation, permettant aux créateurs de nouer des liens plus étroits avec leur public. En émettant des tokens numériques, les artistes offrent aux fans un accès exclusif au contenu, aux produits dérivés ou aux expériences tout en recevant un soutien financier direct. Ce modèle innovant favorise une relation plus interactive et plus enrichissante entre les créateurs et leurs supporters.
Par exemple, les musiciens peuvent sortir des titres en édition limitée disponibles uniquement pour les fans détenant des tokens spécifiques, tandis que les cinéastes peuvent offrir un accès anticipé aux films ou au contenu des coulisses en échange de tokens. Ce sentiment d’exclusivité renforce non seulement la fidélité des fans, mais permet également aux créateurs de générer des revenus sans dépendre des intermédiaires traditionnels.
De plus, ces tokens peuvent prendre de la valeur, ce qui incite les fans à investir dans leurs artistes préférés tout en générant potentiellement des retours sur investissement. Cette approche fournit aux créateurs un financement initial pour soutenir leurs projets et offre une expérience plus personnalisée et plus engageante aux fans, révolutionnant ainsi le paysage du divertissement en Afrique.
Défis et voie à suivre
Malgré son potentiel, l’adoption des cryptomonnaies dans l’industrie du divertissement en Afrique est confrontée à des défis tels que l’incertitude réglementaire, l’accès limité à Internet et la volatilité des monnaies numériques. Pour surmonter ces obstacles, il sera essentiel d’éduquer les parties prenantes sur les avantages des cryptomonnaies et de mettre en œuvre des réglementations claires.
Les partenariats entre les gouvernements, les entreprises privées et les innovateurs de la blockchain peuvent jouer un rôle clé dans la promotion de l’adoption. En outre, les investissements dans les infrastructures et les programmes d’alphabétisation numérique seront essentiels pour garantir que les avantages des cryptomonnaies soient accessibles à un public plus large. En surmontant ces obstacles, l’Afrique peut libérer le potentiel de transformation des cryptomonnaies dans son secteur du divertissement.
Des affrontements ont éclaté ce mercredi vers 11h entre les Mercenaires russes du groupe Wagner et un groupe armé non identifié au village de Ndamiri, situé au PK15 sur l’axe Mala-Dékoa. Les tirs d’armes lourdes résonnent encore dans cette localité de la préfecture de la Kémo, à 260 kilomètres de Bangui.
La population civile, prise de panique, a déserté le village. De nombreux habitants ont trouvé refuge dans la brousse environnante, tandis que d’autres se sont dirigés vers la ville de Mala, à environ 45 kilomètres.
“Les détonations d’armes lourdes ne cessent pas depuis ce matin. La situation reste très tendue dans le secteur”, indique une source locale jointe par téléphone par la rédaction du CNC. L’identité précise des assaillants n’est pas encore établie. Selon certains témoins, les assaillants seraient des combattants de la CPCF, d’autres parlent de la CPC.
Selon nos informations, des éléments russes de Wagner et leurs alliés des FACA sont actuellement déployés dans cette zone stratégique où opèrent régulièrement des groupes armés. Le bilan humain et matériel de ces affrontements n’est pas encore disponible à l’heure actuelle.
Notre équipe, positionnée près de la zone des combats, à 20 kilomètres de Mala, poursuit son travail d’investigation pour fournir plus de détails sur cette situation en développement.
‘Notre maison s’appelle Centrafrique, son propriétaire est le peuple’ : le BRDC passe à l’offensive
Centrafrique.org/meeting-de-verite-le-brdc-dejoue-tous-les-pronostics/les-leaders-du-bloc-republicain-pour-la-defense-de-la-constitution-lors-de-leur-premier-meeting-sur-le-terrain-de-football-de-ucatex-samedi-27-aout-2022/” rel=”attachment wp-att-59128″ data-wpel-link=”internal”>Les leaders du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution lors de leur premier meeting sur le terrain de football de l’UCATEX , samedi 27 août 2022 . CopyrightCNC
La métaphore de l’opposition démocratique centrafricaine raisonne désormais dans tous les coins de la capitale centrafricaine Bangui. “Vous êtes dans la maison de quelqu’un, vous dites qu’à partir de maintenant je reste dans ta maison, je ne paie rien et puis je vais mourir dans la maison. Ce n’est pas normal”, lance Crépin Mboli-Goumba, dans une analogie cinglante visant la volonté de maintien au pouvoir du président Touadéra.
Le coordonnateur du BRDC enfonce le clou : “Le propriétaire de la maison s’appelle le peuple centrafricain. C’est la maison des journalistes aussi, de tous les Centrafricains, c’est la maison de tout le monde”. Une image qui résonne particulièrement dans un pays où la question du bail présidentiel fait souvent débat.
“Pourquoi pensez-vous qu’il devrait être plus propriétaire que vous, co-propriétaires de la maison ?”, interroge Mboli-Goumba, s’adressant directement aux journalistes présents. “C’est à vous aussi cette maison, à vous. C’est un combat commun pour sauver notre maison, l’embellir et la laisser à nos enfants”.
La métaphore prend une dimension intergénérationnelle. “Il y a un continuum qui doit exister entre nous et ceux qui vont venir demain”, souligne Martin Ziguélé. “On n’aura même pas le courage de libérer la maison et de refaire la peinture, même de l’embellir avant de la transmettre à nos enfants“.
L’opposition dénonce un “locataire” qui refuse de respecter les règles. “On a donné à un locataire qui a dit ‘non, à partir d’aujourd’hui c’est ma maison’, alors qu’il ne l’a même pas construite”, s’indigne maître Nicolas Tiangaye, rappelant que “la propriété de cette maison appartient à nous tous”.
“Il s’agit d’un bail”, martèle Mboli-Goumba. “Il n’y a pas de bail indéfini“. Une référence directe aux velléités de troisième mandat prêtées au président Touadéra. L’opposition promet de “dévoiler progressivement sa stratégie” pour faire respecter les droits du “propriétaire légitime” : le peuple centrafricain.
Cette métaphore de la maison, simple mais puissante, s’inscrit dans une tradition centrafricaine où les enseignements politiques passent souvent par des images tirées du quotidien. Une façon de rappeler que la démocratie, comme une maison, nécessite entretien et respect des règles de vie commune.
Recettes fiscales 2025 en Centrafrique : L’État joue aux apprentis sorciers avec des objectifs irréalistes
Centrafrique.org/rca-le-president-faustin-archange-touadera-inaugure-le-nouveau-batiment-du-ministere-des-finances-et-du-budget/nouveau-batiment-administratif-du-ministere-des-finances-et-du-budget-inaugure-le-23-septembre-2020-par-le-chef-de-letat-faustin-archange-touadera/” rel=”attachment wp-att-40876″ data-wpel-link=”internal”>Le bâtiment administratif du ministère des finances. CopyrightCNC
La loi de finance 2025 votée par l’Assemblée nationale affiche des ambitions démesurées en matière de recettes fiscales 2025 . L’État prévoit une collecte de 139,55 milliards de francs CFA pour l’année à venir, alors même que les services fiscaux peinent déjà à atteindre leurs objectifs actuels. Cette projection audacieuse intervient dans un contexte où les caisses publiques sonnent dangereusement creux à cause des milliards versés au groupe Wagner et Rwandais, sans oublier de multiple voyages présidentiels à l’étranger.
En effet, les chiffres actuels donnent le vertige. À fin novembre 2024, les services fiscaux n’ont récolté que 134,37 milliards de francs CFA sur une prévision annuelle de 160,87 milliards. Ce résultat décevant de 83,48% des objectifs traduit les difficultés chroniques de l’administration fiscale à mobiliser les ressources.
La répartition par direction témoigne d’une défaillance générale du système de collecte. La Direction générale des droits et taxes indirects plafonne à 49,77 milliards de francs CFA sur un objectif de 77,50 milliards, soit à peine 72,84% de réussite. La Direction générale des impôts n’affiche pas de meilleurs résultats avec 52,30 milliards collectés sur 75,50 milliards attendus, culminant à 79,84% des prévisions.
Devant cette contre-performance de Recettes fiscales, le ministère des Finances déploie un arsenal de mesures censées redresser la barre. Au programme : digitalisation du système fiscal, élargissement de l’assiette fiscale en matière foncière, sensibilisation au civisme fiscal, mise en place d’un nouveau calendrier fiscal. Mais ces réformes, pour nécessaires qu’elles soient, suffiront-elles à combler le gouffre entre ambitions et réalité ?
L’État compte particulièrement sur le secteur minier et forestier pour garnir ses caisses. La levée récente de l’embargo laisse espérer une reprise des activités extractives. Pourtant, les recettes fiscales issues de ces secteurs restent imprévisibles, soumises aux aléas du marché international et à la stabilité sécuritaire du pays.
Plus inquiétant encore, le rapport de la Commission pointe du doigt des dysfonctionnements graves dans la gestion des deniers publics. Des détournements ont été constatés au niveau des trésoreries régionales, conduisant à des mesures conservatoires et des poursuites judiciaires contre certains agents. Ces scandales ébranlent la confiance des contribuables et compliquent davantage la collecte des impôts.
L’objectif de 139,55 milliards de francs CFA de recettes fiscales pour 2025 apparaît comme un pari risqué, voire irréaliste. Entre une administration fiscale en difficulté, des secteurs économiques fragiles et une confiance ébranlée des contribuables, le gouvernement devra accomplir des miracles pour atteindre ses ambitions. Le risque est grand de voir ces prévisions optimistes se transformer en nouveau revers pour les finances publiques, avec des conséquences directes sur la capacité de l’État à assurer ses missions essentielles.
“La fonction présidentielle est réduite à des considérations de basse politique”. C’est en ces termes que le coordonnateur du BRDC, Crépin Mboli-Goumba, a dénoncé le comportement du président Faustin Archange Touadéra, lors d’une conférence de presse le 7 janvier dernier à Bangui.
Dans une intervention empreinte de gravité, le leader du BRDC Mboli-Goumba s’est dit “profondément attristé” par la dévaluation de la plus haute fonction de l’État. “Le président de la République est le premier des Centrafricains. Quelques critiques qu’on puisse formuler sur son élection, sur sa légitimité ou sa mauvaise gouvernance, il est astreint à une certaine dignité dans le comportement”, a-t-il souligné.
Pour illustrer cette “perte de prestige”, Mboli-Goumba a évoqué l’affaire récente impliquant un proche collaborateur présidentiel, sans doute c’est le cas du faussaire Daniel Nzéwé, accusé de faux en écriture publique. “Ce compatriote arrêté a eu le temps d’écrire au monde entier : ‘Ne vous en faites pas, je suis l’ami du président, il est au courant de tout ce que je fais, je serai libéré’. Et c’est précisément ce qui s’est passé”, relate maître Crépin Mboli-Goumba.
“On l’a vu déposer une gerbe de fleurs sur le cercueil d’un parent du président, puis marcher avec lui dans son village de Damara. Quel message envoie-t-on au peuple sur la dignité de la fonction présidentielle ?”, s’interroge le coordonnateur du BRDC.
Pour l’opposition, cette situation révèle un renversement des valeurs morales. “C’est comme si le mal avait triomphé du bien. L’honnête homme a cédé la place à l’homme malhonnête”, déplore Mboli-Goumba, qui précise cependant : “Forcément, chaque fois que le mal triomphe du bien, il s’agit d’une victoire temporaire”.
Le leader du BRDC Mboli-Goumba rappelle que le président dispose “d’autant de droits que nous, mais de plus de devoirs, car il est dépositaire de notre souveraineté”. Une souveraineté confiée “pour une période limitée” et qui implique des responsabilités.
“Nous avons le devoir de nous battre pour restaurer le prestige de la fonction présidentielle“, conclut Mboli-Goumba, appelant à une prise de conscience collective sur l’importance de la dignité dans l’exercice du pouvoir.
Centrafrique.org/rca-presidentielle-du-27-decembre-lopposition-conteste-la-victoire-du-president-touadera/anicet-georges-dologuele-lors-de-sa-conference-de-presse-le-5-janvier-2020-par-cyrille-jefferson-yapende/” rel=”attachment wp-att-43375″ data-wpel-link=”internal”>Anicet Georges Dologuélé lors de sa conférence de presse le 5-janvier 2020-. CopyrightCNC
Dans un entretien approfondi sur la situation en République centrafricaine, l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé, surnommé “AGD”, dresse un constat alarmant de l’état du pays. Il révèle une détérioration marquée des conditions de vie des Centrafricains sous la présidence de Faustin Archange Touadéra.
