Bossangoa : Les enseignants contractuels appelés à regagner leurs postes
Centrafrique.org/le-chaos-de-lecole-centrafricaine-84-des-jeunes-prives-deducation-secondaire-selon-la-banque-mondiale/les-enfants-dans-la-cour-de-lecole-birlo-un-secteur-scolaire-de-boali/” rel=”attachment wp-att-85811″ data-wpel-link=”internal”>Les enfants dans la cour de l’école Birlo CopyrightCNC
Les élèves du fondamental 1 de Bossangoa, située à 305 kilomètres de Bangui, peinent à reprendre les cours après les congés du premier trimestre. En cause, l’absence des enseignants contractuels partis dans la capitale pour la signature de leurs contrats.
Désiré Karende, inspecteur d’académie de l’Ouham, demande à ces enseignants de revenir à leurs postes. “La signature des contrats se fera dans les inspections académiques. Les enseignants doivent regagner Bossangoa cette semaine pour éviter d’accumuler du retard”, précise-t-il.
L’inspecteur explique avoir découvert la situation lors d’une formation mi-décembre : “Un communiqué diffusé à Bangui demandait aux enseignants contractuels de déposer leurs dossiers dans la capitale. Je me suis rendu sur place le 21 décembre pour vérifier ces informations“.
Selon lui, bien que de nombreux enseignants aient déjà déposé personnellement leurs dossiers à Bangui, des missions seront déployées depuis la capitale pour superviser la signature des contrats dans les provinces comme la ville de Bossangoa. “Je n’ai reçu que six dossiers à transmettre à l’inspection générale de l’éducation nationale“, indique Désiré Karende.
La préfecture de l’Ouham, dont Bossangoa est le chef-lieu, attend désormais le retour de ses enseignants contractuels pour assurer la continuité pédagogique dans les établissements scolaires de la région.
La face cachée du sourire diplomatique : Wagner prépare une tempête au Tchad
Centrafrique.org/dangereux-incident-entre-le-tchad-et-la-Centrafrique-deux-soldats-faca-et-3-civils-arretes/des-militaires-tchadiens/” rel=”attachment wp-att-61729″ data-wpel-link=”internal”>des militaires tchadiens – en patrouille
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
N’Djamena et Bangui se serrent la main en public. Même la visite du Président tchadien Mahamat Idriss Déby à Bangui avait été avortée de justesse. Les médias officiels à Bangui ne tarissent pas d’éloges sur cette nouvelle amitié. Un tableau idyllique, n’est-ce pas ? Mais dans l’ombre des montagnes de Sam-Ouandja, dans la Vakaga, une tout autre histoire s’écrit. Plus d’un millier des rebelles tchadiens s’entraînent jour et nuit. Leurs instructeurs ? Les Mercenaires russes de Wagner.
“La paix entre nos deux nations est historique”, clament les voix officielles à Bangui. Pendant ce temps là, dans les camps d’entraînement des Wagner, le bruit des armes raconte une autre histoire. Une histoire qui a commencé modestement – 500 hommes par-ci, 700 par-là – pour gonfler comme un orage qui s’amoncelle. Aujourd’hui, ils sont près de 2000 à attendre leur heure.
Les sourires diplomatiques ont parfois un goût amer. L’année dernière déjà, en 2022 – 2023, à Paoua, dans la préfecture de Lim-Pendé, le même scénario s’était joué. Le Tchad, excédé par la présence des jeunes rebelles tchadiens formés par Wagner à ses portes, avait franchi la frontière. La terre centrafricaine avait tremblé sous les pas des soldats tchadiens. Les chefs rebelles capturés ce jour-là ? Bangui les avait gentiment “raccompagnés” chez eux, avec les compliments de la maison.
Mais Wagner n’apprend pas de ses erreurs. Ou plutôt, ne veut pas en apprendre. C’est comme un enfant têtu qui recommence la même bêtise, mais cette fois-ci en plus grand, en plus dangereux. À Sam-Ouandja, les mercenaires russes jouent avec le feu. Un feu qui pourrait bien consumer toute la région.
“Nous n’avons pas besoin de troquer un maître contre un autre”, avait déclaré les autorités tchadiennes. Une phrase qui résonne comme un avertissement. Le Tchad n’est pas un pays qu’on manipule facilement. Son armée ? Une des plus respectées d’Afrique. Ses soldats ? Des guerriers aguerris qui ont prouvé leur valeur sur tous les terrains.
Wagner rêve peut-être de planter son drapeau à N’Djamena. Mais la Russie n’a que des armes à offrir. Pas de projets de développement, pas d’investissements dans les écoles ou les hôpitaux. Juste de la poudre et du plomb. Est-ce vraiment ce dont l’Afrique a besoin ?
Dans les rues de Bangui, certains rient jaune. “On nous parle d’amitié avec le Tchad pendant qu’on aiguise les couteaux”, murmure-t-on. Les vieux sages du quartier secouent la tête : “Quand tu creuses la tombe de ton voisin, n’oublie pas d’en creuser deux”. Et c’est vrai. Baba Kongoboro ne le sait pas encore.
Le plus triste dans cette histoire ? Pendant que les grands jouent à leur jeu d’échecs mortel, les populations des deux pays continuent de souffrir. Les familles de part et d’autre de la frontière partagent le même rêve : vivre en paix, voir leurs enfants grandir sans le bruit des bottes.
L’histoire nous apprend que les empires bâtis sur la duplicité finissent toujours par s’écrouler. Wagner devrait peut-être relire ses classiques. En attendant, le vent qui souffle sur Sam-Ouandja porte les graines d’une tempête qui pourrait bien tout emporter sur son passage. À moins que la sagesse ne l’emporte enfin sur les jeux de pouvoir.
Les frontières entre le Tchad et la Centrafrique ont vu passer bien des orages. Celui qui se prépare pourrait être le plus violent de tous. Mais comme disent les anciens : “Même la nuit la plus sombre finit par laisser place à l’aube“.
la colère monte dans la prison de Bangui après l’application de la grâce présidentielle
Dans une cellule de la prison à Bangui, capitale de la Centrafrique
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
La mise en application du décret présidentiel n°24.326 du 31 décembre 2024 sur la remise de peine provoque depuis quelques jours une vague de contestation dans les prison de Bangui. Le mécontentement explose particulièrement dans les prisons de Ngaragba et du Camp de Roux, où les détenus dénoncent une application jugée discriminatoire de la mesure présidentielle.
Dans la prison de Bangui , notamment à Ngaragba, située dans le 7e arrondissement de Bangui, le constat est frappant : sur environ 400 détenus libérés, la quasi-totalité sont des militaires condamnés pour des actes de banditisme. Une situation qui contraste fortement avec celle du Camp de Roux, où seules six personnes ont bénéficié de cette grâce présidentielle : quatre commerçants du quartier PK5 et deux éléments de la garde présidentielle récemment condamnés.
Le cas des quatre commerçants du PK5 démontre particulièrement les zones d’ombre de cette remise de peine. Ces derniers, arrêtés au quartier KM5, dont une importante somme d’argent avait été volée dans leur domicile par les forces de l’ordre au moment de perquisition, avaient été condamnés à un an de prison et à une amende de 5 millions. Leur libération est conditionnée au paiement de cette amende.
“Des familles entières sont venues attendre leurs proches devant les portes de prison de Bangui . On leur a expliqué que les condamnés par la session criminelle n’étaient pas concernés. Pourtant, plusieurs détenus libérés avaient été jugés par cette même instance”, révèle une source proche de la prison de Bangui sous couvert d’anonymat.
La situation est particulièrement tendue au Camp de Roux, l’une de prison de Bangui , où de nombreux détenus, certains incarcérés depuis 7 à 8 ans sans jugement, n’ont pas vu leur situation évoluer. D’autres, condamnés depuis une décennie, n’ont même pas obtenu de réduction de peine malgré les dispositions du décret présidentiel.
“Comment comprendre qu’un décret de grâce présidentielle ne concerne que certains détenus alors que d’autres, qui ont purgé la majorité de leur peine ou qui attendent leur jugement depuis des années, restent en cellule ?”, s’interroge un avocat proche du dossier.
Le manque de transparence dans l’application du décret et l’absence d’explications claires aux familles et aux détenus de la prison de Bangui alimentent une colère grandissante. Des gardiens signalent un risque croissant de mutinerie dans ces établissements déjà marqués par une surpopulation chronique.
Pour rappel, le décret signé par le président Touadéra, alias Baba Kongoboro, prévoyait un système graduel de réduction des peines : les condamnations de 10 ans devaient être ramenées à 5 ans, celles comprises entre 5 et 10 ans réduites à 2 ans, et les peines de 3 à 5 ans ramenées à un an. Les personnes condamnées à moins de 3 ans devaient être libérées.
Cette mesure, initialement présentée comme une solution à la surpopulation carcérale chronique dans de prison de Bangui , semble avoir généré plus de questions que de réponses. Les conditions de détention, régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains et les Nations Unies, risquent de s’aggraver davantage avec cette montée des tensions.
Les autorités pénitentiaires et le ministère de la Justice, sollicités par notre rédaction, n’ont pas souhaité commenter la situation, laissant planer le doute sur les critères réels d’application de cette grâce présidentielle.
Les mercenaires Wagner exécutent un rebelle de l’UPC désarmé près de Gambo
Centrafrique.org/chaos-a-zemio-lequipe-dune-ong-internationale-victime-dun-braquage-spectaculaire/upc-rebelles/” rel=”attachment wp-att-68394″ data-wpel-link=”internal”>Les rebelles de l’UPC, membree de la CPC-F
Un élément de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) a été exécuté ce mercredi 8 janvier 2025 par des mercenaires russes du groupe Wagner, alors qu’il tentait de se rendre pacifiquement près de Gambo, à 666 km de Bangui.
Les faits se sont déroulés sur l’axe Obo-Gambo. Un combattant affilié à l’ex-général de l’UPC, monsieur Guénderou , ancien chef rebelle de l’UPC dans le Haut-Mbomou, aujourd’hui rallié au gouvernement, est sorti désarmé à la rencontre d’une patrouille des Wagner revenant d’Obo pour se rendre à Bambari . Les mercenaires l’ont fait monter dans leur véhicule avant de l’exécuter trois kilomètres après Dimbi et d’abandonner son corps.
Le corps de la victime a été découvert dans la soirée par des fidèles d’une église locale : les “Flambeaux et les Lumière” qui revenaient à pied d’une rencontre religieuse. Ils ont immédiatement alerté les autorités locales. La mairie de Gambo a ensuite dépêché une équipe de la Croix-Rouge pour récupérer la dépouille, vêtue d’un simple pull.
Cette exécution extrajudiciaire révèle les risques encourus par les rebelles souhaitant déposer les armes. “Les combattants qui veulent se rendre ont plus de chances de survie en passant par la Minusca plutôt que par les Wagner ou les FACA”, confie une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.
Le général Guinderou, qui collabore désormais avec le ministère de l’Élevage centrafricain dirigé par Hassan Bouba, voit ses anciens éléments pris pour cible alors même qu’ils tentent de se rallier au processus de paix.
Cet incident risque de compromettre davantage le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des groupes armés, pourtant essentiel à la stabilisation du pays comme le souligne régulièrement le président Faustin Archange Touadera, alias Baba Kongoboro.
Boda : deux soldats FACA tués dans une noyade lors d’une traversée en pirogue
Centrafrique.org/Centrafrique-4-soldats-faca-tues-dans-une-embuscade-des-rebelles-de-la-cpc-vers-markounda/les-soldats-faca-en-detachement-a-kabo-une-sous-prefecture-de-louham-fafa/” rel=”attachment wp-att-65770″ data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA en détachement à Kabo une sous-préfecture de l’Ouham – Fafa
Deux soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) ont péri par noyade le mardi 7 janvier à Boda, ville située à 192 kilomètres à l’ouest de Bangui. Le drame s’est produit lors de la traversée d’une rivière en pirogue, alors qu’ils escortaient un exploitant minier chinois.
Selon plusieurs témoins, l’embarcation transportant les trois hommes a chaviré pendant la traversée. Si l’exploitant chinois a pu être secouru rapidement, le corps d’un des militaires a été retrouvé sans vie peu après l’incident. Les recherches se poursuivent pour localiser le second soldat, toujours porté disparu.
Les deux militaires étaient affectés à la sécurité de l’opérateur minier chinois dans cette zone aurifère de la préfecture de la Lobaye. Les circonstances exactes ayant conduit au chavirement de la pirogue restent à déterminer.
Dans cette région où les croyances traditionnelles demeurent vivaces, l’événement suscite diverses interprétations parmi la population locale. Les autorités militaires n’ont pas encore communiqué officiellement sur cet incident.
Boda, surnommée “Boda la belle”, est un important centre d’exploitation minière artisanale en République centrafricaine. La ville abrite de nombreux sites d’extraction d’or et de diamant où opèrent des exploitants nationaux et étrangers, y compris les Mercenaires russes du groupe Wagner.
Un décret présidentiel signé le 7 janvier 2025 met fin aux fonctions de l’Inspecteur Général de 1er Grade Bienvenu Paterne NGUIMALE, qui occupait depuis plusieurs années le poste stratégique de Directeur Général Adjoint de la Police chargé de l’Émigration-Immigration.
Cette éviction de l’inspecteur Bienvenu Paterne NGUIMALE intervient dans un contexte de tensions prononcées au sein de la Police Nationale centrafricaine. Selon plusieurs sources internes interrogée par la rédaction du CNC, des désaccords profonds opposaient M. NGUIMALE au Directeur Général de la Police, le Général Bienvenu Zokoué, aboutissant à un bras de fer qui s’est soldé par son limogeage.
D’après des documents internes consultés par la rédaction du CNC, plusieurs hauts gradés, dont M. Bienvenu Paterne NGUIMALE lui-même, avaient récemment adressé une note au Président de la République dénonçant ce qu’ils qualifient “d’incurie permanente” dans la gestion de la Police Nationale.
Le service de l’Émigration-Immigration, que dirigeait M. Bienvenu Paterne NGUIMALE, fait l’objet d’accusations concernant l’existence de réseaux parallèles de la mafia qui se seraient développés au fil des années au sein de l’immigration. Cette situation, couplée à ses confrontations directes avec sa hiérarchie, aurait précipité son éviction.
Cette décision s’inscrit dans une série de remaniements au sein des forces de sécurité centrafricaines, alors que l’institution policière traverse une période de turbulences marquée par des accusations mutuelles entre sa hiérarchie et certains de ses hauts gradés.
Le décret ne précise pas qui remplacera M. Bienvenu Paterne NGUIMALE à ce poste stratégique.
Markounda : décès mystérieux d’un policier dans son sommeil
Centrafrique.org/Centrafrique-le-cancer-de-la-corruption-au-sein-de-la-direction-de-limmigration-et-de-lemigration/le-general-de-la-police-centrafricaine-bienvenu-zokoue-dg-de-la-police-nationale/” rel=”attachment wp-att-65183″ data-wpel-link=”internal”>Le général de la police, Bienvenu Zokoué, directeur général de la police nationale ol
Un agent de la Police nationale centrafricaine a été retrouvé sans vie dans son domicile à Markounda, ville située à 457 kilomètres au nord de Bangui, dans la préfecture de l’Ouham. Le décès est survenu il y a trois jours dans des circonstances encore indéterminées.
D’après les témoignages de ses collègues, le policier, en poste à Montjombo, avait vaqué normalement à ses occupations quotidiennes, y compris une douche en fin de journée, avant de se coucher. C’est dans son sommeil que le drame s’est produit.
Le corps sans vie de l’agent a été découvert par ses collègues dans son logement. Aucun signe de violence, de suicide ou de prise de médicaments n’a été relevé sur place.
Cette affaire à Markounda dévoile au grand jour les graves carences du système sanitaire centrafricain. L’absence totale d’infrastructures médico-légales dans le pays rend impossible toute investigation post-mortem approfondie. Le système de santé, comparable à celui des années 1950, ne dispose d’aucun moyen pour réaliser des autopsies ou des analyses toxicologiques, y compris dans la capitale Bangui.
Les autorités de Markounda n’ont pas communiqué sur ce décès qui soulève des interrogations au sein de la communauté policière de Markounda. En l’absence d’expertise médicale, les circonstances exactes de cette mort, comme tant d’autres dans le pays, resteront probablement inexpliquées.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/campagne-de-la-lutte-contre-la-corruption-de-la-haute-autorites-de-la-bonne-gouvernance-450×203.jpg” alt=”La Nana-Mambéré, un paradis pour les corrompus” width=”450″ height=”203″ />campagne de la lutte contre la corruption de la haute autorités de la bonne gouvernance
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
Des liasses de billets glissées sous la table aux barrières routières, des enveloppes qui circulent pour obtenir un poste, des marchandises qui passent sans contrôle à la douane. Dans la Nana-Mambéré, la corruption fait désormais partie du quotidien. La société civile tire la sonnette d’alarme face à l’inaction des autorités, alors que la préfecture s’enfonce dans un système où seul l’argent ouvre les portes.
L’argent est roi dans la Nana-Mambéré
“Si vous voulez un service ici dans La Nana-Mambéré, sortez d’abord l’argent”, raconte Jules Bertin Bidama, le visage marqué par la lassitude. Coordonnateur de la société civile de La Nana-Mambéré, il observe depuis des années ce phénomène gangrener tous les secteurs d’activité. À chaque barrage routier, les transporteurs doivent payer des “frais” non officiels. À la douane, les marchandises transitent moyennant des arrangements discrets. Dans l’administration, les postes se monnaient au plus offrant.
“Même pour un simple recrutement, il faut donner de l’argent”, détaille M. Bidama. “Les candidats qualifiés mais sans moyens restent sur le carreau, pendant que d’autres achètent leur place“. Cette pratique touche tous les niveaux, des petits emplois aux postes à responsabilité. Un système qui sape la méritocratie et décourage les jeunes diplômés.
Les autorités ferment les yeux
Plus spectaculaire dans cette histoire, ce système prospère dans l’indifférence totale des autorités. Dans toute la préfecture de La Nana-Mambéré, aucun bureau n’est dédié à la lutte contre la corruption. Aucun mécanisme de contrôle n’existe. “Il n’y a pas de structure de bonne gouvernance ici dans La Nana-Mambéré “, confirme M. Bidama. “Nous, les organisations de la société civile, sommes les seuls à dénoncer ces pratiques“.
Les rares tentatives de signalement se heurtent à un mur de silence. Les dossiers disparaissent mystérieusement, les plaintes restent sans suite. “Certains fonctionnaires impliqués sont protégés en haut lieu”, murmure un commerçant qui préfère rester anonyme. “Essayez de les dénoncer, et vous aurez des problèmes“.
Une préfecture prise en otage
Cette corruption généralisée étouffe l’activité économique de La Nana-Mambéré. Les commerçants honnêtes, écrasés par la concurrence déloyale de ceux qui fraudent, peinent à survivre. Les taxes illégales aux barrages routiers augmentent les prix du transport. Les investisseurs potentiels, rebutés par ces pratiques, évitent la région.
“Avant, nous avions beaucoup de commerçants qui venaient du Cameroun “, se souvient Ibrahim, un vendeur du marché de Bouar. “Maintenant, ils préfèrent aller ailleurs. Ils disent qu’ici dans La Nana-Mambéré, il y a trop de racket“. Les conséquences se font sentir sur l’emploi et le pouvoir d’achat des habitants.
Des solutions ignorées
La société civile de La Nana-Mambéré ne manque pourtant pas de propositions. M. Bidama plaide pour la création d’une antenne locale de l’Agence de prévention de la corruption, avec de vrais pouvoirs d’investigation. Il demande aussi la mise en place d’une ligne téléphonique pour signaler anonymement les cas de corruption.
“Nous avons besoin d’une volonté politique forte”, insiste-t-il. “Il faut des enquêtes sérieuses, des sanctions exemplaires. Les corrompus doivent savoir qu’ils ne sont plus intouchables.” Il suggère également un programme de sensibilisation dans les écoles et les médias locaux.
Un avenir dans la misère
Pendant ce temps à Bangui, on célèbre la journée internationale contre la corruption dans les salons climatisés. Des discours, des promesses, des résolutions qui ne changent rien sur le terrain. Dans la Nana-Mambéré, l’argent continue de dicter sa loi.
“Si rien n’est fait, nos enfants grandiront en pensant que la corruption est normale”, s’inquiète M. Bidama. “Est-ce l’héritage que nous voulons leur laisser ?” Une question qui résonne dans toute la préfecture, où la population attend toujours des actes concrets pour assainir la vie publique.
Le seul hôpital de district de Nanga-Boguila, à 457 kilomètres au nord-ouest de Bangui, est dans un état déplorable. Dans cette région enclavée du nord-ouest de la République centrafricaine, l’établissement sanitaire, qui dessert plus de 30 000 habitants, se trouve dans l’incapacité de soigner ses patients, privé de tout : médicaments, matériel médical, personnel qualifié. Un reportage de la rédaction du CNC au cœur d’une structure médicale à bout de souffle.
La scène est poignante ce matin à l’hôpital de district de Nanga-Boguila. Sous un soleil ardent, des dizaines de malades patientent, entassés sur des bancs en bois sous un modeste préau en tôle. L’établissement, installé le long de l’artère principale de la ville, peine à assurer sa mission première : soigner.
“Les patients arrivent avec espoir. Après consultation, nous n’avons d’autre choix que de les renvoyer acheter leurs médicaments ailleurs. Le temps qu’ils reviennent, pour certains, il est trop tard”, murmure avec tristesse un agent de santé interrogé par CNC, avec un regard éteint.
Pancarte de l’hôpital de Nanga Boguila. CopyrightCNC
L’équipe médicale : un médecin généraliste, un technicien de laboratoire, une assistante-accoucheuse, six secouristes et quatre matrones, se retrouve dépassée par l’ampleur des besoins. Chaque mois, environ 400 personnes franchissent les portes de l’hôpital.
Le service de nutrition témoigne de cette détresse. Les vingt lits réservés aux enfants malnutris restent vides, sans matelas. Les petits patients doivent être envoyés vers l’hôpital régional universitaire de Bossangoa, à 115 kilomètres, ou celui de Paoua, distant de 75 kilomètres. Un périple risqué sur des routes peu sûres.
Le bloc opératoire, inutilisable car non équipé, condamne l’hôpital à l’impuissance devant les urgences. Accidents, complications d’accouchement, agressions : autant de situations critiques impossibles à gérer sur place. Sans appareil de radiographie ni échographe, les diagnostics restent approximatifs.
L’absence d’ambulance transforme chaque transfert en périlleuse aventure. Les malades sont transportés à moto-taxi, aux frais de leurs familles, sur des pistes parsemées de barrages tenus par des éléments de forces de l’ordre qui n’hésitent pas à demander de formalité.“Des patients décèdent parfois pendant le trajet, suite à une panne ou à cause de l’insécurité“, explique un membre du personnel.
à l’intérieur d’une chambre de l’hôpital de Nanga Boguila. CopyrightCNC
Le tableau s’assombrit encore : pas de pharmacie, pas d’électricité, pas de concentrateur d’oxygène pour les nouveau-nés en détresse respiratoire. Les médicaments proviennent des vendeurs du quartier, une solution précaire et dangereuse.
Pourtant, l’affluence ne diminue pas. Le personnel peut recevoir jusqu’à 60 personnes par jour, certaines venues de villages éloignés. Dans le service de pédiatrie, seuls 14 lits sur 42 disposent encore de matelas, dans un état lamentable. La médecine interne n’en possède aucun. À la maternité, les femmes accouchent sur des matelas délabrés.
L’histoire de cet hôpital reflète les tourments du pays. Ancienne clinique de l’église des frères américains, elle fut reprise par Médecins Sans Frontières Hollande en 2006. En 2013, une attaque de la Séléka causa la mort d’une vingtaine de notables locaux, provoquant le départ de MSF vers Bossangoa. Après des années d’abandon, le ministère de la Santé en fit un hôpital de district, sans moyens adéquats.
Les besoins sont immenses : personnel qualifié (infirmiers diplômés, sages-femmes, assistants-infirmiers, anesthésiste), matériel médical de base, médicaments, ambulance. Le personnel lance un appel pressant au gouvernement pour sauver cette structure vitale.
“Nous sommes dans une zone d’insécurité. Utiliser la moto pour transporter des urgences n’est pas viable”, rappelle un soignant. En attendant une réaction des autorités, l’hôpital continue tant bien que mal sa mission, symbole d’un système de santé à la dérive dans une région où la population n’a d’autre choix que d’espérer des jours meilleurs.
Le Conseil des ministres du 2 janvier 2025 a examiné le dossier relatif aux droits légaux du personnel du Comptoir de Minéraux et Gemmes (COMIGEM). La situation concerne 74 employés qui attendent toujours leurs droits depuis la dissolution de cette société d’État en 2020.
Créé sous l’ancien Code minier du 29 avril 2009, le COMIGEM visait à générer des revenus pour l’État. Des problèmes de trésorerie et de gestion ont conduit à sa dissolution par une loi de finances en 2020.
Suite à une délibération de l’Assemblée générale du Conseil de gouvernance, le directeur général du COMIGEM avait saisi la direction régionale du travail de Bangui le 27 mars 2020 pour un licenciement collectif. Après enquête, la direction du travail avait donné son accord le 17 avril 2020.
Les calculs effectués par la direction générale du travail établissent les droits légaux à 530 848 168 FCFA au total. Cette somme se répartit comme suit :
– 361 850 701 FCFA pour 27 employés encore présents
– 168 997 701 FCFA pour 47 employés dont le contrat avait été résilié auparavant
Le ministre des Mines a sollicité le Conseil pour obtenir le paiement de ces droits par le Trésor public. Le Conseil des ministres a donné son accord et instruit le ministre des Mines de saisir le ministre des Finances pour les dispositions nécessaires.
Cette décision intervient dans un contexte où le gouvernement attribue de nouveaux permis miniers, notamment une extension de permis d’exploitation à la société SEMIGA et un agrément pour bureau d’achat d’or et de diamants à la société Fortune Ocean Trading (FOT).
Koundé : L’Appel du Chef Beda Anatole Mohamed pour l’Éducation des Enfants du Village….
Centrafrique.org/ecole-de-kounde-un-directeur-sans-logement-des-salles-vides-une-rentree-fantome/vue-panoramique-de-lecole-mixte-de-kounde-et-ses-terrains/” rel=”attachment wp-att-83919″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/Vue-panoramique-de-lEcole-mixte-de-Kounde-et-ses-terrains-450×338.jpg” alt=”Koundé : L’Appel du Chef Beda Anatole Mohamed pour l’Éducation des Enfants du Village….” width=”450″ height=”338″ />Le terrain vaste et partiellement herbeux de l’École mixte de Koundé, avec deux bâtiments scolaires visibles. CopyrightCNCLégende pour Vue-panoramique-de-lEcole-mixte-de-Kounde-et-ses-terrains.jpg dans l’article
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
À Koundé, localité située à 570 kilomètres de Bangui et à 40km de Béloko, l’école construite en 1958 se vide progressivement de ses élèves et enseignants, attirés par les sites miniers artisanaux. Le chef du groupe numéro 1 du village, Beda Anatole Mohamed, témoin de cette déscolarisation croissante, tire la sonnette d’alarme.
En effet, nous avons eu le privilège d’écouter cet homme, monsieur Beda Anatole Mohamed , un ancien élève de ce village, un acteur politique du passé, et aujourd’hui, un gardien des traditions et des espoirs de sa communauté. À travers son récitau micro du CNC, il nous livre une analyse et sans concession des problèmes que rencontre Koundé en matière d’éducation.
Un Parcours , Une Vie au Service de la Communauté de Koundé
Le chef du groupe de Koundé, Beda Anatole Mohamed, commence d’abord par nous parler de son enfance, des années 50, où il faisait ses premiers pas à l’école du village. Il a connu l’âge d’or de cette école sous la direction de Vincent Albert Boulam. C’était une époque où l’éducation n’était pas un droit pour tous, mais une chance rare. Après Koundé, il poursuit son parcours scolaire à Baboua puis au collège de Bouar. Ces années, pointées par les rigueurs de l’école coloniale, sont aujourd’hui des souvenirs vivants qu’il raconte avec un mélange de nostalgie et de réalisme.
Son chemin l’amène à jouer un rôle important dans la politique locale. D’abord secrétaire du parti MESAN à Koundé, il quitte le village pour Berongo sous le régime de l’empereur Bokassa, où il continuera son engagement. Toutefois, l’âge et les responsabilités familiales l’incitent à revenir dans son village natal. À la mort de ses parents, il choisit de s’enraciner à Koundé, où il se lance dans l’agriculture, cultivant la terre aux côtés de ses frères et fondant sa propre famille. C’est là qu’il devient chef du groupe, héritant de la sagesse des anciens tout en portant les espoirs des jeunes générations.