“Ce qui m’a marqué par rapport aux autres années, je veux dire par rapport à depuis 2016, c’est l’expression collective de la détresse par la population centrafricaine. Aujourd’hui, vous vous adressez à quelqu’un, c’est des plaintes, c’est la détresse. Et ça à tel niveau que les gens n’ont plus la pudeur qu’ils avaient pour en parler”, déclare l’opposant qui voyage régulièrement dans le pays.
Pour Anicet Georges Dologuélé, cette situation marque un tournant : “Le temps de la résignation est terminé. On est en forme des êtres humains, vous ne pouvez pas réduire un être humain au stade d’animal et puis il va continuer à l’accepter tout le temps. Il arrive un moment où il se dit trop, c’est trop et il l’exprime”.
Sur la question important de l’accès à l’eau et à l’électricité, l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé dénonce l’inaction du gouvernement : “Quand on accède à des fonctions gouvernementales, quand on veut prendre en charge le destin du pays, c’est pour résoudre des problèmes pratiques pour la population. La population a droit à de l’eau potable, elle a droit à de l’électricité. Les solutions existent“.
Concernant les projets hydroélectriques annoncés par le président Touadéra, Anicet Georges Dologuélé rappelle son propre engagement passé : “J’avais envoyé une mission ici en Centrafrique qui avait fait le tour de tous ces sites et qui avait adressé un rapport au gouvernement avec des précisions sur l’exploitation de ces sites pour avoir plus de fournitures en électricité dans le pays. Ça fait plus de 15 ans“.
Sur le plan sécuritaire, l’opposant Anicet Georges Dologuélé s’interroge sur l’efficacité des forces présentes : “Aujourd’hui, nous avons dans le pays, le président de la République a annoncé 23 000 FACA. Il y a environ 14 000 casques bleus. Il y a les accords avec des bilatéraux russes et rwandais. Si vous faites le total, on a pas moins de entre 40 et 50 000 hommes en armes qui ont le pouvoir de mettre la sécurité dans le pays“.
Anicet Georges Dologuélé affirme avec conviction : “Si je l’avais été [président] en 2016, on n’aurait plus entendu parler d’insécurité du tout dans le pays. En 2016, tous les groupes armés étaient préparés à déposer les armes. Ils n’étaient pas nombreux“.
Concernant le dialogue politique réclamé par l’opposition avant les Élections de 2025, l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé rejette le “dialogue républicain” organisé précédemment : “Les compatriotes qui sont au pouvoir ont préféré faire quelque chose qui leur fasse plaisir. Mettre beaucoup de gens dans une pièce qui sentent leur gloire“.
Il critique vivement la nouvelle Constitution adoptée en 2023 : “On a massacré ce texte pour faire un texte à sa gloire, pour le permettre d’évoluer sans concurrence, d’évoluer sans garde-fou, de faire ce qu’il veut quand il veut. Nous faisons de la politique pour les 6 millions de centrafricains. Cette constitution va à l’encontre des intérêts de ces centrafricains-là“.
Pour 2025, Anicet Georges Dologuélé appelle à un changement politique, citant des exemples régionaux : “Je souhaite que 2025 soit le début d’une année d’alternance politique. C’est ainsi le cycle de la démocratie. Vous avez vu au Ghana comment ça s’est passé. Vous avez vu dans d’autres pays, le Sénégal. Le président Macky Sall avait pourtant bien construit le pays, bien rempli ses deux mandats. Quand il a voulu faire un troisième mandat, les Sénégalais l’ont rappelé avec insistance les textes qui régissent le pays“.
Cette interview survient dans un contexte tendu, alors que la Centrafrique se prépare à des Élections importantes cette année, sous l’égide d’une nouvelle Constitution qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels.
Tchad : Les rebelles centrafricains Arda Akouma et le colonel Badjadje détenus à Am-Timane
Centrafrique.org/Centrafrique-naissance-dun-nouveau-groupe-politico-militaire-le-mdrpc-du-general-arda-hakouma/general-arda-hakouma/” rel=”attachment wp-att-62821″ data-wpel-link=”internal”>Le général Arda Hakouma, chef du MDRPC
Le général Arda Akouma et le colonel Youssouf Moustapha, alias Badjadje, sont actuellement détenus à Am-Timane au Tchad avec plusieurs autres rebelles centrafricains, confirment nos sources sécuritaires tchadiennes.
Après leur arrestation initiale à Tissi début janvier, les prévenus, y compris le général Arda Akouma , ont d’abord été transférés à Arasse Mangagne avant leur incarcération à Am-Timane, où ils se trouvent actuellement.
Un élément important dans cette affaire concerne le colonel Badjadje. Ce dernier est recherché par la Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui pour son implication présumée dans les massacres de Ndélé en 2020. La CPS avait perdu sa trace depuis ces événements, ignorant jusqu’à présent sa localisation.
Des négociations complexes semblent être en cours concernant le sort des détenus. Plusieurs ministres centrafricains auraient contacté les autorités tchadiennes pour demander leur libération. Une première demande a essuyé un refus catégorique de la part des autorités tchadiennes. Les discussions se poursuivent néanmoins dans la plus grande discrétion, sans qu’on puisse prévoir leur issue.
“La présence du colonel Badjadje parmi les détenus d’Am-Timane est une information significative pour la cour pénale spéciale “, souligne une source proche du dossier à Bangui.
Les autorités tchadiennes maintiennent pour l’instant le silence sur les suites qu’elles comptent donner à cette affaire.
AUDH de l’université de Bangui sortent de leur silence… pour applaudir Touadera
Centrafrique.org/Centrafrique-12-mois-darriere-des-bourses-les-etudiants-victimes-dune-dictature-naissante/faculte-de-sciences-juridiques-et-politique-de-luniversite-de-Bangui/” rel=”attachment wp-att-63895″ data-wpel-link=”internal”>Faculté de sciences juridiques et politique de l’Université de Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Une organisation fictive dénommée L’Action des Universitaires pour les Droits de l’Homme (AUDH) vient de sortir de sa léthargie. Non pas pour dénoncer les conditions alarmantes dans les prisons centrafricaines, mais pour féliciter le président Touadéra pour son décret de remise de peine du 31 décembre 2024.
Ceci n’est pas une blague, encore moins une comédie à l’ivoirienne. Cette sortie médiatique, la première depuis la création de cette mystérieuse association dénommée AUDH , laisse perplexe. Alors que les détenus de la prison de Ngaragba, du camp de Roux et de Bimbo croupissent dans des conditions inhumaines, que certains prisonniers aveugles ou gravement malades doivent être portés par leurs codétenus pour leur promenade quotidienne, ces universitaires de cette organisation AUDH n’ont trouvé rien de mieux à faire que d’applaudir une mesure présidentielle de routine.
Le communiqué de l’AUDH parle de “désengorgement des établissements pénitentiels”. Une formule qui masque mal la réalité : les prisons centrafricaines restent surpeuplées, les détenus peinent à se nourrir et à se soigner. Des situations dramatiques qui n’ont visiblement pas ému ces supposés défenseurs des droits humains jusqu’à présent.
La soudaine apparition de cette organisation, uniquement pour encenser une décision présidentielle, pose question. Ces universitaires, dont les nominations dépendent du pouvoir, semblent plus préoccupés par leur carrière que par la défense effective des droits humains. Leur silence assourdissant face aux multiples violations des droits des détenus, et des centrafricains en général, contraste étrangement avec leur empressement à féliciter le chef de l’État.
Cette attitude complaisante démontre la mainmise du pouvoir sur les institutions universitaires et l’instrumentalisation des questions des droits humains à des fins politiques. Pendant ce temps, dans l’ombre des cellules surpeuplées, les prisonniers centrafricains continuent de souffrir, loin des communiqués de félicitations.
Attaque meurtrière près de Baboua : un mort et quatre personnes enlevées
Centrafrique.org/deux-conducteurs-de-taxi-moto-agresses-par-des-hommes-armes-vers-kaga-bandoro/5-combattants-de-la-seleka-avec-leurs-armes-5/” rel=”attachment wp-att-33599″ data-wpel-link=”internal”>5 combattant de la Seleka
Un homme a été tué et quatre autres kidnappés jeudi dernier par des hommes armés non identifiés à proximité d’un chantier minier, à 5 kilomètres du village Lokoti-Bangui, dans la sous-préfecture de Baboua, à 560 km de Bangui.
L’attaque s’est produite jeudi 09 janvier dernier sur la route menant au chantier minier proche du village Lokoti, dans la sous-préfecture de Baboua. Un motocycliste, de passage, arrêté par les assaillants, et qui refusait de s’arrêter a été abattu par les criminels d’une balle à la tête. Les assaillants ont ensuite enlevé quatre personnes, exigeant une rançon de 250 000 francs CFA par otage.
Les otages ont été libérés samedi 11 janvier vers 18 heures, après le versement d’un million de francs CFA. Peu après leur libération, des villageois de Lokoti ont repéré trois individus suspects à moto en direction de Baboua, présumés être les auteurs du kidnapping.
La tentative d’interpellation par les habitants a tourné au drame. Dans la confusion qui a suivi, un jeune villageois a trouvé la mort suite à l’explosion accidentelle de son arme artisanale. Les suspects ont profité du chaos pour prendre la fuite.
Cette attaque démontre une fois de plus la persistance de l’insécurité dans la région de Baboua, où les hommes armés non identifiés continuent de mener des actions violentes contre les civils.
Le KNK assouplit sa position sur le dialogue politique en Centrafrique
Centrafrique.org/le-knk-face-a-la-proposition-de-dialogue-politique-inclusif-en-rca-eclairage-du-president-interimaire/monsieur-christian-guenebem-2/” rel=”attachment wp-att-70201″ data-wpel-link=”internal”>Monsieur Christian GUENEBEM, Président Intérimaire du KNK
Le parti Kwa Na Kwa (KNK) de l’ancien président François Bozizé révise sa position concernant le dialogue politique en République centrafricaine. Dans ses vœux pour 2024, le président par intérim du parti a annoncé que le KNK est “prêt à participer à un dialogue inclusif quelle que soit sa forme”, marquant une évolution notable de sa ligne politique.
Cette déclaration suggère que le KNK accepterait désormais un dialogue limité aux partis politiques, sans la participation des groupes armés, rejoignant ainsi la position des autres formations de l’opposition regroupées au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC).
Le message du KNK souligne également la volonté du parti d’organiser “dans les semaines à venir” le retour progressif de ses cadres en exil, répondant aux invitations répétées du Président Faustin Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”.
“Le temps de la crise sécuritaire aiguë qui nous a poussés à nous mettre à l’abri est passé”, indique le communiqué du KNK, qui insiste sur l’importance d’un “dialogue franc et sincère” pour résoudre la crise centrafricaine.
Cette annonce intervient alors que le pays se prépare aux Élections de 2025. Le parti critique toutefois la situation sécuritaire actuelle, dénonçant “la présence de troupes étrangères sur le sol centrafricain” et leur implication dans des “violations des droits de l’homme”.
L’opposition centrafricaine n’a actuellement pas accès aux médias d’État, contraignant le KNK à diffuser son message de vœux via les réseaux sociaux. Cette restriction démontre les tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition malgré les appels au dialogue.
Centrafrique : les barrières militaires maintenues à Nana-Bakassa malgré les plaintes des populations
Centrafrique.org/etranglees-par-les-barrieres-illegales-des-faca-et-des-routes-impraticables-louham-pende-et-le-lim-pende-sombre-dans-le-chaos/barriere-bocaranga/” rel=”attachment wp-att-83066″ data-wpel-link=”internal”>Une barrière des soldats FACA à la sortie de Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé
Le sous-préfet de Nana-Bakassa, Edgard Namkona, a confirmé le maintien des barrières militaires de l’armée nationale dans sa circonscription, située à plus de 400 km au nord-ouest de Bangui. Selon lui, cette décision découle d’une autorisation accordée par un général des FACA lors d’une récente mission à Bossangoa.
“La situation sécuritaire reste délicate dans notre zone. Les militaires sont autorisés à rester aux barrières pour contrôler les véhicules et les passagers, mais sans effectuer de formalités”, a déclaré le sous-préfet de Nana-Bakassa, monsieur Namkona.
Cette directive pose des interrogations, les populations locales dénonçant régulièrement des extorsions à ces points de contrôle. “Si la population s’en plaint, c’est qu’il y a peut-être des brebis galeuses”, reconnaît le sous-préfet de Nana-Bakassa.