La plaque en béton de l’École mixte de Koundé, mentionnant la circonscription scolaire de l’ouest, secteur scolaire de Baboua-Yaraba. CopyrightCNC
L’Éducation, Un Combat de Tous les Instants du chef Beda Anatole Mohamed de Koundé
Aujourd’hui, le chef du groupe de Koundé, Beda Anatole Mohamed, a un message clair à transmettre : l’éducation des enfants du village est une priorité, mais elle est gravement compromise par plusieurs défis majeurs. Parmi les problèmes qu’il souligne, le manque criant d’enseignants est sans doute le plus frappant. Selon lui, l’école de Koundé, autrefois un symbole d’espoir et de progrès, peine aujourd’hui à répondre aux besoins des élèves. Il explique que les enseignants, souvent très peu rémunérés, sont contraints de partir travailler sur les chantiers miniers, là où l’on peut gagner de l’argent rapidement.
“Il n’y a pas suffisamment d’enseignants. On nomme un directeur pour une année avec quelques maîtres-parents. Sans rémunération, ces derniers délaissent les salles de classe pour travailler dans les chantiers miniers, tout comme leurs élèves”, explique le chef du groupe.
Ces chantiers, en pleine expansion dans la région, deviennent un piège pour de nombreux jeunes, qui abandonnent l’école pour se lancer dans l’exploitation des ressources minières.
Ce phénomène a des conséquences dramatiques. Si, à première vue, les mines semblent offrir un moyen de survie immédiat, elles engendrent un cercle vicieux où les enfants, loin d’être instruits, se retrouvent pris dans un travail précaire, sans avenir. Les chantiers miniers, selon le chef de Koundé, sont l’un des plus grands obstacles à l’éducation dans le village. Il constate, avec amertume, que de plus en plus d’enfants choisissent de quitter l’école pour se rendre sur ces sites, attirés par la promesse d’une rémunération rapide, mais sans véritable perspective d’avenir.
Les Enseignants, Maîtres et Modèles
Un autre défi qui pèse sur l’éducation dans le village est la qualité de l’enseignement. Le chef évoque la situation des enseignants, souvent désabusés, mal rémunérés et en manque de motivation. Il déplore l’absence d’une gestion stable et efficace des écoles. Un directeur est nommé, mais il arrive avec seulement un ou deux maîtres-enseignants. Et quand ceux-ci ne sont pas payés à temps, ils cherchent un autre moyen de subsistance, souvent en rejoignant les chantiers miniers eux-mêmes. Dans ces conditions, l’éducation devient un combat quotidien.
Loin d’être une simple question de salles de classe vides ou de programmes scolaires inadaptés, l’absence d’enseignants qualifiés, ou leur désertion en raison des conditions de travail précaires, est un mal profond qui touche toute la structure éducative du village. Le chef souligne qu’un enseignant, c’est plus qu’un simple transmetteur de savoir ; il incarne un modèle, une figure d’autorité et de respect pour les enfants. Si cet exemple disparaît, il ne reste que le vide.
L’Espoir pour un Avenir Meilleur à Koundé
Le chef de Koundé, dans son entretien, ne se contente pas de décrire les problèmes ; il plaide également pour des solutions. Il rêve d’un avenir où les enfants de son village pourront recevoir une éducation digne de ce nom, sans avoir à sacrifier leur avenir pour une promesse illusoire d’argent facile sur les chantiers miniers. Il appelle les autorités locales, les partenaires internationaux, ainsi que les élites de la région à se mobiliser pour soutenir l’éducation, renforcer les infrastructures scolaires, et surtout, garantir un salaire juste et régulier pour les enseignants.
L’éducation, pour lui, est la clef de tout progrès. C’est par elle que les jeunes de Koundé pourront se construire un avenir différent, plus radieux. En attendant, il continue de défendre sa terre, son village, et surtout, son peuple, convaincu que, malgré les obstacles, l’espoir peut renaître si des actions concrètes sont entreprises.
Cet entretien avec le chef de Koundé nous rappelle que derrière chaque défi se cache une volonté farouche de changement. Mais pour que ce changement soit possible, il faut agir collectivement, et l’éducation doit être la priorité de tous. C’est l’espoir de ce chef de village, un homme simple, mais porteur d’un rêve grand et noble pour son peuple.
L’avenir de Koundé, comme celui de toute communauté, repose sur les épaules de ceux qui croient en l’éducation. Le chemin sera long et semé d’embûches, mais tant que la détermination demeure, rien n’est impossible.
Affaire Bendounga : la spectaculaire supercherie honteuse du gouvernement
Centrafrique.org/en-france-un-jeune-pretend-etre-le-fils-du-porte-parole-du-gouvernement-centrafricain-maxime-balalou-tente-dintimider-les-policiers-francais/le-ministre-et-porte-parole-du-gouvernement-maxime-balalou/” rel=”attachment wp-att-75988″ data-wpel-link=”internal”>Le ministre et porte parole du gouvernement Maxime Balalou
Trois jours après la mort du député Joseph Bendounga, le gouvernement centrafricain s’est enfin fendu d’un communiqué de condoléances ce mercredi 8 janvier à la radio nationale. Mais ce qui devait être un simple message de compassion s’est transformé en scandale : le document porte la date du 6 janvier, alors que le député est décédé le 5, et que le communiqué n’a été rendu public et lu à la radio que le 8.
Cette manipulation des dates n’a pas échappé aux Centrafricains, qui y voient une tentative grossière du pouvoir de masquer son embarras face à cette mort du député Bendounga qui dérange. Dans les rues de Bangui comme sur les réseaux sociaux, l’indignation gronde contre ce qui est perçu comme un énième mensonge d’État.
Le député de Bimbo 3, Monsieur Joseph Bendounga avait d’ailleurs anticipé ces manœuvres. Avant sa mort, il avait donné des instructions claires à sa famille : pas de cérémonies officielles, pas d’hommages du gouvernement, un enterrement immédiat dans sa ferme. Des volontés respectées à la lettre par ses proches, qui ont emmené sa dépouille directement de l’hôpital vers sa dernière demeure, suivis par une foule de sympathisants.
Cette précipitation s’explique par un contexte tendu. En 2020, Bendounga avait publiquement dénoncé une tentative d’empoisonnement, pointant du doigt certains conseillers présidentiels russes de Touadera. Sa mort subite ravive aujourd’hui ces accusations, d’autant plus que l’Assemblée nationale lui avait refusé les moyens d’une évacuation sanitaire.
L’institution n’avait débloqué que deux millions de francs CFA pour ses soins, une somme dérisoire comparée aux dix-sept millions accordés au premier vice-président de l’Assemblée nationale, monsieur Évariste Ngamana, pour aller soigner l’une de ses dents pourries en France. Face à ce qu’il considérait comme une humiliation, le député avait préféré rester au pays, quitte à y laisser sa vie.
Le timing suspect du communiqué gouvernemental et sa datation contestée ne font qu’alimenter les tensions. Pour beaucoup de Centrafricains, cette manipulation administrative traduit le malaise d’un pouvoir pris au dépourvu par la mort d’un opposant, Joseph Bendounga , qui, jusque dans son dernier souffle, aura refusé de se plier aux règles du jeu politique centrafricain.
L’affaire Bendounga dépasse désormais le simple cadre d’un décès. Elle expose au grand jour les failles d’un système où même les condoléances deviennent un enjeu politique, où la vérité se perd dans les détours de la bureaucratie, et où la mort d’un député peut faire trembler tout l’édifice gouvernemental.
Centrafrique : Les Dangereuses Élucubrations Économiques du camerounais Jules Njawé
Centrafrique.org/appel-a-une-manifestation-pacifique-pour-demander-lexpulsion-dun-ministre-conseiller-etranger-de-la-rca/les-deux-bagarreurs-en-chemises-blanches-a-cote-du-president-touadera-wilfried-sebiro-et-a-droite-jules-ndjawe/” rel=”attachment wp-att-67557″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/08/Les-deux-bagarreurs-en-chemises-blanches-a-cote-du-president-Touadera-Wilfried-Sebiro-et-a-droite-Jules-Ndjawe-450×239.jpg” alt=”Centrafrique : Les Dangereuses Élucubrations Économiques du camerounais Jules Njawé” width=”450″ height=”239″ />Les deux bagarreurs en chemises blanches à côté du Président Touadera: Wilfried Sébiro à gauche, et a droite Jules Njawé
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Dans une performance digne des plus grandes théories conspirationnistes, le camerounais Jules Njawé s’est une nouvelle fois illustré dans l’art du raccourci saisissant. Face caméra pendant plus d’une heure, le “conseiller” présidentiel a déroulé un scénario économique rocambolesque, où Neptune devient le sauveur providentiel et le FMI l’ennemi juré de la Centrafrique.
L’histoire que ce camerounais Jules Njawé raconte ressemble à un mauvais polar : Total quitte le pays, TAMOIL arrive miraculeusement, Neptune sauve la situation. Un récit bien ficelé qui oublie juste de mentionner les véritables enjeux et acteurs en coulisses, notamment les intérêts du groupe Wagner dans le secteur pétrolier centrafricain.
Son analyse de la situation économique frise le grand n’importe quoi. À l’entendre, le pays croule sous les “duplex” – son nouvel indicateur favori de prospérité – tandis que de mystérieux complots internationaux menacent cette soudaine richesse. Un grand écart intellectuel qui ferait sourire s’il ne servait pas des intérêts bien précis de Wagner.
Le numéro devient franchement grotesque quand le camerounais Jules Njawé se lance dans une tirade sur le FMI. Selon sa théorie, l’institution internationale comploterait contre… une entreprise de distribution de carburant. Une fable qui arrange bien les affaires de ses commanditaires de Wagner, toujours prompts à dénoncer les institutions internationales.
La partie sur l’autosuffisance alimentaire atteint des sommets d’inventivité. Sans la moindre donnée vérifiable, notre “expert” improvise des statistiques sur la production de poulet en Centrafrique. Des chiffres sortis du chapeau qui masquent mal la réalité économique du pays.
Les Centrafricains, qui vivent la réalité quotidienne de leur économie, apprécieront ces envolées lyriques sur leur prétendue prospérité. Pendant ce temps, les vrais défis économiques du pays restent sans réponse, noyés sous un déluge de théories fumeuses.
Plus spectaculaire encore, ces manipulations économiques servent un agenda politique bien précis. En créant une menace économique imaginaire, on justifie plus facilement certaines présences étrangères dans le pays. Une tactique grossière mais hélas efficace pour les malades mentaux.
À l’approche des élections de 2025, ce genre de discours risque de se multiplier. Les fantômes économiques agités par Njawé préparent le terrain à d’autres manœuvres plus dangereuses encore. La Centrafrique, pays de Barthelemy Boganda, pays de Zo Koué Zo, mérite mieux que ces tours de passe-passe économiques qui masquent mal des intérêts bien moins avouables.
Sous Touadéra, les voleurs des deniers publics dorment sur leurs deux oreilles
Centrafrique.org/la-dette-colossale-de-la-rca-senflamme-quel-avenir-pour-le-pays/herve-ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget/” rel=”attachment wp-att-75193″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget-450×345.jpg” alt=”Sous Touadéra, les voleurs des deniers publics dorment sur leurs deux oreilles” width=”450″ height=”345″ />Hervé Ndoba, ministre centrafricain des finances et du budget
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le régime actuel du président Touadéra bat tous les records en matière de détournements des fonds publics. Plus grave encore, les auteurs de ces vols, pourtant identifiés, ne sont jamais inquiétés. Les récentes déclarations du ministre des Finances sur des sanctions à venir contre les voleurs des deniers publics ne trompent personne.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Il y’a quelques mois, les inspections des trésoreries publiques ont débusqué des détournements massifs : des quittances falsifiées pour des montants allant de 16 à 40 millions de francs CFA. Les rapports de l’Inspection des finances citent nommément les coupables. Pourtant, ces voleurs des deniers publics paradent toujours à leurs postes.
Le ministère des Finances vient encore de promettre des sanctions contre les voleurs des deniers publics : suspension des agents, saisie des biens, poursuites judiciaires. Des annonces qui font sourire les Centrafricains, habitués depuis 2016 à voir les voleurs des deniers publics protégés par le système. Pas un seul auteur de détournement n’a mis les pieds en prison sous ce régime.
La fabrication de faux documents est devenue monnaie courante dans l’administration publique centrafricaine. Des agents produisent ouvertement de fausses quittances, de faux reçus, sans jamais être inquiétés. Le ministre parle de contrôles renforcés, mais sur le terrain, les pratiques frauduleuses de ces voleurs des deniers publics continuent de plus belle.
Les belles paroles sur la lutte contre la corruption visent uniquement à endormir les bailleurs de fonds. Pendant que le ministre promet des carnets de reçus individualisés et des mécanismes de contrôle, les pilleurs des caisses publiques poursuivent leurs activités en toute quiétude.
Jamais les détournements n’ont atteint une telle ampleur en Centrafrique. Sous le régime Touadéra, voler l’argent public est devenu un sport national pratiqué en toute impunité. Les promesses de sanctions du ministre des Finances ne sont qu’un rideau de fumée destiné aux partenaires internationaux. Pendant ce temps, les voleurs continuent de festoyer avec l’argent du contribuable centrafricain.
22 milliards pour 506 malades : Le business scandaleux de la variole du singe
Centrafrique.org/crise-sanitaire-a-bangui-quand-leau-et-lelectricite-dictent-le-sort-des-hopitaux/dr-pierre-somse-ministre-de-la-sante-et-de-la-population/” rel=”attachment wp-att-75240″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Dr.-Pierre-Somse-ministre-de-la-sante-et-de-la-population-450×300.jpg” alt=”22 milliards pour 506 malades : Le business scandaleux de la variole du singe” width=”450″ height=”300″ />Dr. Pierre Somsé, ministre de la santé
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le Conseil des ministres du 2 janvier 2025 dévoile un nouveau scandale sanitaire. Pour 506 cas suspects de variole du singe, dont à peine 89 confirmés, le ministère de la Santé réclame la somme astronomique de 22 milliards 42 millions 959 164 francs CFA. Un montant qui donne le vertige : près de 44 millions par malade.
L’épidémie de la variole du singe, concentrée dans trois districts sanitaires : Bimbo (7 cas), Mbaïki (35 cas) et quelques cas épars , sert de prétexte à cette demande de fonds pharaonique. Dans un pays où les centres de santé manquent de paracétamol, où les malades dorment par terre, cette requête financière prend des allures de provocation.
Le tableau s’assombrit davantage avec l’apparition simultanée de la dengue : 729 échantillons testés, 106 cas positifs. Cinq districts sanitaires touchés, des investigations en cours, mais aucune précision sur le budget nécessaire. À quand un nouveau plan de plusieurs milliards ?
Les chiffres donnent le tournis. Une simple division révèle l’absurdité : avec 22 milliards, on pourrait construire et équiper des dizaines d’hôpitaux modernes. À la place, le ministère propose un “plan de réponse efficace” dont personne ne connaît les détails.