Le représentant de l’État a par ailleurs relayé le message du président Faustin Archange Touadéra, surnommé “Baba Kongoboro”, appelant les groupes armés encore présents dans la brousse à réintégrer la République. “Je suis prêt à les accueillir et j’informerai le gouverneur de la région pour leur assistance”, a assuré Edgard Namkona.
La sous-préfecture de Nana-Bakassa dispose d’un commandement des FACA à Bossangoa. Le maintien des barrières militaires démontre les défis persistants dans la sécurisation et le développement de cette région de l’Ouham.
Mambéré-Kadéi : des mines d’or près des puits d’eau sale
Centrafrique.org/Centrafrique-braquage-dun-marchand-a-sosso-nakombo-deux-gendarmes-soupconnes-prennent-la-fuite/pancarte-mairie-de-sosso-nakombo-img_4199-6/” rel=”attachment wp-att-24587″ data-wpel-link=”internal”>Pancarte de la mairie de Sosso-Nakombo
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Chaque jour, des kilos d’or et de diamants quittent la Mambéré-Kadéi. Les acheteurs se bousculent, les sociétés minières creusent, les permis d’exploitation se multiplient. Mais à deux pas des sites miniers, les populations puisent leur eau dans des puits d’eau insalubres.
Dans la commune de Sosso-Nakombo, dans la Mambéré-Kadéi , trois carrières d’or industrielles fonctionnent à plein régime. À moins d’un kilomètre, les femmes et les enfants remplissent leurs bidons dans des trous d’eau stagnante. L’an dernier, dix cas de choléra ont été recensés dans ce secteur de la Mambéré-Kadéi.
Les forages promis dans la Mambéré-Kadéi lors des attributions des permis miniers n’ont jamais vu le jour. Les villages autour des zones d’exploitation n’ont ni puits ni pompe. Les sources traditionnelles ont été détruites par les travaux d’excavation.
Le centre de santé de Nandobo traite vingt cas de diarrhée par semaine. Les enfants sont les plus touchés. Le personnel soignant travaille sans médicaments ni matériel, pendant que les convois de minerais traversent le village et quittent Mambéré-Kadéi.
Les redevances minières censées financer les infrastructures de base dans la Mambéré-Kadéi ne parviennent pas aux communes. Les camions-citernes des sociétés minières transportent l’eau pour leurs installations, laissant les populations locales boire l’eau des marigots très sales.
Le long des pistes minières, les villages s’agrandissent mais les conditions de vie se dégradent. Les chercheurs d’or affluent tandis que l’accès à l’eau potable devient un luxe dans cette terre gorgée de richesses.
La Centrafrique risque une suspension de la FIFA : le football national au bord du chaos après l’ingérence ministérielle
Centrafrique.org/touadera-et-song/” data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera au milieu, et à gauche, le nouveau entreneur Rigobert Song, et à droit le ministre centrafricain des sports
La République centrafricaine pourrait être exclue de toutes les compétitions internationales de football. La décision unilatérale du ministre des Sports, Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon, de nommer un nouveau staff technique pour l’équipe nationale sans consultation de la Fédération Centrafricaine de Football (FCF), crée une crise institutionnelle majeure qui menace l’avenir du football centrafricain.
Une nomination ministérielle qui défie les règles internationales de football
Le 13 janvier 2025, par arrêté N°002/MP/SEC/DIR-CAB.2025, le ministre chargé de la Promotion de la Jeunesse, des Sports et de l’Éducation Civique a procédé à la nomination de Rigobert Bahanag Song comme sélectionneur-manager des Fauves. L’arrêté désigne également trois sélectionneurs adjoints : Eloge Yamissi Enza, Sébastien Ngato et Eric Cabalero.
Cette décision ministérielle intervient alors que la FCF avait déjà confié l’intérim de la sélection nationale à un staff technique local dirigé par Eloge Enza Yamissi, ancien capitaine emblématique des Fauves. La réaction de la Fédération ne s’est pas fait attendre.
La Fédération centrafricaine de football dénonce une violation de son autonomie
Dans un communiqué de presse N°001/2025 publié le 14 janvier, le Secrétaire Général Adjoint de la FCF, Sylvestre Cyrille Oulibozoumna, exprime sa “consternation et surprise” après avoir découvert l’arrêté ministériel sur les réseaux sociaux. La Fédération “déclare qu’elle ne se reconnaît pas dans cette décision unilatérale” qu’elle juge “contraire aux dispositions en vigueur“.
Le communiqué rappelle un principe fondamental : “Les décisions concernant le recrutement des membres des structures d’encadrement doivent rester parmi les droits et compétences réservés uniquement au Comité Exécutif des Fédérations“.
Un risque réel de sanctions internationales
Cette situation expose directement la Centrafrique à des sanctions de la FIFA, gardienne intransigeante de l’autonomie des fédérations nationales. L’instance mondiale du football a déjà démontré sa fermeté en suspendant plusieurs pays africains pour des cas similaires d’ingérence gouvernementale.
“La position de la FIFA est claire et constante : aucune ingérence politique dans la gestion du football n’est tolérée”, explique un expert du droit du sport international interrogé par la rédaction du CNC. “Des pays comme le Kenya et le Zimbabwe ont récemment été suspendus pour des interventions gouvernementales comparables. La Centrafrique s’expose aux mêmes sanctions“.
Une suspension aurait des conséquences désastreuses
Si la FIFA venait à suspendre la Centrafrique, les répercussions seraient dramatiques :
– Exclusion immédiate de toutes les compétitions internationales
– Impossibilité de participer à la CAN 2025
– Gel des programmes de développement et des subventions internationales
– Isolement des clubs centrafricains des compétitions continentales
Cette crise éclate paradoxalement alors que le football centrafricain vivait l’un de ses plus beaux moments avec la qualification historique pour le championnat d’Afrique de football (CHAN 2025).
Un contexte politique sensible
La FCF adopte une position conciliante, soulignant sa volonté d’éviter “une crise inutile” avec le ministère. Cette approche diplomatique s’inscrit dans le contexte politique actuel, où le Président Faustin Archange Touadera, alias Baba Kongoboro, se dit multiplier les efforts pour “consolider la paix entre les filles et fils du pays”.
La question de la nationalisation du poste
Avant cette nomination controversée, la FCF avait initié une politique de “nationalisation” du poste de sélectionneur, confiant l’intérim à un staff technique entièrement centrafricain. Cette décision répondait à une volonté de valoriser les compétences locales, avec Eloge Enza Yamissi comme figure de proue.
Des précédents africains
L’histoire récente du football africain regorge d’exemples d’ingérences gouvernementales ayant conduit à des sanctions :
– Zimbabwe : suspendu en 2022 après la dissolution du conseil d’administration de sa fédération
– Kenya : suspendu pour destitution des dirigeants fédéraux par le ministère
– Tchad : suspendu en 2021 pour ingérence gouvernementale
L’urgence d’une solution
Pour éviter une suspension qui serait catastrophique pour le football centrafricain, une résolution rapide de cette crise institutionnelle s’impose. La FIFA pourrait intervenir dans les prochains jours pour exiger le respect de l’autonomie fédérale.
Le temps presse pour les autorités centrafricaines. La participation historique des Fauves à la CAN 2025 et l’avenir du football national sont en jeu. Une suspension de la FIFA anéantirait des années de progression et priverait les talents centrafricains de reconnaissance internationale.
Centrafrique.org/centrafrique-un-cessez-le-feu-en-manque-de-substance/president-centrafricain-faustin-archange-touadera-adresse-presse-Bangui-17-septembre-2021_/” rel=”attachment wp-att-51008″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Faustin Archange Touadera alias Baba Kongoboro, à Bangui en 2021
Dans un discours fleuve devant son gouvernement, le président Faustin-Archange Touadera vient d’administrer une violente charge contre ses ministres. Absentéisme, missions interminables à l’étranger, fuites dans les médias… Le chef de l’État dresse un réquisitoire accablant. Une manœuvre qui révèle surtout sa propre faillite à la tête du pays.
Un show présidentiel qui masque l’échec du Président Faustin-Archange Touadera
Le spectacle est saisissant. Devant un parterre de ministres médusés, le président Faustin-Archange Touadera déroule pendant plus d’une heure ses griefs. Les absences aux conseils des ministres, les voyages prolongés, les indiscrétions sur les réseaux sociaux… Rien n’échappe à sa vindicte. “Je veux des résultats. Le peuple veut des résultats”, martèle-t-il. Une exigence qui sonne comme l’aveu de son propre échec après presque une décennie au pouvoir.
La stratégie du bouc émissaire
Derrière cette charge brutale se dessine une manœuvre politique transparente. En accablant son gouvernement, le président Faustin-Archange Touadera tente de faire oublier son bilan catastrophique. Le grand banditisme continue de sévir dans les provinces, comme il le reconnaît lui-même. Les services publics sont en déliquescence. La pauvreté s’aggrave. Plus grave encore, la sécurité reste un mirage pour des millions de Centrafricains.
Les contradictions d’un pouvoir de Faustin-Archange Touadera aux abois
L’exercice présidentiel confine à l’absurde. D’un côté, Faustin-Archange Touadera“renouvelle sa confiance” à son Premier ministre. De l’autre, il démonte méthodiquement l’action de son gouvernement. Il prône la “solidarité gouvernementale” tout en divisant publiquement son équipe. Il vante son “ambition de construire un État de droit” alors que son régime piétine régulièrement les procédures légales.
Ce discours de Faustin-Archange Touadera intervient à un moment important. Les Élections locales approchent, bientôt suivies des présidentielles. Le président appelle ses ministres à “la prudence et la retenue”, tout en leur assénant une humiliation publique. Une contradiction de plus qui augure mal de la sérénité des scrutins à venir.
Un système à bout de souffle
Au final, ce réquisitoire présidentiel souligne surtout l’épuisement d’un système. Incapable de répondre aux attentes populaires, le pouvoir se réfugie dans la mise en accusation de ses propres serviteurs. Une fuite en avant qui ne trompe plus personne. Après neuf ans de promesses non tenues, les Centrafricains attendent autre chose que des règlements de comptes au sommet de l’État.
En fustigeant ses ministres, le président Faustin-Archange Touadera signe l’acte de décès de sa propre gouvernance. Son discours virulent ne masque plus l’évidence : le pouvoir est à bout de souffle, sans vision ni résultats. Les Centrafricains méritent mieux que ce triste spectacle d’un régime qui se déchire au lieu de servir le pays.
Des messages WhatsApp entre le ministre de la Jeunesse et des Sports Héritier Doneng et un membre de la milice “Requins”, Gattuso, actuellement au Sénégal, font apparaître les premières fissures dans le système de terreur mis en place par le pouvoir de Faustin-Archange Touadera depuis 2020.
Dans ces échanges tendus, le milicien Requin Gattuso reproche au chef milicien Héritier Doneng, devenu ministre de la jeunesse et des sports depuis le 4 janvier 2024, d’avoir “oublié” ses anciens compagnons de la milice Requin depuis sa nomination au gouvernement. Il affirme ne plus “marcher qu’à 40%” avec Doneng, l’accusant de manipuler la jeunesse. Cette dispute entre anciens complices ouvre une fenêtre sur les activités criminelles de la milice les “Requins”.
Ces révélations interviennent dans un contexte politique chargé, alors que la précampagne pour l’élection présidentielle de 2025 bat son plein. Le 1er décembre 2024, des partisans du président Touadéra défilaient déjà avec des banderoles “TOUADERA 2025 Champion au 1er tour K.O”.
Les “Requins”, créés en 2022 sous l’impulsion de l’actuel ministre Doneng, étaient organisés en deux branches : une section musulmane dirigée par Mokhtar Bel Mokhtar, cousin de Sani Yalo, et une section chrétienne sous la direction de Héritier Doneng lui-même. Selon les révélations de ce milicien, Sani Yalo apparait comme le principal auteur qui tire les ficelles dans l’ombre sur décision du Président Touadera.
Parmi leurs crimes les plus marquants figure l’enlèvement d’Aladji Issa Manou en janvier 2021. La victime a été capturée au siège même du parti MCU dans le quartier Malimaka par Mokhtar Bel Mokhtar et ses éléments de la milice Requin. Son corps n’a pas été retrouvé par sa famille jusqu’à ce jour.
Un autre crime particulièrement odieux est l’assassinat de Nadia Carine Fornel Poutou, présidente de l’Association des femmes juristes, brûlée vive avec ses trois enfants en juin 2021. Selon un ancien milicien, ces actes étaient commandités par le groupe Wagner et sur décision du criminel Héritier Doneng.
Toutefois, la récente mort mystérieuse de Mokhtar Bel Mokhtar à Damara ajoute une nouvelle dimension à ces révélations. Si la version officielle parle d’un malaise, des témoins évoquent un possible empoisonnement lors d’une réunion houleuse.
Ces miliciens, faussement présentés comme des “mouvements de jeunesse”, ont en réalité semé la terreur à Bangui, s’attaquant aux commerçants, aux citoyens et même aux militaires. Des corps ont été retrouvés au cimetière municipal de Ndress, d’autres jetés dans la rivière Oubangui.
La présence au gouvernement de certains responsables de ces crimes, comme le ministre Héritier Doneng, illustre l’impunité dont bénéficient ces groupes armés. Ces révélations démontrent l’existence d’un système où crime organisé et politique se confondent au plus haut niveau de l’État centrafricain.
Le cynisme des 50.000 soldats FACA en 2040 : Une armée fantôme promise pour un règne sans fin
Centrafrique.org/Centrafrique-soudan-une-fermeture-de-frontieres-qui-ne-laisse-pas-indifferent/des-soldats-faca-lors-dune-patrouille/” rel=”attachment wp-att-62223″ data-wpel-link=”internal”>Patrouille des soldats FACA
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
L’annonce des 50.000 soldats FACA pour 2040 prend une saveur particulièrement amère quand on décrypte le calcul politique qui se cache derrière. Ce n’est pas un hasard si l’horizon choisi correspond exactement à la fin d’un quatrième mandat rendu possible par la modification constitutionnelle imposant désormais des mandats de 7 ans. Une programmation militaire taillée sur mesure pour un pouvoir qui se projette déjà jusqu’en 2040.
Pendant que le président dessine une armée imaginaire pour son règne futur, les soldats FACA actuels crient leur désespoir. La semaine dernière encore, à Mann, près de Bocaranga, des soldats FACA manifestaient leur colère face à 21 mois d’arriérés de primes globales d’alimentation. Comment croire à la promesse de 50.000 hommes quand l’État est incapable de nourrir ses quelques milliers de soldats actuels ?
L’armée nationale est devenue un refuge pour des éléments douteux, recrutés sans véritable contrôle. Des criminels notoires portent l’uniforme pendant que des soldats FACA loyaux et professionnels sont marginalisés. Cette politique de recrutement anarchique transforme progressivement les soldats FACA en une source d’insécurité pour la population qu’ils sont censés protéger. L’exemple type se déroule en ce moment à Ouadda-Maïkaga, à 204 kilomètres de Bria, dans la Haute-Kotto, où une dizaine des civils arrêtée par les soldats FACA pour sorcellerie. L’une de ces personnes est déjà mort sous la torture des soldats FACA.
Les casernes grondent de colère d’est en ouest du pays. Des militaires affamés, des équipements obsolètes, des conditions de vie indignes. Le président promet une armée du futur alors que celle du présent s’effondre sous la coupe de Wagner. Cette vision pour 2040 n’est qu’un écran de fumée masquant mal une réalité : celle d’un pouvoir qui instrumentalise l’armée pour s’éterniser aux commandes de l’État.
La manipulation est grossière : faire miroiter une force armée puissante dans seize ans pour justifier un maintien au pouvoir sur la même durée. Pendant ce temps, les FACA actuels continuent de survivre dans des conditions misérables, otages d’une politique qui sacrifie leur présent sur l’autel des promesses creuses.
‘Pas de dialogue au rabais’ : le BRDC durcit le ton face à Touadéra
Photo de famille de quelques leaders du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) après leur conférence de presse du 11 octobre 2024 à Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Les leaders de l’opposition centrafricaine réunis au sein du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont haussé le ton face au président Faustin Archange Touadéra. Lors d’une conférence de presse tenue mardi à Bangui, ils ont rejeté catégoriquement toute tentative de dialogue édulcoré, posant des conditions fermes pour des négociations.
“Nous n’avons pas refusé le dialogue républicain pour accepter aujourd’hui un dialogue biaisé”, lance d’emblée Martin Ziguélé, leader du MLPC. Une position qui marque une rupture claire avec les récentes manœuvres du pouvoir visant à diviser l’opposition.
Aussitôt, maître Nicolas Tiangaye enfonce le clou : “Le dialogue aura lieu, non pas parce que le président Touadéra le souhaite, mais parce que les circonstances l’imposeront”. Une analyse qui trouve un écho dans la position des Nations unies. Jean-Pierre Lacroix, en visite récente à Bangui, a souligné la nécessité d’Élections“inclusives, transparentes et démocratiques” – des termes qui rejoignent les revendications de l’opposition.
“Le pouvoir cherche à organiser un simulacre de dialogue avec des faux opposants qui n’ont pas de divergences fondamentales avec le régime”, dénonce Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du BRDC. Pour l’opposition, les enjeux sont clairs : le dialogue doit se tenir directement entre le président Touadéra et le BRDC, sans intermédiaires factices ni opposition de façade.
Le BRDC pose comme préalable une réforme profonde des institutions électorales. Le président du PCUD, Samson Ngaibona, pointe notamment du doigt la servilité du Conseil constitutionnel : “Comment faire confiance à une institution dont le président se plie par quatre pour saluer le chef de l’État ?”
Les leaders de l’opposition s’appuient sur les précédents historiques pour étayer leurs exigences. Ils rappellent notamment les avancées démocratiques obtenues en 1992-1993, lorsqu’une commission électorale véritablement indépendante avait permis la tenue d’Élections transparentes. “Les Centrafricains ne sont pas des gens à leur bout”, souligne Martin Ziguélé, “notre pays a déjà prouvé sa capacité à organiser des Élections crédibles”.
Face aux tentatives de division instrumentées par le pouvoir, le BRDC affiche une unité sans faille. Les leaders de l’opposition rappellent que leur combat vise à garantir des Élections équitables en 2025, dans un contexte marqué par la fin du second mandat de Touadéra. Une échéance décisive pour l’avenir démocratique du pays, que l’opposition refuse de voir compromise par un dialogue de façade.
Dans le 5e arrondissement de Bangui , au quartier Malimaka, des véhicules militaires suspects impliqués dans les braquages nocturnes
Centrafrique.org/le-sergent-elysee-esgupe-agresse-au-quartier-malimaka-vient-de-rendre-son-ame/des-soldats-faca-formes-par-les-russes-a-berongo-photo-de-eric-ngaba-2/” rel=”attachment wp-att-31642″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/09/des-soldats-faca-formés-par-les-russes-à-Berongo-photo-de-eric-ngaba-450×337.jpg” alt=”Au quartier Malimaka, des véhicules militaires suspects impliqués dans les braquages nocturnes” width=”450″ height=”337″ />des soldats FACA formés par les russes à Berongo. Photo Éric Ngaba
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des tirs nocturnes, des véhicules militaires suspects et une population terrorisée. Le député Gobi du 5e arrondissement de Bangui dénonce une situation inquiétante dans le quartier Malimaka de Bangui.
“Ces derniers temps, la population de Malimaka n’arrive pas à passer une nuit paisible à cause des opérations de braquage. Il y a trois jours, nous avons entendu des coups de feu dans le quartier, suivis de cris appelant au secours. Puis ce fut le silence”, décrit le député Gobi.
L’élu s’est rendu sur place le lendemain matin pour enquêter. “J’ai rencontré les habitants qui vivent à proximité. Ils m’ont raconté qu’une jeune fille rentrant d’une cellule de prière a d’abord été agressée. Elle a réussi à s’enfuir et est retournée à l’église”, rapporte-t-il.
Mais l’élément le plus troublant des témoignages concerne les véhicules utilisés par les malfaiteurs. “Les habitants ont confirmé qu’après les braquages, ils ont entendu un véhicule démarrer. Ils disent avoir aperçu un véhicule militaire”, précise le député Gobi, qui ajoute : “Les criminels sont armés et se déplacent en véhicule quand ils opèrent dans la zone de Malimaka“.
Le parlementaire appelle à des mesures urgentes : “La population a besoin que des dispositions sécuritaires soient prises. Il faut que les patrouilles de la gendarmerie et de la police, qui étaient régulières auparavant, reprennent dans ces différents quartiers“.
Ces révélations du député sur l’utilisation présumée de véhicules militaires lors des braquages pose des questions sur l’identité réelle des assaillants qui terrorisent les habitants du 5e arrondissement de Bangui.
Mingala en danger : L’ombre des recruteurs rebelles de la CPCF plane sur la jeunesse
Centrafrique.org/un-elan-collectif-pour-le-renouveau-de-mingala-ensemble-vers-un-avenir-meilleur/a-mingala/” rel=”attachment wp-att-68311″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/A-Mingala-450×293.jpg” alt=”Mingala en danger : L’ombre des recruteurs rebelles de la CPCF plane sur la jeunesse” width=”450″ height=”293″ />À Mingala, dans la Basse-Kotto
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Face au micro de la radio Centrafrique, le gouverneur Victor Bissekoin dévoile une réalité alarmante dans sa région. À Mingala, au cœur de la Basse-Coteau, des groupes armés, notamment la CPC-F tissent leur toile en silence. Leur cible ? La jeunesse locale, proie facile d’un recrutement qui menace de replonger le pays dans le chaos, selon le gouverneur.
La Basse-Kotto ne dort plus tranquille. Dans cette préfecture où la paix semblait retrouver ses droits, une menace sourde grandit jour après jour à Mingala. Le gouverneur Victor Bissekoin, qui supervise la région 6 Haut-Oubangui, ne cache pas son inquiétude. Les rapports qui arrivent sur son bureau dressent un tableau inquiétant de la situation à Mingala.
“Les informations qui me parviennent du terrain sont sans équivoque”, partage le gouverneur. “Des éléments perturbateurs s’infiltrent dans nos communautés. Ils approchent nos jeunes, les attirent dans leurs filets avec des promesses trompeuses“.
Cette stratégie de recrutement n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans un schéma plus large qui touche même hors de Mingala . À Pombolo, autre point névralgique de la Basse-Coteau, les bastions rebelles restent actifs. Les conséquences se font déjà sentir sur les axes routiers, où les attaques de véhicules se multiplient.
Le danger ne se limite pas aux frontières de la Basse-Kotto. Un réseau complexe se dessine, reliant Mingala à d’autres foyers d’instabilité. Les mouvements suspects entre le Soudan, le Tchad et la région créent un corridor d’insécurité qui préoccupe les autorités.
“Ces groupes prétendent venir pour l’élevage”, explique le gouverneur, “mais leurs véritables intentions sont ailleurs. Ils menacent la stabilité que nous avons mis tant de temps à construire”.
La population, prise entre deux feux, tente de maintenir une vie normale. Les activités traditionnelles : agriculture, pêche, et depuis peu l’exploitation minière avec la levée de l’embargo , reprennent timidement. Mais l’ombre des recruteurs plane toujours, menaçant de voler la jeunesse et l’avenir de Mingala.
Face à cette situation, les autorités locales appellent à la vigilance. La menace qui pèse sur Mingala n’est pas qu’une question de sécurité locale – c’est un défi pour la stabilité de toute la région, voire du pays entier. Le temps presse pour empêcher une nouvelle génération de jeunes de tomber dans le piège des groupes armés.
La prolifération des pseudo-journalistes à Bangui : un phénomène inquiétant
Centrafrique.org/tempete-sur-le-petrole-centrafricain-lopposition-fait-bloc-contre-une-gestion-mafieuse/les-journalistes-lors-de-la-conference-de-presse-des-leaders-de-lopposition-democratique-le-11-octobre-2024-a-bangui/” rel=”attachment wp-att-84136″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/Les-journalistes-lors-de-la-conference-de-presse-des-leaders-de-lopposition-democratique-le-11-octobre-2024-a-Bangui-450×217.jpg” alt=”La prolifération des pseudo-journalistes à Bangui : un phénomène inquiétant” width=”450″ height=”217″ />Les journalistes lors de la conférence de presse des leaders de l’opposition démocratique le 11 octobre 2024 à Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
À Bangui, une nouvelle catégorie d’opportunistes envahit les conférences de presse et les cérémonies officielles. Armés de téléphones Android, ces individus sans affiliation médiatique reconnue s’autoproclament “communicants du pouvoir” et parasitent les événements publics. Une enquête approfondie démontre l’ampleur d’une pratique qui déstabilise le journalisme centrafricain.
Une situation devenue inquiétante à Bangui
Dans les rues à Bangui, ces pseudo-journalistes affluent massivement lors des apparitions présidentielles. L’exemple récent des activités hebdomadaires de l’opération présidentielle Kwa ti kodro à Bangui témoigne de cette réalité : dès l’annonce de la venue du Président Touadéra, une nuée de personnes équipées de smartphones a convergé vers les lieux, sans accréditation ni appartenance à un organe de presse établi.