Pendant ce temps, dans les districts touchés par la variole du singe, les malades attendent. Les trois décès enregistrés témoignent de la réalité du terrain : pendant que les milliards dansent dans les documents officiels, les soins, eux, tardent à arriver.
Cette demande de financement pour la variole du singe intervient dans un contexte où la gestion des fonds COVID-19 n’a toujours pas été éclaircie. Les Centrafricains se souviennent encore des milliards évaporés lors des précédentes crises sanitaires. L’histoire semble se répéter, avec des zéros en plus.
À Bocaranga, les dégâts sont énormes. La police transforme la ville en territoire de racket….
Centrafrique.org/bocaranga-la-chasse-aux-musulmans-par-une-police-hors-de-controle-prend-de-lampleur/les_policiers_de_bocaranga_devant_une_boutique/” rel=”attachment wp-att-78619″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_policiers_de_bocaranga_devant_une_boutique-450×387.jpg” alt=”À Bocaranga, les dégâts sont énormes. La police transforme la ville en territoire de racket….” width=”450″ height=”387″ />
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des citoyens ordinaires sont menottés, des motos confisquées, des commerçants rançonnés à outrance pour le moindre prétexte. Dans la ville de Bocaranga, vingt policiers ont transformé leur brigade en une véritable entreprise d’extorsion. “Nous n’avons pas fait 750 kilomètres pour plaisanter ici”, affirment cyniquement leurs responsables. Notre enquête révèle l’ampleur d’un système où les protecteurs sont devenus des bourreaux.
À Bocaranga, une ville pourtant dotée de trois forces de sécurité : policiers, gendarmes et soldats FACA. Mais seule la gendarmerie semble accomplir sa mission avec professionnalisme et dignité. Le contraste est saisissant avec le comportement des policiers, qui ont instauré un système d’extorsion généralisé.
Une brigade de 20 policiers fait régner la terreur. Plus grave encore, huit d’entre eux refusent ouvertement leur affectation à Koui, préférant rester à Bocaranga pour pressurer la population. La raison ? Selon les propres mots de l’adjoint au commissaire et son second Mayombo : “Nous n’avons pas fait 750 kilomètres pour plaisanter ici à Bocaranga, nous venons chercher de l’argent“.
Les méthodes employées défient l’imagination. Des motos sont menottées sur les parkings, forçant leurs propriétaires à verser des pots-de-vin pour les récupérer. Les récépissés de cartes nationales d’identité sont vendus 5000 francs CFA pour les uns, et 30 000 francs CFA pour les autres, à l’image des éleveurs Peuls, sous la menace de représailles en cas de non-renouvellement après trois mois.
Les premières victimes sont évidemment les éleveurs peuls, suivis des commerçants musulmans et chrétiens, ainsi que les conducteurs de taxi-moto. Le moindre différend se transforme en occasion d’extorquer jusqu’à 250 000 francs CFA d’amende. Pour ceux qui ne peuvent payer, c’est la détention arbitraire pendant quatre à sept mois.
Les appels à l’ordre du maire Aimé Césaire Kodomo et de l’ancien sous-préfet NbganeEsaie, diffusés sur Radio Mbili à plusieurs reprises, restent lettre morte. Cette impunité totale menace désormais la paix sociale, alors que la colère gronde dans toutes les communautés de Bocaranga.
La population implore le Directeur Général de la Police, le général Bienvenu Zokoué, et le Ministre de la Sécurité Publique d’intervenir avant que la situation ne dégénère. Comment accepter que des forces censées protéger les citoyens deviennent leurs bourreaux ?
La ville de Bocaranga, carrefour commercial stratégique, ne peut continuer à subir cette prédation organisée. L’urgence d’une réaction forte des autorités nationales n’a jamais été aussi criante. Le rétablissement de l’État de droit et la protection des citoyens doivent primer sur les intérêts personnels de policiers qui déshonorent leur uniforme.
La population attend des actes concrets : mutation immédiate des éléments incriminés, enquête approfondie sur les exactions commises, et mise en place d’un système de contrôle efficace. Le temps des promesses est révolu, seule l’action permettra de restaurer la confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens.
La grande mafia s’implante au sein de la justice centrafricaine : les magistrats, les nouveaux riches de la RCA
En effet, dans la cité de Bellevue, de Kolongo ou dans d’autres quartiers résidentiels de Bangui, de luxueuses villas de standing poussent comme des champignons. Leurs propriétaires ? Les nouveaux riches de la RCA , c’est à dires des magistrats fraîchement nommés au tribunal de commerce ou dans d’autres juridictions lucratives. “Comment un juge peut-il construire un tel palais privé après seulement dix ans de carrière ?”, s’interrogent les Banguissois.
Et ce n’est pas tout! Les célébrations fastueuses des nouveaux riches de la RCA se multiplient également. Un jeune magistrat a récemment loué la salle la plus prestigieuse de la capitale pour son mariage, avec un défilé de 30 véhicules de luxe. Un étalage de richesse qui intrigue dans un pays où le salaire mensuel d’un juge ne permettrait même pas de payer une telle location.
“La corruption dans la magistrature est devenue une clameur publique”, dénonce au micro du CNC Sylvain Gaza, un membre influant de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Les dossiers se monnaient ouvertement dans certains cabinets judiciaires. Une liberté provisoire ? Un non-lieu ? Tout a son prix, selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction du CNC.
Le phénomène touche toute la chaîne judiciaire. Des greffiers aux magistrats en passant par les auxiliaires de justice, un véritable système s’est installé. “Certains juges reçoivent des sommes d’argent ou même des chèvres, des moutons, des bœufs attachées derrière leur maison pour rendre des décisions favorables”, révèle un avocat sous couvert d’anonymat. « Tous les magistrats veulent devenir riche dans un lapse de temps », ajoute-t-il.
Plus spectaculaire encore : les magistrats soupçonnés de corruption sont rarement inquiétés. Au contraire, certains se voient promus à des postes plus élevés, comme le cas du chef rebelle Arnaud Djoubaye Abazène, devenu ministre d’État chargé de la justice. “Quand on sait qu’un juge d’instruction vend ses dossiers mais qu’on l’affecte à un poste supérieur, on légitime la corruption”, analyse un observateur du système judiciaire centrafricain.
Comme de la blague, le ministre de la Justice, justement, aussi un parrain mafieux, assure que des dossiers disciplinaires sont en cours contre plusieurs magistrats. Mais en attendant, les palais continuent de s’ériger et les mariages fastueux de se multiplier, au vu et au su de tous.
Bangui et N’Djamena négocient une nouvelle visite du président tchadien pour le 16 janvier
Centrafrique.org/mahamat-idriss-deby-attendu-a-bangui-pour-rencontrer-le-chef-des-wagner-en-Centrafrique/mahamat-idriss-deby-president-de-transition-au-tchad/” rel=”attachment wp-att-63470″ data-wpel-link=”internal”>Mahamat Idriss Deby, Président du Tchad
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
De nouvelles négociations entre la République centrafricaine et le Tchad sont en cours pour programmer la nouvelle visite officielle du président Mahamat Idriss Déby à Bangui le 16 janvier prochain. Cette rencontre, initialement prévue le 5 décembre dernier, avait été annulée suite au refus des autorités tchadiennes de soumettre leur dispositif de sécurité présidentielle aux exigences des Mercenaires russes de Wagner.
Une deuxième tentative programmée pour le 16 décembre n’a pas abouti, poussant les deux pays à envisager cette nouvelle date de début janvier.
Le gouvernement centrafricain de Faustin Archange Touadera, surnommé “Baba Kongoboro”, cherche activement à concrétiser cette visite diplomatique. Entre-temps, les autorités tchadiennes avaient suggéré que le président Touadera se rende d’abord à N’Djamena, proposition déclinée par Bangui qui insiste sur une première visite du président tchadien en territoire centrafricain.
Cette visite revêt une importance particulière pour le pouvoir centrafricain : aucun chef d’État n’a effectué de visite officielle à Bangui depuis plusieurs années. Elle marquerait également une amélioration significative des relations entre les deux pays, après une période de tensions diplomatiques.
Les négociations se poursuivent en coulisses, avec l’implication des paramilitaires russes qui tentent d’influencer la décision tchadienne par diverses propositions. La concrétisation de cette troisième tentative de visite pour le 16 janvier 2025 reste incertaine.
Cette situation révèle les défis diplomatiques auxquels doit répondre le gouvernement centrafricain, alors que la capitale Bangui, autrefois surnommée “la coquette” puis “la roquette”, peine à attirer les visites officielles de haut niveau.
Le Bloc républicain pour la défense de la constitution (BRDC) intensifie la pression sur le président Faustin Archange Touadera, alias Baba Kongoboro, pour obtenir un dialogue entre pouvoir et opposition. Le coordonnateur du BRDC, Me Crépin Mboli-Goumba, a réitéré cette exigence lors d’une rencontre avec la presse ce 7 janvier à Bangui.
“Ce dialogue aura lieu sans le vœu du Président. L’opposition et le pouvoir doivent s’accorder sur des conditions d’Élections transparentes, crédibles et acceptables”, a déclaré Me Mboli-Goumba au micro de Corbeau News.
Le coordonnateur du BRDC conteste également le discours à la nation prononcé par le chef de l’État le 28 décembre 2024, estimant qu’il ne correspond pas aux difficultés quotidiennes des Centrafricains. Selon lui, la majorité de la population vit dans une précarité croissante.
Pour 2025, le BRDC annonce une intensification de son “action démocratique” afin de restaurer le dialogue politique dans le pays. Ce mouvement d’opposition, créé le vendredi 22 juillet 2022, maintient la pression sur l’exécutif malgré le silence du palais présidentiel.
Cette demande de dialogue intervient dans un contexte tendu, alors que le gouvernement de Félix Moloua, reconduit le 4 janvier 2024 comme Premier ministre, n’a toujours pas engagé de discussions formelles avec l’opposition.
La région Oubangui étranglée par la crise des enseignants : ‘Nos écoles survivent grâce aux parents-maîtres’”, révèle le gouverneur Victor Bissekoin
Centrafrique.org/victor-bissekoin-2/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Victor-Bissekoin–450×450.jpg” alt=”La région Oubangui étranglée par la crise des enseignants : ‘Nos écoles survivent grâce aux parents-maîtres’", révèle le gouverneur Victor Bissekoin” width=”450″ height=”450″ />Victor Bissekoin, Préfet du Mbomou, et gouverneur de la région de Oubangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Dans la région Oubangui, qui englobe les préfectures de la Basse-Coteau, Mbomou et Haut-Mbomou, l’éducation traverse une crise sans précédent. Les salles de classe manquent cruellement d’enseignants professionnels, laissant aux parents la lourde tâche d’instruire leurs enfants. C’est le constat amer dressé par le gouverneur de la région Oubangui Victor Bissekoin.
“L’école a bien repris ici”, commence le gouverneur avec un optimisme mesuré. “Notre inspecteur d’académie fait preuve d’un grand dynamisme. Mais derrière cette apparente normalité se cache une réalité plus sombre dans la région Oubangui : nous avons plus de maîtres-parents ou de professeurs-parents que de professionnels qualifiés.”
Cette situation alarmante touche l’ensemble des établissements scolaires de la région Oubangui . Malgré la bonne volonté des parents qui se transforment en enseignants pour pallier le manque, la qualité de l’éducation en souffre inévitablement.
“C’est notre plus gros problème dans le secteur éducatif”, insiste le gouverneur Victor Bissekoin. Cette question le préoccupe tellement qu’il prévoit d’en discuter personnellement avec le ministre d’État en charge de l’éducation nationale, Simplice Aurélien Zingas.
Le chef de l’État lui-même, le professeur Faustin-Archange Touadéra, ancien enseignant, a fait de cette problématique une prétendue priorité nationale. “En tant qu’enseignant, il comprend mieux que quiconque les enjeux de cette situation”, souligne le gouverneur. Pourtant, après presque une décennie au pouvoir, la situation ne fait que s’aggraver. Les salles de classe restent désespérément vides d’enseignants qualifiés, et les parents continuent d’assumer un rôle qui n’aurait jamais dû leur incomber dans la région Oubangui .
Cette ironie cruelle n’échappe pas aux observateurs : comment un pays dirigé par un ancien professeur d’université peut-il laisser son système éducatif s’effondrer ainsi ? Les promesses de réformes et d’améliorations se succèdent, mais sur le terrain, dans les préfectures de la Basse-Coteau, du Mbomou et du Haut-Mbomou et ailleurs dans le pays, la réalité reste inchangée.
Les parents-maîtres, ces héros malgré eux du système éducatif, continuent de colmater les brèches d’un navire qui prend l’eau de toutes parts. Pendant ce temps, une génération entière d’élèves risque de payer le prix de cette négligence institutionnelle.
“Nous ne pouvons pas construire l’avenir de notre région, de notre pays, sans un système éducatif solide”, affirme le gouverneur Victor Bissekoin. Mais la question reste posée : faudra-t-il attendre encore dix ans pour voir un début d’un véritable changement ? Les enfants de l’Oubangui ne peuvent pas se permettre ce luxe – leur avenir se joue maintenant, dans ces salles de classe où des parents font de leur mieux pour remplacer les professionnels absents.
Moungoumba: un père adoptif arrêté pour le viol de sa fille de 12 ans à Libo
Centrafrique.org/rca-violence-conjugale-un-homme-interpelle-par-les-gendarmes-a-bangui/intervention-des-elements-de-la-gendarmerie-au-quartier-nguinda-le-lundi-20-avril-2020-a-09h/” rel=”attachment wp-att-37651″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/04/intervention-des-éléments-de-la-gendarmerie-au-quartier-Nguinda-le-lundi-20-avril-2020-à-09h-450×415.jpg” alt=”Mongoumba: un père adoptif arrêté pour le viol de sa fille de 12 ans à Libo” width=”450″ height=”415″ />Intervention des éléments de la gendarmerie à Bangui, au quartier Kinda, dans le quatrième arrondisement. CopyrightCNC
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Un acte de violence insupportable vient d’être révélé dans le village de Libo, situé à 14 kilomètres de Mongoumba, dans la préfecture de la Lobaye, au sud-ouest de la République centrafricaine. La jeune Edwige Yasse, une enfant de seulement 12 ans, a été violée par celui qui était censé la protéger : son père adoptif, Sakenze Séverin.
Les événements se sont déroulés il y a quelques jours dans ce village paisible de Mongoumba. Sakenze Séverin a usé d’un stratagème pour éloigner l’enfant du village. “Mon mari a demandé à ma fille de l’accompagner pour aller pêcher sur la rivière”, explique Marie, la mère de la victime, la voix tremblante d’émotion. “Comme la rivière est loin du village, je ne me suis pas méfiée. Je ne pouvais pas imaginer qu’il ferait une chose pareille à notre enfant“.