Une motivation purement financière
Ces individus ont développé une technique simple mais efficace : ils se positionnent stratégiquement lors des événements officiels, capturent quelques images avec leurs téléphones, et attendent la distribution d’argent habituelle – entre 2000 et 10000 francs CFA par personne. Une fois la rétribution empochée, ils disparaissent dans la nature à Bangui sans produire le moindre contenu journalistique.
La montée des réseaux sociaux au service de l’usurpation
L’essor des réseaux sociaux a amplifié ce phénomène à Bangui. La création d’une page Facebook au nom d’un média fictif suffit désormais à s’autoproclamer “média d’information”. Des groupes WhatsApp émergent sous des appellations fantaisistes, leurs administrateurs s’octroyant le titre de journaliste sans formation ni expérience professionnelle.
Un impact profond sur le paysage médiatique à Bangui
Certains journalistes de la Radio Centrafrique à Bangui, assistés à la scène le week-end dernier, dénoncent en direct sur l’antenne une situation qui fragilise l’ensemble de la profession. Cette multiplication des usurpateurs complique l’identification des véritables journalistes et décrédibilise le travail d’investigation et d’information. La frontière entre communication institutionnelle, propagande et journalisme indépendant s’estompe dangereusement à Bangui.
Une moto-taxi pour le sélectionneur national : la honte du football centrafricain
Centrafrique.org/lassemblee-nationale-ouvre-une-enquete-sur-le-scandale-du-stade-20-000-places-de-Bangui/heritier-doneng-le-chef-de-la-milice-de-touadera-devenu-ministre-de-sports-devant-les-deputes-a-lassemblee-nationale/” rel=”attachment wp-att-85330″ data-wpel-link=”internal”>Héritier Doneng, le chef de la milice de Touadera devenu ministre de sports, devant les députés à l’assemblée nationale le 13 novembre 2024.
Le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Rodolphe Héritier Doneng, a remis cette semaine une moto au sélectionneur de l’équipe nationale de football centrafricaine. Un “cadeau” qui scandalise la communauté sportive et fait la risée des réseaux sociaux à travers l’Afrique.
Une “récompense” humiliante pour le football centrafricain
Après avoir qualifié les Fauves pour le prochain championnat d’Afrique des Nations 2025 (CHAN – 2025), le sélectionneur du football centrafricain se voit “récompensé” par un simple scooter de ville. Un geste qui témoigne du mépris total des autorités sportives pour le football centrafricain et ses cadres techniques.
“Offrir une moto-taxi à un sélectionneur du football centrafricain qui a réussi l’exploit historique de qualifier le pays pour le championnat d’Afrique des nations, c’est une insulte pure et simple”, dénonce un ancien international centrafricain sous couvert d’anonymat.
Le football centrafricain , la risée du continent
Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre indignation et moquerie. “C’est donc ça le niveau du football centrafricain ? On récompense un sélectionneur national avec un taxi-moto ?”, s’indigne un internaute camerounais. D’autres ironisent sur cette “promotion” du sélectionneur au rang de conducteur de taxi-moto.
Un ministère aux abois
Contacté, le cabinet du ministre de la jeunesse et des sports n’a fourni aucune explication sur ce choix controversé. Ce silence traduit l’embarras des autorités face au tollé provoqué par ce “cadeau” inapproprié qui ridiculise le pays sur la scène continentale.
Cette affaire révèle une fois de plus l’amateurisme qui règne dans la gestion du sport centrafricain. Alors que d’autres pays investissent massivement dans leur football, la RCA se distingue par des actions qui discréditent son image et démotivent ses cadres techniques du football centrafricain.
Le transport des cadavres sur un pousse-pousse ou une motos devient de plus en plus banal à Bangui
Centrafrique.org/massacre-de-bossangoa-reaction-de-la-coordination-des-organisations-de-la-societe-civile-pour-la-paix-en-Centrafrique/une-moto-taxi-brousse-sur-la-route-de-mbaiki/” rel=”attachment wp-att-48030″ data-wpel-link=”internal”>Une moto taxi sur la route de Mbaïki. CopyrightCNC
Des taxi-motos ont traversé la localité de Bimbo, à la sortie sud-ouest de Bangui mercredi soir avec un cadavre attaché à un pousse-pousse, provoquant l’effroi des passants. Cette pratique, de plus en plus fréquente dans la capitale centrafricaine, pose la question du respect dû aux défunts.
“C’était terrifiant. Le corps, enroulé dans un drap blanc, se balançait sur le pousse-pousse tiré par une moto. Trois autres taxi-motos escortaient ce convoi funèbre improvisé avec des clackson”, décrit un témoin présent à 21h près de l’école préfectorale de Bimbo.
Les résidents du quartier de Bimbo – Pétévo n’acceptent plus ces scènes. “Nos enfants voient régulièrement des cadavres transportés comme des marchandises sur de pousse-pousse ou de moto. Dans notre tradition, on les protégeait de ces visions en les cachant sous les lits pendant les cérémonies funéraires”, explique un père de famille de Bimbo.
La victime aurait perdu la vie dans un accident avec un camion de la société Centrabois. “Ces véhicules tuent régulièrement des gens sur nos routes, surtout sur l’axe Pétévo – Bimbo – Mbaïki. Au prochain accident, nous brûlerons leur camion”, préviennent des jeunes du quartier.
“Cette banalisation de la mort détruit, sans doute, selon les sociologues, le tissu social centrafricain. Avant, le transport d’un défunt, même sur un pousse-pousse , obéissait à des règles strictes qui préservaient sa dignité et protégeaient la sensibilité des enfants”, analyse Francis Sterling Mongbe, sociologue centrafricain.
Les habitants demandent aux autorités d’agir pour stopper ces pratiques devenue vraiment banale dans la capitale, mais aussi dans les villes de province centrafricaine, et rétablir un transport respectueux des défunts.
Nous n’avons pas encore fini d’ergoter sur la cause de la mort de l’État. Tant qu’on n’aura pas compris beaucoup de choses sur la mort de l’État, jamais nous ne saurions révolutionner notre esprit. Qui a tué l’État ?
Au forum, ils ont parlé de gouvernance comme une des causes cliniquement identifiées ; cependant, ce qu’ils ont oublié d’évoquer à ce sujet c’est les qualités du caractère de chef. La gouvernance est une politique, c’est-à-dire une action, un ensemble de décisions que l’on prend, de choses que l’on fait, de risques que l’on assume et, le tout avec l’appui du peuple dans une cohérence d’objectifs managériaux et, ce n’est pas des idées parachutées.
La gouvernance, il faut savoir le réaliser et il faut avoir des qualités de chef. C’est la qualité du manager qui fera la différence à ce sujet. L’histoire des peuples comme des entreprises témoigne de façon irrécusable de l’influence du chef quant au destin d’une nation. C’est les qualités du chef, sa façon d’être, ou de faire, et sa seule présence, jouent un rôle considérable sur l’efficacité de ses collaborateurs et il est différent d’eux parce qu’il sait qu’il est responsable infiniment en cas d’échec.
Nous avons constaté que les candidats aux élections sont encore, pour la plupart, ceux là même qui ont échoué dans la gestion du pays qui parlent de la gouvernance à la télé. Alors qu’ils ont été Premiers ministres, alors qu’ils ont été Ministres. Ils ont géré l’État et ils ont échoué. Ils sont les responsables inaltérables de cette crise car la crise résulte de ce que nous avons atteint le plateau de l’incompétence vitale dans la gestion de l’État.
Vous êtes étonné de constater que, malgré cet échec cuisant provenant de leur incompétence, ils veulent toujours rester plus haut dans l’échelle sociale. En fait ils refusent de reconnaitre leur incompétence vitale, cause de frustration et d’échec personnel.
L’incompétence n’a rien à voir avec le diplôme. Ce sont des situations d’échec personnel au travail. C’est le manque d’autorité sapientiale et personnelle qui empêche une personne d’assurer correctement les missions d’une fonction donnée.
Ces hommes politiques arrivés au gouvernement, ils deviennent des bons à rien. Ces hommes politiques irrésolus qui se passent pour des hommes d’État, et que la servilité congénitale empêche de gouverner réellement.
En toute vérité, tout le mal de notre pays vient de l’État et de ses dirigeants ; de son incompétence chronique liée à des traits culturels caractérisés par une inconscience à toute épreuve, une naïveté, et des dirigeants qui n’ont aucun sens des principes de développement, aucune rigueur et ni volonté de puissance. Des dirigeants qui vivent dans une excessivité conviviale et le refus à tout conflit.
Un État traditionnel, quand une remise en cause de ce qui existe est toujours mal vue et comprise comme un défi aux réalisations passées et leurs auteurs, imprécision des objectifs de gouvernement, absence de sanctions objectives, le mythe du chef et de ses courtisans, le trafic d’influence, le népotisme accru, l’omniprésence de la mentalité communautaire qui entraine des obligations (allégeance, protection, redistribution) sont des facteurs paralysants.
Un État qui aime les aides et les dons des autres. Un État fainéant qui aime les fêtes autour du chef de l’État. Toutes ces caractéristiques font de notre État, un État attardé, nain, isolé et ignorant de tout concept de modernité. Il s’agit là d’une question d’état d’esprit qu’il faut révolutionner : penser et agir autrement pour apporter le changement.
L’échec nutritif de nos gouvernements a conduit à l’échec destructif des agents de l’Etat et par la suite à l’effondrement de l’État. Cette crise est la conséquence imparable des mauvaises gouvernances.
En définitif ces politiciens irrésolus ont été promus à des postes ministériels pour lesquels ils sont incompétents. Ils ont été promus Premiers ministres, Ministres, grâce au népotisme et aux accointances clientélistes et non au défi de fournir à l’État un service.
Ce qui fait dire Sidney Smith que, si chacun faisait son métier, les vaches seraient bien gardées. Ceci dit la main qui sait traire les vaches avec compétence risque d’être malhabile pour faire les comptes de la ferme.
Aussi Sidney Smith décrit remarquablement l’incompétence au travail au moyen des images. Cette description reflète la réalité du travail en RCA et à quoi s’ajoute le fait que le centrafricain travaille peu et veut gagner beaucoup, est incontestablement la preuve de l’incompétence. L’incompétent travaille peu et veut toujours gagner beaucoup. Il se plaint tous les jours, il n’est jamais satisfait, en plus il se plastronne.
Cette triste réalité, même si nous en parlons de la gestion de l’État pour la bonne conduite des affaires du pays, elle est la même dans les entreprises privées. C’est un constat. C’est le comportement du centrafricain en général que nous dépeignons.
Selon Sidney, si l’on représente tous les stades de la vie au moyen des trous dans une table. Des trous rond, carré, rectangulaire, triangulaire et des personnes occupant ces stades par des morceaux de bois de formes similaires, nous trouverons généralement que la personne triangulaire a tenté de pénétrer dans le trou carré, la rectangulaire dans le triangulaire et la personne carrée a voulu s’enfoncer dans le trou rond.
Cette réalité de la vie sociale met en évidence que le salarié ne correspond pas toujours à son poste. Donc de la difficulté de pénétrer dans le trou qui ne soit pas le trou dédié, explique la difficulté de ne pas correspondre au poste. Les centrafricains en général, ne correspondent pas à leur poste de travail et c’est au niveau politique et administratif que c’est effarant.
Et comme toujours on arrive à identifier le meurtrier, l’État dans ses derniers soupires a réussi cet exploit en inscrivant sur le mur du palais de la renaissance de Bangui avec son sang: l’incompétence m’a tuer…
Le jeu trouble de Wagner envers le Tchad: sourires diplomatiques et coups bas numériques
Centrafrique.org/mahamat-idriss-deby-attendu-a-bangui-pour-rencontrer-le-chef-des-wagner-en-Centrafrique/mahamat-idriss-deby-president-de-transition-au-tchad/” rel=”attachment wp-att-63470″ data-wpel-link=”internal”>Mahamat Idriss Deby, Président du Tchad
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des sourires et des poignées de main dans les palais présidentiels, des coups de poignard numériques dans l’ombre. Le gouvernement centrafricain, sous l’influence de Wagner, joue une partition complexe : d’un côté, il multiplie les gestes d’amitié envers le Tchad, de l’autre, les soldats numériques de Wagner inondent les réseaux de haine.
Un petit tour dans les coulisses de cette guerre de l’ombre menée par les troupes de Wagner envers le Tchad nous montre leur méthode. Pendant que Bangui parle fraternité et coopération avec le Tchad, les Avatars de Wagner inventent des histoires à dormir debout : l’Ukraine enverrait des pilotes de drones pour attaquer la Centrafrique, avec la complicité du Tchad et de la France.
Ah, qu’elle est créative cette manipulation ! À les lire sur Facebook, WhatsApp et Telegram, quinze à vingt experts ukrainiens en drones seraient déjà en route, cachés dans les valises diplomatiques françaises, prêts à envahir la Centrafrique depuis le territoire tchadien. On se croirait dans un mauvais film d’espionnage des années 80 !
Mais derrière ces histoires qui prêteraient à rire, Wagner tire les ficelles d’un spectacle plus sombre. Ils poussent le gouvernement centrafricain à multiplier les gestes de rapprochement avec le Tchad, tout en alimentant la méfiance sur les réseaux sociaux. C’est comme envoyer une lettre d’amour d’une main et un message de haine de l’autre !
Cette tactique porte la signature de Wagner. Ils l’ont déjà utilisée ailleurs en Afrique : faire semblant de favoriser la coopération régionale tout en semant la zizanie. C’est comme ce ventriloque qui fait parler sa marionnette avec des mots doux pendant qu’il murmure des menaces.
Les comptes fantômes de Wagner racontent que la France et l’Ukraine complotent avec le Tchad contre la Centrafrique. Ils prétendent même que des groupes comme la CPC et les 3R reçoivent un entraînement spécial. Leur recette ? Un soupçon de mensonge, une pincée de paranoïa, et une bonne dose de manipulation.
Chers lecteurs centrafricains, regardons la vérité en face ! Wagner manipule le gouvernement centrafricain comme une marionnette. Les vraies victimes ? Nos peuples qui voient leurs espoirs de paix et de coopération régionale partir en fumée.
L’avenir de l’Afrique centrale ne peut pas se construire sur ce double jeu. Nos pays méritent mieux que ces manipulations qui empoisonnent les relations entre voisins. Il est temps de comprendre que ceux qui nous poussent à nous diviser ne seront jamais les artisans de notre unité.
l’opposition dénonce la destitution ‘de facto’ de Touadéra de la présidence de la CEMAC
Centrafrique.org/baba-kongoboro-oublie-le-sport-et-les-medias-deux-heures-de-discours-deux-grands-absents/baba-kongoboro-devant-les-deputes-le-samedi-28-decembre-lors-de-son-discours/” rel=”attachment wp-att-86472″ data-wpel-link=”internal”>Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
Les leaders de l’opposition centrafricaine révèlent une crise diplomatique majeure au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Le président Faustin Archange Touadéra, censé présider l’organisation depuis mars 2023, a été écarté de ses fonctions de manière détournée, selon les révélations faites lors d’une conférence de presse du BRDC à Bangui.
“Une situation sans précédent dans l’histoire de la CEMAC s’est produite le 16 décembre dernier”, souligne maître Nicolas Tiangaye. Le président Paul Biya du Cameroun a convoqué et présidé un sommet extraordinaire à Yaoundé, alors que cette prérogative revient exclusivement au président en exercice de l’organisation.
Dans son discours sur l’état de la nation le 28 décembre, Touadéra alias Baba Kongoboro a tenté de minimiser l’incident en évoquant une “co-présidence” du sommet. “Il n’y a jamais eu de co-présidence dans l’histoire de la CEMAC. Cette formulation masque mal une destitution de fait”, analyse l’ancien Premier ministre Enock Lakoué.
Cette mise à l’écart diplomatique témoigne d’un isolement croissant de Bangui sur la scène régionale. “Depuis combien de temps n’avez-vous pas vu un chef d’État étranger en visite officielle en Centrafrique ?”, interroge Lakoué, soulignant que les rares dignitaires qui s’y aventurent “arrivent le matin et repartent à 16h”.
Le BRDC y voit les conséquences d’une diplomatie erratique. “Notre pays perd son rayonnement et sa souveraineté au profit d’un agenda de dictature”, dénonce le coordinateur Crépin Mboli-Goumba, faisant référence à la présence controversée des paramilitaires Wagner dans le pays.
Cette crise au sein de la CEMAC survient alors que la RCA traverse des difficultés avec les institutions financières internationales. Le FMI a récemment suspendu le décaissement de la troisième tranche de son programme de financement, accentuant les pressions sur le régime de Bangui.
Les hôpitaux en Centrafrique : Quand la blague d’un comédien camerounais raconte notre triste réalité
Boda-deborde-par-la-gastro-enterite/personnel-medical-en-action-a-lhopital-de-boda/” rel=”attachment wp-att-76397″ data-wpel-link=”internal”>Deux membres du personnel médical soignant des patients à l’Hôpital de Boda
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Un comédien camerounais fait rire son public en parlant des hôpitaux dans son pays. Il ne savait pas qu’il décrivait exactement, ou même moins pire, ce qui se passe chez nous en Centrafrique. “Si tu as mal aux yeux, ils trouvent que le problème est au pied”, plaisante-t-il. Mais chez nous, dans des hôpitaux en Centrafrique , le malade ne trouve même pas de médecin pour lui faire un diagnostic, aussi faux soit-il.
Du rire aux larmes dans les hôpitaux en Centrafrique
Le comédien parle du Cameroun où “on construit des hôpitaux”. Ici, on ne construit même pas des hôpitaux en Centrafrique. Les malades s’entassent dans de vieux bâtiments qui tombent en ruine. La nuit, les médecins de certains hôpitaux de la capitale opèrent même avec la lumière de leurs téléphones. Même les accouchements se font avec les lampes à pétrole. Pas d’électricité, pas de médicaments, rien.
L’histoire vraie de l’épouse du ministre de la Santé Pierre Somsé en dit long. Elle avait des problèmes cardiaques. Son mari, pourtant ministre, n’a rien pu faire pour la sauver dans les hôpitaux du pays. Il a dû organiser une évacuation d’urgence vers la Tunisie. Malheureusement, elle n’a pas survécu au voyage. Elle est morte dans l’avion. Voilà le sort même des familles des ministres.
Deux mondes parallèles
Pendant ce temps, les grands du pays se font soigner à l’étranger avec l’argent public. Tenez-vous bien : le premier vice-président de l’Assemblée nationale a reçu 17 millions de francs CFA pour aller soigner ses dents pourries en France. Les Français lui ont refusé le visa, mais l’argent ? Personne ne sait où il est passé.
À l’ENERCA (la société d’électricité), c’est encore plus fort. Le directeur général Patient Béndima part en Tunisie chercher des cliniques pour son personnel. Dès qu’un employé est malade, hop, direction la Tunisie, tous frais payés. Et le peuple dans tout ça ? Il se débrouille avec les moyens du bord dans des hôpitaux en Centrafrique.
L’argent qui s’envole
“Vous construisez des hôpitaux mais vous allez vous soigner ailleurs”, dit le comédien en riant. Chez nous, c’est pire : on ne construit même pas des hôpitaux en Centrafrique. L’argent de nos richesses – l’or, le diamant – part directement dans les poches des Wagner et des Rwandais.
Le comédien fait rire son public, mais sa blague raconte notre cauchemar quotidien en Centrafrique. Quand il dit “ce ne sont pas des hôpitaux, ce sont des mouroirs”, il ne pensait pas taper si juste. En Centrafrique, nos malades meurent dans le noir, sans soins, pendant que les dirigeants se font dorloter dans les cliniques étrangères.
Le rire qui cache les larmes
Cette comédie nous fait rire jaune. Elle nous montre, comme dans un miroir, l’absurdité de notre situation. Nos dirigeants préfèrent dépenser des millions pour soigner une dent à Paris plutôt que d’équiper nos hôpitaux.
Le comédien termine sa blague, le public rit. Mais nous, nous pleurons nos morts. Des morts qui auraient pu être évitées avec un peu d’humanité, un peu de conscience. En attendant, nos hôpitaux en Centrafrique restent ces lieux où l’on entre avec un petit problème, et d’où l’on sort souvent les pieds devant.
Le chaos règne à l’ACABEF depuis plusieurs mois. Le directeur exécutif par intérim, monsieur Guere koulet Yvon, refuse de céder sa place. Deux assemblées générales ont tourné au fiasco : la première à cause de jeunes qui ont détruit les locaux, la seconde bloquée par une décision du ministre. Les familles qui dépendent de l’association en paient le prix.
L’histoire commence avec la disparition du précédent directeur Exécutif. Pour assurer la continuité des services, l’ancien directeur administratif et financier, monsieur Guere koulet Yvon est désigné comme intérimaire. Une solution temporaire qui s’est transformée en bras de fer inquiétant pour l’avenir de l’association.
Le conseil d’administration, dans le respect des statuts de l’organisation, convoque une assemblée générale pour élire un nouveau directeur Exécutif. Une démarche normale qui prend rapidement une tournure spectaculaire. Le directeur exécutif par intérim, Guere koulet Yvon, refuse catégoriquement cette initiative, déclarant qu’il doit être automatiquement confirmé à ce poste sans passer par un vote.
Devant cette position autoritaire de monsieur Guere koulet Yvon, le conseil d’administration maintient sa décision d’organiser les élections. Une première tentative d’assemblée générale au siège de l’ACABEF dans le 8e arrondissement tourne au chaos. Des jeunes, manifestement payés par le directeur intérimaire, vandalisent les locaux et empêchent la tenue de la réunion.
Non découragé, le conseil programme une nouvelle assemblée dans la salle de conférence de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) à Lakouanga. Cette fois, c’est le ministre de l’Administration du territoire qui est entré dans la danse. Il a sorti un communiqué tout droit de son chapeau pour bloquer la réunion. Les langues se sont déliées : le directeur Exécutif intérimaire aurait des amis haut placés.
Cette crise dépasse le simple cadre d’une querelle administrative. Elle symbolise un mal profond qui ronge les institutions centrafricaines : le non-respect des procédures administratives. L’ACABEF, organisation présente dans plusieurs pays africains, voit son fonctionnement paralysé par l’autoritarisme d’un seul homme.
Les conséquences de cette situation sont graves. Les familles centrafricaines, qui comptent sur les services de l’ACABEF, se retrouvent otages de ce conflit de pouvoir. Les programmes de bien-être familial sont menacés, alors que les besoins de la population sont immenses.
Cette crise pose également la question du respect des institutions en République Centrafricaine. Comment une association peut-elle fonctionner normalement quand ses propres règles de gouvernance sont bafouées ? Quand un individu peut s’imposer par la force et la manipulation, avec apparemment le soutien tacite des autorités ?
L’avenir de l’ACABEF est aujourd’hui incertain. Si cette situation perdure, c’est non seulement la crédibilité de l’association qui est en jeu, mais aussi la confiance des partenaires internationaux. Dans un pays où chaque structure de soutien aux populations est précieuse, cette crise représente un danger réel pour le tissu social centrafricain.
Six cents millions de francs CFA. C’est le montant déboursé par le trésor public pour le dernier voyage du président Kongoboro en Chine, selon des sources proches de l’administration. En pleine période de tension budgétaire, où les fonctionnaires peinent à percevoir leurs salaires, ces dépenses pharaoniques pour les voyages présidentiels centrafricains provoque l’indignation au sein de la population centrafricaine.
Le budget des voyages présidentiels centrafricains explose
Les chiffres donnent le vertige. En moyenne, le président Touadéra passe à peine cinq jours par mois sur le territoire national. Le reste du temps, il enchaîne les déplacements internationaux avec une délégation souvent pléthorique. Pour chaque voyage dans la zone CEMAC, plusieurs millions de francs CFA sont débloqués. Les montants grimpent en flèche quand il s’agit des zones américaines, européennes ou asiatiques.
“Le président utilise une part considérable des fonds spéciaux, évalués à plusieurs milliards de francs CFA annuels, pour ses voyages présidentiels centrafricains “, explique un cadre du ministère des Finances sous couvert d’anonymat. Ces voyages incluent non seulement les frais d’alimentation, de transport et d’hébergement du président, mais aussi ceux d’une importante délégation.
Des résultats concrets difficiles à évaluer
Le gouvernement défend ces voyages présidentiels centrafricains au nom de la “diplomatie agissante”. William Ndjapou, conseiller juridique à la présidence, affirme que “ces missions ont permis la levée de l’embargo sur les armes aux Nations Unies et celle sur le diamant dans le processus de Kimberley”.