C’est au retour de cette prétendue partie de pêche que l’homme a commis l’irréparable. La petite Edwige, terrorisée, n’a d’abord pas osé parler. Ce sont des changements dans son comportement qui ont alerté sa mère. Face au silence inhabituel de sa fille, Marie a commencé à poser des questions.
“Ma fille n’a que 12 ans. Elle est encore une enfant. Ce qu’il a fait dépasse l’entendement”, confie Marie, qui a immédiatement décidé d’agir en apprenant la terrible vérité. Accompagnée de ses frères, elle a emmené Edwige à Mongoumba pour des examens médicaux à l’hôpital, qui ont malheureusement confirmé les violences.
Lors de leur audition à la gendarmerie de Mongoumbal’enfant a courageusement témoigné, identifiant formellement son père adoptif comme son agresseur. Face aux preuves accablantes et au témoignage de sa fille adoptive, Sakenze Séverin n’a eu d’autre choix que d’avouer son crime.
“Je ne sais même pas si elle sera enceinte”, s’inquiète Marie, rongée par l’angoisse des conséquences physiques et psychologiques que pourrait subir sa fille. “Ce qu’il a fait est impardonnable. Comment un père peut-il faire cela à son enfant ?”
La mère, déterminée à obtenir justice pour sa fille, a officiellement porté plainte. “Je laisse la justice faire son travail. Qu’ils l’arrêtent, qu’ils le transfèrent à Bangui, peu m’importe. Il doit répondre de ses actes”, déclare-t-elle avec fermeté.
Cette affaire a provoqué une onde de choc dans le village de Libo, où les habitants peinent à comprendre comment un père adoptif a pu trahir aussi gravement la confiance de sa famille à Moungoumba. Les voisins décrivent une famille sans histoire jusqu’à ce drame, ce qui rend l’acte encore plus incompréhensible.
La gendarmerie de Mongoumba a ouvert une enquête approfondie. Les examens médicaux pratiqués sur la jeune Edwige ont fourni des preuves irréfutables des violences subies. Les autorités traitent cette affaire avec le plus grand sérieux, conscientes de la nécessité de protéger les enfants contre de tels actes de violence.
Ce cas dramatique pose la question de la protection de l’enfance dans les zones rurales de Centrafrique, où l’accès à la justice et aux soins peut parfois être compliqué par l’éloignement des centres urbains. La détermination de Marie à obtenir justice pour sa fille, malgré les 14 kilomètres séparant Libo de Mongoumba, témoigne du courage des mères face à ces situations traumatisantes.
Béloko : Dans les coulisses du service phytosanitaire, gardien invisible de notre alimentation
Centrafrique.org/poste-des-douanes-de-beloko-rehabilite/” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/11/Poste-des-douanes-de-Beloko-rehabilite-450×291.jpg” alt=”” width=”450″ height=”291″ />Poste de douane de Béloko réhabilité . CopyrightCNC
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Les produits d’origine végétale passant par le poste frontalier de Béloko entre la République centrafricaine et le Cameroun subissent des inspections méticuleuses. Les agents du service phytosanitaire examinent sans relâche la qualité des denrées alimentaires traversant les frontières centrafricaines.
Florentin Hubert Dayy, chef du service phytosanitaire de Béloko, décrit les activités principales de son équipe avec passion. “Notre mission consiste à étudier la santé des végétaux et à examiner tous les produits alimentaires d’origine végétale, lors de leur entrée comme de leur sortie du territoire”, dit-il.
L’examen des marchandises suit un protocole strict. À l’arrivée d’un camion au poste frontalier, les agents phytosanitaires accompagnent systématiquement les douaniers dans leur travail d’inspection. Les bâches des véhicules sont ôtées pour permettre un examen minutieux des chargements.
“Nous vérifions l’ensemble de la documentation requise : bordereaux, certificats sanitaires et certificats d’origine des produits. Une inspection physique des denrées permet ensuite de confirmer leur conformité”, explique le chef de service.
Si des produits s’avèrent impropres à la consommation, le service dispose de plusieurs alternatives. “Selon les directives de notre hiérarchie, nous pouvons exiger le retour de la marchandise vers son pays d’origine ou organiser sa destruction par incinération”, indique M. Dayy.
Bien que ces contrôles s’avèrent important pour la santé publique, certains y résistent encore. “Des opérateurs économiques questionnent notre présence. Ils s’interrogent sur la nécessité de notre intervention sur leurs produits”, raconte le responsable.
Pour 2025, le service phytosanitaire de Béloko prévoit d’intensifier ses actions de sensibilisation auprès des opérateurs économiques et du grand public. “Notre service intervient en première ligne, avant même les services douaniers. Notre travail s’avère crucial pour garantir la qualité des produits entrant et sortant du pays”, affirme Florentin Hubert Dayy.
Distant de près de 615 kilomètres de Bangui et de 3 kilomètres de Cantonnier, le poste de Béloko représente un carrefour majeur des échanges commerciaux entre les deux nations, le Cameroun et la Centrafrique. Le travail méticuleux du service phytosanitaire y joue un rôle vital dans la protection des consommateurs centrafricains.
Dernières heures : Affrontements armés en cours à Benamkor près de Paoua
Centrafrique.org/18737-2/armel-sayo-corbeaunews/” rel=”attachment wp-att-18738″ data-wpel-link=”internal”>Colonel Armel Sayo, ancien ministre, patron de la nouvelle coalition des groupes armés en Centrafrique, la CMSPR
Des affrontements ont éclaté ce mercredi 8 janvier à Benamkor, localité située dans la sous-préfecture de Paoua, à 487 kilomètres au nord-ouest de Bangui. Les combats opposent les Forces armées centrafricaines (FACA) aux éléments de la Coalition Militaire de Salut du Peuple et de Redressement (CMSPR) dirigée par l’ancien ministre Armel Sayo.
Selon nos informations, les combats sont en cours dans cette zone de l’Ouham-Pendé. Cette nouvelle attaque s’inscrit dans une série d’opérations menées ces derniers mois par la CMSPR dans les préfectures de l’Ouham et de l’Ouham-Pendé.
L’intensité des combats et le bilan d’éventuelles victimes ne sont pas encore connus. Plus d’informations à suivre sur cette situation en développement.
Cette information sera mise à jour dès que de nouvelles informations seront disponibles.
Un chef anti-balaka faction Touadera a été interpellé mardi soir à l’hôpital de Grimari, à 305 kilomètres à l’est de Bangui, avant d’être transféré hier à Bambari. Cette arrestation dévoile les dynamiques complexes entre les différents éléments armés dans la préfecture de la Ouaka.
En effet, les faits se sont déroulés lundi dernier vers 22 heures à l’hôpital de Grimari où le suspect, identifié comme monsieur Ayoloma, se trouvait à l’hôpital au chevet de son frère qui devait subir une intervention chirurgicale pour hernie. Selon plusieurs témoins, il a menacé de mort l’équipe médicale en cas de complications lors de l’opération.
“Il exigeait que l’opération de son frère se déroule parfaitement, menaçant de tuer tout le personnel soignant en cas de complications”, rapporte une source hospitalière sous couvert d’anonymat. Face à ces intimidations, le personnel médical a alerté le commissariat de police situé en face de l’établissement.
Une première équipe de policiers s’est rendue sur place pour procéder à l’interpellation de monsieur Ayoloma. Mais au commissariat, le suspect a continué ses provocations et menaces, mettant les forces de l’ordre dans l’embarras. “Son comportement était ingérable”, confie un agent présent lors de l’arrestation.
Les policiers ont alors sollicité l’appui des FACA, dont une unité est basée derrière l’hôpital de Grimari. Les militaires centrafricains, qui entretiennent des relations de travail régulières avec le suspect dans le cadre des opérations de sécurisation, n’ont cependant pas donné suite à la demande d’intervention. « Les FACA sont venus, ils sont restés quelques minutes, et ils sont repartis sans rien faire », explique un agent présent au moment des faits.
C’est finalement l’unité des forces russes de Wagner présente également dans la localité qui a été appelée en renfort. Les éléments russes ont pris en charge le chef anti-balaka dans la nuit avant de le transférer hier mardi vers 9 heures à Bambari, chef-lieu de la préfecture situé à moins de 100 kilomètres.
Pour l’heure, le sort du chef anti-balaka reste incertain. Son transfert à Bambari pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires, mais les observateurs locaux restent prudents quant à l’issue de cette affaire.
Les autorités préfectorales de la Ouaka, contactées, n’ont pas souhaité commenter cette arrestation. À Grimari, la population attend de voir les suites qui seront données à cette affaire qui implique un acteur local travaillant habituellement en coordination avec les forces de sécurité.
Une nouvelle tentative de dialogue avec la CPCF : Sant’Egidio s’engage sur un terrain déjà miné
Centrafrique.org/tentatives-de-destabilisation-du-tchad-lupc-met-en-garde-touadera-et-sa-suite/le-chef-rebelle-ali-darassa-et-ses-hommes-dans-la-localite-du-mbomou/” rel=”attachment wp-att-68447″ data-wpel-link=”internal”>Le chef rebelle Ali Darassa avec ses hommes dans la région du Mbomou
La Communauté de Sant’Egidio a invité plusieurs personnalités – Haroun Gaye, Bello Saidou Mohamadou, Amadou Bi Aliou, et Mokom Bernard – à une réunion de concertation à N’Djamena le 07 janvier 2025, dont des représentants de la Coalition des Patriotes pour le Changement Fondamental (CPCF). Cette initiative intervient dans un contexte particulier où les précédentes négociations avec le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) n’ont pas abouti.
L’histoire récente montre la complexité de ces dialogues. Tout avait commencé par un communiqué de l’UPC manifestant sa volonté de paix, auquel le gouvernement avait répondu favorablement. Mais cette démarche n’avait pas eu de suite concrète : les armes ont continué à parler sur le terrain.
Entre-temps, le paysage des groupes armés s’est recomposé. L’UPC a quitté son ancienne alliance pour créer la Coalition des Patriotes pour le Changement Fondamental (CPCF), entraînant avec elle plusieurs groupes armés mineurs. C’est dans ce nouveau contexte que Sant’Egidio tente une médiation.
Cette approche par négociations séparées, adoptée tant par le gouvernement que par Sant’Egidio, pose question. Pendant que le chef du MPC Mahamat Al-Khatim reste détenu au Tchad et que ses combattants demeurent dans la brousse, une nouvelle tentative démarre avec la CPCF. Cette méthode de discussions fragmentées n’a jusqu’ici pas produit de résultats tangibles pour la population centrafricaine.
La réalité du terrain reste inquiétante. Les habitants des zones touchées par le conflit attendent toujours une paix véritable. Les multiples initiatives de dialogue, aussi bien intentionnées soient-elles, n’ont pas encore transformé leur quotidien.
La Communauté de Sant’Egidio, par son statut d’institution catholique respectée, espère peut-être réussir là où d’autres ont échoué. Mais l’expérience montre que la route vers une paix durable exige plus que des réunions successives avec différents groupes armés.
Pour l’instant, les Centrafricains observent cette nouvelle initiative avec un mélange d’espoir et de scepticisme, instruits par les échecs des tentatives précédentes. Seul l’avenir dira si cette approche permettra d’avancer vers une paix véritable ou si elle ajoutera simplement un nouveau chapitre à la longue histoire des négociations inachevées en République centrafricaine.
Hommage à Joseph Bendounga : au panthéon de la conscience politique centrafricaine
Centrafrique.org/avec-le-bitcoin-cest-leconomie-centrafricaine-qui-sera-saignee-a-blanc-dixit-le-depute-joseph-bendounga/le-depute-de-bimbo3-joseph-bendounga-interviewe-par-les-journalistes-apres-le-vote-de-la-politique-generale-du-gouvernement/” rel=”attachment wp-att-49387″ data-wpel-link=”internal”>Le député de Bimbo3, Joseph Bendounga, interviewé par les journalistes après le vote de la politique générale du gouvernement
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Une pluie fine tombait sur Bangui ce dimanche 5 janvier 2025 quand Corbeau News Centrafrique a appris la disparition de Joseph Bendounga à l’hôpital de l’Amitié. Depuis sa création, notre journal a suivi avec attention le parcours de cet homme d’exception qui a marqué l’histoire politique de notre pays. Aujourd’hui, la rédaction de CNC tient à saluer la mémoire de celui qui incarnait la conscience politique centrafricaine.
L’histoire retiendra qu’en ce dimanche 5 janvier 2025, la République centrafricaine a perdu l’une de ses voix les plus authentiques. Joseph Bendounga, ce fils de Bocaranga qui a consacré sa vie à la défense des idéaux démocratiques, s’est éteint à l’hôpital de l’Amitié de Bangui. Conformément à sa volonté, lui qui a toujours privilégié la simplicité, il a été inhumé le jour même, refusant jusqu’au bout les honneurs officiels.
Joseph Bendounga : un parcours marqué par l’intégrité
Né le 17 mars 1954 à Bocaranga, Joseph Bendounga portait en lui la vision d’une Centrafrique unie et prospère. Diplômé en droit de l’Université de Bangui et maître de karaté, il incarnait cette rare alliance de la force morale et de l’intelligence juridique. En 1990, alors que le pays s’ouvrait au multipartisme, il fonde le Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Évolution de Centrafrique (MDREC), marquant ainsi le début d’un engagement politique sans compromission.
De 1997 au 18 février 2000, il dirige la mairie de Bangui, laissant le souvenir d’un administrateur intègre. Son bref passage comme vice-ministre du Développement rural et de l’agriculture en 2013, sous Michel Djotodia, se termine par sa démission fracassante, fidèle à ses principes de ne jamais cautionner ce qu’il considérait comme contraire à l’intérêt national.
Le courage face à l’adversité
L’histoire retiendra particulièrement son expulsion musclée du Palais de la Renaissance le 19 octobre 2010, sur ordre du président Bozizé, lors d’une réunion retransmise en direct à la radio. Cet épisode, loin de le faire taire, n’a fait que renforcer sa détermination à combattre l’arbitraire.
En 2020, il marque les esprits en déposant une plainte historique contre quatre présidents : Faustin Archange Touadéra et ses prédécesseurs Catherine Samba-Panza, Michel Djotodia et François Bozizé. Il les accusait d’être “l’alpha et l’oméga” des souffrances du peuple centrafricain, dénonçant notamment la disparition de 10 millions de dollars octroyés par l’Angola en 2014.