Pourtant, les retombées concrètes peinent à se matérialiser. Lors du récent forum économique en Chine, alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont décroché des financements importants, la Centrafrique est revenue les mains vides. “Aucun projet structuré n’a été présenté aux autorités chinoises”, déplore un diplomate centrafricain. “Notre délégation s’est contentée de discours et de photos protocolaires“.
L’exemple des Jeux Olympiques à Paris en France est encore plus frappant. Pour accompagner quatre athlètes, plus de trente officiels ont fait le déplacement aux frais de l’État, sans compter une dizaine des proches du ministre de la jeunesse qui sont devenus depuis des réfugiés à Paris. Une débauche de moyens qui interroge dans un pays où 71% de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Services publics à l’abandon
Pendant que les délégations présidentielles voyagent en classe affaires, les services publics centrafricains agonisent. À l’Université de Bangui, la qualité des repas servis aux étudiants s’est drastiquement dégradée. “Avant, on nous servait deux gros poissons. Aujourd’hui, nous devons nous contenter de demi-portions”, témoigne un étudiant.
Dans les hôpitaux, la pénurie de médicaments est chronique. Les écoles manquent de tout : tables-bancs, manuels scolaires, enseignants qualifiés. Les quartiers populaires comme Galabadja, Benz-vi ou Kokoro restent privés d’infrastructures de base.
“L’argent qui devrait servir à améliorer les conditions de vie des Centrafricains part en fumée dans ces voyages présidentiels centrafricains incessants”, dénonce Elysée Nguimalé, observateur de la vie politique. “C’est un choix politique qui privilégie le prestige international au détriment des besoins essentiels de la population“.
Un contrôle parlementaire défaillant
Face à cette situation, l’Assemblée nationale peine à exercer son rôle de contrôle. Aucune commission d’enquête n’a été constituée pour examiner l’utilisation des fonds alloués aux voyages présidentiels centrafricains. Les demandes d’explications des députés de l’opposition restent lettre morte.
Cette absence de transparence alimente les suspicions. “Nous n’avons aucune visibilité sur les dépenses réelles ni sur les résultats obtenus”, explique un député sous couvert d’anonymité. “Les rapports de mission, quand ils existent, sont sommaires et ne permettent pas d’évaluer l’utilité de ces déplacements“.
La pratique n’est pas nouvelle. Depuis Boganda, tous les présidents centrafricains ont disposé de fonds spéciaux pour leurs déplacements. Mais l’ampleur prise par ces voyages sous la présidence Touadéra, dans un contexte de crise économique aigüe, pose question. Entre les besoins urgents de la population et la diplomatie présidentielle, un meilleur équilibre reste à trouver.
La communauté Sant’Egidio exprime son mécontentement contre la CPCF après la fuite d’une invitation confidentielle
Centrafrique.org/les-responsables-de-la-cpcf-invites-a-une-reunion-de-la-communaute-santegidio-a-ndjamena/” data-wpel-link=”internal”>les responsables de la CPCF invités à une réunion de La communauté Sant’Egidio à Ndjamena
La communauté catholique Sant’Egidio a vivement critiqué la diffusion sur les réseaux sociaux d’une invitation confidentielle adressée aux responsables de la Coalition des Patriotes pour le Changement fondamental (CPCF). Cette invitation concernait une réunion de dialogue pour la paix prévue le 7 janvier 2025 à N’Djamena au Tchad.
Le document divulgué, daté du 3 janvier 2025 et signé par Mauro Garofolo, responsable des relations internationales de Sant’Egidio, invitait notamment Haroun Gaye, Bello Saidou Mohamadou, Amadou Bi Aliou et Mokom Bernard à une “réunion de concertation” dans la capitale tchadienne.
“Cette fuite compromet la discrétion nécessaire aux négociations de paix”, a déclaré un responsable de Sant’Egidio lors de cette rencontre. L’organisation catholique, qui œuvre pour la résolution du conflit centrafricain, a déploré ce manquement à la confidentialité.
La rencontre s’est néanmoins tenue, mais certains invités étaient absents, notamment Bello Saidou Mohamadou, remplacé par le chef d’état-major du MPC, M. Moussa. Cette absence révèle des dissensions au sein de la CPCF concernant le processus de dialogue.
En parallèle de ces tentatives de négociations, les violences persistent sur le terrain. Le 7 janvier dernier à Gambo, située à 666 km de Bangui selon les données officielles, un ancien combattant de l’UPC ayant manifesté sa volonté de déposer les armes a été exécuté par des mercenaires russes après s’être rendu à eux, et transporté dans leur véhicule pour aller à Bambari. Malheureusement, il a été abattu à seulement 3 kilomètres à la sortie de la ville par ces même mercenaires russes.
Face à la poursuite des exactions, certains membres de la CPC expriment leur scepticisme quant à la sincérité du processus de paix. Une situation qui complique davantage les efforts de médiation de la communauté Sant’Egidio.
6000 postes promis, 14 400 fonctionnaires fantômes : Le grand mirage du recrutement dans la fonction publique centrafricaine
Centrafrique.org/la-foule-des-jeunes-diplomes-candidats-a-lintegration-dans-la-fonction-publique-sous-les-manguiers-attentifs-a-lappel-de-leurs-noms-pour-la-remise/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/La-foule-des-jeunes-diplomes-candidats-a-lintegration-dans-la-fonction-publique-sous-les-manguiers-attentifs-a-lappel-de-leurs-noms-pour-la-remise-450×251.jpg” alt=”6000 postes promis, 14 400 fonctionnaires fantômes : Le grand mirage du recrutement dans la fonction publique centrafricaine” width=”450″ height=”251″ />La foule des jeunes diplomés candidats à l’intégration dans la fonction publique sous les-manguier attentifs a-l’appel de leurs noms
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Une communication surréaliste a marqué le Conseil des ministres du 2 janvier 2025. Le ministre de la Fonction publique Marcel Djimassé annonce fièrement l’intégration de 3438 jeunes diplômés sur les 6000 promis, s’inscrivant selon lui dans un total de “14 400 intégrations dans la fonction publique centrafricaine depuis 2016″. Des chiffres qui défient toute logique.
Dans les couloirs de l’administration publique centrafricaine, l’évidence saute aux yeux. La fonction publique centrafricaine compte à peine une vingtaine de milliers des agents au total. Un rapide calcul fait voler en éclats la fable des 14 400 nouveaux postes. Ces fonctionnaires, personne ne les a jamais croisés, personne ne les a jamais vus dans la fonction publique centrafricaine.
Les jeunes diplômés, eux, attendent toujours. Sur les 6000 postes brandis comme un étendard pour 2024, seuls 3438 auraient abouti. Un chiffre qui tombe à point nommé, à quelques mois des échéances électorales de 2025. Une carotte tendue aux électeurs ?
À moins que… Le gouvernement ne confonde sciemment ses chiffres avec ceux de l’armée ? Car là où les fonctionnaires restent introuvables, les effectifs militaires, eux, ont grimpé de 6000 à 22 000 hommes depuis 2016. Ces 14 000 nouveaux soldats seraient-ils devenus, dans un tour de passe-passe statistique, les “fonctionnaires de la fonction publique centrafricaine ” tant vantés ?
Le ballet des chiffres cache mal une réalité plus crue. Derrière les effets d’annonce et les promesses spectaculaire, l’administration peine à rajeunir ses rangs. Le Président parle d’éthique, de besoins réels, de renouveau. Mais ses paroles se perdent dans le labyrinthe des statistiques truquées.
Les familles centrafricaines ne sont pas dupes. Chacune connaît un fils, une fille, un proche, diplôme en main, qui frappe encore aux portes closes de la fonction publique centrafricaine. Pour eux, les 14 400 recrutements ressemblent à un conte de fées qui a mal tourné. Un conte qui pourrait bien se transformer en cauchemar électoral.
65% de performance gouvernementale : Le grand bluff des chiffres face à la misère quotidienne des centrafricains….
Minusca-au-pk17-rouge-de-boali/” rel=”attachment wp-att-62814″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Les-Banguissois-qui-se-cherchent-pour-survivre-sur-la-dechetterie-de-la-MINUSCA-au-pk17-rouge-de-Boali-380×450.jpg” alt=”65% de performance gouvernementale : Le grand bluff des chiffres face à la misère quotidienne des centrafricains….” width=”380″ height=”450″ />Les Banguissois qui se cherchent pour survivre sur la dechetterie de la-MINUSC au PK26 de Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
En cette première semaine de 2025, le gouvernement centrafricain s’auto-congratule. À travers son ministre du Secrétariat général du gouvernement, Ernest Mada, brandit fièrement un taux de “performance globale” de 65% pour l’année 2024. Un chiffre sorti d’un chapeau qui fait grincer des dents dans un pays où les centrafricains survivent toujours avec moins d’un dollar par jour.
Dans les rues de Bangui, où les ordures s’entassent malgré les opérations “Kwa ti kodro “, ce chiffre résonne comme une gifle. À Bambari, où les patients du district sanitaire luttent contre la variole du singe sans médicaments, ces 65% sonnent comme une insulte envers les centrafricains. À Bouar, où les enseignants attendent toujours leur maigre prime de craie, cette statistique a un goût amer pour les enseignants centrafricains
Le rapport présenté en Conseil des ministres parle de “facteurs exogènes” pour justifier les 35% d’échecs. Mais dans les quartiers populaires, les facteurs sont bien “endogènes” : pas d’eau potable, pas d’électricité régulière malgré les promesses du champ solaire de Danzi, des routes défoncées, des hôpitaux sans équipements.
Les chiffres dansent dans les documents officiels comme des sorciers : 65% de réussite ici, 14 400 fonctionnaires recrutés là, 22 000 militaires ailleurs. Une valse des statistiques qui masque mal la réalité d’un pays où chaque matin, des milliers de jeunes se réveillent sans espoir d’emploi.
Le gouvernement parle d’un “outil intégré” et d’un “modèle dynamique” pour évaluer son action. Mais quelle évaluation pour les mères qui ne peuvent pas soigner leurs enfants ? Quel pourcentage de performance pour les étudiants qui étudient dans des salles des classes vétustes et surchargées ? Quelle statistique pour mesurer la faim ?
Cette “performance” de 65% arrive, comme par hasard, à quelques mois des élections de 2025. Une tentative désespérée de maquiller un bilan où les seuls chiffres qui augmentent vraiment sont ceux de la souffrance quotidienne des Centrafricains.
Un violent incendie a détruit de nombreuses boutiques dans le quartier PK5 de Bangui le 10 janvier 2025. Le sinistre s’est déclaré aux environs de 16 heures dans le secteur de Sagbado, après qu’un feu destiné à brûler des ordures s’est propagé aux commerces environnants.
Les sapeurs-pompiers de la Minusca, alertés par la population, sont intervenus pour maîtriser les flammes. Malgré leur intervention, des fumées persistaient plusieurs heures après l’extinction du feu principal.
Le bilan matériel s’avère particulièrement lourd pour les boutiques incendiées au PK5. Les pertes sont estimées à plusieurs centaines de millions de francs CFA, pouvant atteindre près d’un milliard en incluant l’ensemble des dégâts collatéraux.
Cet incident survient en pleine saison sèche, période propice aux départs de feu. La moindre étincelle, attisée par le vent, peut enflammer rapidement les herbes sèches et les papiers au sol. Une situation qui se répète régulièrement dans la capitale comme dans les villes de province.
Ce nouvel incendie au PK5 remet en cause les pratiques de brûlage des déchets en zone urbaine, particulièrement dangereuses durant cette période de l’année.
La mise en terre du député Bendounga s’est déroulée dimanche 5 janvier dans une atmosphère de recueillement et de dignité à Bangui. Respectant les dernières volontés du défunt, sa famille a procédé à une inhumation simple, sans passage à la morgue, en présence de quelques figures de l’opposition.
Dans un linceul, à l’image des rites traditionnels, le corps de celui qui refusait le titre d’“Honorable” a été inhumé en présence notamment de Martin Ziguélé, Samson Ngaïbona,Enock Derand Lakoué. “La famille a accéléré la cérémonie, fidèle aux instructions du défunt”, précise l’ancien Premier ministre Lakoué, venu en tenue de deuil.
“Lors de notre dernière visite à son chevet à l’hôpital de l’Amitié le 27 décembre 2024, malgré sa maladie, député Bendounga n’a cessé d’évoquer le sort du peuple centrafricain”, révèle Samson Ngaïbona, le leader du PCUD. Son dernier message aux leaders de l’opposition : “Libérez le peuple centrafricain, le peuple centrafricain souffre“.
La population de Bimbo 3, sa circonscription, a tenu à marquer son attachement au député Bendounga disparu. “Les habitants ont fermement maintenu leur position face aux autorités venues sur place, respectant ainsi la volonté de leur élu”, souligne le coordonnateur du BRDC, Crépin Mboli-Goumba.