Joseph Bendounga : le gardien de la Constitution
En 2023, alors que le pays s’apprêtait à voter une nouvelle Constitution fabriquée de toute pièce par Baba Kongoboro pour s’éterniser au pouvoir, Joseph Bendounga s’est dressé contre ce qu’il considérait comme une dérive autoritaire. Il dénonçait avec véhémence l’introduction du concept de “centrafricanité”, qu’il jugeait contraire au principe sacré de “Zo Kwé Zo” (tout homme est un homme) cher au père fondateur Barthélemy Boganda.
Sa vigilance s’est également exercée sur les questions économiques. Face à l’adoption du bitcoin comme monnaie légale en RCA, il mettait en garde : “C’est l’économie centrafricaine qui sera saignée à blanc.” Une prémonition qui résonne encore aujourd’hui.
Joseph Bendounga : un homme de conviction jusqu’au bout
Élu député de Bimbo 3 en 2021, il a poursuivi son combat parlementaire avec la même ferveur. Son dernier combat aura été pour la défense du député Dominique Éphrem Yandocka, dont il exigeait l’évacuation sanitaire, fidèle jusqu’au bout à son engagement pour les droits humains.
À l’époque de la pression politique, Joseph Bendounga préfère vivre modestement, préférant dormir sous une tente dans sa concession plutôt que de céder aux sirènes du pouvoir. Cette intégrité lui a valu le respect même de ses adversaires politiques.
L’héritage d’un patriote
Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage politique centrafricain. Plus qu’un opposant, Joseph Bendounga était un patriote visionnaire qui croyait en la possibilité d’une Centrafrique démocratique et prospère. Son parcours nous rappelle que le courage politique n’est pas un vain mot.
Aux générations futures, surtout aux députés qui changent de veste comme le vent, il lègue l’exemple d’un homme qui n’a jamais transigé avec ses principes, qui a su dire non quand il le fallait, et qui a toujours placé l’intérêt de son pays au-dessus de ses intérêts personnels.
Joseph Bendounga rejoint ainsi le panthéon des grandes figures qui ont marqué l’histoire de la République centrafricaine, non par leur soif de pouvoir, mais par leur engagement indéfectible pour la justice et la démocratie.
La rédaction de Corbeau News Centrafrique s’incline respectueusement devant la mémoire de Joseph Bendounga. Par sa droiture et son engagement sans faille, il a incarné les valeurs que notre journal s’efforce de défendre : l’intégrité, le courage et la quête de vérité. Son exemple continuera d’inspirer les générations futures de journalistes et de citoyens engagés.
À sa famille, à ses proches et à tous les Centrafricains qui ont cru en son combat, nous présentons nos sincères condoléances. La République centrafricaine perd un de ses fils les plus dignes, mais son héritage demeurera comme un phare dans la nuit pour tous ceux qui rêvent d’une Centrafrique plus juste et plus démocratique.
Un technicien travaille dans le studio de la Radio Centrafrique, un lieu emblématique de la communication nationale. Photo Cristian Aimé Ndota
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
“Écoutez cette émission de syndicalistes à la Radio Centrafrique…” Une phrase qui pourrait prêter à rire si elle n’était pas le reflet d’une triste réalité. À l’antenne de Radio Centrafrique, deux hommes, soi-disant des syndicalistes, échangent des propos sans queue ni tête, parlant tour à tour de miroirs pour voir les votes, de papa Noël, des pasteurs, de la première dame, du Président de l’assemblée nationale et de “paradis imbacolique”. Un dialogue qui donne le vertige.
Cette émission n’est pas un accident. Elle est le résultat direct des choix de la direction actuelle de Radio Centrafrique. D’anciens cadres à la retraite depuis 20 ou 30 ans ont été rappelés pour diriger l’antenne. Des personnes sans formation ni expérience occupent maintenant des postes de chef de rédaction.
Le résultat ? Les Centrafricains ne reconnaissent plus leur Radio Centrafrique. Ils s’en détournent, écœurés par la médiocrité des programmes. Comment leur donner tort quand une émission censée traiter de syndicalisme se transforme en prêche décousu sur Noël et “l’orgueil” ?
Le ministre de la Communication, Maxime Balalou, porte une lourde part de responsabilité. Sous sa direction, la Radio Centrafrique s’enfonce chaque jour un peu plus. Les nominations qu’il a validées ont achevé de transformer cette institution en une caricature d’elle-même.
Les conséquences sont là : les journalistes professionnels ont déserté, remplacés par des amateurs. Les émissions de la Radio Centrafrique ressemblent maintenant à des conversations de café, sans préparation ni contenu. L’information, pourtant capitale dans un pays comme la Centrafrique, est sacrifiée sur l’autel de l’incompétence.
Cette Radio Centrafrique, qui devrait être la voix de tous les Centrafricains, est devenue celle de l’amateurisme. Les auditeurs méritent mieux qu’un dialogue confus entre deux personnes qui passent du coq à l’âne, mélangeant religion, conseils aux parents et considérations sur “les orgues” et “les opportunistes”.
Les Centrafricains ont besoin d’une vraie radio nationale. Une radio qui informe, qui explique, qui débat. Une radio dirigée par des professionnels formés, compétents, capables de produire des émissions de qualité. C’est une question de respect pour les auditeurs, mais aussi pour le pays tout entier.
Le temps presse. Chaque jour qui passe voit la Radio Centrafrique s’enfoncer davantage. Il faut agir maintenant, avant que cette institution ne devienne définitivement une coquille vide, abandonnée par ses auditeurs et méprisée par tous.
Du Conseil à la Muselière constitutionnelle : Comment Touadéra a dompté son dernier contre-pouvoir
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Professeur-Jean-Pierre-Waboue-President-de-la-cour-constitutionnelle-de-la-Republique-centrafricaine-450×397.jpg” alt=”Professeur Jean-Pierre Waboué, Président de la cour constitutionnelle de la République centrafricaine, illustrant l’article sur Du Conseil à la Muselière constitutionnelle : Comment Touadéra a dompté son dernier contre-pouvoir” width=”450″ height=”397″ />Jean-Pierre Waboué, Président de conseil constitutionnel centrafricain
Bangui, CNC. La transformation de la Cour constitutionnelle en Conseil constitutionnel, entérinée par la nouvelle Constitution d’août 2023, marque l’aboutissement d’une stratégie méthodique d’étouffement du dernier contre-pouvoir centrafricain. Cette mutation institutionnelle, loin d’être une simple réforme administrative, consacre la mise au pas définitive d’une institution qui avait osé dire “non” au pouvoir de Touadéra.
L’étranglement méthodique d’une institution par Touadéra
L’éviction brutale de Danielle Darlan de la présidence de la Cour constitutionnelle en octobre 2022 par le Président Touadéra n’était que le prélude à un démantèlement plus radical. Sa mise à la retraite forcée de l’université, pour avoir osé s’opposer aux velléités de modification constitutionnelle du pouvoir de Touadéra, annonçait la couleur : aucune résistance institutionnelle ne serait plus tolérée.
Une transformation constitutionnelle sur mesure par Touadéra
La nouvelle Constitution d’août 2023 de Touadéra ne s’est pas contentée de rebaptiser l’institution. Elle a systématiquement rogné ses prérogatives, réduisant le “Conseil” à une chambre d’enregistrement des volontés présidentielles. Cette mutation sémantique traduit une réalité plus brutale : la fin de toute velléité d’indépendance judiciaire au plus haut niveau de l’État.
La mascarade du renouvellement
Le renouvellement des membres du nouveau Conseil constitutionnel illustre parfaitement cette mise au pas. Les nouveaux “conseillers” sont soigneusement sélectionnés pour leur docilité, transformant une institution jadis gardienne de la Constitution en simple caution juridique du pouvoir.
L’intimidation comme méthode
Les méthodes employées par Touadéra pour soumettre l’institution sont édifiantes. Les juges récalcitrants ont fait l’objet de campagnes de dénigrement alimentée par des associations affiliées au pouvoir. Les menaces physiques n’ont pas été rares, créant un climat de terreur jusque dans les couloirs de la plus haute juridiction du pays.
La complicité du monde universitaire
Plus inquiétante encore a été la complicité de l’université dans ce processus. Les collègues universitaires de l’ancienne présidente ont validé sans broncher sa mise à l’écart, trahissant les principes d’indépendance intellectuelle qu’ils étaient censés défendre.
Une justice constitutionnelle à géométrie variable
Le nouveau Conseil constitutionnel fabriqué par Touadéra excelle dans l’art de la justice sélective. Inflexible avec les opposants, il devient étrangement accommodant dès qu’il s’agit de valider les initiatives du pouvoir. Cette partialité systématique sape les fondements mêmes de l’État de droit.
L’asphyxie financière
Le pouvoir a également utilisé l’arme budgétaire. Le nouveau Conseil constitutionnel, théoriquement indépendant, voit ses moyens strictement contrôlés par l’exécutif, rendant toute velléité d’autonomie illusoire.
La fin du contrôle constitutionnel
Cette transformation institutionnelle signe la fin de tout contrôle constitutionnel effectif en RCA. Les lois peuvent désormais être votées sans réel examen de leur conformité à la Constitution, ouvrant la voie à tous les abus.
Un modèle exportable
Plus inquiétant encore, cette domestication du contrôle constitutionnel pourrait faire école dans la région. D’autres régimes autoritaires observent avec intérêt cette méthode “douce” de neutralisation des contre-pouvoirs.
Les conséquences pour l’État de droit
La transformation de la Cour en Conseil constitutionnel marque la fin des illusions sur la séparation des pouvoirs en RCA. Sans garde-fou constitutionnel effectif, le pays s’enfonce dans un autoritarisme légalisé.
Une régression historique
Cette évolution marque une régression historique majeure. Les acquis démocratiques durement conquis sont systématiquement démantelés, avec la bénédiction d’une institution censée les protéger.
La mutation de la Cour en Conseil constitutionnel illustre parfaitement la capacité du régime Touadéra à habiller ses dérives autoritaires d’un vernis légal. En neutralisant le dernier rempart institutionnel contre l’arbitraire, le pouvoir a franchi une étape décisive vers un autoritarisme sans contrôle. Le “Conseil” constitutionnel n’est plus qu’une façade juridique, masquant mal la réalité d’un pouvoir qui ne tolère plus aucune limite à son autorité.
Les mille visages de Maxime Balalou : du lion en conférence de presse au ministre qui fuit pieds nus
Centrafrique.org/le-regime-touadera-sombre-dans-la-paranoia-quand-wagner-dicte-la-communication-gouvernementale/maxime-balalou/” rel=”attachment wp-att-86241″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Maxime-Balalou–450×225.jpg” alt=”Les mille visages de Maxime Balalou : du lion en conférence de presse au ministre qui fuit pieds nus” width=”450″ height=”225″ />L’actuel minisre de la communication, Maxime Balalou, également porte-parole du gouvernement
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
“Que celui qui est courageux vienne à Bangui, il va le sentir !”, tonnait fièrement le ministre Maxime Balalou lors de sa conférence de presse hebdomadaire du 16 décembre. Ces paroles guerrières masquent pourtant une réalité bien différente que ses voisins n’ont pas oubliée : celle d’un homme qui, en décembre 2020, fuyait son domicile sans chaussures ni chemise, en larmes, quand les rebelles de la CPC étaient à la porte de la capitale Bangui.
L’histoire qu’on va vous raconter est celle d’un personnage aux multiples facettes, dont les actes contredisent régulièrement les paroles. Une histoire qui fait aujourd’hui sourire dans les quartiers du deuxième arrondissement de Bangui, où les habitants se souviennent encore de ce jour de décembre 2020.
Ce jour-là, alors que la nouvelle de la présence des rebelles de la coalition des patriotes pour le changement (CPC) à la porte de la capitale se répand dans Bangui comme une trainée de poudre, une scène surprenante se déroule dans un quartier du deuxième arrondissement. Le ministre Maxime Balalou, pris de panique, quitte précipitamment sa maison. Dans sa fuite éperdue, il en oublie même ses chaussures et sa chemise. Les voisins le retrouvent quelques minutes plus tard, prostré et sanglotant avec des larmes aux yeux comme des bébés qui pleurent, les mains sur le visage, dans une maison voisine où il a trouvé refuge.
La scène aurait pu être simplement pathétique si elle n’était pas si révélatrice. Ce sont finalement de jeunes habitants du quartier, émus par le spectacle de ce ministre Maxime Balalou en détresse, qui retournent chez lui chercher ses chaussures abandonnées à l’entrée du salon. Sa femme lui apportera plus tard de quoi se vêtir convenablement.
Cette fuite précipitée n’est pas un incident isolé dans la carrière de Maxime Balalou. En 2013, lors de la chute du régime Bozizé face à la Séléka, il avait déjà montré des signes similaires de panique. À l’époque conseiller économique du Premier ministre Faustin Archange Touadéra – qui est devenu depuis président, Maxime Balalou s’était également réfugié chez des voisins, en proie à la même terreur.
Les habitants du deuxième arrondissement de Bangui, qui connaissent ces épisodes, accueillent désormais avec un sourire entendu les déclarations martiales du ministre Maxime Balalou lors de ses points de presse. Protégé par les forces Wagner, il se permet maintenant des rodomontades qui contrastent singulièrement avec ses comportements qu’il a affiché il y’a quatre ans.
La dernière sortie médiatique du ministre Maxime Balalou, le 16 décembre, démontre parfaitement ce grand écart entre l’image publique et la réalité. Alors qu’il menaçait les groupes armés, brandissant la puissance des forces gouvernementales, beaucoup se souvenaient encore de sa fuite précipitée, trois ans plus tôt, quand une simple rumeur d’approche des rebelles l’avait fait détaler sans même ses chaussures.
Dans les rues de Bangui, cette histoire circule comme une parabole sur la nature du pouvoir et le courage de certains dirigeants. On raconte comment le ministre Maxime Balalou, qui aujourd’hui se pavane sous la protection des Wagner, était le premier à fuir quand le danger se présentait réellement. Les témoins de ces épisodes ne peuvent s’empêcher de noter l’ironie de la situation : celui qui menace aujourd’hui les autres de “le sentir” s’ils osent venir à Bangui était lui-même introuvable quand la capitale était menacée.
Cette histoire de Maxime Balalou est devenue emblématique du décalage entre les discours officiels et la réalité du terrain. Elle rappelle que derrière les déclarations fracassantes et les postures guerrières se cachent parfois des hommes ordinaires, avec leurs peurs et leurs faiblesses. Une leçon d’humilité que les Banguissois ne sont pas près d’oublier.
Le calvaire sans fin du Lieutenant Steve Yambété – De la prison à la liberté, et retour à la case de départ
Centrafrique.org/centrafrique-lieutenant-steve-yambete-arrete-Bangui/operation-arrestation-lieutenant-steve-yambete/” rel=”attachment wp-att-58785″ data-wpel-link=”internal”>L’ancienne operation-arrestation-lieutenant-steve-yambete – Centrafrique : l’ex-lieutenant Steve Yambété arrêté à Bangui
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des menottes aux poignets, une nouvelle fois. Le Lieutenant Steve Yambété, à peine remis de sa précédente détention, se retrouve à nouveau derrière les barreaux. Arrêté à l’aéroport de Bangui alors qu’il cherchait à sortir pour des soins médicaux, l’ancien officier fait face à une demande surréaliste des officiers de l’OCRB : 5 millions de francs CFA pour sa liberté, après un interrogatoire par les Wagner. Une justice qui tourne en rond, ou plutôt qui danse la valse de l’absurde.
Le manège infernal de la justice centrafricaine
Comme dans un mauvais film ivoirien qui se répète, Steve Yambété revit le même scénario. Arrêté une première fois, puis libéré faute de preuves, le voilà rattrapé par les griffes d’un système qui semble jouer au chat et à la souris avec ses citoyens. Un petit jeu macabre où la justice fait des pirouettes : on arrête, on relâche, on réarrête, dans une danse sans fin qui donnerait le tournis à n’importe quel observateur sensé.
La chasse aux Gbaya est ouverte, et Steve Yambété paye le prix
Les couloirs du pouvoir murmurent une vérité qui fait froid dans le dos : 2025 serait l’année de la grande traque des Gbaya. Militaires, officiers, cadres – tous dans le viseur d’une machine répressive qui ne prend même plus la peine de se cacher. La recette est simple : un soupçon d’arbitraire, une pincée de persécution ethnique, et une bonne dose d’acharnement judiciaire.
Le prix de la liberté de lieutenant Steve Yambété : 5 millions ou l’absurdité tarifée
Dans ce théâtre de l’absurde, la justice a désormais un prix : 5 millions de francs CFA. Une somme rondelette pour retrouver une liberté déjà accordée par cette même justice quelques mois plus tôt. On croirait presque à une farce si les conséquences n’étaient pas aussi dramatiques pour les familles de lieutenant Steve Yambété.
Les fossoyeurs de leur propre histoire
Le comble de l’ironie ? Ces mêmes autorités qui organisent aujourd’hui cette répression doivent leur ascension au régime de François Bozizé qu’elles pourchassent. Tel un serpent qui se mord la queue, le pouvoir actuel renie ses origines, pourchasse ses anciens bienfaiteurs, et transforme ses parents politiques en ennemis jurés.
L’histoire du Lieutenant Steve Yambété n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de cette justice à géométrie variable qui gangrène la Centrafrique. Pendant ce temps, les cellules se remplissent, les familles pleurent, et le pays s’enfonce dans une spirale où la loi du plus fort remplace l’État de droit. À quand le prochain tour de manège ?
Martin Ziguélé : La désinformation détruit notre cohésion sociale
Centrafrique.org/corruption-et-pauvrete-en-Centrafrique-les-liens-devastateurs-devoiles-par-martin-ziguele/le-president-du-mlpc-martin-ziguele-depute-de-bocaranga-3/” rel=”attachment wp-att-66913″ data-wpel-link=”internal”>Le Président du parti MLPC, Député de Bocaranga 3
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le président du MLPC et député de Bocaranga 3, Martin Ziguélé, a lancé un avertissement sévère contre les effets destructeurs de la désinformation lors d’une interview accordée à la Radio Guira FM.
“La désinformation n’est pas simplement une priorité politique, c’est l’exigence de vérité qui doit animer chaque être humain responsable et adulte”, a déclaré le député Martin Ziguelé, soulignant que les conséquences vont bien au-delà des simples querelles politiques.
Selon l’ancien Premier ministre Martin Ziguelé, l’explosion des réseaux sociaux a amplifié ce phénomène. “Au début, les gens utilisaient les réseaux sociaux pour se faire connaître. Aujourd’hui, certains s’en servent pour attaquer d’autres personnes qui n’ont pas la possibilité de répondre, ou pour propager des informations qu’ils savent fausses”, explique-t-il.
Dans sa circonscription de Bocaranga 3, située à 532 kilomètres de Bangui, le problème prend une autre forme. “Il n’y a même pas de réseau social. Les habitants n’ont pas accès au téléphone. Mais les fausses informations circulent de bouche à oreille”, note le parlementaire.
Martin Ziguélé appelle ses collègues députés à prendre l’initiative d’une proposition de loi spécifique contre la désinformation. “Le Code pénal condamne déjà la diffamation, mais nous devons aller plus loin”, assure le président du parti MLPC Martin Ziguelé.
“Dans un pays comme le nôtre, qui sort à peine d’un conflit, la parole peut créer des situations incontrôlables”, prévient le député Martin Ziguelé. Il invite ses compatriotes à “parler peu, parler bien et parler constructif” pour préserver la paix sociale.
Pour Martin Ziguélé, les élus ont une responsabilité particulière. “Les députés, comme représentants de la population, doivent travailler dans leurs circonscriptions pour la cohésion sociale. Cela passe par une opposition résolue à la désinformation et à la manipulation de l’information qui oppose les uns aux autres”.
Vœux 2025 : L’ANE, bras armé électoral du pouvoir de Touadera
Centrafrique.org/rca-la-configuration-de-la-septieme-legislature-de-la-sixieme-republique-se-dessine-a-lhorizon-le-parti-au-pouvoir-en-tete/le-president-de-lane-entoure-par-les-quelques-commissaires/” rel=”attachment wp-att-45321″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/03/Le-president-de-lANE-entoure-par-les-quelques-commissaires-450×203.jpg” alt=”Vœux 2025 : L’ANE, bras armé électoral du pouvoir de Touadera” width=”450″ height=”203″ />Le Président de l’ANE entouré de quelques commissaires électoraux
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Absente physiquement mais présente dans les faits. La délégation de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) s’est rendue ce vendredi 3 janvier 2025 au palais présidentiel pour la traditionnelle cérémonie des vœux 2025. Une visite qui ne laisse aucun doute sur l’inféodation totale de l’institution au pouvoir en place.
La réalité est implacable. Le président de l’ANE, après sa formation approfondie à Moscou sur “les techniques électorales”, applique désormais à la lettre les directives venues de Russie. Les résultats des prochaines élections de 2025-2026 semblent déjà écrits, alors que Wagner contrôle l’ensemble de la chaîne électorale : du transport des urnes à la sécurisation des bureaux de vote.
Dans les coulisses diplomatiques à Bangui, le constat est sans appel : “L’ANE n’existe plus comme institution indépendante. Chaque décision passe par le filtre des conseillers russes”, confie une source occidentale. Une mainmise totale qui s’étend jusqu’au recrutement du personnel électoral.
La nouvelle Constitution de 2023 a parachevé ce dispositif en renforçant les pouvoirs présidentiels. L’article 166 consacre une ANE “indépendante et autonome”, une fiction juridique qui masque mal la réalité du terrain.
“Les dés sont pipés d’avance”, résume un observateur averti de la scène politique centrafricaine. “Entre la manipulation des listes électorales et le contrôle des opérations de vote par Wagner, l’ANE n’est plus qu’une chambre d’enregistrement des résultats décidés à l’avance“.
Cette cérémonie des vœux 2024 prend ainsi des allures de répétition générale avant le grand spectacle électoral prévu en 2025-2026. Les discours sur la “transparence” et l’”inclusivité” ne trompent plus personne. L’ANE, transformée en simple instrument du pouvoir, prépare déjà le terrain pour les futures échéances, sous la tutelle étroite de ses maîtres russes.
Lakouanga 2025 : une décennie de réconciliation à célébrer en Centrafrique
La mosquée de Lakouanga renovée. Par Aimé-Christian Aimé Ndotah
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Dix ans de reconstruction, dix ans de réconciliation. En avril 2025, Aimé Christian Ndota prépare un grand moment de réflexion autour de la paix et de la réconciliation à Bangui. Une initiative qui prend racine dans la reconstruction de la mosquée de Lakouanga, devenue symbole du vivre-ensemble en République centrafricaine.
“On va organiser des conférences-débats, des forums pour parler de paix et de la réconciliation “, annonce le journaliste centrafricain. Un timing capital alors que le pays entrera en période électorale. “Même si les élections locales prévues la fin de cette année sont reportées pour avril 2025, nous voulons anticiper pour sensibiliser les Centrafricains sur l’importance de préserver la paix”, explique-t-il.
Les préparatifs démarreront dès janvier 2024. L’initiateur compte solliciter plusieurs partenaires, notamment le PNUD et l’ambassade de France. Au programme : des caravanes de sensibilisation et une mobilisation massive des médias pour porter le message de la réconciliation dans tous les quartiers de Bangui.
Cette journée de réflexion sur la paix et réconciliation vise particulièrement la jeunesse. “Les enfants qui avaient 8-10 ans lors du début de la reconstruction ont maintenant 20 ans. Ils peuvent faire le relais auprès de leurs aînés”, souligne Ndota. Une nouvelle génération qui n’a pas toujours connu la signification profonde de la réconciliation.
“Beaucoup de jeunes ne maîtrisent pas les concepts de paix et de vivre-ensemble. On organise des ateliers ici et là, mais dans le concret, les résultats restent limités”, déplore le journaliste. Pour lui, la paix n’est pas qu’une affaire de grands discours : elle se construit par des actions concrètes, à l’image de la mosquée de Lakouanga, dont il est l’initiateur de sa reconstruction en 2014.
Le message est clair : en 2025, la Centrafrique ne doit pas retomber dans un nouveau cycle de violence.“Construire la paix, c’est construire le pays”, martèle Ndota. Une conviction qu’il exprime depuis dix ans, depuis ce jour où il prononça trois fois “As-salamu alaykum” sur le terrain du dispensaire de Lakouanga.
La mosquée attend encore ses finitions – fenêtres, portes, carrelages et minaret complet. Mais au-delà du bâtiment, c’est tout un idéal de paix et de réconciliation qui continue de se construire à Lakouanga, pierre après pierre, jour après jour.
Dans la sous-préfecture de Bakouma, une menace silencieuse grandit chaque jour. Les infiltrations entre le Soudan et le Tchad créent un couloir dangereux qui inquiète les autorités locales. Le gouverneur du Haut – Oubangui Victor Bissekoin dresse un portrait alarmant de cette situation lors de son entretien avec la radio Centrafrique.
“La sous-préfecture de Bakouma, qui s’étend jusqu’à Zako, est devenue une porte d’entrée pour les infiltrations”, déclare le gouverneur Victor Bissekoin, la voix empreinte d’inquiétude. “Nous observons des mouvements réguliers de personnes qui descendent soit du Soudan, soit du Tchad“.
Ces déplacements suivent un schéma bien établi. Selon le gouverneur, les groupes armés entrent par Zacko, Bakouma, puis effectuent ce que le gouverneur appelle “un mouvement parallèle” jusqu’à Pombolo, où ils établissent leurs bases. De là, ils étendent leur influence jusqu’à Béban, créant un véritable réseau d’instabilité dans toute la région.
Quand les autorités les interrogent sur leurs activités, ces groupes avancent toujours la même excuse. “Ils disent qu’ils cherchent les éleveurs”, rapporte le gouverneur Bissekoin. Une réponse qui ne convainc pas les autorités locales, conscientes des véritables enjeux.
“Les éleveurs sont d’abord des Centrafricains”, insiste le gouverneur. “Leur élevage fait partie de notre patrimoine, de l’économie du pays. Notre rôle est de protéger à la fois nos citoyens éleveurs et leurs bétails, pas de laisser des groupes externes s’immiscer dans nos affaires“.
Cette situation inquiétante à Bakouma-Zacko montre un problème plus large de contrôle des frontières. Les mouvements transfrontaliers non autorisés fragilisent la sécurité de toute la région, créant des poches d’instabilité difficiles à maîtriser.
Les conséquences de ces infiltrations touchent directement la population de la région Haut – Oubangui. Les habitants vivent dans l’incertitude, ne sachant jamais quand un nouveau groupe pourrait arriver. Cette insécurité affecte leurs activités quotidiennes et leur liberté de mouvement.
Devant ce défi sécuritaire, les autorités tentent de renforcer la surveillance de cet axe stratégique. Mais la tâche reste immense : comment sécuriser efficacement une zone aussi vaste, avec des frontières aussi poreuses ? La question reste entière, pendant que les infiltrations se poursuivent sous les yeux inquiets des populations de Bakouma et Zacko.
À Bozoum, les maraîchers désemparés par le dérèglement climatique
Centrafrique.org/crise-a-ndim-conflits-routiers-et-violences-agricoles-menacent-une-communaute/deux-femmes-de-ndim/” rel=”attachment wp-att-75482″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Deux-femmes-de-Ndim-450×300.jpg” alt=”À Bozoum, les maraîchers désemparés par le dérèglement climatique” width=”450″ height=”300″ />Deux femmes en train de cultiver
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Les jardins maraîchers de Bozoum, ville située à 385 kilomètres de Bangui, traversent une période difficile. Le changement climatique perturbe profondément le cycle traditionnel des cultures, plongeant les producteurs locaux dans l’inquiétude.
“Nos récoltes diminuent chaque année. Le climat n’est plus prévisible comme avant”, déplore Toyama Aladin, maraîcher depuis quinze ans. “La pluie arrive quand nous attendons le soleil, et le soleil brûle nos plants quand nous avons besoin d’eau“.
Cette situation affecte directement les prix sur le marché de Bozoum. Bogao Geneviève, qui achète quotidiennement des légumes pour sa petite restauration, ne cache pas son désarroi : “Les prix ont doublé en quelques mois. Une botte de légumes qui coûtait 500 francs CFA en coûte maintenant 1000. Comment nourrir nos familles dans ces conditions?”
Au-delà du climat, les maraîchers doivent composer avec un cruel manque d’équipements. Arrosoirs usés, houes insuffisantes, systèmes d’irrigation défaillants – les outils de base font défaut.
Ndoupendji Luther Faustin, conseiller technique agricole à l’ACDA de Bozoum, propose des solutions : “Nous encourageons les maraîchers à adopter des techniques adaptées au nouveau contexte climatique. Il faut notamment privilégier des variétés plus résistantes et ajuster les calendriers de plantation“.
L’espoir vient peut-être du soutien des organisations humanitaires. Yerema Eddy Mermoz, représentant de l’ONG Enabel, travaille à l’introduction de semences améliorées : “Ces nouvelles variétés supportent mieux les variations climatiques tout en maintenant de bons rendements. Mais il faut former les maraîchers à leur utilisation“.
Pour l’heure, les jardins de Bozoum, qui nourrissent habituellement une grande partie de la population locale, peinent à maintenir leur production. Une situation préoccupante qui nécessite des solutions urgentes pour préserver cette activité vitale pour l’économie locale.
La mort du député Joseph Bendounga ne vaut pas une minute de silence à l’Assemblée nationale. Trois jours de silence total après sa disparition. Pas un mot officiel. Pas un communiqué. Mais pour les vœux de 2025, l’hémicycle sort les grands moyens. Tenues de ville exigées, écharpes tricolores obligatoires. La fête doit être belle.
Le cœur saigne. Un député meurt dimanche. Lundi passe. Mardi arrive. L’Assemblée nationale reste muette. Comme si le député Joseph Bendounga n’avait jamais existé. Comme si ses années de service pour la nation s’étaient évaporées. Le voilà parti sans les honneurs de l’institution qu’il a servie jusqu’à son dernier souffle.
Mais les priorités sont ailleurs. L’heure est aux préparatifs des vœux. Les notes de service pleuvent. Les consignes vestimentaires tombent. Chaque détail compte pour la grand-messe du 7 janvier. Les députés doivent briller. Le personnel doit être impeccable. Les forces de sécurité au garde-à-vous.
La honte submerge notre République. Pendant que la famille du député Joseph Bendounga pleure, les couloirs de l’Assemblée s’agitent pour une cérémonie de façade. Les mêmes qui n’ont pas trouvé une minute pour honorer leur collègue disparu passent des heures à choisir leur tenue de fête.
L’indécence atteint des sommets. Un communiqué minutieux détaille le protocole des vœux. Pas un mot sur le député Joseph Bendounga. Comme si sa mort dérangeait l’ordre du jour. Comme si son souvenir gâchait la fête à venir.
Cette Assemblée nationale qui oublie ses morts n’est plus digne de représenter le peuple centrafricain. Elle préfère les paillettes aux valeurs. Le clinquant au respect. Les sourires de circonstance aux larmes sincères.
Notre démocratie se meurt quand ses institutions piétinent ainsi la mémoire de leurs serviteurs. Pendant que le député Joseph Bendounga repose dans la terre de ses ancêtres, l’hémicycle se prépare à trinquer. La fête sera belle. Mais l’histoire retiendra cette honte. Cette tache indélébile sur notre conscience nationale.
L’Assemblée nationale dansera mardi. Elle dansera sur la tombe encore fraîche d’un des siens. Elle dansera, ignorant le deuil d’une famille, d’un parti, d’une nation. Elle dansera, oubliant que la grandeur d’une institution se mesure aussi au respect qu’elle porte à ses morts.
Que Dieu pardonne à notre Assemblée nationale. Car le peuple centrafricain, lui, n’oubliera pas cette insulte à la mémoire du député Joseph Bendounga.
En Centrafrique, Les grandes entreprises d’État échappent à l’impôt
Le ministre centrafricain des finances Hervé Ndoba
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Le rapport de la Commission Économie et Finances de l’assemblée nationale dévoile une anomalie majeure dans la collecte des recettes publiques. Les entreprises et établissements publics, censés être des contributeurs majeurs au budget de l’État, brillent par leurs faibles versements au Trésor public. La ligne 77-5-2 consacrée aux dividendes affiche des montants dérisoires au regard du nombre d’entreprises publiques existantes.
Les chiffres sont éloquents. Alors que le pays compte plusieurs dizaines d’entreprises et établissements publics, leur contribution aux recettes de l’État reste anormalement basse. Cette situation interroge sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de recouvrement mis en place par l’administration fiscale en Centrafrique.
Le problème ne date pas d’hier. Année après année, ces entités publiques accumulent les retards de paiement sans réelles conséquences. Les dividendes versés à l’État actionnaire restent largement en deçà des attentes, privant le Trésor public en Centrafrique de ressources précieuses dans un contexte budgétaire déjà tendu.
La Direction générale des impôts en Centrafrique peine à exercer son autorité sur ces contribuables particuliers. Les contrôles, quand ils existent, manquent souvent de rigueur. Une forme d’immunité tacite semble protéger ces entreprises des vérifications fiscales approfondies que subissent régulièrement les opérateurs privés.
Cette situation crée une distorsion dans le système fiscal en Centrafrique. Pendant que l’État intensifie la pression sur les petits contribuables et le secteur privé, les grandes entreprises publiques jouissent d’une forme d’impunité fiscale. Un deux poids deux mesures qui nuit à la crédibilité même de l’administration fiscale en Centrafrique.
Le ministère des Finances promet des changements. Parmi les réformes annoncées figure un renforcement des contrôles sur les entreprises publiques en Centrafrique. Mais ces promesses restent vagues, sans calendrier précis ni objectifs chiffrés de recouvrement.
L’évasion fiscale des entreprises publiques en Centrafrique constitue une faille béante dans le système de collecte des recettes de l’État. Au moment où le pays cherche désespérément à augmenter ses ressources propres, cette situation ne peut plus durer. La crédibilité de l’administration fiscale et l’équité du système tributaire sont en jeu. Il est temps que ces entités publiques contribuent à leur juste part au budget national.
La Stratégie de la Peur : Comment Njawé Jules Dramatise la Situation en Centrafrique
Le camerounais Jules Njawé, conseiller du Président centrafricain Faustin Archange Touadera
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Derrière le masque lisse du panafricanisme, Njawé Jules, “ministre-conseiller” du président Touadéra, étale durant une heure d’interview des théories à dormir debout. Drones ukrainiens, complots internationaux, FMI machiavélique. Son récit digne d’un film d’espionnage de série B tente vainement de masquer une réalité bien plus simple : celle d’un homme de main au service des intérêts de Wagner en Centrafrique.
Ses acrobaties verbales atteignent des sommets quand il évoque la présence de “soldats ukrainiens formant des rebelles”. Une accusation lancée sans l’ombre d’une preuve, mais qui sert parfaitement les intérêts du groupe Wagner dans le pays.
Le spectacle devient franchement cocasse lorsque Njawé Jules se lance dans une explication alambiquée sur TAMOIL et Total. Son récit mêle chiffres sortis de nulle part et conspirations imaginaires, le tout servi avec l’assurance d’un bonimenteur de foire.
Les Centrafricains ne sont pas dupes. Njawé Jules , Cet ancien braqueur de Paris, escroc de Douala reconverti en “expert” politique peine à dissimuler sa vraie nature derrière ses grands discours. Ses frasques publiques, notamment une altercation avec Wilfried Sébiro, un autre conseiller en 2023 devant le président Touadéra lui-même, rappellent que l’habit ne fait pas le moine.
Sa rhétorique anti-française organisée, plaquée sur chaque sujet comme un réflexe pavlovien, révèle surtout sa mission : servir les intérêts de Wagner en alimentant les tensions. Le panafricanisme, noble combat s’il en est, mérite mieux que ces artificiers du chaos.
Dans sa fougue à défendre l’indéfendable, Njawé Jules en oublie même toute cohérence. D’un côté, il vante une RCA prospère où “le duplex pousse”, de l’autre il dépeint un pays au bord du gouffre menacé par d’obscures forces étrangères. Tout est bon pour justifier la présence de ses véritables employeurs, qui sont d’ailleurs les Wagner.
Les élections de 2025 approchent et le temps presse pour les manipulateurs. Les sorties médiatiques de Njawé Jules, de plus en plus fréquentes et hystériques, trahissent cette urgence. Mais à force de crier au loup avec des théories abracadabrantes, ce “conseiller” si particulier finit par desservir ceux-là mêmes qu’il prétend défendre.
Le dernier numéro de prophète de malheur Njawé Jules annonce des catastrophes imminentes si son “scénario” n’est pas pris au sérieux. Une bien étrange façon de conseiller, qui ressemble davantage aux méthodes d’intimidation chères à ses véritables patrons qu’à de la diplomatie africaine.
Le véritable panafricanisme n’a pas besoin de ces marchands de peur qui instrumentalisent les aspirations légitimes des peuples. La Centrafrique mérite mieux que ces apprentis sorciers avec des voix robotiques qui jouent avec le feu sous couvert de grands discours.
Centrafrique : la Minusca au service de la propagande gouvernementale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/Le-Professeur-Faustin-Archange-TOUADERA-et-madame-Valentine-RUGWABIZA-Representante-Special-du-Secretaire-General-des-Nations-unies-et-Cheffe-de-la-Minusca-450×300.jpg” alt=”Faustin Archange TOUADERA, en costume noir beige, et madame Valentine RUGWABIZA, en tenue officielle, Représentante Spécial du Secrétaire Général des Nations unies et Cheffe de la Minusca, à la présidence de la République en Centrafrique.” width=”450″ height=”300″ />Faustin Archange TOUADERA, en costume noir beige, et madame Valentine RUGWABIZA, en tenue officielle, Représentante Spécial du Secrétaire Général des Nations unies et Cheffe de la Minusca, à la présidence de la République en Centrafrique.
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
La récente déclaration de Mme Valentine Rugwabiza devant le Conseil de sécurité des Nations Unies révèle une inquiétante dérive de la MINUSCA vers une diplomatie de façade, totalement déconnectée des réalités centrafricaines. La Représentante spéciale du Secrétaire général s’est en effet livrée à un exercice de communication aussi creux que trompeur. En se félicitant de la prétendue dissolution de six groupes armés, la Représentante spéciale du Secrétaire général s’est transformée en véritable porte-voix du régime Touadéra, trahissant ainsi la mission première des Nations Unies.
Une opération de communication de la MINUSCA savamment instrumentée
Le tableau idyllique dépeint par Mme Rugwabiza masque une réalité bien plus sombre. Les groupes prétendument “dissous” sont pour la plupart des structures fantômes ou moribondes, dont la disparition n’a aucun impact réel sur la situation sécuritaire du pays. “C’est une vaste fumisterie“, confie sous couvert d’anonymat un officier de l’armée nationale. “On dissout des groupes qui n’existent que sur le papier pendant que les véritables forces continuent d’opérer en toute impunité“.
Le cas du RPRC est particulièrement révélateur de cette mascarade. Ce groupe armé ethnique, dirigé par l’actuel ministre des Transports Gautron, n’a fait que se disperser, ses combattants rejoignant majoritairement le PRNC et d’autres groupes armés. “Ce n’est pas un désarmement, c’est une simple réorganisation tactique”, analyse un expert centrafricain en sécurité basé à Bangui.
Un rapport biaisé qui dessert la paix
En se contentant de relayer la propagande gouvernementale, Mme Rugwabiza faillit à sa mission. Cette présentation édulcorée de la situation sécuritaire pourrait même s’avérer contre-productive, en donnant l’illusion d’une normalisation alors que de nombreux groupes armés restent actifs sur le terrain. Les Centrafricains, premiers concernés, ne sont pas dupes de cette mascarade diplomatique.
La MINUSCA doit urgemment revoir son approche et revenir à plus d’objectivité dans l’évaluation de la situation. La paix en Centrafrique ne se construira pas sur des rapports complaisants mais sur une analyse lucide des défis qui restent à relever. En attendant, la crédibilité de la mission onusienne sort affaiblie de cet épisode peu glorieux.
Une partialité qui questionne
L’alignement manifeste de Mme Rugwabiza sur la rhétorique gouvernementale pose de légitimes interrogations sur son impartialité. Sa nationalité rwandaise et les liens étroits entre Kigali et Bangui peuvent-ils expliquer cette complaisance ? Les relations personnelles entre Baba Kongoboro et le Rwanda, notamment à travers son union avec une belle brune soldate rwandaise du bataillon hirondelle , ajoutent une dimension troublante à cette proximité.
“La MINUSCA est devenue un instrument de légitimation du pouvoir en place”, déplore un diplomate en poste à Bangui. Cette dérive compromet gravement la capacité de la mission onusienne à jouer son rôle de médiateur impartial dans la crise centrafricaine.
Acharnement contre le journaliste Christian Aimé Ndotah : quand le ministère de la Fonction publique s’en mêle
Centrafrique.org/radio-Centrafrique-a-labandon-lindifference-scandaleuse-des-autorites-face-a-un-patrimoine-en-ruine/christian-aime-ndota-ancien-directeur-general-de-la-radio-centrafrique/” rel=”attachment wp-att-83998″ data-wpel-link=”internal”>Christian Aimer Dotah, ancien directeur de la Radio Centrafrique.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Des sanctions qui s’enchaînent sans répit. À peine réintégré suite à une suspension sans solde de trois mois, Christian Aimé Ndota, ancien directeur général de la radio Centrafrique, administrateur de presse, reçoit un avertissement du ministre de la Fonction publique Marcel Dimassé. Une décision rendue publique ce 3 janvier à la radio nationale, qui montre une action concertée pour faire taire un professionnel des médias.
Contre Christian Aimé Ndotah , le rouleau compresseur administratif ne s’arrête pas
L’administration frappe encore Christian Aimé Ndotah. Les motifs avancés : “inobservation de la discrétion professionnelle” et “désobéissance hiérarchique”, trahissent la volonté de bâillonner un journaliste qui dérange. Cette nouvelle sanction, tombée le 31 décembre 2024, prolonge une série de pressions ininterrompues contre ce pauvre journaliste Christian Aimé Ndotah.
Les faits parlent d’eux-mêmes. Tout juste sorti d’une période de trois mois sans salaire entre juillet et octobre 2024, ce professionnel expérimenté n’a pas eu le temps de retrouver son équilibre qu’une nouvelle sanction s’abat sur lui.
Des ministres aux intentions douteuses
Cette décision pose question dans son timing et sa forme. Les échanges entre le ministère de la Communication et celui de la Fonction publique ne laissent guère de doute sur leur intention commune de mettre au pas ce journaliste, Christian Aimé Ndotah.
Cette affaire montre comment les bureaux ministériels peuvent devenir des chambres d’écho où résonnent les ordres de faire taire les voix critiques. Ces méthodes rappellent des pratiques qu’on croyait révolues, où l’administration servait à briser les résistances.
La presse libre en danger
Les conséquences dépassent la personne de Christian Aimé Ndotah. Cette décision résonne comme un coup de semonce pour tous les journalistes : ceux qui gardent leur liberté de ton s’exposent à des représailles administratives continues.
Ces pressions répétées sapent les fondements mêmes du droit à l’information. Un journalisme sous contrainte permanente ne peut plus jouer son rôle de vigie démocratique.
Un test pour nos institutions
Quand l’administration devient un outil contre la presse libre, c’est tout l’édifice démocratique qui vacille. Cette spirale punitive, si elle continue, risque d’étouffer toute velléité d’indépendance dans les médias.
Notre équipe poursuivra son travail d’investigation pour comprendre les dessous de cette affaire. Les citoyens doivent savoir qui tire les ficelles et quels intérêts se cachent derrière ces sanctions répétées.