Figure marquante de la lutte démocratique depuis les années 1990, le député Bendounga laisse le souvenir d’un homme proche du peuple. “Par humilité, il refusait qu’on l’appelle Honorable, considérant que seul le peuple méritait ce titre”, rappelle maître Nicolas Tiangaye.
Le BRDC dénonce le “traitement discriminatoire” dont le député Bendounga aurait fait l’objet de son vivant, notamment en matière de prise en charge médicale. “Durant sa maladie, la majorité des députés l’ont abandonné. Seule l’opposition lui rendait visite”, déplore le président du PCUD.
FLASH INFO : Un soldat des FACA tue son supérieur pour un partage d’argent à Gobolo….
Centrafrique.org/Centrafrique-4-soldats-faca-tues-dans-une-embuscade-des-rebelles-de-la-cpc-vers-markounda/les-soldats-faca-en-detachement-a-kabo-une-sous-prefecture-de-louham-fafa/” rel=”attachment wp-att-65770″ data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA en détachement à Kabo une sous-préfecture de l’Ouham – Fafa
Un drame s’est déroulé samedi 11 janvier 2025 dans le village de Gobolo , située à 35 kilomètres de la sous-préfecture d’Abba, à 560 kilomètres de Bangui. Un militaire des Forces armées centrafricaines (FACA) a abattu son chef de section lors d’un différend sur le partage des revenus d’une exploitation aurifère.
Les faits se sont produits en fin d’après-midi du samedi 11 janvier 2025 sur un site minier artisanal géré par une coopérative nationale. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, un accord avait été établi entre la propriétaire de la coopérative et les militaires en poste : ces derniers étaient autorisés à commercialiser les graviers extraits du site, avec un partage des bénéfices prévu en fin de journée.
“La propriétaire avait donné son accord pour que les militaires vendent les graviers plutôt que de les jeter. L’argent devait être distribué équitablement entre les soldats sous la supervision du chef de section”, explique une source militaire présente lors des événements.
Le drame s’est noué lorsqu’un des soldats, possiblement sous l’emprise de substances illicites selon certains témoins, a exigé sa part immédiatement auprès du chef de section. Malgré l’assurance de ce dernier qu’une distribution équitable serait organisée plus tard, le militaire a sorti son arme et a tiré sur son supérieur sans même explication, sans hésitation.
Dans la confusion qui a suivi, les autres militaires présents ont précipitamment quitté les lieux dans un désordre total. Le meurtrier en a profité pour fouiller le corps de sa victime, s’emparant de son arme de service, de ses munitions, de son chargeur et de l’argent en sa possession. Il a ensuite forcé un motocycliste qui passait à lui céder son engin avant de prendre la fuite.
Le corps du chef de section a été transporté à Bouar, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Mambéré, situé à 452 kilomètres de Bangui. Il sera ensuite transféré vers la capitale.
Cet événement tragique intervient dans un contexte de questionnements sur la formation et la discipline au sein des FACA. Des observateurs notent une détérioration du respect de la hiérarchie et des codes militaires traditionnels : “On observe des comportements inappropriés, comme le non-respect du salut militaire ou une tenue négligée”, souligne un ancien officier qui souhaite garder l’anonymat.
La gendarmerie d’Abba a ouvert une enquête pour retrouver le fugitif. Le parquet militaire devrait se saisir du dossier prochainement, tandis que le ministère de la Défense, dirigé par Claude Rameaux Bireau, n’a pas encore communiqué officiellement sur cette affaire.
Ce drame pose également des questions sur la sécurisation des sites miniers artisanaux dans la région et sur les pratiques de rémunération parallèle des forces de sécurité.
Des hauts fonctionnaires des Finances suspendus par le ministre Hervé Ndoba pour détournement de fonds
Centrafrique.org/RCA-le-projet-de-loi-des-finances-2022-a-ete-adopte-par-lassemble-nationale/le-ministre-des-finance-herve-doba/” rel=”attachment wp-att-52615″ data-wpel-link=”internal”>Le-ministre-des-finance-Herve-Doba – RCA : Le projet de loi des finances 2022 a été adopté par l’assemblé nationale
Le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, vient de prendre des sanctions sévères contre deux cadres de son administration. Par décisions du 6 janvier 2025, il a suspendu pour trois mois Alain Bandatia, chef de service des recettes douanières de Bouar , et Jean-Claude Keba Koli Makkoman, inspecteur des impôts et chef du centre préfectoral des impôts de l’Ombella-M’Poko.
Les deux fonctionnaires sont accusés par le ministre Hervé Ndoba de “mauvaise manière de servir ayant entraîné la dissimulation des fonds publics”. Durant leur suspension, ils ne pourront prétendre qu’aux allocations familiales.
Ces sanctions administratives s’accompagnent d’une traduction devant le conseil de discipline, sans préjudice de possibles poursuites judiciaires ultérieures.
Cette décision intervient suite à un rapport de la mission de contrôle des gestions sur pièces des postes comptables. Elle s’inscrit dans un contexte de renforcement du contrôle des finances publiques, alors que le gouvernement centrafricain tente soi-disant d’assainir sa gestion budgétaire.
Le ministre des Finances doit rendre des comptes réguliers sur la gestion des deniers publics devant l’Assemblée nationale, conformément à la nouvelle Constitution fabriquée par Touadera et promulguée le 30 août 2023. Celle-ci renforce sur les papiers seulement les exigences de transparence dans la gestion des ressources de l’État.
Notons que ces deux suspensions ne représentent qu’une infime partie des irrégularités au sein du ministère des Finances. D’après plusieurs sources internes, les pratiques de détournement et de mauvaise gestion sont largement répandues, particulièrement dans les services douaniers. Si les contrôles se poursuivent avec la même rigueur, de nombreux autres fonctionnaires pourraient être concernés par des sanctions similaires dans les mois à venir.
“Si on appliquait strictement les règles, c’est la quasi-totalité des agents des douanes et une grande partie des services fiscaux qui devraient être suspendus”, confie sous couvert d’anonymat un haut cadre du ministère. Ces premières sanctions pourraient donc marquer le début d’une vaste opération d’assainissement des finances publiques centrafricaines, si la volonté existe.
Tentative d’enlèvement d’une fillette de 10 ans à Bayanga
Centrafrique.org/batiment-de-la-sous-prefecture-de-bayanga-dans-la-sangha-mbaere/” data-wpel-link=”internal”>Bâtiment de la sous-préfecture de Bayanga, Sangha-Mbaéré, République centrafricaine. CopyrightCNC
Une tentative d’enlèvement d’une fillette de 10 ans a échoué dimanche dernier dans le quartier Sabissé de Bayanga, une ville située à 720 km de Bangui dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, à l’ouest de la République centrafricaine.
Les faits se sont déroulés dimanche dernier vers 20 heures devant le domicile familial, alors que la jeune Ténissia Senwara s’apprêtait à rentrer après le dîner. “J’ai amené le bébé à l’intérieur pour le faire coucher tandis que ma fille ramassait des affaires dehors. J’ai entendu sa conversation avec des inconnus postés sous les palmiers devant ma maison. Ils lui demandaient de s’approcher prétextant chercher une adresse”, témoigne sa mère, Clotilde Nakwé.
Alertée par ces voix suspectes, cette dernière est immédiatement sortie, provoquant la fuite des individus. Les voisins et la police, prévenus dans la foulée, ont effectué des recherches dans le secteur sans parvenir à retrouver les suspects.
Selon une source policière jointe par la rédaction du CNC, une enquête est en cours pour identifier et retrouver les auteurs de cette tentative d’enlèvement qui provoque l’inquiétude dans ce quartier résidentiel de Bayanga.
Cette affaire rappelle la nécessité de renforcer la vigilance et la sécurité autour des enfants dans cette ville frontalière de Bayanga, notamment en soirée.
L’opposition centrafricaine pleure Joseph Bendounga, le “lion” de la démocratie
Centrafrique.org/Centrafrique-le-lancement-du-ddrr-en-desaccord-avec-les-groupes-armes-a-Paoua-est-un-fiasco-selon-joseph-bendounga/joseph-bendounga-3/” rel=”attachment wp-att-25376″ data-wpel-link=”internal”>Joseph Bendounga, le lion de la démocratie
Le directoire politique de la Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS.) a rendu un hommage posthume à Joseph Bendounga, décédé le 5 janvier 2025. “L’opposition démocratique centrafricaine est orpheline. La voix des sans-voix s’est éteinte”, déclare le document signé du président du CRPS, maître Nicola Tiangaye.
“Bendounga, l’opposant historique était de tous les combats : combat pour la dignité, combat pour la liberté, combat pour le triomphe de l’ange sur la bête, de la lumière sur l’ombre”, rappelle l’hommage, évoquant son engagement depuis 1990 au sein du Comité de Coordination pour la Convocation de la Conférence Nationale (4CN) puis à travers son parti, le Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Évolution de Centrafrique (MDREC).
Le texte évoque notamment son affrontement avec le président André Kolingba en 1992, lorsque Bendounga lui adressa une lettre rappelant que “la politique est un art, une science, chose qui ne saurait être à la portée du commun des tirailleurs”. Condamné le 20 mai 1992 à six mois d’emprisonnement, il fut libéré le 30 septembre après l’annulation du jugement par la Cour d’appel de Bangui.
“Homme de courage“, il n’a jamais baissé la garde, utilisant “tous les moyens que commandent le devoir et l’honneur“. Citant le philosophe Charles Zacharie Bowao, l’hommage salue en lui un patriote qui a refusé “la subversion ou la radicalité éthique” et “de justifier l’injustifiable”.
Lors de sa dernière intervention publique, le 27 décembre 2024, recevant une délégation du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC)
, il exhorta une dernière fois ses compagnons : “Vous devez continuer à vous battre pour sortir notre pays de cette situation”.
“Il nous quitte sans doute avec amertume”, note le CRPS ., évoquant un pays “miné par la dictature, les violations massives des droits humains, la mauvaise gouvernance, la prévarication et le bradage des ressources naturelles nationales à des étrangers au détriment des populations de plus en plus appauvries et martyrisées”.
Reprenant les mots de Léopold Sédar Senghor sur Félix Eboué, l’hommage conclut : “Joseph Bendounga était notre lion… le lion qui est debout et qui dit non, le lion noir aux yeux de voyance, le lion noir à la crinière d’honneur”.
Les forces de sécurité de Bria formées aux droits humains par la Minusca
Centrafrique.org/egorgement-de-deux-civils-par-les-soldats-faca-lune-des-victimes-vient-detre-identifiee-par-cnc-sa-famille-exprime-son-indignation11/un-homme-capture-par-les-mercenaires-russes-dans-le-village-aigbado-au-nord-est-de-dbria/” rel=”attachment wp-att-54330″ data-wpel-link=”internal”>L’un de deux civils capturé par les soldats FACA dans la Nana-Mambéré, et exécuté quelques minutes plus tard, en 2022.
La Division des droits de l’homme de la MINUSCA a organisé cette semaine à Bria un atelier de formation de quatre jours sur le respect des droits humains et les principes d’arrestation destiné aux forces de défense et de sécurité. La formation s’est déroulée dans la salle de conférence de la préfecture de la Haute-Kotto, située à 595 kilomètres de Bangui.
Cinquante-deux membres des Forces de sécurité intérieure (FSI) ont participé à cette session axée sur plusieurs thématiques : éthique policière, conditions de détention, droits internationaux humanitaires et protection des populations. “L’objectif est d’améliorer leurs pratiques professionnelles quotidiennes”, explique Abraham Ehson, coordinateur des droits de l’homme de la MINUSCA.
Pour Donation Bougali Rama, président du tribunal de grande instance de Bria, cette formation vise à restaurer la confiance entre forces de l’ordre et population : “Les citoyens qui avaient perdu confiance envers les policiers pourront désormais compter sur une justice légale plutôt que de recourir à la justice populaire“.
“Le pays évolue. Il est temps que nous, porteurs d’uniforme, changions nos comportements dans nos activités en respectant les droits humains”, déclare Firmé Kizito Ndine, commissaire de police de Bria. “Notre but est de renforcer la confiance avec la population pour qu’elle n’hésite pas à nous solliciter en cas de besoin“.
Les formateurs ont insisté sur les devoirs et limites des FSI dans leurs zones d’opération, avec un accent particulier sur la protection des civils. La MINUSCA compte sur cette formation pour améliorer les relations entre forces de sécurité et habitants de Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto.